Un coup, un mort et une route

Un coup, un mort et une route

12 Novembre 2019

A peine notre dernier billet sur le recul impérial en Amérique latine était-il publié que la Bolivie était le théâtre d’un coup d’Etat qui fleure bon la CIA. Les ressemblances avec le Maïdan ukrainien sont d’ailleurs assez frappantes : un président quelque peu naïf, une opposition violente, liée à Washington, des pontes de la police et de l’armée qui trahissent leur gouvernement et retournent leur veste, une chasse aux sorcières qui débute…

Un coup d’Etat, donc ? Oui mais… Ce blog se doit avant tout d’être objectif et il faut reconnaître que l’ami Evo n’est pas non plus blanc comme neige. Personne n’a bien compris pourquoi le comptage des voix a soudain été arrêté pour finalement désigner Morales gagnant alors qu’il n’était qu’en ballotage favorable. Certaines vidéos montrent que ses partisans n’avaient rien à envier non plus à l’opposition sur le plan de la violence. Plus généralement, on peut difficilement contester que la Bolivie, y compris parmi sa propre base électorale, était lasse d’un président qui s’accrochait de plus en plus au pouvoir.

C’est lui-même qui, en 2009, avait inscrit dans la Constitution la limitation à deux mandats présidentiels. Pourtant, il se présentait là pour la quatrième fois ! Il avait déjà fait un tour de passe-passe en obtenant de la justice que son premier mandat (2006-2010) ne soit pas pris en compte. Puis, en 2016, il a perdu le référendum l’autorisant à se représenter mais une nouvelle et commode décision de justice a purement et simplement annulé le résultat du vote ! Dans un remake digne de l’euronouillerie, le tribunal a considéré que briguer une fonction est un droit de l’homme supérieur à la Constitution ou au résultat d’un référendum. Bref, vous l’aurez compris, Evo a quand même donné le bâton pour se faire battre…

Géopolitiquement, qu’est-ce que ça nous donne ? Pas grand chose à vrai dire. La Bolivie de Morales était une voix anti-impérialiste assumée mais, petit pays, elle n’a jamais beaucoup pesé sur la scène internationale. Comme nous le disions il y a trois jours, la perte de l’Argentine et la tangente prise par le Brésil, les deux poids-lourds du continent, sont autrement plus dramatiques pour Washington que le gain éventuel, somme toute modeste, de la Bolivie. Chose très intéressante, le Brésil a ouvert son espace aérien à l’avion d’Evo qui rejoignait l’exil mexicain. De quoi s’interroger, du côté de DC la Folle, sur les véritables intentions de Bolsonaro qui a d’ailleurs eu des paroles inhabituellement modérées  concernant les événements boliviens.

A 10 000 kilomètres de là, lundi, un curieux personnage a été retrouvé mort près de son appartement d’Istanbul. Accusé avec vraisemblance par Moscou d’être lié aux services secrets britanniques, James Le Mesurier était le fondateur des sinistrement célèbres Casques blancs, proches des barbus modérément modérés et spécialistes ès false flag chimiques.

A-t-il été liquidé par ses parrains parce qu’il en savait trop ? Son élimination faisait-elle partie de l’accord russo-turc sur le Nord syrien ? Est-ce un simple accident ? Pour l’instant, mystère…

Rien d’étrange en revanche devant l’inexorable avancée des Nouvelles routes de la Soie. Les derniers accords en date concernent la Grèce et une foule de contrats signés pour faire du pays de Périclès l’une des portes d’entrée vers l’Europe. Cette branche du réseau eurasien passe par le port du Pirée, déjà partiellement chinois et dont la croissance vertigineuse depuis quelques années en fera bientôt le premier port méditerranéen.

Les autres voies de la Soie ne sont pas en reste, comme en Asie centrale où l’influence économique du dragon est impossible à concurrencer. La blague locale est d’ailleurs cruelle pour l’UE : « Personne ne peut refuser l’offre chinoise, personne ne peut comprendre l’offre européenne ». En Russie, c’est un monumental pont qui verra le jour sur la Volga, afin d’écourter la route entre l’empire du Milieu et le Vieux continent. Brzezinski et McCain sont heureux de ne plus être là pour constater le désastre…

Tag(s) : #Amérique latine#Moyen-Orient#Chine#Europe#Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/un-coup-un-mort-et-une-route.html

Publicités

Trump et Zelensky veulent la paix avec la Russie…

Trump et Zelensky veulent la paix avec la Russie…


…les fascistes s’y opposent


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 14 novembre 2019

NBC News n’est pas impressionné par le premier jour du cirque de destitution de Trump,  animé par les démocrates. Mais il manque de noter en quoi consiste réellement le conflit :

C’était substantiel, mais pas dramatique.

A la manière réservée des anciens diplomates diplômés de Harvard, Bill Taylor et George Kent ont ouvert mercredi la phase publique de la procédure de mise en accusation du président Donald Trump en témoignant d’un stratagème qu’ils ont décrit comme étant non seulement extrêmement peu orthodoxe, mais aussi directement contraire aux intérêts américains.

« Il est clairement dans notre intérêt national de dissuader toute nouvelle agression russe », a déclaré Taylor, ambassadeur par intérim des États-Unis en Ukraine et ancien combattant de la guerre du Vietnam, en expliquant pourquoi la décision de Trump de suspendre l’aide convenue par le Congrès, pour contrer la cible la plus immédiate de l’expansionnisme russe, ne s’alignait pas sur la politique américaine.

Mais à un moment où les démocrates sont simultanément désireux d’influencer l’opinion publique en faveur de l’éviction du président, tout en craignant que leurs audiences ne piétinent, ou se retournent contre eux, ce premier tour ressemblait davantage à une répétition générale de costumes pour une pièce en un acte, qu’à la soirée d’ouverture d’une comédie musicale à succès de Broadway.

« En violation directe des intérêts américains », déclare NBC, citant un membre de l’État profond qui déclare « qu’il est clairement dans notre intérêt national » de donner des armes à l’Ukraine.

Mais est-ce vraiment dans l’intérêt national des États-Unis ? Qui l’a défini comme tel ?

Le président Obama était opposé à l’idée de donner des armes à l’Ukraine, et n’en a jamais donné malgré les pressions de certains milieux. La décision d’Obama était-elle contre l’intérêt national américain ? Où est-il accusé par les démocrates ou les membres les plus profonds de l’État ?

