Les trois points marqués du prochain sommet des BRICS à Xiamen (AVANT-PAPIER)

Les trois points marqués du prochain sommet des BRICS à Xiamen (AVANT-PAPIER)

© Chine Nouvelle (Xinhua)Liang Nin, le 02/09/2017 13:56

Ayant pour thème « BRICS : un partenariat plus solide pour un avenir plus brillant », le neuvième sommet du bloc se déroulera du 3 au 5 septembre, à Xiamen (sud-est de la Chine), avec des événements et une initiative sans précédents destinés à bien préparer une seconde décennie de coopération entre les cinq pays émergents et même au-delà.

LE PLUS GRAND FORUM COMMERCIAL DU SOMMET DES BRICS

Le Forum commercial des BRICS, événement majeur en marge du sommet, devrait rassembler dimanche et lundi un nombre record de 1.200 participants à Xiamen, dont des dirigeants de 55 multinationales figurant dans le classement Top 500 du magazine Fortune.

Outre la Chine, chacun des pays membres envoie une centaine de participants, alors que des entreprises d’une vingtaine de pays en dehors du bloc, dont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, prendront également part au forum.

Commerce et investissements, coopération financière, connectivité et économie de la mer seront les quatre principaux sujets de discussions.

Le président chinois Xi Jinping assistera à la cérémonie d’ouverture du forum et prononcera un discours inaugural pour faire le point sur les expériences en matière de coopération au sein des BRICS et donnera un aperçu des perspectives de développement futur. Les dirigeants d’autres pays membres ou de pays invités, à savoir le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Egypte et la Guinée, prononceront également des discours ou prendront part à des discussions.

Les BRICS représentent actuellement 23% de l’économie mondiale, 16% du commerce extérieur et 12% des investissements à l’étranger, contribuant à plus de 50% de la croissance économique mondiale. Ils restent toujours un moteur de croissance de la planète.

« Le forum permettra de renforcer la confiance des milieux d’affaires, d’intensifier les échanges et la coopération entre les entreprises et d’accorder des conseils au gouvernement », indique Jiang Zengwei, directeur du comité d’organisation du Forum commercial 2017 et chef du Conseil chinois pour la promotion du commerce international.

DES ECHANGES ENTRE PEUPLES

« Il y aura davantage d’activités culturelles impliquant les pays des BRICS cette année sous la présidence chinoise des BRICS« , a déclaré Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, lors d’une récente conférence de presse à la veille du sommet. A l’occasion du prochain sommet, les échanges entre les peuples seront particulièrement renforcés et deviennent l’un des trois piliers du mécanisme des BRICS qui est entré dans une nouvelle phase, alors que les deux autres sont la coopération économique et la coopération politique et sécuritaire.

Au cours du sommet, les dirigeants assisteront à la cérémonie d’ouverture de la fête culturelle des BRICS.

La Chine a organisé les Jeux des BRICS 2017 dans la ville de Guangzhou (sud) en juin, marquant le premier événement sportif et d’échanges culturels multilatéral dans le cadre de la coopération entre les BRICS.

La Chine a également organisé un forum des médias, un festival de cinéma, une réunion sur la médecine traditionnelle et un forum de jeunes diplomates, pour promouvoir l’amitié et la compréhension entre les peuples des pays des BRICS.

« Les dirigeants des pays des BRICS parviendront à des consensus sur le renforcement des échanges entre les peuples durant le prochain sommet des BRICS à Xiamen« , a noté M. Wang.

LES BRICS+ : UN CERCLE D’AMIS ELARGI

Les pays des BRICS ne sont pas enfermés dans leur propre club, la coopération dépasse largement le cercle des cinq pays membres. Depuis 2013, le pays hôte du sommet a commencé à inviter certains pays ne faisant pas partie du bloc pour nouer un dialogue.

Cette année, la Chine a proposé le modèle « BRICS+ », invitant en conséquence les dirigeants de l’Egypte, du Mexique, du Tadjikistan, de la Guinée et de la Thaïlande pour participer à un dialogue entre pays émergents et pays en développement.

Selon des observateurs, la plupart des pays invités étaient auparavant issus de la même région que le pays hôte, alors que la Chine a choisi de sélectionner cette année cinq pays ayant des caractéristiques régionales distinctes et comme représentants de leur continent, avec qui les pays des BRICS discuteront de la coopération Sud-Sud et de projets de développement international. Cela aidera à élargir l’influence de la coopération des BRICS, à faire de ce mécanisme l’une des plus importantes plateformes au monde pour promouvoir la coopération entre les pays émergents et les pays en voie de développement.

https://chine.in/actualite/cn/les-trois-points-marques-prochain-sommet-des_101781.html

 

Publicités

Les kurdes, armes de déstabilisation massive de Washington au Moyen-Orient

Les kurdes, armes de déstabilisation massive de Washington au Moyen-Orient

À l’instar du peuple palestinien, les Kurdes souhaitent accéder à leur autonomie. Cependant, depuis la dislocation de l’Empire ottoman, certains de leurs chefs ont préféré s’allier aux puissances impérialistes plutôt qu’aux États limitrophes. Ils ont — ainsi que leurs proches — trahi leur peuple en se mettant au service des puissances impérialistes, afin de déstabiliser le Moyen-Orient. Ils ont tenté de créer des États fantoches successivement en Iran, Iran et Syrie, c’est-à-dire dans des contrées où ils ont été auparavant accueillis et protégés. Sarah Abed nous raconte leur histoire.

| 1er septembre 2017

+
JPEG - 47.7 ko
En 1917, la création du Kurdistan, de l’Arménie et d’Israël a été l’un des objectifs de guerre du président états-unien Woodrow Wilson. Après avoir envoyé la Commission King-Craine pour vérifier l’emplacement exact des populations, il a proclamé le Kurdistan par la Conférence de Sèvres (1920), ici en rose sur la carte. La conférence a également reconnu la possibilité que la zone hachurée (actuellement en Irak) se joigne volontairement au Kurdistan par référendum. Cependant, cet État n’a jamais vu le jour et a été abrogé par la Conférence de Lausanne (1923). Seul ce territoire, et seulement celui-ci, peut être légitimement exigé par les Kurdes.

L’histoire du peuple Kurde a longtemps suscité mystère et perplexité ; et l’on commence à trouver, seulement depuis peu, des articles qui abordent ce sujet dans les médias dominants. Depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis, et le conflit actuel en Syrie, le récit kurde a été « romancé » par les médias dominants et les politiciens états-uniens afin de cautionner leur politique interventionniste. Depuis l’invasion de la Syrie par les E.U, ces derniers et Israël ont soutenu un Kurdistan semi-autonome : Israël leur versant la somme de 3,84 milliards de dollars contre du pétrole, ce qui va dans l’intérêt, à la fois géopolitique et économique, des deux parties  [1].

En 2015, le Financial Times a rapporté que pas moins de 77 % de l’approvisionnement d’Israël en pétrole, dans les derniers mois, provenait du Kurdistan irakien, ce qui représente 19 millions de barils entre le début du mois de mai et le 11 août. Au cours de cette période, plus d’un tiers des exportations nord-iraquiennes ont transité par voie maritime via le port turc de Ceyhan jusqu’en Israël, avec des transactions atteignant quasiment le milliard de dollars. Cet article s’appuyait sur, je cite, « des informations concernant les transactions commerciales, le trafic maritime notamment celui des pétroliers au moyen de satellites ».

Ces ventes, symbolisent la volonté d’émancipation de l’Irak du Nord ainsi que l’effilochement des liens entre Erbil et Bagdad ce qui ne fait que renforcer les craintes relatives à la volonté d’indépendance totale des Kurdes vis-à-vis de l’Irak.

En 1966, le ministre de la Défense irakien, Abd al-Aziz al-Uqayli, a reproché aux Kurdes d’Irak leur ambition de fonder « un second Israël » au Moyen-Orient. Il a aussi prétendu que « les puissances aussi bien occidentales qu’orientales soutiennent les rebelles dans leur projet de création d’un nouvel État d’Israël au nord du territoire irakien à l’image de ce qu’ils ont fait en 1948 lors de la création de la colonie »  [2]. Il est intéressant de constater qu’une fois de plus l’Histoire se répète à travers l’existence de cette relation au demeurant uniquement fondée sur la crainte réciproque de représailles.

Pour l’essentiel du conflit en Syrie, plusieurs milices kurdes sont devenues les meilleurs alliées des forces coalisées armées sous commandement US au sein du territoire ; recevant de la part de ses membres une aide se traduisant par l’obtention de gigantesque cargaisons d’armes, la formation et l’entrainement de leurs troupes  [3]. Ces milices kurdes sont aussi majoritaires au sein des Forces démocratiques syriennes (SDF), organe pro-US, leader avéré de la coalition, ayant participé à l’offensive contre Daesh visant à libérer Rakka. Les armes que les États-uniens ont fourni aux combattants kurdes et arabes de la coalition anti-islamique comportent notamment : des mitrailleuses, des mortiers, des missiles anti-char, des véhicules blindés et du matériel de haute-technologie.

Au mois de mai, Le président des États-Unis, Donald Trump, a approuvé l’initiative consistant à équiper les combattants kurdes en Syrie en armement lourd, incluant des mortiers et des mitrailleuses  [4]. Au cours du mois qui a suivi, 348 camions transportant du matériel militaire ont transité selon l’agence de presse turque Anadolu. Selon les informations délivrées par d’autres agences de presse, la liste des armes devant être livrées par le Pentagone au groupe suscité comprend 12 000 Kalachnikov, 6 000 fusils mitrailleurs, 3 000 lance-grenades et environ 1 000 missiles anti-char d’origine russe et états-unienne.

La cargaison US comprend 130 camions, dont 60 véhicules passant le 5 juin, et 20 véhicules le 12, selon Sputnik News  [5].

Le 17 Juin, Sputnik News rapporte que les USA continuent de fournir au Parti de l’union démocratique (PYD) en Syrie des munitions pour combattre Daesh, livrant ainsi du matériel transporté par 50 camions au cours de cette seule journée, selon les médias turcs. Un peu plus tôt, le même jour, ces camions ont atteint la ville d’Al-Hasakah, au nord-ouest de la Syrie.

Les liens, aussi bien historiques qu’actuels entre Israël et les kurdes sont un atout pour les deux camps. Par le passé, Israël a obtenu des renseignement et de l’aide, pour plusieurs milliers de juifs fuyant l’Irak baasiste. Les Kurdes ont reçu protection et aide humanitaire, et ont pu établir des liens avec le monde extérieur et plus particulièrement avec les USA. La première fois que Jérusalem a reconnu avoir fourni de l’aide aux kurdes remonte au 29 septembre 1980, lorsque le Premier ministre Menahem Begin a révélé qu’Israël a aidé les kurdes « au cours de leur soulèvement contre l’État Irakien entre 1965 et 1975 » et que les États-Unis étaient au courant de la chose. Begin a ajouté qu’Israël a envoyé des officiers-instructeurs et des armes, mais pas de combattants.

JPEG - 56.7 ko
Des kurdes de nationalité israélienne protestent devant l’ambassade de Turquie à Tel Aviv, le 8 juillet 2010.

Les kurdes restent le peuple nomade numériquement le plus important à n’avoir jamais eu d’État attitré depuis l’origine des Temps. Cette situation a permis aux puissances occidentales de diviser, de déstabiliser et de conquérir l’Irak et la Syrie.

