Retour sur l’incident naval turco-français. Une certaine volonté de provoquer ?

Méditerranée

Retour sur l’incident naval turco-français. Une certaine volonté de provoquer ?

 Nicolas Gros-VerheydeConflit libyenEmbargo contre les armesEUNAVFOR Med IriniFranceOTANSea GuardianTurquie  3 min read

(B2) L’incident du Cirkin, ce cargo turc soupçonné de trafic d’armes vers la Libye, s’est-il exactement déroulé comme les Français le disent ?

Le rapport établi par l’OTAN, examiné par le comité militaire de l’Alliance, s’avère plus nuancé, selon un témoin digne de foi. Une nuance qui n’obéit pas seulement à la nécessité de ménager deux Alliés essentiels, la Turquie et la France, mais obéit aussi à une logique des faits implacable.

Trois contrôles dans la même journée

L’affaire commence en fait avec le contrôle par la marine grecque, le Spetsai dans le cadre de l’opération de l’UE (EUNAVFOR Med Irini) (lire : Un cargo sous escorte turque soupçonné de violer l’embargo sur les armes (v3)). Elle se poursuit avec un second contrôle, fait par la marine italienne, cette fois dans le cadre de l’opération de l’OTAN Sea Guardian. Officiellement, les deux opérations ne se parlent pas entre elles. Mais leurs officiers de différentes nationalités, oui. Deux contrôles dans la même journée, c’est peu banal. C’est alors qu’intervient une troisième volonté contrôle, de la frégate française Courbet (lire : Le Cirkin n’en était pas à son coup d’essai. Un navire français illuminé au radar).

Une volonté française de provoquer

La frégate Courbet fonce sur l’objectif semble-t-il, en sachant très bien le résultat. Le résultat est, en effet, connu d’avance. Le navire marchand ayant été placé sous protection turque, il ne peut ainsi être interpelé et encore moins fouillé. C’est la règle intangible du droit de la mer (lire article à suivre) que ne peut briser un commandant de navire, fut-il sur ordre présidentiel, sauf à vouloir commettre un acte de guerre. La volonté « de provocation » française des Turcs n’est donc, semble-t-il, pas absente, selon les observateurs ‘neutres’ du dossier. Il s’agit de créer un précédent. Ce qui conforte d’une certaine façon la version turque de l’incident et explique, en partie, le silence plutôt gêné des autres Européens et Alliés.

Un pieux mensonge turc

Ceci ne doit pas faire oublier un fait passé inaperçu dans ce brouhaha politique. La réponse officielle des Turcs était que ce navire Cirkin transportait « de l’aide humanitaire » destinée à la Libye pour faire face à la crise du Covid-19. Ce qui peut être vrai… en partie. Il suffit d’avoir une cargaison de masques et de produits désinfectants. Mais avec les preuves patentes du déchargement de véhicules et d’armes à Misrata, il s’avèrera que non seulement la Turquie a violé sciemment l’embargo sur les armes vers la Libye, mais a menti frontalement à ses alliés sur la motivation de protection de ce cargo (1).

Un silence troublant

C’est là le point focal de l’histoire. Le silence des Européens, comme des autres Alliés, sur cet élément est pour le moins très troublant. Affirmer tous les matins vouloir contrôler l’embargo sur les armes vers la Libye et, au premier incident, rentrer la tête sous le sable n’est ni courageux ni lucide. Car la Turquie n’est pas seule à violer l’embargo. Des preuves existent, remontées aux Européens et aux alliés, de la violation de l’embargo par des appareils militaires et civils russes, comme émiratis.

Un feu vert tacite

Ce silence avéré, le manque de soutien au navire grec confronté en premier lieu à la marine turque est un comportement suicidaire pour la crédibilité européenne, une sorte de feu vert tacite à toutes les violations de l’embargo.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Un navire transportant de l’aide humanitaire n’a pas besoin en soi d’être protégé par trois navires militaires dans des eaux, la Méditerranée, où les risques d’attaques pirates sont nuls.

Lire :

Carlos Ghosn : J’aide tous ceux qui m’ont aidé

LIBAN

Carlos Ghosn : J’aide tous ceux qui m’ont aidé

 L’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan s’étonne du retard pris par les autorités japonaises à envoyer son dossier au Liban.

OLJ / le 12 juillet 2020 à 13h02

Carlos Ghosn : J'aide tous ceux qui m'ont aidé

Le magnat déchu de l’automobile et ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Carlos Ghosn, le 14 janvier 2020 à Beyrouth, lors d’un entretien avec l’agence Reuters. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

L’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn, qui a fui le Japon où il est poursuivi par la justice, a affirmé dans un entretien exclusif accordé à la chaîne al-Arabiya et diffusé samedi, qu’il « aide » toutes les personnes qui l’ont aidé dans sa cavale, refusant toutefois de donner l’identité des personnes concernées.

Le 8 juillet, l’agence Reuters rapportait que Carlos Ghosn avait transféré l’an dernier 862.500 dollars à une société dirigée par l’un des deux hommes qui l’ont aidé à s’évader du Japon, Peter Taylor. Fin décembre 2019, Michael Taylor, un ancien des forces spéciales américaines, son fils Peter Taylor, et leur complice libanais, Georges Zayek, ont été soupçonnés d’avoir aidé Carlos Ghosn à s’exfiltrer du Japon et de l’avoir transféré à Beyrouth à bord d’un vol privé qui avait effectué une escale en Turquie.

Interrogé par le journaliste d’al-Arabiya pour savoir s’il aidait Michael et Peter Taylor, ainsi que d’autres personnes impliquées dans sa cavale, Carlos Ghosn a éludé la question. « Vous parlez de personnes spécifiques, et je ne ferai pas de commentaires sur ces personnes-là. Ce que je peux dire, c’est que j’aide tous ceux qui m’ont aidé. Je les aide avec mes moyens, avec ma pensée, et par tout autre moyen possible », a-t-il affirmé. « Je ne parle pas spécifiquement des personnes que vous avez mentionnées », s’est encore défendu Carlos Ghosn, soulignant qu’il parlait de personnes qui l’ont « aidé de manière générale ». L’ancien magnat de l’automobile a également refusé de discuter des détails de sa fuite du Japon, expliquant que cela mettrait en danger les personnes qui l’ont aidé dans sa cavale.Pour mémoireUne série d’e-mails au sein de Nissan renforce la thèse d’un « coup monté » contre Carlos Ghosn

Michael et Peter Taylor sont actuellement en prison aux États-Unis. Ils ont émis un recours auprès d’un juge américain pour demander leur libération sous caution. Tokyo a officiellement demandé aux États-Unis l’extradition des deux hommes, alors que ces derniers tentent d’éviter ce scénario.

M. Ghosn a fui le Japon, où il est accusé de malversations financières, lors d’une opération d’exfiltration digne d’un film d’espionnage. Il est depuis réfugié au Liban qui n’a pas de traité d’extradition avec le Japon. Au cours d’une conférence de presse très médiatisée en janvier, il s’est posé en victime d’un « coup monté » et a assuré ne pas avoir eu « d’autres choix » que de fuir une justice « partiale ». Le Japon a lancé un mandat d’arrêt à l’encontre de Carlos Ghosn et demandé qu’il soit extradé via Interpol. Selon le représentant de Nissan à Beyrouth, toutes les procédures sur ce plan ont été gelées depuis l’émergence de la pandémie de coronavirus. Le Liban réclame du Japon qu’il lui envoie le dossier de l’affaire avant de se prononcer sur une éventuelle extradition de l’ancien magnat de l’automobile. « Cela fait six mois, et ils (les autorités japonaises) n’ont toujours pas envoyé le dossier. Pourquoi ne l’ont-ils toujours pas fait ? », s’est enfin interrogé M. Ghosn.

