L’aveuglement idéologique de la Gauche

L’aveuglement idéologique de la Gauche


 

Par Alban Dousset − 7 juillet 2017 − Source Youtube

Alban Dousset anime une chaine Youtube et est l’auteur de la série de vidéos sur ces Chroniques d’un éveil citoyen dont on a partagé quelques épisodes. Il revient avec une analyse de la gauche radicale dont l’aveuglement idéologique l’amène à soutenir ceux la même qu’ils prétendent combattre.

 

http://lesakerfrancophone.fr/laveuglement-ideologique-de-la-gauche

 

 

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Nouvelles d’Eurasie

Nouvelles d’Eurasie

8 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Chine, #Sous-continent indien, #Russie, #Amérique latine, #Economie, #Extrême-Orient

Alors que l’empire maritime unilatéral US perd toujours plus la main, même s’il réussit encore parfois quelques « coups », la multipolarité eurasienne continue son inexorable ascension, bien que celle-ci ne soit pas exempte d’accrocs. Le Grand jeu dans toute sa splendeur…

Réconciliation dans l’Himalaya

Si le Bhoutan et son fameux BNB (Bonheur national brut) est connu pour sa douceur de vivre à l’écart du développement frénétique de la planète, les derniers mois avaient cependant été marqués par de très fortes tensions dans la zone.

Enclavé entre les géants chinois et indien, le petit royaume himalayen s’est en effet retrouvé au beau milieu d’une querelle qui a fait les gros titres, parfois exagérés, y compris chez Zero Hedge ou RT (de l’importance de ne pas suivre aveuglément les médias, même les meilleurs…)

Retour sur l’affaire :

New Delhi a dénoncé vendredi comme une atteinte à sa « sécurité » la construction d’une route militaire chinoise sur un plateau montagneux stratégique au centre de tensions entre l’Inde, la Chine et le Bhoutan depuis plusieurs jours.

New Delhi « a signifié au gouvernement chinois qu’une telle construction représenterait un changement significatif du statut quo avec de sérieuses implications pour la sécurité de l’Inde », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Située sur le flanc ouest du Bhoutan et à l’est de l’État indien du Sikkim, la vallée tibétaine de Chumbi fait la jonction entre les territoires indien, chinois et bhoutanais. Si cette vallée est reconnue comme appartenant à la Chine, le plateau montagneux de Doklam dans sa partie sud-est fait cependant l’objet d’un contentieux entre Thimphou et Pékin.

Le Bhoutan soutient que la question de la souveraineté sur cette zone doit encore être réglée. La Chine, cependant, assure que le Doklam – qu’elle appelle Donglang – fait partie de son territoire et qu’elle a tout droit d’y effectuer des travaux.

« Le 16 juin, une équipe de construction de l’APL (armée populaire de libération, nom de l’armée chinoise, ndlr) a pénétré dans la zone de Doklam et essayé de construire une route », indique New Delhi, qui agit comme le parrain du Bhoutan sur la scène internationale.

La vallée de Chumbi est d’autant plus sensible pour l’Inde qu’elle n’est située qu’à quelques dizaines de kilomètres du corridor de Siliguri, une étroite bande de terre surnommée « cou de poulet » qui est la seule jonction territoriale pour New Delhi entre les plaines du nord et ses États du nord-est.

Le Bhoutan et la Chine n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles et dialoguent généralement via New Delhi. Mercredi, Thimphou a enjoint la Chine d’interrompre ce chantier, dénonçant une « violation d’accord ».

Pékin a levé la voix cette semaine sur ce dossier. Il a dénoncé mardi une « incursion » de militaires indiens sur son territoire pour essayer de stopper le chantier de la route.

En coordination avec les autorités bhoutanaises, « du personnel indien, présent dans la zone générale (du col) de Doka La, a approché les équipes du chantier pour les enjoindre » à cesser les travaux, a déclaré vendredi New Delhi.

Ce corridor de Siliguri, coincé entre le Népal et le Bangladesh, et faisant la jonction avec les territoires isolés du nord-est, est effectivement un point hautement stratégique pour New Delhi. Pour l’anecdote, non loin se trouvent les célèbres champs de thé de Darjeeling ainsi que le Kanchenjunga, troisième sommet du monde.

