Entretien avec Caroline Galactéros, présidente de Geopragma : le nouvel action tank géopolitique français.

Entretien avec Caroline Galactéros, présidente de Geopragma : le nouvel action tank géopolitique français.

Le 9 mars 2018 par Nicolas Raiga-Clemenceau
Docteur en Science politique, ancien auditeur de l’IHEDN, Caroline Galactéros a enseigné la stratégie et l’éthique à l’École de Guerre et à HEC. Colonel de réserve, elle dirige aujourd’hui la société de conseil Planeting et elle tient le blog Bouger les lignes. Le 12 février dernier elle a lancé, avec sept autres membres fondateurs, l’association Geopragma. Caroline Galactéros a accépté de répondre au Portail de l’IE au sujet de ce nouveau think tank qui a aussi l’ambition être un action tank au service des intérêts stratégiques de la France et de ses entreprises.

Portail de l’IE (PIE) : Qu’est-ce qui vous a décidé à créer GEOPRAGMA ?

Caroline Galactéros : Ce qui m’a frappé, c’est que je connais beaucoup de gens dans de nombreux milieux, de spécialistes, d’experts et d’hommes d’affaires qui touchent la matière, qui pensent comme moi et qui croient que dès que l’on a un dialogue amical, en confiance, qu’on fait preuve d’un bon sens argumenté par une pratique, on est infiniment plus efficace qu’en faisant la morale à partir d’une position de surplomb. Mais ces personnes, très présentes dans le milieu de la recherche stratégique française, sont pour beaucoup isolées voire marginalisées. Et la pensée comme la pratique stratégiques françaises s’en trouvent grandement affectées puisqu’elles sont maintenues dans une sorte de vase clos stratégique avec, in fine, une sensible régression de notre influence globale, de notre crédibilité et même une remise en cause de notre statut de puissance. Nous voulons fédérer ces diverses personnalités autour d’une plateforme à l’échelle nationale puis progressivement internationale, qui aura un regard réaliste et pragmatique sur les questions internationales.

 

PIE : Comment se sont passées les premières semaines après la  naissance de votre mouvement ? Avez-vous eu beaucoup de  ralliements ?

Caroline Galactéros : Oui, nous sommes sollicités toute la journée. De nombreuses personnes sont en train d’adhérer. Elles partagent avec nous leurs centres d’intérêts, nous demandent ce qu’elles pourraient faire au sein de l’association et comment la soutenir. Je crois que nous répondons à un besoin, un manque. Il y a un tournant pragmatique dans les faits qui ont démontré que le moralisme ne fonctionnait pas et avait des résultats sanglants. L’évolution de la guerre en Syrie a constitué un moment capital de cette prise de conscience.

 

PIE : Durant la conférence de lancement de GEOPRAGMA, vous avez indiqué vouloir prendre au mot Emmanuel Macron sur la fin du néo-conservatisme en France et sur le retour du gaullo-mitterandisme, comme pour le mettre au défi et en cohérence avec ses propos.

Caroline Galactéros : Oui, il a fait, dès son arrivée, de bons gestes et pris ce tournant pragmatique que l’époque rend urgent si l’on veut rester dans la course d’un nouveau monde qui se restructure, sans trop se payer de mots. Il lui faut désormais, sans attendre, donner du corps, du poids, de la matière et de l’engagement concret à ces intuitions initiales car en matière internationale, la crédibilité, c’est la cohérence et la cohérence, c’est le verbe et l’action.

Nous voulons être l’un des pôles d’intelligence alternative qui défendra les intérêts français, qui n’aura pas peur d’être critique ni dissonant, bien au contraire, mais pas non plus par posture. Nous exprimerons notre satisfaction ou notre mécontentement sans réserve. Il y a tant de sujets sur lesquels il faut travailler, des sujets qui vont nous sauter à la figure si l’on ne fait rien. Je pense à la Libye en ce moment. Il faut arrêter d’être dans l’image. Qu’est-ce que le moralisme nous rapporte ? La France est un pont, une puissance de médiation, d’intelligence, de subtilité et de dialogue. Elle n’a pas à être « pour les uns » ou « contre les autres ». Je crois beaucoup que les dysfonctionnements du système international viennent des décalages de puissance et du fait que certains s’assoient sur le tout petit peu de gouvernance mondiale qu’on avait pu mettre en place depuis un demi-siècle. On a les Nations Unies, on a des principes de coexistence optimale. Les États, les frontières et les peuples, y compris les plus divers, signifient quelque chose. En niant les dimensions historique et nationale ainsi que celles de la souveraineté, en oubliant ou relativisant, au nom d’une prétendue morale humanitariste qui est le masque du cynisme le plus abouti, tous les principes de la Charte des Nations Unies comme l’intangibilité des frontières ou la non-ingérence dans les affaires intérieures, on ne résout pas les problèmes, on les aggrave.

 

PIE : Dans l’analyse que vous faîtes, n’est-il pas important de se poser des questions sur l’influence des médias, de l’OTAN ou de l’Union européenne sur les actions de la France sur la scène internationale ?

Caroline Galactéros : Si, bien sûr. Mais, nous l’avons dit, nous réfléchirons à tout puisque que tout est lié. Nous ne nous interdirons rien parce que s’il l’on commence à s’interdire intellectuellement ou politiquement des choses, on redevient aveugle. Par exemple, je suis en train de lire l’excellent livre d’Eric Branca, L’ami américain : Washington contre de Gaulle, (Perrin, 17/08/2018), qui explique parfaitement comment tout a été fait pour que l’Europe n’arrive jamais à exister stratégiquement de façon crédible.

 

PIE : Cela explique votre volonté d’avoir une approche transversale des sujets : géopolitique, intelligence économique, influence, études culturelles…

Caroline Galactéros : Oui, notre approche sera complètement pluridisciplinaire et transversale, parce que la réalité est comme ça : tout est lié, c’est le propre de de la géopolitique.

 

PIE : Ce qui est intéressant, ce sont les formats que GEOPRAGMA va adopter. D’abord, vous proposerez des analyses.

Caroline Galactéros : Il y aura un pôle académique, c’est certain. À travers lui, nous organiserons des séminaires très restreints et des colloques, nous publierons nos analyses.

