L’aviation russe frappe des cibles terroristes près de Deir ez-Zor

L’aviation russe frappe des cibles terroristes près de Deir ez-Zor

sLes bombardiers de la Russie attaquent les terroristes de Daech à Deir Ezzor

Ayant décollé depuis la Russie, des bombardiers Tu-22M3 des Forces aérospatiales russes ont effectué une frappe contre les positions des terroristes dans le gouvernorat syrien de Deir ez-Zor, a annoncé vendredi le ministère russe de la Défense.

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Des bombardiers russes à long rayon d’action ont ciblé ce vendredi Daechdans le gouvernorat de Deir ez-Zor, dans le sud-est de la Syrie, a fait savoir le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

«Le 1er décembre, six bombardiers à long rayon d’action de type Tu-22M3 ont réalisé une frappe massive sur des cibles terroristes dans le gouvernorat de Deir ez-Zor. Ayant décollé d’un aérodrome situé en Russie, ils ont détruit des points d’appui et du matériel des terroristes», est-il indiqué.

La source souligne que les moyens de contrôle objectif ont confirmé la destruction de toutes les cibles visées. Comme le précise le ministère, des chasseurs russes Su-30SM, déployés sur la base de Hmeimim en Syrie, ont assuré la sécurité des bombardiers dans le ciel syrien.

fr.sputniknews.com

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Le pape François ne prononce pas le mot Rohingyas… mais appelle à agir

Le pape François ne prononce pas le mot Rohingyas… mais appelle à agir

Le pape François est arrivé jeudi 30 novembre au Bangladesh après quatre jours en Birmanie. S’il ne prononce pas le mot « Rohingyas », suscitant les critiques de la presse internationale, il ne cesse d’évoquer le drame de cette minorité musulmane persécutée.

Au palais présidenteil de Dacca, le pape François a rencontré les représentants de la société civile et les diplomates. 

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Au palais présidenteil de Dacca, le pape François a rencontré les représentants de la société civile et les diplomates.
/ Max Rossi/REUTERS

Dire le mot. Ou pas. Tout au long de son séjour birman, la question aura été de savoir si le pape François prononcerait, ou non, le mot « Rohingyas ». Et, jeudi après-midi encore, à Dacca, capitale du Bangladesh, où sont réfugiés 900 000 Rohingyas chassés de Birmanie, le pape n’a pas prononcé le mot fatidique, tout en évoquant une nouvelle fois, et de façon très précise, leur situation.

Devant les autorités bangladaises, il a en effet félicité le Bangladesh pour son « esprit de générosité et de solidarité » et « son élan humanitaire en faveur des réfugiés arrivés en masse par l’État Rakhine, leur procurant un abri temporaire et les premières nécessités pour vivre ». « Ce résultat a été obtenu avec beaucoup de sacrifices. Cela a aussi été fait sous les yeux du monde entier », a-t-il souligné.

Le pape en Birmanie et au Bangladesh, posez vos questions à l’envoyé spécial de la Croix

« Musulmans de l’État Rakhine »

Il a insisté sur le fait qu’« aucun d’entre nous ne peut manquer d’être conscient de la gravité de la situation, de l’immense coût imposé par les souffrances humaines et les conditions de vie précaires de si nombreux de nos frères et sœurs, dont la majorité sont des femmes et des enfants, entassés dans des camps de réfugiés ».

Car François n’a pas attendu cet été que le monde s’émeuve du drame des Rohingyas. Dès février dernier, au cours d’une audience générale au Vatican, il avait invité à « prier avec lui un Notre-Père pour nos frères et sœurs rohingyas », ces « gens bons et pacifiques (…) torturés, tués, simplement pour avoir mis en avant leurs traditions, leur foi musulmane ». Une déclaration faite alors dans une indifférence quasi générale.

Sur le sol birman, comme tout chef d’État en visite, il a certes pris soin, par respect pour ses hôtes, de ne pas prononcer le mot « Rohingya ». Ce terme est très controversé pour les Birmans, pour qui il fait fi des habitants autochtones et bouddhistes de l’État Rakhine, où les musulmans ne sont arrivés que tardivement du Bengale voisin. Dès avant le départ de François de Rome, le cardinal Charles Bo, archevêque de Rangoun, avait d’ailleurs soulevé cette difficulté, conseillant au pape de parler plutôt des « musulmans de l’État Rakhine ».

Reportage À Rangoun, le pape demande aux jeunes d’être « messagers de la Bonne Nouvelle »

Le soutien du pape à Aung San Suu Kyi

Mais, sans employer le mot, François ne s’est pas privé de parler directement des Rohingyas. Ainsi, mardi à Naypyidaw, répondant à Aung San Suu Kyi qui avait, d’elle-même, évoqué la complexité de « la situation dans le Rakhine », il a souligné que « l’avenir de la Birmanie doit être une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de tout membre de la société ». Il a insisté sur « le respect de tout groupe ethnique et de son identité » et encouragé le gouvernement à « tenter de mettre fin à la violence, construire la confiance et garantir le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison ». Une allusion directe – et bien comprise comme telle – aux Rohingyas qui s’estiment chez eux dans une Birmanie qui les considère comme apatrides.

L’Église catholique locale a fortement apprécié le soutien du pape à Aung San Suu Kyi, pourtant critiquée en Occident pour son relatif silence dans la crise des Rohingyas, certains appelant même à lui retirer son prix Nobel. « Elle a souffert et s’est sacrifiée pendant des années non pour elle, mais pour son pays », l’a défendu, mercredi soir, Mgr John Hsane Hgyi, vice-président de la conférence épiscopale. Le père Marino Soe-Naing, porte-parole des évêques, a estimé que « nous ne pouvons pas trahir le sang versé dans ce combat, en abandonnant celle qui l’incarne ».

Les catholiques birmans savent bien que la situation politique du pays reste tendue, même deux ans après le début de la transition démocratique. Les généraux, qui continuent à contrôler l’armée et la police, n’attendent qu’une faute de sa part pour se débarrasser d’Aung San Suu Kyi, ce que la constitution leur permettrait de faire légalement.

Le pape préfère l’action, souvent dans la discrétion

Les chrétiens ont tout à fait conscience qu’un retour de la junte signerait une nouvelle période très difficile pour les minorités. Pour les Kachins (au Nord) et les Karens (à l’Est), la situation est encore loin d’être réglée, même si la communauté internationale s’en émeut moins que des Rohingyas. « Il n’y a pas de solution facile au problème des réfugiés », reconnaît le père Soe-Naing pour qui « le sort de la nation tout entière » est en jeu dans cette crise.

« On ne peut pas attendre des gens qu’ils règlent des problèmes impossibles », explique de son côté Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. « Les réfugiés sont l’un de ses plus grands sujets de préoccupation. Il en parle tous les jours. Mais le voyage n’a pas été conçu autour d’eux ».

Il s’est refusé à divulguer la teneur des discussions privées du pape, lundi soir, avec le chef de l’armée birmane. « Le pape est un homme très libre », a-t-il seulement déclaré, laissant entendre que la discussion a sans doute été franche.

De fait, plutôt que des mots, le pape préfère l’action, souvent dans la discrétion. Et c’est à cette même action en faveur des Rohingyas, dont il a survolé les camps entre Rangoun et Dacca, qu’il appelle la communauté internationale. « Il est nécessaire que la communauté internationale mette en œuvre des mesures décisives face à cette grave crise, non seulement en travaillant pour résoudre les questions politiques qui ont conduit à ce déplacement massif de personnes, mais aussi en offrant une assistance matérielle immédiate au Bangladesh dans son effort pour répondre efficacement aux besoins humains urgents », a-t-il rappelé, jeudi, lors de sa rencontre avec les autorités bangladaises, à laquelle participait aussi le corps diplomatique. Des actes plutôt que des mots : telle a toujours été la philosophie du pape François.

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« Le nom de Dieu ne peut jamais être invoqué pour justifier la haine »

Extraits du discours du pape François aux autorités bangladaises, jeudi 30 novembre à Dacca.

« Le Bangladesh est connu pour l’harmonie qui a traditionnellement existé entre les adeptes de diverses religions. Cette atmosphère de respect mutuel et un climat grandissant de dialogue interreligieux permettent aux croyants d’exprimer librement leurs plus profondes convictions sur la signification et sur le but de la vie. (…) Dans un monde où la religion est souvent – scandaleusement – mal utilisée pour fomenter des divisions, ce genre de témoignage (…) est plus que jamais nécessaire. Celui-ci s’est manifesté d’une manière particulièrement éloquente (…) dans le message clair envoyé par les autorités religieuses de la nation pour qui le saint nom de Dieu ne peut jamais être invoqué pour justifier la haine et la violence contre les autres êtres humains, nos semblables. »

Nicolas Senèze, à Rangoun (Birmanie) et Dacca (Bangladesh)

INFOGRAPHIE. Coupe du monde 2018

INFOGRAPHIE. Coupe du monde 2018 : découvrez la composition des huit groupes pour le premier tour

Le tirage au sort de la composition des poules de la Coupe du monde de football de 2018 s’est tenu vendredi 1er décembre à Moscou.

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Les Bleus sont fixés et rassurés. Ils affronteront l’Australie, le Pérou et le Danemark au premier tour, une poule a priori sans grande difficulté. Le tirage au sort de la composition des poules de la Coupe du monde de football de 2018 s’est tenu vendredi 1er décembre au Kremlin, à Moscou (Russie). Franceinfo vous propose de découvrir la composition des huit groupes dans notre infographie.

(Vous pouvez naviguer et zoomer dans cette image)

La poule A : Russie, Arabie saoudite, Egypte et Uruguay.

La poule B : Portugal, Espagne, Maroc et Iran.

La poule C : France, Australie, Pérou et Danemark.

La poule D : Argentine, Islande, Croatie et Nigeria.

La poule E : Brésil, Suisse, Costa Rica et Serbie.

La poule F : Allemagne, Mexique, Suède et Corée du Sud.

La poule G : Belgique, Panama, Tunisie et Angleterre.

La poule H : Pologne, Sénégal, Colombie et Japon.

https://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/infographie-coupe-du-monde-2018-decouvrez-la-composition-des-huit-groupes-pour-le-premier-tour_2494593.html#xtor=EPR-51-[infographie-coupe-du-monde-2018-decouvrez-la-composition-des-huit-groupes-pour-le-premier-tour_2494593]-20171201-[titre]

11/17 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017

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11/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017

Par Axelle DEGANS, le 1er décembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 10 000 followers)

Le sort des urnes

Au Kenya, Uhuru Kenyatta a été réélu en novembre 2017 avec plus des 98 % des suffrages exprimés, mais un taux de participation inférieur à 40% (contre près de 80 % cet été) car l’opposition a appelé à boycotter cette élection.

Les dernières élections législatives en Allemagne fédérale n’ont pas donné de majorité confortable à un parti. La CDU-CSU d’Angela Merkel est arrivée en tête mais ne parvient pas à tisser une alliance courant novembre 2017 avec les Libéraux et les Écologistes – « coalition Jamaïque ». De son côté, le SPD reconnait avoir perdu les élections. L’Allemagne, avec des excédents de compte-courant, une croissance économique réelle et un taux de chômage qui en fait rêver plus d’un en Europe semble dans une impasse politique. Un terrible camouflet pour la chancelière qui était prête pour un nouveau mandat. Ses électeurs ne lui ont pas pardonné l’accueil de plus d’un million de réfugiés et l’inexplicable, et inexcusable, silence au lendemain des milliers d’agressions de femmes lors du réveillon de la nouvelle année. Ces difficultés d’A. Merkel pèsent sur les perspectives d’une relance de la construction européenne par une coopération entre Paris et Berlin, espérée voici quelques semaines.

Les anniversaires

En Russie, Vladimir Poutine a fêté en novembre 2017 le centenaire de la révolution bolchévique. Un exercice assez délicat. V. I. Lénine est devenu davantage un repère historique qu’une figure tutélaire. L’actuel chef du Kremlin n’entend pas non plus célébrer une révolte populaire… D’autant que le poids économique de la Russie dans le monde en 1913 était supérieur, d’après Angus Maddisson, à celui de la Russie dans le monde d’aujourd’hui.

11/17 Actualité internationale
Les 95 thèses de Luther, à l’origine du protestantisme

L’Allemagne célèbre les 500 ans des 95 thèses de Luther qui sont à l’origine du protestantisme. La chancelière Angela Merkel fait, à cette occasion, le lien entre christianisme et goût du travail. Ce n’est pas sans rappeler la thèse défendue par Max Weber dans « L’Éthique du protestantisme et l’esprit du capitalisme » (1904-1905).

Un nouveau scandale d’évasion fiscale

Les « Paradise papers », révélés par des journalistes indépendants, font écho au « Panama papers » d’il y a dix-huit mois. Ils dénoncent un vaste système d’optimisation fiscale, pour ne pas dire de dissimulation fiscale. Ce scandale éclabousse des proches du président américain, du premier ministre canadien, de grandes fortunes, de grandes entreprises, des sportifs de renommée internationale. Au cœur du scandale – comme de la mondialisation financière – on retrouve les paradis fiscaux. Les personnes les plus fortunées et les firmes multinationales cherchent à ne pas payer d’impôt, laissant aux classes moyennes le soin de le faire. En outre, les divergences d’intérêts sont grandissantes entre les plus riches et les plus pauvres dans un monde où les inégalités progressent.

Les tergiversations européennes

Le scandale des « Paradise papers » relance une énième fois le débat sur la « liste noire » des paradis fiscaux. Il est bien difficile de trouver un accord entre tous les membres de l’Union concernant ceux qui doivent apparaitre sur cette liste – le consensus est de ne trouver aucun pays européen inscrit sur une « liste noire » – ou même s’il faut les sanctionner – le Luxembourg est contre toute autre sanction que celle de figurer sur la dite liste noire – et sur les éventuelles mesures à prendre … Luxembourg étant lui-même un territoire de dissimulation fiscale, comme l’Irlande et quelques autres pays de l’UE.

De même les tergiversations concernant l’utilisation du glyphosate (herbicide toxique) dans l’agriculture ne font que souligner les puissantes fractures au sein de l’Union européenne. Elles renvoient à une certaine forme d’impuissance des Etats face au lobbying d’une multinationale.

Les attentats…

En novembre 2017, aux Etats-Unis, un attentat à Manhattan (N-Y) a provoqué la mort de huit personnes.

Au Nigéria, un nouvel attentat attribué à Boko Haram, fait une cinquantaine de victimes.

L’Egypte est de nouveau endeuillée après un attentat perpétré dans la région du Sinaï à l’encontre de la communauté soufie. Plus de trois cent morts parmi les fidèles venus participer à la célébration du vendredi. Le Caire peine à contrôler cette région du pays aux mains des djihadistes, en particulier de l’EI.

Les soubresauts catalans

Carles Puigdemont s’est, à la surprise de son entourage, enfui, en Belgique courant novembre 2017. Il ne s’est donc pas rendu à la convocation de la justice espagnole mais ne peut prétendre à un quelconque asile politique. Il veut « internationaliser » la crise catalane, en mettant dans l’embarras son pays hôte, jouant sur les divisions internes à la Belgique, voire de l’UE. Huit responsables de la région catalane ont été placés en détention provisoire pour « rébellion et sédition ». Les indépendantistes catalans sont aujourd’hui divisés.

La COP 23 se réunit à Bonn

Cette réunion pour lutter contre le réchauffement climatique s’ouvre sous de bien piètres auspices. Les progrès réalisés depuis la COP 21 de Paris sont bien minces. En outre la promesse des 100 milliards de dollars alloués chaque année aux pays pauvres à partir de 2020 pour les aider à maitriser leurs émissions de gaz à effet de serre a été rappelée aux pays européens par les pays du Sud, inquiets. L’Allemagne n’est pas en position de réduire de 40 % ses rejets en gaz à effet de serre d’ici 2020, du fait de la relance du charbon pour pallier à la sortie du nucléaire. Une décision en partie liée à l’accident de la centrale japonaise de Fukushima (2011).

Un reflux de la vague migratoire ?

Les entrées sur le sol italien entre l’été 2016 et l’été 2017 ont baissé de 75%. A cela plusieurs raisons. La première est une plus grande efficacité du dispositif européen Sophia qui vise à intercepter les bateaux en mer. La deuxième est une plus forte rétention des flux sur les côtes libyennes, on peut peut-être y voir le résultat du déplacement en Lybie de plusieurs dirigeants européens. La troisième est une action au niveau du Sahel, comme au Niger, pour essayer de limiter les départs.

Si l’Italie n’a enregistré « que » 100 000 entrées sur son territoire depuis janvier 2016, elle a déjà accueilli plus de 600 000 migrants en provenance de la côte libyenne. Ceux-ci, comme ceux qui choisissent la route des Balkans sont, d’après l’UNHCR, pour quatre cinquième des migrants économiques qui ne proviennent pas de régions en guerre ou en crise majeure : Bangladesh, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Mali, Sénégal…. Ils ne sont donc pas des réfugiés politiques.

La France d’E. Macron s’est engagée à accueillir quelques 10 000 réfugiés, notamment à partir de bases tchadiennes et nigériennes. La politique migratoire doit être repensée notamment à l’aune de l’actuelle équation démographique entre une Europe vieillissante – et la France n’y échappe pas – et une Afrique dont la population devait doubler d’ici la fin du XXIe siècle. La révélation récente du scandale des marchés aux esclaves en Lybie, des meurtres et viols pratiqués par les passeurs invite aussi l’Union européenne à se positionner clairement sur le problème migratoire. Ne rien faire par démagogie reviendrait à alimenter les mouvements politiques anti-immigrés.

Donald Trump imprime sa marque en politique

Courant novembre 2017, le président américain vient de remplacer, à la tête de la banque centrale américaine (la Fed) Janet Yellen par Jérôme Powell. Très riche ancien banquier d’affaire, il est classé comme républicain modéré et connait très bien la Fed dont il est l’un des gouverneurs depuis 2012. S’il s’inscrit dans la continuité de Janet Yellen, dont D. Trump a tenu à vanter les mérites, il n’en reste pas moins rarissime de ne pas reconduire dans ses fonctions le président sortant de la Fed. Le président américain D. Trump tient ici à faire un acte d’autorité en politique intérieure, alors que jusqu’à présent il est en difficulté sur de nombreux dossiers (réforme de l’Obama care ou manque de soutien dans les rangs républicains par exemple). La nomination de « Jay » Powell doit encore être entérinée par le Sénat.

Donald Trump entame en novembre 2017 une première tournée en Asie sur fond de fortes tensions avec la Corée du Nord. Il se rend au Japon, puis en Corée du Sud, en Chine au Vietnam et aux Philippines. Il s’agit pour lui d’affirmer une nouvelle fermeté diplomatique face à Pyongyang, mais aussi face à la Chine de Xi Jinping. Il resserre les liens avec les Philippines de Duterte.

Les inquiétudes

En novembre 2017, le Venezuela est au bord du défaut de paiement, comme l’avait été avant lui l’Argentine en 2001. L’Union européenne décide d’une sanction mesurée contre Caracas : un embargo sur les armes, sans geler les avoirs de personnalités vénézuéliennes. Il s’agit pour Bruxelles d’amener le président Nicolas Maduro à négocier avec l’opposition. Moscou a signifié sa solidarité avec Caracas en procédant à une restructuration de sa dette pour un montant de 3 milliards de dollars ce qui soulage le Venezuela, sans régler les problèmes de fonds.

Au Zimbabwe, le vice-président Emmerson Mnangagwa (74 ans) a préféré quitter le pays après avoir été évincé par son vieux compagnon de route, le président Robert Mugabe (93 ans) probablement conseillé par son épouse Grace à qui on prête de nouvelles ambitions politiques. Un putsch de l’armée, dont le vice-président est proche, écarte en novembre 2017 Robert Mugabe du pouvoir qu’il détenait depuis 37 ans. Son parti, la ZANU-PF confirme son éviction, alors que la population manifeste son ras-le-bol du système Mugabe. Il est remarquable que cette transition politique – non démocratique – se fasse sans effusion de sang, mais le retour de E. Mnangagwa – le « crocodile » – ne doit pas faire illusion. Il a représenté l’aile dure de son parti pendant des décennies, associé au pouvoir – inamovible ministre – et a contribué au naufrage économique de son pays. Un pays qui était le grenier de l‘Afrique australe, dont le sous-sol regorge de richesses (or, platine, diamants, nickel…) et qui a été mis en coupe-réglée par le pouvoir.

L’Argentine reste sans nouvelle depuis la mi-novembre 2017 d’un de ses sous—marins, le Ara San Juan, avec 44 marins. L’inquiétude est forte en raison de l’épuisement des réserves en oxygène. Fin novembre, leur disparition est entérinée.

Au Proche-Orient, l’étau se resserre autour de l’EI. Après avoir perdu Mossoul en Irak et sa capitale autoproclamée, Raqqa, l’armée syrienne, aidée par l’allié russe, vient de reprendre en novembre 2017 Deir ez-Zor. Il s’agit d’une victoire très importante pour le régime de Damas qui a toujours tenu certains quartiers de cette ville qui est une des portes d’accès à l’Irak voisin. Un axe vital pour l’EI vient donc d’être perdu pour lui. Cela annonce la fin du califat, mais certainement pas du djihadisme.


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Les enjeux de pouvoir au Moyen-Orient

Le nouveau prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, fils du roi Salman, procéde en novembre 2017 à une opération « mains propres » qui s’est traduite par l’arrestation de 38 anciens ministres et hommes d’affaires ainsi que onze princes et quatre ministres. Cette opération anticorruption, qui n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans la Chine de Xi Jinping, est aussi une « révolution de palais » qui permet au nouvel homme fort de Riyad – dont on dit que le père est malade – de mettre à l’écart de potentiels rivaux comme le richissime Walid Ben Talal (cinquième fortune mondiale) ou le prince Miteb. Cette purge est d’abord un moyen politique pour le prince héritier d’imprimer sa marque sur un royaume miné par une corruption endémique et handicapé par un cours du pétrole assez bas. Il a déjà entrepris une forme de diversification économique car son pays reste très dépendant de la rente de l’or noir.

Le premier ministre libanais sunnite, Saad Hariri – fils de Rafic Hariri assassiné en 2005 – annonce en novembre 2017 sa démission, depuis l’Arabie saoudite. La surprise est totale aussi bien parmi les siens qu’au niveau de la présidence libanaise car Michel Aoun n’a pas été prévenu. Autre source d’étonnement, Saad Hariri a fait part de sa démission alors qu’il se trouve à Riyad. Il faut savoir que S. Hariri est à la tète d’un gouvernement constitué après une longue crise institutionnelle, gouvernement qui comprend le Hezbollah chiite proche de l’Iran. Cette démission s’inscrit dans un nouveau bras de fer qui oppose l’Arabie saoudite et l’Iran pour le leadership régional, on peut comprendre cette démission comme une exigence de l’allié saoudien qui veut affaiblir le Hezbollah libanais, ce qui va dans le sens attendu par Tel Aviv.

Saad Hariri a été accueilli à Paris fin novembre 2017, après une visite du président français à Riyad. Une sortie de crise honorable pour tous. Il est retourné au Liban pour la fête nationale auprès du résident Aoun qui n’avait pas entériné sa démission.



Bonnes nouvelles

Le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui juge les crimes perpétrés lors de la guerre civile en Yougoslavie, condamne en novembre 2017 Ratko Mladic à la prison à vie. Celui qui est surnommé le « boucher des Balkans » est reconnu coupable des massacres de Sarajevo et Srebrenica en Bosnie qui ont fait chacun plusieurs milliers de victimes.

En novembre 2017, la croissance économique se consolide en Union européenne. Elle devait s’établir autour de 2,4% pour la zone euro et de 1,8% pour l’année 2017 en France, les économistes sont assez optimistes pour 2018. La croissance économique européenne est plus élevée qu’aux États-Unis, une première depuis longtemps. Elle est tirée par la consommation des ménages.

Une ancienne start up française, YellowKorner, s’exporte à l’international avec à peine 10 ans d’existence. Désormais présente sur les cinq continents, elle emploie près de 250 salariés, elle vend les œuvres de 300 photographes. Les fondateurs Alexandre de Metz et Paul-Antoine Briat ont choisi de proposer des photographies d’art à des prix très raisonnables. Ils ont été aidés dans le projet par des business angels comme Pierre Kosciusko-Morizet.

Le textile redémarre dans les Hauts de France, qui en a été un berceau lors de la première révolution industrielle, avec Fibres techniques et origine France. Cette renaissance se fait grâce aux textiles dits « intelligents », les textiles techniques utilisés dans l’habillement mais aussi dans d’autres secteurs comme la santé. Un nouveau label vient d’être créé en novembre 2017, « Nord terre textile ». Des emplois se recréent progressivement dans une branche réputée, il y a peu, pour être sans avenir ; un gage d’espoir donc.

Airbus signe un contrat record lors du salon de Dubaï de novembre 2017. Indigo Partners, fonds d’investissement américain, a commandé 430 moyen-courriers de type A320, et 90 autres appareils de même classe par CDB Aviation Lease Finance ( une commande de plus de 4 milliards d’euros).

Les découvertes archéologiques se multiplient en Égypte. Une nouvelle cavité vient d’être découverte au cœur de la grande pyramide de Gizeh. Le Caire espère que cette actualité archéologique, qui alimente le versant mystérieux de l’Égypte, aidera à relancer le tourisme, secteur essentiel pour l’économie du pays.

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ENQUÊTE EXCLUSIVE : Quels liens unissent Sebastian Kurz et les réseaux Soros ?

ENQUÊTE EXCLUSIVE : Quels liens unissent Sebastian Kurz et les réseaux Soros ?

Nous publions ici en une enquête inédite sur les liens existants entre l’ECFR -European Council on Foreign Relations et l’Open Society Foundations de George Soros. Le prochain chancelier autrichien Sebastian Kurz étant membre de l’ECFR, il est nécessaire de se pencher sur l’action d’influence que joue l’ECFR auprès de l’Union-Européenne, notamment en ce qui concerne la question migratoire. Un dossier réalisé par Pierre-Antoine Plaquevent, journaliste indépendant.

Les dernières élections législatives autrichiennes, ont vu la victoire du Parti Populaire Autrichien (ÖVP) avec un peu plus de 31 % des voix devançant ainsi le Parti Social-Démocrate (SPÖ), et le Parti de la Liberté (FPÖ), la formation populiste menée par Heinz-Christian Strache.
Une alliance historique avec la droite nationale autrichienne se profilant à l’horizon : le jeune leader de l’ÖVP, Sebastian Kurz, travaillant actuellement à la création d’une coalition de gouvernement avec le FPÖ. Agé d’à peine 31 ans, le prochain chancelier autrichien a mené tambour battant une campagne axée sur la thématique de l’immigration et de la sécurité. Réussissant ainsi à mobiliser l’électorat de droite dans un contexte européen marqué par la crise migratoire et préparant le terrain pour une alliance stratégique entre conservateurs et populistes.
Une victoire saluée par l’ensemble des forces conservatrices et souverainistes en Europe. Forces qui voient dans cette victoire un rejet par l’Autriche des politiques migratoires catastrophiques menées jusqu’ici par l’Union Européenne. Les analystes de la droite conservatrice française, tel Eric Zemmour (1), se félicitant d’une prochaine alliance entre libéraux et conservateurs autrichiens. Alliance illustrant selon eux la formule électorale gagnante que représenterait une « union des droites » contre l’immigration.
Pourtant, certaines informations disponibles sur le jeune leader libéral-conservateur projettent déjà quelques ombres sur le tableau idyllique qu’en dressent la droite conservatrice et les partisans d’une union entre droite libérale et nationaux-populistes.

Sebastian Kurz contre George Soros ?

Le résultat des élections autrichiennes a immédiatement été suivi par la propagation d’une rumeur médiatique faisant état d’une confrontation entre Sebastian Kurz avec le milliardaire militant George Soros.
Une allégation complètement fausse, reprise et citée sans vérification par de nombreux médias souverainistes de tous types (2). L’origine de la diffusion de cette rumeur étant constituée par un unique article sans sources ni références, issu du site anglophone yournewswire.com. Un site internet dont le patron est l’histrion Sean Adl-Tabatabai (3), célèbre en Angleterre pour avoir été l’un des premiers homosexuels à s’être marier publiquement au Royaume-Uni. Un site qui est connu pour être à l’origine de nombreux articles infondés. A toutes fins utiles, rappelons que ce Sean Adl-Tabatabai fut auparavant le webmestre du site tristement célèbre : davidicke.com. David Icke étant l’individu qui cherchera à discréditer l’anti-globalisme par ses conceptions délirantes sur un supposé complot international d’hommes reptiles extra-terrestres.
On peut légitimement penser que des sites tels que yournewswire.com jouent en fait un rôle précis dans la guerre de l’information dont l’internet contemporain est devenu l’arène. Yournewswire est typiquement le genre de sites conçus pour discréditer la réinformation sérieuse en diffusant un discours absurde, mêlant le vrai au faux. Ce genre de site étant aussi utilisé par les géants de l’internet et des médias pour justifier toutes les législations liberticides mises en place contre la diffusion de fausses nouvelles (fake news).

Sebastian Kurz et l’ECFR

Mais revenons à Sebastien Kurz, car le plus étonnant n’est pas dans cette « fake news ». Car non seulement Sebastian Kurz n’a pas menacé George Soros et l’Open Society de mesure de rétorsions de la part de son gouvernement mais le futur plus jeune chef d’État du monde appartient en fait à l’ECFR : European Council on Foreign Relations. Un think-tank européiste de haut niveau, fondé sous l’impulsion de George Soros lui-même et financé en grande partie par l’Open Society Foundations. Une information confirmée par la simple lecture du portail internet de l’EFCR où l’on retrouve son nom parmi la liste des membres autrichiens :

« http://www.ecfr.eu/council#austria – Sebastian Kurz – Federal Minister for Europe, Integration and Foreign Affairs »

Parmi les membres de l’ECFR on retrouve aussi Wolfgang Schüssel, ancien chancelier fédéral d’Autriche, qui avait lui aussi réalisé en 1999 une entente gouvernementale entre libéraux conservateurs et populistes. Populistes dirigés à l’époque par le célèbre Jörg Haider. Une alliance qui avait fait grand bruit et avait entraîné une campagne médiatique massive contre l’Autriche.
La réalité se trouve donc à rebours de la rumeur venue brouiller récemment la réinfosphère. Mais il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse et d’imaginer Sebastian Kurz comme un simple pion de George Soros, ceci dans une vision complotiste de la politique. En tant que ministre d’un gouvernement européen, il est assez logique que Sebastian Kurz participe de think-tank d’importance comme l’ECFR. Pour autant, il est aussi crucial de rappeler le rôle central que jouent les réseaux Soros au sein de l’ECFR et plus encore le rôle que joue ce think-tank dans la politique européenne actuelle, notamment en matière d’immigration massive et imposée.

L’ECFR un think-tank fondé par George Soros

Un article du journal Libération d’octobre 2007, intitulé « Soros milite pour une politique étrangère européenne » exposait à l’époque les origines de l’ECFR (4) :

« Le richissime financier américain d’origine hongroise, George Soros, estime nécessaire que l’Union européenne devienne un acteur de poids sur la scène mondiale. Violemment critique de l’administration Bush, opposant à la guerre en Irak, l’homme qui a eu la peau de la livre Sterling en septembre 1992, estime que seuls les Européens peuvent offrir une alternative crédible à la puissance impériale américaine. Il parraine donc le lancement, aujourd’hui, d’un « think tank » paneuropéen qui est aussi un lobby dont le but est de contribuer à créer une politique étrangère véritablement commune : le « European Council on Foreign Relations » (ECFR) »

L’ECFR se veut être un lobby pan-européiste puissant, rassemblant des membres influents du monde de la politique, des affaires, des médias et du monde militaire :

« Le Conseil de l’ECFR est l’expression la plus forte et la plus visible de notre identité paneuropéenne. Il est composé de ministres des affaires étrangères, d’anciens premiers ministres, de parlementaires nationaux et du parlement européen, de commissaires européens, d’anciens secrétaires généraux de l’OTAN, de penseurs, journalistes et chefs d’entreprise. Les membres du Conseil nous aident à européaniser les conversations nationales sur les priorités et les défis de la politique étrangère de l’UE. » (5)

Parmi ses membres français on y retrouve des personnalités politiques et médiatiques influentes telles que : Bernard Kouchner, Pascal Lamy, Bruno Le Maire, Pierre Moscovici, Christine Ockrent ou Laurence Parisot. (6)
L’ECFR présentait dès sa fondation une profession de foi européiste et globaliste sans équivoque :

« * coopérer de manière plus efficace au sein des institutions multilatérales telles que l’ONU, la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC, afin de renforcer la puissance collective de l’Union européenne
* respecter l’engagement de l’UE à maintenir une perspective d’intégration pour la Turquie et les pays des Balkans occidentaux afin d’encourager leur développement politique, économique et social;
* renforcer les incitations – tels l’octroi de visas et l’accès au marché – offertes aux proches voisins de l’UE pour mieux les ancrer dans la sphère d’influence de l’Union européenne;
* conditionner d’avantage les échanges commerciaux et l’aide européenne – comme les douze milliards d’euros versés au titre de la politique de voisinage et les 22 milliards d’euros d’aide au développement dans le cadre des accords de Cotonou – aux réformes politiques dans les pays concernés;
* soutenir les valeurs européennes par tous les leviers du pouvoir européen, sans exclure, en dernier recours, la force militaire pour arrêter un génocide ou prévenir une catastrophe humanitaire en Europe ou ailleurs dans le monde. » (7)

Parmi ses soutiens financiers et donateurs on y retrouve des ministères des affaires étrangères et des ambassades de nombreux pays européens, des organismes européens tels que le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA) mais aussi l’OTAN ou l’Atlantic Council et bien sûr des fondations non gouvernementales comme l’Open Society de George Soros ou la fondation Rockfeller. Font aussi partie des donateurs de l’EFCR, de grandes sociétés privées tels que Orange ou Allianz. L’Open Society étant l’un des principaux contributeurs initiaux de l’ECFR. (8)

L’ECFR : un CFR pan-européiste

George Soros est l’un des principaux créateurs de l’EFCR qu’il a conçu dès le départ comme une version européenne du célèbre Coucil On Foreign Relations (CFR). CFR américain dont fait aussi partie George Soros.
En avril 2016, l’analyste et géopoliticien américain William Engdahl évoquait l’ECFR et le CFR dans l’un de ses articles :

« Le CFR est le think-tank créé par les banquiers Rockefeller et JP Morgan pendant les pourparlers de paix du traité de Versailles, en 1919, afin de coordonner une politique étrangère mondiale anglo-américaine. » (9)

Le CFR regroupe en fait certaines des personnalités les plus importantes du monde américain de la finance et de la politique et donne le ton de la politique étrangère depuis la fin de la première guerre mondiale. Il peut être considéré comme l’une des instances les plus influentes de la puissance impériale américaine depuis près d’un siècle. Version européenne du CFR, l’ECFR est basé à Londres et a comme co-président Joschka Fischer, l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères du Parti Vert. « Celui qui a obligé son parti à soutenir le bombardement illégal par Bill Clinton de la Serbie, sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies. » comme le rappelle judicieusement Engdahl. (10)
Et Engdahl de poursuivre : « Les autres membres de l’ECFR sont l’ancien secrétaire général de l’OTAN, Xavier Solana ; le plagiaire déshonoré et ancien ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg ; Annette Heuser, directrice exécutive de la Bertelsmann Stiftung à Washington DC ; Wolfgang Ischinger, président de la Conférence sur la sécurité de Munich ; Cem Özdemir, président de Bündnis90 / Die Grünen ; Alexander Graf Lambsdorff du Parti libéral allemand (FDP) ; Michael Stürmer, correspondant en chef de Die Welt ; Andre Wilkens, directeur de la Fondation Mercator ; Daniel Cohn-Bendit du Parlement européen. »
L’ECFR, à l’image de son parrain américain (CFR), se révèle ainsi être un lieu de collusion d’élite entre journalistes influents, banquiers, hommes politiques et militaires de l’OTAN. Le concevoir comme un outil pour l’indépendance européenne, tel que le présentait George Soros à sa création s’avère dès lors une gageure voire une pure mystification.

L’ECFR et l’agenda immigrationiste de l’Union-Européenne

Dans ce même article, William Engdahl évoquait le rôle joué par l’ECFR dans la crise migratoire en méditerranée au travers de l’ESI (European Stability Initiative) ; un autre think-tank euro-globaliste lié de près à l’EFCR et à l’Open Society de Soros :

« Le 8 octobre 2015, au milieu de la vague créée par des centaines de milliers de réfugiés inondant l’Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel proclama, au cours d’un programme populaire de télévision allemande : « J’ai un plan » (…) Ce que la chancelière allemande n’a pas dit aux téléspectateurs, c’est que son plan lui avait été fourni seulement quatre jours plus tôt, le 4 octobre, dans un document déjà intitulé le plan Merkel, par un think-tank international nouvellement créé et largement financé, appelé : l’Initiative de stabilité européenne ou ISE (ESI – European Stability Initiative). (11)

Le site internet de l’ISE indique qu’il possède des bureaux à Berlin, Bruxelles et Istanbul. L’actuel président de l’ISE, qui est directement responsable du document intitulé Plan Merkel, est un sociologue autrichien basé à Istanbul, Gerald Knaus. Knaus est également membre de l’ECFR – Conseil européen des relations internationales ( European Council on Foreign Relations ) et membre de l’Open Society. »

La lecture de nombreux articles du site de l’ECFR confirme les liens entre ESI et EFCR :

« (…) Gerald Knaus, Président fondateur de l’European Stability Initiative (ESI) et membre du conseil de l’ECFR. (…) Gerald Knaus a également participé à deux événements organisés par les bureaux de Berlin et de Varsovie de l’ECFR, dans le cadre des séries sur les migrations. C’est pour faire suite à ces deux événements que le bureau de Paris aura le plaisir d’accueillir M. Knaus dont la présentation portera essentiellement sur les itinéraires empruntés par les migrants en mer Egée et en mer Méditerranée. » (12)

L’ESI qui se définit comme « le think-tank européen pour l’Europe du Sud-Est et l’élargissement de l’UE » ne cache pas ce qu’elle doit à l’Open Society :

« L’Open Society Foundations soutient notre travail visant à promouvoir la réforme des principales institutions européennes ainsi qu’à assurer une réponse plus solide aux violations des droits de l’homme, notamment les détentions à motivation politique ou encore la torture (…) L’Open Society Institute était un bailleur de fonds majeur, soutenant également le renforcement des capacités dans le Caucase. » (13)

Rappelons ici les points principaux du plan Merkel / ESI visant à accueillir les migrants qui fuyaient la Syrie mise à feu et à sang par les « rebelles » que soutenaient les gouvernements occidentaux :

« Nous proposons un accord immédiat entre l’Allemagne et la Turquie sur les points suivants:

– L’Allemagne devrait accepter d’accorder l’asile à 500 000 réfugiés syriens enregistrés en Turquie au cours des 12 prochains mois.

– L’Allemagne s’attend déjà à ce que de nombreux réfugiés arrivent chez elle. Mais plutôt que d’attendre qu’ils entreprennent un voyage périlleux à travers la mer Egée et les Balkans occidentaux, l’Allemagne devrait accepter les revendications de la Turquie à travers un processus ordonné et assurer un transport sécurisé aux candidats retenus. L’offre devrait être limitée aux réfugiés syriens déjà enregistrés auprès des autorités turques, Afin d’éviter de créer des incitations pour de nouveaux flux migratoires en Turquie. D’autres États membres de l’UE devrait participer à ce plan.

– En contrepartie, à partir d’une date spécifiée, la Turquie devrait accepter de reprendre tous les nouveaux migrants cherchant à atteindre la Grèce depuis son territoire. Cela réduirait rapidement le flot de bateaux traversant la mer Égée à un ruisseau.

– L’Allemagne devrait accepter d’aider la Turquie à obtenir un statut de voyage sans visa pour 2016. » (14)

Peu de temps auparavant, George Soros avait lui-même proposé sur son site officiel un plan à l’origine de l’Initiative de Stabilité Européenne repris ensuite par Angela Merkel et influencé par l’ECFR. Le plan de Soros intitulé « Rebâtir le système du droit d’asile » donnait en fait les directives à suivre pour que l’Europe ne soit plus qu’un couloir de passage ouvert à tous les vents de toutes les migrations possibles venues d’Afrique et d’Orient.

Le but de ce plan n’était pas du tout de freiner les flux migratoires mais au contraire de les accompagner depuis leur source jusqu’à leur arrivée. Soros demandant à l’Union-Européenne de s’organiser pour aller quasiment chercher elle-même les migrants :

« L’UE a désormais besoin d’un plan global de réponse à cette crise, qui réaffirme l’efficacité de la gouvernance sur les flux de demandeurs d’asile, afin que les migrations puissent s’effectuer dans l’ordre et la sécurité, à un rythme adapté aux capacités européennes d’absorption des réfugiés. Afin d’être complet, ce plan devra s’étendre au-delà des frontières de l’Europe. » (15)

On peut retrouver ce plan sur le site de George Soros. Il y explique comment l’union européenne devra accepter au moins 1 million de demandeurs d’asile par an, répartis équitablement entre les pays membres mais aussi comment elle doit bâtir une « Agence des migrations et du droit d’asile » commune à tous les pays de l’UE et comment elle doit apporter son financement au pays du Moyen-Orient, comme le Liban, la Jordanie et la Turquie enfin de les aider à gérer les flux migratoires. Il y développe enfin l’idée que des couloirs humanitaires sécurisés doivent être établis afin d’aider les migrants à parvenir à leur destination finale en Europe. Couloirs humanitaires passant par la Grèce et l’Italie. L’étape suivante étant d’étendre ces couloirs jusqu’aux régions frontalières de l’UE. Tout ceci devant se faire en coopération avec l’agence de l’ONU pour les réfugiés (l’UNHCR). (16)

C’est le fameux « plan Soros » que dénonce régulièrement le gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orbán. Ce dernier ayant récemment lancé une consultation nationale sur le plan Soros (17). Entamant ainsi un bras de fer avec l’Union Européenne et l’État parallèle que constituent les instances globalistes telles que l’EFCR, l’ESI ou même l’Open Society. Une confrontation opposant deux visions de l’avenir politique de l’Europe : celle d’une Europe où les États-Nations et la souveraineté ont encore leur mot à dire et celle d’une Europe de la « gouvernance » où des instances non élues planifient la vie de millions d’Européens et de migrants, ceci en dehors de tous les processus politiques et électoraux en vigueur.

Les libéraux-conservateurs contre la Société Ouverte ?

Dans ce contexte, la participation du prochain chancelier autrichien Sebastian Kurz à des instances comme l’ECFR pose question. Comment dès lors, l’Autriche pourrait-elle imposer un agenda anti-immigrationniste sans se heurter aux vues et objectifs et aux intérêts transnationaux de lobbys tels que l’EFCR ?
Un clivage se fait-il jour à l’intérieur du leadership européiste entre les partisans d’une société ouverte intégrale et ceux qui, par réalisme économique ou sécuritaire, en viendraient à soutenir un « aggiornamento » en matière de politique migratoire ? Sebastian Kurz et son gouvernement chercheront-ils à s’émanciper de l’idéologie et des objectifs globalistes qui pilotent l’UE ou assisterons-nous à l’une des nombreuses démissions à laquelle la droite libérale nous a habitué en Europe Occidentale ?
Est-il même seulement possible pour l’Autriche de techniquement s’opposer aux injonctions immigrationnistes de l’Union-Européenne ? Peut-être que de bénéficier de leviers internes au sein d’instances comme l’EFCR pourrait justement l’y aider. A l’image de Viktor Orbán et de son parti le Fidesz qui avaient bénéficié à l’époque du communisme de l’appui des fondations Soros et qui aujourd’hui se confrontent durement aux réseaux Soros (18). Identifiant désormais l’ennemi des libertés non plus dans le communisme mais bien dans le libéralisme sans frontières et sans contrôle des tenants de la société ouverte.
L’avenir nous dira quelle option l’emportera. Toujours est-il qu’il est de plus en plus visible que les destinées européennes se décident ailleurs qu’au sein des institutions politiques validées par les processus électoraux. La classe politique européenne apparaissant toujours plus comme le simple organe de transmission de décisions prises au sein d’institutions d’influence non élues. Au sein de ce que l’on peut considérer être, si ce n’est un « État profond » euro-globaliste, au moins un État parallèle.
État parallèle qui rapproche toujours plus le spectacle de la politique parlementaire aux ombres vaines de la caverne de Platon. Spectacle dont il s’agit de s’extraire afin de sonder les véritables instances de décisions de notre époque.

Pierre-Antoine Plaquevent


Pierre-Antoine Plaquevent est journaliste indépendant. Il anime le site métapolitique Les-non-alignes.fr, site pionnier de la réinfosphère depuis sa création en 2010. Reporter pour TV-Libertés, il collabore aussi avec les principaux sites de réinformation francophone comme Égalité et Réconciliation. Il s’intéresse particulièrement aux domaines du « soft-power » et de l’infoguerre, ainsi qu’à ceux de l’identité, de la géopolitique et de l’étude comparée des religions.

https://stratpol.com/enquete-exclusive-quels-liens-unissent-sebastian-kurz-et-les-reseaux-soros/

(1) http://premium.lefigaro.fr/vox/monde/2017/10/20/31002-20171020ARTFIG00071-eric-zemmour-kurz-n-est-pas-en-meme-temps-de-gauche-et-de-droite-mais-franchement-de-droite.php
(2) https://meta.tv/autriche-kurz-chasserait-soros-tu-as-28-jours-pour-partir-2
http://www.medias-presse.info/lopen-society-de-george-soros-chassee-dautriche/81967/
http://www.ilgiornale.it/news/cronache/se-kurz-sfratta-george-soros-dallaustria-1454939.html
http://resistancerepublicaine.eu/2017/10/23/autriche-kurz-chasserait-soros-tu-as-28-jours-pour-partir/
(3) http://yournewswire.com/youngest-leader-george-soros/
https://www.thetimes.co.uk/article/mother-churns-out-stories-for-master-of-fake-news-fcmzc05sx
(4) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2007/10/02/soros-milite-po/
(5) http://www.ecfr.eu/council/members
http://www.ecfr.eu/about
(6) http://www.ecfr.eu/council/members
(7) http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2007/10/02/soros-milite-po/
(8) http://www.ecfr.eu/about/donors
(9) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(10) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(11) http://lesakerfrancophone.fr/complots-a-ciel-ouvert
(12) http://www.ecfr.eu/events/event/itineraires_de_migrants_a_travers_les_mers_egee_et_mediterranee
(13) http://www.esiweb.org/index.php?lang=en&id=65
(14) Le plan Merkel : http://www.esiweb.org/index.php?lang=en&id=156&document_ID=170
https://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/ESI-ecco-Il-piano-Merkel-164860
http://www.esiweb.org/pdf/ESI%20-%20The%20Merkel%20Plan%20-%20Compassion%20and%20Control%20-%204%20October%202015.pdf
(15) et (16) Le plan Soros : https://www.project-syndicate.org/commentary/rebuilding-refugee-asylum-system-by-george-soros-2015-09/french
https://www.georgesoros.com/2015/09/26/rebuilding-the-asylum-system/
(17) https://visegradpost.com/fr/2017/10/05/hongrie-consultation-nationale-contre-le-plan-soros/
(18) https://www.lesechos.fr/18/01/2012/LesEchos/21104-036-ECH_viktor-orban–l-infrequentable.htm

Source : John Pilger, Consortium News, 20-10-2017

Le réseau télévisuel public australien a offert à Hillary Clinton une tribune libre pour répandre des diffamations sur Julian Assange, de Wikileaks, en le qualifiant d »’instrument du renseignement russe », sans que ce dernier n’aie l’opportunité de répondre.

Le 16 octobre, la Compagnie australienne de diffusion [Australian Broadcasting Corporation] diffusait une interview d’Hillary Clinton : une interview parmi tant d’autres en vue de promouvoir son livre-règlement de comptes qui explique pourquoi elle n’a pas été élue présidente des États-Unis.

Patauger dans le livre de Clinton, What Happened, [ce qui est arrivé, NdT] n’est pas chose agréable, c’est comme un mal de ventre. De la saleté et des larmes. Des menaces et des ennemis. On « leur » a fait un lavage de cerveau (aux électeurs) et montés contre elle par l’odieux Donald Trump, de mèche avec les sinistres slaves envoyés par la grande noirceur appelée Russie, avec l’aide d’un « nihiliste » australien, Julian Assange.

On trouve dans le New York Times une photographie frappante d’une reporter consolant Clinton, juste après l’avoir interviewée. La dirigeante manquée était, par dessus tout, « absolument féministe ». Les milliers de vies de femmes que cette « féministe » a détruites alors qu’elle était au gouvernement – en Libye, en Syrie, au Honduras – n’étaient d’aucune importance.

Dans le magazine New York, Rebecca Trainster écrit que Clinton « exprimait » en fin de compte « une juste colère ». C’en était même difficile pour elle de sourire : « si difficile que les muscles de son visage lui font mal ». Sa conclusion, c’était que sans aucun doute, « si nous accordions aux rancœurs des femmes la même valeur qu’à la rancune des hommes, l’Amérique serait forcée d’admettre que toutes ces femmes en colère ont peut-être raison. »

De telles balivernes, banalisant les luttes des femmes, constituent une marque de la sanctification d’Hillary Clinton par les médias. Son extrémisme politique et son bellicisme ne souffrent aucune conséquence. D’après Trainster, son problème, ce fut un « engouement destructeur pour l’affaire des e-mails ». La vérité, autrement dit.

Les e-mails fuités du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, ont révélé une connexion directe entre Clinton et sa fondation, d’une part, et le financement du jihadisme organisé au Moyen Orient et de l’État Islamique (connu sous les noms d’ISIS, ISIL ou Daesh). La source ultime du terrorisme Islamiste, l’Arabie saoudite, fut au cœur de sa carrière.

Un e-mail de 2014, envoyé par Clinton à Podesta peu après sa démission du poste de Secrétaire d’État des USA, révèle que l’État Islamique est financé par les gouvernements d’Arabie saoudite et du Qatar. Clinton a accepté des dons colossaux de ces deux gouvernements envers la fondation Clinton.

Secrétaire d’État, elle valida la plus importante vente d’armes jamais faite dans le monde à ses mécènes en Arabie saoudite, pour plus de 80 milliards de dollars. Grâce à elle, les vente d’armes américaines dans le monde – qui sont utilisées pour frapper des pays comme le Yémen – ont doublé.

Ceci faisait partie des informations révélées par Wikileaks et publiées par le New York Times. Personne n’a contesté l’authenticité des e-mails. La campagne à suivre pour salir Wikileaks et son éditeur en chef, Julian Assange, comme « agents russes », a pris les proportions digne d’une fable spectaculaire appelée « Russiagate ». Le « complot » porterait la marque de Vladimir Poutine en personne. Le tout énoncé sans l’ombre d’une preuve.

Souillure et omission

L’interview de Clinton par ABC Australie constitue un remarquable exemple de souillure et de censure par omission. Je le considère comme un modèle.

La journaliste, Sarah Ferguson, dit à Clinton, « Chacun est touché par la douleur qu’exprime votre visage à ce moment [de l’investiture de Trump]… Vous souvenez-vous à quel point ce fut viscéral pour vous ? »

Une fois établie la souffrance viscérale de Clinton, Ferguson pose des questions sur « le rôle de la Russie ».

CLINTON: Je pense que nous savons à présent que la Russie a altéré les perceptions et les opinions de millions d’électeurs. Je pense que leurs intentions, remontant au plus haut avec Poutine, étaient de causer du tort et d’avantager Trump.

FERGUSON : Dans quelle mesure s’agissait-il d’une revanche personnelle de Vladimir Poutine contre vous ?

CLINTON: […] Je veux dire qu’il veut déstabiliser la démocratie. Il veut saper l’Amérique, il veut s’en prendre à l’Alliance Atlantique et nous considérons l’Australie comme une… une extension de cette alliance…

(La réciproque est vraie. Nous assistons au premier regroupement d’armées occidentales aux frontières de la Russie depuis la révolution russe il y a 100 ans.)

FERGUSON : Comment mesurez-vous les dégâts que [Julien Assange] vous a occasionnés personnellement ?

CLINTON : Eh bien, c’est toute une histoire avec lui, parce qu’alors que j’étais secrétaire d’État quand, euh, Wikileaks se mit à publier une grande quantité d’informations sensibles, euh, informations de notre ministère de l’intérieur et de notre ministère de la défense.

(Ce que Clinton omet de dire – et que la journaliste omet de lui rappeler – c’est qu’en 2010, Wikileaks révélait que la secrétaire d’État Hillary Clinton avait ordonné une opération de renseignements secrète visant la présidence des Nations Unies, y compris le secrétaire général, Ban Ki-Moon, et les représentants du Conseil de sécurité de Chine, de Russie, de France et du Royaume Uni. Une directive classée secrète, signée de la main de Clinton, fut envoyée aux diplomates américains en juillet 2009, exigeant une analyse des informations techniques en provenance des réseaux de communication utilisés par les plus hauts responsables de l’ONU, y compris leurs mots de passe et clés de chiffrement personnelles, en usage sur les réseaux privés comme commerciaux. Cette opération fut nommée Cablegate. Il s’agissait d’espionnage illégal.)

CLINTON : C’est [Assange] très clairement un instrument au service des renseignements russes. Et euh, il a suivi leurs directives.

(Clinton n’expose aucune preuve de ces graves accusations, et Ferguson ne lui en demande pas.)

CLINTON : On n’a vu aucune information négative ou préjudiciable en provenance du Kremlin sur Wikileaks. On n’en a jamais vu.

(C’est faux. Wikileaks a publié un nombre très important de documents sur la Russie – plus de 800 000 pièces, dont la plupart sont critiques, dont beaucoup ont été repris dans des livres et ont servi de preuves auprès de tribunaux.)

Un « opportuniste nihiliste ».

CLINTON : Aussi, je pense qu’Assange est devenu une sorte d’opportuniste nihiliste, aux ordres d’un dictateur.

FERGUSON : Beaucoup de gens, y compris en Australie, pensent qu’Assange est un martyr de la liberté d’expression et de la liberté d’information. Comment le décririez-vous ? Vous venez de le décrire comme nihiliste.

CLINTON : Oui, et un instrument. Je veux dire qu’il est instrumentalisé par les Renseignements russes. Et s’il est un tel martyr de la liberté d’expression, pourquoi Wikileaks ne publie jamais rien venant de Russie ?

(De nouveau, Ferguson remet pas en cause ce qui est dit et n’essaye pas de corriger Clinton).

CLINTON : On a assisté à une opération concertée entre Wikileaks et la Russie, et très probablement certaines personnes aux États-Unis, pour transformer ces informations en armes, pour inventer des histoires… en vue d’aider Trump.

FERGUSON : Et puis, en plus de toutes ces histoires bizarres, il y a eu des informations révélées sur la Fondation Clinton qui dans l’esprit d’au moins certains électeurs vous ont probablement associés…

CLINTON : Oui, mais c’était faux!

FERGUSON : avec la propagation d’informations…

CLINTON : C’était faux ! C’était complètement faux !

FERGUSON : Comprenez-vous la difficulté pour certains électeurs de comprendre les sommes d’argent que la Fondation [Clinton] lève, la confusion avec les activités de consultance qui génère aussi de l’argent, les cadeaux reçus, les voyages et tout ce que Bill Clinton a pu recevoir, qui ont même posé des problèmes à Chelsea ?

CLINTON : Oh vous savez, je regrette, Sarah, je veux dire, je connais les faits…

« L’icône » d’une génération

La journaliste d’ABC loue alors Clinton comme « l’icône de sa génération ». Elle ne lui pose aucune question sur les sommes énormes qu’elle a reçues en provenance de Wall Street, comme les 675 000 dollars pour un discours chez Goldman Sachs, l’une des banques au cœur de l’effondrement de 2008. L’âpreté au gain de Clinton a profondément contrarié un certain électorat qu’elle avait qualifié de « lamentable ».

Manifestement à la recherche d’un gros titre racoleur dans la presse australienne, Ferguson demande alors si Trump est « un danger clair et avéré pour l’Australie » et a eu la réponse qu’on pouvait prédire.

Cette journaliste de haut niveau ne fait aucune mention du danger « clair et avéré » de Clinton pour le peuple d’Iran, qu’elle a menacé « d’anéantir complètement », ni pour les 40 000 libyens qui ont trouvé la mort dans les attaques de 2011 contre leur pays, orchestrées par Clinton. Tout émoustillée, la Secrétaire d’État se réjouit du meurtre horrible du dirigeant libyen, le Colonel Kadhafi.

« La Libye, c’était la guerre d’Hillary Clinton », a déclaré Julian Assange au cours d’une interview filmée avec moi l’an dernier. « Barack Obama était contre au départ. Qui soutenait cette guerre ? Hillary Clinton. C’est documenté au travers de ses e-mails… Sur les 33 0000 e-mails d’Hillary Clinton que nous avons publiés, plus de 1700 concernaient uniquement la Libye. Ce n’est pas qu’il y ait du pétrole pas cher en Libye. Elle voyait l’élimination de Kadhafi et la chute de l’état libyen comme un élément qu’elle pourrait utiliser dans sa course à l’élection présidentielle.

« Alors, fin 2011, on a vu arriver ce document interne appelé Tic Tac Libyen, qui a été écrit pour Hillary Clinton ; il s’agit d’une description chronologique de son rôle central dans la destruction de l’état libyen, qui a provoqué environ 40 000 morts en Libye ; les jihadistes se sont implantés, I’EI s’est implanté, amenant à la crise européenne des réfugiés et des migrants.

« On voyait non seulement les gens fuir la Libye, fuir la Syrie, la déstabilisation d’autres pays africains à cause des flux d’armes, mais l’état libyen lui-même était devenu incapable de contrôler les mouvements de masse qui le traversaient. »

C’était ça le sujet – pas la douleur « viscérale » de Clinton perdant face à Trump, ni les commérages égocentriques énoncés dans l’interview d’ABC. Clinton a une part de responsabilité dans la déstabilisation massive du Moyen Orient, amenant à la mort, à la souffrance et à la fuite de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants.

Ferguson n’en a pas pipé mot. Clinton a diffamé Assange plusieurs fois, lequel n’a reçu aucune défense ni aucun droit de réponse de la part de la télévision d’État de son propre pays.

Dans un tweet en provenance de Londres, Assange citait le code de bonne conduite d’ABC qui stipule : « Quand des accusations sont émises envers une personne ou une organisation, prendre les actions raisonnables au vu des circonstances pour leur donner un droit de réponse. »

« La pute de Poutine »

Après l’émission d’ABC, le producteur exécutif de Ferguson, Sally Neighbour, a re-tweeté le message suivant : « Assange est la pute de Poutine. Nous le savons tous ! »

L’injure, effacée depuis, fut même utilisé comme lien dans les sous-titres de l’interview : « Assange est la p… de Poutine (sic). Nous le savons tous ! »

Depuis quelques années que je connais Julian Assange, j’ai assisté à une campagne d’insultes et de diffamation visant à l’arrêter et à bloquer Wikileaks. C’est un assaut frontal contre les lanceurs d’alertes, contre la liberté d’expression et le journalisme libre, autant de concepts qui sont maintenant sous le feu des gouvernements et des régulateurs des sociétés d’Internet.

La première attaque sérieuse contre Assange est venue du Guardian, qui, tel un amant éconduit, s’est retourné face à celui qui fut sa source, assailli, après avoir profité dans les grandes longueurs des divulgations de Wikileaks. Sans qu’un centime n’en revienne à Assange ou à Wikileaks, un livre du Guardian donna lieu à un film juteux produit par Hollywood. Assange y était dépeint comme « sans cœur » et une « personnalité abîmée ».

C’est comme si une jalousie rampante était incapable d’accepter que ses réussites remarquables représentent un contraste flagrant avec les productions de ses détracteurs dans les médias « mainstream ». C’est comme regarder les gardiens du statu quo, qu’importe leur âge, se battre pour faire taire la vraie dissidence et empêcher l’émergence d’un avenir nouveau et encourageant.

À ce jour, Assange est toujours réfugié politique, face à un obscur État belliciste dont Donald Trump est la caricature et Hillary Clinton l’incarnation. Sa résilience et son courage sont stupéfiants. À sa différence, ses bourreaux sont des lâches.

John Pilger est un journaliste australo-anglais, établi à Londres. Le site web de Pilger est : www.johnpilger.com.

Source : John Pilger, Consortium News, 20-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

11 réponses à Clinton, Assange et la guerre pour la vérité, par John Pilger

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Entre 1,7 et 3 milliards d’euros volées au contribuable français… Netanyahou pris dans l’affaire du CO2

Entre 1,7 et 3 milliards d’euros volées au contribuable français… Netanyahou pris dans l’affaire du CO2

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/11/benyamin-netanyahou-1728x800_c.jpg

Entre 1,7 et 3 milliards d’euros volées au contribuable français… Netanyahou pris dans l’affaire du CO2

80% de l’argent volé en France est parti en Israël

L’essentiel des gigantesques sommes (entre 1,7 et 3 milliards d’euros) volées au contribuable français par une bande d’escrocs franco-israéliens a pris le chemin d’Israël, et l’Etat français n’a guère manifesté à ce jour sa volonté de les récupérer.

Le quotidien Haaretz & Mediapart

Dans un nouvel article consacré à cette « mafia du CO2 » dont une partie des membres sont actuellement jugés à Paris, le correspondant en France du quotidien Haaretz, Dov Alfon, annonce tout de même que la justice française va se montrer un peu plus dynamique à l’avenir.

Reportage France 3

Escroquerie France & UE

Benyamin Netanyahou pris dans l’affaire du CO2

Un premier procès impliquant les membres de la bande présents en France (les autres sont soit réfugiés en Israël, soit morts des suites de règlements de comptes internes) vient de se terminer devant le tribunal correctionnel de Paris. Le procureur a requis à l’encontre du principal accusé, Arnaud Mimran, une peine de 10 ans de prison et la confiscation de tous les biens sur lesquels il sera possible de mettre la main. Selon Haaretz, à peine 30 millions d’euros de transferts de la fraude hors de France vers Israël auraient à ce stade été identifiés (ce qui ne veut pas dire récupérés, bien entendu).

Benjamin Netanyahou en août 2003 à Monaco, en compagnie d’Arnaud Mimran

Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 7 juillet 2016, et on ne sait évidemment pas si Arnaud Mimran et ses comparses auront d’ici là été eux aussi se mettre à l’abri en Israël, des fois que les juges français aient la mauvaise idée de suivre les réquisitions du procureur.

Sitôt le jugement du 7 juillet rendu, écrit Dov Alfon, le parquet financier devra décider de lancer ou pas une « chasse au trésor » qui s’annonce difficile, même avec de la bonne volonté, en raison des innombrables complicités dont ont bénéficié les fraudeurs.

Benjamin Netanyahou & Arnaud Mimran

Le parquet devrait notamment s’intéresser au rôle joué par la société Track Performance Ltd, dont les associés sont Arnaud Mimran lui-même et Meyer Habib, député à l’Assemblée Nationale et l’un des principaux relais de Benjamin Netanyahou en France.

Meyer Habib & Benyamin Netanyahou

Cette société a été enregistrée auprès de l’ambassade d’Israël en France, et ses statuts fondateurs ont été signés dans les locaux de la représentation diplomatique. Mais parmi les curiosités de Track Performance Ltd, on remarque la présence supposée, comme actionnaire, de Anna Dray, ex-épouse de Mimran, et fille du milliardaire Claude Dray, assassiné dans des conditions mystérieuses..

Ladite Anna Dray est censée résider au Chili, selon les statuts constitutifs de Track Performance Ltd. Sauf que l’intéressée a formellement démenti auprès de Haaretz avoir jamais été actionnaire de la société, avoir jamais mis les pieds au Chili, non plus que dans les locaux de l’ambassade israélienne en France, ni dans les bureaux du cabinet d’avocats israéliens –cabinet ayant au demeurant également Netanyahou et Habib comme clientsoù s’est domiciliée la société.

Des liens très proches… : Le député UDI Meyer Habib & Arnaud Mimran

Du côté des médias israéliens, ce sont évidemment les déclarations de Mimran au procès de Paris, lorsqu’il a affirmé qu’il avait arrosé largement Netanyahou pendant des années, qui ont retenu l’attention, d’autant plus que Netanyahou s’est empêtré dans sa communication, commençant par démentir tout lien avec l’escroc, pour finir par concéder qu’il avait bien profité de ses largesses. .

Meyer Habib, lui aussi sur la sellette, reste pour le moment droit dans ses bottes : « Arnaud Mimran m’a effectivement demandé d’entrer au capital de la société qu’il voulait créer pour montrer son attachement à Israël. Mais à ma connaissance, cette société n’a jamais été active, elle n’a jamais ouvert de compte bancaire, et ne m’a en tout cas jamais rapporté le moindre shekel. », déclare-t-il au journaliste Dov Alfon, pas franchement convaincu par ces « explications ».


En novembre 2012, pour la Bar Mitzvah de son fils, Arnaud Mimran a invité Puff Diddy, Pharrell Williams, Patrick Bruel, Craig David, Bar Refaeli et Akon..

Il a envoyé un iPad en guise de carton d’invitation à 500 invités..

Source : Wikipédia

L’on peut être que généreux avec l’argent volé aux contribuables français et européens..

Les sommes envolées donnent le tournis….

Entre 1,7 et 3 milliards de pertes pour la France et 6 milliards pour les pays de l’Union Européenne.

Arnaud Mimran & Benyamin Netanyahou

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Meyer_Habib

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Mimran

https://fr.wikipedia.org/wiki/Benyamin_Netanyahou

http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.724639

https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.710864

https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.714474

https://www.challenges.fr/economie/fiscalite/proces-du-co2-l-etat-a-la-poursuite-du-magot-des-escrocs_13302

http://www.alterinfo.net/Mafia-du-CO2-80-de-l-argent-vole-en-France-est-parti-en-Israel-Haaretz_a123389.html

http://www.alterinfo.net/Les-secrets-francais-de-Netanyahou-revelations-de-Mediapart_a122187.html

http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/08/14/l-incroyable-histoire-de-l-arnaque-au-carbone-le-resume-des-cinq-episodes_5172257_4415198.html

Note :

Haaretz est l’un des quatre plus grands quotidiens nationaux en Israël

source:https://aphadolie.com/2017/11/26/entre-17-et-3-milliards-deuros-volees-au-contribuable-francais-netanyahou-pris-dans-laffaire-du-

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Attentat au Sinaï : quels enjeux politiques et religieux ?

Attentat au Sinaï : quels enjeux politiques et religieux ?

Le vendredi 24 novembre 2017, des terroristes ont attaqué une mosquée située dans la région du Sinaï en Égypte. L’attaque a fait plus de 300 morts et 128 blessés. C’est l’attaque la plus meurtrière de l’histoire récente de l’Égypte.

L’événement tragique s’est passé durant la traditionnelle prière du vendredi, à la mosquée Al Rawdah dans le Nord-Sinaï. Des hommes armés ont encerclé la mosquée avec leurs véhicules. Ensuite, ils ont posé une bombe à l’extérieur de la mosquée. Après l’explosion, ils ont profité de la panique générale pour ouvrir le feu sur les fidèles. Ils ont aussi mis le feu à leurs véhicules afin de bloquer la sortie. Le bilan de l’attentat s’élève à 305 morts dont 27 enfants.

Attentat dans une mosquée Soufie

L’attaque a ciblé une mosquée fréquentée par des adeptes soufis. Le soufisme est un courant qui prône un Islam spirituel et se caractérise par son mysticisme. Le but ultime d’un croyant soufi est d’atteindre un état de pureté qui témoignerait de la présence de Dieu dans son cœur. Il est constamment à la recherche de l’amour de Dieu et de la sagesse. Les pratiques soufies sont marquées par une place importante occupée par les chants religieux et autres danses célébrant l’amour du divin. Les Soufis sont considérés comme des hérétiques par les courants les plus radicaux de l’Islam, qui les accusent de polythéisme à cause de leurs hommages rendus aux saints – dont les tombeaux sont considérés par les Soufis comme des lieux de culte. Selon un témoin de l’AFP, des djihadistes étaient venus à la mosquée un mois auparavant pour prévenir le Muezzin qu’il ne fallait pas célébrer le Mouled, fête qui commémore la naissance du prophète, et qui est considérée par les courants salafistes comme une « innovation » en Islam, et donc un péché. L’attaque n’a toujours pas été revendiquée, néanmoins, les Soufis sont une cible privilégiée de l’État islamique qui a déjà perpétré des attaques contre des adeptes de ce courant, notamment au Pakistan.

Sinaï, Egypte, attentat
Carte du Sinaï

Une région très instable

Ce n’est pas la première fois qu’un attentat est perpétré dans le Sinaï. Cette région est en effet source de conflits depuis des années, et pour cause, son emplacement est stratégique, à la frontière d’Israël et de la bande de Gaza. Depuis les années 2000, on a vu se développer dans cette péninsule plusieurs groupes terroristes, à l’instar du groupe Ansar Baït Al-Maqdis (Les Partisans de Jérusalem) qui prête allégeance à l’Etat Islamique en 2014. Leur but est depuis d’instaurer le califat dans la péninsule. Ce groupe dont le nom s’est transformé en Wilayat Sinaï (La Province du Sinaï) est désormais considéré comme l’une des branches les plus actives de l’État islamique en dehors de l’Irak et de la Syrie.

Un énième coup dur pour Al-Sissi

Cette attaque représente à ce jour l’attentat le plus meurtrier de l’histoire récente de l’Égypte. Néanmoins, depuis l’arrivée d’Al-Sissi au pouvoir après le coup d’État de juillet 2013, les attaques terroristes sur le sol égyptien se sont multipliées. On se rappelle de la bombe placée à bord du vol 9268 Metrojet à destination de Saint-Pétersbourg, lorsque l’avion se crasha dans la péninsule du Sinaï faisant ainsi 224 morts en octobre 2015, ou encore des nombreux attentats visant les coptes revendiqués par l’État islamique, notamment celui d’avril 2017 qui fit 45 morts et 136 blessés. Le président égyptien a promis de répondre avec « force brutale » à cette attaque. « Les forces armées et la police vengeront nos martyrs » a-t-il affirmé. Onze terroristes on été tués lors d’un raid lancé par les forces de sécurité égyptiennes mardi 28 novembre. Mais cet attentat intervient à un moment critique pour le maréchal Al-Sissi qui, à quelques mois des élections voit sa popularité en chute libre au vu de la situation économique et sécuritaire difficile en Égypte.

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About Hakim FEKIH

Etudiant à l’ESSEC après deux années de classe préparatoire au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. Particulièrement intéressé par les thématiques de politique internationale.

 

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Les forces spéciales chinoises en Syrie

Les forces spéciales chinoises en Syrie

L’unité des forces spéciales de Shenyang “Siberian Tiger” et l’unité des forces spéciales de Lanzhou “Night Tiger”, bientôt en Syrie

La Chine entend acheminer en Syrie deux contingents, baptisés « Les Tigres de Sibérie » et « Les Tigres de la nuit ».

Selon le site web The Middle East Monitor, la Chine entend acheminer deux contingents de forces spéciales en Syrie, dans le but de soutenir le président syrien Bachar al-Assad.

Pékin a pris cette décision sur fond de ses préoccupations quant à la présence au Turkestan oriental, en Chine, d’éléments terroristes affiliés à Daech.

Le Turkestan oriental fait partie du Turkestan, situé dans l’État de Xinjiang. Les éléments extrémistes qui habitent au Turkestan oriental ont beaucoup aidé le groupe terroriste Daech à combattre le gouvernement d’Assad.

Ce vendredi 24 novembre, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré Bouthaina Shaaban, conseillère du président syrien. Lors de cet entretien, le chef de la diplomatie chinoise a remercié le gouvernement Assad d’avoir lutté contre les éléments extrémistes, originaires du Turkestan oriental. Le gouvernement syrien affirme que quelque 5 000 terroristes, venus du Turkestan oriental, se sont illégalement infiltrés en Syrie, via le territoire turc.

Il ne s’agira pas de la première fois que des militaires chinois sont acheminés vers la Syrie.

En 2015, le gouvernement syrien a autorisé le déploiement de 5 000 soldats chinois dans l’ouest de Lattaquié. Des équipements militaires maritimes et aériens avaient été donnés à ces troupes par la Chine.

La Chine fait partie des cinq grandes puissances du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont le droit de veto, dont elle a usé pour défendre la souveraineté de la Syrie.

parstoday.com

 

https://infosdanyfr.wordpress.com/2017/11/30/les-forces-speciales-chinoises-en-syrie/

Daniele Ganser: La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

Daniele Ganser: La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

 

Daniele GANSER, brillant historien et écrivain suisse allemand – spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon et la géostratégie – expose ici en toute clarté et simplicité le cadre géopolitique conduisant aux conflits dont il est question dans son dernier ouvrage Les Guerres illégales de l’OTAN. Vendu à plus de 50 000 exemplaires en Allemagne, cet ouvrage est le cri d’un citoyen qui n’accepte pas que les règles de l’ONU soient violées, foulées aux pieds. Un ouvrage fort instructif et facile à lire qui devrait, à l’approche des Fêtes où chacun aspire à la paix, trouver sa place sous l’arbre de Noël. [Arrêt sur info].


Daniele Ganser. Crédit photo Tobias Sutter


Entretien traduit de l’allemand par Laurent Bénac et Jonas Lismont le 29 novembre 2017

Question : M. Ganser, vous êtes un historien, spécialiste de l’Histoire contemporaine depuis 1945 et expert en politique internationale. Au sein de l’Institut SIPER que vous avez créé et que vous dirigez, vous vous intéressez à de très nombreux sujets comme l’énergie et la géostratégie, les conflits pour les ressources et la politique économique, les mises en œuvre de guerres secrètes, et (je dirais presque paradoxalement) la paix. Votre nouveau livre est intitulé Les Guerres illégales de l’OTANdonc parlons-en pour commencer. Qu’est-ce qui rend une guerre légale, ou illégale ?

Daniele GANSER : De manière générale, toutes les guerres sont illégales. La Charte de l’ONU, signée en 1945, énonce explicitement que les États doivent résoudre leurs différends sans avoir recours à la violence ou aux armes. Les guerres sont donc clairement illégales. Il existe toutefois deux exceptions à cette règle : premièrement, la légitime défense ; si un pays est agressé, il a le droit de se défendre militairement. Deuxièmement, une guerre est légale si le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté un mandat explicite en ce sens.

Question : Dans votre livre, vous parlez des États-Unis comme d’un « Empire »… Pourquoi ce terme ? En France, la classe médiatique et/ou politique va immédiatement crier à « l’anti-américanisme primaire ». D’ailleurs, ce réflexe pavlovien a-t-il cours également dans les pays de langue allemande ?

Daniele GANSER : Je suis un historien. Pour moi, le terme d’Empire est celui usité pour décrire le pays le plus puissant à un moment donné. Il y eut ainsi l’Empire romain au début de notre ère ; ce n’est pas je crois « anti-italien » de parler de l’Empire romain ! Au xixe siècle, l’Empire britannique connut son apogée. Il n’est pas « anti-britannique » d’évoquer cet Empire… Depuis 1945, donc depuis plus de 70 ans, les États-Unis sont le pays le plus puissant. Il n’est pas « anti-américain » de dire cela. C’est un fait. Il existe environ 200 pays dans le monde aujourd’hui. Mais si nous examinons les 5 Membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU – sans doute les 5 pays les plus puissants ou influents – une vérité saute aux yeux : les dépenses militaires US s’élèvent à 600 milliards de dollars par an, infiniment plus que n’importe quel autre pays. La Chine dépense environ 200 milliards annuellement, la Russie 70, la France et le Royaume-Uni à peu près 50 milliards chacun. En outre, les États-Unis disposent de 10 porte-avions, la France d’un seul (le Charles de Gaulle) comme la Russie et le Royaume-Uni, et la Chine en a 2 depuis peu (le second n’étant pas encore en service). Les USA entretiennent des bases militaires dans plus de 40 pays (dont par exemple Guantanamo à Cuba, et Ramstein en Allemagne). La France compte des bases militaires dans 11 pays différents (parmi lesquels l’Allemagne, et des pays africains comme le Mali, le Niger, le Tchad, Djibouti, …) Par ailleurs, le dollar américain est la monnaie de référence au niveau mondial. La devise la plus importante dans l’économie mondiale n’est ni l’Euro, ni le Rouble, le Renminbi ou le Franc suisse ! Enfin, depuis 1945, les États-Unis ont bombardé plus de pays que n’importe quel autre État dans le monde. La liste des pays bombardés inclut l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, l’Irak, le Soudan, la Serbie, la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, le Nicaragua, le Pakistan, la Somalie, le Yémen, Cuba… et cette liste n’est pas exhaustive. Pour ces raisons, et d’autres encore, les États-Unis sont clairement un Empire ; il n’y a aucun doute à ce sujet. Je ne regarde pas la télévision française, et ne lis pas la presse française, je ne sais donc pas si ce terme est d’usage fréquent en France… Mais les experts en géopolitique français ne peuvent ignorer que les États-Unis sont la seule et unique superpuissance. Ici, en Suisse alémanique où je vis, ce terme d’Empire US n’est pas beaucoup utilisé, parce que les gens ont peur que cela crée des problèmes avec l’Empire, ou nuisent aux relations commerciales.

Question : D’autant que vous allez plus loin : vous affirmez aussi que les États-Unis sont une oligarchie…

Daniele GANSER : Oui, bien sûr. L’ancien Président Jimmy Carter a dit en 2015 que les États-Unis ne sont plus une démocratie mais une oligarchie, c’est-à-dire un pays dirigé par une petite classe supérieure riche qui constitue au plus 1% de la population totale. Carter expliquait qu’un candidat à l’élection présidentielle US avait besoin d’au moins 300 millions de dollars pour concourir. Il y a plus de 320 millions d’habitants aux USA, mais combien d’après vous peuvent disposer d’une telle somme ? Si vous n’appartenez pas à l’oligarchie, vous n’avez aucune chance d’être un jour élu Président des États-Unis. Le Président est toujours choisi parmi les riches. Les 100 sénateurs aussi appartiennent à l’oligarchie : ils ne siègent pas au Sénat qui n’est pas un cénacle de « vieux sages », mais une assemblée de riches ! En moyenne la fortune d’un sénateur est de 3 millions de dollars. Ceux qui occupent des fonctions exécutives sont encore plus riches : certains des membres de l’Administration Trump ne sont pas des millionnaires, mais des milliardaires. Leurs intérêts est de défendre leur fortune et de devenir encore plus riches. Ce qui est classique dans un système oligarchique. C’est donc l’oligarchie US qui dirige l’Empire US.

Question : Pourtant, citoyen suisse, vous n’êtes pas « anti-américain ». Vous expliquez même que vous avez été stupéfait de constater « non sans effroi » que « ce sont les pays de l’OTAN, qui, conduits depuis 70 ans par les États-Unis, ont déclenché le plus de guerres illégales, et ce dans une impunité totale. »

Daniele GANSER : Quand j’étais étudiant en histoire, j’ai voyagé à de nombreuses reprises aux USA. Je suis allé à New York, Boston, Miami, Los Angeles, Seattle, et bien d’autres villes encore. Les paysages américains et la nature en particulier sont merveilleux. La plupart des citoyens aux Etats-Unis sont des gens formidables ; ce sont les oligarques qui initient les guerres. Le citoyen lambda, aux États-Unis comme ailleurs est trompé par la propagande véhiculée par les médias qui répètent sans cesse que l’Amérique combat pour la liberté et la démocratie. Mais c’est un mythe. Cela n’est pas vrai. Les oligarques se battent pour leurs intérêts commerciaux et dans le but d’étendre la puissance de l’Empire US. J’ai beaucoup appris des universitaires américains comme Noam Chomsky ou des journalistes comme William Blum, que j’ai rencontrés, et qui critiquent l’Empire de manière virulente. En fait, les critiques les mieux informés et les plus pertinents vivent aux USA. La liberté d’expression existe, et il leur est donc possible de s’exprimer publiquement et de publier des livres.

Question : Tout au long de votre livre, vous insistez sur l’importance du droit international. Vous citez de nombreux professeurs de droit qui tous sont unanimes… Pourtant, en Occident, la presse acquise à l’OTAN n’en parle jamais. Ou plutôt, elle l’ignore méthodiquement quand des États membres de l’OTAN le viole, et ne fait mine de s’en souvenir que si elle estime que des pays ennemis le bafoue. Pour prendre un exemple, je n’ai pas connaissance d’un média français qui ait expliqué à nos compatriotes que MM. Hollande ou Obama commettent un acte d’agression quand ils ordonnent à leur aviation de bombarder des objectifs en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien, alors que M. Poutine reste, lui, dans le strict cadre du droit international quand les avions russes interviennent dans ce même pays, avec l’accord du gouvernement. Autre exemple notable : personne en France ne s’est étonné que trois ministres successifs des Affaires étrangères français (MM. Juppé, Fabius et Ayrault) aient appelé à un changement de régime en Syrie, alors même que cela est en complète violation de la Charte des Nations Unies qui régit le droit international…

Daniele GANSER : Oui, il y a vraisemblablement un problème dans la presse française si le public n’est pas informé qu’il est illégal de renverser un gouvernement étranger, ou même simplement d’essayer de fomenter un changement de régime dans un pays tiers. Les dirigeants français, avec leurs homologues britanniques, états-uniens, saoudiens et qataris ont tenté de renverser le gouvernement syrien. Jusqu’à présent, ces tentatives ont échoué : M. Assad est toujours au pouvoir. Clairement, cela était illégal au regard du droit international. Au cours de l’Histoire, les Russes aussi ont mené des opérations illégales. L’URSS a envahi la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1979, sans mandat du Conseil de Sécurité. Les guerres illégales sont malheureusement fréquentes… En 1956, la France, en accord avec la Grande-Bretagne et Israël a attaqué l’Égypte durant la crise du canal de Suez, un autre exemple de guerre illégale. Mais la presse le plus souvent n’utilise même pas ce terme, et lorsqu’un concept n’est pas débattu dans les journaux, ou jamais présenté à la télévision, alors il ne faut pas s’étonner que les gens ne se posent pas la question pourtant toute simple de savoir si ces guerres sont légales ou pas… Ou s’il n’est pas illégal d’armer des groupes militants dans des pays comme la Syrie ou le Nicaragua ? Dans mon livre, je montre comment les pays membres de l’OTAN se sont engagés dans de telles guerres dites secrètes, et oui bien sûr, tout cela est souvent absent des journaux (ou complètement falsifié) mais les gens qui lisent des livres peuvent apprendre énormément de choses factuelles.

Question : Les manifestations monstres qui eurent lieu partout dans le monde pour s’opposer à l’invasion de l’Irak par les États-Unis et leurs alliés britanniques en 2003 ont, depuis, été quelque peu oubliées. Elles ont révélé à la fois l’arrogance de l’Empire US, et l’impuissance du mouvement pacifiste. Depuis, malgré le désastre total qui a suivi la destruction de l’appareil d’État irakien, le revirement des dirigeants français, (mais aussi italiens, allemands, etc.) a été aussi rapide que complet : ces pays ont mené, directement ou indirectement des guerres néocoloniales en Libye puis en Syrie, plongeant au nom des « droits de l’Homme » et de la « défense de la démocratie » deux pays stables et indépendants dans le chaos. Il est très difficile de savoir si l’opinion publique est entièrement dupe de la propagande qui a précédé et accompagné ces guerres illégales… Quelle est votre opinion ?

Daniele GANSER : La France et l’Allemagne se sont en effet opposées à l’attaque illégale de l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003. Et oui, effectivement, il y eut d’énormes manifestations contre la guerre à Paris, New York, Londres, Berlin, Rome et même ici en Suisse. J’ai participé à la manifestation à Berne, l’une des plus imposantes que la Suisse ait jamais connue. Cela montre que des millions de personnes sont contre les guerres illégales d’agression. Et puis, en 2011, quand la France, le Royaume-Uni et les USA ont bombardé la Libye, il n’y eut presque aucune manifestation pacifiste. Pourquoi ? C’est difficile à dire. Car là aussi les règles de l’ONU ont été violées. La France, le Royaume-Uni et les USA avaient un mandat du Conseil de Sécurité pour établir une zone de restriction de vol au-dessus de la Libye. Et ils l’ont détourné pour effectuer un changement de régime au cours duquel Kadhafi a été assassiné. Ce n’était absolument pas ce qu’autorisait le mandat onusien. Ces « jeux d’influence » (pardonnez la litote !) déstabilisent des régions entières. Beaucoup en France pensent qu’il est acceptable que Sarkozy ait fait bombarder la Libye. Mais imaginez un instant la situation inverse : que Kadhafi ait fait bombarder Paris ! La Charte de l’ONU est claire sur ce point : aucun pays n’a le droit d’en bombarder un autre sans avoir un mandat explicite en ce sens du Conseil de Sécurité. Tous les États doivent obéir à ces règles. Sinon, nous courrons le risque que plus personne ne respecte le droit international, ce qui signifierait le chaos.

Question : Vous citez des exemples concrets de mensonges de guerre, et vous vous intéressez aussi à cette propagande pluriquotidienne et multicanaux dont nous sommes bombardés. Vous commentez notamment l’usage qui est fait d’expressions orwelliennes comme « opérations », « frappes chirurgicales », « guerres humanitaires »…

Daniele GANSER : Oui, toutes ces guerres illégales sont vendues à l’opinion publique des pays qui les mènent, en l’occurrence la population des pays membres de l’OTAN, sous la forme appétissante de nobles missions humanitaires. Mais cela n’a aucun sens : il ne peut y avoir de guerres humanitaires, c’est impossible car les deux termes sont absolument contradictoires. Les guerres sont toujours brutales, horribles et meurtrières. Dans certains cas, comme en 2011 en Libye ou en 1999 en Serbie, des commandos des Forces spéciales ont même attisé les tensions en armant des groupes militants dans le pays cible. Le plus souvent, une guerre secrète précède la phase médiatisée de la guerre. Mais les gens assis devant leur téléviseur ne voient rien de cette phase préalable, la guerre secrète et se laissent duper et manipuler. J’ai écrit ce nouveau livre pour expliquer ces choses d’une manière simple mais pas simpliste, agréable, de sorte à ce que même des adolescents puissent le lire et comprendre ce que sont les guerres illégales.

Question : Vous êtes l’auteur des Armées secrètes de l’OTAN [1] un ouvrage traduit dans 10 langues, qui a établi votre réputation auprès de vos pairs, et qui a été salué par des nombreuses personnalités impliquées dans le mouvement pacifiste. Vous avez enseigné à la prestigieuse ETH de Zurich, et à l’Université de Bâle. Puis vous avez publié un article sur le 11-Septembre, critique de la version donnée par l’administration Bush, et à partir de là, les ennuis ont commencé…

Daniele GANSER : C’est vrai. Ma thèse de doctorat portait sur le Réseau Gladio et les armées secrètes de l’OTAN. Je suis donc un historien spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon, et la géostratégie. Ce livre a été bien reçu, mais en 2006, j’ai publié un article dans un journal suisse, dans lequel je plaidais pour une nouvelle enquête sur les attentats du 11-Septembre car la narration de Bush n’est pas crédible. L’ambassade des États-Unis en Suisse m’a immédiatement attaqué en disant que tous ceux qui se posent des questions sur ce sujet colportent des théories complotistes. Aujourd’hui encore, le mot « complotiste » est utilisé pour stigmatiser les chercheurs et les historiens comme moi et les empêcher de poser des questions sur le 11-Septembre. Mais cette interdiction n’est pas acceptable. Les historiens et les scientifiques en général doivent toujours avoir le droit de poser des questions ! Sinon, c’est la fin de la science. Imaginez que l’on ait interdit à Descartes de penser, ou à Galilée ou Socrate de réfléchir. Poser des questions est nécessaire. Dans mon article, j’invitais chacun à s’intéresser au bâtiment 7 du World Trade Center, la 3e tour qui s’est effondrée à New York ce jour-là, bien qu’aucun avion ne l’ait percutée. Pourquoi s’est-il effondré ? Cela n’est pas clair. Il n’y a que 2 possibilités : l’incendie ou la démolition contrôlée. J’ai cité un expert suisse de la sécurité des bâtiments qui disait que cela ressemblait beaucoup à une démolition contrôlée. Deux ans plus tard, en 2008, le NIST (l’Institut national des  Normes et de la Technologie) publia un rapport niant cette possibilité et donnant l’incendie comme explication de l’effondrement. Je ne sais pas si cela est vrai ou si c’est un mensonge. A ce jour, plus de 2 000 architectes et ingénieurs regroupés dans l’association AE911Truth de Richard Gage exigent une nouvelle enquête sur les causes de cet effondrement, car selon eux, de nombreux éléments prouvent la thèse de la démolition contrôlée. Je ne sais pas ce qui s’est passé le 11-Septembre, ni les raisons de l’effondrement du WTC 7, mais je soutiens la demande d’une nouvelle enquête car nous avons vraiment besoin de connaître toute la vérité.

Question : La version allemande de Wikipedia (et dans une moindre mesure les versions anglaise et française) vous ont longtemps présenté (voire vous présentent encore) comme une « théoricien du complot ». À ce sujet, le documentaire Le côté obscur de Wikipedia démontre de manière passionnante comment fonctionne « la police de la pensée » en vigueur sur le site. On y comprend comment une poignée de personnes anonymes ont détourné les règles éthiques de l’encyclopédie en ligne pour soi-disant « protéger » les lecteurs du site d’idées qu’ils jugent inadéquates. Dans le chapitre concernant l’Afghanistan, vous revenez à la charge sur les attentats du 11-Septembre, et citez des analyses de David R. Griffin, Richard Gage… Comme l’édition française des Guerres illégales de l’OTAN est publiée aux éditions Demi-Lune, il est évident que les journalistes en France – qui tireraient pourtant grand profit à vous lire ! – vont vous ignorer consciencieusement, même si l’édition originale a été publiée chez l’un des plus anciens et des plus sérieux éditeurs suisses…

Daniele GANSER : Wikipedia attaque toute personne qui pose des questions sur le 11-Septembre. C’est assez étrange. Pendant des années, l’article qui me concerne sur Wikipedia (en allemand) était plutôt bon. Puis j’ai fait part publiquement de mes doutes sur le 11-Septembre et le WTC 7 en particulier, et ai appelé à une nouvelle enquête, et alors soudainement l’article me concernant est devenu accusatoire : j’étais devenu un « théoricien du complot » ! Bien sûr, je ne suis rien de tel : je suis simplement un historien suisse qui fait son boulot. Mais cela doit vraiment vous inciter à réfléchir, quand vous vous rendez compte qu’un tout petit groupe de personnes contrôle l’encyclopédie la plus utilisée dans le monde, et qu’il est capable d’effacer les corrections d’un public beaucoup plus grand s’il en décide ainsi. Le film que vous mentionnez l’explique très bien. Pour ce qui est des médias français, je ne sais pas s’ils parleront du nouveau livre, cela ne dépend pas de moi !

Question : Votre livre est un best-seller dans les pays de langue allemande. La presse s’en est-elle fait l’écho ? Sinon comment expliquez-vous un tel succès, vraiment remarquable pour un ouvrage traitant de géopolitique, d’Histoire militaire et de relations internationales ? J’imagine que vous ne vous attendiez pas à un tel engouement…

Daniele GANSER : Plus de 50 000 exemplaires du livre se sont vendus en moins d’un an. J’en suis évidemment très content, et profite de l’occasion pour remercier mes lecteurs de leur intérêt. Je pense que la raison pour laquelle tant de gens ont acheté et lu ce livre est d’abord qu’il est écrit dans un style simple, accessible à tous. Ensuite, il offre à chacun un regard en coulisses : beaucoup de gens savent que les politiciens leur mentent, que la télévision et les médias leur mentent, mais ils ne savent pas très bien comment sont élaborés ces mensonges ni comment est disséminée la propagande des guerres illégales. Et les gens se sont emparés du livre pour s’instruire, s’informer sur le sujet, ce qui me réjouit profondément. J’ai énormément de retours très positifs, ce qui est toujours plaisant.

Question : Vous donnez en outre des conférences devant des salles combles, et celles qui ont été filmées et mises en ligne sur le Net cartonnent (en VO) avec des centaines de milliers de vues chacune. Cela doit vous réjouir profondément de constater qu’une grande partie de vos lecteurs sont de jeunes adultes, qu’ils cherchent à comprendre le monde dans lequel ils vivent, et que le thème de la paix leur semble de la plus haute importance ? Je serais tenté d’ajouter : contrairement aux médias alignés qui ne sont plus que les porte-paroles de dirigeants bellicistes et qui battent constamment les tambours de guerre (Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan, Libye et Syrie).

Daniele GANSER : C’est vrai, beaucoup de jeunes gens, entre 15 et 25 ans, assistent à mes conférences et regardent mes vidéos sur Internet. Ce ne sont pas les médias allemands qui ont fait le succès du livre, plutôt l’Internet et ces présentations données dans les pays de langue allemande et qui sont accessibles sur YouTube. Les compteurs des 10 conférences les plus populaires totalisent plus de 5 millions de vues, ce qui est beaucoup pour ce type de sujets. Cela a aidé fortement à faire connaître le livre. Mais la plupart sont en allemand malheureusement. Je n’ai donné qu’une présentation en français, à Paris en 2016, visible ici. Je ne me sens pas très à l’aise quand je m’exprime en français. Cela m’est plus facile en allemand ou en anglais, et je donne donc la priorité au monde germanophone.

Question : Il semble qu’il y ait également un réel intérêt du public, en Allemagne, pour une profonde remise en cause du bien-fondé de l’existence même de l’OTAN. Vous rappelez d’ailleurs qu’après la chute du mur de Berlin et au moment où l’Allemagne s’est réunifiée, puis à plus forte raison quand l’Union soviétique s’est effondrée et que le Pacte de Varsovie a disparu, de nombreuses voix ont appelé à la dissolution de l’Alliance atlantique. Non seulement cela ne s’est pas produit, mais l’OTAN est alors devenue une Alliance offensive, notamment en Serbie… Puis elle s’est rapidement agrandie (elle compte maintenant 29 États membres) et étendue à l’Est, jusqu’à la frontière avec la Russie. Cette évolution est pour le moins préoccupante…

Daniele GANSER : C’est très juste. L’OTAN s’est agrandie après la chute du mur de Berlin en 1989. À l’origine, l’Alliance Atlantique se présentant comme strictement défensive, affirma qu’elle n’attaquerait jamais un État, mais qu’elle réagirait en cas d’attaque d’un de ses membres. Mais ensuite, l’Empire US a changé de doctrine, et les pays membres lui ont emboîté le pas. La Serbie a été bombardé en 1999. En toute illégalité. En Allemagne, le parti Vert de Joschka Fischer et le Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder ont participé à l’attaque, aux côtés du Président Clinton. Cela se fit au grand désarroi de beaucoup de militants à l’intérieur du mouvement pacifiste allemand.

Question : J’ai pu lire dans certaines recensions de votre livre que l’on vous reproche de citer Kadhafi (quelques brefs extraits de son fameux discours à l’ONU)… une critique pour le moins incongrue puisqu’un chapitre des Guerres illégales de l’OTAN traite justement de la Libye. Êtes-vous aussi catalogué comme un ami de Poutine et de « Bachar » du fait que vous portez un regard critique sur l’OTAN et n’adhérez pas entièrement aux récits des médias concernant la crise en Ukraine et la guerre en Syrie ?

Daniele GANSER : Ce que j’explique dans mon livre est simple : des pays puissants comme les États-Unis et la France ne devraient pas en attaquer de plus petits comme la Libye ou la Syrie. Cela n’est ni juste ni légal et n’apporte que le chaos. Je m’exprime en tant que citoyen de la Suisse qui comme vous le savez est un tout petit pays. Nous n’aimons pas voir le droit international foulé aux pieds. Que va-t-il se passer si les grandes puissances décident de ne plus respecter la Charte de l’ONU ? Ou si les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité s’attaquaient, notamment les États-Unis et la Russie par exemple ? Il pourrait en résulter une guerre nucléaire. Personne ne veut cela n’est-ce pas ? Pourtant, en Syrie, chasseurs et bombardiers US et russes évoluent dans le même espace, menant leurs opérations séparément, et il existe des risques de confrontation directe. C’est une situation dangereuse. J’espère que tout se passera bien, mais il est fondamental d’exiger le respect par tous de la Charte onusienne : c’est l’intérêt du mouvement pacifiste partout dans le monde comme de l’humanité dans son ensemble.

Question : En tant qu’historien, comment expliquez-vous que la propagande de guerre fonctionne toujours aussi bien, à la fois avant le conflit pour le préparer, et pendant, pour que la population des États « démocratiques » soutienne des actions non seulement illégitimes mais surtout illégales ? Comment des procédés aussi grossiers (par exemple diaboliser l’ennemi du jour comme le « nouvel Hitler ») peuvent-ils ne pas être totalement éculés ? Je mets « démocratiques » entre guillemets, car vous écrivez que la population allemande n’a pas été consultée par rapport à la décision historique – qui viole la Constitution – de faire participer la Bundeswehr à la guerre en Syrie (pas plus que les populations française, britannique, canadienne, états-unienne, etc. vis-à-vis de leur propre armée).

Daniele GANSER : La base de la propagande de guerre est toujours d’utiliser l’arme de la peur. Les gens sont vulnérables à la peur. C’est pourquoi on a recours à ce sentiment. Qui va de pair avec la haine. En associant les deux, il est facile de mobiliser des populations entières en faveur de la guerre. En divulguant des histoires sur le fait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive, vous créez de la peur chez les gens, indépendamment du fait que cela soit vrai ou pas. Quand a été pointée du doigt la responsabilité de Saddam dans les attentats du 11-Septembre – un moment de peur intense – c’est le levier de la haine qui était activé. Plus tard, avec le recul, les historiens arrivent et expliquent que M. Hussein n’avait rien à voir avec le 11-Septembre et qu’il ne disposait pas d’ADM, mais évidemment, il est déjà trop tard ! La guerre illégale a commencé et énormément de gens sont morts. Il s’agit d’une véritable politique qui allie la peur à la haine et aux mensonges ; et elle fonctionne très bien. Dans un chapitre de mon livre, je traite de la guerre du Vietnam qui a commencé (pour les USA) en 1964. L’Empire US affirma alors que les Nord-Vietnamiens avaient attaqué un bateau américain dans le Golfe du  Tonkin., ce qui contribua à créer un sentiment de peur et de haine dans le pays. Bien des années plus tard, les historiens découvrirent que l’attaque n’avait jamais eu lieu, c’était un autre mensonge. La plupart des guerres illégales commencent par des mensonges. Je consacre également un chapitre à Cuba. En 1961, les États-Unis affirmèrent devant le Conseil de Sécurité de l’ONU que des pilotes cubains avaient bombardé leur propre pays avant de se réfugier aux USA, parce qu’ils haïssaient le régime de Fidel Castro. Cette histoire aussi était fausse.

Question : J’insiste sur votre courage politique, car malheureusement, à part quelques exceptions notables (Mme Lacroix-Riz, MM. Jacques Pauwels ou Michael Parenti viennent – entre autres – immédiatement à l’esprit), les historiens ne se distinguent pas en général par leur intégrité. Le récent documentaire américain (de Burns & Novick) sur la guerre du Vietnam diffusé par Arte en est un exemple caricatural : alors qu’il dure presque 9 heures dans sa version « courte », les réalisateurs réussissent l’exploit de ne pas présenter les incidents du golfe du Tonkin comme une manipulation de l’administration Johnson, et de ne jamais simplement mentionner que la guerre au Vietnam, tout comme les bombardements au Laos et au Cambodge étaient purement et simplement illégaux au regard du droit international. Alors que ces événements datent de 50 ans et plus, ils se contentent ainsi de dire que l’implication des forces armées US au Cambodge fut « gardée secrète », ce qui est très différent. On est donc en droit de penser que ce documentaire – partout présenté comme admirable, radical et presque révolutionnaire car il donne aussi la parole aux Vietnamiens ( !) – tient plus de la propagande de guerre (John Negroponte, présenté comme un diplomate, y intervient de manière récurrente), et est coupable de dissimulations de crimes d’agression (le plus grave selon le Tribunal de Nuremberg)…

Daniele GANSER : Je n’ai pas vu cette série documentaire. Ce que je peux dire, sans risque de me tromper, c’est que si un documentaire sur la guerre du Vietnam n’explique pas à son audience que cette guerre était illégale, et qu’elle a débuté par un mensonge, alors soit le propos est manipulateur soit le travail de recherche est réellement insuffisant.

Question : Malgré tous ces mensonges, et toutes ces guerres, parvenez-vous encore malgré tout à rester optimiste ?

Daniele GANSER : Absolument. Je suis le père de deux jeunes enfants. Je garde l’espoir que la « famille humaine » sera capable de mettre un terme à la plupart des mensonges et à la brutalité qui définissent encore les relations internationales. Je suis pleinement conscient que de nombreux défis se posent à nous en ce xxie siècle. Mais aucun ne pourra être résolu par la violence. Et je réalise que de plus en plus de gens comprennent cela. Des réseaux se créent sur le Net, pour inventer des solutions alternatives, pour en finir avec les cycles et autres spirales de violence, en boycottant les chaines de télévision et les journaux qui appellent à la guerre ou la soutiennent. Donc oui, il y a de l’espoir. L’être humain peut toujours progresser, s’élever dans la voie de la conscience. La France a connu la royauté ; elle vit maintenant en démocratie : c’est un progrès historique. Il fut un temps où les femmes n’avaient pas le droit de vote (en Suisse, en France, en Angleterre, aux USA, etc.).  Elles le peuvent maintenant, ce qui est aussi un progrès historique. J’espère que dans un futur proche, nous saurons respecter la Charte onusienne et le progrès historique qu’elle constitue. Cela est possible, et cette excellente idée produirait des bénéfices mutuels pour l’intégralité de la grande famille humaine.

Question : En conclusion, j’aimerais vous poser deux questions en phase avec l’actualité. La présente situation au Venezuela n’est pas sans rappeler celle des mois qui ont précédé le renversement de Salvador Allende au Chili (pays non traité dans le livre) ou celle juste après la Révolution cubaine, avec l’opération Mangouste qui visait à miner la popularité du nouveau pouvoir, en sabotant l’économie de l’île.

Daniele GANSER : C’est certain, la situation au Venezuela aujourd’hui est extrêmement instable. Mais je ne suis pas un expert, et je me garderai donc de tout commentaire. Bien sûr, il est historiquement avéré qu’à maintes reprises, l’Empire US a renversé des gouvernements étrangers en toute illégalité, et le coup d’État de 1973 au Chili en est un exemple flagrant.

Question : Même si le contexte historique (et géopolitique) est très différent, en lisant le chapitre sur Cuba (et le long développement sur la crise des missiles) on ne peut s’empêcher de penser à la crise « actuelle » (si l’on peut dire, car elle a débuté en 1993) entre la Corée du Nord et l’Empire US… Cette crise me semble illustrer le propos même de votre livre, à savoir que la violation récurrente du droit international et de la Charte de l’ONU sur l’interdiction de la violence conduit à toujours plus de conflits. (Le régime nord-coréen – qui a déjà connu une guerre contre les USA, au cours de laquelle l’usage de l’arme atomique a été envisagé – se sentirait sans doute moins menacé dans sa survie si des pays membres de l’OTAN n’étaient pas intervenus pour procéder à des changements de régime en Irak, en Libye et en Syrie, sans compter tous les autres cas que vous décrivez dans le livre.)

Daniele GANSER : Il existe actuellement de fortes tensions entre l’Empire US et la Corée du Nord. Fort heureusement, elles n’ont pas abouti à une guerre entre ces deux pays. Quand ils voient les États-Unis bombarder des pays illégalement et en toute impunité, certains petits États peuvent être tentés de penser que l’arme atomique les protégera, que c’est le seul moyen de se défendre, la seule chose qui arrêtera l’Empire US. Mais je pense que ce n’est pas un bon calcul. Il me semble qu’il serait plus avisé de respecter la Charte des Nations Unies. Neuf pays sont des puissances nucléaires : les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) et l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Plus il y aura d’États nucléarisés, et plus le système sera fragile. L’ICAN dénombre actuellement plus de 16 000 têtes nucléaires dans le monde. Une telle puissance de feu est capable de détruire plusieurs fois la planète. Mais nous n’en avons qu’une seule, et je pense que nous ne devons pas la détruire.

Merci à vous, M. Ganser.


[1] On peut commander le livre Les armées secrètes de l’OTAN ici

Page Facebook de l’ouvrage Les guerres  illégales de l’OTAN.


Source: Arrêt sur info

 

http://arretsurinfo.ch/daniele-ganser-la-plupart-des-guerres-menees-par-des-membres-de-lotan-commencent-par-des-mensonges/

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