Récemment, le site d’information Bloomberg avait affirmé qu’une série d’e-mails internes à la direction de Nissan conforte la thèse d’un coup monté contre Carlos Ghosn. Dans les extraits qu’il avait diffusé en exclusivité, Bloomberg affirment que cette correspondance met en lumière une volonté au sommet de Nissan d’évincer le magnat déchu, près d’un an avant son arrestation.

https://www.lorientlejour.com/article/1225593/carlos-ghosn-jaide-tous-ceux-qui-mont-aide.html

La France et le cyberespace 1/2

La France et le cyberespace 1/2

William LETRONE 8 juillet 2020 ActualitéActualités analyséesEuropeFrance Leave a comment1 Shares

Le 7 Février dernier, le Président s’adressait aux stagiaires de la 27ème promotion de l’école de guerre. L’idée selon laquelle le paradigme sécuritaire traditionnel s’effrite est revenue en filigrane de l’intégralité du discours présidentiel. En effet, la diversité accrue des terrains d’engagements, la multiplication des discours belliqueux et la remise en cause de traités internationaux majeurs par certaines grandes puissances ont mené à l’installation d’un climat propice aux relations conflictuelles. Un constat que la crise sanitaire actuelle n’a fait qu’exacerber. En fait, l’avènement du cyberespace en tant que nouvel espace de confrontation participe directement à cette instabilité. Par ses caractéristiques, le cyberespace pousse continuellement décideurs et experts à repenser la façon de produire de la sécurité. Quel rapport la France entretient-elle avec ce qui est souvent décrit comme le ‘’cinquième domaine opérationnel ?’’ En définitive, la France est-elle parvenue à devenir un ‘’acteur crédible’’ du domaine digital ?

Une prise de conscience tardive et une approche initialement laborieuse  

En matière de cyberdéfense, la France est en retard par rapport aux autres puissances permanentes du Conseil de Sécurité. Ce constat s’explique principalement par une anticipation insuffisante des enjeux stratégiques liés aux technologies de l’information et de la communication. Consécutivement, une approche initialement laborieuse a grandement ralenti la maturation d’une cyberstratégie francaise.

Dans les années 90, la fragilité suscitée par leur interconnectivité croissante poussent les Etats à envisager la multiplication d’interactions potentiellement dommageables pour leur sécurité. En avance sur le reste du monde, les Etats-Unis commencent à établir des capacités cyberdéfensives dès 1998. La même année, Moscou milite déjà aux Nations-Unies pour l’établissement d’une régulation internationale portant sur l’armement cybernétique.

Les spécificités du domaine, ses acteurs et ses enjeux font l’objet de productions écrites majoritairement anglo-saxonnes(1) qui formeront l’embryon des réflexions juridique, politique et militaire du cyber. Au début des années 2000, le cyberespace ne revêt donc un intérêt stratégique que pour une poignée d’Etats. Les premières normes internationales restent pour leurs parts cantonnées à la lutte contre la cybercriminalité.

La stratégie française manque grandement de cohérence. Son dispositif affiche une complexité peu propice à la réactivité, pourtant indispensable dans le domaine. En 2006, le député Pierre Lasbordes publie un rapport édifiant, déplorant d’entrée le retard français, ainsi qu’une “très forte disparité et d’un manque de coordination entre les acteurs publics et privés’’. La France sous-estime l’exposition de ses structures civiles et son approche est minée par l’enchevêtrement des compétences. Enfin, le pays ne dispose pas d’une doctrine militaire clairement définie pour faire face aux menaces et éventuellement, y répondre.

Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information
L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information pilote la chaîne défensive du dispositif francais.

Une légitimité acquise sur le tard

En 2007 et 2008, les cyberattaques d’ampleur subies par l’Estonie et la Géorgie amplifient l’intérêt des gouvernements pour le domaine digital. La France admet l’urgence d’un rattrapage stratégique. Outre-Atlantique, Washington se dote d’une Stratégie Internationale pour le Cyberespace. Plus que jamais, le cyberespace apparaît en tant qu’espace dynamique perméable aux contextes géopolitiques.

Le déclic estonien aura ainsi joué en faveur d’un développement institutionnel rapide en France. A partir de 2009, avec la création de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) et l’inauguration de la chaire de cyberdéfense des écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan en 2012. Mais il reste encore du chemin à parcourir pour combler l’écart avec les Etats-unis. Le monde en fera d’ailleurs l’amer constat un an plus tard grâce aux révélations de Snowden.

Sur fonds de soupcons d’implications Russes dans les cyberattaques majeures, on assiste à une densification des publications officielles françaises dans les années 2010. Le livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013 érige enfin la cyberdéfense en tant que priorité nationale. En 2015 l’ANSSI met en place une politique de sauvegarde des Opérateurs d’Importance Vitale (OIV) articulée autour de mesures de cybersécurité.

Par la suite la Revue stratégique de cyberdéfense de 2018 approfondira l’approche française. Ce dernier pèsera grandement sur les orientations de la loi de programmation militaire 2019-2025, qui vise l’intensification de l’engagement français dans le cyberespace. Elle prévoit pour cela une augmentation significative du budget et des effectifs français pour la cyberdéfense.

Maîtriser ses infrastructures numériques est donc devenu le credo d’une France qui a pris conscience des enjeux de la modernité sur le tard. Une France qui s’est récemment distinguée par un positionnement légal sérieux sur la question cyber. Positionnement plébiscité par Michael N. Schmitt, président du comité d’auteurs des Manuels de Tallinn.

Notes

(1) Peuvent êtres notamment cités, David Johnson, David Post, et Daniel B. Silver.

Sources

J-M. BOCKEL, ”La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale”, Rapport d’information au Sénat, 18 juillet 2012.

O. Kempf, ”Cyberstratégie à la française”, Revue internationale et stratégique, Mars 2012 (n° 87), p. 121-129. En ligne: https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2012-3-page-121.htm

IFRI, ”Cybersécurité : extension du domaine de la lutte”, dossier, politique étrangère, (vol. 83), n° 2, 2018.

A-M. Le Gloannec et F. Richard-Tixier, ”Cyber Security, Cyber-Deterrence and International Law: the Case of France”, dans Routledge Handbook of War, Law and Technology, Routledge, 3 Juin 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/europe/france/43903-la-france-et-le-cyberespace-1-2

Mer de Chine : Pékin se dit « prêt à contrer les États-Unis » dans leurs exercices militaires

GÉOPOLITIQUE11.juillet.2020 // Les Crises

Mer de Chine : Pékin se dit « prêt à contrer les États-Unis » dans leurs exercices militaires

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Source : South China Morning Post
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La Chine a accusé les États-Unis d’avoir des « arrière-pensées » en envoyant deux groupes d’attaque de porte-avions dans la mer de Chine méridionale contestée, alors que les médias d’État chinois ont rapporté que Pékin était prêt à relever le défi posé par Washington.

Les États-Unis ont envoyé deux porte-avions, les USS Ronald Reagan et USS Nimitz, dans les eaux contestées de la mer de Chine méridionale pour des exercices militaires qui débuteront ce samedi 11 juillet – chevauchant les exercices que la Chine tient dans la région.