 

PIE : Mais vous comptez aussi agir…

Caroline Galactéros : Oui, GEOPRAGMA est, aussi et même d’abord, un action tank. Cette idée est ambitieuse et il faut la mettre en œuvre intelligemment. Il y a tant à faire, notamment en matière de diplomatie d’affaires mais aussi de diplomatie informelle, toujours au service des intérêts français d’États  ou d’entreprises et en appui des appareils institutionnels existants. Plus largement, considérant le tragique et persistant verrouillage des appareils diplomatiques, l’invasion de doxas intellectuelles indigentes et le confinement consenti de la réflexion en profondeur au cercle de l’intime, nous croyons dans la nécessité du développement d’un canal, d’une plateforme de dialogue politique au sens large et noble du terme (c’est-à-dire aussi culturel et sociétal) non dogmatique, a-idéologique, inclusive, innovante, parfaitement indépendante, pour dénouer nombre de malentendus et de germes de crise et favoriser des rencontres et des relations fécondes. C’est tout sauf naïf. Là encore, la lucidité comme le réalisme sont aux antipodes du cynisme. Ils sont les vecteurs de l’apaisement.

 

PIE : À ce moment-là, ne sortirez-vous pas du cadre associatif ?

Caroline Galactéros : J’ai voulu monter une association parce que je crois beaucoup à l’élan des mouvements de personnes. GEOPRAGMA est avant tout un mouvement d’idées pour fédérer et réveiller la pensée stratégique française. Cependant, dans le cadre de l’Action tank, il s’agira, in fine, de travailler avec des entreprises françaises et, pourquoi pas, dans quelques années, de promouvoir à l’étranger notre approche pragmatico-ethique, bref de faire école. Notre structure associative, si c’est nécessaire, évoluera en fonction du développement de ces activités. Diverses possibilités existent. Une chose est sûre : nous sommes un mouvement d’idées et de convictions portées par des praticiens de la chose internationale dont la teneur a des prolongements pratiques évidents et utiles. Le reste, si j’ose dire, est de « l’intendance » et « elle suivra », comme il se doit.…

 

PIE : Quelle sera la première action publique de GEOPRAGMA ?

Caroline Galactéros : Notre premier travail sera de définir ou de redéfinir les intérêts de la France dans le monde. Pour cela, nous avons à faire des choix car la matière est à spectre très large…. Nous sommes déjà en train de définir des axes et, pour chacun d’eux, nous allons bientôt mettre en place des groupes de travail resserrés. Ensuite, nous demanderons à certains de nos membres d’y contribuer pour produire à l’automne, un document synthétique, sorte de vademecum opérationnel qui, je l’espère, fera réagir.

 

Propos recueillis par Nicolas Raiga-Clemenceau

https://portail-ie.fr/analysis/1771/entretien-avec-caroline-galacteros-presidente-de-geopragma-le-nouvel-action-tank-geopolitique-francais

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RÉFÉRENDUMS DU DONBASS – UNE RÉPONSE À LA MONTÉE DU NÉO-NAZISME

RÉFÉRENDUMS DU DONBASS – UNE RÉPONSE À LA MONTÉE DU NÉO-NAZISME

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15.05.2019

Les référendums de 2014 sur la création des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD, RPL) ont eu lieu en réponse à l’agression, a déclaré aux journalistes l’envoyé russe au sein du Groupe de contact pour le règlement de la situation dans l’est de l’Ukraine, Boris Gryzlov, commentant le cinquième anniversaire des référendums.

« Les référendums de Donetsk et de Lougansk ont eu lieu en réaction à un coup d’État armé, à la montée du néo-nazisme, aux assassinats de ceux qui s’opposaient aux autorités de Kiev et au lancement d’une opération de représailles », a-t-il déclaré. « C’était la réponse du peuple aux violations flagrantes de ses droits et aux menaces qui pesaient sur leurs vies », a ajouté Gryzlov.

Il a souligné que « les évolutions ultérieures de la situation en Ukraine ont prouvé que les habitants du Donbass avaient toutes les raisons de prendre une telle décision » parce que « les va-t-en-guerre de Kiev ne leur avaient laissé d’autre choix que de réclamer leur indépendance et de se défendre ». « Tout ce que Donbass a reçu de Kiev, c’est une agression et un blocus. Tout ce que le Donbass a entendu de Kiev, ce sont des menaces et des demandes de reddition », a noté l’envoyé russe.

Il a souligné que « Donetsk et Lougansk ne se rendront pas, c’est impossible ». « Ce n’est pas pour cela que les habitants de la RPD et de la RPL ont protégé leur droit à la vie, leur droit à un avenir décent, à parler leur langue et à préserver leur mémoire historique », a déclaré M. Gryzlov.

Dialogue direct

Selon l’envoyé russe, « la résolution du conflit ukrainien et l’amélioration des relations entre le Donbass et Kiev nécessitent un dialogue direct ». « Plus vite les autorités de Kiev s’en rendront compte, mieux ce sera », a-t-il ajouté.

« Les résultats de l’élection présidentielle ukrainienne montrent l’échec des va-t-en-guerre de Kiev et ouvrent la voie au dialogue et nous sommes prêts à faciliter le processus à travers la mise en œuvre les accords de Minsk », a-t-il noté, ajoutant que « bientôt nous allons voir ce que valent les promesses de paix et de dialogue qui ont été tenues durant la campagne électorale ».

Fondement juridique

M. Gryzlov a ajouté que « les autorités de la RPD et de la RPL agissent sur la base des décisions prises lors des référendums de 2014 ». Selon lui, elles ont fait beaucoup pour assurer la sécurité, créer des conditions favorables aux entreprises, soutenir les systèmes de santé et d’éducation.

Il a noté que les Accords de Minsk, les décisions prises par le Format Normandie et les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies consacraient la nécessité d’accorder un statut spécial à certaines zones des régions de Donetsk et Lougansk. Gryzlov a souligné que « les autorités ukrainiennes ont signé et accepté tous ces documents ».

« En fait, c’est basé sur la volonté du peuple du Donbass, exprimée lors des référendums du 11 mai 2014 », a conclu l’envoyé russe.

Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

Source : Reseau International

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Les Omeyyades : le califat sort de la péninsule araiqueb

Les Omeyyades : le califat sort de la péninsule araiqueb

La valse des empires musulmans (1/8). La période du califat des Omeyyades (661-750) marque la sortie de l’islam de la péninsule arabique. Si l’empire s’est imposé avec une grande violence physique, la conquête religieuse est passée, elle, beaucoup plus discrètement. Ce mouvement s’inscrit également dans un effort de décentralisation qui ne s’est cependant pas révélé suffisant.

Les Omeyyades, pionniers des empires musulmans.
L’Empire omeyyade à son apogée (wikimedia).

En raison de leur rapidité et de leur efficacité, les conquêtes musulmanes du VIIe siècle sont parfois associées au mot blitzkrieg, que l’on peut traduire par « guerre éclaire ». Après la mort de Mahomet, de 636 à 642, les troupes musulmanes enchaînent victoire sur victoire contre les deux empires déclinant de la région : les Empires byzantin et sassanide, affaiblis mutuellement à force de guerres à répétition. Ainsi, en quelques années, l’Irak, la Syrie et une partie de l’Égypte tombent sous la domination des musulmans. C’est un choc brutal et fondateur, créé par une force encore inconnue, venue d’Arabie, région très marginale sur l’échiquier stratégique de l’époque.

La première fitna

Médine devient alors la capitale de ce nouveau califat Rachidun (« le califat des bien guidés ») (1). Mais, très vite, sous le règne du calife Uthman (644-665), les cités-Etats administrées par Médine se rebellent. Venus d’Égypte, des rebelles assassinent Uthman. C’est le début de la première grande crise du monde musulman, la première fitna. En effet, l’élection d’Ali, gendre et cousin du prophète, comme quatrième calife, ne fait pas l’unanimité à Médine. Certains l’accusent d’être complice du meurtre d’Uthman. C’est le début d’une division entre les partisans d’Ali, les chiites, et les partisans d’une ligne légaliste, qualifiés plus tard de sunnites.

Ali se fait assassiner à son tour en 661. Muawiya, proche parent d’Uthman et membre de la famille omeyyade, devient le nouveau calife. Il décide de déplacer la capitale du califat de Médine à Damas. C’est le début de l’Empire omeyyade.

Muawiya pose les bases de l’empire

Quand Muawiya arrive au pouvoir, il pose les bases d’un État fort autour de la personne du calife. Au cours des premières années de son règne, il s’appuie sur les chrétiens arabes pour diriger l’administration. Le nouveau calife organise un système de chouras (conseils) décentralisés, où chaque tribu peut faire remonter des revendications au conseil central de Damas.

Muawiya s’occupe aussi de l’armée en la disciplinant, il crée un système de promotion qui ne tient pas compte de la filiation mais du mérite et améliore l’armement et les tactiques de batailles. Il crée également un service postal qui se répand vite dans toutes les provinces de l’empire.

Muawiya était gouverneur de Syrie sous le règne des « bien guidés ». C’est l’une des principales raisons qui explique son choix de déplacer le siège de l’empire à Damas. Muawiya voulait s’affranchir de l’influence de l’aristocratie mecquoise et médinoise. C’était également un moyen de se placer dans le sillage de l’Empire byzantin et d’en récupérer la légitimité. A la mort de Muawiya en 680, l’empire est stable. Le calife avait habilement résolu le casse-tête de la succession en plaçant son fils au pouvoir.

Les dernières grandes conquêtes

C’est sous les Omeyyades qu’ont lieu les dernières grandes conquêtes musulmanes, qui s’étendent de l’Arménie au sud égyptien et des portes de l’Inde à la péninsule ibérique. A l’ouest, l’échec du premier siège de Constantinople (674-678) ne ralentit pas la ferveur des conquêtes qui se déplacent vers la Tripolitaine. Les premiers guerriers arabes atteignent l’océan Atlantique en 675. Certains récits racontent qu’en voyant cette nouvelle mer, les soldats poussèrent des cris de joie, pensant avoir atteint les confins de l’univers. Les arabes doivent cependant battre en retraite assez rapidement, repoussés par une forte résistance berbère.

En 711, les Omeyyades en Espagne

Une deuxième vague de conquête, plus massive, rase en 707 la vieille ville de Carthage, réputée imprenable. Grâce au génie politique d’un homme, Moussa Ibn Noseïr, qui a réussi à s’allier avec des tribus berbères en les convainquant de se convertir à l’islam (ce que les chrétiens n’avaient jamais réussi à faire), les troupes musulmanes de son général Tariq ibn Ziyad pénètrent en Espagne en 711.

A l’est, le Sind est conquis en 712. Les soldats arrivent aux portes de la Mongolie et, après la prise de villes comme Tachkent et Samarkand, l’islam se retrouve voisin de l’empire chinois. Les Chinois de la dynastie Tang sont d’ailleurs arrêtés et vaincus par les musulmans lors de la bataille de Talas, en 751. De nombreux historiens estiment que, à la suite de cette bataille, ce sont des prisonniers chinois qui ont appris aux arabes la fabrication du papier.

Une décentralisation amorcée…

Les califes sont conscients qu’une trop forte centralisation du pouvoir à Damas serait contre-productive. Ainsi, si l’islam et la langue arabe s’amorcent au début du VIIIe siècle comme religion et langue de référence, la diversité religieuse, linguistique et culturelle est grande.

Une place spéciale est réservée aux Dhimmi (« les gens du livre »), c’est à dire les juifs, chrétiens et zoroastriens. Plus tard, certains bouddhistes et hindouistes auront également droit à ce statut. Les Dhimmi paient un impôt, la djizia, mais sont protégés par l’empire et sont loin d’être marginalisés dans l’administration. Leur situation sociale est parfois très satisfaisante. Les Dhimmis étaient des éléments fondamentaux pour l’équilibre fiscal de l’empire. D’ailleurs, certains califes encourageaient leurs sujets à ne pas se convertir pour continuer à payer l’impôt !

Comme nous l’avons vu plus haut, les conseils politiques sont décentralisés et l’empire prend soin, dès le début, d’intégrer une partie de l’élite des puissances défaites dans son fonctionnement politique. Cela est fait afin d’éviter un effondrement des structures sociales et juridiques, en place dans ces régions depuis des centaines, voire des milliers d’années. Damas doit donc s’adapter aux dynamiques locales propres à chaque région.

… mais pas suffisante

Un certain nombre de facteurs précipite la chute des Omeyyades. La prédominance de la langue arabe, initiée par le calife Abd Al-Malik au début du VIIIe siècle qui souhaite arabiser son empire, crée une frustration parmi les populations converties et non-arabes. En effet, les arabes ont d’immenses avantages devant l’impôt. Le groupe social des Mawalî (clients) représente le mieux ces convertis non-arabes qui ne se sentent pas bien représentés. Parmi eux, on trouve de nombreux Persans. Les tentatives de réformes fiscales, qui commencent sous le règne du calife Umar II, ne fragilisent que davantage l’économie de l’empire.

De plus, les arabes se voient à cette époque davantage comme une classe guerrière que bureaucratique. Un nombre important se montre peu enclin à effectuer les tâches administratives et juridiques, considérées comme inférieures. D’autres groupes s’occupent donc de ces tâches, et les arabes perdent peu à peu la main sur la bureaucratie.

Enfin, la légitimité des grandes conquêtes des premières heures et la nécessite de se battre contre les chiites ne fait plus trop effet. L’empire a de plus en plus de mal à justifier sa présence dans des zones lointaines.

Le coup final est initié par une secte chiite du mouvement des Hachimiyya, créé par Muhammad al-Abbas, oncle du prophète Mahomet. Ce groupe s’appuie sur la force des Mawalî pour organiser une vaste résistance contre les Omeyyades. Les forces du califat sont définitivement écrasées après la bataille du grand Zab en 750. Cela ouvre la voie à une nouvelle dynastie, celle des Abbassides.

Un seul membre de la famille des Omeyyades parvient à échapper aux massacres. Il se réfugie à Cordoue en 756 pour y fonder un émirat indépendant. Ses descendants, en soumettant les tribus locales, fondent le califat omeyyade de Cordoue (929-1031). Aujourd’hui encore, ce dernier est réputé pour sa grande prospérité intellectuelle et économique.

(1) L’expression des « biens guidés » désigne le règne des quatre premiers califes, supposé représenter un âge d’or de l’islam. Cependant, cette expression est à relativiser. En effet, des tensions commencent à apparaître dès le règne du premier calife Abu Bakr. Cette expression est inventée sous la période du califat abbasside, qui a sans cesse cherché à décrédibiliser l’Empire omeyyade, en l’opposant à un prétendu âge d’or révolu.

Ressources:

René Kalisky, « Le monde arabe, tome 1 : essor et déclin d’un empire », Marabout université, 1968.

Jean-Pierre Luizard, « Chiites et Sunnites : la grande discorde », Collection en 100 questions, Tallandier, 2017.

Le Monde, « L’Histoire du Proche-Orient », hors-série, 2018.

Le Monde, « L’Atlas des Empires », hors-série, 2016.

About Pablo MENGUY

Étudiant en journalisme à l’école publique de journalisme de Tours. Actuellement en échange universitaire au Canada.

Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

  

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La République de Chypre est membre de l’Union européenne depuis 2004. Cependant deux parties de l’île (dite « Zones britanniques ») sont occupées par le Royaume-Uni depuis l’indépendance en 1959 et une autre (dite « République turque de Chypre du Nord ») par l’armée turque depuis 1974.

L’Union européenne n’a que faire de ces occupations militaires. Elle n’entend pas libérer Chypre, mais attendre un règlement « pacifique » des deux problèmes qui ne vient pas.

Lors des élections pour le Parlement européen du 25 et 26 mai, toutes les personnes ayant été enregistrées avant l’invasion turque de 1974 (« Opération Attila »), ce qui comprend près de 50 000 retraités vivant actuellement sous le joug turc, sont appelées à voter.

La République de Chypre ouvrira une cinquantaine de bureaux de vote à ses citoyens du Nord sur le territoire qu’elle contrôle à proximité de la ligne de démarcation. Mais les Chypriotes nés après 1974 et vivant en zone occupée ne pourront pas voter car ils ne sont pas enregistrés par l’unique République souveraine.

Depuis l’adhésion de la République de Chypre à l’Union européenne, la Turquie a poursuivi son expansion territoriale. Elle occupe aujourd’hui une partie de l’Iraq et une autre de la Syrie. Le président Recep Tayyip Erdoğan s’est publiquement engagé à étendre l’occupation militaire turque au Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse), à tout Chypre, au Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et au Nord de l’Iraq (y compris Mossoul). Le 17 février 2018, il a déclaré préparer l’invasion de la Grèce.

De son côté, Bruxelles prétend garantir la paix à l’Ouest et au Centre du continent en poursuivant des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

https://www.voltairenet.org/article206518.html

Eric Drouet « dégoûté du mouvement », Maxime Nicolle pour des « opérations coups de poing »

Eric Drouet « dégoûté du mouvement », Maxime Nicolle pour des « opérations coups de poing » : quel « acte 27 » des gilets jaunes ce samedi ?

LA COLÈRE DES GILETS JAUNES

MANIFESTATION – Alors que le mouvement des Gilets jaunes célèbre son sixième mois d’existence, le samedi 18 mai devrait marquer le jour du « 27e acte ». Mais avec une mobilisation qui s’essouffle depuis deux semaines et des chefs de file qui tentent de trouver d’autres moyens d’action, les manifestants ne semblent pas répondre présents au rendez-vous.

« Racket organisé, c’est non », « pour une révolution du système », « stop au glyphosate ». Pour la simple ville de Paris, une multitude d’événements existent pour le « 27e acte » des Gilets jaunes. Mais aucun d’entre eux ne dépasse les 500 intéressés. Après deux semaines de baisse de mobilisation record, selon les chiffres de l’Intérieur et le Nombre jaune, le compteur de manifestants du mouvement, et six mois de contestation, les Gilets jaunes ont-ils prévu de manifester ce samedi 17 mai ?

Eric Drouet ne veut plus de manifestations « ridicules »

Le déclencheur du mouvement se dit exaspéré par la tournure qu’il prend. Dans une vidéo diffusée sur YouTube le 13 mai, il se dit même « dégoûté ». « Il va vraiment falloir arrêter les manifestations déclarées », lance-t-il devant sa caméra, tout en prenant soin d’épargner ses « amis » qu’il « apprécie énormément ». « Je ne les rejoins plus du tout sur le mouvement avec ces manifestations à thème qui s’éloignent de plus en plus des revendications principales des Gilets jaunes. » Au fil des sept minutes de la vidéo, le routier déroule sa frustration : les derniers « actes » ont été « ridicules », « des conneries ».  Car s’il admet que déclarer les manifestations les rendent « plus sécurisées », il estime aussi qu’elles ne font plus « chier le gouvernement ». « Le samedi soir, à 23h, on est passé à autre chose. Ça, ce n’est pas une forme de résistance. » Un ras-le bol qui se poursuit tout au long de la séquence, versant parfois dans une lourde ironie : « Le thème de la semaine prochaine c’est ‘comment se faire enfler par Macron en quatorze étapes’? »

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Pour répondre à ce mécontentement qu’il dit partager avec « beaucoup » de manifestants qui « ressentent la même chose », le routier veut revenir à l’organisation de défilés massifs dans des grandes villes. Et invite ses compagnons de lutte à en faire de même pour éviter les dispersions. « J’aimerais bien que les figures du mouvement arrivent à se réunir à un moment donné pour accorder les violons. » Pour y arriver, il faudra selon lui « mettre les egos de côté. » « Il y a plein de trucs à faire et, tous réunis, tous ensemble, on peut faire quelque chose, il faut s’accorder.  » Eric Drouet propose donc de « reprendre » les ronds-points comme au début de la contestation et de n’organiser qu’une manifestation dans un lieu donné. « J’invite tous les groupes à ne mettre qu’une manifestation et l’épingler en haut de la page en début de semaine. » Une règle que lui-même n’a pas encore appliquée à son propre groupe.