Ce qui nous amène au point vraiment critique de toute la question. Qui définit ce qu’est « l’intérêt national » en matière de politique étrangère ? Voici un point sur lequel, pour une fois, je suis d’accord avec la revue de droite National Review où Andrew McCarthy écrit :

Sur la question cruciale des intérêts de l’Amérique dans la dynamique Russie / Ukraine, je pense que la communauté politique a raison et que le président Trump a tort. Si j'étais président, même si je résisterais aux provocations gratuites, je ne m'associerais pas publiquement à l'illusion qu'une amitié stable est possible (ou, franchement, souhaitable) avec la dictature anti-américaine de Poutine, qui dirige son pays comme une famille de la mafia et agit en fonction de ses ambitions revanchardes.

Mais voyez-vous, tout comme la communauté des politiciens, je ne suis pas le président, Donald Trump l'est.

Et c’est là que la communauté des politiciens et moi nous divergeons. C'est le président, et non la bureaucratie, qui a été élu par le peuple américain. Cela le place - pas le Conseil de sécurité nationale, le département d'État, la communauté du renseignement, les militaires et leurs experts en la matière - en charge de l'élaboration des politiques. Si nous voulons rester une république constitutionnelle, c’est ainsi que cela doit fonctionner.

Nous avons fait le même diagnostic :

La Constitution des États-Unis "autorise le président à proposer et à négocier lui-même les accords entre les États-Unis et d'autres pays".

La Constitution ne donne aucun pouvoir à la "communauté politique gouvernementale", ni à "l'administration", ni à la "vision consensuelle des diverses agence" et certainement pas au seul Lieutenant-Colonel Vindman pour définir les intérêts stratégiques des États-Unis et leur politique étrangère. C'est le président dûment élu qui fait cela.

et :

Le président n'aime pas la manière dont la "politique américaine" a été élaborée. Il croit à juste titre qu'il a été élu pour la changer. Il avait exprimé son opinion sur la Russie pendant sa campagne et avait remporté les élections. Ce n'est pas une "influence maligne" qui le pousse à vouloir de bonnes relations avec la Russie. C'est sa propre conviction, légitimée par les électeurs. ...
 
C'est le président qui établit les politiques. L'essaim bourdonnant des exécutants autour de lui - qui servent "à son gré" - est là pour les mettre en œuvre.

Il y a un autre point à souligner concernant les affirmations de NBC. Il n’est pas dans l’intérêt de l’Ukraine d’être un substitut de l’antagonisme profond des États-Unis à l’égard de la Russie. Le baron voleur Iber Kolomoisky, qui, après le coup d’État du Maidan, avait financé les fascistes de l’ouest de l’Ukraine qui se sont battus contre l’est du pays, a déclaré ce qui suit directement dans son entretien avec le NYT :

M. Kolomoisky, largement considéré comme la personnalité la plus puissante de l’Ukraine en dehors du gouvernement, compte tenu de son rôle de parrain du président nouvellement élu, Volodymyr Zelensky, a connu un retour d'affection remarquable, il a dit : "Il est temps que l'Ukraine renonce à l'Ouest et retourne vers la Russie."
 
"Ils sont plus forts dans tous les cas. Nous devons améliorer nos relations", a-t-il déclaré, comparant le pouvoir de la Russie à celui de l'Ukraine. "Les gens veulent la paix, une bonne vie, ils ne veulent pas être en guerre. Et vous, les américains, vous nous nous obligez à être en guerre et ne nous donnez même pas l'argent pour cela" ...

M. Kolomoisky [..] a déclaré au Times, lors d’une discussion profanatrice que l’Occident avait échoué en Ukraine, ne fournissant pas assez d’argent et n'ouvrant pas suffisamment ses marchés.

Au lieu de cela, a-t-il ajouté, les États-Unis utilisent simplement l'Ukraine pour tenter d'affaiblir leur rival géopolitique. "La guerre contre la Russie, a-t-il déclaré, jusqu'au dernier Ukrainien." La reconstruction des liens avec la Russie est devenue nécessaire pour la survie économique de l'Ukraine, a déclaré M. Kolomoisky. Il a prédit que le traumatisme de la guerre passera. ...
 
M. Kolomoisky a déclaré qu'il cherchait fébrilement les moyens de mettre fin à la guerre, mais il a refusé de divulguer des détails, car les Américains "vont tout gâcher et se mettre en travers de la route".

L’interview de Kolomoisky est évidemment un ballon d’essai pour les politiques que Zelensky veut poursuivre. Comme Trump, il a fait campagne pour travailler à de meilleures relations avec la Russie. Il a reçu près de 73% des votes.

L’Ambassadeur Taylor et les autres participants au spectacle de clown d’hier à la Chambre, seraient certainement en mesure  «de pourrir la situation et d’entraver  l’action» si Zelensky poursuivait ouvertement la politique qu’il avait promise à ses électeurs. Ils sont associés aux fascistes ouest-ukrainiens avec lesquels ils ont organisé le coup d’État du Maidan :

La décision de Zelensky d’accepter des pourparlers avec la Russie sur l’avenir de l’est de l’Ukraine, au début du mois d’octobre, a suscité un tollé de la part d’une minorité relativement petite mais très forte d’Ukrainiens opposés à tout accord avec la Russie. Les manifestations ont été relativement de courte durée, mais les perspectives d'une fin négociée de la guerre dans la région du Donbass oriental sont devenues plus lointaines à la lumière de cette opposition interne. ...
 
Les partisans de la guerre avec la Russie sont l'ex-président Porochenko et deux factions parlementaires, European Solidarity et Voice, dont les soutiens se trouvent principalement dans l'ouest de l'Ukraine. Mais surtout, ils peuvent également compter sur des groupes paramilitaires de droite composés d’anciens combattants de la phase la plus chaude de la guerre dans le Donbass en 2014-5.

Environ 20% seulement des Ukrainiens sont favorables à la poursuite de la guerre contre les séparatistes de l’est, que la Russie soutient. Lors de l’élection présidentielle, Porochenko n’a recueilli que 25% des suffrages. Son parti, European Solidarity, a remporté 8,1% des voix lors des élections législatives. Voice a atteint 5,8%.

En poursuivant le conflit avec la Russie, l’État profond des États-Unis veut ignorer les souhaits non seulement des électeurs américains, mais aussi ceux de l’électorat ukrainien. Cet état d’esprit non démocratique est un autre point qui les unit aux fascistes ukrainiens.

Zelensky devrait ignorer les fauteurs de guerre de l’ambassade américaine à Kiev et intenter une action en justice pour une paix immédiate avec la Russie – il devrait également enquêter sur l’influence indue de Biden. La reprise des relations avec la Russie est également la mesure la plus simple et la plus efficace que l’Ukraine puisse prendre pour redresser son économie ruinée.

C’est dans l’intérêt national de l’Ukraine et des États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/trump-et-zelensky-veulent-la-paix-avec-la-russie

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

15 nov. 2019, 16:24

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

© Mikhail Palinchak Source: SputnikLa dernière réunion au Format Normandie a eu lieu à Berlin, en octobre 2016 (image d’illustration).

Selon l’Elysée, une réunion au «format Normandie» se tiendra le 9 décembre à Paris. Ce sommet «permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk», d’après la présidence française.

Une première depuis 2016 : une réunion au «format Normandie», réunissant la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine aura lieu le 9 décembre prochain à Paris. Selon un communiqué de l’Elysée, cité par Reuters, ce sommet «se tiendra alors que des avancées majeures sont intervenues depuis l’été dans les négociations, qui ont notamment permis le désengagement des troupes dans plusieurs zones de tension, et permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk». 

Depuis l’été, les déclarations en faveur d’une réunion quadripartite s’étaient multipliées. Le 7 août, le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avaient annoncé leur volonté d’organiser une réunion selon ce format lors d’un entretien téléphonique. Emmanuel Macron avait, dans la foulée, apporté son soutien à l’initiative. Lors du sommet du G7 à Biarritz, le 26 août, le président français avait estimé que les conditions étaient réunies pour que la réunion ait lieu dans les prochaines semaines en France. 

La date du sommet a par la suite tardé à être fixée, notamment en raison du report, à plusieurs reprises, du processus de séparation des forces dans le Donbass, établi comme l’une des conditions nécessaires à l’organisation de cette réunion. Le 9 novembre, le retrait des troupes de l’Ukraine et des insurgés avait finalement commencé, ouvrant la voie à la décision rendue publique ce 15 novembre. 

Lire aussi : Poutine salue les avancées dans le Donbass et veut une prorogation de la loi sur son statut spécial

International

https://francais.rt.com/international/67899-sommet-format-normandie-aura-lieu-9-decembre?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

13 novembre : comment Daech a changé la France

Vu des États-Unis.

13 novembre : comment Daech a changé la France

Publié le 13/11/2019 – 05:58

 Falco, Cuba
Falco, Cuba

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

Les attentats qui ont eu lieu le 13 novembre 2015 ont été un violent traumatisme pour le pays, rappelle The New York Times. Ils ont accru les tensions qui existaient déjà entre les musulmans français et la société française.

Programme Photovoltaïque

RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

La mort du leader de Daech, Abou Bakr Al-Baghdadi, fin octobre n’a pas suscité de grands débordements de joie, pas même de soulagement, en France – pays européen qui a pourtant le plus souffert de ses appels à la destruction.

La raison en est simple : les crimes de Daech et la peur qu’ils ont instillé dans la psyché nationale sont à présent tellement enracinés qu’ils ont irrémédiablement changé le quotidien de tous les Français.

En témoignent ces quelques événements survenus au cours du seul mois dernier : un ancien candidat d’extrême droite a tiré sur deux musulmans qui tentaient de l’empêcher de mettre le feu à une mosquée ; une mère de famille musulmane a été réprimandée par un représentant de l’État pour avoir porté un foulard [lors d’une sortie scolaire] ; et le président Macron a appelé à une “société de vigilance” après la mort de quatre officiers de police, poignardés par un de leurs collègues musulmans à la préfecture de Paris.À LIRE AUSSIVu d’Allemagne. L’attaque à la préfecture de police, un État défaillant face à l’islamisme

Juste une étape

Ces récents symptômes de ce que certains n’hésitent plus à appeler un traumatisme chronique pour la France illustrent pourquoi la mort d’Al-Baghdadi “n’est qu’une étape”, ainsi que l’a déclaré Emmanuel Macron dans une réaction très laconique à l’annonce de cette nouvelle.

Car la mort du chef terroriste ne contribue en rien à soigner les blessures infligées par les attentats de 2015 et 2016. Chaque jour au contraire, les plaies suppurent sous l’effet de la peur et du soupçon qui imprègnent désormais constamment les relations entre la société en général et la vaste communauté – pas toujours bien intégrée – des musulmans de France.

Dans un récent sondage Ifop, publié dans le Journal du dimanche, 61 % des personnes interrogées estiment que l’islam est “incompatible avec les valeurs de la société française”, un chiffre en hausse de 8 % par rapport au mois de février. Et près de 80 % jugent que la sacro-sainte laïcité est “en danger”, notamment à cause de l’islam.À LIRE AUSSIOpinion. En France, le vivre-ensemble est mis à mal

Attentats et libertés

Un fossé existait déjà bien avant les attentats de novembre 2015. Mais les massacres perpétrés par les petits soldats d’Al-Baghdadi – près de 1 700 ressortissants français ont rejoint les rangs de Daech, dont environ 700 ont pris les armes – n’ont fait que l’agrandir.

Les attentats ont également conduit à un durcissement des contrôles policiers et judiciaires subis par les citoyens et créé une atmosphère nettement plus indulgente en matière de répression policière. On l’a clairement vu cette année avec les violences policières pendant les manifestations des “gilets jaunes” – violences largement acceptées par la société bien qu’elles aient fait plusieurs milliers de victimes.À LIRE AUSSIVu des États-Unis. Les violences policières attisent la colère des gilets jaunes

Il y a aujourd’hui un débat en France sur le recul des libertés civiles depuis les attentats terroristes. François Sureau, éminent avocat constitutionnaliste et conseiller occasionnel de Macron, a publié un essai très controversé dans lequel il déplore “l’effondrement de l’édifice légal des libertés” en France, en partie à cause des attentats de 2015.

Moins de tolérance à l’égard des musulmans

D’autres spécialistes estiment que c’est une exagération.

Reste que le climat est incontestablement plus tendu en France depuis quatre ans. Rares sont ceux qui appellent l’État à un assouplissement de ses méthodes. Les attentats du 13 novembre 2015, qui ont coûté la vie à 131 personnes, ont changé la France et les responsables politiques ont profité d’un revirement de l’opinion publique, les Français acceptant désormais largement l’idée que ces circonstances nouvelles exigeaient des méthodes nouvelles.

