L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome) / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

La coalition populiste en Italie refuse de plier face à la Commission européenne et ne devrait présenter mardi aucune modification de son budget pour 2019, prenant le risque de sanctions financières, dont la mise en oeuvre reste néanmoins assez hypothétique.

Pour la coalition formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), le budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue qui va, elle-même, permettre de réduire le déficit public et la dette.

L’Italie, qui a jusqu’à mardi soir pour revoir sa copie, devrait se prononcer après une réunion entre le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et ses deux vice-Premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue) et Luigi Di Maio (M5S), puis un conseil des ministres prévu à partir de 20H00 (19H00 GMT).

Les autorités européennes, soutenues par l’ensemble de la zone euro, restent sourdes aux arguments italiens et fustigent ce budget annonçant un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020.

Le 23 octobre, elles ont rejeté ce projet, une première dans l’histoire de l’Union européenne.

La Commission ne croit pas que Rome respectera ce seuil. Selon elle, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l’an prochain et à 3,1% en 2020.

Elle table en effet sur une croissance de 1,2%, alors que Rome prévoit 1,5%.

– 1%, 1,2% ou 1,5% de croissance ? –

« Le taux de croissance ne se négocie pas, c’est le résultat d’une évaluation extrêmement technique », a martelé mardi le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, démentant des informations de presse sur des discussions en vue d’une révision.

Mais dans un rapport publié mardi après une mission à Rome la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé tabler sur 1% de croissance en Italie en 2020 et s’est montré sceptique sur les réformes annoncées par le gouvernement italien.

« L’accent des autorités sur la croissance et l’inclusion sociale est bienvenu », a estimé le fonds, mais les prévisions actuelles devraient maintenir la dette publique autour de 130% du PIB pour les trois prochaines années, mettant le pays à la merci de « chocs mineurs » susceptibles d’imposer des mesures d’austérité qui transformeraient une croissance ralentie en nouvelle récession.

Ces derniers jours, M. Tria a accusé Bruxelles de « défaillance technique » dans ses calculs et expliqué que le gouvernement entendait confirmer les « piliers » de son projet de budget, tout en maintenant le dialogue.

Il a en outre répété que le gouvernement était prêt à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le déficit ne dépasse pas le seuil de 2,4%.

En refusant de changer son budget, Rome s’expose à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros).

– Les marchés, « vrais gardiens » –

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a cependant multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à « un compromis ».

Selon Lorenzo Codogno, fondateur du cabinet LC Macro Advisors, « la Commission fera un premier pas pour mener l’Italie vers la procédure de déficit excessif (PDE) avec la publication d’une mise à jour du rapport sur la dette attendue le 21 novembre ».

« D’ici fin janvier, l’Italie sera en PDE mais le délai prévu pour préparer des plan de correction (environ trois à six mois) permettra à l’Italie d’atteindre les élections européennes sans obstacle », a précisé l’ancien économiste en chef du Trésor italien. Et « rien ne se passera avant que la nouvelle Commission ne soit en place » à l’automne 2019.

D’après M. Codogno, faute d’action rapide au niveau européen, les marchés financiers seront, « comme d’habitude, les vrais gardiens de la discipline budgétaire ».

Depuis mi-mai, date du début des discussions pour la formation de la coalition populiste, le spread, l’écart très surveillé entre les taux d’emprunt italien et allemand, a doublé, oscillant désormais autour de 300 points. Selon la Banque d’Italie, cela représente un coût supplémentaire de 1,5 milliard d’euros en intérêts sur six mois.

(©AFP / (13 novembre 2018 17h07)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Italie-refuse-de-plier-face-Bruxelles-et-maintient-son-budget/971108.rom

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Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent

Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent


Par MK Bhadrakumar – Le 29 octobre 2018 – Source Strategic Culture

2015-03-19_14h09_03Le sommet des quatre nations Turquie-Russie-Allemagne-France sur la Syrie, qui s’est tenu à Istanbul le 27 octobre, a obtenu un résultat impressionnant. Tous les participants – chacun avec ses propres intérêts – ont retiré quelque chose du sommet, ce qui est en soi une mesure du succès de la manifestation. Ceci est également important car les participants ont maintenant une raison de travailler ensemble.

Istanbul Summit on Syria Was a Success but Caveats Remain

Un tel résultat peut être interprété de la manière suivante. D’abord et avant tout, un conflit régional majeur ayant une incidence sur la sécurité internationale a été traité sans la participation des États-Unis. Un signe de notre époque ?

Deuxièmement, les participants ne se sont pas querellés au sujet du destin du président Bachar al-Assad. Le débat devient futile aujourd’hui compte-tenu des réalités du terrain. La nation syrienne devrait décider de son avenir. C’est aussi la demande d’Assad.

Troisièmement, une réflexion sérieuse a été engagée sur le chemin vers un règlement syrien – cessez-le-feu, rédaction de la nouvelle constitution suivie d’élections sous la supervision de l’ONU.

Quatrièmement, les participants ont ignoré le plan américano-israélien de balkanisation de la Syrie en sphères d’influence et ont également brisé le rêve israélien d’obtenir, dans le cadre de l’arrangement, une légitimité internationale pour son occupation illégale du plateau du Golan.

Cinquièmement, l’Allemagne et la France se sont montrées sensibles à la demande russe qui a insisté sur l’urgence de fournir une aide humanitaire à la Syrie et d’aider à la reconstruction – les États-Unis ont subordonné cette décision à la destitution d’Assad. Nous devrons voir comment cela se déroulera, mais le sommet a également souligné l’importance du retour des réfugiés syriens –  question cruciale pour les pays européens.

Sixièmement, les participants ont reconnu que les terroristes encore en Syrie devaient être éliminés, même s’ils appuyaient également de manière significative l’accord de cessez-le-feu d’Idlib, conclu entre la Turquie et la Russie.

Le résultat final est que l’ordre syrien d’après-guerre fait actuellement l’objet de discussions. Cependant, il faut aussi comprendre que la guerre par procuration ne se termine pas, mais se transforme en une guerre diplomatique à venir et qui sera bien entendu vivement combattue, compte tenu des intérêts divergents des protagonistes extérieurs.

De manière générale, la Russie et la Turquie commandent dès maintenant. Leurs propres visions sont bonnes mais il y a aussi des zones grises. L’importance d’une coordination étroite entre la Russie et la Turquie ne peut être que soulignée.

L’Iran ne peut pas se réjouir d’avoir été exclu du sommet d’Istanbul. Mais cela peut montrer aussi une sous-estimation du fait que l’Iran n’est pas en position d’affirmer ses intérêts légitimes. Les consultations étroites entre la Russie et l’Iran – et pas seulement en ce qui concerne la Syrie – sont bien entendu le facteur atténuant.

De même, l’attitude saoudienne « post-Khashoggi » à l’égard de la Syrie reste le « known unknown ». Les États-Unis sont en mesure de faire chanter l’Arabie saoudite pour continuer à financer leur présence militaire en Syrie, mais les Saoudiens peuvent ne pas avoir envie de projeter leur puissance à l’étranger. Quelque chose a fondamentalement changé : les Saoudiens ne sont pas habitués à ce que leur prestige soit traîné dans la boue, comme ce fut le cas le mois dernier, et l’expérience traumatique ne peut que donner à réfléchir.

De plus, les Saoudiens n’osent pas croiser le fer avec la Turquie sur le terrain de jeu syrien. Surtout, les Saoudiens ne voudraient pas saper les efforts de la Russie pour stabiliser la Syrie, car la bonne volonté et la coopération de Moscou sont extrêmement vitales pour Riyad au cours de la période à venir, maintenant que la raison d’être de son « Pivot vers l’Est » est incontestable.

Fondamentalement, la France et l’Allemagne sont des poids légers en Syrie. L’agenda était limité au sommet d’Istanbul. La Russie doit savoir parfaitement qu’en dernière analyse, la participation des États-Unis est cruciale. Il est tout à fait concevable que lors du prochain sommet russo-américain à Paris le 11 novembre, la Syrie soit un sujet de discussion majeur.

La politique américaine en Syrie est à la croisée des chemins et dépendra beaucoup de la position du président Trump à la suite des élections de mi-mandat du 6 novembre aux États-Unis.

Clairement, la situation était loin d’être celle de trois alliés importants des États-Unis organisant une mutinerie sur le navire de l’OTAN. L’Allemagne et la France auront certainement consulté Washington avant le sommet d’Istanbul – qui se prépare depuis des mois.

La grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques. L’affaire Khashoggi a créé une certaine proximité entre les États-Unis et la Turquie. Ironiquement, le Deep State en Amérique et Trump sont sur la même longueur d’onde, redécouvrant l’importance vitale de la Turquie pour les stratégies régionales des États-Unis.

