COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

21.11.2017

COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

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Par Boris Le Ngoc, SFEN

Leadership climatique, pragmatisme et volontarisme, le président Macron a mis en avant ses priorités pour le climat à la COP23 et plaidé pour l’« abandon des fétiches irréalistes ».

S’appuyant sur le manifeste des 15 000 scientifiques sur l’urgence climatique et environnementale, le président de la République Emmanuel Macron a averti que « Le seuil de l’irréversible a été franchi. Les évènements climatiques s’intensifient et se multiplient. La France l’a vécu aux Antilles il y a quelques semaines, sur l’île de Saint-Martin. »

 

Quatre priorité

La France, a expliqué Emmanuel Macron, a quatre priorités en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La première, c’est celle des « interconnexions » en Europe. En septembre dernier, lors de son allocution à la Sorbonne, le chef de l’Etat avait plaidé pour le développement des interconnexions : « Parce qu’à certaines saisons, là où le renouvelable se produit en masse, nous devons en faire bénéficier toute l’Europe. À d’autres moments, là où l’énergie nucléaire est indispensable, peu carbonée, pas carbonée et à bas coût, nous devons aussi la mutualiser. Nous aurons un marché européen de l’énergie qui fonctionne mieux si nous développons enfin de manière accélérée ces interconnexions. » Grâce à une production massive et programmable ainsi que de part sa position géographique stratégique, la France participe activement à la stabilisation de la plaque électrique d’Europe de l’Ouest. Ce rôle est appelé à grandir dans les années à venir avec l’essor des énergies renouvelables intermittentes.

Deuxième priorité, « avoir un prix plancher du CO2 en Europe, (…). Un vrai prix à 30 euros la tonne. » L’exemple britannique a en effet montré qu’une telle mesure permet de fermer très rapidement les centrales de production les plus polluantes, en particulier au charbon, et de rémunérer les plus vertueuses, nucléaire et renouvelables en tête, pour favoriser leur essor.

Avec la troisième priorité, visant à « l’intégration des objectifs environnementaux dans notre politique commerciale », ces axes prioritaires nécessiteront un accord au niveau européen dans lequel le président semble prêt à s’engager. Enfin, la dernière priorité vise à « travailler sur l’accélération de la montée des énergies renouvelables. » 

Prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon

Les « fétiches irréalistes »

Le Président est revenu sur l’annonce le 8 novembre par Nicolas Hulot concernant le repport de la réduction de la part du nucléaire : « que personne ne se trompe ici, prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon ou des centrales thermiques. Et donc faire l’inverse de ce que nous sommes en train de nous engager à faire. »

Emmanuel Macron a surtout fustigé, sans les nommer, les « fétiches irréalistes » : « Le plan climat qui a été présenté par le ministre est un plan courageux. Aucun recul sur notre engagement sur le climat n’a été fait, au contraire ; des décisions responsables ont été prises qui ont abandonné les fétiches irréalistes mais ont pris avant tout un agenda de décisions crédibles, volontaristes qui supposera l’engagement de tous. »

Enfin, à la tribune de l’UNFCC, le Président de la République a rappelé qu’il concentrerait son action sur l’avènemnt d’une société post-carbone : « Nous nous sommes engagés clairement pour une sortie de la production des énergies fossiles et une vraie transformation de notre modèle de production. Ainsi la France a-t-elle décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon d’ici la fin de l’année 2021, l’absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques, et surtout à travers un projet de loi hydrocarbure voté à l’Assemblée nationale et qui sera parachevé dans les prochaines semaines, l’interdiction de tout nouveau permis d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans notre pays. C’est la première fois qu’un pays développé décide pour son propre territoire d’une telle politique ; nous l’assumons parce que c’est celle qui est indispensable pour être au rendez-vous du climat et de la transition que nous avons actée.»

 

http://www.sfen.org/fr/rgn/cop23-macron-livre-un-discours-offensif-pour-le-climat

A la découverte de l’eau mouillée…

A la découverte de l’eau mouillée…

 

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17 novembre, 2017
Tribune libre

Michel Raimbaud

Ô stupeur, ô merveille de la liberté de l’info, les médias des « grandes démocraties » occidentales viennent de découvrir un sujet susceptible d’activer la compassion de nos chaumières, de nos salons et des milieux où l’on pense bien : après une enquête il faut croire très difficile et une traque harassante puisqu’elle aura demandé presque sept années, les investigateurs des chaines de TV « internationales », de concert avec de « grandes ONG » non moins « internationales », ont débusqué des marchés d’esclaves, en plein vingt-et-unième siècle…

 

Il est vrai que les esclavagistes, vendeurs comme acheteurs, ne sont pas de chez nous, et que les esclaves en promotion pour quelques centaines de dollars pièce viennent du Niger, du Nigéria, du Mali, de Côte d’Ivoire et de Afrique subsaharienne (comme on dit). Il n’y a apparemment pas de français, ni parmi les victimes, ni parmi les coupables. Il est vrai également que l’histoire se passe en Libye, un pays où l’on s’était habitué aux « foucades » du Guide et aux étrangetés de sa Jamahiriya, ce qui aurait pu tout expliquer jadis… L’ennui, – nos gens d’écrans, de micros et de gazettes ne le savent peut-être pas ou l’ont oublié – c’est qu’il n’y a plus d’Etat libyen et que nos pays sont directement responsables de sa disparition et du « chaos constructeur » qui l’a détruit, sans oublier l’assassinat du Colonel rebelle qui défiait l’Occident : c’est si loin tout ça, il y a sept ans déjà, et hors de nos eaux territoriales. Les dirigeants de l’Axe du Bien s’étaient pourtant mis en quatre pour le peuple libyen et ses révolutionnaires primesautiers, à coups de bombardements humanitaires, de destruction des installations militaires et civiles, saisissant au passage « les milliards de Kadhafi » pour l’empêcher de massacrer son peuple. Que de chagrin pour nos intellectuels ou dirigeants qui se disaient « fiers du bilan de la France en Libye… ».

« Vous mélangez tout », « je ne comprends pas » me diront nos propagandistes et inconditionnels de la doxa. Ils ont raison : la vente
d’esclaves, ce n’est pas pareil. Et puis au moins nos médias auront fini par révéler ce que toute personne normalement constituée et normalement intelligente pouvait savoir. Il suffisait de lire ou d’écouter : écouter « des complotistes » ? Vous n’y pensez pas, s’excuseront beaucoup d’entre eux afin de continuer à être admis au club des faussaires. Nous, les vrais de vrais, nous avons confiance dans la presse de notre pays…

Ne faisons pas trop la fine bouche, malgré notre indignation devant l’hypocrisie, le cynisme et la lâcheté. Réjouissons-nous de ce réveil presque posthume. La grande mobilisation dans le landernau des chaînes de news concernera-t-elle bientôt les ventes d’esclaves à Raqqah en Syrie, sous l’égide de Da’esh, protégé par nos amis américains et islamistes turcs ou arabes ? Dénoncera-t-on l’exfiltration de terroristes de l’« organisation Etat Islamique » au vu et au su de la « coalition internationale » et de ses protégés ? Ou les destructions meurtrières provoquées par les bombardements de la même « coalition » sur Raqqah et Mossoul en Irak ? Il serait enfin urgent de lever l’omerta sur le martyre du peuple du Yémen où toutes les infrastructures ont été détruites et où les Saoudiens et leurs alliés s’acharnent sur tout ce qui bouge, les Yéménites étant exposés aux bombes, à la faim et au choléra, dans un silence sidéral de la « communauté internationale ».

Allez, hommes et femmes de l’info, de la politique et de la pensée, ouvrez les yeux, débouchez-vous les oreilles, remuez un peu vos méninges, pour dire enfin la vérité sur ces entreprises de mort avant qu’elles ne débouchent sur une issue que vous ne prévoyiez peut-être pas. Dans le désastre médiatique, intellectuel et politique, sauvez au moins les meubles et ce qui reste d’honneur à nos pays. Ou bientôt vous ne pourrez vraiment plus vous regarder dans le miroir…

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur de France

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/294-a_la_decouverte_de_leau_mouillee/

Syrie : colère russe contre Israël

  • Syrie : colère russe contre Israël

Coup de froid russo-israélien

Le ton monte entre Israël et la Russie. Alors que Tel-Aviv multiplie les menaces contre l’armée syrienne et ses alliés dans le sud de la Syrie, l’ambassadeur russe en Israël fustige le  « non » d’Israël à l’accord tripartite que viennent de signer les USA, la Russie et la Jordanie et qui rétablit la zone de désescalade au sud syrien. Le haut diplomate appelle Israël à « ne pas exagérer dans ses évaluations » quant à la place que représente le sud de la Syrie et les événements qui s’y produisent dans la sécurité nationale israélienne.

Cité par ElNashra, Alexandre Shein affirme que « l’accord signé le 8 novembre à Amman entre la Russie et les Etats-Unis auquel s’est ralliée la Jordanie a été confidentiel dans sa première moture. La seconde version évoque entre autres les modalités techniques d’une mise en oeuvre de la zone de désescalade au sud de la Syrie. Les Israéliens ne devraient en aucun prix exagérer les impacts de cette note d’entente sur la sécurité d’Israël ».

L’ambassadeur s’est dit étonné de la réaction de Tel-Aviv aux récentes déclarations du chef de la Diplomatie russe, Serguei Lavrov. Ce dernier avait mis l’accent sur le caractère légal de la présence des forces iraniennes en Syrie, puisque cette présence « réponde à la demande de l’Etat syrien ».

« C’est dans le cadre de la lutte contre le terrorisme que la Russie approuve la présence de l’Iran en Syrie et c’est toujours dans ce même cadre que l’armée coopère avec l’armée iranienne. En réalité il revient à l’Etat et au peuple syriens et à eux seuls de décider de la présence de tel ou tel pays étranger sur le sol syrien. Cette présence-là devra d’ailleurs se déicider au terme des discussions nationles élargies « .

La mise en garde de l’ambassadeur russe aux dirigeants israéliens intervient alors que le chef d’Etat-major de l’armée iranienne, le général Bagheri est parti lundi à Sotchi pour participer au sommet consacré à l’avenir politique de la Syrie.  Cité par Al Mayadeen, le chef d’Etat-major russe, Valéri Guérassimov, a salué les efforts irano-russes qui « ont abouti  » pour marquer la victoire contre le terrorisme en Syrie. « C’est à l’Iran et à la Russie à présent de faire tout pour consolider cette victoire militaire qui s’achève à Abou Kamal et qui se traduit par la prise du contrôle de la totalite des frontières syriennes »

 

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i49985-syrie_col%C3%A8re_russe_contre_isra%C3%ABl

Le sauvetage américain de l’État islamique à Raqqa est révélé

Un reportage d’investigation de la BBC intitulé « Le sale secret de Raqqa » confirme les accusations de l’Iran, de la Russie et du gouvernement syrien selon lesquelles le Pentagone aurait collaboré avec l’État islamique d’Irak et de Syrie (ÉI) pour l’évacuation des combattants de l’ÉI au milieu du siège de la ville par l’armée américaine.

Le récit de la BBC, basée sur des entretiens avec certains de ceux qui ont organisé l’évacuation avec les chauffeurs de camion qui ont été amenés pour transporter les combattants et d’autres qui l’ont observé, décrit un convoi de quatre kilomètres de longue comprenant « 50 camions, 13 bus et plus de 100 véhicules appartenant au groupe État islamique. Les combattants de l’ÉI, les visages couverts, étaient assis avec défiance sur les toits certains des véhicules ».

Au total, le convoi, qui est parti le 12 octobre, a transporté quelque 4000 personnes – des combattants de l’ÉI et leurs familles – ainsi que des tonnes d’armes, de munitions et d’explosifs. L’armée américaine et sa force terrestre par procuration : les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, se sont assurées que les journalistes et les « cameramen » étaient tenus à l’écart de Raqqa afin d’empêcher que des images de la longue colonne de camions soient diffusées dans le monde.

Le récit a été largement ignoré par les médias américains. Cela va à l’encontre des déclarations répétées de hauts responsables américains qui jurent d’annihiler l’ÉI jusqu’au dernier homme en Irak et en Syrie et démystifie la plus grande affaire de fausses nouvelles du 21ᵉ siècle – la prétendue guerre américaine contre le terrorisme.

Face aux preuves découvertes par la BBC, le Pentagone a été obligé de reconnaître que l’évacuation avait eu lieu, tout en insistant sur l’idée que l’armée américaine n’était simplement qu’un spectateur innocent.

« Nous ne voulions pas que quelqu’un parte », a déclaré à l’agence de presse le colonel Ryan Dillon, porte-parole de l’Opération « Inherent Resolve ».

« Mais cela touche au cœur de notre stratégie “par, avec et à travers” les chefs locaux sur le terrain. Cela revient aux Syriens – ce sont eux qui se battent et qui meurent, ils prennent les décisions concernant les opérations », a-t-il dit.

C’est un non-sens patent.

Le siège de Raqqa a été organisé par l’armée américaine et mené au moyen d’une campagne impitoyable de frappes aériennes et de bombardements d’artillerie menée par les forces américaines qui ont fait des milliers de morts et blessés chez les civils et la majeure partie de la ville sous les décombres. La milice des « Forces de défense syrienne » opère sous la direction des États-Unis avec des troupes d’opérations spéciales américaines intégrées dans ses rangs.

La décision de transporter des combattants armés de l’État islamique en sécurité ailleurs en Syrie a été prise aux plus hauts échelons de l’appareil militaire et du renseignement américain et pour des raisons stratégiques évidentes.

En termes d’objectifs immédiats, Washington était impatient de terminer le siège de Raqqa afin de lancer une offensive rapide visant à battre l’armée syrienne pour le contrôle des champs de pétrole et de gaz stratégiquement vitaux dans la province orientale de Deir Ezzor en Syrie. Le SDF a depuis capturé deux des plus grands champs pétroliers, Al-Tanak et al-Umar.

Plus largement, cependant, Washington a un intérêt important à voir l’ÉI vivre pour se battre un autre jour. L’existence continue de la milice islamiste fournit un prétexte à l’occupation permanente de la Syrie et de l’Irak au nom de la lutte contre le terrorisme.

Le secrétaire américain à la défense, le général James Mattis (surnommé Chien enragé), a directement exprimé ces objectifs lors d’un briefing lundi au Pentagone, déclarant que l’armée américaine resterait en Syrie pour combattre l’ÉI « tant qu’ils veulent encore se battre ».

Il a poursuivi en indiquant que les États-Unis avaient l’intention de continuer leur occupation militaire illégale du pays jusqu’à ce qu’il y ait un règlement politique mettant fin à la guerre que la CIA elle-même orchestrait pour effectuer un changement de régime en Syrie il y a cinq ans.

« Nous n’allons pas simplement partir maintenant sans que le processus de Genève ne soit en phase », a-t-il déclaré, faisant référence aux négociations longtemps interrompues entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et les prétendus rebelles soutenus par la CIA, L’Arabie Saoudite et les autres pétromonarchies du Golfe.

L’ÉI est apparu comme une force majeure dans la région grâce à la guerre américaine pour le changement de régime, s’engraissant sur les milliards de dollars d’armes et d’aide acheminée en Syrie par la CIA et les alliés régionaux de Washington. Il a continué à bénéficier de ce soutien jusqu’à ce qu’il s’oriente vers l’est en Irak, acheminant les forces de sécurité irakiennes entraînées par les États-Unis à Mossoul et dans une grande partie de l’Irak en 2014.

À la suite de la défaite supposée de Daech et de la reprise de sa « capitale » Raqqa, ces mêmes forces peuvent être rebaptisées « rebelles » anti-Assad et utilisées dans la poursuite des objectifs de l’impérialisme américain de sécuriser le changement de régime en Syrie, préparer la confrontation militaire avec l’Iran et la Russie et affirmer l’hégémonie américaine au Moyen-Orient au moyen des forces armées.

Bill Van Auken

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 16 novembre 2017

La Route de la soie arctique : un énorme bond en avant pour la Chine et la Russie

La Route de la soie arctique :
un énorme bond en avant pour la Chine et la Russie


Federico PIERACCINIPar Federico Pieraccini – Le 13 novembre 2017 – Source Strategic Culture

La Route de la soie chinoise, rebaptisée Belt and Road Initiative (BRI), développe des infrastructures le long des routes commerciales terrestres et maritimes.

The Arctic Silk Road: A Huge Leap Forward for China and Russia

Mais on sait peu de choses sur l’initiative de la Chine dans le cercle polaire arctique, qui représente une nouvelle voie que Pékin est maintenant en mesure de développer, grâce à la technologie, avec le partenariat stratégique de la Russie.

Impliquant environ 65 pays et affectant 4,4 milliards de personnes, représentant 30% du PIB mondial, avec un investissement total de Pékin qui pourrait dépasser mille milliards de dollars, le projet est immense et demande beaucoup d’imagination pour saisir les intentions de la direction chinoise. Avec une foule de projets déjà en cours, et certains presque achevés – le Corridor sino-pakistanais connu sous le nom de CPEC est archétypal – les routes terrestres et maritimes se développent côte à côte. Beaucoup d’encre a été utilisée pour décrire les intentions de Pékin concernant les connexions Est-Ouest du vaste continent eurasien. Les pipelines, les lignes de chemin de fer, les câbles de fibres optiques, les infrastructures de télécommunications et les autoroutes dominent les discussions, tout comme celles sur les coûts, les études de faisabilité, la sécurité et le retour sur investissement. La Route de la soie terrestre est certainement un défi imposant qui n’est pas seulement commercial mais qui pose les fondations d’une plus grande intégration culturelle et sociale entre les pays voisins. C’est un projet qui, à long terme, vise à amalgamer le continent eurasien et à surmonter les contradictions qui le composent grâce à une coopération gagnant-gagnant et au développement économique.

La route maritime est un projet plus structuré, lié principalement à deux besoins intrinsèques de la République populaire de Chine. Le premier est commercial et concerne la nécessité pour Pékin d’expédier ses marchandises le long des routes établies, en créant des ports et des installations pour l’approvisionnement en cours de route. L’objectif est d’augmenter les profits des cargos, surtout lorsqu’ils reviennent en Chine remplis de marchandises, ainsi que de créer de nouveaux centres mondiaux de distribution dans les ports implantés le long de la route maritime. Des exemples importants peuvent être vus au Pakistan avec le développement du port de Gwadar.

La première phase a été achevée en 2006 et la deuxième est en cours depuis 2007, bien que le port ait été inauguré en novembre 2016 et soit opérationnel depuis. Le projet devrait être étendu dans les décennies à venir, avec potentiellement 45 points d’ancrage de navires, le drainage du canal d’approche à une profondeur d’environ 20 mètres, et un transit annuel total de plus de 400 millions de tonnes. Le principal avantage de cet arrangement entre les voies terrestre et maritime est de répartir le transit des biens selon leur nécessité, leur valeur et l’offre disponible. Le port de Gwadar est principalement relié par des pipelines à la ville chinoise de Kashi. C’est un bel exemple de diversification possible avec la voie maritime, principalement utilisée pour les marchandises, tandis que le port de Gwadar devient une plaque tournante importante du commerce pétrolier et gazier, notamment grâce aux progrès de la technologie du méthane et de la gazéification.

Parmi les autres destinations majeures de la Route de la soie maritime figurent Venise et Athènes, le port du Pirée est déjà détenu par COSCO depuis de nombreuses années, il s’agit d’une entreprise spécialisée dans les activités portuaires et l’intégration de ports le long de la Route de la soie maritime sur le modèle du Port de Gwadar. Venise est actuellement seulement un rappel de l’ancienne Route de la Soie, mais si son rôle passé devait être retrouvé – dans un environnement moderne – pour être le terminal de la Route en mer du Sud, cela nécessiterait certainement aujourd’hui de gros investissements pour nourrir un dense réseau d’échanges. La Chine aurait alors une route maritime dans le sud de l’Europe, reliée principalement par voie terrestre à son corridor nord.

