Nucléaire : méga-contrat en vue pour Areva en Chine

Nucléaire : méga-contrat en vue pour Areva en Chine

Frédéric SchaefferVeronique Le Billon Le 09/01 à 14:54
A l'occasion visite d'Etat Chine d'Emmanuel Macron, Areva conclu, mardi Pékin Xi Jinping, « protocole d'accord commercial » vue construire usine retraitement combustible nucléaire Chine.
A l’occasion de la visite d’Etat en Chine d’Emmanuel Macron, Areva a conclu, mardi à Pékin avec Xi Jinping, un « protocole d’accord commercial » en vue de construire une usine de retraitement du combustible nucléaire en Chine. – LUDOVIC MARIN/AFP

+ VIDEO – Selon Emmanuel Macron, la signature du contrat pour l’usine de retraitement des combustibles usés aurait lieu au premier trimestre. Un projet d’une valeur de 10 à 12 milliards d’euros pour Areva.

Ce n’est toujours pas la signature formelle du méga-contrat chinois tant attendu par Areva mais c’est tout de même l’assurance qu’un accord n’est plus qu’une question de mois. A l’occasion de la visite d’Etat en Chine d’Emmanuel Macron, Areva a conclu, mardi à Pékin, un « protocole d’accord commercial » en vue de construire une usine de retraitement du combustible nucléaire en Chine, un contrat d’une valeur de 10 à 12 milliards d’euros pour Areva. Cette lettre d’intention a été signée en présence du chef de l’Etat français et de son homologue chinois Xi Jinping, ce qui permet de croire qu’un échec est désormais improbable.

Concrètement, Areva et son partenaire chinois CNNC vont poursuivre les négociations au cours des prochaines semaines. « Celles-ci se sont nettement accélérées ces dernières semaines en prévision de la venue en Chine du chef de l’Etat mais il reste encore des points à régler », indique-t-on côté français. Sur les 10.000 pages du contrat en préparation, seules quelques centaines restent encore à parapher. Mais pas des moindres puisqu’elles portent sur le prix. Emmanuel Macron a indiqué que la signature du contrat lui-même aurait lieu au premier trimestre. Areva évoque de son côté une signature dans le courant de l’année. « C’est une nouvelle étape dans l’avancement du projet qui confirme l’engagement de la Chine pour le cycle fermé et son intérêt pour les technologies françaises », indique aux « Echos » Philippe Varin, président d’Areva.

« Cela sauvera la filière »

« Nous avons l’assurance du contrat et cela sauvera la filière », a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. La future usine en Chine porte à la fois sur le traitement des combustibles usés et sur la production de Mox, un fuel pouvant être réutilisé dans les réacteurs nucléaires. Cette usine, d’une capacité de traitement de 800 tonnes de combustibles usés, reprendra les technologies utilisées par Areva à la Hague (Manche) et sur son site de Melox (Gard). Areva n’assurera pas la construction proprement dite du site, mais apportera notamment ses capacités d’ingénierie pour concevoir l’usine et les procédés.

Importance majeure

Le contrat revêt une importance majeure pour le nouvel Areva, désormais recentré sur le cycle du combustible depuis que la division Réacteurs et Services (Framatome) a été cédée à EDF. Car l’entreprise, qui a été recapitalisée à hauteur de 2,5 milliards d’euros l’été dernier pour éviter sa faillite et doit encore recevoir 500 millions d’euros des japonais MHI et JNFL (en échange de 10 % du capital), évolue dans un marché plus que morose.

Sur les six premiers mois de l’année 2017, le chiffre d’affaires de « New Areva » (qui doit se trouver un nouveau nom d’ici quelques semaines) a ainsi reculé de 14 %, à 1,8 milliard d’euros. Et le résultat opérationnel est dans le rouge (-32 millions d’euros). Selon nos informations, un nouveau plan d’action stratégique a d’ailleurs été présenté mi-2017, plus pessimiste que le Business Plan 2016-2025 qui a servi à convaincre la Commission européenne d’accorder l’aide d’Etat.

Selon un expert, la nouvelle trajectoire financière acte ainsi que les mauvaises conditions de marché, liées à des surcapacités, entraîneraient une dégradation de cash de l’ordre de 2,5 milliards d’euros à l’horizon 2025 pour l’entreprise, pour moitié liée à l’activité dans les mines d’uranium, la conversion et l’enrichissement d’uranium. La perte d’un contrat en Belgique dans le retraitement et des retards attendus sur d’autres contrats constituent l’essentiel du solde. La signature du contrat de l’usine « 800 tonnes » en Chine dans le courant de l’année 2018 fait en revanche partie de son scénario de référence.

Faire face à la dégradation des perspectives

Areva estime toutefois être capable de faire face à cette dégradation de ses perspectives de cash, en réduisant davantage ses coûts opérationnels et ses investissements, mais aussi en affichant des ambitions commerciales très volontaristes. Un pari qu’il faudra tenir, alors que les échéances de remboursement de sa dette seront massives ces prochaines années : 5,4 milliards d’euros sur la période 2027-2024, auxquels il faut ajouter 1 milliard d’euros d’intérêts.

VIDEO Nucléaire : la Chine prête à mettre en service le premier EPR au monde

Frédéric Schaeffer, correspondant à Pékin Véronique Le Billon
@fr_schaeffer@VLeBillon
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L’hôpital, objet de convoitises des labos

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Enquête

L’hôpital, objet de convoitises des labos

Les laboratoires pharmaceutiques travaillent dans l’ombre afin d’influencer médecins et décideurs publics. Alternatives Economiques publie des données exclusives qui prouvent leur omniprésence dans la politique économique du médicament. Deuxième volet de notre enquête en quatre épisodes.

Carton rouge. C’est avec cette sanction symbolique – à valeur d’exemple – que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), premier centre hospitalier de France, met en garde les médecins qui se retrouvent dans des situations de liens d’intérêts* qu’elle juge « excessifs », car trop visibles, avec les laboratoires pharmaceutiques. Martin Hirsch, le directeur général, en dispense en moyenne six par an. Même si l’AP-HP est pionnière en France en la matière, cela reste peu au regard de la fréquence de ces liens. Selon notre enquête, pas moins de 73 % des médecins de l’AP-HP entretiennent des liens d’intérêts avec des laboratoires.

77,5 % des médecins hospitaliers sont en lien avec les labos dans l’ensemble des centres hospitaliers universitaires (CHU)

Ils sont plus nombreux encore à l’échelle de l’Hexagone : en moyenne, 77,5 % des médecins hospitaliers sont en lien avec les labos dans l’ensemble des centres hospitaliers universitaires (CHU) ! Ces données exclusives, extraites par Alternatives Economiques avec l’aide des associations Regards citoyens et Formindep1 , reflètent la forte pénétration des délégués commerciaux des laboratoires au sein des hôpitaux. Elles pointent aussi un système encore très opaque de circulation des financements pour la recherche. Il faut dire que pour les labos, l’hôpital est une cible stratégique sur le marché français.

Un marché moteur

En France, les médicaments sont écoulés soit via les pharmacies, où les patients se rendent après la consultation (ou pas) d’un médecin, soit via les hôpitaux. Le marché hospitalier représentait 7,4 milliards d’euros en 2016, sur un chiffre d’affaires total du médicament en France de 27,6 milliards d’euros, soit un peu plus d’un quart, selon un rapport de Xerfi2. Mais surtout, « les laboratoires sont prêts à tous les « sacrifices » pour que les médicaments soient prescrits en première intention à l’hôpital, car ils savent que le renouvellement est ensuite quasi automatique par les médecins de ville », explique Etienne Caniard, ancien membre de la Haute autorité de santé, dans un récent ouvrage3. De fait, jusqu’à la moitié des prescriptions des généralistes en médecine de ville sont prédéterminées par celles des médecins hospitaliers4.

Ces derniers sont par conséquent au centre des attentions des laboratoires. Parmi les « avantages » les plus courants qui leur sont octroyés, il y a l’invitation à des colloques, dont le coût moyen s’élève à 1 211 euros, selon l’AP-HP. Faute de budget public, la formation médicale des praticiens continue en effet à être financée à hauteur de 98 % par l’industrie pharmaceutique, selon l’Igas5. « Si la qualité scientifique de ces colloques n’est pas forcément remise en cause, c’est surtout l’occasion pour les labos de promouvoir leur nouveau médicament dans une logique marketing, en insistant peu sur les contre-indications et les effets secondaires », affirme Paul Scheffer, du Formindep.

Des « associations de service » opaques

Mais le principal intérêt des laboratoires pharmaceutiques est ailleurs. « La participation des médecins hospitaliers à la recherche clinique et leur influence nous importent davantage que leurs prescriptions », affirme un dirigeant d’une grande entreprise pharmaceutique. Pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament, un laboratoire doit en effet effectuer des essais cliniques, qui sont encadrés par des normes internationales et doivent obligatoirement avoir lieu en CHU. D’où la nécessité pour les industriels de trouver des équipes médicales au sein de ces établissements. Depuis 2014, les sommes versées à l’hôpital pour la réalisation de ces essais cliniques sont en principe perçues par l’établissement de santé via un fonds spécifique. Auparavant, le médecin touchait en plus une rémunération qui était versée directement par le laboratoire via une association dite « de service ».

Zoom Conflit d’intérêts : un début de prise de conscience

En matière de prévention des conflits d’intérêts, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est une des pionnières en France. Elle a publié un rapport en mars 20161, préconisant une série d’actions pour les prévenir. C’est aussi un des trois seuls CHU, avec celui de Toulouse et de Poitiers, à avoir répondu à nos sollicitations, parmi les 29 contactés.

Au CHU de Poitiers, plus de 78 % des médecins entretiennent des liens d’intérêts avec les laboratoires (voir tableau). Une proportion importante qui s’explique par « le dynamisme de notre service de cancérologie, particulièrement ciblé par les laboratoires », estime Carles de Bideran, directeur des affaires médicales du CHU. Car les traitements contre cette maladie font partie des plus onéreux. D’où l’intérêt d’orienter les ordonnances des oncologues…

  • 1. « Les conflits d’intérêts au sein de l’AP-HP. Mieux les connaître, mieux les prévenir », mars 2016.

Mais ces associations de service perdurent. Rien qu’à l’AP-HP, elles seraient plusieurs centaines, selon le rapport de l’établissement6. Au CHU de Toulouse, leur nombre est estimé à 130. Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP dénonce leur existence comme des lieux « par lesquels des budgets opaques transitent ». Depuis 2015 – date à laquelle a été créée une fondation pour recueillir les fonds de recherche au sein de l’AP-HP -, seule une dizaine d’associations de service ont mis fin à leur activité propre, ce qui représentait déjà un budget non négligeable de 3,7 millions d’euros par an.

« La solution viendra le jour où les pouvoirs publics créeront un fonds en prélevant un pourcentage du chiffre d’affaires aux laboratoires, et en le gérant paritairement »

« Pour une recherche médicale en toute indépendance, la solution viendra le jour où les pouvoirs publics prendront conscience de la nécessité de créer un fonds en prélevant un pourcentage du chiffre d’affaires aux laboratoires, et en le gérant paritairement », estime Martin Hirsch. Un voeu pieux pour le moment. De son côté, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, assure : « Un travail de recensement des associations de service dans chaque hôpital est en cours. Le problème est en train de se résoudre via la création de fondations de recherche par les hôpitaux. »7 L’exemple de l’AP-HP montre qu’elles ne suffisent pas à mettre fin à ces pratiques d’associations de service.L’association Formindep devrait publier en janvier 2018 un classement des hôpitaux qui tentent de prévenir les conflits d’intérêts. « Je veux être sûr que mes patients ne me soupçonnent pas de prescrire tel ou tel médicament parce que j’ai reçu la visite des laboratoires », explique Christian Guy-Coichard, praticien hospitalier et responsable de cette enquête. Selon lui, la liste des CHU bons élèves en matière de transparence devrait être courte…

  • 1. Formindep est une association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients.
  • 2. « Les laboratoires pharmaceutiques », Xerfi France, mai 2017.
  • 3. Mieux soignés demain, par Etienne Caniard, Cherche midi, 2016.
  • 4. « L’information des médecins généralistes sur le médicament », par Pierre-Louis Bras, Pierre Ricordeau, Bernadette Rousille et Valérie Saintoyant, rapport de l’Igas n° RM 2007-136P, septembre 2007, page 23.
  • 5. « Mission relative à l’organisation juridique, administrative et financière de la formation continue des professions médicales et paramédicales », rapport de l’Igas n° 2006 002, janvier 2006.
  • 6. « Les conflits d’intérêts au sein de l’AP-HP. Mieux les connaître, mieux les prévenir », AP-HP, mars 2016.
  • 7. Lors de la rencontre organisée par l’Ajis le 21 novembre 2017.

* Lien d’intérêtsConvention (accord impliquant des obligations de part et d’autre, comme une activité de formation ou de recherche), avantage (don de matériel, repas, transport, hébergement, etc.) ou rémunération (en contrepartie de la réalisation d’un travail ou d’une prestation).

Notes sur l’Iran, la CIA, l’ONU et Macron

Notes sur l’Iran, la CIA, l’ONU et Macron

Analyse

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Notes sur l’Iran, la CIA, l’ONU et Macron

07 janvier 2018 – Les remous en Iran à la fin 2017-début 2018, – on ne peut parler de “crise“ pour l’instant, – ont débuté dans la discrétion ; puis ont donné lieu à une grande agitation indignée essentiellement de la part des USA bien entendu ; puis à une réunion “d’urgence” du Conseil de Sécurité à la demande, toujours, des USA pour “condamner” l’Iran, qui s’est révélée comme un remarquable “flop” (pour les USA), et où on a remarqué la position de la France qui a pris nettement ses distances vis-à-vis du comportement US. Pendant ce temps, l’intérêt sur la situation sur le terrain s’est brusquement tari tandis que les autorités iraniennes assuraient que le calme se rétablit et que les manifestations actuelles vont effectivement dans le sens du calme puisqu’elles ont pour but de soutenir le gouvernement/le régime. L’épisode est suffisamment intéressant pour qu’on s’y attache dans le détail et dans ses divers aspects, et pour ébaucher quelques enseignements.

D’abord, on s’attache à une version de la séquence en général, à partir d’une intervention de l’historien libertarien Michael S. Rozeff dans un texte détaillé, s’appuyant notamment sur les déclarations du Procureur Général iranien Mohammad Jafar Montazeri le 4 janvier. (Nous reprenons ici l’introduction au texte de Rozeff et le texte lui-même, déjà publiées le 6 janvier. Ainsi mettons-nous plus aisément en situation les commentaires que mérite ce texte.)

Rozeff décrit la possibilité, ou plutôt la probabilité selon lui, de l’intervention de groupes subversifs du bloc-BAO dans les manifestations contre le régime en Iran. La CIA est mise en cause directement par Montazeri, d’une façon détaillée que Rozeff juge “extraordinaire” et qu’il n’est pas loin de reprendre entièrement à son compte. Il est intéressant de s’intéresser à ce texte publié le 5 janvier 2018 sur le fameux “blog” libertarien de LewRockwell.com, que nous donnons ci-dessous, parce qu’il est précisément argumenté, qu’il est mis en situation par des faits connexes et révélateurs, que les déclarations de Montazeri sont appréciées d’une façon rationnelle, disons comme “raisonnablement très crédibles”, sans céder une seconde à quelque signe que ce soit de l’hystérie et des apriorismes de type-suprémaciste qui entoure d’habitude les écrits des commentateurs US lorsqu’il s’agit de l’Iran.

(Combien de commentateurs US prennent en compte, lorsqu’il s’agit de l’Iran et de ses relations avec les USA, les dévastations interventionnistes, illégales et terroristes, des USA dans ce pays, au moins depuis le coup d’État CIA-MI5 contre Mossadegh de 1953 ? Il semblerait, à les lire, que l’histoire des relations USA-Iran commence à la prise par des évidemment-“méchants” de 53 otages de l’ambassade US, en novembre 1979 à Téhéran.)

Le texte de Rozeff est d’autant plus intéressant que l’historien libertarien a toutes les qualités et les connaissances requises pour intervenir sur ce sujet et dans ce domaine. Il ne le fait en général pas dans la mesure où il est d’abord un historien et que les commentaires d’actualité qu’il publie tout de même concernent surtout la situation politico-culturelle actuelle des USA, dans cette crise intense qu’on lui connaît. (Plus précisément, même si Rozeff est un accusateur permanent du complexe de sécurité nationale des USA, dont la CIA bien sûr, il n’est absolument pas coutumier des détails un peu “complotistes” des “coups tordus” [“dirty tricks”] de la CIA.) Nous en déduisons que les éléments dont il dispose, dont certains n’apparaissent peut-être pas, sont très sérieux, très solides, renforçant par conséquent la crédibilité qui nous paraît très grande de ce texte.

Lorsque nous précisons à propos “des éléments dont il dispose” que “certains n’apparaissent peut-être pas”, nous pensons à des interventions de sources extérieures dont disposerait Rozeff, qui l’auraient averti dans le sens de la version qu’il développe, l’assurant du crédit de toutes ces précisions. L’on sait bien notre position qu’aujourd’hui où les petites mains de la communication ne cessent de parler de FakeNews sans rien savoir de la réelle problématique du problème, on doit tenir pour assuré le fait que toutes les informations nécessaires à la compréhension acceptable et convenable des affaires du monde sont disponibles en “sources ouvertes” (OSINT) ; que le classified qui justifie l’existence de monstres tels que la CIA est en vérité lui-même le producteur ou l’inspirateur essentiel des FakeNews ; que le véritable problème est de déterminer la qualité et l’importance des informations-OSINT relativement au contexte, aux causes et aux effets. Nous pensons que Rozeff dispose pour son texte de garanties sérieuses à cet égard…

Cela justifie donc de (re)donner ce texte dans son entier, en traduction/adaptation françaises. Nous ferons ensuite quelques commentaires qui le complèteront dans le cadre de ces Notes d’analyse.

« L’Iran accuse la CIA en détails

« Le Procureur Général iranien a accusé la CIA d’être à l’origine des troubles récents en Iran. Le détail des accusations est extraordinaire. La crédibilité de ses déclarations doit être évaluée et cela nécessite de citer en préliminaire un arrière-plan et un contexte, ci-après.

» La théorie selon laquelle les États-Unis ont orchestré ou provoqué ou détourné les manifestations en Iran est compatible avec un certain nombre de faits importants. Ces manifestations profitent au gouvernement américain, s’inscrivant dans l’attitude anti-iranienne connue et les politiques de Trump, de McMaster et d’autres. Nous savons que Pompeo, le chef de la CIA, est agressivement anti-iranien. Même des manifestations ratées ont des avantages importants pour les États-Unis. Elles placent l’Iran sur la défensive. Elles fournissent une couverture aux États-Unis pour introduire de nouvelles sanctions. Elles justifient implicitement la démarche de tenter de saboter l’accord nucléaire. Elles justifient beaucoup, beaucoup de montages de critiques nouvelles contre l’Iran et le Hezbollah. Elles fournissent une couverture pour des assassinats en Iran.

» Toute cette activité anti-Iran concertée est clairement conforme aux désirs de Washington et à son avantage. A cette lumière, les tweets de Trump se transforment “en actions” concernant l’Iran. C’est ce que montre le plan conjoint américano-israélien issu d’une réunion de haut niveau tenue le 12 décembre 2017. Les 4 objectifs du plan sont cohérents avec les manifestations ultérieures que nous avons observées. Même si les manifestations ne sont pas liées à cette planification, les 4 mesures sont suffisamment importantes pour être citées dans leur intégralité car elles montrent la profondeur de l’activité anti-iranienne générée à Washington :

» “1. Une action secrète et diplomatique pour bloquer la voie d’accès de l’Iran aux nucléaires. Selon le responsable américain cité, ce groupe de travail traitera des mesures diplomatiques qui peuvent être prises dans le cadre de l’accord nucléaire iranien pour surveiller et vérifier que l’Iran ne viole pas l’accord. Il comprend également des mesures diplomatiques en dehors de l’accord nucléaire pour renforcer la pression sur l’Iran. Le groupe de travail traitera des éventuelles mesures secrètes contre le programme nucléaire iranien.

» 2. Contrer l’activité iranienne dans la région, en particulier l’effort militaire iranien en Syrie et le soutien iranien au Hezbollah et à d’autres groupes terroristes. Ce groupe de travail s’occupera également de mettre au point la politique américano-israélienne concernant la situation du “lendemain de la guerre civile syrienne”.

» 3. Contrer le développement des missiles balistiques iraniens et le programme iranien visant à fabriquer des missiles guidés de précision en Syrie et au Liban pour les fournir au Hezbollah qui les utiliserait contre Israël dans une guerre future.

» 4. Préparation conjointe des États-Unis et d’Israël pour différents scénarios d’escalade dans la région concernant l’Iran, la Syrie, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.”

» L’administration Obama a retiré le MEK de sa liste de terroristes en 2012. (L’Organisation des Moudjahidin du peuple d’Iran ou le Mojahedin-e Khalq [Sāzmān-e mojāhedin-e khalq-e irān, en abréviations MEK, OMPI ou OMK] est “une organisation militante iranienne en exil qui prône le renversement violent du régime actuel en Iran, tout en prétendant être le gouvernement remplaçant en exil”.) Le gouvernement américain a soutenu matériellement le MEK, y compris “en autorisant un entraînement intensif … de membres du MEK sur le sol US”. Le MEK est accusé de nombreux assassinats en Iran. Les membres du MEK sont de très probables candidats au détournement de manifestations par ailleurs pacifiques, se trouvant sur place et ayant déjà des liens opérationnels avec le gouvernement des États-Unis.

» Maintenant, revenons aux accusations du procureur public iranien Mohammad Jafar Montazeri. Il dit que trois États sont impliqués dans le complot contre l’Iran : Israël, les États-Unis et l’Arabie Saoudite. Cette accusation est conforme à leurs politiques connues.

» “Montazeri a déclaré que le principal exécutant du plan était un Américain, Michael Andrea, un [officier] de la CIA anciennement chargé de la lutte contre le terrorisme, qui a formé le groupe pour créer des troubles en République islamique d’Iran.” Wikipédia nous dit que “Michael D’Andrea est un officier de la Central Intelligence Agency, récemment nommé à la tête du Centre de Mission de l’Agence en Iran.” En outre, “Il était un opérateur majeur dans la recherche d’Oussama ben Laden, ainsi que dans la campagne d’assassinats par frappe effectuées à partir de drones.” Il est connu pour être “hargneux”, super-faucon, agressif. Sa nomination, en juin dernier, à la tête des forces clandestines anti-iraniennes constitue un signal clair que Trump commençait sa propre guerre contre l’Iran. D’Andrea recevait le feu vert pour agir.

» Montazeri a déclaré que le complot est né il y a 4 ans et a été surnommée “Doctrine Convergence-Consensus (Consensus Convergence Doctrine). Pour moi, cela est une formulation convaincante du genre de dialectique bureaucratique imitée du latin, typique de la bureaucratie washingtonienne.

» Il a déclaré que cette équipe a élaboré “divers scénarios tels que la protestation contre le coût élevé de la vie, les salaires et les retraites insuffisants”. D’autres précisions données par Montazeri : “D’autres groupes illégaux tels que le MKO, des groupes soutenant le régime monarchique déchu, des nationalistes et divers groupes affiliés aux communistes étaient représentés dans ce complot.”

