La Luftwaffe à la recherche d’un remplaçant pour ses Tornados

La Luftwaffe à la recherche d’un remplaçant pour ses Tornados

Dire que la Bundeswehr, l’armée allemande, n’est pas en très grande forme relève sans doute de la litote. Les révélations à propos des dysfonctionnements du matériel militaire allemand ont émaillé l’actualité au cours des derniers mois. La Luftwaffe se retrouve maintenant face à un nouveau problème : elle doit remplacer d’ici 2025 ses 85 chasseurs Tornado devenus obsolètes. Les industries aéronautiques européenne et américaine sont sur les rails pour emporter cet important contrat. Or, au-delà des considérations purement techniques, la décision allemande sera lourde de conséquences politiques.

Panavia Tornado de la Luftwaffe, chasseur en sursis

Mis en service en 1983, les chasseurs Tornado de la Luftwaffe, produits par un consortium européen au sein duquel l’industrie allemande occupe une place centrale, sont en fin de vie. Pour les remplacer, Berlin a le choix entre le successeur européen du Tornado, l’Eurofighter, et trois modèles américains, les F-35, F-18 et F-15E. Or ces avions sont supposés faire partie de la force de dissuasion nucléaire commune entretenue par l’OTAN. De ce point de vue, les chasseurs américains semblent plus appropriés, puisque les F-15 et F-18 sont déjà certifiés par l’armée américaine pour transporter des têtes nucléaires, tandis que le F-35 devrait l’être d’ici 2022. Ce dernier présente également l’avantage d’être le seul chasseur de cinquième génération disponible, ce qui renforcerait considérablement la crédibilité de la dissuasion nucléaire nord-atlantique. Toutefois, Airbus, qui est le principal industriel européen impliqué dans la construction de l’Eurofighter, argue du fait que ce dernier est déjà au centre du dispositif de la Luftwaffe, ce qui simplifierait la situation à l’heure où les Européens sont critiqués pour la multiplicité de leur armement.

Une problématique éminemment politique

La question est néanmoins avant tout politique. Pour les États-Unis, il s’agit de mettre en avant leur industrie aéronautique, au premier rang de laquelle se trouve Lockheed Martin. Alors que Donald Trump engage la première puissance mondiale dans une guerre commerciale, cette question peut apparaître comme un pendant à la critique de l’excédent commercial allemand vis-à-vis des États-Unis. Washington pourrait ainsi tenter d’obtenir le contrat en échange d’une plus grande souplesse à l’égard de l’industrie automobile allemande, régulièrement attaquée par l’administration Trump. De son côté, la chancelière Merkel pourrait vouloir opter pour l’apaisement face à un partenaire américain de plus en plus virulent au sujet des dépenses militaires allemandes (1,24% du PIB aujourd’hui, avec un objectif à 2% en 2025 impossible à atteindre). Si Donald Trump a in fine  réaffirmé l’engagement américain dans l’OTAN au sommet de Bruxelles, il y a quelques jours, il pourrait toutefois poursuivre le mouvement de désengagement de l’US Army en Allemagne engagé par son prédécesseur.

L’avenir de l’Europe de la défense pourrait se jouer sur cette question

L’Allemagne devra cependant choisir entre apaiser un dirigeant américain velléitaire et soutenir une industrie militaire européenne fragilisée. En effet, si le choix de l’Allemagne se portait sur des chasseurs américains, les Européens, en l’absence de commande substantielle, y perdraient certainement en expertise industrielle. C’est donc à la fois l’avenir d’une industrie clé en termes de savoir-faire et d’indépendance stratégique qui est en jeu. La France ne s’y est d’ailleurs pas trompée. Elle a fait comprendre à sa voisine qu’un choix non-européen pourrait signer la fin du projet franco-allemand de chasseur de cinquième génération. A l’heure où l’Union européenne tente de se relancer, notamment par l’Europe de la défense, et, spécifiquement, des programmes d’armement au sein de la Coopération Structurée Permanente (CSP ou Pesco), négliger l’option européenne pourrait avoir des effets délétères sur une construction européenne en mal de vision. Entre les menaces américaines et les sirènes européennes, le gouvernement allemand semble, pour l’instant, privilégier les secondes. Il devra pour cela, toutefois, surmonter les réserves de la Luftwaffe et les tweets de Donald Trump.

About Adrien VILLARD

Etudiant à HEC Paris, ancien élève de prépa ECS au Lycée Privé Sainte-Geneviève à Versailles

 

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La Syrie s’apprête à reprendre le contrôle des hauteurs du Golan par des terroristes

Ven. 20 juil. 2018 10:15
Les soldats des forces gouvernementales syriennes brandissent leurs drapeaux nationaux après avoir repris la ville de Quneitra aux terroristes le 19 juillet 2018. (Photo AFP)
Les soldats des forces gouvernementales syriennes brandissent leurs drapeaux nationaux après avoir repris la ville de Quneitra aux terroristes le 19 juillet 2018. (Photo AFP)

Le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad a lancé des opérations pour évacuer les terroristes des zones proches des hauteurs du Golan occupées par Israël par le biais d’un autre accord de cession.

Un groupe d’autobus est arrivé vendredi dans la province de Quneitra, au sud-ouest de la Syrie, pour transférer des groupes terroristes antigouvernementaux qui ont accepté de déposer les armes plus tôt cette semaine, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

L’accord, négocié par la Russie cette semaine, verrait les terroristes remettre le territoire qu’ils contrôlent à Quneitra en échange d’un passage sûr vers le nord de la Syrie pour ceux qui ont refusé de vivre sous le contrôle du gouvernement.

Quneitra est une province mince en forme de croissant située entre la zone tampon avec Israël à l’ouest et la province syrienne de Daraa à l’est. La région revêt une importance stratégique cruciale car elle touche la Jordanie, le Liban et le côté israélien occupé par les hauteurs du Golan.

Depuis le 19 juin, l’armée syrienne mène une importante opération antiterroriste dans les provinces de Daraa et de Quneitra.

L’opération a déjà permis la libération de plus de 90% de Dara’a et de plusieurs zones clés de Quneitra, même si 140 000 personnes y vivraient encore, selon les Nations Unies.

Israël a été en état d’alerte ces derniers jours lorsque les forces gouvernementales syriennes ont avancé contre des terroristes soutenus par des étrangers près des hauteurs du Golan.

Le régime a saisi 1 200 kilomètres carrés du Golan de la Syrie en 1967 et l’a ensuite annexé – une décision que la communauté internationale refuse toujours de reconnaître.

Alors que Damas a pu reprendre de grandes parties du pays grâce à des accords similaires avec les terroristes, il reste à voir s’il peut continuer à négocier des accords d’évacuation alors qu’il se déplace plus au nord, où la situation est beaucoup plus compliquée. forces, les militants kurdes et 2.000 troupes américaines sur le terrain.

États-Unis, les alliés se bousculent pour évacuer les casques blancs

Pendant ce temps, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux se rapprocheraient d’un accord prévoyant un processus d’évacuation en deux étapes pour transférer des centaines de travailleurs humanitaires « volontaires » de White Helmet hors de Syrie.

Deux officiels familiers des plans ont annoncé jeudi que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada finalisaient un accord qui placerait d’abord les travailleurs dans les pays voisins de la Syrie et les emmènerait dans des pays tiers, dont la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas. peut-être le Canada.

The White Helmets a été fondé en Turquie en 2013 par l’ancien officier britannique du MI5, James Le Mesurier.

Depuis sa création, le groupe a reçu au moins 55 millions de dollars du ministère britannique des Affaires étrangères, 23 millions de dollars ou plus de l’Office of Transition Initiatives des États-Unis et des millions incalculables du Qatar.

Damas et Moscou ont accusé le groupe de volontaires d’avoir organisé l’attentat présumé contre les armes chimiques dans la ville de Douma, dans la région de Ghouta orientale, le 7 avril.

Le président syrien Bashar al-Assad a qualifié les casques blancs de « groupe de militants d’Al-Qaïda et al-Nusra » et de « coup de publipostage » des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France.

https://www.presstv.com/Detail/2018/07/20/568675/Syria-Quneitra-evacuation-deal-Israel-Golan-Daraa

NATACHA POLONY ET LES HOMMES

NATACHA POLONY ET LES HOMMES

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Voila un plaidoyer superbe et courageux qui tranche avec tous les propos imbéciles, sirupeux, bien-pensants et convenus dont nous sommes régulièrement abreuvés. Il ne va pas plaire aux féministes, aux bobos, aux socialo-gauchistes, aux prétendus « insoumis », à « celles et ceux » qui se croient modernes en niant les simples lois naturelles, aux ayatollahs de l’égalitarisme stérile, qui se fourvoient dans la négation de la sexualité procréatrice, à ceux qui, méprisant la complémentarité naturelle de l’homme et de la femme, tentent d’y voir une forme nouvelle d’aliénation sociale et le mobile d’un nouveau combat de libération !
Merci Natacha, pour ce texte rafraîchissant, intelligent et plein de bon sens !

MLS


Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes.

Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction , cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes.

Natacha Polony

https://minurne.org/billets/12940

 

 

 

Rome refuse le débarquement en Italie à ses propres navires

Rome refuse le débarquement en Italie à ses propres navires

(B2) Après les navires des ONG, le gouvernement italien continue dans la voie du blocage des ports italiens aux navires ayant recueilli des migrants en mer. Mais cette fois il s’attaque à ses propres navires, dépendant de l’Etat — garde-côtes, marine, Guardia di Finanza — bien décidé à mettre les autres pays européens au pied du mur.

Ce qui pourrait conduire à une crise politique mais aussi intérieure. Le secours en mer étant une obligation intrinsèque

Nouveau refus

Cela commence mercredi (11 juillet). 67 personnes rescapées d’un naufrage sont à bord du Diciotti (CP 941), un navire des garde-côtes italien. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, refuse que les migrants débarquent une fois le navire accosté au port de Trapani (Sicile).