Ces exercices sont parmi les plus importants de la marine américaine ces dernières années, et il est rare que les principaux exercices militaires américains et chinois se déroulent dans la même région au même moment.

« Ils nous ont vus et nous les avons vus« , a déclaré le contre-amiral James Kirk depuis le USS Nimitz. « Les contacts avec les navires chinois se sont déroulés sans incident« , a déclaré Kirk.

« Nous espérons que nos interactions seront toujours professionnelles et sûres« , a-t-il déclaré. « Nous opérons dans des eaux assez encombrées, avec beaucoup de trafic maritime de toutes sortes. »

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré lundi que la situation dans la mer de Chine méridionale était stable, mais a affirmé que les États-Unis visaient à attiser les troubles entre Pékin et les nations du sud-est asiatique.

« Les États-Unis ont intentionnellement envoyé un déploiement militaire pour des exercices à grande échelle en mer de Chine méridionale, et pour montrer leurs muscles« , a déclaré Zhao. « Ils ont des arrière-pensées. Les États-Unis créent des divisions entre les nations de la région et militarisent la mer de Chine méridionale« .

La décision des États-Unis intervient quelques jours après le début des exercices de la Chine, près des îles Paracel qui font l’objet d’un litige.

Le contre-amiral George Wikoff, commandant du groupe dirigé par le USS Ronald Reagan, a déclaré dans une interview que le but de ces exercices était de « montrer à nos partenaires et alliés que nous sommes engagés dans la sécurité et la stabilité régionales« .

Wikoff a refusé de préciser la zone dans laquelle les transporteurs opéreraient. Il a déclaré que les derniers exercices américains étaient une réponse non pas aux exercices chinois mais à l’affirmation militaire croissante de Pékin dans la région.

L’armée américaine a déclaré sur Twitter que des bombardiers B52 étaient également impliqués dans l’exercice, et que les deux groupes d’attaque ne seraient pas intimidés par la Chine.

Au début du mois de juin, le USS Nimitz a effectué des exercices dans la mer des Philippines, juste à l’extérieur de la mer de Chine méridionale, avec le USS Theodore Roosevelt.

Wang Yunfei, un officier de marine retraité de l’Armée de libération du peuple (ALP), a déclaré que la Chine était prête à contrer les « menaces » posées par les États-Unis.

« La Chine a plusieurs fois fait l’expérience des menaces posées par les États-Unis en mer avec son déploiement de multiples porte-avions« , a déclaré Wang dans un article sur le site web de Phoenix Television, un réseau de télévision partiellement détenu par l’État.

« La détermination de la Chine à sauvegarder son intégrité territoriale, sa souveraineté et ses intérêts maritimes ne faiblira pas [après] la dernière menace posée par les États-Unis. L’armée chinoise est prête et fera face à cette menace avec facilité« .

Le tabloïd chinois nationaliste Global Times a également cité des analystes militaires affirmant que Pékin avait le contrôle total de la situation.

« La Chine dispose d’une large sélection d’armes anti-aériennes comme les missiles DF-21D et DF-26, qui tuent les porte-avions », a déclaré le journal, citant des analystes. « La mer de Chine méridionale est entièrement à la portée de l’ALP ; tout mouvement de porte-avions américain dans la région est au gré de l’ALP« .

Wang a déclaré que la Chine avait mené des exercices avec des missiles balistiques, des missiles air-mer et des missiles antinavires au cours de l’année dernière dans la région centrale de la mer de Chine méridionale pour préparer les frappes contre les porte-avions de pays étrangers.

Les derniers exercices américains dans la région permettraient à la marine de l’ALP de tester ses capacités en situation réelle, a déclaré M. Wang, ajoutant que la Chine pourrait mener une autre série d’exercices en mer en août.

Collin Koh, chercheur à l’école d’études internationales S. Rajaratnam de l’université technologique Nanyang à Singapour, a déclaré que le risque d’escalade restait faible car les deux parties s’abstiendraient d’en « venir aux mains« .

« Actuellement, la Chine essaie toujours de se remettre économiquement de la pandémie, et bien que la récente loi sur la sécurité nationale ait pu donner à Pékin l’espoir d’avoir bientôt une épine de moins dans le pied, la situation n’est pas du tout rose dans un avenir proche« , a-t-il déclaré.

« Mais même si nous voyons un faible risque d’affrontement prémédité, à partir du moment où les forces opposées opèrent à proximité les unes des autres dans la mer de Chine méridionale, on ne peut pas exclure la possibilité d’un affrontement par inadvertance« .

Source : South China Morning Post – 06/07/2020
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

https://www.les-crises.fr/mer-de-chine-pekin-se-dit-pret-a-contrer-les-etats-unis-dans-leurs-exercices-militaires/

Manifeste de la Résistance Nationale des Peuples


Défenseur de la Terre/Defender of the Earth

Manifeste de la Résistance Nationale des Peuples

 ~ MICHEL DUCHAINE

Au nom de tous les Peuples  souverains et mis en esclavage sur notre Belle Planète Bleue,

NOUS ,LES PATRIOTES AYANT CONTRIBUÉ AU TEXTE CI-DESSOUS,

et désireux de présenter d’une seule voix claire,nette et précise notre opposition totale,autant sur le plan politique,sociale,judiciaire et économique aux projets mondialistes totalitaires d’une oligarchie  sans scrupule,

AFFIRMONS QUE

Peu importe notre origine nationale,le système politique,la langue,ou le continent sur lequel nous vivons,

Nous refusons la manipulation de masse du public avec une propagande scientifique et pharmaceutique défectueuse.

Nous  contestons le confinement et les vaccins comme seul moyen de sortir de cette pandémie fantasmée et fabriquée.

Nous contestons votre silence sur les méthodes de traitement légitimes qui fonctionnent.

Nous contestons votre silence sur le système immunitaire et ce qui le fait prospérer.

Nous refusons et nous m’injecterons pas un vaccin inutile contre un virus qui peut être traité par bien d’autres moyens.

Nous contestons votre destruction totale de la société et de la santé émotionnelle pour réaliser votre programme de vaccination obligatoire.

Nous refusons qu’Anthony Fauci et Bill Gates déterminent notre avenir.

Nous refusons le monopole de la médecine pharmacologique allopathique pour décider de nos soins de santé.

Nous nous objectons qu’on réduise au silence des médecins en médecine fonctionnelle, naturopathes et allopathes qui ont fourni des méthodes de traitement non toxiques pour les virus et autres soins de santé.

Nous  contestons la censure répétée de nouvelles informations.

Nous contestons votre attitude cynique selon laquelle nous sommes des animaux stupides et vous savez tout sur la maladie.

Nous refusons la complicité des médias dans la mort de millions de personnes en ne fournissant pas de contre-récit à un système bancaire mortifère et déjà en faillite.

Nous contestons l’absence de tests de précautions pour la 5G, les vaccins, le glyphosate ou notre alimentation en eau et en nourriture.

Nous  refusons tout ce qui nous prive du droit à la liberté médicale.

Nous  refusons la privation de nos libertés et l’assignation à résidence pour des prétextes sécuritaires fallacieux.

NOUS  REFUSONS QUE LE PEUPLE DOIVE PAYER LA DETTE et pour tous les résultats de vos lois scélérates depuis des décennies.

