Turquie: Erdogan en tête après dépouillement d’un quart des voix (agence étatique)

Turquie: Erdogan en tête après dépouillement d’un quart des voix (agence étatique)

Istanbul – Le chef de l’Etat Recep Tayyip Erdogan était en tête de l’élection présidentielle de dimanche en Turquie avec un score de 58,5% après le dépouillement de plus d’un quart des bulletins, selon l’agence de presse étatique Anadolu.

M. Erdogan, qui a besoin de recueillir plus de 50% des voix pour éviter un second tour, devance son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, qui récolte 27,13% des voix après ce décompte partiel.

Ces résultats partiels sont susceptibles d’évoluer fortement au fur et à mesure que le dépouillement progresse.

Les Turcs ont voté dimanche lors d’élections présidentielle et législatives simultanées et considérées comme les plus disputées depuis que M. Erdogan est arrivé au pouvoir, en 2003, sur fond notamment de difficultés économiques.

Derrière MM. Erdogan et Ince figurent la candidate nationaliste Meral Aksener (7,6%), le candidat prokurde emprisonné Selahattin Demirtas (5,7%), ainsi que deux autres petits candidats.

Le comptage des voix pour le volet législatif du double scrutin était plus lent. Selon Anadolu, la coalition formée par le parti de M. Erdogan, l’AKP, et le parti ultranationaliste MHP étaient en tête avec quelque 65% des voix après dépouillement de 10% des bulletins.

L’alliance de l’opposition, constituiée du CHP (social-démocrate), de l’Iyi (nationaliste) et du Saadet (islamiste) était en deuxième position avec 25,40% des voix.

Si aucun candidat ne parvient à récolter plus de 50% des voix pour la pésidentielle, un second tour se tiendra le 8 juillet. Les législatives ne se déroulent que sur un tour.

(©AFP / 24 juin 2018 16h05)

https://www.romandie.com/news/Turquie-Erdogan-en-t-te-apr-s-d-pouillement-d-un-quart-des-voix-agence-tatique/930415.rom

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L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

L’Égypte pose les conditions de sa levée du siège de Gaza

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Alors que les envoyés spéciaux US, Jared Kushner et Jason Greenblatt, sont arrivés en Égypte après avoir été reçus en Jordanie et en Arabie saoudite, le cabinet du président al-Sissi a annoncé qu’il soutenait un volet du plan de paix US.

Le Caire lèverait le siège de Gaza si les pays du Golfe construisaient un port et un aéroport à Gaza et si le Hamas restituait les prisonniers israéliens qu’il détient.

http://www.voltairenet.org/article201610.html

Migrants: la France « n’a de leçons à recevoir de personne », réplique Macron à l’Italie

Migrants: la France « n’a de leçons à recevoir de personne », réplique Macron à l’Italie

Bruxelles – Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur le dossier des migrants car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année », en réplique aux critiques de Rome sur la position française.

« N’oublions jamais nos valeurs, je serai intraitable sur ce point », a ajouté le président français, en arrivant au mini-sommet européen sur la question migratoire qui déchire l’Union.

« Nous avons des valeurs, c’est ce qui nous a fait. Chaque fois que nous les avons trahies nous avons créé le pire », a-t-il martelé. « C’est le respect des droits de l’homme, de l’individu, des autres Etats et de leur intégrité et cette solidarité qui nous lie ».

Les dirigeants italiens se sont indignés des déclarations du président français, vendredi, selon lesquelles l’Italie « ne vit pas une crise migratoire mais une crise politique » alimentée par « des extrêmes qui jouent sur les peurs ».

Paris a aussi fait valoir que depuis le début de l’année la France a reçu davantage de demandes d’asile que l’Italie et dénoncé l’esprit de « manipulation et d’hypersimplication ».

« 650.000 débarquements en 4 ans, 430.000 demandes, 170.000 présumés réfugiés », lui a répliqué le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini.

« Si pour l’arrogant président Macron cela n’est pas un problème, nous l’invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits en ouvrant les nombreux ports français et en cessant de refouler hommes, femmes et enfants à Vintimille », à la frontière franco-italienne ».

(©AFP / 24 juin 2018 14h12)

https://www.romandie.com/news/Migrants-la-France-n-a-de-le-ons-recevoir-de-personne-r-plique-Macron-l-Italie/930392.rom

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

12 pays européens s'opposent à un futur budget de la zone euro © Kai Pfaffenbach Source: Reuters
L’Eurozone aura bientôt son propre budget ?

Le projet franco-allemand d’un budget de la zone euro a déjà du plomb dans l’aile. Plusieurs pays dont les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg ont adressé un courrier le 22 juin au président de l’Eurogroupe pour dénoncer cette idée.

Emmanuel Macron a encore du travail avant de pouvoir prétendre être le leader de la construction européenne. Alors qu‘il a négocié avec Angela Merkel le 19 juin pour la constitution d’un budget de la zone euro (l’une de ses promesses de campagne en 2017), certains pays de l’Union européenne ont d’ores et déjà montré leur scepticisme. En effet, le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra a envoyé un courrier le 22 juin au président de l’Eurozone Mario Centeno pour afficher publiquement sa désapprobation.

Une lettre qui a été signée par onze autres pays selon le média néerlandais NOS : la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Irlande, Malte, la Finlande, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

Parmi leurs objections figure le financement du projet, selon NOS qui a révélé l’information. D’après le média néerlandais, des dizaines de milliards d’euros devraient effectivement être engagées pour stimuler l’investissement dans la zone euro. Une réunion de l’Eurogroupe le 21 juin devait acter la mise en place d’une taxe sur les transactions financières pour subventionner le plan, sauf que de nombreux pays se sont opposés à cette taxe. Les Pays-Bas ont été contre un tel budget dès le début.

Pour les Néerlandais, chaque pays devrait s’assurer qu’il peut se débrouiller seul financièrement. De fait, les pays du Nord craignent des risques de dérives budgétaires. «En ce qui concerne une capacité fiscale ou un budget pour la zone euro, une question se pose : quel genre de problème cela résout-il ? Ça n’est pas clair pour nous et nous n’y sommes pas favorables», avait confié Wopke Hoekstra à l’AFP le 21 juin.

Bruno le Maire veut «convaincre»

Toujours selon l’agence de presse française, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, a tenu, de son côté, à être rassurant. Il a certes convenu que «des doutes s’étaient exprimés sur le budget de la zone euro», lors de la discussion des 27 ministres des Finances de l’UE (le Royaume Uni n’était pas présent en raison du Brexit). Toutefois, il a ajouté que «chacun connaissait les positions des Etats membres de la zone euro sur ce sujet, à nous de convaincre». Lors d’un point presse, il a également assuré que l’accord avec l’Allemagne pour la formation d’un budget de l’Eurozone était «historique» et permettrait «d’avoir une monnaie forte mais aussi une économie forte et plus d’emplois».

Une argumentation qui rappelle celle d’économistes et de personnalités politiques pour la promotion de l’euro. Avant le référendum de Maastricht, l’ancien Premier ministre Michel Rocard expliquait dans Ouest-France, le 27 août 1992: «La monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité.» En 1996, trois ans avant l’introduction de l’euro, Jacques Attali attestait également : «Lorsque [le Traité de Maastricht] sera appliqué, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique.»

Un budget de l’eurozone pour 2021 ?

L’idée est de mettre en place ce budget spécifique à la zone euro à partir de 2021, a priori dans le cadre du plan pluriannuel pour l’ensemble de l’UE. Sa création doit être approuvée par les 27 pays de l’Union à l’unanimité.

Dans la déclaration franco-allemande présentée le 19 juin, aucune mention n’avait été faite du montant du budget, renvoyant cette épineuse question à plus tard. Initialement, la France espérait plusieurs centaines de milliards d’euros, mais il ne devrait n’y en avoir que quelques dizaines.

Lire aussi : Deuxième anniversaire du Brexit : Emmanuel Macron incarne-t-il le leadership Union-européiste ?

https://francais.rt.com/economie/51866-12-pays-europeens-s-opposent-a-un-futur-budget-de-la-zone-euro

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

#ArabieSaoudite

Le commentateur saoudien anonyme, auteur de révélations fracassantes sur le système des ben Salmane, dévoile que Kushner a partagé des secrets avec son ami MBS concernant le sommet historique de Singapour

Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, aurait fait des révélations rassurantes à MBS
MEE's picture
14 juin 2018
Dernière mise à jour :
14 juin 2018

« Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès. » Le premier tweet du très informé commentateur saoudien anonyme, qui utilise le pseudonyme Mujtahidd, est un bon préambule pour les révélations qu’il publie sur Twitter.

Quels secrets se sont confiés les deux amis, Jared Kushner, conseiller et gendre du président Donald Trump, et Mohammed ben Salmane, prince héritier du Royaume d’Arabie saoudite ?

Traduction : « Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès… » 

« MBS était très inquiet suite à l’annonce du sommet Trump/Kim. Il craignait qu’un tel événement puisse être réédité avec l’Iran, marquant une ouverture du président américain envers Téhéran – qui tournerait donc le dos au prince héritier », explique Mujtahidd. Le 12 juin, un sommet historique a réuni le président américain et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un,  à Singapour. Une rencontre inédite qui s’est soldée par la signature d’un accord de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Chantage

Selon Mujtahidd, « Kushner a expliqué à Mohammed ben Salmane que Trump voulait propager l’image d’un homme de paix en rencontrant Kim, avant d’affronter militairement l’Iran. »

Les deux trentenaires sont réputés proches. Une proximité souvent critiquée, notamment quand le prince saoudien se vanta auprès du prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed, que le conseiller de Trump « était dans sa poche ». Les deux hommes ont eu de nombreuses rencontres et semblent être sur la même longueur d’ondes face aux gros dossiers du Moyen-Orient – Jared Kushner est conseiller sur ce dossier auprès de son beau-père. En tête de liste des dossiers : le conflit israélo-palestinien, mais surtout, l’Iran, une obsession saoudienne.