Argument : des délinquants

Le ministre italien se sert d’un nouvel argument pour suspendre l’autorisation de débarquer : certaines personnes (deux) à bord sont soupçonnées d’avoir menacé le premier équipage qui les avait secouru (le remorqueur italien, le Vos Thalassa) au large des côtes libyennes, avant d’être transbordés lundi sur le Diciotti. Ces migrants auraient craint d’être ramené en Libye. Puis, le ministre parle de passeurs, de pirates, de délinquants.

L’intervention du président

Dans l’après-midi, le président de la République italienne, Sergio Mattarella, intervient. Il est le garant de l’indépendance de la magistrature (présidant le conseil supérieur de la magistrature). L’ordre donné par le ministre de l’Intérieur aux magistrats devient un acte non constitutionnel. Il s’en explique au chef du gouvernement, Giuseppe Conte. Le 9 juillet, le président avait d’ailleurs rencontré le ministre italien de l’Intérieur, indiquait son agenda.

La confirmation du chef du gouvernement

Finalement, l’autorisation de débarquer au port de Trapani est accordée, jeudi (12 juillet) soir. Dans un communiqué, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, annonce le débarquement « imminent » des migrants du Diciotti, précisant que les procédures d’identification ont été « achevées, en particulier pour ceux qui pourraient avoir commis un délit ».

Le ministre ne lâchera rien

Dans les jours suivants, le ministre Matteo Salvini ne lâche rien. Il reste d’ailleurs très véhément dans ses tweets contre les migrants, n’hésitant pas à afficher des « va-t-en » plusieurs fois de suite… Difficile d’être plus clair.

Vendredi (13 juillet), c’est au tour de la Guardia di Finanza et de Frontex de subir les foudres du ministre. Le navire britannique HMC Protector (Royaume-Uni) qui travaille pour l’opération Frontex et le navire italien Monte Sperone (P-01) de la Guardia di Finanza ont, à leur tour, été bloqués. Le premier transporte 266 personnes, le second 176 personnes, récupérées sur un bateau en bois de migrants. Quelques personnes, huit femmes et enfants, sont transférées à Lampedusa vu leur état de santé. Les autres devront attendre. Ils finiront par être débarqués, après maintes négociations avec les autres pays européens, sur l’île de Pozzalo. Plusieurs pays — la France, l’Allemagne, l’Italie, Malte, l’Espagne et le Portugal — s’engagent à accueillir certains des passagers.

Un modèle pour le HCR

Selon le Haut commissaire aux réfugiés des Nations unies, la façon dont les États européens « ont accepté de partager le traitement des 450 personnes, […] bloquées en mer dans une bataille de débarquement, donne un exemple positif de la façon dont, en travaillant ensemble, les pays peuvent soutenir le sauvetage maritime et gérer les frontières tout en respectant les obligations internationales en matière d’asile ». Mais, souligne-t-il dans un communiqué, « il faut des solutions qui vont au-delà des arrangements fragmentaires ou navire par navire ».

(Emmanuelle Stroesser)

 

Après Helsinki, Trump invite Poutine à Washington

Après Helsinki, Trump invite Poutine à Washington

Les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine le 16 juillet à Helsinki / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

En pleine polémique sur le sommet d’Helsinki, Donald Trump persiste et signe: il a fait savoir jeudi qu’il avait invité Vladimir Poutine à Washington à l’automne afin de « poursuivre le dialogue » avec l’homme fort du Kremlin.

Accusé par ses détracteurs, mais aussi nombre d’élus de son parti, de s’être montré beaucoup trop conciliant avec son homologue russe, le président américain s’en est pris avec virulence aux journalistes coupables à ses yeux de ne pas avoir souligné le « grand succès » de leur face-à-face.

Selon Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, des discussions sont « déjà en cours » pour une nouvelle rencontre, cette fois-ci dans la capitale fédérale américaine.

Martelant sa conviction que bien s’entendre avec M. Poutine était « une chose positive », M. Trump a ajouté sur la chaîne CNBC: « Si cela ne fonctionne pas, je serai le pire ennemi qu’il ait jamais eu ».

Trois jours après le rendez-vous qui l’a mis en porte-à-faux avec les agences américaines de renseignement en raison de ses atermoiements sur l’ingérence russe dans la présidentielle, Donald Trump peine toujours à éteindre l’incendie.

« Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le vrai ennemi du peuple, les médias +Fake News+ », a-t-il tweeté, reprenant une expression particulièrement agressive qu’il avait déjà utilisée en 2017.

« J’attends avec impatience notre deuxième rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé », a-t-il ajouté, citant, pêle-mêle, la lutte contre le terrorisme, « la sécurité pour Israël », les cyberattaques, les échanges commerciaux, l’Ukraine, la paix au Proche-Orient ou encore la Corée du Nord.

Fait remarquable, M. Poutine avait, quelques heures plus tôt, lui aussi dénoncé les critiques visant M. Trump, stigmatisant les « forces » aux Etats-Unis « prêtes à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions ».

Plaidant pour un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires, le maître du Kremlin a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis, le New START, devait expirer en 2021.

Pour le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, la conférence de presse Trump-Poutine a fait « beaucoup de bruit », sans que les médias n’apportent beaucoup d' »éclaircissements ».

