Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

RECHERCHESur les lieux de l'explosion d'un terroriste-kamikaze au Niger, archives

Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

© AFP 2019 BOUREIMA HAMAAFRIQUE15:38 15.01.2020(mis à jour 15:39 15.01.2020)URL courtePar Christine H. Gueye444S’abonner

Cheville ouvrière de la politique africaine d’Emmanuel Macron, s’appuyant sur l’implication des diasporas, Sira Sylla, députée LREM, estime que le sommet de Pau représente un tournant au Sahel. Invitée de Sputnik France, elle revient sur le Sommet G5 Sahel, le rôle de la France et de la Russie dans la région et sur son action pour la Francophonie.

«Ce sommet [à Pau, ndlr] a constitué un temps fort, puisque les États du G5 Sahel ont réaffirmé la nécessité de la force Barkhane. On peut aussi saluer la création de la Coalition Sahel qui va s’organiser autour de quatre piliers», s’est félicitée la députée LREM, Sira Sylla, au micro de Sputnik France.

Lors d’un entretien dans nos locaux le mardi 14 janvier, la parlementaire En Marche de la 4e circonscription de Seine Maritime a détaillé ces quatre piliers, avant d’expliquer son action avec les diasporas et dans le cadre de la Francophonie.

«La lutte contre le terrorisme, la formation des militaires sur place –donc le renforcement des capacités militaires–, la nécessité d’un retour de la présence de l’État –puisqu’il n’y en a plus– et le développement. Les États du G5 Sahel et la France ont réussi à s’unir sur ces quatre piliers et cela, c’est un signe encourageant.»

Réagissant aux décisions annoncées lors du sommet des chefs d’État du G5 Sahel, réunis à Pau le 13 janvier à la demande du président Emmanuel Macron, Sira Sylla, qui est d’origine sénégalaise, mais née à Rouen, s’est félicitée de la «remobilisation» des Etats du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) autour de la France sur ces quatre piliers.

Initialement prévu le 16 décembre pour «clarifier» la volonté des États sahéliens d’accueillir des troupes françaises chez eux, après les discours anti-français qui se sont fait entendre, notamment au Mali, ce sommet avait été reporté. Depuis l’attaque d’Inatès, au Niger, le 10 décembre, ayant causé la mort de 71 militaires nigériens, de nouveaux assauts des djihadistes se sont produits, provoquant à nouveau de nombreuses victimes dans la zone sensible, dite des trois frontières.

«Concernant le sentiment anti-français, c’est vrai [qu’il existe, ndlr], mais je préfère, pour ma part, répondre par la pédagogie. Il faut expliquer sur place ce que fait Barkhane, ce que font les différentes forces internationales. Il faut aussi que les Etats et les élus, là-bas, s’engagent sur le terrain [pour dire à quoi sert Barkhane, ndlr]. On ne peut pas laisser les pays du G5 Sahel dans une telle situation. Car si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi», a déclaré Sira Sylla au micro de Sputnik France.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron

© REUTERS / ERIC FEFERBERGMarine Le Pen soutient Macron sur ce pointCertains médias français répètent à l’envi que la Russie serait derrière les demandes de départ des troupes françaises du Mali. Moscou attiserait donc le sentiment anti-français grandissant au Sahel, parce qu’il viserait à prendre la place de Paris dans la région. Des allégations qui laissent Sira Sylla sceptique.

«Je ne prends pas pour argent comptant ce que les médias racontent sur les Russes. Je constate par rapport à ce que je vois et par rapport à ce que disent des ONG sérieuses qui se rendent souvent sur le terrain. On ne peut pas tout mettre sur le dos des Russes. Il vaut mieux être concret, aller sur le terrain et que tous les États avancent ensemble. Or, la Coalition Sahel, ça, c’est du concret», répond Sira Sylla sans détour.

S’unir pour contrer les djihadistes

Dans un communiqué publié lundi 13 janvier soir par l’Élysée à l’issue de la conférence de presse donnée par le Président de la République aux côtés de ses homologues du G5 Sahel, ceux-ci ont surtout insisté sur le besoin d’une «plus grande coordination dans la mise en œuvre des initiatives en cours au Sahel» et d’un «engagement international renforcé» afin de combattre plus efficacement les groupes armés terroristes actifs dans cette zone.

Sira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

© PHOTO. ASSEMBLÉENATIONALEFRANÇAISESira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

«À cette fin, un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel appelé Coalition pour le Sahel, rassemblant les pays du G5 Sahel et la France à travers l’opération Barkhane et ses autres formes d’engagements, les partenaires déjà engagés ainsi que tous les pays et organisations qui voudront y contribuer, est organisé autour de quatre piliers», précise le communiqué de l’Élysée.

Mali, opération Barkhane

© PHOTO. DAPHNE BENOITSahel: Macron annonce l’envoi de 220 soldats supplémentaires pour renforcer la force BarkhaneSur la base des décisions qui ont été arrêtées à Pau, c’est dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger) que les efforts vont désormais se concentrer «sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l’EIGS*.»

De surcroît, toujours selon ce communiqué, le commandement conjoint de cette coalition accueillera «progressivement» l’ensemble des pays volontaires et partenaires, dont les contributions militaires rejoindront l’opération Barkhane, comme le futur groupement de forces spéciales européennes, baptisé «Task Force Takuba», s’inscrivant dans ce premier pilier, celui de la lutte antiterroriste.

Sortir des liens néocolonialistes

Revenant sur l’annonce récente à Abidjan (Côte d’Ivoire), où elle a accompagné Emmanuel Macron, de la fin du franc CFA en faveur de l’ECO, Sira Sylla s’est également réjouie que ce soit des États africains qui aient demandé de mettre un terme au franc CFA. «Nous ne pouvons que nous féliciter de ce que la France sorte des instances de décision», a-t-elle ajouté, se déclarant très fière d’avoir pu assister à ce moment «historique» empreint d’émotion.

Du coup, elle comprend mal les critiques dont le Président de la République continue de faire l’objet de la part de militants anti-CFA.

«Le handicap de la relation entre la France et l’Afrique, c’est que nous restons enlisés dans un passé post-colonialiste. Les Africains doivent prendre leur destin en main. Or, j’ai toujours l’impression qu’il y a un peu de schizophrénie. On voulait la fin du franc CFA. On l’a et c’est même annoncé. Mais on continue de pointer du doigt en direction d’Emmanuel Macron. Il n’est quand même pas tout seul dans cette affaire. Il y a bien une autre partie en face, qui est celle des chefs d’État africains de la zone franc», s’insurge la parlementaire LREM.

Même si elle ne nie pas que des questions «sensibles», comme l’augmentation subite des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, la Loi Asile et immigration ou la présence omnipotente de grands groupes français tels que Bolloré, voire Auchan, peuvent empoisonner la relation entre la France et l’Afrique, elle rejette catégoriquement les accusations d’hypocrisie à l’encontre de «son» Président.

Le plus important, pour elle, est de conserver intacte sa détermination à faire bouger les lignes en poursuivant son combat auprès des diasporas africaines, qu’elle veut de plus en plus impliquer dans la nouvelle politique africaine de la France et au sein de la Francophonie:

«C’est en tous cas le sens de mon engagement aux côtés d’Emmanuel Macron pour que les diasporas africaines s’impliquent davantage dans la co-construction de relations apaisées», confie Sira Sylla.

*L’État islamique au Grand Sahel (EIGS) est une organisation terroriste interdite en Russie

https://fr.sputniknews.com/afrique/202001151042908570-pour-la-deputee-lrem-sira-sylla-si-lafrique-sombre-dans-le-terrorisme-leurope-sombrera-aussi/

Le gouvernement russe présente sa démission pour faciliter la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine

Le gouvernement russe présente sa démission pour faciliter la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine

Franceinfo Il y a 42 minutes

Le président russe Vladimir Poutine a proposé une réforme constitutionnelle qui aboutirait, si elle était adoptée, à la désignation du Premier ministre par le Parlement. © Fournis par Franceinfo

Coup de tonnerre ? Non, coup de pouce. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a présenté au président Vladimir Poutine la démission de son gouvernement, mercredi 15 janvier. L’annonce, après un discours du chef de l’Etat annonçant vouloir réformer la Constitution, était inattendue. « Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission », a déclaré Dmitri Medvedev, cité par des agences de presse russes.

Plus tôt, lors de son allocution annuelle devant les membres du Parlement et les élites politiques, Vladimir Poutine a proposé d’organiser un référendum sur des réformes de la Constitution afin de renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il domine depuis vingt ans.

Un Parlement dominé par les forces pro-Poutine

La principale mesure vise à permettre au Parlement d’élire le Premier ministre que le président sera alors « obligé de nommer ». Actuellement, c’est la Douma (chambre basse du Parlement) qui confirme le choix du chef de l’Etat. Les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Les propositions de réformes visent aussi à renforcer les gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges d’avoir des permis de séjour à l’étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie. Le chef de l’Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

Sans apporter de précisions, Vladimir Poutine a évoqué de manière très vague la question d’un changement constitutionnel qui limite le nombre des mandats présidentiels « à deux mandats successifs ». En l’état actuel de la législation, il n’a pas le droit de se représenter en 2024

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Où en est la Syrie ?

Où en est la Syrie ?

Edgar VAUQUELIN 7 janvier 2020 ActualitéActualités analyséesProche et Moyen-OrientSujets chaudsSyrieSyrie Leave a comment

En 2011, le régime d’Assad réprime dans le sang le soulèvement populaire syrien. L’opposition syrienne se militarise rapidement au sein de l’Armée syrienne libre, qui sera en grande partie évincée au profit de groupes islamistes. Plus de huit ans après le début de la guerre, le régime est parvenu à se maintenir, avec l’aide de ses alliés. De nouveaux enjeux émergent désormais, notamment le cas des dernières zones de résistance et le devenir politique de la Syrie.  

A l’été 2018, le régime mène l’offensive de Deraa, qui lui permet de reprendre le contrôle du sud du pays. Les zones qui échappent encore à son contrôle se situent au nord. La zone d’Al-Tanaf au Sud-Est abritant des positions américaines, le régime ne devrait pas y intervenir.

Les présidents iraniens, russe et turc, maîtres du jeu en Syrie.
Les président iranien, russe et turc, maîtres du jeu en Syrie.

La poche d’Idlib 

A la fin de l’été 2018, le régime affiche sa volonté de reprendre la poche rebelle située dans le gouvernorat d’Idlib. Mais en septembre, la Turquie et la Russie parviennent à trouver un accord pour une “zone démilitarisée” à Idlib. En effet, la Turquie souhaite éviter un nouvel afflux de réfugiés sur son sol. La Russie, alliée majeur d’Assad, met donc en suspens l’offensive loyaliste sur Idlib. En contrepartie, la Turquie s’engage à éliminer de la zone les groupes islamistes.

En janvier 2019, les djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche syrienne d’Al-Qaida, prennent cependant le contrôle de la province. Les alliés syriens de la Turquie dans la zone n’opposent pas une résistance farouche aux djihadistes. Le régime syrien trouve donc un prétexte idéal pour mener une nouvelle offensive, qu’il lance fin avril. Après avoir longtemps piétiné, les troupes du régime prennent en août dernier la ville stratégique de Khan Cheikhoun. Fin août, un nouvel accord russo-turc permet un cessez-le-feu. Ce cessez-le-feu très fragile a déjà connu des transgressions. Depuis un mois, les belligérants ont entamé un nouveau cycle d’affrontements. Le sort des habitants de la province dépend donc aujourd’hui des négociations entre Turquie et Russie.

Le Rojava

Le Rojava (“l’ouest” en kurde) est le territoire autonome proclamé par les Kurdes de Syrie au Nord-Est du pays. Ce territoire, où plus de la moitié de la population est kurde, représente environ le quart de la Syrie. Après avoir repris ce territoire aux djihadistes de Daech, les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) étaient parvenus à y créer un embryon d’Etat, doté d’une administration autonome. Les Kurdes constituent un peuple sans Etat, répartis entre Turquie, Syrie, Irak et Iran, où leurs droits sont souvent bafoués. Depuis 2016, la Turquie a mené trois opérations militaires en Syrie, afin de repousser les Kurdes de sa frontière. En effet, la Turquie fait face à une insurrection de sa propre minorité kurde. La création d’un territoire kurde autonome à sa frontière sud représente donc pour elle une menace.

