Le Baloutchistan : région stratégique entre Chine et Inde

Le Dessous des cartes
Le Baloutchistan : région stratégique entre Chine et Inde

12 min.
Disponible : 30/09/2017 au 29/11/2017
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Le Baloutchistan est une région dont on entend rarement parler. À cheval sur trois pays, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan, elle fait l’objet d’un bras de fer entre deux puissances majeures, l’Inde et la Chine.
Après la disparition en décembre dernier de Jean-Christophe Victor, qui en fut le producteur et l’incarnation pendant vingt ans, « Le dessous des cartes » revient à l’antenne dans une version visuellement enrichie et présentée par la journaliste Émilie Aubry. La partie cartographique s’étoffe grâce à des images satellite en haute résolution, des données d’élévation et des séquences de survol en 3D. Outre des images de toute beauté, l’émission offre désormais une meilleure visualisation des reliefs et s’ouvre à de nouvelles sources de données. Aujourd’hui : le Baloutchistan est une région dont on entend rarement parler. À cheval sur trois pays, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan, elle fait l’objet d’un bras de fer entre deux puissances majeures, l’Inde et la Chine.

Générique

Présentation :

Émilie Aubry

Pays :

France

Le secret de la renaissance irakienne : les milices multi-confessionnelles du peuple soutenues par l’Iran

Le secret de la renaissance irakienne : les milices multi-confessionnelles du peuple soutenues par l’Iran


La riposte à État islamique, sa défaite et, finalement, la victoire militaire sur les Kurdes sécessionnistes auraient été inimaginables sans les milices irakiennes qui ont fourni la plus grande partie de l’effort humain.


Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 14 novembre 2017 – Source Russia Insider

Dans la matinée d’une tempête de sable à Bagdad la semaine dernière, Abu Mahdi al-Muhandis, le légendaire chef adjoint de Hashd al-Shaabi, alias “People Mobilization Units” (PMU) et véritable cerveau de nombreuses batailles contre Daech, a rencontré un petit nombre de journalistes et d’analystes étrangers indépendants.

Ce fut un moment de remise en jeu à plus d’un titre. C’était la première interview détaillée accordée par Muhandis depuis la fatwa émise par le Grand Ayatollah al-Sistani – la marja, source d’émulation, et autorité cléricale la plus respectée en Irak – en juin 2014, quand Daesh a traversé la frontière syrienne. La fatwa, traduite librement, se lit comme suit : “Il appartient à tout Irakien, capable de porter des armes, d’aider volontairement les forces armées irakiennes pour défendre les sanctuaires de la nation.”

Muhandis a pris du temps, hors du champ de bataille, spécialement pour la réunion, il est ensuite parti directement pour al-Qaim. Il était sûr que “al-Qaim serait pris dans quelques jours” – une référence à la ville frontalière irakienne tenue par Daech et reliée au bastion de Daech Abu Kamal en Syrie.

C’est exactement ce qui s’est passé seulement quatre jours plus tard. Les forces irakiennes ont immédiatement entamé une opération de nettoyage et se sont préparées à rencontrer les forces syriennes avancées à la frontière – preuve supplémentaire que la restauration de l’intégrité territoriale de l’Irak et de la Syrie est un travail (rapide) en cours.

La rencontre avec Muhandis a eu lieu dans un bâtiment à l’intérieur de la Zone Verte massivement fortifiée – une bulle concoctée à l’américaine totalement isolée de la zone rouge ultra-volatile de Bagdad, avec de nombreux postes de contrôle et chiens renifleurs, tenus par des entreprises privées américaines.

Pour ajouter à la dramatisation, le département d’État américain, a qualifié Muhandis de « terroriste ». Cela équivaut en pratique à criminaliser le gouvernement irakien à Bagdad – qui a dûment publié une déclaration officielle réfutant avec fureur cette qualification.

Les PMU sont un organe officiel regroupant des dizaines de milliers de volontaires liés au bureau du commandant en chef des forces armées irakiennes. Le Parlement irakien a pleinement légalisé les PMU en novembre 2016 via la résolution 91. Le point numéro 4, par exemple, stipule que « les PMU et leurs affiliés sont soumis à des réglementations militaires qui sont appliquées sous tous leurs aspects ».

Ses vingt cinq brigades de combat – comprenant chiites, sunnites, chrétiens, yézidis, turkmènes, shabaks et kurdes – ont été absolument déterminantes dans la lutte contre Daech à Samarra, Amirli, Jalawla, Balad, Salahuddin, Falloujah (trente cinq batailles différentes), Shirqat et Mossoul (surtout sur l’axe ouest de la base de Qayara à la frontière irako-syrienne, coupant les chaînes d’approvisionnement et bloquant les issues de Mossoul pour éviter les tentatives d’évasion de Daech en Syrie).

Reprendre Kirkouk « en quelques heures »

Muhandis présente les PMU comme « une force militaire officielle » qui joue un « rôle complémentaire » à celui de l’armée irakienne. Le plan initial était que les PMU deviennent une garde nationale – ce qui est le cas actuellement : “Nous avons des drones de reconnaissance et des unités du génie que l’armée n’a pas. Cela ne nous dérange pas d’être appelés des gendarmes.” Il est fier que les PMU se battent dans une « guerre non conventionnelle », entretenant un haut niveau « militaire et moral » avec « des victoires obtenues en un temps record ». Et, “contrairement à la Syrie”, sans soutien direct de la Russie.

Muhandis dit clairement que l’Iran est la seule nation soutenant la lutte de l’Irak contre Daech. L’Irak a renvoyé la balle en demandant à la Syrie de « faciliter les vols des avions iraniens ». Sans accord sur le statut des forces (SOFA) entre Washington et Bagdad, « les Américains ont retiré les compagnies qui entretenaient les chars Abrams ». En 2014, “nous n’avions même pas de kalachnikov AK-47. L’Iran nous les a données. L’ambassade américaine avait douze hélicoptères Apache prêts à évacuer des diplomates si Bagdad tombait aux mains de Daech.”

Un an plus tard, “Bagdad aurait été occupée” s’il n’y avait pas eu les PMU. “C’est comme si tu étais dans un hôpital et que tu avais besoin de sang. Les Américains se présentent avec la transfusion quand il est trop tard.” Il est catégorique, “les États-Unis n’ont pas fourni une seule balle” dans la lutte globale contre Daech. Et pourtant, Muhandis précise que les “États-Unis peuvent rester en Irak si le gouvernement irakien le décide. Mon opinion personnelle est bien connue.”

Muhandis considère la “guerre médiatique” [occidentale] menée contre les PMU comme “normale depuis le début… Les pays qui soutenaient le terrorisme n’ont pas vu venir l’émergence d’une force populaire, et ne reconnaissent pas le nouveau système politique en Irak”. Sur cette note, il ajoute avec tristesse, “vous pouvez sentir l’odeur du pétrole”.

Muhandis a été personnellement blessé à Halabja et dans les opérations anti-kurdes de Saddam Hussein à Anfal. Il était “heureux de voir le Kurdistan sauvé après 1991”, soulignant, “nous avions des martyrs qui sont tombés au Kurdistan en le défendant”. Il se considère comme un ami des Kurdes, entretenant de bonnes relations avec leurs dirigeants. Les conseillers iraniens, aux côtés de l’armée irakienne et des PMU, ont également « empêché Daech de conquérir Erbil ». Pourtant, après un « référendum unilatéral, l’Irak a dû affirmer l’autorité de l’État ».

La reprise de Kirkouk, largement une opération des PMU, a été “l’affaire de quelques heures”. Les PMU « ont évité de se battre et sont restés dans la banlieue de Kirkouk ». M. Muhandis a précédemment discuté des détails opérationnels avec les peshmergas, et il y avait une coordination complète avec l’Iran et la Turquie. “C’est une idée fausse que les dirigeants kurdes ne pourraient pas compter sur la Turquie.”

Fallujah, enfin en sécurité

Les dirigeants du Kurdistan insistent sur la protection des minorités ethniques, en faisant référence à des milliers de Sabak, Yazidi et Turkmènes – au moins 120 000 familles – contraints par la loi de Daech de devenir des réfugiés de l’intérieur. Après la victoire et la libération, les PMU ont fourni à ces familles de la nourriture, des vêtements, des jouets, des générateurs et du carburant. J’ai pu confirmer que beaucoup de ces dons provenaient de familles de combattants des PMU dans tout le pays.

Les priorités des PMU concernent des équipes de combat du génie, qui ramènent les familles chez elles, après avoir nettoyé les mines et les explosifs, et ouvert les hôpitaux et les écoles. Par exemple, 67 000 familles ont été réinstallées chez elles à Salahuddin et 35 000 familles à Diyala.

Muhandis souligne que « dans la lutte contre Daech à Salahuddin et à Hawija, les commandants de brigade étaient sunnites ». Les PMU comprennent une brigade chrétienne de Babylone, une brigade Yazidi, et une brigade turkmène. « Lorsque les yézidis étaient assiégés à Sinjar, nous avons libéré au moins 300 000 personnes. » Dans l’ensemble, les PMU totalisent plus de 20 000 combattants sunnites. Comparez-cela au fait que 50% des kamikazes de Daech en Irak étaient des ressortissants saoudiens. J’ai confirmé avec cheikh Muhammad al-Nouri, dirigeant des universitaires sunnites à Falloujah : « C’est une bataille contre l’idéologie wahhabite. Nous devons nous éloigner de l’école wahhabite et rediriger nos connaissances vers d’autres écoles sunnites. » Il a expliqué comment cela fonctionnait sur le terrain à Haditha, à 30 minutes d’ici : “Nous étions capables de contrôler les mosquées”, et cela motivait les gens à Fallujah. “Falloujah est une ville irakienne. Nous croyons dans la coexistence.”

Après 14 ans d’insécurité à Falloujah et avec l’expansion rapide de Haditha, Sheikh Muhammad est convaincu que « l’Irak déclarera une guerre différente contre le terrorisme ». L’approche multiconfessionnelle a également été confirmée par Yezen Meshaan. Jebouri, le chef de la brigade des PMU à Salahuddin. C’est crucial parce qu’il est membre de la très importante famille sunnite Jebouri, historiquement hostile à Saddam Hussein. Son père est l’actuel gouverneur de Tikrit. Al-Jebouri dénonce “la corruption de l’État dans les régions sunnites”, “une impression d’injustice”, et le fait que pour Daech, “les sunnites qui ne les ont pas suivis devraient aussi être tués”. Il s’inquiète de “l’accumulation saoudienne d’armes développées. Qui garantit que celles-ci ne seront pas utilisées contre la région ?” Et il refuse l’idée que “nous sommes regardés par l’Occident comme faisant partie du projet iranien”.

