Yémen – Ayant perdu la guerre Saoudiens Essayez le génocide

13 novembre 2017

Yémen – Ayant perdu la guerre Saoudiens Essayez le génocide

Fakenews:

Du dernier lien:

L’Arabie saoudite réagit aux avertissements de l’ONU sur la famine et dit que les ports du Yémen contrôlés vont rouvrir pour des livraisons d’aide. Riyad les a fermés la semaine dernière après qu’une attaque de missile ait été attribuée aux rebelles Houthi soutenus par l’Iran.

Les titres ci-dessus sont faux. Le gouvernement saoudien a annoncé la réouverture de certains ports et aéroports yéménites. Tous sont dans le sud et sous le contrôle des forces pro-saoudiennes qui combattent l’alliance Houthi-Saleh dans le nord-ouest du Yémen. Environ 70% de la population vit dans les régions du nord-ouest qui continueront à subir un blocus extrême. Le port le plus important dans leur région est Hodeida qui restera fermé. En mars dernier, le Pentagone américain a tenté de prendre le contrôle du port. Mais se battre pour cela aurait détruit les jetées et donc la route d’approvisionnement pour quelque 20 millions de personnes. L’aéroport le plus important est à Sanaa. L’alliance saoudo-américaine / britannique bloque même les vols de l’ONU avec des fournitures médicales.

Les Saoudiens «demandent» à l’ONU d’envoyer une commission d’experts à Riyad pour «discuter» des procédures de contrôle futur des ports qui ne sont pas détenus par ses mandataires. Un tel processus prendra des semaines voire des mois. Les Saoudiens exigeront, comme le Pentagone plus tôt, un contrôle total sur les ports que leurs adversaires ne donneront bien sûr pas. De tels combats ne feront qu’aggraver la situation.

Grâce aux trafiquants locaux, certains produits alimentaires et autres pourront encore passer le blocus. Mais ceux-ci seront trop peu nombreux et trop chers pour la grande majorité des Yéménites. Lorsque le blocus a été annoncé, les prix de l’alimentation et du gaz au Yémen ont doublé du jour au lendemain. Les employés de la fonction publique n’ont pas été payés depuis plus de 15 mois. Les gens n’ont tout simplement plus les moyens de garder leurs enfants en vie:

À Sana’a, Nor Rashid a vendu la vache de sa famille pour payer les frais de transport pour amener sa fille de quatre ans, qui pèse 16 livres, au centre de nutrition de la ville à l’hôpital Al-Sabaeen. Elle a d’autres enfants qui sont également malades, mais elle n’a pas les moyens de payer les soins médicaux si elle les fait aussi soigner. « C’est à cause du manque de salaires du gouvernement », a-t-elle dit. « Habituellement, nous allons à la personne dans le village avec un salaire pour demander de l’aide et emprunter de l’argent si quelqu’un doit aller à l’hôpital. Mais depuis que les salaires ont cessé, nous n’avons aucun soutien. « 

L’ONU prévient , à juste titre, que le blocus provoque une famine massive. Cette famine n’est pas un effet secondaire de la guerre – c’est une arme:

Affamer des civils yéménites est un acte manifeste de Riyad, enragé par un échec humiliant à réaliser une victoire militaire saoudienne.

Les médias affirment que seulement 10 000 civils ont été tués dans les deux ans et demi de la guerre. Le nombre est risible. Ni l’ONU ni d’autres n’ont publié de compte rendu détaillé. Le nombre de 10 000 semble être bouché de l’air chaud. Comparez, par exemple, les dates et le contenu de ces deux rapports:

Al Jazeerah – 31 août 2016 : ONU: Au moins 10 000 morts dans le conflit au Yémen

Les Nations Unies ont révisé de manière significative le nombre de morts estimé de la guerre civile de 18 mois du Yémen jusqu’à 10.000 personnes

S’exprimant mardi dans la capitale Sanaa, Jamie McGoldrick, le coordinateur humanitaire de l’ONU, a déclaré que le nouveau chiffre était basé sur des informations officielles provenant des installations médicales au Yémen.

Al Jazeerah – 17 Jan 2017 : Le nombre de morts dans le conflit du Yémen passe à 10 000

Le responsable de l’aide humanitaire des Nations Unies au Yémen a déclaré que le nombre de victimes civiles dans le conflit de près de deux ans a atteint 10 000, avec 40 000 autres blessés. Jamie McGoldrick, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires, a déclaré que le chiffre était basé sur des listes de victimes recueillies par les centres de santé …

Le même nombre bas est réclamé par le même fonctionnaire en août et en janvier alors qu’une guerre dévastatrice a été en cours tout au long de cette période. Ça n’a pas de sens. Pour fournir une attaque de rire cynique, ou par stupidité, le rapport ultérieur d’Al Jazeerah dit:

Cette annonce marque la première fois qu’un responsable de l’ONU a confirmé un nombre de morts aussi élevé au Yémen

Jusqu’en juillet 2017, la coalition américano-saoudienne avait effectué plus de 90 000 sorties aériennes au Yémen. La plupart d’entre eux auront impliqué des versions d’armes. Devons-nous croire que seulement 10 000 civils ont été tués par toutes ces bombes et l’artillerie supplémentaire, les tireurs d’élite et les attentats-suicides? Ce serait incohérent même avec les rapports occidentaux des incidents de masse connus pendant la guerre. 100.000 civils morts causés par la guerre jusqu’à présent est un nombre plus probable que le 10.000 qui ne change jamais.

Le 1er novembre, un attentat à la bombe saoudien a fait au moins 29 morts dans un marché très fréquenté de Saada. Le lancement de missiles yéménites contre l’aéroport de Riyad le 4 novembre était en réponse à cette attaque meurtrière en Arabie saoudite. Les Saoudiens affirment que ces missiles yéménites d’Iran et de l’armée américaine sont, sans fournir de preuves, à l’ appui de ce conte de fées:

[R] Les émissaires de [le missile] portaient des « marques iraniennes », a déclaré vendredi le haut responsable de l’US Air Force au Moyen-Orient.

« Les Saoudiens ont trouvé un autocollant sur l’épave, disant » Fabriqué en Iran « .

Dans un message vidéo, l’ancien président yéménite a expliqué que ces missiles provenaient de la grande réserve qu’il avait achetée avant que la guerre en cours n’éclate. Selon IHS Janes, ces missiles sont d’ origine nord-coréenne (pdf) et ont été modifiés par les forces de missiles de l’armée yéménite.

De concert avec les revendications curieuses de la propagande saoudienne maintenant apparaître dans les médias américains. Soudain, les combattants chiites afghans (Fatemiyoun) ou le Hezbollah du Liban se battent au Yémen. Ces affirmations n’ont aucun sens. Expliquer, par exemple, la géographie de cette pièce récente du New York Times:

Non seulement l’Iran a envoyé de plus petites unités du Fatemiyoun pour franchir les frontières syriennes et se battre au Yémen, …

Comment et pourquoi les chiites afghans, qui ne parlent pas l’arabe, entrent-ils dans le Yémen bloqué? Il y a des millions de Yéménites au chômage dans les zones assiégées. Ils détestent les Saoudiens. Les Houthi ne manquent certainement pas de fantassins.

Dans l’interview télévisée d’hier, le Premier ministre libanais Saad Hariri a insinué qu’il serait libéré par les Saoudiens si le Hezbollah mettait fin à ses opérations au Yémen. AP résumé :

[Hariri] a identifié l’implication du Hezbollah au Yémen comme la principale cause de la colère du royaume.