NOUS REFUSONS QUE LE COVID 19 SOIT le BOUC-ÉMISSAIRE DU CHAOS ORGANISÉ présent et à venir.

NOUS CONDAMNONS L’OFFICE MONDIALE DE LA SANTÉ et ses manigances frauduleuses et politiques et demandons la mise en état d’arrestation de ses dirigeants.

NOUS EXIGEONS LA DÉMISSION de tous les dirigeants politiques des pays et nations qui ont été confinés sans consultation afin de bien servir LE PLAN sataniste et mondialiste de gauche qui consistait en premier lieu à saboter nos économies et démolir notre cohésion sociale.

NOUS CONSIDÉRONS que le présent chaos a été institué pour :

                          1-favoriser un changement politique aux Etats-Unis d’Amérique

2-permettre la dissimulation et la dissipation de plusieurs                                          centaines de milliards de dollars au Canada…afin de                                                maintenir la classe ouvrière en esclavage pour plusieurs                                        générations.

3-Enlever la mobilisation populaire des Gilets Jaunes dans les                                 rues des villes de la France afin de tenter de soutenir                                               Emmanuel Macron,l’agent des Rotschild.

4-Maintenir une hystérie collective partout dans le monde,en                                   divisant les peuples entre eux tout en préparant  une                                               Troisième  Guerre Mondiale,particulièrement en Algérie,en                                   Libye et dans toute l’Afrique,en général.

5-Utiliser la fausse pandémie afin d’instituer à moyen terme une                            dictature néolibérale sur toute la Terre.

https://michelduchaine.com/2020/07/12/manifeste-de-la-resistance-nationale-des-peuples/

Le Royaume-Uni dépense 705 millions de livres sterling pour renforcer les contrôles aux frontières avec l’UE

Le Royaume-Uni dépense 705 millions de livres sterling pour renforcer les contrôles aux frontières avec l’UE

Le ministre britannique du Cabinet, Michael Gove, aujourd’hui annoncé un financement de 705 millions de livres sterling destiné à renforcer les contrôles aux frontières du Royaume-Uni avant la sortie du pays de l’union douanière de l’UE à la fin de l’année.

Le paquet, qui ne concerne que les frontières extérieures de l’Angleterre, de l’Écosse et du Pays de Galles, comprend le financement de nouveaux postes de contrôle destinés à renforcer les points de contrôle existants, l’infrastructure de données pour améliorer le flux de trafic et de personnes et 500 employés supplémentaires pour la UK Border Force.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-5390986774482540&output=html&h=280&adk=2109599300&adf=1915987979&w=900&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1594546084&rafmt=1&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&format=900×280&url=https%3A%2F%2Fnews-24.fr%2Fle-royaume-uni-depense-705-millions-de-livres-sterling-pour-renforcer-les-controles-aux-frontieres-avec-lue%2F&flash=0&fwr=0&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&adsid=ChEI8Omq-AUQ85GFl8jVtNSzARJMAL-unJvPDEsHwJ_iDzvlley6eEcPHQnyGPkgkZu5-eMdYpFWRbXhu95npwpwcEZpevJWC03Y9fGYBbltD-grzuugplLEvN6XMFcutA&dt=1594546083787&bpp=3&bdt=251&idt=221&shv=r20200707&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C900x280&nras=1&correlator=2004572123855&frm=20&pv=1&ga_vid=1516990059.1579766332&ga_sid=1594546084&ga_hid=1244921343&ga_fc=0&iag=0&icsg=36694699&dssz=24&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=4&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=82&ady=838&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066392&oid=3&pvsid=1095254490270572&pem=989&ref=https%3A%2F%2Fnews-24.fr%2F&rx=0&eae=0&fc=1920&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7CeEbr%7C&abl=CS&pfx=0&fu=8336&bc=31&jar=2020-7-12-9&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=D1gRo8KQcM&p=https%3A//news-24.fr&dtd=234

Des mesures supplémentaires visant à faire face à la fin de la période de transition en Irlande du Nord devraient être mises en œuvre dans les semaines à venir.

Écrire dans le Sunday Telegraph, Gove a comparé le fait de quitter l’UE à «déménager» et a déclaré que «au lieu d’être des locataires», la Grande-Bretagne «choisissait maintenant un nouvel endroit… où nous contrôlons».

Gove a fait valoir que le paquet garantirait que le Royaume-Uni était «prêt à l’indépendance totale» lorsque la période de transition se terminerait le 1er janvier, et permettrait à la Grande-Bretagne d’avoir «la frontière la plus efficace du monde d’ici 2025».

« La modernisation de notre frontière signifie que nous pouvons introduire une politique de migration qui garantit que nous sommes ouverts aux meilleurs talents du monde », a-t-il ajouté.

Le nouveau paquet intervient quelques jours à peine après qu’une lettre divulguée de la secrétaire au Commerce international, Liz Truss, ait soulevé des inquiétudes quant à l’état de préparation des ports britanniques, et la même semaine que la Commission européenne a annoncé des lignes directrices pour les entreprises, les gouvernements et les citoyens de se préparer à la fin de la période de transition, indépendamment du fait et du type d’accord conclu entre l’UE et le Royaume-Uni

https://news-24.fr/le-royaume-uni-depense-705-millions-de-livres-sterling-pour-renforcer-les-controles-aux-frontieres-avec-lue/

Un vœu pieux fut voté à l’unanimité au Conseil de Sécurité à l’ONU…

Un vœu pieux fut voté à l’unanimité au Conseil de Sécurité à l’ONU : une résolution appelant à une trêve de 3 mois pour tous les conflits en cours dans le monde, reconductible ! La pandémie n’émeut guère les pays guerriers : l’Arabie rebombarde au Yémen, l’Etat israélien rebombarde sans vergogne en Syrie, en toute impunité. Les contrebandiers du Sahel tirent à qui mieux mieux. Chine et Inde s’exercent à 4000 m d’altitude. Au niveau mondial il n’y a que 2 outils efficaces : des résolutions sous chapitre VII permettant le recours à tous les moyens, un euphémisme pour la force. Encore faudrait-il qu’il se forme un véritable état-Major de l’ONU, prévu mais inexistant. L’autre outil ? Une taxe globale imposant une représentation mondiale et une cour universelle, des juges élus et indépendants. Donc, taxons le pétrole, comme ce fut proposé en septembre 1979 au Congrès des Non-alignés !