À LIRE ► Le prince héritier Mohammed ben Salmane a soudoyé Donald Trump, selon un lanceur d’alerte saoudien

Autre détail révélé par Kushner – visé par l’enquête du FBI sur une éventuelle collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de l’actuel président américain – à son ami saoudien : « le leader nord-coréen était d’accord pour annoncer la dénucléarisation totale de son pays avant la tenue du sommet de Singapour. Mais, Pékin, ayant remarqué l’enthousiasme de Trump devant cette perspective, a décidé de faire du chantage à Washington : pas de sommet entre Trump et Kim si les États-unis ne mettent pas un terme à leur guerre commerciale contre la Chine. »

Pékin aurait donc fait donc pression sur Kim Jong-un pour qu’il recule sur la dénucléarisation, ce qu’il fit, toujours selon les révélations de Mujtahidd. Pour rappel, le premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Kye-gwan avait, dans une volte-face surprenante, annoncé le 16 mai dernier, que Pyongyang allait reconsidérer la tenue du sommet de Singapour si les États-unis continuaient à insister sur une dénucléarisation unilatérale. Washington a réagi en annulant le sommet, avant que les deux parties n’en reviennent à de meilleurs sentiments.»

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (Reuters)

La relance du processus de désescalade a été possible, d’après Mujtahidd, grâce aux concessions de Trump aux Chinois. « Secrètement, Trump a promis à la Chine de faire cesser la guerre commerciale qu’il mène contre elle ». Le président américain aurait même donné une garantie de sa « bonne foi » : « Il a levé les sanctions contre la société chinoise d’équipements téléphoniques, ZTE, accusée dans un premier temps d’espionnage économique et technique ».

MBS tout fier

C’est ainsi que Pékin a permis au leader nord-coréen de s’engager à nouveau sur l’accord nucléaire. Le 27 mai, Trump a confirmé dans un tweet qu’un accord avait été trouvé pour solder l’affaire ZTE : moyennant une amende d’1,3 milliard de dollars, l’équipementier chinois va pouvoir importer à nouveau les composants américains dont il a besoin pour ses propres produits.

« Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route »

– Mujtahidd

« Mais le Congrès a refusé la décision de Trump concernant ZTE. Alors, comme l’a révélé Kushner à ben Salmane, le président américain a promis aux Chinois d’user de son droit de véto pour contrecarrer le Congrès », poursuit Mujtahidd. « Quant à la guerre commerciale contre la Chine, Trump a chargé son secrétaire au Commerce, en coordination avec les Chinois, de mettre sur pied un scénario de désescalade graduelle qui n’éveille pas l’attention de l’Europe avec laquelle il s’est accroché au sommet du Canada ».

Concluant sa série de tweets, Mujtahidd rapporte que « Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route. Il est actuellement dans un état excessif de fierté et d’orgueil, parce qu’il est en possession de secrets que ne détient même pas le Congrès, ni de nombreuses autres institutions américaines, des secrets concernant un évènement aussi majeur que le sommet Trump/Kim. Il n’arrête pas de s’en vanter dans son petit cercle. »

Middle East Eye n’a pas été en mesure de vérifier les allégations de Mujtahidd au moment de la publication.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/sommet-trumpkim-ce-que-kushner-murmur-l-oreille-de-mbs-2050263473

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

24.juin.2018 // Les Crises

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde “post-américain”. Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/ce-que-la-politique-de-domination-energetique-de-trump-signifie-pour-le-monde-par-alastair-crooke/

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers.

Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016.
Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le bout du tunnel. La circulation dans le tunnel qui relie la France à la Grande-Bretagne a pu reprendre dimanche 24 juin en début d’après-midi après une panne électrique qui avait conduit à l’interruption totale du trafic dans les deux sens pendant plusieurs heures.

« Le service a repris, les premiers Eurostar ont pu rentrer dans le tunnel », a indiqué un porte-parole du groupe Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous la Manche, peu avant 13h30 (heure de Paris).

Le trafic des passagers et du fret était paralysé des deux côtés depuis le milieu de la matinée. « Il y a eu une panne électrique sur le terminal côté français, nous avons donc suspendu le service côté français, et quand on suspend d’un côté, il faut aussi forcément suspendre de l’autre côté. Cela fait près de deux heures », avait expliqué précédemment la société Eurotunnel, des informations confirmées par la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar (filiale de la SNCF) qui opère la ligne.

Une panne « extrêmement rare »

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers. Ce type de panne, et d’une telle ampleur, est « extrêmement rare », a indiqué Eurotunnel. En octobre 2016, le trafic dans le tunnel sous la Manche avait été interrompu pendant cinq heures à cause d’un problème d’alimentation électrique, mais avant cette panne il n’y avait pas eu d’événement de ce type depuis plusieurs années. Ce dimanche, environ deux trains avec des passagers partent toutes les heures de chaque côté de la Manche.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/la-circulation-est-interrompue-dans-le-tunnel-sous-la-manche-apres-une-panne-electrique_2817423.html#xtor=EPR-51-[la-circulation-est-interrompue-dans-le-tunnel-sous-la-manche-apres-une-panne-electrique_2817423]-20180624-[bouton]

Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

L’invitation de Jean-Claude Juncker à une poignée de dirigeants européens pour un mini-sommet informel le 27 juin soulève plus de questions que la réunion ne pourra en résoudre.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé la tenue d’une « réunion de travail informelle » dimanche 24 juin. Il invite les Premiers ministres grec, italien, maltais, espagnol, autrichien, allemand, français et bulgare. Le but de la réunion, selon lui, est de travailler à des solutions européennes sur la migration et l’asile en vue du sommet européen des 28 et 29 juin.

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a dit avoir accepté l’invitation sur Twitter.

La Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne sont considérés comme des « pays de première ligne », puisqu’ils sont exposés plus que les autres à l’arrivée de migrants depuis la Méditerranée. Ils n’attendent qu’une chose : conclure un accord qui allègera leur fardeau.

C’est aussi le cas d’Angela Merkel, la chancelière allemande, à qui l’allié conservateur bavarois, l’Union chrétienne sociale (CSU), a donné deux semaines pour trouver une solution paneuropéenne à la crise migratoire. Cet ultimatum sur la migration menace de faire s’effondrer une coalition gouvernementale formée il y a à peine trois mois.

Quant à Emmanuel Macron, le président français, il appelle aussi de ses vœux un accord rapide sur la migration, afin de permettre aux dirigeants de se concentrer sur les réformes de la zone euro.

Pourtant, les tensions sur les questions de migration ne cessent de monter entre la France et l’Italie, surtout depuis que le nouveau gouvernement a pris ses fonctions et que le chef de file du parti d’extrême droite la Ligue du nord, Matteo Salvini, est devenu ministre de l’Intérieur.

Conte et Macron lissent leurs différends après la tempête

Réunis à Paris, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le nouveau président du conseil des ministres italien, ont fait montre d’amitié et de coopération après une semaine de déclarations acides au sujet de l’Aquarius.

 

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a déclaré le 21 juin qu’une première version d’accord européen avait été supprimée suite à un désaccord avec Angela Merkel.

La déclaration éliminée contenait des éléments clés dont la chancelière a besoin pour apaiser le CSU et son leader, Horst Seehofer, qui est aussi son ministre de l’Intérieur. Mais Rome s’oppose aux dispositions selon lesquelles les demandeurs d’asile devront être renvoyés dans le pays où ils ont été enregistrés pour la première fois : souvent l’Italie.

Ces cinq dernières années, l’Italie a accueilli quelque 650 000 bateaux de migrants, alimentant ainsi le sentiment anti-immigration et la montée de l’extrême droite, qui se retrouve au gouvernement depuis un mois.

Giuseppe Conte, qui a menacé de ne pas se rendre à Bruxelles dimanche si l’ébauche d’accord n’était pas modifiée, s’est entretenu avec Angela Merkel le 21 juin.

La crise politique à Berlin menace les projets d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a volé au secours de la chancelière Angela Merkel en matière de politique migratoire, sachant très bien que la crise politique à Berlin pourrait l’affecter. Un article de notre partenaire, le Tagesspiegel.

Malentendu

« La chancelière a clarifié qu’il y avait eu un malentendu. Le projet de texte publié hier sera enterré », a écrit Giuseppe Conte sur Facebook, ajoutant qu’il se rendrait bel et bien à la réunion.

Autre exemple de la ligne dure du nouveau gouvernement populiste italien : Rome a refusé d’accepter un navire de sauvetage transportant 226 personnes sauvées en mer, lui disant de plutôt se rendre aux Pays-Bas.

Les États membres de l’UE sont coincés dans un véritable bras de fer au sujet de l’immigration depuis 2015, année où plus d’un million de migrants ont atteint les côtes européennes après avoir traversé la Méditerranée. Les données indiquent que depuis le début de l’année 2018, 41 000 personnes sont arrivées par la mer.

Pendant ce temps, les États membres de l’Est continuent de refuser d’accueillir des migrants. Le Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orbán, a organisé une réunion avec les anciens pays communistes du « groupe de Visegrad » (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie), le 21 juin.

Les quatre pays ont confirmé qu’ils ne participeraient pas aux discussions dimanche.

« Nous comprenons que certains pays aient des difficultés politiques au niveau national, mais cela ne doit pas mener à de la précipitation », a déclaré Viktor Orbán.

Préparations à la hâte

En réalité, les pays de Visegrad n’ont pas été invités. Le 21 juin, la Commission était incapable de dire qui était invité à la réunion, qui avait confirmé sa participation et si les pays européens non invités pouvaient participer.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclaré que les quatre pays avaient parlé « d’une seule et même voix » sur la question des migrants. « Disons juste que nous n’appartenons pas à ce groupe de pays pro-migrants et que nous ne voulons pas y participer », a-t-il clairement affirmé.

Les quatre pays ont été rejoints par le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui appelle aussi à une politique migratoire plus stricte.

« Nous avons besoin d’une Europe capable de nous défendre », a-t-il déclaré après la rencontre. « Nous devons renforcer Frontex pour protéger nos frontières extérieures et garantir la liberté à l’intérieur. »

Bruxelles menace de sanctions les pays de Visegrád

La Commission a prévenu qu’elle pourrait sanctionner les États qui ne respectent pas les quotas sur l’accueil des réfugiés en lançant des procédures d’infraction dans les prochains jours.

Une véritable police des frontières

Le projet de conclusions du sommet européen sur la question contient des propositions pour plus de sécurité aux frontières, y compris des contrôles d’identité aux aéroports, dans les gares et sur les routes.

L’agence européenne de protection des frontières, Frontex, serait aussi transformée en une « véritable police européenne des frontières », et serait dotée d’un personnel de 10 000 personnes d’ici à 2020.

Pendant ce temps, les demandeurs d’asile déjà présents dans l’UE seraient « sanctionnés » s’ils ne restent pas dans le pays où ils ont été enregistrés.

L’UE envisage aussi de mettre en place des « plateformes de débarquement » en dehors de l’UE pour traiter les demandes des migrants, selon le projet de communiqué.

https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/tensions-build-ahead-of-hastily-prepared-migration-meeting/

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

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Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Dans ces temps difficiles pour l’alliance transatlantique, sans parler de la complexité de la situation syrienne, il était évident que si vous mettiez au départ en présence le président turc Erdogan, le Congrès des États-Unis et le F-35, vous risquiez de connaître des complexités labyrinthiques et une sorte de tragédie-bouffe kafkaïenne. La situation se corsait encore plus si les Turcs avaient entretemps commandé le missile sol-air russe S-400, transaction inadmissible pour les USA et cas de rupture des livraisons non encore commencées de F-35 au Turquie ; et que dire de plus si Erdogan, dans un de ces emportements lyriques dont il a le secret, annonçait que non seulement il achetait du S-400 mais qu’il proposait aux Russes une production commune du S-500 ?

(Pour l’instant et à notre connaissance simplement, les Russes n’ont rien dit de public ni d’officiel sur ce projet à première vue assez baroque, c’est-à-dire “erdogien” de “développement/production en commun” du S-500. [Le S-500 est actuellement en développement final en Russie. Il s’agit du dernier-né de la série des missiles sol-air à longue distance de la Russie, et on lui prête de grandes capacités antimissiles, y compris contre des ICBM, y compris contre d’éventuels missiles hypersoniques.] Laissons voir venir tout cela…)

Mais tenons-nous au F-35, l’affaire étant déjà bien assez compliquée avec ce seul acteur. Depuis qu’il est apparu que la Turquie semblait s’intéresser au S-400 russe (peut-être, éventuellement, puis de plus en plus sûrement, c’est presque fait, etc…), jusqu’à signer un contrat avec la Russie en décembre 2017, les USA ont commencé leur valse des pressions et des menaces. Le facteur JSF est apparu vers la fin 2017 (s’il y a achat de S-400, la vente des F-35 est remise en question) parce que le S-400 est une des nombreuses obsessions US, et sans doute l’une des plus puissantes, concernant la Russie. On arrive aujourd’hui dans un goulot d’étranglement avec un étrange couple de deux nouvelles : le vote du Sénat vers une interdiction conditionnelle de livrer le F-35 à la Turquie et la pseudo-“livraison” des deux premiers F-35 à la Turquie, avec la précision qu’ils resteront aux USA et ne seront certainement pas transférés à la Turquie d’ici l’été 2019… Voici ce qu’il se passe plus précisément :

• Lundi, le Financial Times, journal éminemment sérieux, annonçait que le Sénat avait entamé par un premier vote la procédure législative interdisant le transfert de chasseurs F-35, alias JSF, à la Turquie, pour punir ce pays d’avoir acheté des missiles sol-air S-400 russes et, d’une façon plus générale, pour approfondir ses liens stratégiques avec la Russie. Mais concentrons-nous sur le sort immédiat du F-35 pour la Turquie…

« Le Sénat américain a voté pour bloquer les transferts du chasseur F-35 vers la Turquie, reflétant une tension croissante avec un allié clé de l’OTAN, ce qui pourrait finalement bloquer la vente de 100 avions d’une valeur de près de 10 milliards de dollars. Une clause bipartisane ajoutée à la loi sur l’autorisation de défense nationale – qui a été adoptée par le Sénat lundi soir par un vote de 85 à 10 – interdirait le transfert de F-35 en Turquie jusqu’à ce que le secrétaire à la défense soumette un plan de participation au programme qui comprend l’attribution de la production de pièces à chaque pays… »

• Aujourd’hui, TRT, un réseau turc avec des éditions françaises sur son site, annonce que le Pentagone annonce qu’il va livrer deux F-35 à la Turquie dès demain 21 juin.

« Un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews, a fait savoir que la livraison à la Turquie de deux chasseurs F-35 aurait lieu jeudi lors d’une cérémonie qui sera organisée dans la ville de Fort Worth dans l’État du Texas. […] […D]ans une première étape les avions de combat passeraient à la base aérienne de Luke en Arizona. Par la suite les pilotes turcs entameront l’entretien et les vols de formation sur F-35.

» Andrews a précisé que le Pentagone ne ferait pas de commentaire au sujet du projet de résolution adopté par le Sénat et bloquant la vente des F-35 à la Turquie. “La Turquie est l’un des plus importants alliés de l’Otan et un des pays participants au programme des F-35 depuis 2002”, a-t-il ajouté. »

• La chose n’avait pas échappé aux avisés rédacteurs du FT, qui terminaient leur article dont nous avons cité plus haut l’entame très sensationnaliste sur la décision du Sénat des États-Unis par cette précision :

« Lockheed Martin, le fabricant du F-35, a déclaré qu’il s’attend toujours à remettre les F-35 initiaux à la Turquie lors d’un échange cérémoniel à Fort Worth au Texas le 21 juin, probablement avant que le projet de loi ne devienne loi. Les pilotes turcs doivent être entraînés dans l’avion dans le pays, mais les avions eux-mêmes ne sont pas programmés pour quitter les États-Unis pendant au moins un an, donnant au Pentagone le temps de trouver une solution pour honorer la nouvelle loi. Mais l’intervention créera des obstacles bureaucratiques pour les responsables américains, qui affirment que les relations entre les deux alliés de l’OTAN ont atteint leur plus bas depuis l’invasion du nord de Chypre par la Turquie en 1974. »

Les déclarations pompeuses ou tonitruantes concernant la Turquie, la politique des USA et le JSF ne font qu’illustrer trois imbroglios, et peut-être quatre, accompagnant le destin du programme Joint Strike Fighter, dit JSF, dit F-35, comme illustration, symbole et tronc central de la crise du technologisme dans tous ses aspects (y compris de politique étrangère, de communication, etc.). Vanté depuis 1993-1995 comme étant l’avion de combat du XXIème siècle, sans doute le seul à pouvoir tenir cette place jusqu’en 2075 avec entre 6 000 et 10 000 exemplaires vendus (ces diverses affirmations datant de la fin du siècle précédent), le JSF-devenu-F-35 avance aujourd’hui au rythme d’une écrevisse qui s’aventurerait dans des sables mouvants tandis que l’usine de Fort Worth produit des F-35 comme des petits pains. Chaque avancée du programme découvre de nouveaux problèmes dont la solution doit être “rétrofitée” sur tous les exemplaires déjà produits  quand ceux-ci ne sont pas purement et simplement déclassés pour le seul entraînement basique, tandis que les chefs de la force aérienne israélienne se sont vus confier par Lockheed Martin (LM) la mission héroïque de nous convaincre, off the record, qu’ils utilisent en service opérationnel et secret leurs F-35 avec des résultats éblouissants.

Cette insistance de LM à faire faire bonne figure de communication à son avion de combat se comprend du point de vue commercial, comme se comprend son insistance à livrer quasiment “de force” quoique symboliquement les premiers exemplaires pour la Turquie pour installer ce pays dans la chaîne générale de financement et de logistique de l’avion à l’exportation. L’USAF et le Pentagone suivent, sinon précèdent LM pour empêcher le poste budgétaire du F-35 (largement au-delà du trillion [$1 000 milliards] d’ici 2025) d’être mis en question par des indiscrétions comptables ou une curiosité déplacée du Congrès.

Dans ce montage à la Ponzi, l’exportation joue un rôle déterminant du point de vue de la communication, pour imposer la poursuite du programme dans le cadre du Congrès et poursuivre le rabattage des clients. Cette voie n’est pas simple, d’autant que s’y glissent des susceptibilités : LM voudrait bien, avec la bénédiction de l’USAF, aller voir du côté des pays du Golfe, notamment l’Arabie, mais Israël, surtout à cause des pressions de son propre lobby (l’AIPAC) et du Congrès cette fois dans une situation un peu schizophrénique, doit tenir son rôle de l’exclusivité dans la fable de la “domination” du ciel au Moyen-Orient en s’opposant à toute vente à un pays arabe d’un avion de combat aussi exceptionnel, même à l’Arabie dont on connaît pourtant les liens avec les mêmes Israéliens.

Là-dessus, le Congrès met son grain de sel. Arrosé comme une éponge de subventions de LM et du complexe militaro-industriel, les parlementaires se sont pourtant trouvés un os à ronger dans le cadre de leur antirussisme né du Russiagate, avec l’affaire Turquie-S-400. Le Pentagone soutient à peu près tout le monde, et dans ce cas aussi bien ceux qui veulent à tout prix vendre le F-35 à la Turquie, et ceux qui veulent l’interdire. La situation actuelle est donc surréaliste : on livre les deux premiers F-35 à la Turquie demain, mais on les garde aux USA en les confiant aussitôt aux mains propres et vertueuses de l’USAF qui contrôlera l’un ou l’autre pilote d’origine turque en l’autorisant à faire bouger le manche à balai, tandis que s’élabore le projet de loi définitif qui interdira au moins temporairement toute vente de F-35 à la Turquie, à charge pour le Pentagone de trouver « une solution pour honorer la nouvelle loi » tout en livrant ses précieux avions à la Turquie, – à condition que la Turquie n’acquiert pas de S-400, ce qui semble pourtant déjà fait… Que ceux qui ont compris nous écrivent.

… Certainement, Erdogan ne manquerait pas de le faire (nous écrire) si nous insistions, car il se trouve dans cette affaire comme un poisson dans l’eau. Maître des contrepieds, des retournements de veste, des promesses lancées en l’air et qui ne retombent jamais, Erdogan jouerait plutôt la montre dans la confusion. Il s’agirait de laisser se développer la situation d’impasse à “D.C.-la-folle”, entre le Congrès d’une part (pas de F-35 si S-400 il y a), LM et l’USAF d’autre part (les F-35 à tout prix, on verra après). La seule chose assurée nous semble-t-il du côté d’Erdogan, après sa réélection s’il est réélu, est de tenir le marché S-400 jusqu’au bout parce qu’il a besoin de bonnes relations avec la Russie et de l’ouverture d’une nouvelle voie d’armements stratégiques ; quant au reste…

Et les Russes ? dira-t-on. Il nous semble plutôt qu’ils sourient avec une certaine philosophie, après tout pas mécontents du succès à l’export de leur S-400, avec le renforcement en réputation que cela produit pour la communication, autant que des problèmes que les commandes de S-400 soulèvent dans les pays acheteurs dans leurs relations avec les USA. L’Inde, par exemple, est dans la même position que la Turquie, puisque décidée jusqu’ici à commander du S-400. (Par contre, l’Inde n’a pas de F-35 en commande et l’aventure turque a fait voler en éclats les derniers nouveaux espoirs de lui vendre du F-35 nés chez LM après le rapprochement stratégique des USA avec l’Inde ; lequel rapprochement stratégique va sentir peser à son tour le poids du courroux anti-S-400 de “D.C.-la-folle”.)

Tout cela n’a pas vraiment d’importance, d’un point de vue stratégique dirions-nous. Il s’agit d’une illustration, comme nous l’avons remarqué, de la crise de l’effondrement du technologisme représentée avec un exceptionnel brio par le F-35. Le reste est affaire d’une pincée de dizaines de $milliards par-ci par-là, d’une paralysie générale des relations stratégiques en général, d’un développement constant et géométrique de l’univers-simulacre que crée la communication.

 

Mis en ligne le 20 juin 2018 à 17H05

http://www.dedefensa.org/article/kafka-stratege-crisique-entre-la-turquie-et-le-f-35

Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

23.juin.2018 // Les Crises

Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

L’armée israélienne a publié jeudi une vidéo montée de façon trompeuse dans l’espoir de ternir l’image de Razan al-Najjar, une secouriste palestinienne tuée par les tirs israéliens à Gaza la semaine dernière.

Selon les témoignages, al-Najjar, qui avait 21 ans, a été abattue vendredi dernier après qu’elle et d’autres médecins, marchant les mains en l’air et portant des vestes blanches, se sont approchés du périmètre qui confine les Palestiniens à Gaza pour soigner un manifestant blessé.

La vidéo diffusée par le ministère de la santé de Gaza, qui montre al-Najjar et les autres juste avant que les Israéliens n’ouvrent le feu, semble confirmer que leurs mains étaient en l’air pendant qu’ils avançaient.

Le tir mortel sur la jeune femme, qui avait parlé avec éloquence de son rôle de sauvetage à un journaliste vidéo du New York Times et à la télévision libanaise, a été une catastrophe en matière de relations publiques pour Israël.

Le meurtre d’al-Najjar, qui ne représentait clairement aucune menace pour ses soldats, a rendu difficile pour l’armée israélienne d’affirmer que ses tireurs d’élite ne visaient que des ” émeutiers ” à Gaza et ne tiraient pas indistinctement sur des manifestants pacifiques, des journalistes et des médecins.

(Razan Alnajjar “Repose en paix✌🏼 ange de miséricorde 💔 tuée aujourd’hui par des tireurs d’élite sionistes israéliens à la frontière #رزان_النجار)

En réaction à un tollé international au sujet de sa mort, les Forces de défense israéliennes ont déclaré plus tôt cette semaine qu’al-Najjar avait été tué accidentellement par un soldat qui visait quelqu’un d’autre. Puis, jeudi, l’unité des médias sociaux de l’armée a lancé une campagne de diffamation coordonnée contre elle, en suggérant faussement dans une vidéo qu’elle avait participé à des émeutes et avait assisté aux manifestations pour servir de bouclier humain aux militants déguisés en manifestants.

(Le Hamas doit cesser d’utiliser des boucliers humains.)

Comme preuve de « participation à des émeutes », l’armée n’a offert que 10 secondes de vidéo, étayées par de la musique digne d’un film d’horreur, qui montrait une femme habillée comme al-Najjar en train de jeter une bombe lacrymogène tirée sur les manifestants par les forces israéliennes. Si la femme était al-Najjar, la vidéo ne montrait que sa participation à un rituel familier aux manifestants du monde entier – lancer les bombes lacrymogènes les visant aussi loin que possible. La vidéo montre également qu’elle n’a lancé la bombe qu’à une courte distance et qu’elle n’a pas atterri près des soldats israéliens.

La deuxième partie de la vidéo qui est censée excuser le meurtre d’al-Najjar est la moitié d’une phrase tirée d’une interview qu’elle a donnée à la chaîne libanaise Al Mayadeen News, dans laquelle elle avait dit que son rôle de secouriste dans les manifestations était de servir « de bouclier humain pour protéger et sauver les blessés sur les lignes de front ». Un monteur de l’armée israélienne a coupé cette phrase en deux pour donner l’impression qu’al-Najjar a été prise en train d’admettre qu’elle n’était présente que pour couvrir les militants.

Malgré ces failles évidentes, une version de la vidéo a été partagée par Ofir Gendelman, porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui, en tant que locuteur arabe, devait savoir que les commentaires de l’infirmière avaient été sortis de leur contexte.

(Voici #RazanNajjar, qui est venue à la frontière de Gaza la semaine dernière en tant que “secouriste”, et y a malheureusement perdu la vie. Mais les secouristes participent-ils aux émeutes et disent-ils qu’ils sont des boucliers humains pour les terroristes ?

Le Hamas l’a utilisée comme bouclier humain pour ses terroristes qui ont pris d’assaut notre frontière.)

Joe Dyke de l’Agence France-Presse a rapporté que Gendelman « a nié que le montage de la vidéo pour enlever le contexte complet sur le service aux blessés puisse être considéré comme une manipulation politique ». Si al-Najjar a agi comme un bouclier humain, Gendelman a dit à l’AFP, cela signifiait qu’elle n’était « pas secouriste ».

La vidéo a également été partagée par l’ancien porte-parole de Netanyahou, Mark Regev, qui est maintenant ambassadeur d’Israël en Grande-Bretagne, le ministère des Affaires étrangères d’Israël et le major Avichay Adraee, un porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, qui a affirmé sur Twitter que la vidéo prouvait d’une manière ou d’une autre qu’al-Najjar n’était pas un « ange ».

La campagne de diffamation a scandalisé les observateurs palestiniens et israéliens qui s’opposent à l’occupation et aux mensonges d’Israël.

(L’armée israélienne a tiré sur Razan al-Najjar, une infirmière palestinienne, et l’a tuée.

Aujourd’hui, l’armée israélienne a monté et publié de manière trompeuse une vidéo visant à la calomnier.

Oh, au fait, l’armée israélienne est chargée d’”enquêter” sur l’armée israélienne.)

(Quand les professionnels israéliens disent que les données provenant de sources palestiniennes ne sont pas fiables, souvenez-vous du montage malveillant de la vidéo de Razan al Najjars. par l’Armée de défense d’Israël. Quiconque pense encore qu’on peut faire confiance à l’armée israélienne pour enquêter sur elle-même ou raconter les faits – vraiment sur n’importe quoi – se berce d’illusions.)

Michael Omer-Man, le rédacteur en chef du magazine israélien +972, a noté que l’armée israélienne a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de publier des vidéos fortement retouchées montrant une éthique douteuse.

(Il y a quelques semaines à peine, l’Armée de défense d’Israël a mis un homme de Gaza menotté et capturé, sur un fond de croix gammée et a ensuite publié une vidéo fortement retouchée (8 coupures en 1 minute) de lui dénigrant le Hamas. Vous percevez un schéma ?)

En 2010, l’armée israélienne a également publié ce qui semblait être un faux enregistrement, destiné à discréditer la flottille turque de Gaza, dans lequel un activiste était censé dire à un officier israélien à la radio : « Tais-toi, retourne à Auschwitz » et « Nous aidons les Arabes à aller à l’encontre des États-Unis. N’oubliez pas le 11 septembre, les gars ».

Si ces vidéos n’ont pas réussi à convaincre les critiques de l’armée israélienne, un public israélien qui soutient massivement l’usage de la force à Gaza pourrait être plus facilement influencé. (Un récent sondage a révélé que 62 % des Israéliens juifs pensent que leurs militaires ont utilisé un juste usage de la force en réponse aux protestations à Gaza, où plus de 3 500 manifestants palestiniens ont été victimes de tirs et au moins 120 ont été tués. Un autre 28 pour cent du public juif israélien dit que l’armée n’a pas fait un assez grand usage de la force.)

« Le porte-parole de l’armée israélienne a publié une vidéo, composée de clips qui n’ont aucun lien entre eux ni avec le jour où al-Najjar a été tuée, pour justifier le meurtre de la jeune auxiliaire médicale, pour prouver qu’elle n’était pas simplement une infirmière innocente, et pour la présenter comme une terroriste ou une terroriste potentielle », a observé Yael Marom dans le magazine +972.

« La vidéo dit : C’était bien de la tuer, c’était une Arabe », a-t-il ajouté. « Et les grands médias israéliens, pour prouver leur patriotisme et augmenter leur audience, ont complètement gobé la propagande de l’armée israélienne. Ils ont publié le clip sans questions ou clarifications ou avertissements qu’il n’a pas été vérifié, et que cela ne justifie en aucune façon son assassinat. Un animateur de l’une des chaînes les plus regardées d’Israël a même déclaré, sans aucune preuve dans la vidéo, qu’al-Najjar a lancé la bombe lacrymogène “lors d’une violente manifestation”. »

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/israel-tente-de-salir-razan-al-najjar-linfirmiere-palestinienne-quil-a-abattue-en-disant-quelle-netait-pas-un-ange-par-robert-mackey/

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