A l’incursion indienne ont logiquement succédé les menaces chinoises, puis un statu quo de quelques semaines dans les brumes himalayennes, Pékin et surtout Delhi tentant de trouver une solution afin de réduire les tensions tout en ménageant la face de chacun.

Il est vrai que la position indienne est assez inconfortable et en partie responsable de la crise. L’Inde a tendance à se considérer, en exagérant parfois son rôle, comme la tutrice du Bhoutan et s’est trouvée embringuée dans la querelle territoriale sino-bhoutanaise. Or cette dispute est susceptible d’ouvrir la boîte de Pandore et de remettre en cause la convention anglo-chinoise de 1890 qui a peu ou prou délimité les frontières entre les deux géants asiatiques.

De plus, cela créé un précédent : l’Inde intervient ici en tant que troisième acteur (à la requête  réelle ou supposée du Bhoutan). Pourtant, c’est exactement ce que New Delhi refuse concernant le Cachemire alors que le Pakistan réclame à cors et à cris l’internationalisation du dossier depuis des décennies.

Ainsi, malgré les poussées de fièvre nationaliste en Inde, le gouvernement Modi a vite compris que la poursuite de la crise n’était pas dans l’intérêt du pays et a retiré ses troupes. Chose intéressante, la spectaculaire réconciliation fin août a eu lieu dans l’optique du sommet des BRICS à Xiamen du 3 au 5 septembre.

La conclusion de l’affaire est double. Premièrement, l’on a souvent tendance à voir le Grand jeu comme un affrontement de grands blocs, mais il ne faut jamais oublier que les antagonismes et particularismes locaux peuvent avoir une réelle incidence. La meilleure illustration vient du « mouchoir de poche » du Doklam, petit plateau inconnu au fin fond de nulle part mais qui, on vient de le voir, aurait pu avoir de très sérieuses conséquences à l’échelle du continent-monde.

Quant aux structures multipolaires – les BRICS en l’occurrence – elles font une nouvelle fois la preuve qu’elles sont bien autre chose qu’une coquille vide. Aucune surprise pour le fidèle lecteur, nous l’annoncions avant le début de la crise du Doklam :

Poutine est à Astana pour un importantissime sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui verra l’entrée officielle de l’Inde et du Pakistan dans la confrérie eurasiatique, décidée il y a deux ans et ayant pris un peu de retard. 

Le parallèle est frappant. Tandis que les institutions de l’empire américain sont en train de se fissurer (Union européenne # Brexit ; OTAN # Turquie) ou d’exploser (CCG # Qatar), la multipolarité eurasienne continue d’intégrer et de grandir. Tss tss Mackinder…

Certes, l’entrée du couple infernal indo-pakistanais importera son lot de frictions – dispute du Cachemire, méfiance de l’Inde vis-à-vis de la Chine et de ses routes de la Soie (rappelons que Modi a refusé de participer au sommet organisé le mois dernier par Pékin) – et la presse russe ne cache d’ailleurs pas certaines craintes. Mais cette plateforme unique de consensus à l’échelle du continent-monde qu’est l’OCS finira par créer, sous la pression du binôme russo-chinois, le dialogue nécessaire entre les frères ennemis.

Vladimirovitch ne disait pas autre chose dans un article écrit juste avant le sommet :

« Les activités de notre groupe sont fondées sur les principes d’égalité, de respect et de consensus. Au sein des BRICS, rien n’est jamais imposé à personne. Quand les approches de ses membres diffèrent, nous travaillons patiemment et calmement afin de les faire coïncider. Cette atmosphère ouverte et basée sur la confiance est le gage de notre réussite. »

BRICS pas à brac

Ce sommet de Xiamen justement, qu’en est-il ressorti ? Une foultitude de choses et ce n’est sans doute pas un hasard si la MSN occidentale commence à s’y intéresser un peu plus sérieusement que par le passé…

L’un des accents a été mis sur la lutte contre le terrorisme et, pour la première fois, des groupes djihadistes pakistanais (Lashkar e-Taiba et Jaish e-Mohammed) ont été nommés, pour le plus grand plaisir de New Delhi. Pékin s’est même cru obligé ensuite de rassurer le Pakistan sur ses intentions.