Bernard Cornut

http://prochetmoyen-orient.ch/

l’ actualite s’impose toujours…

  1. Macron ferme la centrale de Fessenheim et approuve (en catimini) le passage de 8.000 à 20.000 éoliennes – qui continueront à défigurer les paysages, coûteront une fortune (20% de rendements sur fonds propres) et feront travailler les industriels étrangers. Au lieu de rappeler à la ministre Bor(g)ne que ce sont les centrales nucléaires qui émettent le moins de gaz à effet de serre, et en attendant d’acheter à l’Allemagne de l’électricité carbonée. Mais Macron est un homme dans le vent.
  2. Noir c’est noir, il y a enfin de l’espoir. Le mouvement écolo-BLM qui noircit de monde nos rues marque ces jours-ci d’une pierre noire. Enfin découvre-t-on que la nuit, il fait jour – même si on ne visionnera pas mieux les films en noir et noir. Quant aux escrocs en col noir et autres exploitants qui font de l’argent au blanc, qu’ils n’espèrent plus le noircir en Afrique : même les pères noirs n’en veulent plus. Et pendant ce temps-là, la méthode ROPA permet à nos députés de transformer la PMA en GPA. Vive le progrès !
  3. L’Italie, toujours prompte à donner des leçons d’anticolonialisme (surtout à la France), soutient Fayez El-Sarraj en Libye – et donc Erdogan, afin de conserver ses positions dans le domaine pétrole-gaz. C’est humain, même si le pays poursuit la vente de ses FREM à El-Sissi (dont la police au Caire est engluée dans une affaire de kidnapping, torture et assassinat d’un chercheur italien). Mais ça devrait l’inciter à plus d’humilité.
  4. Les européens qui continuent de penser que l’OTAN demeure efficace pour les protéger de la menace russe devraient lire Jens Stoltenberg sur le retrait de soldats américains en Allemagne : les Etats-Unis doivent s’en abstenir car ‘c’est leur intérêt’, l’OTAN en Europe ‘leur permettant de poursuivre leurs autres buts de guerre au MO ou en Afghanistan’. Et se dispensant ce faisant de condamner la Turquie sur l’incident Courbet
  5. Bibi n’a pas pu respecter l’échéance qu’il s’était lui-même fixée. L’annexion de la vallée du Jourdain attendra donc encore un peu, avec l’espoir que Trump sera toujours là. Dommage, car cette nouvelle colonisation avait le mérite de mettre en place tous les éléments nécessaires à la consolidation d’une politique d’apartheid. Dont chacun sait à terme comment elles finissent.

Dinall’uill

http://prochetmoyen-orient.ch/

Guerres virales

Guerres virales

Publié par: Badia Benjellounle: 11 juillet, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéImprimerEmail

Les études précliniques des médicaments et des éventuels vaccins menées pour le COVID-19 ont souffert jusqu’à présent du manque de modèles animaux valables. Idéalement, des animaux à reproduction rapide susceptibles de faire la même maladie que l’homme dans des conditions analogues permettent des essais en grand nombre et éliminent des candidats à l’évidence nocifs et/ou inefficaces. Ces essais précèdent l’expérimentation sur les primates non humains.

Apparu au mois de décembre 2019, le coronavirus touche désormais de plein fouet toute la planète.

Des souris humaines

Une équipe de l’Institut de Microbiologie et d’Epidémiologie de Pékin a mis au point une souris transgénique stable humanisée chez laquelle le gène ACE2 humain a été inséré de façon à éteindre la fonction du gène murin tout en étant sous le contrôle du promoteur du gène d’origine murine. L’ACE2 est l’enzyme de conversion de l’angiotensine de type 2 retrouvé à la surface de nombreuses cellules de l’organisme qui offre par une partie de sa structure externe par rapport à la membrane cellulaire le site de liaison du Sars-CoV-2. L’affinité de liaison pour l’ACE2 du coronavirus responsable de l’actuelle pandémie est 10 à 20 fois plus puissante que celle du virus de la pandémie de 2002-2003. Cet attachement va être suivie d’une fusion membranaire et de l’entrée du virus. Des travaux antérieurs avaient montré dès 2007 que des souris transgéniques exprimant l’ACE2 humaine étaient hautement susceptibles à l’infection par SARS-CoV. Ici la technologie dite CRISPR/Cas9 utilisant une protéine de coupe d’ADN trouvée chez une bactérie par une équipe de Berkeley en 2012 a permis une grande précision dans le lieu de l’insertion du gène humain.

Des lots de souris ainsi ACE2 humanisées, âgées de 4,5 semaines et de 30 semaines sont infectées par le SARS-CoV-2 par voie nasale versus des souris sauvages de même souche. Le sacrifice des souris à J6 montre une multiplication du virus dans le poumon, la trachée et le cerveau des hACE2 jeunes et âgées mais pas dans leurs autres organes. Le virus est resté indétectable chez les souris sauvages. L’examen anatomopathologique des organes infectés indique une analogie des lésions observées avec celles induites par le virus chez l’homme. Une administration du virus par voie digestive chez la souris hACE2 entraîne les mêmes lésions au niveau du tractus respiratoire que celles provoquées par l’instillation nasale.

On se la joue en bourse ?

La firme Moderna est engagée dans la production d’un vaccin contre le SARS-CoV-2 depuis plusieurs semaines grâce en particulier aux fonds publics d’un demi-milliard de dollars dispensés par les Instituts nationaux de santé étasuniens (NIH) et à des donations privées provenant de la fondation de Bill Gates. La conception de ce vaccin est issue de celle adoptée pour le vaccin contre le CMV (cytomégalovirus) actuellement en cours d’essai clinique en phase 2 par Moderna. Le CMV est à l’origine de malformations fœtales s’il est contracté par la femme enceinte jamais exposée auparavant, d’où son intérêt en santé publique et son futur succès commercial assuré. Le développement d’un vaccin anti-CMV financé en partie par Sanofi-Pasteur a été tenté en 2009 puis abandonné devant sa faible efficacité (50% de protection par le vaccin), laquelle n’a été confirmée que trois ans après les injections faites aux femmes volontaires.

Pour la première fois dans l’histoire de la fabrication des vaccins, des brins d’ARN codant pour des protéines significatives sont empaquetés dans une enveloppe lipidique, un liposome, et injectés pour faire produire au receveur les protéines de structures virales et provoquer une réponse immunitaire contre ces protéines. Les résultats intermédiaires pour la première phase du CMV ont été annoncés début janvier 2020. La phase deux enrôle un nombre de volontaires plus important (252 adultes sains) que la première, elle vérifie la non toxicité, la tolérance des doses essayées dans la phase précédente tout en commençant à établir les premiers éléments de l’efficacité au delà de la simple tolérance du produit. Les résultats sont escomptés pour fin 2020.

Ainsi, des sommes extravagantes ont été investies dans une technologie jusque-là jamais encore éprouvée de façon certaine. On pourrait tout aussi bien présenter au receveur la protéine virale et provoquer la réaction immune escomptée.

Une équipe pluridisciplinaire de l’Université de Pittsburgh a publié dès le 2 avril les résultats de sa fabrication de la protéine de pointe S, à la fois responsable de l’invasion virale et très immunogène. Elle a été produite sous une forme de trimère imitant la structure virale native et elle est administrable par voie transcutanée à l’aide d’un dispositif de micro-aiguilles un peu comme la voie par scarification qui fut utilisée pour la variole, modalité très reproductible.
Cependant, les investissements et les regards sont dirigés essentiellement sur Moderna alors que les résultats complets de la phase 1 impliquant 45 sujets sains ne sont pas encore connus. Il a suffi de l’annonce d’une réponse immunitaire chez 8 volontaires (sur 45) pour enflammer les investisseurs et faire grimper la valeur de l’action de +23%.

Peu de jours après cette valorisation, le responsable financier et le médecin chef de la firme ont vendu leurs stock options pour 30 millions de dollars. Une fois connue cette opération commise par des actionnaires de l’ « intérieur », l’action a chuté.
Il n’est en effet jamais de bon augure que des initiés se débarrassent de leur portefeuille d’actions. Le vaccin anti-CMV au stade actuel de son développement n’a peut-être pas donné les résultats espérés….

La souche murine ‘humanisée’ avec le gène hACE2 devrait permettre s’il se confirmait qu’elle était un bon modèle de la maladie humaine d’éviter des essais prématurés sur des humains, inutilement risqués et faussement prometteurs. Mais il est vrai qu’établir pas-à-pas des résultats solides empêcherait de folles spéculations sur les marchés boursiers, rentables uniquement pour quelques privilégiés.

