Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?

Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?

Par Martin MICHALON , le 4 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Martin Michalon est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Lyon, agrégé de géographie, et doctorant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), au sein du Centre Asie du Sud Est (CASE). Ses travaux portent sur le développement du tourisme en Birmanie dans un contexte de transition démocratique. Il a habité plusieurs années en Birmanie et en suit l’actualité au quotidien.

L’auteur nous donne ici les clés pour mettre en perspective dans le temps et dans l’espace la crise « rohingya ». Les « Rohingya » sont des musulmans originaires de l’actuel Bangladesh et installés en Birmanie jusqu’à s’en trouver chassés récemment.

DEPUIS fin août 2017, l’armée birmane mène une sévère répression contre la minorité musulmane « rohingya » dans l’ouest de la Birmanie, poussant 625 000 d’entre eux à fuir au Bangladesh. La visite du Pape en Birmanie et au Bangladesh fin novembre 2017, a amené cette question au cœur de l’actualité. Sur les réseaux sociaux, la mobilisation et les levées de fond de la Love Army, groupe de youtubeurs français engagés, ont aussi donné une forte visibilité à ce conflit. Il est cependant nécessaire de retracer les tenants et les aboutissants de cette crise, qui touche en pays engagé dans une transition démocratique inachevée.

En effet, après un demi-siècle de dictature militaire (1962-2010) et cinq ans d’un régime de transition, les élections générales birmanes de 2015 marquent un tournant. Le parti d’opposition historique, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), et son emblématique dirigeante Aung San Suu Kyi accèdent au pouvoir. Cependant, la constitution militaire de 2008 réserve toujours à l’armée les ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières. Elle nomme également 25 % des députés, hors de toute élection. Or, pour modifier la constitution, il faut plus de 75 % des votes à l’Assemblée : l’armée dispose donc d’une minorité de blocage. Dans ce contexte, le Senior-Général Min Aung Hlaing est le véritable homme fort du pays : c’est lui, et non Aung San Suu Kyi, qui a l’initiative militaire.

La « question rohingya », un sujet de tension ancien

Les « Rohingya » sont des musulmans originaires de l’actuel Bangladesh et installés en Birmanie, dans l’Etat d’Arakan à l’ouest du pays. Il est établi qu’à l’ère précoloniale, il existe une communauté musulmane active en Arakan, bien que les sources à son sujet manquent. Sous la domination britannique, la Birmanie est incluse dans l’Empire des Indes, favorisant les circulations depuis les deltas du Bengale vers les plaines rizicoles de l’Arakan. L’ethnie arakanaise a longtemps entretenu des rapports tendus avec l’ethnie majoritaire bamar (les Birmans au sens ethnique du terme) et le gouvernement central. Aujourd’hui encore, les Arakanais dénoncent la mainmise des Bamar sur leur territoire et ses ressources ainsi que la politique de « bamarisation » culturelle qui a longtemps prévalu. Ce ressentiment des Arakanais, qui se considèrent eux-mêmes comme une minorité opprimée, joue un rôle central dans la « question rohingya ».

A l’exception d’une seule mention en 1799 – assez controversée : ici, et – le terme « Rohingya » est en réalité assez récent. Il ne serait apparu que dans les années 1930, et se serait généralisé dans les années 1950. Pour l’historien J. Leider, l’auto-désignation des « Rohingya » en tant que tels est à lire selon une perspective politique. En effet, en 1948, après l’indépendance, les musulmans d’Arakan se sont retrouvés du mauvais côté de la frontière entre Birmanie et Bangladesh. Ils n’ont alors eu d’autre choix que de se tailler une place dans la jeune Birmanie indépendante… par le biais de l’ethnicité.

Le terme même de « Rohingya » participe de ce processus d’ethnogenèse.

En effet, en Birmanie, le politique passe par l’ethnique : pour exister, il faut faire partie des 135 groupes ethniques officiellement déclarés comme autochtones. Les habitants d’origine chinoise, indienne ou népali n’ont qu’une citoyenneté de second rang. Depuis les années 1950, les musulmans d’Arakan tentent donc de se ménager une place en se revendiquant comme la 136ème « race nationale ». Ils mettent donc en avant l’ancienneté de leur présence, s’appuyant sur des mythes fondateurs parfois sujets à caution. Ils insistent également sur leurs spécificités culturelles, linguistiques et religieuses par rapport à leurs homologues bangladais.

Le terme même de « Rohingya » participe de ce processus d’ethnogenèse : il signifie en effet « Arakan » en bengali, et met l’accent sur un ancrage local, et donc birman. A l’inverse, les Birmans réfutent cette appellation et les désignent comme « Bengali », insistant sur leur région d’origine, et donc sur leur statut d’immigré. Cette vision est réfutée par les Bamars, mais aussi par l’essentiel des minorités ethniques de Birmanie, au premier rang desquelles les Arakanais. Pour eux, l’identité « Rohingya » serait une construction, un leurre que les musulmans d’Arakan utiliseraient pour s’imposer en Birmanie. Son utilisation par la communauté internationale ne ferait que légitimer une imposture.

Dès les années 1940, des tensions opposent communautés bouddhiste et musulmane en Arakan. Lors de la guerre civile au Pakistan Oriental (1971), de nombreux Bangladais prennent alors refuge en Arakan. En 1978, l’armée birmane lance l’opération Naga Min (Roi des Dragons), visant à contrôler le statut de ces populations. Très brutale, elle pousse 200 000 réfugiés vers le Bangladesh, mais Dacca leur refuse toute assistance. Les autorités birmanes acceptent leur retour, à condition qu’ils s’installent dans les Townships de Buthidaung et Maungdaw, le long de la frontière bangladaise. Cette volonté d’homogénéisation du peuplement et de concentration des « Rohingya » est restée une constante.

En 1982, la junte birmane impose la « loi de citoyenneté ». Bien qu’elle ne vise pas directement les « Rohingya », elle a pour effet de les priver de la citoyenneté birmane. Vivant en Birmanie depuis parfois plusieurs générations, ces derniers ne sont pas reconnus par le Bangladesh : ils deviennent donc apatrides. En 1991, la Tatmadaw (l’armée birmane) lance une seconde opération violente en Arakan, forçant 250 000 « Rohingya » à prendre refuge au Bangladesh. Les gouvernements birman et bangladais négocient leur retour en Arakan, où ils sont confrontés aux violences et aux extorsions de la Na Sa Ka, milice de garde-frontières.

Dans le même temps, le militantisme armé pour l’autonomie de l’Arakan « rohingya », engagé à la fin des années 1940, se poursuit dans les années 1970. A partir de la loi sur la citoyenneté de 1982, le combat territorial se double d’une lutte pour la reconnaissance des droits des « Rohingya ». Le groupe armé le plus célèbre est sûrement la Rohingya Solidarity Organization (RSO), active de 1982 à 2001. Insérée dans des réseaux islamistes transnationaux, elle compte dans ses rangs des combattants formés en Afghanistan. Cependant, comme tous les mouvements « rohingya », elle est minée par les dissensions internes, et ne parvient pas à exister militairement et à peser politiquement.

En 2012, deux vagues de pogroms secouent l’Arakan, mettant aux prises Arakanais et musulmans, parfois sous la direction de moines nationalistes et avec la complaisance des autorités. Dans la foulée, un million de « Rohingya » est assigné à résidence le long de la frontière bangladaise ou dans des camps. Le système d’apartheid, qui existait depuis des années, se renforce : la mobilité, l’accès à la santé, à l’emploi, aux marchés sont très sévèrement réglementés. En Birmanie, la « question rohingya » s’élargit également vers une « question musulmane ». Ainsi, les pogroms de 2012 en Arakan visent aussi des membres de l’ethnie musulmane kaman, dont les droits sont pourtant reconnus par les autorités birmanes. De même, des émeutes interconfessionnelles éclatent à Mandalay, la seconde ville du pays, en juillet 2014.

Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?
Camp de déplacés « Rohingya » à Sittwe
Camp de déplacés « Rohingya » à Sittwe, la capitale de l’état d’Arakan. Cliché : M. Michalon, juin 2017
PNG - 315.1 ko
Ghetto « rohingya » à Sittwe
Entrée du ghetto « rohingya » d’Aung Mingalar, à Sittwe. Cliché : M. Michalon, juin 2017

L’implication de certains moines bouddhistes dans les heurts intercommunautaires et les discours de haine du charismatique U Wirathu ont pu surprendre les opinions occidentales. Cependant, ce radicalisme bouddhiste ne s’affirme pas qu’en Birmanie : une partie de la communauté monastique thaïe ou sri lankaise suit le même mouvement. En Birmanie, cette affirmation d’une partie de la communauté monastique (sangha) est à lire selon un prisme politique. En effet, pendant des décennies, la junte militaire a confisqué l’espace politique, l’espace de parole, et la fabrique de l’identité nationale. Depuis 2010, elle a laissé un vide important, vite réinvesti par certaines personnalités religieuses s’accaparant la formulation d’une identité nationale autour du bouddhisme. L’ouverture très rapide du pays joue aussi un rôle important : la mondialisation accélérée, l’exposition à des influences culturelles étrangères interroge en profondeur l’identité birmane.

Les affrontements récents, un changement de dimension du conflit

Jusqu’en 2016, les tensions mettaient aux prises les Arakanais, l’armée et les « Rohingya », autour de questions principalement identitaires, mais aussi économiques et foncières. Cependant, le 9 octobre 2016 marque une rupture : pour la première fois, un groupe armé venant du Bangladesh et se revendiquant comme « rohingya » attaque des postes de police birmans. L’armée lance alors de très violentes opérations de ratissage, et plus de 75 000 personnes prennent refuge au Bangladesh.

L’irruption de militants armés a constitué une rupture.

Le 25 août 2017, seconde offensive, cette fois contre trente postes de police. Les attaques sont coordonnées, les militants font sauter des ponts, mènent des embuscades contre l’armée. Face à cet assaut en règle, la Tatmadaw réagit comme elle l’a toujours fait (et comme elle le fait toujours) face aux guérillas : déploiements massifs de troupes, violence indiscriminée, politique de terreur pour déplacer les populations, destruction des biens et des récoltes pour priver les rebelles de tout soutien. Désormais, les tensions intercommunautaires entre civils qui prévalaient revêtent une dimension supplémentaire, celle d’un conflit armé entre Tatmadaw et militants. Dans le discours des autorités et des nationalistes, les combats, le terrorisme (voire le djihadisme) et l’unité de la nation passent désormais au premier plan.

L’irruption de militants armés a constitué une rupture. Ils ont mené les attaques d’octobre 2016 sous le nom, Harakah Al-Yaqin (Mouvement de la Foi), ce qui a nourri les soupçons de djihadisme. Cependant, depuis août 2017, ils se désignent sous le terme moins religieux et plus politique d’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA). Pour l’heure, son meneur, Ata Ullah, ne revendique que la défense des « Rohingya » et leur droit à un territoire sûr. Bien qu’il ait des liens avec des personnages controversés, proches des Pakistanais de Lashkar-e-Taiba, ARSA n’a officiellement fait allégeance à aucun groupe djihadiste majeur, et n’appelle pas à un djihad offensif contre les non-musulmans… du moins pour l’instant.

Les autorités mettent en avant la dimension sécuritaire de la répression, laissant à penser que la situation en Arakan serait comparable à celles des autres zones de conflit du pays. Les offensives de la Tatmadaw dans les Etats kachin (au Nord) et shan (à l’Est) sont en effet très brutales, appuyées par des moyens militaires lourds et générant des flux de déplacés. Cependant, en Arakan, l’ampleur des violences, leur focale ethnique, leur dimension ciblée et méthodique sont inédites. Le 14 décembre 2017, Médecins Sans Frontières publie un rapport précis sur la répression militaire. Plus de 6700 civils, principalement des « Rohingya », dont 730 enfants de moins de cinq ans, auraient été tués. L’apartheid institutionnalisé et les violences massives contre les « Rohingya » constituaient déjà de toute évidence des crimes contre l’humanité. Désormais, leur déplacement par la terreur est qualifié de « cas d’école de nettoyage ethnique » par les Nations Unies. Des groupements nationalistes arakanais proposent d’ores et déjà des incitations financières à des familles bouddhistes pour s’installer dans les zones désertées. Ils font également pression sur les autorités pour créer des « Bengali free zones ». Leur objectif est de retrouver les proportions démographiques musulmans/bouddhistes qui prévalaient avant la Seconde Guerre Mondiale. Cette recomposition du peuplement de la région correspond exactement à la définition juridique d’un nettoyage ethnique.

De nombreux médias et acteurs politiques ont même accusé l’armée birmane de génocide. Pour l’heure, les preuves manquent pour confirmer cette accusation avec certitude. Cela impliquerait un plan d’ensemble, une organisation, une structuration d’un massacre ciblé. Cependant, des études mettent déjà en évidence des actes génocidaires. Le 18 décembre 2017, l’ONG Human Rights Watch publie un solide rapport sur des massacres dans le village de Tula Toli. Dans ce village, des centaines de « Rohingya » auraient été massacrés par l’armée et des milices arakanaises. Encerclement de la population, massacre méthodique, destruction de preuves : les éléments d’un acte génocidaire sont rassemblés. Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, déclare désormais que des preuves solides de génocide s’accumulent.

L’impossible gestion de la crise par les acteurs politiques

Aung San Suu Kyi est dans une situation inextricable. D’une part, elle n’a aucune autorité sur les forces de sécurité. D’autre part, il lui est très difficile de condamner l’armée, avec qui elle est engagée dans un donnant-donnant tendu. En effet, si elle veut obtenir des concessions de la Tatmadaw pour réformer la constitution ou pour signer un cessez-le-feu avec les nombreuses guérillas encore actives dans le pays, comme la Kachin Independence Army (KIA) ou la Ta’Ang National Liberation Army (TNLA), elle ne peut pas se permettre de la déjuger. De plus, toute critique de l’armée apparaîtrait aux yeux d’organisations nationalistes, tels que l’association religieuse Ma Ba Tha, comme un soutien implicite aux « Rohingya », voire à ARSA. Le risque serait alors que la Tatmadaw déclare l’unité du pays en danger et effectue un retour en force. Cela pourrait mettre en péril la démocratie difficilement obtenue. Enfin, rappelons que si le sort des « Rohingya » émeut dans le monde, il n’en est pas de même en Birmanie, où peu de gens les défendent. La prudence d’Aung San Suu Kyi et les nombreuses critiques internationales à son égard semblent même avoir fédéré les Birmans autour d’un gouvernement critiqué pour ses piètres performances économiques et sociales.

Bien que cette prudence puisse être lue comme un compromis politique, elle commence à devenir préoccupante. Rappelons que lors des pogroms de 2012, Aung San Suu Kyi avait surpris la communauté internationale par son silence ambigu. Aujourd’hui, elle pourrait nouer le dialogue avec les députés ou la société civile d’Arakan, dans une tentative de démilitariser le conflit et de le porter sur le champ politique. Elle ne l’a jamais fait. Les rares diplomates et journalistes qui peuvent la rencontrer relèvent tous son déni de la situation sur le terrain et les accusations en partialité qu’elle porte contre l’Occident. Le 12 décembre 2017, deux journalistes birmans couvrant le conflit sont arrêtés pour espionnage, en vertu d’une loi coloniale de 1923. Le 20 décembre 2017, le gouvernement birman met un terme à trois ans de collaboration – houleuse – avec Yanghee Lee, la rapporteure spéciale des Nations Unies. Cette dernière décision apparaît comme une distanciation claire et très préoccupante vis-à-vis de la communauté internationale. Lors de ces événements, Aung San Suu Kyi est restée silencieuse. Quand bien même ce comportement était toujours un compromis avec l’armée, il devient préoccupant.

La gestion des réfugiés par les gouvernements birman et bangladais semble teintée d’ambiguïtés.

Certes, Aung San Suu Kyi envoie certains micro-signaux à la communauté internationale. Elle mène ainsi une lutte soutenue contre l’association bouddhiste extrémiste Ma Ba Tha. En août 2017, elle a accueilli de manière positive le rapport Annan sur le sort de l’Arakan et s’est engagée à mettre en œuvre ses recommandations. Enfin, le 23 novembre 2017, elle a signé avec le Bangladesh un accord de rapatriement des réfugiés « rohingya ». Cependant, ces décisions sont-elles vraiment plus que des concessions accordées à la communauté internationale ?

Aujourd’hui, la gestion des réfugiés par les gouvernements birman et bangladais semble teintée d’ambiguïtés. D’une part, Dacca semble réticent à accueillir les réfugiés « rohingya » dans la durée, dans des camps susceptibles de devenir des foyers de militantisme. Cette méfiance transparaît dans l’emploi brutal des forces paramilitaires, ou dans le projet de relocaliser 100 000 réfugiés sur l’île inhabitée – et pour ainsi dire inhabitable – de Bhashan Char. D’autre part, côté birman, le retour sera mené sur une base volontaire, et soumis à examen préalable, puis à autorisation au cas par cas par les autorités birmanes. Cela leur laisse donc la possibilité d’opposer des refus massifs. D’ores et déjà, le ministère birman de l’immigration conseille à son homologue bangladais de privilégier les candidatures des familles hindoues.

Ce processus de rapatriement des « Rohingya » semble promis à des difficultés majeures, car ces derniers n’ont aucun intérêt à rentrer en Arakan. Ils n’y trouveraient en effet que des villages brûlés, un apartheid toujours aussi violent et un refus tranché de leur accorder toute reconnaissance politique ou ethnique. De plus, rappelons qu’ARSA a suspendu les combats dès le 5 septembre 2017 et que depuis, les violences suivent plutôt une pente descendante. Malgré cela, les flux de réfugiés vers le Bangladesh se poursuivent. A la mi-décembre 2016, plus de 655 000 d’entre eux ont rejoint des réfugiés arrivés au cours des dernières années. In fine, plus de 900 000 « Rohingya » seraient installés au Bangladesh… sur un effectif total de 1 million. Un point de non-retour semble donc franchi : pour les derniers « Rohingya », à quoi bon rester en Arakan, quand l’essentiel de leur communauté est au Bangladesh ?