« Le président (Trump) avait pour objectif de rediriger deux pays qui avançaient sur un mauvais chemin (…), de créer un espace pour la communication et le dialogue et il y est parvenu », a-t-il estimé mercredi sur la chaîne catholique EWTN.

– « Une mauvaise semaine » –

Affaire Trump-Russie : les mises en accusation / © AFP / Gal ROMA

A Washington, les critiques restaient vives, tant sur le sommet que sur les jours qui ont suivi.

« En ce qui concerne la Russie, cela a été une mauvaise semaine et il est impératif que (Donald Trump) comprenne qu’il a mal évalué Poutine », a lancé Lindsey Graham, un sénateur républicain pourtant souvent en phase avec le milliardaire.

Jeudi après-midi, la Maison Blanche a tenté de clore une des nombreuses polémiques nées de la désormais célèbre conférence de presse sur la Baltique.

M. Poutine avait alors proposé de permettre à Washington d’interroger 12 agents du renseignement russes inculpés aux Etats-Unis pour interférence dans l’élection, mais à la condition d’une « réciprocité » sur des Américains soupçonnés « d’activités illégales ».

L’affaire s’était envenimée lorsque la justice russe avait précisé mardi vouloir interroger onze Américains, dont l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à Moscou (2012-2014) Michael McFaul, nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama.

Après avoir laissé plané le doute mercredi, ce qui a suscité une nouvelle tempête dans la capitale fédérale américaine, Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif, a indiqué que le président n’était « pas d’accord » avec cette proposition.

« Le président Trump a clairement indiqué que nous n’allons pas forcer des Américains à se rendre en Russie pour être interrogés par des Russes. Cela a fait beaucoup de bruit, je ne sais pas pourquoi. Les Américains peuvent être rassurés », a appuyé le secrétaire d’Etat Mike Pompeo sur les ondes de Voice of America.

Michael McFaul a vivement interpellé l’administration Trump sur les réseaux sociaux et dans les médias. Les anciens secrétaires d’Etat démocrates John Kerry, Hillary Clinton et Madeleine Albright lui ont apporté leur soutien, tout comme certains élus républicains, dont le sénateur Marco Rubio.

Le tête-à-tête Trump/Poutine, qui a duré environ deux heures, fait désormais l’objet d’intenses conjectures. Certains élus ont même demandé que l’interprète du président américain soit interrogée par le Congrès.

Mais Mike Pompeo a dit mercredi sur EWTN qu’il serait « très surpris » que soient rendues publiques les retranscriptions de la rencontre d’Helsinki ou de celle que M. Trump avait eu avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un le mois dernier à Singapour. « Ce serait historique », a-t-il souligné.

(©AFP / 20 juillet 2018 02h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Apr-s-Helsinki-Trump-invite-Poutine-Washington/938179.rom

 

Trump et la bureaucratie de l’Otan

Trump et la bureaucratie de l’Otan

Contrairement à la pensée dominante, le sommet de l’Otan n’a pas opposé les États-Unis aux autres membres de l’Alliance, mais le président Trump à la haute administration intergouvernementale. Pour Thierry Meyssan, le problème n’est pas de savoir si l’on apprécie ou pas la personnalité du locataire de la Maison-Blanche, mais si on le soutient parce qu’il est élu par son peuple ou si on lui préfère les bureaucrates du système.

| Damas (Syrie)

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Convoqué à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis à Bruxelles par le président Trump, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a été sermonné en public pour son incapacité à maintenir la cohérence politique de l’Alliance.

Depuis le 20 janvier 2017, l’arrivée à la Maison-Blanche d’un partisan du capitalisme productif bouleverse l’ordre international au détriment des partisans du capitalisme financier. L’impérialisme, qui était jusque-là aveuglément défendu par les présidents des États-Unis au point qu’on l’identifiait avec la politique extérieure US, s’appuie désormais sur des bureaucraties, au premier rang desquelles figurent les administrations de l’Otan et de l’UE.

Donald Trump, agissant comme il l’avait annoncé durant sa campagne électorale, est un élu très prévisible. Cependant sa capacité à changer le système est, elle, tout à fait imprévisible. Il n’a pour le moment ni été assassiné comme John Kennedy, ni contraint à la démission comme Richard Nixon [1], et poursuit sa route, faisant deux pas en avant, un en arrière.

Les Occidentaux l’ont oublié, mais, en République, l’unique rôle des élus est de contrôler les administrations des États qu’ils gouvernent. Cependant, progressivement une « pensée unique » s’est imposée à tous, transformant les élus en hauts fonctionnaires et les États en dictatures administratives. Le conflit entre le président Trump et les hauts fonctionnaires de ses prédécesseurs est donc une simple tentative de retour à la normale. C’est aussi un conflit titanesque comparable à celui qui opposa les deux gouvernements français durant la Seconde Guerre mondiale [2].

Échaudée par le sommet de l’Otan du 25 mai 2017, au cours duquel Donald Trump imposa d’ajouter la lutte contre le terrorisme aux objectifs de l’Alliance, et par celui du G7 des 8 et 9 juin 2018, où Donald Trump refusa de signer la Déclaration finale, l’administration de l’Otan tenta de préserver les objectifs de l’impérialisme.
- Premièrement, elle signa une Déclaration conjointe avec ses homologues de l’Union européenne, la veille du sommet [3]. De la sorte, elle s’assurait du lien de subordination de l’UE à l’Otan institué par l’article 42 du Traité de Maastricht. Cette Déclaration fut signée par le président du Conseil européen, Donald Tusk, et par celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le Polonais Tusk est issu d’une famille qui travaillait secrètement pour l’Otan durant la Guerre froide, tandis que le Luxembourgeois Juncker est l’ancien responsable des services secrets de l’Alliance dans son pays (Gladio) [4]. Les hauts fonctionnaires européens se savent menacés depuis que l’ancien conseiller spécial de Donald Trump, Steve Bannon, est venu en Italie soutenir la création d’un gouvernement anti-système dans le but affiché de dynamiter l’Union européenne.
- Deuxièmement, l’administration de l’Otan fit signer le brouillon de Déclaration commune au début du sommet et non pas à sa fin [5]. Il n’y eut donc pas de discussion de la doctrine anti-russe de l’Alliance.

Conscient du piège qui lui était tendu, le président Trump décida de prendre ses fonctionnaires de court. Alors que tous les participants s’attendaient à une polémique sur la faible contribution financière des Alliés à l’effort de guerre commun, Donald Trump mit en cause le fondement de l’Alliance : la protection face à la Russie.

Convoquant à la résidence de l’ambassadeur US le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, en présence de la presse, il observa que l’Allemagne alimente son économie avec du gaz de son « ami » russe tout en demandant à être protégée de son « ennemi » russe. En pointant cette contradiction, il reléguait au second plan la question du financement, qu’il n’abandonnait pas pour autant. Surtout, une semaine avant sa rencontre avec le président Vladimir Poutine, il rendait sans objet le long réquisitoire contre la Russie contenu dans la Déclaration d’ouverture du sommet.

Contrairement aux commentaires de presse, cette remarque du président Trump était moins destinée à l’Allemagne qu’à Stoltenberg lui-même. Elle souligne l’incurie de ce haut fonctionnaire qui administre l’Otan sans s’interroger sur la raison d’être de l’Alliance.

L’affrontement entre la Maison-Blanche et Bruxelles [6] se poursuit.

D’un côté, l’Otan vient d’avaliser la création de deux centres de commandement conjoint (à Ulm en Allemagne et Norfolk aux USA)… et l’augmentation de son personnel de 10 %. Tandis que l’Union européenne vient de créer la « Coopération structurée permanente » (un programme capacitaire doté de 6,5 milliards d’euros) et que la France lui adjoint l’« Initiative européenne d’intervention » (un programme opérationnel). Contrairement aux discours sur l’indépendance européenne, ces deux structures sont soumises au Traité de Maastricht et sont donc au service de l’Otan. Elles ajoutent à la complexité de la bureaucratie européenne pour la plus grande satisfaction de ses hauts fonctionnaires.

D’un autre côté, le président Trump a discrètement entamé des discussions avec son homologue russe en vue de retirer les troupes de la Russie et de l’Otan de leur ligne de front.

[1] Richard Nixon a certes été contraint à la démission en raison de sa responsabilité dans l’affaire du Watergate. Mais celle-ci n’a existé que par la volonté du délateur « Gorge profonde », en l’occurrence Mark Felt, un des assistants de J. Edgar Hoover.

[2] À la faveur de la Guerre mondiale et de la défaite, l’Assemblée nationale, réunie dans la station thermale de Vichy le 10 juillet 1940, proclame « l’État français », abrogeant de facto la République. Ce changement de régime était soutenu depuis longtemps par des groupes et partis anti-parlementaires. Dès lors, la France fut représentée par deux gouvernements concurrents : celui légitime de la République en exil à Londres et celui légal de l’État à Vichy. En août 1944, le gouvernement de la République est réinstallé par de Gaulle à Paris, tandis que celui de l’État se poursuit en Allemagne, à Sigmaringen, jusqu’en avril 1945.
La confusion entre la République française et l’État français est aujourd’hui courante au point que l’on utilise indistinctement pour désigner le président de la République le rang protocolaire de « chef d’État » et le titre de « chef de l’État ».

[3] « Déclaration conjointe sur la coopération entre l’UE et l’OTAN », Réseau Voltaire, 10 juillet 2018.

[4] « La guerre secrète au Luxembourg », par Daniele Ganser ; « Luxembourg : Jean-Claude Juncker refuse de démissionner pour le Gladio » ; « Gladio-Luxembourg : Juncker contraint de démissionner », Réseau Voltaire, 4 et 10 juillet 2013.

[5] « Déclaration d’ouverture du sommet de l’Otan », Réseau Voltaire, 11 juillet 2018.

[6] Bruxelles est à la fois le siège de l’Otan et celui de l’UE.

http://www.voltairenet.org/article202000.html

 

75 « journalistes » exerçant en Syrie appellent Israël à l’aide

75 « journalistes » exerçant en Syrie appellent Israël à l’aide

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75 « journalistes » exerçant en Syrie dans les zones « rebelles » ont appelé Israël au secours. Ils demandent à pouvoir franchir la frontière, puis à être évacués en Europe.

Ces « journalistes », dont on ignore précisément les noms, ne sont en général pas des combattants. Ils ont couvert les événements et accrédité diverses imputations de crime qui auraient été commis par la République arabe syrienne, dont l’usage d’armes chimiques.

Si au début, plusieurs de ces « journalistes » étaient rémunérés par les rédactions d’Al-Arabiya, BBC, Al-Jazeera, France24 ou Sky, aucun média international ne les revendique plus.

Le MI6 britannique avait installé des correspondants chargé de fournir des « images » et des « témoignages » à la presse occidentale. Doté de 3 millions d’euros par an, ce dispositif avait été tardivement présenté comme visant à lutter contre Daesh, en réalité, il avait été conçu dès le début des événements et servait à justifier la guerre contre la République arabe syrienne.

– “How Britain funds the ’propaganda war’ against Isis in Syria”, Ian Cobain, Alice Ross, Rob Evans, Mona Mahmood, The Guardian, May 3rd, 2016.
- « Les techniques de la propagande militaire moderne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 mai 2016.

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

 

Trump veut revoir Poutine et attaque les médias

Trump veut revoir Poutine et attaque les médias

En pleine polémique sur ses déclarations d’Helsinki, Donald Trump s’est dit jeudi impatient d’une nouvelle rencontre avec Vladimir Poutine, s’en prenant aux médias coupables à ses yeux de ne pas avoir souligné le « grand succès » de leur sommet.

Le président américain est sous le feu des critiques, au sein même de son propre camp, depuis le face-à-face dans la capitale finlandaise où il a multiplié les déclarations pour le moins conciliantes vis-à-vis de son homologue russe.

Trois jours après ce rendez-vous qui l’a mis en porte-à-faux avec les agences américaines de renseignement en raison de ses atermoiements sur l’ingérence russe dans la présidentielle, il peine à reprendre la main.

« Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le vrai ennemi du peuple, les médias +Fake News+ », a-t-il tweeté jeudi, reprenant une expression particulièrement agressive qu’il avait déjà utilisée en 2017.

« J’attends avec impatience notre deuxième rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé », a-t-il ajouté.

Citant, pêle-mêle, la lutte contre le terrorisme, « la sécurité pour Israël », les cyberattaques, les échanges commerciaux, l’Ukraine, la paix au Proche-Orient ou encore la Corée du Nord, il a estimé que ces problèmes pouvaient « tous être réglés », même si certaines réponses étaient difficiles.

Fait remarquable, M. Poutine avait, quelques heures plus tôt, lui aussi dénoncé les critiques visant M. Trump, stigmatisant les « forces » aux Etats-Unis « prêtes à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions ».

Plaidant pour un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires, le maître du Kremlin a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis, le New START, devait expirer en 2021.

« Si on ne commence pas dès aujourd’hui (…), il va tout simplement expirer, il n’existera plus », a-t-il insisté.

– Deux heures de tête-à-tête –

Son tête-à-tête d’environ deux heures avec Donald Trump, en l’absence de leurs conseillers, fait désormais l’objet d’intenses conjectures. Certains élus ont même demandé que l’interprète de M. Trump soit interrogée par le Congrès.

Le président russe, qui avait jugé lundi ses pourparlers avec Donald Trump « très réussis et très utiles », a assuré qu’ils avaient commencé à « se comprendre mieux », en écho aux propos du président américain.

« Nous nous sommes très bien entendus, ce qui a vraiment dérangé beaucoup de personnes remplies de haine qui voulaient voir un match de boxe », a tweeté ce dernier.

Fait rare, le directeur du renseignement américain, Dan Coats, est monté au créneau juste après la conférence de presse commune entre les deux dirigeants pour défendre le travail de ses équipes après les propos de M. Trump mettant en doute l’ingérence russe, sur lesquels il est partiellement revenu depuis.

Selon un sondage CBS News publié jeudi, seul un tiers (32%) des Américains approuve la façon dont Donald Trump a géré le rendez-vous d’Helsinki. Dans le camp républicain, cependant, le taux d’approbation monte à 68%.

Parallèlement, le président américain fait face à une autre polémique après avoir qualifié le Monténégro de « tout petit pays (…) avec des gens très forts, très agressifs ».

Le Monténégro, qui a rejoint l’Otan au printemps 2017 au grand dam de Moscou, lui a répondu en affirmant qu’il contribuait « à la paix et à la stabilité, non seulement sur le continent européen mais dans le monde entier ».

Podgorica a en particulier souligné qu’il le faisait notamment « aux côtés des soldats américains en Afghanistan ».

« En attaquant le Monténégro et en mettant en doute nos obligations au sein de l’Otan, le président fait exactement le jeu de Poutine », a déploré de son côté le sénateur républicain John McCain.