Il est vrai aussi que chercher obstinément, dans l’ombre et humblement, en évitant d’ébruiter des résultats partiels, n’est bon ni pour la notoriété (momentanée et illusoire) ni pour les marchands de scoops ni non pour les mouvements spéculatifs. Il est aussi vrai que colliger des faisceaux d’arguments pour établir quelques donnée robuste prend du temps et que cette époque ne se satisfait que de l’instantané monolithique et sans nuance. Enfin, aider à faire apparaître ce qui demain pourra être remis en cause ne saurait être soumis à un tribunal populaire à l’instar de celui des téléréalités où les juges votent selon une humeur et non un avis éclairé.

Les ruses virales

Un agent viral devient pathogène pour l’hôte dès lors qu’il a subi une pression sélective pour déjouer la richesse et la complexité de sa défense immunitaire. Cette chose vivante qui n’a ni métabolisme propre ni sexualité n’a qu’une ‘ambition’ se multiplier sans cesse. Il utilise un minimum de matériau et chacun de ses composants a une fonction structurelle ou fonctionnelle précise, parfois par ‘économie de moyens’, il accomplit plusieurs fonctions dont certaines sont dédiées à détourner au profit de sa multiplication les outils qu’ils prélève chez l’hôte.

Il commence à émerger au bout de quelques mois depuis l’apparition du SARS-Cov-2 des hypothèses sérieuses d’une stratégie originale qui met en défaut le système immunitaire humain. Il bloque en intervenant à différents niveaux la synthèse et l’action des Interférons de type I et III. Les Interférons sont une famille de petites molécules qui interviennent en première ligne dans la réponse immune innée, non spécifique du pathogène. Ils induisent une résistance cellulaire et activent la réponse immunitaire adaptative spécifique au pathogène secondaire et plus tardive. Leur synthèse est induite par des molécules détectrices d’anomalies. La présence de matériel génétique inhabituel dans les cellules, typiquement un brin d’ARN avec un certain sens de lecture dans le cytoplasme cellulaire, est une anomalie repérée par des ‘détecteurs’ de forme qui vont activer la synthèse des interférons. Quatre voies sont adoptées pour accomplir cette mise en défaut.

Les coronavirus trompent les ‘détecteurs de forme’. Ils se multiplient à l’intérieur de vésicules à double membrane et ne sont pas libres dans le cytoplasme. La terminaison de leur ARN dissemblable de celle de l’hôte est camouflée par des adjonctions de radicaux qui simulent la terminaison d’un ARN natif et échappent ainsi à la surveillance.

Une protéine non structurale virale bloque la translocation des gènes qui codent pour les interférons.

Les coronavirus agissent à un troisième niveau en empêchant l’effectuation des Interférons par blocage de leurs récepteurs.

Enfin, ces virus parviennent à bloquer leur action en interdisant la fonction effectrice des gènes qu’ils mobilisent.

Il a été vérifié sur les cellules nasales infectées d’animaux comme chez le furet infecté l’absence de production des interférons mais une très forte sécrétion de cytokines pro-inflammatoires. Ce profil de transcription a été confirmé sur deux échantillons pulmonaires humains prélevés post mortem comparés à ceux de deux patients sains. De même, le dosage au niveau circulant chez les patients a confirmé que les patients infectés sont négatifs pour l’interféron alors qu’ils ont en surabondance des cytokines.

Il semble que l’on peut attribuer à ce déséquilibre, déficit en Interféron initial et excès de cytokines prématurément, un des mécanismes de la pathogénèse de l’infection.
Une voie thérapeutique est ouverte pour l’emploi d’interféron aux premiers stades de la maladie voire en préventif par instillation nasale. Ceci pose au moins un double problème. Quel interféron choisir ? Comment définir le stade précoce de la maladie dont on sait qu’elle peut revêtir des formes très atténuées et d’autres d’évolution plutôt foudroyante.

Le complot du complexe majeur d’histocompatibilité.

Les complexes majeurs d’histocompatibilité (MHC) sont des molécules de structure assez analogue à celle des anticorps que l’on retrouve à la surface des cellules. Celui de classe I est ubiquitaire présent sur toutes les cellules nucléées en dehors de celles de la lignée germinale. L’antigène du pathogène se loge dans une poche du MHC, lequel est identifié comme un Non Soi par un lymphocyte CD 8, inhibiteur ou tueur, cytotoxique. Une diminution de l’expression du MHC de classe I déclenche l’activité de cellules innées dites tueuses naturelles qui la détruisent, c’est le cas des cellules tumorales qui échappent cependant aux lymphocytes éduqués.

Le complexe de classe II se trouve sur les cellules dites présentatrices d’antigènes (APC), essentiellement les cellules du système immunitaire, macrophages, lymphocytes B et cellules dendritiques. Pour qu’un antigène soit pris en charge par le système immunitaire adaptatif, il faut qu’il lui soit présenté à la surface d’une cellule dite présentatrice d’antigène dans le contexte d’une MHC II après avoir subi un processus de transformations à l’intérieur de la cellule APC. Ceci déclenche la différenciation des lymphocytes T naïfs en cellules auxiliaires.
Le virus SARS-CoV-2 possède une molécule non structurelle ORF 8 de 121 acides aminés qui est responsable de la diminution du MHC I à la surface des cellules nucléées qu’il infecte, les rendant non identifiables comme cibles à éliminer pour les cellules T CD8 mais alors elles sont susceptibles d’être éliminées par les tueuses naturelles (NK pour natural killer).
L’étude de la variation entre les différentes souches de SARS-CoV-2, issues d’une bibliothèque partagée entre tous les virologues du monde, montre une très haute homologie entre elles, située entre 99,91% et 99,79%. La région qui montre le plus de variations concerne des zones non structurales dont cette protéine ORF 8. Les mutations subies par ORF 8 ne modifient en rien la pathogénicité virale ni sa transmission, comme si cette zone impliquant ORF 8 n’était pas essentielle pour le virus.

Cette disparition des molécules du MHC à la surface des cellules infectées est une stratégie également employée par les virus de l’herpès.

– Carte des pathogènes découverts ou ayant émergé à nouveau au cours de 50 dernières années. © United States National Institutes of Health, National Institute for Allergies and Infectious Diseases

L’HIV dispose de la protéine Nef essentielle pour sa pathogénicité qui exerce un très nombre de fonctions. Très bien étudiée, de structure parfaitement connue, elle entre en interaction par ses zones flexibles avec les molécules CD4 des lymphocytes T auxiliaires et le complexe MHC I et II en réduisant leur expression à la surface des cellules.

Ainsi, SARS-Cov-2, HIV et les virus de l’Herpès parviennent par le biais de protéines différentes à faire sous-exprimer les complexes majeurs d’histocompatibilité dans les cellules infectées chez l’hôte envahi.

Un même mécanisme partagé -mais pas les moyens de sa mise en œuvre- a suffi pour faire penser à certains, ignorant tout de la virologie et de l’immunologie, que le SARS-CoV-2 a une structure commune avec l’HIV. Donc, le SARS-Cov-2 résulterait bien d’une manipulation génétique humaine. Le site zerohedge.com s’enfonce dans des théories infondées et perd de sa crédibilité d’autant qu’il s’appuie pour étayer ses convictions sinophobes sur les dires farfelus de l’un des découvreurs de l’HIV qui a sombré dans le gâtisme.