Eric Drouet n’est pas seul à vouloir secouer le mouvement. Sur son groupe, Maxime Nicolle demande aussi la « fin des manifestations déclarées », pour débuter des « opérations coups de poing » et se « former à la désobéissance civile sans violence« . De nombreux projets qui, pour le moment, semblent encore en gestation. Des Gilets jaunes locaux ont donc organisé plusieurs manifestations en région. Mais contrairement à la semaine dernière, où un grand rassemblement avait eu lieu à Nantes, aucune ville ne semble sortir du lot.

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Plusieurs événements ont tout de même vu le jour sur Facebook. Est ainsi prévue une « inter-régionale » à Alès, dans le Gard, pour « toute l’Occitanie ». La Préfecture a donc interdit tout rassemblement ou manifestation sur la voie publique et le domaine public routier  tout au long du week-end, selon Midi Libre. Une interdiction qui sera également de mise à Paris, comme chaque semaine, dans les secteurs des Champs-Elysées, de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame. Les quelques événements qui existent prévoient pourtant de se rendre sur la plus belle avenue du monde. Une initiative existe également à Strasbourg pour une  » traditionnelle assemblée générale ». Et, comme chaque semaine, un « soulèvement » est espéré à Lyon pour une « justice sociale, fiscale et climatique ! », tout comme à Marseille.

Il existe 474 niches fiscales dans l’Hexagone, et certaines d’entre elles semblent insolites.

JT 20H – Il existe 474 niches fiscales dans l’Hexagone, et certaines d’entre elles semblent insolites.

À la vue du formulaire 2042, des millions de citoyens s’arrachent les cheveux chaque année. Il existe aussi la 2042 C, 2042-C-PRO et 2042 IOM. Chacune comporte un nombre incalculable de cases à remplir. Des niches fiscales dont vous ignorez sans doute l’existence. Certaines concernent très peu de monde, et d’autres sont totalement incompréhensibles. Nos journalistes nous en disent plus à leur sujet.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 16/05/2019 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 16 mai 2019 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

https://www.lci.fr/conso-argent/niches-fiscales-comment-y-voir-plus-clair-2121349.html?xtor=ES-106-%5B20190517_073408_OWP_NLPERSO%5D-20190517-%5B%5D-07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521@1-20190517073408&_ope=eyJndWlkIjoiMDdkMzVkNmRmYmM3YmMyNDU0MzI0OGZjZDliZWU1MjEifQ%3D%3D

Nous et le Pentagone

Nous et le Pentagone

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Nous et le Pentagone

17 mai 2019 – J’avoue ma persistante et durable stupéfaction pour ce qui concerne l’inculture extraordinaire dont fait preuve l’immense et écrasante majorité, du type-stalinien, de nos dirigeants, experts, commentateurs, généraux étoilés et ainsi de suite, ici en Europe et encore plus ici en France, lorsqu’il s’agit de comprendre exactement ce qu’est le Pentagone, et plus largement dit le Complexe Militaro-Industriel (CMI) des États-Unis d’Amérique. La bouche pleine du vertige crisique et tourbillonnant de la valse des $milliards, aucun de ces arrogants crétins et naïfs imbéciles, j’en jurerais, n’a eu l’audace de lire les quelques paragraphes du début du plus fameux discours du XXIème siècle sur la sécurité nationale ; discours daté du 10 septembre 2001, – non, non, surtout pas le 11, – et il est du secrétaire à la défense Rumsfeld, un dur de dur qui s’y connaissait.

« Notre sujet aujourd’hui est un adversaire qui constitue une menace, une sérieuse menace, contre la sécurité des États-Unis d’Amérique. Cet adversaire est un des derniers bastions de la planification centralisée. Il gouverne en édictant des plans quinquennaux. D’une seule capitale où il se trouve, il tente d’imposer ses exigences au travers des fuseaux horaires, des continents, des océans et au-delà. Avec une brutale constance, il bâillonne la pensée libre et détruit les idées nouvelles. Il désorganise la défense des États-Unis et met en danger les vies des hommes et des femmes en uniforme.
» Peut-être cet adversaire paraît ressembler à ce que fut l’Union Soviétique, mais cet ennemi s’en est allé : nos ennemis sont aujourd’hui plus subtils et plus implacables. Vous devez penser que je suis en train de décrire un de ces dictateurs décrépits qui survivent encore. Mais leur temps est passé, à eux aussi, et ils ne font pas le poids à côté de cet adversaire que je décris.
» Cet adversaire est beaucoup plus proche de nous. C’est la bureaucratie du Pentagone. Non pas les gens mais les processus. Non pas les hommes et les femmes en uniforme mais l’uniformité de la pensée et de l’action que nous leur imposons bien trop souvent… »

Le système de la communication américaniste, qui s’y connaît diablement en effet-Janus, n’est pas avare de cette sorte d’intervention. Les experts, chez eux, à côté de la corruption des diverses directions toutes prises dans les rets des tentacules du monstre (le CMI), ne sont pas nécessairement arrogants crétins et naïfs imbéciles qui vous chapitrent à propos d’une mythique “armée européenne” si semblable à l’image d’Épinal qu’ils se font du Pentagone. Ils savent de quoi ils parlent, comme le fait aujourd’hui Andrew Cockburn, lui aussi un dur de dur dans sa partie, décrivant le Pentagone en termes de pandémie dont serait porteur un de ces monstres sorti des enfers de Dante via le Mordor de Tolkien :

« Le complexe militaro-industriel (CMI)américain est devenu un organisme autonome doté d’un système immunitaire qui attaque et étouffe toute menace à son approvisionnement alimentaire, – l’argent des contribuables, écrit le célèbre analyste de la défense Andrew Cockburn. 
» M. Cockburn décrit le processus qui permet aux entrepreneurs de la défense américaine de prospérer malgré le fait qu’ils manquent à maintes reprises des échéances et qu’ils produisent de l’équipement imparfait et surévalué. Le système a évolué pour devenir très bon pour se défendre, – tout en mettant le pays “dans une situation de défense extrêmement affaiblie”, écrit-il dans son dernier article de réflexion pour le magazine Harper’s intitulé “L’infection du Virus Militaro-Industriel : Comment un budget de la défense colossal réduit les capacités de nos forces”.
» Cockburn, dont l’expérience de plus de 40 ans comprend de nombreux livres et publications sur le CMI américain, ses guerres étrangères et ses adversaires, examine l’état actuel des forces armées américaines, –du “désastre” sans précédent qu’est le chasseur F-35 aux quelques dragueurs de mines “délabrés”, en passant par une protection individuelle et des radios défectueuse dont les soldats américains sont équipés, – et il compare cet dévastation aux énormes factures que les contribuables ont à payer aux industries de défense.
» “Le CMI est tellement incrusté dans notre société qu’on ne peut l’en déloger et l’on peut dire que sa mission exclusive est son autoprotection et son expansion infectieuse, comme un mortel virus géant.”
» La “beauté” du système, souligne-t-il ironiquement, “réside dans sa nature d’auto-consolidation”. Chaque nouveau système, arme ou pièce d’équipement coûte jusqu’à deux fois plus cher que celui qu’il est censé remplacer, et il est souvent en proie à des vices de fonctionnement qui doivent être corrigés (pour de l’argent supplémentaire), ou il s’avère simplement pire que le système qu’il remplace. Les dépassements d’échéances et les correctifs post-déploiement gonflent les coûts encore plus, remplissant ainsi les poches des entrepreneurs de la défense… »

Ce qu’aucun d’entre eux, – arrogants crétins et naïfs imbéciles, – n’a l’esprit assez libre et ouvert à l’intuition pour admettre qu’il nous faut, pour comprendre le Pentagone et le CMI à l’instar d’un Rumsfeld (!) ou d’un Cockburn, et de tant d’autres comme unJames Carroll, revenir aux sources de notre civilisation antique et à ses représentations mythiques et monstrueuses dont elles chargeaient les malédictions qui la menaçaient. Le Pentagone est une Bête, éventuellement “immonde” pour faire plaisir à nos chèvres-idéologues des provinces parisiennes, et une pandémie cosmique venue des malédictions telluriques, sorte de “peste brune” pour les mêmes, dont le destin est de dévorer le monde comme Kronos ses enfants.

Certes, ce jugement est de l’ordre du symbolique, et plus encore j’y vois également de la magie noire en pleine activité et tout à fait postmodernisée, tout à fait “opérationnelle” comme l’on dit dans les salons à propos du F-35. Ce n’est pas pour rien du toutsi le Pentagone aux origines a beaucoup emprunté à la “science nazie, poursuivant ainsi une tradition maléfique, assurant le relais de l’idéal de puissancede l’Allemagne hitlérienne aux USA de nos amours fascinées. “Arrogants crétins et naïfs imbéciles”, ainsi est constitué votre American Dream.

Il est impossible d’embrasser le phénomène dans toute son ampleur et sa sublime monstruosité si l’on ne se réfère pas à la métaHistoire dans sa partie la plus sombre, si l’on ne se réfère pas à la démonologie et sa bataille sans fin pour assurer l’entropisation des profondeurs. Du Pentagone dans toute sa puissance et sa représentation, l’on dira qu’il s’agit d’une démonologie incarnée. Nous vivons sous son empire parce qu’il nous tient sous l’empire de sa fascination. C’est la voie la plus sûre qu’ait trouvé le Système pour s’assurer de la servilité sans faille des élites-zombie.Le Pentagone est la cathédrale de notre postmodernité et lui, cette Notre-Dame du Potomac sous la protection de nos démons ; car si l’on tente de le détruire comme on le vit bien le 11 septembre, si le feu cherchait là une obscure vengeance, lui on le reconstruit à l’identique.

Mais qu’est-ce que cela prouve sinon l’asservissement de nos élites-zombie, ce qui ne surprendra personne tant est forte et entêtante la puanteur du corps pourri de l’Homme immortel ? Surtout, qu’est-ce que cela lui garantit, à lui, le monstre-Pentagonesque, alias-Moby Dick ?

Nous l’avions édifié sous la force et le knout du démon ; pour en être quitte, il faudrait que nous-mêmes, ses architectes, nous le détruisions comme l’on exorcise. Nous croire capable d’une telle audace et d’une telle liberté de caractère, c’est rêve pur, – American Dream... Par bonheur, il nous y aidera, le Pentagone, car son hybris, son virus mortel qui lui donne cette surpuissance productrice de de son auto-consolidation, suivra la voie inévitable des démiurges, de la surpuissance à l’autodestruction.

http://www.dedefensa.org/article/nous-et-le-pentagone

DAMAS DÉNONCE LES MENACES PESANT SUR LE TRAFIC MARITIME DANS LE GOLFE PERSIQUE

DAMAS DÉNONCE LES MENACES PESANT SUR LE TRAFIC MARITIME DANS LE GOLFE PERSIQUE

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La Syrie a rejeté tout acte qui constituerait une menace pour le trafic naval dans le golfe Persique stratégique, dans son premier commentaire sur la crise actuelle entre les États-Unis et l’Iran.

Une source du ministère des Affaires étrangères et des Expatriés du pays a souligné dans une déclaration publiée par l’Agence de presse arabe syrienne (SANA) le 17 mai que le droit international garantissant la liberté de circulation pour tous dans le golfe Persique devait être respecté.

« La Syrie exprime son rejet de tout acte qui entraverait le mouvement de navigation dans le golfe Persique, ce qui aurait des répercussions négatives sur tous les pays de la région », a déclaré la source dans le communiqué, avant d’ajouter: « La Syrie appelle les parties à calme, l’escalade de la tension dans le Golfe ne servant pas les intérêts des régions ».

La source non identifiée a également souligné que le dialogue loin de toute ingérence étrangère entraînerait «sans aucun doute» une désescalade et assurerait la sécurité, la paix et la stabilité dans la région.

La déclaration faisait probablement allusion aux récentes opérations de sabotage , qui visaient 4 pétroliers au large des Emirats Arabes Unis. Les responsables américains ont accusé l’Iran de cette attaque. Cependant, ils ont reconnu qu’il n’y avait pas de preuve claire.

La Syrie est l’un des principaux alliés de l’Iran dans la région. Cependant, le pays en guerre envisage apparemment de prendre une position neutre face à la crise actuelle, susceptible de maintenir ses acquis politiques récents dans le monde arabe, notamment l’amélioration de ses relations avec les Émirats arabes unis.

Plus sur ce sujet:

https://southfront.org/damascus-denounces-threats-to-naval-traffic-in-persian

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Persica

 

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Publié le 17 Mai 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientHistoirePétroleEtats-Unis

Contre qui donc la guerre doit-elle être faite par les gens qui n’ont en vue que la justice ? N’est-ce pas contre des ennemis naturels et héréditaires qui possèdent beaucoup de biens et sont tout à fait incapables de les défendre ? Or les Perses répondent à toutes ces conditions.

Ces paroles ne sont pas de John Bolton. Elles ont été prononcées par Isocrate il y a 25 siècles. Platon Pompeo en rajoutait une couche : Ils ne se sont pas arrêtés sur la pente de la décadence (…) Leur régime gouvernemental est vicié par un excès de servitude chez le peuple et un excès de despotisme chez les maîtres. Quelques décennies plus tard, Alexandre – qui n’est jamais appelé le Grand en Iran – mettait ces menaces à exécution, envahissait l’empire achéménide et incendiait Persépolis.

Deux millénaires et demi plus tard, l’empire US nous rejoue la pièce bien peu originale de la grande croisade contre la bête noire perse/iranienne, devenue chiite entretemps. On sait que c’est pour casser l’arc du même nom que la guerre syrienne a été préparée :

La problématique centrale du conflit est l’arc chiite Iran-Irak-Syrie-Hezbollah.

Cet arc est, pour diverses raisons, la bête noire des Etats clients/alliés de l’empire américain au Moyen-Orient.

Pour les pétromonarchies du Golfe, Arabie saoudite et Qatar en tête, il empêche de faire passer leurs pipelines vers la Turquie et l’Europe. Cela se double, pour Riyad, d’une véritable obsession religieuse vis-à-vis de l' »hérésie » chiite.

Pour Israël, l’arc, qui se nomme lui-même axe de la Résistance et soutient la cause palestinienne (les sunnites ont depuis longtemps abandonné la lutte), est l’ennemi à abattre. Il est synonyme de continuum stratégique qui ravitaille le Hezbollah au Liban.

La Turquie a une position géographique exceptionnelle et prétend devenir l’interface énergétique par laquelle passeraient les gazoducs et oléoducs des pétromonarchies. De plus, Erdogan a engagé une ambitieuse politique néo-ottomane sunnite qui lorgne vers le Sud.

Pour les Américains, outre le fait de plaire à leurs protégés (c’est le rôle de tout empire) et de mettre des bâtons dans les roues de l’Iran, leur ennemi depuis 1979, cela permettrait de squizzer énergétiquement la Russie et de la remplacer, sur le marché européen, par les hydrocarbures du Golfe.

Ainsi, tout concourt à ce que « quelque chose se passe ». Dès 2007, dans un article prémonitoire intitulé The redirection, Seymour Hersh indiquait que la « guerre contre le terrorisme » avait laissé place à la guerre contre les chiites, pourtant ennemis mortels des terroristes sunnites qui mettaient l’Occident et le monde à feu et à sang. Rien d’étonnant à cela, les Américains avaient déjà profité de l’émotion du 11 septembre pour régler leurs petits comptes géopolitiques et attaquer Saddam, pourtant adversaire d’Al Qaïda…

Quelque chose se prépare donc, mais où ? Attaquer l’Iran de front est impossible après les fiascos irakien et afghan. Ré-attaquer l’Irak « libéré » quelques années auparavant est invendable auprès de l’opinion publique. Quant au Hezbollah libanais, il est par trop excentré et Israël s’y est d’ailleurs cassé les dents en 2006. Le maillon faible est la Syrie. C’est là que les efforts vont se porter.

Dès la fin des années 2000, le plan est prêt, comme l’expliquera Roland Dumas. La vague des « Printemps arabes » de 2011 est un prétexte idéal. Qu’une partie des Syriens se soulève réellement, sans arrière-pensées, contre Assad ne peut être nié. Que d’autres groupes aient été préparés et financés en amont, faisant partie d’une manœuvre élaborée dans des capitales étrangères pour faire tomber Assad, c’est une évidence.

L’arc chiite, en partie reconstitué après la victoire des syro-russo-iraniens en Syrie, (re)devient le cauchemar stratégique de Washington, Tel Aviv et Riyad. Les Iraniens s’établissent sur la Méditerranée tandis que la construction d’une autoroute Iran-Irak-Syrie a commencé (elle finira par relier Téhéran à Beyrouth) et qu’un projet de voies ferrées ressort du sable. Les futures routes de la Soie chinoises doivent passer par là…

Sur cette question, l’élection du Donald n’a guère changé la donne et l’a même, si c’était possible, empirée. Idolâtre des Israoudiens, travaillé au corps par le moustachu Bolton et l’imberbe Kushner, il ne pouvait que souscrire à l’iranophobie ambiante. En se retirant de l’accord nucléaire, il a ouvert la boîte de Pandore dans laquelle sont évidement tombées les euronouilles impuissantes. A la notable exception de la Suisse, les petits génies du Vieux continent vont sagement se coucher devant les diktats du suzerain. Comme le dit Pepe Escobar (bonne traduction ici) :

« Mises à part des platitudes sur leurs « regrets » au sujet des sanctions américaines, les trois de l’UE jouent de facto le jeu des États-Unis, d’Israël, de l’Arabie Saoudite et des Émirats, et travaillent par extension contre la Russie, la Chine et l’Iran. »

Là où l’ami Pepe prend peut-être ses désirs pour des réalités, c’est quand il affirme que l’Iran continuera de vendre sans problème son pétrole, notamment à la Chine. Certes, la délirante sanctionite impériale gêne à peu près tout le monde, y compris des alliés comme la Corée du Sud qui  « fera tout son possible pour obtenir un renouvellement de l’exemption ». Certes, ces menaces de sanctions contre le reste de la planète vont, à terme, précipiter le déclin de l’empire, dont la force repose normalement sur le consentement des autres. Il n’empêche, pour l’instant, cela semble fonctionner…

Si un mystérieux tanker a débarqué son précieux naphte perse en Chine, les principales compagnies pétrolières du dragon – CNPC et Sinopec – ont préféré éviter les sanctions américaines en stoppant leurs importations. A Pékin, Ankara ou New Delhi, ce ne sont que protestations et récriminations mais, pour l’instant, personne ne semble prêt à franchir le pas.

C’est dans ce contexte que survient le fameux « sabotage » du Golfe. Le 12 mai, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz, peut-être par de mystérieuses charges explosives. Si Washington, selon les bonnes vieilles ficelles, en a évidemment profité pour pointer du doigt l’Iran sans l’accuser formellement, les autres sont curieusement restés muets. Voir les Saoudiens se garder d’incriminer Téhéran est aussi courant que de voir une minijupe dans les rues de Riyad…

Certains y voient un énième false flag, une sorte d’Incident du Tonkin version Golfe, visant à justifier une intervention militaire contre l’Iran. Il convient cependant de préciser que l’armée US n’est pas du tout chaude pour une nouvelle aventure. L’amirauté contredit ouvertement Bolton sur la signification de l’arrivée (« prévue depuis longtemps » en réalité) du porte-avion USS Abraham Lincoln dans la zone, ce qui n’empêche d’ailleurs pas l’Espagne de retirer ses billes et de dire adios à la flotille américaine. La rumeur de l’envoi de 120 000 soldats US au Moyen-Orient n’a aucun sens – trop pour une attaque aérienne, bien trop peu pour une invasion terrestre – et il se murmure que les militaires, et pas seulement eux, veulent le scalp de Bolton, dont les jours sont peut-être comptés. Parmi les ennemis du furieux moustachu, Pompeo est tout aussi iranophobe. Mais s’il est un chaud partisan de l’isolement de Téhéran, il ne veut pas entendre parler d’une guerre qui embraserait toute la région.

Car nous ne sommes plus au temps de la décadence perse si chère à Platon et dont a bénéficié Alexandre. L’Iran a maintenant du répondant. Prenant le contre-pied de ceux qui ironisent sur le « Tonkin du Golfe », un bon connaisseur du Moyen-Orient (Elijah Magnier pour ne pas le citer) semble accréditer la thèse d’un sabotage iranien :

« Le 11 janvier 2007, les forces US ont perquisitionné le bureau de liaison iranien à Erbil et capturé trois officiers du « Corps des gardiens de la révolution iranienne ». Neuf jours plus tard, un commando dirigé par un officier du Hezbollah et des membres de la résistance irakienne du groupe de Moqtada al-Sadr (Asaeb Ahl al-Haq) ont mené une attaque audacieuse en plein jour dans la province de Kerbala, à bord de voitures blindées appartenant à un ministre irakien. Ils ont alors capturé et tué cinq soldats et officiers américains. C’est le modus operandi de l’Iran pour transmettre des messages aux USA, des messages sans équivoque qui ne laissent aucune trace iranienne.

Dimanche matin à 4 heures, heure locale, une forte explosion s’est fait entendre au port d’al-Fujarah dans les Émirats arabes unis. Cette opération propre, peu coûteuse, rapide et efficace a donné un immense résultat : elle a mis fin non seulement à la perspective d’une guerre entre les USA et l’Iran cet été, mais aussi d’une guerre entre le Hezbollah et Israël. L’acte de sabotage a donné un avant-goût de ce qui pourrait arriver aux économies des pays du Moyen-Orient et aux importations de pétrole si l’Iran était acculé au mur et attaqué. Les USA et leurs alliés du Moyen-Orient ne peuvent pas s’imaginer ce que l’Iran est capable de faire, même si aucune preuve tangible du sabotage ne mène à l’Iran, en cas de guerre. Trump devra bien réfléchir à sa réélection en 2020 s’il se lance dans une guerre sans horizon ou résultat clair.

L’Iran a menacé de fermer le détroit d’Ormuz s’il ne peut vendre son pétrole. L’acte de sabotage d’al-Fujairah s’est produit non loin de la base navale américaine à Fujairah, transmettant ainsi un double message à qui de droit.

L’acte de sabotage, que les autorités émiraties ont d’abord nié dans les heures qui ont suivi, pour ensuite le confirmer plus tard en après-midi, s’est produit peu après l’annonce que les USA envoyaient un porte-avions et des bombardiers B-52 en direction du golfe Persique pour effrayer l’Iran et répondre à toute tentative de s’en prendre au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Il est peu probable que les USA s’attendaient à ce genre de réaction immédiate et directe. »

Ne donnant pas leur part au chien, le Hezbollah et les milices chiites irakiennes entreront évidemment dans la danse si Téhéran est attaqué, tandis que les Houthis du Yémen commencent à cartonner les pipelinesd’Aramco en Arabie saoudite même. Le rayon d’action de leurs drones couvre la presque totalité du territoire saoudien et ils peuvent maintenant toucher n’importe quelle installation pétrolière. Les grassouillets cheikhs wahhabites semblent quelque peu paniqués de voir leur or noir pris entre l’enclume du détroit d’Ormuz et le marteau houthi.

Quant aux soldats américains en Irak, d’ailleurs lâchés par les alliés allemand et hollandais qui ont suspendu leur opération de soutien aux troupes de la coalition en raison de l’escalade, ils sont en première ligne. Même si les infos sont contradictoires, il se pourrait que leurs bases soient maintenant pointées par des missilesfournis par Téhéran à ses proxies, ce qui aurait poussé Washington à prendre l’étonnante décision d’évacuer tout le personnel diplomatique non essentiel en Irak.

Devant la formidable guerre asymétrique qui peut être déclenchée à tout moment par l’Iran, il n’est pas sûr que l’empire franchisse le Rubicon. Comme le dit un proverbe persan, n’ouvrez pas la porte que vous serez incapable de refermer

Emmanuel Macron assume une « confrontation féconde » avec Angela Merkel pour bâtir un « compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer »

RELATION CONFLICTUELLE ?
Emmanuel Macron assume une « confrontation féconde » avec Angela Merkel pour bâtir un « compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer »

Emmanuel Macron a indiqué ce mercredi ne croire « ni à la confrontation stérile ni à l’entente stérile » avec Angela Merkel mais à « la confrontation féconde » afin de « bâtir un compromis » au niveau européen.

Le président de la République s’est exprimé lors d’une conférence de presse à l’Elysée : 

« Nous devons accepter des désaccords momentanés, de ne pas totalement être d’accord sur tout, pour construire un compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer« .

Il était interrogé suite à une déclaration sans langue de bois de la chancelière allemande qui  reconnaît des différences avec Emmanuel Macron. Angela Merkel a accordé un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La chancelière souligne les « différences de mentalité » entre elle et le président français et des « différences dans leur compréhension des rôles« . Angela Merkel a reconnu avoir une « relation conflictuelle » avec Emmanuel Macron. La chancelière allemande considère que les deux dirigeants ont eu des « temporalités différentes« .

Ces propos sont issus d’une interview publiée ce mercredi par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung :

« Bien sûr, nous avons une relation conflictuelle. Il y a des différences de mentalité [entre moi et le président français et des] différences dans [notre] compréhension des rôles« .

La chancelière apporte néanmoins une note d’optimisme en soulignant les « énormes progrès » réalisés grâce au couple franco-allemand, notamment sur la question de la défense :

« Nous avons décidé de développer un avion de combat et un char ensemble. (…) C’est un signe de confiance que de compter davantage les uns sur les autres en matière de politique de défense ».

Les deux dirigeants ont également signé en janvier dernier le traité d’Aix-la-Chapelle sur la coopération et l’intégration franco-allemandes.

Angela Merkel a aussi abordé la question des élections européennes dans cet entretien. Selon elle, il s’agit d’un scrutin « d’une grande importance, une élection spéciale« . Elle considère que beaucoup sont « inquiets pour l’Europe, moi aussi« .

Vu sur : Le Figaro
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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