(©AFP / 19 juillet 2018 17h37)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-veut-revoir-Poutine-et-attaque-les-m-dias_RP/938102.rom

 

 

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

11h48

Le Sénateur Républicain Rand Paul sur l’ex-directeur de la CIA John Brennan qui a qualifié Trump de “traître” : «John Brennan est complètement dérangé. Il traite le Président de traître mais ce qui devrait inquiéter les Américains est qu’un haineux anti-Trump ait dirigé la CIA qui possède toutes les informations pour pouvoir détruire n’importe qui (…) John Brennan a commencé sa vie d’adulte en votant communiste et termine sa carrière comme le plus biaisé, fanatique, extravagant, hyperbolique, dérangé, directeur de la CIA qu’on ait jamais eu (…) Dov Levin de l’Université Carnegie-Mellon a dit que les USA se sont ingérées, ou ont essayé, dans 80 différentes élections de ces 50 dernières années. La seule leçon à retenir est de se protéger.»

Rand Paul défend la position de Donald Trump sur la Russie et annonce qu’il s’y rendra lui-même dans les prochaines semaines : «Je suis d’accord avec le Président Trump quand il dit qu’il préfère prendre un risque politique pour la paix que risquer la paix en poursuivant une politique.»

 


Reuters : «Un nouveau sondage Reuters/Ipsos montre que 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie, un signe que le Président jouit toujours d’un large soutien parmi les électeurs Républicains».

Jean-Eric Branaa : «Une base en béton armé ! Un sondage réalisé par @Reuters indique que 71% des républicains soutiennent @POTUS dans son approche des relations avec la Russie. Même si une majorité d’Américains indiquent le contraire, ce soutien indéfectible de ses électeurs est assez inédit.»

La Chine et l’Afrique

La Chine et l’Afrique


Par Pavel Nastine – Le 9 juillet 2018 – Source New Eastern Outlook

La Chine applique en Afrique une stratégie de politique étrangère qui à la fois fait partie intégrante de la doctrine de Beijing en la matière et s’y entremêle. Son objectif principal est de transformer le continent africain en un atout stratégique de la Chine, dont le but serait de renforcer la puissance économique et politique de la République populaire et de permettre à la Chine de se positionner comme une superpuissance. Aux yeux de Beijing, l’Afrique est riche de ressources de valeur et, avec sa population de 1.2 milliard d’habitants, est un grand et vaste marché pour ses marchandises ; le continent est aussi l’un des plus grands bénéficiaires des investissements chinois. Les projets à long terme comprennent la transformation de l’Afrique en une zone manufacturière où la Chine, qui a investi à grande échelle, pourrait déplacer son appareil de production afin d’être plus proche des sources de matières premières et de la main-d’œuvre. Enfin, cela permettra à la Chine de se libérer des anciennes technologies et d’ouvrir la voie à la quatrième vague d’innovation.

L’intérêt de la RPC à transformer l’Afrique en une zone pacifiée fait aussi partie de cette stratégie, parce que seul un tel scénario justifierait des investissements massifs sur ce continent et y assurerait des ventes constantes de marchandises chinoises.

Cette stratégie a été développée au début des années 2000 et elle a été systématiquement mise à jour depuis lors. Des Livres blancs sur la politique de la Chine en Afrique ont été publiés depuis 2006, et ils se focalisent de plus en plus sur la sécurité du continent et sur la lutte contre le terrorisme. Du point de vue de Beijing, la sécurité est étroitement liée à l’élimination de la pauvreté et du sous-développement, et ce sont des processus auxquels la Chine aimerait prendre part avec ses marchandises, ses technologies et ses investissements.

Pour la Chine, la sécurité et le développement sont interdépendants et priment sur les doctrines activement promues par l’Occident, qui lient les droits de l’homme à la démocratie ainsi qu’à une gestion appropriée au progrès économique. Guidée par sa propre expérience, Beijing ne souscrit pas à cette doctrine et passe son temps à promouvoir activement sa propre vision, basée sur la nécessité de soutenir le développement économique et d’assurer la sécurité, tout en ignorant pour l’essentiel les progrès accomplis par divers pays dans les domaines de la démocratie et des droits de l’homme.

En outre, la Chine pense qu’elle ne devrait pas s’immiscer dans les affaires internes de l’Afrique ou participer à des interventions militaires, comme le font les pays occidentaux afin d’atteindre leurs propres buts économiques et politiques. La priorité de la Chine est de sauvegarder ses intérêts en prenant part à de nombreuses missions de rétablissement de la paix sur le continent, garantissant ainsi la sécurité de ses investissements.

Dans la pratique, cela signifie que la Chine est devenue l’un des participants les plus actifs parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies dans les opérations de maintien de la paix en Afrique. Le 30 juin 2017, 2 515 soldats chinois ont participé à des opérations de rétablissement de la paix en Afrique. En 2015, le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, avait annoncé qu’il projetait d’augmenter le nombre de ses troupes de maintien de la paix à 8000 soldats. La vérité est que les Chinois ne prennent pas part aux opérations militaires et font plutôt partie des unités de ravitaillement. Pourtant, la présence militaire chinoise en Afrique a commencé en 2013, année où Beijing a envoyé une unité de 197 personnes en mission au Mali, et en 2015, 700 soldats ont été déployés au Soudan, où la Chine a d’importants intérêts pétroliers.

Au même moment, Beijing aidait l’Union africaine sur le plan de la sécurité régionale. En 2017, la Chine a accordé un don de 100 millions de dollars US à l’Union africaine, destiné à l’achat de matériel militaire pour ses troupes de maintien de la paix en Afrique. En outre, elle a aidé la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) à combattre les activités terroristes d’Al-Shabaab en dépensant des sommes importantes pour la préparation de la Force de défense du peuple ougandais et de la Force de défense du Kenya, qui participent activement à l’AMISOM.

La Chine apporte également une contribution importante à la lutte contre la piraterie. De 2008 à 2015, environ 16 000 marins chinois et 1 300 soldats de la Marine et des forces spéciales faisaient partie de convois armés.

En 2015, un contrat a été signé pour la construction de la première base militaire chinoise en Afrique, à Djibouti. Des militaires chinois y sont déjà stationnés depuis 2017. Selon le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, l’établissement de cette base « reflète le désir de la Chine de jouer un rôle constructif dans la résolution des problèmes internationaux et régionaux et de créer des conditions plus sûres, plus stables pour ses activités à l’étranger ».

Les raisons de ces actions deviennent claires si on est conscient du fait qu’à l’heure actuelle, plus de 2 000 entreprises chinoises et plus d’un million de Chinois travaillent sur le continent africain et ont besoin d’assurer leur sécurité.

Certes, cette stratégie chinoise a, dans l’ensemble, porté ses fruits. Le chiffre d’affaires entre Beijing et le continent africain a atteint 180 à 200 milliards de dollars par an, tandis que les investissements chinois ont augmenté à 100 milliards de dollars depuis 2000. Les principaux partenaires de la Chine en Afrique sont l’Égypte ; le Nigeria ; l’Afrique du Sud ; l’Éthiopie ; la République démocratique du Congo ; la Zambie ; l’Angola ; le Maroc ; le Niger ; le Cameroun ;  le Tchad et quelques autres.

Pour promouvoir ses intérêts, Beijing utilise également des moyens tels que l’aide sous forme de dons, des prêts sans intérêt ou à faible intérêt, l’annulation de dette, des projets de construction caritatifs, l’exonération de taxes à l’importation pour certaines marchandises africaines, l’envoi de spécialistes aux pays africains, la création de centres de santé et la formation d’étudiants. Tout cela conduit à l’influence croissante de la Chine, la langue chinoise devenant même la langue de communication transnationale entre étudiants, comme c’est le cas au Kenya.

Pour donner vie à ses politiques ambitieuses, la Chine a créé un arsenal d’outils et de mécanismes. Sous les auspices des organismes d’État, les projets d’investissement sont stratégiquement mis en œuvre par la Banque chinoise de développement et la China Investment Corporation, qui est un fonds souverain.

Parmi les organismes d’aide spécialisés, il faut mentionner le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund), le Fonds pour le développement de capacités productives, le Fonds de développement des petites et moyennes entreprises, le Fonds Route de la soie, l’Institut Confucius et la Fondation pour le développement des sources humaines.

Le Fonds de développement Chine–Afrique se distingue des autres instruments utilisés par la Chine pour étendre son influence en Afrique. En 2007, la Banque chinoise de développement a fourni le capital nécessaire pour créer cette organisation, qui est un fonds d’investissement enregistré selon le droit privé de la RPC. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un fonds souverain, mais la part de son capital fourni par la Banque chinoise de développement permet à l’État de contrôler cette institution.

Contrairement à d’autres organisations chinoises similaires, le Fonds CAD n’accorde pas de lignes de crédit mais investit directement en Afrique en finançant des projets d’affaires dont le but est de collaborer avec les pays africains. Le fonds couvre généralement un tiers du capital nécessaire, jouant ainsi un rôle d’investisseur passif. Le reste est financé par des investisseurs chinois et étrangers.

Jusqu’à présent le Fonds CAD a investi 3.2 milliards de dollars dans 91 projets dans 36 pays africains sur une période de 10 ans. Au total, les investissements chinois en Afrique s’élèvent à 100 milliards de dollars.

En pratique, le Fonds investit du capital dans le secteur de l’énergie, les infrastructures, l’exploitation minière et la transformation des ressources naturelles, et l’agriculture. Ces types de projets chinois comprennent la construction de plus de 100 parcs industriels, dont plus de 40% sont déjà opérationnels. Fin 2016, 5 756 kilomètres de voies de chemin de fer, 4 335 km de routes, 9 ports, 14 aéroports, 34 centrales électriques ainsi que 10 grandes et des milliers de petites centrales hydroélectriques ont été construites !

Ainsi, la Chine a atteint des résultats impressionnants en Afrique au cours de ces 10 ou 12 dernières années. Ayant développé la bonne stratégie à long terme, soutenue par des instruments financiers et politiques efficaces ainsi que par des ressources financières, elle a développé la politique la plus fructueuse, qui réussit actuellement beaucoup mieux que celle d’autres pays. Et c’est quelque chose dont tout le monde devra tenir compte.

Pavel Nastine, observateur politique sur l’Asie et l’Afrique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-et-lafrique

 

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