En octobre dernier, la Turquie mène l’Opération Source de paix à l’Est de l’Euphrate. Cette offensive suscite la crainte d’une résurgence de Daech, notamment par l’évasion de prisonniers détenus par les Kurdes. Lâchés par leurs alliés occidentaux, les Kurdes trouvent un accord avec le régime de Damas. Ils considèrent ce dernier comme un moindre mal face à la Turquie. Cet accord permet à Bachar el-Assad et à la Russie de déployer des hommes dans des zones jusqu’alors maîtrisées par les FDS.

L’offensive turque a donc permis au régime d’avancer encore davantage dans la reconquête de son territoire. Elle prend fin sous la pression américaine, et grâce à un nouvel accord russo-turc sur le retrait partiel des combattants kurdes. L’existence d’une province kurde autonome semble de plus en plus compromise. Le Nord-Est syrien représente par ailleurs un enjeu stratégique important par ses ressources. Avant la guerre, la région fournissait 380 000 barils de pétrole brut par jour, soit le tiers de la production nationale.

Le Comité constitutionnel

En décembre 2015, la résolution 2254 des Nations unies prévoyait un plan de règlement du conflit en trois étapes : mise en place d’une nouvelle gouvernance, réforme constitutionnelle et tenue d’élections libres. Grâce aux succès militaires obtenus par le régime et ses alliés russes et iraniens, Moscou impose cependant de passer directement à la deuxième étape. Fin septembre, l’ONU annonce donc la création d’un Comité chargé d’amender la Constitution syrienne de 2012, ou d’en rédiger une nouvelle.

Ce Comité s’est réuni pour la première fois au siège des Nations unies à Genève, le 30 octobre. Il réunit 150 délégués : 50 pour le régime, 50 pour l’opposition et 50 pour la société civile. Les représentants de la société civile ont été choisis par l’ONU. Les décisions doivent être adoptées à 75% des voix, rendant les avancées difficiles. Le 20 novembre, Geir Pedersen, émissaire de l’ONU pour la Syrie, faisait part de sa frustration face à la difficulté à trouver des points de consensus entre les acteurs. La guerre en  Syrie, qui a déjà causé la mort de plus de 370 000 personnes, semble donc encore loin de pouvoir connaître une issue politique.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42545-ou-en-est-syrie

Sortir du brouillard sahélien

Sortir du brouillard sahélien

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09 janvier, 2020
Note

Leslie Varenne

Le 4 décembre dernier, lors du sommet de l’OTAN, Emmanuel Macron avait convoqué de manière très peu diplomatique ses homologues du G5 Sahel en les appelant à clarifier leurs positions sur la présence de la force Barkhane dans la Bande sahélo-saharienne, une présence fortement décriée par leurs opinions publiques. Après un report, des remous, des tensions et des conciliabules, le sommet aura donc bien lieu le 13 janvier à Pau, les cinq chefs d’Etat ayant fini par accepter de s’y rendre. Ironie de l’histoire, si au départ, dans l’esprit du président français, cette réunion devait obliger les présidents du G5 Sahel à apporter des « réponses claires et assumées » sur la présence de Barkhane, finalement, ce sera à la France de se livrer à un nécessaire exercice de clarification pour sortir de sa confusion stratégique (1). Toutes les parties devront également jouer cartes sur table pour essayer, autant que faire se peut, de sortir le Sahel de la zone rouge dans laquelle il se trouve. 

Financement du terrorisme

Le financement du terrorisme est bien évidemment la première question qui doit être mise sur le tapis de Pau, si celle-ci n’est pas traitée, toutes les autres seront nulles et non avenues. En novembre dernier, le ministre nigérien de la Défense, Issoufou Katembé a déclaré : « Nous savons d’où viennent les financements des groupes terroristes. Il faut que les Etats qui sont derrière ces financements arrêtent » (2). Cette injonction à cesser d’alimenter les djihadistes de la zone n’a pas porté ses fruits, bien au contraire. Selon des informations obtenues par l’IVERIS, un émir d’AQMI basé dans la zone ouest du Mali, qui vient de quitter son organisation pour intégrer l’Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS), recrute actuellement à tour de bras, en distribuant des sommes conséquentes, 500 000 CFA et une Kalachnikov à toute personne qui rejoint ses rangs. A tel point que cette organisation est en train de supplanter AQMI et s’installe durablement dans la zone dite des trois frontières, où la présence de djihadistes étrangers est de plus en plus visible. A terme, l’instauration d’un califat dans cette région est à redouter, même si pour des raisons tactiques il n’est pas proclamé officiellement.

Cette augmentation de la capacité de nuisance des groupes armés terroristes n’est possible que grâce aux moyens conséquents dont ils disposent. Or comment gagner une guerre lorsque des Etats, qui, au passage sont vos alliés, sponsorisent vos ennemis ? Cette question concerne la France mais également tous les pays du G5 Sahel qui acceptent des fonds de la part de pays qui, dans le même temps, alimentent les responsables des drames quotidiens que subissent les populations et causent des pertes considérables dans les rangs des armées nationales (3).

En outre, un des plus grands dangers qui guette le Sahel actuellement est la mise en place d’une économie de guerre, avec en prime le narcotrafic, qui profite aux terroristes comme à certaines élites de ces Etats ; ce qui, compte tenu des dividendes engrangés, pourrait « éterniser » le conflit.

 Clarification française

 L’opération Takouba

Pour sortir de sa solitude sahélienne, la France a tenté de sonner le rappel des troupes en Europe en créant une nouvelle force militaire, une unité de forces spéciales, baptisée Takouba, qui aurait dû être opérationnelle ce mois. Problème, peu d’Européens se sont montrés enthousiastes. Les Allemands ont refuséla Belgique a accepté de dépêcher trois militairesles Estoniens enverront, eux, une quinzaine de membres de leur force spéciale, mais pas avant le deuxième trimestre 2020Reste la République tchèque qui se propose de déployer soixante hommes prochainement…

Que va faire la France ? Renoncer à cette mauvaise idée d’un empilement de forces, (il en existe déjà six, Takouba serait la septième) ? Revoir sa politique d’un tout sécuritaire qui a montré ses limites puisque les résultats ne sont pas au rendez-vous et que les groupes terroristes ne cessent de prendre de l’ampleur, tant par le nombre de combattants que par les attaques de plus en plus sophistiquées et meurtrières ? Va-t-elle enfin se doter d’une vision stratégique et politique de long terme au lieu de réagir au coup par coup, en créant à chaque fois de nouveaux mécanismes inutiles, comme Takouba ou le P3S ?

Désengagement des Etats-Unis dans le Sahel ?

Fin décembre, le New York Times a annoncé une réduction importante des troupes américaines en Afrique, notamment dans le Sahel. Le Pentagone aurait demandé à l’Africom de proposer un plan de retrait des troupes au cours du mois de janvier. Cette information a été reprise par de nombreux médias et considérée comme un fait déjà établi. Mais, compte tenu du grand désordre qui règne à Washington et des divergences de vues entre la Maison Blanche, le Pentagone, le Département d’Etat et la CIA, rien n’est moins sûr. A cette heure, aucun signe de désengagement n’est visible sur le terrain. Par ailleurs, ce retrait paraît assez peu envisageable, d’une part pour des raisons géopolitiques, les USA laisseraient un espace vacant qui pourrait être avantageusement occupé par la Chine et/ou la Russie ; d’autre part, à cause des investissements déjà réalisés, notamment avec la création de la base de drone d’Agadez qui devrait être inaugurée avant la fin du mois de janvier.

Cependant, si Donald Trump décidait réellement de se désengager du Sahel, au moins pendant le temps de sa campagne pour rassurer ses électeurs auxquels il avait promis de ramener les « boys » à la maison, que pourrait faire Barkhane, rester ou partir ? Faute de moyens et de volonté politique l’armée française n’est plus autonome pour ses opérations extérieures, au Sahel comme au Moyen-Orient, elle dépend du Pentagone en termes de logistique, de renseignement et de surveillance. Cette annonce est tombée à point nommé pour faire plier Paris, après les velléités d’Emmanuel Macron lors du sommet de l’OTAN. Ceci explique, peut-être, pourquoi le Président français a rappelé sa solidarité sans faille avec Washington après l’assassinat du Général iranien Qassem Soleimani en Irak.  

En attendant de se désengager ou pas, les Etats-Unis s’apprêtent à nommer un émissaire pour le Sahel. Le profil de cet envoyé spécial pourrait rassurer, ou pas, la France sur la stratégie des USA dans la zone.

Stratégie régionale

Si désormais les Européens affichent une unité de façade pour dénoncer l’arrivée des forces militaires turques en Libye et les multiples ingérences extérieures, alors qu’ils y interviennent beaucoup eux-mêmes, ils n’en restent pas moins profondément divisés et se contentent de déclarations d’intentions inefficaces. Par ailleurs, il est intéressant de noter que les Européens n’ont même pas pris la peine de mentionner que le prochain débarquement de forces turques en Libye a été précédé de combattants affiliés à l’Armée syrienne libre (ASL) en provenance d’Idlib, faisant ainsi craindre une invasion du Sahel par des djihadistes de Syrie, dont Recep Tayyip Erdogan ne sait plus quoi faire. 

Sur ce dossier encore, la France doit clarifier sa position. Selon Kader Abderrahim : « Si officiellement, la France soutient le gouvernement Sarraj, reconnu par la communauté internationale, dans les faits, elle soutient le général Haftar. » En outre, ce chercheur à l’IRIS, spécialiste du monde arabe et de l’islamisme, note « la France devrait s’employer à faire respecter le droit international et appliquer un contrôle strict de l’embargo sur les armes, cela limiterait les combats. » (4) Il ajoute : « Depuis un siècle, toutes les résonnances violentes sont venues du Proche Orient, le Maghreb est resté assez stable. C’est la première fois qu’il y a un étau qui se resserre dans tout le monde arabe avec l’Iran à l’Est et la Libye à l’Ouest et qui pourrait provoquer l’instabilité dans toute la Méditerranée. »  Autant dire que la situation libyenne est grave et qu’elle pourrait embraser encore un peu plus le Sahel, car ces deux crises sont interdépendantes.

 L’Afrique aux Africains…

Si la France doit clarifier ses positions vis-à-vis des pays du Sahel, c’est à l’Afrique elle-même de donner ses orientations. Jusqu’à présent, en guise d’unité africaine, ont coexisté plusieurs clubs de dirigeants s’auto-congratulant et demandant aux pays des autres continents des fonds et des armes. Mais les visées de la Turquie sur la Libye changent la donne, et il faut espérer que cela provoquera une réaction commune et forte de tous les pays africains. L’Union Africaine pourrait saisir l’occasion, le moment est opportun. C’est à cette organisation d’envoyer un émissaire auprès du président Erdogan pour lui dire de s’occuper de son pays et de ne pas changer de continent. C’est encore à elle de taper du poing sur la table des Etats qui remplissent les caisses des djihadistes…

Finalement, cette réunion de Pau, tant décriée, pourrait s’avérer utile si les vrais sujets y étaient évoqués.

Leslie Varenne

(1)https://www.iveris.eu/list/notes/474-cote_divoire_sahel__deux_rendezvous_a_hauts_risques
(2)https://www.agenceecofin.com/securite/2811-71576-nous-savons-d-o-viennent-les-financements-des-groupes-terroristes-ministre-de-la-defense-du-niger
(3)Selon l’ONU en 3 mois entre octobre et décembre 2019, 193 militaires maliens sont morts au combat.

 https://www.elwatan.com/edition/international/sahel-lonu-alerte-sur-linsecurite-croissante-au-mali-06-01-2020(4)Le Conseil de Sécurité n’a pas réussi à faire voter une seule résolution pour faire respecter l’embargo sur les armes mis en place en 2011. 
La semaine prochaine aura lieu la conférence de Berlin à laquelle les Algériens, qui sont tout de même parmi les premiers impactés par la crise libyenne n’avaient pas été conviés. Les Allemands ont récupéré in extrémis leur faute majeure…

https://www.iveris.eu/list/notes/479-sortir_du_brouillard_sahelien

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l'Iran sur le nucléaire

urgent

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

© Sputnik .INTERNATIONAL12:29 14.01.2020(mis à jour 12:52 14.01.2020)URL courte18650S’abonner

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

«Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA», indique un communiqué commun des ministères français, allemand et britannique des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que, malgré cette décision, les pays «ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran»:

«Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA».

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042901242-paris-berlin-et-londres-declenchent-un-mecanisme-pour-contraindre-liran-sur-le-nucleaire/

L’Otan a détruit la souveraineté de la Libye dans son «aventure criminelle et illégale» en 2011, estime Lavrov

Sergueï Lavrov lors de sa visite au Sri Lanka, le 14 janvier 2020

L’Otan a détruit la souveraineté de la Libye dans son «aventure criminelle et illégale» en 2011, estime Lavrov

© Sputnik . Vitali BeloussovINTERNATIONAL11:25 14.01.2020(mis à jour 11:41 14.01.2020)URL courte29501S’abonner

Commentant la crise politique en Libye, Sergueï Lavrov, lors de sa visite au Sri Lanka, a rappelé que la souveraineté de ce pays avait été détruite par les forces de l’Otan en 2011, alors que les conséquences de cette «aventure criminelle» sont encore subies de nos jours.

Il n’y a plus de souveraineté en Libye, l’Otan l’a détruite en 2011, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse suite à des pourparlers avec son homologue sri lankais.

«L’État libyen a été bombardé par l’Otan en 2011 et nous – surtout, bien sûr, le peuple libyen – récoltons toujours les conséquences de cette aventure criminelle et illégale», a déclaré M.Lavrov.

Le ministre a pourtant précisé que la Russie poursuivait ses efforts en vue d’un accord de trêve en Libye.

Négociations sur le cessez-le-feu

Khalifa Haftar

© REUTERS / PHILIPPE WOJAZERHaftar a quitté Moscou sans signer l’accord de cessez-le-feu en LibyeLe maréchal Khalifa Haftar a quitté Moscou sans signer l’accord de cessez-le-feu accepté par son rival Fayez el-Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale libyen (GNA) basé à Tripoli, a annoncé la diplomatie russe ce 14 janvier.

Les deux hommes ne se sont pas rencontrés le 13 janvier lors des pourparlers à Moscou mais ont négocié un accord de cessez-le-feu via les ministres russes et turcs de la Défense et des Affaires étrangères. Ces discussions sont le résultat d’un accord russo-turc annoncé le 8 janvier à Istanbul par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042900474-lotan-a-detruit-la-souverainete-de-la-libye-dans-son-aventure-criminelle-et-illegale-en-2011-estime/

GUERRE MONDIALE CONTRE L'HUMANITÉ: LA POURSUITE INCESSANTE DE L'HÉGÉMONIE EN AMÉRIQUE

GUERRE MONDIALE CONTRE L’HUMANITÉ: LA POURSUITE INCESSANTE DE L’HÉGÉMONIE EN AMÉRIQUE

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07.01.2020MondeMichel Chossudovsky

La transcription a été éditée par le professeur Chossudovsky. Zones de texte, cartes ajoutées.

Partie un

Global Research: Vous avez présenté votre article au Nicaragua début décembre. Pourriez-vous nous présenter brièvement ce document?

Michel Chossudovsky: Eh bien, l’accent était essentiellement mis sur la mondialisation de la guerre et la chronologie de l’hégémonie américaine.

L’histoire («savante acceptée») des cent dernières années est trompeuse car elle présente la Grande-Bretagne et les États-Unis comme des alliés, mais en fait, ils n’ont jamais été des alliés. Ils concurrençaient des empires.

Cette confrontation entre les États-Unis et la Grande-Bretagne a existé dès le début de la fondation des États-Unis en 1776. Elle est devenue de plus en plus répandue à la suite de la guerre civile de 1865.

Il y avait des scénarios militaires américains et des plans de guerre dirigés contre l’Empire britannique. Ceux-ci n’étaient pas limités à l’hémisphère occidental.

En substance, l’objectif des États-Unis était d’affaiblir l’Empire britannique et d’acquérir une position dominante dans le monde.

Il y a beaucoup d’histoire, et je veux souligner quelques points de repère.

La conférence de Berlin de 1884 – 1885 , qui était essentiellement une initiative française et britannique, les États-Unis ont été exclus. Ils étaient là en tant qu’observateurs, mais on ne leur a jamais offert de rôle à jouer dans «le découpage de l’Afrique», de sorte qu’en fait, les puissances européennes avaient déjà décidé de découper l’Afrique sans les États-Unis.

1914 Carte de l’Afrique

Ensuite, vous avez la guerre hispano-américaine de 1898 , puis la Première Guerre mondiale (1914-1918) , et ce que nous pouvons dire, c’est que les États-Unis ont consolidé leur hégémonie par rapport à l’Empire britannique spécifiquement en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais également en Asie.

Et bien que la doctrine Monroe n’ait pas été «officiellement» dirigée contre l’Empire britannique, elle avait néanmoins l’intention de consolider l’hégémonie américaine dans l’hémisphère occidental.

GR: Professeur Chossudovsky, pourriez-vous nous rappeler brièvement ce qu’est exactement la doctrine Monroe et quand elle est née?

MC: Eh bien, la doctrine Monroe a été lancée au début du XIXe siècle, et elle est passée par plusieurs phases. Mais finalement, l’idée était que les puissances européennes ne devraient pas intervenir dans l’hémisphère occidental. Il a été dirigé en grande partie contre l’Espagne et la France mais aussi la Grande-Bretagne. Et comme nous le savons, la France a également été impliquée au Mexique à un moment de son histoire (1862)

En d’autres termes, la doctrine Monroe a jeté les bases d’une consolidation hémisphérique par les États-Unis.

Maintenant, ce qui est très important, en particulier pour les Canadiens, – parce que nous avons une façon particulière de comprendre notre histoire à partir de 1867 – est le fait que les États-Unis avaient un plan d’annexion du Canada , qui a été formulé en 1866.

MC: (suite) Bien sûr, nous avons eu la Confédération (1867). Mais ce plan de guerre contre le Canada n’a pas été abandonné: après la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont formulé un plan pour envahir l’Empire britannique (y compris le Canada). Il s’appelait « Plan de guerre rouge».

Maintenant, les détails de ce plan d’envahissement de l’Empire britannique peuvent sembler absurdes. Ils étaient censés être des alliés.

Ce qui s’est passé, c’est qu’il y avait des plans pour envahir le Canada, il y avait des jeux de guerre juste à la frontière canado-américaine – et il était même prévu d’utiliser des armes chimiques contre les Canadiens.

Carte: Plan d’invasion dirigé contre le Canada et les possessions britanniques dans les Caraïbes

 La campagne de bombardement sous-jacente à ces plans de guerre a été formulée dans les années 1920 et 1930. Il s’agissait d’un plan de bombardement de quatre grandes villes canadiennes, à savoir Vancouver Montréal, Halifax et Québec. Ce fameux projet avait été confié à nul autre que le général Douglas MacArthur. Eh bien, il n’était pas général à l’époque. Il est devenu général pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mais néanmoins, le plan de guerre rouge a souligné le fait qu’il y avait une certaine continuité et qu’il était prévu d’envahir le Canada.

Les États-Unis n’ont jamais vraiment abandonné leur intention de faire la guerre à l’Empire britannique. Et en 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, les États-Unis sont restés neutres. Il n’a pris parti pour les Alliés que bien plus tard. Début septembre 1939, les États-Unis déclarent leur neutralité. Il n’a pris aucune mesure pour empêcher l’invasion de la France par l’Allemagne nazie, ni les bombardements dirigés contre le Royaume-Uni.

La Seconde Guerre mondiale a commencé avec l’invasion de la Pologne et des États baltes, qui a été suivie par la guerre sur le front occidental, y compris l’invasion et l’occupation de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, ainsi que les bombardements du Royaume-Uni

La guerre sur le front de l’Est contre l’Union soviétique a commencé en juin 1941.

Zone de texte. L’invasion du Canada

Un plan détaillé d’envahissement du Canada, intitulé «Plan de guerre de base interarmées et marines – Rouge» a été approuvé par le Département américain de la Guerre sous la présidence de Herbert Hoover en 1930. Il a été mis à jour en 1934 et 1935 pendant la présidence de Franklin D. Roosevelt . Il a été «suspendu» en 1939 après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le secrétaire à la Guerre, Patrick J. Hurley, a largement contribué à la formulation et à l’approbation du plan rouge par l’administration américaine.

À son époque, le plan de guerre RED n’était pas censé être drôle. Le projet de 1928 précisait qu ‘«il devrait être très clair pour le Canada que, dans une guerre, elle souffrirait gravement». Le projet de 1930 déclarait que «de grandes parties du territoire du CRIMSON deviendront des théâtres d’opérations militaires avec des souffrances conséquentes pour la population et une destruction et une dévastation généralisées du pays…»

En octobre 1934, le secrétaire à la Guerre et le secrétaire à la Marine approuvent un amendement autorisant le bombardement stratégique de Halifax, Montréal et Québec par «des opérations aériennes immédiates à une échelle aussi grande que possible». Un deuxième amendement, également approuvé au niveau du Cabinet , a ordonné à l’armée américaine, en majuscules, « DE FAIRE TOUTES LES PRÉPARATIONS NÉCESSAIRES POUR L’UTILISATION DE LA GUERRE CHIMIQUE DE LA DÉBUT DE LA GUERRE. L’UTILISATION DE LA GUERRE CHIMIQUE, Y COMPRIS L’UTILISATION D’AGENTS TOXIQUES, DEPUIS L’INCEPTION DES HOSTILITÉS, EST AUTORISÉE… »

L’utilisation de gaz toxique a été conçue comme une action humanitaire qui obligerait le Canada à se rendre rapidement et donc à sauver des vies américaines. (Commandant Carpender, AS, et colonel Krueger, W. (1934), note au Joint Board, 17 octobre 1934, disponible dans les archives nationales américaines dans les documents annexés au plan de guerre RED.)

En mars 1935, le général Douglas MacArthur propose un amendement faisant de Vancouver une cible prioritaire comparable à Halifax et Montréal . Cela a été approuvé en mai 1935 et en octobre 1935, son fils Douglas MacArthur Jr. a commencé sa carrière d’espionnage en tant que vice-consul à Vancouver. En août 1935, les États-Unis ont effectué leurs manœuvres militaires les plus importantes à l’époque en temps de paix, avec plus de 50000 soldats pratiquant une invasion motorisée du Canada, dûment rapporté dans le New York Times par son journaliste militaire vedette, Hanson Baldwin. Floyd Rudmin, Plan Red, Counterpunch, 2006 (non souligné dans l’original)

Soutien américain à l’Allemagne nazie

MC: Maintenant, les États-Unis, au cours des années 1930, mais s’étendant même plus loin dans la Seconde Guerre mondiale, collaboraient assez activement avec l’Allemagne nazie dans les domaines de la finance, de la technologie mais aussi dans le domaine de la production militaire, et cela comprenait la participation de Ford, Rockefeller et aussi de la famille Bush.

 Le grand-père du président Bush Junior était Prescott Bush. En d’autres termes, le grand-père de George W. Bush était le directeur de l’Union Banking Corporation, Brown Brothers Harriman, qui à son tour était partenaire de Thyssen Stahl , un important conglomérat allemand impliqué dans l’industrie de l’armement du Troisième Reich. Et cela a été raisonnablement bien documenté.

Les États-Unis ont continué de collaborer avec l’Allemagne nazie après septembre 1939. Et après décembre 1941, à savoir Pearl Harbor, les États-Unis ont rejoint les alliés, ont déclaré la guerre au Japon, à l’Allemagne et à l’Italie. Et il y a eu un changement formel en ce qui concerne l’Allemagne nazie. L’administration Roosevelt a adopté la législation «Commerce avec l’ennemi». En d’autres termes, Washington a pris une position officielle pour soutenir ses alliés contre l’Allemagne nazie. Mais officieusement, ils ont continué à collaborer avec l’Allemagne nazie.

Zone de texte. La famille Bush et l’Allemagne nazie, «Dormir avec l’ennemi»

Prescott Bush était partenaire de Brown Brothers Harriman & Co et directeur d’ Union Banking Corporation, qui entretenait des relations étroites avec les intérêts des entreprises allemandes, notamment Thyssen Steel , une grande entreprise impliquée dans l’industrie des armes du Troisième Reich.

«… [N] e nouveaux documents, déclassifiés [en 2003], montrent que même après l’entrée en guerre de l’Amérique [8 décembre 1941] et lorsqu’il existait déjà des informations importantes sur les plans et les politiques des nazis, il [Prescott Bush] travaillait pour et a profité des entreprises étroitement impliquées dans les entreprises très allemandes qui ont financé la montée au pouvoir d’Hitler. Il a également été suggéré que l’argent qu’il avait gagné grâce à ces transactions avait aidé à établir la fortune de la famille Bush et à mettre en place sa dynastie politique »( The Guardian , 25 septembre 2004)

Selon Yuri Rubtsov :Dormir avec le troisième Reich: «Alliance» tacite de l’Amérique avec l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique

En août 1934, le «pétrole standard» américain en Allemagne a acquis 730 000 acres de terre et construit de grandes raffineries de pétrole qui approvisionnaient les nazis en pétrole. Dans le même temps, l’ Allemagne a secrètement livré aux États-Unis l’équipement le plus moderne pour les usines d’avions , qui allait commencer la production d’avions allemands.

L’Allemagne a reçu un grand nombre de brevets militaires des entreprises américaines Pratt et Whitney »,« Douglas »,« Curtis Wright », et la technologie américaine construisait le« Junkers-87 ». En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, les investissements américains dans l’économie de l’Allemagne s’élevaient à 475 millions de dollars. «Huile standard» investie – 120 millions, «General Motors» – 35 millions de dollars, ITT – 30 millions de dollars et «Ford» – 17,5 millions de dollars. (pas d’italique dans l’original)

Le pétrole standard vendait du pétrole au troisième Reich

MC: Invariablement négligé par l’historien et les journalistes, il y a quelque chose qui est absolument crucial pour comprendre la Seconde Guerre mondiale: l’ Allemagne n’avait pas d’essence, de carburant – elle avait des réserves d’essence très limitées.

Cela est documenté dans le livre de Jacques Pauwels, un éminent historien canadien. Pauwels analyse la relation entre Standard Oil, qui appartenait à la famille Rockefeller et le régime nazi.

Standard Oil était le plus grand producteur de pétrole au monde. Il contrôlait l’industrie pétrolière et l’Allemagne nazie dépendait du pétrole.

Et ce pétrole a été vendu à l’Allemagne nazie directement jusqu’à Pearl Harbor en décembre 1941, et par la suite il a été vendu indirectement via des pays tiers, pour contourner le «Trading With The Enemy Act» qui a été adopté au Sénat américain.

Eh bien, en fait, il s’agissait d’une législation antérieure [1917] mais néanmoins, il convient de noter que les actifs de la famille Bush ont été confisqués en vertu de la législation «Commerce avec l’ennemi».

MC: (suite) Mais en ce qui concerne Standard Oil, ils ont continué à vendre du pétrole à l’Allemagne nazie jusqu’en 1944-1945.

Et l’administration Roosevelt a fermé les yeux.

Et la raison principale en était que sans les approvisionnements en pétrole de Standard Oil, l’Allemagne nazie n’aurait en aucun cas pu faire la guerre à l’Union soviétique et, en fait, même le front occidental aurait été compromis.

Alors que la vente de pétrole américain par Standard Oil au Troisième Reich était cruciale. Les États-Unis dormaient avec l’ennemi. Officieusement, les États-Unis étaient de facto un «allié» de l’Allemagne nazie. Aucune sanction n’a été imposée au Troisième Reich: après Pearl Harbor (décembre 1941), le pétrole américain a été vendu à l’ennemi par le biais de pays tiers, puis une grande partie des expéditions de Standard Oil a été vendue hors du Venezuela.

L’opération Barbarossa a été lancée en juin 1941 par l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique. Elle a fait 26 millions de morts.

Il était entendu que le Troisième Reich obtiendrait du pétrole des États-Unis.

Les nazis étaient de fervents planificateurs militaires, et avant de lancer l’opération Barbarossa, ils ont assuré qu’ils auraient des approvisionnements réguliers en pétrole fournis par Standard Oil.

Sans pétrole américain, ils n’auraient en aucun cas pu faire la guerre à l’Union soviétique.

Zone de texte. La question tacite. D’où l’Allemagne a-t-elle obtenu son pétrole?

Avant décembre 1941, le pétrole du Texas était régulièrement expédié à l’Allemagne nazie.

Alors que l’Allemagne a pu transformer le charbon en combustible, cette production synthétique était insuffisante. De plus, les ressources pétrolières de Ploesti en Roumanie (sous contrôle nazi jusqu’en 1944) étaient minimes. L’Allemagne nazie dépendait en grande partie des expéditions de pétrole de US Standard Oil.

L’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) a eu lieu à peine six mois après le lancement de l’opération Barbarossa (juillet 1941). Les États-Unis entrent dans la Seconde Guerre mondiale, déclarant la guerre au Japon et aux pays de l’axe.

Commerce avec la législation ennemie (1917) officiellement appliquée  L’entrée de l’Amérique dans la Seconde Guerre mondiale n’a pas empêché Standard Oil of New Jersey de vendre du pétrole à l’Allemagne nazie. Ceci malgré l’enquête du Sénat de 1942 sur US Standard Oil.

Alors que les expéditions directes de pétrole américain étaient réduites, Standard Oil vendrait du pétrole américain par le biais de pays tiers. Le pétrole américain a été expédié vers la France occupée via la Suisse et de la France, il a été expédié en Allemagne:

«… Pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale, Standard Oil, dans le cadre des accords que Teagle avait supervisés , a continué à approvisionner l’Allemagne nazie en pétrole. Les expéditions ont transité par l’Espagne, les colonies de Vichy France aux Antilles et la Suisse. »

Il convient de noter qu’une grande partie des besoins en pétrole de l’Allemagne nazie a été satisfaite par des expéditions en provenance du Venezuela qui était à l’époque une colonie américaine de facto.

Le président vénézuélien parrainé par les États-Unis (en temps de guerre), le général Isaías Medina Angarita ( mai 1941 – octobre 1945) était là pour protéger les intérêts pétroliers américains ainsi que le «commerce avec l’ennemi» dès le début de l’entrée de l’Amérique dans la Seconde Guerre mondiale en décembre 1941:

John D. Rockefeller Jr. détenait une participation majoritaire dans la Standard Oil Corporation , mais le deuxième actionnaire le plus important était la société chimique allemande IG Farben, par l’intermédiaire de laquelle la société a vendu pour 20 millions de dollars d’essence et de lubrifiants aux nazis. Et la succursale vénézuélienne de cette société a envoyé 13 000 tonnes de pétrole brut en Allemagne chaque mois, que la solide industrie chimique du Troisième Reich a immédiatement convertie en essence.

Alors que le gouvernement de Medina Angarita sous la pression de Washington dans le sillage immédiat de Pearl Harbor (7 décembre 1941) est resté officiellement neutre (de facto aligné sur les États-Unis, tout en rompant ses relations avec l’Allemagne nazie), les expéditions de pétrole du Venezuela vers l’Allemagne n’ont pas été interrompues. . Dans une tournure plutôt inhabituelle (à la limite du ridicule), le Venezuela a déclaré la guerre à l’Allemagne en février 1945, alors que la guerre était presque terminée.

Sans ces expéditions de pétrole instrumentées par Standard Oil et les Rockefeller, l’Allemagne nazie n’aurait pas été en mesure de mettre en œuvre son programme militaire. Sans carburant, le front oriental du Troisième Reich dans le cadre de l’opération Barbarossa n’aurait probablement pas eu lieu, sauvant des millions de vies. Le front occidental, y compris l’occupation militaire de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, aurait sans doute également été touché.

MC: L’administration Franklin D. Roosevelt aurait pu adopter des sanctions sévères contre Standard Oil en vue d’imposer un blocus contre l’Allemagne nazie.

Les États-Unis n’étaient pas attachés à la paix: l’objectif tacite de Washington n’était pas seulement de détruire l’Union soviétique, il consistait également à saper le rôle de la Grande-Bretagne en tant que puissance impériale.

Ne nous faisons aucune illusion. Sans les expéditions de pétrole instrumentées par US Standard Oil et ses filiales, la conception impériale de l’Allemagne nazie n’aurait pas pu être entreprise.

Il convient de noter que le rôle des États-Unis dans l’approvisionnement en pétrole de l’Allemagne nazie est négligemment négligé. Le «consensus» occidental d’aujourd’hui, soutenu par le Parlement européen, doit blâmer l’Allemagne nazie et l’Union soviétique pour la Seconde Guerre mondiale.

GR: Professeur Chossudovsky, vous en avez dit un peu là-dessus. Pourriez-vous peut-être simplement partager avec nos auditeurs certains des documents sources clés que vous avez utilisés pour vos recherches et qui ont alimenté votre analyse?

MC: Eh bien, vous savez, d’un point de vue historique, cette «alliance» entre les États-Unis et le Troisième Reich n’était pas claire dans mon esprit, elle était floue. De plus, à quelques exceptions près, il n’a pas fait l’objet de recherches savantes (traditionnelles).

Ce que j’ai fait, c’était de me livrer à ce qu’on pourrait appeler une analyse de bon sens. À cet égard, je pense que le livre de Jacques Pauwels sur la Seconde Guerre mondiale est absolument fondamental.

L’analyse de bon sens nous dit ceci: vous ne pouvez pas mener une campagne militaire à grande échelle sans carburant.

Sans l’approvisionnement régulier en carburant de l’Allemagne standard à l’Allemagne nazie, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale aurait été totalement différente . L’opération Barbarossa n’aurait probablement pas eu lieu.

Mais ensuite, il y a un autre élément que j’ai mentionné plus tôt en ce qui concerne l’Empire britannique. Le plan de guerre rouge contre l’Empire britannique a été suspendu en 1939. Mais il n’a jamais été abandonné.

À partir de 1939, d’un point de vue géopolitique, l’objectif hégémonique non déclaré de l’Amérique était d’affaiblir toutes les puissances impériales concurrentes, y compris l’empire britannique.

En d’autres termes, affaiblir la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas ainsi que le Japon. Tous ces pays avaient des possessions coloniales. Et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe avait été détruite et l’économie américaine était en plein essor.

Au cours de l’après-guerre, ces possessions coloniales (par exemple le Vietnam, l’Indonésie, le Cambodge) ont été reprises, intégrées dans la sphère d’influence américaine.

Les deux objectifs historiques des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale étaient

1) pour saper l’Empire britannique et les puissances impériales concurrentes,

2) détruire l’Union soviétique,

Un plan secret pour mener une guerre nucléaire contre l’Union soviétique formulé pendant la Seconde Guerre mondiale

Il y avait un plan secret formulé pour la première fois en 1942, confirmé par des documents déclassifiés du 15 septembre 1945, selon lequel les États-Unis avaient l’intention de mener une guerre nucléaire contre l’Union soviétique.

Deux bombes atomiques ont été larguées respectivement sur Hiroshima et Nagasaki sous le président Truman (6 et 9 août 1945), et nous savons que dans les premières minutes de ce bombardement d’Hiroshima, cent mille personnes ont été tuées, et la même chose s’est produite en ce qui concerne à Nagasaki.

Ces villes ont été totalement détruites, entraînant également d’importantes radiations nucléaires.

Mais ce que la plupart des gens ne savent pas, c’est que le 15 septembre 1945, des documents déclassifiés du département américain de la Guerre indiquaient sans équivoque un plan américain détaillé pour bombarder 66 villes de l’Union soviétique – avec plus de 200 bombes atomiques.

Certains historiens auraient pu conclure: Hiroshima et Nagasaki étaient des répétitions générales pour ce projet dévastateur dirigé contre 66 villes soviétiques. Maintenant, je pense que c’est important parce que ce projet a été formulé lorsque l’Union soviétique et les États-Unis étaient théoriquement alliés contre l’Allemagne nazie.

Mais en fait, l’histoire du 20e siècle, je pense, doit être examinée très attentivement.

Du pétrole américain pour les convois motorisés de chars et de voitures blindées de l’Allemagne nazie, ses avions de la Luftwaffe faisaient partie du plan américain de destruction de l’Union soviétique. Cela a entraîné la perte de 26 millions de vies.

Un autre plan connexe consistait à éliminer l’Union soviétique de la carte , en lâchant plus de 200 bombes atomiques sur 66 villes soviétiques. Ce projet équivalait à la planification d’un génocide.

Maintenant, ce projet n’a pas eu lieu parce que l’Union soviétique avait des informations sur ce plan formulé pour la première fois en 1942 et qu’elle était en train de développer son propre système d’armes.

Mais ce que je dis, c’est que la course aux armements n’a pas commencé avec la guerre froide. La course aux armements a commencé avec le projet Manhattan (lancé en 1939) qui consistait à renforcer les capacités d’armes nucléaires aux États-Unis. Et le Canada, soit dit en passant, était partenaire de ce projet. Et la Grande-Bretagne aussi.

Essentiellement, nous examinons une perspective plus large de la façon dont les États-Unis ont soutenu de facto l’Allemagne nazie en vue de

a) détruire l’Union soviétique,

b) affaiblir l’Empire britannique et les empires concurrents, y compris bien sûr la France, la Belgique, la Hollande, l’Italie, etc., etc. (ces pays ne sont pratiquement plus des puissances coloniales).

Entracte

Deuxième partie

GR: Un autre aspect de l’hégémonie américaine, comme vous le dites, est également la dimension économique. Nous avons discuté avec Michael Hudson il y a quelques mois et, vous savez, il a mentionné l’utilisation du dollar américain pour maintenir son contrôle et financer son programme de guerre.

Alors, pourriez-vous parler de l’utilisation du dollar américain et de la façon dont il a été utilisé pour maintenir le rôle hégémonique de l’Amérique – la façon dont ils ont pu utiliser la création de ces institutions comme l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation mondiale Banque, et juste le dollar américain comme monnaie – la pétro-monnaie mondiale?

Hégémonie du dollar américain

MC: Eh bien, vous savez, cela remonte à l’accord de Bretton Woods de 1944, où il y avait une décision qui a été pratiquement imposée dans l’après-guerre, d’établir le dollar américain comme monnaie internationale. Et lié à l’or, puis l’étalon-or a été abandonné.

Cette dollarisation de l’économie de l’après-Seconde Guerre mondiale a connu plusieurs étapes. Cela a finalement conduit la Banque mondiale et le FMI à jouer un rôle proactif dans les pays qui étaient d’anciennes colonies des puissances d’Europe occidentale: l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-Est et bien sûr l’Amérique latine – en d’autres termes, ce appelé «pays en développement».

Mais encore une fois, c’est le Consensus de Washington, c’est la Banque mondiale, le FMI qui sont devenus des instruments menant à la consolidation de l’hégémonie américaine, à savoir l’hégémonie du dollar américain.

Et c’est certainement, en un sens, un résultat de la Seconde Guerre mondiale où toutes les puissances impériales concurrentes sont finalement détruites. Eh bien, ce ne sont plus des puissances concurrentes et je parle de l’Italie, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, des Pays-Bas et bien sûr de l’Allemagne.

Toute cette structure a finalement été aplatie, et bon nombre des soi-disant pays en développement – territoires de ces anciennes puissances coloniales – sont désormais dans la sphère d’influence américaine.

Et le dollar est leur devise de substitution.

C’est donc une structure de domination et d’hégémonie utilisant les marchés des devises, les conditionnalités de la politique économique, le contrôle des salaires, le contrôle des prix, etc.

Et puis c’est aussi tout le processus de délocalisation de l’activité industrielle vers des économies de main-d’œuvre bon marché. Et bon nombre de ces économies de main-d’œuvre bon marché sont les anciennes colonies des puissances occidentales.

GR: Maintenant, il y a la chute du mur de Berlin, et donc l’Union soviétique n’est plus.

Et puis nous sommes entrés dans une nouvelle phase, mais les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN continuent d’avancer vers la frontière de la Russie.

nous sommes au point où les USA et l’OTAN menacent la Russie,

De plus, depuis 2001, les États-Unis mènent une «guerre mondiale contre le terrorisme». C’est la période post-11 septembre.

Donc, cela signifie-t-il un changement de cap important, et comment cela est-il lié à cet effort continu de supplanter l’Empire britannique?

MC: Eh bien, je veux dire, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, l’OTAN a été créée en 1949.

C’est le soixante-dixième anniversaire de l’OTAN pour ainsi dire. Et c’est le passage à la guerre froide. Maintenant, l’OTAN a été réellement établie (avril 1949) à peine quelques mois avant la fondation de la République populaire de Chine (RPC) le 1er octobre 1949. Et, bien sûr, l’OTAN a ciblé l’Union soviétique au nom du Pentagone.

Les États-Unis ont été la principale puissance à soutenir la guerre froide jusqu’à sa «fin officielle» en 1989.

Mais en effet, la guerre froide n’est pas terminée. Alors que l’Union soviétique n’existe plus, les États-Unis et l’OTAN dirigent désormais leurs menaces contre la Fédération de Russie (qui est un pays capitaliste de bonne foi).

Encore une fois, cela fait partie d’un projet hégémonique, non pas des États membres de l’OTAN mais des États-Unis qui contrôlent l’OTAN via le Pentagone.

Et je pense que tout le processus de militarisation après la Seconde Guerre mondiale avec la mise en place des structures de commandement géographiques – le Commandement central américain, le Commandement américain pour l’Afrique, le Commandement américain du Pacifique, etc. – des centaines de bases militaires à travers le monde.

Commandes géographiques des États-Unis

Et en grande partie, eh bien, ils ne menacent pas seulement la Russie, ils menacent la Chine.

Et ces bases sont également là pour renforcer la sphère d’influence américaine, c’est-à-dire coloniser des régions qui étaient autrefois des colonies de pays européens.

En Asie du Sud-Est, bien sûr, ce qui est très important, ce sont les voies navigables stratégiques.

L’Indonésie est de facto dans la zone d’influence des États-Unis et divers autres pays également.

Et donc, c’est un processus de militarisation mondiale dans chacune des principales régions du monde .

Cette nouvelle hégémonie au lendemain de la guerre froide se caractérise également par divers modes d’ingérence dans les affaires des États souverains par le biais de dictatures militaires en Amérique latine, de changement de régime, de mouvements de protestation, de sanctions, d’ingérence dans les élections nationales, etc.

C’est toute la gamme de la puissance militaire qui, bien sûr, soutient les intérêts économiques et financiers des États-Unis dans différentes parties du monde.

Et ce n’est pas strictement dans le contexte de l’Europe de l’Est. C’est aussi en Asie centrale, c’est dans la mer de Chine méridionale, le détroit de Taiwan,

Et dans la structure actuelle, nous avons maintenant une situation où la Fédération de Russie et la Chine sont des alliés de l’ Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui constitue en fin de compte un puissant bloc compensateur par rapport à l’hégémonie américaine, en particulier dans le contexte asiatique.

GR: La plupart des gens comprennent qu’il y avait beaucoup d’inimitié entre les États-Unis et l’Empire britannique à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Mais au cours des deux derniers siècles, on pourrait penser que, peut-être, ils ont changé de voie. Je veux dire que les États-Unis sont davantage un partenariat avec le Royaume-Uni, plutôt que de chercher à les supplanter en tant qu’empire dominant.

Pourriez-vous peut-être reprendre cette idée, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun intérêt dans un partenariat? Parce qu’il y a certainement eu beaucoup de partenariat dans toutes ces aventures militaires que nous avons vues depuis la seconde guerre mondiale, mais qu’est-ce qui indique que l’objectif de supplanter l’Empire britannique est toujours en vigueur?

MC: Eh bien, vous savez, le monde est caractérisé par ce que j’appellerais des coalitions transversales. Vous pouvez être amis dans le domaine de la diplomatie et de la politique, puis ennemis dans les affaires financières. Nous pouvons voir la situation en ce qui concerne les relations entre, disons, les États-Unis et la Turquie, ou la Turquie et l’OTAN. La Turquie est désormais un allié de la Russie, mais elle fait toujours partie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

En ce qui concerne la Grande-Bretagne et les États-Unis – il existe de nombreuses relations transversales. La Grande-Bretagne est toujours le principal marché financier d’Europe et la ville de Londres est considérée comme l’un des principaux centres financiers du monde. Et il existe des liens entre les entreprises britanniques et américaines. Et il existe également des liens avec d’autres pays européens.

Mais je pense qu’il y a quelque chose de très spécifique. Aujourd’hui, alors que United Kingdon s’aligne sur les États-Unis, ils sont subordonnés aux États-Unis.

Et je ne pense pas que les gouvernements britanniques aient l’intention de restaurer l’Empire britannique, car, à part le Commonwealth, il est plus ou moins disparu – il n’existe plus.

Mais, d’autre part, il est important de souligner que dans toutes les guerres récentes, la Grande-Bretagne a fidèlement participé à une alliance anglo-américaine, à la fois en ce qui concerne l’Afghanistan, ainsi que, bien sûr, en ce qui concerne l’Irak pendant la guerre du Golfe (1991) ainsi qu’en 2003. Elle a été marquée par la relation Bush-Tony Blair.

À cet égard, il existe, bien sûr, une alliance très cohésive et corrompue.

Mais quand vous regardez les objectifs hégémoniques des États-Unis, vous vous rendez compte que ce qui se passe aujourd’hui au Royaume-Uni, c’est la nomination par le Premier ministre Boris Johnson d’un régime de procuration américain.

GR: Pourriez-vous expliquer un peu cela?

MC: C’est quelque chose qui n’est pas si simple à expliquer. Je dois mentionner qu’il existe d’autres cas de gouvernements mandataires en Europe occidentale, en particulier en France et en Allemagne.

Mais cela signifie que les États-Unis ont essentiellement l’intention de prendre le contrôle du paysage européen.

Et sous une forme ou une autre, cela a été fait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, simplement par le fait qu’il y a des bases militaires américaines dans plusieurs pays européens, et qu’elles ont l’OTAN et qu’elles contrôlent l’OTAN.

Mais dans le cas de la Grande-Bretagne, nous devons comprendre que le Royaume-Uni n’a jamais fait partie de la zone euro. Et il y a une raison à cela, et cela a à voir avec les relations américano-britanniques en termes d’institutions financières, de marchés, etc.

Mais plus récemment, il y a eu des négociations entre le Royaume-Uni et les États-Unis concernant le commerce et l’investissement, etc., dont les détails n’ont pas vraiment émergé. Les négociations entre Boris Johnson et l’administration Trump, disons, en ce qui concerne la politique macro-économique, en particulier la privatisation des services de santé.

En d’autres termes, ce que les États-Unis réclament, c’est la restructuration néolibérale de la Grande – Bretagne , une privatisation extensive, l’abrogation de l’État providence, quelque chose qui a été construit après la Seconde Guerre mondiale, à savoir la socio-démocratie. Et cela n’a rien à voir avec le colonialisme britannique.

Cela avait à voir avec le fait qu’à un moment donné, le peuple britannique a poussé vers le développement de programmes sociaux, de l’éducation, etc.

Et je pense que ce qui se passe actuellement, c’est que nous avons un gouvernement qui n’est finalement pas représentatif du peuple britannique. Il est devenu un instrument des intérêts hégémoniques américains dominants, ainsi que la continuation d’un partenariat anglo-américain fragile dominé par Washington.

Donc ça, je pense que c’est la fin du jeu. La déstabilisation de la Grande-Bretagne en tant qu’État-nation.

Cette déstabilisation est provoquée par le Consensus de Washington.

Si nous regardons l’évolution de l’Empire britannique de la reine Victoria à la fin du XIXe siècle à nos jours, l’hégémonie américaine prévaut finalement. La fin des ambitions impériales de la Grande-Bretagne est le chaos économique et politique sous Brexit.

GR: Ouais…

MC: … Ce n’est pas que le Brexit en soi soit le problème. C’est le fait qu’un gouvernement proxy a été installé. C’est un gouvernement corrompu. Il est manipulé par des intérêts financiers et mène finalement la Grande-Bretagne, l’ancien Empire britannique dans une impasse politique totale.

Entracte

Partie trois

GR: Professeur Chossudovsky, vous avez évoqué le Brexit tout à l’heure, et je veux juste obtenir des éclaircissements. Le Brexit sert-il finalement les objectifs américains ou était-ce simplement un moyen par lequel un certain type de mandataire, comme vous le dites, serait élu?

MC: Eh bien, je pense que l’objectif américain plus large est de créer une instabilité à travers le paysage européen. Il sert les intérêts américains parce qu’il coupe la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Mais il définit également toute une série d’accords commerciaux, etc., dont bénéficieront les États-Unis. (c.-à-d. intérêts financiers américains).

L’ironie est que l’expansionnisme et l’hégémonie américains se nourrissent de la création et de la perturbation des économies nationales et locales. Il en résulte une déstabilisation économique et sociale.

Les réformes néolibérales parrainées par les États-Unis déstabilisent l’économie nationale et créent des divisions sociales. (Par exemple, les divisions créées dans les États membres de l’UE). l’État-nation se fragmente. (par exemple, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie sont divisées). Vous créez des divisions au sein des sociétés nationales.

Dans le même temps, la guerre contre le terrorisme est bien entendu utilisée pour affaiblir le tissu des pays d’Europe occidentale: elle déclenche la crise des réfugiés. Ce dernier est marqué par des personnes fuyant les théâtres de guerre en Syrie, en Irak ou ailleurs. La crise des réfugiés est le résultat direct de l’agression militaire américaine, que ce soit une action militaire directe ou qu’elle soit le résultat d’insurrections terroristes parrainées par les États-Unis.

L’ensemble du paysage européen est aujourd’hui en crise politiquement, socialement. Et c’est aussi la conséquence des guerres menées par les États-Unis au Moyen-Orient.

Mais c’est aussi le résultat de politiques néolibérales qui sont désormais beaucoup plus généralisées et qui sont désormais appliquées dans de nombreux pays occidentaux.

Et inévitablement, lorsque vous commencez à adopter une politique néolibérale dans un pays comme le Royaume-Uni, vous détruisez tout le tissu de l’État providence. C’est finalement l’objectif.

GR: Professeur Chossudovsky, nous allons devoir clore l’interview sous peu, mais je voulais poser une autre question sur le fait que lorsque ces plans – cet agenda hégémonique – sont nés au XIXe siècle, les États-Unis étaient ascendants, et maintenant, il semblerait qu’aujourd’hui et depuis quelques décennies maintenant, les États-Unis soient en déclin avec la Chine apparemment – semblant être en hausse et former des partenariats avec la Russie et d’autres pays. Alors, comment voyez-vous cela – je veux dire, ce programme de domination impériale va-t-il s’effondrer, compte tenu des immenses dettes que les États-Unis ont accumulées et de l’incapacité de vendre des bons du Trésor américain comme ils l’ont fait par le passé. Comment voyez-vous cette procédure? L’hégémon américain va-t-il réussir ou est-il destiné à échouer?

MC: Eh bien, vous savez, cela a beaucoup à voir avec les sources de richesse monétaire. Et c’est la croissance des activités spéculatives, les hedge funds, la déréglementation bancaire sous l’administration Clinton et le fait que maintenant on peut gagner de l’argent sans forcément produire quoi que ce soit.

Et vous pouvez spéculer.

Et les diverses formes corrompues de création de richesse au sein du système financier se font au final au détriment de l’économie réelle.

Ensuite, il y a toute la question de la délocalisation. Et, en fait, ce que nous avons vu aux États-Unis, c’est que certaines industries sont tout simplement en train de disparaître – et c’est vrai aussi au Canada et en Europe occidentale.

Et ils ont été délocalisés en Asie du Sud-Est ou même en Chine, d’ailleurs, dans des paradis du travail bon marché en Asie du Sud-Est.

Mais en même temps, la mise en œuvre de ces mesures d’austérité, couplée à de très gros budgets militaires, conduit à l’effondrement de l’infrastructure économique américaine.

L’économie réelle est donc en crise. Au cœur de l’Empire américain, une grande partie de la population américaine ne répond même pas aux besoins alimentaires minimaux.

C’est une situation d’appauvrissement du pays le plus riche de la planète.

Et cela a beaucoup à voir avec le fonctionnement de l’appareil impérial américain. Vous délocalisez tout en vue de payer 150 $ par mois aux travailleurs en Asie du Sud-Est, ce qui conduit à des personnes qui perdent leur emploi sur les chaînes de montage en Amérique du Nord et ainsi de suite, et finalement cela mène au chômage et à l’effondrement du pouvoir d’achat et chute de l’activité économique, sans parler de la hausse des prix des denrées alimentaires. Mais en même temps, toute l’infrastructure de l’économie américaine est en crise.

Et je soupçonne que cela va se retourner parce que l’Empire n’est plus en mesure d’affirmer son hégémonie par rapport à une véritable activité économique.

Et les niveaux de demande des consommateurs se sont effondrés en raison du processus de délocalisation des emplois, qui crée du chômage.

Nous pourrions faire une comparaison avec l’Empire romain. À un moment donné, dans l’histoire de l’Empire romain, l’utilisation de la main-d’œuvre esclave a contribué à détruire l’économie artisanale indépendante à petite échelle ainsi que l’agriculture. Avec l’extension de l’économie de la main-d’œuvre esclave, les niveaux de la demande des consommateurs se sont tout simplement effondrés et toute la structure productive et commerciale est entrée en crise.

Eh bien, nous vivons cela, dans un sens. Nous délocalisons l’activité industrielle vers une économie de main-d’œuvre bon marché à l’étranger avec des salaires extrêmement bas (de 100 $ à 300 $ par mois), puis nous fermons nos usines ici.

Et puis nous avons réduit toutes les dépenses sociales en vue de financer le complexe militaro-industriel avec des investissements à grande échelle maintenant de l’ordre de 1,3 billion de dollars pour un programme d’armes nucléaires absolument inutile: la seule utilisation de ce programme est de faire exploser la planète.

Pendant ce temps, les médias nous disent que «les armes nucléaires rendent le monde plus sûr».

Ce projet hégémonique cherche à minimiser les salaires au niveau mondial. Au cœur de l’Empire américain: l’Amérique a un niveau de vie en baisse, un taux d’analphabétisme élevé, de la pauvreté, du racisme et une bonne économie de luxe prospère pour un petit secteur de la population.

Et ces conditions sociales au cœur de l’Empire sont exacerbées par la poussée des objectifs hégémoniques de l’Amérique dans différentes parties du monde, y compris l’économie mondiale du travail bon marché «axée sur le profit».

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La mondialisation de la guerre: la «longue guerre» de l’Amérique contre l’humanité

Michel Chossudovsky

La «mondialisation de la guerre» est un projet hégémonique. D’importantes opérations de renseignement militaires et secrètes sont menées simultanément au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, en Afrique subsaharienne, en Asie centrale et en Extrême-Orient. Le programme militaire américain combine à la fois des opérations théâtrales majeures et des actions secrètes visant à déstabiliser des États souverains.Numéro ISBN: 978-0-9737147-6-0Année: 2015Pages: 240 Pages

Prix ​​courant: 22,95 $

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La Global Research News Hour est diffusée tous les vendredis à 13 h (heure de Toronto) sur CKUW 95.9FM de l’Université de Winnipeg. Le programme est également diffusé en baladodiffusion sur globalresearch.ca .

La Global Research News Hour est désormais diffusée le vendredi à 18h00 PST, 20h00 CST et 21h00 EST sur Alternative Current Radio ( alternativecurrentradio.com )

Stations de radio communautaires diffusant l’heure Global Research News:

CHLY 101.7fm à Nanaimo, BC – les jeudis à 13h PT

Radio Port Perry à Port Perry, Ontario –1 jeudis à 13 h HE

Burnaby Radio Station CJSF de l’Université Simon Fraser . 90,1 milles marins dans la majeure partie du Grand Vancouver, de Langley à Point Grey et de la côte nord à la frontière américaine.

Il est également disponible sur le câble 93,9 FM dans les collectivités de SFU, Burnaby, New Westminister, Coquitlam, Port Coquitlam, Port Moody, Surrey et Delta, en Colombie-Britannique, au Canada. – Branchez-vous sur sa nouvelle heure – le mercredi à 16h PT.

La station de radio CFUV 101.9FM basée à l’Université de Victoria diffuse le Global Research News Hour tous les dimanches de 7 h à 8 h HP.

CORTES COMMUNITY RADIO CKTZ 89,5 de Manson’s Landing, en Colombie-Britannique, diffuse l’émission mardi matin à 10 h, heure du Pacifique.

La radio communautaire Cowichan Valley CICV 98.7 FM qui dessert la région de Cowichan Lake sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, diffuse l’émission le jeudi à 6 h, heure du Pacifique.

La radio de campus et communautaire CFMH 107.3fm à Saint John, NB diffuse les vendredis de Global Research News Hour à 10h.

Caper Radio CJBU 107.3FM à Sydney, au Cap-Breton , en Nouvelle-Écosse, diffuse le Global Research News Hour à partir de mercredi matin de 8 h à 9 h. Pour plus de détails, visitez www.caperradio.ca

RIOT RADIO, la station de radio visuelle basée au Durham College à Oshawa, en Ontario, a commencé à diffuser occasionnellement la Global Research News Hour. Branchez-vous sur dcstudentsinc.ca/services/riot-radio/

Radio Fanshawe: Le 106.9 The X (CIXX-FM) de Fanshawe de London, en Ontario, diffuse le Global Research News Hour le dimanche à 6 h avec un rappel à 15 h.

Thepowerofvoices.com , basé à Los Angeles, en Californie, diffuse le Global Research News Hour tous les lundis de 18 h à 19 h, heure du Pacifique.

Remarques:

1) Worthington, Chauncey Ford (2001). Écrits de John Quincy Adams (vol. VII). Boston, Massachusetts. p. 372.La source originale de cet article est Global ResearchHideRelated linksHide Liens connexesLa structure de l’hégémonie

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Les coulisses des relations États-Unis/Iran

Les coulisses des relations États-Unis/Iran

par Thierry Meyssan

En faisant assassiner en Iraq le général iranien Qassem Soleimani, le président Trump aurait failli provoquer la Troisième Guerre mondiale. C’est tout au moins la version de l’opposition US et de la presse internationale. Pour Thierry Meyssan, ce qui se passe en coulisse est très différent du show sur scène. Selon lui, on se dirige vers un retrait militaire coordonné des États-Unis et de l’Iran du Moyen-Orient.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 14 JANVIER 2020 عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHفارسىITALIANOROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇE

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JPEG - 31.7 koEn évoquant la « crise des otages » de 1979, qui a opposé le président Carter à l’Iran, le président Trump a réveillé l’orgueil des États-Unis. Mais cette histoire n’est qu’une présentation tendancieuse du journaliste Walter Cronkite. En s’y référant, il lançait un message à l’Iran qui avait su négocier à son profit un heureux dénouement avec le président Reagan.

Deux pays divisés

Les relations entre les USA et l’Iran sont d’autant plus difficiles à comprendre que ces deux États sont profondément divisés :

- Les États-Uns sont gouvernés par le président Donald Trump, mais tous les experts voient que l’administration fédérale lui est vivement opposée, n’applique pas ses instructions et participe à la procédure parlementaire en cours pour sa destitution.
• Il ne s’agit pas là d’une division politicienne entre Républicains et Démocrates, puisque le président Trump n’est pas issu de ce parti même s’il en a obtenu l’investiture, mais d’un clivage culturel : celui des trois guerres civiles anglo-saxonnes (la guerre civile britannique, l’indépendance états-unienne et la guerre de sécession). Elle oppose aujourd’hui la culture des rednecks, héritiers de la « conquête de l’Ouest », et celle des puritains, héritiers des « Pères pèlerins » du Mayflower [1].

- Il existe deux pouvoirs concurrents en Iran : d’un côté le gouvernement de cheikh Hassan Rohani et de l’autre le Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei. Contrairement à ce que prétendent les médias occidentaux, ce n’est pas tel ou tel groupe qui paralyse le pays, mais la lutte à mort que ces deux groupes se livrent l’un contre l’autre.
• Le président Rohani représente les intérêts de la bourgeoisie de Téhéran et d’Ispahan, des commerçants tournés vers les échanges internationaux et durement frappés par les sanctions US. Cheikh Rohani est un ami de longue date de l’État profond US : il fut le premier contact iranien de l’administration Reagan et d’Israël lors de l’affaire Iran-Contras, en 1985. C’est lui qui introduisit Hachemi Rafsandjani auprès des hommes d’Oliver North, lui permettant d’acheter des armes, de devenir le commandant en chef des armées et accessoirement l’homme le plus riche du pays, puis le président de la République islamique. Cheikh Rohani fut choisi par l’administration Obama et Ali-Akbar Velayati, lors des négociations secrètes d’Oman, en 2013, pour en finir avec le nationalisme laïque du président Mahmoud Ahmadinejad et rétablir les relations entre les deux pays.
• Au contraire le Guide de la Révolution est une fonction créée par l’imam Rouhollah Khomeiny sur le modèle du sage de la République de Platon —il n’y a rien de musulman là-dedans—. L’ayatollah Khamenei est censé veiller à ce que les décisions politiques ne contreviennent pas aux principes de l’islam et à ceux de la Révolution anti-impérialiste de 1978. C’est lui qui dirige la milice des Gardiens de la Révolution, dont le général Qassem Soleimani faisait partie. Il dispose d’un budget extrêmement variable selon les fluctuations imprévues des revenus pétroliers. C’est donc lui —et non pas l’administration Rohani— qui est le plus touché par les sanctions US. Au cours des dernières années, il a tenté de s’imposer comme référence au sein de l’islam en général, invitant à Téhéran tous les chefs religieux et politiques du monde musulman, y compris ses plus féroces adversaires.

La plupart des décisions prises par l’un ou l’autre des pouvoirs, aussi bien aux USA qu’en Iran, est immédiatement contredite par son concurrent.

Une autre difficulté à comprendre ce qui se passe provient des mensonges que ces deux puissances ont accumulé durant des années, dont plusieurs sont encore très présents. Nous ne citerons que ceux qui ont été évoqués ces derniers jours :

- Il n’y a jamais eu de crise des otages, en 1979. Le personnel diplomatique US qui a été fait prisonnier a été arrêté en flagrant délit d’espionnage. L’ambassade de Téhéran était le quartier général de la CIA pour tout le Moyen-Orient. Ce ne sont pas les Iraniens, mais les États-Unis qui ont violé les obligations du statut diplomatique. Deux Marines de la garde de l’ambassade ont dénoncé les agissements de la CIA, le matériel d’espionnage est toujours visible dans les locaux de l’ambassade et les documents ultra-secrets saisis sur place ont été publiés en plus de 80 volumes.
- La République islamique d’Iran n’a jamais reconnu l’État d’Israël, mais n’a jamais eu comme objectif d’en anéantir la population juive. Elle plaide pour le principe « un homme, une voix », tout en persistant à considérer qu’il s’applique aussi à tous les Palestiniens ayant émigré et acquis une nationalité étrangère. Elle a déposé en 2019 un projet de référendum d’auto-détermination en Palestine géographique (c’est-à-dire à la fois en Israël et en Palestine politique) au Conseil de sécurité de l’Onu.
- L’Iran et Israël ne sont pas des ennemis irréductibles puisqu’ils exploitent ensemble le pipeline Eilat-Ashkelon, propriété commune des deux États [2]
- L’Iran a cessé toute recherche sur l’arme atomique, en 1988, lorsque l’imam Khomeiny a déclaré les armes de destruction massive incompatibles avec sa vision de l’islam. Les documents volés par Israël et révélés par son Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2018 attestent que les recherches ultérieures n’ont porté que sur un générateur d’onde de choc (pièce entrant dans la fabrication d’un détonateur de bombe atomique) [3]. Il ne s’agit pas d’une pièce nucléaire, mais mécanique pouvant servir à d’autres usages.JPEG - 38.9 koVu d’Occident, le président Trump vient d’ajouter Qassem Soleimani à son tableau de chasse de terroristes assassinés. Mais vu du Moyen-Orient, il vient de changer de camp : après avoir abattu le calife Abou Bakr al-Baghdadi, il a tué le principal ennemi de Daesh, Qassem Soleimani.

L’assassinat du héros

Ces bases étant posées, examinons l’assassinat du général Qassem Soleimani et la crise qu’il a provoquée.

Le général Soleimani était un soldat d’exception. Il a fait ses armes durant la guerre imposée par l’Iraq (1980-88). Ses Forces spéciales, la section Al-Quods (c’est à dire Jérusalem en arabe et en persan), sont venues au secours de toutes les populations du Moyen-Orient victimes de l’impérialisme. Il était par exemple présent aux côtés du sayyed libanais Hassan Nasrallah et du général syrien Hassan Turkmani à Beyrouth, face à l’attaque israélienne en 2006. Il distinguait l’impérialisme et les États-Unis et négocia de nombreuses fois avec Washington, proposant même des alliances circonstanciées, comme par exemple en 2001 avec le président George Bush Jr. contre les Talibans afghans. Pourtant, à partir de mai 2018, il ne fut autorisé qu’à se battre aux côtés des communautés chiites. Violant le cessez-le-feu de la guerre de 1973, il lança des attaques contre Israël depuis le territoire syrien, plaçant Damas dans le plus grand embarras.

Le président Trump avait certes compris le rôle militaire qu’il jouait sous les ordres de l’ayatollah Khamenei, mais pas le symbole qu’il était devenu et l’admiration dont il jouissait dans presque toutes les académies militaires du monde. Il a pris un risque majeur en autorisant son élimination et a atteint sa propre réputation au Moyen-Orient. En effet, alors qu’en tant que président états-unien il n’avait cessé de s’opposer au soutien de son pays à Al-Qaëda et à Daesh, il s’est rendu responsable de la mort d’un homme qui a incarné sur de nombreux théâtres d’opération ce combat par son sang. Il n’est pas nécessaire de s’appesantir sur le caractère illégal de cet assassinat. Cela ne change guère du comportement des États-Unis depuis leur création.

L’assassinat de Qassem Suleimani faisait suite à la désignation par Washington des Gardiens de la Révolution comme une « organisation terroriste » (sic). Les Iraniens partagent le fort sentiment de constituer un peuple, une civilisation. Sa mort a donc provisoirement réunifié les deux pouvoirs politiques dans une unique émotion. Des millions de gens sont descendus dans les rues lors de ses funérailles.

Lorsqu’il est apparu que cette mort ne déclencherait pas de Troisième Guerre mondiale, et uniquement à ce moment là, Israël a revendiqué via CBS avoir confirmé au Pentagone la localisation du général Soleimani et via le New York Times avoir été informé de l’opération à l’avance. Informations invérifiablesJPEG - 73.7 ko

La conflagration n’aura pas lieu

Tous les médias occidentaux ont exposé les plans de riposte iraniens établis depuis plusieurs années. Mais ce n’est pas à partir de ces plans que le président Rohani, ni le Guide Khamenei, ont réfléchi. Les Iraniens ne sont pas des gamins qui se bagarrent dans une cour d’école. Ils forment une Nation. Les deux chefs ont réagi en fonction de l’intérêt supérieur de leur pays, tel qu’ils le conçoivent. Il ne faut donc pas accorder d’importance aux déclarations tonitruantes appelant à la vengeance. Il n’y aura pas de vengeance iranienne pas plus qu’il n’y a eu de vengeance du Hezbollah à l’assassinat illégal par Israël d’Imad Moughniyah en 2008 à Damas.

Pour cheikh Rohani, indépendamment de la mort du général Soleimani, il est indispensable de renouer avec Washington. Jusqu’ici, il a considéré que l’administration Obama était l’interlocuteur qui lui avait permis d’accéder au pouvoir. Donald Trump n’était qu’un accident de parcours appelé à être destitué dès le début de sa présidence (Russiagate et désormais Ukrainegate). Aussi avait-il rejeté ses nombreux appels à la négociation. Or, le président Trump est toujours là et il devrait y rester dans les quatre prochaines années. Touchée par ses sanctions illégales, l’économie iranienne est coulée. La réaction d’empathie internationale à l’assassinat illégal du général Soleimani lui permet donc d’aborder ces négociations non pas en position d’infériorité, mais de force.

Pour l’ayatollah Khamenei, non seulement les États-Unis sont des prédateurs pour l’Iran depuis un siècle, mais Donald Trump n’est pas un homme de parole. Non pas qu’il n’ait pas tenu ses promesses, mais parce qu’il n’a pas tenu celles de son prédécesseur. L’accord 5+1 avait été approuvé par le Conseil de sécurité de l’Onu. L’Iran le considérait comme une loi gravée dans le marbre. Or, Donald Trump l’a déchiré, ce qu’il avait parfaitement le droit de faire. À côté de cet accord public, un autre, secret, précisait la répartition des influences au Moyen-Orient. Ce second texte a été également annulé par le président Trump et c’est lui qu’il entend renégocier bilatéralement.

Rapidement l’Iran a annoncé ne plus respecter l’accord 5+1, tandis que les députés chiites iraquiens ont exigé le départ des troupes états-uniennes de leur pays. Contrairement à ce qu’on cru comprendre les médias occidentaux, ces deux décisions n’étaient pas des surenchères, mais des offres de paix. L’accord 5+1 n’existe plus depuis le retrait US. L’Iran le reconnait après avoir vainement tenté de le sauver. Le départ des troupes US non seulement d’Iraq, mais de tout le Moyen-Orient est un engagement pris par Donald Trump durant sa campagne présidentielle. Il ne pouvait le réaliser compte-tenu de l’opposition de son administration. L’Iran se range de son côté.

Les manifestations anti-iraniennes au Liban et en Iraq et contre le régime en Iran ont brusquement cessé.

Le puissant lobby des pétroliers US a apporté son soutien au président Trump en remettant en cause la « Doctrine Carter ». En 1980, le président Jimmy Carter avait posé que le pétrole du Golfe était indispensable à l’économie US. Par conséquent, le CentCom fut créé par son successeur et le Pentagone garantit l’accès des entreprises US au pétrole du Golfe. Mais aujourd’hui, les États-Unis sont indépendants en matière énergétique. Ils n’ont plus besoin de ce pétrole, ni par conséquent de déployer leurs troupes dans cette région. Pour eux, l’enjeu s’est déplacé. Il ne s’agit plus de s’approprier le pétrole arabo-perse, mais de contrôler les échanges pétroliers mondiaux.

Les dirigeants politiques n’ont pas su s’adapter au développement des moyens de communication. Ils parlent trop et trop vite. Ils tiennent des postures et ne savent plus revenir en arrière. Ayant proféré d’invraisemblables appels à la vengeance, les Gardiens de la Révolution devaient réagir. Mais responsables, ils ne devaient pas empirer les choses. Ils ont donc choisi de bombarder deux bases militaires US en Iraq sans faire de victime. Exactement comme la France, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient proféré des condamnations de la Syrie pour avoir prétendument utilisé des armes chimiques. Puis, en définitive, avaient bombardé une base militaire sans y faire de victime (mais ils provoquèrent un incendie qui tua des soldats et des civils aux abords de la base).

L’État profond US qui avait mal conseillé le président Trump a fait intervenir une voix sur la première chaîne de télévision iranienne pour appeler à tuer le président Trump. La voix a promis 80 millions de dollars de récompense. Désormais si le président est assassiné, il ne sera pas nécessaire de conduire une enquête, l’Iran sera a priori considérée comme coupable. Cependant, lorsque l’imam Khomeiny avait appelé à tuer Salman Rushdie, il n’y avait pas de récompense. Cette manière de faire est plutôt celle du Far West.

Durant cette période difficile, les Gardiens de la Révolution ont par erreur descendu un avion de ligne ukrainien qui décollait de Téhéran. L’ambassadeur du Royaume-Uni a alors organisé à Téhéran une petite manifestation demandant la démission de l’ayatollah Khamenei, question de sa rappeler aux bons soins des négociateurs. Cet épisode rebat les cartes et prive la milice de son avantage de victime.

Il va de soi que les États-Unis ne lâcheront rien sans contrepartie. Leur retrait militaire ne se fera qu’en coordination avec le retrait militaire iranien. Le général Qassem Soleimani incarnait précisément le déploiement militaire iranien. C’est ce double retrait qui est actuellement négocié. D’ores et déjà, nous assistons à un repli US de Syrie et d’Iraq vers le Koweït. L’épisode de la lettre envoyée, puis annulée, du général William Sheely III annonçant le départ des troupes US d’Iraq atteste que ces négociations sont bien en cours.

Les principes de la paix peuvent être fixés dès à présent, mais celle-ci ne pourra pas survenir tout de suite.
- Durant le deuil du général Soleimani, il n’est pas possible pour l’Iran d’admettre publiquement avoir conclu un accord avec son assassin.
- Un accord ne sera valable que s’il est approuvé par l’Iraq, le Liban, la Syrie, la Turquie et bien sûr la Russie (le Royaume-Uni malgré son agitation n’a pas de moyen de le faire échouer). Il conviendra donc de le mettre en scène lors d’une conférence régionale.

Qassem Soleimani serait sûrement fier de sa vie, si sa mort permettait d’établir la paix régionale.Thierry Meyssan

[1] « Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 octobre 2016.

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[2] « Israël et l’Iran exploitent ensemble le pipeline Eilat-Ashkelon », Réseau Voltaire, 2 janvier 2018.

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[3] « Shock Wave Generator for Iran’sNuclear Weapons Program:More than a Feasibility Study« , David Albright and Olli Heinonen, FDD, May 7, 2019. (PDF – 4.3 Mo).

https://www.voltairenet.org/article208835.html

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Le Temps et la “rébellion du temps”

Le Temps et la “rébellion du temps” 

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   dimanche 12 janvier 2020

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   Imprimer 1970

Le Temps et la “rébellion du temps” 

12 janvier 2020 – Ce fut une  folle semaine, terminée follement par l’incursion d’une entité que nous ne rencontrions plus, – la vérité qui fut dite par inadvertance par les menteurs du simulacre habituel au Système, et contestée en toute bonne foi par ceux qui prétendent dévoiler une  vérité-de-situation en s’attaquant aux menteurs pour les dénoncer. Ainsi pourrait être résumer, d’une façon très symbolique, le moment où les Iraniens annoncèrent qu’ils étaient les responsables, par erreur tragique, de la destruction du vol PS752 de l’Ukrainian International Airline décollant de l’aéroport international Imam Khomeini, de Téhéran.

Beaucoup d’appréciations et d’explications ont été données, allant de celle de  la simple approbation de la reconnaissance de sa responsabilité par l’Iran, à diverses supputations et dénonciations de machinations iraniennes et anti-iraniennes. C’est volontairement que je reste vague dans ces observations, moi-même emporté dans le flot des nouvelles et de leurs contradictions, parce qu’il est impossible de présenter une description nette de la réalité de ce qui est devenu une sorte de “temps rebelle”, même avec l’aide de la vérité pour un instant, parce que l’on sait depuis plusieurs années que  la réalité a été  désintégrée.

Prenez cette séquence de la destruction de l’avion ukrainien. D’abord l’événement qui soulève un intérêt assez faible, toute l’attention étant concentrée sur la “riposte” iranienne suivant l’assassinat de Soleimani ; puis une campagne de dénonciation lancée selon les méthodes habituelles de ce qui n’est alors qu’une prétendue destruction par un missile iranien ; puis la reconnaissance de leur responsabilité par les Iraniens, aussi inattendue que la rapidité de leur “riposte” ; puis un rassemblement d’hommage aux victimes de l’accident à Téhéran, exigeant la punition des coupables et aussitôt désignée “révolution de couleur”, avec des accusations  contre l’ambassadeur du Royaume-Uni…

Jusqu’ici, le conflit entre les USA et l’Iran avait la netteté des schémas longuement étudiés et tracés avec précaution. Désormais, il se brouille dans l’accumulation des événements qu’il fait naître, dans leur rapidité à s’affirmer puis à passer au second plan. Effectivement, s’épaissit le brouillard tourbillonnant “de l’absence de guerre”, dans un sens qui fait juger que la guerre est inutile pour arriver à nos fins de destruction du Système.

Tout cela se passe comme une danse folle sur un volcan en éruption, un tourbillon crisique autour de cette menace haletante d’une guerre entre les USA et l’Iran qui semble pourtant perdre toute sa substance… En attendant, la surprise est bien de voir que la fronde des parlementaires US contre cette possibilité de guerre, partie de la Chambre des Représentants, pourrait mettre  en danger le soutien des républicains au Sénat, alors que, – et ceci explique sans doute cela, – Nancy Pelosi a finalement décidé d’envoyer à ce même Sénat les articles de la mise en accusation du président. Curiosité de cette accélération des événements voulue et imposée par le Temps : la séquence iranienne était destinée en bonne partie, dans l’esprit de Trump, à renforcer sa position dans le procès en destitution qui l’attend…

Je parle bien d’une accélération du Temps, et je parle également d’un “temps rebelle” ou d’une “rébellion du temps” comme un produit du Temps-majusculé, considéré comme un acteur mythique de notre drame, comme si le Temps dans toute sa majesté se lassait des turpitudes que nous manufacturons et subissons, des préparatifs sans fin de la catastrophe à venir, et qu’il s’était décidé à accélérer les événements, leur rythme, leur intensité, leur vitesse. Nous n’y comprenons plus rien parce qu’il ne nous est plus laissé assez de temps pour chercher à comprendre, et aussi peut-être parce qu’il n’y a plus rien à comprendre et que les événements, à ce rythme, n’ont pour seule signification que de naître si rapidement pour favoriser cette accélération, puis de s’effacer…

Il est remarquable de constater que les positions des uns et des autres se trouvent complètement bouleversées, le plus souvent dans un sens inattendue ou bien sans aucun sens. Voir le Congrès chercher sérieusement à s’affirmer contre un président trop guerrier alors qu’il (le Congrès) a jusqu’ici favorisé toutes les guerres jusqu’aux plus absurdes, alors qu’il (le président) s’est fait élire notamment sur la promesse de faire cesser ses guerres dont il dénonçait l’inutilité et la sauvagerie ! Partout se déroulent et s’imposent de telles contradictions. Je remarque combien je me trouve en accord/en désaccord avec des gens et des orientations d’une façon complètement illogique par rapport à ce qui a précédé, et cela sans nul souci des étiquettes des uns et des autres.

On attend ceci ou cela de tel événement, mais pour découvrir aussitôt et en un éclair que peu importe. Le vrai est que rien d’autre n’importe que le déferlement de ces événements, les uns après les autres, les uns par-dessus les autres, parce que ce déferlement accentue le désordre du monde qui est la seule arme qui puisse l’emporter contre le désordre du Système.

Le Temps n’accorde plus à personne le temps de la réflexion pour mieux situer sa position, pour bien juger d’un événement et de ses implications. Le Temps a décidé d’agir en suscitant la “rébellion du temps”, de notre temps-courant, et nous allons devoir nous en accommoder, accepter de juger sans comprendre et de comprendre sans en rien connaître, appuyés sur une volonté d’inconnaissance qui rend accessoire tout ce qui ne fait pas l’essentiel de la bataille. Le Temps ne me laisse plus qu’un interstice de temps pour situer en un éclair où se trouve le Système par rapport à moi, dans cet événement qui vient à peine d’éclater et qui déjà s’achève, et me situer contre le Système dans cet éclair de temps.

Le Temps nous prend à notre propre piège, selon l’orientation transcendantale de l’“assassinat métahistorique”. Nous, – c’est-à-dire les zombies du Système, les modernes, les déconstructeurs, – nous avons organisé le désordre-chaos pour faire jaillir ce qui devait nécessairement complaire à notre raison et à notre belle conscience, dans le sillon triomphant de la modernité que nous traçons depuis quatre-cinq siècles. La riposte du Temps, c’est d’accélérer le temps pour accélérer le désordre et nous faire nous y perdre sans plus rien y comprendre

https://www.dedefensa.org/article/le-temps-et-la-rebellion-du-temps

In piracy we trust

In piracy we trust

11 Janvier 2020

L’Histoire est décidément un éternel recommencement… Qu’un empire vienne à décliner et le vieux schéma reprend, invariable : perte de légitimité et de puissance, hystérie, corruption, cupidité et brigandages en tout genres.

A cet égard, l’Amérique de Donaldinho, sans masque et sans scrupules, fait très fort, portant un coup terrible au prestige de Washington, donc à sa légitimité internationale. Certes, les administrations précédentes ne faisaient pas fondamentalement autre chose, mais subsistait toujours un vernis moral qui prétendait faire illusion, enrobé de belles phrases propres à convaincre la ménagère de moins de cinquante ans. Désormais, on ne prend plus de gants et la vérité crue apparaît aux yeux de tous.

Assad ne disait pas autre chose il y a quelques mois, lorsque l’occupant de la Maison Blanche sortait ses gros sabots et assurait benoîtement rester en Syrie pour le pétrole :

Trump est le meilleur président américain de l’histoire. Non pas que sa politique soit bonne mais parce qu’il est le plus transparent. Tous les présidents américains commettent des crimes. Ils finissent par remporter le prix Nobel et se posent en défenseurs des droits de l’homme alors qu’ils ne sont que des criminels représentant seulement les intérêts des lobbies pétroliers, d’armement ou autres. Trump, lui, dit clairement les choses : « Nous voulons le pétrole ». Que pourrions-nous rêver de mieux qu’un ennemi transparent ?

On se rappelle que cette franchise d’ailleurs exagérée (le pétrole syrien n’est qu’un prétexte) avait mis mal à l’aise le Deep State impérial. Si ce dernier est évidemment d’accord sur le fond, il a toujours été très soucieux sur la forme, habitué qu’il est à habiller ses intrigues/invasions d’élégants concepts : liberté, démocratie etc. C’est avant tout une question de légitimité.  Si l’hyperpuissance US n’a pas fondamentalement été remise en cause durant des décennies malgré ses turpitudes, coréenne ou vietnamienne entre autres, c’est qu’elle conservait un certain magistère moral face à une URSS totalitaire. Cette bonne conscience est maintenant en train de s’écrouler et le monde entier assiste au spectacle d’un empire rapace et déclinant qui ne lutte plus que pour ses intérêts.

L’on a vu dans le dernier billet que le parlement irakien avait voté le départ des troupes américaines et que la décision était entre les mains du gouvernement. Sentant le danger venir, Washington a pris les devants et proféré une folle menace qui relève carrément du grand banditisme : si Bagdad ordonne le retrait US, l’Irak n’aura plus accès à ses comptes de la Federal Reserve Banque de New York (la banque centrale américaine) où sont partiellement déposés ses revenus pétroliers ! De la piraterie à l’état pur…

Si, à court terme et localement, ce chantage peut rapporter, il est évidemment catastrophique à long terme pour le système financier des Etats-Unis, pilier incontournable de leur puissance. La force d’un empire réside dans la confiance qu’il inspire aux autres pays, qu’ils soient vassaux, alliés ou neutres. Celle-ci doit actuellement avoisiner le zéro absolu. Comme le disait Poutine dans un autre registre, à propos de la sanctionnite aiguë de Washington : « Ce n’est pas nous qui quittons le dollar, c’est le dollar qui nous quitte. Ceux qui prennent de telles décisions ne se tirent pas une balle dans le pied, mais plus haut. »

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Revue de presse nationale et internationale.