» “Ils avaient envisagé deux modèles, la Tunisie et la Libye, et ils ont finalement choisi le second qui devait créer des vagues d’agitation évoluant du pourtour vers le centre, a ajouté Montazeri.

» “Ils avaient préparé deux salles de direction des opérations, à Erbil en Irak et à Heart en Afghanistann pour rediriger les groupes de Daech de Takfiri vers ces affrontements, a-t-il dit.”

» Nous n’avons aucun moyen à ce point de vérifier l’exactitude de ces déclarations de Montazeri. Pour moi, elles semblent cohérentes entre elles et plausibles pour ce qui concerne le modus operandi d’une telle opération. (Ces déclarations sont sans doute une traduction, ce qui peut laisser passer quelques nuances ou approximations.)

» Si l’on confronte les accusations de Montazeri avec l’attitude de Trump envers l’Iran, la nomination d’Andrea, le plan conjoint américano-israélien, les avantages pour Washington même si le soulèvement est manqué, et la musique de communication instantanée de Washington en soutien des manifestations, elles me semblent tout à fait crédibles. Le plan ressemble à quelque chose qui aurait pu avoir une gestation de 4 ans, qui a reçu de Trump le feu vert qu’il n’avait pas obtenu sous Obama.

» Fournir ce niveau de détail est un moyen pour l’Iran de faire savoir à la CIA qu’il sait ce qui se passe et qu’il n’en est nullement effrayé. C’est aussi un moyen de renforcer la crédibilité du scénario du gouvernement iranien selon lequel les ennemis de la révolution fomentaient les manifestations dans leur détournement vers une dimension de violence provocatrice. »

La “révolution de couleur” a le teint pâle

Nous avons donc, pour diverses raisons que nous avons mentionnées, déterminé l’attitude de juger ce texte pour le moins “sérieux”. Nous pouvons maintenant l’apprécier d’une façon critique, essentiellement du point de vue des supputations qu’on y trouve, et prolonger certains de ses aspects. Ces critiques concernent l’hypothèse (qui semble être rencontrée) d’un échec de la tentative d’un “soulèvement populaire” avec conséquences, et des “avantages importants” qui seraient recueillis par les USA même dans ce cas spécifique…

« Même des manifestations ratées ont des avantages importants pour les États-Unis. Elles placent l’Iran sur la défensive. Elles fournissent une couverture aux États-Unis pour introduire de nouvelles sanctions. Elles justifient implicitement la démarche de tenter de saboter l’accord nucléaire. Elles justifient beaucoup, beaucoup de montages de critiques nouvelles contre l’Iran et le Hezbollah. Elles fournissent une couverture pour des assassinats en Iran. »

Pour nous, ces divers actes internationaux illégaux (les sanctions), de subversion et de terrorisme de la part des USA, ou des forces sponsorées par les USA, qu’évoque Rozeff, n’ont nul besoin d’une “couverture” posée sur eux pour être eux-mêmes posés. Ils le sont d’une façon régulière depuis des années, et la seule limitation à cet égard est l’incapacité de ces forces subversives à parvenir à un résultat décisif. Les USA poursuivent une politique de complète illégalité, de violation permanente des souverainetés, etc., et l’on ne voit pas en quoi l’argument “moral” d’un pseudo-“mouvement populaire” qui aurait échoué à cause d’une pseudo-“répression d’un régime terroriste” donnerait plus de “liberté” à une politique totalitaire qui se déploie depuis de nombreuses années en toute “liberté”, sans le moindre souci de la légalité internationale, en utilisant des organisations terroristes comme les USA ont pris l’habitude de faire depuis des décennies.

Pour conclure sur cet aspect des choses, on observera que si effectivement le mouvement s’essouffle comme la direction iranienne le décrit actuellement et si l’hypothèse de Rozeff sur l’action subversive est fondée, il s’agira bel et bien d’un échec pour la politiqueSystème de regime change et de “révolution de couleur”. On mesurera le silence complet qu’observe en général la presseSystème pour l’actuelle situation en Iran, et pour toutes ces hypothèses qu’on a évoquées et qu’il est fondé d’étudier de près. Il est vrai que le silence et l’actualité caviardée jusqu’à la page blanche (ou entièrement barrée de noir, comme font les censeurs officiels) est le meilleur moyen d’éviter les FakeNews.

Les Iraniens ont-ils laissé faire ?

Dans les hypothèses évoquées notamment par Rozeff, si on les accepte effectivement, se pose la question de l’attitude des Iraniens. On se souvient que le mouvement de contestation a semblé prendre tout le monde par surprise, y compris les autorités iraniennes, et pendant 3 ou 4 jours où il est resté cantonné à des slogans économiques et sociaux il n’a guère suscité de réactions de ces autorités.

S’ils avaient connaissance de l’existence de ces plans de la CIA, pourquoi les Iraniens ne sont-ils pas intervenus plus rapidement ? On peut avancer sans trop y croire l’explication improbable qu’ils n’étaient pas encore au courant. (Cela supposerait qu’ils l’ont appris depuis, ce qui implique la capture de personnages importants de l’opération, ou bien l’information transmise par des services étrangers : bien qu’on ne puisse pas repousser de telles explications, notre sentiment et qu’elles sont très improbables.)

Reste alors à envisager que les Iraniens étaient au courant, qu’ils ont laissé faire jusqu’à la politisation du mouvement et la montée de son importance, pour pouvoir effectivement dévoiler le plan de la CIA après en avoir laissé faire la démonstration. L’avantage est autant d’“avertir” la CIA (« Fournir ce niveau de détail est un moyen pour l’Iran de faire savoir à la CIA qu’il sait ce qui se passe et qu’il n’en est nullement effrayé. ») que de dévoiler d’une façon officielle les agissements subversifs US pour convaincre certains pays de la dangerosité de la politique US.

La France en rupture de “tradition”

… Pour exploiter l’une des sous-hypothèses d’hypothèse et nous donner une excellente transition, lorsque nous nous interrogions sur la possibilité qu’un SR étranger ait donné quelques informations aux Iraniens, pourquoi cette sous-hypothèses ne concernerait-elle pas la DGSE par exemple ? Excellente sous-hypothèse, mais essentiellement, répétons-le, pour faciliter la transition dans notre texte. En effet, dans l’affaire iranienne, à côté de l’interrogation explorée par Rozeff, à côté d’une situation sur le terrain, dans son effet et sa présentation dans la presseSystème, passée d’une effervescence extrême pendant 3-4 jours à une étonnante discrétion sinon une complète absente y compris de supputation, il y a l’intérêt d’une évolution, – conjoncturelle ou structurelle c’est selon, – dans la position française par rapport à la “tradition” des deux présidences précédentes d’un suivisme aveugle des positions américanistes. (Il y a bel et bien rupture mais aucune assurance que cela dure.)

C’est d’abord Macron qui nous dit quelques mots mercredi dernier, dont on n’a pas fait grand cas dans la presseSystème où les possibles changements significatifs par rapport à la politiqueSystème font l’objet d’un commentaire fortement structuré autour du non-dit gêné, du silence respectueux, à côté des phrases dites par le président qu’il faut bien citer. L’intérêt de la chose est bien que les paroles de Macron mercredi se sont traduites vendredi par un discours de l’ambassadeur Delattre à l’ONU, qui a défini une position française plutôt critique de l’aventurisme américano-israélo-saoudien.

Il est inutile de conjecturer sur ce cas, il suffit de rapporter, de sources vertueuses-Système et au-dessus de tout soupçon, ces deux interventions françaises, mercredi et vendredi.

• Mercredi, selon le rapport qu’en fait Europe 1 : « Toujours décidé à se rendre à Téhéran, malgré l’annulation de la visite préparatoire que devait effectuer vendredi son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le chef de l’État a expliqué, en marge des vœux à la presse, qu’il fallait “accroître la pression internationale sur l’Iran” mais ne pas “rompre les discussions“.

» Car “ce qui est en train de se jouer, sinon, est qu’on est en train de subrepticement reconstruire un ‘axe du mal’. On voit bien le discours officiel qui est porté par les États-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, qui sont nos alliés à de nombreux égards : c’est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran”, a-t-il dit. “On est en train de reproduire la stratégie délibérée de certains. Il est très important que, nous, on préserve les équilibres dans ce contexte”, a-t-il affirmé. 

» “Il faut une stratégie régionale qui consiste à regarder comment limiter l’action iranienne” dans la région. “Mais si nous rompons toute discussion, le risque est d’aller jusqu’à des éléments de conflit d’une brutalité extrême », a-t-il insisté, répondant aux questions de journalistes après un discours devant plusieurs centaines d’entre eux. Le préalable à sa visite à Téhéran est “un retour au calme, respectueux des libertés. Rien n’est envisageable” dans le contexte actuel, a-t-il ajouté. »

• Vendredi, à l’ONU, cette fois selon Le Monde : « Du côté européen, les prises de position ont aussi montré des divisions. Si le Royaume-Uni a jugé tout à fait légitime une réunion du Conseil de sécurité sur l’Iran, la France s’est montrée beaucoup plus prudente. Cette semaine, le président Emmanuel Macron avait plaidé la modération et mis en garde contre un risque de “guerre” si les discours belliqueux venus des Etats-Unis, d’Israël ou d’Arabie saoudite se poursuivent.

» Vendredi, son ambassadeur à l’ONU, François Delattre, a souligné qu’il fallait observer de la “vigilance” pour la liberté d’expression en Iran. Mais il ne faut “pas d’instrumentalisation” de cette situation “de l’étranger”. Cette approche mesurée a été partagée par la Suède et le Pérou, autre nouveau membre non permanent du Conseil. »

La position française a été notée ici et là à l’étranger, essentiellement aux USA, mais là aussi sans précipitation excessive. On peut citer par exemple ZeroHedge.com du 4 janvier 2018 : « Et il semble que l’Iran ait au moins une voix occidentale de soutien à son argument selon lequel la rhétorique des Etats-Unis et de ses alliés aggrave inutilement et dangereusement la situation. Mercredi, le président français Emmanuel Macron a fustigé les déclarations de Washington et d’Israël, déclarant devant les journalistes : “La ligne officielle suivie par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite, qui sont nos alliés à bien des égards, est presque celle qui nous mènerait à la guerre”. »

Trump, éclaireur de génie (stable)

Tiuys comptes faits, il s’agit d’un épisode, ou un pic paroxystique, très intéressant, et finalement absolument inédit, de la situation crisique autour de l’Iran qui dure en tant que telle depuis le début de 2005. (En janvier 2002, GW Bush avait mis l’Iran dans les trois de l’“Axe du Mal”. Le 19 février 2005, en visite à Bruxelles, GW déclara à propos de l’Iran et de son supposé programme de développement nucléaire, « Toutes les options sont sur la table ». C’était la première fois qu’était, officiellement quoiqu’implicitement, évoquée l’option d’une action militaire contre l’Iran.)