La coalition de criminels de guerre sous commandement états-unien utilise des ressortissants kurdes syriens dans le but d’anéantir la pacifique et démocratique République syrienne, dirigé par son président, démocratiquement élu, Bachar el-Assad  [6]. Washington cherche à créer un climat sectaire et des divisions ethniques dans un pays qui, avant le début de ce conflit initié par les Occidentaux, n’en n’avaient pas.

Cependant, les spécialistes de la question kurde rejettent cette version des faits car elle va à l’encontre de leur vision de l’histoire qui attribue, à un moment donné au peuple kurde, un État à part entière. Ils estiment la population kurde à 30 millions, conformément à la plupart des sources démographiques. Ils rejettent aussi l’idée qu’ils puissent être instrumentalisés  [7].

Lorsque l’on interroge l’administration autonome sur la limite à accorder à l’aide US et à celle des autres superpuissances, le co-président du Parti de l’union démocratique (PUD), Salih Muslim, répond : « Notre meilleur atout est notre mentalité. Son efficacité dépend de notre capacité à éduquer et gérer notre communauté. Si nous défendons nos principes et notre idéologie alors aucune puissance ne peut nous asservir »  [8].

Il n’y a probablement pas d’autres peuples, de nos jours, autant sujet à fabulation au sein du monde occidental. Systématiquement dépeint comme des « combattants pour la liberté » luttant jusqu’à la fin des Temps pour une terre qu’on leur refuse, les kurdes de manière récurrente ont été utilisés comme bouc-émissaires par les autres pays.

À l’heure actuelle, ils sont utilisés à leur insu par l’Otan et par Israël afin de leur permettre d’assouvir leurs ambitions colonialies visant à découper de grands pays comme l’Irak en petites provinces morcelées à des fins géostratégiques.

C’est le procédé récurrent utilisé par les nations impérialistes leur permettant de coloniser des pays plus petits et moins puissants qu’elles. Les kurdes ont, à travers l’histoire, été instrumentalisés par les puissances coloniales dans leur stratégie de « diviser pour mieux régner » et continuent de jouer ce rôle à l’heure actuelle.

Opportunistes d’extrême gauche ou révolutionnaires authentiques ?

Dans un article de 2007, Daniel Schorr, analyste chevronné de la radio états-unienne NPR, a déclaré que les kurdes sont depuis longtemps instrumentalisés dans les luttes intestines pour la suprématie régionale [9]. Au jour d’aujourd’hui, ils se trouvent en plein milieu d’une guerre d’influence pour la domination au Moyen-Orient entre les États-Unis et l’Iran.

En 1973, le président Richard Nixon et son secrétaire d’État Henry Kissinger ont, avec l’aide de la CIA, provoqué un soulèvement des kurdes du nord de l’Irak contre le président Saddam Hussein.

Les États-uniens ont fait marche arrière lorsque Saddam et le Shah d’Iran ont pu régler leurs différends, abandonnant ainsi les kurdes à leur triste sort. Le plus surprenant, c’est l’amnésie dont semble faire preuve ces derniers en choisissant de continuer de collaborer avec Washington à leur détriment.

Dans la guerre du Golfe, suite à l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, George Bush père a appelé les kurdes, ainsi que la communauté chiite du sud du pays, à se rebeller contre Saddam. L’armée US victorieuse a autorisé Saddam à conserver ses hélicoptères de protection qu’il a utilisé en masse pour réprimer les soulèvements kurdes et chiites.

L’opinion publique états-unienne a finalement contraint l’administration à mettre en place des zones d’exclusion aérienne au nord comme au sud du pays afin de protéger les deux populations.

Les kurdes ont dû payer le prix de leur loyauté envers les USA, et ce n’est pas sans un certain narcissisme que l’administration Bush s’est permis de dicter aux kurdes, prétendument autonomes, la nature des relations à entretenir avec leurs voisins ainsi qu’avec l’Iran, grand rival des États-Unis [10]. Mais au final, les kurdes semblent, à nouveau, pris en étau dans un conflit pour la suprématie régionale entre les USA et l’Iran.

Andrew Exum, ancien ranger de l’armée US et conseillé du Pentagone sur les questions relatives au Moyen-Orient a déclaré « … cette décision — d’armer un groupe étroitement lié à une organisation terroriste étrangère qui, de surcroit, finance depuis plusieurs décennies des insurrections contre l’État turc— aura, à n’en pas douter, des répercussions sur les relations des E.U. avec la Turquie pour les décennies à venir »  [11]. Le gouvernement turc a souligné le fait que la milice kurde est intimement liée au Parti travailliste kurde, un groupe séparatiste communément appelé PKK. Ce groupe est, aux yeux de la Turquie, des E.U et de l’Europe, une organisation terroriste.

Une estimation approximative, recueilli dans le CIA Factbook évalue la population kurde en Turquie à 14,5 millions : 6 millions en Iran, environ 5 à 6 millions en Irak et moins de 2 millions en Syrie, pour un total avoisinant les 28 millions de kurdes au sein de ce territoire qu’ils appellent « Kurdistan » et des régions limitrophes.

Cependant, d’autres sources affirment qu’il ne reste plus que 1,2 millions de kurdes en Syrie, conséquence de cette guerre savamment orchestrée et imposée par l’Otan et ses alliés du Golfe. Environ le même nombre ont émigré en Allemagne au cours des six dernières années.

Il est important de distinguer, d’un côté, les kurdes qui se sont intégrés à leur pays d’accueil, hostiles à la création d’un « Kurdistan », et de l’autre les acharnés qui n’hésitent pas à aider l’Ouest et Israël à déstabiliser la région. Une partie des kurdes de Syrie, et plus particulièrement ceux qui habitent dans des zones qui ne sont pas contrôlées par des kurdes, comme Damas, font preuve de loyauté envers le gouvernement syrien et ont déclaré avoir voté Assad en 2014.

Ces élections libres et démocratiques ont vu Assad l’emporter avec 88,7 % des suffrages devant deux autres candidats [12]. Au début de la guerre en Syrie, il y avait au sein de l’armée syrienne, des combattants kurdes qui recevaient armes et salaires, à l’instar des syriens d’autres ethnies. Il n’en reste aujourd’hui qu’une poignée au sud de la Syrie.

Par contre, au nord, de nombreux kurdes ont quitté les rangs des Forces démocratiques syriennes (FDS), sous commandement états-unien, bien que bénéficiant d’armes, d’un salaire et de formation au combat. Les Syriens considèrent les kurdes restés loyaux envers leur pays comme leurs frères et sœurs syriens, ils n’ont donc rien à voir avec les manigances kurdes décrites précédemment.

La coalition de groupes de mercenaires syriens, plus connu sous le nom de FDS (Forces démocratiques syriennes) est armée, entraînée et soutenue par les E.U. Ce groupe est engagé, en ce moment même, dans la bataille visant à libérer Rakka, dernier bastion de Daesh.

JPEG - 59.1 ko
Jusqu’en mai 2017, l’ensemble des groupes jihadistes et/ou rebelles en Syrie, y compris les factions kurdes connues sous le nom de Forces démocratiques syriennes (SDF), fut armé, formé et soutenu par les États-Unis. Dès que ce soutien a commencé à faiblir, ces groupes se sont séparés.

Indépendance et désunion

Une chose importante à rappeler est que le terme « kurde » se réfère à des personnes qui parlent des langues, ayant certes des origines communes, mais bien différentes. Les deux principales sont : le sorani en Irak et en Iran ; le kurmanji en Syrie, en Turquie et dans de petites régions limitrophes en Irak et en Iran. Le sorani utilise les caractères arabes, alors que le kurmanji utilise les caractères latins, ce qui montre à quel point elles sont éloignées.

Le gouvernement régional du Kurdistan irakien est principalement composé d’individus qui parlent le sorani alors que ceux du PKK, du PYD et d’autres groupes nationalistes en Turquie et en Syrie parlent le kurmanji. Même s’il y a de toute évidence une correspondance entre la cartographie des langues kurdes et celle de l’expression des divers partis politiques kurdes, les frontières ne sont pas aussi nettes.

D’autre part, la Turquie ne s’oppose pas avec la même intensité aux revendications des kurdes irakiens qu’à celles de leurs homologues turcs ou syriens. Favoriser l’autonomie des kurdes d’Irak ne devrait pas dégrader la qualité des relations turco-étatsuniennes contrairement au fait d’encourager le nationalisme des kurdes syriens et turcs.

La quête d’indépendance est inhérente à l’identité kurde. Cependant, tous les kurdes n’envisagent pas un Kurdistan unifié qui réunirait les populations kurdes réparties dans quatre États souverains différents. La plupart des mouvement et des partis politiques kurdes prennent très au sérieux les aspirations de leurs compatriotes au sein même de leur pays respectif. Dans chacun de ces pays, il y a des kurdes qui se sont assimilés et dont les aspirations semblent se limiter à plus de libertés culturelles et de reconnaissance politique.

Les kurdes, répartis aux quatre coins du Moyen-Orient, n’ont jamais renoncés à leurs aspirations à l’image de nombreux groupes. Bien qu’une partie des Kurdes ait fondé des organisations et des partis politiques légitimes dans le but de favoriser et de promouvoir leurs droits et leur liberté, d’autres, comme le PKK turc ont utilisés des stratégies de guérillas et d’attaques terroristes qui ont eu pour cibles des civils, parfois même des compatriotes.

La grande variété des partis politiques kurdes est révélatrice de dissensions au sein du monde kurde, qui correspondent souvent aux lignes de fractures tribales, linguistiques et nationales, auxquelles s’ajoutent des divergences et rivalités politiques. Les tensions entre les deux principaux partis politiques kurdes en Irak, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’union patriotique du Kurdistan (UPK), ont conduit à une guerre civile qui a coûté la vie à plus de 2 000 d’entre eux au milieu des années 90.

Ces dissensions s’étendent au-delà des frontières, avec des partis et des organisations qui se ramifient ou voient la naissance de partis affiliés au sein des pays voisins. À l’heure actuelle, les désaccords entre kurdes syriens et irakiens concernant les relations à établir avec la Turquie afin de favoriser les perspectives relatives à l’autonomie du peuple kurde ont créé des tensions qui ont opposé d’un côté le PKD irakien et son homologue syrien, le PDK-S, et de l’autre le PKK et son extension syrienne, le PUD. Néanmoins, des groupes kurdes rivaux ont coopéré lorsque la situation l’exigeait.

JPEG - 21.6 ko

Des groupes kurdes ont, à certaines occasions, négocié pas seulement avec leur propre gouvernement mais aussi avec les États voisins, parfois au détriment de leurs relations avec leurs frères. Les relations complexes, aussi bien entre les différents groupes kurdes qu’entre les kurdes et les gouvernements régionaux, sont instables et des alliances se sont nouées puis dissoutes au gré des changements politiques.

Les experts considèrent le manque d’unité des kurdes comme étant la cause principale de leur incapacité à fonder leur propre État.

Les velléités d’indépendances illégitimes et injustifiées des Kurdes

Les Occidentaux prétendent que les kurdes sont parmi les combattants les plus dignes et les plus respectables qui combattent Daesh au Moyen-Orient. Mais si leur objectif est de vaincre Daesh, comme ils le prétendent, pourquoi en viennent-ils à commettre un génocide envers le peuple syrien ? [13] Prenant, ceci en considération, il devient difficile d’adhérer à la thèse occidentale selon laquelle des groupes terroristes kurdes ont pour but d’aider la Syrie. La réalité du terrain vide de substance toutes les belles paroles que les Occidentaux prodiguent pour se donner bonne figure tout en soutenant ces organisations terroristes. Cette interprétation mensongère des faits vise en fait à armer les kurdes de Syrie dans le but d’engendrer l’instabilité et la division dans le pays.