Il est certain que [les attentats] ont été un violent traumatisme, dont les effets se font ressentir à travers le débat sur l’islam en France”, explique Zaki Laïdi, professeur en sciences politiques à Sciences Po Paris et conseiller de l’ancien Premier ministre Manuel Valls à l’époque des attentats.

Chloé Morin, également ancienne conseillère de Manuel Valls, travaillant aujourd’hui chez Ipsos, confirme : “Il y a moins de tolérance à l’égard des musulmans.”

Des tensions existantes qui se sont accrues

Tous reconnaissent néanmoins que les attentats n’ont fait qu’exacerber des tensions déjà existantes au sein de la société vis-à-vis des musulmans.

“Ces attentats ont renforcé la peur de l’islam, explique Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux et partisan d’une ligne réformiste. Le citoyen ordinaire ne fait pas la distinction entre le terrorisme, l’islamisme et l’extrémisme religieux”, précise-t-il.

Les tensions existantes, avant 2015, entre la France et les musulmans français ont été “considérablement amplifiées par les blessures subies par la France, évidemment, dit Zaki Laïdi. Cette flambée de la présence islamiste a été un choc énorme”, poursuit-il.

État d’urgence

Dans le bureau du Premier ministre, tout le monde se demandait comment le pays allait gérer la violence de ce choc”, se souvient Chloé Morin.

Le gouvernement a tout de suite proclamé l’état d’urgence. Il demeure à ce jour en partie en vigueur puisque les mesures mises en place ont été intégrées de manière permanente dans le droit français par le président Macron, alors que ces mêmes dispositifs avaient été dénoncés par les juristes qui défendent les libertés individuelles, comme François Sureau.

Les plus sensibles de ces mesures permettent la prolongation et le renouvellement de l’assignation à résidence des suspects, les perquisitions sans mandat d’arrêt et le port du bracelet électronique pour les personnes soupçonnées de terrorisme. Dans son pamphlet, Sureau écrit : “L’état d’urgence, ce sont 6 000 perquisitions administratives pour une quarantaine de mises en examen, dont vingt pour des faits d’apologie du terrorisme.”

Le refus de devenir un état sécuritaire

Pour autant, l’opposition à ces nouvelles mesures est restée très faible, que ce soit au moment de l’état d’urgence ou plus tard quand elles ont été votées.

Selon Laïdi, “l’immense majorité des Français n’ont pas le sentiment que leurs libertés individuelles sont menacées” et il en veut pour preuve le débat sur la brutalité des méthodes policières lors des manifestations des “gilets jaunes”, qui s’est éteint à peine commencé. Les quelques protestations éparses n’ont pas abouti.

L’avocat François Sureau a déposé de nombreux recours avec succès auprès du Conseil constitutionnel, par exemple contre le délit de consultation de sites “terroristes” – ce qui prouve, selon ses détracteurs, que les libertés individuelles dans le pays se portent toujours aussi bien.

Historiquement, les Français attendent de l’État qu’ils les protègent, dit Laïdi. Ces attentats n’ont fait que renforcer ces attentes.”

Pourtant le peu d’enthousiasme face aux deux ballons d’essai récemment lancés par Macron montre que, malgré les attentats de 2015, les Français ne souhaitent pas davantage de répression et refusent de devenir un état sécuritaire.

Délation ?

Macron a prôné une “société de vigilance” après les attaques meurtrières en octobre à la préfecture de Police, incitant les Français à “repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi” les signes de radicalisation. Une idée qui n’a pas trouvé grand écho auprès des Français.

Les élites françaises, observe Chloé Morin, d’Ipsos, ont considéré que le président appelait les citoyens à la délation. Certains ont également reproché au chef de l’État de renoncer au rôle traditionnel du gouvernement, qui est d’assurer la protection des citoyens.

La société française attachée aux libertés

Devant l’augmentation problématique du nombre de demandeurs d’asile, Macron s’est également exprimé sur l’immigration, lors d’un discours aux membres de son parti.

La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas ? Les bourgeois ne croisent pas l’immigration, ce sont les territoires les plus pauvres qui en sont le réceptacle. Les classes populaires subissent le chômage, la pauvreté, a-t-il dit. Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face.”

Une fois de plus, la réaction des Français n’a pas été enthousiaste face à ce qui a été considéré au sein même de son parti comme un basculement vers les thèses d’extrême droite sur l’immigration.À LIRE AUSSIVu de l’étranger. Immigration : l’extrême droite dicte l’agenda politique de Macron

Pour certains analystes politiques, le bilan de 2015 est double : il y a certes eu une prise de conscience accrue des risques mais également un refus de renoncer aux libertés traditionnelles françaises.

Il y a bien eu une prise de conscience, dit Zaki Laïdi, de Sciences Po. Mais pas de montée de la xénophobie, dit-il. La société française est farouchement attachée à ses libertés.”

Adam NossiterLire l’article original

https://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-13-novembre-comment-daech-change-la-france?xtor=EREC-21-[nl_bestof]-20191115-[vu_des_etats_unis_13_novembre_comment_daech_change_la_france]

Une base militaire russe dans le nord-est de la Syrie

Une base militaire russe dans le nord-est de la Syrie

ON: 15/11/2019  IN: ANALYSIS  WITH: 1 COMMENT

Les hélicoptères russes survolant depuis quelque temps le nord-est de la Syrie confirment des informations selon lesquelles la Russie est en train de construire au moins une base militaire sur la rive droite de l’Euphrate. Cette information sur la la localisation est à prendre avec caution. Il existe déjà des postes militaires russes sur la rive gauche de ce fleuve.

Le déploiement russe dans le nord-est de la Syrie répond à un impératif stratégique et s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nouvelle. Après avoir sécurisé la Syrie occidentale à l’exception de la province rebelle d’Idleb, Moscou compte aider Damas à restaurer son autorité dans le nord-est où les YPG kurdes servent de prétexte à une présence militaire US/Otan totalement illégale au regard du Droit international. Washington a eu le mérite de reconnaître que sa présence en Syrie est motivée par l’accaparation de sites pétroliers syriens pour financer ses propres opérations clandestines avec l’appui des auxiliaires kurdes.