Mais il n’y a aucune preuve raisonnable que le Hezbollah est au Yémen. En 2015, un diplomate saoudien a prétendu «avoir des rapports» sur des instructeurs du Hezbollah au Yémen sans en fournir aucun. En 2016, l’Arabie saoudite, détenue par Al Arabia TV, a publié une courte vidéo dont elle prétend qu’elle montre un instructeur du Hezbollah enseignant aux Houthis. Aucune date ou lieu ou autre information sur l’enregistrement n’a été publié. Au cours des deux ans et demi de la guerre au Yémen, aucun rapport sur le terrain n’a émergé de l’implication du Hezbollah ou de combattants libanais ou iraniens ou afghans blessés ou tués.

Les Houthis ne sont pas des Hezbollah et ils ne sont pas des laquais du gouvernement iranien. Leur alliance avec les troupes de l’armée yéménite fidèles à l’ancien président Saleh leur confère des capacités tactiques et techniques. Leurs armes proviennent soit de vieux stocks, soit achetés sur les grands marchés d’armes du Yémen. Les marchands achètent ces armes auprès des groupes que les Saoudiens emploient et les équipent et les approvisionnent généreusement. Ces forces contrôlées par l’Arabie saoudite sont les principaux fournisseurs de leurs ennemis désignés.

Les Saoudiens affament tout un pays – avec un soutien avide du monde occidental «humanitaire». La bureaucratie et le leadership de l’ONU ont été achetés et complices. Le tyran saoudien kidnappe et fait chanter le Premier ministre d’un pays tiers. Tout cela parce qu’il n’arrive pas à vaincre les combattants Houthi au Yémen contre lesquels il a commencé une guerre insensée. Les Saoudiens inventent la participation iranienne et les médias répètent avidement leurs revendications sans aucun support de preuve.

Des millions de personnes sont en danger imminent de mourir. Pendant ce temps, les politiciens «occidentaux» avides embrassent le monstre saoudien d’un prince clown et de son père sénile. Ils soutiennent toute revendication folle que les Saoudiens font à propos de leurs ennemis perçus.

La prochaine fois que vous verrez une de ces créatures, veuillez lui donner un coup de poing.

Publié par b à 09:32 AM | Commentaires (1)
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La fin du jeu économique se poursuit

La fin du jeu économique se poursuit


Par Brandon Smith – Le 3 novembre 2017 – Source alt-market.com

En novembre 2014, j’ai publié un article intitulé « Explications sur la fin du jeu économique ». J’y exposais ce que je croyais être le processus par lequel les globalistes réaliseraient ce qu’ils appellent le « nouvel ordre mondial » ou ce qu’ils appellent parfois la « réinitialisation économique mondiale ». Comme je l’ai montré dans le détail par le passé, le programme globaliste comprend la fin du jeu financier ; un prix ou un trophée qu’ils espèrent obtenir. Ce prix est une structure économique mondiale complètement centralisée, organisée dans une seule banque centrale pour le monde entier, la suppression du dollar américain comme monnaie de réserve mondiale, l’institution du système de panier des DTS qui servira de pont pour une monnaie unique supplantant toutes les autres et, en fin de compte, la gouvernance mondiale de ce système par une poignée d’élites.


Le calendrier de ce processus n’est pas clair, mais il y a des indications indiquant le « début de la fin ». Comme l’a noté The Economist, magazine globaliste, dans un article intitulé « Soyez prêt pour le  Phoenix », l’année 2018 semble être le point de départ de la grande réinitialisation. Ce calendrier est soutenu par les nombreuses mesures déjà prises pour saper la domination du dollar dans le commerce international ainsi que pour imposer le panier de DTS du Fonds monétaire international. Il est clair que les globalistes ont des échéances qu’ils ont l’intention de respecter.

Cela dit, il y a eu de nouveaux développements depuis que j’ai écrit mon analyse initiale sur cette stratégie de fin de partie qui mérite une attention sérieuse. La fin du jeu se poursuit, plus vite que jamais, et voici quelques-uns des indicateurs montrant que les « prédictions » des globalistes de The Economist en 1988 ressemblaient plus à des prophéties auto-réalisatrices et que 2018 reste un point de départ principal pour une ré-ingénierie de notre environnement économique.

Utiliser l’Est pour démanteler le pétrodollar

Comme je l’ai mentionné dans l’article de la semaine dernière, « Mensonges et distractions autour du pétrodollar », il y a eu un grand silence et souvent de la désinformation dans les médias sur le pivot international ouvert et évident pour s’éloigner du dollar comme mécanisme d’achat de facto pour le pétrole. Cette tendance ne devrait que s’accélérer dans deux mois, alors que la Chine commencera à honorer les contrats pétroliers en yuan au lieu du dollar.

Le problème est que même dans les médias alternatifs, il existe un mythe continu selon lequel les pays de l’Est cherchent à « se dégager » de l’ordre international. Je vois souvent l’argument présenté que la perte du pétrodollar ne peut être qu’une bonne chose pour le monde. Je ne suis pas ici pour dire si la fin du pétrole en dollars est une bonne ou une mauvaise chose. Je suis ici, cependant, pour souligner qu’il n’y a absolument aucune indication que les grandes puissances orientales comme la Russie et la Chine agissent pour saper le système globaliste existant.

Au contraire, la Chine et la Russie restent, comme toujours, étroitement associées au FMI et à la Banque des règlements internationaux, et leurs liens avec les monolithes bancaires internationaux comme Goldman Sachs et JP Morgan sont établis depuis longtemps.

Les responsables politiques et économiques des pays de l’Est ont toujours réclamé un nouveau système de réserve supplantant le dollar, c’est vrai. Mais ce que tant d’analystes semblent ignorer, c’est qu’ils appellent AUSSI à ce que ce nouveau système soit dominé par le FMI.

L’illusion que le monde financier opère est que le FMI est « contrôlé » par les États-Unis. Ce n’est pas le cas. Il est contrôlé par des banquiers internationaux, qui n’ont pas de loyauté envers un pays spécifique. Une fois que l’on comprend ce fait, le sabotage systématique des États-Unis prend tout son sens, ainsi que la collusion entre la Chine, la Russie et le FMI. L’Amérique est un appendice sacrificiel de l’édifice globaliste et elle est détruite pièce par pièce pour nourrir la création de quelque chose de nouveau et peut-être même de plus sinistre.

Comme l’avait proclamé George Soros en 2009, le « nouvel ordre mondial » s’appuierait en partie sur la Chine comme moteur économique de remplacement de la machine globaliste et dépendrait beaucoup moins des États-Unis en perte de vitesse. La Chine servirait de moteur plus petit, mais un moteur de remplacement néanmoins.

La Chine est plus qu’heureuse d’être l’obligée des globalistes avec un programme concerté et incrémental de dé-dollarisation. Mais cela ne signifie pas que l’objectif final soit un « petroyuan ». Non, l’objectif est que le FMI affirme la domination du système de panier des DTS en tant que plaque tournante des monnaies de réserve. Et, la Chine est maintenant le marché phare des DTS après sa récente intégration dans son giron. Il n’y aura pas de monnaie de réserve unique après la fin brutale du dollar. Au moins, pas avant que toutes les monnaies soient homogénéisées grâce au panier des DTS et finalement remplacées par une seule unité monétaire mondiale. D’ici là, le FMI ou la BRI dicteront le commerce de nation à nation et les échanges monétaires.