Jusqu’ici, tous les épisodes paroxystiques, – il y en eut surtout en 2006-2008, – se déroulaient dans un ordre relatif à l’intérieur du désordre de ces séquences. Les USA menaient la danse et tout le monde suivait, sans rechigner mais également sans intervenir. Tout se mettait en place selon l’ordre habituel au désordre général, avec la Russie et la Chine réticentes mais sans plus et les véritables oppositions au sein de la hiérarchie militaire US (pour la plupart des cas, l’U.S. Navy). Bien entendu, l’arrivée d’Obama enchaînant sur les négociations jusqu’à l’accord nucléaire ont rompu ce cycle mais, à cause de l’arrivée de Trump, elles n’ont pas dissous l’aspect crisique de la situation. Par contre, ce que révèle ou plutôt nous confirme le pic paroxystique où nous sommes, ou que nous avons vécu s’il est terminé, c’est l’extraordinaire désordre où se trouve aujourd’hui plongée une situation générale jusqu’alors dominée par la politiqueSystème et la soi-disant “volonté de puissance“ US. De “volonté de puissance”, les USA ne sont plus capables ni de l’exprimer, ni de la suivre plus de deux jours : lorsque l’affaire iranienne est venue devant l’ONU, plus personne n’en parlait aux USA puisqu’on avait zappé à Washington, passé à Fire & Fury, le livre de dénonciation de Trump qui doit faire tomber Trump, qui est écrit par un menteur convulsif dont même le WaPo dit du mal… Qu’importe, nous sommes à “D.C.-la-folle” et en plein “tourbillon crisique” et plus personne n’est capable d’organiser attention et cohérence pour quelque objectif structuré que ce soit. Il est tout à fait possible qu’Andrea et sa bande de mercenaires, s’ils sont intervenus, l’aient fait à partir d’une situation qu’ils n’avaient pas préparée eux-mêmes, et cela voyant que Trump avait commencé à tweeter…

L’escapade de Macron

Par conséquent, on ne s’est pas aperçu non plus que la France a rompu les rangs (et aussi la Suède), parmi la meute du bloc-BAO jusqu’alors ordonnée lorsqu’il s’agissait de l’Iran. Là aussi, dans les rangs du bloc, le désordre est complet et malgré l’incroyable pression du système de l’américanisme (nous parlons de la machine bureaucratique, de la pratique de l’illégalité judiciaire, de chantage financier, etc., bref tous les mœurs des gangsters postmodernes) les fugues et escapades sont devenues possible. L’essentiel du travail, comme toujours, a été accompli par Trump : certes, il fait la politique que les neocons veulent lui voir faire, mais il la fait avec son style et sa méthode, avec son comportement étonnant (actuellement, il explique à “D.C.-la-folle” et au reste du monde qu’il est « un génie stable », au contraire de ce qu’affirme livre Fire & Fury à propos, disons, de sa “crétinerie instable”). Du coup, le discrédit que lui vaut son comportement, se projette sur la politique qu’il développe. Trump est un éclaireur de génie (stable) : sans qu’il le sache, il s’offre en sacrifice, en quelque sorte, pour nous éclairer sur la stupidité et la monstruosité de la politique neocon, donc de la politiqueSystème.

Macron semble à peu près comprendre cela, grosso-modo… Il en profite donc d’une manière qui ne l’engage en rien dans quelque dissidence structurée que ce soit, mais qui ouvre une autre voie où il peut faire quelques pas, – et continuer si, éventuellement, il découvre que les innombrables mines dont on s’imaginait que la puissance US avait parsemé le monde s’avèrent être autant de pétards mouillés qui ne fonctionnent plus depuis longtemps, à peu près comme le F-35 que tout le monde continue à acheter comme zombies à l’abattoir. (De ce côté, la dissidence n’a pas encore été actionnée.) Personne ne s’est vraiment aperçu, – ni à Washington, ni dans les salons-neocons parisiens, – de l’escapade de Macron qui répond bien entendu au simple bon sens et à une information moyenne des actes des uns et des autres ; ce président est bien de son temps du désordre déchaîné et allant en tous sens, depuis 2014-2015, capable du meilleur (le cas iranien) comme du pire (sa croisade anti-FakeNews/anti-RT) selon le sens du désordre…

(Cela signifie que, pour nous, Macron est loin d’avoir trouvé une stabilité d’orientation principielle qui en ferait un grand président, rompant avec la “tradition” des quelques pauvres esprits qui l’ont précédé. Il est loin de “chevaucher le tigre que constitue la politiqueSystème selon « [c]ette belle formule extrême-orientale [signifiant] que, si l’on réussit à chevaucher le tigre, on l’empêche de se jeter sur vous et si, en outre, on parvient à maintenir la prise on aura peut-être raison de lui. »)

…Effectivement, l’épisode iranien, jusqu’ici, a largement confirmé le caractère complètement chaotique et insaisissable de la situation des relations internationales, ainsi que la dissolution par désintérêt, inattention et narcissisme considérable de l’hégémonie américaniste sur ses sujets pourtant abrutis de soumission comme l’on est dépendant de la drogue. L’attelage n’a plus de rênes, l’avion n’a plus de pilote automatique, l’esprit n’a plus de raison “stable”. Les évènements, bienheureusement, en profitent.

 

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-liran-la-cia-lonuet-macron

Interview du directeur du FSB russe (deuxième partie)

mercredi 3 janvier 2018

Interview du directeur du FSB russe (deuxième partie)

 
 
Autant la première partie de l’interview du directeur du FSB, Alexandre Bortnikov, que nous avons publiée hier portait sur l’évolution historique des organes de sécurité en Russie, autant cette partie est consacrée aux enjeux actuels et permet de donner une image rénovée de cette institution sujette à tant de fantasmes. Ayant tiré les leçons du passé, le FSB est entré de plein-pied dans le monde d’aujourd’hui, participant pleinement à la résolution des enjeux de sécurité internationale qui sont ceux de notre époque.
 
Au début des années 2000, l’on a entendu de nombreuses déclarations concernant les jeux d’espionnage contre la Russie, pourtant l’époque était au renouveau et à l’amitié avec ces mêmes Américains. Ou bien ce n’était qu’une apparence?
 
A. B. : En effet, à cette époque le travail de notre contre-espionnage a fait beaucoup de bruit. En 2000, lors de la transmission par le professeur de l’Université Baumanskaya A. Babkine de renseignements secrets concernant le nouveau système de missile sous-marin « Grain », a été interpellé le collaborateur du département du renseignement militaire américain E. Pope. Sa culpabilité a été démontrée devant la justice, mais au regard du principe d’humanisme et tenant compte de son état de santé, il a été gracié par le Président russe et expulsé du pays.
 
En 2003, l’activité des services spéciaux américains, utilisant les convois de chemin de fer  approvisionnant leurs troupes en Asie centrale pour y cacher des appareils électroniques d’espionnage, a été mise à jour. Alors que l’autorisation de transit de ces convois par notre territoire était un acte de bienveillance du pouvoir russe envers Washington. Nous avons trouvé et pris plus de 150 de ces appareils d’espionnage. L’affaire s’est terminée par un scandale international et une note de protestation du ministère des Affaires étrangères russe.
 
En 2006, après avoir longtemps analysé le trajet de déplacement dans notre capitale des diplomates britanniques A. Fleming, C. Pirt, M. Doe et du membre du MI6 P. Crompton, deux transmetteurs électroniques, cachés sous l’apparence d’une pierre, et prévu pour garder un contact direct avec leurs agents ont été trouvés. La révélation des espions britanniques après que Londre ait déclaré qu’ils n’avaient plus d’activité d’espionnage en Russie depuis les années 90, a compromis la Grande-Bretagne. Par ailleurs, grâce à notre travail, la société a pu apprendre le financement de toute une série d’ONG russes par le MI6.
 
Aujourd’hui, les services étrangers espionnent moins la Russie?
A. B. : Je ne dirais pas ça comme ça. Les services étrangers continuent à vouloir entrer dans toutes les sphères d’activité de notre Etat. Evidemment, ils trouvent une forte résistance de la part de notre contre-espionnage. Ainsi, de 2012 à nos jours, 137 membres des services spéciaux étrangers et leurs agents ont été mis en accusation. 120 organisations non gouvernementales étrangères et internationales, instruments du renseignement étranger, ont été fermées en Russie. 140 ont été condamnées lors de mesures de protection de secrets d’Etat.
Comment évaluez-vous le niveau de la menace terroriste et extrémiste en Russie aujourd’hui? Et dans quelle mesure les services spéciaux sont-ils prêts à combattre ces dangers?
A. B. : Il existe en Russie aujourd’hui un système intégré de lutte contre le terrorisme, qui a pour fonction autant la prévention que la lutte elle-même contre le terrorisme et la réduction de ses conséquences. Depuis 2006 fonctionne un Comité national antiterroriste et l’Etat-major opérationnel, dans les régions des commissions antiterroristes et des états-majors opérationnels ont été créés. La loi a posé l’obligation pour les organes de pouvoir d’exécuter leurs décisions. Suite aux mesures prises ces 6 dernières années, les crimes terroristes ont été diminués par 10. En 2017, 23 attentats ont été empêchés. Un travail de prévention est conduit contre la radicalisation de groupes sociaux, principalement auprès des jeunes, et de leur entrée dans les groupes terroristes. L’activité terroriste et extrémiste de plus de 300 groupes a été liquidée.
Plus de 9500 personnes ont été condamnées ces dernières 5 années pour des crimes liés au terrorisme ou à l’extrémisme. Une grande quantité d’armes et d’explosifs a été retirée du marché illégal. Dans le Caucase du Nord, les bandes souterraines ont quasiment été erradiquées.
 
Nous travaillons sur la fermeture des filières d’entrée en Russie des membres des groupes terroristes internationaux des zones de conflits du Moyen Orient, d’Afrique du Nord et d’Afghanistan et également de l’entrée dans ces zones des citoyens russes. A ce jour, environ 4 500 citoyens russes sont allés dans ces zones s’engager dans des conflits armés aux côtés des terroristes. Ces deux dernières années, plus de 200 personnes ont été empêchées de quitter le territoire. Des mesures sont prises pour filtrer la vague migratoire. Depuis 2012, plus d’un millier de personnes ont été condamnées pour organisation de filières migratoires illégales. Maintenant, notre priorité est de découvrir les groupes dormants des organisations terroristes et extrémistes et empêcher les terroristes individuels, dont l’activité s’est développée dans plusieurs pays.
 
Vladimir Poutine, à l’assemblée du FSB a remercié les collaborateurs pour l’efficacité de leur travail en Syrie. Est-il possible de révéler ce secret et de savoir de quoi il s’agit?
 
A. B. : Les organes du contre-espionnage militaire ont garanti la sécurité des groupes militaires russes sur l’aérodrome de Hmeimim. Ils ont empêché tout acte terroriste ou attaque. Grâce aux informations obtenues par nos moyens, un grand nombre d’opérations spéciales a été conduit avec succès.
 
Dans quelle mesure notre voisin ukrainien est aujourd’hui dangereux?
 
A. B. : Nous portons une attention particulière à l’édification de mécanismes fiables de protection face aux dangers qui viennent de l’Ukraine actuelle. Nous prenons des mesures pour lutter contre l’activité de ses services spéciaux contrôlée par l’Occident ayant une activité de sabotage et de terrorisme, et également pour bloquer toutes les tentatives des nationalistes et extrémistes ukrainiens d’établir des liens avec les personnes partageants leur opinion dans la diaspora ukrainienne en Russie. Ainsi, en 2016-2017, en Crimée, 3 groupes de sabotage terroristes du renseignement SBU et du renseignement militaire GRU ukrainien ont été neutralisés. En 2016, dans la région de Rostov, des membres du groupe Secteur Droit ont été arrêtés, alors qu’ils préparaient des attentats dans les régions russes. Les tentatives du SBU d’établir des filières de trafic de drogue en Russie ont également été bloquées.
 
Les grandes affaires anti-corruption de ces dernières années furent possible grâce aux enquêtes du FSB, non?
 
A. B. : Commençons par rappeler que dans le domaine de la protection de la sécurité économique, ces dernières 5 années l’on a pu empêcher qu’un dommage de plus de 900 milliards de rouble ne soit causé à l’Etat. Suite à notre travail en matière de criminalité économique, notamment dans le domaine de la corruption,  quasiment 13 000 personnes ont été condamnées. Parmi eux l’on compte des fonctionnaires fédéraux, des gouverneurs, des personnes de direction dans les ministères ou les organes publics, dans les holding publics, les entreprises d’Etat, les établissements publics. Malgré la difficulté et le temps nécessaire pour réunir les preuves, malgré les pressions de la part des personnes impliquées dans les schémas complexes d’enrichissement illégal, le combat continuera, quel que soient leur rang et leur titre.
 
Le combat est également mené contre la criminalité organisée. Depuis 2012, l’activité criminelle de plus de 300 organisations a été arrêtée, dont certaines étaient présidées par des personnes haut placées. 326 personnes ont été condamnées pour contrebande. Environ 23 tonnes de drogues et de psychotropes ont été retirés du marché et  plus de 7000 trafiquants de drogue ont été déclarés responsables pénalement.
 
Il existe cette expression populaire « La frontière est sous clé ». Cette expression est encore actuelle?
 
A. B. : Bien sûr. Actuellement, les gardes-frontières, en contact étroit avec les divisions territoriales du FSB et les organes du contre-espionnage militaire, luttent efficacement contre les atteintes possibles à la sécurité de notre pays. En 5 ans, les gardes-frontières ont interpelé plus de 25 000 personnes tentant de violer la frontière. 10 000 ont été jugés. Des mesures spécifiques sont prises pour lutter contre le trafic des ressources aquatiques naturelles, principalement en ce qui concerne l’Océan Pacifique et la Mer caspienne. Au nombre des priorités, l’on compte le renforcement des frontières russes en Arctique et avec l’Ukraine.
(…)
 
Est-ce que le refroidissement des relations entre la Russie et l’Occident a eu un impact sur les relation du FSB avec ses partenaires étrangers? L’on continue a échanger des informations avec les Etats-Unis et les services spéciaux des autres pays?
 
A. B. : Je vous assure que malgré tout cela, notre collaboration se développe très bien. A ce jour, le FSB a des contacts avec 205 services spéciaux et organes des forces de l’ordre de 104 pays, notamment 56 structures de gardes-frontières de 48 Etats. Les relations sont et bilatérales et multilatérales sur les plateformes existantes à cet effet. Les résultats du travail de la Conférence des directeurs des services spéciaux, des organes de sécurité et des organes des forces de l’ordre des Etats étrangers partenaires du FSB sont chaque année présentés au briefing du Comité antiterroriste du Conseil de sécurité de l’ONU. D’autres structures ont également une activité importante, à savoir le Conseil des directeurs des services spéciaux et des organes de sécurité des pays de la CEI, le Centre antiterroriste des pays de l’Organisation de coopération de Shangai. Nos partenaires comprennent parfaitement que les tensions politiques n’ôtent en rien leur actualité aux problèmes importants que sont le terrorisme international, la criminalité organisée transnationale et la criminalisation du milieu informationnel. Ces enjeux exigent une réaction systémique des structures compétentes. Ce faisant, lors de notre travail l’on entend de moins en moins de déclarations purement réthoriques, au profit de la résolution des questions concrètes.
 
La sécurité d’évènements internationaux en Russie a été assurée en coopération avec nos partenaires étrangers: les Universiades de 2013, les Olympiades de Sotchi en 2014, la Coupe de la Confédération en 2017, ainsi que différents Forums économiques et politiques de haut niveau. (…)
 
Pour résoudre un tel spectre de problème, le professionnalisme des membres du FSB est un aspect important.
 
A. B. : C’est exacte. Le développement du professionnalisme de ses collaborateurs est une des priorités de notre organisation. L’intégration d’une dimension et scientifique et pratique dans le processus de formation permet de renforcer l’efficacité de nos Instituts. Dans le système du FSB fonctionnent aujourd’hui 2 Académies, 11 Instituts et des écoles de cadets. En général, la formation est divisée en 70 branches et spécialités. Nous sommes particulièrement intéressés en ce que les jeunes ayant une sensibilité patriotique rejoignent les rangs de nos étudiants et ensuite consacrent leur vie à la garantie de la sécurité de notre Patrie.
(…)
 
Comment le FSB construit ses relations avec la société?
 
A. B. : Le Conseil civique auprès du FSB est le meilleur organe de contrôle du respect des droits constitutionnels des citoyens depuis déjà 10 ans. Des personnalités en vue des milieux d’experts, d’entreprise, de la science, des arts en font partie. Il a un spectre de missions très large qu’il remplit parfaitement: du contrôle civique sur les projets d’actes normatifs que nous préparons à l’examen des requêtes des citoyens. Il édite également une revue « FSB: pour et contre », où sont publiés des articles sur l’évolution des organes de sécurité, permettant au public d’avoir un regard objectif sur différentes pages de l’histoire de nos services spéciaux et , de manière argumentée, de contrer les tentatives de les discréditer et de falsifier l’histoire.
 
Qu’en pensez-vous, la société aujourd’hui fait plus confiance aux collaborateurs des services spéciaux?
 
A. B. : En principe, la garantie de la sécurité d’un pays est un processus complexe et à plusieurs facettes. Il nécessite non seulement la mobilisation des forces et des moyens des services spéciaux et de l’ensemble de l’appareil d’Etat, mais également la pleine collaboration des citoyens. Dans le cas contraire, il n’est pas possible de garantir la protection de l’Etat contre les dangers extérieurs et intérieurs, et dans les situations de crise il ne peut être protégé des conflits ethniques sanglants et d’une totale destruction. Tel fut le cas lors de la chute de l’Empire. Et cela s’est répété lorsque l’Union soviétique a sombré.
 
Les organes nationaux de sécurité, étant passés par une voie difficile, ont tiré les leçons de l’histoire. Maintenant le FSB est libre de toute influence politique et ne sert aucun intérêt partisan ou sectoriel. Il fonde son travail sur la Constitution russe et la législation fédérale. Le but est la garantie de la sécurité de l’individu, de la société et de l’Etat. Le résultat de notre travail est particulièrement apprécié par le Président russe et trouva chaque année plus de soutien parmi les citoyens.
 
La confiance de la société et du pouvoir met plus de responsabilité sur les épaules des organes de sécurité. Cette génération de collaborateurs utilisent parfaitement toute l’expérience pratique accumulée par ses prédécesseurs et développe sa propre expérience. Dans l’avenir, elle sera transmise à la génération suivante, ce qui permet d’améliorer sans discontinuer l’efficacité du travail de notre Institution. (…)
 
 

Réaction d’Israël aux bombardements du territoire syrien près de Damas

Tel Aviv-Jaffa

Réaction d’Israël aux bombardements du territoire syrien près de Damas

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Reconnaissant souvent mener des opérations régulières en Syrie, Israël refuse cependant de commenter plusieurs frappes aériennes et des tirs de missiles mené sur ce pays dans la nuit de mardi. Damas pour sa part persiste dans ses accusations.

L’armée israélienne a refusé de commenter les informations concernant une attaque aérienne qui aurait été réalisée contre la Syrie, ainsi que concernant son implication dans ce conflit.

«Nous ne faisons pas de commentaire sur le sujet», a déclaré à Sputnik un porte-parole de l’armée israélienne.

Auparavant, le commandement général des forces armées syriennes cité par l’agence de presse Sana, a annoncé que l’armée israélienne avait bombardé mardi matin le territoire syrien pas loin de Damas.

Selon l’armée syrienne, la partie israélienne a effectué trois tirs de missiles sur des sites militaires syriens dans la région d’Al-Qutayfah, au nord de Damas. L’armée du pays rapporte également avoir «touché» un avion israélien.Israël reconnait mener des opérations régulières en Syrie. Selon les autorités israéliennes, ces dernières sont nécessaires pour éviter la réception par les ennemis de l’État hébreu de moyens de destruction massive et d’armes modernes, au premier rang desquels se trouve le Hezbollah. Ce mouvement de chiites libanais protégé par l’Iran a, par le passé, combattu Israël à plusieurs reprises. Maintenant, il se bat en Syrie aux côtés du Président Bachar el-Assad.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201801091034672010-syrie-frappes-israel-reaction/

 

DIRECT. Affaire Dupont de Ligonnès : aucune interpellation après l’opération de police dans un monastère du Var

DIRECT. Affaire Dupont de Ligonnès : aucune interpellation après l’opération de police dans un monastère du Var

La communauté religieuse est installée à Roquebrune-sur-Argens, la ville où l’homme soupçonné d’avoir tué sa famille a été vu pour la dernière fois en avril 2011.

Le monastère Saint-Désert à Roquebrune-sur-Argens (Var), le 9 janvier 2018.
Le monastère Saint-Désert à Roquebrune-sur-Argens (Var), le 9 janvier 2018. (MAXPPP)

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Ce qu’il faut savoirL’opération de « levée de doutes » qui a mobilisé plusieurs policiers dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), en lien avec l’enquête sur Xavier Dupont de Ligonnès, n’a donné lieu à aucune arrestation, a appris franceinfo de source policière, mardi 9 janvier, confirmant une information de Ouest-France. Le père de famille, soupçonné d’avoir tué son épouse et ses quatre enfants, avait été vu pour la dernière fois dans cette commune, le 14 avril 2011. Il avait été filmé par la caméra d’un distributeur de billets.

Des témoins pensaient l’avoir vu à une messe. Selon Ouest-France, cette opération prend sa source dans le témoignage de personnes qui pensent avoir vu Xavier Dupont de Ligonnès lors d’une messe au Saint-Désert Notre-Dame-de-Pitié, un monastère de frères carmes. Des recherches avaient été effectuées en 2011 dans plusieurs maisons de retraite et monastères du secteur, mais pas celui-ci, précise France Bleu Provence.

 Une magistrate nantaise était présente sur place, selon l’envoyée spéciale de France Bleu Provence, signe que ce signalement a été pris très au sérieux par les enquêteurs, qui en ont reçu 1000 depuis le début de cette affaire en 2011.

Une des énigmes criminelles les plus mystérieuses de la décennie. Xavier Dupont de Ligonnès demeure introuvable depuis la découverte en avril 2011 des corps de sa femme Agnès et de ses quatre enfants, enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes. Ils avaient disparu depuis près de trois semaines.

Le live

Suivez le live et réagissez en direct
#LIGONNES

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #LIGONNES

13h17 : Le signalement au sujet de Xavier Dupont de Ligonnès a été pris très au sérieux par les enquêteurs. Pour preuve, une magistrate nantaise était sur place lors de l’opération de police au monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), selon l’envoyée spéciale de France Bleu Provence. Des recherches avaient été effectuées en 2011 dans plusieurs monastères et maisons de retraite du secteur, mais pas dans ce monastère.

13h10 : Voici les articles qui attirent votre attention à la mi-journée :

Notre article qui fait le tour des questions sur l’abaissement à 80 km/h de la limitation de vitesse sur les routes secondaires.

Notre direct sur l’opération de « levée de doutes » qui a mobilisé plusieurs policiers dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), en lien avec l’enquête sur Xavier Dupont de Ligonnès.

Notre article sur les principales pistes envisagées pour la réforme du baccalauréat.

13h00 : Il n’y a donc eu aucune interpellation au monastère du Saint-Désert, dans le Var, où des policiers sont intervenus ce matin après le signalement de témoins qui indiquaient avoir vu Xavier Dupont de Ligonnès lors d’une messe. Mais ce n’est pas la première fois que des personnes pensent apercevoir l’homme soupçonné d’avoir tué sa famille en 2011, comme vous le rappelle notre article.

(MAXPPP)

11h29 : Les policiers n’ont effectué aucune interpellation lors de leur opération au monastère du Saint-Désert de Roquebrune-sur-Argens (Var), selon les informations de franceinfo.

10h47 : Les enquêteurs quittent le monastère, selon Ouest-France, après avoir passé deux heures sur place. Ils n’auraient pas trouvé le fugitif. Nous cherchons à obtenir davantage d’informations.

10h34 : A 10 heures, un membre du monastère a confirmé à France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur que l’intervention de police était toujours en cours. Contacté par Var-Matin, le monastère « dément que le fugitif s’y trouve ».

10h28 : Des témoins ont signalé la présence d’un homme ressemblant au fugitif, selon Ouest-France, après une messe. Un journaliste du quotidien se trouve aux abords du monastère, où travaillent des enquêteurs de la PJ. De nombreux témoignages sont régulièrement adressés aux enquêteurs. Sans succès.

10h23 : Le père de famille, soupçonné d’avoir tué son épouse et ses quatre enfants, avait été vu pour la dernière fois dans cette commune du Var. Il avait été filmé par la caméra d’un distributeur de billets, le 14 avril 2011.

10h20 : Une opération de police est en cours dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var) dans le cadre de l’enquête sur Xavier Dupont de Ligonnès, selon France 2, confirmant les informations de Ouest France.

10h20 : Des enquêteurs de la PJ interviennent en ce moment autour d’un monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), selon les informations de Ouest-France, dans le cadre de l’affaire Xavier Dupont De Ligonnès. Nous cherchons à obtenir davantage d’informations.

Macron joue les éclaireurs d’une alliance sino-européenne sur le climat

Macron joue les éclaireurs d’une alliance sino-européenne sur le climat

Emmanuel Macron a plaidé pour une alliance franco-chinoise sur le climat. [EPA-EFE/ANDY WONG / POOL]

Dès le premier discours de son premier déplacement officiel en Chine, le président français a mis l’accent sur le climat. Depuis la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris, Macron se trouve de facto dans un rôle d’ambassadeur européen sur le sujet. Un article de notre partenaire La Tribune.

« Make our planet great again ». Plus de sept mois après l’avoir prononcé une première fois en anglais au soir de l’annonce par Trump de la prochaine sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris, c’est en mandarin que le président français, en voyage officiel en Chine, a réitéré ce 8 janvier son credo climatique.

Il l’a fait dans le cadre d’un discours appelant à une coopération franco-chinoise pour « relancer la bataille climatique » et à « préparer un rehaussement de nos engagements » contre le réchauffement lors de la prochaine COP24, prévue en Pologne à la fin de l’année 2018. Plus largement, Emmanuel Macron a plaidé pour une alliance franco-chinoise pour « l’avenir du monde », en particulier dans l’environnement, et pour que l’Europe coopère aux « nouvelles routes de la soie ». Ce gigantesque projet d’expansion chinois également baptisé « One belt, one road » prévoit la construction de routes, ports et voies ferrées dans 65 pays pour plus de 1.000 milliards de dollars constituant une ceinture terrestre, via l’Asie centrale et la Russie, ainsi qu’une route maritime vers l’Afrique et l’Europe, via l’océan indien, visant à renforcer les échanges entre la Chine et le reste du monde.

La force d’entraînement mondial de la Chine

Le président français a rappelé le rôle essentiel de la Chine – premier émetteur de gaz à effet de serre au monde mais aussi premier investisseur dans les énergies renouvelables – d’abord dans l’obtention de l’Accord de Paris et plus encore dans son maintien suite à la défection américaine. « La Chine a tenu parole. Vous avez démontré la réalité de votre prise de conscience et votre immense sens des responsabilités, a-t-il déclaré. Qui aurait pu imaginer il y a quelques années que la Chine démontrerait une force d’entraînement mondial dans ce domaine ? » , s’est-il demandé. Rappelant que sa propre initiative « One planet summit » du 12 décembre dernier avait pour objectif d’aller plus vite sur la question climatique en réunissant les acteurs progressistes et en mobilisant la finance mondiale, il a notamment cité l’élargissement du marché carbone à l’échelle nationale (annoncé d’ici à 2020) comme gage des ambitions chinoises en la matière. Il n’a pas manqué de rappeler la contribution de l’Agence française de développement à cette transition chinoise, affirmant que 25 des 30 projets financés depuis 15 ans sur le sol chinois pour un montant global de 1 milliard d’euros y contribuaient directement. Il a également souhaité que les deux pays coopèrent autour du « Pacte mondial pour l’environnement »élaboré par Laurent Fabius pour aligner le droit et les objectifs climatiques. Autre projet plus concret : l’organisation en 2019 d’une « année franco-chinoise de la transition écologique », une version augmentée du mois franco-chinois sur l’environnement organisé en 2017 autour de 100 événements qui se sont déroulés dans une vingtaine de villes chinoises.

Une Chine qui joue le jeu du multilatéralisme

Teresa Ribera, ex-secrétaire d’Etat espagnole aux Changements climatiques qui préside aujourd’hui l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), salue l’initiative française. « C’est une très bonne nouvelle qu’Emmanuel Macron souligne le climat comme champ de collaboration et sujet à inscrire à l’agenda bilatéral franco-chinois. » Un agenda qui englobe d’ores et déjà des projets nucléaires (le premier EPR au monde devrait entrer en service à Taishan cette année) et aéronautiques. Dans un entretien avec la presse chinoise, le président français a également évoqué les secteurs de l’agro-alimentaire, de la santé, de la silver economy, du tourisme, des services financiers, de l’art de vivre et…de la transition énergétique. Gageons que les ONG françaises auront à cœur de souligner le risque de décalage entre la posture très proactive adoptée sur la scène internationale et les retards à l’allumage qu’elles déplorent sur le sol français. Mais pour Teresa Ribera, cette initiative vient à point nommé, dans un contexte compliqué aussi bien pour le multilatéralisme que pour l’Europe.

La Chine a bien compris son intérêt de se positionner sur le sujet climat sur un plan économique ou géopolitique. Mais elle pourrait choisir de le faire dans un cadre exclusivement bilatéral. « Pour le moment, Pékin joue le jeu du multilatéralisme », constate Teresa Ribera. Et ce serait dramatique, pour l’avenir des négociations internationales sur le climat, qu’elle décide d’en sortir à son tour. Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré à la presse chinoise que les deux pays pouvaient agir efficacement ensemble pour sortir de la mauvaise passe que traverse ce mode de coopération, pourtant indispensable pour apporter des réponses globales aux enjeux du climat ou du commerce international. De son côté, en tant que cheville ouvrière de l’Accord de Paris, la France bénéficie d’une légitimité particulière sur le climat. « La France a la taille et l’expérience nécessaires pour jouer ce rôle », affirme Teresa Ribera. Les entreprises comme les acteurs financiers sont plutôt bien placés sur ce sujet, et Macron l’a bien compris.

Positionner l’Europe comme partenaire de référence

Il peut donc légitimement se présenter comme ambassadeur du reste de l’Europe, et préparer le terrain pour un accord plus large entre la Chine et l’Union européenne. « La France se transforme en profondeur et, avec elle, c’est l’Europe qui est de retour pour construire une coopération équilibrée avec la Chine », a-t-il d’ailleurs assuré. En effet, ce serait au niveau européen plutôt que franco-français que devrait se nouer l’alliance. Sauf qu’il n’y a guère que Macron en Europe aujourd’hui en mesure de proposer ce genre d’accord, les autres grandes puissances européennes étant chacune engluée dans une situation domestique compliquée. Rappelant que la Chine est déjà le premier partenaire commercial de l’Europe, il a néanmoins regretté que ce partenariat ne soit pas au niveau auquel il devrait, et espéré que son projet pour une Europe forte, souveraine et unie, fasse du Vieux continent un partenaire plus naturel encore pour la Chine. Cet enjeu pour devenir le partenaire de référence est d’autant plus essentiel que lors de la conférence sur ces nouvelles routes de la soie organisée par Pékin en juin dernier, à l’inverse des pays émergents, de Poutine et d’Erdogan, les dirigeants européens étaient bien peu représentés.

Vers des routes de la soie écologiques ?

Mais cette coopération souhaitée sur le front du climat rend plus nécessaire encore la convergence entre l’agenda expansionniste chinois incarné par les « nouvelles routes de la soie » et l’agenda 2030 regroupant l’Accord de Paris et les objectifs de développement durable (ODD). Ce qui n’est pas gagné, mais ne doit pas empêcher, selon Teresa Ribera, de distinguer dans la proposition française à la Chine « des impulsions sur lesquelles s’investir », qui constituent une « opportunité précieuse » à consolider via des alliances avec les banques de développement chinoises, l’AFD ou la BEI. « Si Obama était encore là, il aurait certainement proposé un ‘verdissement’ de ces nouvelles routes de la soie », affirme-t-elle. Macron n’est pas très éloigné de cette position lorsqu’il évoque les nécessaires relations avec les institutions multilatérales visant à la cohérence des objectifs. « Nous devons viser le meilleur résultat environnemental, avec, par exemple, l’objectif de créer des routes de la soie écologiques dans le siècle à venir », a-t-il suggéré.

Sur ce front de la coopération dans le cadre des nouvelles routes de la soie, l’initiative de Macron est diversement appréciée. D’aucuns moquent le peu d’importance qu’accorde la Chine à Paris, tandis que d’autres, plus nombreux encore, exhortent le président français à exiger plus de contrepartie. Dans Le Figaro, David Baverez, investisseur français installé à Hong Kong  et auteur de « Paris Pékin Express » qualifie le projet « One belt, one road » de hold-up stratégique. François Candelon, spécialiste de la Chine au Boston Consulting Group (BCG), basé à Shanghaï, renchérit :

« La naïveté serait de ne rien demander en contrepartie. Il y a une opportunité à saisir pour l’Europe au moment où les États-Unis sortent du multilatéralisme. »

Sur le climat comme sur la nouvelle route de la soie, le timing est le bon mais la question reste de savoir si la France peut faire figure d’ambassadeur européen aux yeux de la puissance chinoise.

Iran – L’Europe rejette le bellicisme étasunien

Iran – L’Europe rejette le bellicisme étasunien

Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 4 janvier 2018

La manière dont les États-Unis et l’Europe ont réagi aux modestes manifestations en Iran témoigne d’un nouveau clivage entre eux. Ces réactions  mettent en lumière la belligérance du lobby sioniste et son influence sur les médias et la politique américaine. Cette question est un révélateur du fossé qui se creuse entre les intérêts bien compris des États-Unis et ceux d’Israël.
Il y a encore quelques manifestations antigouvernementales et quelques attaques contre les institutions publiques en Iran. Mais, comme le montre le graphique, elles sont en train de diminuer. Hier, il n’y en a eu qu’à 15 endroits alors que, depuis le 28 décembre, 75 villes ont connu une forme de protestation ou une autre. De plus, il y a eu, hier, aussi, des marches pro-gouvernementales, chacune d’entre elles était de loin plus importante que les manifestations anti-gouvernementales.
Les dégâts causés aux biens publics par de jeunes émeutiers ont aliéné les participants sincères des premières manifestations, qui avaient d’amples motifs économiques de rejeter les politiques néolibérales du gouvernement iranien actuel. L’incitation à la violence venue de l’extérieur de l’Iran, probablement en raison des machinations de la CIA, les a dépouillés de leur voix.
J’avais posé cette question dans un article précédent :
« Pourquoi les États-Unis font-ils cela ?
Le plan n’est peut-être pas de renverser immédiatement le gouvernement iranien, mais de susciter une vive réaction du gouvernement iranien contre les actions militantes dans le pays. …. Cette réaction pourrait alors être utilisée pour imposer des sanctions plus larges et plus strictes à l’Iran, en particulier de la part de l’Europe. Il s’agirait là de la nouvelle étape d’un plan plus général visant à étrangler le pays, et d’un nouveau pas dans l’escalade.
et :
L’administration vient d’appeler à une session d’urgence de l’ONU sur la situation. C’est vraiment ridicule… »
Ridicule, c’est le mot. Des membres du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont rejeté les plans américains. Il n’appartient pas aux Nations Unies de s’insérer dans les affaires intérieures d’un pays. Mais même pour ceux qui croient que l’ONU a le droit d’intervenir, les manifestations en Iran, estimées au maximum à 15 000 personnes dans chaque cas et peut-être 45 000 si on les additionne, sont bien trop insignifiantes pour justifier une réaction de l’ONU.
L’Union européenne, principale cible du projet américain d’imposer à nouveau des sanctions à l’Iran, a officiellement rejeté cette possibilité. Le ministre suédois des Affaires étrangères a déclaré que de telles mesures seraient « inacceptables » et que la situation ne s’y prêtait pas. Le président Macron (français) a averti que rompre les relations avec l’Iran mènerait à la guerre. Il a indiqué assez clairement qui était derrière ces menées :
La France entretient des relations étroites avec les autorités iraniennes, et elle veut garder ce lien « parce que ce qui est en train de se jouer, sinon, c’est qu’on est en train de subrepticement reconstruire un ‘axe du mal’ » a déclaré le président.
(…)
« On voit bien le discours officiel qui est porté par les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, qui sont nos alliés à de nombreux égards, c’est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran ». Il a ajouté, sans donner de détails que « c’était une ‘stratégie délibérée de certains’ ».
Le ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les États-Unis contre toute ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran.
Pendant ce temps, un journal phare saoudien, Al Arabiya, bat the Onion 1 sur son propre terrain en affirmant que l’Iran a fait venir le Hezbollah, des unités irakiennes et des mercenaires afghan pour réprimer les manifestations.
Dans un article paru dans le Washington Post, le vice-président Pence se plaint du prétendu manque de réaction de l’administration Obama face aux manifestations en Iran, mais n’annonce aucune réaction de l’administration Trump. Les rédacteurs en chef du Washington Post multiplient les articles d’opinion de lobbyistes pro-sionistes qui s’acharnent contre l’Iran et reprochent à l’Europe de ne pas suivre la ligne de Trump.
La Fondation anti-iranienne pour la défense des démocraties, qui est financée par un spéculateur sioniste extrémiste, tient beaucoup de place dans les journaux américains :
Adam H. Johnson @adamjohnsonNYC – 4:04 – 3 jan 2018
Au cours des 72 dernières heures, la FDD a publié des articles d’opinion dans le NYTimes, Washington Post, NYPost, Politico et WSJ sur l’Iran, répétant dans chacun d’eux les mêmes arguments usés des pro-interventionnistes.
Adam H. Johnson @adamjohnsonNYC – 18:14 – 3 jan 2018
Après avoir épuisé toute la place qu’on lui avait octroyée dans WSJ, WaPo, Politico et NYTimes cette semaine, le FDD s’encanaille dans le Washington Times aujourd’hui. Triste !
Le blog soi-disant « centriste » Lawfare a publié un appel demandant qu’on fournisse des bombes artisanales antichar (EFP ) 2 aux manifestants iraniens. (Pendant l’invasion américaine de l’Irak, la résistance locale a fabriqué et utilisé de tels EFP contre les occupants américains. L’armée américaine a faussement prétendu que ces EFP venaient d’Iran. Le rédacteur en chef de Lawfare, le célèbre Benjamin Wittes, semble d’accord avec ces allégations. Ce rédacteur en chef, affirme qu’il ne corrige jamais aucun des articles publiés sur son site. Son seul regret, concernant cet article, c’est que l’appel à armer les émeutiers en Iran ne s’appuie pas sur de solides arguments juridiques. (On se demande comment les rédacteurs de Lawfare réagiront lorsque la Chine livrera des armes antichars à la prochaine incarnation d’Occupy Wall Street).
C’est donc une grosse campagne aux États-Unis qui accompagne des événements de bien moindre envergure en Iran. La campagne vise à créer un climat favorable à la guerre contre ce pays. Les médias lui font une grande  place. Mais les États-Unis se sentent bien seuls dans cette entreprise. L’Arabie saoudite est un tigre de papier qui ne compte pas, et Israël ne peut rien faire contre l’Iran. L’axe de la résistance est prêt pour une grande guerre, selon le dirigeant du Hezbollah Nasrallah. Il précise que si la guerre était déclarée, elle toucherait le cœur d’Israël.
Stephen Kinzer souligne que l’animosité américaine contre l’Iran et son gouvernement n’est assortie d’aucune vision stratégique :
« L’histoire montre que tout gouvernement iranien se doit d’être fortement nationaliste et de protéger avec assiduité les musulmans chiites partout dans le monde, de sorte que l’idée qu’un ‘changement de régime’ produirait un Iran plus pro-américain est un fantasme. La sécurité des États-Unis ne sera pas sérieusement affectée par la politique intérieure iranienne.
(…)
En 1980, le président Carter a proclamé que toute contestation de la domination américaine sur le golfe Persique serait considérée comme ‘une attaque contre les intérêts vitaux des États-Unis d’Amérique’. Il était guidé par les impératifs mondiaux de son époque. Une grande partie du pétrole américain venait du golfe Persique et l’Occident ne pouvait pas risquer de le perdre au profit du pouvoir soviétique.
Aujourd’hui, il n’y a plus d’Union soviétique et nous ne dépendons plus du pétrole du Moyen-Orient. Pourtant, bien que les causes de notre politique se soient évaporées, la politique elle-même demeure inchangée, une relique d’une époque révolue. »
Kinzer a raison de parler d’absence de vision stratégique. Mais il néglige l’influence du lobby sioniste dont l’intérêt est que les États-Unis restent impliqués dans la destruction de tous les adversaires potentiels de son entreprise coloniale. Ce n’est pas l’intérêt du peuple des États-Unis qui commande la politique américaine, il y a même pas mal de temps que cela n’est plus le cas (si ça l’a jamais été).
Traduction : Dominique Muselet
Notes
  1. The Onion, « L’Oignon », est un média d’informations parodiques américain, créé en 1988
  2. En anglais Explosively Formed Penetrators (EFP). Les charges génératrices de noyau (connues aussi sous le nom de charges formées) sont des têtes explosives qui permettent de pénétrer une armure. https://www.youtube.com/watch?v=s2hInZOYmvY

 

http://lesakerfrancophone.fr/iran-leurope-rejette-le-bellicisme-etasunien

 

L’armée yéménite a abattu le 2ème avion saoudien

Mon Jan 8, 2018 6:7AM
PressTv User

 

 

La chaîne Al-Masirah a rapporté, ce lundi 8 janvier, que le deuxième avion appartenant à l’Arabie saoudite avait été abattu par le système de défense anti-aérienne de l’armée yéménite.

Selon la chaîne Al-Masirah, l’armée yéménite a ciblé un « F-16 » de l’aviation saoudienne survolant Sanaa. C’est le deuxième avion appartenant à ce pays qui s’est écrasé ces dernières 24 heures sur le sol yéménite. Pour couvrir l’échec qu’a subi l’Arabie saoudite ces dernières heures, le porte-parole de la coalition saoudienne, Turki al-Maliki a réfuté les déclarations des responsables militaires yéménites en prétendant que le crash du F-16 était dû à un problème technique et que les deux pilotes avaient été sauvés, lors d’une opération de sauvetage.

Le commandant de l’armée de l’air yéménite, le général de brigade Ibrahim al-Chami avait averti les agresseurs de la capacité de défense aérienne du Yémen, et que cela donne un avantage certain à l’armée yéménite.

Le site d’information yéménite Alam al-Harbi, lié à l’armée yéménite et à Ansarallah, vient de publier un bilan sur les pertes en vies humaines, mais aussi matérielles de la coalition saoudienne durant l’année 2017. 1596 équipements militaires, 29 chasseurs-bombardiers, des hélicoptères militaires, 2 avions F-15 et F-16, 1 Typhon, 2 Apaches, un hélicoptère Black Hawk, un drone MQ 9 Reaper et 19 autres drones de la coalition saoudienne ont été abattus jusqu’à présent.

À lire aussi : http://ptv.io/2WFt

Un véhicule blindé saoudien détruit par Ansarallah. ©harbipress

Selon un autre rapport diffusé par la chaîne Al-Mayadeen, 6 militaires saoudiens ont été tués et 4 autres blessés lors d’une opération des garde-frontières yéménites. Le rapport ajoute également qu’un véhicule blindé appartenant à l’armée émiratie a été touché au nord de Yakhtal, dans la province de Taëz par l’unité de l’artillerie de l’armée yéménite tuant tous les militaires à son bord.

Dans un acte de représailles, l’armée saoudienne a pilonné la ville de Razeh à la frontière yéménite.

 

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/01/08/548188/Ymen-le-2me-avion-de-la-coalition-abattu

Naomi Klein : « Trump est une nouvelle sorte de politicien : il est la fusion de l’homme et de la grande entreprise »

Politique

Naomi Klein : « Trump est une nouvelle sorte de politicien : il est la fusion de l’homme et de la grande entreprise »

Pour la journaliste canadienne Naomi Klein, l’élection de Donald Trump n’est pas un accident de l’histoire. Dans son nouveau livre, Dire non ne suffit plus (Actes Sud), elle analyse les processus délétères qui ont abouti à l’élection d’un homme dont la vision du monde est fondée sur la domination et l’impunité. « Le risque serait de considérer qu’il suffit de se débarrasser de ce monstre pour que tout s’arrange » alerte t-elle, dans un contexte où la montée des politiques autoritaires et xénophobes est un phénomène mondial. Comment agir pour sortir des crises multiples qui nous assaillent ? Entretien.

En quoi les politiques de Donald Trump sont-elles à la fois nouvelles et la poursuite des pires tendances de ces dernières décennies ?

Naomi Klein : Il est dangereux d’analyser l’élection de Trump comme une rupture. Trump est bien une nouvelle sorte de politicien : il est la fusion de l’homme et de la grande entreprise. Il a besoin d’apposer sa marque dans tous les espaces disponibles et a réussi à faire de son nom le symbole de la réussite matérielle, le héros par excellence de la success story capitaliste. Mais au final, Trump est entièrement le produit de la culture nord-américaine, l’étape ultime d’un processus engagé depuis longtemps. Aussi excessif soit-il, il est moins une aberration qu’une conséquence logique, la créature d’un système de pensée puissant qui se sert de la race pour mettre en œuvre des politiques économiques impitoyables.

Quel est ce système dont il est l’incarnation ?

Sa vision du monde est fondée sur la domination, l’extraction, le fait de prendre à la terre et aux gens comme s’il n’y avait aucune limite ni conséquence. La marque Trump est l’impunité totale : l’idée qu’il suffit d’être riche pour faire tout ce qu’on veut, que la richesse permet d’acheter ce rêve de liberté absolue. Beaucoup de gens qui entourent Trump partagent son instinct de prédation. Son entourage immédiat compte ainsi cinq anciens cadres de Goldman Sachs qui ont provoqué la crise financière de 2008 et en ont profité ensuite au détriment des gens.

Le risque serait de considérer qu’il suffit de se débarrasser de cette créature pour que tout s’arrange, alors même que les conditions politiques qui l’ont produit et produisent d’autres Trump dans le monde entier restent à combattre. La montée des leaders d’extrême droite, des politiques autoritaires et xénophobes, est un phénomène mondial qui se manifeste dans tous les pays : Trump est la version américaine, mais vous avez Marine Le Pen en France, il y a Narendra Modi en Inde [Premier ministre indien, membre du parti nationaliste hindou BJP, ndlr]… Avec ce livre, j’essaie de replacer Trump dans un contexte qui échappe à la narration du choc [1]. Car, lorsque les gens sont encore sous le choc, ils sont très vulnérables et on ne peut plus alors attendre de la population qu’elle agisse au meilleur de ses intérêts.

Comment expliquez-vous l’obsession de Trump pour la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique ?

Trump a besoin d’un ennemi. Toutes ses politiques reposent sur ce schéma. Avec lui il y a toujours d’un côté les gagnants et de l’autre les perdants. On ne peut pas comprendre la construction du modèle capitaliste américain sans rappeler le rôle absolument central des suprémacistes blancs et de la haine envers les populations noires. En Amérique du Nord, l’économie capitaliste moderne a été subventionnée par deux hold up majeurs, à savoir le vol de la terre aux autochtones et le vol du peuple africain à sa terre. Tout cela s’est appuyé sur des théories suprémacistes où l’homme blanc occupe la première place. Ce sont le coton et la canne à sucre récoltés par des Africains réduits en esclavage qui ont servi de carburant au démarrage de la révolution industrielle. Le capitalisme américain est un capitalisme racial. Cette aptitude à ignorer le peuple et les populations à la peau foncée pour justifier le vol de leur terre, de leur travail et de leur liberté est fondatrice des États-Unis.

Qu’entendez-vous par l’idée que nous avons chacun en nous une part de Trump ?

L’ascension de Trump nous met au défi sur le plan personnel. La crise démocratique doit nous pousser à nous interroger et à essayer de tuer notre Trump intérieur. C’est en quelque sorte faire notre propre auto-analyse en voyant ce qui est un peu “trumpien” : l’addiction aux médias sociaux, le fait de vivre comme une marque commerciale parmi d’autres marques, d’envisager ses collègues comme des produits concurrents qui menacent ses parts de marchés [2], attendre qu’un multi-milliardaire vole au secours de la planète au lieu de construire à partir de ce que l’on sait faire, de la base… Qu’on le veuille ou non, la consommation nous immerge dans les eaux de la télé-réalité, au milieu de personnalités qui sont devenues de simples logos, le tout au nom d’une incessante distraction. Être conscient de cela est un bon point de départ : pour nous unir et résister ensemble, nous devons d’abord être prêts à nous changer nous-mêmes. C’est une condition pour transformer notre monde.

Il n’est pas rare d’entendre dire en Europe, y compris au sein de la gauche, que « Trump a raison quand il veut défendre les salariés américains dans la globalisation économique » et qu’il faut « acheter américain, embaucher américain ». Cela laisse penser que la nouvelle opposition fondamentale ne serait plus gauche-droite mais « ouverture-fermeture », « globalisation-souveraineté ». Qu’en pensez-vous ?

Trump ne va pas renégocier les accords de libre-échange dans l’intérêt des travailleurs. Tout ce qu’il fait est dans l’intérêt des compagnies américaines. Plusieurs syndicats ne se sont pas laissés prendre au bluff de Trump sur les échanges commerciaux et s’organisent en conséquence. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous les syndicats. Certains, notamment dans le secteur des industries fossiles, ont déclaré leur allégeance au nouveau président au lendemain de son investiture. Négocier de « meilleurs accords » ne signifie pas chez Trump qu’ils soient meilleurs pour les travailleurs syndiqués ou l’environnement. Il entend le mot dans un seul sens : meilleur pour lui même et son empire commercial, meilleur pour les banquiers et les cadres des compagnies pétrolières qui composent son gouvernement.

Il a d’emblée promis des baisses massives d’impôts sur les sociétés et la suppression de 75 % de la réglementation. Quand Trump dit qu’il va « rendre à l’Amérique sa grandeur », traduisez : « faire revivre l’industrie grâce à une main d’œuvre bon marché ». Le salaire des travailleurs des États-Unis pourra bientôt concurrencer celui des travailleurs de pays comme le Mexique… Et quand Trump se rend à l’étranger, c’est essentiellement pour vendre des armes. Oui, cela crée de l’emploi, tout comme le fait de construire des oléoducs ou un mur avec le Mexique. Mais la question est de savoir quel type d’emplois nous voulons.

Comment s’assurer que des batailles pour la relocalisation des emplois ou la défense de systèmes de production locaux ne soient pas récupérées par des politiques nationalistes et de droite extrême ?

Il existe une approche progressiste, internationaliste, qui consiste à affronter les inégalités provoquées par le libre-échange et les multinationales. Si des gens comme Trump peuvent utiliser la colère des citoyens face à l’appauvrissement de leurs conditions de vie et brandir une xénophobie particulièrement toxique, c’est parce qu’il y a un vide en face de cela. Les progressistes ont abandonné ce champ de bataille politique à la droite. En remettant aujourd’hui ces questions sur le devant de la scène, Trump nous donne l’opportunité de se réapproprier ce débat public.

Face à Trump, nous avons un Emmanuel Macron ou un Justin Trudeau [Premier ministre canadien, ndlr] prétendant incarner un progressisme dans le cadre de ce même modèle néolibéral, celui qui justement crée les conditions pour l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Écouter le discours tenu par Macron depuis quelques mois est absolument incroyable : au lieu de prendre le score du Front national comme un avertissement, il voit cela comme l’autorisation d’aller encore plus loin dans une libéralisation qui crée les conditions de cette folie.

Que pensez-vous de la prétention d’Emmanuel Macron et de l’Union européenne de porter le leadership international en matière climatique face à un Trump qui piétine toute vision écologiste ?

C’est l’un des plus grands dangers avec Trump : il est tellement caricatural qu’en comparaison, il en faut très peu pour apparaître comme un super héros. Je pense notamment à Justin Trudeau qui, pour Halloween, a enfilé un déguisement de superman et considère que c’est suffisant… Comment les dirigeants européens peuvent-ils se targuer de porter le leadership en matière climatique, quand les politiques qu’ils mènent nous conduisent à 3 ou 4°C de réchauffement à la fin de ce siècle ?

Plutôt que de dire qu’« il n’y a pas pire que Trump », nous devons exiger davantage des dirigeants et investir les espaces que ces gouvernements ne contrôlent pas. Par exemple, au moment de quitter l’Accord de Paris, Trump a déclaré qu’il avait été élu par les gens de Pittsburgh et non par ceux de Paris. La réaction du maire de Pittsburgh a été immédiate : il a rappelé que la population de sa ville avait davantage voté pour Hillary Clinton et il en a profité pour s’engager à atteindre les 100 % d’énergies renouvelables d’ici à 2035.

Faut-il changer la manière d’agir, de s’exprimer, de s’engager sur la question climatique ?

J’évoque à la fin du livre un exemple de manifeste des causes communes, dans lequel je me suis impliquée au Canada, qui je pense est un bon modèle [3]. Le mouvement pour la justice climatique s’est employé jusque-là à faire entendre les voix des communautés victimes des pollutions industrielles ou affectées par le changement climatique. C’est important mais ce n’est plus suffisant. Nous devons sortir de nos catégories, de nos cases. Nous sommes aujourd’hui confrontés à des crises qui sont multiples, interconnectées, et on ira nulle part si on joue à quelle est la crise la plus importante.

Il nous faut développer une vision de l’avenir qui intègre la complexité des liens entre les différentes crises que nous connaissons. La précarité économique et les attaques contre les droits territoriaux ont pour origine un système de valeurs qui place le profit au-dessus du bien-être des individus et de la planète. Dans les mouvements écologistes, on fait rarement le lien entre les armes qui tuent les noirs de Ferguson et d’Ottawa, la hausse du niveau des mers et les sécheresses qui détruisent les foyers des gens de couleur. Rares sont les rapprochements entre la manière dont les hommes de pouvoir pensent avoir le droit d’abuser du corps des femmes, et l’idée selon laquelle les humains pensent pouvoir faire de même avec la nature. On a beau voir qu’il existe des liens, on reste souvent très compartimentés, chacun dans son silo. Nous avons besoin d’une coalition large autour d’une vision commune partagée pour changer d’échelle et envisager d’autres mondes possibles.

Les mobilisations féministes suite à l’affaire Weinstein sont-elles de nature à ébranler le système de domination multi-facette (race, genre, etc.) que vous mettez en évidence ?

Face aux violences faites aux femmes, nous avons souvent été – comme dans le cas du changement climatique – dans l’adaptation : il revenait aux femmes d’adapter leur comportement. Aujourd’hui il s’agit de traiter les causes de ces violences. Face à un Trump qui se vante d’ « attraper les femmes par la chatte », il y a plusieurs façons de répondre : celle d’un Macron ou d’un Trudeau consiste à se déclarer féministe en étant moins pire que Trump. Il y a une autre réponse possible, différente, portée par ce mouvement global pour les droits des femmes qui doit faire bouger les choses dans les cercles familiaux, amicaux, de travail…

Cela implique de transformer notre monde fondé sur diverses formes de domination. Nous sommes à une intersection où toutes ces urgences se rencontrent. Nous avons fait des progrès mais nous devons être plus ambitieux. Il existe des alliances, notamment entre le mouvement Black Lives Matter et le mouvement des Dreamers [les « rêveurs », surnom des bénéficiaires du Daca, un programme mis en place par Obama pour protéger les jeunes immigrés entrés illégalement aux États-Unis, ndlr], ou bien encore avec le mouvement « Fight for 15 $ » [mouvement pour l’augmentation du salaire minimum à 15$ l’heure aux États-Unis]. Mais il n’y a pas eu de coalitions antiracistes et progressistes suffisamment larges qui soient en mesure de gagner.

Malgré toute l’amitié que j’ai pour Bernie Sanders [figure de l’aile gauche du Parti démocrate], je pense qu’il n’a pas gagné parce qu’il ne porte pas une analyse suffisamment globale sur le lien profond entre les inégalités économiques, de race, le sexisme et sur la façon dont ces inégalités sont liées depuis l’origine du capitalisme. Nous avons exactement le même problème en France : on croit que se rassembler signifie effacer nos différences au lieu de reconnaitre la réalité de ces différences. L’idée que régler la question économique permettra de régler tout le reste persiste. On voit bien que cela ne marche pas.

Dire non à Trump – et au « trumpisme » ailleurs sur la planète – est nécessaire, mais pas suffisant, dîtes-vous. Existe-t-il des lueurs d’espoir ?

Nous assistons à l’émergence de visions radicales au niveau municipal avec des gens venant de l’activisme social qui sont élus maires. C’est le cas dans des grandes villes européennes comme Barcelone avec Ada Colau (lire ici), au Sud des États-Unis où une nouvelle génération de maires afro-américains ont, toute leur vie, lutté pour une démocratie économique, contre les violences policières… C’est un signe d’espoir. Expérimenter d’autres manières de vivre pour voir que c’est possible est décisif. Cet esprit imaginatif, cette capacité d’entrevoir un monde radicalement différent du présent, nous manque souvent terriblement. Après 40 ans passés dans cet univers néolibéral, le plus grand obstacle est la crise de nos propres imaginaires.

Certaines communautés, notamment les peuples indigènes, essaient depuis longtemps de maintenir vivant un mode de vie qui ne se fonde ni sur la propriété de la terre, ni sur la quête incessante du profit. À Standing Rock [communauté de Sioux résistant à un projet d’oléoduc géant dans le Dakota du Nord], ils se sont définis comme des protecteurs de l’eau. Ils combattent pour une vision du monde post énergie fossile, fondée sur les savoirs indigènes avec des énergies 100 % renouvelables et de l’agro-écologie. Ils ont construit une nouvelle forme de résistance, dit non à une menace imminente, mais ont aussi travaillé sans relâche à bâtir l’alternative.

Recueillis par Sophie Chapelle, avec Maxime Combes

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Photo de une : CC Joan Moreno / FlickR

– Naomi Klein, Dire non ne suffit plus, ed. Actes Sud, 306 pages, 21,80 euros.
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- Basta !, Mediapart, Attac et 350.org ont organisé une rencontre-débat avec la journaliste canadienne Naomi Klein, le 4 novembre à Paris, à l’occasion de la publication de son nouveau livre. Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette discussion publique :

Cinq actrices et acteurs de luttes sociales et écologiques ont également été invités à échanger avec elle. Quels enseignements tirer en France de ce qu’elle nous apprend des États-Unis ?

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Revue de presse nationale et internationale.

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