Les porte-parole du Deep State accusaient le président turc Recep Erdogan d’être « islamiste » et « autoritaire », etc., et ont probablement même tenté de le renverser lors du coup d’État manqué de 2016, mais aujourd’hui, ils le louent pour avoir épousé la démocratie islamique, la panacée pour la région.

Erdogan, à son tour – ou du moins une partie de lui-même – avait toujours rêvé de la reconnaissance de l’Occident, alors qu’il cherchait le rôle de leader historique de la Turquie au Moyen-Orient, et la particularité de servir de pont entre l’Ouest et la région. De même, Trump sera éternellement reconnaissant à Erdogan de s’abstenir de tout raconter sur l’affaire Khashoggi et de l’avoir aidé à mettre fin à une crise majeure pour sa présidence sur le front de la politique étrangère.

Inutile de préciser que cette transition dans l’amour vache entre les États-Unis et la Turquie peut affecter profondément la géopolitique du Moyen-Orient – à condition bien sûr que Washington joue soigneusement ses cartes en ce qui concerne la liste de souhaits d’Erdogan sur une foule de questions en suspens, y compris certaines d’une grande sensibilité.

La Syrie est quelque part au sommet des priorités d’Erdogan. Si désagréable que cela puisse paraître, Erdogan s’attendra à ce que les Américains poussent leurs alliés kurdes syriens dans le fossé. Hier, l’armée turque a bombardé les positions kurdes à l’Est de l’Euphrate.

Il est maintenant difficile de prédire comment la politique turque se déroulera en Syrie, car les variables sont trop nombreuses. Un rapprochement américano-turc est difficile à réaliser. Mais pourtant les Turcs et les Américains sont aussi de vieux alliés et ils ont le moyen de se creuser la tête pour recommencer à travailler ensemble.

MK Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-sommet-distanbul-sur-la-syrie-a-ete-un-succes-mais-les-mises-en-garde-demeurent

Poutine s’insurge contre la manipulation de l’information par le gouvernement de Macron

Dans une interview exclusive à RT France, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé le refus, récemment exprimé par le gouvernement, d’accréditer RT France à l’Élysée. Il défend la «liberté de circulation de l’information».

Le chef de l’État russe a regretté la «constitution de listes d’autorisations d’accès», qui sépareraient les médias que le pouvoir juge «bons» de ceux qui «seraient mauvais».

Francesca de Villasmundo

https://www.medias-presse.info/poutine-sinsurge-contre-la-manipulation-de-linformation-par-le-gouvernement-de-macron/100823/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi273

La Bulgarie se retire du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU

A son tour, la Bulgarie souhaite se retirer du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU, a indiqué lundi un représentant du parti conservateur au pouvoir, rejoignant la position de la Hongrie et de l’Autriche, ainsi que des Etats-Unis.

« La position du gouvernement bulgare est de ne pas adhérer au pacte mondial pour la migration de l’ONU », a déclaré Tsvetan Tsvetanov, vice-président du parti GERB dirigé par le Premier ministre conservateur Boïko Borissov.

Imaginé pour imposer aux Etats des directives communes en matière de gestion et d’accueil de l’immigration, le contenu du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU a été négocié durant plus de 18 mois, validé en juillet et sera formellement adopté par l’ensemble des signataires lors d’un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre 2018.

https://www.medias-presse.info/la-bulgarie-se-retire-du-pacte-mondial-pour-les-migrations-de-lonu/100832/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi273

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Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Vladimir Poutine : en Syrie, Daech détient des otages américains et européens, mais l’Occident se tait

Vladimir Poutine : en Syrie, Daech détient des otages américains et européens, mais l’Occident se tait


Séance plénière de la réunion du 15e anniversaire du Club de discussion international Valdaï, 18 octobre 2018.


Le site web du Kremlin – Le 18 octobre 2018

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[…] Fyodor Lukyanov : La conférence de Valdaï d’il y a trois ans (en 2015) s’est déroulée exactement deux semaines après le début de l’intervention militaire russe en Syrie.

Je me souviens que l’un de nos collègues vous a posé la question suivante : « Cela valait-il vraiment la peine de s’impliquer ? Car il y aura des coûts et des pertes, et on ne sait pas comment cela va finir. » Et vous avez prononcé cette phrase mémorable, qui a été énormément citée par la suite : « Il y a 50 ans, j’ai appris une règle dans les rues de Leningrad : si le combat est inévitable, il faut frapper le premier. »

Eh bien, nous avons frappé, et trois ans plus tard, la situation en Syrie a effectivement radicalement changé, mais il est toujours impossible de dire que le problème a été résolu. Les événements récents donnent des impressions à la fois positives et négatives. Je voudrais donc répéter la question posée il y a trois ans : « Peut-être que cela ne valait pas la peine de prendre ce risque, car les pertes se sont avérées sérieuses ? »

Vladimir Poutine : Je me souviens de cette question, mais ça sonnait plutôt comme « Des pertes sont-elles possibles ? ». J’ai ensuite répondu : « Oui, c’est possible, mais nous devons empêcher le pire cours des événements. » Et quel serait le pire développement pour nous ? Une « somalisation » totale de cette région, une dégradation complète de l’État et l’infiltration d’une partie importante des militants sur le territoire de la Fédération de Russie et sur celui d’États voisins avec lesquels nous n’avons ni barrière douanière ni frontière, un régime d’exemption de visa. Cela aurait présenté un danger réel et sérieux pour nous.

Mais nous avons en grande partie écarté ce risque par nos actions, car nous avons infligé d’énormes pertes aux terroristes en Syrie. Un grand nombre d’entre eux ont été éliminés et, Dieu merci, certains ont décidé de renoncer : ils ont déposé les armes après avoir perdu la foi en les principes qu’ils considéraient justes. Je dirais que c’est là le résultat le plus important.

La deuxième chose, non moins importante, est que nous avons préservé l’État syrien, et, dans ce sens, contribué à stabiliser la région. Nous en avons discuté en détail avec le Président égyptien hier ; il partage cette position, et elle est partagée par de nombreux autres pays. C’est pourquoi je pense que nous avons généralement atteint les objectifs que nous nous étions fixés lors du lancement de l’opération en République arabe syrienne. Nous avons obtenu un résultat.

Après tout, quelques années avant nous, les pays qui ont accepté de participer à ces opérations antiterroristes, le plus souvent volontairement, et peut-être même avec des buts et objectifs discutables, quels résultats avaient-ils obtenus au cours des trois années précédentes ? Aucun. Alors que pour notre part, nous avons libéré près de 95% de tout le territoire de la République syrienne. Ceci est mon premier point.

Deuxièmement, nous avons soutenu et raffermi l’État syrien, prévenant son effondrement. Il est vrai qu’il y a encore beaucoup de problèmes. Nous voyons ce qui se passe actuellement sur la rive gauche de l’Euphrate. Nos collègues le savent probablement : ce territoire est sous la domination de nos partenaires américains. Ils comptent sur les forces armées kurdes.

Mais il ont manifestement laissé des failles : Daech reste présent dans plusieurs endroits et a récemment commencé à élargir sa zone d’influence. Ils ont pris en otage 130 familles, près de 700 personnes.

Je pense que peu de personnes présentes ici savent qu’ils ont formulé des ultimatums et des exigences et averti que si ces ultimatums n’étaient pas respectés, ils tueraient 10 personnes par jour. Avant-hier, 10 personnes ont été abattues. Exécutées. Ils ont commencé à mettre leurs menaces à exécution.

C’est tout simplement horrible. Je considère que c’est une véritable tragédie. Nous devons faire quelque chose. Pourquoi nos collègues (occidentaux) gardent-ils le silence ? Selon nos informations, plusieurs citoyens américains et européens font partie des otages.

Tout le monde se tait, il y a un silence complet, comme si rien ne se passait. Par conséquent, il reste encore beaucoup à faire, c’est vrai. Mais je répète que dans l’ensemble, nous avons atteint notre objectif.

La prochaine étape est un règlement politique aux Nations unies, à Genève. Nous devons maintenant former un comité constitutionnel. Les progrès ne sont pas faciles, mais nous progressons toujours. J’espère que nous irons de l’avant avec nos partenaires dans ce domaine.

Fyodor Lukyanov : Vous avez dit que certains militants ont perdu la foi et ont compris qu’ils avaient tort. Tout d’abord, êtes-vous sûr qu’ils ont perdu la foi ? Peut-être étaient-ils simplement vaincus, et qu’ils se sont rendu compte qu’il était inutile de continuer à se battre, mais la situation pourrait évoluer et les amener à retrouver leur foi ?

Vladimir Poutine : Peut-être. Peut-être. Vous avez probablement en partie raison.

Certains d’entre eux ont vraiment baissé les bras et se sont rendu compte qu’ils avaient des objectifs illégitimes. D’autres ont simplement profité de nos mesures humanitaires pour le moment et sont prêts à reprendre les armes à tout moment. C’est possible.

Cela signifie simplement que nous devons tous être sur le qui-vive, ne pas sous-estimer les menaces et intensifier notre travail commun pour lutter contre le terrorisme, l’idéologie du terrorisme et le financement du terrorisme.

Fyodor Lukyanov : Une question sur l’actualité, si vous me le permettez. Le 15 octobre était une date limite fixée par la Turquie pour faire certaines choses à Idlib. Pensez-vous qu’elle a accompli ce qu’elle était censée faire ?

Vladimir Poutine : Non, pas encore, mais elle y travaille. Nous le voyons. À cet égard, je tiens à remercier nos partenaires turcs. Nous voyons qu’ils travaillent à cela. Ce n’est pas simple. Au contraire, tout est compliqué, mais ils respectent leurs engagements.

La zone démilitarisée dont nous avons convenu est en train d’être créée dans la zone de désescalade d’Idlib, à une profondeur de 15 à 20 kilomètres. Toutes les armes lourdes n’ont pas encore été retirées et tous les membres des organisations terroristes Daech et Al-Nosra ne sont pas partis, mais nos partenaires turcs font de leur mieux pour s’acquitter de leurs obligations.

Ceci, je le répète, n’est pas facile, il faut voir au-delà des apparences. Ils ont même déployé un hôpital militaire dans cette zone car il y a des pertes. Ils agissent très fermement et sont très efficaces dans leur lutte contre ces groupes terroristes. […]

Transcription et traduction de Sayed Hasan

http://lesakerfrancophone.fr/vladimir-poutine-en-syrie-daech-detient-des-otages-americains-et-europeens-mais-loccident-se-tait

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Un immeuble détruit après une frappe israélienne à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Une opération des forces spéciales israéliennes à Gaza s’est conclue dimanche par la mort d’un officier et de sept Palestiniens, menaçant les efforts menés depuis des mois pour empêcher une nouvelle guerre dans l’enclave.

La mort d’un lieutenant-colonel israélien et de plusieurs membres des forces armées du Hamas, dont un commandant local, ainsi que le retour prématuré de Paris du Premier ministre Benjamin Netanyahu confèrent une acuité accrue aux évènements de dimanche soir.

Même si l’Etat hébreu et le mouvement islamiste qui gouverne sans partage à Gaza ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, paru proches d’un quatrième conflit en dix ans, le calme est revenu au moins provisoirement lundi matin dans et autour du territoire éprouvé coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

L’officier, dont l’identité n’a pas été divulguée officiellement, est le deuxième soldat israélien tué depuis la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza fin mars.

Au moins 228 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, principalement lors de manifestations et de heurts avec l’armée le long de la frontière, mais aussi dans des frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes.

– Incursion risquée –

Le Premier ministre israélien doit réunir lundi le cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont rapporté les médias.

Malgré les crispations des derniers mois, les violences de dimanche soir sont survenues de manière inattendue, rappelant la volatilité de la situation même dans une période de relative accalmie. Les circonstances en demeurent obscures bien que l’origine paraisse résider dans une incursion risquée de soldats israéliens en territoire gazaoui.

Les forces spéciales israéliennes menaient une opération de renseignement à l’intérieur de la bande de Gaza, a indiqué l’armée israélienne. Elle a démenti qu’il s’agissait d’assassiner ou de capturer des Palestiniens, comme l’a dit le Hamas. Mais l’unité israélienne semble avoir été repérée.

La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont affirmé que les soldats israéliens avaient tenté de s’infiltrer à bord d’un véhicule civil.

Un lieutenant-colonel israélien a été tué dans l’échange de coups de feu, et un autre officier blessé, a dit l’armée. Il souffre de blessures modérées, a-t-elle précisé.

– Netanyahu rentre de Paris –

Sept Palestiniens ont été tués, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé, sans qu’il apparaisse clairement s’ils ont perdu la vie dans l’affrontement ou dans les frappes israéliennes consécutives à celui-ci.

Parmi eux figurent un responsable local des brigades Ezzedine al-Qassam, identifié comme Nour Baraka, ainsi que cinq autres membres des forces armées du Hamas, ont indiqué des sources de sécurité.

La morgue d’un hôpital où ont été entreposés les corps de cinq des six Palestiniens tués lors d’échanges de tirs à Gaza, qui ont également coûté la vie à un soldat israélien, le 11 novembre 2018 à Khan Younis / © AFP / Said KHATIB

Fait exceptionnel, l’armée israélienne a indiqué que tous ses soldats, vivants et mort, avaient été exfiltrés, tant la capture par les Palestiniens d’un militaire en vie ou tué aurait compliqué la donne, constituant potentiellement un casus belli.

Un porte-parole du Hamas a dénoncé une « attaque israélienne lâche ».

Dix-sept roquettes ont été tirées de la bande de Gaza vers Israël, a indiqué l’armée israélienne. Trois ont été interceptées par le système de défense anti-missiles, a-t-elle ajouté. Aucune victime n’a été rapportée.

Les cours ont été annulés lundi dans les écoles israéliennes autour de la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahu a décidé quant à lui d’interrompre sa visite à Paris, où il s’était rendu pour prendre part à la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Ces échanges de tirs surviennent alors que les signes d’une possible détente se sont succédé ces dernières semaines dans et autour de Gaza.

Les autorités israéliennes ont ainsi récemment autorisé le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza.

M. Netanyahu avait justifié cette décision en arguant que cela contribuerait à ramener le calme.

« Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d’Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire », avait-il dit.

« Je ne reculerai pas devant une guerre nécessaire mais je veux l’éviter si elle n’est pas indispensable », avait-il dit.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement qui ne sont plus rétribués que sporadiquement depuis des mois.

L’opération s’inscrit plus largement dans les efforts déployés, notamment par le voisin égyptien et les Nations unies, en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

(©AFP / (12 novembre 2018 11h32)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-une-op-ration-isra-lienne-qui-tourne-mal-remet-en-cause-les-efforts-d-apaisement/970589.rom

Un État étranger paye les salaires des fonctionnaires gazaouis

Un État étranger paye les salaires des fonctionnaires gazaouis

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L’émirat du Qatar devrait transférer 21 millions d’euros par mois pour payer les salaires des fonctionnaires de Gaza.

Les fonctionnaires palestiniens résidant dans la Bande de Gaza ne sont plus payés par l’Autorité palestinienne depuis plus de six mois, suite à la rupture des relations entre le président Mahmoud Abbas et le Hamas. De facto, alors qu’ils sont reconnus comme un État unique par divers membres de l’Onu, les territoires palestiniens sont divisés en deux entités politiques distinctes.

Créé avec l’aide d’Israël, le Hamas a été proclamé durant le « printemps arabe » « branche palestinienne des Frères musulmans » ; titre auquel il a renoncé par la suite.

Bien que l’émirat du Qatar soit théoriquement un État étranger, il est —avec la Turquie— l’un des deux protecteurs de la confrérie des Frères musulmans. Il considère donc exercer le Pouvoir à Gaza par l’entremise du Hamas.

Un premier versement en liquide de 15 millions est arrivé le 8 novembre 2018 sur place. Il a été donné au Hamas et non pas à l’Autorité palestinienne, bien qu’elle soit la seule autorité légitime.

Réseau Voltaire

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Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisière Est de la ville de Hodeida dans le cadre d’une offensive qui s’intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis / © AFP / STRINGER

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l’ONU font pression sur l’Arabie saoudite pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l’AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l’offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d’avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l’hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

« Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique », a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire « désastreuse ». Il a réitéré un appel pressant à « l’arrêt des combats ».

– Pompeo et Hunt montent au créneau –

L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d’au moins 593 morts jusqu’ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l’affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des « bavures » à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Combats à Hodeida / © AFP / Laurence SAUBADU

Lors d’un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à « la fin des hostilités » au Yémen, demandant que « toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit ».

L’administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l’annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain « incalculable » du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution « politique ».

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une « nouvelle action » au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations « d’ici la fin de l’année ».

– Inquiétudes pour les civils –

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l’est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l’objectif était de « purger » ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est « jusqu’à présent ouvert » et opère « normalement », selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n’avaient pas affecté jusqu’ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

« La situation est vraiment mauvaise », a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, « il y a beaucoup de peur parmi les habitants » et les installations médicales « reçoivent un nombre croissant de civils blessés ».

(©AFP / (12 novembre 2018 11h34)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Y-men-combats-meurtriers-Hodeida-Washington-et-Londres-haussent-le-ton/970592.rom

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