La victoire militaire rencontre la victoire politique

Loin du terroriste stéréotypé, Muhandis est désarmant, intelligent, spirituel et franc. Et un patriote irakien pur-sang : “L’Irak rétablit maintenant sa position grâce au sang de ses fils. Nous avions besoin d’une force militaire capable de combattre une menace interne. Nous accomplissons un devoir religieux national et humanitaire.”

Ce sont des soldats à part, les milliers de bénévoles supplémentaires des PMU ne reçoivent pas de salaire. Les députés et même les ministres étaient actifs sur le champ de bataille. Muhandis est fier : “nous avons une chaîne de commandement comme l’armée. Les PMU hébergent des milliers de personnes ayant des diplômes universitaires, ils font fonctionner des douzaines d’hôpitaux de campagne, des unités de soins intensifs, et ont le service de renseignement le plus fort d’Irak.”

À Bagdad, j’ai personnellement pu constater que le récit accusant les PMU d’être l’armée privée du Premier ministre Nouri al-Maliki est une absurdité. Si tel était le cas, le Grand Ayatollah al-Sistani devrait être blâmé, puisqu’il est conceptuellement le père des PMU. Hadi al-Amiri, le secrétaire général de la puissante organisation Badr, également extrêmement actif dans la lutte contre Daech, m’a souligné que les PMU font « partie du système de sécurité, intégré au ministère de la Défense ». Mais maintenant « nous avons besoin d’universités et de mettre l’accent sur l’éducation ».

Le professeur pakistanais Hassan Abbas, du Collège des affaires de sécurité internationale de la National Defense University à Washington, est allé encore plus loin, car nous avons longuement discuté non seulement de l’Irak et de la Syrie, mais aussi de l’Afghanistan et du Pakistan. “L’Irak est maintenant dans une position unique pour se diriger vers une société démocratique et pluraliste”, prouvant que “la meilleure réponse au sectarisme est l’harmonie religieuse”. Cette “croisade multiconfessionnelle contre le Takfirisme” doit maintenant se retrouver dans les rues “avec la primauté du droit et un système de justice équitable”. Abbas souligne que la base pour l’Irak à construire est le respect de la loi par l’intermédiaire d’une investigation scientifique : “Faire la police est la première ligne de défense.”

Bagdad a été capable, presque simultanément, de changer doublement la donne, par une victoire militaire à Mossoul et une victoire politique à Kirkouk. Si l’Irak se stabilise, effaçant le culte de la mort de Daech, la Syrie le fera aussi. Comme le note al-Jebouri, « maintenant, chaque communauté doit avoir une part du gâteau ». Au moins 7 millions d’emplois et de retraites sont payés par Bagdad. Les gens veulent le retour des salaires payés régulièrement. Cela commence par une sécurité décente dans tout le pays. Muhandis a été l’ingénieur – sa profession actuelle – de batailles clés contre Daech. Il y a un large consensus à Bagdad pour dire que sans lui, Daech serait fermement installé dans la Zone Verte.

Hashd al-Shaabi (PMU) est déjà un phénomène pop irakien, reflété dans cet énorme clip vidéo de la superstar Ali Aldelfi. Passer de la pop à la politique est tout autre chose. Muhandis est catégorique : les PMU ne s’impliqueront pas dans la politique, “et ne contesteront pas directement les élections. Si quelqu’un le fait, et de nombreuses personnes sont maintenant très populaires, il doit quitter Hashd”.

De la guerre hybride au renouveau national

Après des jours de conversation avec le personnel de Hashd al-Shaabi et l’observation de leur modus operandi sur un champ de bataille hybride complexe, associé à un processus de recrutement actif et à une présence massive dans les médias sociaux, il est clair que les PMU sont maintenant solidement établis comme colonne vertébrale soutenant la sécurité de l’État irakien, assurant une série de programmes de stabilisation – y compris des services médicaux indispensables – et surtout l’introduction de mesures d’efficacité dont l’Irak était totalement dépourvu depuis presque trois décennies.

C’est une sorte de mécanisme de construction de l’État qui naît d’une éthique de la résistance. Comme si la menace inquiétante de Daech, qui a pu déplacer jusqu’à 3,1 millions de personnes, avait secoué le subconscient collectif irakien, éveillé le prolétariat chiite irakien – des masses privées de leurs droits – et accéléré la décolonisation culturelle. Et ce développement complexe ne pouvait être plus éloigné de la bigoterie religieuse.

Au milieu des louanges wilsoniennes et des références au plan Marshall, le ministre des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari est également un ardent défenseur des PMU, insistant sur « une expérience à étudier », « un nouveau phénomène avec une base humanitaire opérant dans un cadre légal » et « capable de briser le siège de la solitude dont l’Irak a souffert pendant des années ».

En référence à l’offensive de Daech, Jaafari a insisté : tout d’abord « l’Irak n’a pas commis de crime », et heureusement, “une nouvelle génération de jeunes est capable de renforcer l’expérience”. L’accent est maintenant mis sur « une période de participation nationale » après la réconciliation. Il insiste sur le fait que « les familles des membres de Daech ne devraient pas payer pour leurs erreurs ». Les collaborateurs de Daech seront dûment jugés.

J’ai demandé au ministre des Affaires étrangères si Bagdad n’avait pas peur d’être pris dans un échange de tirs mortel entre Washington et Téhéran. Sa réponse a été soigneusement mesurée. Il a dit qu’il avait assez d’expérience avec les néocons “radicaux” de Washington D.C. Et en même temps, il était pleinement conscient du rôle des PMU ainsi que de l’Iran dans la réaffirmation de la souveraineté de l’Irak. Son sourire chaleureux soulignait la conviction que, sur les cendres d’une secte noire morbide, la renaissance irakienne était vigoureusement en marche.

Pepe Escobar

http://lesakerfrancophone.fr/le-secret-de-la-renaissance-irakienne-les-milices-multi-confessionnelles-du-peuple-soutenues-par-liran

 

Révélation : Les Saoudiens envisageraient d’abandonner la Palestine en échange d’une guerre contre l’Iran

Révélation : Les Saoudiens envisageraient d’abandonner la Palestine en échange d’une guerre contre l’Iran


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 15 novembre 2017

Les tyrans de l’Arabie saoudite ont le projet de vendre la Palestine. Cela leur semble le seul moyen d’obtenir le soutien des États-Unis pour leur campagne fanatique contre l’ennemi iranien.

Un mémorandum interne saoudien transmis au journal libanais Al-Akhbar, en révèle les principaux éléments. (Note : L’authenticité du mémo n’a pas été confirmée. En théorie, il pourrait s’agir d’un « faux » envoyé au journal par un autre camp, mais Al-Akhbar a la réputation de publier de vrais documents fuités et je fais confiance au jugement de ses éditeurs).

Selon le mémo, les Saoudiens sont prêts à renoncer au droit du retour des Palestiniens. Ils renoncent aussi à la souveraineté palestinienne sur Jérusalem et n’insistent plus sur la création d’un véritable État palestinien. En échange, ils demandent une alliance (militaire) américano-saoudo-israélienne contre leur soi-disant ennemi de l’est du golfe Persique.

Il y a eu des négociations sur la question entre les Saoudiens et les sionistes sous l’égide des États-Unis. Le « conseiller » que Netanyahou et Trump « partagent, l’enfant prodige, Jared Kushner », est le pivot de ces négociations. Il a fait au moins trois voyages en Arabie saoudite cette année, le dernier très récemment.

Les opérations saoudiennes du mois dernier, à la fois contre l’opposition interne du clan Salman et contre le Hezbollah au Liban, doivent être analysées dans le contexte de la préparation d’un plan plus large. Pour récapituler :

  • La semaine dernière, l’actuel chef des Palestiniens, Mahmoud Abbas, a été convoqué à Riyad. Là, on lui a dit d’accepter tout ce qui sera présenté comme un plan de paix américain ou de démissionner. On lui a ordonné de couper tous les liens palestiniens avec l’Iran et le Hezbollah :

Depuis ces mises en garde qui pourraient menacer le nouvel accord d’unité palestinienne signé par le Fatah et le Hamas soutenu par l’Iran dans la bande de Gaza, les médias palestiniens ont manifesté une rare unité en attaquant tous l’Iran dans leurs colonnes.

  • Le 6 novembre, une lettre du Premier ministre israélien Netanyahou aux ambassades israéliennes a été intentionnellement « fuitée ». Dans ce document, Netanyahou commande à ses diplomates de solliciter partout le total soutien aux projets saoudiens contre le Liban, le Yémen etc. Le même jour, Trump a tweeté :

Donald J. Trump @realDonaldTrump – 15:03 – 6 nov. 2017

“J’ai toute confiance dans le roi Salman et le prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font …”

(Le tweet a fait l’objet d’une énorme promotion de la part des bots Twitter saoudiens).

Le tyran saoudien a enlevé le premier ministre libanais, Saad Hariri, et déclaré la guerre au Liban. Son but est de chasser ou isoler le Hezbollah, la résistance chiite du Liban qui est alliée à l’Iran et s’oppose aux projets saoudiens pour la Palestine.

  • Le 11 novembre, le New York Times a mentionné la rédaction d’un « plan de paix » par les États-Unis, mais il a fourni peu de détails. Les chances de réussite d’un tel plan sont considérées comme faibles.

Le journal libanais de gauche Al-Akhbar s’est procuré une copie du plan (en arabe) sous la forme d’un mémorandum du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir au prince-clown saoudien Mohammed Bin Salman (traduction automatique en anglais) :

“Le document, qui est dévoilé pour la première fois, prouve tout ce qui a été divulgué depuis la visite du président Trump en Arabie saoudite en mai dernier sur les efforts américains pour qu’un traité de paix soit signé entre l’Arabie saoudite et Israël. On a eu ensuite des informations sur les rencontres entre Riyad et Tel Aviv, la plus importante étant la visite du prince héritier saoudien à l’entité sioniste.”

Le document révèle l’importance des concessions que Riyad a l’intention de faire pour aider à liquider la question palestinienne, et son souci d’obtenir en retour de l’aide contre l’Iran et la résistance menée par le Hezbollah.

La note du ministère saoudien des Affaires étrangères commence par un exposé de la stratégie prévue :

“Pour contrer l’Iran en augmentant les sanctions contre les missiles balistiques et en reconsidérant l’accord nucléaire, le Royaume a affirmé dans l’accord de partenariat stratégique avec le président américain Donald Trump qu’un effort conjoint américano-saoudien était la clé du succès.

(…)

Le rapprochement de l’Arabie saoudite avec Israël comporte le risque de mécontenter les peuples musulmans du Royaume, car la cause palestinienne est un héritage spirituel, historique et religieux. Le Royaume ne prendra pas ce risque à moins d’être sûr que les États-Unis partagent sincèrement leur approche envers l’Iran qui déstabilise la région en parrainant le terrorisme, en menant des politiques sectaires et en s’ingérant dans les affaires des autres.”

Le document saoudien décrit les étapes du processus vers un accord en cinq points :

Premièrement : les Saoudiens exigent la « parité des relations » entre Israël et l’Arabie saoudite. Sur le plan militaire, ils exigent qu’Israël renonce à ses armes nucléaires ou que l’Arabie saoudite soit autorisée à en acquérir.

Deuxièmement : en échange, l’Arabie saoudite utilisera son pouvoir diplomatique et économique pour faire accepter le « plan de paix » entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes concocté par États-Unis. Les Saoudiens feront pour cela des concessions extraordinaires, selon le mémo :

  • La ville de Jérusalem ne deviendrait pas la capitale d’un État palestinien mais serait soumise à un régime international spécial administré par les Nations Unies.
  • Le droit au retour des réfugiés palestiniens qui ont été violemment expulsés par les sionistes serait abandonné. Les réfugiés deviendraient citoyens des pays où ils résident actuellement (aucune demande d’une pleine souveraineté pour un État palestinien n’est mentionnée).

Troisièmement : lorsque l’Arabie saoudite et les États-Unis (Israël) se seront mis d’accord sur les  « principes généraux de la solution finale » pour la Palestine, une réunion de tous les ministres des Affaires étrangères de la région serait organisée pour qu’ils les soutiennent. Des négociations finales suivraient.

Quatrièmement : en coordination et en coopération avec Israël, l’Arabie saoudite utiliserait son pouvoir économique pour convaincre le public arabe d’accepter le plan. On trouve dans le texte une remarque exacte : « Au début de la normalisation des relations avec Israël, la normalisation ne sera pas acceptée par l’opinion publique dans le monde arabe. » Le plan consiste donc essentiellement à soudoyer les Arabes pour qu’ils l’acceptent.

Cinquièmement : le conflit palestinien détourne l’attention du vrai problème que les dirigeants saoudiens ont dans la région, à savoir l’Iran : « Par conséquent, les parties saoudienne et israélienne sont d’accord sur ce qui suit :

1.       Contrecarrer toutes les activités qui servent les politiques agressives de l’Iran au Moyen-Orient. L’affinité de l’Arabie saoudite avec Israël doit s’accompagner d’une position américaine sincère contre l’Iran.

2.       Augmenter les sanctions américaines et internationales liées aux missiles balistiques iraniens.

3.       Augmenter les sanctions contre le financement iranien du terrorisme dans le monde.

4.       Réexaminer le groupe (cinq + 1) dans l’accord nucléaire avec l’Iran pour assurer la mise en œuvre littérale et stricte de ses dispositions.

5.       Limiter l’accès de l’Iran à ses actifs gelés et exploiter la détérioration de la situation économique iranienne pour augmenter la pression intérieure sur le régime iranien.

6.       Une coopération intensive en matière de renseignement dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue de l’Iran et du Hezbollah.

Le mémo est signé par Adel al-Jubeir. (Mais qui étaient les « conseillers » qui le lui ont dicté ?).

Le plan américain pour la paix en Palestine est de contraindre les Palestiniens et les Arabes à faire tout ce que veut Israël. Les Saoudiens accepteront tout, en posant de très légères conditions, si les États-Unis et Israël les aident à se débarrasser de leur ennemi juré, l’Iran. Mais tout cela est impossible. Ni Israël ni les États-Unis n’accepteront une « parité de relations » avec l’Arabie saoudite. L’Arabie Saoudite n’a rien de ce qu’il lui faudrait pour devenir un État dominant du Moyen-Orient arabe. L’Iran ne peut pas être vaincu.

L’Iran est au cœur du mouvement chiite et au cœur de la résistance à l’impérialisme « occidental ». Les populations chiites et sunnites au Moyen-Orient (ex-Égypte) sont d’importances à peu près égales. L’Iran a environ quatre fois plus de citoyens que les Saoudiens. Il est beaucoup plus ancien et lettré que l’Arabie saoudite. Il a une population éduquée et des capacités industrielles bien développées. L’Iran est une nation, pas un conglomérat de tribus du désert comme l’est la péninsule arabique sous al-Saoud. Sa position géographique et ses ressources le rendent invincible.

Pour vaincre l’Iran, les Saoudiens ont lancé des guerres par procuration en Irak, en Syrie, au Yémen et maintenant au Liban. Ils avaient besoin de soldats au sol pour gagner ces guerres. Les Saoudiens ont recruté et envoyé se battre les seuls mercenaires qu’ils ont trouvés. Leurs hordes de fanatiques d’al-Qaïda et d’EI ont été vaincues. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été tués sur les champs de bataille en Irak, en Syrie et au Yémen. Malgré une campagne de mobilisation mondiale, presque toutes leurs forces disponibles ont été vaincues par les résistances locales sur le terrain. Ni l’État colonial ni les États-Unis ne sont disposés à envoyer leurs soldats se battre pour la suprématie saoudienne dans la région.

Le plan de l’administration Trump pour parvenir à la paix au Moyen-Orient soulève beaucoup d’espoir mais il ne tient pas compte de la situation concrète. Les Saoudiens promettent de soutenir le plan américain si l’Administration de Trump accepte de combattre leur ennemi juré, l’Iran. Mais les deux chefs sont aussi limités qu’impulsifs et leurs plans ont peu de chance de réussir. Ils tenteront quand même de les mener à bien en faisant énormément de dommages collatéraux. L’entité sioniste n’a nullement besoin de faire la paix. Elle montre déjà peu d’empressement à accepter ce plan de paix et elle essaiera uniquement d’en tirer un profit personnel.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/revelation-les-saoudiens-envisageraient-dabandonner-la-palestine-en-echange-dune-guerre-contre-liran

 

Palestine: Amnesty International s’engage à prendre en considération l’apartheid israélien

Palestine: Amnesty International s’engage à prendre en considération l’apartheid israélien

Des hommes palestiniens passent devant le mur d’apartheid israélien pour franchir un poste de contrôle afin d’aller prier à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, le quatrième vendredi du Ramadan, au poste de contrôle de Qalandia, entre Ramallah et Jérusalem, en Cisjordanie, le 10 juillet 2015. (AP/Majdi Mohammed)
Les « Pratiques de l’apartheid » sont énumérées comme des violations graves du droit international humanitaire et des crimes de guerre

By Ben White

Les activistes et analystes palestiniens décrivent depuis longtemps les politiques israéliennes comme une forme d’apartheid, et l’ONG israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a comparé le « régime de ségrégation » d’Israël dans les territoires occupés au « régime de l’apartheid en Afrique du Sud ».

Dans le cadre d’un développement sans précédent, Amnesty International s’est engagée à examiner si le gouvernement israélien commet le crime d’apartheid dans le territoire palestinien occupé.

C’est la première fois que l’ONG mondiale de défense des droits humains a déclaré qu’elle enquêterait sur les pratiques israéliennes en particulier pour déterminer si elles répondent à la définition internationale de l’apartheid.

La déclaration a été publiée aujourd’hui alors qu’Amnesty a publié un nouveau rapport dans lequel le groupe accuse le Myanmar d’avoir pratiqué l’apartheid dans l’État de Rakhine, décrivant « un système institutionnalisé de ségrégation et de discrimination des communautés musulmanes ».

Pour les Rohingya, Amnesty International a conclu que ce système « est si grave et si étendu qu’il constitue une attaque généralisée et systémique contre une population civile… clairement liée à son identité ethnique (ou raciale) ce qui constitue un crime contre l’humanité au regard du droit international ».

Le rapport décrit en détail un certain nombre de mesures prises par les autorités du Myanmar pour imposer aux Rohingya la ségrégation et la discrimination parrainées par l’État, y compris la violence, le refus de la citoyenneté, les restrictions aux déplacements et d’autres formes d’exclusion sociale, politique et économique.

L’ouvrage « Caged Without a Roof: Apartheid in Myanmar’s Rakhine State » dévoile le fondement juridique international de sa revendication principale d’apartheid, à commencer par la référence à la définition des crimes contre l’humanité dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale – qui inclut l’apartheid.

Prenant acte de la façon dont le terme apartheid trouve son origine dans  » un système politique imposé par les dirigeants nationalistes sud-africains entre 1945 et 1994 « , le rapport d’Amnesty International décrit comment, suite à la condamnation de ce système, » l’apartheid est expressément interdit en droit international « .

Les « Pratiques de l’apartheid » sont énumérées comme des violations graves du droit international humanitaire et des crimes de guerre à l’article 85 (4)(c) du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, adopté en 1977.

En outre, »trois traités internationaux interdisent ou criminalisent explicitement l’apartheid, indiquant clairement que la communauté internationale entendait non seulement condamner et criminaliser l’apartheid tel qu’il est pratiqué en Afrique australe, mais partout où il pourrait être reproduit » (je souligne).

L’argumentation juridique du rapport concernant l’apartheid est étonnamment similaire à l’argument selon lequel Israël commet également un tel crime, tel que défini dans la Convention sur l’apartheid et le Statut de Rome. Par conséquent, à l’avenir, Amnesty peut-elle décrire les politiques israéliennes à l’égard des Palestiniens en ces termes ?

Un porte-parole d’Amnesty International a souligné que l’organisation  » a longtemps mis en lumière les lois, politiques et pratiques discriminatoires d’Israël, qui violent les obligations du pays à l’égard des Palestiniens en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme « .

En particulier, la déclaration a ajouté qu’Amnesty International soulignait  » la politique discriminatoire d’Israël qui consiste à installer des civils juifs dans le territoire palestinien – elle-même une violation du droit international humanitaire – et le système de contrôle des terres et autres ressources palestiniennes, ce qui a entraîné des violations généralisées des droits de l’homme, y compris le droit à un niveau de vie suffisant, le droit à l’eau, à une nourriture et à un logement adéquats, le droit au travail et le droit à la santé « .

Amnesty a également cité  » la discrimination institutionnelle à l’encontre du peuple palestinien en ce qui concerne l’accès à la justice et aux garanties juridiques « , notant que  » les Israéliens, y compris les colons en Cisjordanie occupée, jouissent de la protection du droit civil israélien, tandis que les Palestiniens sont poursuivis par le système judiciaire militaire en l’absence de garanties élémentaires de procès équitable.

Mais dans la partie la plus importante de ses remarques, le porte-parole a affirmé que « si on regarde vers l’avenir – dans toute recherche future sur la discrimination raciale institutionnelle, nous examinerons si la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés répond à la définition internationale de l’apartheid « , un processus qui « nécessitera une recherche approfondie et un examen juridique rigoureux des preuves « .

Amnesty International dispose d’un nombre croissant de ressources sur lesquelles elle peut s’appuyer dans le cadre d’une telle entreprise, y compris les rapports et la documentation de l’ONU. Il y a dix ans encore, le rapporteur spécial de l’ONU d’alors, le juriste sud-africain John Dugard, déclarait que les « éléments » de l’occupation militaire israélienne « constituent des formes de colonialisme et d’apartheid ».

Entre-temps, en 2012, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies a exhorté Israël à mettre fin aux politiques ou pratiques violant l’interdiction de la « ségrégation raciale et de l’apartheid », un rapport décrit à l’époque par un expert comme « la reconnaissance et la condamnation les plus frappantes d’un système juridique de ségrégation depuis l’apartheid en Afrique du Sud ».

Les activistes et analystes palestiniens décrivent depuis longtemps les politiques israéliennes comme une forme d’apartheid, et l’ONG israélienne de défense des droits humains B’Tselem a comparé le  » régime de ségrégation » d’Israël dans le territoire palestinien occupé « au régime d’apartheid en Afrique du Sud ». Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu et l’ancien président étatsunien Jimmy Carter sont deux des personnalités les plus éminentes qui ont accusé Israël d’apartheid.

Le rapport d’Amnesty International sur le Myanmar est, bien entendu, significatif en soi, car il décrit un système horrible de discrimination auquel est confrontée la population Rohingya. Pour Israël, cependant – qui a refusé de cesser de vendre des armes à l’armée du Myanmar -, le rapport a des implications inquiétantes.

L’affaire détaillée et soigneusement présentée contre les autorités du Myanmar est, en fait, un précédent; bien que ce nouveau rapport soit la première fois depuis l’Afrique du Sud que l’amnistie a porté une accusation détaillée d’apartheid contre un État, il se peut fort bien qu’elle ne soit pas la dernière.

La pertinence d’une telle conclusion pour Israël et les Palestiniens n’est confirmée que par les remarques du porte-parole d’Amnesty International.

Pour comprendre les dangers auxquels est confronté le gouvernement israélien, examinez les conclusions d’Amnesty International en ce qui concerne la fin du régime d’apartheid au Myanmar et l’obligation de rendre des comptes à cet égard.

En exhortant la communauté internationale à  » utiliser tous les outils diplomatiques disponibles  » pour faire pression sur le Myanmar afin qu’il mette fin à sa discrimination systémique, Amnesty International propose au Conseil de sécurité un  » embargo général sur les armes  » et des  » sanctions ciblées contre les individus responsables de crimes et de violations « .

Si Israël devenait la cible d’exigences de responsabilité tout aussi ciblées et sévères, condamnées pour le crime d’apartheid par le plus grand groupe de défense des droits de l’homme au monde, il marquerait une étape importante sur la voie qui mènera les Palestiniens à la réalisation des droits qui leur sont refusés depuis longtemps.

le-blog-sam-la-touch.over-blog.com

Source MintPress News

Traduction SLT

Ben White est un journaliste et activiste britannique qui écrit principalement sur le conflit israélo-palestinien.

 

https://infosdanyfr.wordpress.com/2017/11/23/palestine-amnesty-international-sengage-a-prendre-en-consideration-lapartheid-israelien/

Une équipe réussit la première greffe de tête

Une équipe réussit la première greffe de tête

Helene Gully
image:

La transplantation, inédite, consistait greffer tête d'un receveur corps d'un donneur

La transplantation, inédite, consistait à greffer la tête d’un receveur au corps d’un donneur – 20minutes/SIPA

L’opération a été réalisée en Chine sur deux cadavres. La prochaine étape sera de réaliser la greffe sur un receveur vivant.

Dix-huit heures de chirurgie pour un exploit. La première greffe de tête a été réalisée en Chine par l’équipe de Xiaoping Ren et Sergio Canavero. L’opération (appelée « anastomose céphalosomatique ») a été réalisée avec des donneur et receveur morts. « Tout le monde disait que c’était impossible, mais cela a été un succès », s’est réjoui, lors d’une conférence de presse à Vienne, le neurochirurgien italien Sergio Canavero.

La transplantation, inédite, consistait à greffer la tête d’un receveur mort sur le corps d’un donneur mort. Une étape essentielle et désormais franchie, avant de réaliser la même opération avec un receveur vivant.

Une opération in vivo, prochain défi

Dans le rapport  de l’acte chirurgical, obtenu par le magazine « Sciences et Avenir » , les médecins détaillent les interventions pour reconnecter la colonne vertébrale, les nerfs et les vaisseaux sanguins au cerveau. Un travail d’une minutie extrême puisqu’il nécessitait de suturer les vaisseaux sanguins un à un et de raccorder le nerf vague partant du cerveau à celui du corps pour innerver les organes.

L’opération ayant été faite post mortem, les chirurgiens n’ont pas eu à traiter les saignements. A la prochaine étape, leur principal défi sera de gérer cette problématique. « La première transplantation humaine sur des cadavres humains a été faite, et un échange de têtes complet entre des donneurs d’organes de cerveaux morts est la prochaine étape », a souligné le professeur Canavero.

Seule option thérapeutique pour certains

Dans le document, les médecins expliquent que l’ACS représenterait « la seule option thérapeutique pour les personnes atteintes de maladies neuromusculaires qui sont pour l’instant incurables ».

En donnant un nouveau corps en bonne santé à des patients atteints de pathologies comme  la myopathie de Duchenne ou la sclérose latérale amyotrophique, la médecine pourrait leur offrir une plus grande espérance de vie.

Certains malades, lourdement atteints, sont d’ailleurs déjà volontaires. A l’instar de Valeri Spiridonov, un trentenaire russe souffrant d’une amyotrophie spinale, une maladie qui atrophie tous les muscles. Il sera opéré en décembre pour cette autre première mondiale.

Hélène Gully

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/030905611515-une-equipe-reussit-la-premiere-greffe-de-tete-2131894.php#xyv3RIOdkdvgDctr.99

Après Polanski, DSK, Weinstein… Haziza ! Sacré BHL, toujours prêt à défendre les opprimés…

10 ans de combats de BHL contre l’Oppression et pour la Justice… (rétrospective de certains de ses soutiens)

I. “Pourquoi je défends Polanski” (Le Point, le 15 octobre 2009)

Source : le site de BHL, 7/10/2009

Abuser d’une fille de 13 ans est, évidemment, un crime grave.

Et être un artiste de génie n’a jamais constitué, pour quelque crime que ce soit, une circonstance atténuante.

Cela étant dit, et vu le vent de folie qui est en train de souffler sur les esprits, il convient aussi de rappeler les évidences suivantes.

1. L’illegal sexual intercourse – en français, détournement de mineure – dont Roman Polanski s’est reconnu coupable il y a trente-deux ans n’est pas, pour autant, le crime de sang, voire le crime contre l’humanité, que dénoncent, depuis dix jours, les vengeurs lâchés à ses trousses. C’est un crime, oui. Mais il y a des degrés dans l’échelle du crime. Et vouloir tout mélanger, essayer de nous faire croire qu’un viol serait un crime de même nature que celui, par exemple, dont fut victime Sharon Tate, sa femme, éventrée quelques années plus tôt alors qu’elle était enceinte de huit mois, prendre le risque, autrement dit, car c’est bien de cela qu’il s’agit, de voir Roman Polanski rejoindre Charles Manson dans le pénitencier dont celui-ci aura, au même instant, dès le 1er janvier 2010, la possibilité légale de demander à sortir, c’est une insulte au bon sens, une atteinte à la raison, la porte ouverte à toutes les confusions.

2. Cette affaire est d’autant plus insensée que la principale intéressée a choisi de pardonner, de tourner la page et, si possible, d’oublier. « Laissez-moi tranquille ! supplie-t-elle chaque fois que la Justice Spectacle, ou le Spectacle tout court, reviennent braquer leurs projecteurs sur ce pan de son passé, laissez-moi tranquille et oubliez, par la même occasion, cet homme dont je considère, moi, sa victime, qu’il a suffisamment payé ! ». Mais non. On a là des défenseurs des droits des victimes qui savent mieux que la victime ce qu’elle veut et ce qu’elle ressent. On est là face à des gens qui lui passeraient bien sur le corps, à la victime, plutôt que de lâcher leur proie et de renoncer à la délicate ivresse de punir. C’est honteux.

3. Quand la victime se désiste, n’appartient-il pas à la société, c’est-à-dire au juge, de poursuivre ? Oui, sans doute. D’un point de vue judiciaire strict, c’est en effet le droit de la société. Mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que le point de vue judiciaire strict manquera et aux exigences de la compassion et à celles de l’intelligence. Et de même que je ne me suis jamais privé de pointer, dans le Droit de cette Amérique que j’aime, des usages ou des peines qui, comme dans tous les systèmes de Droit, font entorse à la pure idée démocratique, de même il n’y a aucune raison de ne pas le dire : arrêter aujourd’hui un homme dont on a conclu, jadis, au terme de quarante-deux jours de prison, qu’il n’était pas un pédophile, le traquer comme un terroriste, l’extrader comme un ancien nazi, est peut-être conforme à la loi, mais certainement pas à la justice.

4. Serait-ce, comme on l’entend partout, que sa célébrité « sanctuarise » M. Polanski ? Non, bien entendu. J’ai passé mon existence à tenter de tirer de l’oubli des vies minuscules, des victimes sans visage et sans nom – et je tiendrais donc le même discours, exactement le même, si M. Polanski n’était pas M. Polanski. Sauf que… Je n’aurais pas à le tenir, justement. Car il n’aurait pas été arrêté. Son dossier serait enterré depuis des années. Et il ne se serait pas trouvé de magistrat pour, à la veille d’une élection (car les magistrats californiens sont des élus du peuple, comme les maires et les shérifs), décider cette arrestation médiatisée. La célébrité ne protège pas Roman Polanski, elle le dessert. Loin que Roman Polanski se cache derrière son nom, c’est lui, son nom, qui le désigne. Et s’il y a bien un « deux poids deux mesures » dans cette affaire, c’est celui qui fait de lui, Polanski, non pas un justiciable ordinaire, mais un symbole – et qui, de son éventuelle comparution, ferait un « grand bazar » politico-cathodique davantage qu’un procès équitable.

5. Car le fond de l’affaire est bien dans le parfum de justice populaire qui flotte autour de tout cela et transforme les commentateurs, les blogueurs, les citoyens, en autant de juges assermentés au grand tribunal de l’Opinion – les uns pesant le crime ; les autres le châtiment ; on a même vu l’un de ces vertueux, apparemment expert en castration chimique, proposer, pour ce nouveau Dutroux (sic), un traitement définitif… Étranges enragés qui ne trouvent rien à redire quand c’est un vrai puissant qui, sous nos yeux, se conduit en prédateur de mineures (ah, les « frasques » de M. Berlusconi…), mais deviennent implacables quand c’est un faux puissant qui n’a, comme Polanski, d’autre arme que son talent… Singuliers moralistes qui prennent un malin plaisir à se passer en boucle les détails de cette affaire sordide pour, ensuite, jeter la pierre…

Ce lynchage est un trouble à l’ordre public autrement plus sérieux que le maintien en liberté de Roman Polanski.

Cet acharnement de tricoteuses et de tricoteurs, cette volonté de voir au bout d’une pique la tête d’un artiste, sont l’immoralité même.

De deux choses l’une, messieurs les justiciers. Ou bien Polanski était ce monstre – et il ne fallait pas lui donner d’oscar ni de césar ; il fallait boycotter ses films ; il fallait le dénoncer aux autorités chaque fois qu’il venait, en famille, passer des vacances dans sa maison de Suisse. Ou bien vous n’avez rien trouvé à redire, jamais, à ses apparitions annoncées sur tous les tapis rouges de tous les festivals du monde ; vous sentez bien, comme moi, la formidable hypocrisie de ce procureur, affamé de reconnaissance et de gloire, qui se réveille un beau matin pour le livrer, tel un trophée, à la vindicte d’électeurs chauffés à blanc – et il faut, comme sa victime, prier pour qu’on le laisse, enfin, en paix.

Bernard-Henri Lévy

Source : le site de BHL, 7/10/2009 (archive ici)

Bonus : Rappel juridique pour BHL, qui confond donc Détournement de mineure… et Viol :

Et sinon, c’est tout frais :

II. “Défense de Dominique Strauss Kahn” (Le Point, le 17 mai 2011)

Source : le site de BHL 16/05/2011

Lundi matin.

Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé, avant-hier, samedi, dans la chambre du désormais fameux hôtel Sofitel de New-York.

Je ne sais pas – personne ne sait puisque rien n’a filtré des déclarations de l’intéressé – si Dominique Strauss-Kahn s’y est rendu coupable des faits qui lui sont reprochés ou s’il était, à cette heure-là, en train de déjeuner avec sa fille.

Je ne sais pas – mais cela, en revanche, il serait bon que l’on puisse le savoir sans tarder – comment une femme de chambre aurait pu s’introduire seule, contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient des « brigades de ménage » composées de deux personnes, dans la chambre d’un des personnages les plus surveillés de la planète.

Et je veux pas non plus entrer dans les considérations de basse psychologie – comme on dit basse police – qui, prétendant pénétrer dans la tête de l’intéressé et observant, par exemple, que le numéro de la fameuse chambre (2806) correspondait à la date (28.06) de l’ouverture des primaires socialistes dont il est l’incontestable favori, concluent à un acte manqué, un lapsus suicidaire, patati, patata.

Ce que je sais c’est que rien au monde n’autorise à ce qu’un homme soit ainsi jeté aux chiens.

Ce que je sais c’est que rien, aucun soupçon, car je rappelle que l’on ne parle, à l’heure où j’écris ces lignes, que de soupçons, ne permet que le monde entier soit invité à se repaître, ce matin, du spectacle de sa silhouette menottée, brouillée par 30 heures de garde à vue, encore fière.

Ce que je sais c’est que rien, aucune loi au monde, ne devrait permettre qu’une autre femme, sa femme, admirable d’amour et de courage, soit, elle aussi, exposée aux salaceries d’une Opinion ivre de storytelling et d’on ne sait quelle obscure vengeance.

Et ce que je sais, encore, c’est que le Strauss-Kahn que je connais, le Strauss-Kahn dont je suis l’ami depuis vingt cinq ans et dont je resterai l’ami, ne ressemble pas au monstre, à la bête insatiable et maléfique, à l’homme des cavernes, que l’on nous décrit désormais un peu partout : séducteur, sûrement ; charmeur, ami des femmes et, d’abord, de la sienne, naturellement ; mais ce personnage brutal et violent, cet animal sauvage, ce primate, bien évidemment non, c’est absurde.

J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre.

J’en veux à un système judiciaire que l’on appelle pudiquement « accusatoire » pour dire que n’importe quel quidam peut venir accuser n’importe quel autre de n’importe quel crime – ce sera à l’accusé de démontrer que l’accusation était mensongère, sans fondement.

J’en veux à cette presse tabloïd new-yorkaise, honte de la profession, qui, sans la moindre précaution, avant d’avoir procédé à la moindre vérification, a dépeint Dominique Strauss-Kahn comme un malade, un pervers, presque un serial killer, un gibier de psychiatrie.

J’en veux, en France, à tous ceux qui se sont jetés sur l’occasion pour régler leurs comptes ou faire avancer leurs petites affaires.

J’en veux aux commentateurs, politologues et autres seconds couteaux d’une classe politique exaltée par sa divine surprise qui, sans décence, ont, tout de suite, dès la première seconde, bavé leur de Profundis en commençant de parler de « redistribution des cartes », de « nouvelle donne » au sein de ceci et de cela, j’arrête, car cela donne la nausée.

J’en veux, car il faut quand même en nommer un, au député Bernard Debré fustigeant, lui, carrément, un homme « peu recommandable » qui « se vautre dans le sexe » et se conduit, depuis longtemps, comme en « misérable ».

J’en veux à tous ceux qui accueillent avec complaisance le témoignage de cette autre jeune femme, française celle-là, qui prétend avoir été victime d’une tentative de viol du même genre ; qui s’est tue pendant huit ans ; mais qui, sentant l’aubaine, ressort son vieux dossier et vient le vendre sur les plateaux télé.

Et puis je suis consterné, bien sûr, par la portée politique de l’événement.

La gauche qui, si Strauss-Kahn venait à s’éclipser, perdrait son champion.

La France dont il est, depuis tant d’années, l’un des serviteurs les plus dévoués et les plus compétents.

Et puis l’Europe, pour ne pas dire le monde, qui lui doit d’avoir, depuis quatre ans, à la tête du FMI, contribué à éviter le pire.

Il y avait, d’un côté, les ultra libéraux purs et durs ; les partisans de plans de rigueur sans modulations ni nuances – et vous aviez, de l’autre, ceux qui, Dominique Strauss-Kahn en tête, avaient commencé de mettre en œuvre des règles du jeu moins clémentes aux puissants, plus favorables aux nations prolétaires et, au sein de celles-ci, aux plus fragiles et aux plus démunis.

Son arrestation survient à quelques heures de la rencontre où il allait plaider, face à une chancelière allemande plus orthodoxe, la cause d’un pays, la Grèce, qu’il croyait pouvoir remettre en ordre sans, pour autant, le mettre à genoux. Sa défaite serait aussi celle de cette grande cause. Ce serait un désastre pour toute cette part de l’Europe et du monde que le FMI, sous sa houlette, et pour la première fois dans son histoire, n’entendait pas sacrifier aux intérêts supérieurs de la Finance. Et, là, pour le coup, ce serait un signe terrible.

Bernard-Henri Lévy

Source : le site de BHL 16/05/2011 (archive ici)

Bonus : Jean Quatremer sur son blog, 11/07/2007

Même le Monde n’a pas pu cacher l’affaire :

III. Weinstein-2012 : “Quand le faiseur de rois de Hollywood préempte le film de BHL”

Le Serment de Tobrouk, Bernard-Henri Lévy et Harvey Weinstein

Quand le faiseur de rois de Hollywood préempte le film de BHL

par Maria de França, La Règle du jeu (site proche de BHL), 18 mai 2012

La Weinstein Company, coprésidée par Harvey Weinstein, le nouveau « faiseur de rois » de Hollywood, l’homme qui a fait le succès, aux USA, de The Artist et de Intouchables, vient d’annoncer, cette nuit, qu’elle a fait l’acquisition, pour les territoires américains, du Serment de Tobrouk de Bernard-Henri Lévy.

L’annonce a été faite par le Co-Chairman Harvey Weinstein lui-même qui explique, dans son communiqué, qu’il soutient totalement (“fully supports”) ce film et voit son acquisition comme “un geste politique pouvant apporter de l’espoir dans d’autres pays dans le même état de péril, y compris la Syrie » (« a political action that could provide hope for other countries in a similar state of peril including Syria »).

Ce film “merveilleux”, poursuit Weinstein, “montre l’incroyable courage de BHL” ainsi que “la détermination de l’ancien président français Sarkozy”. Il souligne aussi, ajoute-t-il, “le leadership du Président Barack Obama et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton ».

Bernard-Henri Lévy, interrogé cette nuit par l’AFP sur le sens qu’il donnait à cette nouvelle a souligné qu’Harvey Weinstein fit partie des rares Américains qui, au moment du lynchage de Roman Polanski, furent du bon côté de la barricade et s’opposèrent avec force aux modernes Sorcières de Salem. A la question de savoir l’effet que lui faisait l’acquisition de son film par l’homme considéré outre-Atlantique, et sur le marché du cinéma en général, comme le meilleur “Oscar maker” du monde, il a répondu que ses pensées, pour le moment, allaient surtout aux « Syriens massacrés ». Il a conclu : “Puisse ce film, avec cette nouvelle carrière américaine, contribuer, même modestement, à ce que stoppe l’effusion de sang dans les villes syriennes”.

Un axe Weinstein-Lévy contre Bachar al-Assad? Mais oui. Un film, aussi, peut changer le monde.

par Maria de França, La Règle du jeu (site proche de BHL), 18 mai 2012

IV. Affaire Weinstein: « Ce que je n’aime pas, c’est que l’on traite un homme de porc », explique BHL

Source : Brut

IV. “Amitié à Frédéric Haziza”

“Qui nous fera croire qu’Haziza est le Weinstein francais ? Et comment mettre un signe égal entre ce qui lui est reproché et ce dont on accuse Ramadan? Amitié à Frederic #Haziza.” [BHL]

Profil d’une oeuvre :

42 réponses à Après Polanski, DSK, Weinstein… Haziza ! Sacré BHL, toujours prêt à défendre les opprimés…

EXCLUSIF : Pour les Palestiniens, l’« accord ultime » de Trump est un ultimatum

EXCLUSIF : Pour les Palestiniens, l’« accord ultime » de Trump est un ultimatum

#OccupationPalestine

Le prince héritier a offert à Mahmoud Abbas plus d’argent pour l’instauration d’un État palestinien pendant que l’Arabie saoudite pousse Israël à la soutenir contre l’Iran, selon des sources

Le président américain Donald Trump avant une rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à, l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre 2017 (AFP)
Correspondant de MEE's picture
22 novembre 2017
Dernière mise à jour :
22 novembre 2017

JERUSALEM/WASHINGTON – Une équipe américaine est en voie de finaliser l’« accord ultime » du président Donald Trump, un traité de paix entre les Palestiniens et les Israéliens, révèlent à Middle East Eye un diplomate occidental et des responsables palestiniens.

Le diplomate, anonyme car non autorisé à discuter de ce sujet avec les médias, donne le détail du contenu de l’accord :

  • L’instauration d’un État palestinien à l’intérieur des frontières de la bande de Gaza, des zones A, B et des parties de la zone C en Cisjordanie (voir la carte ci-dessous)
  • Des dons de 10 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) de la part de pays pour la création de l’État et de ses infrastructures dont un aéroport, un port à Gaza, des zones de logements, des zones agricoles et des zones industrielles, ainsi que de nouvelles villes
  • La question du statut de Jérusalem et du retour des réfugiés est reportée aux prochaines négociations
  • Les négociations finales incluant des pourparlers de paix régionaux entre Israël et les pays arabes menées par l’Arabie saoudite.

Le diplomate rappelle que Jared Kushner, conseiller spécial de Trump et responsable de l’équipe pour le processus de paix, s’est récemment rendu en visite en Arabie saoudite et a informé le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS) du plan.

Kushner a aussi demandé aux Saoudiens de l’aider à persuader le président palestinien Mahmoud Abbas d’accepter ce plan, qui sera officiellement présenté début 2018.

Le diplomate, qui est très proche de l’équipe américaine, affirme que MBS a rencontré Mahmoud Abbas début novembre pour l’informer de cette proposition. Le prince héritier a demandé au président palestinien d’accepter le plan et de le faire dans un état d’esprit positif.

« MBS est très enthousiaste au sujet de ce plan », souligne le diplomate. « Il est impatient de voir un accord de paix signé d’abord entre les Palestiniens et les Israéliens, puis entre Israël et les pays arabes. Ce qui, pour lui, est un premier pas dans la formation d’une coalition entre l’Arabie saoudite et Israël pour contrer la menace iranienne. »

Contre l’Iran, les Saoudiens ont besoin d’un soutien

MBS a également dit à Kushner qu’il voulait investir d’importantes sommes d’argent dans l’accord, et qu’il fournirait aux dirigeants palestiniens les motivations nécessaires pour obtenir leur aval, selon le diplomate.

Des responsables palestiniens ont confirmé à MEE qu’Abbas avait rencontré MBS lors de sa récente visite à Riyad, qui a débuté le 8 novembre. Et qu’à ce moment-là, il a offert de tripler le soutien financier de l’Arabie saoudite à l’Autorité palestinienne, qui passerait de 7,5 millions de dollars à 20 millions.

« C’est le plan de Netanyahou. Il l’a vendu à l’équipe américaine et maintenant, les Américains essaient de le vendre aux Palestiniens et aux Arabes »

– Un responsable palestinien

Des sources proches des négociations rapportent que Mohammed ben Salmane a expliqué à Mahmoud Abbas que la menace iranienne représentait une grave menace pour les pays arabes. Et que les Saoudiens avaient sérieusement besoin du soutien des États-Unis et d’Israël dans leur confrontation « existentielle » avec Téhéran. « Nous ne pouvons pas avoir Israël de notre côté tant que le conflit israélo-palestinien n’est pas résolu », aurait dit le prince héritier, selon notre source.

« Le président Abbas pense que le plan pourrait convenir si nous lui ajoutons les mots ‘’frontières de 1967’’. Nous voulons bien donner du temps aux Israéliens s’ils veulent bien nous donner des terres », ajoute un responsable palestinien.

« Nous leur avons dit : si le plan établit clairement que le but de « l’accord ultime » est d’avoir un État palestinien [basé] sur les frontières de 1967 avec un petit échange de terres, alors nous accepterons cette première phase, qui instaure un État avec des frontières provisoires. »

Pour le responsable, proche des pourparlers, la seule inquiétude des Palestiniens était qu’Israël fasse de cet accord provisoire un accord final.

Selon un autre responsable palestinien, Abbas croit en ce plan, conçu par Kushner et par l’envoyé spécial au Moyen-Orient Jason Greenblatt, mais pensé à l’origine par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. « C’est le plan de Netanyahou. Il l’a vendu à l’équipe américaine et maintenant, les Américains essaient de le vendre aux Palestiniens et aux Arabes », souligne notre source.

Les Palestiniens s’attendent à davantage de pressions

Le responsable ajoute que les Palestiniens s’attendent maintenant à davantage de pression de Washington et des capitales arabes.

« Les États-Unis agitent des sanctions contre les Palestiniens dans le cas où ils rejetteraient le plan, par exemple la fermeture de la représentation de l’OLP à Washington DC et l’arrêt de l’aide financière à l’Autorité palestinienne », poursuit la source.

« Lors des négociations de Camp David en 2000, les Arabes ont soutenu Yasser Arafat face aux pressions américaines. Mais maintenant, personne n’est à nos côtés. »

Toujours selon cette source, en 2000, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah d’Arabie saoudite avaient dit à Arafat : « Nous acceptons seulement ce que les Palestiniens acceptent. »

« Mais maintenant, le roi d’Arabie saoudite est submergé par le conflit avec l’Iran au Yémen, au Liban, en Syrie et en Irak et le président égyptien est submergé au Sinaï. »

Les relations entre les Saoudien et Israël se sont détendues ces derniers mois à la faveur de nombreux contacts et de visites sans précédent de responsables israéliens en Arabie saoudite.

Le 16 novembre, Gadi Eizenkot, le chef d’état-major de l’armée israélienne, a déclaré qu’Israël était prêt à partager « des renseignements » avec l’Arabie saoudite et que les deux pays avaient un intérêt commun à contrer l’Iran.

 

Traduit de l’anglais (original).

 

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/exclusif-pour-les-palestiniens-l-accord-ultime-de-trump-est-un-ultimatum-1545122777

Le Niger au carrefour des conflits

Le Niger au carrefour des conflits

La région du Sahel est depuis longtemps une zone pauvre et instable. La présence de groupes djihadistes, de sections indépendantistes ainsi que la multiplicité des trafics touchent tous les pays de la zone. Au milieu, coincé entre sept pays, se trouve le Niger. Cet État, un des plus pauvres du monde, semble pourtant plus solide que ses voisins sur de nombreux points.

De nombreux groupes djihadistes sont présents à la frontière nigérienne. Pour s’en persuader, il suffit de regarder une carte : le pays est frontalier avec au moins quatre pays soumis à la pression terroriste, qui ont bien du mal à assurer la sécurité de leurs territoires respectifs. Pour rappel, à la frontière avec l’Algérie, la Libye et le Mali, des groupes djihadistes se sont développés, pour la plupart reliés à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). A la frontière avec la Libye, le Niger subit en plus le conflit entre deux peuples : les Toubous et les Touaregs. Enfin, au Nigeria, situé au sud-est du pays, et plus particulièrement dans la région de Diffa, le groupe djihadiste Boko Haram est encore présent.

Certes, grâce à une politique active menée par Muhammadu Buhari, Idriss Deby et Mahamadou Issoufou respectivement présidents du Nigeria, du Tchad et du Niger, Boko Haram recule de plus en plus. Mais la lutte est loin d’être gagnée. Quant à l’opération militaire française Barkhane, dont le QG est basé au Tchad, elle apporte une aide non négligeable pour le rétablissement de la sécurité dans la région. Mais là encore, rien n’est acquis.

Une stabilité remarquable, malgré des aspects négatifs

Avec un taux de fécondité de 6,62 enfants par femme en moyenne (2016 – taux le plus élevé au monde), une place de dernier au classement de l’Indice de développement humain (IDH), et 60% de la population vivant avec moins de 1 dollar par jours, on pourrait très facilement penser que le Niger est un État failli. Et pourtant, des institutions existent toujours !

Pour tenter de comprendre cette stabilité, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

Tout d’abord, le Niger a beaucoup moins de problèmes avec les velléités indépendantistes touaregs que ne peut l’avoir le Mali. En 1995, après quatre ans de guerre, un accord a été signé entre le pouvoir central et l’élite touareg. Celui-ci a donné une plus grande autonomie aux touaregs, et une véritable politique d’apaisement a été conduite entre Niamey et le Nord du Niger. En jouant la carte de la décentralisation, le gouvernement arrive à garder une influence sur son territoire, tout en laissant une grande autonomie aux différentes régions.

La relation solide entre le Tchad et le Niger est aussi l’un des marqueurs forts de la stabilité nigérienne. La coopération économique et militaire a été renforcée par un accord bilatéral signé en 2012 entre les deux pays. L’organisation du G5-Sahel (groupe comprenant cinq États sahéliens) est également en train de se mettre en place pour lutter contre les mouvements djihadistes.

Comme les autres pays de la région, le Niger est, par ailleurs, soutenu par l’aide extérieure dont il est très dépendant. Le pays aurait ainsi reçu 918 milliards de dollars d’aide au développement en 2014. De plus, 50 milliards de francs CFA auraient également étaient versés par l’Union européenne pour aider le Niger à contenir les migrations.

De nombreux pays sont aussi intéressés par le Niger sur le plan sécuritaire. La France et les États-Unis possèdent plusieurs bases militaires réparties dans le pays. Les Américains vont d’ailleurs inaugurer une nouvelle base à Agadez, entièrement destinée à l’usage des drones.

D’autres pays, comme l’Allemagne, souhaitent également s’implanter dans ce pays. La visite de la chancelière Angela Merkel le 10 octobre 2016 à Niamey en est bien la preuve.

Selon M. Olivier de Sardan, spécialiste du Niger, on ne peut pas considérer le Niger comme un « hub » sécuritaire au même titre que le Tchad. Néanmoins, il représente un point d’appui non négligeable dans la lutte contre le terrorisme.

Enfin, la stabilité du Niger prend racine dans le sentiment national que Niamey met beaucoup d’ardeur à entretenir. Fiers de se sentir nigériens, les Nigériens sont les premiers garants du respect et de la légitimité des institutions. Ainsi, d’après Afro-baromètre 2016, 92% de la population dit avoir un avis favorable sur l’armée. C’est le taux le plus élevé dans la région. À titre de comparaison, ce chiffre s’élève à 21% au Nigeria.

Mais le Niger n’est pas pour autant à l’abri des tempêtes. C’est loin d’être un État en paix. Les mouvances islamistes radicales sont bien réelles même si elles ont peu d’influence. De plus, le budget alloué à la défense dépasse les 5% du PIB national, ce qui est conséquent pour un pays comme celui-ci. Investir dans d’autres secteurs, comme l’éducation ou la santé, pourrait être un moyen efficace pour qu’apparaisse enfin un développement économique et social solide.

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/29836-le-niger-au-carrefour-des-conflits

À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité

Quatre vétos successifs sur le mensonge de Khan Cheikhoun

À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité

Alors que les présidents Poutine et Trump avancent sur la question syrienne, les hauts fonctionnaires d’origine US à l’Onu ont entamé un bras de fer avec la Russie. Refusant d’enquêter sur un crime qu’ils ont déjà jugé a priori, ils ont provoqué non pas un, mais quatre vétos au Conseil de sécurité. Pour Thierry Meyssan, le comportement schizophrénique des États-Unis sur la scène internationale atteste à la fois de la division de l’administration Trump et du déclin de l’impérialisme US.

| Le Caire (Égypte)

+
JPEG - 76 ko
Reprenant la posture de son lointain prédécesseur, Adlai Stevenson, lors de la crise des missiles cubains, Nikki Haley a dénoncé l’incident survenu à Khan Cheikhoun au moyen de terribles photographies. Cependant, le Mécanisme d’enquête Onu-OIAC a refusé d’authentifier ces prétendues « preuves ». On observera le faucon Jeffrey Feltman, assis aux côtés de l’ambassadrice.

Décidément peu de choses ont changé depuis le 11 septembre 2001. Les États-Unis persistent à manipuler l’opinion publique internationale et les outils des Nations unies, certes pour des raisons différentes, mais toujours avec le même mépris de la vérité.

En 2001, les représentants des États-Unis et du Royaume-Uni, John Negroponte et Stewart Eldon, assuraient que leurs deux pays venaient d’attaquer l’Afghanistan en légitime défense après les attentats commis à New York et Washington [1]. Le secrétaire d’État, Colin Powell, promettait de distribuer au Conseil de sécurité un dossier complet présentant les preuves de la responsabilité afghane. 16 ans plus tard, on attend toujours ce document.

JPEG - 38.5 ko
Le secrétaire d’État Colin Powell ment au Conseil de sécurité. Il brandit ce qu’il présente comme une fiole d’antrax capable de tuer toute la population de New York et accuse l’Iraq d’en avoir préparé pour attaquer les États-Unis. Jamais Washington ne s’est excusé de cette mascarade.

En 2003, le même Colin Powell venait expliquer au Conseil de sécurité, lors d’une intervention relayée par les télévisions du monde entier, que l’Iraq était également impliqué dans les attentats du 11-Septembre et qu’elle préparait une nouvelle agression contre les États-Unis au moyen d’armes de destruction massive [2]. Cependant lorsqu’il eut quitté ses fonctions au sein du gouvernement US, le général Powell admettait sur une chaîne de télévision de son pays que les nombreuses accusations de son discours étaient toutes fausses [3]. 14 ans après ce discours, on attend toujours les excuses des États-Unis devant le Conseil de sécurité.

Tout le monde a oublié les accusations US sur la responsabilité du président Saddam Hussein dans les attentats du 11-Septembre (depuis, Washington a attribué les mêmes attentats à l’Arabie saoudite, puis aujourd’hui à l‘Iran, sans jamais apporter de preuves dans aucun de ces quatre cas). On se souvient par contre du débat, qui dura des mois, sur les armes de destruction massive. À l’époque la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations unies (en anglais UNMOVIC) ne trouva pas la moindre trace de ces armes. Un bras de fer opposa son directeur, le Suédois Hans Blix, d’abord aux États-Unis, puis à l’Onu, et en définitive à l’ensemble du monde occidental. Washington affirmait que M. Blix n’avait pas trouvé ces armes parce qu’il faisait mal son travail, tandis que celui-ci assurait que l’Iraq n’avait jamais eu la capacité de fabriquer de telles armes. Peu importe, les États-Unis bombardèrent Bagdad, envahirent l’Iraq, renversèrent le président Saddam Hussein et le pendirent, occupèrent son pays et le pillèrent.

La méthode US d’après 2001 n’avait aucun rapport avec celle qui avait précédé. En 1991, le président Bush père s’était assuré de placer le Droit international de son côté avant d’attaquer l’Iraq. Il l’avait poussé à envahir le Koweït et le président Saddam Hussein à s’entêter. Il avait donc obtenu le soutien de presque toutes les nations au monde. Au contraire, en 2003, Bush fils se contenta de mentir et de mentir encore. De très nombreux États se distancièrent de Washington, tandis que l’on assistait aux plus grandes manifestations pacifistes de l’Histoire, de Paris à Sydney, de Pékin à Mexico.

En 2012, le Bureau des Affaires politiques de l’Onu rédigea un projet de capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [4]. Son directeur, l’États-unien Jeffrey Feltman, ancien adjoint de la secrétaire d’État Hillary Clinton, utilisa tous les moyens dont il disposait pour constituer la plus vaste coalition de l’Histoire et accuser la Syrie de toutes sortes de crimes dont aucun ne fut jamais prouvé.

Si les États qui détiennent le document Feltman ont décidé de ne pas le publier c’est afin de préserver les Nations Unies. Il est en effet inacceptable que les moyens de l’Onu aient été utilisés pour promouvoir la guerre alors que cette institution a été créée pour préserver la paix. N’étant pas astreint aux mêmes obligations qu’un État, j’ai publié une étude détaillée de cet ignoble document dans Sous nos yeux [5].

En 2017, le Mécanisme d’enquête conjoint Onu-OIAC, créé à la demande de la Syrie pour enquêter sur l’usage d’armes chimiques sur son territoire, fait l’objet du même bras de fer que celui qui opposa Hans Blix à Washington. Sauf que cette fois, les fronts sont renversés. En 2003, l’Onu défendait la paix. Plus aujourd’hui, Jeffrey Feltman ayant été reconduit dans ses fonctions et étant toujours le numéro 2 de l’Onu. C’est la Russie cette fois qui s’oppose à des fonctionnaires internationaux pro-US au nom de la Charte.

Si les travaux du Mécanisme d’enquête ont été normalement débattus durant sa première période, c’est-à-dire de septembre 2015 à mai 2017. Ils sont devenus clivants lorsque le Guatémaltèque Edmond Mulet a remplacé à sa direction l’Argentine Virginia Gamba ; une nomination imputable au nouveau secrétaire général de l’Onu, le Portugais António Guterres.

Le Mécanisme d’enquête mobilise des fonctionnaires internationaux de l’Onu et de l’OIAC. Cette prestigieuse organisation internationale a reçu le Prix Nobel de la Paix, en 2013, notamment pour son travail de surveillance de la destruction par les États-Unis et la Russie des armes chimiques syriennes. Cependant son directeur, le Turc Ahmet Üzümcü, a évolué. En juin 2015, il était invité à Telfs Buchen (Autriche) à la réunion du Groupe de Bilderberg, le club de l’Otan.

JPEG - 34.3 ko
En décembre 2015, Ahmet Üzümcü est décoré de la Légion d’honneur par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, l’homme selon qui le président el-Assad « n’a pas le droit de vivre » et al-Qaïda « fait du bon boulot ».

La question était d’autant plus grave qu’en 2003, le litige opposait d’un côté Hans Blix et de l’autre les États-Unis qui menaçaient d’intervenir contre l’Iraq si l’Onu prouvait l’existence des armes de destruction massive, tandis qu’en 2017 il oppose la Russie à Edmond Mulet qui pourrait valider a posteriori l’intervention états-unienne contre la Syrie. En effet, Washington a déjà tranché, considère la Syrie comme responsable d’une attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun, et a déjà bombardé la base aérienne de Cheyrat [6].

Dans le cas où le Mécanisme d’enquête s’écarterait d’une manière ou d’une autre du discours de Washington, il placerait les États-Unis dans l’obligation de présenter des excuses et d’indemniser la Syrie. Les fonctionnaires internationaux pro-US considèrent donc comme leur mission de conclure que la Syrie a bombardé sa propre population avec du gaz sarin qu’elle aurait détenu illégalement sur la base aérienne de Cheyrat.

Dès le mois d’octobre, le ton a commencé à monter entre certains fonctionnaires de l’Onu et la Russie. Contrairement à ce que la presse occidentale a prétendu, le différent ne portait aucunement sur les conclusions du Mécanisme d’enquête, mais exclusivement sur ses méthodes ; Moscou refusant à l’avance toute conclusion obtenue par des méthodes non-conformes aux principes internationaux établis dans le cadre de la Convention sur les armes chimiques et de l’OIAC [7].

Le gaz sarin est un neurotoxique extrêmement létal pour l’homme. Il existe des variantes de ce produit, le chlorosarin et le cyclosarin, et une version encore plus dangereuse, le VX. Tous ces produits sont absorbés par la peau et passent directement dans le sang. Ils se dégradent en quelques semaines à quelques mois dans l’environnement, non sans conséquences pour les animaux qui entreraient en contact avec eux. Lorsqu’il pénètre dans le sol, en l’absence d’oxygène et de lumière, il peut se conserver très longtemps.

Il suffit de voir les photographies de l’attaque de Khan Cheikhoun, montrant quelques heures plus tard des personnes prélever des échantillons sans porter de combinaison protégeant leur peau, pour savoir avec certitude que s’il y a eu usage de gaz, ce ne pouvait pas être ni du sarin, ni un de ses dérivés. Pour plus de détails, on se reportera à l’étude du professeur Theodore Postol, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui démonte un à un les arguments des prétendus experts de la CIA [8].

Or, contrairement aux principes de la Convention sur les armes chimiques, le Mécanisme d’enquête ne s’est pas rendu sur place pour prélever des échantillons, les analyser et identifier le gaz utilisé, s’il y en avait un.

Interrogée à ce sujet en mai et juin 2017 par la Russie, l’OIAC a déclaré étudier les conditions de sécurité de ce déplacement pour finalement conclure qu’il n’était pas nécessaire puisque, selon elle, « L’utilisation de sarin ne fait aucun doute ».

Le Mécanisme d’enquête s’est par contre rendu sur la base aérienne de Chaïrat où, selon Washington, le gaz sarin avait été illégalement stocké et où il avait été chargé sur des bombardiers. Mais, malgré l’insistance de la Russie, il a refusé d’y prélever des échantillons.

Identiquement, le Mécanisme d’enquête a refusé d’étudier les révélations de la Syrie sur l’approvisionnement des jihadistes en gaz par les sociétés états-uniennes et britannique Federal Laboratories, NonLethal Technologies, et Chemring Defence UK [9].

Les États-Unis et leurs alliés ont eux-mêmes admis dans le projet de résolution qu’ils ont présenté le 16 novembre que les fonctionnaires internationaux devraient mener leurs investigations d’« une manière appropriée à la réalisation de leur mandat » [10].

La Russie a rejeté le rapport du Mécanisme d’enquête au vu de son dilettantisme et a refusé par trois fois de reconduire son mandat. Elle a opposé son veto les 24 octobre [11] et les 16 [12] et 17 novembre, comme elle l’avait fait le 12 avril [13] lorsque les États-Unis et la France [14] tentèrent de condamner la Syrie pour cette prétendue attaque au gaz sarin. C’était la 8ème, la 9ème, la 10ème et la 11ème fois qu’elle en faisait usage sur la question syrienne.

On ignore pour quelle raison Washington a présenté ou fait présenter quatre fois la même assertion au Conseil de sécurité par des biais différents. Ce balbutiement s’était déjà présenté au début de la guerre contre la Syrie, les 4 octobre 2011, 4 février et 19 juillet 2012, lorsque la France et les États-Unis tentèrent de faire condamner par le Conseil ce qu’ils appelaient la répression du printemps syrien. À l’époque la Russie affirmait au contraire qu’il n’y avait pas de guerre civile, mais une agression extérieure. À chaque fois, les Occidentaux répliquèrent qu’ils allaient « convaincre » leur partenaire russe.

Il est intéressant d’observer qu’aujourd’hui la doxa occidentale prétend que la guerre en Syrie a débuté par une révolution démocratique qui a mal tourné et a été finalement récupérée par des jihadistes. Or, contrairement à ce qui fut prétendu, il n’existe aucune preuve de la moindre manifestation en faveur de la démocratie en 2011-12 en Syrie. Toutes les vidéos publiées à l’époque sont soit en faveur du président el-Assad soit contre la République arabe syrienne, jamais pour la démocratie. Aucune vidéo ne comprend de slogan ou de pancarte pro-démocratie. Toutes les vidéos des prétendues « manifestations révolutionnaires » de cette période ont été tournées des vendredis à la sortie de mosquées sunnites, jamais un autre jour et jamais depuis un autre lieu de rendez-vous qu’une mosquée sunnite.

Il est vrai que sur certaines vidéos on entend des phrases comprenant le mot « liberté ». En tendant l’oreille, on constate que les manifestants y exigent non pas la « Liberté » au sens occidental, mais la « liberté d’appliquer la charia ». Si vous trouvez un document traçable qui puisse me contredire d’une manifestation de plus de 50 personnes, merci de me le communiquer, je ne manquerai pas de le publier.

JPEG - 32.2 ko
Bien que pour ne pas donner l’occasion à son opposition de l’accuser d’avoir été chercher ses ordres du KGBiste Vladimir Poutine, le président Trump n’ait pas eu d’entretien privé avec lui, les deux hommes affichent leur entente (Đà Nẵng, 11 novembre 2017).

On pourrait interpréter l’obstination états-unienne à manipuler les faits comme le signe de l’alignement de l’administration Trump sur la politique des quatre mandats précédents. Mais cette hypothèse est contredite par la signature d’un Mémorendum secret à Amman, le 8 novembre, entre la Jordanie [15], la Russie et les États-Unis, et par la Déclaration commune des présidents Poutine et Trump, le 11 novembre, à Đà Nẵng, en marge du sommet de l’Apec [16].

Le premier document n’a pas été publié, mais on sait par des indiscrétions qu’il ne tient pas compte de la demande israélienne de créer une zone neutre, en territoire syrien, à 60 kilomètres au-delà non pas de la frontière israélienne, mais de la ligne de cessez-le-feu de 1967. Ne manquant jamais une occasion de verser de l’huile sur le feu, le gouvernement britannique réagit en faisant publier par la BBC des photographies satellitaires de la base militaire iranienne d’El-Kiswah (à 45 kilomètres de la ligne de cessez-le-feu) [17]. Comme on pouvait l’anticiper, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejeta immédiatement l’accord entre les Grandes puissances et annonça réserver le droit d’Israël à intervenir militairement en Syrie pour préserver sa sécurité [18] ; ce commentaire constitue une menace et, à ce titre, viole la Charte des Nations unies. Au demeurant, chacun a pu constater depuis sept ans que le prétexte des armes destinées au Liban a bon dos. À titre d’exemple, le 1er novembre, Tsahal bombardait illégalement une zone industrielle à Hassiyé en prétendant détruire des armes destinées au Hezbollah. En réalité, la cible n’était qu’une usine de cuivre indispensable au rétablissement de la distribution d’électricité dans le pays [19].

La Déclaration de Đà Nẵng comporte de nettes avancées. Ainsi établit-elle pour la première fois que tous les Syriens pourront participer à la prochaine élection présidentielle. Or, jusqu’à présent les Syriens exilés ont été interdits de voter par les membres de la Coalition internationale en violation de la Convention de Vienne. Quant à la « Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution », elle boycottait les élections car cette instance était dominée par les Frères musulmans selon qui « Le Coran est notre Loi », et il n’y a pas de place pour des élections dans un régime islamiste.

Le contraste entre d’une part la progression des négociations russo-US sur la Syrie et, d’autre part, l’entêtement des mêmes États-Unis à nier les faits devant le Conseil de sécurité de l’Onu est saisissant.

Il est intéressant d’observer la gêne de la presse européenne aussi bien face au travail des présidents Poutine et Trump que face à l’entêtement enfantin de la délégation US au Conseil de sécurité. Presque aucun média n’a évoqué le Mémorendum d’Amman et tous ont commenté la Déclaration commune avant qu’elle ne soit publiée, sur la seule foi d’une Note de la Maison-Blanche. Quant aux enfantillages de l’ambassadrice Nikki Haley au Conseil de sécurité, les médias européens ont unanimement constaté que les deux Grands n’étaient pas parvenus à un accord et ont fait l’impasse sur les arguments russes, pourtant longuement expliqués par Moscou.

Force est de constater que si le président Trump tente de solder la politique impérialiste de ses prédécesseurs, les fonctionnaires internationaux pro-US de l’Onu sont inaptes à s’adapter au réel. Après 16 ans de mensonges systématiques, il ne sont plus capables de penser en fonction des faits, mais uniquement de leurs fantasmes. Ils ne parviennent plus à ne pas prendre leurs désirs pour la réalité. Ce comportement est caractéristique des Empires en déclin.

[1] Référence : Onu S/2001/946 et S/2001/947.

[2] « Discours de M. Powell au Conseil de sécurité de l’ONU », par Colin L. Powell, Réseau Voltaire, 11 février 2003.

[3] “Colin Powell on Iraq, Race, and Hurricane Relief”, ABC, September 8, 2005.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune, 2017.

[6] « Pourquoi Trump a-t-il bombardé Cheyrat ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 2 mai 2017.

[7] « Observations émises par le Ministère russe des Affaires étrangères au sujet du dossier chimique syrien », Réseau Voltaire, 23 octobre 2017.

[8] « Le rapport de la CIA sur l’incident de Khan Shaykhun est grossièrement faux », Réseau Voltaire, 15 avril 2017.

[9] « Londres et Washington ont fourni les jihadistes en armes chimiques », Réseau Voltaire, 16 août 2017.

[10] « Projet de résolution sur le Mécanisme d’enquête conjoint Onu-OIAC (Véto russe) », Réseau Voltaire, 16 novembre 2017.

[11] « Projet de résolution sur le renouvellement du Mécanisme d’enquête conjoint (Veto russe) », « Utilisation d’armes chimiques en Syrie (Veto russe) », Réseau Voltaire, 24 octobre 2017.

[12] « Projet de résolution sur le Mécanisme d’enquête conjoint Onu-OIAC (Véto russe) », Réseau Voltaire, 16 novembre 2017.

[13] « Débat sur l’incident chimique présumé de Khan Cheïkhoun (veto russe) », Réseau Voltaire, 12 avril 2017.

[14] « Évaluation française de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun », Réseau Voltaire, 26 avril 2017.

[15] « La Jordanie apporte son soutien à la Syrie », Réseau Voltaire, 29 août 2017.

[16] « Déclaration commune des présidents russe et états-unien sur la Syrie », Réseau Voltaire, 11 novembre 2017.

[17] “Iran building permanent military base in Syria – claim”, Gordon Corera, BBC, November 10, 2017.

[18] « Israël rejete l’accord de paix russo-US en Syrie », Réseau Voltaire, 14 novembre 2017.

[19] « Israël bombarde une usine de cuivre en Syrie », par Mounzer Mounzer, Réseau Voltaire, 3 novembre 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article198863.html

Revue de presse nationale et internationale.