La Turquie a justifié sa présence militaire en Syrie par la présence d’autres forces étrangères dans ce pays et conditionné le départ de ses forces par le retrait des autres forces étrangères. Washington a redéployé des forces vers l’Irak avant d’envoyer 800 militaires surveiller les sites de production d’énergie fossile en Syrie orientale pour « s’assurer que les revenus du pétrole syriens aillent dans les poches des chefs des milices kurdes corrompus » (une forme d’autofinancement d’une Opex en fin de compte). Moins médiatisées, les forces des autres pays de l’Otan ne font que du suivisme sans aucune réflexion. Elles ne peuvent survivre en Syrie sans le parapluie défensif US. D’où la confusion ayant suivi l’annonce du Président Trump d’un vrai faux retrait militaire US de Syrie.

La situation en Syrie ne ressemble ni à un jeu de Dames ou à un jeu d’échecs mais s’apparente bien à une immense partie de go

https://strategika51.org/2019/11/15/une-base-militaire-russe-dans-le-nord-est-de-la-syrie/.

La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar


La Russie dit que les BRICS recherchent un système de paiement commun sans dollar

Image de profil pour l'utilisateur Tyler Durden

par Tyler DurdenJeu., 14/11/2019 – 21:250ACTIONSTwitterFacebookRedditEmailImprimer

La fracture de l’économie mondiale et la dédollarisation semblent aller de l’avant. 

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, regroupés sous le nom de BRICS, sont cinq économies nationales émergentes qui développent un nouveau système de paiement universel pour contester le réseau de paiement international SWIFT des États-Unis, a déclaré  jeudi à Reuters un responsable russe  .  

L’effort de dépollution de la Russie a pris de l’ampleur au cours des dernières années, conformément à l’engagement pris par le président Poutine de réduire la vulnérabilité du pays face à la menace persistante de sanctions américaines. Mais il n’y a pas que la Russie qui souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des dollars pour le commerce, c’est l’ensemble du bloc économique  

Kirill Dmitriev, responsable du Fonds d’investissement direct russe (RDIF), a déclaré que « l’augmentation des risques non liés au marché de l’infrastructure mondiale de paiement » est à l’origine de la volonté de développer un nouveau système de paiement international pour les pairs du BRICS. 

« Un système de paiement BRICS efficace peut encourager les paiements en monnaies nationales et garantir des paiements et des investissements durables entre nos pays, qui représentent plus de 20% de l’afflux mondial d’investissements directs étrangers », a déclaré M. Dmitriev.

M. Dmitriev a indiqué que ses homologues du groupe BRICS avaient également discuté d’une nouvelle crypto-monnaie commune pour les paiements mutuels, en tant que solution de rechange au dollar. 

Il a ajouté que la Russie avait consenti des efforts considérables au cours des dernières années pour réduire le commerce extérieur en dollars. Au cours des dernières années, les paiements du commerce extérieur russe en dollars sont passés de 92% à 50%, tandis que les transactions en roubles sont passées de 14% à 3%, a-t-il ajouté. 

Mercredi, sous – ministre russe des Finances Vladimir Kolychev a été  cité  par Reuters comme disant fonds de richesse souverain russe réduira dollars américains et étudie si elle doit ajouter yuan chinois.  

Le mois dernier, le ministre russe de l’Economie, Maxim Oreshkin, a  déclaré  au Financial Times que le pays continuerait sur la voie de la dédollarisation et commencerait à négocier certaines transactions pétrolières en euros et en roubles.

Le désir de la Russie d’abandonner le dollar est une tendance qui ne cesse de croître – il semble maintenant que les pairs du BRICS pourraient suivre la même voie. Cela va certainement irriter Washington.

 https://www.zerohedge.com/geopolitical/russia-says-brics-looking-common-non-dollar-payment-system

Von der Leyen et Borrell martèlent que l’UE doit « apprendre à parler le langage de la puissance »

Von der Leyen et Borrell martèlent que l’UE doit « apprendre à parler le langage de la puissance »

le 14 novembre 2019

Von der Leyen et Borrell

Les deux dirigeants, qui vont entrer en fonction à Bruxelles le 1er décembre, annoncent des intentions martiales, voire impériales (éditorial paru dans l’édition de Ruptures du 28/10/19, et mis à jour)

Ursula Von der Leyen prendra ses fonctions à la tête de la Commission européenne le 1er décembre – en principe. L’ancienne ministre allemande de la Défense n’a pas attendu pour dévoiler son état d’esprit martial.

« Aujourd’hui, le soft power ne suffit plus si nous voulons nous affirmer dans le monde comme Européens » – Ursula Von der Leyen

Dans un discours prononcé à Berlin le 8 novembre, précisément à l’occasion du trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, elle a tenu de mâles paroles, passées hélas trop inaperçues. Pour la future plus haute dirigeante de l’UE, « l’Europe doit apprendre à parler le langage de la puissance ». Et pour que tout soit clair, elle a martelé : « aujourd’huile soft power ne suffit plus si nous voulons nous affirmer dans le monde comme Européens ».

Il est vrai qu’elle avait été précédée dans ce registre par le futur Haut représentant pour la politique extérieure et la sécurité de l’UE. Lors de son audition par les eurodéputés, le 7 octobre dernier, Josep Borrell avait déjà préparé le terrain par un tir d’artillerie. A 72 ans, l’actuel chef de la diplomatie espagnole, a une longue carrière derrière lui, commencée au sein du Parti socialiste espagnol (PSOE) et jalonnée de nombreux portefeuilles ministériels (ainsi que de quelques scandales). Il présida également l’europarlement de 2004 à 2007.

Ovation

Il a donc suscité l’enthousiasme de ses anciens collègues – qui l’ont salué en conclusion par une ovation debout – en exposant ses intentions, à commencer par un discours très dur à l’égard de Moscou. Pas question de lever les sanctions, a-t-il notamment martelé. Une profession de foi peu surprenante pour un homme qui avait proclamé, il y a quelques mois, que « la Russie, notre vieil ennemi, est redevenue une menace », ce qui avait provoqué un incident diplomatique avec Moscou.

Pour l’UE, il ne s’agit certes pas d’un virage à 180°. Cependant, l’actuelle titulaire du poste, l’Italienne Federica Mogherini, a régulièrement été soupçonnée de trop d’indulgence vis-à-vis du Kremlin, notamment par les Etats membres de l’Est, désormais ravis de l’inflexion revendiquée par son successeur. Ce dernier a d’ailleurs affirmé son intention (comme bien d’autres avant lui), de modifier les prises de décision en matière de politique extérieure : celles-ci devraient, selon lui, ne plus nécessiter l’unanimité. Une telle évolution est, en l’état, improbable (elle suppose l’accord de toutes les capitales), mais elle en dit long sur les ambitions des dirigeants de l’UE.

Et pas seulement vis-à-vis de la Russie. M. Borrell a en effet martelé que l’Union devait désormais « apprendre à utiliser le langage de la force » afin de s’affirmer comme une puissance dans le monde. Pour cela, il faudrait, a-t-il poursuivi, renforcer les capacités militaires de celle-ci, notamment en sortant du placard les « groupements tactiques ». Ces bataillons multinationaux avaient été créées en 2004 mais n’ont jamais été utilisés. Certes, cette perspective n’est pas réaliste à court terme, pour des raisons de divergences d’intérêts et de stratégies entre Etats membres, mais son énoncé donne le ton. D’autant que M. Borrell n’a pas manqué de signaler qu’on pouvait bien financer tout cela sur le Fonds baptisé « facilité européenne de paix » (bonjour Orwell), soit 10,5 milliards d’euros.

Pour M. Borrell, la crédibilité de l’UE se joue d’abord dans sa capacité à aider l’Ukraine contre l’« expansionnisme russe »

Pour M. Borrell, la crédibilité de l’UE se joue d’abord dans sa capacité à aider l’Ukraine contre l’« expansionnisme russe » ; ainsi que dans les Balkans qualifiés de « priorité pour notre politique extérieure ». Dès lors, le futur chef de la diplomatie européenne a annoncé qu’il comptait effectuer son premier déplacement officiel au Kosovo. Une annonce d’autant plus remarquable que l’Espagne est l’un de seuls pays de l’UE à n’avoir pas reconnu l’indépendance de cette province qui avait fait sécession de la Serbie grâce aux bombardements que l’OTAN – dont les pays européens – mena en 1999. Madrid est en effet réticent aux proclamations d’indépendance, car confronté aux revendications séparatistes catalanes. Mais la tentation de « l’Europe puissance » prime tout… En tout cas, la priorité affichée par le futur Haut Représentant rappelle cette sentence formulée il y a vingt ans par Bernard Kouchner selon laquelle « l’Europe commence à Pristina » (la capitale du Kosovo), manière de signifier que la véritable intégration européenne ne peut se fonder que sur une guerre.

Très en verve, le dirigeant espagnol a également évoqué l’immigration : « la poussée de la jeunesse africaine représente une chance pour l’Europe », a-t-il affirmé. Comprendre : pour les patrons européens. Les mauvais esprits rapprocheront cet appétit pour la mondialisation d’une phrase lâchée il y a un an devant des étudiants. Il se lamentait alors des difficultés d’unir l’Europe, là où les Etats-Unis s’étaient constitués facilement – « il leur a suffi de tuer quatre indiens », avait-il lâché en rigolant… Il s’était excusé par la suite, et fut vite pardonné puisque cette fascinante analyse historique n’émanait pas d’un dirigeant « populiste » ou d’extrême droite.

Précisément, M. Borrell a tenu à déclarer sa haine au « nationalisme », proclamant qu’il détestait les frontières. Cette ultime affirmation n’a rien d’anodin. Car une entité qui ne se reconnaît pas de frontière, cela se nomme précisément : un empire.

Cela méritait bien une ovation.

https://ruptures-presse.fr/actu/leyen-borrell-langage-puissance-empire/

La révolution du lithium. Tesla serait-il derrière le renversement de Morales?

La révolution du lithium. Tesla serait-il derrière le renversement de Morales?

Envoyer par email

0

Auteur : Olivier Renault | Editeur : Walt | Vendredi, 15 Nov. 2019 – 04h29

Le coup d’Etat en Bolivie intervient moins d’une semaine après la fin des négociations entre Evo Morales, le président de la Bolivie obligé de quitter son pays, et une firme multinationale exploitant le lithium.

La Bolivie a des gisements de lithium qui permettent de fabriquer des batteries comme celles utilisées dans les voitures électriques. Le coup d’Etat, qui a conduit dimanche à la démission d’Evo Morales et poussé le président à se réfugier au Mexique, est officiellement le fruit du résultat de journées de protestations du fait d’éléments de la droite en colère contre le gouvernement de gauche d’Evo Morales. La sénatrice Jeanine Añez, du parti de centre-droit Unité de la démocratie, est, en prévision des élections, actuellement présidente par intérim du gouvernement de l’Etat plurinational de Bolivie à la suite du coup d’État.

David Atkins, collaborateur de Washington Monthly a tweeté: «Le lithium en Bolivie appartient au peuple bolivien. Ce n’est pas la propriété des entreprises multinationales. Le coup militaire de dimanche en Bolivie a mis en place un gouvernement qui devrait changer la décision prise par le président démissionnaire, Evo Morales, qui avait annulé un accord stratégique avec une société allemande pour l’exploitation de gisements de lithium dans ce pays d’Amérique latine permettant la fabrication de batteries comme celles utilisées dans les voitures électriques». https://twitter.com/DavidOAtkins/status/1193970669286899712  David Atkins insiste sur le fait que «le lithium bolivien appartient au peuple bolivien» et «pas aux multinationales». L’analyste, Argus, spécialisé dans les investissements, a invité les investisseurs à suivre de près l’évolution de la situation et a noté que la production de gaz et de pétrole de sociétés étrangères en Bolivie était restée stable. Le gouvernement d’Evo Morales avait annoncé à l’époque qu’il était «déterminé à industrialiser la Bolivie et a investir des sommes énormes pour garantir que le lithium destiné à l’emploi des piles et batteries soit transformé dans le pays pour l’exporter uniquement pour servir les intérêts du pays sous forme d’une valeur ajoutée».

Evo Morales a refusé un accord avec une firme internationale exploitant le lithium. Le président de la Bolivie, actuellement en fuite, avait décidé d’annuler le 4 novembre dernier un accord commercial qui avait été réalisé en décembre 2018 avec la firme allemande ACI Systems Alemania (ACISA). C’est après plusieurs semaines de manifestations réalisées par des habitants de la région de Potosí où le lithium doit être exploité que Evo Morales a pris sa décision. La région du Potosí dispose de 50% à 70% des réserves mondiales en lithium et cette réserve se trouve dans les salines du Salar de Uyuni. Parmi les clients de la société allemande ACISA, on trouve le groupe Tesla d’ Elon Musk. Il est à signaler que les actions de Tesla ont augmenté lundi après le coup d’Etat. L’annulation de l’accord ACISA par le président déchu a ouvert la porte à une renégociation de l’accord avec des termes générant davantage de profits pour la population de la région ou à la nationalisation pure et simple de l’industrie d’extraction du lithium en Bolivie.

Comme Bloomberg News l’a noté en 2018, cette réserve fait de la Bolivie un lieu stratégique dans l’économie mondiale pour la prochaine décennie. En effet, la demande de lithium devrait plus que doubler d’ici 2025. Ce minerai est surtout extrait en Australie, au Chili et en Argentine. Mais la Bolivie, qui en a beaucoup, possède 9 millions de tonnes de Lithium qui n’ont jamais été exploitées commercialement et cela représente la deuxième plus grande production au monde. Jusqu’à présent, il n’existait aucun moyen pratique de l’exploiter et de le vendre.

Les répercussions sur le secteur du lithium et son exploitation ne sont pas encore connues suite à ce coup d’Etat comme l’indique, Stratfor, la société mondiale d’analyse du renseignement. À long terme, l’incertitude politique persistante rendra plus difficile pour la Bolivie sa capacité à augmenter sa production de métaux stratégiques comme le lithium ou à développer un secteur à valeur ajoutée sur le marché des batteries. Le climat peu propice aux investissements intervient à un moment où les opportunités mondiales dans la production de batteries au lithium se multiplient pour répondre à la demande croissante provenant de la fabrication de véhicules électriques. La semaine dernière, ACISA avait déclaré au média allemand Deutsche Welle: «Nous sommes confiants que notre projet de lithium sera repris après une phase de calme politique et de clarification».

La décision d’Evo Morales tombe à un moment où l’industrie allemande est justement en train de réorienter sa production automobile sur les voitures électriques roulant avec des batteries fabriquées au lithium et fournies par la société allemande ACISA comme l’écrit la Deutsche Welle https://www.dw.com/en/bolivia-scraps-joint-lithium-project-with-german-company/a-51100873  . A côté de Berlin, dans le Land de Brandenbourg, à proximité du tout nouveau aéroport international le BER, Elon Musk a déclaré ouvrir ce mercredi dernier une usine employant 8000 salariés pour produire des voitures électriques https://www.arcor.de/article/US-Elektroautobauer–Elon-Musk–Tesla-baut-europaeische-Fabrik-bei-Berlin/hub01-home-news-wirtschaft/8846698   . Le gouvernement allemand continue de célébrer en grande pompe cette décision qui doit conforter l’Allemagne comme le leader dans la production des voitures de la nouvelle génération.

– Source : Observateur Continental

http://www.zejournal.mobi/index.php/news/show_detail/18669

Que deviennent les figures des « gilets jaunes » ?

Que deviennent les figures des « gilets jaunes » ?

partagezRéagir

Chargement en cours
Priscillia Ludosky, le 20 janvier 2019 lors d'une manifestation à Paris

Priscillia Ludosky, le 20 janvier 2019 lors d’une manifestation à Paris1/6© AFP, Eric FEFERBERGA lire aussi

Éric Drouet, Priscillia Ludosky, Jacline Mouraud, Maxime Nicolle, Jérôme Rodrigues... Que deviennent les figures des "gilets jaunes" ?

FranceÉric Drouet, Priscillia Ludosky, Jacline Mouraud, Maxime Nicolle, Jérôme Rodrigues… Que deviennent les figures des « gilets jaunes » ?FranceBlack blocs et violences assombrissent la Marche pour le climat à Paris

AFP, publié le vendredi 15 novembre 2019 à 10h38

Parmi les figures médiatiques qui ont incarné la révolte sociale des « gilets jaunes », aucune n’a jeté l’éponge, mais un an après, ces anciens anonymes ont tous des manières différentes de poursuivre la contestation.

– Priscillia Ludosky, sur tous les fronts –

Avec sa pétition contre la hausse des prix des carburants, lancée plusieurs mois avant les manifestations, elle reste l’inspiratrice des « gilets jaunes » et s’est imposée comme la force tranquille du mouvement. 

Militante multi-cartes, cette auto-entrepreneuse a notamment rejoint la plateforme « gilets citoyens », pour veiller sur la mise en place de la convention citoyenne sur le climat, qu’elle considère comme « la seule idée des gilets jaunes directement appliquée par le gouvernement ».

La Seine-et-Marnaise s’investit en parallèle dans la dénonciation des violences policières, la promotion des propositions du « vrai débat », lancé par les « gilets jaunes » pour concurrencer le débat national d’Emmanuel Macron, la publication d’un livre auto-édité… Dernier cheval de bataille: la création d’un « lobby citoyen », qu’elle présentera le 15 novembre.

« On ne pourra pas manifester éternellement, c’est pour ça qu’on crée ce lobby », explique-t-elle à l’AFP. « Apartisane et asyndicale », l’organisation espère peser sur des sujets locaux comme nationaux.

– Eric Drouet, toujours dans la rue –

Le chauffeur routier avait annoncé se mettre « en retrait » fin avril, mais est resté actif sur les réseaux sociaux, et n’a jamais vraiment quitté la rue, en privilégiant les manifestations non déclarées. Ce qui lui a valu une nouvelle amende le 21 septembre.   

L’initiateur de la première mobilisation du 17 novembre prône toujours le rapport de force. Il a appelé à une « convergence » dans une vidéo mi-octobre, en invitant « pompiers, urgentistes, ouvriers, agriculteurs, chômeurs » à manifester à Paris, sans gilet. « Mettez les gilets jaunes de côté, c’est les citoyens qui seront dans la rue », exhorte-t-il.

Figure la plus controversée du mouvement, il a été relaxé début septembre des poursuites pour « participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations » lors de l’acte 6 du mouvement social le 22 décembre, et condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour le port d’une sorte de « matraque » dans son sac, un simple « bout de bois » selon lui.

– Maxime Nicolle, chroniqueur de la colère –

« Fly Rider », comme il se surnomme sur Facebook, continue ses « live » sur les réseaux sociaux. Le Breton manifeste encore très régulièrement et s’est notamment rendu à Toulouse récemment.

Depuis septembre, il travaille pour la web-télé « QG », lancée par la journaliste Aude Lancelin. L’ancien chauffeur y tient un rôle de chroniqueur mais aussi de reporter – en filmant par exemple la manifestation des pompiers du 15 octobre.

Il doit sortir un livre le 14 novembre. Un ouvrage présenté comme un « droit de réponse », après les critiques médiatiques qui lui ont reproché certaines thèses complotistes et son goût pour les publications du Front National sur Facebook.

– Jérôme Rodrigues, de retour –

Devenu symbole des violences policières après avoir perdu un œil lors d’une manifestation le 26 janvier, le plombier a souffert de « cyberharcèlement » et a fait une pause pendant l’été. Il prépare une plainte contre deux « gilets jaunes » qui l’attaquent régulièrement.

Fin août, il a participé au contre-sommet du G7 au Pays Basque, avant de revenir dans les manifestations parisiennes en septembre et de soutenir une action parisienne d’Extinction Rébellion. « J’attends avec impatience le week-end de mobilisation du 16-17 novembre, et aussi la grève du 5 décembre », confie-t-il à l’AFP en prônant une « convergence des luttes ».

Fin septembre, il a été entendu par le juge d’instruction qui enquête sur la perte de son œil. « Le travail qui a été fait est très positif », assure-t-il. Il n’a en revanche « aucune nouvelle » de la procédure ouverte en juillet pour des soupçons de violences conjugales après une altercation avec sa femme, qui avait nié publiquement toute violence physique.

– Ingrid Levavasseur, objectif municipales –

Son éphémère candidature aux européennes avait provoqué la rupture. Agressée par des « gilets jaunes », l’aide-soignante de 32 ans ne manifeste plus, mais continue de s’engager. 

Dans sa ville de Louviers (Eure), elle est candidate comme co-listière aux municipales de 2020. Cette mère célibataire a aussi fondé deux associations: l’une pour aider les familles monoparentales, l’autre pour défendre des propositions sociales et écologiques.

Début septembre, elle a publié une autobiographie qui détaille son engagement. « C’était essentiel pour moi que les gens comprennent que je ne suis pas rentrée dans ce mouvement parce que j’ai vu de la lumière », déclare-t-elle à l’AFP.

– Jacline Mouraud, rêve de l’Elysée –

Sa vidéo contre la « traque aux conducteurs », visionnée six millions de fois sur Youtube, l’avait catapultée au rang d’égérie des « gilets jaunes », avant que ses ambitions politiques ne passent pour une trahison.

L’aventure de son micro-parti, « Les Emergents », a été mise « entre parenthèses », après le départ de plusieurs membres du bureau qui ont dénoncé son « culte de la personnalité ». Ce qui n’empêche pas l’hypnothérapeuthe, « gaulliste » autoproclamée, de rêver de la présidentielle de 2022 et de s’imaginer en « candidate des territoires et du terroir ».

– François Boulo, le verbe jaune –

Choisi pour porter la parole médiatique des ronds-points de Rouen, l’avocat s’était fait remarquer pour ses joutes oratoires sur les plateaux télévisés.

En octobre, il a publié un manifeste, « La Ligne Jaune », qui « vise à restaurer l’image des +gilets jaunes+, car le traitement médiatique les a assignés aux faits de violence qui ont existé ici ou là », explique-t-il à l’AFP.

Il a également fondé une plateforme numérique du même nom, qui doit « mettre en réseau l’ensemble du mouvement » et compte 27.000 membres.

https://actu.orange.fr/france/que-deviennent-les-figures-des-gilets-jaunes-CNT000001ljIlL/photos/priscillia-ludosky-le-20-janvier-2019-lors-d-une-manifestation-a-paris-e8277891313573b7bb7cb1399e795c4f.html

Le secret derrière les démissions au Liban

Le secret derrière les démissions au Liban

RÉSEAU VOLTAIRE | 13 NOVEMBRE 2019 ESPAÑOLITALIANO

+

Au début de la révolte libanaise d’octobre 2019, les chrétiens des Forces libanaises de Samir Geagea (photo) et des Phalanges de la famille Gemayel [1] ont organisé les premiers barrages.

Les cadres de ces deux organisations avaient été informés par le roi Abdallah II de Jordanie que, Jared Kushner, conseiller spécial du président Donald Trump, a proposé au Premier ministre (sunnite) Saad Hariri de naturaliser libanais non seulement les Palestiniens réfugiés en Syrie, mais aussi les Palestiniens de Cisjordanie. Cette naturalisation est la clé du « Deal du siècle » annoncé par la Maison-Blanche il y a plus d’un an et constamment reporté. Elle ferait basculer l’équilibre démographique du Liban au détriment des chrétiens et des chiites, ce qui a ravivé les peurs de la guerre civile (1975-90).

Samir Geagea et les cadres des Forces libanaises ont été les premiers députés libanais à démissionner au début de la crise. Il ont invité toute la classe politique à suivre leur exemple, particulièrement le Premier ministre Saad Hariri. Celui-ci a alors également démissionné, mais sans en informer préalablement ni ses alliés chrétiens du Courant patriotique libre (président Michel Aoun), ni ses alliés chiites du Hezbollah [2].

Si le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, appelle au calme, d’autres forces US sont impliquées dans le tumulte actuel.

Dans un article rédigé pour la Brookings Instition de Doha, Jeffrey Feltman (ancien ambassadeur US à Beyrouth, puis adjoint de la secrétaire d’État Hillary Clinton, et enfin n°2 de l’Onu) avait dénoncé la pire coalition pour un « Américain » : le Hezbollah et la Maison-Blanche (sic) [3]. Il avait déploré la suspension de l’aide US à l’armée libanaise et avait appelé à demi-mots à un coup d’État militaire en faveur du général Joseph Aoun.

Des agitateurs du Canvas (spécialistes des « révolutions colorées » formés par Gene Sharp) de Doha ont été identifiés durant les manifestations libanaises [4].

<img src="https://www.voltairenet.org/rien.gif" alt="

[1] Les Phalanges ou Kataëb ont été formées en 1936 sur le modèle des phalanges espagnoles de José Antonio Primo de Rivera. C’est le seul parti politique fasciste survivant de la Seconde Guerre mondiale.

Facebook

[2] Après avoir longtemps envisagé que le Hezbollah soit impliqué dans l’assassinat de son père, Rafic Hariri, le Premier ministre a fait volte-face après sa séquestration à Riyad et est devenu l’allié du Hezbollah.

Twitter

[3] « With Lebanon making fragile progress, now is the wrong time to pull US assistance », Jeffrey Feltman, Brookings Institution, November 1, 2019.

Delicious

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

https://www.voltairenet.org/article208301.html

Seenthis
Digg
RSS
Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités