Accord russo-turc d’Idleb: une solution capitale, mais temporaire (experts)

Accord russo-turc d’Idleb: une solution capitale, mais temporaire (experts)

La poche d’Idleb, dernier bastion insurgé / © AFP / Sophie RAMIS

L’accord russo-turc sur la province d’Idleb, l’ultime grand bastion insurgé en Syrie, permet de gagner du temps à court terme pour poursuivre des négociations, mais il n’écarte pas la menace d’une offensive meurtrière du régime, estiment des analystes.

L’initiative, dévoilée lundi soir par le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan dans la station balnéaire de Sotchi (Russie), prévoit la création d’une « zone démilitarisée ».

– Ébauche d’un accord? –

Cette zone démilitarisée de 15 à 20 km de large, en forme de fer à cheval, devrait être établie d’ici au 15 octobre, pour servir de zone-tampon entre les territoires insurgés d’Idleb et les zones tenues par le régime tout autour.

Depuis plusieurs semaines, le pouvoir de Bachar al-Assad masse des renforts aux abords d’Idleb, frontalière de la Turquie, dans le nord-ouest syrien.

La zone démilitarisée sera contrôlée par les forces turques et la police militaire russe. Toutes les armes lourdes de « tous les groupes de l’opposition » devront être retirées d’ici au 10 octobre, selon un communiqué sur le site Internet du Kremlin.

L’accord prévoit aussi « le retrait des extrémistes, notamment ceux d’Al-Nosra », le nom de l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, dominée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), qui contrôle la majorité de la province.

A Damas, le quotidien pro-étatique al-Watan a indiqué que l’accord prévoyait une troisième étape garantissant « le retour des institutions (…) syriennes et la reprise de leurs missions avant la fin de l’année ».

Mais, pour des experts, les termes de l’initiative restent flous.

« Jusqu’à maintenant, les détails ne sont pas clairs. Je ne pense pas qu’il s’agisse là de l’accord dans son intégralité », déclare Haid Haid, analyste au groupe de réflexion britannique Chatham House.

Le président russe Vladimir Poutine (D) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan (G) lors d’une réunion sur la Syrie à Sotchi (Russie), le 17 septembre 2018 / © SPUTNIK/AFP / Alexander Zemlianichenko

« Ce n’est que le début, la première étape », ajoute-t-il.

Mardi, Damas a salué l’accord de Sotchi, assurant qu’il était « le résultat d’intenses consultations » avec la Russie et « d’une coordination totale » entre les deux alliés.

M. Haid, lui, ne cache pas son scepticisme. « Il est évident que le régime n’est pas satisfait de l’accord. La question, c’est comment va-t-il essayer de le torpiller ».

– Une solution temporaire? –

Ces dernières semaines, agences de l’ONU et organisations humanitaires n’ont eu de cesse de marteler leur inquiétude, mettant en garde en cas d’offensive contre un « bain de sang » à Idleb, où pourrait avoir lieu la « pire catastrophe humanitaire » du XXIe siècle.

Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés d’autres régions de Syrie affectées par la guerre, vivent dans la province d’Idleb et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l’ONU.

« L’accord (de Sotchi) est une solution temporaire, et non définitive », confirme Nawar Oliver, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion Omran basé en Turquie. « Les Russes voulaient préserver une bonne relation avec la Turquie », explique-t-il.

La Turquie, qui compte déjà plus de trois millions de réfugiés sur son sol, est un farouche opposant à une offensive du régime, craignant un nouvel afflux.

L’accord « ne garantit pas qu’une offensive n’est plus sur la table pour le futur », prévient toutefois Lina Khatib, de Chatham House.

Des insurgés syriens durant un entraînement militaire supervisé par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), le 14 août 2018 dans le nord de la province syrienne d’Idleb / © AFP/Archives / OMAR HAJ KADOUR

« Il doit être vu comme le début d’un processus, ce n’est pas la fin du jeu pour Idleb », assure-t-elle.

Cité par l’agence officielle Sana, une source au sein du ministère syrien des Affaires étrangères a rappelé la détermination des autorités de Damas à poursuivre « sa guerre contre le terrorisme, jusqu’à la libération de tout le territoire syrien ».

– La Turquie dos au mur? –

La Turquie a de tout temps cherché à maintenir le calme à sa frontière, craignant les débordements depuis un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière (plus de 360.000 morts).

« L’application de l’accord est difficile et semée d’embûches, surtout pour la Turquie, qui sera tenue responsable dans la gestion de HTS », dit Sam Heller, analyste à l’International Crisis Group (ICG).

Le groupe jihadiste « devrait probablement résister à un accord qui le paralyserait géographiquement et démantèlerait les lignes de défense (…) sur le front », souligne-t-il.

« Comment contrôler HTS », et combattre les autres jihadistes liés à Al-Qaïda, comme Houras al-Din?, s’interroge M. Oliver, à l’évocation de la mission désormais dévolue aux Turcs.

Ces derniers jours, la Turquie a envoyé des renforts à Idleb pour consolider les postes d’observation installés par Ankara. Et, selon le quotidien pro-gouvernemental turc Sabah, « un contingent de 5.000 militaires se tient prêt pour intervenir si nécessaire à Idleb pour protéger les civils ».

« L’accord est un test décisif pour la Turquie », juge M. Heller. « Malgré les difficultés, Ankara n’a pas de choix, au vu des dégâts importants qui pourraient toucher les intérêts turcs si la trêve d’Idleb s’écroulait ».

(©AFP / (18 septembre 2018 15h36)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Accord-russo-turc-d-Idleb-une-solution-capitale-mais-temporaire-experts/954595.rom

Publicités

Notes sur un “bourbier de communication”

Notes sur un “bourbier de communication”

Analyse

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Notes sur un “bourbier de communication”

17 septembre 2018 – A côté des supputations diverses et d’ordre général concernant la situation à son niveau le plus élevé d’importance, concernant les enjeux considérables qu’on trouve dans la phase crisique actuelle d’Iblid en Syrie, il y a  la situation sur le terrain qui est évidemment significative, – et très différente des “supputations”, puisqu’évoluant à un autre niveau et selon des données complètement différentes. Ce décalage est dû à l’extraordinaire puissance du système de la communication qui donne un écho considérable aux “supputations”, tandis que l’appréciation de la situation sur le terrain est toujours très complexe et difficile en raisons des interférences, des simulacres, des faux-semblants, etc., – et cela, jamais plus fortement qu’en Syrie, bien entendu.

… Donc, un petit tour sur le terrain, au niveau opérationnel, par le biais d’un texte du 14 septembre 2018d’Elijah J. Magnier, qui est une source généralement appréciée des événements dans cette zone du Moyen-Orient. (Magnier, qui opère à partir de la Syrie, est réputé comme étant une source relativement sûre, notamment par ses contacts nombreux au sein de la hiérarchie syrienne. Même s’il est nettement défavorable aux entreprises de déstabilisation et de déstructuration des USA et des divers groupes manipulés par ce parti [les USA et leurs alliés], il n’en reste pas moins attentif à diffuser une information d’un bon niveau et non déformée par une narrativeou un simulacre quelconque.)

Le sport favori d’Erdogan : volte-face…

Il semble bien que la situation opérationnelle soit entrée dans une phase nouvelle, après les premiers échos (la première phase) de ce qui semblait une offensive décidée et décisive des Syriens et des Russes. Magnier nous décrit essentiellement les manœuvres des Turcs d’Erdogan qui veulent empêcher la (re)prise d’Iblid par les Syriens avec l’espoir de conserver la zone sous leur contrôle directement ou par l’intermédiaire de groupes djihadistes qu’ils contrôlent. Parallèlement, ces mêmes Turcs ne veulent pas risquer des heurts avec les Russes, qui soutiennent l’offensive d’Assad. Les Turcs suscitent pour l’instant un ralentissement très net de l’offensive, notamment de la part des Russes (et par conséquent des Syriens), qui par ailleurs ne se font pas prier parce qu’ils ne veulent pas risquer un affrontement avec les USA (lesquels ont averti qu’ils interviendraient si l’offensive se poursuivait).

Dans tout cela, on reconnaît les habituels volte-face d’Erdogan, pourtant engagé par les accords d’Astana. De même, on reconnaît dans ce qui est annoncé comme un ralentissement, voire un arrêt momentané de l’offensivela prudence coutumière de Poutine malgré la position très dure qu’il avait prise au sommet à troisde Téhéran(Iran, Russie, Turquie). Il ne semble pas qu’aucun de ces trois pays, et singulièrement pas la Russie et la Turquie, ne veuille laisser ce désaccord sur les opérations dans la région d’Iblid mettre en péril leurs relations stratégiques générales.

De la tension extrême au “bourbier de communication”

Ce qui est remarquable dans le compte-rendu de Magnier, qui est finalement la situation vue “du petit bout de la lorgnette” (observation sans notion péjorative mais simplement une appréciation, de perspective), c’est de voir combien une situation générale qui a été vécue comme extrêmement intense et dangereuse pendant une ou deux semaines, avec la perspective de la possibilité d’un affrontement direct entre les USA et la Russie, tend brusquement à se détendre ou plutôt à s’engluer dans une sorte de bourbier, – d’ailleurs et fort originalement, avec plusieurs sortes de “bourbiers” : bourbier de communication sur les rôles divers de chacun, plaqué sur un bourbier des engagements opérationnelsdivers et des relations changeantes entre un très grand nombre d’acteurs. Du coup, ce ralentissement du rythme de la perception des actes et des opérations par conséquent fait qu’on perçoit une réduction importante de la très forte tension crisique,  celle que rappelle Magnier lorsqu’il écrit que les USA et la Russie « marchent au bord du précipice ».

En attendant l’“attaque chimique-bidon”

Sur un sujet plus précis de la situation opérationnelle, on notera d’une part que l’“attaque chimique bidon” annoncée depuis près de deux semaines par les Russes ne s’est toujours pas produite alors qu’elle était d’abord annoncée comme imminente, mais qu’elle est toujours annoncée, – et toujours comme imminente, – par le ministère russe de la défense.

Il semblerait bien que les Russes aient développé, contre ces montages continuels, une tactique de communication en submergeant le système de la communication en général d’annonces de préparation de l’attaque et de divers documents à cet égard, – y compris en en transmettant à la partie américaniste, qui les reçoit en proclamant qu’elle n’en croit pas un mot. Il est possible que cette tactique obtienne effectivement un effet, en gênant les braves combattants humanitaires casqués de blanc dans leurs préparatifs, voire éventuellement, si les concepteurs de la chose y sont encore sensibles, la crédibilité de leur narrative.

C’est un jeu étonnant où chacun des adversaires sait parfaitement que l’opération qui se prépare est un montagequi n’a comme fonction que celle d’un prétexte pour une attaque médiatique, voire opérationnelle, contre la Syrie ; où cette opération est suivie quasiment “à ciel ouvert” ; où l’on en attend pourtant un effet explosif de surprises douloureuse, de protestations indignées, etc. Comme l’observe Magnier,  « Ces fameuses “armes chimiques”[présentées absurdement comme utilisées par l’armée syrienne contre les civils] font partie intégrante de la bataille d’Idlib en tant qu’outil utilisé pour attaquer la Syrieau moment où la guerre se termine. »

Confession d’une « banqueroute intellectuelle »

Pour le reste, c’est-à-dire essentiellement les “supputations diverses et d’ordre général concernant la situation à son niveau le plus élevé d’importance” dont on a parlé plus haut, on choisira de citer un jugement porté d’une assez grande distance pour bien embrasser son objet, sur la politique qui, jusqu’ici, réglait tout le reste, et qui continue en un sens, on veut dire le sens qui est celui du naufrage, de la paralysie-impuissance, du désordre figée dans le bourbier et pourtant parcouru par instant d’épisodes paroxystiquesqui nous rappelle l’extrême dangerosité du potentiel d’affrontement. On veut parler de la politique US qui, après un effondrement continu depuis 9/11, a atteint avec cette affaire syrienne notamment, mais parallèlement avec d’autres situations crisiques, l’état d’une complète néantisation

Voici le jugement de Patrick Lawrence, ancien de l’International Herald Tribune, auteur de « Time No Longer: Americans After the American Century », écrit-il dans ConsortiumNewsdu 13 septembre 2018, citant la phrase fameuse que nous avons déjà rencontrée (soulignée de gras) et qui est dite à propos de la “politique US” en Syrie, – qui tout dit tout et tout haut sur l’effondrement de l’esprit de la chose, – qui suggère finalement que le “bourbier” dont parle l’officiel cité serait plutôt un “bourbier de communication” qui marquerait toute la politique US :

« … C’est ainsi que fut développé le gâchis qui nous fait office de politique étrangère que nous avons aujourd’hui.

» S’il y a un président à blâmer, – et de nouveau, je ne vois pas grand chose qui puisse être opposé à cette affirmation, – ce serait Barack Obama. Jusqu’à un certain point, Obama a été une créature de ceux qui l’entouraient, comme il l’a lui-même reconnu dans une interview avec Jeffrey Goldberg dans The Atlanticvers la fin de son second mandat. Si l’in se réfère à l’article Op/Ed du fameux “Anonymous”publié dans le New York Times du 6 septembre, nous savons que Trump l’est lui aussi, dans une mesure encore plus grande que Obama ait craint de l’être dans ses pires moments.

» La question cruciale est “pourquoi ?”. Pourquoi la clique orientant la politique étrangère US se trouve-t-elle privée de la moindre imagination créatrice devant cet ordre mondial en pleine évolution ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu une seille initiative politique originale depuis les années que j’ai signalées [2013-2015], à l’exception de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 désormais abandonné ? “Pour l’instant, notre travail est de créer des bourbiers jusqu’à ce que nous obtenions ce que nous voulons”, dit un officiel de l’administration Trump à  David Ignatiusdu Washington Post en août dernier.

» Pouvez-vous imaginer une confession plus abrupte d’une banqueroute intellectuelle ? Moi, je ne peux pas. »

Le rendez-vous de novembre

Pour autant, la mécanique de la politiqueSystèmen’est en rien arrêtée et il existe des décisions pendantes qui sont attendues pour le mois de novembre. Il y a bien entendu les élections midterm aux USA, qui faisaient écrire à Alastair Crooke, ayant à l’esprit ces élections de novembre :

« La Russie doit maintenant décider de dénoncer et de mettre à jour le bluff américain, et de continuer, ou bien de jouer la montre et de se donner un peu de temps. Le président Poutine a toujours cherché, pour riposter à un adversaire, d’autres moyens que de se retrouver face à face avec lui. 60 jours n’est peut-être pas un délai trop considérable ? »

Il y a aussi un autre événement important pour ce mois de novembre, un événement beaucoup plus délicat pour la Russie et qui demandera une réponse immédiate. C’est dans tous les cas de cette façon que Brian Kalman, un ancien officier de l’U.S. Navy, présente la circonstance dans un texte sur les crimes de guerre US commis avec des armes chimiques écrit pour SouthFront.orgle 13 septembre 2018. Kalman précise que Manisha Singh, secrétaire d’État adjointe, se trouvait en audition devant la commission des affaires étrangères de la Chambre, le 13 septembre.

Singh a précisé que les USA imposeraient, le 4 novembre prochain, conformément à l’annonce faite il y a quelques jours par le département d’État, des sanctions très sévères contre la Russie, si ce pays ne reconnaît par sa responsabilité dans l’“affaire Skripal” au Royaume-Uni, et ne se soumet pas à une inspection internationale de l’OPCW qui est chargée du contrôle des armes chimiques. Si ces exigences injurieuses, sinon tout simplement provocatrices, ne sont pas remplies le 4 novembre (conformément aux lois US et non aux lois internationales dont les USA se fichent du tiers comme du quart), les sanctions pourraient aller jusqu’à la rupture de tous les liens diplomatiques, – ce qui représente une sorte de mesure aussi absurde que les exigences sont injurieuses, et également complètement provocatrice.

Que va faire la Russie ? Kalman estime qu’il est temps que cette puissance comprenne qu’elle ne peut faire autrement que prendre en compte la réalité, c’est-à-dire la vérité-de-situation

« La Russie doit enfin accepter le fait qu’il n’y a rien à gagner en négociant ou en essayant de collaborer avec les États-Unis pour résoudre quelque problème que ce soit. C’est comme un berger qui utiliserait un loup pour garder son troupeau, ou un détective qui demanderait l’aide d’un criminel pour résoudre un crime dont le criminel est lui-même coupable. C’est illogique jusqu’à l’absurde. La mission russe à l’ONU doit rappeler à Nikki Haley et aux États-Unis leur bilan [en matière de crimes de guerre]et dénoncer leur hypocrisie déplorable, tout en cherchant l’aide d’autres États membres dont ils doivent également se rendre compte que la plupart d’entre eux ont été achetés par Washington. Haley n’a-t-elle pas menacé à plusieurs reprises de cesser de donner de l’argent aux pays qui ne soutiennent pas ses résolutions ?

» Les Russes doivent se rendre compte qu’ils ne pourront jamais avoir de relations mutuellement respectueuses et bénéfiques avec les élites politiques et financières qui contrôlent les États-Unis. La Russie trouvera toujours un ami dans le peuple américain, mais à Washington ? Cette même élite méprise davantage le peuple américain que Poutine ou Assad. Si les citoyens américains de la classe ouvrière n’en avaient pas assez de l’élite des États-Unis [comme ils l’ont montré en élisant Trump], nous serions probablement déjà en guerre directe avec la Russie, la Chine et l’Iran. J’espère que les dirigeants politiques et militaires russes comprennent cela. Il faut leur dire : “Arrêtez d’essayer d’apaiser Washington et commencez à vous préparer à défendre votre nation”. L’État profond ne s’arrêtera pas en Ukraine ou en Syrie. Il désire l’asservissement complet de la Russie et un retour aux jours d’Eltsine, ou même pire. »

Retour sur le terrain

Voici ci-dessous le texte d’Elijah J. Magnier (traduction française de Daniel G.) du 14 septembre 2018, sur son site ejmagnier.com. Le titre complet (que nous avons modifié pour des raisons techniques) est « Libération d’Idlib : la Turquie se met en travers du chemin de la Russie qui ralentit le rythme ».

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-un-bourbier-de-communication

_________________________

 

 

Iblid : la Turquie contrarie l’avance russe

La Turquie envoie des renforts de troupes, d’unités de commando et de chars vers la ville d’Idlib et autour au nord de la Syrie, afin de remplir un objectif précis : empêcher l’attaque de la ville par les forces syriennes et leurs alliés soutenus par la Russie. Ankara profite ainsi du fait que la Russie a ralenti le rythme de la mise en œuvre de sa stratégie visant à libérer la ville des djihadistes (dont Al-Qaeda), en raison de la menace américaine de bombarder l’armée syrienne et les forces gouvernementales sous le prétexte qu’elles « utilisent des armes chimiques ». Ces fameuses « armes chimiques » font partie intégrante de la bataille d’Idlib en tant qu’outil utilisé pour attaquer la Syrie au moment où la guerre se termine.

La Russie considère que les renforts turcs violent l’accord d’Astana conclu entre Turcs, Russes et Iraniens, qui limitait le nombre de postes d’observation et la présence militaire autour de la ville et dans les régions rurales d’Idlib. La Russie croit aussi que la Turquie est incapable de remplir son engagement d’éradiquer totalement la présence de djihadistes, notamment ceux d’Al-Qaeda, qui ont pris position dans la ville et autour. En fait, le président turc Erdogan a demandé un nouveau prolongement pour lui permettre de répondre aux demandes russes et iraniennes concernant Idlib. Le gouvernement de Damas a rejeté ce délai, car ses dirigeants trouvent qu’il va à l’encontre des intérêts du pays (la libération de l’ensemble de la Syrie), ce qui confirmerait l’hésitation du président russe apparemment due à la menace américaine.

Des décideurs à Damas ont affirmé que « la Turquie a offert à la Russie d’assurer la protection de sa base militaire de Hmeimim en empêchant les nouvelles attaques de drones lancées contre elle. La base russe a subi plus de 55 attaques de drones armées, tous abattus par le système de défense russe autour de la base qui se trouve sur la côte syrienne. La Russie se prépare d’ailleurs à attaquer la région rurale de Lattaquié afin de créer une zone de sécurité pour sa base et de se débarrasser de la présence des djihadistes qui ont revendiqué la plupart des attaques. La Russie a ainsi rejeté l’offre turque, en demandant à Ankara de se conformer à l’accord et d’éliminer les djihadistes de la ville en usant de son influence pour éviter l’attaque. Damas croit que la Turquie aimerait annexer Idlib, ce qui l’amène à rejeter tout accord autre que celui déjà signé à Astana, qui consiste en un engagement “d’achever” tous les djihadistes.

De plus, selon les sources, la Turquie « a promis d’intégrer le Front al-Nosra, alias Hay’at Tahrir al-Cham, au sein d’une seule armée à Idlib pour satisfaire les demandes russes et montrer qu’elle exerce un contrôle sur les djihadistes. Les troupes d’Ankara ajoutent plus de personnel militaire (c’est la façon dont la Turquie le présente) pour soutenir tous les mandataires de la Turquie dans leur bataille contre les djihadistes qui refusent de se soumettre ou qui fusionnent avec d’autres groupes. Selon des renseignements fournis récemment par la Turquie à la Russie et à l’Iran, l’armée turque est prête à attaquer tout groupe qui refuse de se soumettre à la Turquie. En outre, il semblerait que des centaines de djihadistes ont quitté la Syrie pour une autre destination. Ankara facilite ainsi la sortie de tous les djihadistes, qui devront sinon combattre et mourir à Idlib. »

La Turquie demande plus de temps afin de retarder l’attaque contre Idlib. Dans l’intervalle, les alliés de la Syrie sont résolus à prendre le contrôle de la région rurale autour d’Idlib ainsi que la région rurale d’Hama et de Lattaquié. À cette fin et par crainte d’une attaque possible contre Alep par des djihadistes pour détourner l’attaque des forces syriennes, les alliés envoient des contingents importants de militaires creuser des tranchées à des fins défensives autour d’Alep.

Les alliés de la Syrie, tout comme Damas d’ailleurs, trouvent que la Russie a ralenti le rythme de son attaque, ce qui permet à la Turquie de soulever ses préoccupations à la face du monde quant à la nécessité d’une attaque contre Idlib. La Turquie a encouragé les USA à prendre le temps de préparer sa banque d’objectifs (cibles) en Syrie au cas où ils décideraient de bombarder la Syrie. Elle presse aussi la communauté internationale, surtout les Européens, d’intervenir pour empêcher un éventuel « flot de réfugiés et de djihadistes vers le continent européen en cas d’attaque contre Idlib ». Les deux superpuissances (Russie et USA) viennent d’ailleurs d’effectuer des manœuvres militaires au large de la côte syrienne en Méditerranée et à al-Tanf (en Syrie) respectivement.  Elles marchent « au bord du précipice » tout en faisant étalage de leurs forces l’une contre l’autre.

Selon mes sources, la Turquie « demande plus de temps pour régler la situation à Idlib sans combat. Elle propose aussi de résoudre le problème soulevé par les dizaines de milliers de ses mandataires syriens armés quand le moment de la réconciliation politique viendra. Tout cela indique clairement que la Turquie n’est pas prête à quitter la Syrie. »

Moscou a d’importants intérêts stratégiques avec Ankara (échanges commerciaux, armements, approvisionnement énergétique), tout comme avec Téhéran (échanges commerciaux et énergétiques, qui est l’une des conséquences du rejet, par les Turcs, des sanctions unilatérales américaines imposées contre l’Iran). Le président Erdogan compte sur cette relation stratégique pour stopper la bataille d’Idlib. La Russie et l’Iran maintiennent toutefois des relations stratégiques plus profondes avec la Syrie, où le désir de mettre fin à la guerre et de voir toute la Syrie libérée est beaucoup plus fort.

« Il n’y a pas de plan en vue de libérer la ville d’Idlib pour l’instant », disent les sources. Le principal objectif est la libération des régions rurales d’Hama, de Lattaquié et d’Idlib. On ne devrait pas s’attendent à ce que les civils syriens, qui sont presque deux millions, partent vers la Turquie ou l’Europe. Ils sont invités à quitter tous les secteurs sous le contrôle des djihadistes (principalement Al-Qaeda et ses partenaires ou partisans armés) pour se rendre dans la ville d’Idlib sous contrôle turc.

Ce qui est clair pour l’instant, c’est que le président Assad n’est pas prêt à abandonner Idlib au président Erdogan.  Assad a déclaré être prêt à lancer une attaque,  dans quelques semaines, même tout seul, ce qui entraînerait dans son sillage tout le monde vers le champ de bataille.

Elijah J. Magnier

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-un-bourbier-de-communication

La Chine aux avant-postes

La Chine aux avant-postes

Ouverture libre

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

La Chine aux avant-postes

En quelques jours, un thème nouveau a envahi la presse antiSystème : l’hypothèse de l’implication de la Chine dans la crise syrienne (Iblid) à cause de la présence de nombreux (certains avancent le chiffre de 10 000) militants djihadistes ouïgours, venus de la province chinoise de Xinjiang. Cette présence fait de la Chine, indirectement mais puissamment, un acteur de la phase crisique syrienne actuelle, autour de l’attaque contre la région d’Iblid. (Alastair Crooke signalait la chose dans son article que nous reproduisions dans nos Notes d’analyse du 9 septembre 2018.)

Effectivement, à côté de l’information elle-même, qui est évidemment d’une réelle importance, nous mettons en évidence la rapidité avec laquelle la presse antiSystème, en général anglo-saxonne et associée, se regroupe sur des thèmes nouveaux dans le développement actuellement très rapide de la politiqueSystème. Bien entendu, tout cela se fait au niveau de la communication, mais ces regroupements constituent en eux-mêmes des actes politiques.

Désormais, l’implication chinoise est devenue pratiquement un “fait géopolitique” à partir de ce flux de communication, d’autant plus que, dans notre époque, il n’existe plus de référence acceptable et légitime qui pourrait bloquer cette manufacture, selon un processus commencé en 2001. Les substituts à cette absence, qui passent en général par une censure pure et simple, – l’affaire des FakeNewsen est l’exemple le plus significatif, – sont incapables d’assumer cette mission qui leur est confiée par le Système parce qu’ils apparaissent aussitôt marqués par cette allégeance grossière. C’est la puissance et le crédit dans certains réseaux des flux alternatifs et antiSystème qui donnent leur légitimité à ces nouveaux thèmes qui apparaissent.

Pour illustrer cette situation, nous reproduisons un des articles les plus récents et les mieux documentés, avec notamment des reprises d’autres articles, sur le sujet Chine/Ouïgours-Syrie. Il est de James George Jatras,ancien diplomate US et ancien conseiller de politique extérieure de la direction républicaine au Sénat, et membre du groupe VIPS que nous avons cité encore récemment. Il publie ce 15 septembre 2018 sur Strategic-Culture.org un texte sur le thème évoqué ici, avec le titre original (modifié par nous pour des raisons techniques) de « Is Langley Unleashing Jihad Against China in Xinjiang? » (Langley, bien entendu pour CIA). (On peut lire aussi une interview-vidéo intéressante de Mark Sleboda, sur TheDuran.comle 15 septembre 2018, avec reprise d’un article de Christina Lin via Asia Times.)

dde.org

________________________

 

 

Unleashing Jihad Against China in Xinjiang?

One of the early indicators that the Trump administration’s foreign and security policies would not be guided by the President’s own preferences but by those of the supposed “experts” – globalists, neoconservatives, and assorted retreads from the George W. Bush administration – with whom he unwisely has surrounded himself was the announcement of a “new” strategy on Afghanistan in August 2017.  It was neither new nor a strategy. President Donald Trump allowed his publicly stated preference to get the hell out to be overruled by the guys with the short haircuts who want to stay in Afghanistan, in effect, forever.

But why? What possible national interest could be advanced from a permanent American military presence in a godforsaken piece of real estate about as remote from the United States as it is possible to get while staying on this planet?

One answer was suggested by Colonel Lawrence Wilkerson(US Army-Ret.), former chief of staff to US Secretary of State Colin Powell, at the August 18, 2018, conference of the Ron Paul Institute. Wilkerson’s description of the subjective thinking of the US military has the ring of truth (presented here in authentic Pentagonese BLOCK LETTERS, emphasis added in bold):

 

‘HERE IS WHAT THE MOST POWERFUL AND MOST STRATEGICALLY-ORIENTED BUREAUCRACY IN OUR GOVERNMENT, THE MILITARY, HAS DECIDED FOR AFGHANISTAN.

‘THERE ARE THREE STRATEGIC REASONS WE WILL BE IN AFGHANISTAN, AS WE HAVE BEEN IN GERMANY SINCE WWII, FOR A VERY LONG TIME—WELL BEYOND THE ALMOST TWENTY YEARS WE HAVE BEEN THERE TO DATE.

‘THESE REASONS HAVE LITTLE TO DO WITH STATE-BUILDING, WITH THE TALIBAN, OR WITH ANY TERRORIST GROUP THAT MIGHT BE PRESENT.  THESE THINGS ARE ANCILLARY TO OUR REAL OBJECTIVES.

‘THE FIRST REAL OBJECTIVE IS TO HAVE HARD POWER DIRECTLY NEAR THE CHINESE BASE ROAD INITIATIVE (BRI) IN CENTRAL ASIA. 

‘ASK DONALD RUMSFELD HOW DIFFICULT IT WAS TO GET MAJOR MILITARY FORCES INTO THIS EXTRAORDINARILY DIFFICULT LAND-LOCKED TERRAIN IN THE FALL OF 2001.  FOR THAT REASON, WE ARE NOT ABOUT TO DEPART.

‘SECOND, IN AFGHANISTAN WE ARE RIGHT NEXT TO THE POTENTIALLY MOST UNSTABLE NUCLEAR STOCKPILE ON EARTH, PAKISTAN’S.  WE ARE NOT ABOUT TO LEAVE THAT EITHER.  WE WANT TO BE ABLE TO POUNCE ON THAT STOCKPILE VERY SWIFTLY SHOULD IT BECOME A THREAT.

‘THIRD, WE WANT TO BE ABLE TO MOUNT AND COVER WITH HARDPOWER CIA OPERATIONS IN XINJIANG PROVINCE, CHINA’S WESTERNMOST SECTION.  THESE WOULD BE OPERATIONS AIMED AT USING THE SOME 20 MILLION UIGHURS IN THAT PROVINCE TO DESTABLIZE THE GOVERNMENT IN BEIJING SHOULD WE SUDDENLY FIND OURSELVES AT WAR WITH THAT COUNTRY. 

‘I WILL WAGER THERE ARE NOT A HANDFUL OF OUR CITIZENS WHO REALIZE THAT WE—OUR MILITARY, THAT IS—PLAN TO BE IN AFGHANISTAN FOR THE ENTIRE TIME WE ARE CONSIDERING FOR OUR GRAND STRATEGY—AND PERHAPS BEYOND.’

 

We are not yet overtly at war with China, but given Beijing’s quasi-alliancewith Moscow and the growing prospectof a clash between the US and Russia in Syria or Ukraineit’s not too soon to suppose the self-proclaimed “steady state” already thinks of China as an enemy, or at least as a “great power competitor” that needs to be taken down a peg.  Of particular importance, as noted by Wilkerson, is the Belt and Road Initiative (BRI), the centerpieceof a greater Eurasian partnership, a key component of China’s bid to become a military superpoweras well as an economic one.

Beijing’s geographical weak link to Eurasian partnership is Xinjiang, which is BRI’s logistics hub and China’s gateway to the westtowards Central Asia, Russia, and Europe. It also conveniently happens to be the home of restive Muslim ethnic Uyghurs.

In short, Xinjiang is an ideal place for the CIA (per Wilkerson) to give Beijing a hotfoot and try to throw an impediment in the way of BRI and thus of Eurasian integration.

Whenever you see western governments and the legacy media wailing about the plight of “persecuted Muslims” somewhere (in a way they never do for Christians anywhere) it should be a tipoff the boys and girls over at Langley are pushing the start button on a jihad against someone for geopolitical reasons having nothing to do with human rights, religious freedom, or other ostensible bleeding heart concerns. That appears to be what we’re seeing today in the strident chorus of alarm from Congress calling for sanctions against Chinese officials.

We’ve seen this movie before. Today we see it against China and Beijing’s Belt and Road Initiative (the Uyghurs, and connectedly the Rohingya in Myanmar, directed against BRI’s China-Myanmar Economic Corridor through Rakhine State on the Bay of Bengal). In the past we saw it in Afghanistan (against the USSR), in the Balkans on behalf of Bosnian Muslims and Kosovo Albanians (against the Serbs), in the Caucasus on behalf of the Chechens (against Russia). Of course the successful overthrow and murder of the Libya’s Muammar Kaddafi and the not-yet-abandoned effort to effect regime change in Syria depend heavily on support for variousal-Qaeda affiliates and offshoots.

It’s significant that in all of our post-Cold War 1 military interventions every one (except for Bill Clinton’s invasion of Haiti) was ostensibly to free or rescue some suffering Muslims – never mind that in Afghanistan, Iraq, Libya, Syria, Yemen, Somalia, etc. we somehow ended up killing large numbers of the supposed beneficiaries. Just imagine how many oppressed Muslims we would need to kill liberating Iran! Meanwhile, as we continue to support the Saudi slaughter in Yemen with a US quasi-alliancewith al-Qaeda there, there’s nothing to see, folks…

Recognizing these crocodile tears for what they are isn’t to suggest that bad things aren’t happening in Xinjiang. But based on past experience it’s reasonable to think that behind the fog of state-sponsored media propaganda the reality is more complex and involves a substantial element of western intelligence ginning up the jihadis against the kaffir Han as we have against many other targets.

As is the case with Myanmar, where the government’s claims of actual jihad terrorism– including massacring Hinduvillagers – are dismissed out of hand, China’s policy in Xinjiang is condemned without reference to the demonstrable reality of outside-supported attacks. As noted byMoon of Alabama:

 

‘Since the early 1990sa number of terror incidentsby the East Turkistan Islamic Movement (ETIM) [also known as the Turkestan Islamic Party] killed several hundred people in China. ETIM is sanctionedby the UN as an al-Qaeda aligned movement. Three years ago China decided to attack the problem at its roots. It prohibited Salafist-Wahhabi Islamic practice, which was only recently imported into the traditionally Sufi Uyghur-Muslim areas, and it tries to weed out any such ideology. It also fears the potential growth of an ethnic-nationalistic Turkic Uyghur movement, sponsored by Turkey, that could evolve into a separatist campaign.

‘People who are susceptible to such ideologies will be put through an reeducation training which includes language lessons in Mandarin and general preparation for the job market. This may not be the way ‘western’ countries mishandle a radicalization problem, but it is likely more efficient. There surly are aspects of the program that can be criticized. But to claim that these trainings happen in « concentration camps » and for nonsensical reasons is sheer propaganda.’

 

Further:

 

‘Xinjiang province is larger than Great Britain, France, Spain, and Germany combined. It is a mostly uninhabitable landscape of mountainous and desert terrain with a tiny population of some 24 million of which only 45% are Muslim Uyghurs of Turkic ethnicity. It would be rather unimportant outer province for China were it not at the coreof the new Silk road connections.

‘It is a vulnerable point. An established insurgency in the area could seriously interrupt the new strategic communication lines.

‘Chinese strategists believe that the U.S., with the help of its Turkish, Saudi and Pakistani friends, was and is behind the Islamic and ethnic  radicalization of the Turkic population in the province. It is not by chance that Turkey transferred Uyghur Jihadis from Xinjiang via Thailand to Syriato hone their fighting abilities. That the New York Times publishes about the Xinjiang re-education project, and also offers the report in Mandarin, will only confirm that suspicion. China is determined to end such interference.’

 

The fact is that the CIA and MI6 spooks love jihadis – they’re very “operational” as well as expendable. Case in point are several thousand Chinese Uyghurs fighting with the al-Qaeda-led terrorists in Syria’s Idlib province, where China’s President Xi Jinping no doubt will helpSyria’s Bashar al-Assad and Russia’s Vladimir Putin ensure as many of them as possible never make it back home.

One inescapable irony is that the US and other intelligence services likely siccing their terrorist hounds on China represent governments that worship at the absurd altar of “diversity is strength,” unlike the countries they are targeting. Unashamed of their identity and culture, the Han Chinese aren’t buying it. As American nationalist Patrick Buchananobserves:

 

‘Consider China, which seeks this century to surpass America as the first power on earth. Does Xi Jinping welcome a greater racial, ethnic and cultural diversity within his county as, say, Barack Obama does in ours?

‘In his western province of Xinjiang, Xi has set up an archipelago of detention camps. Purpose: Re-educate his country’s Uighurs and Kazakhs by purging them of their religious and tribal identities, and making them and their children more like Han Chinese in allegiance to the Communist Party and Chinese nation.

‘Xi fears that the 10 million Uighurs of Xinjiang, as an ethnic and religious minority, predominantly Muslim, wish to break away and establish an East Turkestan, a nation of their own, out of China. And he is correct.

‘What China is doing is brutalitarian. But what China is saying with its ruthless policy is that diversity—religious, racial, cultural—can break us apart as it did the USSR. And we are not going to let that happen.

‘Do the Buddhists of Myanmar cherish the religious diversity that the Muslim Rohingya of Rakhine State bring to their country?”

 

If Donald Trump really were master of his own house, maybe he could move forward on his pledge of an America First, national interest-based policy that finds “common ground” (as articulated at the same Ron Paul Institute conference by Colonel Doug Macgregor (US Army-Ret.)) with countries like Russia and China we continue to treat as adversaries.

But as things stand now, Trump’s nominal subordinates continue to do as they please as though someone else occupied the Oval Office. Perhaps they anticipate that will soon be the case.

James George Jatras

http://www.dedefensa.org/article/la-chine-aux-avant-postes

Caspia

Caspia

Publié le 11 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Asie centrale, Russie, Gaz, Caucase, Etats-Unis, Europe

Après 21 ans de disputes sur le statut juridique de la Caspienne, un accord sera vraisemblablement signé demain dimanche, entre les cinq pays riverains, lors du sommet du même nom à Aktau :

Les cinq États s’affrontent sur la question depuis 1991, chacun affichant des vues divergentes, voire changeantes, au fil des années et de leurs intérêts. Le principal enjeu étant de savoir comment se partager équitablement la mer Caspienne, riche en gaz et en pétrole.

En termes purement juridiques, trois statuts sont envisageables: celui de mer ouverte, de mer fermée ou de lac frontalier; chaque régime implique des prérogatives et des devoirs propres, lesquels pouvant léser, ou au contraire, favoriser les intérêts des uns et des autres. D’où la lenteur des négociations.

La question est d’importance car, bien plus que les richesses énergétiques à se partager, le point crucial est le passage ou non du pipeline Turkménistan-Azerbaïdjan comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Avec la Russie, l’Iran et le Qatar, le Turkménistan fait en effet partie du carré d’as de l’or bleu, quatuor dont les fabuleuses réserves de gaz représentent jusqu’à 2/3 des réserves mondiales selon certaines estimations. Dès la chute de l’URSS, les Américains, soucieux d’enfoncer un coin au coeur du Heartland, ont vu dans le pays des Turkmènes une carte à jouer pour leur grand projet de désenclavement des richesses énergétiques de la Caspienne. N’est-ce pas Dick Cheney, futur vice-président de Bush junior et grand pétrolier devant l’éternel, qui déclarait en 1998 :

« A ma connaissance, l’émergence soudaine d’une région comme la Caspienne en tant qu’acteur stratégique n’a pas d’équivalent historique. »

Le plan US consistait (et consiste toujours si tant est qu’il se réalise un jour) à créer deux routes d’évacuation – une à l’ouest et l’autre au sud-est (en bleu sur la carte), court-circuitant comme de bien entendu la Russie et l’Iran et divisant l’Eurasie :

La route ouest, vieux serpent de mer, est connue aujourd’hui sous le nom de corridor caspien, auquel font toujours semblant de croire les euronouilles. Seul problème et de taille : pour que le gaz turkmène suive le chemin du BTC et aille alimenter l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, il faudrait construire un pipeline sous-marin, ce que refusent absolument deux des cinq pays riverains, à savoir la Russie et l’Iran.

Votre serviteur suit avec intérêt chaque Sommet de la Caspienne qui réunit, outre Moscou et Téhéran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, donc. On y discute de divers points et, lors du sommet de 2014, Poutine a réussi l’exploit de couper l’herbe sous le pied de l’empire en faisant signer un accord interdisant toute présence militaire étrangère autour de la Caspienne. Bye bye OTAN… Quand on sait qu’au temps de sa splendeur, Washington avait déclaré la zone d’importance stratégique nationale, envisageait d’établir une base en Azerbaïdjan et pensait plus généralement pouvoir détacher l’Asie centrale de Moscou, on mesure la dégringolade impériale (…)

Le point d’achoppement entre les cinq pays riverains est le statut à donner à l’étendue d’eau : lac ou mer ? De là découle en effet la possibilité ou non d’y faire passer des pipelines. On comprend aisément que Achgabat et Bakou militent pour un droit maritime s’appliquant intégralement et permettant des négociations bilatérales pour la construction du fameux gazoduc transcaspien. Mais les deux vrais patrons – l’Iran et la Russie – s’y opposent, Téhéran allant même plus loin que Moscou en demandant à ce que toute décision concernant la Caspienne soit prise à l’unanimité. En 2008 déjà, les Iraniens avaient mis leur veto, torpillant de fait le projet Nabucco, arguant du « danger écologique ». L’argument prête à sourire mais montre que notre passionnant Grand jeu relève aussi de considérations juridiques (le droit de la mer) ou environnementales.

NB : Sur toutes ces questions du statut de la Caspienne et l’historique de la dispute, on lira avec profit cette excellente analyse.

 

Surprise, l’accord de demain semblerait – le conditionnel reste de mise – indiquer que les deux gros bras de la Caspienne, Russie et Iran, ont lâché du lest.

Pour Téhéran, c’est sans doute à mettre en parallèle avec les sanctions américaines, conséquence directe du coup de menton de la houppette blonde ; les Iraniens ont besoin d’autres ouvertures économiques, notamment une entente avec Bakou sur le partage de certains gisements à cheval sur les eaux territoriales des deux pays.

Quant au Kremlin, il est vu comme le grand vainqueur de l’affaire. L’interdiction de toute présence militaire étrangère (tss tss l’OTAN…) est actée tandis que la flotte russe aura accès à toute la mer (on se rappelle les ondes de choc provoquées par le déKalibrage des barbus syriens à partir de la Caspienne).

Et pourtant… Votre serviteur ne peut s’empêcher de revenir, encore et toujours, à ce fameux pipeline. L’accord d’Aktau permettra-t-il enfin au Turkménistan de construire son gazoduc à destination de l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ? Si oui, pourquoi les Russes ont-ils soudain accepté ?

Répondre à la première question n’est pas aisé. Si un site azéri crie déjà victoire, il est en réalité difficile de dire ce que contient l’accord et si des clauses spéciales – l’interdiction du tube par exemple – n’y sont pas rattachées. Un officiel russe a parlé d’une « nouvelle » juridiction, la Caspienne acquérant son « propre statut légal ». L’on sait également qu’environ 70% des disputes seulement seront réglées par cet accord, des points de discorde subsistant, parmi lesquels le gazoduc trans-caspien (TCP) ?

Répondre à la deuxième question est tout aussi malaisé. Une officine impériale bien connue des spécialistes penche également pour l’autorisation du TCP et s’interroge sur le retournement de Moscou. Parmi les diverses raisons évoquées, la construction du pipe sera difficile, notamment financièrement ; elle prendra du temps et vient trop tard alors que les tubes russes sont déjà lancés (Turk Stream) ou en voie de l’être (Nord Stream II) ; Poutine tente ainsi d’amadouer l’UE pour débloquer les dernières résistances au Nord Stream II ; Gazprom pourra de toute façon tuer dans l’oeuf le TCP en reprenant ses achats de gaz turkmène.

Cela aussi, nous l’avions expliqué :

Afin de déjouer les plans de l’empire et ne pas perdre ses parts de marché européen, Gazprom avait pris l’habitude d’acheter d’importantes quantités de gaz turkmène. Mais à mesure que les routes soutenues par Washington (pipeline transcaspien et TAPI) se révélaient de plus en plus illusoires et que l’or bleu d’Achgabat prenait le chemin de la Chine, Gazprom a peu à peu réduit ses achats qui approchent maintenant du 0 absolu.

On le voit, Octopoutine a encore quelques flèches à son arc dans ce dossier, mais il sera intéressant de voir en détail les clauses de l’accord de demain, si tant est qu’elles sortent à la lumière. Le Grand jeu énergético-eurasien continue…

 

Sortir de la guerre contre la Syrie

Sortir de la guerre contre la Syrie

La Maison-Blanche ne parvient pas à se retirer de la guerre en Syrie. Le président Trump se heurte à la fois à l’auto-proclamé « État stable » (selon l’éditorial anonyme du New York Times), qui poursuit la stratégie Rumsfeld-Cebrowski, et aux ambitions réactivées de ses alliés israéliens, français, britanniques et turcs. La logique de ces intérêts pourrait déplacer la guerre au lieu de la résoudre.

| Damas (Syrie)

+
JPEG - 36 ko
Powerpoint extrait d’une conférence de l’amiral Cebrowki au Pentagone, le 23 juillet 2003. À gauche, en mauve, la zone dont il convient de détruire les structures étatiques.

Alors que la Maison-Blanche et la Russie se sont accordées pour mettre fin à la guerre par jihadistes interposés en Syrie, la paix tarde à venir. Pourquoi donc ?

Pourquoi la guerre contre la Syrie ?

Contrairement à une idée répandue par sept années de propagande, la guerre contre la Syrie n’est pas une « révolution qui a mal tourné ». Elle a été décidée par le Pentagone en septembre 2001, puis longuement préparée, avec quelques difficultés il est vrai.

Une guerre préparée durant une décennie

JPEG - 38.6 ko
La préparation de la guerre est largement développée dans le dernier livre de Thierry Meyssan. Il est disponible en français, en espagnol, en russe et en turc. Il paraître en septembre en anglais, en arabe et en italien.

Rappelons les principales étapes de cette planification :
- En septembre 2001, le secrétaire US à la Défense, Donald Rumsfeld adopte la stratégie de l’amiral Arthur Cebrowski. Les structures étatiques de la moitié du monde devront être détruites. Les États-Unis contrôleront l’accès des États dont l’économie est globalisée aux ressources naturelles des régions non-connectées à l’économie globale. Le Pentagone commencera son œuvre en « remodelant » le « Moyen-Orient élargi » [1].
- Le 12 décembre 2003, George Bush Jr. signe la Loi sur la restauration de la souveraineté libanaise exigeant des comptes à la Syrie (Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act). Désormais, le président des États-Unis a le droit d’entrer en guerre contre la Syrie sans avoir à passer par le Congrès [2].
- En 2004, lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis, le président Ben Ali tente de faire passer une motion autorisant la Ligue à légitimer l’usage de la force contre les États-membres qui ne respectent pas la toute nouvelle Charte des Droits de l’homme de la Ligue.
- En 2005, la CIA organise la révolution colorée du Cèdre au Liban. En assassinant le leader sunnite Rafic Hariri et en en rendant responsables les présidents chrétien libanais et alaouite syrien, il s’agit de provoquer un soulèvement sunnite contre la Force syrienne de maintien de la paix [3]. Alors que les Marines sont prêts à débarquer à Beyrouth, la Syrie se retire d’elle-même et le soufflé retombe [4].
- En 2006, Dick Cheney confie à sa fille, Liz, le soin de créer le « Groupe pour la politique et les opérations en Iran et en Syrie » (Iran Syria Policy and Operations Group). Elle organise l’attaque israélienne contre le Hezbollah, en pensant qu’il ne résistera pas longtemps. Les Marines US débarqueront à Beyrouth et continueront leur marche « libératrice » sur Damas. L’opération ne fonctionne pas et Israël doit battre en retraite après 33 jours de combats [5].
- En 2008, Washington tente à nouveau de créer le conflit à partir du Liban. Le Premier ministre Fouad Siniora décide de couper les communications internes de la Résistance et d’interrompre les transports aériens avec Téhéran. En quelques heures, le Hezbollah renverse le dispositif militaire occidental et remet en place l’ensemble de ses infrastructures.
- En 2010, Washington adopte le « leadership par derrière » (leading from behind). L’administration Obama confie l’attaque de la Libye et de la Syrie au Royaume-Uni et à la France (accords de Lancaster House).
- En 2011, début des opérations militaires en Syrie.

Il est donc absurde d’évoquer la guerre contre la Syrie comme un événement spontané sui generis [6].

Une guerre indirecte

L’originalité de la guerre contre la Syrie est d’avoir certes été déclarée par des États (les « Amis de la Syrie »), mais d’avoir en pratique été conduite presque exclusivement par des armées non-étatiques, les jihadistes.

Durant les sept années de cette guerre, plus de 250 000 combattants sont arrivés de l’étranger pour se battre contre la République arabe syrienne. Il s’agissait certes de chair à canon, de gens souvent insuffisamment formés, mais durant les quatre premières années, ces soldats étaient mieux armés que n’était l’armée arabe syrienne. Le plus important trafic d’armes de l’histoire a été organisé pour les approvisionner en matériels de guerre [7].

Lee Occidentaux n’avaient jamais eu recours à des mercenaires à cette échelle depuis la Renaissance européenne [8].

Il est donc absurde de parler de « révolution qui a mal tourné ».

JPEG - 27.4 ko
Le démantèlement du Proche-Orient planifié par le Pentagone dans le cadre de la stratégie de l’amiral Cebrowski. Cette carte a été publiée par le colonel Peters en 2006, mais il l’avait déjà commentée, juste avant les attentats du 11 septembre 2001.

Une guerre supervisée par des alliés ayant leurs propres buts

En recourant à Israël pour attaquer le Liban, puis en confiant les guerres de Libye et de Syrie au Royaume-Uni et à la France, et enfin en utilisant les installations de l’Otan en Turquie, le Pentagone a laissé son plan être perturbé par ses alliés.

Comme dans toutes les guerres, le pays leader doit promettre à ses alliés qu’ils trouveront un retour sur leur investissement à le suivre. Or, avec l’entrée en guerre de la Russie, la victoire occidentale devenait impossible. Chaque allié des États-Unis s’est donc progressivement retourné vers sa propre stratégie dans cette région. Avec le temps, les buts de guerre des alliés ont pris le dessus sur celui des États-Unis qui refusaient, eux, de s’investir autant qu’ils auraient dû le faire militairement.

Israël

Poursuivant l’idéologie coloniale de certains de ses pères fondateurs, Israël met en œuvre une politique de division de ses grands voisins en petits pays ethniquement ou religieusement homogènes. Il a ainsi soutenu en vain la division du Liban en un État musulman et un autre chrétien, ou encore la création d’un Kurdistan en Iraq, puis en Syrie. Nous ne disposons pas des documents stratégiques israéliens, mais rétrospectivement, la ligne suivie par Tel-Aviv correspond au « plan Yinon » de 1982 [9] ou à celle de l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies de 1996 [10].

La stratégie israélienne colle dans ses grandes lignes au « remodelage du Moyen-Orient élargi » de Rumsfeld et Cebrowski. Cependant, elle n’a pas du tout le même objectif : le Pentagone veut contrôler l’accès des pays développés aux richesses de la région, tandis qu’Israël veut s’assurer qu’aucun de ses voisins ne sera assez fort pour se dresser contre lui.

Le Royaume-Uni et la France

Le Royaume-Uni et la France renouent avec leur politique coloniale, telle qu’exprimée au moment de la chute de l’empire ottoman et de la division du Moyen-Orient (les accords Sykes-Picot).

Les Britanniques reprennent la « Grande révolte arabe de 1915 » que Lawrence d’Arabie avait mise en œuvre contre les Ottomans. À l’époque, ils avaient promis la liberté à tous les Arabes s’ils renversaient le joug ottoman et plaçaient les wahhabites au pouvoir, cette fois ils leur promettent la liberté s’ils renversent tous leurs gouvernements nationaux et les remplacent par les Frères musulmans. Mais, ni en 1915, lorsque l’Empire britannique remplaça l’Empire ottoman, ni en 2011, les Arabes ne trouveront leur liberté. C’est le plan du « Printemps arabe de 2011 » [11].

Les Français cherchent à rétablir le mandat que la Société des nations leur avait confié sur la Syrie. C’est ce qu’explique le petit-neveu de Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Giscard d’Estaing [12]. Et c’est ce que réclame le président Hollande lors de son voyage aux Nations unies, en septembre 2015. Comme en 1921 la France s’appuie sur la séparation ethnique des Kurdes des Arabes. Elle défend donc la création d’un Kurdistan, non pas sur son territoire historique en Turquie, mais n’importe où, sur des terres arabes en Syrie.

La Turquie

La Turquie, quant à elle, rêve de réaliser la promesse de son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk, le « Serment national » (Misak-ı Millî) [13], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920. Elle entend à la fois annexer le Nord de la Syrie, y compris Alep, et éliminer les chrétiens, y compris les catholiques à Maaloula et les Arméniens à Kessab.

Elle entre en conflit avec les autres alliés : avec les Israéliens parce qu’elle veut annexer le Nord de la Syrie et non pas l’autonomiser ; avec les Britanniques parce qu’elle veut rétablir le Califat ottoman ; et avec les Français parce qu’elle s’oppose à la création d’un Kurdistan indépendant en Syrie. Surtout, elle entre en conflit avec les États-Unis eux-mêmes parce qu’ils ne font pas mystère de vouloir la détruire après avoir démantelé la Syrie [14].

Comment sortir de cette guerre ?

À l’issue de sept ans de combats, l’État syrien est toujours debout. La République arabe syrienne et ses alliés, la Russie, l’Iran et le Hezbollah sont victorieux. Les armées étrangères (les jihadistes) ont essuyé une cuisante défaite, mais pas leurs commanditaires : les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni et la France, la Turquie.

Non seulement la guerre a réveillé les ambitions du début du XXème siècle, mais aucun des protagonistes n’ayant connu la défaite dans sa chair n’est prêt à abandonner le combat.

Il paraît stupide de vouloir reprendre à zéro une guerre déjà perdue par les jihadistes. La présence de l’armée russe rend désormais impossible toute confrontation directe. Loin d’être anéantie, la population syrienne est désormais aguerrie, prête à supporter plus encore, et beaucoup mieux armée. Surtout, elle a beaucoup réfléchi et est moins manipulable qu’en 2011. Pourtant, comme à l’époque, la rhétorique politique occidentale a repris son antienne du « Bachar doit partir ».

La logique voudrait donc que le conflit se poursuive sur un autre terrain. Si par le passé, l’amiral Cebrowski avait prévu de porter la guerre dans un second temps à l’Asie centrale et du Sud-Est, ses successeurs doivent d’abord en finir avec le Moyen-Orient élargi. Ils se donnent actuellement la possibilité de rallumer le foyer iraquien, comme on le voit avec le spectaculaire retournement de l’administration Rohani et les émeutes à Bassorah.

[1] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[2] “Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act”, Voltaire Network, 12 December 2003.

[3] La guerre civile libanaise (1978-90) se termine par les Accords de Taëf. À la demande de la Ligue arabe et avec l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Onu, l’armée arabe syrienne vient aider l’armée libanaise à désarmer les milices, puis elle stabilise le pays en tant que Force de maintien de la paix. Par la suite, Israël accusera la Syrie d’avoir occupé le Liban, ce qui est faux.

[4] « Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

[5] L’Effroyable Imposture, Tome 2, Thierry Meyssan, éditions Alphée, 2007. Cet ouvrage, qui reste de loin le meilleur sur la guerre d’Israël contre Liban en 2006, sera prochainement réédité en français avec quelques mises à jour. Il est également disponible en espagnol. Je déconseille la version arabe qui est très mal traduite.

[6] Sui generis, en latin « de son propre genre », impossible à comparer avec quoi que ce soit.

[7] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[8] C’est dans ce sens, selon un témoin présent sur place, qu’il faut comprendre la déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la conférence des « Amis de la Syrie » de Marrakech : « Al-Nosra fait du bon boulot » (c’est-à-dire nos mercenaires d’Al-Qaïda nous rendent, à nous la France et au Conseil de coopération du Golfe, le service pour lequel nous les payons).

[9] “A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (The « Yinon Plan »)”, by Oded Yinon, Translation Israel Shahak, Kivunim (Israel) , Voltaire Network, 1 February 1982.

[10] « A Clean Break, a New Strategy for Securing the Realm », Institute of Advanced Strategic and Political Studies, Jérusalem-Washington.

[11] Voir les e-mails du Foreign Office révélés, en 2005, par Derek Pasquill.

[12] « Il faut envoyer l’ONU pour pacifier la Syrie », Propos recueillis par Henri Vernet et Jannick Alimi, Le Parisien, 27 septembre 2015.

[13] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[14] “Stability, America’s Ennemy”, Ralph Peters, Parameters, Winter 2001-02, pp. 5-20. « Blood borders : How a better Middle East would look », Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

http://www.voltairenet.org/article202832.html

Quelques infos au sujet de la Syrie Par Moon of Alabama

Quelques infos au sujet de la Syrie


Par Moon of Alabama – Le 11 septembre 2018

Le candidat américain au poste de Premier ministre d’Irak, Haider al-Abadi, n’est plus dans la course. Après les récentes émeutes qui se sont déroulées à Bassorah, le parti de Moqtada al-Sadr a renoncé à soutenir sa candidature. Même avant cela, Abadi n’avait pas les voix nécessaires au Parlement pour être élu. De plus, l’Ayatollah Sistani a fait savoir qu’il ne soutiendrait aucun candidat qui aurait déjà essayé et échoué à résoudre les problèmes de l’Irak. Les anciens Premiers ministres Maliki et Abadi entrent tous les deux dans cette catégorie.

L’envoyé américain Brett McGurk a essayé de faire pression sur les factions sunnites et kurdes pour qu’elles soutiennent Abadi et a encouragé les Saoudiens à soudoyer Moqtada al-Sadr. Il a échoué. Il semble maintenant que les différents partis chiites, plus quelques indépendants sunnites et kurdes, forment une coalition solide et assez importante pour régner sur le pays. La plupart d’entre eux veulent que l’armée américaine quitte l’Irak. L’Irak aura un donc nouveau Premier ministre et ce ne sera pas celui que les États-Unis voudraient voir jouer ce rôle. Cela créera de sérieuses difficultés logistiques pour les forces étasuniennes qui augmentent en nombre en Syrie.

La lutte contre État islamique en Irak n’est pas terminée. L’instabilité politique permet à EI de revenir (vid) sous la forme d’une armée de guérilla informelle. L’Irak manque encore d’outils, de renseignements et de capacités de combat nocturne pour faire disparaitre ces groupes. Avec un gouvernement anti-américain, le problème EI va certainement s’aggraver à mesure que les États-Unis l’utiliseront pour garder un outil de pression au Moyen Orient.

Robert Fisk est en voyage sur la ligne de front du gouvernorat d’Idlib en Syrie. Il ne voit que remarquablement peu de forces syriennes. Il s’attend à ce que l’attaque à venir soit plus petite que prévue et qu’elle se déroule plutôt lentement.

Le géographe Fabrice Balanche suppose, avec de bons arguments, que l’armée syrienne n’attaquera, dans une première phase, que les rebelles « modérés » soutenus par les Turcs, ceux peints en vert clair sur la carte, dans la partie sud de la poche d’Idlib. Les brigades al-Qaida/Nusra/HTS, peintes en un vert plus foncé, ne seront attaquées que dans une phase ultérieure. Cela correspond aux observations faites par Robert Fisk sur le terrain.

Un scandale récent aux Pays-Bas prouve, une fois de plus, que les rebelles « modérés » ne sont pas modérés du tout. La chaine d’informations hollandaise NOS Nieuwsuur et le quotidien Trouw rapportent (en hollandais) que le gouvernement néerlandais a jusqu’à tout récemment dépensé au moins 25 millions d’euros pour fournir aux rebelles « modérés » en Syrie des camionnettes, des uniformes, des téléphones satellites, des caméras, des kits médicaux, des tentes et des matelas en caoutchouc.

Les journalistes ont découvert que ces fournitures « non létales » ont bien sûr été utilisées pour combattre le gouvernement syrien. Ils révèlent également que les groupes approvisionnés, dont le gouvernement refusait de diffuser la liste, étaient tous des djihadistes et que le Procureur général des Pays-Bas avait déjà inculpé plusieurs de leurs membres pour terrorisme.

Trouw et Nieuwsuur ont décidé de poursuivre leurs recherches sur ce programme d’approvisionnement. Ces derniers mois, les deux médias ont donc interviewé une centaine de chefs rebelles et de personnes impliquées dans ce programme, et ont réussi à déterminer quels groupes les Pays-Bas ont soutenu. Il s’agit de la brigade du sultan Murad, de la brigade Suleyman Shah, du soukour al Jabl et de la division 13 de la Free Idlib Army, la brigade 51 et Jabhat al-Shamiya. Les commandants de ces groupes nous ont parlé au cours des derniers mois et nous ont dit quel genre de biens ils ont reçus des Pays-Bas. (…)

Le ministère public a lancé des poursuites contre des volontaires hollandais pour avoir rejoint les brigades de l’armée syrienne libre. Prenez le cas du Syrien néerlandais Driss M. Le 21 mars 2017, il a dû comparaître devant un tribunal. Il est accusé d’avoir participé au groupe islamiste Jabhat al-Shamiya en 2014 et 2015. Selon le ministère public, il s’agit d’une organisation salafiste/djihadiste qui cherche à établir un califat et qui fait partie du groupe djihadiste Ahrar al-Sham. Mais, en même temps, Jabhat al-Shamiya fait également partie de l’armée syrienne libre soutenue par les Pays-Bas et décrite comme modérée.

Au moins un procureur semble croire que le gouvernement a commis un crime :

L’envoi de matériel de secours à des groupes de combat peut également être répréhensible, car vous contribuez ainsi à la lutte terroriste et peut-être même à son financement. « Si vous envoyez des camionnettes, vous permettez à quelqu’un de voyager, vous permettez à une organisation de se rendre de A à B », conclut Van Veghel sur un ton strict : « Si vous jouez un rôle dans cette bataille, soit en tant que combattant, soit en tant que combattant moins actif mais permettant à une autre personne de prendre part à cette bataille, alors vous avez une responsabilité pénale. »

Des problèmes juridiques se profilent également à l’horizon pour le gouvernement allemand.

Les États-Unis ont demandé à l’administration Merkel de participer à des frappes de « représailles » contre les forces gouvernementales syriennes quand un autre incident « chimique » monté de toutes pièces sera probablement bientôt imputé au gouvernement syrien. Plusieurs membres de haut rang du parti de la chancelière Merkel veulent suivre cet appel. Mais les services scientifiques du Bundestag allemand, l’équivalent du Service de recherche du Congrès américain, ont publié un avis juridique faisant autorité (pdf, en allemand) sur cette question. Une telle attaque serait illégale au regard du droit international et violerait également la constitution allemande. Il n’y aura pas de soutien officiel allemand pour une attaque d’une telle ampleur contre la Syrie. (Dans un avis précédent, le service scientifique avait estimé que le maintien de la présence américaine en Syrie lui aussi, était illégal).

À l’occasion de l’anniversaire du remarquable incident qui a eu lieu à New York, Maram Susli, alias SyrianGirl, a publié cette vidéo (en anglais) mélangeant des citations de Brett McGurk, envoyé spécial du président pour la coalition mondiale contre EI, et de Nicky Halley, ambassadeur des États-Unis à l’ONU.

Traduction de la vidéo :

Brett McGurk : La province d’Idlib est le refuge le plus sûr pour al-Qaida depuis le 11 septembre.

Nicky Halley : Nous considérons tout assaut contre Idlib comme une sérieuse escalade du conflit en Syrie.

BMG : Et maintenant Idlib est un énorme problème. C’est un refuge pour Al Qaida juste aux frontières de la Turquie.

NH : Maintenant, une offensive contre Idlib est en train de débuter malgré les clairs avertissements du président des États Unis et d’autres dirigeants du monde. Des frappes aériennes contre Idlib ont déjà été lancées par la Russie et le régime.

BMG : Des dirigeants d’al-Qaida ont réussi à s’introduire dans Idlib.

NH : Ils veulent punir les civils qui ont eu le courage de se dresser contre Assad.

Scènes d’extrémistes islamiques en pleine célébration après le 11 septembre :

  • Nous avons détruit l’Amérique
  • Avec un avion civil
  • Le World Trade Center est devenu un tas de poussière
  • Notre dirigeant Ben Laden, celui qui terrorise l’Amérique avec la force de notre foi et nos armes est le PIKA (??)

NH : si Assad, l’Iran et la Russie continuent, les conséquences seront sévères.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quelques-infos-au-sujet-de-la-syrie

 

Principaux risques d’un Brexit sans accord, selon Londres

Principaux risques d’un Brexit sans accord, selon Londres

Le ministre britannique chargé du Brexit Dominic Raab à Londres, le 23 août 2018 / © POOL/AFP / PETER NICHOLLS

Permis de conduire non valables, frais d’itinérance mobile, problèmes juridiques: le gouvernement britannique a publié jeudi une deuxième série de notes techniques analysant les risques entourant l’éventualité d’une absence d’accord avec l’Union européenne pour l’après-Brexit et les remèdes qu’il préconise.

Parmi les risques déjà identifiés dans de précédentes notes figurent aussi la hausse des frais bancaires et de la paperasse bureaucratique.

– Permis de conduire, passeport:

Le permis de conduire britannique pourrait ne plus être suffisant pour voyager dans l’UE, avertit le gouvernement qui souligne que ses ressortissants pourraient être obligés d’obtenir un permis international. Quant à ceux qui choisiraient de s’établir dans un pays de l’UE, il leur faudra sans doute repasser le permis.

Autre tracasserie à prévoir: les voyageurs devront s’assurer d’une durée de validité de plus de six mois s’ils ne veulent pas se voir refuser l’entrée de l’espace Schengen.

– Retour des frais d’itinérance mobile:

La suppression de ces surcoûts payés par l’utilisateur lorsqu’il téléphonait depuis l’étranger depuis juin 2017 au sein de l’UE ne « pourra plus être garantie » aux Britanniques, souligne le gouvernement qui dit qu’il pourrait légiférer pour limiter leur hausse.

– Problèmes juridiques:

Il pourrait devenir plus compliqué et coûteux de résoudre certains contentieux transfrontaliers familiaux comme les divorces ou commerciaux, les cours européennes pouvant notamment ne pas reconnaître les jugements émis au Royaume-Uni.

– Hausse des frais bancaires:

Calendrier du Brexit / © AFP / Gillian HANDYSIDE

Les Britanniques pourront être confrontés à « une hausse des coûts et des procédures plus lentes » pour leurs transactions avec le continent, tandis que « le coût de l’usage des cartes bancaires entre le Royaume-Uni et l’UE risque d’augmenter ».

Les consommateurs qui achètent en ligne verraient aussi leurs frais augmenter parce que les colis livrés au Royaume-Uni ne pourront plus prétendre à une TVA allégée.

– Paperasse:

Les entreprises commerçant avec l’UE seraient aussi confrontées à une hausse de leurs coûts pour cause de frais douaniers et de paperasse supplémentaires.

C’est pour cela, qu’elles devraient « si nécessaire, faire les démarches pour renégocier les termes commerciaux reflétant tout changement dans les procédures douanières et taxes, et tout nouveau droit de douane qui pourraient s’appliquer ».

Par ailleurs, les tests de produits menés par des organismes certifiés au Royaume-uni pourront ne pas être reconnus et nécessiter de nouveaux tests par un organisme certifié dans l’UE.

– Les services financiers:

Londres met en garde les clients à travers l’Espace économique européen (EEE) sur le fait qu’ils ne pourront plus faire appel aux services d’une banque d’investissement basée au Royaume-Uni tandis que les accords transfrontaliers ne seront plus valides.

Les banques peuvent éviter les perturbations en mettant en place des filiales dans l’UE, ce que de nombreux établissements ont déjà commencé à faire.

L’Union européenne et ses espaces / © AFP / Aude GENET, Sophie RAMIS

– Médicaments:

Le Royaume-Uni quittera l’Agence européenne du médicament mais continuerait de reconnaître les tests et certifications européennes pour éviter une double procédure et une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Les banques du sang et les producteurs de produits à base de sang continueraient de se conformer aux exigences de l’UE tandis que les lois européennes sur les organes et tissus seront incorporées dans la loi britannique, ajoute le gouvernement selon qui une sortie sans accord risque toutefois de mettre en difficulté les couples britanniques qui font appel au don de sperme pour procréer car ils ne pourront plus faire appel aux banques de spermes européennes.

Le ministre du Brexit, Dominic Raab, a souligné que le Royaume-Uni allait aussi stocker des médicaments pour six semaines supplémentaires, en plus des trois mois de stocks actuels.

– Aide humanitaire:

Le gouvernement britannique continuera de financer les programmes humanitaires actuellement financés par l’UE, « où les organisations britanniques assurent la direction de projet ou sont les seules exécutantes ».

– Tabac:

Une régulation britannique remplacera la législation européenne. Il faudra aussi introduire une nouvelle iconographie pour les paquets de cigarettes, « les droits pour les photos existantes étant la propriété de la Commission européenne ».

(©AFP / (13 septembre 2018 17h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Principaux-risques-d-un-Brexit-sans-accord-selon-Londres/953395.rom

Duel ou affrontement

Duel ou affrontement

Ouverture libre

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Duel ou affrontement

Certes, il s’agit, dans le chef du texte que nous présentions ci-dessous, de SputnikNews en français (Spoutnik, le 12 septembre 2018)… Aussitôt, il est recommandé de s’écrier “FakeNews !” après avoir fait le signe religieux des droitsdel’homme-LGTBQ (sorte de signe de croix “postmodernisé”) et vomi conformément aux consignes. Ces ablutions et devoirs de convenance accomplis, il nous est loisible de passer aux choses sérieuses.

Le texte que publie le réseau russe est une analyse technique de ce que pourrait être un affrontement limité, une sorte de “duel” en Syrie, dans le cas qui paraît aujourd’hui assez envisageable où le parti de l’américanisme interviendrait dans le cadre de l’offensive d’Iblid et attaquerait notamment et spécifiquement des cibles russes. L’intérêt du texte est de détailler le système de défense antiaérienne russe, avec sa structure, sa coordination, ses capacités, etc., en s’en tenant strictement aux aspects techniques et à l’hypothèse très encadrée d’une attaque classique (quoique supposée “lourde” sinon “massive”) de missiles de croisière mer-sol/air-sol de type Tomahawk et assimilés. Cette hypothèse nous paraît tout à fait plausible malgré le jugement de certains que la précédente attaque a été, suivant les sources officielles russes très précises et documentées, un grave revers avec la destruction de 71 missiles sur 105 tirés.

Il faut en effet avoir à l’esprit que, pour la partie US, tous les missiles ont atteint leurs objectifs, et il nous paraît assuré que cette version, – complètement improbable et pure fantasy même si l’on n’accepte pas le chiffre de 71 destructions, – est celle qui est acceptée à Washington à partir d’un certain échelon et de certains services. Notre hypothèse est que cette version “officielle” des militaires est une narrative consciemment construite par des gens qui connaissent à peu près la réalité des pertes jusqu’au moment où elle passe un sas de crédit au-delà des spécialistes et de certains chefs, et devient la “vérité officielle” et acceptée comme telle disons “en toute bonne foi”. Cela vaut évidemment pour les dirigeants politiques totalement incultes dans la matière des réalités militaires, et notamment pour ceux-là même (neocons et ultra-faucons) qui “conseillent”, c’est-à-dire le manipulent, un président (Trump) complètement désinformé, – et d’ailleurs assez peu intéressé par la vérité stricte des choses d’une part, complètement ignorant des choses de la stratégie et de la technologie militaire d’autre part.

Nous pensons en effet que les Bolton, Haley & Cie eux-mêmes croient vraiment à cette supériorité écrasante de la machine de guerre US, à partir de laquelle ils construisent leurs schémas d’agression en fonction de leurs illusions dominatrices et déstructurantes. Cette désinformation est sciemment entretenue par la bureaucratie du Pentagone selon une tendance irrésistible, et peut-être même par une partie du Pentagone pour tout le Pentagone, pour maintenir le statut, le prestige, l’indispensabilité et les budgets de l’American War Machine. Le risque est minime puisque l’attaque, et son échec éventuel entraînant les mensonges, n’affecte en rien la sécurité nationale des États-Unis et dépend de la seule machinerie de la communication.

Ce texte est ainsi d’un intérêt évident mais il est limité du fait de la problématique choisie. Il n’aborde aucunement les questions politiques fondamentales, au travers des interrogations techniques et tactiques qui détermineraient (notamment) un engagement russe. En effet, pour que toute la machinerie de la défense aérienne décrite ici fonctionne comme elle est décrite, il faut que la décision politique de l’activer ait été prise. Cela laisse nombre de questions d’une importance vitale ouvertes, selon la question générale qui est de savoir si les Russes ont acquis ou non la certitude de l’inéluctabilité d’un engagement direct avec les USA.

La première de ces questions est celle de l’engagement du côté russe. A partir de quel moment les Russes seront-ils assurés que les tirs visent des objectifs russes (ou ne les visent pas) ? (Avec la sous-question de savoir si les Russes ont décidé ou non d’intervenir même si l’attaque “massive” n’attaque que les Syriens, dans la mesure où il s’agit pour les USA de contrecarrer une offensive qui est aux yeux des Russes vitale pour liquider l’essentiel de ce qui reste des forces terroristes et imposer un terme à la guerre en Syrie.) Cette question joue-t-elle un rôle important dans l’efficacité de la défense aérienne russe ? Pour être pleinement efficace, la défense aérienne russe doit-elle intervenir dès le début de l’attaque, alors que, peut-être, les cibles (russes ou non) ne sont pas encore déterminées ? D’autre part, on voit combien l’analyse technique fait une part importante à la flotte et situe “l’engagement” aussi bien sur le théâtre méditerranéen qu’en Syrie même, ce qui élargit considérablement le champ stratégique, sollicite une décision rapide côté russe et grandit d’autant la dimension politique de la décision d’intervention. Dans ces diverses considérations, la décision politique dépend effectivement en partie non négligeable de considérations techniques et tactiques.

La seconde de ces questions concerne la suite de l’engagement, quelles que soient les conditions de cet engagement : y aura-t-il une escalade ou en restera-t-on là ? C’est-à-dire : en restera-t-on à cette notion d’un duel entre les deux où le terme est à peu près délimité ou bien passera-t-on à la notion d’un “affrontement” qui, par nature, ne nous dit pas le terme ? Quelles que soient les conditions de l’engagement, y compris avec des narrative complètement contradictoires, il reste que le sujet principal de l’engagement est la “bataille d’Iblid”.

Quelle que soit l’issue de l’engagement (du “duel”), il apparaît hautement probable, – à moins d’un état de guerre complet qui rendrait toutes ces supputations obsolètes, – que cette bataille sera toujours en cours. Se posera alors la question pour les deux acteurs russe et US, s’il y a eu confrontation, de la suite à donner en fonction de l’évolution de la bataille. C’est là que se pose la grande question de l’escalade qui repose sur ce fait théorique largement identifié durant la Guerre froide qu’aucune de ces deux puissances ne peut accepter une humiliation alors qu’elle possède des armements de plus grande capacité qui lui permettent de riposter, – logique d’escalade évidente dont le terme est évidemment le nucléaire.

Selon les divers problèmes abordés dans ces deux questions se trouve une troisième question qui est celle du “front intérieur”. Quelles peuvent être les réactions devant la perspective d’une extension du conflit et d’une “escalade” dans les divers centres de pouvoir et dans l’opinion publique ? De ce point de vue, et même si l’opinion publique russe n’a jamais été  enthousiaste pour l’expédition de Syrie, la situation aux USA paraîtrait beaucoup plus tendue, incertaine, fragile… Les tensions internes sont considérables en général à “D.C.-la-folle”, et elles pourraient prendre une autre orientation particulièrement entre la clique neoconqui veut à tout prix un conflit avec la Russie, et une opinion publique jusqu’ici indifférente mais qui, vu son état de défiance et d’hostilité à l’encontre de Washington, et son état général très dépressif, serait probablement conduit à manifester une opposition à un engagement prolongé. On retrouve ici le cas d’école soigneusement occulté mais bien réel de l’épisode d’août-septembre 2013 où la perspective d’une attaque massive contre la Syrie déclencha une réaction populaire que le Congrès exprima en un brutal refus de soutien d’une telle aventure, avec un Obama à la dérive et sauvé in extremis (par Poutine !)… PhG écrivait ainsi, rappelant l’épisode à l’occasion d’une situation assez proche quoique moins intense, au début de l’année :

« Il y a un précédent, celui de l’attaque contre la Syrie d’août-septembre 2013. Tant de monde en ont oublié les véritables circonstances, se contentant d’affirmer qu’Obama avait lancé la menace d’une attaque, avait hésité puis avait reculé. La réalité de cette séquence est que l’attaque décidée après et malgré un vote défavorable de la Chambre des Communes de Londres sur la participation britannique, Obama confia la décision au Congrès : soudain, l’on constata l’effritement accéléré du soutien populaire jusqu’alors acquis à l’attaque, ce que les parlementaires, sollicités par les flots épistolaires de leurs électeurs, traduisirent en intentions de vote de plus en plus défavorables jusqu’à une déroute institutionnelle catastrophique d’où Obama fut sauvé in extremis par l’intervention de… Poutine. (Voir les textes sur ce site, à propos de cette séquence : le 27 août 2013, le 29 août 2013, le 02 septembre 2013, le 06 septembre 2013, le 10 septembre 2013, le 12 septembre 2013.)

» Ce phénomène n’a jamais été vraiment analysé, il a même été prestement déformé puis enterré comme “la mémoire” fait aujourd’hui avec les faits historiques, puis oublié par la direction politique et la communication-Système comme beaucoup trop déstabilisant pour la politiqueSystème pour qu’on puisse seulement en avoir un écho lointain… »

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article/duel-ouaffrontement

Londres vient de commencer une opération sous faux drapeau à Idleb

Londres vient de commencer une opération sous faux drapeau à Idleb

+

Selon le ministère russe de la Défense, « une provocation montée de toutes pièces est en train d’être filmée dans la localité de Jisr al-Choghour pour faire croire que l’armée syrienne a utilisé des armes chimiques contre les civils ».

Des radicaux ont transporté deux bidons d’une substance toxique chlorée à Jisr al-Choghour pour rendre la représentation de l’attaque plus « réaliste »

Des équipes de tournage de plusieurs chaînes de télévision du Moyen-Orient et de la représentation régionale d’une grande chaîne états-unienne sont arrivées le 11 septembre 2018 au matin sur les lieux pour y réaliser des vidéos.

Les services secrets britanniques (MI6) ont prévu d’organiser une attaque chimique sous faux drapeau à Idleb, de l’attribuer à la République arabe syrienne (dite « le régime ») et de justifier ainsi d’une attaque occidentale contre la Syrie. L’Allemagne, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni y participeraient.

http://www.voltairenet.org/article202898.html

Xi et Poutine s’engagent à renforcer les relations quels que soient les changements de la situation internationale

Xi et Poutine s’engagent à renforcer les relations quels que soient les changements de la situation internationale

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 12/09/2018 07:16

Le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine ont exprimé leur ferme détermination à promouvoir les relations bilatérales et à préserver la paix et la stabilité dans le monde, à l’occasion de leur rencontre mardi à Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe.

M. Xi est arrivé dans la ville portuaire russe de Vladivostok plus tôt dans la journée, pour assister au quatrième Forum économique oriental (FEO), à l’invitation de M. Poutine.

Au cours de leurs entretiens, MM. Xi et Poutine ont constaté que les relations entre la Russie et la Chine s’étaient développées avec une dynamique accrue cette année et qu’elles étaient entrées dans une nouvelle période marquée par un développement plus rapide et d’un niveau plus élevé.

Quels que soient les changements de la situation internationale, la Chine et la Russie travailleront sans relâche à promouvoir leurs relations et à sauvegarder avec détermination la paix et la stabilité mondiales, ont déclaré les deux chefs d’Etat.

Rappelant leurs rencontres productives à Beijing et à Johannesburg plus tôt cette année, M. Xi a dit à M. Poutine que les contacts étroits et à haut niveau entre la Chine et la Russie avaient démontré le niveau élevé et le caractère unique des relations bilatérales et montré que les deux pays accordaient la priorité absolue à ces relations dans leur agenda diplomatique respectif.

Grâce aux efforts conjoints des deux parties, les avantages politiques des relations sino-russes se sont traduits continuellement par une coopération fructueuse, a dit M. Xi.

La Chine et la Russie se sont soutenues mutuellement dans la poursuite de voies de développement adaptées à leur situation nationale respective et dans la préservation de leurs droits à la sécurité et au développement, offrant un modèle de relations entre grands pays et de voisinage, a affirmé M. Xi.

Le dirigeant chinois a appelé les deux parties à consolider leur amitié traditionnelle, à renforcer leur coordination dans tous les domaines et à porter le partenariat stratégique global de coordination entre la Chine et la Russie à un niveau supérieur afin de mieux servir les intérêts des deux peuples.

La Chine et la Russie doivent développer les synergies entre l’initiative « la Ceinture et la Route » et l’Union économique eurasienne (UEE), renforcer leur coopération dans des domaines tels que l’énergie, l’agriculture, l’innovation scientifique et technologique et la finance, promouvoir la mise en oeuvre régulière de projets majeurs et renforcer la recherche et le développement communs de sciences et technologies de pointe, a souligné M. Xi.

Puisque cette année et l’année suivante ont été désignées comme années de la coopération et des échanges locaux Chine-Russie, les deux pays devraient saisir cette opportunité pour encourager une plus grande participation locale à la coopération bilatérale, a-t-il fait valoir.

C’est une tradition positive entre la Chine et la Russie de se soutenir mutuellement dans l’organisation d’événements à grande échelle, selon le dirigeant chinois.

Le forum FEO, créé sur proposition de M. Poutine, est devenu une plateforme importante pour mettre en commun leurs avis et discuter ensemble de la coopération régionale, a déclaré M. Xi, ajoutant qu’il était convaincu que le forum de cette année apporterait à la Chine et à la Russie de nouvelles opportunités d’approfondir leur coopération régionale, y compris en Extrême-Orient.

Etant toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) et économies émergentes majeures, la Chine et la Russie endossent la tâche de préserver la paix et la stabilité dans le monde et de promouvoir le développement et la prospérité, a-t-il dit.

Le président chinois a appelé les deux pays à maintenir une communication et une coordination étroites dans les cadres multilatéraux tels que l’ONU, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore le groupe BRICS, à soutenir le règlement politique des questions brûlantes en collaboration avec la communauté internationale, et à défendre conjointement l’équité et la justice sur la scène internationale, de même que la paix et la stabilité mondiales.

Il a également appelé les deux parties à respecter fermement les objectifs et principes de la charte de l’ONU, à s’opposer ensemble à l’unilatéralisme et au protectionnisme commercial, et à poursuivre la construction d’un nouveau type de relations internationales ainsi que d’une communauté de destin pour l’humanité.

Pour sa part, M. Poutine a souhaité chaleureusement la bienvenue à M. Xi au forum du FEO, lui exprimant sa sincère gratitude pour sa participation.

« Le président Xi et moi-même maintenons des échanges étroits, ce qui montre le niveau élevé des relations entre la Russie et la Chine », a déclaré M. Poutine.

Saluant la dynamique vigoureuse du développement des relations bilatérales ces dernières années, M. Poutine a déclaré que la confiance mutuelle entre la Chine et la Russie s’était renforcée continuellement et que leur coopération bilatérale dans différents domaines, tels que la politique, l’économie et la sécurité, s’était avérée fructueuse.

Les deux parties devraient continuer de promouvoir la synergie entre l’UEE et l’initiative « la Ceinture et la Route », d’étendre leur coopération dans des domaines tels que l’investissement, l’énergie, l’aérospatiale, la finance ou encore le commerce électronique, de renforcer les échanges culturels et les échanges entre les peuples et de promouvoir la coopération locale, a-t-il dit.

La Russie et la Chine partagent beaucoup de vues similaires sur la situation internationale actuelle, a déclaré M. Poutine, appelant les deux pays à renforcer leur coordination et leur coopération dans les affaires internationales, à s’opposer fermement à l’unilatéralisme, à préserver un ordre international juste et rationnel, et à réaliser un développement et une prospérité communs.

Les deux dirigeants ont également échangé des vues approfondies sur les questions internationales et régionales d’intérêt commun et ont assisté à la signature de plusieurs documents de coopération bilatérale.

Annonce

https://chine.in/actualite/cn/poutine-engagent-renforcer-les-relations_112802.html

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités