Sahara marocain-ONU : Le bluff du polisario dévoilé devant la 4è Commission

Politique

Sahara marocain-ONU : Le bluff du polisario dévoilé devant la 4è Commission

le 6 octobre 2017

Des notables sahraouis ont mis à nu, jeudi devant la 4è Commission de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, les mensonges du polisario sur l’exploitation des ressources naturelles du Sahara, soulignant que le Royaume a investi bien plus dans ce territoire qu’il n’en a reçu.

Intervenant dans ce cadre, Sidi Ahmed Hormatollah, président de l’Association pour le développement d’Oued Eddahab, a relevé que le polisario et ses protecteurs passent leur temps à vouloir convaincre les autres que « le Maroc pille les richesses du Sahara ».

« En tant que citoyen sahraoui vivant au cœur de la ville de Dakhla, je voudrais témoigner devant votre honorable Assemblée et attirer votre attention sur l’ampleur des mensonges colportés partout sur ce sujet », a-t-il dit.

M. Hormatollah a ainsi fait remarquer que le phosphate du Sahara représente à peine 2% de la production marocaine, soulignant que les colporteurs des mensonges du polisario oublient que le Maroc dispose de 80 pc des réserves mondiales de ce minerai, Sahara non compris.

Avant même la récupération du Sahara, le Maroc a toujours été troisième producteur et premier exportateur mondial de cette matière, a-t-il rappelé.

M. Hormatollah a également mis en avant les efforts du Maroc visant le développement de la région, notamment le grand projet du Nouveau Modèle de développement des provinces sahariennes, lancé en novembre 2015 par SM le Roi Mohammed VI, avec une enveloppe budgétaire de près de 7 milliards de dollars.

Ce projet titanesque, a-t-il expliqué, englobe tous les secteurs de développement, économique, social, culturel et environnemental. L’objectif étant de doubler le produit intérieur brut et créer plus de 120.000 emplois dans cette région à l’horizon 2020.
LNT avec Map

 

https://lnt.ma/sahara-marocain-onu-bluff-polisario-devoile-devant-4e-commission/

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Ce que la visite du roi saoudien Salman signifie pour la Russie

Ce que la visite du roi saoudien Salman signifie pour la Russie


L’Arabie saoudite est en transition et cherche à diversifier ses relations extérieures


Bhadrakumar

Par M K Bhadrakumar – Le 26 septembre 2017 – Source Russia Insider

La prochaine visite du roi saoudien Salman bin Abdulaziz en Russie, du 4 au 7 octobre, porte avec elle un grand symbolisme. Il y a plusieurs raisons à une telle intensité – et pas seulement parce que c’est la toute première visite d’un monarque saoudien en Russie. L’Union soviétique a été le premier pays en 1926 à établir des relations diplomatiques avec le Royaume – connu à l’époque comme le Royaume de Hejaz et Nejd – mais sous une forte influence occidentale, le côté saoudien a gelé la relation une décennie plus tard, et c’est resté ainsi jusqu’à la dissolution de l’Union soviétique en 1991.

Historiquement, la rencontre de la Russie avec l’Islam a été tumultueuse – souvent violente mais globalement assimilatrice. D’une certaine manière, cela établit une comparaison avec de longs passages de l’histoire de l’Inde, la différence étant l’histoire impériale de la Russie, alors que l’Inde n’a jamais été un pouvoir expansionniste et n’a connu que des vagues successives de conquêtes musulmanes.

Sans aucun doute, c’était une attaque géopolitique de l’Occident pour mettre l’Islam en opposition avec le communisme. L’objectif réel de l’Ouest en maintenant l’Union soviétique hors du Moyen-Orient était le contrôle des réserves pétrolières de la région et le marché mondial du pétrole. L’utilisation du dollar en tant que monnaie pour la négociation du pétrole était fondamentale pour le statut du dollar en tant que monnaie mondiale, ce qui a entraîné l’assujettissement [de la région] à l’hégémonie de l’Amérique au cours des sept dernières décennies. Certains historiens attribuent au faible prix du pétrole l’une des raisons de l’affaiblissement de l’économie soviétique dans les années quatre-vingt.

Ironiquement, le pétrole est de nouveau au cœur des relations de la Russie avec l’Arabie saoudite – sauf que les deux pays ont maintenant des intérêts partagés sur le marché mondial du pétrole, qui sont également contraires aux intérêts américains suite à l’émergence de l’industrie du schiste aux USA. L’Arabie saoudite et la Russie sont deux grands pays exportateurs de pétrole et les revenus des exportations de pétrole constituent un élément crucial de leur revenu national. De ce fait, ils sont désireux d’un marché du pétrole stable et de prix durablement et modérément élevés – l’opinion d’expert est que le prix du pétrole à 50-60 barils  augmentera le niveau de confort pour les Saoudiens et les Russes.

À coup sûr, la coopération énergétique sera un sujet de discussion majeur pour le Kremlin lors de la visite du roi Salman. L’Arabie saoudite a manifesté son intérêt à faire des investissements dans les champs de l’Arctique russe et elle aspire également à développer son propre secteur du gaz. Un autre gros coup est l’adhésion éventuelle de la Russie à l’OPEP. En outre, la Russie espère vendre des armes à l’Arabie saoudite, marché traditionnellement dominé par les pays occidentaux, et développe également ses intérêts commerciaux sur le marché saoudien dans les projets d’infrastructures ; la coopération nucléaire et les chemins de fer sont des domaines potentiels.

Cependant, inévitablement, la visite de Salman sera évaluée en termes géopolitiques. La dérive de l’alliance entre les saoudiens et les américains, la rivalité saoudienne avec l’Iran, la fin du jeu dans le conflit syrien, l’impasse dans la guerre au Yémen – tout cela constitue la toile de fond. Encore une fois, l’Arabie saoudite est en transition et cherche à diversifier ses relations extérieures. Alors que le prince héritier expulsé, Mohammed bin Naif, était le favori des États-Unis pour succéder au roi Salman, le prince héritier actuel, Mohammed bin Salman, a accordé une grande attention personnelle à l’amitié avec la Russie.

L’épanouissement des relations avec l’Arabie saoudite signifie-t-il que la Russie dégrade ses liens avec l’Iran ? Loin de là. La Russie n’empêchera pas la stratégie occidentale du diviser pour régner. La diplomatie russe visera la synergie entre ses relations avec l’Arabie saoudite (et les pays du Golfe), d’une part, et l’Iran d’autre part. Il ne faut pas oublier que le corridor nord-sud en projet, un réseau de transport multi-modal reliant la Russie au marché du golfe Persique, passe par l’Iran. Il ne serait pas surprenant que, à un moment donné, dans un futur prévisible, la Russie prenne sa part pour promouvoir la réconciliation entre les pays du golfe Persique.

Une telle stratégie régionale inclusive de la part de la Russie a permis au cours des dernières années de développer de vastes réseaux au Moyen-Orient et de consolider sa position et son influence. Israël, Égypte, Jordanie, Turquie, Irak, Iran, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn – La Russie entretient de bonnes relations avec tous, indépendamment des divergences possibles dans les politiques régionales. Cela contraste avec l’approche américaine qui encourage la mentalité de bloc parmi les pays de la région en exploitant les contradictions de la politique régionale.

Bien sûr, les intérêts nationaux russes sont également bien servis dans une approche aussi inclusive. De toute évidence, la coopération de la Russie avec la Turquie et les États du Golfe entrave pratiquement l’objectif stratégique des États-Unis de créer un arc de son système d’armes anti-missiles ABM dans le sud de l’Europe centrale, que l’administration Obama a poursuivie avec opiniâtreté. Certes, la perspective de l’OTAN de devenir le pourvoyeur de sécurité de la région, ce qui était un autre objectif américain, a considérablement diminué. En plus, si le recyclage du pétrodollar s’effondre progressivement, cela pourrait affaiblir sérieusement le système économique et financier de l’Ouest. Mais, ceci étant dit, la Russie n’a pas non plus l’illusion qu’une situation dans laquelle les États du Moyen-Orient exerceraient leur autonomie stratégique est au coin de la rue – Arabie saoudite incluse.

À court terme, cependant, du point de vue de la Russie, la coopération saoudienne aidera à négocier un règlement durable en Syrie. La création de zones de désescalade en Syrie installe des conditions qui favorisent bien le dialogue politique. Un dialogue inter-syrien doit également accompagner une compréhension régionale plus large parmi les puissances extérieures.

Il est possible que l’Arabie saoudite s’attende à ce que l’aide russe mette fin à la guerre débilitante au Yémen. De même, le rapprochement russo-saoudien, qui porte l’imprimatur du gardien des lieux saints, sera largement remarqué dans les régions musulmanes sunnites du Caucase du Nord. Et cela ne peut que renforcer la sécurité nationale de la Russie. De toute évidence, la diplomatie russe se prépare à la réconciliation avec le Moyen-Orient musulman sunnite après la défaite de ISIS et d’al-Qaïda dans une confrontation sanglante et extrêmement violente − où les alliés clés de la Russie étaient les milices chiite d’Iran et du Hezbollah. Ceci est un épisode du flux et du reflux de la marée de l’histoire centenaire commune de la Russie et du monde musulman.

M.K Bhadrakumar

 

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Le pipeline turco-kurde de la Russie à l’UE fait de Moscou le médiateur du Moyen-Orient

Le pipeline turco-kurde de la Russie à l’UE fait de Moscou le médiateur du Moyen-Orient


Par Andrew Korybko – Le 25 septembre 2017 – Source Oriental Review


Rosneft a révélé qu’elle était en négociations avec le gouvernement du Kurdistan irakien pour construire un pipeline dans la région d’ici 2019, pour commencer à exporter du gaz vers la Turquie et vers l’Union européenne une année plus tard. Cela éclaire ce que la compagnie russe, qui appartient au gouvernement, avait à l’esprit quand elle a signé un accord majeur avec la région autonome, en juin, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. L’itinéraire exact du pipeline est encore incertain, mais il progressera probablement par voie terrestre à travers la Turquie, puis se liera avec l’infrastructure du Turkish Stream près de la frontière de l’UE ou débouchera en Méditerranée orientale avec un terminal d’exportation de GNL, ce dernier pouvant faciliter les expéditions vers « Israël » dans un renforcement du partenariat déjà étroit de la Russie avec Tel-Aviv. Toutes ces possibilités sont très intéressantes et ajoutent une nouvelle couche de profondeur stratégique à la diplomatie énergétique russe au Moyen-Orient.  Il est cependant important de se concentrer sur le court terme pour savoir pourquoi cette annonce est intervenue exactement une semaine avant le vote controversé de l’indépendance des Kurdes et juste un jour après que la Russie a rétabli le service de vol direct avec l’Irak, dont le gouvernement régional kurde fait nominalement partie.

Rien de tout cela n’a été un hasard, car plusieurs messages forts ont été envoyés à la communauté internationale à un moment crucial de l’histoire du Moyen-Orient.

La première est que la Russie s’occupe du Kurdistan irakien comme s’il était déjà un pays indépendant, contournant Bagdad dans la conduite de sa diplomatie énergétique bilatérale avec cet « État » en rupture, en dépit de la reconnaissance officielle de la souveraineté du gouvernement central sur l’ensemble de l’Irak et de ses ressources. La raison pour laquelle la Russie semble le faire peut ressembler à une occasion irrésistible d’améliorer indirectement ses relations avec l’UE en fournissant du gaz venant du Kurdistan et transitant par la Turquie passant par le projet de Corridor gazier sud-européen qui pourrait fonctionner à la fois pour le bénéfice stratégique de Moscou et aussi de celui des Kurdes en donnant à deux de leurs adversaires une raison de reconnaître leur indépendance future. Cela conduit au prochain point, c’est-à-dire que les lourds investissements stratégiques de la Russie dans le secteur de l’énergie kurde font de Moscou un des principaux acteurs de l’avenir du territoire, ce qui permet à la Russie de mettre en scène une intervention diplomatique pour devenir le médiateur entre Erbil et Bagdad ainsi qu’entre les Kurdes et leurs trois voisins internationaux, dans le but de protéger leurs intérêts.

Cela s’harmonise avec la vision de politique étrangère des progressistes en Russie qui considèrent le rôle géostratégique de leur pays comme étant la force d’équilibrage suprême du supercontinent eurasien. À cette fin, ils ont cherché à « ranger » les alliés traditionnels américains de leur côté en encourageant leur « alignement multilatéral », ou la diversification de leur politique étrangère avec Moscou. Les Kurdes irakiens ne sont que le dernier exemple de ce qui se passe, après la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ce qui prouve que le « Pivot vers l’Asie » de la Russie est en fait un « Pivot vers la Oumma » alors que Moscou travaille activement à remplacer le vide de leadership laissé par des États-Unis sur le départ dans ce « Grand Moyen-Orient ».

Andrew Korybko

 

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Trump ne « certifiera » pas l’accord sur le nucléaire iranien (sources concordantes)

Trump ne « certifiera » pas l’accord sur le nucléaire iranien (sources concordantes)

Washington – Donald Trump, qui juge que l’Iran ne respecte pas « l’esprit » de l’accord nucléaire, devrait annoncer la semaine prochaine qu’il ne le « certifie » pas, selon des sources concordantes, renvoyant de fait la balle dans le camp du Congrès.

Une loi oblige le président américain à dire au Congrès, tous les 90 jours, si l’Iran respecte le texte et si la levée des sanctions qui l’accompagne est bien dans l’intérêt national des Etats-Unis. Il a jusqu’ici « certifié » l’accord mais a fait savoir que l’échéance cruciale serait la prochaine, le 15 octobre.

Plusieurs responsables qui sont au fait des délibérations de la Maison Blanche ont indiqué à l’AFP que le président a fait clairement savoir qu’il ne souhaitait pas certifier une nouvelle fois le respect de l’accord. Mais aucune décision formelle n’a encore été prise.

Le Washington Post comme le New York Times, indiquent également vendredi que le président ne certifiera pas que l’Iran respecte cet accord.

« Comme il l’a indiqué, le président a pris sa décision », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee-Sanders jeudi, évoquant une annonce « dans les jours à venir ».

« Ce sera une stratégie globale », a-t-elle ajouté, sans autre précisions.

Toutefois, des responsables de la Maison Blanche ont incité à la prudence concernant les informations sur un discours du président Trump jeudi prochain au cours duquel il rendrait sa décision publique.

En cas de « non-certification », la loi donne au Congrès 60 jours pour décider de réimposer ou non des sanctions.

Washington pourrait tenter de mettre à profit ce délai pour arracher à ses partenaires européens l’engagement de rouvrir des négociations avec Téhéran. Mais une telle démarche ouvrirait aussi une période de grande incertitude liée à l’attitude qu’adopterait alors l’Iran.

Poids lourd de l’administration Trump, le ministre de la Défense Jim Mattis a affirmé mardi que, selon lui, maintenir cet accord nucléaire était dans l’intérêt national des Etats-Unis.

« Ils n’ont pas respecté l’esprit de cet accord », a dit jeudi M. Trump, évoquant ce document conclu entre Téhéran et les grandes puissances qui vise à garantir le caractère strictement pacifique et civil du programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions.

« Le régime iranien soutient le terrorisme et exporte la violence et le chaos à travers le Proche-Orient », a-t-il souligné au début d’une réunion à la Maison Blanche en présence des principaux responsables militaires du pays.

« C’est la raison pour laquelle nous devons mettre un terme à l’agression constante de l’Iran et à ses ambitions nucléaires », a-t-il poursuivi.

« Nous ne devons pas permettre à l’Iran d’obtenir des armes nucléaires », a-t-il martelé. Interrogé sur sa décision à venir, il a assuré qu’il la ferait connaître « très prochainement ».

« C’est peut-être bien le calme avant la tempête », a-t-il ajouté, sans donner davantage de précisions.

(©AFP / 06 octobre 2017 16h44)

 

https://www.romandie.com/news/Trump-ne-certifiera-pas-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien-sources-concordantes/850369.rom

Les sécessionnistes catalans : anti-identitaires, libertariens et pro-musulmans

Independencia

Les sécessionnistes catalans : anti-identitaires, libertariens et pro-musulmans

Javier Portella, écrivain espagnol francophone, essayiste, directeur de la revue en ligne El Manifiesto

♦ Les médias ont clairement pris position en faveur des indépendantistes catalans. C’est normal pour deux raisons : durant la guerre d’Espagne, beaucoup de Catalans étaient du côté des « gentils » et aujourd’hui les indépendantistes catalans penchent à gauche et sont clairement immigrationnistes, bref, ils sont dans le camp du « bien ». Pour eux le Castillan est un étranger mais le Bambara né à Barcelone est un Catalan.

Beaucoup de nationalistes en Europe – écossais ou flamands – soutiennent aussi les indépendantistes catalans, ce qui irrite Javier Portella : d’origine catalane mais espagnol et européen de cœur, l’essayiste, correspondant de Polémia à Madrid, a adressé cette lettre ouverte à un nationaliste flamand. Un texte vif et sans complaisance que Polémia livre à ses lecteurs.
Polémia.


Mon cher ami,

Vous m’avez écrit pour répondre à mes nombreuses prises de position exprimées ces jours d’une gravité exceptionnelle pour mes deux patries, l’Europe et l’Espagne (dans cet ordre), ma troisième patrie, la Catalogne, étant morte, à mon très grand chagrin, depuis que la moitié de ses habitants se sont mis en tête de rompre linguistiquement, culturellement, affectivement – spirituellement, en un mot – avec… non pas l’Etat espagnol, comme vous le pensez, mais avec ce qui a été pendant des siècles leur patrie, une patrie que les Catalans ont toujours profondément ressentie, jusqu’aux premières décennies du siècle dernier, comme la leur : la nation espagnole.

Cette rupture affective, qui est la clé de la question, ne date pas de maintenant. Elle a été entreprise systématiquement pendant quarante ans : depuis les débuts du régime dit démocratique. C’est le fruit du travail entrepris grâce à tous les moyens médiatiques, politiques, économiques et coercitifs dont le méchant Etat espagnol a pourvu le gentil Etat catalan, ainsi que par la mansuétude, le silence et les mille concessions dont ce même Etat espagnol – et sa société – ont fait preuve. Le coup d’Etat actuel n’en est que l’aboutissement naturel : la rupture spirituelle a débouché sur la rupture politique. Ou, pour le dire autrement et plus clairement : quarante ans de haine propagée depuis les écoles, les universités et l’ensemble des médias contre l’Espagne et les Espagnols ont débouché et ne peuvent que déboucher sur la sécession politique.

Permettez-moi de le dire sous forme d’une boutade ou d’un raisonnement par l’absurde : n’était-ce la force que le politique (à ne pas confondre avec « la » politique) joue en tant qu’agglutinant symbolique des peuples, je m’en ficherais éperdument de la sécession politique de la Catalogne. A une seule condition : que la rupture affectivo-culturelle n’existe plus. Vivement une Catalogne constituée en tant que nouvel Etat-nation… à la condition (voilà l’absurde dont je parlais) que ses écoles deviennent bilingues et ne soient plus unilingues ; à la condition, autrement dit, que l’espagnol y soit de nouveau enseigné, au lieu d’être, comme aujourd’hui, persécuté ; à la condition que les magasins ne soient plus obligés, sous peine d’amende, à écrire leurs écriteaux exclusivement en catalan ; à la condition que Cervantès, Quevedo, Lorca, Machado… tous les grands écrivains espagnols… et catalans écrivant en espagnol (on commence déjà à brûler leurs livres, notamment ceux du grand Juan Marsé) soient ressentis comme une gloire propre également à la Catalogne ; à la condition aussi que l’œuvre de civilisation accomplie par l’Espagne en Amérique, tout comme les grands faits de notre histoire commune, depuis la Reconquête jusqu’à Lépante, où le Catalan Luis de Requesens était le second de don Juan de Austria, ne soient plus honnis mais ressentis comme propres par les Catalans ; à la condition, en un mot, que l’amour pour vingt siècles d’histoire commune – depuis l’Hispania romane – vienne remplacer dans le cœur des Catalans la haine qu’ils vouent à ce même passé commun.

Non, mon cher ami, vous le voyez : la nation espagnole n’a strictement rien à voir avec l’Etat belge – là, oui, c’est bien d’un simple Etat, pas d’une patrie, qu’il s’agit. Et c’est bien dans cette confusion entre la Belgique et l’Espagne que gît tout le problème, j’ose espérer, de la cécité d’un nationalisme flamand ayant soutenu ou exprimé de sympathies aussi bien pour les assassins de l’ETA basque que pour les sécessionnistes catalans, ces gens qui ont peuplé leur pays de musulmans afin que ceux-ci remplacent non seulement les Catalans de souche comme partout où le Grand Remplacement sévit, mais pour qu’ils remplacent plus particulièrement les migrants latino-américains qui ont le mauvais goût de parler espagnol.

Comment pouvez-vous éprouver la moindre sympathie pour ces indépendantistes où toute la racaille de l’extrême gauche remplaciste, individualiste, libertarienne, féministe, pro-théorie du genre, etc., se trouve ramassée ? Si jamais il vous arrivait de vous frotter à eux, je vous donne un conseil d’ami : prenez garde ! Qu’ils ne connaissent pas une seule des idées que vous et moi partageons et pour lesquelles nous luttons ! Vous seriez cuit ! C’est exactement l’inverse qui se passerait si un jour vous faisiez connaissance de nos amis partageant de telles idées et de telles luttes en Espagne. Ceux-là mêmes, par exemple, qui, ces jours-ci, en faisant preuve d’un courage qui les honore, sont en train de se battre dans les rues de Barcelone contre toute la racaille des antifas doublés de « patriotes » catalans. Que leur patriotisme n’est pas tel, qu’ils sont la négation même de tout l’esprit identitaire, je l’ai déjà expliqué ailleurs. Ici. Pas un seul, parmi ceux qui partagent nos idées, n’a la moindre accointance, je vous assure, avec ceux qui prétendent briser l’Espagne. Ils sont tous, autrement dit, des fieffés « jacobins », pour reprendre le mot passe-partout qu’on a l’habitude de sortir dans de telles circonstances. Quel jacobinisme peut-il y avoir, dites-moi, dans un Etat dont les Autonomies jouissent des droits les plus étendus au monde ? De grâce ! Mais les Catalans indépendantistes se contrefichent éperdument de leur autonomie. Ils ne visent qu’à une seule chose : à briser l’Espagne.

Désormais ils pourront y parvenir plus aisément encore, me dites-vous, après les brutalités commises le dimanche 1er octobre par la police espagnole. Quelle bêtise, poursuivez-vous, que de leur avoir dénié le droit à décider de leur sort ! Maintenant ils ne seront plus des autonomistes : ils deviendront de farouches indépendantistes. Mais non, mon cher ami, ce n’est pas maintenant qu’ils deviendront de farouches indépendantistes : ils le sont depuis des années, la pantalonnade du référendum n’ayant été qu’une très astucieuse mise en scène pour obtenir les images-chocs qu’ils ont obtenues. En ce qui concerne le nombre inouï de trucages dont le prétendu référendum a été agrémenté, en ce qui concerne aussi « la brutale-répression-de-la-police » et la bêtise sans bornes d’un Rajoy qui, paralysé de crainte, a trop tardé à faire face à la situation, et à le faire de la pire façon possible, je vous renvoie à l’article où j’explique tout ça dans le détail. Le voici.

Reste la question de fond qui est sous-tendue dans notre discussion. Quelle est la vision de la nation (ou du peuple, ou de la communauté ; ne chicanons pas sur les mots) qu’il s’agit de défendre ? Si vous défendiez la vision « démocratique » (ou « libérale », ou « individualiste », ou « contractualiste ») de la nation, il n’y aurait aucun problème. Dans ce cas, ce serait tout à fait logique que vous reconnaissiez aux Catalans, comme à n’importe quel autre amas d’atomes individuels, le droit de tout faire, tout décider, tout voter. Y compris « l’unité de destin dans l’universel » que, selon un certain José Antonio de Primo de Rivera (encore un fieffé jacobin anti-catalan, sans doute) est la patrie, cette patrie pour défendre l’unité de laquelle il a été, entre autres raisons, tué. Mais voilà, justement, nous sommes quelques-uns dans le monde (et je sais bien que vous en faites partie : d’où votre contradiction) qu’il y a des choses intangibles, des choses soustraites au débat démocratique, des choses pour lesquelles on ne vote tout simplement pas. La patrie en est une. Disons-le par une boutade : étant donné que la nation est le corps organique reliant le passé, le présent et l’avenir, on ne pourrait voter sur le destin de la nation qu’à la seule condition que les ancêtres, sortant de leurs tombes, puissent eux aussi voter ! Octroyer aux Catalans, autrement dit, le droit de voter leur sécession, cela reviendrait à reconnaître, même si c’était le NON qui l’emportât, que le bras appelé « Catalogne » a le droit d’être arraché du corps organique appelé « Espagne ». Et puisque les Espagnols, même les libéraux, atomistes, individualistes, etc. (bien paradoxalement, bien contradictoirement, j’en conviens) refusent que leur corps périsse gangrené, il n’y a pas eu, et il n’y aura jamais de référendum portant sur la sécession d’une des composantes historiques de la nation. Même si, au lieu d’un référendum, c’était la guerre qui avait lieu.

Il n’y aura jamais de référendum, même si nous devons nous mettre toute l’Europe à dos (ce ne serait pas, d’ailleurs, la première fois dans l’histoire…), y compris l’Europe prétendument identitaire, anti-immigrationniste, etc., qui a couru à se mettre du côté… des remplacistes les plus résolus au monde ! (Et si mes mots vous étonnent, pensez seulement à la façon dont ils ont réagi à l’attentat islamique de cet été à Barcelone !)

L’Europe, cette Europe qui est pour moi ma véritable et grande patrie – et je combats pour qu’il en soit ainsi pour tous –, cette grande et puissante Europe qui n’a rien à voir avec « le machin » de Bruxelles, cet « empire », comme dirait Alain de Benoist, devrait-elle être bâtie sur la dissolution de ces grandes unités de culture, langue et histoire que sont les peuples-nations (appelés d’une façon péjorative « Etats-nations »), ceux-ci étant remplacés par le grand émiettement des régions (en réalité, des mini-Etats-nations) qui en découlerait ? Non. Pour une simple raison : on ne peut et on ne doit pas faire fi de ces grandes unités de langue et de culture qui ont bâti notre histoire. Sauf dans un nombre très réduit de régions, les gens se sentent avant tout – et leur sentiment est noble, leur sentiment est juste – français, espagnols, allemands, italiens, etc. quels que soient par ailleurs les droits à l’autonomie administrative qu’il faut reconnaître, comme cela a été le cas en Espagne, aux différentes régions.

Prétendre le contraire – et là je réponds à votre dernière objection – ce serait faire le jeu de l’oligarchie mondialiste qui, rêvant justement de dissoudre la puissance et l’enracinement des peuples-nations, ne serait nullement dérangée si ceux-ci étaient remplacés par une foule de petites unités locales.

Vous le voyez, il s’agit de manier (comme presque toujours…) un entrelacs complexe d’exigences. Elles sont quatre. Reconnaître le plus largement possible – première exigence – les droits particuliers de nos différentes régions (ou de nos différents peuples, si vous tenez au mot), mais sans porter atteinte, sans démembrer et, surtout, sans haïr – deuxième exigence – ces grandes unités historiquement enracinées que sont les peuples-nations. Tout ceci au sein – troisième exigence – de ce qui devrait être – de ce que sera un jour – la grande Confédération européenne – ou son grand Empire ; là c’est moi qui tiens au mot.

Il reste la quatrième exigence. Que cette affirmation résolue de l’identité, cet enracinement profond dans les attachements de la patrie soit dépourvu de tout « patriotérisme », comme on le dit en espagnol, de tout chauvinisme. Ce chauvinisme ou ce nationalisme qui, loin d’être le grand rempart de la nation, en est le plus grand démolisseur. Ce chauvinisme ou ce nationalisme qui a entamé la démolition – aussi bien de la nation que de l’Europe et de la civilisation – lors de la grande « guerre civile européenne », comme dirait Ernst Nolte ; lors du « Siècle 1914 », comme dirait Dominique Venner. En un mot, ce chauvinisme ou ce nationalisme – le cas de la Catalogne le montre à l’envi – qui n’est capable d’affirmer l’identité d’un peuple que dans la mesure où il vomit toute sa haine sur celle d’un autre.

Javier Portella
5/10/2017

Correspondance Polémia – 5/10/2017

Image : « Pourquoi Rajoy s’est-il laissé prendre à un piège aussi grossier?»

 

 

https://www.polemia.com/les-secessionnistes-catalans-anti-identitaires-libertariens-et-pro-musulmans/

Catalogne: banques et grands groupes craignent une déclaration d’indépendance

Catalogne: banques et grands groupes craignent une déclaration d’indépendance

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le , mis à jour à

Le siège de la banque Sabadell à Barcelone, octobre 2017.

Le siège de la banque Sabadell à Barcelone, octobre 2017.

REUTERS/Yves Herman

Les milieux économiques catalans mettent la pression sur les indépendantistes. Quelques entreprises ont déjà plié bagage.

Carles Puigdemont, le président indépendantiste de la Catalogne, ne semble pas avoir la confiance des milieux économiques. Banco de Sabadell, deuxième banque catalane et cinquième banque espagnole, a décidé ce jeudi de transférer son siège social de Barcelone à Alicante, dans la région voisine de Valence. Lundi, son cours de bourse avait plongé, les investisseurs redoutant une déclaration d’indépendance unilatérale.

Pas de garantie de rester dans l’UE

La CaixaBank, première banque de Catalogne et troisième d’Espagne, réunit vendredi son conseil d’administration pour décider elle aussi d’un éventuel changement de siège social. Le quotidien El Mundo évoque un transfert provisoire à Palma, dans les îles Baléares. Les banques ont peur de se retrouver hors de la zone euro, ce qui leur ferait perdre leur accès au financement de la Banque centrale européenne. Rien ne dit en effet qu’une Catalogne indépendante deviendrait automatiquement membre de l’Union européenne.

Dès la matinée, la simple annonce de la réunion extraordinaire chez Sabadell avait fait remonter en flèche les cours des valeurs bancaires à la Bourse de Madrid, une hausse amplifiée par la suspension par la justice espagnole de la séance du Parlement catalan prévue lundi, au cours de laquelle les séparatistes envisageaient de proclamer l’indépendance.

REPORTAGE >> En Catalogne, l’inquiétude d’une « majorité silencieuse » contre l’indépendance

L’indépendance serait « une catastrophe pour la Catalogne, comme pour l’Espagne et l’Europe », a déclaré le patron de Freixenet, n°1 mondial du cava, ce vin mousseux catalan prisé des Espagnols. « Je ne pas peux pas y croire », a ajouté José Luis Bonet, également président de la Chambre de commerce d’Espagne.

Une région prospère mais endettée

Ces derniers jours, de grands patrons catalans, tout comme l’organisation patronale nationale CEOE, ont fait part de leur « préoccupation maximale » devant une éventuelle déclaration d’indépendance. Mêmes doutes du côté des PME, qui représentent l’immense majorité des entreprises en Catalogne, « nous sommes consternés et préoccupés », explique Antoni Abad, président du second syndicat patronal du secteur, le Cecot. Oryzon, une petite entreprise catalane de biotechnologies, a annoncé mardi son départ de Barcelone pour Madrid, suivant l’exemple du groupe d’alimentation diététique NaturHouse en août.

La tension a poussé l’agence de notation financière SP Global Ratings à annoncer qu’elle envisageait d’abaisser la note de la dette catalane. Bien que prospère, la Catalogne est endettée à hauteur de 35,2% de son produit intérieur brut (PIB).

Facebook. Une nouvelle fonctionnalité pour lutter contre les « fake news »

Facebook. Une nouvelle fonctionnalité pour lutter contre les « fake news »

  • Facebook teste un nouvel onglet pour lutter contre les « fake news ».
    Facebook teste un nouvel onglet pour lutter contre les « fake news ». | Photo : AFP

Facebook continue de s’impliquer dans la lutte contre la désinformation. Le réseau social teste actuellement un nouvel onglet contextuel, permettant à ses utilisateurs de mieux connaître la source des articles partagés.

D’où vient cet article qui apparaît sur mon mur ? Si vous vous êtes déjà posé cette question en scrollant sur Facebook, sachez que Mark Zuckerberg et ses équipes s’efforcent de trouver une réponse.

Sans quitter Facebook

Facebook, décidé à faire la chasse aux « fake news », ces fausses infos qui pulullent sur le web, teste depuis peu un nouvel onglet « contextuel » permettant aux utilisateurs d’en savoir plus sur la provenance des articles… sans quitter le réseau social.

« Nous testons un onglet sur lequel on peut cliquer pour accéder facilement à des informations supplémentaires sans avoir besoin d’aller ailleurs », écrit Facebook sur son blog officiel.

Moyen d’évaluation

Ces informations sont le plus généralement la notice Wikipédia se référant au média à l’origine de l’article. Si aucune information n’est disponible, Facebook promet de le dire à l’utilisateur, ce qui peut être en soi un élément de contexte utile.

Selon Facebook, cette nouvelle fonctionnalité peut aider les utilisateurs « à évaluer si les articles proviennent d’un éditeur auquel ils font confiance et si l’histoire elle-même est crédible ».

Série d’auditions

Très critiqués depuis la campagne présidentielle américaine de 2016, conclue par l’élection de Donald Trump, Facebook, Google et Twitter multiplient les annonces destinées à montrer leur volonté de lutter contre les contenus douteux : fausses informations mais aussi apologie du terrorisme, appels à la violence…

Outre des auditions à huis clos qui ont déjà eu lieu, plusieurs parlementaires ont invité les trois géants d’internet à des auditions publiques le 1er novembre dans le cadre de l’enquête parlementaire sur une possible ingérence russe dans la campagne.

Dimanche soir encore, Facebook, Google et Twitter ont laissé passer un article donnant de fausses informations sur l’auteur de la fusillade de Las Vegas, le proposant même à des internautes comme résultat de recherche

https://www.ouest-france.fr/high-tech/facebook/facebook-une-nouvelle-fonctionnalite-pour-lutter-contre-les-fake-news-5293890?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20171006&vid=1752223&mediego_euid=1752223

Le Pentagone (10/10) – Les passagers

Plan de l’étude sur le Pentagone :

    1. L’incroyable bêtise
    2. Le crash – L’incendie

 

  1. Les dégâts
  2. Les témoignages et les preuves visuelles
  3. Les preuves physiques 1
  4. Les preuves physiques 2
  5. Les débris 1
  6. Les débris 2
  7. Le pilotage
  8. Les victimes

10. Les victimes

10-1 : Les salariés du Pentagone

Plus de la moitié des 125 personnes tuées dans le Pentagone appartenaient au Centre de Commandement de la Navy.

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Et un bureau de l’US Army qui venait juste de ré-occuper l’aile Wedge One du Pentagone récemment rénovée, a perdu 34 de ses 45 employés. La plupart étaient des civils : comptables et analystes budgétaires. (La liste complète est ici.)

Le cas de ces derniers a fait surgir une nouvelle théorie fumeuse : ils ont été tués pour masquer un casse à… 2 300 milliards de dollars ! Exemple pris au hasard :

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“2 300 milliards de dollars, soit 25 % du budget total de la défense américaine”, disparus, le 10 septembre, a annoncé le ministre… !!!!

Oulà… Rien qu’à lire on devrait ce dire que c’est du gros délire, mais passons.

Bon, reprenons : le budget TOTAL de l’État américain a été en 1999 de… 1 702 milliards (Source : Wikipédia).

Et le budget de la seule Défense : 273 milliards.

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Alors faut avouer qu’ils sont forts : on leur donne 273 milliards, ils payent le personnel (et il faut toujours payer les militaires, hein…), achètent le matériel, et à la fin… ils égarent 2 300 milliards – chapeau les US !

Bon, allez, analysons d’où sort ce Xème délire…

C’est sorti d’un discours du ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, tenu le 10 septembre 2001 (Source), où il dit précisément ceci :

L’adversaire est tout proche de nous. C’est la bureaucratie du Pentagone. Non pas les gens, mais les processus. Pas les civils, mais les systèmes …

Dans ce bâtiment, en dépit de cette ère de ressources rares imposées par les menaces progressives, l’argent disparaît dans des taches répétitives et une énorme bureaucratie – pas à cause de la cupidité, mais par des blocages. L’innovation est étouffée non pas par mauvaise intention, mais par inertie institutionnelle.

Tout comme nous devons transformer les capacités militaires de l’Amérique pour répondre à l’évolution des menaces, nous devons transformer la façon dont le Ministère travaille et ce sur quoi il travaille…

Notre défi consiste à transformer non seulement la façon dont nous dissuadons et défendons, mais la façon dont nous menons nos activités quotidiennes…

Les hommes et les femmes de ce ministère, civils et militaires, sont nos alliés, et non pas nos ennemis. Eux aussi en ont assez de la bureaucratie, ils ont aussi des frustrations. Je l’entends tous les jours. Et je parie à dix contre un qu’ils veulent aussi résoudre ça. En fait, je parie qu’ils savent même comment le résoudre, et si on leur demandait, ils le règleraient. Et je leur demande.

Ils savent que les contribuables méritent mieux. Chaque dollar que nous dépensons nous a été confié par un contribuable qui l’a gagné en créant de la valeur avec leur sueur et leurs compétences – un caissier à Chicago, une serveuse à San Francisco. Une famille américaine moyenne travaille une année entière pour devoir 6000 $ d’impôts sur le revenu. Ici, nous gaspillons plusieurs fois ce montant chaque heure dans des redondances et par inattention.

C’est malheureux. C’est malheureux parce que la défense nationale dépend de la confiance du public, et la confiance, à son tour, repose sur le respect des travailleurs Américains et de leurs impôts. Nous avons besoin de les protéger ainsi que leurs efforts.

Les pertes épuisent des ressources issues de la formation et de ‘réflexions’, des infrastructures et de l’intelligence, des hélicoptères et des logements. Des systèmes obsolètes détruisent des idées qui pourraient sauver des vies. Des processus redondants nous empêchent de nous adapter à l’évolution des menaces avec la vitesse et l’agilité que le monde d’aujourd’hui exige.

Par-dessus tout, le passage de la bureaucratie au champ de bataille est une question de sécurité nationale. Dans cette période d’économies, nous avons besoin que chaque centime, toute bonne idée, toute innovation, tout effort nous serve à moderniser et transformer l’armée des États-Unis ….

La révolution technologique a transformé les organisations à travers le secteur privé, mais pas la nôtre, pas complètement, pas encore. Nous sommes, comme on dit, coincés dans nos filets. Nos systèmes financiers sont vieux de plusieurs décennies. Selon certaines estimations, nous ne pouvons pas tracer 2 300 milliards de dollars de nos transactions. Nous ne pouvons pas partager l’information d’étages en étages dans ce bâtiment, car elle est stockée sur des dizaines de systèmes technologiques qui sont inaccessibles ou incompatibles.

Ce n’est donc pas que l’argent est “manquant”, au moins selon Rumsfeld, c’est plus que les systèmes financiers incompatibles et vieillissants ne permettent pas qu’ils soit pisté facilement dans tout le système. On voit bien que la façon dont il en parle n’est pas pour lui de nature à provoquer un scandale. (c’est un peu du même niveau que dire chez nous qu’un Ministère n’arrive pas à connaitre la liste de son personnel à un moment donné.)

C’est évidemment un énorme problème, mais Rumsfeld ne cherche pas à le cacher (celui-ci ou d’autres problèmes du ministère de la Défense) – il les a diffusés, en disant qu’un changement était indispensable.

Mais pour ceux qui pensent que le 11 septembre était bienvenu pour camoufler cette information du 10 septembre 2001, il faut préciser que c’était public… depuis bien plus longtemps que ça !

En fait, ceci remonte à un audit de 2000, publié ici le 18 août 2000 (téléchargeable ici) qui pointait de larges souci dans l’appareil comptable antédiluvien du ministère de la Défense :

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Résultats. Les centres de la DFAS (Service de la finance et de la comptabilité de la Défense) traitèrent environ 7 600 milliards de dollars d’écritures de compatibilité relatives aux données financières concernant le Ministère de la Défense, données utilisées pour la préparation du rapport ministériel et la déclaration financière pour l’année fiscale 1999. Sur les 7 600 milliards de la comptabilité du Ministère, 3 500 milliards furent attribués à une recherche appropriée, à des décomptes et à des relevés. Toutefois, 2 300 milliards d’entrées relatives à diverses sources de données qui ne correspondaient à rien de précis furent fabriquées soit pour forcer les données financières à être en accord, soit pour forcer les données d’achat/vente à s’annuler, ou alors ne contenait pas de documentation adéquates et de relevés d’audit ou ne suivaient pas les règles comptables. Nous avons identifié 1 800 milliards supplémentaires d’entrées relatives au Ministère mais nous n’avons pas eu le temps nécessaire ou le personnel adéquat pour réviser ces données. La déclaration globale du Ministère de la Défense pour l’année fiscale 1999 était sujette à un grand risque de déclaration erronée. L’ampleur de la complexité des entrées comptables nécessaires pour compiler la déclaration finale du Ministère de la Défense pour 1999 soulève les difficultés et les problèmes que le Ministère de la Défense rencontra dans sa tentative pour produire des informations financières précises et justes en utilisant les systèmes et procédés disponibles. Le plus grand nombre d’entrées de compte du Ministère furent attribué au Fond Général de la Navy car le centre de la DFAS de Cleveland transcrivait à la fois chaque mois et chaque fin d’année les entrées de comptes de ce fond. […]

Recommandation. Nous avons recommandé que le sous-secrétaire de la Défense (l’intendant) établisse une stratégie d’implémentation pour éliminer les entrées de compte sans piste d’audit et pour minimiser les entrées de compte d’autres Ministère dans les données utilisés pour compiler les rapports financiers du Ministère de la Défense.

C’est de là que sortent les “2 300 milliards” et les “25 %“.

Mais en fait, c’est un audit comptable approfondi, donc on parle ici de “7 600 milliards de dollars” d’écritures comptables – pas du budget ! Or 1 € dépensé peut générer de très nombreux dollars d’écritures dans un logiciel de compta, au gré de l’avancement de la dépense et des la remontée des informations. D’où ce chiffre semblant incroyable, partant de 273 Md$ de budget…

25 % du total des écritures ont donc posé des soucis à l’audit.

Mais observez bien la recommandation : elle n’est en rien l’alarme qui serait déclenchée si des malversations par dizaines de milliards avaient été trouvées… Surtout aux États-Unis.

Une dépêche Associated Press parle de ce fait dès le 3 mars 2000 (Source), puis on en parle par exemple dans un journal californien le 7 janvier 2001 (Source.), puis on en parle le 11 janvier pendant les auditions au Congrès de Rumseld pour sa nomination, ce journal en parle le 12 février 2001, Rumsfeld en parle déjà dans un discours le 3 juin 2001 (Source), puis dans une interview le 28 juin 2001 (Source), puis il en reparle le 11 juillet 2001 au Congrès (Source), puis de nouveau le 16 juillet (Source). Pas vraiment secret donc, hmmm… Donc l’intérêt d’enterrer l’information le 11 septembre était nul, elle était publique depuis plus d’un an.