L’autre raison – moins connue – qui pousse la République populaire de Chine à investir dans de telles routes maritimes concerne la doctrine navale adoptée par la marine chinoise. Les États-Unis conservent une capacité notable à projeter leur pouvoir sur les cinq continents grâce à la taille de leur Marine de Guerre, qui a connu une croissance régulière au cours du siècle dernier. Pékin s’est rendue compte que posséder, elle même, une telle projection de puissance soutiendrait la viabilité de ses routes maritimes, aussi bien en la protégeant contre les pirates qu’en évitant la possibilité d’un blocus naval en temps de guerre, quelque chose qui est toujours à l’esprit des stratèges chinois [qui doivent se souvenir de l’embargo mis en place par les États-Unis contre le Japon, qui a entraîné la guerre du Pacifique en 1941, NdT].

Un parallèle en termes de sécurité est facilement observable lors de l’analyse de la Route de la soie terrestre et la sécurité qui accompagne nécessairement un tel réseau d’infrastructures. En ce sens, l‘Organisation de coopération de Shanghai, et l’adhésion du Pakistan et de l’Inde à celle-ci, visent à créer les conditions d’un développement pacifique tout en évitant les tensions entre pays voisins et différents groupes ethniques. Pékin est bien conscient qu’il n’y a pas de prospérité sans sécurité, surtout dans le contexte du sous-développement d’un continent si diversifié au regard de sa géographie humaine.

En termes militaires et navals, le budget de Beijing a atteint des niveaux significatifs, passant d’environ 10 milliards de dollars en 1989 à environ 110 milliards en 2017. Avec de tels investissements, Pékin a pu lancer trois nouveaux modèles de sous-marins (type 93, 94 et 95) ainsi qu’un porte-avions remis à neuf (type 001) et la construction du premier porte-avions entièrement produit et équipé en Chine (type 001A). L’objectif principal de la Marine de l’Armée Populaire de Libération est d’investir stratégiquement dans des navires amphibies et des petits navires qui fournissent les moyens de projeter des forces pour pouvoir influencer la dynamique des conflits en mer de Chine méridionale, ceci dans le contexte du harcèlement américain pour dominer la  région. En ce sens, la stratégie consistant à priver l’Amérique d’une présence en mer de Chine méridionale s’accompagne également de la construction d’îles artificielles et du développement de nouveaux missiles anti-navires à capacités supersoniques.

La sécurité et l’investissement semblent être les moteurs du projet chinois de Routes de la soie, et la connectivité semble être la chaîne de transmission. Une attention maximale est également accordée à la création de ports maritimes pour la marine chinoise, comme on le voit avec la première base étrangère chinoise à Djibouti, un emplacement particulièrement stratégique proche du détroit de Bab-el-Mandeb [à l’entrée du canal de Suez, NdT].

Un aspect moins bien connu du projet chinois, et sur lequel nous avons encore peu de détails, est la route de l’Arctique. L’Arctique est formellement partagé entre les États-Unis, le Nord du Canada, la Finlande, le Groenland (Danemark), l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède et est administré par le Conseil de l’Arctique. Les pays non membres comprennent la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas, la Pologne, Singapour, l’Espagne, le Royaume-Uni et la République populaire de Chine.

Récemment, la Russie et la Chine ont entamé des discussions fructueuses sur l’exploitation des routes de l’Arctique. La réunion de juillet 2017 entre Xi Jinping et Medvedev a confirmé que Moscou et Pékin avaient l’intention de développer conjointement la Route de la soie maritime chinoise dans l’Arctique afin de diversifier les routes commerciales et d’impliquer les États voisins dans les projets portuaires et la recherche scientifique. Pékin a l’intention de transporter ses marchandises à travers l’Arctique depuis l’Europe vers la Chine, réduisant ainsi les distances de 20% à 30%, économisant du temps, du carburant et des ressources humaines. Considérant que 90% des marchandises chinoises sont transportées par voie maritime, même une petite modification de ce ratio générerait des économies et des profits très importants. Face à une telle occasion irrésistible, la Chine ne perd pas de temps. Il y a quelques jours, le brise-glace Xuelong – la Fédération de Russie est le seul pays possédant deux brise-glaces nucléaires – a traversé le passage du Nord-Ouest dans l’Arctique, atteignant l’Amérique du Nord depuis l’Asie en un rien de temps. C’est la première fois qu’un navire chinois a emprunté cette route. Tout aussi important pour les affaires, l’entreprise COSCO, le géant chinois, a réalisé en 2013, le passage Nord-Est dans l’Arctique, en partant du port chinois de Dalian pour arriver à Rotterdam, réduisant la durée du trajet d’un tiers, passant de 45 jours à 30.

Il y a certaines considérations à faire, concernant la région arctique, d’un point de vue à la fois pratique et réaliste. Il y a actuellement trois routes possibles, à savoir par le nord-est, le nord-ouest et le « nord-nord » – traversant le pôle Nord. Le premier est celui par lequel la Russie et la Chine ont l’intention de raccourcir les délais de livraison, malgré les difficultés rencontrées par le manque actuel d’infrastructures et un environnement hostile, compliquant les choses et rendant ces efforts extrêmement coûteux. En ce sens, la coopération entre la Russie et la Chine est très rentable pour les deux pays, qui sont intéressés à proposer cette voie à d’autres pays, ce qui se traduira par une augmentation des volumes de transit. Actuellement, l’itinéraire peut être utilisé pendant environ quatre mois de l’année. La route du nord-ouest a un problème de glaces profondes qui empêchent les brise-glaces de dégager un passage pendant une durée suffisante pour permettre une route commerciale. Le passage « nord-nord », traversant directement le pôle Nord, est inaccessible jusqu’à ce que toute la glace soit fondue, ce que les scientifiques prévoient d’ici 2050, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Les routes de l’Arctique représentent inévitablement le futur en termes d’opportunités et d’économies de coûts. En comparaison avec le canal de Suez, qui est la route actuelle par laquelle la Chine atteint l’Europe, avec un trajet de près de 12 000 miles nautiques, le passage par la voie arctique du Nord-Ouest est inférieur à 7 000 milles.

Pékin investit dans des infrastructures pour réduire le temps de transit et augmenter les profits. La route de l’Arctique a toutes les caractéristiques pour devenir un élément central de l’initiative des Routes de la soie. L’engagement de la Chine pour le développement de la route de l’Arctique est comparable à un autre projet titanesque, qui est également au cœur de la stratégie de la Route de la soie maritime, en cours au Nicaragua, à savoir la construction d’une alternative au canal de Panama. La viabilité de ces projets gigantesques reste une question de temps, reposant principalement sur l’acquisition de nouvelles technologies qui transforment l’impossible en possible, l’accessibilité des nouvelles technologies permettant de réduire les coûts de recherche et de développement.

Dans un avenir proche, les routes de transit à travers l’Arctique prendront une certaine importance dans la géopolitique mondiale de la Russie et de la Chine. Pékin et Moscou semblent avoir l’intention de développer cette route innovante avec tous les moyens à leur disposition, ajoutant à la Route de la soie maritime une route imprévue mais très bénéfique. La création d’un partenariat avec la Russie dans l’Arctique permettra à Pékin de prendre pied dans la région et de participer à l’exploitation des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles. Combinée à la capacité croissante de la Fédération de Russie de pénétrer dans l’Arctique et donc de créer l’infrastructure nécessaire, la route chinoise de l’Arctique pourra, de plus en plus souvent, être proposée aux pays partenaires.

Federico Pieraccini 

 

  http://lesakerfrancophone.fr/la-route-de-la-soie-arctique-un-enorme-bond-en-avant-pour-la-chine-et-la-russie

 

Le Dessous des cartes Peut-on comprendre la Corée du Nord ?

Le Dessous des cartes
Peut-on comprendre la Corée du Nord ?

13 min.
Disponible : 18/11/2017 au 18/01/2018
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Le magazine géopolitique qui lit le réel dans les cartes, présenté par Émilie Aubry. Aujourd’hui : avec de nombreuses informations inédites, « Le Dessous des cartes » décrypte les enjeux des crises à répétition en Corée du Nord, et les spécificités de cet État-tampon décidé à devenir à tout prix une puissance nucléaire à part entière.
Aux yeux de la communauté internationale, la Corée du Nord menace le monde et, plus particulièrement, les Américains et ses voisins japonais et sud-coréen. Depuis que Kim Jong-un a succédé en 2011 à son père à la tête de l’une des dictatures communistes les plus dures de la planète,  Pyongyang a déjà testé 98 missiles et 4 bombes atomiques. Avec de nombreuses informations inédites, « Le dessous des cartes « décrypte les enjeux des crises à répétition dans cette région du monde, et les spécificités de cet État-tampon décidé à devenir à tout prix une puissance nucléaire à part entière.

Générique

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

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Le “Brexit allemand”, ou la dissolution accélérée

L’origine du proverbe “le poisson pourrit par la tête” se perd, selon certains commentateurs, dans la nuit des temps. Le président Mao en fit si grand usage qu’on affirma qu’il était chinois (le proverbe). L’antique sagesse grecque réclame le droit de l’antériorité, avec son proverbe « Dans le poisson, c’est d’abord la tête qui se gâte ». Quoi qu’il en soit, on comprend ce que l’on veut dire, et l’on comprend également qu’il nous importe de le proposer en ouverture à ce texte qui choisit comme thème celui qui, à notre sens, s’impose de plus en plus : la dissolution accélérée des divers pouvoirs, – les “têtes” en question, – au sein du bloc-BAO pris dans son sens le plus large, associés et copains inclus. Le dernier cas à s’imposer, qui n’est pas des moindres ni la moindre surprise, est celui d’Angela Merkel en Allemagne.

Nous ne résistons pas une seconde à l’attrait du catastrophisme parce qu’il n’est pas un mode de pensée mais d’une façon beaucoup plus logique parce qu’il est devenu un mode de fonctionnement, le modus vivendi du Système désormais. C’est RT-français qui, notamment, nous en donne sa version (texte ci-dessous) en annonçant que le 19 novembre 2017 marque “la plus grave crise politique de l’Allemagne depuis 1945”, – ou, pour être plus juste, le début de “la plus grave crise…”

Quelle que soit l’issue de l’actuelle crise, quel que soit le résultat des efforts faits pour tenter de sauver Merkel (comme l’a annoncé le président allemand), le pouvoir allemand est désormais en lambeaux, d’une fragilité et d’une vulnérabilité considérables, à l’image de la chancelière, éventuellement future ex-chancelière. Hier encore, ou disons il y a deux mois, les analystes-Système s’appuyaient confortablement et triomphalement sur la puissance et la stabilité de l’Allemagne, c’est-à-dire de son pouvoir, pour suggérer de continuer à penser que la puissance du bloc-BAO restait intacte, et l’UE restant malgré tout sur une voie triomphale même si déjà terriblement cabossée et pleine d’affreux cahots. Aujourd’hui, c’est le (la) porte-drapeau de ce triomphe qui est elle-même un de ces cahots cabossés, si bien que la voie triomphale de l’UE pourrait arriver à se composer des seuls cahots et cabossages.

Le texte de RT-français se termine par un rayon d’une lumière d’espoir en suggérant que la chute en piqué de Merkel qui est aujourd’hui dans toutes les perceptions pourrait finalement profiter à la France pour s’imposer comme leader de l’Europe : « Les répercussions sur le couple franco-allemand pourraient compliquer la tâche d’Emmanuel Macron, qui trouvait en Angela Merkel une alliée de poids. Mais elles pourraient également lui permettre d’exercer le leadership européen et d’occuper un espace politique et médiatique désormais dégagé. » Nous serions tentés de dire qu’“on peut toujours rêver” tout en reconnaissant que cette idée ne déplairait pas à un grand président qui serait également un grand Français. Macron est-il celui-là ? Là aussi, on pourrait répéter, comme dans un balbutiement qui est aussi l’indice d’une certaine lucidité, qu’“on peut toujours rêver”.

Le vrai est que cette perspective ne peut être pour nous qu’une hypothèse mineure, quelle que soit notre proximité extrême de la France. Cette position vient de ceci que nous apprécions la possibilité/perspective d’un effondrement possible/probable de Merkel comme un élément d’une dynamique qui transcende toutes les nations, toutes les références rationnelles, toutes les politiques volontaristes si cela existe encore. Cette dynamique, on s’en doute, est directement liée à la Grande Crise d’Effondrement du Système qui s’opérationnalise dans le “tourbillon crisique” réservant désormais une place de choix à cette Allemagne ; celle-là qui, il y a deux ans encore, brandissait le scalp de la Grèce comme la formule de la sauvegarde du monde… Hypothèse mineure pour la France donc ; mais soit, – hypothèse quand même.

Nous placerions beaucoup plus volontiers le sort du pouvoir allemand si bien représenté par Merkel dans ce courant de dissolution qui marque désormais fortement, – et à quelle vitesse, et avec quelle résilience, – quelques-uns des grands centres du bloc-BAO & associés. Pour nous, même si les circonstances sont très différentes, de même que les causes et les effets aux niveaux nationaux, régionaux et même par rapport à la structure globalisée que nous nous sommes imposés, la dynamique est bien similaire. Le sort malheureux d’une dissolution considérable qui touche notamment et parmi d’autres les pouvoirs américaniste, britannique, saoudien, espagnol et aujourd’hui allemand, doit être perçu effectivement comme venu d’une même cause si on les aligne en fonction de la dynamique dont nous parlons plus haut, et dans le mouvement absolument déstructurant et dissolvant du “tourbillon crisique”.

(Mais certes, de même que notre “tourbillon crisique” est décrit comme un artefact antiSystème, la déconstruction et la dissolution qui sont les armes principales d’un Système voué à l’entropisation sont ici retournées contre ce même Système. En nous accordant bien volontiers à la logique générale de l’inversion qui règne sur notre époque postmoderne et de la modernité-tardive d’après le “déchaînement de la Matière”, cette déconstruction et cette dissolution attaquent directement les principaux points d’appui du Système et s’avère dans ce cas comme absolument vertueuses.)

Il est assuré que l’Allemagne va devenir une de nos préoccupations majeures dans les semaines et les mois qui viennent, à nous Européens, et que l’Europe et l’UE, et les principaux pays de cet ensemble vont fortement s’agiter autour de cette question. Il n’est nullement interdit de penser que certains, dans divers pays, ne doivent pas être si mécontents de voir cette chute perçue comme catastrophique du pouvoir politique allemand qui a si souvent oublié de prendre des gants dans ses rapports avec eux. Si cette chute se confirme et se poursuit, nous devons être assurés que ses effets vont aussitôt affecter gravement les positions économiques, culturelles, sociétales et même bureaucratiques de l’Allemagne tant la communication est aujourd’hui le vecteur qui porte tous les virus et toutes les infections que fait naître le moindre revers du Système pour lui-même.

C’est ainsi, aujourd’hui, que passent, à la vitesse de l’éclair, les artefacts de convenance si précieux pour notre hybris d’“Empire” et de “Reich ; juste le temps d’un tourbillon du système de la communication. Mais au-delà de ces péripéties, la somme nette de l’essentialité de l’événement, qui ne cesse de confirmer la tendance générale, est un affaiblissement et un recul constant du Système.

Le texte que nous avons choisi pour illustrer cet événement, du réseau russe RT en français, nous offre une large vision de la crise allemande, que certains désignent désormais comme “le Brexit allemand”. (Texte du 20 novembre 2017, sous le titre complet suivant : « L’Allemagne en crise : vers de nouvelles élections et une probable démission d’Angela Merkel ».)

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article/le-brexit-allemand-ou-la-dissolutionacceleree

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale


Par Andrew Korybko – Le 6 novembre 2017 – Source Oriental Review

Baku-Tbilisi-Kars (BTK) Railway
Chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK)

Le président Erdogan a déclaré que le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars est « un maillon important dans la nouvelle route de la soie, qui relie l’Asie, l’Afrique et l’Europe » lors de la cérémonie d’ouverture de ce couloir de connectivité transnational.

Les Premiers ministres de la Géorgie, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, ainsi que les ministres du Tadjikistan et du Turkménistan ont également assisté à l’événement, démontrant ainsi son large intérêt géographique. Erdogan espère dans l’immédiat qu’il renforcera les relations globales entre la Turquie et ses compatriotes d’ethnie turque en Asie centrale, et que par la suite le chemin de fer BTK pourrait être utilisé par les Européens et les Nord-Africains pour se relier à cette région enclavée. En fin de compte, l’objectif est de transformer ce corridor sud-central en une nouvelle route de la soie bien placée rattachant les coins occidentaux et orientaux de l’Eurasie en reliant l’UE à la Chine. Et si, après un rapide coup d’œil à la carte physique, la route semble un peu tortueuse, la politique dit le contraire.


Les routes les plus directes reliant l’UE à la Chine sont le pont terrestre eurasien prévu à travers la Russie et la route maritime du Nord à travers l’océan Arctique, mais les deux sont comparativement sous-développés pour diverses raisons. En outre, alors qu’il est prévu de construire un chemin de fer à grande vitesse en Asie centrale reliant la Chine à l’Iran, et désormais à la Turquie et à l’UE, cette idée n’a pas encore été étudiée et pourrait en tout cas être mise en péril par le risque régulier d’activités terroristes kurdes dans les régions frontalières du Moyen-Orient partagées par ces deux grandes puissances. Un autre point important est que la nouvelle guerre froide provoquée par les États-Unis a créé des obstacles géopolitiques artificiels à l’intégration eurasienne alors que Washington cherche à “isoler” Moscou et Téhéran. Il est donc possible que les corridors chinois ne se matérialisent pas aussi rapidement que prévu.

Tous ces facteurs font étonnamment du BTK, la voie actuellement la plus efficace permettant à l’UE, la Turquie et l’Afrique du Nord d’accéder à l’Asie centrale et même à la Chine, une fois que la bonne infrastructure de connectivité sera construite dans la région. Pour l’avenir, même s’il est douteux que cette route devienne le principal couloir du commerce UE-Chine, elle renforcera probablement beaucoup l’influence de la Turquie dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, ce dont de nombreux stratèges turcs ont parlé et qu’ils espèrent depuis 1991 mais qui avait à peine fait quelques progrès depuis. Cela pourrait contribuer à diversifier les partenariats étrangers des gouvernements régionaux et, dans le vrai sens du mot, les rendre plus multipolaires.

En établissant une présence plus solide en Asie centrale, qui est historiquement dans la sphère d’influence de la Russie, la Turquie étendrait également l’interdépendance stratégique complexe qui s’est développée entre Moscou et Ankara depuis que leur rapprochement rapide a débuté l’été dernier. Cela resserrerait à son tour leur partenariat bilatéral et réduirait les chances que les États-Unis réussissent à les tourner les uns contre les autres en raison des dommages collatéraux accrus que cela entraînerait pour leurs intérêts, du fait de la situation géopolitique à long terme et des changements introduits par le chemin de fer BTK.

Andrew Korybko

http://lesakerfrancophone.fr/le-chemin-de-fer-de-btk-est-le-couloir-turque-de-la-route-de-la-soie-vers-lasie-centrale

 

Maria Khodynskaya-Golenishcheva : «On ne réglera pas la crise syrienne sans l’Iran»

Source : La Tribune de Genève, Alain Jourdan, 30.10.2017

Il est rare qu’un diplomate en fonction raconte les coulisses de négociations encore en cours. C’est ce que vient de faire Maria Khodynskaya-Golenishcheva. Occupant un poste de premier rang à la Mission permanente de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies à Genève, la diplomate joue un rôle central dans les négociations visant à trouver un accord politique en Syrie. Arabisante et docteur en géopolitique, elle a déjà publié plusieurs ouvrages. Dans «Alep, la guerre et la diplomatie», elle livre sa vision de l’un des épisodes les plus controversés du conflit syrien.

– Vous avez été au cœur des négociations menées à Genève. Pourquoi avoir éprouvé le besoin d’écrire un livre?

– Pour témoigner. Ce qui s’est passé à Alep a donné lieu à une guerre de l’information sans précédent. La reprise de la ville ne se résume pas à une opération militaire menée par l’armée syrienne avec l’aide de l’aviation russe. Au cours de cet épisode, des négociations politiques extrêmement importantes ont été menées par la Russie et les Etats-Unis avec la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Iran. Il y a un avant et un après Alep.

– En quoi la reprise d’Alep marque-t-elle un tournant?

– L’accord trouvé avec la Turquie et accepté par l’Iran pour évacuer les rebelles d’Alep-Est a servi de déclencheur. Cela a ouvert la voie au processus d’Astana et à des accords plus importants pour ramener la paix en Syrie. La mise en place de zones de désescalade contribue aujourd’hui à renforcer les efforts engagés dans le cadre des pourparlers de Genève sous l’égide de l’ONU et de son médiateur Staffan de Mistura.

– Mais Astana a montré que la communauté internationale restait très divisée…

– Le 9 septembre 2016, il y a eu un accord très important. La Russie a accepté que l’est d’Alep reste sous le contrôle des rebelles à condition que les Etats-Unis veillent à en exclure le Front al-Nosra. Mais le lobby militaire américain a rejeté ce que les diplomates étaient parvenus à construire. Si cet accord avait été respecté, une nouvelle page d’histoire se serait ouverte dans les relations internationales. Après cet échec, nous n’avons pas eu d’autre choix que de nous tourner vers les acteurs régionaux qui contrôlent les groupes engagés sur place. Et c’est un format qui fonctionne. Il y a des pays comme la France qui ont proposé des idées étranges: un nouveau format P5 sans l’Iran. Mais expliquez-moi comment on peut régler le problème syrien sans l’Iran?

– On sent que le jeu des Américains dans le dossier syrien vous déconcerte. L’arrivée de Donald Trump a-t-elle changé la donne?

– Pour ce qui est de nos relations avec la nouvelle administration américaine, je suis optimiste parce que la priorité absolue de Donald Trump est de combattre Daech et le terrorisme. C’est là un point commun. En ce qui concerne la ville de Deir Ezzor, par exemple, nous avons un dialogue ouvert et constructif avec eux.

– Et avec les Européens?

– Nous sommes déconcertés par l’attitude de l’ouest et spécialement de l’Union européenne, qui ne veut pas donner d’argent pour la reconstruction de la Syrie tant qu’il n’y a pas de solution politique. Refuser de reconstruire des écoles et des hôpitaux parce qu’on réclame le départ de Bachar el-Assad, c’est totalement cynique. De la part de l’Europe, qui parle tout le temps des droits humains, c’est particulièrement étonnant. Des enfants ne vont pas à l’école uniquement parce que Paris et Londres ne veulent pas de Bachar el-Assad.

– Une guerre n’est jamais propre. La Russie ne reconnaît-elle aucune erreur? N’y a-t-il pas eu des frappes qui auraient pu être évitées?

– Vous faites sans doute allusion au bombardement du dernier hôpital d’Alep annoncé plusieurs fois. Combien y a-t-il eu de dernier hôpital d’Alep? C’était de la propagande. L’aviation russe est très professionnelle, elle ne lâche pas des bombes au hasard. Il y a des repérages qui ont été effectués auparavant.

– Le système onusien a été incapable d’empêcher la guerre en Syrie. Il peine aujourd’hui à ramener la paix. A quoi attribuez-vous cet échec?

– L’ONU n’est pas une entité à part entière. Ce sont des pays qui la composent et si ces pays ne s’entendent pas, l’ONU ne peut pas fonctionner efficacement. Staffan de Mistura a vraiment essayé de résoudre le problème. Mais au sein de l’ONU, tout le monde n’a pas joué un rôle positif. Certaines agences humanitaires ont relayé la propagande et faussé le jeu.

– La propagande de qui?

– Je pense par exemple aux Casques blancs, qui sont une organisation affiliée à Al-Qaida. La Branche opérationnelle à l’Est d’Alep a été créée par Abdulaziz Maghribi, le chef local d’Al-Nosra. Souvent l’ONU et ses agences reprennent les informations qui lui sont transmises par cette organisation et d’autres ONG travaillant sur des territoires contrôlés par des groupes armés ou des organisations à la réputation douteuse, comme l’Observatoire des droits de l’homme basé à Londres.

– La visite récente du roi Salman en Russie peut-elle aider à relancer les pourparlers de Genève?

– Le roi Salman a promis qu’il allait réformer le groupe de Riyad et faire des efforts en poussant ceux qui ont une vision pour le pays. Jusque-là ce groupe n’a fait que saboter les pourparlers. Certains de ses membres perçoivent un salaire des Frères musulmans. Ce sont des marionnettes. Si ces gens-là sont éloignés au profit de Syriens qui veulent réellement reconstruire leur pays, alors les choses ont des chances de bouger.

Source : La Tribune de Genève, Alain Jourdan, 30.10.2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

10 réponses à Maria Khodynskaya-Golenishcheva : «On ne réglera pas la crise syrienne sans l’Iran»

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RECIT. Argentine : course contre la montre pour retrouver le sous-marin disparu depuis six jours

RECIT. Argentine : course contre la montre pour retrouver le sous-marin disparu depuis six jours

Le « San Juan », un submersible militaire avec 44 marins à bord, n’a plus donné signe de vie depuis mercredi dernier. Les proches de l’équipage attendent, entre espoir et angoisse.

Le sous-marin argentin \"San Juan\" stationné à Buenos Aires (Argentine), en 2014.
Le sous-marin argentin « San Juan » stationné à Buenos Aires (Argentine), en 2014. (ARGENTINE NAVY / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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« Jeunes courageux de la Marine : le coeur en pause jusqu’à votre retour », dit une affichette, accrochée aux fils de fer avec des rubans bleu ciel et blanc, les couleurs du drapeau argentin. Sur les grilles de la base navale de Mar del Plata, en Argentine, des dizaines d’auters messages sont ainsi alignés. Avec des traits enfantins tracés au crayon, un sous-marin a été dessiné. En dessous, on peut lire ce message, comme le rapporte le quotidien La Nacion : « Vous pouvez les trouver, nous vous attendons. » Voilà six jours que l’ARA San Juan n’a plus donné signe de vie. A son bord, 44 marins, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, auraient dû rentrer chez eux dimanche ou lundi.

Le sous-marin militaire avait quitté les côtes argentines il y a 35 jours, depuis Mar del Plata, un port et une station balnéaire sur l’Atlantique, à 400 kilomètres au sud de Buenos Aires. Objectif : Ushuaia et la Terre de Feu, à la pointe de la Patagonie. Le San Juan y a passé trois jours avant de reprendre la route. « Mon fils m’a envoyé des photos qui avaient été prises là-bas », raconte Espinoza, le père d’un marin, à La Nacion. « Il m’a dit que tout était normal, sans problème », ajoute-t-il.

Dessin représentant le sous-marin \"San Juan\", accroché sur les grilles de la base navale de Mar del Plata, en Argentine, le 20 novembre 2017.
Dessin représentant le sous-marin « San Juan », accroché sur les grilles de la base navale de Mar del Plata, en Argentine, le 20 novembre 2017. (MARCOS BRINDICCI / REUTERS)

Pendant la traversée, les familles communiquent avec leurs proches avec la messagerie WhatsApp. Jusqu’à ce mercredi 15 novembre au matin. Ce jour-là, le submersible remonte à la surface et signale une « avarie » à la base navale de Mar del Plata. « Un problème de batteries, un court-circuit », révèle le chef de la base Gabriel Galeazzi à la presse lundi 20 novembre, après avoir tenu cette information secrète pendant plusieurs jours. Le commandement militaire demande au sous-marin de changer de cap et de faire route vers Mar del Plata. Le San Juan se situe alors à 432 kilomètres des côtes de la Patagonie et de la péninsule de Valdés, sa dernière position connue.

Disparu au large de la Patagonie

Depuis, silence radio. Sa disparition est officiellement signalée vendredi, deux jours plus tard. Les recherches se mettent en place. Mais le temps complique la donne. Les 13 navires qui croisent au large des côtes de Patagonie pour retrouver le bâtiment doivent affronter des vagues de 5 à 7 mètres. Dix avions survolent également une zone de 300 km de diamètre au large des côtes argentines.

La localisation de l’ARA San Juan s’annonce ardue. On ne sait pas si le submersible de 65 mètres est à la surface et s’il est à la dérive, s’il est encore motorisé et simplement privé de moyens de communication. Ou bien encore s’il est en immersion, ou s’il a sombré dans les abysses. Il faut aller vite.

Sans renouvellement de l’air, la survie est de 7 jours.

Enrique Balbi, porte-parole de la marine argentine

La marine argentine reçoit l’appui de plusieurs pays dans cette course contre la montre. De sa base de Pearl Harbor, dans le Pacifique, la marine américaine envoie quatre petits sous-marins sans pilote et une équipe de militaires spécialisés dans leur maniement. La compagnie pétrolière Total, qui exploite des gisements offshore plus au sud, met un navire à la disposition des opérations de recherche.

Le faux espoir

Du côté des familles, c’est l’angoisse et l’incompréhension. Selon le protocole, le San Juan aurait dû remonter à la surface ou activer une balise radio de détresse en constatant la rupture de contact avec sa base. Et puis l’appareil, qui est un des trois sous-marins de la marine argentine, était « totalement opérationnel ». Ce modèle TR-1700 à propulsion diesel, construit dans le chantier naval Thyssen Nordseewerke de Edemen, en Allemagne, a été remis en état de 2007 à 2014, pour allonger de trente ans sa durée de vie. Il a effectué plusieurs missions en 2017.

Samedi matin, l’espoir revient. Sept appels satellitaires, d’une durée de 4 à 36 secondes, sont reçus par des bases navales argentines entre 10h52 et 15h42. Le ministère de la Défense argentin y voit des signaux de détresse émis par le sous-marin. « Ils sont dehors ! Grâce à Dieu, nous sommes heureux ! », s’exclame sur une chaîne de télévision Claudio Rodríguez, frère de Hernán, machiniste du San Juan. « S’ils ont pu appeler avec un téléphone satellite, cela veut dire qu’ils sont à la surface, et cela nous donne un espoir car nous savions qu’au fond, ils seraient foutus. »

Et pour cause. Quand bien même l’équipage dispose à bord de 15 jours supplémentaires de vivres et d’oxygène, « chaque heure compte » pour le localiser, comme l’explique à franceinfo Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de la revue en ligne Mer et Marine.

Dépassée une certaine profondeur, le sous-marin est perdu parce que sa coque ne résiste pas à la pression et il implose.

Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de la revue en ligne Mer et Marine

à franceinfo

« On considère, pour ce type de sous-marins, qu’au-delà de 500 mètres de fond, c’est perdu », ajoute-t-il. L’espoir est douché le lundi : la marine fait savoir que les sept appels reçus n’étaient pas le premier signe de vie tant espéré. « Nous avons reçu le rapport de l’entreprise qui a analysé les signaux, les sept tentatives d’appel de samedi ne correspondent pas au téléphone satellitaire du sous-marin », précise Enrique Balbi.

Les proches accusent le coup. Réunis à la base navale, où ils occupent les chambres des officiers, ils sont soutenus par des psychologues dépêchés sur place. Sur les réseaux sociaux et dans des groupes WhatsApp circulent des chaînes de prière, raconte encore La Nacion. Des groupes de parents se rassemblent aussi physiquement pour prier. Ils ont reçu un message de soutien du pape François en personne. Dans un message écrit, le pontife, lui-même argentin, a dit qu’il priait pour les 44 marins et a assuré de « sa proximité dans ces moments difficiles ».

« Nous essayons de positiver, et nous voyons avec beaucoup de fierté les messages d’espoir qui affluent sur les réseaux sociaux. Je suis convaincue que si les 33 mineurs chiliens sont sortis, nos 44 vont aussi revenir », assure Marcela Tagliafeta, belle-soeur du lieutenant Carlos Mendoza.

« Nous prions pour qu’il ne leur soit rien arrivé »

« Nous sommes tous angoissés, mais nous gardons espoir », confie aux journalistes, réunis devant la base Marcela Moyano, l’épouse du machiniste Hernan Rodriguez. « Nous prions pour qu’il ne leur soit rien arrivé », abonde Eduardo Krawczyk, le père d’Eliana Krawczyk. Agée de 35 ans, elle fut, il y a quelques années, la « première femme officier à faire partie de l’équipage d’un sous-marin en Argentine ».

Photo non datée d\'Eliana Krawczyk, 35 ans, devenue en 2012 la première femme d\'Amérique latine officier de sous-marin. Elle est à bord du \"San Juan\".
Photo non datée d’Eliana Krawczyk, 35 ans, devenue en 2012 la première femme d’Amérique latine officier de sous-marin. Elle est à bord du « San Juan ». (ARGENTINE NAVY / AFP)

En marge des recherches à la surface et des tentatives de géolocalisation, la marine argentine prépare un dispositif de sauvetage de l’équipage dans les profondeurs de l’océan. Du matériel de sauvetage américain, arrivé dimanche à Comodoro Rivadavia (Patagonie), était en cours de montage lundi. Il s’agit de modules de secours qui permettent de secourir 16 personnes à la fois jusqu’à plus de 600 mètres de profondeur.

Nouvelle lueur d’espoir, lundi : selon CNN, les systèmes sonar de deux navires ont détecté des bruits. Ils évoquent le son d’outils qui cognent la coque d’un sous-marin. Selon un haut responsable de la marine américaine, les marins en détresse tentent peut-être d’alerter les navires de passage pour signaler leur emplacement. La marine argentine réussit à localiser ces bruits et concentre ses recherches dans une zone de 65 km2 carrés, à environ 550 km au large des côtes de l’Argentine.

Nouvelle déception. « L’empreinte acoustique ne correspond pas à celle d’un sous-marin. (…) Cela peut être un bruit biologique », déclare le capitaine Enrique Balbi, porte-parole de la marine argentine. Les opérations de recherche du bâtiment, en surface et en profondeur, se poursuivent et s’intensifient, mardi. Le temps est compté.

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Revue de presse nationale et internationale.