Plusieurs contrats ou memorandums de coopération ont été signés et d’importantes rencontres bilatérales ont eu lieu (Poutine-Xi, Xi-Modi, Temer-Modi, Modi-Poutine…) A ce propos, notons l’intéressant tango du président brésilien, Temer l’Usurpateur comme certain l’appellent, peu ou prou mis en place par un coup d’Etat juridico-institutionnel américain il y a un an. Le système impérial doit rire jaune en voyant son « protégé » s’émanciper dangereusement, inviter à la Chine à investir dans les privatisations et proposer de créer une plateforme de renseignement purement BRICS contre le terrorisme ainsi qu’une agence de notation.

On en avait déjà vu les prémices quand, en juin, Brasilia et Moscou ont annoncé une plus ample coopération spatiale et que Temer s’était dit intéressé par l’installation du système russe Glonass, concurrent du GPS américain, au Brésil. Comme son voisin Macri en Argentine, Temer doit faire face au principe de réalité : l’avenir est au monde multipolaire et il serait suicidaire de s’en séparer.

D’ailleurs, celui-ici attire de plus en plus et le président mexicain Peña Nieto a participé comme invité au sommet. Bientôt le BRICSM ? Ca semble en tout cas être le souhait de Pékin : élargir la multipolarité et y associer un nombre grandissant de pays. Le projet BRICS Plus, introduit en mars dernier par le ministre chinois des Affaires étrangères, propose d’étendre le partenariat avec le Mexique, l’Egypte ou encore la Thaïlande.

Mais la bombe du sommet de Xiamen a une nouvelle fois été économique et financière, avec un mot d’ordre en filigrane : dé-do-lla-ri-sa-tion. Dans l’article cité plus haut, Vladimirovitch avait d’ailleurs annoncé la couleur, quoique de manière diplomatique. Dans une déclaration commune des cinq, on peut lire cette phrase qui n’a pas dû passer inaperçue à Washington :

« Nous nous sommes mis d’accord pour favoriser le développement des marchés des obligations en devises nationales des pays des BRICS, ainsi que pour créer un fonds d’obligations en devises nationales des BRICS. »

Autre idée évoquée, mais encore à l’état de projet : la création d’une crypto-monnaie BRICS, évidemment vue comme une alternative au dollar. Mais surtout, la triade pétrole-or-yuan se met en place, court-circuitant bientôt le pétrodollar. Russie-Chine d’abord (ça a déjà commencé), puis les BRICS, leurs partenaires, les Etats alliés (Iran) voire même d’anciens vassaux de l’empire ensuite retournés (Qatar). Le tsunami risque d’être inarrêtable et fatal au système impérial américain. On comprend que Bzrezinski ait préféré partir avant

Dans cet horizon fait de nuages noirs, une éclaircie tout de même pour Washington, offerte sur un plateau d’argent par l’allumé de Pyongyang.

Rien ne sert de Corée, il faut partir à point

Nous étions restés sur l’élection de Moon Jae-in en Corée du sud et la mauvaise nouvelle que cela représentait pour le Deep State néo-con :

Moon a envoyé les Américains valser sur la lune en suspendant le déploiement du THAAD. Concrètement, les deux batteries déjà débarquées resteront jusqu’à plus ample informé, mais celles qui étaient en attente d’installation attendront encore longtemps…

On imagine aisément le soulagement à Pékin, dont le nouveau président sud-coréen est assez proche, et à Moscou ; l’empire US vient de connaître un méchant revers dans sa tentative de contenir la partie orientale de l’Eurasie.

Car c’est de haute stratégie qu’il s’agit ici : Washington utilise habilement un conflit ancien et réel (crise coréenne : 1er niveau) pour placer ses pions sur l’échiquier (Grand jeu : 2nd niveau). Les batteries THAAD sur le territoire sud-coréen surveillent officiellement la Corée du nord et officieusement la Chine.

Nous avertissions cependant :

Dans ce contexte, l’élection de Moon risque de rebattre les cartes, dans des proportions qu’il est difficile de prévoir. Il est notoirement amical avec Pékin et, on l’a vu plus haut, très critique vis-à-vis de l’installation du bouclier US. Rééquilibrage des alliances, soumission à la pression américaine, ni-ni visant à plaire à tout le monde… tout est possible. Sans compter les coups d’éclat de Kim III qui ne manqueront pas d’advenir.

C’est advenu ! L’indécrottable Nord-coréen a procédé à ses essais nucléaires et provocations diverses, forçant la Corée du sud à finalement accepter le THAAD sur son territoire malgré les houleuses protestations : « une décision difficile mais inévitable » selon Séoul.

Kim III ou l’idiot utile de l’empire…

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

Birmanie: les rebelles rohingyas proclament un cessez-le-feu d’un mois

Birmanie: les rebelles rohingyas proclament un cessez-le-feu d’un mois

Un camp de réfugiés rohingyas à Ukhiya, au Bangladesh, le 9 septembre 2017 / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

Les rebelles rohingyas qui avaient attaqué fin août des postes de police dans l’Etat Rakhine, en Birmanie, déclenchant une campagne de répression de l’armée et l’exode de près 300.000 membres de cette minorité musulmane, ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d’un mois.

« L’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) déclare l’arrêt temporaire de ses opérations militaires offensives », a déclaré le groupe rebelle dans un communiqué sur Twitter.

L’ARSA, plus connu localement sous le nom Harakah al-Yaqin (« Mouvement de la foi » en arabe), ajoute vouloir ainsi favoriser l’arrivée de l’aide humanitaire.

Les rebelles avaient coordonné des attaques contre plusieurs dizaines de poste-frontières birmans depuis le 25 août, équipés de simples machettes et couteaux.

Le groupe dit avoir pris les armes pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya.

Depuis des décennies, cette minorité, qui compte environ un million de personnes, est victime de discriminations en Birmanie, pays à majorité bouddhiste.

Pour fuir l’opération de l’armée birmane, les centaines de villages du nord de l’Etat Rakhine se sont vidés de leurs habitants.

La plupart arrivent au Bangladesh à pied ou en bateaux après des jours de marche sous la pluie. Les deux pays ont une frontière longue de 278 kilomètres, et un quart de celle-ci est constituée par la rivière Naf.

Après un long périple sous la pluie sans vivres, les nouveaux arrivés sont souvent malades, affamés et très affaiblis, racontent les ONG. Certains arrivent également avec des blessures par balles.

Et au bout du chemin, ils trouvent des camps déjà saturés et doivent souvent défrichés pour se trouver un abri.

Au total, on estime qu’entre les violences d’octobre qui avaient poussées 87.000 personnes à fuir et les troubles actuels, près du tiers des Rohingyas de Birmanie (estimés à un million) sont désormais au Bangladesh.

La Birmanie a annoncé samedi qu’elle allait mettre en place des camps pour accueillir les musulmans rohingyas déplacés, une première, après un nouvel appel de l’ONU, qui a enjoint vendredi la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à « se mobiliser ».

Environ 27.000 bouddhistes et hindous ont également fui leurs villages et ont trouvé refuge dans les monastères et les écoles dans le sud de la région.

(©AFP / 10 septembre 2017 07h24)

 

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Birmanie-les-rebelles-rohingyas-proclament-un-cessez-le-feu-d-un-mois/831268.rom

La Corée du Nord dans le grand jeu nucléaire

La Corée du Nord dans le grand jeu nucléaire

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

 

 

Pour Manlio Dinucci, la crise nord-coréenne nous fait perdre de vue le fond du problème : ce n’est pas que Pyongyang ait la bombe atomique, mais que les grandes puissances en aient d’invraisemblables stocks, que 35 autres Etats soient sur le point de l’acquérir, et que face à la stratégie US, ceux qui la détiennent sont mieux protégés que les autres.

| Rome (Italie)

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Docteur Folamour

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur les tests nucléaires et de missiles nord-coréens, laissent dans l’ombre le cadre général dans lequel ils s’insèrent : celui d’une croissante course aux armements qui, tandis qu’elle conserve un arsenal nucléaire en mesure d’effacer l’espèce humaine de la Terre, mise sur des têtes et vecteurs high tech de plus en plus sophistiqués.

La Fédération des scientifiques américains (Fas) estime, en 2017, que la Corée du Nord a « du matériel fissible pour produire potentiellement 10-20 têtes nucléaires, mais il n’y a pas de preuves disponibles qu’elle ait rendu opérationnelles des têtes nucléaires transportables par des missiles balistiques ». Toujours selon la Fas, les USA possèdent 6 800 têtes nucléaires, dont 1 650 stratégiques et 150 non-stratégiques prêtes à tout moment à être lancées. En comptant les françaises et les britanniques (respectivement 300 et 215), les forces nucléaires de l’Otan disposent de 7 315 têtes nucléaires, dont 2 200 prêtes au lancement, face aux 7 000 russes dont 1 950 prêtes au lancement. Selon les estimations de la Fas, environ 550 têtes nucléaires états-uniennes, françaises et britanniques, prêtes au lancement, sont déployées en Europe à proximité du territoire russe. C’est comme si la Russie avait installé au Mexique des centaines de têtes nucléaires pointées sur les États-Unis.

En ajoutant les chinoises (270), pakistanaises (120-130), indiennes (110-120) et israéliennes (80), le nombre total des têtes nucléaires est estimé à environ 15 000. Ce estimations sont approximatives, presque certainement par défaut. Et la course aux armements nucléaires se poursuit avec la modernisation continue des têtes et des vecteurs nucléaires.

En tête se trouvent les États-Unis, qui effectuent de continuels tests des missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III et se préparent à les remplacer par de nouveaux missiles (coût estimé à 85 milliards de dollars). Le Congrès a approuvé en 2015 un plan (coût estimé à environ 1 000 milliards) pour potentialiser les forces nucléaires avec 12 sous-marins d’attaque de plus (7 milliards pièce), armé chacun de 20 têtes nucléaires. Entre dans le même cadre le remplacement des bombes nucléaires USA B61, présentes en Italie et dans d’autres pays européens, par les nouvelles B61-12, armes de première frappe. La potentialisation des forces nucléaires comprend aussi le prétendu « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui installé par les USA en Europe contre la Russie et en Corée du Sud, non pas contre la Corée du Nord mais en réalité contre la Chine.

Russie et Chine sont en train d’accélérer la modernisation de leurs forces nucléaires, pour ne pas de faire distancer. En 2018, la Russie déploiera un nouveau missile balistique intercontinental, le Sarmat, avec une portée allant jusqu’à 18 000 km, capable de transporter 10 à 15 têtes nucléaires qui, en rentrant dans l’atmosphère à une vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Dans une telle situation, où un cercle restreint d’États conserve l’oligopole des armes nucléaires, où celui qui les possède menace celui qui ne les a pas, il est de plus en plus probable que d’autres cherchent à se les procurer et y arrivent. En plus des neuf pays qui possèdent déjà des armes nucléaires, il y en environ 35 autres en mesure de les construire.

Tout cela est ignoré par les journaux papier et télévisés, alors qu’ils lancent l’alarme sur la Corée du Nord, dénoncée comme unique source de menace nucléaire. On ignore aussi la leçon qu’à Pyongyang on dit avoir appris : Kadhafi —rappellent-ils— avait renoncé totalement à tout programme nucléaire et autorisé des inspections de la Cia en territoire libyen. Cela pourtant ne sauva pas la Libye quand les USA et l’Otan décidèrent de la détruire. S’il avait eu des armes nucléaires, pense-t-on à Pyongyang, personne, n’aurait eu le courage de l’attaquer. Ce raisonnement peut être fait aussi par d’autres : dans la situation mondiale actuelle il vaut mieux avoir les armes nucléaires que ne pas les avoir.

Pendant que sur la base de cette logique dangereuse la probabilité de prolifération nucléaire augmente, le Traité sur la prohibition des armes nucléaires, adopté à une grande majorité par les Nations Unies en juillet dernier, est ignoré par toutes les puissances nucléaires, par les membres de l’Otan (Italie comprise) et par ses principaux partenaires (Arabie saoudite, Ukraine, Japon, Australie). Une large mobilisation est fondamentale pour imposer que notre pays aussi adhère au Traité sur la prohibition des armes nucléaires et donc évacue de son territoire les bombes nucléaires US, dont la présence viole l’autre Traité, celui de non-prolifération, déjà ratifié par l’Italie. Si la conscience politique fait défaut, l’instinct de survie au moins devrait se déclencher.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

http://www.voltairenet.org/article197746.html

Revue de presse du 10/09/2017

10
Sep
2017

 

 

CRISE BANCAIRE

Manipulation des taux d’intérêt : la Société générale à l’amende

« « Manipuler frauduleusement le Libor et tromper le marché financier pour influer sur les transactions financières mondiales a des conséquences d’une grande portée et de telles activités criminelles ne seront pas tolérées. » Le ton d’Andrew Vale, du FBI, était ferme le 24 août dernier pour condamner les pratiques de deux cadres de la Société générale ayant sciemment manipulé le Libor, le principal taux d’intérêt qui sert à déterminer les taux d’emprunt des entreprises, des particuliers et des financiers, un peu partout dans le monde. La banque française rejoint ainsi la liste d’une quinzaine de grands établissements pris la main dans le sac d’une telle pratique. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

DÉMOCRATIE

Venezuela : comment NE PAS donner une information

« Le 30 Juillet s’est produit un évènement politique d’une portée historique considérable : un peuple internationalement assailli à l’extérieur et soumis à la violence paramilitaire à l’intérieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingérence internationale et des aspirations des élites locales à reprendre le pouvoir. »

Source : LE GRAND SOIR

ENVIRONNEMENT

2016, année noire pour le climat et réchauffement à un niveau record

« Le dernier rapport annuel sur «l’État du climat» dresse un portrait des plus sombres de notre planète après deux années consécutives où la température globale était au plus haut depuis le début des relevés de températures en 1880. »

Source : Le Figaro

EUROPE

Pourquoi l’Europe ferait bien de prendre Silvio Berlusconi au sérieux quand il menace la survie de l’euro

« Dans une interview donnée au journal « Libero Quotidiano », Silvio Berlusconi a avancé l’idée de la création d’une monnaie parallèle afin que l’Italie puisse « retrouver sa souveraineté monétaire ». Alors que le parti de l’ancien Président du conseil, Forza Italia, tend à se rapprocher de la Ligue Du Nord de Matteo Salvini, dans quelle mesure une telle proposition pourrait-elle marquer une nouvelle étape dans ce processus de renouvellement de leur alliance ? Quelles seraient les chances de voir une coalition de droite emporter les élections générales de 2018 ? »

Source : Atlantico

Notes de frais : révélations sur les jets privés de la Commission

« La Commission européenne a été contrainte de publier une partie des notes de frais engagés pour ses déplacements en 2016. La lumière ainsi faite sur des sommes astronomiques est gênante pour la Commission, et la presse britannique anti-UE n’en fait qu’une bouchée. »

Source : Courrier International

Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens

« Le Brexit « est une décision stupide ». L’auteur de cette toute récente amabilité se nomme Martin Selmayr. Très peu connu du grand public, cet Allemand n’est autre que le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Dans les cercles bruxellois bien informés, on lui prête une influence aussi discrète qu’étendue au sein des institutions européennes. Sa petite phrase du 4 septembre n’est donc pas passée tout à fait inaperçue. L’homme de l’ombre a cependant admis : « je suis un réaliste ; le Brexit aura bel et bien lieu en mars 2019 ». »

Source : RUPTURES

FRANCE

Loi travail : quel impact réel sur l’emploi et le chômage ?

« La future loi travail est-elle cette révolution copernicienne qui va changer la donne sur le marché du travail français ? S’il faut retenir une chose décisive dans cette loi, c’est la possibilité offerte aux petites entreprises de nouer des accords simplement. La possibilité qui leur est offerte de procéder par vote majoritaire, à l’initiative de l’employeur, avec ou sans représentation syndicale ou représentant mandaté, ouvre de grandes potentialités d’aménagement du droit sur mesure. »

Source : XERFI CANAL

Code du travail : le crépuscule du « En même temps. »

« Les ordonnances sur la loi Travail signent la fin de la posture d’équilibre qu’avait voulu incarner Macron durant la campagne. Avant même qu’elle ne soit dévoilée ce jeudi par le gouvernement, on avait déjà dit tout et son contraire sur la loi Travail. Aux yeux des macronistes, ce devait être la «mère de toutes les réformes», vouée à déverrouiller une société bloquée, et adapter enfin un Code du Travail vermoulu aux exigences de la société numérique. Pour les Mélenchonistes et la CGT, au contraire, la loi Travail allait organiser la «casse du Code du travail», la fin des droits sociaux, etc… »

Source : BASCULEMENT (Blog de Benjamin Masse-Stamberger)

Alternatives Economiques lance son contre-indicateur du chômage

« Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, va rendre publique le 5 septembre une nouvelle présentation des chiffres du chômage. A Alternatives Economiques, nous nous sommes dit que c’était l’occasion de concrétiser un vieux projet : créer et publier régulièrement notre propre indicateur alternatif, avec l’ambition de représenter la situation du marché du travail en France de manière plus pertinente que les indicateurs officiels. C’est chose faite : il s’agit du « taux de non-emploi en équivalent temps plein », qui se situe actuellement à 27,5 %. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

GÉOPOLITIQUE

Le Pentagone rejette l’appel de l’ONU à une pause dans le siège de Raqqa

« Le Pentagone a rejeté un appel urgent des responsables des Nations Unies à une pause humanitaire dans le siège de Raqqa, dirigé par les États-Unis, pour permettre à 25 000 civils piégés dans la ville syrienne aux mains du groupe État islamique (ÉI) d’échapper à l’aggravation de l’effusion de sang. Dans le Middle East Eye, le directeur des relations publiques pour l’état-major de l’opération Inherent Resolve (le nom donné par le Pentagone à l’offensive militaire américaine en Irak et en Syrie), le colonel Joe Scrocca, a déclaré : « Ralentir ne fait que retarder la libération et en fin de compte coûte la vie à plus de civils […] Le seul moyen de sauver les gens est de les libérer de l’ÉI. Plus cela prendra de temps, plus les gens souffriront sous l’ÉI. » »

Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

Un million d’enfants sur le point de mourir du choléra. Qui va bouger le petit doigt ?

« Depuis 2015, l’Arabie saoudite bombarde le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. L’objectif avancé de Ryad est de mâter la rébellion houthiste, perçue comme une percée de l’influence iranienne. D’après l’UNICEF, un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen. Pour Vijay Prashad, ces morts ne sont pas des tragédies, ce sont des crimes dont l’Occident est complice. »

Source : INVESTIG’ACTION

INEGALITES

« Un vrai recul pour les personnes exposées »

« Le compte pénibilité a-t-il été vidé de sa substance ? L’avis d’Arnaud de Broc, secrétaire général de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés. Malgré le changement de nom – en « compte professionnel de prévention » –, la prévention disparaît totalement avec cette réforme. Faire financer les effets de la pénibilité par la branche accidents du travail et maladies professionnelles dilue la responsabilité des entreprises. »

Source : La Croix

MARCHÉS FINANCIERS

Alarme rouge sur AREVA

« Suspension des cotations un 15 août… attachez vos ceintures, ça va tanguer, contribuables, préparez vos portes-monnaie pour deux excellentes raison puisque c’est l’Etat qui détient plus de 97% du capital d’AREVA en état de faillite; le reste à été fourgué à EDF, qui pourra en plus des contribuables, également ponctionner les abonnés… »

Source : Blog de Mediapart

MATIÈRES PREMIÈRES

Arctique : un méthanier franchit sans assistance le passage du Nord-Est

« Le « Christophe de Margerie », un méthanier de 300 m de long transportant 172 600 m3 de gaz naturel liquéfié (GNL), vient de franchir sans escorte et sans encombre le passage du Nord-Est dans l’océan Arctique. Parti fin juillet de l’usine de liquéfaction de Snovhit (Norvège), il s’est rendu dans le port de Boryeong (Corée du Sud). Ce raccourci maritime, rendu possible par le réchauffement climatique, permet de rejoindre en 15 jours l’Asie par le détroit de Béring et de gagner 15 jours par rapport à la voie classique passant par le canal de Suez. Ce transport est opéré par le groupe public russe de transport maritime Sovcomflot pour le compte de Total et de trois autres compagnies (Novatek (Russie), CNPC (Chine) et Silk Road Fund (fond sous contrôle étatique chinois)). Selon Total, ce méthanier, ainsi que 15 futurs autres, transporteront le GNL produit sur la péninsule russe de Yamal (site d’un projet d’usine de liquéfaction) vers l’Europe toute l’année et vers l’Asie sans escorte de brise-glace entre mai et novembre. La Russie mise beaucoup sur le développement du trafic maritime par le passage du Nord-Est, qui à la différence de la voie maritime slalomant à travers le nord désertique du Canada, est ponctué de ports et de bases militaires pouvant secourir les navires en détresse. »

Source : Connaissance des énergies

Schiste d’Argentine : les majors attirées par larges potentiels et subventions

« L’Argentine devient une contrée largement convoitée par les majors pétrolières internationales pour ses ressources en pétrole et gaz de schiste. Les compagnies Statoil (Norvège) et YPF (Argentine) viennent ainsi de signer un accord en vue d’explorer ensemble un gisement de gaz et pétrole de schiste en Patagonie argentine. »

Source : LE BLOG FINANCE

RÉFLEXION

Pierre Madelin : « L’écologie politique s’affirme comme une réflexion critique de la modernité »

« Philosophe de formation, traducteur, Pierre Madelin vit depuis 2012 dans l’État mexicain du Chiapas, où le mouvement zapatiste est actif depuis 1994. Celui qui a intégré la rédaction du Comptoir depuis quelques mois est également l’auteur d’un brillant essai, « Après le capitalisme : Essai d’écologie politique », publié chez Écosociété. Dans cet ouvrage, salué par nos camarades de « La Décroissance » en mai dernier, Pierre Madelin analyse le capitalisme, ses effets néfastes sur l’environnement et tente de tracer une voie de sortie décroissante, radicale et libertaire. Un essai que devraient se procurer tous ceux qui s’intéressent sincèrement à l’écologie politique, mais dont ne parleront jamais les grands médias, trop occupés à promouvoir le “capitalisme vert”, le “développement durable” et autres bêtises néolibérales. Nous avons décidé de réparer partiellement cette injustice avec un entretien-fleuve sur son dernier livre. »

Source : LE COMPTOIR

La démesure, l’ignorance systémique, et la destruction du monde naturel

« Une des choses qui m’ont toujours semblé choquante, comme si elle témoignait de l’impasse dans laquelle s’enlise la civilisation, c’est qu’au sein du panel excessivement diversifié de ses « programmes » éducatifs, la biologie (« Science de la vie, étude des êtres vivants ») ne soit qu’une option parmi tant d’autres. Bien sûr, elle incorpore les SVT (Sciences de la vie et de la Terre) dans son enseignement primaire et secondaire, mais il s’agit uniquement de rudiments assez sommaires, bien souvent anthropocentrés, témoignant de bien peu de respect du vivant (vivisection industrielle) et vite oubliés. Cette absence d’enseignement se double d’une absence d’expérience personnelle, puisque la relation du citadin — qui évolue dans un environnement entièrement artificiel — au monde naturel est extrêmement appauvrie, et détraquée (phénomène d’aliénation). »

Source : LE PARTAGE

SOCIETÉ

Les chiffres de l’enquête sur les tarifs du bio en supermarché

« UFC Que Choisir conclut à travers une enquête portant sur 1 541 points de vente que le prix d’une consommation annuelle en fruits et légumes bio revient pour un ménage français en moyenne à 660 euros, contre 368 euros pour le conventionnel. Cette différence ne s’expliquerait pas seulement par les coûts de production plus élevés du biologique, les marges réalisées sur le bio par les grandes surfaces sont pointées du doigt. »

Source : Sciences et Avenir

Elon Musk met en garde contre les « robots tueurs »

« Elon Musk et d’autres dirigeants d’entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle ont écrit une lettre ouverte aux Nations unies pour mettre en garde contre les dangers des armes autonomes, surnommées «  robots tueurs  ». Les «  armes offensives [destinées à tuer, NDLR] autonomes […] permettront des conflits armés à une échelle jamais vue auparavant et à des vitesses difficiles à concevoir pour les humains  », peut-on lire dans cette lettre ouverte à la Convention des Nations unies sur les armes. Parmi les signataires figurent Elon Musk, patron du constructeur de voitures électriques et partiellement autonomes Tesla, et de l’entreprise spatiale SpaceX, ou encore Mustafa Suleyman, de la société britannique DeepMind, détenue par Google et spécialisée dans l’intelligence artificielle. »

Source : Le Point

ÉTATS-UNIS

La crise sur les opioïdes est bien plus grave qu’on ne le pense

« Aux Etats-Unis, l’épidémie d’opioïdes tue maintenant plus de 100 personnes chaque jour, et cela créé une crise de santé publique qui impacte sévèrement les moyens de l’état et des collectivités – obligeant même un coroner de Pennsylvanie à augmenter sa capacité en chambres froides pour pouvoir faire face à l’afflux de tous les corps. Et selon une étude publiée récemment, l’épidémie tuerait probablement plus d’Américains qu’on ne le pense. L’étude, publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, laisse entendre que certains états ont peut-être sous-estimés le taux de décès liés aux opioïdes et à l’héroïne, ce qui fausse de plus de 20% le nombre de décès au niveau national. »

Source : ZEROHEDGE VIA BUSINESS BOURSE

 

http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-10092017/

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Revue de presse nationale et internationale.

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