Le Ministère a d’ailleurs répondu le 13 avril 2001 (téléchargeable ici) :

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“Alors que le Ministère de la Défense doit répondre à certaines critiques quant à ses états financiers et au volume et composantes du problème des 2 300 milliards de dollars, nous estimons que des mesures correctives nécessitent une transformation radicale de la façon de gérer les finances. Pour l’année fiscale 1999, les organes de contrôle ont conclu que 2 300 milliards de dollars parmi les 7 600 milliards d’écritures comptables déclarées étaient “sans piste d’audit”. Le Ministère de la Défense note que beaucoup de ces entrées incluaient des estimations de fin de période, par exemple pour des objets tel que les pensions militaires dues et celles potentiellement à venir, mais également des entrées manuelles pour des dépenses tels que des contrats à payer et des propriétés et des équipements de valeur. Le Ministère de la Défense a par ailleurs ajouté que des entrées “sans piste d’audit” ne sont “pas nécessairement fausses” et que les documents justificatifs existent dans la plupart de cas, bien qu’ils ne soient pas conformes aux normes d’audit imposées.”

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“Durant l’année fiscale 1999, un audit de la Défense à découvert que environ 2 300 milliards de dollars de paiements, de transactions et de rectifications n’avaient pas été correctement documentés. Ces transactions “invalides” ne signifient pas que le Ministère de la Défense ne peut pas au final répondre d’elles, expliqua-t-elle, mais simplement que décortiquer tous les documents nécessaires prendrait beaucoup de temps. Les inspecteurs, déclara-t-elle, devraient accéder à différent systèmes informatiques, à différents endroits ou à différentes bases de données pour récupérer ces informations.”

Les acharnés (il y en a beaucoup) diront cependant que l’intérêt le 11 septembre, s’il n’était pas de cacher l’information, était au moins de détruire les preuves.

En fait, elles ne l’ont pas du tout été. On apprenait le 20 février 2002 sur le site du Ministère (Source) que :

Zakheim cherche à réconcilier les dépenses “perdues”

Dans le cadre des efforts de transformation militaire, le contrôleur du département de la défense Dov S. Zakheim et son détachement de comptables conduisent le processus des documents financiers du Pentagone, cherchant à identifier des milliards de dollars de ce qu’on appelle les dépenses «perdus».

Pendant des années, le Ministère de la Défense et les responsables du Congrès ont cherché à réconcilier les documents financiers de la Défense afin de déterminer comment ces milliards de dépenses ont été réalisées. “Cet argent n’a pas disparu par enchantement, mais il est simplement en attente d’être comptabilisé“, a déclaré Zakheim dans une interview du 14 février avec le Service d’information des Forces américaines. Ce qui complique les choses, a-t-il dit, c’est que le Ministère de la Défense a 674 différents systèmes comptables, logistiques et de personnel.

La plupart des 674 systèmes “ne parlent pas les uns aux autres à moins que quelqu’un « traduise », a-t-il fait remarquer. Cette situation, a-t-il ajouté, rend difficile de concilier les données financières.

Des milliards de dollars d’argent des contribuables fournis au Ministère de la Défense n’ont pas disparu”, précise Zakheim. Les dépenses «manquantes» sont souvent réconciliées un peu plus tard de la même manière que les gens équilibrent leurs chéquiers chaque mois. La banque termine un mois et envoie un relevé bancaire, a-t-il dit. Dans le même temps les gens émettent plus de chèques, et donc ils doivent réconcilier leur registre de chéquier avec leur relevé de compte.

Les experts financiers du Département de la défense, déclare Zakheim, sont en bonne voie de réconcilier les dépenses perdues du ministère, les réduire sur un total estimé au préalable de $ 2300 à 700 milliards de dollars. Et, a-t-il ajouté, la quantité continue d’être réduite.

“Nous le réduisons et nous refondons nos systèmes afin de descendre de quelques 600 à peut-être 50 systèmes” a-t-il expliqué.

“De cette façon, nous ne donnons pas aux gens tellement plus d’argent, mais un élément de confort, pour être sûr que chaque centime des contribuables est bien comptabilisé.” a-t-il conclu.

Bref, le problème se réduit fortement…

N.B. : bien entendu, ceci n’a nullement pour objet de dire qu’il n’y a pas de corruption au Pentagone, c’est probablement même un des ministères les plus corrompus, mais soyons sérieux sur les volumes, les faits, et ne mêlons pas ça au 11 Septembre…

10-2 : La liste des passagers

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Liste des passagers du vol 77 ; les pirates sont dans les sièges 1, 12, 13, 19 et 20.

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Animation flash :

N.B. : il est arrivé que le FBI fournisse des listes des “passagers du vol”, sans les pirates – d’où “conspirationnisme”. Mais il n’y a rien d’étonnant : pour le FBI, ce ne sont pas des passagers, mais des assassins….

10-3 : Les appels des passagers

Plusieurs appels ont été émis depuis les téléphones qui étaient alors fixés à l’intérieur de certains avions :

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2 personnes ont été identifiées par le FBI comme ayant passé un appel :

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À 9h12, Renée May, une hôtesse, a appelé ses parents, leur disant que des pirates avaient détourné l’avion avec des couteaux, et déplacé tous les passagers au fond de l’avion :

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À partir de 9h18, Barbara Olson a appelé son mari plusieurs fois.

Incise intéressante sur les conspirationnistes. Les FBI a indiqué que son appel avait durée 0 seconde, n’ayant pas abouti :

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Du coup ont fleuri les accusations “il n’y a jamais eu d’appels, le mari (un haut fonctionnaire) a menti, conspiration etc” :

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En fait, comme souvent, tout s’explique : le FBI n’a pu rattacher qu’un appel à Barbara Oslon, mais 5 appels n’ont pu voir identifiés leurs appelants de façon certaine :

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Le FBI pense que ce sont tous des appels de Barbara Olson.

En fait, elle était journaliste à CNN :

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Son équipe a donc interviewé son mari :

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Notez bien le “circling around” : sa femme est au téléphone pendant que l’avion fait sa boucle finale, et ne semble pas avoir de gros soucis, ne crie pas : cela confirme que la manœuvre n’était en rien “acrobatique” comme nous l’avons vu…

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Pour les passionnés, voici deux documents (ici et ici) détaillant ces appels. Lire aussi ce dossier.

10-4 : Les effets personnels

De plus, certains effets personnels ont été retrouvés à l’intérieur du Pentagone. Comme ici, pour un permis de conduire, une alliance et une étiquette de valises (Source) :

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Ou ici, avec une autre alliance (Source) :

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Ou ici avec une alliance, une carte de crédit, un agenda, un carnet d’adresses (Source : The National Journal) :

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10-5 : Les corps

Mais le plus étonnant, le plus révoltant en fait, dans cette affaire, dans ces meyssâneries, c’est qu’on a bel et bien retrouvé les restes des corps de tous les passagers (et des salariés du bâtiment) dans le Pentagone…

On dispose même de cartes avec l’emplacement des corps (et de la boite noire) :

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Et on a des témoins (Source : USA Today) :

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“Les secouristes du Pentagone ont été confrontés à des scènes d’horreur.

Washington – Le mardi 11 septembre, le Sergent Mark Williams a été témoin d’une « zone de combat » et ce pour la première fois depuis 11 ans de service. Il n’avait jamais imaginé cela possible au Pentagone. Étant un des premiers agents de secours à entrer dans le bâtiment endommagé depuis que le Boeing 757 s’y fut crashé, ce spécialiste de recherche et sauvetage a eu une vision d’horreur. « Si quelqu’un a déjà brulé un rôti braisé, il sait à quoi ressemblent les victimes de ce crash. » a dit Williams, 30 ans, jeudi, après 12 heures de recherche pour retrouver les 190 corps – les 126 personnes du pentagone et les 64 passagers du vol maudit.

La boule de feu est apparue lorsque le réservoir de l’avion a explosé à l’impact et a démoli tout un pan du bâtiment si vite que « 90 % des gens présents n’ont pas eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait »

Nombreux étaient ceux assis à leur bureaux ou derrière les cloisons. Une femme a été retrouvée figée en position assise, son bras posé comme si elle lisait un document.

Plusieurs cadavres ont été découverts rassemblés en groupe près des télévisions. Le personnel semblait regarder le carnage du WTC lorsque celui-ci est devenu réalité pour eux également.

Quand Williams a découvert les corps brûlés de nombreux passagers, ils étaient toujours attachés dans leurs fauteuils. La puanteur de la chair carbonisée l’a submergé.”

« C’était la pire chose que vous pouvez imaginer », a dit Williams, dont l’escouade du fort Belvoir pénétrait dans le bâtiment moins de 4 heures après les faits. « J’ai voulu pleurer dès que j’ai vu cette horreur. Mais j’ai des soldats sous mes ordres, et je me devais de rester de glace »

On a aussi ce témoignage des pompiers, dans le livre Firefight, p. 373 :

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« Puis, ils ont trouvés plusieurs sièges d’avion, empilés parmi les tas de mobilier de bureau et de débris. Plusieurs sièges avaient encore des cadavres attachés à eux, ce qui avait déjà été notifié pour le FBI. La plupart des gens essayaient consciencieusement de ne pas regarder, cependant les sièges étaient plutôt intéressants. Il s’agissait des premiers « objets » que les experts de la non-aviation avaient vus et qui appartenaient sans aucun doute à un avion. »

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“Une étude des lieux accidentés conduit également à un aperçu de la dislocation de l’avion et, par conséquent, de son impact sur la structure du Pentagone. Les restes de la plupart des passagers du vol ont été retrouvés près de la fin de course des débris du crash. L’avant de la carlingue (une pièce relativement solide et lourde) et la boite noire de l’avion (qui a été retrouvée à l’arrière de l’avion) ont aussi été retrouvés à 100 mètres dans la structure. En revanche, les restes de quelques personnes (les suspects), qui étaient probablement à l’avant de l’avion ont été retrouvés proches du point d’impact de l’avion avec le bâtiment. Ces données suggèrent que l’avant de l’avion s’est désintégré principalement à l’impact mais que pendant l’opération, il a creusé un trou permettant au corps de l’avion de se frayer un chemin dans le bâtiment.”

On a aussi le témoignage des radiologues ici.

En fait, sous l’autorité du FBI, les corps et les restes des victimes trouvées au Pentagone ont été transférés dans une morgue provisoire dans un local du parking nord du Pentagone. Ils y ont été photographiés, étiquetés, puis placés dans des chambres froides. (STARS AND STRIPES, 9/17/2001; US DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES, 7/2002, PP. A-47; QUARTERMASTER PROFESSIONAL BULLETIN, 3/2005)

Ils ont ensuite été transportés vers la base de Davison Army Airfield à proximité de Fort Belvoir, et de là, transférés pour autopsie à Dover Air Force Base, dans le Delaware, où se trouve une grande morgue destinée à une utilisation en temps de guerre. (AMERICAN FORCES PRESS SERVICE, 9/15/2001;PBS, 9/21/2001; SOLDIERS, 10/2001; US DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES, 7/2002, PP. C-55)

Environ 250 personnes, dont 50 médecins légistes et 50 membres du FBI de l’équipe des “situations de catastrophe”, ont travaillé à la morgue pour identifier les restes. La première chose a d’abord été de détecter la présence ou non de corps étrangers métalliques. Puis de recueillir des preuves pour trouver des traces de produits chimiques d’explosifs, et d’effectuer des identifications d’empreintes digitales, pour les experts du FBI. Les autres techniques utilisées comprenaient la comparaison des dossiers dentaires et des radiographies. Des échantillons de tissus ont été envoyés au “Armed Forces Identification DNA Laboratory”, pour réaliser les analyses ADN. L’identification était problématique parce que les spécimens étaient souvent des parties de corps méconnaissables, et presque toujours mélangés avec des débris métalliques et/ou de matériaux de construction.

Ils ont terminé leur travail d’identification le 16 novembre 2001. Ils ont identifié 184 des 189 personnes décédées dans le Pentagone ou se trouvant à bord du vol 77, y compris les cinq pirates de l’air (PBS Newshours du 21 septembre 2001 ; Washington Post du 21 novembre 2001). Donc cinq restes n’ont pu être identifiés.

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Sources : ici et ici par exemple.

Il faut savoir qu’il est assez difficile de détruire totalement l’ADN d’un corps. Il faut par exemple une crémation totale, pour transformer les os en cendres, ce qui ne se fait pas facilement – comme dans un crématorium. Il faut donc atteindre 1 000°C et ce pendant 90 minutes pour la crémation d’un corps. (Source)

Le feu a certes duré au Pentagone, mais il n’a pas atteint de telles valeurs. (Source)

Cela a rendu difficile l’identification des corps mais cela n’a pas empêché les tests ADN.

Lisez par exemple ce compte rendu traitant d’un feu de tunnel en novembre 2000, en Autriche :

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« Les informations officielles Autrichiennes disent que la plupart des 66 corps jusque-là retrouvés ont été tellement brûlés que leurs restes doivent faire l’objet de tests ADN. L’intensité des flammes a tellement rongé les corps que même les tatouages ainsi que les cicatrices ne pouvaient plus être visibles. D’après les dires d’Edith Tutsch-Bauer, médecin légiste. » (Source)

L’ADN a donc résisté ici à une température suffisante pour faire fondre le sol d’un train, et si la même chaleur avait été atteinte dans un avion, alors les dommages matériels auraient été bien plus considérables – l’aluminium fond à 660°C.

On peut trouver ici quelques exemples expliquant comment des avions peuvent être ravagés par le feu :

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Ces photos montrent un vol d’Air France ayant pris feu après avoir dépassé la fin de piste (il n’y a eu aucun mort). Dans ce cas, les ailes sont apparentes, n’ayant subi aucun impact, mais qu’en resterait-il si l’avion avait percuté un bâtiment particulièrement solide à 860 km/h ?

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Mais revenons au Pentagone.

Le FBI a communiqué de nombreuses informations sur les emplacements des restes en 2006 :

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Les restes des pirates sont en noir, les passagers en jaune cerclé bleu, les salariés du Pentagone en orange cerclé rouge

Notez sur le premier dessin de cette partie là où on a retrouvé la boite noire : près du mur de sortie – alors qu’elle se situe dans la queue. De même, on a trouvé les restes des pirates près du mur d’entrée. En fait, l’avant de l’avion a percuté le mur, les deux se détruisant mutuellement, puis le reste de l’avion a continué à avancer, leur passant dessus (en quelque sorte) :

Voici l’animation flash avec les détails (sinistres) de chaque personne :

Mais que diable faut-il de plus à Meyssan… ?

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L’ambassade [américaine à Paris], qui a reçu le livre [‘L’Effroyable Imposture’ – Thierry Meyssan] avant sa sortie vers le 4 mars, se refuse à toute réaction sur consigne du Pentagone vers lequel elle nous renvoie.
Au service de presse du Pentagone, M. Glen Flood déclare : ‘Nous sommes au courant de l’existence de ce livre. C’est pour nous une gifle en pleine figure et il s’agit d’une véritable offense faite à tout le peuple américain et spécialement à la mémoire des victimes des attentats‘. M. Flood précise également ne pas avoir lu le livre et se refuse à le faire. Il indique alors avoir été lui-même témoin lors de l’attentat en précisant qu’il n’a pas vu l’avion s’écraser mais qu’il a constaté plus tard la présence au sol de débris de l’appareil.
” (P. Blanchard et V. Labrousse, Digipresse, 18 mars 2002)

Je dédie donc cette série aux victimes, en particulier celles de l’avion… (images très difficiles communiquées par le FBI. Ne cliquez dessus que si vous avez le cœur bien accroché..)

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Épilogue

À la fin de cette longue série, nous avons donc vu :

  • qu’il existe des dizaines et des dizaines de témoins qui ont vu un avion s’abattre sur le Pentagone
  • que les dégâts sur le bâtiment sont larges, montrant que l’objet ayant percuté était très large
  • qu’une caméra a filmé une chose floue, mais clairement large et avec une haute queue
  • que des lampadaires ont été sectionnés sur une grande largeur, qu’un générateur a été éventré, qu’un muret au ras du sol a été cassé – des témoins ayant vu un avion le faire
  • que des débris d’un avion American Airlines ont été trouvés dehors et dedans
  • que l’avion, suivi au radar du début à la fin, n’a pas eu une trajectoire incroyable, et que le pilotage nécessaire ne demandait rien d’exceptionnel, surtout avec un pilote kamikaze titulaire d’une licence professionnelle aux commandes, d’une qualité générale médiocre, mais dont plusieurs instructeurs reconnaissent qu’il avait les compétences nécessaires pour crasher l’avion ainsi
  • que des passagers de l’avion ont confirmé le scénario au téléphone en direct à des proches
  • et qu’on a retrouvé tous les ADN des passagers dans le Pentagone, ainsi que certains objets personnels leur appartenant.

Voilà.

Après, on a certes le droit de ne toujours pas être convaincu, mais à ce stade il faut reconnaitre qu’on ne le sera tout simplement jamais – et que la discussion est de la perte de temps (au moins du mien, puisque de telles personnes semblent adorer y passer le leur).

Après, je reconnais bien volontiers que :

  • sur la centaine de témoignages, 1 ou 2 puissent être sujets à caution
  • sur les 460 photos de la série, quelques-unes soient peut-être critiquables
  • de petites erreurs ont pu se glisser dans cette étude.

(mais je vous garantis au passage l’honnêteté de ma démarche.)

Cela ne remet toutefois pas en question l’immense faisceau de preuves, qui est un principe scientifique, car il est bien rare qu’une chose soit sure à 100 %, elle est souvent juste à 99,999%.

Ainsi si vous avez encore des objections à la présence d’un avion, je précise que je n’accepterai que les commentaires qui présenteront une version alternative crédible avant d’exposer vos doutes.

Car où on cherche la vérité, et on bâtit des scénarios, ou on est juste dans le doute abusif visant à détruire et à harceler.

Et répondre à ceci “ce n’est pas à moi de bâtir un scénario” est peu crédible – dans ce cas alors je vois mal en quoi “ce serait à vous” d’exposer vos critiques, et en tous cas, “ce n’est pas à moi” de diffuser vos doutes et d’y répondre…

Ainsi, il vous faudra donc trouver un scénario expliquant :

  • une brèche dans le mur de dizaines de mètres de largeur sur une faible hauteur (que ne peut faire un missile)
  • le fait que des piliers en béton armé soient complètement cintrés dans le Pentagone, évidemment par une force physique
  • le déclenchement immédiat sur la façade d’un incendie de dizaines de mètres aussi
  • le fait que des dizaines de témoins mentent depuis des années tout en disant la même chose
  • comment les lampadaires ont été coupés
  • pourquoi on a retrouvé des débris d’avion
  • pourquoi on a retrouvé l’ADN des passagers dans le bâtiment
  • et surtout où est passé l’avion détourné et ses passagers
  • et pourquoi on a des traces radar de lui jusqu’au Pentagone
  • et comment on a caché ce scénario alternatif miracle depuis 15 ans ?

Je vois en effet souvent des gens critiquer une version soi-disant “officielle”, mais je n’en ai jamais vu une autre sur les sites que j’ai parcourus (N.B. : “un missile” n’est pas un scénario, hein, c’est juste un élément d’un scénario, qui se doit de répondre aux points précédents).

Bon courage aux truthers, c’est à vous de bosser désormais… 🙂

Suite de la série ici.

N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer. Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série. Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde. Vous pouvez commenter la série dans ce billet dédié.

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http://www.les-crises.fr/911-1-pentagone-10/

Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Fondée en 1978 par Raymond Aron qui craignait de voir arriver la gauche au pouvoir, la revue Commentaire s’est dernièrement spécialisée dans la publication des idéologues de l’école néo-conservatrice française. Un genre… Après Gérard Araud, qui tweetait que l’élection de Donald Trump annonçait la fin du monde – mais qui est toujours en poste à Washington -, notre ancien ambassadeur à Damas (2006 – 2009) à son tour trouve refuge dans la revue néo-libérale1 de Jean-Claude Casanova. Commentaire lui a demandé de « donner son sentiment » sur la Syrie… Le terme est plutôt approprié, puisqu’avec l’article de Michel Duclos (MD) – Notre ami Bachar al-Assad -, nous sommes bien dans l’affect amour-haine, dans l’immédiateté, les approximations, sinon les contre-sens historiques !

Reprenons ligne à ligne cette contribution pour en déconstruire les affabulations, non pas qu’elle mérite la notoriété des Essais de Montaigne, mais parce qu’elle constitue un beau spécimen de sophisme. Face à ce « tour de passe-passe », Spinoza explique bien dans l’Ethique que « les idées fausses et inadéquates s’enchaînent aussi nécessairement que les idées justes et adéquates », autrement dit l’erreur et la bêtise génèrent leurs propres rationalités qu’il s’agit de mettre à jour et de déconstruire. Dans sa Réponse à John Lewis2, Louis Althusser explique bien qu’une réponse n’est valable que si elle porte sur un processus dont il s’agit de dévoiler l’intention, l’énergie vitale et la méthode. Voyons cela !

PARADIGME ET ESSENTIALISME

En guise d’introduction, Michel Duclos commence par attribuer – de manière indifférenciée – l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), la mort de Michel Seurat (1986), celles de nos soldats du Drakkar (1983) et des victimes de l’attentat de la rue des Rosiers (1982) aux… services spéciaux de la Syrie d’Hafez al-Assad, père de Bachar. Il raccroche ces différents événements, dont il fait une même « séquence », au « massacre » de Hama (1982), sans rappeler qu’il s’agissait d’une riposte à une tentative de coup d’Etat des Frères musulmans qui venaient d’égorger une trentaine d’élèves-officiers de l’Armée de l’air3. Cet amalgame veut justifier son intertitre : « un paradigme immuable », selon lequel le gouvernement syrien actuel serait meurtrier par « essence », depuis la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970.

Reprenons ! Effectivement, Louis Delamare a bien été assassiné par les Panthères roses (appellation liée à la couleur de leurs uniformes) de Rifaat – frère d’Hafez -, au lendemain de la réception de Yasser Arafat à la Résidence des Pins par Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères à la réputation propalestinienne. Le message de Damas était parfaitement clair : la France ne doit pas favoriser l’installation d’un émirat palestinien (sunnite) aux portes d’une Syrie principalement dirigée par les Alaouites (de filiation chi’ite). Dans le contexte de la guerre civilo-régionale du Liban, cette méthode de communication était malheureusement courante ! Le relever ne saurait en justifier les crimes, mais cette méthode correspondait alors aux lois et périls de la guerre du Liban.

Pour ce qui concerne l’enlèvement de Michel Seurat et sa mort en captivité après une longue hépatite B, ainsi que celle de nos soldats écrasés dans l’effondrement de leur état-major du Drakkar, les historiens ont montré qu’il s’agissait d’autre chose. Commis par des groupes chi’ites pro-iraniens (avant la création officielle du Hezbollah qui interviendra plus tard), ces attentats constituaient autant de représailles tandis que la France avait engagé six Super-Etendard – sous cocarde irakienne -, mais pilotés par des pilotes français contre les lignes de défense iraniennes dans le contexte d’une guerre Irak-Iran extrêmement meurtrière qui a duré de 1980 à 1988. Washington, Londres et Paris avaient alors poussé Saddam Hussein à ouvrir les hostilités contre une révolution islamique dont on craignait qu’elle ne gagne d’autres pays de la région. Quant à l’attentat de la rue des Rosiers, comme celui de la rue Copernic, les pistes les plus sérieuses ramènent invariablement aux tueurs d’Abou Nidal et ses commanditaires les plus variés.

Suit aussitôt un autre mythe : celui de l’instrumentalisation du terrorisme par Bachar al-Assad. Bien-sûr, comme tous les pays de la région, la Syrie aussi pratique – peu ou prou – ce sport inavouable au plus près de ses intérêts. Encore une fois, il ne s’agit pas de justifier mais d’essayer de comprendre ! Mais lorsque MD affirme que Bachar al-Assad a libéré des jihadistes en juin 2011 pour mettre en péril les « opposants nationalistes », il opère un double contresens. Ces libérations ont bien eu lieu. Grande protectrice des jihadistes, l’Arabie saoudite en avait fait la condition sine qua non pour la poursuite des pourparlers de Genève engagés sous l’égide des Nations unies.

Afin de permettre la poursuite de ces négociations, Moscou demanda alors expressément au gouvernement syrien de libérer ces meurtriers. Quant aux « opposants nationalistes », leur existence a été des plus éphémères. Ces derniers ont été marginalisés dès l’été 2011 pour laisser le champ libre à des factions jihadistes sous l’égide des Frères musulmans – soutenus par Doha – et des Salafistes – clients de Riyad – qui ont accaparé la quasi-totalité des moyens opérationnels de la rébellion armée en Syrie.

Quant à la livraison syrienne du leader kurde Öcalan à Ankara, elle s’explique, là-encore, par des contraintes de realpolitique régionale relativement compréhensibles au vu des intérêts syriens. Sous la plume de MD, elle s’inscrit dans la grande mythologie récurrente de « nos alliés kurdes » contre l’organisation « Etat islamique » et la résurgence de la question de l’indépendance du Kurdistan d’Irak, soutenue par Bernard Kouchner et Benjamin Netanyahou !

Au passage, MD s’étonne aussi que Damas soutienne « le camp d’un groupe terroriste palestinien d’un autre âge (le FPLP-CG) ». De fait, Damas soutient aussi d’autres organisations palestiniennes. Nombre de Palestiniens, habitants le camp de réfugiés de Yarmouk (banlieue sud de Damas) ont pris fait et cause pour la défense de la Syrie historique. A l’évidence, l’ignorance dont MD fait preuve sur le dossier ne l’autorise certes pas à juger des Palestiniens qui n’attendaient rien des Accords d’Oslo, ni de la pseudo-médiation américaine sur cette question bloquée par Tel-Aviv depuis le début des années 2000 !

Enfin, dans son insistance à vouloir affirmer une continuité d’« essence » morbide entre la Syrie d’Hafez al-Assad et celle de son fils Bachar, MD déplore l’intervention de « parrains étrangers » comme la Russie et le Hezbollah libanais. L’intervention militaire de ce dernier dans les Jurd de Qalamoud, Qoussair et Yabroud a sans conteste empêché Dae’ch et Jabhat al-Nosra de conquérir Tripoli et de disposer ainsi d’une façade méditerranéenne. En palliant aux insuffisances entretenues, notamment par Tel-aviv, de l’armée nationale libanaise, le Hezbollah a, sans doute, sauvé l’intégrité territoriale et politique du Pays du Cèdre. Quant au rôle de la diplomatie et de l’armée russes, qui correspond à un partenariat diplomatique et stratégique ancien et connu, nous renvoyons MD à la lecture du prochain livre de Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva – Alep, la guerre et la diplomatie – à paraître le 20 octobre prochain aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cette lecture salutaire du premier livre en français, écrit par une diplomate russe – expliquant les raisons, les objectifs et l’évolution du soutien russe à la Syrie – devrait lui apprendre pas mal de choses…

Evidemment, les ingérences de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Etats-Unis et de services spéciaux britanniques et français armant des factions jihadistes obsédées par le renversement du gouvernement syrien a visiblement échappé à notre auteur si soucieux des souverainetés nationales.

DESASTRE FRANCAIS

Dans son deuxième paragraphe « Une perspective française », MD attribue – sans surprise – l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri aux services syriens. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch a beaucoup travaillé la question, estimant que l’ami de Jacque Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit.

A la mort d’Hafez al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris. Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’Etat contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan (ancien chef des services syriens au Liban) et de plusieurs généraux de l’armée syrienne. Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir. Certes, l’histoire reste à écrire, mais dans tous les cas de figures, MD devrait observer sur cette affaire une prudence, un tantinet plus diplomatique.

Quelques lignes plus loin, il écrit que les Russes ne connaissent la Syrie qu’au travers du « seul prisme des services de sécurité ou de la coopération militaire ». Nouveau flagrant délit d’ignorance, MD ne connaît visiblement pas les écrits de l’académicien russe Alexeï Mikhaïlovitch Vassiliev, ni rien des études syriennes que l’on doit à « l’école Primakov », du nom de cet ancien haut responsable du KGB surnommé le « Kissinger russe ». Spécialiste des Proche et Moyen-Orient, il a formé des générations d’islamologues, parmi lesquels ceux qui conseillent actuellement Sergueï Lavrov.

Un peu plus loin encore, notre ignorant récidiviste affirme qu’en « onze ans de règne, Bachar n’avait procédé à aucune réforme de nature politique ou sociale ». Faux et archifaux ! Conseillère d’Etat et directrice de l’ENA (2000-2002), Marie-France Bechtel a mené une mission d’études pour la réforme de l’administration syrienne. Plusieurs de ses recommandations avaient commencé à être mises en œuvre, notamment dans le secteur bancaire, avant d’être interrompues par la guerre civile. MD devrait lire aussi – Quand la Syrie s’éveillera – paru aux éditions Perrin en janvier 2011.

Conclusion du paragraphe : « Bachar s’est contenté d’ajouter une dimension affairiste omniprésente à partir de 2005 », avant d’affirmer encore un peu vite que « le régime bassiste est un régime alaouite ». Sur l’affairisme, élargissons le spectre aux pays de la région, notamment ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voire jusque sous nos yeux en commençant par le Luxembourg et notre président de la Commission européenne… Quant au « régime alaouite », rappelons seulement que le général Ali Mamlouk – numéro deux du gouvernement – est sunnite pur sucre et que de nombreuses personnalités chrétiennes, druzes et arméniennes occupent des postes de responsabilité.

Par contre, pas un mot sur la fermeture de notre ambassade à Damas en mars 2012 – sur ordre d’Alain Juppé – ni sur les conséquences de cette décision en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Dans le paragraphe suivant, MD écrit : « si le régime a paru parfois collaborer avec les services occidentaux tout en continuant en sous-main à alimenter le terrorisme, c’est qu’il ne croyait pas pouvoir scier la branche sur laquelle il était assis. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? »

INGRATITUDE CARACTERISEE

Sur le renseignement, MD ferait mieux de s’abstenir. Un seul exemple : entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, la DST a pu arrêter un fou furieux en train de remplir d’explosifs des extincteurs qu’il s’apprêtait à déposer dans des bus de Nancy. Cette interpellation s’est effectuée grâce à des informations transmises – en ligne directe – par les barbouzes syriennes. D’autres cas concrets peuvent êtres cités. Malheureusement, cette coopération s’est interrompue de mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, notre ambassade à Damas restant désespérément fermée !

En 2006, lorsqu’il a été nommé ambassadeur à Damas, MD arrivait de New York et savait à peine reconnaître la Syrie sur une carte. D’après ses collègues les plus proches, « il ne connaissait strictement rien au monde arabe et des cadres de la DGSE sont venus spécialement au Quai d’Orsay pour le déniaiser à plusieurs reprises, d’autant que la relation diplomatique bilatérale s’est fortement distendue depuis la mort de Rafic Hariri en février 2005 ». Une fois en poste, nos anges gardiens des services extérieurs n’ont cessé de lui rendre moult services, notamment pour répondre à des questions politiques posées par Nicolas Sarkozy auxquelles il était parfaitement incapable de répondre… A cette époque, MD a très bien compris l’importance et la toute-puissance des services spéciaux syriens, de même que la nécessité d’entretenir avec ces appareils d’Etat les meilleures relations.

L’auteur de ces lignes a rencontré MD à Damas à plusieurs reprises. Comparé au flamboyant Bernard Emié, qui officiait – tous azimuts avec succès – à Beyrouth (actuellement à la tête de la DGSE), MD rasait les murs, appliquant ses instructions à la lettre dans une grisaille confondante des plus ennuyeuses. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a visiblement oublié un peu vite les « coups de main » des services français comme ceux de leurs homologues syriens. Comme le bon sens, la reconnaissance du ventre n’est pas la chose la mieux partagée au monde…

Plus tardive, sa révélation néo-conservatrice semble être due à des considérations de carrière : coller sans discernement à la ligne pro-saoudienne de Laurent Fabius permettait d’obtenir, à coup sûr, un prochain poste. Très logiquement, car devenu expert des missions les plus périlleuses, MD sera nommé à… Berne en 2012, tout près de la fosse aux ours !

SUITE A LIRE DANS LIBERATION ET LE MONDE

En effet, la suite et la chute du papier de MD ne sont que pâles reprises des perles propagandistes, régulièrement égrenées par Libération et Le Monde, bulletins officiels de la bobologie droits-de-l’hommiste : seul « le régime Assad a précipité des millions de Syriens sur les routes de l’exil » ; l’armée syrienne ne compte plus seulement que « 20 000 hommes » ; « les services de sécurité assurent un minimum de cohérence » ; la « rébellion nationale », dont MD ne dit rien de concret (et pour cause !), « paraît à peu près défaite ». Comment se fait-il ? A l’évidence, MD croit encore aujourd’hui qu’Alep était assiégée par l’armée gouvernementale syrienne et défendue par cette introuvable « rébellion nationale » !

Sans surprise, la conclusion de ce pensum consiste encore et toujours à réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme si les différentes réunions d’Astana I, II, III, IV, V et VI n’avaient jamais eu lieu, comme si le représentant spécial des Nations unies – l’excellent Staffan de Mistura – n’avait rien fait, comme si c’était à la France de décider l’avenir politique de la Syrie ! Avec ce papier, Commentaire ne brille pas vraiment sur le plan de l’excellence géopolitique.

Une consolation toutefois : cette fois-ci, MD nous a épargné les citations élogieuses du roman de sa propre compagne dont il accompagnait régulièrement les laborieuses dissertations.

Le 14 mars 2016, prochetmoyen-orient.ch avait relevé plusieurs passages de cet improbable roman dans une note du Centre d’analyse et de prévision du Quai (CAP) rédigée par MD. L’ouvrage n’est en fait qu’une compilation de télégrammes diplomatiques (TD) relatant la défection de Moustapha Tlass (fils de l’ancien ministre de la Défense d’Hafez al-Assad) et son exfiltration de Syrie par les services spéciaux français. Ce n’est pas toujours en famille qu’on fait le meilleur travail, toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi – et en vertu de quels soutiens – MD s’est retrouvé bombardé à la tête de l’Académie diplomatique de l’Aga Khan.

Aux personnes peu familières des cercles très fermés de notre diplomatie, cette réponse pourrait paraître excessive. En fait elle reste très en-deçà d’une réalité monopolisée par la pensée unique. La dernière livraison de Commentaire n’est pas un accident et confirme cette unanimité bêlante, qui des quotidiens, hebdomadaires aux radios, télévisions, think-tanks et réseaux numériques a-sociaux, reproduit la doxa d’une mondialisation merveilleuse. Sur la Syrie, les voix discordantes n’ont pas droit de cité et sont proprement censurées. Oui, la censure est de retour dans notre pays, c’est un fait malheureusement !

Enfin, il faut avoir pu mesurer l’arrogance de MD et celle de ses clones pour se rendre compte à quel point celle-ci est proportionnelle à une ignorance crasse et abyssale ! En dernière instance, on ne peut pas ne pas se demander qui sont ces gens pour prendre ainsi en otage la voix de la France ? Néanmoins, bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 Commentaire, numéro 159 – automne 2017.
2 Louis Althusser : Réponse à John Lewis. Editions François Maspero, 1973.
3 A propos de la riposte de Hama contre les Frères musulmans, l’idéologie dominante avance toujours un bilan de 25 à 30 000 morts sans préciser les sources et la méthode permettant d’atteindre ce chiffre. Les experts et historiens sérieux avancent un tout autre bilan de 3 à 4000 victimes.

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

http://www.les-crises.fr/syrie-reponse-a-michel-duclos-par-richard-labeviere/

L’histoire de « l’influence russe » fortifie la puissance de la Russie : Poutine achète-t-il nos médias ?

L’histoire de « l’influence russe » fortifie la puissance de la Russie : Poutine achète-t-il nos médias ?


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 1er octobre 2017

Il était probablement prématuré d’écrire que L’histoire de « l’influence russe » tombe en miettes :
L’histoire de « l’influence russe » a été inventée par les démocrates pour expliquer l’échec électoral de Clinton et éviter d’en assumer la responsabilité. Elle a aussi permis de développer la nouvelle narrative de guerre froide et de vendre des armes. Comme aucune preuve de la campagne d’« influence russe » n’a jamais pu être trouvée, il est fait pression sur Facebook et d’autres pour qu’ils fournissent la « preuve » que les services de renseignement américains sont dans l’incapacité de produire. Le récit actuel selon lequel [la Russie] « sème le chaos » est sorti du pays des Merveilles 1.
Le dernier épisode grotesque de la campagne sur « le piratage des élections par la Russie », est la lettre que le ministère de la Sécurité intérieure vient d’envoyer à 21 États, pour les avertir, avec un retard d’une année, que leurs systèmes électoraux avaient été attaqués par quelque chose de « russe ». Jusqu’à présent, trois des 21 États ont réfuté l’allégation du ministère. Le Wisconsin, la Californie et le Texas affirment tous que leurs systèmes électoraux n’ont pas été attaqués du tout et le ministère a dû le reconnaître.
Ces États ont également souligné que les seules « attaques » que le ministère a trouvées étaient des balayages de ports d’ordinateurs qui n’avaient pas servi pour les élections. Les balayages de ports sont des demandes d’un serveur à un autre pour vérifier que certains services sont disponibles : un ordinateur demande un autre ordinateur s’il a un service Web ou un service de messagerie. Ces demandes ne sont pas des attaques mais le fonctionnement normal des systèmes Internet. Parfois, les spammeurs de courrier électronique utilisent des balayages de ports pour envoyer des spams dans des serveurs de messagerie non sécurisés. Ce sont de petits délinquants comme ceux qui volent l’appareil photo de luxe oublié sur le siège avant d’une voiture non fermée à clé dans un parking.
Mais le besoin de présenter la Russie comme le nouvel ennemi est toujours là. Comment maintenir autrement l’Europe sous la botte ? Comment consacrer autrement toujours plus d’argent à des systèmes d’armement inutiles ?
La campagne a donc évolué. De « la Russie a porté Trump au pouvoir », on est passé à « la Russie a influencé l’élection », puis à  « la Russie veut détruire l’Amérique ». La campagne devient de plus en plus insensée.
Considérons le sénateur républicain James Lankford dont les déclarations sur « l’influence russe » ont été reprises par le Washington Post, Reuters, NPR entre autres. Ils veulent vous faire croire que la Russie participe aux manifestations de protestations de la NFL 2 :
« Nous avons vu, ce week-end même, les Russes, leurs trolls, et leurs partisans sur Internet, utiliser le hashtag « mets un genou en terre » ou « boycotte la NFL », a déclaré Lankford à une audition du Comité de sécurité intérieure du Sénat, mercredi.
 
« Ils se sont mis dans les deux camps le week-end dernier… »
C’est sûr que de soutenir les deux camps qui s’opposent sur une question controversée est la marque de fabrique des espions russes ! C’est pourtant ce que le journalise de NPR implique :
« C’est le même modus operandi que les enquêteurs du Comité du renseignement du Sénat et d’autres personnes ont observé dans l’utilisation de Facebook par les Russes pour augmenter leur influence sur Facebook l’année dernière. »
Personne n’a bien sûr jamais observé quoi que ce soit de ce genre. Les propagandistes et les fauteurs de guerre sont tout simplement en train de dire que les personnes qui discutent d’un problème qui fait l’objet d’un large débat sur Internet sont les acteurs d’une « opération russe ». Ils n’ont évidemment pas fourni le moindre élément de preuve pour étayer leurs allégations.
Les affirmations du sénateur à propos du débat sur la NFL sont évidemment des sottises. Mais des dizaines de médias les ont relayées sans se poser de questions. Seul Matt Taibbi de Rolling Stone a pris la peine d’analyser les choses en profondeur :
« Le Post a rapporté que le bureau de Lankford avait cité l’un des tweets de « Boston Antifa ». Mais l’exemple présenté semblait, de façon suspecte, avoir été rédigé par un jeune expert du net américain pour se moquer des stéréotypes antifa… »
Matt creuse dans le compte Twitter de « Boston Antifa » et trouve, en Oregon, les deux plaisantins qui ont envoyé le tweet. Ils sont connus pour leurs farces et ont déjà été interviewés à propos de leurs canulars :
« Ils ont aussi prétendu que les spinners 3 causaient du stress post-traumatique chez les victimes des ouragans. Bref, ce sont deux jeunes qui montent des canulars sur Internet. »
Au cours des années 1960 et 1970, on a utilisé l’accusation « d’influence communiste » pour dévaloriser et discréditer les opinions différentes. Des groupes de droite comme la John Birch Society ont affirmé que tout le mouvement des droits civils était un complot du Kremlin. Les enquêtes et la répression du FBI se sont basées sur de telles affirmations. L’histoire se répète maintenant.
Tout le monde devrait s’inquiéter de ce que le Washington Post, Reuters et CNN tentent tous de relier Black Lives Matters à « l’influence russe ». « Les Russes », imaginez-vous, ont acheté des publicités qui promeuvent ce groupe et d’autres qui le vilipendent :
« Les pubs seraient soi-disant centrées sur les failles raciales, politiques et économiques aux États-Unis, certaines faisant la promotion de Black Lives Matter et d’autres le décrivant comme une menace. »
Encore une fois, il y a « des Russes » dans les deux camps. Faut-il qu’ils soient pervers !
Tout ce que CNN trouve, c’est un compte Facebook et Twitter anonyme appelé Blacktivists qui exagère le nombre de crimes contre les Noirs. CNN nous dit qu’on soupçonne le compte d’être  « russe », devinez pourquoi :
« Le compte Twitter, @Blacktivists, a fourni plusieurs indices qui, à l’examen, indiquent qu’il n’est pas ce qu’il prétend être. Dans plusieurs tweets, il emploie des expressions maladroites qu’un Anglais né en Angleterre serait peu susceptible d’utiliser. Dans tous ses posts, les apostrophe sont toujours également tournées du mauvais côté, par exemple ‘c`est’ au lieu de ‘c’est’. »
L’utilisation de la mauvaise apostrophe signifie, bien sûr, forcément, que Poutine a personnellement payé celui qui se cache derrière ce compte.
« L’influence russe » est également responsable de l’activisme contre la fracturation hydraulique. Elle est à l’origine des votes en faveur de Jill Stein, Bernie Sanders et Trump. Les Russes ont même acheté des publicités Facebook faisant la promotion d’Hillary Clinton.
Des douzaines, sinon des centaines d’histoires de « piratage russe » et d’« influence russe » ont été publiées. Nulle n’a fourni la moindre preuve d’une implication russe malveillante. Toutes les allégations de piratage se sont dégonflées. « L’influence russe » est un fantasme. Mais cela ne rend pas ces accusations moins  efficaces. Elles font partie d’une campagne orchestrée pour créer une nouvelle guerre froide et faire de la Russie le méchant en la caricaturant.
Du dehors, les médias américains semblent tout simplement être devenus fous. Il ne semble pas y avoir d’autre moyen d’expliquer le niveau d’absurdité de leurs « informations ».
On peut même se demander s’ils ne sont pas sous l’influence de la Russie ? Les services secrets russes les ont-ils achetés pour qu’ils écrivent ces articles ? Après tout, ces histoires de « piratage russe et d’influence russe » ne font qu’amplifier (l’illusion de) la puissance russe.
N’est-ce pas exactement ce que souhaite Poutine ?
Notes
Traduction : Dominique Muselet

 

    1. En anglais « La La Land ». Ce terme est souvent une référence à Los Angeles et plus particulièrement à Hollywood ; c’est aussi une expression désignant ce qui est déconnecté de la réalité.

Vous pouvez le voir ici :

 

http://lesakerfrancophone.fr/lhistoire-de-linfluence-russe-fortifie-la-puissance-de-la-russie-poutine-achete-t-il-nos-medias

 

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