Il est surprenant que les kurdes fassent preuve d’autant d’hostilités à l’égard des Syriens, dans la mesure où le pays les a accueillis à bras ouverts. À titre d’exemple, des réformes ont été menées en Syrie en 2012 favorisant les intérêts kurdes. « Le président Assad a promulgué un décret accordant la citoyenneté arabe syrienne aux résidents étrangers du gouvernorat de Hassake » selon l’agence de presse Sana. Ce décret, qui a bénéficié à 300 000 kurdes, est sorti une semaine après qu’Assad ait chargé une commission de « résoudre le problème du recensement organisé en 1962 dans le gouvernorat de Hassake ».

En janvier 2015, l’agence Sana a rapporté les propos de l’ancien Premier ministre, le Dr. Wael al-Halqi : « Les Kurdes font partie intégrante de la société syrienne et Kobané est une ville chère au cœur de tous les Syriens » [14]. Cette déclaration d’al-Halqi a été prononcée lors de sa rencontre avec une délégation qui comprenait des notables kurdes. Il a aussi encouragé tout le monde à bannir la violence et à promouvoir l’amitié, rappelant qu’une solution à la crise syrienne ne peut advenir que « par le truchement d’un dialogue et d’une réconciliation nationale » tout en précisant que ce dialogue devra se faire « entre compatriotes, à l’écart des injonctions étrangères ».

En 2014, le rassemblement civil démocratique des kurdes syriens a déclaré que la ténacité dont ont fait preuve les habitants de Kobané face aux terroristes reflète leur appartenance à la Syrie [15]. Le secrétariat du Conseil suprême du rassemblement a déclaré que cette ténacité forçait l’admiration et que les tentatives de mise à mal de l’intégrité du territoire kurde sont l’expression d’un complot visant à propager le chaos et la division et à affaiblir l’« Axe de la Résistance ».

Ce ne sont que quelques exemples de la volonté du gouvernement syrien d’unifier les populations vivant au sein de leurs frontières. Malgré toutes ces actions de bonne volonté, les FDS (Forces démocratiques syriennes) ont choisi de s’allier aux ennemis de la Syrie plutôt que de collaborer avec l’armée syrienne.

Un accord récent, initié et négocié par les États-Unis entre une faction de l’Armée syrienne libre et les FDS sous commandement kurde, établit les conditions qui ont permis à la brigade Mut’asim (Armée syrienne libre), d’investir 11 villages du nord de la Syrie, sous contrôle du rival FDS, en toute tranquillité. Le contenu de cet accord sans précédent a été annoncé le 10 mai 2017, déclarant que la Coalition sous commandement US a délégué à Al-Mu’tasim la responsabilité de l’administration des villages désignés.

JPEG - 53.3 ko

Al-Mu’tasim est connu pour être un puissant allié des États-Unis, raison pour laquelle il a été désigné pour assumer cette responsabilité : preuve supplémentaire de l’alliance entre les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes et l’Armée syrienne libre. Cette coopération représente une tentative d’entrave à la progression de l’Armée arabe syrienne et de ses alliés.

(À suivre…)

Traduction
Jean-Marc Chicot

[1] “Israel Is Challenging America to Support Kurdish Independence”, Dov Friedman & Gabriel Mitchell, New Republic, July 3, 2014

[2] “Surprising Ties between Israel and the Kurds”, Ofra Bengio, Middle East Quarterly, Summer 2014 (Middle East Forum).

[3] “U.S., allies rush heavy weapons to Kurds to fight militants in Iraq”, David S. Cloud & Brian Bennett, Los Angeles Times, August 11, 2014. “Trump to Arm Syrian Kurds, Even as Turkey Strongly Objects”, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, May 9, 2017.

[4] “Trump Approves Plan to Arm Syrian Kurds”, Courtney Kube, NBC News, May 9, 2017.

[5] “Syria’s Kurdish Militias Get 50 Trucks With US Armored Vehicles, Munition”, Sputnik, June 17, 2017.

[6] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[7] “Syrian Kurdish PYD co-leader dismisses possibility of ‘being used as pawns’”, Kom News, April 16, 2017.

[8] “Middle-East – the Kurdish people used as a pawn by the Western powers”, Class Struggle 103, Winter 2014, (International Communist Union).

[9] “Kurds Often Used as Pawns in Power Struggles”, Daniel Schorr, NPR, January 15, 2007.

[10] “The Kurds as Charlie Brown”, Daniel Schorr, Christian Science Monitor, January 19, 2007.

[11] “Trump Moves To Defeat ISIS By Arming Syrian Kurds”, Jack Davis, Western Journalism, May 10, 2017.

[12] « Le Peuple syrien a parlé », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 juin 2014.

[13] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.. “U.S. Coalition Cleansing Raqqa Of Arabs To Expand Kurdish “Autonomous Region””, Mint Press, June 20, 2017.

[14] “Premier al-Halqi : Kurds are integral part of Syrian society”, Sana, January 29, 2015.

[15] “Civil Democratic Gathering of Syrian Kurds : Ayn al-Arab will continue to raise the Syrian flag”, Sana, October 31, 2014.

http://www.voltairenet.org/article197628.html

 

La Russie met en garde les US au sujet de l’Afghanistan

La Russie met en garde les US au sujet de l’Afghanistan


Moscou dit que sous la direction américaine, le commerce de la drogue et État islamique sont florissants, et maintenant la communauté chiite afghane est attaquée par des hélicoptères non identifiés.


Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 22 août 2017 – Source Russia Insider

La Russie a laissé entendre, par le passé, que les États-Unis parrainent secrètement État islamique en Afghanistan. Jeudi, un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a monté la barre en alléguant que les « combattants étrangers » qui ont été transférés par des « hélicoptères inconnus » ont perpétré un massacre de chiites Hazara dans la province de Sar-e-Pol dans le nord de l’Afghanistan.

Le porte-parole a déclaré :

« On peut voir des tentatives pour provoquer des conflits ethniques dans le pays (…) Des cas de vols d’hélicoptères non identifiés sur des territoires contrôlés par des extrémistes dans d’autres provinces du nord de l’Afghanistan sont également enregistrés. »

Par exemple, il est prouvé que le 8 août, quatre hélicoptères ont effectué des vols depuis la base aérienne du 209e corps de l’Armée nationale afghane à Mazar-i-Sharif dans la région capturée par les militants dans le district d’Aqcha dans la province de Jowzjan.

Il est à noter que les témoins de ces vols ont échappé aux  radars des agences de sécurité. Il semble que le commandement des forces de l’OTAN qui contrôle le ciel afghan refuse obstinément de constater ces incidents.

À partir de ce qui précède, il apparaît que des sections des forces armées afghanes et le commandement de l’OTAN – qui contrôle l’espace aérien afghan – agissent main dans la main dans ces opérations secrètes. Sans aucun doute, c’est une allégation très sérieuse. L’attaque contre les chiites Hazara doit être considérée comme un message destiné à Téhéran.

Historiquement et culturellement, l’Iran a des affinités avec la communauté chiite Hazara en Afghanistan. Peut-être, l’administration Trump, qui a juré de renverser le régime iranien, ouvre-t-elle un « deuxième front » par État islamique contre l’Iran sur sa frontière de l’est.

Fait intéressant, le ministère russe des Affaires étrangères a également publié vendredi une déclaration sur la situation alarmante en matière de drogue en Afghanistan. Il a souligné que :

  • Une forte augmentation de la production de drogues est prévue en Afghanistan cette année et un tiers de la population du pays est actuellement impliqué dans la culture du pavot pour l’opium.
  • La géographie du trafic de drogue afghan s’est élargie et atteint maintenant le continent africain.
  • Des tonnes de produits chimiques pour le traitement des stupéfiants sont importées illégalement en Afghanistan – avec l’Italie, la France et les Pays-Bas « parmi les principaux fournisseurs ».
  • Les États-Unis et l’OTAN ne veulent pas ou sont incapables de freiner l’activité illégale.

La Russie et l’Iran ne peuvent pas fermer les yeux sur les activités hostiles des États-Unis (et de l’OTAN) dans leur arrière-cour, transformant la guerre anti-Taliban en une guerre par procuration. Ils ne peuvent que voir le conflit afghan à travers le prisme de leurs tensions approfondies avec les États-Unis.

Quelles sont les options de la Russie ? Le ministre russe de la Défense, Serguei Shoigu, a déclaré lors d’une réunion avec la crème des militaires à Moscou, le 18 août, que le conflit afghan constitue une menace pour la stabilité de l’Asie centrale. Il a déclaré que la Russie envisageait d’organiser des exercices militaires conjoints, en fin d’année, avec le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. La Russie a des bases militaires au Tadjikistan et au Kirghizistan.

Encore une fois, l’ambassadeur Zamir Kabulov, envoyé présidentiel russe en Afghanistan, a récemment déclaré que si le gouvernement afghan et les États-Unis ne pouvaient pas contrer la menace de État islamique, la Russie recourrait à la force militaire.

Kabulov a révélé que la Russie a dévoilé au Conseil de sécurité de l’ONU le parachutage de fournitures pour les combattants d’État islamique dans au moins trois provinces du nord de l’Afghanistan par des aéronefs non identifiés.

Bien sûr, il est inconcevable que la Russie mette des « bottes sur le terrain » en Afghanistan. Mais si État islamique franchit les frontières des États d’Asie centrale, il s’agira d’une « ligne rouge », et la Russie répliquera.

La Russie renforce ses bases au Kirghizistan et au Tadjikistan. De manière significative, lors d’un exercice militaire conjoint avec le Tadjikistan en juillet, la Russie a testé ses missiles balistiques à courte portée Iskander-M, l’une des armes les plus avancées de l’arsenal russe, avec une portée de 500 kilomètres et une charge utile de 700 kg. Iskander est équipé de systèmes de guidage terminal ayant la capacité de surmonter les défenses antimissiles. La précision d’Iskander pourrait être inférieure à 10 mètres. (La Russie a déployé cette arme mortelle en Syrie).

Avec le licenciement/démission  du stratège de la Maison Blanche Steve Bannon − un idéologue anti-guerre invétéré dans l’administration Trump qui voulait que la guerre afghane soit arrêtée − les généraux ont désormais le dessus dans le contrôle de la politique américaine. Le secrétaire à la Défense, James Mattis, et le conseiller en sécurité nationale, HR McMaster, favorisent le déploiement de troupes supplémentaires en Afghanistan.

L’inconnue connue est John Kelly, que Trump a récemment nommé chef d’état-major. Mais il y a assez d’indications montrant que Kelly – un général à la retraite du Corps de marine et père d’un Marine décédé, le 1er lieutenant Robert Kelly, qui a été tué en Afghanistan en 2010 – partage presque certainement l’opinion de Mattis et McMaster.

Plus on regarde de prés, plus on voit que le véritable défi de Donald Trump ne consiste pas à gagner la guerre contre les talibans, mais le risque élevé qu’il assumera, en prenant les conseils de ses généraux, est de mettre son imprimatur sur une guerre par procuration à part entière en Afghanistan contre la Russie, l’Iran et Chine.

M.K. Bhadrakumar

 

http://lesakerfrancophone.fr/la-russie-met-en-garde-les-us-au-sujet-de-lafghanistan

Le rêve de détruire l’accord nucléaire iranien, par Paul R. Pillar

Source : Paul R. Pillar, Consortium News , 21-07-2017

En plus d’Israël et de l’Arabie saoudite, toujours assoiffés de guerre avec l’Iran, le Président Trump, avec son mépris pour la réalité au sujet de l’accord nucléaire iranien, est devenu lui-aussi un catalyseur-clé, comme l’explique l’ancien analyste de la CIA, Paul R. Pillar.

Le mépris de Donald Trump pour la vérité n’empêche pas la réalité de se heurter continuellement à sa politique, dont le thème le plus constant a été de tenter de détruire les réussites de son prédécesseur. Combien la réalité incommode Trump – et surtout, combien ses efforts pour mettre de côté la réalité nuisent aux intérêts des États-Unis – varie de question en question.

Ce qui a dominé récemment les gros titres, bien évidemment, c’est l’assurance-maladie , à propos de laquelle il nie deux vérités : les principes fondamentaux sur lesquels se fonde la mutualisation de l’assurance et le fait que l’Affordable Care Act (ACA, Loi des Soins Abordables) ait réussi à étendre la couverture de l”assurance-maladie à de nombreux Américains qui ne l’avaient pas auparavant. En matière de politique étrangère, l’une des négations les plus flagrantes de la vérité a trait au changement climatique et, en conséquence, au retrait de Trump de l’accord de Paris, ce qui revient à rejeter un consensus scientifique bien établi.

Trump semble peu se soucier des conséquences à brève échéance de l’isolement des États-Unis et de leur perte d’autorité. Mais les conséquences physiques et économiques les plus cataclysmiques sont celles à plus longue échéance qui arriveront pour la plupart une fois que Trump aura quitté son poste, et il n’y a aucune preuve qu’il s’en soucie le moins du monde.

Quant à ce qui fut probablement la réussite principale de Barack Obama en matière de politique étrangère – l’accord, connu comme le plan d’action globale conjoint (JCPOA), visant à restreindre le programme nucléaire de l’Iran – la vérité que Trump rejette est celle que l’accord fonctionne comme prévu pour empêcher une arme nucléaire iranienne et que l’Iran respecte ses obligations, comme l’ont vérifié des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Tous les trois mois, Trump fait face à l’obligation imposée au Président par le Congrès d’attester que l’Iran respecte l’accord. Cette attestation est supposée être un constat, pas l’expression d’une préférence. Pour un négateur de la vérité comme Trump, qui a dénoncé avec hargne l’accord, cette obligation pose un problème. Le compte-rendu dans le New York Times des discussions à la Maison-Blanche pour aboutir à l’attestation de conformité de l’Iran la plus récente (la seconde sous la présidence de Trump), indique que les conseillers de Trump ont dû le traîner à son corps défendant pour établir l’attestation.

Démolir Obama

Indépendamment, ou peut-être en raison, du succès du JCPOA, Trump est clairement toujours déterminé à essayer de détruire l’accord. Après son incapacité à défaire l’Obamacare côté intérieur, il est probablement plus que jamais déterminé à détruire cette réussite en matière de politique étrangère.

Le compte-rendu du Times laisse entendre qu’à l’échéance de la prochaine attestation, dans trois mois, il y a de fortes chances que Trump refuse d’accepter la vérité une troisième fois, peu importe la rigueur avec laquelle les Iraniens respectent l’accord. Un manquement à l’attestation ouvrirait la voie à de nouvelles sanctions qui représenteraient une violation en bloc du JCPOA par les États-Unis.

En attendant, la Maison-Blanche de Trump a déjà transgressé non seulement l’esprit mais la lettre du JCPOA, en décourageant ouvertement et de façon explicite les autres pays, comme elle l’a fait lors d’une réunion au sommet du G20, de poursuivre la marche normale des affaires avec l’Iran. Les Iraniens en réponse n’ont pas encore renoncé à l’accord, mais, comme l’a indiqué le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif, la patience de l’Iran, comme la patience de n’importe qui, a des limites.

Pour Trump et d’autres qui veulent affronter et isoler l’Iran et qui, tout le long, se sont opposés au JCPOA ou à n’importe quoi de similaire, le scénario privilégié est que les Iraniens se sentent tellement irrités par le non-respect des États-Unis que Téhéran finisse par renoncer et déclare l’accord comme nul.

Si cette tactique échoue, ne soyons donc pas surpris si, en octobre, Trump refuse l’attestation. Cette décision s’accompagnerait d’accusations fabriquées d’infractions iraniennes. Quiconque prêt à examiner avec soin la question saurait qu’elles sont fabriquées car, grâce au régime de surveillance hautement intrusif établi par le JCPOA, les inspecteurs internationaux ont une connaissance très détaillée et rapide de tout ce qui se passe dans le programme nucléaire iranien.

Bien entendu, le fait que des éléments rectificatifs soient immédiatement disponibles n’a pas empêché Trump de mentir au sujet de beaucoup d’autres choses. Mais si l’actuelle attitude iranienne concernant le JCPOA se maintient durant les trois prochains mois, le monde devrait alors réaliser qu’une accusation trumpienne de non-conformité iranienne aurait autant de validité que les déclarations de Trump au sujet de la taille de la foule lors de son intronisation, ou des millions d’électeurs frauduleux qui ont prétendument voté pour Hillary Clinton.

Si Trump réfute la vérité au sujet de la conformité iranienne, l’issue la plus favorable possible serait que l’Iran ainsi que les cinq autres puissances non états-uniennes qui ont négocié le JCPOA tentent de maintenir l’accord malgré le non-respect américain. Même cette issue aurait des conséquences négatives pour les États-Unis : manque à gagner en Iran, occasions ratées de s’appuyer sur le JCPOA pour aborder les problèmes régionaux, isolement renforcé des État-Unis et éloignement par rapport à leurs alliés.

Autres issues moins favorables : la désintégration complète du JCPOA et l’accélération du programme nucléaire iranien, accompagnées de nouveaux soucis : raccourcissement du délai avant l’émergence d’une éventuelle arme nucléaire iranienne, incertitude accrue au sujet du programme iranien en l’absence des inspections internationales renforcées que le JCPOA avait mises en place, et risque aggravé de la participation des États-Unis à une nouvelle guerre moyen-orientale.

Les motivations de Trump

Jusqu’à quel point Donald Trump, quels que soient les facteurs psychologiques ou politiques qui le conduisent sur son chemin de destruction, se soucierait-il de telles conséquences ? L’expérience acquise avec l’assurance-maladie nous donne quelques indications. Afin de concrétiser son slogan de campagne d’abolir l’Obamacare, Trump est de toute évidence prêt à éliminer la couverture d’assurance-maladie de millions d’Américains, dont beaucoup ont voté pour lui.

Sa façon de traiter une vérité qu’il nie est de tenter de créer une nouvelle réalité, en disant « laissons » [sic] l’ACA échouer, tout en s’employant activement à saboter le programme : par exemple en refusant de faire appliquer le mandat individuel [au titre duquel la loi oblige chaque citoyen à souscrire une assurance-maladie] et en semant autant d’incertitudes que possible pour décourager la participation des compagnies d’assurance.

Il est peu probable qu’un pareil homme se soucie de nuire à la cause de la non-prolifération nucléaire ou d’attiser les risques et tensions accrus au Moyen-Orient, du moment que cela peut augmenter son tableau de chasse de destructeur de réussites.

Paul R. Pillar, durant ses 28 ans à l’Agence centrale du renseignement, est devenu l’un des meilleurs analystes de l’agence.

Source : Paul R. Pillar, Consortium News , 21-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

3 réponses à Le rêve de détruire l’accord nucléaire iranien, par Paul R. Pillar

  1. atanguy Le 01 septembre 2017 à 06h38

    Afficher/Masquer

    On lit ici comment est jugé ce clown irresponsable meme par un analyste de la CIA. Ce n’est pas seulement l’accord avec l’Iran mais aussi sa politique de destruction de l’avancé obtenue dans la protection de la santé pour les Américains les plus pauvres. Il faut y ajouter la sortie de l’accord sur le réchauffement climatique et maintenant sa politique raciste et xenophobe,sa collusion avec l’extreme droite. Notons qu’Emmanuel Macron n’a pas peur d’être a ses cotés dans les calomnies lancées contre le Venezuela. Tout deux d’ailleurs ont la meme politique de régression sociale pour leur peuple: Cadeaux aux plus riches avec l’argent des plus pauvres. RESISTANCE!

  2. Max Le 01 septembre 2017 à 08h07

    Afficher/Masquer

    Que ce soit avec Obama ou avec Trump, j’ai le sentiment que cet accord était mort-né.
    Obama voulant la répétition de ce qui avait été fait en Irak/Libye et était prêt a attendre que le démantèlement du programme iranien soit effectif, Trump n’ayant simplement pas cette patience.
    Les iraniens eux poursuivant leur programme de seuil nucléaire.
    C’est un simple constat, les USA et leurs sbires ne font plus peur tout au moins pas autant qu’avant.
    Les iraniens doivent suivre avec intérêt la situation en Corée et son dernier avatar.
    Un missile le 29aout (date de l’annexion par la force de la Corée par le Japon le 29 aout 1910) a été tiré en direction du japon, l’a survolé à plus de 500km d’altitude, et n’a donc pas violé l’espace aérien japonais, ainsi que la base militaire des USA d’Hokkaido sans réaction apparente des USA et du Japon.

  3. keg Le 01 septembre 2017 à 08h09

    Afficher/Masquer

    L’Histoire génère toujours ses Néron.

    Avant c’est Rome que l’on embrasait, aujourd’hui c’est le monde depuis Nagasaki, jusqu’à Téhéran…
    Qui sera le Lot de l’Histoire pétrifié par une vision invisible en toute impunité.

    C’est quoi ces pays quins’autorisent à avoir le feu nucélaire et l’interdissent à d’autres.
    Le moyen de régler le problème, c’est de réapprendre à se faire la guerre au lance pierre (et non flamme). Einstein, c’est pour bientôt!

     

    http://www.les-crises.fr/le-reve-de-detruire-laccord-nucleaire-iranien-par-paul-r-pillar/

DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

DIRECT. Droit du travail : le gouvernement défend une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste »

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud détaillent les ordonnances réformant le Code du travail devant la presse jeudi midi.

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d\'une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris. 
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse présentant les ordonnances réformant le Code du travail, jeudi 31 août à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Mis à jour le 31/08/2017 | 15:16
publié le 31/08/2017 | 06:21

Ce qu’il faut savoirC’est le jour J. Le gouvernement a dévoilé, jeudi 31 août, ses ordonnances réformant le Code du travail. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud les ont détaillées à la presse lors d’une conférence, après les avoir présentées aux partenaires sociaux au cours d’une réunion multilatérale, ce matin, à Matignon. Parmi les principales annonces, le délai de recours aux prud’hommes sera limité à un an pour tous les types de licenciements, et les indemnités de licenciement augmenteront elles de 25%.

De nouvelles règles dans le dialogue social. « L’entreprise sera désormais le niveau essentiel du dialogue social », a affirmé Edouard Philippe lors de la présentation des ordonnances, jeudi. La réforme du Code du travail modifie l’articulation entre les accords de branches et d’entreprises, et le dialogue social dans ces dernières. La direction des TPE et PME pourra directement négocier avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat. Les instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT) seront également fusionnées au sein d’un « comité social et économique ».

 Réforme des licenciements. Ces ordonnances prévoient aussi des mesures relatives aux licenciements. Le délai de recours aux prud’hommes est limité à un an pour tout type de licenciement, et les indemnités prud’homales seront plafonnées à trois mois de salaire jusqu’à deux ans d’ancienneté, et à vingt mois jusqu’à trente ans d’ancienneté. En parallèle, les indemnités légales de licenciement vont augmenter de 25%, pour atteindre un quart de mois de salaire par année d’ancienneté. La réforme prévoit également un passage à un périmètre national pour apprécier les difficultés économiques des multinationales qui licencient en France.