Il s’ensuit seulement que cette renaissance hautement volatile de l’ordre financier mondial commencerait en partie avec la perte du statut du pétro-dollar. Le commerce du pétrole est l’élément déterminant qui donne au dollar un avantage fondamental sur toutes les autres devises. C’est ce qui nous rapproche le plus du soutien des matières premières pour le dollar et c’est un avantage qu’aucune autre monnaie au monde ne peut encore se vanter d’avoir. Il y a plusieurs façons de détruire le dollar, mais la meilleure méthode serait de mettre fin à son statut de pétro-monnaie.

L’unité monétaire globale est déjà présente

Un argument que j’entendais souvent des détracteurs de la monnaie mondiale était qu’il n’y avait « pas d’unité monétaire avec assez de liquidités pour remplacer le dollar ». Bien sûr, ces personnes n’ont aucune idée de l’existence du panier des DTS et de la façon dont il pourrait être utilisé pour envelopper et absorber la plupart, sinon la totalité, des devises dans un mécanisme de réserve unique. Cela dit, je comprends la confusion. Quand les gens pensent aux devises, ils pensent à des tickets de mesure physiques ; ils veulent voir un morceau de papier avec des symboles, ou ils veulent au moins voir un nom de marque pour le produit, ce que toutes les devises sont vraiment.

Lorsque The Economist, en 1988, a réclamé le lancement d’une monnaie mondiale en 2018, il n’était peut-être pas au courant de la forme exacte que prendrait le destructeur. Même en 2014, je n’étais pas entièrement convaincu que nous disposions de suffisamment de preuves sur ce que serait cette unité de mesure. Aujourd’hui, c’est clair comme le cristal – le système de monnaie unique mondial ne sera pas seulement un système sans numéraire, mais il sera également basé sur la technologie numérique blockchain.

Comme je l’ai examiné dans mon article « La monnaie mondiale globalisée ressemblera beaucoup à Bitcoin », alors que certains politiciens et âmes damnées du système bancaire attaquent publiquement les produits basés sur la blockchain comme Bitcoin ou Etherium, en arrière-plan, ils sont réellement investis dans ces systèmes et sont même en train de construire les leurs. Avec les mascottes des banques centrales comme Ben Bernanke devenant conférenciers d’honneur lors de conférences sur le blockchain, ce n’est pas un secret insaisissable que les banques mondiales aiment la technologie blockchain.

Même les grandes sociétés élitistes comme Amazon semblent prêtes à adopter des produits autour de la blockchain comme devises. Donc, il faut se poser la question : si la blockchain et le Bitcoin sont une menace aussi grave pour la centralisation de l’establishment, pourquoi posent-ils rapidement tous les jalons nécessaires pour que les systèmes blockchain remplacent les monnaies papier ?

Ce qui m’intéresse, c’est que même dans le monde très vigilant de l’économie alternative, bien conscient de cette tendance vers un système monétaire mondial, les systèmes de blockchain sont toujours vénérés comme s’ils devaient nous sauver de la tyrannie des banques centrales. Très peu de gens ont remarqué que l’appel de The Economist pour un cadre monétaire mondial en 2018 est arrivé très tôt ; il a été juste là, sous notre nez depuis plusieurs années. 

Avec des méthodes d’échange autour de la blockchain, une structure de remplacement pour le dollar et toutes les autres monnaies nationales n’est pas très loin.

Le programme d’implosion de la Réserve fédérale se poursuit

Je me souviens qu’avant 2008, les médias ne traitaient presque jamais des actions de la Réserve fédérale comme des nouvelles importantes. En fait, je me souviens de l’époque où l’Américain moyen n’avait jamais entendu parler de la Réserve fédérale, et certains pensaient que l’existence même de l’institution était une « théorie du complot ». Maintenant, la nomination pour la nouvelle présidence de la Fed est au sommet des nouvelles, mais pour de mauvaises raisons.

Le changement de président de la Fed est absolument sans signification en ce qui concerne la politique. Jerome Powell continuera à prendre exactement les mêmes initiatives que Yellen ; les mesures de relance seront supprimées, les taux seront augmentés et le bilan sera réduit, laissant imploser la bulle massive sur les marchés, une bulle que la Fed a créée déjà vulnérable à une implosion. Les actions en particulier affichent le comportement d’un train fou, qui ressemble à la bulle de 2006 / 2007, ou même à l’exubérance délirante qui prévalait avant le krach de 1929. Tout cet optimisme dépend de deux choses – une foi aveugle et stupide que tous les investisseurs vont continuer à agir dans un concert parfait pour toujours « acheter la baisse« , et la foi persistante que les banques centrales interviendront toujours pour entraver et inverser toute correction du marché.

Une personne observatrice aurait cependant pu remarquer que les banques centrales du monde entier agissaient de manière coordonnée pour supprimer le soutien aux stimuli des marchés et augmenter les taux d’intérêt, coupant ainsi les lignes de crédit facile qui ont longtemps été une béquille pour nos économies infirmes. La Banque d’Angleterre a relevé ses taux la semaine dernière, car la Réserve fédérale a annoncé une nouvelle hausse en décembre. La Banque centrale européenne continue de préparer le public aux prochaines hausses de taux, tandis que la Banque du Japon a assuré  au public que les anticipations d’« inflation » ont été satisfaites et qu’aucune nouvelle mesure de relance n’est nécessaire. Si tout cela semble coordonné, c’est parce que c’est le cas.

La politique de la Fed n’est pas dictée par le président de la Fed, et elle n’est certainement pas dictée par Donald Trump. Comme l’a ouvertement admis l’ancien président Alan Greenspan, la banque centrale ne répond PAS au gouvernement, c’est une machine autonome de prise de décision. Les sièges à la Fed sont aussi facilement remplacés que les pièces de tondeuses à gazon ; ce sont des mascottes pour le système bancaire, rien de plus. Une fois qu’ils sont « nommés » par le président, ils prennent leurs ordres d’une source totalement différente, et je remettrais même en question la validité du processus de nomination et la manière dont la liste originale des candidats est définie. Pour les vrais marionnettistes de la Fed, il faudrait se tourner vers une organisation à l’extérieur des États-Unis, appelée Banque des règlements internationaux.

De nombreuses modifications subtiles s’ajoutent à une instabilité sans précédent

Je pense qu’il est essentiel que les gens considèrent le temps quand il s’agit d’économie. Les changements que nous pensons abrupts pendant les moments historiques de crise ne l’étaient souvent pas autant que ça. Presque tous les « événements » de crise financière ont été précédés par des années sinon des décennies de fissures croissantes mais subtiles dans les fondations. Si vous deviez revenir en arrière de 10 ans et expliquer à la personne moyenne (ou à l’économiste moyen dans les médias) ce qui se passe aujourd’hui, il se moquerait probablement avec indignation. Pourtant, aujourd’hui, ces choses sont acceptées comme banales, ou ignorées comme sans importance. Le temps et le faible niveau d’attention sont le fléau des sociétés libres.

Le squelette de l’économie du « nouvel ordre mondial » est devant nous. Les déclencheurs d’un changement explosif ont déjà été plantés. Ce qui me préoccupe, c’est que lorsque ces changements se concrétiseront et que la crise suivra, les masses s’en apercevront-elles ?

Brandon Smith

http://lesakerfrancophone.fr/la-fin-du-jeu-economique-se-poursuit

 

RDC : un accident de train fait entre huit et 33 morts au Katanga

RDC : un accident de train fait entre huit et 33 morts au Katanga

Par Jeune Afrique avec AFP

Un accident de train de marchandises qui transportait des matières inflammables a tué entre huit et 33 passagers clandestins le 12 novembre dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Jusque là, il y a huit morts et plusieurs blessés, a déclaré Jean-Marie Tshizainga, ministre des Mines de la province de Lualaba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). Le bilan pourrait être beaucoup plus important ». La radio Okapi évoque 33 tués, plusieurs blessés et brûlés dans l’accident de ce train qui allait de Lubumbashi à Luena dans la région minière du Katanga.

Les faits se sont produits à Buyofwe, une gare située à près de 30 kilomètres de Lubudi dans la province du Lualaba. Le convoi transportait 13 wagons dont des citernes d’essence.

Sur une pente, la locomotive s’est emballée avant de finir sa course dans un ravin. Dans ce choc, les citernes ont pris feu, surprenant certains passagers en plein sommeil. Ces derniers se trouvaient à bord de ce train de marchandises après y être montés illégalement pour se déplacer.

Clandestins

« C’est un train de marchandises qui a déraillé, qui n’est supposé transporter que des marchandises, déclare un haut-responsable de la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC), Sylvestre Ilunga Ilukamba. S’il y a des individus à bord, nous les considérons comme des clandestins ».

Le Katanga a déjà été le théâtre par le passé d’autres accidents du même type. Le 22 avril 2014, un train de marchandises transportant plusieurs centaines de personnes avait également déraillé à hauteur de la localité de Katongola.

Le bilan officiel a fait longtemps état de 74 morts et 163 blessés, mais la Croix-Rouge congolaise affirme que 100 à 200 corps ont été inhumés sur place dans les jours qui ont suivi la catastrophe. L’agence congolaise de presse parlera un mois plus tard de 136 morts.

http://www.jeuneafrique.com/491913/societe/rdc-un-accident-de-train-fait-entre-huit-et-33-morts-au-katanga/

EGYPTE: RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE

EGYPTE: RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE

Alain Rodier

10-11-2017

 

Si les actions de la Wilaya Sinaï de l’« Etat Islamique » sont bien connues car souvent médiatisées, l’insécurité est aussi très présente dans l’ouest de l’Egypte (le désert libyque ou désert de Libye) qui représente les deux tiers de la superficie du pays. Là, elle est à la fois le fait du groupe égyptien Al-Mourabitoune, d’autres cellules dépendant plus ou moins directement d’Al-Qaida « canal historique » et de Daech. Ainsi, huit attaques majeures y ont eu lieu en l’espace de trois ans, causant la mort d’une soixantaine de personnes.

La dernière en date a eu lieu le 20 octobre 2017. Une embuscade montée par des terroristes non formellement identifiés contre des forces de sécurité égyptiennes près de l’oasis d’Al-Wahat el-Bahriya, situé à 135 kilomètres au sud-ouest du Caire, a provoqué la mort de quinze militaires et d’un policier.

Le président Abdel Fatah al-Sissi a réagi en limogeant, le 28 octobre, le chef d’état-major des forces armées, le général Mahmoud Ibrahim Hegazi. Il l’a remplacé par son homonyme, le général Mohamed Farid Hegazi[1]. Simultanément, le ministre de l’Intérieur, Magdy Abdel-Ghaffar, a démis de ses fonctions le général Mahmoud Shaarawy, le chef de l’Agence nationale de sécurité (Keta El Amn El Watani) chargée du renseignement intérieur[2], ainsi que deux de ses adjoints, les généraux Hisham El-Iraqi et Ibrahim El-Masry, chargés du gouvernorat de Gizeh. Les reproches qui leur sont faits sont un manque de coordination entre les forces de police et l’armée, et surtout, des déficiences dans le renseignement intérieur[3]. Par ailleurs les forces de police sont insuffisamment équipées pour faire face à des activistes surarmés.

Le groupe Al-Mourabitoune d’Hisham al-Ashmawy

Le Caire considère Hisham al-Ashmawy comme l’activiste salafiste-djihadiste le plus actif à l’heure actuelle dans le pays. Né en 1978, il est sorti de l’académie militaire égyptienne en 2000. Il rejoint les forces spéciales et sert au Sinaï, mais son engagement religieux attire rapidement l’attention de ses supérieurs. Il est muté en 2005 dans un poste administratif. En 2006, un de ses proches est arrêté et meurt en détention. Al-Ashmawy s’isole alors complètement et son attitude provoque sa mise en congé de l’armée en 2007[4]. Il se lance alors dans le commerce de pièces de rechange d’automobiles et de vêtements. Durant le printemps arabe de 2011, il disparaît complètement des radars des services de sécurité et rejoint le groupe Ansar Bait-al-Maqdis (Ansar Jerusalem) qui vient d’être créé par des militants salafistes alliés à des tribus bédouines du Sinaï. L’objectif prioritaire de ce groupe est alors Israël bine qu eles actions qu’il mène sont essentiellement dirigées contre des infrastructures, particulièrement pétrolières.

Lorsque le président Mohamed Morsi est renversé par son chef d’état-major des armées, le général Sissi, le 3 juillet 2013, Ansar Bait-al-Maqdis s’en prend violement aux représentants de l’ordre dans le Sinaï. En raison de son passé militaire, Ashmawy devient un de leurs leaders opérationnels, plus particulièrement chargé de la tactique et de la formation des activistes. Sa première opération marquante date du 19 juillet 2014, lorsque ses hommes attaquent un poste de contrôle à Qaram Al-Qawadis, dans le Nord-Sinaï. Plus de trente soldats sont tués et la vidéo de l’assaut circule alors sur le net. C’est à peu près à cette époque qu’il rejoint la ville de Derna en Libye, où il noue des relations avec Ansar al-Charia, groupe qui dépend d’Al-Qaida « canal historique ».

Le 10 novembre 2014, Ansar Baït al-Maqdis fait allégeance à Abou Bakr al-Bagdadi ; mais Ashmawy reste fidèle à Al-Qaida « canal historique » créant son propre groupe qu’il appelle Al-Mourabitoune. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il prend le même nom que la katiba de Mokhtar Belmokhtar, le célèbre émir algérien proche d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) alors présent sur zone. Ashmawy est alors rejoint par d’autres représentants des forces de l’ordre égyptiennes. Parallèlement, il utilise un certain Abdelkader al-Najili – alias Abou-Moaz El-Tikriti – comme intermédiaire pour acquérir des armes, particulièrement via le port de Syrte (Libye). Cet individu appartient à Daech mais les affaires restent les affaires…

Dès décembre 2014, Ashmawy lance des opérations transfrontalières dans l’ouest de l’Egypte. A cette occasion, il aurait été blessé et amputé d’une jambe, ce qui lui interdirait désormais de mener personnellement des opérations sur le terrain. Il se contenterait de les planifier et de fournir les moyens logistiques nécessaires à leur exécution. Néanmoins, Le 29 juin 2015, l’assassinat du procureur général Hisham Barakat, à Héliopolis près du Caire, lui est attribué;  mais le pouvoir égyptien a peut-être tendance à attribuer à Ashmawy des actions qu’il n’a pas commanditées.

En effet, Al-Qaida « canal historique » aurait des camps d’entraînement en Libye où seraient constituées des cellules appelées « Al-‘Aedoon ». Elles seraient envoyées en Egypte afin de s’implanter dans l’ouest du pays, mais aussi en Haute Egypte. Il est vraisemblable que chaque groupe ayant reçu une formation en Libye bénéficie d’une totale liberté d’action dans la zone qui lui a été assignée. La frontière longue de 1 100 kilomètres entre les deux pays reste poreuse faute de moyens suffisants pour la contrôler  et surtout parce que l’armée libyenne – les forces du maréchal Khalifa Haftar – sont pour l’instant occupées ailleurs. Il est donc facile aux activistes la traverser et de recevoir des ravitaillements. Pour eux,la principale menace vient des airs, le président Sissi affirmant que 1 200 véhicules terroristes ont été détruits en trois ans.

Daech et toujours très présent en Egypte

Après une année 2016 relativement calme dans l’ouest égyptien, 2017 a connu un regain d’activités terroristes. Toutefois, celles-ci ne sont pas toutes le fait du groupe Al-Mourabitoune ni des cellules « Al-‘Aedoon ». Ces deux mouvements sont en effet concurrencés par un groupe dénommé « Les Soldats du califat » qui serait derrière l’attaque d’un bus se rendant au monastère de Saint Samuel le Confesseur, dans le gouvernorat d’Al-Minya, le 26 mai 2017. Vingt-huit chrétiens ont été massacrés lors de cette action. Ce groupe serait commandé par Izzat Ahmed et Amro Saad, deux activistes de Daech bien connus des autorités égyptiennes. Ils auraient recruté une douzaine de jeunes de la région d’Al-Minya, dont les deux kamikazes – Mamdouh Amin et Mahmoud Hassan Moubarak – qui ont mené les attaques du 9 avril 2017 contre les églises d’Alexandrie (dix sept tués[5]) et de Tanta (28 tués).

Le nord du Sinaï continue d’être la principale zone d’action des terroristes de Daech, les autorités égyptiennes ne parvenant pas à contrôler cette région semi-désertique et peu peuplée. Les hommes de Daech bénéficie de la coopération plus ou moins forcée[6] des tribus bédouines locales qui sont traditionnellement en opposition avec le pouvoir central du Caire. Pour le moment, les autorités n’ont pas noté l’arrivée de djihadistes venant de l’extérieur, notamment du front syro-irakien où Daech se trouve en difficulté.

 

 

*

 

 

La situation sécuritaire en Egypte reste très préoccupante. Si les activistes salafistes-djihadistes ne sont pas très nombreux, ils bénéficient d’atouts qui leur permettent de perdurer et de mener des actions spectaculaires :

– des bases arrières en Libye et vraisemblablement à Gaza, qui leur permettent de s’approvisionner en armes et munitions et leur offrent des zones de repos sécurisées ;

– une population minée par la doctrine des Frères musulmans qui, s’ils n’apparaissent pas sur le devant de la scène par crainte de la répression, gardent une influence doctrinale et sociale majeure, contre laquelle les autorités ont du mal à lutter ;

– des forces de l’ordre peu motivées et mal entraînées, même si l’encadrement a un bon niveau … quand il n’est pas corrompu;

– des moyens qui restent limités malgré l’aide de l’Arabie saoudite et le soutien discret de la Russie et d’Israël, qui ne suffisent pas à pallier la fin des financements des Etats-Unis qui ont gelé cet été leur aide militaire en raison du non-respect des droits de l’Homme par Le Caire.

Si les islamistes radicaux n’ont pas la capacité de renverser le régime égyptien, de son côté ce dernier n’est pas en position d’assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, ce qui aggrave d’autant la crise économique porteuse de futurs mécontentements populaires dont les conséquences sont imprévisibles à moyen terme.


  • [1] Qui se retrouve chargé de négocier la réconciliation entre les différentes factions libyennes. Le fait de ne pas avoir été mis à la retraite est peut-être lié au fait que l’un des fils du maréchal Sissi (Hassan) a épousé une de ses filles.
  • [2] Il a été remplacé par le général Mahmoud Tawfiq.
  • [3] Un exemple dramatique avait été donné en septembre 2015 lorsque les forces armées égyptiennes avaient tué douze touristes mexicains qui se déplaçaient à bord de quatre véhicules dans la région d’Al-Wahat. Ils avaient été confondus avec des terroristes.
  • [4] Il n’en sera totalement exclu – administrativement parlant – qu’en 2012.
  • [5] Cette cathédrale avait déjà été l’objet d’une attaque terroriste le 1er janvier 2011, causant la mort de 21 personnes.
  • [6] En guide d’avertissement, des exécutions d’« espions » sont régulièrement médiatisées.
  • http://www.cf2r.org/fr/notes-actualite/egypte-recrudescence-de-la-violence.php

Natacha Polony et les hommes

Natacha Polony et les hommes

Natacha Polony et les hommes

Voila un plaidoyer superbe et courageux qui tranche avec tous les propos imbéciles, sirupeux, bien-pensants et convenus dont nous sommes régulièrement abreuvés. Il ne va pas plaire aux féministes, aux bobos, aux socialo-gauchistes, aux prétendus « insoumis », à « celles et ceux » qui se croient modernes en niant les simples lois naturelles, aux ayatollahs de l’égalitarisme stérile, qui se fourvoient dans la négation de la sexualité procréatrice, à ceux qui, méprisant la complémentarité naturelle de l’homme et de la femme, tentent d’y voir une forme nouvelle d’aliénation sociale et le mobile d’un nouveau combat de libération ! Merci Natacha Polony pour ce texte rafraîchissant, intelligent et plein de bon sens ! Marc Le Stahler (Minurne Résistance)


Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes.

Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction, cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes.

Natacha Polony
Extrait de L’homme est l’avenir de la femme, JC Lattès, 2008, p. 244-247

Source : minurne.org

Correspondance Polémia – 10/11/2017
Crédit photo :

https://www.polemia.com/natacha-polony-et-les-hommes/

Manuel Valls veut censurer Pascal Boniface et l’Iris !

Les temps deviennent de plus en plus dur pour la Liberté d’expression ; en voici un nouvel exemple.

Dans le Marianne de cette semaine, Manuel Valls indique qu’il se démène pour censurer l’universitaire Pascal Boniface, ainsi que l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris, qui est un des grands think tanks français travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques ; il est dirigé par Pascal Boniface), pour raison idéologiques :

valls

“Je considère, par exemple que ce qu’écrit l’universitaire Pascal Boniface depuis des années pose un vrai problème. J’ai d’ailleurs saisi les ministres des Affaires étrangères et des Armées qui financent l’Iris de ce sujet, même s’il ne parle pas au nom de l’Iris.” [Manuel Valls, Marianne, 10/11/2017]

Il fait évidemment références aux positions de Pascal Boniface, très critiques envers la politique du gouvernement d’extrême-droite israélien.

Quoiqu’on pense des positions de Pascal Boniface (avec lequel je ne suis pas toujours en accord, mais qui sont toujours parfaitement légales), si on estime être un défenseur de la Liberté d’expression, alors on se doit de dénoncer de telles pressions politiques sur des universitaires.

Là où cela confine au sublime, c’est qu’au même moment, Manuel Valls arrive à dire ceci :

valls

valls

Manuel Valls – longuement applaudi par le Premier Ministre et la majorité la semaine dernière – s’inscrit cependant dans une vraie tradition intellectuelle parisienne : “La défense de la liberté d’expression des gens qui pensent comme moi – et seulement eux”.

Il convient donc de relayer l’information afin que l’Iris ne subisse pas des sanctions budgétaires de la part du gouvernement.

Non à la censure !

P.S. pour un développement de ce thème, et un rappel des valeurs de ce blog (incluant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la dénonciation du wahhabisme et de ses prédicateurs ainsi que des pétromonarchies soutiens du terrorisme et de leurs complices dans les gouvernements occidentaux), voir ce billet.

Une réponse à Manuel Valls veut censurer Pascal Boniface et l’Iris !  Pour la lire ,cliquez sur le lien  !

https://www.les-crises.fr/manuel-valls-veut-censurer-pascal-boniface-et-l-iris/#

Donald Trump tente de clarifier sa position sur l’ingérence de la Russie dans l’élection américaine

Donald Trump tente de clarifier sa position sur l’ingérence de la Russie dans l’élection américaine

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zhou Shaoping, le 12/11/2017 11:34

Le président américain Donald Trump a tenté dimanche de clarifier sa position sur les allégations concernant l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de l’année dernière.

Au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue vietnamien Tran Dai Quang tenue dans la capitale vietnamienne, Hanoï, M. Trump est revenu sur ses déclarations précédentes en affirmant qu’il faisait confiance aux agences de renseignement américaines.

Lors d’une rencontre avec M. Trump samedi à Da Nang, dans le centre du Vietnam, où s’est tenue la 25e Réunion des leaders économiques de l’APEC vendredi et samedi, le président russe Vladimir Poutine avait rejeté cette accusation. M. Trump avait alors déclaré à la presse qu’il croyait M. Poutine.

Sa prise de position en faveur du président russe a été critiquée aux Etats-Unis, où les agences de renseignement américaines avaient accusé la Russie de s’être ingérée dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

« [M. Poutine] pense que […] la Russie ne s’est pas ingérée dans l’élection. Quant à savoir si je le crois, je me range du côté de nos agences », a déclaré dimanche M. Trump, exprimant sa confiance à leur égard.

Il a toutefois souligné que des relations fortes entre les Etats-Unis et la Russie profiteraient au monde, car beaucoup de questions ont besoin d’être résolues avec la participation de pays tels que la Russie et la Chine, notamment en ce qui concerne la péninsule coréenne, la Syrie, l’Ukraine et le terrorisme.

M. Trump a déclaré qu’il valait mieux « avoir les Russes dans des dispositions amicales plutôt que de toujours les combattre ».

 

https://chine.in/actualite/cn/donald-trump-tente-clarifier-position-sur_103912.html

[RussEurope en Exil] 75ème anniversaire du Normandie-Niemen, par Jacques Sapir

Billet invité

Le 12 novembre 1942 arrivèrent sur la base de Rayack, en Syrie, trois C-47 (appellation militaire du DC-3) qui devaient transporter les pilotes et mécaniciens français, désignés pour constituer le GC-3 (3ème Groupe de Chasse) « Normandie » vers Bagdad, d’où ces personnels rejoindraient Téhéran puis Ivanovo, à 250 km de Moscou. Ainsi débutait ce qui allait devenir l’épopée du Groupe de Chasse le plus connu de Forces aériennes françaises libres (FAFL), le célèbre « Normandie-Niémen ».

Le commandant Delfino, avec des pilotes français et russes

Cette date du 12 novembre est symbolique des difficultés rencontrées des deux côtés, que ce soit du côté des Français Libres ou des Soviétiques. Pour ce derniers, on est en plein dans la bataille de Stalingrad[1]. Si les troupes allemandes de von Paulus, le commandant de la 6ème armée, ne progressent plus dans une ville qu’elles ont conquises à 90%, la contre-offensive, que les soviétiques appellent l’opération « Uranus », n’a pas encore débutée. Elle ne commencera que le 19 novembre 1942. La contribution française, pour symbolique qu’elle soit, est venue non pas dans les temps plus faciles de 1943 et 1944, mais au moment ou tout était en suspens, où se décidait le sort de la guerre.

Pour les Français Libres, la situation n’est pas non plus des plus faciles. Si la France Libre est sortie de la phase d’improvisation et de bricolage qui fut la norme jusqu’à la fin du printemps 1941, elle reste très faible. Les pilotes, puisque l’on est dans le domaine aérien, sont essentiellement des évadés. Il en est ainsi du premier chef « opérationnel » du Normandie, le commandant Jean Tulasne. Le général de Gaulle se bat politiquement pour la reconnaissance de la France Libre comme seul représentant légitime de la France, une bataille gagnée auprès des britanniques, mais bien plus difficile face aux Etats-Unis qui maintiendront, jusqu’au débarquement en Afrique du Nord, des liens étroits avec le régime de Vichy. Dans ce contexte, le projet d’envoyer une unité, aussi faible soit-elle, se battre avec les soviétiques fait sens. Elle symbolise la reconnaissance de la France Libre par le régime soviétique. C’est ce qui explique que les négociations concernant l’envoi de cette unité ont commencé fort tôt, dès décembre 1941, et se sont conclus positivement en juillet 1942.

Le GC-3 « Normandie », au 12 décembre 1942, se compose de 14 pilotes[2], certains très expérimentés (comme Tulasne, Littolff, de La Poype et Albert) et d’autres qui le sont beaucoup moins. Ils se sont entraînés, depuis le mois d’octobre, sur des Dewoitine D-520, survivants des combats fratricides de Syrie, les avions n° 303 et 397.

Le voyage, commencé donc le 12 novembre, s’achèvera le 2 décembre sur le terrain d’Ivanovo. Entre-temps, les pilotes auront pu apprendre le sabordage de la Flotte française à Toulon (le 27 novembre 1942). L’entrainement commence immédiatement et, le 11 mars 1943, l’unité est présentée à la hiérarchie soviétique comme étant opérationnelle. Elle compte alors 14 pilotes, dont 9 sont considérés comme bons ou excellents. Elle est envoyée au combat de 22 mars 1943, et elle opérera durant toute la guerre au sein de la 303ème division de chasse de l’Armée Rouge (VVS-RKKA), commandée par l’une des figures charismatiques de la Chasse soviétique, le général Guéorguy N. Zakharov[3]. Le « Normandie », auquel de nouveaux pilotes sont régulièrement envoyés, combattra au-dessus de Koursk, Smolensk et Ielna. Quand il est (provisoirement) retiré des opérations en novembre 1943, il aura acquis 77 victoires mais au prix de 21 pilotes, tués, prisonniers ou disparus.

Le GC-3 subira de lourdes pertes dans l’ensemble de la guerre, (42 pilotes tués dont 30 en opérations aériennes), mais il deviendra le Groupe de Chasse ayant acquis le plus de victoires de la chasse française durant la seconde guerre mondiale (273 victoires confirmées, 38 probables). Il a acquis une réputation égale à nulle autre auprès des forces armées soviétiques, et le gouvernement de l’URSS lui accordera le nom de « Niémen » pour sa contribution, en 1944, à la couverture aérienne du franchissement de ce fleuve par les forces soviétiques. Le GC-3 sera fait « Compagnon de la Libération » par le général de Gaulle[4]. Il sera re-complété à de nombreuses reprises (1943, 1944 et 1945) pour combler les pertes[5].

Les pilotes survivants connaîtront des sorts divers après-guerre, certains restant dans l’Armée de l’Air, connaissant des belles carrières (comme le général Delfino) ou périssant en mission commandée. D’autres entreront dans la vie civile. C’est le 17 février de cet année qu’est décédé le dernier des pilotes survivants, G. Taburet[6].

Sa contribution fut, certes, symbolique. Mais, certains symboles pèsent lourd. On retiendra l’un de ceux-ci. Le 15 juillet 1944, lors d’un vol de convoyage pour rejoindre un aérodrome plus proche du front, Maurice de Seynes est victime d’une fuite d’huile qui l’aveugle et provoque un début d’incendie de l’avion (Yak-9). Il pourrait sauter. Mais, dans le coffre de l‘avion, situé juste derrière le pilote, il a embarqué son mécanicien personnel, N. Bielozub, qui ne porte pas de parachute. En dépit d’ordres répétés, envoyé à la radio par le commandement soviétique tout comme par le commandant du Groupe, Delfino, de Seynes se refuse de sauter et tente de se poser. A chaque fois, aveuglé, il manque la piste. A la quatrième tentative, l’avion décroche à l’atterrissage et s’écrase, tuant les deux hommes.

L’acte de de Seynes reste, encore aujourd’hui, un symbole de la fraternité des aviateurs français et des combattants russes.

Jacques Sapir

Notes

[1] Lopez J., Stalingrad : la bataille au bord du gouffre, éditions Economica, coll. « Campagnes & stratégies », 1er octobre 2008, 1e éd., 460 p.

[2] Plus un pilote de l’avion de liaison et de servitude du Groupe.

[3] Le Général Георгий Нефёдович Захаров , né en 1908 et décédé en janvier 1986, aviateur breveté depuis 1933, combattra parmi les « volontaires » soviétiques dans la Guerre d’Espagne sur I-15 puis I-16 (6 victoires). De retour en URSS il est nommé commandant d’escadrille, puis en 1938, prend la tête d’une escadrille au sein du « Groupe de volontaires soviétiques » envoyé pour aider l’armée de Tchiang-Kai-Tchek contre les japonais. Rentré en URSS fin 1938, il est envoyé à l’Académie militaire soviétique du personnel d’Etat-major et il est promu Colonel. Il est nommé alors au poste de commandant de la composante aérienne du District militaire de Sibérie. Le 7 mai 1940, il est nommé au rang de major général et commande une partie de la chasse soviétique lors des combats de Khalkhin-Ghôl. En novembre, il quitte la Sibérie pour commander la 43e Division d’interception, alors stationnée à Minsk. Il effectue plusieurs missions de reconnaissance de nuit au début de juin 1941, où il détecte des concentrations de forces allemandes considérables. Avec le début de la guerre, il remporte plusieurs victoires au dessus de Minsk, puis est envoyé superviser l’entraînement des nouveaux pilotes à Oulan-Oude et revient prendre la commandement de la 303ème Division Aérienne (303 AID) en décembre 1942. Il a écrit un livre de souvenirs Я – истребитель (Moi-Chasseur), publié an 1985 au Voyennizdat (Moscou).

[4] http://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/les-unites-militaires/le-regiment-de-chasse-_normandie-niemen_

[5] La liste des pilotes peut être trouvée ici : http://normandieniemen.free.fr/les_pilotes_du_Normandie_Niemen.htm

[6] http://www.defens-aero.com/2017/02/normandie-niemen-perd-dernier-pilote-chasse-gael-taburet.html

9 réponses à [RussEurope en Exil] 75ème anniversaire du Normandie-Niemen, par Jacques Sapir

POUR LIRE LES 9 REP0NSES , cliquez sur le lien :

 

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-75eme-anniversaire-du-normandie-niemen-par-jacques-sapir/

 

[RussEurope en exil] Servir, de Pierre de Villiers

Billet invité

La publication du livre de l’ancien Chef d’Etat-Major des Armés, le général Pierre de Villiers, Servir (publié au éditions Fayard) le mercredi 8 novembre constitue une sorte d’événement. Le général de Villiers, dont on rappelle qu’il démissionna à la suite d’un conflit l’opposant au Chef de l’Etat, nous livre sa version des événements qui ont conduit à sa démission. Cette version éclaire aussi le rapport aux forces de la Défense Nationale qu’entretient le Président, M. Emmanuel Macron.

Il convient d’abord de souligner le côté relativement exceptionnel de ce livre. La démission du général de Villiers est survenue à la mi-juillet 2017. C’est donc un témoignage « à chaud » qu’il nous livre. De plus, il est rare qu’un ancien Chef d’ Etat-Major revienne aussi rapidement sur le conflit qui l’opposât au Président. On ne peut donc que remarquer que, ce faisant, le général de Villiers prend une position politique dans le débat.

Dire cela ne revient en rien à minorer la force du témoignage. D’autant que si le général de Villiers fait de la politique il n’est jamais politicien. En République, selon la formule des romains, « les armes cèdent à la toge ». Encore faut-il que la « toge », autrement dit l’autorité politique, adopte une position cohérente. Et c’est de ce point de vue que se place donc l’auteur du livre. Il souligne l’incohérence entre la posture et les choix politiques et leur traduction dans les chiffres budgétaires. A la lecture de l’ouvrage on comprend donc qu’il a voulu livrer un témoignage à la fois pour les autres officiers supérieurs et pour le grand public, non pas tant pour se justifier (et c’est là où il aurait pu être « politicien ») que pour éclairer les uns et les autres sur l’importance du débat budgétaire, et donc du conflit qu’il eut avec les autorités civiles.

Que reprochait donc le Président de la République au général de Villiers ? Seulement d’avoir voulu, en des termes certes crus, éclairer la représentation nationale sur les enjeux des choix budgétaires. Le général a donc indiqué, ce qui était son devoir, devant la Commissions de la Défense Nationale, que les économies de 850 millions d’euros réclamés cette année aux armées dans le cadre des ajustements budgétaire, et qui se situaient dans un contexte de restrictions budgétaires générales, n’étaient pas acceptables sous peine de compromettre l’effort demandé aux forces armées.

Car, il est important de savoir que le général de Villiers ne se situe pas sur la question du bien fondé des orientations de la politique de défense. En bon républicain, il considère que cette question est totalement du registre du pouvoir politique. Par contre, il s’estime qualifié pour dire que, compte tenu des choix faits dans la politique de défense, des engagements extérieurs des forces armées en particulier, le nouvel effort d’économie demandé au Ministère de la Défense aurait des conséquences désastreuses.

On a parfaitement le droit de penser le contraire. Mais, si le Chef d’Etat-Major n’informe pas la représentation nationale de son point de vue, qui le fera ?

Le livre du général de Villiers pose donc un problème politique : quel degré de contrôle parlementaire Emmanuel Macron est-il prêt à accepter sur la politique de défense ? Car, selon la constitution de la Vème République et selon les pratiques bien établies depuis maintenant plus d’un siècle, si l’exécutif décide (et le général de Villiers ne remet nullement cela en cause), il est soumis aussi à un contrôle de la part du Parlement. Or, pour que ce contrôle ne soit pas de pure forme, il faut que les parlementaires soient correctement informés de la situation, et en particulier de la cohérence entre les objectifs et les moyens.

Il ne peut donc être question pour un Chef d’Etat-Major de se borner à commenter ou à illustrer la politique de défense. Le général de Villiers considérait qu’il était de son devoir d’informer la représentation nationale de l’incohérence que provoquerait une réduction des moyens financiers. Il l’a donc fait, et il fut sanctionné pour cela.

« La vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef », écrit donc le général de Villiers dans un livre qui est dépourvu de toute acrimonie. C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de cet ouvrage. Or, le chef du général de Villiers ce n’est pas seulement le Président de la République, c’est aussi le Parlement. « La vraie liberté est d’être capable de le faire, quels que soient les risques et les conséquences (…) La vraie obéissance se moque de l’obéissance aveugle. C’est l’obéissance d’amitié », écrit-il aussi. On sent donc qu’il y eut entre les deux hommes si ce n’est de l’amitié, du moins du respect. Et cela rend d’autant plus incompréhensible la méthode choisie par Emmanuel Macron pour réagir face aux déclarations, sommes toutes normales, du général de Villiers.

La méthode d’Emmanuel Macron pose donc en réalité un problème politique majeur. Il aurait pu convoquer le Chef d’Etat-major, lui faire des remontrances, voir exiger – il en a le pouvoir – sa démission. Il a choisi de l’humilier publiquement. Ce ne peut être un choix de circonstances ; à ce niveau c’est avant tout un choix politique. Or, à vouloir humilier on prend le risque de s’isoler, de se couper des réalités. Ce qui, en définitive, conduit implicitement à l’interrogation suivante : Emmanuel Macron est-il capable de remplir la charge dont il a été investi par le suffrage universel ?

Il convient alors de lire avec attention les phrases écrites par Pierre de Villiers qui ne sont pas sans profondeur. On le répète, il ne s’agit pas ici d’un brûlot, mais d’un constat. Et, ce qu’il révèle glace le sang. Ces phrases jettent indirectement une lumière crue sur la méthode d’Emmanuel Macron tout comme sur son personnage.

Ce livre sera donc lu, dans le public mais aussi dans l’armée. C’est ce que souhaite, à n’en pas douter, Pierre de Villiers. On pourra dès lors s’y référer. Il ne faudra donc pas faire les étonnés si, de fil en aiguille, se révèle un Emmanuel Macron bien différent du jeune homme un peu lisse que les médias nous ont vendu.

Jacques Sapir

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-servir-de-pierre-de-villiers/#

Le légendaire espion soviétique George Blake appelle les agents russes à «combattre le mal mondial»

Le légendaire espion soviétique George Blake appelle les agents russes à «combattre le mal mondial»

Je ne suis malheureusement pas aussi convaincue que George Blake que la Russie des oligarques sera en mesure de tenir le rôle qu’il lui attribue, mais il est vrai que pour le moment la Russie fait partie des forces d’endiguement, le Capital et son bras armée l’OTAN lui ayant redonné son statut « d’ennemi nécessaire ». Là encore il faut chercher la paix et refuser les faux antagonismes, la paix doit partir de nos exigences avant que d’être une question géostratégique. Cela dit, Georges Blake est sympa et cette manière de donner sens à sa vie me parle… (note et traduction de Danielle Bleitrach)

© AP Photo /

RUSSIE

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L’officier de renseignement soviétique renommé George Blake, un anti-fasciste convaincu connu pour son travail en Grande-Bretagne, aura 95 ans samedi. La veille de son anniversaire, il s’est adressé aux officiers du service de renseignement étranger de Russie, définissant les priorités et la mission clé des espions russes et révélant ce qui lui donne le goût  de vivre.

« Vous êtes confrontés à une mission urgente et difficile : sauver le monde dans une situation où le danger de la guerre nucléaire et l’autodestruction de l’humanité ont été mises à l’ordre du jour par des politiciens irresponsables une fois de plus. Le mal est en train de laisser ses traces sanglantes dans de nombreux coins de la planète, quand il y a une vraie guerre entre le Bien et le Mal, je crois en vous, dans votre service désintéressé et dévoué de notre objectif commun, dans votre professionnalisme. « Cette victoire me donne le goût de vivre », a déclaré George Blake dans son discours aux officiers des renseignements étrangers, qui a ensuite été publié sur le site officiel du Service russe des renseignements extérieurs (SVR).

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© AP PHOTO / BORIS YURCHENKO
George Blake, un transfuge britannique qui espionnait pour les Soviétiques en Grande-Bretagne, est intervenu lors d’une conférence de presse à Moscou, le 15 janvier 1992

L’ancien officier de renseignement britannique, né aux Pays-Bas et qui a déjà travaillé comme agent double pour l’Union soviétique jusqu’à son arrestation à Londres en 1961, ce qui est noté dans sa biographie, qui est «trop bien connue».

LIRE LA SUITE: Ghost Fighters: les opérations les plus importantes du renseignement militaire russe

L’une de ses caractéristiques de l’actualité , a-t-il déclaré, est que ses principaux repères sont étroitement liés au choix qu’il a dû faire à certains moments.

« Le choix que j’avais fait dans des conditions compliquées et contradictoires avait été défini par l’histoire elle-même: j’aurais pu devenir un prêtre pacifique mais j’étais devenu un officier du renseignement, j’aurais pu vivre tranquillement durant la guerre mais je préférais la vie d’un membre du Mouvement de la Résistance. Après avoir miraculeusement évité les camps de concentration nazis, je suis devenu un officier de la Force Spéciale Britannique et j’ai risqué ma vie plus d’une fois … »se souvient-il.

Blake a été recruté par MI6, le service de renseignement étranger britannique en 1944, après avoir rejoint la Royal Navy. Il servait en Corée quand la guerre a éclaté en 1950 et il a été détenu par le Nord. Il a déclaré qu’il s’était porté volontaire pour travailler pour l’Union soviétique après avoir été témoin de l’impitoyable bombardement américain sur les villes et les villages nord-coréens.

Une vue générale montre le bâtiment du MI6 à Londres, le jeudi 5 mars 2015.
© AP PHOTO / MATT DUNHAM
Une vue générale montre le bâtiment du MI6 à Londres, le jeudi 5 mars 2015.

Selon l’officier, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il était encore officier des renseignements britanniques, il était «dans les premiers rangs des ennemis de la Russie», si ce pays est devenu sa patrie. Il se souvient du «vrai visage» de l’horrible guerre de Corée, des corps de civils de ce pays qui souffrait depuis longtemps et qui avaient été tués par la «machine militaire américaine».

« C’est alors que je me suis rendu compte que de tels conflits entraînaient des dangers mortels pour toute l’humanité et j’ai pris la décision la plus importante de ma vie – de coopérer volontairement et gratuitement avec les services soviétiques pour protéger la paix dans le monde ».

En tant qu’agent double, le légendaire militaire a également travaillé à Berlin, où il a transmis à l’Union soviétique certains des secrets britanniques les plus convoités, notamment un plan occidental visant à creuser un tunnel de Berlin-Ouest à l’est.

Il a été dénoncé  par un transfuge polonais en 1961 et a été emprisonné par un tribunal britannique pendant 42 ans. En 1966, cependant, il a pu s’échapper de la prison de Wormwood Scrubs à Londres et s’est enfui à Berlin par la France. À Berlin, il a voyagé d’ouest en est dans une boîte en bois attachée au train d’atterrissage d’une voiture. Il s’est retrouvé en Russie, où il vit depuis.

« 95 ans, c’est trop pour une seule personne et trop peu dans la vie de l’humanité … Les souvenirs de mon passé, qui m’interpellent à plusieurs reprises que je ne regrette pas du tout, me donnent la force de regarder vers l’avenir avec optimisme », a conclu George Blake.

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