Dans ce contexte, la communauté internationale paraît démunie, d’autant que la Chine bloque toute résolution des Nations-Unies. Il est question de sanctions, mais cela semble vain : à quoi bon accroître encore la pression sur un gouvernement qui, sur le terrain, n’a pas la main ? Rappelons également que les sanctions passées (1988-2015), ont eu un impact certes réel, mais très contesté. Récemment encore, l’International Crisis Group mettait en garde contre des sanctions hâtives. Par pur pragmatisme, on peut cependant douter que les puissances internationales votent des sanctions significatives. En effet, la Birmanie est l’une des « dernières frontières » économiques au monde, et chacun s’y dispute des parts de marché. De plus, toute marginalisation du pays sur la scène internationale la rapprochera d’une Chine déjà très influente.

Copyright Février 2018-Michalon/Diploweb.com

Le Vatican proche de reconnaître sept évêques choisis par Pékin

Urgent

Le ministère indien des Affaires étrangères suit l’affaire en liaison avec les autorités du Bénin et du Nigeria. Le navire, qui transporte 13 000 tonnes de pétrole brut, mouillait dans le port de Cotonou lorsqu’il a disparu. Les actes de piraterie sont fréquents dans le golfe de Guinée. Selon les médias locaux, le MT Marine Express est le deuxième bateau à disparaître dans cette région au cours du mois passé, rapporte l’AFP.

Asie-Pacifique

Le Vatican proche de reconnaître sept évêques choisis par Pékin

media Un portrait de Jésus suspendu au-dessus d’une croix dans une église de la petite ville de Dali, au Yunnan, le 10 décembre 2015. Sur le mur, écrit en chinois : «Dieu est amour». by Zhang Peng/LightRocket via Getty Images

C’est un rapprochement inédit qui se profile entre le Saint-Siège et la Chine : le Vatican serait en effet prêt à reconnaitre sept évêques choisis par Pékin. Si la route est encore longue avant une normalisation, il s’agirait d’un premier pas vers l’établissement de relations diplomatiques depuis 1951 entre le plus petit Etat du monde et l’empire du Milieu.

Avec notre correspondant à Rome,  Olivier Bonnel

« Je suis conscient que la normalisation des relations avec la Chine demande du temps et qu’elle présuppose la bonne volonté des deux parties », écrivait Benoît XVI dans sa lettre aux catholiques chinois.

Dix ans après ce document qui a fait date, son successeur semble être prêt à franchir un pas supplémentaire. Depuis des années, la pomme de discorde majeure entre Rome et Pékin concernait la nomination des évêques chinois.

Le régime communiste a toujours considéré comme une ingérence intérieure le fait que le Vatican puisse choisir les prélats. Et pour le Saint-Siège, il n’était pas question jusqu’ici d’accepter les noms choisis par les autorités chinoises.

Mais le pape François a accéléré les choses ces derniers mois et un accord aurait été trouvé sur la nomination de sept évêques. Parmi ceux-là deux faisaient partie de l’Eglise officielle et avaient été excommuniés.

En décembre dernier, une délégation vaticane envoyée en Chine aurait demandé à deux évêques « clandestins » de laisser la place à des évêques de l’Association patriotique des catholiques chinois.

Une décision qui provoque la colère de certaines voix comme le cardinal Joseph Zen, l’ancien évêque de Hong Kong et farouche opposant à un rapprochement avec Pékin.

« Il y a encore beaucoup de blessures ouvertes » concédait il y a quelques jours le cardinal Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, tout en rappelant la ligne vaticane : « sauvegarder la communion dans l’Eglise » et faisant le vœu que l’on parvienne, un jour, à ne plus parler d’évêques « clandestins » et « officiels ».

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180203-vatican-proche-reconnaitre-sept-eveques-choisis-pekin-pape-francois

Trump et Abe discutent de la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon

Trump et Abe discutent de la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 03/02/2018 03:27

Vendredi, lors d’une conversation téléphonique, le président des États-Unis, Donald Trump, et le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe, ont discuté de la situation sur la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a indiqué que MM. Trump et Abe avaient également discuté de la relocalisation pendante d’une base navale américaine à Okinawa et des moyens susceptibles de renforcer les capacités japonaises en matière de défense, notamment grâce à un système de défense anti-missile élargi.

La situation sur la Péninsule coréenne est restée explosive tout au long de l’année 2017, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a procédé à son sixième essai nucléaire et les États-Unis ont effectué des exercices militaires de grande envergure avec la République de Corée (Corée du Sud), en envoyant sur place des groupes de porte-avions, des bombardiers stratégiques, des sous-marins nucléaires et d’autres éléments stratégiques.

Washington a, par ailleurs, maintenu sa « pression maximale » sur la RPDC, mais pour l’heure, sa stratégie n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés.

Dans une lettre adressée mercredi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le ministre des Affaires étrangères de la RPDC, Ri Yong Ho, a accusé les États-Unis de saboter le processus de réconciliation des deux Corée et d’aggraver la situation sur la Péninsule coréenne.

Les autorités américaines « cherchent délibérément à aggraver la situation en introduisant des éléments stratégiques – notamment des groupes de porte-avions à propulsion nucléaire – dans les environs de la Péninsule coréenne à un moment où le nord et le sud de la Corée déterminent ensemble la marche à suivre pour parvenir à la paix », a écrit M. Ri dans sa lettre.

https://chine.in/actualite/asie/trump-abe-discutent-peninsule-coreenne_18064.html

Revue de presse du 04/02/2018

Pour rejoindre l’équipe de la revue, vous pouvez postuler via le formulaire de contact du blog. Bonne lecture.

DÉMOCRATIE

Lula condamné : fin de partie pour la gauche brésilienne ?

« 12 ans et un mois. C’est la peine prononcée mercredi 24 janvier à l’encontre de l’ex-président brésilien Lula lors de son jugement en appel. Les trois juges d’un tribunal régional de Porto Alegre ont décidé de confirmer le premier verdict du juge anti-corruption Sergio Moro, et même de le durcir en augmentant la peine d’un tiers. La condamnation porte sur des accusations de corruption passive et de blanchiment d’argent : l’ancien président de gauche aurait reçu, comme pot-de-vin de l’entreprise de construction OA, un appartement à Porto Alegre, et se serait fait financer des travaux dans cet appartement par l’entreprise. Reste que l’argumentaire de l’accusation repose principalement sur le témoignage d’un dirigeant de la société, lui-même mis en cause dans des affaires de corruption. Ainsi, en l’absence de « preuves matérielles », les trois juges ont sanctionné Lula pour des « faits indéterminés »… »

Source : BASTAMAG

ENVIRONNEMENT

Le gouvernement autorise le non respect des normes environnementales

« La mesure n’a pas fait grand bruit en dépit de ses impacts potentiellement dévastateurs. Un décret, paru au journal officiel le 31 décembre 2017, donne la possibilité à certains préfets de prendre des décisions qui ne respectent pas la réglementation en vigueur en matière d’environnement, d’agriculture, d’aménagement du territoire, d’urbanisme ou encore de développement économique. Prévue comme une expérimentation d’une durée de deux ans, cette dérogation est valable dans les régions et départements de Bourgogne-Franche-Comté, de Pays-de-la-Loire, du Lot, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Creuse, ou encore à Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. »

Source : BASTAMAG

FRANCE

Ordonnances : tensions passagères

« Les ordonnances Macron sont-elles bien en vigueur ? La question peut de prime abord surprendre mais elle n’est pas totalement saugrenue. A priori, tout est limpide. Au 1er janvier 2018, l’ensemble des ordonnances réformant de fond en comble le droit du travail est applicable. C’était une promesse du gouvernement. Le 2 janvier, la ministre du travail Muriel Pénicaud s’est d’ailleurs félicitée que 26 décrets relatifs aux cinq ordonnances aient été publiés avant la fin de l’année 2017. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

EHPAD en souffrance et vieillesse à plusieurs vitesses

« Le sigle EHPAD est de plus en plus connu du grand public, bien que pas facile à orthographier si on ne connaît pas sa signification complète : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Mais avant d’en venir aux EHPAD, commençons par le versant doré et argenté du grand âge, ou plutôt des exploiteurs du grand âge. Parvenir à faire rendre de la plus-value en exploitant le travail, c’est classique et vieux comme le capitalisme. En exploitant les incapacités diverses des personnes âgées, c’est plus récent. Mais si on peut faire les deux, c’est encore plus juteux. »

Source : DEBOUT ! Le Blog de Jean Gadrey

GÉOPOLITIQUE

L’avenir de la Syrie passe-t-il par un dépeçage du pays ?

« La Russie, alliée essentielle du régime de Damas accueille, le 30 janvier 2018, à Sotchi une réunion de l’avenir de la Syrie. Plus de 1500 invitations ont été lancées, mais après le peu d’avancée de la rencontre onusienne sur le même sujet la semaine dernière à Vienne, une bonne partie de l’opposition syrienne ne participera pas à cette rencontre. La victoire militaire contre l’organisation Etat islamique a fait ressurgir d’autres conflits dans le pays, où les combats sont quotidiens sur différents fronts entre régime et opposition, entre Turcs et Kurdes. La solution politique semble donc très éloignée. »

Source : RFI

MATIÈRES PREMIÈRES

Pétrole de Schiste Américain : La tempête avant le calme

Avec le retour à 70$/baril et après des années de pertes abyssales, les producteurs US de pétrole de schiste peuvent enfin faire des profits. Malheureusement, des signes d’un pic de production (prévu entre 2019 et 2025) se font sentir. La durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se compte en décennies, 2-3 ans est la moyenne pour le schiste et les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko montrent des signes d’épuisement. La croissance ne repose plus que sur le Bassin Permien, le dernier et le plus prometteur des gisements, et celui d’Eagle Ford. Des innovations ont certes permis de prolonger l’exploitation de quelques mois (extension des forages à l’horizontal, ajout de quantité énorme de sables) mais le bilan financier n’est pas bon. C’est maintenant vers la Russie (Bazhenov) que les regards se tournent. A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont du retard mais, aujourd’hui, ils sont prêts pour débuter l’extraction.

Source : 2000 Watts

Les États-Unis produisent plus de 10 millions de barils par jour de pétrole brut

Les USA ont pour la première fois depuis 1970 dépassé en novembre le cap symbolique des 10 millions de barils de pétrole extraits chaque jour (4% de plus qu’en octobre). Les USA rivalisent désormais avec la Russie (10,55 mb/j en 2016) et l’Arabie saoudite (10,46 Mb/j en 2016). Ces deux pays collaborent pour limiter leur production pour restreindre l’offre et tenter de redresser les prix. Cet objectif atteint, l’augmentation des cours du pétrole a permis aux producteurs américains, qui utilisent les techniques de fracturation hydraulique et de forage horizontal pour exploiter les bassins de schiste, d’accélérer leur activité. Le pétrole de schiste représente désormais 51% de la production américaine (7% en 2008).

Source : Connaissances des énergies

MEDIATHÈQUE

Défense de la Nation [Audio]

« Dépasser la Nation par l’Union Européenne, moi qui suis pro-européen, je vous dis que cela ne marchera pas. » [Légère incrédulité des journalistes (eurobéats ?) au moment de cette affirmation…]. Gilles Delannoi, politologue et sociologue, est l’auteur de « La nation contre le nationalisme ». Il est directeur de recherche au Cevipof, professeur à Sciences Po, spécialiste du nationalisme et de la pensée politique française contemporaine. https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4a159955-474d-4990-89ca-e48887bab50e

Source : La Grande Table – France Culture

« Davos c’est 100% marketing. Il s’agit de se racheter une bonne conscience »

« Réunies à Davos, les élites économiques et politiques du monde se sont demandés comment « construire un avenir commun dans un monde fracturé ». Au lendemain de ce sommet, retour sur la crise des inégalités avec l’économiste Esther Duflo. » https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=7eea1481-be39-4c98-9899-2c2d408d075f

Source : La Grande Table – France Culture

RÉFLEXION

Le Média : Todd détruit Macron, sa cour de bobos et France inter

« Une interview encore savoureuse d ‘Emmanuel Todd, cette fois par Aude Lancelin pour Le Média. Macron s’y fait détruire sur le ton de rigolade débonnaire qu’on réserve aux imbéciles impuissants. Car pour Todd, Macron est évidemment un impuissant, comme tout chef d’État privé de sa monnaie. Ce que fait notre histrion avec ses airs de monarque poudré, à coups d’ordonnances précipitées et de décisions autoritaires, il l’accomplit évidemment sous la contrainte des maîtres de l’euro. Car rien n’est jamais politiquement possible si l’on ne s’assure pas d’abord du contrôle de sa monnaie. »

Source : CHRONIQUES DU YETI

Pour une critique radicale de la croissance

« Constatant les échecs jusqu’à présent des idées de la décroissance et de la critique du capitalisme, les auteurs de cette tribune plaident pour la Maison commune de la décroissance. En ce lieu s’élabore une définition claire et radicale de la décroissance sur des fondations idéologiques solides. »

Source : REPORTERRE

Le problème de la collapsologie

« France Culture, Le Monde, Le Point, Les Echos, Libération, Mediapart, LCI, L’Obs, sont quelques-uns des médias grand public qui ont choisi de faire la promotion du courant relativement récent de la « collapsologie ». La « collapsologie » — néologisme issu du latin lapsus qui signifie « chute », inventé (« avec une certaine autodérision ») par les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre Comment tout peut s’effondrer, petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Seuil) — désigne, toujours selon eux : « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus. » »

Source : LE PARTAGE

ÉCONOMIE

Cette étude alarmiste sur la France dont on n’a pas assez parlé… [Vidéo]

« Selon une étude de l’institut COE-Rexecode, la part des produits français dans les exportations de la zone euro est tombée cette année à son plus bas historique. Comment expliquer ce recul du « made in France » ? » [Curieusement, selon une rumeur, quasiment un complot ;), provenant de diverses sources, nos problèmes de compétitivité ne serait pas celle des « coûts », invalidant la plupart des mesures Macron et précédents, mais produits et stratégies, donc du fait de la direction des entreprises… vous savez, ces « premiers de cordée » and Co., ce que les mêmes n’évoquent jamais.]

Source : BOURSORAMA

5 réponses à Revue de presse du 04/02/2018

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-04022018/

La chute brutale du dollar rend les analystes perplexes

Ecoutez Radio Sputnik
Dollars

La chute brutale du dollar rend les analystes perplexes

© Sputnik. Mihail Kutuzov
Economie

URL courte
20591

En dépit de nombreux facteurs, qui devraient faire tendre le dollar à la hausse, la devise américaine continue de chuter, relate le site Expert Online. Ainsi, ce vendredi, son indice est tombé à 88,62, son minimum depuis novembre 2014.

En 2018, le cours du dollar a perdu 4% de sa valeur par rapport aux six principales devises mondiales. Selon des analystes, la baisse du billet vert observée dernièrement a lieu malgré de nombreux facteurs qui seraient capables de renforcer la devise américaine, lit-on sur le site Expert Online.Ainsi, le 2 février, l’indice du dollar est tombé à 88,62, tandis qu’au début de l’année ce taux était de 91,83.

Comme le soulignent des spécialistes, le plus surprenant est que le cours de la devise ne réagit pas à l’augmentation de la rentabilité des bons du Trésor des États-Unis. Et c’est notamment cet indicateur qui permettait auparavant de prévoir des mouvements monétaires.

D’après des experts, un tel déséquilibre pourrait être expliqué par le fait que des gros investisseurs se sont mis à diversifier leurs portefeuilles, une des raisons étant, entre autres, la politique économique des États-Unis qui devient de plus en plus incertaine.

Le cours du dollar a fortement chuté ce 31 janvier après l’annonce du secrétaire du Trésor Steven Munchin. L’indice du dollar est tombé à 88,87. En outre, la faiblesse du billet vert a eu deux conséquences indirectes sur le marché des matières premières. Le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 71 dollars pour la première fois depuis décembre 2014 et l’or se négocie au plus haut depuis août 2016 à près de 1.360 dollars l’once, portant sa hausse à 10% par rapport à son point bas de la mi-décembre.

https://fr.sputniknews.com/economie/201802031034999935-chute-dollar-analystes-perplexes/

Syrie: un avion russe abattu par un groupe jihadiste, le pilote tué

Syrie: un avion russe abattu par un groupe jihadiste, le pilote tué

Photo prise le 3 février 2018 montrant de la fumée s’élever d’un site où s’est écrasé un avion russe dans la province d’Idleb / © AFP / OMAR HAJ KADOUR

Un pilote russe a été tué samedi dans le nord-ouest de la Syrie après la destruction de son avion par des tirs d’un groupe jihadiste contrôlant la province d’Idleb, cible d’une vaste offensive des forces prorégime alliées à Moscou.

Un peu plus au nord dans le pays en guerre, sept soldats turcs ont été tués dans des combats contre une milice kurde qualifiée de « terroriste » et cible d’une vaste offensive d’Ankara.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’avion russe a été abattu au-dessus de la ville de Maasran. Le pilote, qui a réussi à sauter en parachute avant d’être capturé, a eu recours à son arme à feu avant d’être abattu.

Les troupes gouvernementales ont lancé fin décembre, avec le soutien de l’aviation russe, une offensive dans la province d’Idleb, contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham – un groupe jihadiste dominé par l’ex-branche locale d’Al-Qaïda – et plusieurs groupes rebelles. Cette province est la dernière à échapper entièrement au pouvoir de Damas.

« Il y a eu des dizaines de frappes russes sur la zone au cours des dernières 24 heures. Cet avion aussi menait des raids », a affirmé le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Un journaliste de l’AFP qui a pu se rendre sur les lieux du crash, a aperçu la carcasse de l’avion, dont une des ailes était flanquée d’une étoile rouge. Des pompiers tentaient d’éteindre les flammes qui dégageaient une épaisse fumée dans le ciel.

– Manifestations en Europe –

Dans un communiqué publié sur sa chaîne de propagande Ibaa, Hayat Tahrir al-Cham a revendiqué l’attaque contre l’avion russe, sans parler du pilote.

Moscou, qui intervient militairement en Syrie depuis septembre 2015 en soutien aux forces du régime de Damas, a confirmé la mort de son pilote.

« Un avion russe Su-25 a été victime d’un crash au cours d’un vol au-dessus d’Idleb. Le pilote a eu le temps d’annoncer qu’il s’était éjecté », a indiqué le ministère russe de la Défense cité par les agences de presse.

Il a été « tué dans des combats contre les terroristes », a-t-il précisé.

Sur un autre front, dans la région d’Afrine, sept soldats turcs ont été tués, faisant de samedi la journée la plus meurtrière pour l’armée d’Ankara depuis le lancement le 20 janvier de son offensive.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu samedi à rassurer son homologue français Emmanuel Macron, qui avait mis en garde la Turquie contre toute velléité d' »invasion » de la Syrie, en soulignant que les opérations de l’armée turque visaient à lutter contre des « éléments terroristes » et qu’Ankara « ne convoitait pas le territoire d’un autre pays ».

La Turquie, alliée à des rebelles syriens, dit vouloir chasser de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle considère comme un groupe « terroriste » mais qui est une alliée incontournable de Washington dans la lutte contre les jihadistes en Syrie.

Plusieurs milliers de Kurdes ont défilé samedi à Paris et Strasbourg, siège du Parlement européen, pour protester contre cette offensive.

– ‘Porte ouverte’ –

Celle-ci, ainsi que les violences à Idleb, ont déplacé des dizaines de milliers de personnes.

Human Rights Watch (HRW) a accusé samedi des gardes-frontières turcs de tirer contre des Syriens tentant de passer en Turquie.

« Les Syriens qui fuient vers la frontière turque en quête de sécurité et d’asile sont renvoyés de force: ils sont la cible de coups de feu ou victimes d’abus », a dénoncé Lama Fakih, directrice adjointe du Moyen-Orient à HRW.

Mais pour le porte-parole du président turc, Ibrahim Kalin, son pays applique depuis le début du conflit syrien la politique de « la porte ouverte » avec les réfugiés.

« Je ne sais s’il s’agit d’une affaire isolée ou pas, mais nous allons certainement examiner » les allégations de HRW, a-t-il indiqué à la presse.

La Turquie, qui soutient l’opposition syrienne, a estimé samedi que le président syrien Bachar al-Assad devra partir « à un moment donné ». Il n’est pas le dirigeant qui « permettra de garder la Syrie unie et sécurisée pour tous les Syriens », a déclaré M. Kalin.

La question de l’avenir de M. Assad est l’un des principaux points d’achoppement des médiations internationales visant à mettre fin à ce conflit qui a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Les Etats-Unis ont aussi pointé du doigt le régime syrien, qu’ils soupçonnent d’avoir récemment utilisé du gaz sarin, même s’ils ont reconnu vendredi n’avoir pour le moment pas de preuves pour étayer cette hypothèse.

« Il s’agit de mensonges basés sur les histoires des soi-disant partenaires des Américains sur le terrain », a réagi samedi le ministre syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana.

burs/mer/vl/thm/glr

(©AFP / 03 février 2018 23h28)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-un-avion-russe-abattu-par-un-groupe-jihadiste-le-pilote-tue/887014.rom

La Russie offre aux USA un « rameau d’olivier » à Afrin

La Russie offre aux USA un « rameau d’olivier » à Afrin

29 janvier, 2018
Note d’analyse

Elijah J. Magnier

La Turquie a lancé son opération militaire baptisée « Rameau d’olivier » dans la région kurde d’Afrin, au nord-ouest de la Syrie. Ce nom de code a été révélé par le chef de cabinet turc, qui a expliqué que l’opération visait à empêcher l’expansion des Unités de protection du peuple et du Parti de l’union démocratique le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie, qui représentaient une menace pour la sécurité nationale turque. L’attitude des USA envers les Kurdes à Afrin est des plus intéressantes. Le général américain Vottel a dit qu’il n’était personnellement « pas concerné par ce qui se passe dans l’enclave kurde au nord-ouest de la Syrie », où Washington s’est servi des Kurdes pour attaquer Daech. Mais nous ne sommes plus surpris de voir les USA veiller à leurs propres intérêts sans égard pour ceux de leurs alliés, comme les Kurdes irakiens ont pu le constater lorsqu’Erbil a déclaré son indépendance : les USA les ont alors tout bonnement abandonnés.

Quels sont les détails qui ont été convenus avant le commencement de cette opération qui a permis à la Turquie de s’aventurer dans une zone sous contrôle russe ? Comment les choses en sont-elles arrivées à pousser la Turquie à s’aventurer dans une zone sous influence russe avec sa police militaire, malgré une menace sans équivoque de Damas d’abattre tout avion turc, alors que la Russie renforçait ses positions à l’intérieur de la ville la veille même du lancement de l’opération turque « Rameau d’olivier » contre Afrin?

Sous la supervision et la gouverne des USA, les Kurdes ont combattu Daech au nord de la Syrie, de Manbij à Dabak, sans oublier Raqqa, au prix de centaines de vies. Ces forces conjointes américano-kurdes ont également convenu avec Daech, après la destruction complète de Raqqa par les forces aériennes des USA, d’assurer le retrait de milliers de combattants en échange de leur départ de la capitale de Daech, qu’ils livraient sans combattre. Daech a également accepté de laisser les très riches gisements énergétiques et d’autres villages à l’est de l’Euphrate aux forces américano-kurdes. Comme l’armée syrienne tentait d’atteindre les champs pétrolifères au moment du retrait de Daech. Cette organisation s’est vue offrir par les USA  une « zone tampon » le long de la frontière, à condition qu’elle limite ses attaques à l’armée syrienne et ses alliés, et laisse les forces kurdes tranquilles.

L’administration américaine a annoncé son intention de rester en Syrie malgré la défaite généralisée de Daech, même s’il subsiste une poche de résistance encore sous la coupe du groupe terroriste dans la zone contrôlée par les USA à l’est de l’Euphrate, le long de la frontière syro-irakienne. Le secrétaire à la Défense des USA, Rex Tillerson, a affirmé que l’objectif de ses forces était de limiter l’influence iranienne, tout en déclarant des propos contradictoires au sujet de la défaite et de la non-défaite de Daech en Syrie. Pour la Russie, la position des USA était suffisamment claire : contrecarrer la présence russe et rester dans un pays qui est sous la protection de Moscou.

En outre, le prétexte allégué par les USA, « empêcher l’Iran d’étendre son influence », pour occuper une partie du nord-est de la Syrie est peu convaincant, car la présence iranienne en Syrie date de 1982 et l’augmentation de son influence est directement liée aux six années de guerre.

La forte présence kurde le long de sa frontière perturbait la Turquie, qui a demandé aux USA d’enlever toutes les armes létales des mains des Kurdes. Washington a promis de le faire, mais la Turquie a découvert plus tard que les USA n’avaient pas tenu leur promesse et que par conséquent, les Kurdes étaient en possession de missiles antichars et sol-air à guidage laser, ce qui constituait une menace directe contre les forces turques, syriennes et russes.

La Turquie a demandé à la Russie et à l’Iran, qui maintiennent un contact direct avec Damas, d’autoriser ses troupes à contrecarrer les plans des USA en Syrie en affaiblissant davantage les Kurdes. Damas a demandé à la Russie et à l’Iran d’offrir aux Kurdes la possibilité de se distancer de Washington en acceptant la présence de l’armée syrienne dans les villes de Manbij et d’Afrin en lieu et place d’une invasion turque.

Malgré la concentration des forces turques le long de la frontière et l’annonce du lancement de son opération militaire, la Turquie a attendu le feu vert des Russes et des Iraniens avant de procéder. Des représentants russes ont rencontré d’autres Kurdes pour leur dire que l’intention de la Turquie était sérieuse et qu’ils pouvaient sortir de cette situation délicate en donnant suite à la proposition de Damas. Celle-ci a été rejetée par Afrin, dont l’officier responsable restait convaincu du soutien des USA, en refusant ou en étant incapable de tirer des leçons de ce qui est arrivé aux Kurdes irakiens d’Erbil.

Une entente tacite a été conclue, en vertu de laquelle Ankara a cessé de soutenir al-Qaeda et ses alliés à Idlib et de considérer l’opération menée par l’armée syrienne à l’est d’Idlib comme une violation de l’accord de désescalade conclu à Sotchi l’an dernier. Pour sa part, la Russie a retiré son contingent de la ville et se garde d’intervenir dans l’opération « Rameau d’olivier » de l’armée turque.

Les dirigeants syriens et leurs alliés ont demandé à la Russie de leur fournir un soutien aérien à l’ouverture d’un corridor menant aux villes de Foua et Kafraya, assiégées pendant toutes ces longues années de guerre. Cependant, les dirigeants russes ont rejeté leur requête en leur demandant, à la grande surprise de Damas et de ses alliés, d’être patients, car le but est non seulement de libérer Foua et Kafraya, mais aussi toute la ville d’Idlib. Le président russe, Vladimir Poutine, est résolu à combattre al-Qaeda en Syrie afin de renforcer la position de son pays dans le monde dans la lutte contre le terrorisme.

Comme  prédit l’an dernier et les faits le confirment aujourd’hui : en se fiant aux USA et à leurs belles promesses, les Kurdes de Syrie et d’Irak sont devenus les grands perdants au Moyen-Orient, à cause de l’inexpérience des dirigeants des USA et /ou de leur manque de compréhension stable (et de crédibilité) des affaires internationales. L’administration en place aux USA semble compter essentiellement sur sa puissance militaire pour maintenir son influence dans la région. Mais, elle ne possède, apparemment, pas la capacité, primordiale au Moyen-Orient, de tisser des alliances et de consolider des amitiés.

Ce qui se passe actuellement est un sérieux coup porté aux États-Unis par leur allié turc, qui est aussi membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN). La Turquie brandit un « rameau d’olivier » pour porter un coup bas à l’allié kurde des USA, soit un nouveau coup soutenu par la Russie contre une administration américaine peu expérimentée, qui a décidé imprudemment de jouer dans la cour syrienne de Moscou. Les USA n’ont aucun allié en Syrie à l’exception des Kurdes du nord-est de la Syrie dans les provinces d’Hassaké et de Deir Ezzor. Sauf que ces alliés sont sur le point de subir une nouvelle partition, ce qui rendra les forces d’occupation américaines très vulnérables dans un environnement extrêmement hostile.

Traduction Daniel G

Tags:
syrie; turquie, russie, etats-unis

Afghanistan et maintenant ?

Afghanistan et maintenant ?

30 janvier, 2018
Entretien

Patricia Lalonde

En moins de dix jours, l’Afghanistan a vécu quatre attaques sanglantes, dont trois dans des lieux stratégiques et symboliques de Kaboul. Les victimes se comptent par centaines. Depuis plus d’une année, la violence augmente à un point tel que Donald Trump a décidé, en août 2017, d’envoyer des troupes supplémentaires au lieu de les retirer comme il l’avait pourtant promis lors de sa campagne électorale. A l’évidence, ce renforcement militaire des Etats-Unis, n’apporte pas les effets escomptés et la situation sécuritaire continue de se dégrader. Quelles sont les causes de cette escalade ? Quels sont les risques ? Pour répondre à ces questions, l’IVERIS propose un entretien avec Patricia Lalonde, député européen, spécialiste de l’Afghanistan.

Quelles sont raisons qui ont poussé les terroristes à perpétrer des attentats si meurtriers dans le centre de la capitale afghane ces derniers jours ? 

Il y a des attentats presque tous les jours en Afghanistan, néanmoins, il est vrai que ceux de ces derniers jours sont d’une toute autre ampleur. Comment les terroristes ont-ils pu organiser trois attentats aussi sophistiqués en une seule semaine dans le centre de la capitale afghane ? Cela prouve plusieurs choses : les terroristes sont dans Kaboul, les assaillants sont très bien organisés et tout l’appareil d’Etat est infiltré.

Les raisons sont nombreuses et s’enchevêtrent les unes dans les autres. C’est cette accumulation et cette imbrication qui engendrent la situation explosive actuelle. 

Premièrement, le pays ne se remet pas de la fraude, qui a dépassé l’entendement, lors de l’élection présidentielle de juin 2014. Ashraf Ghani a été déclaré vainqueur alors qu’en réalité, c’est Abdullah Abdullah qui avait gagné. Cette triche a déclenché une crise politique majeure. Sous les auspices de John Kerry, un compromis a été trouvé en septembre de la même année et un gouvernement d’union nationale a été mis en place. Ashraf Ghani restait Président et Abdullah Abdullah devenait Premier ministre. Sauf que pour cela, il fallait changer la constitution et cela n’a jamais été fait. Le Chef de l’Etat agit donc comme s’il gouvernait seul, se sentant conforté par le soutien américain. Abdullah Abdullah a le titre de conseiller exécutif mais dans les faits, il n’a pas la main sur les principaux dossiers et il est reproché au Président de continuer la politique de pachtounisation du pays ; c’est une déception terrible pour tous les partisans d’Abdullah.

Deuxièmement, Ashraf Ghani a commis une erreur en rappelant Gulbuddin Hekmatyar, chef du réseau Hezb-i-Islami, qui était en exil, pour l’aider à faire une réconciliation avec les Taliban. Pour rappel, Gulbuddin Hekmatyar était, depuis 2003 jusqu’en février 2017, sur la liste des terroristes des USA, de l’Union européenne et sous sanctions de l’ONU, pour autant, il a toujours gardé des liens avec les Taliban du réseau Haqqani, un groupe qui aurait revendiqué l’attentat de samedi dernier avec une ambulance piégée. Récemment le Gouvernement a  libéré 95 terroristes du Hezb -i- Islami. Il est important de souligner également, que le conseiller sécurité du Président afghan, et le chef des services secrets (DNS) ont joué un rôle dans le retour de Gulbudin Hekmatyar.

Dès que le chef du Hezb-i-islami est arrivé à Kaboul, il a fait un discours contre Massoud et cela a été un vrai point de rupture avec le peuple afghan. La faiblesse du gouvernement, la montée en puissance d’une opposition forte, la recrudescence de l’insécurité, l’échec des négociations avec les talibans barrent la route aux desseins de Gulbuddin Hekmatyar. Dès lors, il est légitime de penser qu’il puisse avoir une responsabilité dans les attentats qui ont ensanglanté Kaboul.

Troisièmement, même si le gouvernement mène une politique favorisant la création d’infrastructures et certes contribue à moderniser l’Etat, la population n’en profite pas, n’en voit pas les dividendes et se désespère de la corruption endémique. Les Afghans se sentent en insécurité. De nombreux attentats ont lieux en province mais comme ils sont moins spectaculaires que ces derniers jours, personne n’en parle. Pour toutes ces raisons, l’exécutif est très affaibli. Cette situation politique fait naître une vraie résistance, avec une importante mobilisation dans les provinces de Balkh , Kandahar, Djalalabad, Herat. Noor Ustad Atta, chef du parti Jamiat-e islami et gouverneur récemment déchu de la riche province du Nord, fédère les mécontents et cela fait beaucoup de monde. Il semble vouloir reprendre le combat du commandant Massoud.

Depuis des mois Noor Ustad Atta réclame un changement de constitution, une commission électorale impartiale, la fabrication de nouvelles cartes d’identité pour en finir avec ces élections où la démocratie est mal menée. Certes, ces manipulations ont fonctionné pendant très longtemps, mais maintenant cela commence à se voir…

Quel est le jeu du Pakistan dans ce décor ?

Il n’est pas possible de parler « du Pakistan » tant les pouvoirs sont différents entre le gouvernement et les services secrets. En général, le gouvernement se comporte plutôt bien, c’est l’ISI qui pose problème. Les services secrets sont mêlés à la fois dans l’islamisme radical et dans le trafic d’opium, ce sont eux qui tirent les ficelles. Ils jouent un double jeu, d’un côté, ils disent lutter contre le terrorisme et de l’autre, ils font l’inverse. Lorsque les USA s’énerve, ils arrêtent un ou deux terroristes, ils le mettent en prison et après ça recommence…

Quel est le rôle des USA actuellement ?

Donald Trump a pris les choses en main, il a fait de grandes déclarations évoquant sa volonté de combattre le terrorisme. Il a renvoyé des troupes supplémentaires alors que Barack Obama souhaitait se retirer.  Il a tapé du poing sur la table en dénonçant le double jeu du Pakistan et a supprimé toutes les aides qui lui sont octroyées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Cette décision a sans doute déclenché la fureur de l’ISI et contribué à alimenter le sentiment anti américain. Dans quelles mesures les attentats récents de Kaboul n’ont pas été une revanche ? Par ailleurs, Donald Trump vient d’annoncer qu’il ne veut plus négocier avec les talibans, c’est le minimum qu’il puisse dire après des années de tentatives et d’échecs de négociations

Il est d’usage de parler « des Taliban » comme s’ils composaient un groupe homogène, mais est-ce le cas ?

Bien sûr que non. Est-ce que l’on peut considérer les rebelles syriens comme un groupe homogène ?  C’est un peu la tarte à la crème. Il y a plusieurs groupes :

Les Taliban nationalistes qui n’aiment pas les USA, mais ne cherchent pas à faire le djihad international. Ils sont certes islamisés mais ne sont pas des radicaux purs et durs, avec ceux-là, il est possible de négocier.

Les Taliban pakistanais  du TTK ( Tehrik e Taliban) liés à l’ISI et ce sont eux qui mènent les opérations depuis le Pakistan et les zones tribales.

Les Taliban qui forme le réseau Haqqani dirigé par Sirajuddin Haqqani, eux, sont des terroristes qui ont des liens à la fois avec l’ISI et ont eu des liens avec  Gulbuddin Hekmatyar.

L’arrivée des combattants de Daech complique encore la donne…

L’arrivée des combattants de Daech est concomitante avec la libération des villes de Mossoul et Raqqa et est directement liée avec la fuite des djihadistes, même s’il y avait déjà dès 2003 quelques éléments de Daesh dans la région. L’ Asie centrale est une terre de djihad parfaite pour eux, d’autant que le réseau Haqqani ne les voit pas comme des concurrents mais comme des alliés. Ils cherchent également à faire des alliances avec le Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (MIO) et ont le projet d’établir un califat en Asie centrale, le Khorasan…

Avec le tableau qui vient d’être dépeint comment envisager l’avenir à court terme ?

Le calendrier prévu, qui devait se faire de manière douce, avec des négociations avec les Taliban, est perturbé par le mécontentement du peuple et l’insécurité. Que va-t-il se passer ? Les USA et leurs alliés dans la région, sont dans une situation difficile. Que vont-ils faire ? Continuer à maintenir le Président Ghani et Abdullah Abdullah sous perfusion et aller contre la volonté du peuple ? Pour l’instant, ils font ce qu’ils peuvent pour minimiser l’ampleur des événements et le nombre de victimes, qui sont beaucoup plus importantes que ne le rapportent les journaux occidentaux. Selon des sources afghanes le bilan de l’attentat de samedi dernier près de la célèbre Chicken street (lors de l’attentat avec l’ambulance) dépasserait largement la centaine de morts.  .

Patricia Lalonde

Tags:
afghanistan;, terrorisme

Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l’éducation

Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l’éducation


Samedi 3 Février 2018 modifié le Samedi 3 Février 2018 – 00:31



https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.atlasinfo.fr%2FAu-Senegal-Macron-et-Rihanna-saluent-un-nouvel-elan-pour-l-education_a89117.html&layout=button_count&show_faces=false&width=100&action=like&colorscheme=light https://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fxfru.it%2F6UW0qg&counturl=https%3A%2F%2Fwww.atlasinfo.fr%2FAu-Senegal-Macron-et-Rihanna-saluent-un-nouvel-elan-pour-l-education_a89117.html&text=Au%20S%C3%A9n%C3%A9gal%2C%20Macron%20et%20Rihanna%20saluent%20un%20nouvel%20%C3%A9lan%20pour%20l%27%C3%A9ducation&count=horizontal



Au Sénégal, Macron et Rihanna saluent un nouvel élan pour l'éducation
La communauté internationale s’est engagée vendredi à Dakar à donner un nouvel élan aux aides destinées à faciliter l’accès des enfants à l’éducation, notamment en Afrique, un geste salué par la star internationale Rihanna.

Le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) est « en très bonne voie » d’être renfloué à hauteur de 3,1 milliards de dollars, s’est réjoui la France, qui coprésidait avec le Sénégal une réunion de financement de ce fonds.

Point fort de la première journée de la visite au Sénégal d’Emmanuel Macron, cette conférence a réuni une dizaine de chefs d’Etat africains, ainsi que des représentants des grands donateurs.

Ces derniers se sont tous engagés à augmenter leur apport au PME, qui vise à réduire le nombre d’enfants non scolarisés dans les pays les moins avancés, évalué à 264 millions.

La France a décidé de montrer l’exemple : Emmanuel Macron a annoncé la hausse de l’engagement français dans ce programme à 200 millions d’euros (250 millions de dollars), contre 17 millions pour la période 2014-2017. Paris devient le 4e donateur derrière le Royaume-Uni (417 millions), l’UE (400 millions) et la Norvège (260 millions).

C’est presque le montant que lui avait réclamé Rihanna, ambassadrice du PME, qui l’avait mis au défi sur Twitter d’apporter 250 millions d’euros.

A la tribune, la chanteuse, en tailleur gris, a salué les « progrès énormes » enregistrés à Dakar. « Il s’agit d’un combat pour lequel nous n’arrêterons jamais de nous battre jusqu’à ce que chaque garçon, chaque fille, ait accès à l’éducation », a-t-elle promis, avant de saluer, parfois en les embrassant, les chefs d’Etat.

La totalité des dons annoncés devrait représenter quelque 2,7 milliards de dollars, mais plusieurs pays se déclareront plus tard, dont l’Allemagne et les Pays-Bas. Le PME devrait ainsi atteindre son objectif d’accroître ses fonds de 50%, après les 2 milliards de dollars réunis en 2014-2017.

« Mais 3,1 milliards de dollars, ça ne suffit pas. On aurait largement besoin du double, ou du triple », a déclaré à l’AFP la directrice de l’Unicef, Henrietta Fore.

Dans son intervention, Emmanuel Macron a demandé que l’aide soit particulièrement consacrée à l’éducation des filles. « Partout où on veut promouvoir l’obscurantisme, faire reculer la démocratie, ce sont les jeunes filles qu’on sort de l’école », a-t-il déclaré, alors que son épouse Brigitte visitait l’île de Gorée, symbole de la traite négrière au large de Dakar.

‘La France veillera’

Cette sixième visite du président français dans un pays d’Afrique subsaharienne intervient à un moment de particulière convergence d’intérêts entre les deux pays, selon les analystes.

Paris et Dakar partagent une préoccupation pour la sécurité régionale, avec notamment la montée en puissance, aux frontières du Sénégal, de la force antijihadiste du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), qui vient d’achever sa deuxième opération.

Devant la communauté française du Sénégal, M. Macron a promis dans la soirée que la France veillerait à sa sécurité. « Vous êtes dans une région où tout peut basculer, nous savons la menace qui rode ».

La France est engagée dans la lutte contre le « terrorisme », notamment dans le Sahel avec la force Barkhane. « Cette lutte durera plusieurs années, c’est une évidence, nous maintiendrons notre engagement au moins au même niveau que le niveau actuel », a-t-il martelé.

Calais

Par ailleurs, interrogé par des journalistes au lendemain de violents affrontements entre migrants jamais survenu à Calais, dans le nord de la France, il a répondu: « Nous ferons tout pour que cette situation soit réglée de manière humaine et efficace », en rappelant avoir créé des centres d’accueil et en promettant « dans les prochaines semaines une offre humanitaire complète ».

Mais il a de nouveau défendu son distinguo entre les demandeurs d’asile, qu’il faut « mieux intégrer », et les migrants économiques.

« Avec de nombreux pays, dont le Sénégal, nous avons des migrations organisées avec des politiques de visas assumées. Avec le Sénégal, nous voulons mettre en place des visas de circulation de longue durée qui permettent aux étudiants, aux académiques, aux hommes et femmes d’affaires de circuler plus librement », a-t-il dit.

« Mais ceux qui arrivent de manière illégale et qui n’ont pas droit à l’asile, nous voulons les ramener dans leur pays d’origine. C’est normal, c’est conforme au droit, c’est ce que nos concitoyens attendent légitimement », a-t-il déclaré.

En début de journée, le président français s’était rendu avec son homologue sénégalais dans plusieurs lieux de Dakar qui illustrent l’importance de l’aide française au Sénégal, comme le chantier du futur train express régional ou dans un collège rénové grâce à des aides françaises.

Les deux présidents ont aussi signé plusieurs accords, dont la vente de deux Airbus à la compagnie Air Sénégal pour 214 millions de dollars (171 millions d’euros) et la création d’un campus universitaire franco-sénégalais.

Samedi, Macky Sall accompagnera le président français et son épouse à Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française et du Sénégal menacée par la montée des eaux. (afp)

La finance mondiale est maintenant plus dangereuse qu’en 2008

La finance mondiale est maintenant plus dangereuse qu’en 2008


Par Ambrose Evans-Pritchard – Le 22 janvier 2018 – Source The Telegraph via brunobertez.com

Résultat de recherche d'images pour "forum davos caricature"
Le système  financier mondial est aussi dangereusement étiré aujourd’hui qu’il l’était au sommet de la grande dernière bulle,  mais cette fois les autorités sont prisonnières, prises dans un piège tendu par leur propre politique, ce qui fait que les moyens de se défendre ont quasi disparu.

Neuf années d’urgence monétaire ont eu une série d’effets pervers et ont attiré les marchés émergents vers la dépendance à la dette, sans s’attaquer aux causes structurelles du désordre mondial.

William White dit que les leçons de la GFC ont été oubliées.

« Tous les indicateurs du marché semblent très similaires à ce que nous avions vu avant la crise de Lehman, mais la leçon a été oubliée » a déclaré William White, chef de la commission d’examen de l’OCDE et ancien économiste en chef de la Banque des règlements internationaux.

Le professeur White a déclaré que des signes inquiétants de dégradation du crédit apparaissent presque quotidiennement. La dernière en date est la révélation que le groupe de construction britannique Carillion, en grande difficulté, a tranquillement levé 112 millions de £ (195 millions de dollars) par l’intermédiaire des obligations allemandes Schuldschein. Le détaillant sud-africain Steinhoff a également exploité ce marché obscur en empruntant 730 millions d’euros (1,11 milliard de dollars).

Les obligations Schuldschein étaient autrefois un exemple de prêts solides aux entreprises familiales du Mittelstand en Allemagne. La transformation de ce coin du marché en une forme de shadow banking à haut risque montre comment le système de crédit a été faussé par les assouplissements quantitatifs (QE) et les taux d’intérêt négatifs. Le professeur White a dit qu’il y avait un optimisme enivrant au sommet de chaque boom instable quand les gens se persuadent que le risque s’estompe, mais c’est alors que les pires erreurs sont commises. Les indicateurs de stress étaient également très calmes en 2007, juste avant la tempête.

Cette fois, les banques centrales tiennent un tigre particulièrement féroce par la queue. Les ratios de la dette mondiale ont augmenté de 51 points en pourcentage du PIB depuis la crise de Lehman, atteignant un record de 327% (données de l’IIF).

C’est un nouveau phénomène dans l’histoire économique qui peut être tracé par les fuites de liquidité venant des QE à l’Ouest, qui ont inondé l’Asie de l’Est, l’Amérique latine et d’autres marchés émergents, avec une énorme poussée de la Chine poursuivant sa propre aventure. « Les banques centrales ont déversé plus de carburant sur le feu » a-t-il déclaré au Telegraph, avant le Forum économique mondial de Davos.

« Les régulateurs devraient-ils vraiment se féliciter que le système soit désormais plus sûr ? Personne ne sait ce qui va se passer quand ils vont détricoter les QE. Les marchés feraient bien de faire très attention car il y a beaucoup de points de fracture » a-t-il déclaré.

« Les sociétés pharmaceutiques sont soumises à des lois qui les obligent à tester des conséquences inattendues avant de lancer un médicament, mais les banques centrales ont lancé l’énorme expérience sociale du QE avec peu de réflexion sur les effets secondaires » a-t-il déclaré.

La Réserve fédérale américaine a déjà annulé ses achats d’obligations – ignorant les avertissements de l’ancien président de la Fed, Ben Bernanke – et elle accélèrera le rythme avec une baisse d’achat jusqu’à 50 milliards de dollars américains par mois cette année. Cela entraînera une augmentation de l’offre en bons du Trésor américain, au moment où la campagne éclair sur les impôts et les dépenses de l’administration Trump va pousser le déficit budgétaire américain à 1 000 milliards de dollars américains. La Chine et le Japon réduisent aussi leurs avoirs en bons du Trésor.

Tout cela a l’étoffe d’une tempête parfaite. Au mieux, l’implication est que les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans – le prix de référence de l’argent dans le monde – seront assez élevés pour envoyer des secousses à travers les marchés du crédit.

L’édifice sur-gonflé des marchés d’actions et d’actifs repose sur le principe que les taux d’intérêt resteront épinglés au plancher. Le dernier rapport de stabilité de l’Office of Financial Research du Trésor américain a averti qu’une hausse de 100 points de base réduirait la valeur de l’indice Barclays US Aggregate Bond à 1200 milliards de dollars US, avec des pertes supplémentaires sur les bons pourris et les hypothèques à taux fixe. Les dérivés sont inclus.

Les retombées mondiales pourraient être violentes. Les crédits en dollars hors des États-Unis ont quintuplé en 15 ans pour atteindre plus de 10 000 milliards de dollars américains. « C’est un très gros chiffre. Dès que le monde aura des problèmes, beaucoup de gens auront de la difficulté à rembourser cette dette en dollars » a déclaré le professeur White. Les emprunteurs subiraient le double choc de la hausse du dollar et de la hausse des taux.

Tandis que les banques ont maintenant des amortisseurs élevés en capital, le risque a migré vers des fonds d’investissement concentrés dans les métiers surpeuplés de la finance. La part des actions négociées en « dark pools » en dehors des bourses s’est envolée à 33%.

On peut s’inquiéter de savoir ce qu’il adviendra des fonds « à parité de risque » lorsque le cycle de l’inflation tournera. RBI Capital a prévenu dans sa lettre aux investisseurs que ces fonds pourraient mener à un « crash de liquidité ». La Deutsche Bank a conseillé à ses clients de sortir des options « put » en juin 2018 sur le S&P500 – une couverture contre une baisse du marché – arguant que le rallye semble tendu et que les fonds sur les risques de parité vont amplifier toute correction.

Ces fonds gèrent le risque en faisant correspondre les obligations et les actions grâce à une pondération dynamique. La stratégie a fonctionné pendant la phase « Goldilocks » de faible inflation et de hausse des marchés boursiers. Les deux ailes de opération ont bien répondu. Le danger est que les deux puissent aller mal en même temps.

Que le cycle de l’inflation tourne vraiment, et à quelle vitesse, est la question élémentaire de ce marché haussier. Ce qui est clair, c’est que les États-Unis ont comblé l’écart de production et qu’ils ont des contraintes de capacité.

La grande désinflation de ces trois dernières décennies était essentiellement un « choc de l’offre » à l’échelle mondiale. L’ouverture de la Chine et la chute du mur de Berlin ont ajouté 800 millions de travailleurs à l’économie marchande, faisant baisser les salaires et déclenchant un tsunami de biens bon marché. L’effet « Amazon » de la technologie numérique provoque un plafonnement des hausses de prix. La démographie de l’ère du baby-boom a joué son rôle en stimulant la surabondance de l’épargne mondiale.

Mais il y avait une autre caractéristique qui est souvent négligée. Les banques centrales sont intervenues « de manière asymétrique » à chaque cycle, laissant les booms se succéder, mais intervenant avec des mesures de relance pour amortir les crises. La BRI affirme que l’un des résultats a été de maintenir en vie les entreprises « zombies » insolvables et de bloquer la destruction créatrice qui mène à une productivité croissante.

« Tout pourrait basculer : les baby-boomers sont partis ; la population chinoise en âge de travailler est en baisse ; et les entreprises zombies vont enfin être obligées de fermer leurs portes alors que les coûts d’emprunt augmentent » a déclaré le professeur White.

Bien qu’une inflation plus élevée soit nécessaire dans un certain sens pour redresser le navire mondial – puisqu’elle soulève le PIB nominal plus rapidement et réduit la dette – le danger est que le choc des taux plus élevés frappe en premier.

Les banques centrales sont désormais prises dans un « piège de la dette ». Elles ne peuvent pas maintenir des taux proches de zéro à mesure que les pressions inflationnistes se développent, mais elles ne peuvent pas non plus facilement augmenter les taux parce qu’elles risquent de faire exploser le système. « C’est franchement effrayant » a déclaré le professeur White.

Les autorités n’ont peut-être pas encore atteint le bout de la route, mais cette stratégie est clairement dangereuse. La finance mondiale est devenue si sensible à la politique monétaire que les banques centrales risquent de déclencher un ralentissement bien avant d’avoir accumulé un coussin de sécurité de 400 à 500 points de base pour réduire les taux d’intérêt nécessaires pour lutter contre les récessions.

« Nous manquons de munitions. J’ai peur qu’à un moment donné, cela se résoudra avec beaucoup de défauts de paiement. Et qu’avons-nous fait avec le dividende démographique ? Nous l’avons gaspillé » a-t-il dit.

Ambrose Evans-Pritchard

Note du Saker Francophone

Je ne saurais trop vous conseiller de suivre les analyses de Bruno Bertez.

« C’est lorsque la prise de conscience se fera clairement que ce système touchera ses limites internes et qu’il volera en éclats. Nous disons bien ses limites internes. C’est la dynamique bullaire qui le fera exploser. »

Son analyse est aussi intéressante que l'article. La question centrale reste : combien de temps le système va-t-il pouvoir monétiser les dettes ?

Dès cette prise de conscience par les élites intermédiaires puis rapidement par les peuples, on va voir se mettre en place des boucles de rétro-action, chacun cherchant à défendre ses intérêts, états, multinationales, peuples, individus. On reviendra sur ce sujet dans quelques semaines avec une traduction fort passionnante sur les constantes historiques des fins d'Empire.

Et si c'est la BRI qui le dit ...

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-finance-mondiale-est-maintenant-plus-dangereuse-quen-2008

Revue de presse nationale et internationale.