 « Faire baisser le chômage ». C’est « une réforme de transformation profonde » qui « doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat », explique le président Emmanuel Macron dans un entretien fleuve accordé jeudi au Point. Le Premier ministre, quant à lui, a qualifié cette réforme d’« ambitieuse, équilibrée et juste ». La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a elle affirmé que sa réforme représentait « une ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

Des manifestations les 12 et 23 septembre. Les opposants dénoncent une « loi travail XXL » dans la droite ligne de la loi El Khomri. Contrairement à 2016, où CGT et FO manifestaient main dans la main, la première est, pour l’heure, la seule grande organisation syndicale à appeler à manifester le 12 septembre. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a déjà annoncé que son syndicat « ne sera pas dans la rue le 12 septembre » pour cette journée d’action. La France insoumise, elle, compte « déferler » sur Paris le 23 septembre contre ce qu’elle considère comme un « coup d’Etat social ».

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #TRAVAIL

15h16 : Voici les sujets les plus lus actuellement sur notre site :

Notre direct concernant l’enquête sur la disparition de la petite Maëlys, dans laquelle un homme est en garde à vue.

Notre article sur cette photo d’un jeune homme volage devenu le cliché le plus partagé et détourné de l’été.

Notre résumé des principales mesures annoncées ce midi dans le cadre de la réforme du droit du travail.

15h03 : « Pour nous, c’est une agression confirmée contre le code du travail, avec préméditation en plus », dénonce Alexis Corbière, député de La France insoumise, juste après la présentation des ordonnances réformant le code du travail présentées par le gouvernement. « C’est le basculement de l’ordre social dans une nouvelle étape, hélas, de régression ».

(FRANCEINFO)

14h31 : Si vous êtes perdus, nous résumons dans cet article les principales mesures contenues dans les ordonnances réformant le droit du travail, présentées tout à l’heure.

(ALAIN JOCARD / AFP)

14h35 : Raquel Garrido était présente en tant que chroniqueuse de C8, bien sûr, et non comme membre de la France insoumise. En revanche, je doute qu’elle ait sa carte de presse : il faudrait qu’elle tire la majorité de ses revenus du journalisme depuis au moins trois mois, alors qu’elle vient de débuter son nouveau rôle. Et que son travail soit considéré comme du journalisme. Quoi qu’il en soit, les organisateurs d’une conférence de presse ont le droit de ne pas exiger de carte de presse.

14h22 : Madame Garrido a-t-elle une carte de presse ? A quel titre était-elle présente à la conférence de presse ?

14h10 : La porte-parole de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle, Raquel Garrido, est récemment devenue chroniqueuse de l’émission « Les Terriens du dimanche ». Elle a surpris en posant une question au Premier ministre pendant sa conférence de presse sur les ordonnances réformant le Code du travail. Voici la vidéo.

14h05 : « Lorsqu’on assume ses réformes et qu’on croit aux mesures que l’on présente, on a aucun problème, bien au contraire, a donner la parole à l’opposition », assure encore Matignon à franceinfo sur la présence l’Insoumise Raquel Garrido à la présentation des Ordonnances.

14h05 : Contacté par franceinfo sur la présence de l’Insoumise Raquel Garrido à la conférence de presse d’Edouard Philippe et de Muriel Pénicaud, Matignon assure n’avoir « vu aucun problème à l’accréditer » puisqu’elle travaille sur C8.

13h58 : Plafonnement des indemnités en cas de contentieux, réduction des délais de recours des salariés, possibilité de négocier sans syndicat… Après les nombreuses annonces du gouvernement qui a dévoilé le contenu des ordonnances réformant le Code du travail, n’hésitez à nous poser vos questions, nous y répondrons dans ce direct dans l’après-midi.

13h31 : J’ajoute que mon collègue Vincent Daniel répondra à vos interrogations sur la réforme du Code du travail dans l’après-midi dans ce direct. Je garde certaines de vos questions de côté pour tout à l’heure.

13h30 : Le discours d’Edouard Philippe et Muriel Pénicaud est terminé. Vous pouvez relire tout ce que nous avons écrit à son sujet dans ce direct, et nous préparons un article récapitulatif des annonces, qui arrivera vite.

13h28 : Le texte présenté aujourd’hui « peut être modifié à la marge (…) le cas échéant en fonction des avis des organismes appelés à formuler des avis », explique Edouard Philippe. Mais dans son ensemble il est « arrêté ».

13h23 : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. » Voici la réaction à chaud du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, après la présentation par le gouvernement de ses ordonnances réformant le Code du Travail.

13h22 : Raquel Garrido a demandé à en savoir plus sur l’identité des auteurs de la réforme, et notamment des précisions sur le rôle de l’Elysée dans sa rédaction. Edouard Philippe assure qu’elle a été élaborée par les services du ministère du Travail, et que l’Elysée a « bien entendu » participé aux discussions sur son contenu.

13h18 : Surprise : parmi les journalistes présents s’est glissée Raquel Garrido, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, et récemment devenue chroniqueuse dans une émission de C8. Le Premier ministre a semblé surpris de la voir dans la foule.

13h15 : « Notre objectif dans la concertation n’a pas été de faire plaisir à tel ou tel, de se dire que telle organisation syndicale avait plus ou moins de légitimité ».

13h12 : Edouard Philippe explique pourquoi la réforme ne touche pas au contrat de travail : « On a considéré que les mesures qui sont dans ce texte sont plus efficaces. Les réflexions sur la nature du contrat de travail, notamment du CDI, ne nous ont pas semblé opportunes ».

13h10 : Le Premier ministre explique que, selon lui, sa réforme clarifiera le droit du travail et permettra de lever les hésitations des investisseurs étrangers : « Si vos affaires ne vont pas bien, vous pourrez, en sachant quelles sont les règles, réduire un peu la taille de votre entreprise ».

13h09 : Edouard Philippe répond maintenant aux questions des journalistes. Vous pouvez toujours le regarder dans notre direct.

13h07 : « Il faut accompagner cette transformation du Code du travail d’autres mesures. C’est d’abord le cas sur le coût du travail », le Premier ministre évoquant la baisse des cotisations salariales dans cette optique. Un autre champ d’action qu’il évoque est celui de la formation.

13h06 : Edouard Philippe « insiste » sur le dialogue social dans les très petites et moyennes entreprises. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, il sera possible de négocier tout ce qui ne relève pas de la branche avec les employés, sans la participation d’un délégué syndical. Dans les entreprises de 20 à 50 salariés, le dialogue social sera possible avec un délégué du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat (comme c’est le cas actuellement).

13h05 : Edouard Philippe explique qu’entre temps, « au moins cinq organismes » dans lesquels les syndicats sont représentés pourront examiner et donner leur avis sur le contenu des ordonnances.

13h03 : Les ordonnances seront présentées en Conseil des ministres le 22 septembre (soit, exceptionnellement, un vendredi), annonce Edouard Philippe, qui estime que l’engagement de les présenter avant la fin de l’été est tenu.

13h02 : Muriel Pénicaud conclut en affirmant que sa réforme représente « un ambition et un saut culturel et qualitatif importants ».

13h01 : Muriel Pénicaud promet que des critère d’évaluation de l’impact de cette réforme du Code du travail seront définis avec les partenaires sociaux.

13h00 : Le patron de FO, Jean-Claude Mailly, lui se garde de tout jugement définitif sur la réforme du Code du travail, même si « tout n’est pas parfait », reconnaît-il.

12h59 : Pour limiter la peur d’être condamné aux prud’hommes pour une erreur de forme, les entreprises ne seront sanctionnées que par un mois de dommages et intérêts, mais un employeur ne pourra plus être condamné sur la forme si les prud’hommes lui donnent raison sur le fond.

12h58 : Les TPE et PME sont au cœur du discours du Muriel Pénicaud et Edouard Philippe. Sans surprise, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises salue la réforme : son président, François Asselin, la juge « particulièrement pragmatique ».

12h56 : Les indemnités de licenciement vont augmenter de 25%, affirme Muriel Pénicaud, ce qu’elle présente comme une compensation du plafonnement des dommages et intérêts aux prud’hommes.

12h56 : Ce délai de recours aux prud’hommes était d’un an pour les licenciements économiques, deux ans pour tous les autres types de licenciements.

12h55 : Le salarié aura un délai de 12 mois pour avoir recours aux prud’hommes quel que soit le type de licenciements, confirme Muriel Pénicaud.

12h54 : Les CDD et CDI de chantier sont un dispositif à mi-chemin entre le CDI et l’intérim. Pour en savoir plus, découvrez notre article consacré à la question. Si les branches le souhaitent, elles pourront y avoir recours. Actuellement, seul le bâtiment pouvait les utiliser.

12h52 : Muriel Pénicaud annonce que les branches pourront négocier sur les CDD et CDI de chantier, mais pas sur les modalités de recours à ces contrats dont la durée correspond à celle de la mission effectuée.

12h49 : La réforme présentée aujourd’hui vise à « changer l’état d’esprit » du Code du travail, a expliqué la ministre du Travail.

12h48 : Muriel Pénicaud évoque le CSE, conseil qui réunira trois des quatre instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT). Elle explique qu’il reprendra toutes les compétences de ces trois instances.

12h49 : Si l’entreprise (quelle que soit sa taille) trouve un accord majoritaire sur le temps de travail ou sur les rémunérations (primes de garde, 13e mois…), cet accord remplacera l’accord de branche (par secteur économique) en vigueur actuellement.

12h48 : Le patron de la CGT Philippe Martinez réagit également au contenu de ces ordonnances : « Toutes les craintes que nous avions se confirment. (…) C’est la fin du contrat de travail ». Son syndicat a appelé à manifester le 12 septembre.

12h45 : Si vous l’avez manquée, voici l’intégralité de l’intervention d’Edouard Philippe, en préambule de la présentation des ordonnances par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

12h44 : Muriel Pénicaud affirme que quatre des dix critères de pénibilité prévus pas le compte pénibilité sont « inapplicables », question qui sera abordée par une des cinq ordonnances.

12h43 : La CFDT « est déçue » par les ordonnances sur le Code du travail présentées par le gouvernement aux partenaires sociaux. Son secrétaire général, Laurent Berger, vient de le déclarer à sa sortie de Matignon. Il juge que « cette réforme n’est pas à la hauteur ».

12h43 : C’est déjà le cas avec le CODIT disponible en ligne sur le site du gouvernement.

12h43 : Muriel Pénicaud annonce la mise en ligne du Code du travail, mais on peut déjà le trouver en intégralité sur Légifrance.

12h45 : La ministre du Travail estime qu’au-delà de son contenu, la méconnaissance du droit du travail est un obstacle à l’emploi. Elle explique que le contenu du Code du travail sera accessible sous forme numérique.

12h46 : La direction des TPE et PME pourra négocier directement avec un élu du personnel, même s’il n’est pas mandaté par un syndicat, annonce Muriel Pénicaud.

12h39 : « Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il y a 4% de délégués syndicaux », estime Muriel Pénicaud, pour qui cela prive leurs salariés d’un droit à la négociation.

12h34 : Edouard Philippe laisse la parole à la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Celle-ci se vante d’avoir fait plus de 300 heures de réunion avec les partenaires sociaux. Regardez son intervention dans notre direct.

12h33 : Le dernier axe cité est « le renforcement de l’attractivité économique de notre territoire ».

12h33 : Le troisième axe est d’« apporter des solutions concrètes aux TPE et PME », explique Edouard Philippe, qui estime que les réformes sont trop souvent « pensées pour les grandes entreprises ».

12h33 : Le deuxième axe selon Edouard Philippe est « la construction de vrai garanties pour tous ». Il cite notamment la réforme du barème des prud’hommes.

 

Entretien avec Assange de Wikileaks, par Randy Credico et Dennis J Bernstein

Source : Randy Credico & Dennis J. Bernstein, Consortium News, 29-07-2017

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a déclaré que Wikileaks serait considéré comme un « service de renseignements hostile », aggravant ainsi le conflit de longue date qui oppose le gouvernement américain à Julian Assange, interviewé par Randy Credico et Dennis J. Bernstein.

Le fondateur et rédacteur en chef de Wikileaks Julian Assange est toujours dans le collimateur du directeur de la CIA, Mike Pompeo. Celui-ci a récemment qualifié l’entité lanceuse d’alerte de « service de renseignements non-gouvernemental hostile » contre qui la CIA pourrait prendre des mesures.

« Je pense que notre communauté du renseignement doit fournir beaucoup d’efforts afin de trouver quelle est la réponse la plus adaptée », a déclaré Pompeo le 20 juillet dernier lors d’un sommet sur la sécurité à Aspen, dans le Colorado. Malgré de telles menaces, Assange continue de faire fonctionner Wikileaks depuis l’ambassade équatorienne de Londres où l’asile lui a été accordé il y a cinq ans.

Assange a été invité et a accordé un entretien à la radio WBAI, dans l’émission Live on the Fly, à Randy Credico et à l’invité et co-animateur Dennis Bernstein, producteur délégué de l’émission Flashpoints sur radio Pacifica.

Randy Credico : Julian Assange, je voulais tout d’abord vous raconter quelque chose qui m’est arrivé hier. Une dame du nom de Laura Krause m’a appelé la nuit dernière. C’est la sœur d’Allison Krause, l’un des quatre étudiants qui ont été tués à l’Université d’État de Kent, le 4 mai 1970 par la Garde nationale. Elle a exprimé sa gratitude envers WikiLeaks pour avoir découvert et conservé des documents cruciaux en relation avec ce tragique événement.

Julian Assange : C’est intéressant, car initialement nous ne souhaitions pas publier les documents relatifs aux événements de Kent. Ils faisaient partie de nos grandes archives de câbles datant des années 70, et qui étaient intitulées « Les câbles de Kissinger ». Souvent quand il s’agit des communications internes du département d’État ou d’une autre organisation aussi puissante, elles ont tendance à toucher presque tous les sujets. Et la capacité du public à déceler des liens logiques dans votre contenu surpasse souvent la vôtre de manière considérable.

Je suis toujours extrêmement irrité par les journalistes qui ignorent les ribambelles de trésors historiques qui détaillent comment leurs institutions se comportent réellement. La capacité du public à prendre ces informations et à les mettre en relation avec leurs histoires personnelles, ainsi qu’à les utiliser à des fins juridiques ou au cours de campagnes politiques, est en réalité beaucoup plus grande que celle de n’importe quel journaliste ou rédacteur en chef à l’esprit obtus, y compris moi-même.

Dennis Bernstein : Je viens juste de raccrocher avec Oliver Stone, qui se fait attaquer de toutes parts parce qu’il a eu l’audace de réaliser une série d’entretiens avec Vladimir Poutine. Avez-vous eu la chance de voir l’un de ces entretiens ?

JA : J’ai vu les quatre. Le dernier a été enregistré après les élections américaines, ce qui veut dire qu’il a eu lieu dans le contexte de ce néo-maccarthysme hystérique contre la Russie. Poutine représente le politicien accompli, en particulier en Russie même, mais également lorsqu’il s’agit de traiter avec le monde entier. Vous ne pouvez pas totalement dissimuler qui vous êtes pendant quatre heures, et plein de petites choses intéressantes en sont ressorties.

Dans le troisième épisode, par exemple, Oliver Stone montre Docteur Folamour à Vladimir Poutine, lequel ne l’avait jamais vu auparavant. S’il n’a véritablement jamais vu le film, il faut qu’il soit prudent car il ignore sur quoi chaque scène va déboucher, de même que pour le film dans son ensemble. À la fin, il déclare la chose suivante : « Eh bien, c’est intéressant, ils ont même prédit certains problèmes techniques ». Et il souligne également que peu de choses ont changé dans les dynamiques de pouvoir.

Oliver Stone remet la boîte du DVD du film à Poutine, et celui-ci se dirige dans une autre salle du Kremlin. Quand il revient, il arbore un léger sourire en coin et tout en montrant la boîte vide à la caméra, il déclare : « Cadeau typiquement américain ». En réalité, il savait probablement déjà que la boîte était vide lorsque Oliver Stone la lui a donnée.

DB : Julian, j’aimerais beaucoup attirer votre attention sur l’une des actualités brûlantes qui concerne votre combat. Je crois comprendre que votre équipe judiciaire a présenté votre cas à la Commission inter-américaine des droits de l’homme. Pouvez-vous nous en dire plus sur la portée de cette action ?

JA : Eh bien, elle est importante pour les dispositions concernant les réfugiés à travers le monde. Je suis très fier d’avoir déclenché ce processus quelque part. C’est l’Équateur qui s’est officiellement adressé à la Commission inter-américaine des droits de l’homme. La plupart des membres de l’OEA [Organisation des États américains] respectent ses décisions, alors que les USA les considèrent uniquement comme consultatives. C’est l’une des entités judiciaires les plus respectées dans le monde, les deux autres étant la Commission européenne des droits de l’homme et la Commission des droits de l’homme des Nations unies.

Dans mon cas, l’Équateur a adopté le point de vue que plusieurs atteintes aux droits de l’homme qui m’ont touché nécessitent une véritable prise en charge. Cela concerne en particulier les obligations des États de considérer les statuts des réfugiés et de leur offrir une protection, et la manière dont les réfugiés devraient être traités lorsqu’ils sont en dehors de leur territoire national, par exemple dans une ambassade, dans un organe des Nations Unies, à bord d’un bateau, etc.

Cela me concerne directement, mais ça concerne aussi fortement la situation en Syrie et dans d’autres pays où vous avez des réfugiés qui fuient les persécutions et qui s’engagent dans de longs et dangereux périples vers les pays voisins. Si vous prenez en charge ces réfugiés très près de là d’où ils viennent, vous allez sauver des vies. La manière dont ces individus sont pris en charge devrait être standardisée, sans passer par leur ambassade ou quoi que ce soit.

Je pense que c’est la prise de conscience du droit des réfugiés la plus importante depuis 1969, lorsque le protocole facultatif de la Convention de 1951 relatif aux statuts des réfugiés a été signé par de nombreux pays à l’ONU. Il y a eu une tentative de réévaluer le problème en 1975, à l’initiative de l’Australie. Au début des années 70, de nombreux réfugiés essayaient de fuir le Sud Vietnam pour aller en Australie en passant par l’archipel indonésien. À cette époque, l’Australie souhaitait normaliser la prise en charge des réfugiés au sein de ses différentes ambassades. Cette volonté a été bloquée par l’Union soviétique et par les États-Unis.

Depuis lors, la juridiction sur les droits de l’homme a réellement évolué jusqu’à devenir un champ légal à part entière, qui impose aux États de ne pas mettre en détention des individus de manière arbitraire, etc. Fondamentalement, plusieurs de ces outils relatifs aux droits de l’homme, lorsqu’ils sont correctement utilisés, forcent les États à protéger les individus, ou, tout au moins, donnent aux États le droit de protéger les individus. Si un État est obligé de protéger des personnes qui sont persécutées, qui sont menacées, alors conformément au droit relatif aux droits de l’homme, ces réfugiés doivent être pris en charge.

La convention de 1951, dans son protocole de 1967, recoupe la Déclaration universelle des droits de l’homme en cela qu’elle impose l’obligation, dans le cadre du droit des réfugiés, de permettre une cohérence et d’éviter les conflits. La Commission inter-américaine des droits de l’homme comprend cela et l’Équateur a fourni un formidable effort en présentant mon cas. Il y a eu 54 amicus curiae provenant du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés], de la Commission inter-américaine des droits de l’homme, du Mexique et de six autres États américains, de nombreuses cliniques juridiques, et ainsi de suite. Nous attendons maintenant la décision de la Cour inter-américaine, mais nous savons déjà qu’elle émettra un avis quoi qu’il arrive. Elle a déjà considéré que c’était un domaine du droit qui était très important et une audience sera tenue en août.

Et, comme je l’ai dit, je crois que c’est la seule tentative, ainsi que la plus importante qui ait été effectuée afin d’harmoniser le droit international concernant les réfugiés. Je dois dire que je suis content que ma situation ait pu mettre autre chose en jeu que ma liberté, par exemple.

On parle beaucoup aux États-Unis de l’administration Trump qui ferme l’immigration et le tourisme sur le territoire américain aux ressortissants de certains pays musulmans du Moyen-Orient. Je trouve étrange que l’on parle si peu de ce que je pense être une situation beaucoup plus grave : le refus de toutes les demandes d’asile pour les réfugiés pendant 180 jours. Il n’est pas raisonnable d’accepter des touristes venant du monde entier mais de ne pas accepter de réfugiés.

OK, à l’heure actuelle, il est très dangereux d’accepter des réfugiés venant de Syrie, il serait peut-être nécessaire de verrouiller le système et de prendre un peu de temps afin de relancer le processus. Mais qu’en est-il des réfugiés venant de Nouvelle-Zélande ou du Mexique ? Sont-ils susceptibles d’appartenir à l’EI ? Absolument pas. Et si on accepte des touristes venant de ces mêmes pays, il est complètement absurde de bloquer le processus d’entrée pour les réfugiés.

DB : Julian, la question vous paraîtra peut-être un peu naïve, mais…

JA : Dennis, vous savez ce qu’on dit : il vaut mieux être naïf et se battre pour ce qui est juste, car ce sont les réalistes qui ont laissé le monde dans cet état.

DB : OK, je vais simplement essayer de me rapprocher de la vérité, si je le peux. Considérez-vous le flux d’informations venant du CND [Comité national démocrate, NdT] comme un piratage ou comme une fuite ?
JA : Eh bien, tout dépend de la source. Il y a eu beaucoup de flux du CND au cours d’une période de deux ans, apparemment par cinq acteurs différents, selon des déclarations émanant des services secrets américains. En réalité, nous n’avons pas vu ceux répétés en 2017. Nous ne parlons pas de sources de cette façon. Nous nous assurons que nos publications sont parfaitement précises et que nos informations ne proviennent pas d’un acteur de l’État. Nous n’avons rien dit d’eux et nous ne le ferons probablement pas, cela dépend de l’évolution des choses. Parce que si nous commençons à donner plus de détails, il deviendrait plus facile de piéger nos sources, ce que nous ne voulons évidemment pas.

Dennis J Bernstein est animateur de « Flashpoints » sur Pacifica radio et l’auteur de Special Ed : Voices from a Hidden Classroom.

Source : Randy Credico & Dennis J. Bernstein, Consortium News, 29-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

http://www.les-crises.fr/entretien-avec-assange-de-wikileaks-par-randy-credico-et-dennis-j-bernstein/

 Pour lire les 3 réponses ,cliquez sur le lien !

3 réponses à Entretien avec Assange de Wikileaks, par Randy Credico et Dennis J Bernstein

A propos de la junte, de l’inutile corridor terrestre et d’une manœuvre russe de routine

A propos de la junte, de l’inutile corridor terrestre et d’une manœuvre russe de routine


Moon of Alabama
.