L’HIV tue son hôte lentement parce qu’il détruit ses défenses contre les infections, parasitant et détruisant préférentiellement les lymphocytes auxiliaires, les T4 mais aussi en réduisant leur expression. L’inhibition de sa réplication par des molécules antivirales, anti protéases et analogues nucléotidiques, ont transformé le SIDA en maladie chronique.

Le SARS-CoV-2 tue rapidement son hôte probablement par des destructions tissulaires, pulmonaires surtout, une inflammation intense liée à l’orage des cytokines donnant toutes sortes de désordres comme une coagulation intravasculaire disséminée.
Les deux virus partagent (anecdotiquement) un moyen commun de faire échapper les cellules qu’ils infectent à la surveillance du système immun éduqué mais pas au système inné qui lui s’active quand apparaissent des cellules nues sans MHC. Cette modalité ne s’effectue pas grâce au même substrat moléculaire et n’emprunte sans doute pas les mêmes voies enzymatiques, tout ceci ne peut en aucun cas faire supposer une filiation entre eux.

Certains avaient parlé de guerre concernant la pandémie du COVID-19. L’analogie est à première vue emphatique et inappropriée.

Sauf pour l’une des victimes, la vérité, ici la vérité scientifique faite d’avancées, de reculs, d’hésitations, d’hypothèses et parfois d’une élaboration solide, vérifiée expérimentalement de façon circonscrite à une échelle temporelle donnée.

La métaphore guerrière rencontre une résonnance aussi en ce que se déploie la poursuite d’une guerre froide à coups de tweets émis par des matamores.

Enfin, une guerre permanente se perpétue, celle contre les Gueux, sous la forme insidieuse d’un Etat d’urgence sanitaire – véritable état d’exception où se dissolvent les derniers droits.

Badia Benjelloun
30 Mai 2020.

Références :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1931312820303024?via%3Dihub

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17974127/

https://markets.ft.com/data/announce/detail?dockey=600-202003031601BIZWIRE_USPRX____BW6007-1

https://www.huffingtonpost.fr/entry/vaccin-coronavirus-test-positif-moderna_fr_5ec28a2ec5b637e3d2d328d1

Moderna, Inc.

https://www.coinspeaker.com/organizations/moderna/embed/#?secret=Rl0ymXXo9z

https://www.zerohedge.com/markets/moderna-shares-tumble-68-insiders-caught-running-exits

https://blogs.sciencemag.org/pipeline/archives/2020/05/21/there-may-be-a-unique-coronavirus-immune-response

http://www.theses.fr/2006NICE4002

http://www.theses.fr/2006NICE4002

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jmv.25762

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11463741/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1083955/

http://www.afrique-asie.fr/guerres-virales/

Le lent délitement de la République en France

Le lent délitement de la République en France

par Thierry Meyssan

Depuis trois ans, une contestation profonde se fait entendre partout en France. Elle a adopté des formes jusque-là inconnues. Se réclamant de l’idéal républicain, elle remet en cause la manière dont le personnel politique sert les institutions. Face à elle, le président de la République singe une concertation qu’il manipule à chaque étape. Pour Thierry Meyssan, les pires ennemis du pays ne sont pas ceux qui veulent le diviser en communautés, mais ceux qui ont été élus et ont oublié le sens de leur mandat.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 7 JUILLET 2020عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLITALIANONEDERLANDSPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEJPEG - 74.6 koLes Gilets jaunes ont toujours exhibés le drapeau français dans leurs manifestations ; un symbole absent des événements organisés par les écologistes.

La première vague

En octobre 2018, en France, une sourde protestation montait des petites villes et des campagnes. Les dirigeants du pays et les médias découvraient avec stupéfaction l’existence d’une classe sociale qu’ils ne connaissaient pas et n’avaient jamais rencontrée jusque là : une petite bourgeoisie, qui avait été exclue des grandes villes et reléguée dans le « désert français », un espace où les services publics sont rationnés et les transports en commun inexistants.

Cette protestation, qui à certains endroits se transforma en soulèvement, fut déclenchée par la hausse d’une taxe sur le pétrole visant à réduire la consommation de carburant afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Ces citoyens étaient beaucoup plus touchés que les autres par cette hausse car ils vivaient loin de tout et n’avaient aucune autre option de transport que leurs moyens personnels.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique, l’économie mondiale s’est réorganisée. Des centaines de millions d’emplois ont été délocalisés d’Occident vers la Chine. La plupart de ceux qui ont perdu leur travail ont dû en accepter d’autres moins bien payés. Ils ont été contraints de quitter les grandes villes, devenues trop chères pour eux, et de s’installer à leur périphérie [1].

Les Gilets jaunes rappelaient au reste de la société qu’ils existaient et ne pouvaient pas aider à lutter contre « la fin du monde » si on ne les aidait pas d’abord à lutter pour leurs « fins de mois ». Ils dénonçaient l’inconscience des dirigeants politiques qui, depuis leurs bureaux de la capitale, ne percevaient pas leur détresse [2].

Les premiers débats politiques qui opposèrent des politiques à quelques unes de leurs figures de proues furent encore plus stupéfiants : les politiques leur proposaient des mesures sectorielles visant à rendre le prix de l’essence abordable quand ils leur répondaient calmement sur les désastres causés par la globalisation financière. Les premiers paraissaient désarçonnés et dépassés, tandis que les seconds étaient les seuls à disposer d’une vue d’ensemble. La compétence était passée du personnel politique à ses électeurs.

Heureusement pour la classe dirigeante, les médias écartèrent ces trouble-fête et leur substituèrent d’autres manifestants, exprimant avec force leur colère sans la même intelligence. Le durcissement du conflit, soutenu par la majorité de la population, fit craindre une possible révolution. Paniqué, le président Emmanuel Macron se réfugia durant dix jours dans son bunker sous l’Élysée, annulant tous ses rendez-vous. Il pensa démissionner et convoqua le président du Sénat pour qu’il exerce l’intérim. Celui-ci le rabroua. Reprenant ses esprits, il apparut à la télévision pour annoncer diverses mesures sociales. Cependant aucune de ces allocations ne concernait les Gilets jaunes car l’État ignorait encore qui ils étaient.

Toutes les études d’opinion tendent à montrer que cette contestation n’est pas un rejet de la politique, mais au contraire une volonté politique de restauration de l’Intérêt général, c’est à dire de la République (Res Publica).

Les citoyens sont à peu près satisfaits de la Constitution, mais pas de la manière dont on s’en sert. Leur rejet est d’abord celui du comportement du personnel politique dans son ensemble, pas des Institutions.

Aussi, pour reprendre la main, le président Emmanuel Macron décida d’organiser un « Grand débat national » dans chaque commune, un peu sur le modèle des États généraux de 1789. Chaque citoyen pourrait s’exprimer. Les propositions seraient synthétisées et prises en compte.

Dès les premiers jours, le président s’employa à contrôler l’expression populaire. Il s’agissait de ne pas laisser la populace dire n’importe quoi. L’« immigration », l’« interruption volontaire de grossesse », la « peine de mort » et le « mariage pour tous » devaient être écartés des débats. Ainsi, alors que le président se pensait « démocrate », il se méfiait du Peuple.

Bien sûr, tous les groupes peuvent se laisser dominer par des passions. Durant la Révolution française, les sans-culottes ont pu perturber les débats des assemblées en invectivant les députés depuis les tribunes. Mais rien ne permet d’anticiper que les maires se seraient laisser déborder par leurs administrés.

L’organisation du « Grand débat national » revenait à la Commission nationale du débat public. Or celle-ci entendait garantir la libre expression de chaque citoyen, tandis que le président voulait au contraire la limiter à quatre thèmes : « transition écologique », « fiscalité », « démocratie et citoyenneté », « organisation de l’État et des services publics ».

La Commission fut donc remerciée et remplacée par deux ministres. Le chômage, les relations sociales, la dépendance des personnes âgées, l’immigration et la sécurité, tombèrent aux oubliettes.

Le président se mit alors en scène. Il participa à plusieurs réunions télévisées au cours desquelles il répondit à toutes les questions posées, imbu de sa propre compétence. On était passé du projet d’écouter les préoccupations citoyens à l’idée de leur répondre qu’ils étaient bien gouvernés

Trois mois, 10 000 réunions et 2 000 000 de contributions plus tard, un rapport fut rendu et classé dans un placard. Contrairement à ce que prétend cette synthèse, les interventions des participants au « Grand débat national » portaient sur les avantages des élus, la fiscalité et le pouvoir d’achat, la limitation de vitesse sur routes, l’abandon des territoires ruraux et l’immigration. Non seulement cet exercice de style n’a pas fait avancer les choses, mais il a donné aux Gilets jaunes la preuve que le président veut leur parler, mais pas les entendre.JPEG - 61 koPartout en France, les Gilets jaunes ont organisé des pétitions pour la création d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC).

Puisqu’on vous dit que nous sommes démocrates

Non pas au cours du « Grand débat national », mais durant les manifestations, de nombreux Gilets jaunes firent référence à Étienne Chouard [3]. Depuis une dizaine d’années, cet homme sillonne la France en assurant ses interlocuteurs qu’une Constitution n’est légitime que si elle est rédigée par les citoyens. Il préconise donc de former une assemblée constituante par tirage au sort et de soumettre son résultat à référendum.

Le président Emmanuel Macron leur répondit en créant une assemblée tirée au sort, une « Convention citoyenne ». Dans la continuité du « Grand débat national », dès le premier jour, il pervertit l’idée qu’il mettait en œuvre. Il ne s’agissait pas de rédiger une nouvelle Constitution, mais de poursuivre un des quatre thèmes qu’il avait déjà imposé.

Cependant, il n’a pas considéré que le tirage au sort soit un moyen de dépasser les privilèges dont disposent certaines classes sociales ou de contourner ceux des partis politiques. Il l’a abordé comme un moyen de mieux connaître la volonté populaire, à la manière des instituts de sondage. Il a donc fait procéder à un découpage de la population selon des catégories socio-professionnelles ainsi que par région. Puis les membres ont été tirés au sort dans ces différents groupes comme pour un panel de sondés. La définition de ces groupes n’a pas été rendue publique. En outre, il a confié l’organisation des débats à un cabinet spécialisé dans l’animation de panels de sorte que le résultat est celui d’un sondage : cette assemblée n’a formulé aucune proposition originale, mais s’est bornée à prioriser les propositions qu’on lui a présentées.

Un tel processus est beaucoup plus formel qu’un sondage, mais n’a rien de démocratique puisque jamais ses membres n’ont pu exercer la moindre initiative. Les propositions les plus consensuelles seront transmises au Parlement ou soumises au Peuple par référendum. Or, le dernier référendum en France, il y a quinze ans, est un très mauvais souvenir : le Peuple a censuré la politique gouvernementale qui a pourtant été poursuivie par d’autres voies au mépris des citoyens.

Le caractère totalement illusoire de cette assemblée de citoyens est apparu avec une proposition que ses membres ont déclaré ne pas vouloir soumettre à référendum parce que le Peuple, qu’ils étaient censés représenter, la rejetterait à coup sûr. Ce faisant, ils ont admis avoir adopté une proposition en suivant les arguments qui leur avait été présentés, mais en sachant que le Peuple raisonnerait autrement.

Ce n’est pas moi, ce sont les scientifiques

Lorsque survint l’épidémie de Covid-19, le président Emmanuel Macron fut convaincu de la gravité du danger par le statisticien britannique Neil Ferguson [4]. Il décida de protéger la population en appliquant le confinement obligatoire généralisé que lui recommandait l’ancienne équipe de Donald Rumsfeld [5]. Il se prémunit des critiques en constituant un « Conseil scientifique » dont il confia la présidence à une personnalité morale qu’il pensait incontestable [6].

Une seule voix autorisée se leva contre ce dispositif : un des plus éminents médecins infectiologues au monde, le professeur Didier Raoult [7]. À la fin de la crise, il témoigna devant une commission parlementaire. Selon lui, Neil Ferguson est un imposteur ; le Conseil scientifique —dont il démissionna— est manipulé par des conflits d’intérêt avec Gilead Science (l’ancienne firme de Donald Rumsfeld) ; en situation d’urgence, le rôle des médecins est de soigner pas de faire des expériences ; les résultats des médecins dépendent de leur conception de leur métier, c’est pourquoi les malades confiés aux hôpitaux de Paris avaient trois fois plus de risque de mourir que ceux confiés aux hôpitaux de Marseille.

Les propos de Didier Raoult ne furent pas analysés par les médias qui consacrèrent leur travail à la réaction outrée de la nomenklatura administrative et médicale. Pourtant la question de la compétence du président de la République, de son gouvernement et des élites médicales venait d’être posée par un membre incontesté de l’élite médicale.

La seconde vague

Le premier tour des élections municipales avait eu lieu au début de la crise sanitaire, le 15 mars 2020. Les villes périphériques et les campagnes, terres des Gilets jaunes, avaient souvent dégagé des majorités pour élire immédiatement leur maire. Comme à l’habitude les choses étaient plus complexes dans les grandes villes. Un second tour fut organisé à la fin de la crise, le 28 juin. Un nouveau pas a alors été franchi.

Six électeurs sur dix, échaudés par le « Grand débat national » et indifférents à la « Convention citoyenne », ont fait la grève des urnes.

Ignorant cette protestation silencieuse, les médias ont interprété le vote de la minorité comme un « triomphe des écologistes ». Il aurait été plus juste de dire que les partisans de la lutte contre la « fin du monde » ont définitivement divorcé de ceux de la lutte pour les « fins de mois ».

Les études d’opinion nous assurent que le vote écologiste est surtout le fait de fonctionnaires. C’est une constante dans tous les processus pré-révolutionnaires : des gens intelligents, s’ils se sentent liés au Pouvoir, sont aveuglés et ne comprennent pas ce qui se passe sous leurs yeux.

La Constitution ne prévoyant pas cette fracture au sein du Peuple, aucun quorum n’a été institué de sorte que ce scrutin est valide quoique non démocratique dans toutes les grandes villes. Aucun des maires, pourtant élus par seulement un cinquième de leurs administrés voire moins encore, n’a demandé l’annulation du scrutin.

Aucun régime ne peut se prolonger sans le soutien de sa population. Si cette grève des urnes se reproduit lors de l’élection du président de la République, en mai 2022, le système s’effondrera. Aucun des dirigeants politiques ne semble s’en soucier.

Thierry Meyssan

[1] « Comment l’Occident dévore ses enfants », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 décembre 2018.

[2] « Une colère très politique », par Alain Benajam, Réseau Voltaire, 21 novembre 2018.

[3Blog d’Étienne Chouard.

[4] « