Les Émirats renforcent leurs services de Renseignement

Les Émirats renforcent leurs services de Renseignement

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Au début du « printemps arabe », les Émirats arabes unis ont confié à Larry Sanchez (photo), un ancien responsable du service clandestin de la CIA, de former et de réorganiser leurs services secrets. Il intervient en sa qualité de Pdg de CAGN Global. D’autres sociétés sont impliquées dans ce programme dont LUAA et DarkMatter.

Richard Clarke, l’ancien Tsar antiterroriste de la Maison-Blanche, qui déclencha le plan de continuité du gouvernement le 11-Septembre 2001, est également un conseiller du prince héritier d’Abou Dhabi. Il intervient en sa qualité de Pdg de Good Harbour Security Risk Management.

Selon la version officielle des attentats du 11-Septembre (à laquelle les Émirats n’ont jamais cru), deux Émiratis faisaient partie des pirates de l’air.

Selon Foreign Policy, le transfert de savoir-faire en matière de Renseignement n’est a priori pas légal. Il ferait l’objet d’une enquête du FBI.

http://www.voltairenet.org/article199131.html

(RT Bashing) L’angoisse de nos médias face à la perte de leur monopole de la propagande

Sur ce site, vous le savez maintenant, nous sommes très attentifs aux propagandes médiatiques en tout genre, et à cet égard, il est évident que le lancement de RT nous intéresse tout particulièrement. Déjà, parce que cela marque la naissance d’un nouveau média à surveiller, mais ensuite parce que les réactions de ses concurrents outrepassent largement les bornes de la bienséance.

Pendant ce temps, on le rappelle, la plupart des Russes peuvent assez facilement accéder aux chaines d’information occidentales, par internet ou par satellite, afin de compléter leur propre vision.

Le combat acharné de quelques journaux contre l’arrivée d’une seule chaine russe, à l’audience somme toute limitée, et sous contrôle du CSA, en dit long sur leur crainte viscérale de perdre le monopole de l’information – et donc de la propagande -, et de voir leurs méthodes remises en cause.

Cependant, les réactions ont été très nombreuses, trop nombreuses, il m’est impossible de vous proposer une analyse de chacune d’entre elles. Alors voici à la place le palmarès des « meilleurs » titres d’articles rédigés ces derniers jours.

 

I. Un accueil confraternel

No comment

 

Une exception dans cette “semaine de la haine” : le Télégramme (de Brest) (sans juger globalement, cela fait plusieurs fois que je tombe par hasard sur des articles de ce journal de grande qualité et intégrité), à lire ici en intégralité :

(N.B. : le titre est de l’humour pour se moquer de la russophobie de la presse française !)

Tous mes respects à Hubert Coudurier, directeur de l’information du journal Le Télégramme.

II. Quand Le Monde appelle à interdire RT France

Le journal Le Monde a publié le 23 décembre une courte tribune que nous avons décidé de reprendre compte tenu de son apport « historique » au journalisme : il est en effet assez inédit qu’un grand média comme celui-ci appelle expressément à faire interdire un concurrent… qui n’a même pas encore commencé à émettre.

« Monsieur Schrameck, suspendez l’attribution de la licence de diffusion à Russia Today »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la Russie interpelle Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), considérant que l’autorisation donnée à la chaîne Russia Today (RT) de diffuser en France est d’une extrême gravité.

Le Monde | 20.12.2017 à 16h46 | Par Collectif

Tribune. Nous nous adressons à vous, Olivier Schrameck, […] une telle autorisation ne pourrait que susciter une profonde incompréhension, sinon l’indignation.

Russia Today est accusée aujourd’hui par des responsables du plus haut niveau aux Etats-Unis comme en Europe de semer la zizanie et d’affaiblir les démocraties. Au motif qu’elle relaie la propagande du Kremlin, cette chaîne est désormais obligée par les autorités américaines de s’enregistrer comme « agent de l’étranger ».
Guerre hybride

[…]Dans un tel contexte de guerre hybride, l’autorisation donnée à Russia Today de diffuser en France est d’une extrême gravité car elle peut conduire au brouillage des esprits et à la désunion des Français.
En conséquence, nous vous prions, au nom de la préservation de la paix civile, de suspendre l’attribution de la licence de diffusion à Russia Today sur le territoire français.

A lire en intégralité sur la source : Le Monde, 23/12/2017

III. Quand un universitaire démonte en retour Le Monde et la “Gauche Pentagone”

Réaction à la tribune précédente…

Par Jean-Robert Raviot – maître de conférences à Sciences Po Paris. Il est également professeur de civilisation russe et soviétique à Paris X. (Source)

La tribune du Monde demandant la suspension de la chaîne RT appelle de ma part deux commentaires.

1. de qui se moque-ton?

Cette tribune n’est pas sérieuse. Il est toujours bon de lire avant d’écrire et d’étudier avant de dénoncer.

Se fonder sur les déclarations de Macron ou sur le rapport (sans le citer) de la “communauté du renseignement” US sur le sujet (dont ceux qui me suivent régulièrement savent qu’il a été démontré, notamment par Robert Parry de Consortium News, qu’il était parfaitement vide), ce n’est pas sérieux, c’est même grotesque.

Je renvoie aux études sérieuses, par exemple aux travaux de Maxime Audinet, et notamment son superbe papier sur la chaîne RT paru dans le “Monde Diplo” d’avril 2017. Maxime est doctorant sous ma direction, il y a conflit d’intérêt, certes, mais je certifie qu’il n’y a pas de meilleure analyse disponible en langue française à ce jour.

2. pour qui nous prend-on?

Cette tribune est une tribune de militants qui avancent masqués. Elle est typique de ce que j’appelle la “gauche Pentagone” (même si certains signataires, telle Mme F. Thom, sont clairement positionnés “à droite”, si cela a encore un sens). La “gauche Pentagone”, c’est un vaste et puissant secteur de l’élite intellectuelle, stratégique et médiatique française qui, de manière systématique, défend l’atlantisme intégral, la continuation de la vieille guerre froide et sa diabolisation permanente de la Russie par tous les moyens, c’est-à-dire les positions les plus radicales de l’Etat profond américain, habile à habiller ses intérêts (ceux du vaste complexe militaro-industriel et stratégique) des beaux atours de la “démocratie” et des “droits de l’homme”. Sur l’”Etat profond”, voir les livres de Mike Lofgren et sur l’atlantisme en France, voir le livre de Hadrien Desuin, “La France atlantiste”. Or, c’est ce secteur de l’élite, dont BHL est en quelque sorte le chef de file façon hologramme, cet ensemble de tous ceux qui se rangent plus ou moins sciemment et consciemment dans le “cercle de la raison”, qui domine, et largement!, l’espace public des grands médias en France.

Les signataires de cette tribune ne défendent donc pas le pluralisme ou les “valeurs” dont ils se prévalent: ils préconisent la censure afin d’assurer le maintien de la domination des positions atlantistes et des “valeurs” de l’anglosphère dans le paysage informationnel français. Sous couvert de dénoncer la “menace russe” en “spécialistes”, ils servent la soupe des tenants de l’hégémonie contre le pluralisme.

RT France n’émet que depuis trois jours et, à ce stade, il est tout de même difficile de savoir si, oui ou non, elle sape la “paix civile” (sic), voire les fondements de la “démocratie française”!…

En réalité, il n’y a, au sujet de cette chaîne, que des questions et aucune réponse tranchée. Pour ceux qui connaissent la chaîne anglophone (ce qui apparemment n’est pas du tout le cas de nos signataires!), et en particulier RT America – ce qui est mon cas, y étant même intervenu plusieurs fois – l’interrogation est la suivante: RT France réussira-t-elle à bousculer le paysage informationnel, comme elle a su le faire aux Etats-Unis? Outre-Atlantique, RT America est un segment marginal, mais parfaitement opérationnel, de remise en question de ce que l’on nomme par commodité le MSM (mainstream médiatique).

RT France saura-t-elle, comme RT America, affûter une stratégie asymétrique qui lui permettra de jouer un rôle de “média alternatif” dans le paysage informationnel français? Elle est bien plus dotée que tous les “médias alternatifs” de la place, mais saura-t-elle se positionner en “grain de sable” efficace empêchant la machine de tourner en rond?

Je n’ai pas de réponses, je n’ai que des interrogations. Et le plus vif intérêt à suivre, en analyste, ces évolutions politiques et médiatiques sur un nouveau terrain franco-russe qui s’ouvre !

IV. Bonus Le Monde

Je ne résiste pas à l’envie de vous partager ce modèle de neutralité journalistique, que nous devons au dénommé Alexandre Piquard, « présenté comme journaliste » du Monde :

Ce à quoi le journaliste a répondu :

Ce dernier message est resté à cette heure sans réponse.

V. Magazine ELLE : LADY FAMATRICE !

Je termine sur un article magistral du magazine ELLE, qui présente au grand public la présidente de RT France. C’est un chef d’oeuvre de propagande, admirez plutôt :

On saluera le talent de « D.W” (pratiques, les initiales – quelqu’un aurait le nom ?), qui parvient magistralement à glisser une belle bassesse à chaque phrase.

(N.B. on rappellera que des journalistes de BFM ou LCI ont rejoint RT France…)

Enfin, on se rappellera l’opération de propagande pro-milices-d-extrême-droite du magazine en 2014 que nous avions relevée :

franc

Précision finale

Comme à chaque fois que j’essaie de mettre en lumière les méthodes peu éthiques des journalistes, je me vois accuser de soutenir un camp au détriment de l’autre. C’est bien évidement une facilité de pensée, une forme de manichéisme nuisible au débat et à la réflexion.

Je précise donc en des termes clairs et non équivoques que je ne cherche pas à défendre RT France, qui ne bénéficiera pour moi d’aucun traitement de faveur dans mon modeste exercice de critique des médias.
Pour l’heure, je n’ai vu qu’un seul de leur JT, plutôt de qualité, qui affichait une ligne éditoriale propre à RT (tout comme France 24 ou CNN ont la leur).

J’ai simplement des principes, tels que ne pas accuser sans preuve, ne pas encourager la paranoïa et la peur, éviter le deux poids deux mesures. Et ces principes, j’essaie de les appliquer au mieux quelles que soient les circonstances…

95 réponses à (RT Bashing) L’angoisse de nos médias face à la perte de leur monopole de la propagande

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Macron s’engage à aider le Niger pour rendre efficace l’action militaire

Afrique

Macron s’engage à aider le Niger pour rendre efficace l’action militaire

© ludovic Marin, AFP | Emmanuel Macron aux côtés du présdent nigérien, Mahamadou Issoufou, lors d’une conférence de presse, le 23 décembre 2017, à Niamey.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/12/2017

Après avoir salué les troupes françaises au Niger, Emmanuel Macron a insisté samedi sur la nécessité de soutenir le développement des pays du Sahel, indispensable pour stabiliser cette région à long terme.

Après avoir salué les troupes françaises au Niger, le président français Emmanuel Macron a insisté samedi 23 décembre sur la nécessité de soutenir le développement des pays du Sahel, indispensable pour stabiliser cette région à long terme.

« Votre réussite sera aussi la nôtre », a déclaré Macron à son homologue Mahamadou Issoufou à l’issue d’une courte visite « de travail et d’amitié » entamée la veille à Niamey.

>> À lire sur France 24 : « Opération Barkhane : ‘Les problèmes sur place ne sont pas réglés’ « 

« Plan de renaissance »

Le défi est immense car le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde en plein cœur du Sahel, une région déstabilisée par les groupes armés jihadistes, les trafics en tous genres et la crise des migrations.

« La sécurité, la démocratie et le développement sont ensemble une réponse » à cette situation difficile liée « à la pauvreté, l’insécurité et le déficit démocratique », a résumé Issoufou au cours d’une conférence de presse. « La réponse n’est pas que répressive ».http://www.france24.com/fr/20171224-macron-engage-aider-niger-rendre-efficace-action-militaire-sahel-terrorisme?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20171224-[contenu]-1044053310412

Qualifiant Emmanuel Macron d' »ami du Niger », le président a demandé à la France de l’aider à mettre en place son « plan de renaissance » qui a récemment séduit les partenaires internationaux réunis à Paris, prêts à investir 23 milliards d’euros dans ce pays.

Emmanuel Macron a insisté aussi au cours de la même conférence de presse sur le lancement d’un programme français devant aider le Niger à accroître le nombre de jeunes filles allant à l’école au-delà du primaire, qui est particulièrement faible.

Doté de 15 millions d’euros, il vise à « appuyer cette politique d’autonomisation des jeunes filles », a indiqué Macron, qui avait déjà insisté sur cette nécessité dans son discours « à la jeunesse africaine » prononcée à Ouagadougou en novembre.

La France s’est déjà engagée à la mi-décembre à verser 400 millions d’euros sur la période 2017-2021 pour soutenir Niamey, notamment dans le domaine de l’éducation.

« Une démographie galopante »

Le programme de 15 millions d’euros permettra de financer des allocations familiales qui seront notamment conditionnées à la scolarisation des enfants, et notamment des filles. « Dans tous les pays où de telles allocations sont en place, on a constaté une amélioration » de la scolarisation, a souligné Rémy Rioux, le directeur-général de l’AFD, présent à Niamey.

Pour Issoufou, cette politique de scolarisation devrait permettre en partie « de mettre fin aux mariages précoces », parfois dès l’âge de 12 ans, qui entraînent de nombreuses grossesses à l’adolescence.

« La démographie est un défi terrible pour le peuple nigérien », a-t-il rappelé, avec un taux de progression de sa population de 4% par an à raison de plus de sept enfants par femme (record mondial).

À ce rythme, « la population du Niger va doubler tous les 18 ans. Nous sommes 21 millions et serons 42 millions dans 18 ans. Nous deviendrons en 2050 le pays le plus peuplé d’Afrique de l’ouest après le Nigeria », a averti le président nigérien.

Lutter contre la démographie galopante est, selon lui, l’un des moyens de lutter à la fois contre les migrations et contre la menace des groupes armés, notamment jihadistes.

Pour renforcer la démocratie, la France va également soutenir le processus électoral dans ce pays où jamais un président élu n’a succédé à un président élu. « La démocratie c’est vous », a notamment lancé le président Macron à son homologue, pourtant très critiqué par son opposition et la société civile. Le président Issoufou, réélu en 2016, n’a pas le droit de se représenter en 2021.

Les deux présidents ont aussi largement évoqué les questions militaires et de sécurité, déjà abordées à plusieurs reprises par le passé début décembre en France ou fin novembre à Abidjan.

Actuellement, le Niger consacre « 15% de ses ressources budgétaires à la sécurité » mais il ne peut « faire face seul à ces menaces », a souligné le président Issoufou, qui appelle à une « mutualisation avec les pays de la région »

La mise en place du la force G5-Sahel (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) a logiquement été au centre des discussions le président Macron estimant qu’il y avait plus un problème « de rapidité opérationnelle » que « d’argent ».

« Le cœur de ce que nous avons besoin, c’est de clarifier les règles (…) s’assurer que le chef d’état major (…) puisse disposer des forces qui correspondent aux engagements pris », a-t-il souligné, se montrant confiant et promettant des actions pour le début de l’année 2018.

Avec AFP

Première publication : 24/12/2017

http://www.france24.com/fr/20171224-macron-engage-aider-niger-rendre-efficace-action-militaire-sahel-terrorisme?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20171224-[contenu]-1044053310412

[Vidéo] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

Source : Russia Today, Youtube, 19-12-2017

Source : Russia Today, Youtube, 19-12-2017

6 réponses à [Vidéo] Oliver Stone : « On attend un leader français ou européen comme De Gaulle »

  1. DUGUESCLIN Le 24 décembre 2017 à 05h54

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    En Europe, la France a eu un vrai chef d’état, en la personne de Charles De Gaulle que l’on a aimé ou non.
    En Europe, la Russie a un vrai chef d’état, en la personne de Vladimir Poutine, que l’on aime ou non.
    Mais dans les deux cas, de vrais chefs d’état, et non des pantins aux services d’intérêts étrangers, qui nous transforment en filiale supplétive au mépris de nos intérêts.

  2. caliban Le 24 décembre 2017 à 08h08

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    Beaucoup d’admiration pour le cinéaste et pour cet homme capable de penser contre lui-même. Si on le compare à Michael Moore, c’est un cran au-dessus : moins américano-centré.

    Un grand monsieur.

  3. robert pierron Le 24 décembre 2017 à 09h28

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    Moore qui a voté Clinton la sociopathe criminelle et candidate qui s est vantée d avoir participé à l exécution d un chef d etat étranger qui n avait pour seul tort que de s opposer à la dictature du dollar et à l impérialisme israélien.

    • Haricophile Le 24 décembre 2017 à 10h03

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      Les “intellectuels” font beaucoup d’erreurs. Il ne faut pas les jeter avec l’eau du bain 😉

    • caliban Le 24 décembre 2017 à 11h41

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      “Moore qui a voté Clinton”

      Moore est 200% américain, ses prises de position s’expliquent d’abord par des considérations de politique intérieure. Et à ce titre, il me paraît difficile de le juger (son premier choix était celui de Sanders) et encore plus discutable de remettre en cause son apport à l’éveil des consciences aux Etats-Unis.

  4. Proutus Le 24 décembre 2017 à 11h07

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La Ceinture et la Route : la Chine a signé des accords de coopération avec 86 pays et organisations internationales

La Ceinture et la Route : la Chine a signé des accords de coopération avec 86 pays et organisations internationales

© Chine Nouvelle (Xinhua)Hao Wangle, le 23/12/2017 06:03

Quatre-vingt-six pays et organisations internationales ont signé des accords de coopération avec la Chine dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », a déclaré vendredi l’organe suprême de planification économique de la Chine.

He Lifeng, chef de la Commission nationale du développement et de la réforme, a indiqué que l’initiative avait obtenu des avancées importantes en 2017, citant des progrès dans les domaines clés y compris la capacité de production, les investissements et la Route de la soie numérique.

Des progrès stables ont été réalisés dans la construction du Couloir économique Chine-Pakistan, le chemin de fer Mombasa-Nairobi a été mis en service, le chantier a débuté sur la section Belgrade-Stara Pazova du chemin de fer Hongrie-Serbie et dans le Port de Khalifa aux Emirats arabes unis, et l’exploitation du port de Hambantota (Sri Lanka) a été transféré à une société chinoise, a détaillé M. He.

Selon le dernier bilan, plus de 7.000 trains de fret ont circulé entre la Chine et l’Europe, selon M. He.

Pour l’année 2018, la commission se concentrera sur la mise en application des accords signés lors du Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, tenu en mai à Beijing.

L’initiative « la Ceinture et la Route », proposée par la Chine en 2013, vise à construire des réseaux commerciaux et d’infrastructures connectant l’Asie et l’Europe et l’Afrique le long des anciennes routes de la soie en vue d’un développement et d’une prospérité commune.

 

https://chine.in/actualite/cn/ceinture-route-signe-des-accords_105207.html

G5 Sahel : solution ou problèmes ?

G5 Sahel : solution ou problèmes ?

 

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21 décembre, 2017
Entretien

Leslie Varenne; Moussa Ag Assarid

Le 22 décembre 2017, Emmanuel Macron se rend au Niger où il sera question une nouvelle fois de la force G5 Sahel (FC-G5S). Cette force, qui ne cesse d’être à l’agenda médiatique du Président de la République, n’est toujours pas entièrement financée. Le tour de table organisé par la France à la Celle-Saint-Cloud, le 13 décembre dernier, a permis de récolter quelques 300 millions d’euros sur les 423 recherchés [1]. Les deux plus gros bailleurs de fonds sont l’Arabie Saoudite avec 100 millions et les Etats-Unis avec 60 millions d’euros. Ils sont suivis par l’Union européenne 50, les Emirats Arabes Unis, 30, la France, 8 et les Pays-Bas 5 millions d’euros. Le 12 décembre dernier, lors d’une conférence à l’Assemblée Nationale consacrée au G5, l’IVERIS a interrogé le secrétaire permanent de cette organisation, Najim El Hadj, sur la participation de l’Arabie Saoudite au sein de la FC-G5S. Monsieur El Hadj a alors répondu que ce pays ne jouerait aucun rôle. Pourtant quelques jours plus tard, l’Arabie Saoudite annonçait son souhait de tenir une réunion sur le sujet à Ryad en janvier prochain. Dans la foulée, Paris justifiait cette initiative en déclarant : « Il y a une logique d’engagement opérationnel des Saoudiens et une logique d’engagement des Saoudiens et d’autres pays sur la prise en compte et la lutte contre les vecteurs du financement du terrorisme et de l’extrémisme ». Par conséquent, ce qui était annoncé comme une création d’une force militaire africaine, s’apparente de plus en plus à une coalition occidentale/monarchie du golfe à l’instar de celle qui existait en Irak et en Syrie… Cette nouvelle coalition et cette sur-militarisation de la bande sahélo-saharienne questionne d’autant plus que selon les chiffres disponibles, les terroristes agissant dans cette zone seraient entre 500 et 1000 tout au plus. Pour décrypter la situation et évaluer les risques, l’IVERIS a interrogé Moussa Ag Assarid, consultant sur les questions de développement au Sahel.

 

Que pensez-vous de l’hyperactivité du Président français sur le dossier du G5 Sahel, n’est-ce pas contreproductif de promouvoir ainsi des opérations militaires ? Lors du sommet de la Celle-Saint-Cloud, il a annoncé son objectif « avoir des victoires au premier semestre 2018 », cela vous parait-il possible ?

L’hyperactivité du Président français, c’est du déjà-vu. François Hollande avait agi de la même manière, médiatisant et vantant la partie militaire en mettant de côté le volet politique. Il n’y a pas de changement, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense est devenu Ministre des Affaires étrangères, le militaire est devenu politique mais sur le fond aucune nouveauté. Si l’opération Barkhane avait modifié sa stratégie, cela se saurait. Comme son prédécesseur, au lieu de rechercher une solution politique, Emmanuel Macron s’embourbe dans une solution militaire. Faut-il rappeler que toutes les initiatives seulement armées ont échoué ? En 2011, il y a eu le PSPSDN, financé par l’Union européenne; en 2012 la création de la Misma par la CEDEAO; en 2013, l’opération française Serval qui a mis un coup de pied dans la fourmilière mais n’a pas assuré le reste ; Concomitamment, les Nations unies ont créé la Minusma qui n’arrive pas à maintenir la paix ; enfin, en 2014, a débuté l’opération Barkhane qui est enlisée ; Et maintenant la FC-G5S.. Quand va-t-on cesser de mettre de l’argent dans l’armement ? En outre, plus cette force apparaît comme une coalition occidentale menée par la France, plus elle suscite au mieux la méfiance des populations, au pire le rejet. En cela, oui, cette hyperactivité médiatique est totalement contreproductive. Aucune opération militaire ne peut réussir sans le consentement des autochtones, car ce sont eux qui sont directement concernés, qui vivent la réalité quotidienne et qui sont en mesure de fournir les renseignements.

Quant aux victoires qui devraient avoir lieu au premier semestre 2018, il faudrait savoir ce que le Président français entend par victoire. Comment se chiffreront les résultats attendus ? Selon le nombre de personnes tuées ? De territoires repris ? Mais aujourd’hui il n’y a pas de territoires occupés par les terroristes comme lors de l’opération Serval. Sur quels éléments baser la réussite ? Sur le nombre de kilomètres parcourus ? Ou encore lorsque le chef d’une organisation sera éliminé ? Chasser les terroristes ? Mais où sont-ils ? Ce sont seulement des déclarations. Les objectifs ne sont pas connus, on se retrouve avec la même problématique que celle posée à l’opération Barkhane et qui est la principale cause de son enlisement.

Pensez-vous que la FC-G5S, lorsqu’elle sera opérationnelle, sera capable de rétablir la sécurité au Mali ?

Le régime malien compte sur les armées des autres pour faire régner la paix sur son territoire. Cependant, hormis la Mauritanie, toutes les armées de cette force, Burkina Faso, Tchad, Niger sont confrontées à des problèmes sécuritaires. L’armée burkinabée est en pleine restructuration et connait de plus en plus d’attentats, elle a donc besoin de toutes ses forces pour se sécuriser à ses frontières, elle n’ira donc pas plus loin que celles-ci. Les militaires mauritaniens sont très aguerris au désert, mais eux non plus ne viendront pas au Mali, pour ne pas exporter le terrorisme chez eux. L’armée tchadienne est sur tous les fronts avec Boko Haram et les problèmes à sa frontière libyenne.  En prime, les opposants au Président Deby prennent les armes, cette armée est en surchauffe et ne viendra donc pas sur le sol malien. D’autant que lorsque les militaires tchadiens ont combattu dans l’Azawad (Nord Mali) avec la force Serval, ils ont été envoyés à la boucherie. Ils sont rentrés chez eux avec des syndromes post-traumatiques.

A tous ces problèmes, il faut en ajouter un autre. Les armées de ces cinq pays ne sont pas extensibles. Or, nombre de leurs militaires sont actuellement en service au sein de la Minusma et pour intégrer la FC-G5S, ils devront quitter celle des Nations unies, avec toutes les questions financières à la clé, car l’ONU rétribue les Etats qui contribuent aux opérations de paix et rémunère mieux les militaires que les armées nationales.

En octobre le Département d’Etat et le sénateur John McCain, avaient tenu des propos alarmistes annonçant l’arrivée en Afrique de l’Ouest de membres de l’organisation de l’Etat Islamique qui ont combattu en Irak et en Syrie. En décembre, Smaïl Shergui, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine a repris les mêmes déclarations et évoqué, lui, un chiffre précis de « 6000 djihadistes » s’apprêtant à débarquer en terre africaine. Craignez-vous une arrivée massive de terroristes dans la bande sahélo-saharienne ?

En 2012 déjà, nous avions été alertés sur l’arrivée de combattants en provenance du Pakistan, de l’Afghanistan, de la Turquie, mais nous ne les avons jamais vus. Ces autorités ont peut-être des informations que je n’ai pas, mais sincèrement, je ne crois pas à une arrivée massive de combattants étrangers. Ce qui est certain en revanche, c’est que pendant ce temps, les groupes terroristes se réorganisent, sévissent et éliminent les officiers du MNLA qui ont combattu contre eux avec la force Serval. Par exemple, Baba Ag Adobent, un des responsables militaires de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), a été assassiné le 19 décembre dernier à Kidal par des hommes non identifiés.

L’élection présidentielle au Mali devrait avoir lieu à l’été 2018, cette consultation électorale ne risque-t-elle pas d’aggraver encore la situation ?

Le Mali a été incapable d’organiser les élections régionales qui devaient avoir lieu le 17 décembre dernier. Elles ont été reportées en avril, sans donner de date plus précise. Ce seront donc deux consultations électorales qui devraient se dérouler à quelques mois d’intervalle. C’est un pari. Politiquement, l’impasse est totale. Avant, les signataires de l’Accord d’Alger s’exprimaient, maintenant nous n’entendons plus personne parler. Cet Accord n’est pas respecté et personne ne fait véritablement pression pour que le Président Ibrahim Boubakar Keita (IBK) le respecte. De ce point de vue, Emmanuel Macron fait le minimum syndical. Aucun agenda n’a été établi point par point. Les réfugiés sont toujours dans des camps en Mauritanie et au Burkina Faso, il n’y a pas une véritable organisation d’aide au retour. Les élections locales n’ont pas eu lieu, les moyens qui devaient revenir aux autorités intérimaires n’ont pas été débloqués et la sécurité de ces autorités n’est pas garantie.

A quelques rares exceptions près, comme au Ghana ou au Bénin, déloger un Président africain en place par la voix des urnes est très difficile. IBK verrouille tout, contrôle tout d’autant qu’au Mali le premier et quasiment le seul employeur du pays est l’Etat. En prime, il y a fort à parier qu’IBK se servira du G5 Sahel et de ses moyens pour assurer sa campagne. Ce sont les militaires maliens étiquetés FC-G5S qui sécuriseront ses déplacements à l’intérieur du pays avec l’aide de Barkhane et de la Minusma. Les forces internationales aideront le régime à faire campagne. Cela s’est déjà produit en 2013. IBK avait été le seul candidat à pouvoir se rendre à Kidal avec l’aide de ces forces, aucun autre candidat n’avait bénéficié de telles faveurs. On se retrouvera donc dans une situation surréaliste où le G5 Sahel contribuera à conforter ce pouvoir et à garder en place le régime d’un Etat failli et sous tutelle, alors que la réélection d’IBK sera contraire aux objectifs de paix et de sécurité prônés par cette même force. Car non seulement le pouvoir en place n’a pas respecté les accords d’Alger mais il n’a pas œuvré à une résolution politique juste et équitable. Il n’a pas investi dans les services sociaux de base qui pourraient tarir le recrutement des divers groupes terroristes ou de banditisme. Aujourd’hui, nous ne sommes pas à l’abri d’un soulèvement populaire pacifique ou violent. Il pourrait y avoir une jonction entre les populations et les mouvements politico-militaires. Plus on prolonge la souffrance des populations, plus on s’éloigne de la solution sécuritaire, de la paix et du développement.

 

[1] Ce budget est annuel, le financement annoncé n’est donc pas pérenne.

 

Tags:
afrique, afrique de l’ouest; arabie saoudite; g5 sahel

Défendre l’Europe ou défendre l’OTAN ? Par Guillaume Berlat

Défendre l’Europe ou défendre l’OTAN ? Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-12-2017

« La vieille Europe ; elle ne revivra jamais : la jeune Europe offre-t-elle plus de chances ? ». Cette question que soulevait François-René de Chateaubriand conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence. À intervalles réguliers, nos valeureux dirigeants (centre, droite et gauche confondus) nous refont le coup de l’Europe de la défense qui tel Lazare renaitrait de ses cendres et prendrait, enfin, la place prépondérante de l’Alliance atlantique. Ce n’est pas une histoire belge dans la mesure où la première a son siège au centre de Bruxelles alors que la seconde sévit à sa périphérie en termes géographiques et non en termes stratégiques. Une superbe photo de famille regroupant les représentants de 23 pays européens (Jean-Yves Le Drian pour la France) nous est fournie à l’appui de la révolution copernicienne qu’enregistre l’Union européenne dans le domaine de la défense, concept pris dans son acception la plus large. Qu’en est-il au juste ? Que devient ou deviendrait l’OTAN dans ce contexte ?

UNE RÉVOLUTION SÉMANTIQUE : LE SURSAUT DE L’EUROPE

Les médias sont en manque de superlatifs pour caractériser cette dernière opération bruxelloise1. 23 États membres de l’Union européenne annoncent le 13 novembre 2017 leur accord sur une « coopération militaire renforcée ». Il s’agit des 27 sans l’Irlande (neutre), le Danemark (dispensé), le Portugal, Malte et le Royaume-Uni (pour cause de « Brexit »). Il s’agit d’un premier pas en direction d’une défense émancipée avec des projets d’équipement communs, des enveloppes militaires mutualisées et, à terme, peut-être si Dieu le veut, des déploiements de troupes conjoints. On nous explique également, qu’en période de fortes contraintes budgétaires, la dépense commune gagnerait en efficacité. La raison principale de ce coup de pouce donné à la défense européenne, tiendrait, selon la ministre allemande de la Défense (expédiant les affaires courantes), Ursula von der Leyen, aux foucades de Donald Trump, à son imprévisibilité, à son manque d’intérêt pour le machin otanien. Désormais, les Européens prendront leur destin militaire en main, en toute indépendance par rapport au grand frère américain2. La raison secondaire serait de se prémunir contre l’ours russe après son invasion de la Crimée mais aussi après toutes ses interventions intolérables dans les élections américaines, dans les référendums sur le « Brexit » et sur l’indépendance de la Catalogne. L’Europe se paierait de la sorte une assurance tout risque. Cette coopération renforcée pourrait déboucher sur la mise en place d’une plate-forme logistique opérationnelle, voire d’un quartier général pour les unités de combat de l’Union européenne. Plus raisonnablement, il s’agit de réaliser des économies d’échelle en termes de recherche et de développement et d’industrie de défense sur des projets concrets (50) alors que les budgets nationaux sont de plus en plus contraints3. La très charmante Federica Mogherini, Ersatz de ministre européenne des Affaires étrangères ne ménage pas sa peine en déclarant : « nous vivons un moment historique pour la défense européenne ». Un de plus, pourrait-on ajouter. Il nous semblait que, depuis le traité de Lisbonne (2009) qui célébrera bientôt son dixième anniversaire l’Union européenne disposait d’une politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Mais, nous avions dû rêver. Ceci n’était que de la posture !

UNE CONSTATATION OPÉRATIONNELLE : LA SURVIE DE L’OTAN

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, les exégètes de cet opus magnum se hâtent de préciser qu’il ne s’agit pas de créer une défense européenne ou de supplanter la sécurité collective organisée par l’OTAN. Face à la Russie, les observateurs avertis notent que les pays d’Europe orientale continuent d’afficher leur préférence pour la garantie de l’Alliance atlantique. Le projet est encore très éloigné de la vision française d’un petit groupe de pays rodés aux opérations militaires qui constituent le noyau dur et que les autres rejoindraient au fil du temps. Sans parler des projets à échéance de dix ans présentés par Emmanuel Macron dans son discours de la Sorbonne (26 septembre 2017) : force commune d’intervention, budget de défense commun et doctrine commune4. Tout ceci est renvoyé aux calendes grecques. Manifestement, les Européens restent encore, pour une durée indéterminée, sous tutelle de l’Oncle Sam. Les ministres de la Défense se réunissent régulièrement et collectivement à Evere pour pratiquer la liturgie otanienne et vont individuellement faire leurs dévotions au Pentagone. Cela ne changera pas encore malgré la grande décision du 13 novembre 2017. Au mieux, le « soft », c’est pour l’Europe, le « hard », c’est pour les Américains. Car, au-delà de la conception de la défense, un problème plus technique mais plus politique se pose à travers le concept d’interopérabilité. Pour être plus efficaces, parlons la même langue (l’anglais), achetons les mêmes matériels et les mêmes munitions (américaines), adoptons les mêmes manières de conduire la guerre (à l’américaine5)… Le Pentagone n’a aucune raison de voir les choses évoluer dans le sens d’une plus grande intégration militaire européenne au risque de perdre tous ses avantages industriels. La volonté européenne – si tant est qu’elle existe – se heurte à la réalité d’une Alliance dominatrice qui étend sa toile jusqu’aux confins russes. Au mieux, les États-Unis consentiraient à la mise en place d’une annexe européenne de l’OTAN (le fameux pilier européen qui n’a jamais existé) baptisée « défense européenne » pour tromper le gogo et augmenter la note payée par l’Union européenne (revendication chère à Donald Trump)6.

Avec la construction européenne, il n’y a souvent qu’un pas entre la réalité concrète que ressentent les citoyens et les chimères que chevauchent les dirigeants à coups de superbes photos de famille et de déclarations dithyrambiques. En un mot, il arrive régulièrement que l’on veuille nous faire prendre des vessies pour des lanternes en ces temps de « fake news » et autres informations bidon qui déferlent sur la toile mais aussi sur les médias « mainstream », sorte de Pravda des pays occidentaux (Cf. la vaste blague de l’adoption d’une liste des paradis fiscaux qui ne comporte pas les principaux pays concernés7). Quand on parle de « sécurité collective », qui reste du seul ressort de l’OTAN, de quoi parle-t-on en réalité ? De la vision coercitive de la sécurité collective (Cf. les guerres américaines en Afghanistan, en Irak, en Syrie…) ou de la vision coopérative de cette même sécurité collective, version gaullienne traditionnelle (Cf. le discours de Dominique de Villepin à l’ONU de 2003) ? La question est taboue. Reste à savoir si l’objectif des 23 est véritablement de défendre l’Europe ou, plus prosaïquement, de continuer ne variatur à défendre l’OTAN ?

1 Jean-Jacques Mével, 23 pays européens se lancent dans une coopération militaire inédite, Le Figaro, 14 novembre 2017, pp. 6-7.
2 Nicolas Baverez, Bilan de Trump : « China First », « America out », Le Figaro, 20 novembre 2017, p. 25.
3 La Cour des comptes bombarde la défense, Le Canard enchaîné, 29 novembre 2017, p. 2.
4 Guillaume Berlat, Jupiter se mue en Atlas, http://www.prochetmoyen-orient.ch , 2 octobre 2017.
5 Jack Dion, Les victimes oubliées des bombardements en Irak et en Syrie, Marianne, 24-30 novembre 2017, p. 9.
6 Jack Dion, Le salut de l’OTAN, Marianne, 17-23 novembre 2017, p. 9.
7 Cécile Ducourtieux/Anne Michel, Bruxelles : la liste des paradis fiscaux déjà critiquée, Le Monde, 7 décembre 2017, p. 3.
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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 08-12-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

ENQUÊTE EXCLUSIVE : Quels liens unissent Sebastian Kurz et les réseaux Soros ?

ENQUÊTE EXCLUSIVE : Quels liens unissent Sebastian Kurz et les réseaux Soros ?

Nous publions ici en une enquête inédite sur les liens existants entre l’ECFR -European Council on Foreign Relations et l’Open Society Foundations de George Soros. Le prochain chancelier autrichien Sebastian Kurz étant membre de l’ECFR, il est nécessaire de se pencher sur l’action d’influence que joue l’ECFR auprès de l’Union-Européenne, notamment en ce qui concerne la question migratoire. Un dossier réalisé par Pierre-Antoine Plaquevent, journaliste indépendant.

Les dernières élections législatives autrichiennes, ont vu la victoire du Parti Populaire Autrichien (ÖVP) avec un peu plus de 31 % des voix devançant ainsi le Parti Social-Démocrate (SPÖ), et le Parti de la Liberté (FPÖ), la formation populiste menée par Heinz-Christian Strache.
Une alliance historique avec la droite nationale autrichienne se profilant à l’horizon : le jeune leader de l’ÖVP, Sebastian Kurz, travaillant actuellement à la création d’une coalition de gouvernement avec le FPÖ. Agé d’à peine 31 ans, le prochain chancelier autrichien a mené tambour battant une campagne axée sur la thématique de l’immigration et de la sécurité. Réussissant ainsi à mobiliser l’électorat de droite dans un contexte européen marqué par la crise migratoire et préparant le terrain pour une alliance stratégique entre conservateurs et populistes.
Une victoire saluée par l’ensemble des forces conservatrices et souverainistes en Europe. Forces qui voient dans cette victoire un rejet par l’Autriche des politiques migratoires catastrophiques menées jusqu’ici par l’Union Européenne. Les analystes de la droite conservatrice française, tel Eric Zemmour (1), se félicitant d’une prochaine alliance entre libéraux et conservateurs autrichiens. Alliance illustrant selon eux la formule électorale gagnante que représenterait une « union des droites » contre l’immigration.
Pourtant, certaines informations disponibles sur le jeune leader libéral-conservateur projettent déjà quelques ombres sur le tableau idyllique qu’en dressent la droite conservatrice et les partisans d’une union entre droite libérale et nationaux-populistes.

Sebastian Kurz contre George Soros ?

Le résultat des élections autrichiennes a immédiatement été suivi par la propagation d’une rumeur médiatique faisant état d’une confrontation entre Sebastian Kurz avec le milliardaire militant George Soros.
Une allégation complètement fausse, reprise et citée sans vérification par de nombreux médias souverainistes de tous types (2). L’origine de la diffusion de cette rumeur étant constituée par un unique article sans sources ni références, issu du site anglophone yournewswire.com. Un site internet dont le patron est l’histrion Sean Adl-Tabatabai (3), célèbre en Angleterre pour avoir été l’un des premiers homosexuels à s’être marier publiquement au Royaume-Uni. Un site qui est connu pour être à l’origine de nombreux articles infondés. A toutes fins utiles, rappelons que ce Sean Adl-Tabatabai fut auparavant le webmestre du site tristement célèbre : davidicke.com. David Icke étant l’individu qui cherchera à discréditer l’anti-globalisme par ses conceptions délirantes sur un supposé complot international d’hommes reptiles extra-terrestres.
On peut légitimement penser que des sites tels que yournewswire.com jouent en fait un rôle précis dans la guerre de l’information dont l’internet contemporain est devenu l’arène. Yournewswire est typiquement le genre de sites conçus pour discréditer la réinformation sérieuse en diffusant un discours absurde, mêlant le vrai au faux. Ce genre de site étant aussi utilisé par les géants de l’internet et des médias pour justifier toutes les législations liberticides mises en place contre la diffusion de fausses nouvelles (fake news).

Sebastian Kurz et l’ECFR

Mais revenons à Sebastien Kurz, car le plus étonnant n’est pas dans cette « fake news ». Car non seulement Sebastian Kurz n’a pas menacé George Soros et l’Open Society de mesure de rétorsions de la part de son gouvernement mais le futur plus jeune chef d’État du monde appartient en fait à l’ECFR : European Council on Foreign Relations. Un think-tank européiste de haut niveau, fondé sous l’impulsion de George Soros lui-même et financé en grande partie par l’Open Society Foundations. Une information confirmée par la simple lecture du portail internet de l’EFCR où l’on retrouve son nom parmi la liste des membres autrichiens :

« http://www.ecfr.eu/council#austria – Sebastian Kurz – Federal Minister for Europe, Integration and Foreign Affairs »

Parmi les membres de l’ECFR on retrouve aussi Wolfgang Schüssel, ancien chancelier fédéral d’Autriche, qui avait lui aussi réalisé en 1999 une entente gouvernementale entre libéraux conservateurs et populistes. Populistes dirigés à l’époque par le célèbre Jörg Haider. Une alliance qui avait fait grand bruit et avait entraîné une campagne médiatique massive contre l’Autriche.
La réalité se trouve donc à rebours de la rumeur venue brouiller récemment la réinfosphère. Mais il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse et d’imaginer Sebastian Kurz comme un simple pion de George Soros, ceci dans une vision complotiste de la politique. En tant que ministre d’un gouvernement européen, il est assez logique que Sebastian Kurz participe de think-tank d’importance comme l’ECFR. Pour autant, il est aussi crucial de rappeler le rôle central que jouent les réseaux Soros au sein de l’ECFR et plus encore le rôle que joue ce think-tank dans la politique européenne actuelle, notamment en matière d’immigration massive et imposée.

L’ECFR un think-tank fondé par George Soros

Un article du journal Libération d’octobre 2007, intitulé « Soros milite pour une politique étrangère européenne » exposait à l’époque les origines de l’ECFR (4) :

« Le richissime financier américain d’origine hongroise, George Soros, estime nécessaire que l’Union européenne devienne un acteur de poids sur la scène mondiale. Violemment critique de l’administration Bush, opposant à la guerre en Irak, l’homme qui a eu la peau de la livre Sterling en septembre 1992, estime que seuls les Européens peuvent offrir une alternative crédible à la puissance impériale américaine. Il parraine donc le lancement, aujourd’hui, d’un « think tank » paneuropéen qui est aussi un lobby dont le but est de contribuer à créer une politique étrangère véritablement commune : le « European Council on Foreign Relations » (ECFR) »

L’ECFR se veut être un lobby pan-européiste puissant, rassemblant des membres influents du monde de la politique, des affaires, des médias et du monde militaire :

« Le Conseil de l’ECFR est l’expression la plus forte et la plus visible de notre identité paneuropéenne. Il est composé de ministres des affaires étrangères, d’anciens premiers ministres, de parlementaires nationaux et du parlement européen, de commissaires européens, d’anciens secrétaires généraux de l’OTAN, de penseurs, journalistes et chefs d’entreprise. Les membres du Conseil nous aident à européaniser les conversations nationales sur les priorités et les défis de la politique étrangère de l’UE. » (5)

Parmi ses membres français on y retrouve des personnalités politiques et médiatiques influentes telles que : Bernard Kouchner, Pascal Lamy, Bruno Le Maire, Pierre Moscovici, Christine Ockrent ou Laurence Parisot. (6)
L’ECFR présentait dès sa fondation une profession de foi européiste et globaliste sans équivoque :

« * coopérer de manière plus efficace au sein des institutions multilatérales telles que l’ONU, la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC, afin de renforcer la puissance collective de l’Union européenne
* respecter l’engagement de l’UE à maintenir une perspective d’intégration pour la Turquie et les pays des Balkans occidentaux afin d’encourager leur développement politique, économique et social;
* renforcer les incitations – tels l’octroi de visas et l’accès au marché – offertes aux proches voisins de l’UE pour mieux les ancrer dans la sphère d’influence de l’Union européenne;
* conditionner d’avantage les échanges commerciaux et l’aide européenne – comme les douze milliards d’euros versés au titre de la politique de voisinage et les 22 milliards d’euros d’aide au développement dans le cadre des accords de Cotonou – aux réformes politiques dans les pays concernés;
* soutenir les valeurs européennes par tous les leviers du pouvoir européen, sans exclure, en dernier recours, la force militaire pour arrêter un génocide ou prévenir une catastrophe humanitaire en Europe ou ailleurs dans le monde. » (7)

Parmi ses soutiens financiers et donateurs on y retrouve des ministères des affaires étrangères et des ambassades de nombreux pays européens, des organismes européens tels que le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA) mais aussi l’OTAN ou l’Atlantic Council et bien sûr des fondations non gouvernementales comme l’Open Society de George Soros ou la fondation Rockfeller. Font aussi partie des donateurs de l’EFCR, de grandes sociétés privées tels que Orange ou Allianz. L’Open Society étant l’un des principaux contributeurs initiaux de l’ECFR. (8)

L’ECFR : un CFR pan-européiste

George Soros est l’un des principaux créateurs de l’EFCR qu’il a conçu dès le départ comme une version européenne du célèbre Coucil On Foreign Relations (CFR). CFR américain dont fait aussi partie George Soros.
En avril 2016, l’analyste et géopoliticien américain William Engdahl évoquait l’ECFR et le CFR dans l’un de ses articles :

« Le CFR est le think-tank créé par les banquiers Rockefeller et JP Morgan pendant les pourparlers de paix du traité de Versailles, en 1919, afin de coordonner une politique étrangère mondiale anglo-américaine. » (9)

Le CFR regroupe en fait certaines des personnalités les plus importantes du monde américain de la finance et de la politique et donne le ton de la politique étrangère depuis la fin de la première guerre mondiale. Il peut être considéré comme l’une des instances les plus influentes de la puissance impériale américaine depuis près d’un siècle. Version européenne du CFR, l’ECFR est basé à Londres et a comme co-président Joschka Fischer, l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères du Parti Vert. « Celui qui a obligé son parti à soutenir le bombardement illégal par Bill Clinton de la Serbie, sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies. » comme le rappelle judicieusement Engdahl. (10)
Et Engdahl de poursuivre : « Les autres membres de l’ECFR sont l’ancien secrétaire général de l’OTAN, Xavier Solana ; le plagiaire déshonoré et ancien ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg ; Annette Heuser, directrice exécutive de la Bertelsmann Stiftung à Washington DC ; Wolfgang Ischinger, président de la Conférence sur la sécurité de Munich ; Cem Özdemir, président de Bündnis90 / Die Grünen ; Alexander Graf Lambsdorff du Parti libéral allemand (FDP) ; Michael Stürmer, correspondant en chef de Die Welt ; Andre Wilkens, directeur de la Fondation Mercator ; Daniel Cohn-Bendit du Parlement européen. »
L’ECFR, à l’image de son parrain américain (CFR), se révèle ainsi être un lieu de collusion d’élite entre journalistes influents, banquiers, hommes politiques et militaires de l’OTAN. Le concevoir comme un outil pour l’indépendance européenne, tel que le présentait George Soros à sa création s’avère dès lors une gageure voire une pure mystification.

L’ECFR et l’agenda immigrationiste de l’Union-Européenne

Dans ce même article, William Engdahl évoquait le rôle joué par l’ECFR dans la crise migratoire en méditerranée au travers de l’ESI (European Stability Initiative) ; un autre think-tank euro-globaliste lié de près à l’EFCR et à l’Open Society de Soros :

« Le 8 octobre 2015, au milieu de la vague créée par des centaines de milliers de réfugiés inondant l’Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel proclama, au cours d’un programme populaire de télévision allemande : « J’ai un plan » (…) Ce que la chancelière allemande n’a pas dit aux téléspectateurs, c’est que son plan lui avait été fourni seulement quatre jours plus tôt, le 4 octobre, dans un document déjà intitulé le plan Merkel, par un think-tank international nouvellement créé et largement financé, appelé : l’Initiative de stabilité européenne ou ISE (ESI – European Stability Initiative). (11)

Le site internet de l’ISE indique qu’il possède des bureaux à Berlin, Bruxelles et Istanbul. L’actuel président de l’ISE, qui est directement responsable du document intitulé Plan Merkel, est un sociologue autrichien basé à Istanbul, Gerald Knaus. Knaus est également membre de l’ECFR – Conseil européen des relations internationales ( European Council on Foreign Relations ) et membre de l’Open Society. »

La lecture de nombreux articles du site de l’ECFR confirme les liens entre ESI et EFCR :

« (…) Gerald Knaus, Président fondateur de l’European Stability Initiative (ESI) et membre du conseil de l’ECFR. (…) Gerald Knaus a également participé à deux événements organisés par les bureaux de Berlin et de Varsovie de l’ECFR, dans le cadre des séries sur les migrations. C’est pour faire suite à ces deux événements que le bureau de Paris aura le plaisir d’accueillir M. Knaus dont la présentation portera essentiellement sur les itinéraires empruntés par les migrants en mer Egée et en mer Méditerranée. » (12)

L’ESI qui se définit comme « le think-tank européen pour l’Europe du Sud-Est et l’élargissement de l’UE » ne cache pas ce qu’elle doit à l’Open Society :

« L’Open Society Foundations soutient notre travail visant à promouvoir la réforme des principales institutions européennes ainsi qu’à assurer une réponse plus solide aux violations des droits de l’homme, notamment les détentions à motivation politique ou encore la torture (…) L’Open Society Institute était un bailleur de fonds majeur, soutenant également le renforcement des capacités dans le Caucase. » (13)

Rappelons ici les points principaux du plan Merkel / ESI visant à accueillir les migrants qui fuyaient la Syrie mise à feu et à sang par les « rebelles » que soutenaient les gouvernements occidentaux :

« Nous proposons un accord immédiat entre l’Allemagne et la Turquie sur les points suivants:

– L’Allemagne devrait accepter d’accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens enregistrés en Turquie au cours des 12 prochains mois.

– L’Allemagne s’attend déjà à ce que de nombreux réfugiés arrivent chez elle. Mais plutôt que d’attendre qu’ils entreprennent un voyage périlleux à travers la mer Egée et les Balkans occidentaux, l’Allemagne devrait accepter les revendications de la Turquie à travers un processus ordonné et assurer un transport sécurisé aux candidats retenus. L’offre devrait être limitée aux réfugiés syriens déjà enregistrés auprès des autorités turques, Afin d’éviter de créer des incitations pour de nouveaux flux migratoires en Turquie. D’autres États membres de l’UE devrait participer à ce plan.

– En contrepartie, à partir d’une date spécifiée, la Turquie devrait accepter de reprendre tous les nouveaux migrants cherchant à atteindre la Grèce depuis son territoire. Cela réduirait rapidement le flot de bateaux traversant la mer Égée à un ruisseau.

– L’Allemagne devrait accepter d’aider la Turquie à obtenir un statut de voyage sans visa pour 2016. » (14)

Peu de temps auparavant, George Soros avait lui-même proposé sur son site officiel un plan à l’origine de l’Initiative de Stabilité Européenne repris ensuite par Angela Merkel et influencé par l’ECFR. Le plan de Soros intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile » donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à tous les vents de toutes les migrations possibles venues d’Afrique et d’Orient.

Le but de ce plan n’était pas du tout de freiner les flux migratoires mais au contraire de les accompagner depuis leur source jusqu’à leur arrivée. Soros demandant à l’Union-Européenne de s’organiser pour aller quasiment chercher elle-même les migrants :

« L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. » (15)

On peut retrouver ce plan sur le site de George Soros. Il y explique comment l’union européenne devra accepter au moins 1 million de demandeurs d’asile par an, répartis équitablement entre les pays membres mais aussi comment elle doit bâtir une « Agence des migrations et du droit d’asile » commune à tous les pays de l’UE et comment elle doit apporter son financement au pays du Moyen-Orient, comme le Liban, la Jordanie et la Turquie enfin de les aider à gérer les flux migratoires. Il y développe enfin l’idée que des couloirs humanitaires sécurisés doivent être établis afin d’aider les migrants à parvenir à leur destination finale en Europe. Couloirs humanitaires passant par la Grèce et l’Italie. L’étape suivante étant d’étendre ces couloirs jusqu’aux régions frontalières de l’UE. Tout ceci devant se faire en coopération avec l’agence de l’ONU pour les réfugiés (l’UNHCR). (16)

C’est le fameux « plan Soros » que dénonce régulièrement le gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orbán. Ce dernier ayant récemment lancé une consultation nationale sur le plan Soros (17). Entamant ainsi un bras de fer avec l’Union Européenne et l’État parallèle que constituent les instances globalistes telles que l’EFCR, l’ESI ou même l’Open Society. Une confrontation opposant deux visions de l’avenir politique de l’Europe : celle d’une Europe où les États-Nations et la souveraineté ont encore leur mot à dire et celle d’une Europe de la « gouvernance » où des instances non élues planifient la vie de millions d’Européens et de migrants, ceci en dehors de tous les processus politiques et électoraux en vigueur.

Les libéraux-conservateurs contre la Société Ouverte ?

Dans ce contexte, la participation du prochain chancelier autrichien Sebastian Kurz à des instances comme l’ECFR pose question. Comment dès lors, l’Autriche pourrait-elle imposer un agenda anti-immigrationniste sans se heurter aux vues et objectifs et aux intérêts transnationaux de lobbys tels que l’EFCR ?
Un clivage se fait-il jour à l’intérieur du leadership européiste entre les partisans d’une société ouverte intégrale et ceux qui, par réalisme économique ou sécuritaire, en viendraient à soutenir un « aggiornamento » en matière de politique migratoire ? Sebastian Kurz et son gouvernement chercheront-ils à s’émanciper de l’idéologie et des objectifs globalistes qui pilotent l’UE ou assisterons-nous à l’une des nombreuses démissions à laquelle la droite libérale nous a habitué en Europe Occidentale ?
Est-il même seulement possible pour l’Autriche de techniquement s’opposer aux injonctions immigrationnistes de l’Union-Européenne ? Peut-être que de bénéficier de leviers internes au sein d’instances comme l’EFCR pourrait justement l’y aider. A l’image de Viktor Orbán et de son parti le Fidesz qui avaient bénéficié à l’époque du communisme de l’appui des fondations Soros et qui aujourd’hui se confrontent durement aux réseaux Soros (18). Identifiant désormais l’ennemi des libertés non plus dans le communisme mais bien dans le libéralisme sans frontières et sans contrôle des tenants de la société ouverte.
L’avenir nous dira quelle option l’emportera. Toujours est-il qu’il est de plus en plus visible que les destinées européennes se décident ailleurs qu’au sein des institutions politiques validées par les processus électoraux. La classe politique européenne apparaissant toujours plus comme le simple organe de transmission de décisions prises au sein d’institutions d’influence non élues. Au sein de ce que l’on peut considérer être, si ce n’est un « État profond » euro-globaliste, au moins un État parallèle.
État parallèle qui rapproche toujours plus le spectacle de la politique parlementaire aux ombres vaines de la caverne de Platon. Spectacle dont il s’agit de s’extraire afin de sonder les véritables instances de décisions de notre époque.

Pierre-Antoine Plaquevent

 

(1) http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2017/10/20/31002-20171020ARTFIG00071-eric-zemmour-kurz-n-est-pas-en-meme-temps-de-gauche-et-de-droite-mais-franchement-de-droite.php
(2) https://meta.tv/autriche-kurz-chasserait-soros-tu-as-28-jours-pour-partir-2
http://www.medias-presse.info/lopen-society-de-george-soros-chassee-dautriche/81967/
http://www.ilgiornale.it/news/cronache/se-kurz-sfratta-george-soros-dallaustria-1454939.html
http://resistancerepublicaine.eu/2017/10/23/autriche-kurz-chasserait-soros-tu-as-28-jours-pour-partir/
(3) http://yournewswire.com/youngest-leader-george-soros/
https://www.thetimes.co.uk/article/mother-churns-out-stories-for-master-of-fake-news-fcmzc05sx
(4) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2007/10/02/soros-milite-po/
(5) http://www.ecfr.eu/council/members
http://www.ecfr.eu/about
(6) http://www.ecfr.eu/council/members
(7) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2007/10/02/soros-milite-po/
(8) http://www.ecfr.eu/about/donors
(9) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(10) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(11) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(12) http://www.ecfr.eu/events/event/itineraires_de_migrants_a_travers_les_mers_egee_et_mediterranee
(13) http://www.esiweb.org/index.php?lang=en&id=65
(14) Le plan Merkel : http://www.esiweb.org/index.php?lang=en&id=156&document_ID=170
https://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/ESI-ecco-Il-piano-Merkel-164860
http://www.esiweb.org/pdf/ESI%20-%20The%20Merkel%20Plan%20-%20Compassion%20and%20Control%20-%204%20October%202015.pdf
(15) et (16) Le plan Soros : https://www.project-syndicate.org/commentary/rebuilding-refugee-asylum-system-by-george-soros-2015-09/french
https://www.georgesoros.com/2015/09/26/rebuilding-the-asylum-system/
(17) https://visegradpost.com/fr/2017/10/05/hongrie-consultation-nationale-contre-le-plan-soros/
(18) https://www.lesechos.fr/18/01/2012/LesEchos/21104-036-ECH_viktor-orban–l-infrequentable.htm

https://stratpol.com/enquete-exclusive-quels-liens-unissent-sebastian-kurz-et-les-reseaux-soros/

 

Le Bitcoin au menu du 2e épisode du Lab éco de RT France

Le Bitcoin au menu du 2e épisode du Lab éco de RT France

Le Bitcoin au menu du 2e épisode du Lab éco de RT France© RT France

 

L’un est d’obédience libérale, l’autre d’inspiration keynésienne : dans le deuxième numéro du Lab Eco, sur RT France, Jean-Marc Sylvestre et Jacques Sapir confrontent leur point de vue sur la cryptomonnaie Bitcoin et sur le Smic.

Thème 1 : Bitcoin, la monnaie qui dérange

Il est adulé autant que détesté… Qu’y a-t-il derrière cette cryptodevise ? A quoi sert elle ? Est-elle purement spéculative ou est-ce la monnaie de l’avenir ?

Thème 2 : Smic, à quoi sert-il ?

A l’heure où le gouvernement réfléchit à réformer la manière dont le salaire minimum français est réévalué tous les ans, le Lab Eco pose la question de son utilité. Est-il destiné à disparaître ? Comment font les pays qui n’ont pas de salaire minimum ?

L’émission hebdomadaire le Lab Eco sur RT France ne se veut pas une leçon d’économie, mais un face-à-face entre deux économistes, qui n’ont pas la même vision du monde : Jean-Marc Sylvestre et Jacques Sapir.

Le premier est d’obédience libérale et adepte du laissez-faire. Le second, Jacques Sapir, est souverainiste et s’inspire de l’interventionnisme économique keneysien. De quoi alimenter le débat entre les deux hommes et aborder les grands enjeux économiques français et mondiaux .

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Après le vote de l’ONU, Abbas dit que les Etats-Unis se sont disqualifiés du processus de paix

Après le vote de l’ONU, Abbas dit que les Etats-Unis se sont disqualifiés du processus de paix

#Occupation

Le président français a également déclaré que les Etats-Unis se sont « marginalisés » en déplaçant l’ambassade

Le président français Emmanuel Macron (R) embrasse le président palestinien Mahmoud Abbas quittant le palais présidentiel de l’Elysée, après leur réunion du 22 décembre (AFP)
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Dernière mise à jour:
Vendredi 22 décembre 2017 14h00 UTC
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Les Etats-Unis se sont « disqualifiés » du processus de paix au Moyen-Orient en raison de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, a déclaré vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas, après un vote provocateur contre l’initiative américaine aux Nations unies.

« Les Etats-Unis ne sont plus un médiateur honnête dans le processus de paix, nous n’accepterons aucun plan des Etats-Unis », a déclaré M. Abbas, lors d’une conférence de presse conjointe à Paris avec le président français Emmanuel Macron.

Le président français a déclaré que les Etats-Unis s’étaient « marginalisés » dans le conflit israélo-palestinien en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Les Américains se sont marginalisés et j’essaie de ne pas faire la même chose », a déclaré Macron.

« Les Américains se sont marginalisés et j’essaie de ne pas faire la même chose »

– Le président français Emmanuel Macron

Abbas a également condamné la menace du président américain Donald Trump de couper l’aide financière aux pays qui ont voté aux Nations Unies contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Jeudi, plus de 120 pays ont défié Trump et ont voté en faveur d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant les Etats-Unis à abandonner leur récente reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Menaces américaines

S’exprimant également vendredi, le président turc, Tayyip Erdogan, a appelé les Etats-Unis à revenir sur leur décision.

« Malgré les menaces, l’ONU a pris une position honorable », a déclaré M. Erdogan lors d’une réunion de son parti AK à Istanbul. « Les Etats-Unis devraient revenir de cette mauvaise étape. »

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Trump avait menacé de couper l’aide financière aux pays qui ont voté pour.

« L’attitude des Etats-Unis avant le vote des Nations Unies restera dans l’histoire de la démocratie comme un acte laide et impardonnable », a déclaré M. Erdogan.

L’avertissement de Trump a semblé avoir un certain impact, avec plus de pays s’abstenant et rejetant la résolution que d’habitude associée aux résolutions relatives aux Palestiniens.

Au final, 128 Etats membres ont voté en faveur de la motion, avec neuf opposants et 35 abstentionnistes.

Les neuf pays qui s’y sont opposés étaient le Guatemala, le Honduras, Israël, les Palaos, les Îles Marshall, la Micronésie, Nauru, le Togo et les États-Unis.

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« La Maison Blanche a pris le téléphone et a appelé ces pays un par un, les menaçant de manière flagrante », a déclaré M. Erdogan, sans préciser.

M. Macron a répété que la France restait attachée à une solution «à deux États», à savoir celle dans laquelle Israël et la Palestine coexisteraient pacifiquement côte à côte.

Macron a ajouté que la France reconnaîtrait un Etat palestinien « au bon moment », et non sous pression.

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Quatre des neuf pays qui se tenaient avec Trump à l’ONU sont de minuscules îles du Pacifique

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, a promis vendredi d’user de tous les moyens pour protester contre la reconnaissance de Jérusalem par Trump, une position ferme susceptible de lui valoir le soutien des électeurs musulmans.

Najib a été impliqué dans un scandale de corruption sur un fonds géré par l’Etat et a été confronté à des critiques sans précédent de la part d’anciens membres du parti au pouvoir, rendant le soutien des membres de la minorité musulmane malaise essentiel lors d’une élection générale l’année prochaine.

« Nous continuerons à nous battre sur cette question, en utilisant tous les moyens disponibles, par les voies politiques et diplomatiques, par la discussion et la prière, jusqu’à ce qu’un jour, si Dieu le veut, Jérusalem appartienne au peuple palestinien », a déclaré Najib. capitale administrative de Putrajaya.

Il a dit qu’il ne « sacrifierait pas le caractère sacré de l’Islam » malgré son amitié avec Trump. Najib a visité la Maison Blanche en septembre.

« C’est notre premier devoir en tant que musulmans de défendre la religion: si Jérusalem est une terre sacrée pour les musulmans, alors c’est sur nous de la libérer des griffes des sionistes », a déclaré Najib.

Revue de presse nationale et internationale.