Réveillons-nous, ils sont devenus fous !

Syrie

Réveillons-nous, ils sont devenus fous !

Michel Raimbaud


Michel Raimbaud

Lundi 19 février 2018

Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre. Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre. Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir.

Avec la complicité d’une soi-disant « communauté internationale » en trompe-l’œil, ils s’emploient maintenant à le priver, autant qu’il sera possible, de toute perspective d’avenir, en lui volant ses droits imprescriptibles : disposer de lui-même, décider, sans ingérence étrangère, de son destin et de son régime politique. Sans pudeur et sans vergogne, les mêmes assaillants ne cachent pas leurs velléités de replacer l’avenir, notamment constitutionnel, de la Syrie sous « tutelle onusienne », c’est-à-dire sous mandat, autant dire sous le joug colonial.

Afin d’effacer l’empreinte géographique d’une Syrie mère de la civilisation (y compris la nôtre), peut-il y avoir un moyen plus efficace que de disperser un peuple et surtout de briser un Etat qui a commis le crime de lèse-majesté ? En effet, au final, l’entreprise est destinée à faire de ce qui fut jadis une grande Syrie un archipel de mini-entités, et de son peuple une mosaïque tribalisée ayant vocation à être vaporisée en une vaste diaspora : dans une première approche, ce crime inqualifiable mérite la double qualification de « politicide » – la dissolution d’un Etat qui dérange – et d’ethnocide – l’anéantissement d’un peuple qui résiste.

C’est ce qui est inscrit dans le « grand dessein » néoconservateur. Ce dernier, notons-le au passage, reviendrait à infliger à la Syrie le destin réservé depuis 70 ans à la Palestine, pan de terre volé sous l’égide du colonialisme triomphant. Le sort des Syriens pourrait alors ressembler à celui des Palestiniens, irrémédiablement spoliés au nom d’une « mission divine ». Le sinistre destin des peuples amérindiens, éliminés de l’histoire, est là pour rappeler de quoi sont capables les colons venus d’ailleurs.

Les dégâts sont immenses, se chiffrant en centaines de milliards de dollars, auquel il conviendrait d’ajouter – mais c’est leur problème – les millions, billions ou trillions dépensés par les « puissances » assaillantes pour conduire leurs batailles « pour la démocratisation ».

Il ne sert à rien d’invoquer les valeurs de la morale, naturelle ou religieuse, le droit international et la légalité onusienne, voire la simple décence, face à des agresseurs sans foi ni loi. On ne peut attendre d’Etats qui s’érigent en gendarmes de la planète tout en se comportant comme des régimes voyous une quelconque logique. Il est paradoxal, après tout ce temps, ces horreurs, ces massacres, ces actes de sauvagerie, cette barbarie, que l’on trouve encore dans le grand Occident « démocratique » tant de défenseurs de l’indéfendable, tant d’admirateurs des djihadistes présentés comme démocrates ou « modérés ». Les intellectuels sont piégés par leur aveuglement initial, les médias sont plombés par l’omerta, les politiques sont otages de leur doxa néoconservatrice, dans l’Hexagone comme dans tout le monde judéo-chrétien.

Pourquoi un tel acharnement, une telle obstination dans le mensonge ? C’est que la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël. La Syrie historique est le centre de gravité du Proche-Orient, le lieu de naissance des trois religions révélées, le cœur battant de l’arabisme, symbole de l’islam moderne et tolérant, siège des premiers califes : un héritage très lourd à assumer, mais qui a assuré à ce « phare de l’Orient » un prestige indéniable auprès des Arabes et une aura de sympathie chez les Musulmans.

Tolérante, multiconfessionnelle, moderne, républicaine, forte de son identité et de sa conscience historique, elle représente ce que les extrémistes de tout bord exècrent par-dessus tout.

Depuis son indépendance et la création d’Israël, la Syrie n’a cessé d’apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne et est toujours apparue comme un Etat rebelle à l’ordre israélo-atlantique. Face au délabrement du monde arabe, la Syrie s’est inscrite dans l’axe de la résistance et elle résiste. Son armée nationale a tenu le coup seule contre tous durant quatre ans, puis, aidée de ses alliés, a entamé la reconquête, s’affirmant au passage comme le principal artisan de l’éradication de Da’esh, malgré les mensonges et prétentions des usurpateurs fanfarons. L’Etat syrien contrôle désormais les quatre cinquièmes du territoire national, ayant mis en échec, par sa résilience, les plans des agresseurs.

Pour ceux-ci, la Syrie de 2018, après tant de batailles et tant d’essais non transformés, constitue une réalité impensable et intolérable. Il faut donc la faire disparaître de la carte, ne serait-ce qu’en l’ignorant. Il convient pour cela de délégitimer l’Etat, présenté systématiquement comme un « régime », ses institutions, sa constitution, son gouvernement, diaboliser son Président, ignorer les volontés de son peuple, les succès de son armée en les attribuant à ses alliés, voire à ses ennemis.

Il faut dénier au Président et à son entourage tout pouvoir, tout rôle à venir, tout droit de véto, et faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de solution politique « syrienne » issue d’un dialogue national, sous l’égide de ses alliés et de ses amis. Il faut au contraire que son sort soit décidé par ses ennemis, par la « communauté internationale » aux aguets, par trois Etats représentant 470 millions de personnes soit 6 à 7% de l’humanité, lesquels pestent de ne plus pouvoir imposer leur loi au Conseil de Sécurité

Décidément, le monde est tombé sur la tête puisqu’il n’y a plus de légalité internationale, plus de respect du droit onusien, censé être la bible des diplomates. Les faux gendarmes du monde qui en sont les fauteurs de désordre, les cambrioleurs qui crient au vol, les violeurs de la légalité qui crient au viol, les agresseurs qui s’indignent des agressions de l’armée syrienne, les pratiquants d’ingérences illégales qui s’indignent de l’intervention légale des alliés et partenaires de l’Etat, tout ce beau monde s’agite et manœuvre au grand jour.

Exit les comparses et les forces écran, voilà que les commanditaires et les parrains véritables ont jeté le masque et s’emploient à réaliser ouvertement ce qu’ils ont échoué à faire par procuration durant sept ans. Israël au Sud, l’Amérique et ses affidés européens au nord–est en appui des forces kurdes portées aux nues, la Turquie au nord-ouest contre les projets des Kurdes et tous contre Bachar al-Assad. Le prétexte de la lutte contre Da’esh et le terrorisme apparaît maintenant pour ce qu’il était, une fumisterie que défendent les ennemis de la Syrie légale et à laquelle ne croient plus que les imbéciles.

Jean-Yves Le Drian exige (sic) « le retrait de tous ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ». Il ose. Devinez qui sont pour lui ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ? Oui, vous avez gagné : l’Iran, le nouveau diable à la mode, le Hezbollah terreur d’Israël, la Russie, les forces « chiites » d’Irak.

Vous savez donc quels sont les pays qui ont à y faire : les trois obsédés du bombardement humanitaire, ceux qui possèdent des armes de destruction massive, violent systématiquement le droit international, soutiennent le terrorisme quand ils ne l’ont pas créé, ceux qui souhaitent piller tranquillement les ressources pétrolières et gazières de la Syrie et de la région : en d’autres mots, l’Amérique et ses fidèles. Pour faire bon poids bonne mesure, ajoutons Israël, ami des « révolutions arabes » qui détruisent les Etats du même nom, la Saoudie, grande démocratie devant l’éternel et spécialiste en constitutions, en droits de l’homme et de la femme, et en tolérance religieuse, la Turquie membre éminent de l’OTAN, ennemie des turcs des montagnes, mais amie des séparatistes kurdes de Syrie ou d’Irak et soutien des djihadistes, le Qatar à condition qu’il continue à acheter tout et n’importe quoi dans notre pays en difficulté.

Pour le reste, la Syrie a tenu bon pendant de longues années, son armée est capable de soutenir les assauts d’Israël et d’abattre les avions qui l’attaquent. Elle est solidement ancrée dans un axe de la résistance résolu et bien coordonné, soutenue par des alliés fiables, à commencer par la Russie. La Syrie n’est pas un figurant, elle est au centre d’une guerre globale. Combien d’Etats auraient résisté comme elle l’a fait ?

Messieurs les « amis de la Syrie », ennemis de son « régime » et de son Président, vous avez maintenu la fiction d’un soulèvement populaire contre un « tyran massacreur ». En quoi cela vous regarde-t-il ? Vous avez d’ailleurs tout faux et le savez bien puisqu’en réalité le pays qui vous obsède est avant tout victime d’une guerre d’agression qui met en danger son existence.

L’Etat syrien a sûrement le droit de piloter les négociations qui décideront de son avenir et de récuser toute ingérence des agresseurs. Il a le droit de refuser vos ingérences, vos plans de partition et vos projets tordus. Les guerres de Syrie sont depuis belle lurette les composantes d’une guerre universelle en passe de devenir « mondiale ». Si cette agression regarde la « communauté internationale », c’est selon les critères du droit international, codifiés par la Charte des Nations-Unies, qu’elle doit être considérée… Là, on comprendra très bien que cette approche, la seule envisageable, vous pose un léger problème. Ce problème n’est pas celui du pays agressé. Il est celui de l’agresseur que vous êtes et qui traite la Syrie comme un « pays ouvert » à toutes les aventures et à toutes les entreprises hostiles.

Messieurs les agresseurs, n’oubliez jamais que votre présence en Syrie est illégitime et illégale, y compris s’agissant de vos barbouzes, de vos conseillers spéciaux ou de vos forces-au-sol. Et s’il y a une présence légitime par excellence, ce n’est pas la vôtre, c’est celle de l’Etat syrien, celle des alliés et partenaires du gouvernement de Bachar al-Assad, dont vous exigiez le départ. S’il y a un retrait qu’impose le respect du droit international, c’est celui des pays qui n’ont rien à faire en Syrie, vos pays.

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.michel_raimbaud.190218.htm

Confusion entre masse monétaire et liquidités : le grand méli-mélo

Confusion entre masse monétaire et liquidités : le grand méli-mélo

Olivier-Passet-OPA-Confusion-entre-masse-monetaire-et-liquidites-le-grand-meli-melo

3745591Olivier Passet

21/02/201804:50

Nous vivons dans un monde hyper liquide. C’est une sorte d’évidence. Les banques centrales américaines, européennes et japonaises ont fait exploser leur bilan à partir d’août 2008, moment où les politiques de Quantitative Easing commençaient à imprimer leur marque. Les achats massifs de titres de dettes aux acteurs financiers ont multiplié par près de cinq les encours d’actifs de la FED et de la Banque du Japon, et par plus de trois ceux de la BCE. C’est énorme.

Par cette politique de rachats, elles ont directement alimenté en cash les banques de second rang. Elles ont gonflé ce que l’on appelle la base monétaire, qui est constituée des pièces et billets et des avoirs monétaires des banques auprès de leur banque centrale. Et cette base monétaire, c’est la matière première du crédit. Les banques sont supposées produire du crédit au prorata de cette liquidité première : la variation de la masse monétaire M est égale à k fois la variation de la base monétaire. C’est ce que l’on appelle le multiplicateur monétaire dans nos manuels, qui suggère une relation stable entre la base monétaire et la quantité de monnaie détenue dans une économie.

Le quantitative easing n’a pas augmenté la masse monétaire…

 

Dans cette représentation simplifiée, la liquidité qu’ont injectée les banques centrales auprès du système bancaire doit se retrouver dans l’économie, dans le système de poupées russes de la masse monétaire pour ceux qui s’en souviennent : M1, M2, M3, etc. C’est-à-dire dans les différents périmètres de la monnaie, qui englobe des pièces, billets et dépôts à vue détenus par les agents économiques, dans son acception la plus étroite ; et les dépôts à terme, livrets et divers produits négociables, dans son acception plus large. La mécanique qui fait que la base monétaire se diffuse aux agents non bancaire, c’est le crédit.

Regardons néanmoins ce qui s’est passé avec le Quantitative Easing, aux États-Unis notamment. La base monétaire a bien explosé depuis la crise, dans des proportions qui sont en ligne avec ce que l’on sait de l’ampleur des injections de la FED. En revanche, du côté de M1 et M2, il est clair que le pronostic du multiplicateur est déjoué. La monnaie banque centrale est essentiellement restée piégée dans le système bancaire. En première analyse, le QE n’a pas induit une explosion de la quantité de monnaie en circulation. On le voit clairement lorsque l’on présente M2 en croissance sur un an.

…Mais il a augmenté la liquidité des marchés

 

Dire que le QE n’a pas agi sur la liquidité de l’économie est cependant erroné. Et c’est là qu’il faut s’attarder sur la polysémie du terme liquidité. La liquidité, c’est certes la quantité de monnaie disponible dans une économie. Mais qu’est-ce que la monnaie dans des économies qui n’ont eu de cesse de créer des produits toujours plus négociables, que l’on peut titriser, ou que l’on peut utiliser comme collatéraux pour ouvrir des lignes de crédit ? Si les effets de richesse augmentent la consommation, c’est précisément que la richesse se transforme facilement en instrument de transaction et a le pouvoir d’agir sur la capacité d’achat des agents.

 

Ce qui a véritablement augmenté dans nos économies, c’est ce que l’on appelle la liquidité de marché, c’est-à-dire la capacité à acheter ou à vendre rapidement les actifs qui y sont cotés sans que cela n’ait d’effet majeur sur leur prix.

Or cette liquidité-là varie au cours du temps. Elle est affaire de confiance. Dans les phases ascendantes du cycle, tout actif paraît liquide. Le périmètre de la liquidité s’étend, ce qui participe à l’emballement la machine économique. L’inflation ne se loge pas alors sur le marché des biens et services, mais sur le marché des actifs. 

 

Cette liquidité peut disparaître du jour au lendemain. Lorsque la défiance se répand, la machine est rapidement mise en péril par une crise d’illiquidité, qui menace de bloquer l’ensemble des transactions.

 

De ce point de vue, le QE a bien eu un impact sur la liquidité. Non pas sur la masse monétaire, mais sur la liquidité des marchés, y compris le marché monétaire. Il a servi à pallier une perte brutale de liquidité des marchés, ce qui rend son effet a posteriori en partie invisible.

Mots clés : Economie, Banque, Quantitative easing, Economie mondiale, liquidité, marchés monétaires, liquidité des marchés

http://www.xerficanal-economie.com/ensavoirplus/Olivier-Passet-Confusion-entre-masse-monetaire-et-liquidites-le-grand-meli-melo_i3745591.html

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Le Conseil d’Etat refuse de suspendre la circulaire Collomb qui recense les migrants dans les centres d’accueil d’urgence

Le Conseil d’Etat refuse de suspendre la circulaire Collomb qui recense les migrants dans les centres d’accueil d’urgence

Avec cette circulaire du 12 décembre, l’Etat veut envoyer dans les centres d’hébergement et hôtels sociaux des « équipes mobiles », constituées d’agents des préfectures et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, pour recenser les personnes hébergées.

Un homme venu du Soudan consulte son téléphone portable dans un centre d\'accueil et d\'orientation pour migrants, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), le 4 janvier 2017.
Un homme venu du Soudan consulte son téléphone portable dans un centre d’accueil et d’orientation pour migrants, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), le 4 janvier 2017. (LOIC VENANCE / AFP)
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Le Conseil d’Etat refuse de suspendre la circulaire Collomb, mardi 20 février. Il y a quatre jours, les Sages s’étaient penchés sur ce texte controversé, qui organise le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. Avec cette circulaire du 12 décembre, l’Etat veut envoyer dans les centres et hôtels sociaux des « équipes mobiles », constituées d’agents des préfectures et de l’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration), pour recenser les personnes hébergées selon leur droit au séjour.

« Aucun pouvoir de contrainte » lors des recensements

La circulaire édictée le 12 décembre ne confère « aucun pouvoir de contrainte » aux équipes chargées du recensement, qui ne pourront rencontrer les personnes hébergées que sur la base du volontariat. Du côté des associations, on se disait toutefois « assez satisfaits de cette décision » car « le Conseil d’Etat neutralise les effets les plus nocifs » du texte, a affirmé Florent Gueguen de la Fédération des acteurs de solidarité (Fas). « C’est plutôt un encadrement qui va protéger les personnes et les associations qui les accompagnent. »

La circulaire Collomb a suscité un vif émoi, avec des critiques à gauche ou chez les intellectuels, et jusque parmi des proches d’Emmanuel Macron, alors que se profile un projet de loi « asile et immigration » lui aussi très critiqué, qui sera présenté en Conseil des ministres mercredi prochain. Les associations considèrent en effet que la circulaire « leur impose par la contrainte un contrôle des personnes hébergées », ce qui est une « remise en cause de nos missions d’aide sociale », avait affirmé le directeur de la Fédération des acteurs de solidarité, Florent Gueguen.

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/le-conseil-d-etat-refuse-de-suspendre-la-circulaire-collomb-qui-recense-les-migrants-dans-les-centres-d-accueil-d-urgence_2620202.html#xtor=EPR-51-[le-conseil-d-etat-refuse-de-suspendre-la-circulaire-collomb-qui-recense-les-migrants-dans-les-centres-d-accueil-d-urgence_2620202]-20180220-[bouton]

Sénégal : la défense de Khalifa Sall plaide le « procès politique »

Sénégal : la défense de Khalifa Sall plaide le « procès politique »

La dix-septième journée d’audience du procès de Khalifa Sall a été consacrée, lundi 19 février, aux plaidoiries des avocats des prévenus, après celles des parties civiles et le réquisitoire du parquet. Sept ans de prison ont été requis à l’encontre du député et maire de Dakar, notamment poursuivis pour « détournement », « associations de malfaiteurs », « blanchiment ».

Le bal des plaidoiries a débuté, lundi, avec la défense des deux receveurs-percepteurs municipaux, Mamadou Oumar Bocou et Ibrahima Touré. Vendredi, le procureur de la République avait livré un réquisitoire sévère. Serigne Bassirou Gueye a requis sept ans de prison ferme et une amende de 5,49 milliards F CFA (8,36 millions d’euros) contre Khalifa Sall. Il a réclamé un peine identique pour Mbaye Touré, directeur administratif et financier de la Ville de Dakar. Il a ensuite réclamé de cinq à un an de prison ferme pour trois autres prévenus, et a requis la relaxe pour Mamadou Oumar Bocou et Ibrahima Touré.

Khalifa Sall et ses coprévenus sont accusés d’avoir profité de ses fonctions de maire  pour détourner 1,8 milliard de francs CFA (2,7 millions d’euros) via la caisse d’avance par le biais d’un système de fausses factures qui aurait été en place de 2011 à 2015.

Les deux receveurs-percepteurs accusent Khalifa Sall de « mentir »

A l’ouverture des débats, lundi, Me Mamadou Gueye Mbow, avocat des deux percepteurs-receveurs, s’en est pris à Mbaye Touré, directeur administratif et financier de la Ville de Dakar et gérant de la caisse d’avance, dont la gestion est au cœur du dossier. Ce dernier est le seul à avoir soutenu que les deux inspecteurs du trésor étaient bien au courant du mécanisme de justification des fonds tirés de cette caisse, contredisant ainsi la ligne de défense des deux hommes.


>>> A LIRE – Sénégal – Procès Khalifa Sall : pour l’État, le maire de Dakar était « le cerveau »


Depuis le début, les receveurs-percepteurs municipaux sont en effet restés constants : ils assurent n’avoir jamais géré de « fonds politiques », mais bien une caisse d’avance. Ils affirment que rien ne leur permettait de refuser les décaissements, puisque les justificatifs qui leur étaient présentés leur paraissaient en règle.

[Mamadou Oumar Bocou et Ibrahima Touré] n’ont rien à faire dans ce tribunal

La défense des deux hommes a également souligné que le règlement général de la comptabilité publique ne les obligeait pas à vérifier l’effectivité des dépenses justifiées par les factures. « Nous ne sommes pas juges de l’opportunité ou de l’effectivité des dépenses. Nous ne faisons que nous assurer de la régularité formelle » , a lancé Me Mbow. L’avocat a affirmé vouloir « clouer le bec » aux autres prévenus, accusant Khalifa Sall et Mbaye Touré d’être des « menteurs », et de vouloir impliquer ses clients dans le mécanisme de fausses factures.

Son confrère Me Moussa Sarr s’est montré plus mesuré. L’avocat d’affaires, comme il se présente lui-même, s’est efforcé de démontrer que les fonds visés ne peuvent être qualifiés de « politiques ». « C’est l’article 16 du décret N° 66-510 du 4 juillet 1966 portant régime financier des collectivités locales qui permet la création de caisse d’avance par toute collectivité locale qui en manifeste le besoin. Ce décret ne parle nullement de caisse de fonds politiques ou de fonds spéciaux ». Conclusion des deux avocats : leurs client « n’ont rien à faire dans ce tribunal ».

La défense de Khalifa Sall plaide le procès « politique »

Les avocats de Khalifa Sall et des cinq autres prévenus ont quant-à eux démarré leurs plaidoiries dans l’après-midi. Pas moins de quatre avocats se sont succédé  au prétoire – Me Amadou Sonko, Mamadou Ismaila Konaté, Bamba Cissé et Abdou Dialy Kane – pour démontrer plaider la relaxe, non sans insister sur le « caractère politique » de l’affaire.


>>> A LIRE – Procès Khalifa Sall : la mairie de Dakar et l’État du Sénégal, deux béliers dans le même enclos


« Cette procédure a été dirigée dans le seul but d’épargner les receveurs municipaux », a accusé Me Kane, affirmant que la qualification « d’association de malfaiteurs » ne pouvait être retenue, car il n’y a pas eu « d’entente préalable pour commettre une infraction ».

L’absence d’enrichissement personnel, de transfert de fonds quelconques rend le délit de blanchiment ridicule

L’ ancien ministre de la Justice du Mali, Me Mamadou Ismaila Konaté, a pour sa part attaqué l’accusation de « détournement de deniers ». « Ici à la barre, MM. Bocoum et Touré on clairement dit qu’il ne manquait rien dans leur caisse et que leurs comptes avaient été déposées à la Cour des comptes », a-t-il lancé.

L’avocat a aussi dit trouver curieux que, ni le procureur, ni le juge d’instruction, n’aient cherché à savoir qui avait bénéficié de ce détournement. Le juge d’instruction a bien tenté de fouiller dans les patrimoines des prévenus, a affirmé l’avocat, avant de se rendre compte qu’il « n’y trouverait rien ».

« L’absence d’enrichissement personnel, de mouvements de fonds sur leurs comptes, de transfert de fonds quelconques à l’intérieur ou vers l’extérieur du Sénégal, la non-utilisation de prête-nom » rend le « délit de blanchiment ridicule », estime Me Kane.

Me Bamba Cissé, pour sa part, est revenu à la charge sur les exceptions de nullité quiavaient occupé l’essentiel des débats des premiers jours d’audience. notamment estimé que les droits des prévenus avaient été violés, leurs avocats n’ayant pas été présents lors des interrogatoires menés par la police. Un argument sur lequel le Parquet a eu du mal à se défendre.

http://www.jeuneafrique.com/533643/societe/senegal-la-defense-de-khalifa-sall-plaide-le-proces-politique/

Prises de bénéfices en Bourse de Paris, l’Oncle Sam était aux abonnés absents

Par Cécile Le Coz | investir.fr |

Faute d’impulsion venue des Etats-Unis, où Wall Street a gardé portes closes, le Cac 40 s’est replié de 0,48%, à 5 256,18 points, dans un volume réduit. ArcelorMittal s’est maintenu en tête de l’indice.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/02/19/1743211_1519027963_paris8_565x377p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 19 février | Crédits photo : Shutterstock

Sans grande surprise, la Bourse de Paris a marqué le pas après un gain de 4% pour le Cac 40 la semaine dernière, sa meilleure performance hebdomadaire depuis fin juin 2016. Les prises de bénéfices l’ont emporté ce lundi, l’indice terminant en recul de 0,48%, à 5 256,18 points.

L’inspiration a manqué en Europe alors que Wall Street est fermé en ce jour de Présidents’ Day. Les marchés chinois, quant à eux, ont poursuivi les célébrations de la nouvelle année du chien et ne rouvriront même que jeudi à Shanghai. Faute de carburant, les volumes de transactions à Paris se sont limités à 2,25 milliards d’euros.

Les autres grands marchés européens sont tous restés dans le rouge, dont Francfort, où le Dax a cédé 0,53%, et Londres, où le FTSE 100 s’est replié de 0,64%.

Prudence avant une émission obligataire américaine

Les intervenants ont aussi fait preuve de prudence à la veille d’une importante émission d’obligations du Trésor américain d’un montant de 151 milliards de dollars, le plus élevé depuis au moins 1994, selon les données compilées par Bloomberg. Au total, le Trésor américain s’apprête à allouer pour 258 milliards de dollars de dette cette semaine.

Cette accélération historique des émissions d’emprunts aux Etats-Unis en période de croissance économique, parallèlement à une hausse des rendements, risque de provoquer une envolée du coût de la dette, ont écrit les analystes de Goldman Sachs dans une note datée du 18 février. « La politique fiscale fédérale entre en territoire inconnu. Dans le passé, le Congrès répondait au renforcement de l’économie et à l’alourdissement du poids de la dette en augmentant les impôts et en réduisant les dépenses. Cette fois, c’est le contraire qui se produit », constatent-ils.

Les banques centrales sont également dans l’actualité. Mark Carney devait être auditionné par la Chambre des Communes ce lundi, alors que la Banque d’Angleterre a prévenu le 8 février qu’elle pourrait relever ses taux d’intérêt plus rapidement qu’anticipé par le marché. A Bruxelles, la réunion de l’Eurogroupe devait notamment discuter de la nomination du prochain vice-président de la BCE, le mandat de Vitor Constancio arrivant à échéance. Le suspense a vite pris fin : l’Espagnol Luis de Guindos s’est retrouvé le seul candidat en lice après le retrait par l’Irlande de la candidature de Philip Lane.

ArcelorMittal a dominé le Cac 40

ArcelorMittal s’est distingué à la tête du Cac 40. Le Département américain du Commerce a recommandé au président Trump un relèvement des tarifs douaniers et l’imposition de quotas plus restrictifs sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis, notamment en provenance de Chine.

Casino est resté bien orienté, également, après avoir annoncé que Monoprix était entré en négociations exclusives en vue d’acquérir Sarenza, le spécialiste de la vente de chaussures en ligne. Cette acquisition vise à « compléter l’offre de Monoprix et à le positionner comme un leader omnicanal du lifestyle (mode, décoration, beauté) », a précisé le distributeur dans un communiqué.

Sopra Steria a reculé en dépit de bons résultats 2017, même si le cash-flow net est jugé décevant. Pour CM-CIC Market Solutions, les comptes ont été pénalisés par le Royaume-Uni, ainsi que par les restructurations en cours, qui ont affecté la marge opérationnelle d’activité, en croissance de 8,6%, contre 8,8% attendu par le cabinet d’analystes.

Veolia Environnement, a disputé la lanterne rouge du Cac 40 à Publicis Group, qui l’a finalement remportée. Le numéro un mondial des services à l’environnement a annoncé que sa filiale gabonaise (eau et électricité), qu’il détient à 51%, avait été « réquisitionnée » vendredi par le ministère de l’Eau et de l’Energie et ses dirigeants écartés, en dépit d’un récent renouvellement de son contrat pour cinq ans supplémentaires.

Vallourec, qui publie ses comptes mercredi, s’est apprécié de 4,5%.

Parmi les notes d’analystes, enfin, HSBC a dégradé Worldline de « neutre » à « sous-performance » à la veille de la publication de ses résultats annuels. La valeur a accusé la plus forte baisse du SRD.

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Le boss, c’est lui

Le boss, c’est lui

14 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Alors que s’embrasent les flammes du conflit syrien entrant dans sa dernière phase, un intéressant et quelque peu pessimiste article a paru dans la presse israélienne sur l’épisode du week-end. Retour sur la dernière flambée…

La veille du 39ème anniversaire de la Révolution iranienne, les Gardiens de ladite Révolution, présents sur la base T4, ont fait décoller aux petites heures de l’aube un drone afin de survoler Israël. Une demi-heure plus tard, il est abattu par un hélicoptère et l’aviation israélienne réplique en bombardant le T4.

Las pour Bibi la terreur, déjà englué dans une inopportune affaire judiciaire et qui a par ailleurs réussi l’exploit de rendre furieuse à propos des colonies une administration Trump pourtant complaisante… Un F16 est abattu par la défense anti-aérienne syrienne et l’un des pilotes meurt de ses blessures.

Vexés par cette gifle à leur aviation théoriquement toute puissante et voulant sauver la face, les Israéliens ripostent par une deuxième vague plus massive de bombardements, d’ailleurs applaudie des deux mains par Al Qaeda. Quant aux tirs de missiles, une partie aurait également été abattus par la défense syrienne.

C’est là qu’intervient le boss. Extrait de l’article d’Haaretz :

Le président russe Vladimir Poutine a mis fin à la confrontation entre Israël et l’Iran en Syrie et les deux pays ont accepté cette décision. (…)

Samedi après-midi, après la seconde vague de bombardements par l’aviation israélienne sur des cibles syriennes et des installations iraniennes en Syrie, de hauts responsables militaires israéliens tenaient encore une ligne dure et paraissaient considérer des opérations militaires supplémentaires. Ces discussions ont pris fin peu après une conversation téléphonique entre Poutine et Netanyahou. (…)

Le calme après la discussion Netanyahou-Poutine montre à nouveau qui est le véritable patron au Moyen-Orient. Pendant que les Etats-Unis continuent de briller par leur absence – les recherches continuent pour trouver une politique américaine cohérente -, la Russie dicte le tempo.

Tout est dit…

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule pour le système impérial, le risque potentiel, quoique encore improbable, d’une confrontation intra-OTAN avec la Turquie augmente chaque jour en Syrie du nord. Notez la bravade du général US menaçant de « répondre agressivement » si les Turcs attaquent Manbij, joyeuseté à laquelle le sultan a rétorqué en promettant une « gifle ottomane ». Ambiance, ambiance…

Quant à l’armée syrienne, elle masse des renforts vers Deir ez-Zoor pour reprendre du terrain aux proxies SDF de l’empire après le bombardement de loyalistes par l’US AIr Force la semaine dernière, qui a également tué un certain nombre de mercenaires russes présents avec les forces pro-Bachar. La situation est encore peu claire sur ce qui s’est réellement passé et les Américains avaient apparemment immédiatement contacté les Russes pour les prévenir de l’attaque des loyalistes avant de répliquer.

Moscou reste étrangement muet, comme après le bombardement israélien du week end. On a vu qu’un coup de fil de Vlad l’empaleur (agrémenté de menaces voilées ?) a suffi à calmer les ardeurs puériles de Netanyahou. L’arrivée de renforts syriens sur Deir ez-Zoor signifie peut-être que le Kremlin a assuré Damas du parapluie des S400 contre les Américains dans ce qui pourrait devenir une situation relativement brûlante. A suivre..

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/02/le-boss-c-est-lui.html

Bibizuté

Bibizuté

16 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Histoire

Décidément, le crash du F16 israélien fait parler dans les chaumières et le Hezbollah n’a pas tout à fait tort de parler d’une « nouvelle phase stratégique », comme le montre un très intéressant article d’Atimes.

Il faut remonter à 1983 (!) pour voir le dernier avion de l’aviation israélienne abattu. Durant des décennies, cette dernière s’est cru maîtresse des ciels moyen-orientaux et agissait en toute liberté – Irak (réacteur d’Osirak en 1981), Liban en 2006, Syrie (le mystérieux bombardement de 2007 puis les nombreuses incursions depuis le début de la guerre civile en 2011).

Trente-quatre ans d’impunité jusqu’à ce fatal 10 février 2018. On comprend que la pilule ait du mal à passer à Tel Aviv…

Pire, la cause de tout ce ramdam ne serait qu’un vulgaire et antique S-200, peut-être tout de même amélioré par les Russes. Cela donne en tout cas du crédit à un autre incident que nous avions rapporté il y a quatre mois :

Coïncidence ou pas, il s’est encore passé quelque chose d’intrigant dans le ciel syrien il y a quelques jours. Le 16 octobre, un énième incident aérien a eu lieu entre Tel Aviv et Damas, des jets israéliens bombardant une batterie antiaérienne prétextant un tir syrien contre deux avions ayant auparavant survolé le Liban. Jusqu’ici, rien que de très habituel même si l’affaire était presque concomitante à la visite de Choïgu en Israël, ce que d’aucuns ont vu comme une petite démonstration de force vis-à-vis de Moscou (précisons tout de même que les Russes ont été prévenus de l’attaque).

Manque de bol pour Bibi la Terreur, il y a comme un air de couac. Que le ministre syrien de la Défense déclare que l’un des deux F-35 israéliens ait été touché par un missile participe de la traditionnelle guerre de l’information et il est difficile de confirmer ou d’infirmer les dires de Damas. Plus intéressant, la presse israélienne a reconnu que le même jour, un F-35 avait été endommagé par… des oiseaux (!) et qu’il prenait la direction du garage.

D’ici à penser que l’avion a en réalité été touché par un vieux S200 syrien de l’époque soviétique, démontrant encore une fois l’inanité du chasseur furtif le plus cher de l’histoire, il n’y a qu’un pas que beaucoup envisagent de franchir.

F35 endommagé et F16 abattu par les S-200, confirmant ce que nous rapportions l’année dernière, à savoir que les Russes avaient décidé de réhabiliter et améliorer la défense anti-aérienne syrienne (désolé cher lecteur, je ne retrouve plus le billet en question).

Pour Israël, c’est tout sauf une bonne nouvelle et cela rappelle le flop stratégique de la guerre du Kippour de 1973. Lors de celle des Six jours (1967), la supériorité aérienne israélienne avait fait merveille et permis une victoire rapide. L’URSS avait alors décidé de fournir à son allié égyptien des systèmes anti-aériens performants. Résultat six ans plus tard : 102 avions israéliens abattus sur 383. Seule la livraison en urgence de jets par les Américains avait permis à l’IAF de rester opérationnelle.

Bis repetita ? Dans un contexte de montée de tension entre Israël et le binôme Hezbollah-Iran (dont la présence en Syrie, notamment du sud près de la frontière israélienne, se fait sentir chaque jour un peu plus, profitant du relatif flou de l’accord Poutine-Trump), Tel Aviv ne dispose que d’un atout majeur : sa supposée supériorité aérienne. Que celle-ci soit mise à mal et c’est son château de cartes stratégique qui s’écroule.

D’autant qu’en face, le Hezbollah posséderait 100 000 missiles pointés vers le sud et qui ne demandent qu’à décoller en cas de conflit. Sans compter les énormes dividendes retirés de sa participation dans le conflit syrien, comme nous l’expliquions il y a deux ans déjà :

Le Hezbollah a vu avec horreur l’avancée des takfiris sunnites en Syrie à partir de 2012. Idéologiquement et stratégiquement (rupture du croissant chiite, donc de l’approvisionnement iranien), une Syrie qatarisée ou saoudisée était un coup mortel porté au mouvement chiite libanais. Aussi, personne n’a vraiment été surpris quand Hassan Nasrallah décida de voler au secours de Bachar en 2013, envoyant des milliers de combattants, d’abord à la frontière syro-libanaise puis partout en Syrie.

Par contrecoup, Israël a longtemps flirté avec Al Qaeda, soignant quelques djihadistes par-ci, fournissant quelques armes par-là, sans doute plus pour embêter Assad et le Hezbollah que pour réellement provoquer une victoire djihadiste.

On en était là quand l’intervention russe a sérieusement rebattu les cartes, Tel Aviv et Beyrouth-Sud se mettant sur leur 31 pour courtiser Poutine.

L’alliance entre Moscou et le Hezbollah est logique, presque naturelle. Mêmes alliés (Assad, Téhéran), même farouche opposition à l’islamisme sunnite. La tolérance absolue du Hezbollah envers les chrétiens d’Orient (voir ces étonnantes photos des combattants chiites au garde-à-vous devant Jésus dans des villages chrétiens syriens libérés) joue également en sa faveur, la Russie se considérant comme la protectrice du christianisme moyen-oriental. Alarmé, Netanyahou s’est alors précipité à Moscou faire des ronds de jambe à Poutine. On avait connu Bibi la Terreur moins placide…

Ce voyage n’a pas empêché le Hezbollah de mettre la main sur des armements russes. Qu’ils aient été livrés par les Syriens qui les avaient eux-mêmes reçus (plus probable) ou livrés directement par Moscou selon les dires de hauts responsables du mouvement chiite, cela importe somme tout assez peu.

L’état-major de Tsahal est plus que remué, notamment par le fait que le mouvement libanais est vraisemblablement en possession de missiles de croisière supersoniques Yakhont. Les récentes déclarations de Nasrallah – « les stock de gaz ammoniac d’Haïfa sont notre bombe nucléaire » – ont également provoqué la panique en Israël où l’on considère sérieusement transférer les usines chimiques dans le sud du pays, à un coût exorbitant.

Les sacrifices auxquels se soumet le Hezbollah en Syrie pourraient finalement lui rapporter gros. L’espèce d’équilibre de la terreur en train de s’installer avec Israël est une assurance contre toute intervention militaire future de l’Etat hébreux et pérennise la présence du « parti de Dieu » au Liban. Il convient de mettre tout cela en relation avec la brusque décision de l’Arabie saoudite de couper son aide financière militaire à Beyrouth et des pétromonarchies fondamentalistes du Golfe d’appeler sans rire leurs ressortissants à quitter le pays, arguant de la « mainmise du Hezbollah sur l’Etat libanais ».

On imagine aisément la sueur perler au front des stratèges dans les officines de Washington, Tel Aviv et Riyad. Quant aux Russes, ils se retrouvent plus que jamais au centre du jeu, Le Kremlin est créditeur de Damas, du Hezbollah et de Téhéran qui lui doivent tout ou presque. Les Israéliens, Saoudiens ou Turcs quant à eux sont obligés de passer par la case Moscou pour quémander des concessions face à leurs adversaires.

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Corée : Kim Jong-Un veut unifier la péninsule et évincer les forces US du Sud en se rapprochant avec Séoul

Corée : Kim Jong-Un veut unifier la péninsule et évincer les forces US du Sud en se rapprochant avec Séoul

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15.02.2018

La politique est l’art du possible.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a adressé un message de remerciements à la Corée du Sud après le retour d’une délégation de très haut niveau comprenant le Chef de l’État et la petite soeur du dirigeant suprême de Séoul.

Il semble que Pyongyang dispose d’une stratégie pour se rapprocher de la Corée du Sud et neutraliser sinon rendre inopérante l’influence US dans la péninsule coréenne.

Grand admirateur de son grand-père, Kim Il-Sung, le fondateur de la dynastie, Kim Jong-Un s’est juré de se rendre à Séoul.

Cependant à la différence de son grand-père qui avait foulé le sol de la capitale sud-coréenne à la tête de ses armées, Kim Jong-Un compte le faire en homme de paix et en unificateur pour marquer définitivement son nom dans l’histoire coréenne.

Kim Jong-Un a déjà réussi un défi impossible :  il a hissé sa petite nation isolée et recluse au rang de puissance nucléaire et gagné haut la main son bras de fer avec les États-Unis. Une posture dont rêvent tout bas la plupart des hommes politiques nippons, adversaires déclarés et acharnés de Pyongyang mais qui souhaitent que le Japon dise « Non » à Washington et mette fin à des relations déséquilibrées depuis l’intrusion de « cet impudent Amiral Perry » et la « funeste Convention de Kanagawa de 1854 » laquelle a certes ouvert le Japon à l’ère moderne mais fut le prélude à l’holocauste atomique de 1945 et l’occupation subséquente du Japon après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Dans ce sens, l’obsession anti coréenne des élites nippones s’inscrit dans un complexe de supériorité (la Corée fut autrefois occupée par le Japon) touché dans son essence même par la défiance caractérisée et déterminée du Nord à l’égard de l’occupant de l’archipel.

Kim Jong-Un est un homme intelligent et très organisé (est-ce dû sans doute à son éducation suisse ? ). Il est impressionné par le degré de développement technologique du Sud, par l’affabilité extrême du président Moon Jar-In et ses idées. Kim aurait déclaré qu’une « Corée unie serait une puissance de premier ordre dans le monde, ce qui effraie au plus point l’impérialisme de Washington. Il a donc ordonné de mettre en oeuvre un processus de rapprochement stratégique avec le Sud avec pour objectif d’évincer les forces US hors de Corée du Sud.

Les populations du Sud lui sont largement favorables.

Ce n’est pas pour rien que Washington met en garde (lire :  menace) Séoul contre ce que les Américains qualifient déjà d’offensive de « charme » de Pyongyang.

 

Source : reseau international

http://katehon.com/fr/article/coree-kim-jong-un-veut-unifier-la-peninsule-et-evincer-les-forces-us-du-sud-en-se

Syrie: des forces prorégime à Afrine « dans les prochaines heures » (média d’Etat)

Syrie: des forces prorégime à Afrine « dans les prochaines heures » (média d’Etat)

Damas – Des forces progouvernementales en Syrie pourraient entrer lundi dans la région d’Afrine après des discussions avec les forces kurdes, pour tenter de mettre fin à l’offensive meurtrière de la Turquie contre cette enclave du nord-ouest du pays.

L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens, mène depuis un mois une offensive contre cette zone pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

« Les forces populaires vont arriver à Afrine dans les prochaines heures pour soutenir ses habitants contre l’attaque du régime turc », a indiqué l’agence de presse officielle syrienne Sana.

Elles vont « se joindre à la résistance contre l’agression turque », a ajouté Sana, précisant qu’il s’agit de « défendre l’unité territoriale et la souveraineté de la Syrie ».

Plusieurs heures après l’annonce faite par l’agence de presse syrienne, aucun déploiement n’a été constaté sur le terrain, par des correspondants de l’AFP. Des médias d’Etat syriens étaient présents dans la région.

L’agence SANA n’a pas fourni de détails sur la composition des « forces populaires » ni mentionné de déploiement de l’armée régulière syrienne dans cette région du nord-ouest.

Damas a dénoncé l' »agression » d’Ankara à Afrine mais n’a jamais explicitement déclaré qu’elle interviendrait.

Le porte-parole des YPG, Birusk Hasakeh, n’était pas en mesure de confirmer dans l’immédiat le déploiement de forces progouvernementales syriennes lundi.

Aucun problème

En 2012, après le retrait des forces prorégime de la zone, Afrine est devenue la première région kurde en Syrie à échapper au contrôle du pouvoir central.

Mais des négociations sont en cours pour un retour potentiel des forces progouvernementales dans l’enclave, selon des responsables.

« Des discussions ont lieu sur le plan militaire », a affirmé dimanche à l’AFP le coprésident du Conseil exécutif d’Afrine, Heve Moustafa.

La semaine dernière, le commandant des YPG, Sipan Hamo, avait déclaré que ses forces n’avaient « aucun problème » avec une intervention militaire du régime syrien « pour défendre Afrine (…) face à l’occupation turque ».

Les autorités kurdes restent elles vagues sur le type de déploiement qu’elles accepteraient à Afrine.

– Imbroglio d’enjeux –

L’offensive menée par la Turquie depuis le 20 janvier a mis en relief les intérêts complexes et divergents des différentes puissances engagées dans le conflit syrien, qui dure depuis sept ans.

Depuis 2011, la Turquie a soutenu les rebelles syriens pour combattre les troupes gouvernementales, les jihadistes et les YPG.

Ankara considère les YPG comme le bras syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection armée de trois décennies contre le pouvoir central turc.

Mais les Etats-Unis – alliés de la Turquie au sein de l’OTAN – ont noué une alliance avec les YPG pour combattre l’EI.

La Russie, principale alliée du régime de Bachar el-Assad, avait également soutenu les YPG à Afrine, en entraînant les forces kurdes avant de se retirer au début de l’offensive turque.

Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont discuté de l’offensive d’Afrine lors d’un appel téléphonique, a indiqué le Kremlin, sans fournir plus de détails.

Ces discussions sont intervenus alors que la Turquie affirmait préférer voir les troupes du régime à Afrine plutôt que les YPG.

Lundi, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu,a toutefois mis en garde contre toute intervention des forces progouvernementales syriennes aux côtés des milices kurdes à Afrine, affirmant qu’elle n’empêcherait pas Ankara d’y poursuivre son offensive.

« Si le régime entre pour nettoyer (la région) du PKK/YPG, il n’y a pas de problème (…) ». En revanche s’il intervient « pour protéger les YPG, personne ne pourra arrêter la Turquie ou les soldats turcs », a déclaré M. Cavusoglu.

(©AFP / 19 février 2018 16h15)

https://www.romandie.com/news/Syrie-des-forces-proregime-a-Afrine-dans-les-prochaines-heures-media-d-Etat/891786.rom

May prépare un traité sur la défense avec l’UE

May prépare un traité sur la défense avec l’UE

Londres souhaite la mise en place d’un traité de défense et de sécurité avant sa sortie de l’UE, en mars 2019, a indiqué Theresa May lors de la conférence de Munich sur la sécurité.

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février, la Première ministre britannique, Theresa May, a appelé un « partenariat profond et spécial » sur la défense, assurant que « les aspects clés [du] partenariat futur dans ce domaine seront déjà en place à partir de 2019 ». « Le Royaume-Uni est aussi engagé vis-à-vis de la sécurité européenne qu’il ne l’a jamais été », a-t-elle ajouté.

« Nous ne pouvons pas aujourd’hui permettre qu’une concurrence entre partenaires, des restrictions institutionnelles rigides ou une idéologie profonde affaiblissent notre coopération et compromettent la sécurité de nos citoyens », a-t-elle estimé.

Pas de nouveau référendum

Elle a également écarté un deuxième référendum sur le Brexit : « nous quittons l’UE et il n’est pas question d’organiser un second référendum ou de faire marche arrière, je trouve cela important ».

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, également présent, a pour sa part indiqué qu’une coopération continue sur la défense et la sécurité était dans l’intérêt des deux partenaires, mais ne devait pas être confondue avec les négociations du Brexit. « Cette alliance de la sécurité, le lien sécuritaire entre le Royaume-Uni et l’UE, sera maintenue, nous en avons toujours besoin », a-t-il affirmé.

La coopération militaire en Europe fait face à de nombreux challenges

23 États membres ont décidé de mettre en place une plus coopération militaire. Mais les intérêts industriels  nationaux et la lenteur du processus créent des interférences, surtout entre Berlin et Paris. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

À ce jour, le Royaume-Uni n’a pas encore défini exactement ce qu’il souhaiterait inclure dans ce traité de défense, qui devrait cependant couvrir la coopération dans les domaines militaire, du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Cela comprendrait des dispositions sur les missions militaires communes de l’UE, la participation des troupes britanniques à ces missions et les capacités de défense.

Le Royaume-Uni souhaite également maintenir des liens étroits avec Europol, qui coordonne les services de renseignement de police dans toute l’UE, et continuer à faire partie du système de mandat d’arrêt européen.

L’ampleur de cette coopération pourrait toutefois poser des problèmes pour les « brexiteers durs » du parti conservateur. L’adhésion au mandat d’arrêt européen impliquerait en effet un contrôle par la Cour de justice européenne, une ligne rouge pour le gouvernement britannique.

Autre point potentiellement conflictuel : le document de négociation du gouvernement sur la défense et la sécurité évoque la nécessité d’inclure une proposition visant à maintenir le Fonds européen de défense et le programme industriel de défense, principaux piliers des accords. Londres concédera donc probablement à l’UE la prise de décision en matière de défense, étant donné que ces structures sont régies par les institutions européennes.

L’industrie britannique de la défense souhaite elle aussi faire partie de l’écosystème européen. Robert Hannigan, l’ancien chef du service de renseignement britannique, a ainsi averti que les entreprises de défense britanniques tomberaient dans un « déclin constant » si elles étaient exclues de la collaboration en matière de recherche et d’innovation avec le secteur de la défense de l’UE.

« Cela devrait être plus facile [à obtenir] qu’un accord commercial », a déclaré une spécialiste à Euractiv. « L’intérêt est de le faire au début de l’année 2019. »

Pour une source de Westminster, le Royaume-Uni adopte une approche « schizophrène » : ses ministres se sont publiquement opposés aux projets d’une « Union européenne de la défense » à la fin de l’année 2016, ne validant le projet que pour éviter d’entraver l’UE à 27 alors que les Britanniques se préparaient à quitter le bloc.

Depuis lors, toutefois, les ministres britanniques participent aux discussions de l’Union de la défense. Des compromis sur une série de questions, notamment les finances militaires, le commandement, le renseignement et la planification industrielle de défense sont en vue.

En décembre, 25 États membres – à l’exception du Danemark, de Malte et de la Grande-Bretagne – ont accepté d’adhérer à une nouvelle « coopération structurée permanente » en matière de défense, ou CSP.

L’Europe de la Défense avance à 23 pays

Vingt-trois pays de l’Union européenne ont acté lundi leur intention de s’engager dans une « coopération » militaire renforcée, dans le développement d’armements comme les opérations extérieures, avec pour ambition affichée de relancer l’Europe de la Défense.

Revue de presse nationale et internationale.