Par Moon of Alabama – Le 24 août 2017

Selon une théorie politique des années 1950, La structure du pouvoir dans la société américaine repose principalement sur trois groupes d’élites : les hauts-gradés de l’armée, les dirigeants de grandes sociétés et les dirigeants politiques (par « direction politique » j’entends en fait la bureaucratie, la CIA et leurs forces par procuration du Congrès).
Le jour de l’élection, j’ai noté que seuls les militaires avaient soutenu la campagne Tout sauf Hillary. Les deux autres angles du triangle, les multinationales et l’exécutif ont soutenu Hillary Clinton et ont continué à le faire même après la victoire de Trump. (Ce n’est que récemment que la propagande de la « collusion avec la Russie » a tout à coup cessé). J’ai écrit :
« L’armée va exiger son dû et ce sera plus que les trois généraux qui sont maintenant au cabinet de Trump. »
Cela s’est avéré juste. Une junte militaire dirige maintenant les États-Unis :
À la Maison Blanche, les généraux gèrent les interactions de Trump heure par heure et murmurent à son oreille – et ces murmures, comme pour la décision de cette semaine d’étendre les opérations militaires américaines en Afghanistan, deviennent souvent des décisions politiques.
 
Parmi les proches de Trump, il y a un trio chevronné de généraux qui ont l’expérience du commandement des champs de bataille : le chef d’état-major de la Maison Blanche, John F. Kelly, le secrétaire à la Défense Jim Mattis et le conseiller de sécurité nationale H. R. McMaster. Les trois hommes ont soigneusement cultivé des relations personnelles avec le président et ont gagné sa confiance.
(…)
Kelly, Mattis et McMaster ne sont pas les seules figures militaires qui servent à des niveaux élevés dans l’administration Trump. Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, le procureur général Jeff Sessions, le secrétaire à l’énergie Rick Perry et le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke, ont servi dans plusieurs branches de l’armée, et Trump a récemment mis l’ancien général d’armée, Mark S. Inch, à la direction du Bureau fédéral des prisons. […] Le Conseil de sécurité nationale […] compte deux autres généraux parmi les cadres supérieurs.
Avec le licenciement du renégat Flynn et de divers autres conseillers de Trump, la Junte a déjà éliminé toutes les voix indépendantes de la Maison Blanche. Elle attache maintenant plus de fils à sa marionnette « chargée de la vente » pour la contrôler mieux encore :
Le nouveau système, décrit dans deux notes co-écrites par [les généraux] Kelly et Porter et distribuées aux membres du Cabinet et récemment au personnel de la Maison Blanche, vise à s’assurer que le président ne prendra connaissance d’aucun document de politique extérieure et intérieure, d’aucune note de service, rapport d’agence, ni même article qui n’aient pas été validés.
Trump a un faible pour l’armée depuis qu’il a étudié dans une Académie militaire de New York pendant sa jeunesse.
Mais il n’aime pas être contrôlé. Je m’attends à ce qu’il se révolte un jour. Il se rendra alors compte qu’il est trop tard et qu’il est impuissant.
***
La propagande sioniste prétend que l’Iran est en train de se saisir de la Syrie et que son seul souci est de créer un corridor terrestre entre l’Iran et le Liban. Associated Press relaye maintenant ce mythe comme s’il s’agissait d’un fait. L’argument des journalistes d’AP est illogique et ne convainc pas :
L’itinéraire terrestre serait le plus grand gain que l’Iran récolterait de sa participation à la guerre civile de six ans de la Syrie. […] Cela faciliterait le mouvement des combattants soutenus par l’Iran entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban, ainsi que l’acheminement d’armes vers Damas et le Hezbollah libanais, les principales forces par procuration de l’Iran.
Cette route terrestre faciliterait quelque chose qui, d’après les « rapports » d’AP, a déjà été obtenu sans cette route :
La route est en grande partie taillée par les alliés et les forces par procurations de l’Iran, un mélange de soldats du président syrien Bashar Assad, de combattants du Hezbollah et de milices chiites, sur les deux côtés de la frontière avant de se rejoindre à la frontière. L’Iran a également des forces de sa propre Garde révolutionnaire directement impliquées dans la guerre aux côtés des Syriens.
Donc, apparemment, l’Iran a besoin d’un couloir terrestre pour acheminer des armes et des combattants en Syrie et au Liban. Pour ouvrir ce corridor terrestre actuellement fermé, il a envoyé des armes et des combattants en Syrie et au Liban. Cela n’a pas de sens.
***
Les médias de propagande de l’OTAN agitent la peur d’une prochaine manœuvre russe :
La Russie se prépare à monter ce qui pourrait être l’un de ses plus grands exercices militaires depuis la guerre froide, une démonstration de puissance que l’OTAN observera attentivement dans un contexte de tensions est-ouest.
 
Les responsables occidentaux et les analystes estiment que jusqu’à 100 000 membres du personnel militaire et du soutien logistique pourraient participer à l’exercice Zaphad (Ouest) 17, qui aura lieu le mois prochain en Biélorussie, Kaliningrad et en Russie elle-même.
Plus haut dans l’article il y a beaucoup de spéculations et d’idioties. En réalité, Zaphad est une série de petites manœuvres qui se déroulent sur une période de six mois. Les policiers locaux et les organismes de protection civile qui participent à Zaphad font monter le nombre des participants. De telles manœuvres se déroulent chaque année dans l’un des quatre districts militaires de Russie. Le nombre réel de soldats qui participeront à l’exercice s’élèvera à environ celui d’une division, c’est-à-dire 13 000 à 15 000 soldats. Il n’y a rien, absolument rien d’inhabituel dans cette manœuvre, mais la propagande de l’OTAN essaie de donner l’impression qu’une invasion russe de l’Europe occidentale est imminente.

 

http://lesakerfrancophone.fr/a-propos-de-la-junte-de-linutile-corridor-terrestre-et-dune-manoeuvre-russe-de-routine

Daech lessivé

Daech lessivé

29 Août 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Diantre chers amis, quelques semaines coupé du monde et voilà que Daech ne lave plus blanc. Lessivée, rincée, essorée, la coproduction saoudo-obamesque…

La poche de Qalamoun (2) à la frontière syro-libanaise n’est plus qu’un mauvais souvenir. Offensive à la fois contre Al Nosra et l’EI, victoire, accord d’évacuation pour les restes djihadistes afin de ne pas s’éterniser dans la région. La frontière est sécurisée et le Hezbollah peut désormais redéployer toutes ses forces ailleurs. Pas étonnant que Bibi la Terreur soit de plus en plus fébrile… Et l’information (notez la formulation délicieusement ambiguë laissant ouvertes toutes les portes) selon laquelle Moscou et Damas ont établi un système de défense anti-aérien commun n’est pas fait pour le rassurer.

Mais c’est en Syrie centrale (1) que les grands mouvements ont eu lieu. Annihilé, le saillant daéchique qui, le mois dernier encore, enfonçait un coin territorial dans le ventre mou des loyalistes, obligés d’étirer leurs forces afin de surveiller des centaines de kilomètres par où pouvaient surgir les petits hommes en noir. Que de chemin parcouru depuis juillet…

Désormais, sous réserve que la dernière poche d’Uqayribat soit réduite, la ligne de front est divisée par deux (300 km au lieu de 600 km), permettant à l’armée syrienne de masser ses troupes pour se ruer vers Deir ez-Zoor. L’attaque se fera sans doute sur trois axes :

Comme si cela ne suffisait pas, le calife, dont personne ne veut la place, est également en train de perdre la poche de Tal Afar en Irak (3). La ville, berceau de plusieurs cadres daéchiques, devrait bientôt être libérée par l’armée irakienne et les milices chiites, leur permettant elles aussi de réaffecter leurs forces vers la frontière pour la grande bataille finale que nous annonçons depuis longtemps :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C’est bien possible… A moins que tout n’ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l’on pourrait assister à une détonante convergence de l’armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l’armée irakienne. Deux contre un si l’on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l’armée irakienne restera neutre : le rapport de force n’est de toute façon pas en faveur de l’empire. Le tout face à une résistance désespérée de l’EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant…

La carte ci-dessus datait de juin. On voit maintenant que le 4+1 a pris une option conséquente tandis que les derniers proxies de l’empire, les Kurdes, n’ont à peu près pas bougé, embringués qu’ils sont dans la bataille de Raqqa et les menaces turques.

Notons quand même que dans le maelstrom des SDF, dont les Kurdes sont le fer de lance, certains bataillons arabes ont fait sécession et menacent de lancer une offensive sur Deir ez-Zoor (mais que valent ces unités ?) tandis que d’autres ont fait défection et se sont ralliés à l’armée loyaliste. Dans ces conditions, et sauf retournement de situation, la frontière syro-irakienne sera reconquise par le 4+1 et l’arc chiite reconstitué.

***

Chers amis, je ne peux pas ne pas vous faire profiter de ces quelques photos prises dans le métro de Téhéran où l’on voit que, même si ce n’est pas spécifié comme tel, le Grand jeu n’est jamais très loin…

 

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques nouvelles de OMBRE43 https://ombre43.wordpress.com

Quelques nouvelles de OMBRE43 https://ombre43.wordpress.com

je travaille depuis quelques mois à améliorer et enrichir la revue de presse, que beaucoup d’entre vous connaissent depuis plus de 4 ans.

En effet je continuerais à  vous présenter des analyses développées par des auteurs, journalistes et points de vue particuliers ,d’auteurs indépendants, sur ce point particulier, vos analyses seront lues et publiées après acceptation du modérateur.

La revue de presse couvrira la RUSSIE, ASIE  CHINE  L’évolution de la Route de la soie,le gaz et le  pétrole, le Proche et Moyen Orient, l’AFRIQUE de l’OUEST, je cite les grands dossiers. mais ombre43 se réserve le droit d’aborder avec intérêt toute zone géographique pouvant enrichir la géopolitique et les géostratégies.

En quelques lignes voici  quelques propositions sur lesquelles , je ( nous ) travaillons et nous vous invitons à y participer)

Ombre43  vous tiendra au courant , et en attendant  vous invite a faire plus ample connaissance avec ombre 43, et ses revues de presse et ses analyses en visitant quotidiennement :

. https;//ombre43.wordpress.com

A BIENTÖT         amicalement

Bernard FELLI  administrateur.

 

 

L’Inde de Narendra Modi a-t-elle changé de camp ?

Au cours des derniers mois, l’Inde a brusquement changé d’attitude dans plusieurs dossiers. Tout se passe comme si le Premier ministre Narendra Modi tentait de saboter son rapprochement avec la Chine et le Pakistan et de créer des conflits artificiels. Pour William Engdhal, ce revirement serait inspiré par Washington et Tel-Aviv.

| Francfort (Allemagne) | 28 août 2017

+
JPEG - 40.2 ko

Il est très dérangeant pour l’esprit de voir une nation comme l’Inde, potentiellement l’un des plus grands pays émergents du monde, s’autodétruire systématiquement. Provoquer une nouvelle guerre avec la Chine pour quelques parcelles de terre éloignées dans les hauteurs de l’Himalaya, là où les frontières de la région autonome chinoise du Tibet convergent avec l’Inde et le royaume du Bhoutan, n’en est que le plus récent exemple. La question posée est de savoir qui ou quel grand dessein se trouvent derrière ces politiques intérieures et étrangères de l’Inde de Narendra Modi. Modi vient-il de changer de camp ? Et dans l’affirmative, pour se ranger sous quelle bannière ?

L’harmonie eurasienne ?

Une année plus tôt seulement, tout semblait sinon serein, du moins les développements pacifiques du voisinage asiatique semblaient sur la bonne voie, y compris vis-à-vis de la Chine et même non sans prudence, avec le Pakistan.

L’année dernière en effet, l’Inde fut acceptée aux côtés du Pakistan en tant que membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à l’importance grandissante, dans laquelle la Chine est un membre fondateur aux côtés de la Russie. Ceci fit croître les espoirs en un format commun par lequel l’OCS permettrait une résolution pacifique des tensions frontalières toujours frémissantes, créées par la partition britannique de l’Inde en 1947 : entre un Pakistan à dominante musulmane et une Inde à majorité hindoue, laissant de nombreuses zones de frictions non résolues incluant le Cachemire, et sournoisement laissée par le vicomte Mountbatten en tant que futurs points d’explosion possible.

L’Inde et la Chine sont membres du BRICS, qui vient de créer une nouvelle Banque de développement à Shanghai, dont le président est un Indien. L’Inde est aussi membre de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, basée en Chine. Et jusqu’à ce que le Premier ministre Narendra Modi ait annoncé le refus de son pays de participer à la conférence de Beijing sur la route de la soie (China One Belt, One Road), du 14 mai, l’Inde avait également participé au vaste projet d’infrastructure eurasienne.

Le boycott de la route de la soie par l’Inde, et le « Corridor de la liberté du Japon »

Combien rapidement les choses ont pu changer ! Modi a annoncé son refus de participer à la conférence sur la route de la soie, citant comme motif les investissements chinois dans le Corridor économique Chine–Pakistan (China-Pakistan Economic Corridor — CPEC) : un développement d’infrastructures portuaires, ferroviaires et autoroutières chiffré à 62 milliards de dollars, entre la Chine et le Pakistan en tant que partie intégrante de la route de la soie, passant à travers la partie pakistanaise du Cachemire.

Par la suite, avec une précipitation surprenante, l’Inde a dévoilé un document prospectif pour un nouveau « Corridor de croissance Asie-Afrique » (Asia-Africa Growth Corridor — AAGC), lors de la réunion de la Banque africaine de Développement (BAD) dans l’État indien du Gujarat, dans le cadre d’un projet conjoint présenté avec le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe. Cet AAGC indo-japonais, est une partie explicite de ce qui est appelé le « Corridor de la liberté indo-pacifique » (Indo-Pacific Freedom Corridor — IPFC), qui est en train d’être mis en place par l’Inde et le Japon afin de contrer la route de la soie, utilisant pour ce faire de l’argent japonais et la présence indienne déjà établie en Afrique [1].

Sous le Premier ministre Abe, le Japon s’est engagé dans un agenda anti-chinois de plus en plus agressif, incluant la dispute autour des îles Diaoyu —appelées « îles Senkaku » par le Japon—, dans l’est de la mer de Chine. Dans le même sens, le Japon a opté pour l’installation de systèmes de défense missiliers états-uniens, et est considéré sous Abe comme le plus fort allié militaire des États-Unis en Asie. Lorsque Abe a rencontré Trump en février dernier (2017), le président US a réaffirmé les termes du traité de défense mutuelle entre les États-Unis et le Japon, et a rendu clair que ce traité s’étendait bien à ces îles disputées, pourtant pareillement stériles, qu’elles soient considérées depuis la Chine ou le Japon.

Modi à Washington, Tel-Aviv

Des semaines plus tard, le 27 juin, le Premier ministre Indien a rencontré le président états-unien à Washington. Le jour précédent, commodément, le département d’État a placé Mohammad Yusuf Shah et de son groupe terroriste islamiste séparatiste du Cachemire basé au Pakistan Hizb-ul-Moujahidines, sur la liste officielle des « terroristes mondiaux spécialement désignés » (Specially Designated Global Terrorist — SDGT). Cette démarche étant notamment susceptible de permettre les sanctions des États-Unis à l’encontre du Pakistan [2].

À la suite des discussions entre Modi et Trump, les États-Unis ont donné leur accord pour la vente de 22 drones Guardian considérés comme donnant un « avantage déterminant » (game-changer) à l’Inde, ceci pour un montant d’environ 3 milliards de dollars. D’autres éléments incluent une coopération militaire étendue, et l’accord indien en vue de l’achat de gaz de schiste liquéfié US. Modi a semblé si satisfait par ces pourparlers à Washington, qu’il a invité la fille du président, Ivanka Trump, à présider le Sommet global de l’entreprenariat (Global Entrepreneurship Summit — GES), devant se tenir plus tard cette année en Inde [3].

Tout auréolé de son succès politique clair à Washington, le Premier ministre indien s’est ensuite envolé pour Israël, le 7 juillet, pour une réunion sans précédent entre un chef de gouvernement indien et son homologue israélien. Les discussions entre Narendra Modi et Benjamin Netanyahu ont été saluées dans les médias indiens, comme une évolution majeure dans la politique étrangère indienne

C’est là que les choses deviennent sérieusement intéressantes. Il y a eu une collaboration secrète comprenant les bons offices du service de Renseignement israélien, le Mossad, en faveur de l’agence de Renseignement indienne, le Research and Analysis Wing (R&AW). En 2008, l’ambassadeur d’Israël en Inde, Mark Sofer, révéla par exemple que le Renseignement israélien avait fourni à l’Armée indienne de l’imagerie satellite vitale durant la guerre de Kargil de 1999 contre le Pakistan ; des renseignements qui avaient permis à l’Inde de bombarder précisément les positions des troupes pakistanaises occupant des postes dans l’État indien de Jammu-et-Cachemire [4].

Le rôle douteux d’Ajit Doval

La visite de Modi à Tel-Aviv en juillet 2017, était en préparation depuis des mois. Déjà vers la fin février, Modi avait envoyé son conseiller à la Sécurité nationale Ajit Doval à Tel Aviv, afin de discuter des détails de ce voyage. Là-bas, Doval rencontra Yosef Cohen, l’actuel patron du Mossad, afin de discuter entre autres choses, du soutien allégué par la Chine et le Pakistan ainsi que par d’autres États, en faveur des talibans en Afghanistan près de la frontière afghano-pakistanaise

Doval n’est pas un sentimental. C’est l’auteur de la doctrine homonyme, correspondant à un récent mouvement dans la politique de sécurité indienne en relation avec le Pakistan, la faisant passer d’une logique « défensive » à une nouvelle, à la fois « défensive et offensive ». Doval serait derrière les frappes dites chirurgicales de l’Inde au Pakistan en septembre 2016, ainsi que derrière la montée de militants pro-Indiens au Cachemire pakistanais.

Comme un blog indien l’a récemment décrite, la « Doctrine Doval » formulée dans ses discours de 2014 et 2015, après avoir été nommé conseiller à la Sécurité nationale de Modi, vise essentiellement la Chine et le Pakistan, et se constitue de trois éléments :
- la non-pertinence de la moralité,
- la non-pertinence de l’extrémisme libre de tout calcul ou calibrage,
- et la confiance dans l’appareil militaire.
Clairement, Doval semble ainsi faire bien peu de cas des solutions diplomatiques [5].

Quoi qu’il ait pu être décidé en privé entre Modi et Washington en juin, de même qu’avec Tel-Aviv début juillet, c’est dans ce laps de temps que la dispute dite du Doklam a fait éruption par la décision indienne d’envoyer des troupes pour intervenir par la force contre les équipes de constructions chinoises, dans la zone frontalière sensible entre la Chine, le Bhoutan et l’Inde sur le plateau tibétain.

De son côté, la Chine cite une lettre de l’ancien Premier ministre indien Jawaharlal Nehru adressé à son homologue chinois Chou En-Lai en 1959 : « Cette convention de 1890 définit également la frontière entre le Sikkim et le Tibet, et la frontière fut démarquée plus tard en 1895. Il n’y a dès lors aucune dispute au regard de la démarcation faite entre le Sikkim et le Tibet », conclut la lettre. La Chine cite également en référence une lettre du 10 mai 2006, aux côtés de la convention de 1890 et de l’échange de courriers des années 1959 et 60, selon lesquelles « Les deux parties s’accordent quant à l’alignement de la frontière dans le Sikkim ». La Chine proclame enfin publiquement qu’elle a notifié la construction de la route en cours, notification attestant de sa bonne volonté [6].

À ce point, le vrai problème n’est pas tant la validité ou la non validité des arguments chinois sous l’angle du Droit international. Mais tout ce qui entoure ce récent incident du Doklam entre la Chine et l’Inde, suggère la main sombre de Washington et de Tel-Aviv, comme étant de mèche avec le gouvernement Modi afin d’utiliser cette confrontation pour saboter les progrès de l’énorme projet chinois développant la « route de la soie », en tentant de déclencher une nouvelle guerre par procuration à l’instigation des États-Unis

Cette escalade dans la dispute au sujet du Doklam, n’aurait jamais eu besoin d’une escalade sur le front militaire. Ceci fut une décision délibérée du gouvernement Modi, et porte clairement les empreintes d’Ajit Doval, le conseiller à la Sécurité nationale de Modi et ancien patron du Renseignement indien.

Est-ce que Narendra Modi aurait en effet changé de camp ? Étant passé d’un véritable soutien d’une résolution pacifique des litiges frontaliers entre l’Inde et le Pakistan d’une part, l’Inde et la Chine d’autre part, dans un esprit de bonne volonté et de collaboration au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai, Narendra Modi ne vient-il pas plutôt tel un Janus, au terme de ces allégeances depuis le début de son mandat en tant que Premier ministre (2014), de se révéler comme une sorte de cheval de Troie anglo-étatsuno-israélien, envoyé pour saboter la promotion par la Chine d’une nouvelle route de la soie économique eurasiatique ?

La réponse n’est pas encore connue précisément par l’auteur. Cependant une source indienne bien placée disposant de liens étroits avec les forces militaires indiennes, m’a fait savoir au gré d’une correspondance privée récente, que peu de temps après l’élection de Trump en novembre de l’année dernière, un conseiller senior du Renseignement états-unien au sein du premier cercle de Trump, a déclaré sans ambages qu’en lieu et place d’une guerre entre les États-Unis et la Chine, il y aurait plutôt une guerre entre l’Inde et la Chine par-dessus l’Himalaya. C’était en novembre dernier. À cette époque, le Doklam était complètement calme.

Traduction
Jean-Louis Scarsi

Source
New Eastern Outlook (Russie)

[1] “In Welcoming Shinzo Abe, Trump Affirms U.S. Commitment to Defending Japan”, Julie Hirschfeld & Peter Baker, The New York Times, February 10, 2017.

[2] “Sanctioning Syed Salahuddin : Too Little, Too Late”, Sudha Ramachandran, Terrorism Monitor Volume : 15 Issue : 15, Jamestown Foundation, July 28, 2017.

[3] “Top 10 takeaways from Modi’s U.S. visit”, The Hindu, June 27, 2017.

[4] Deadly Impasse : Kashmir and Inda-Pakistani Relations at the Dawn of a New Century, Sumit Ganguly, Cambridge University Press, 2016.

[5] “What is the Doval doctrine ?”, Ankith Bp, Quora, September 19, 2016.

[6] “New Aftergrowth in India, China Doklam Dispute”, Sputnik, August 3, 2017.

F. William Engdahl

F. William Engdahl Journaliste états-unien, spécialiste des questions énergétiques et géopolitiques. Dernier ouvrage paru en français : OGM : semences de destruction – L’arme de la faim (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2008). Dernier ouvrage en anglais : Gods of Money : Wall Street and the Death of the American Century (2010).

voltairenet.org/article197615
Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités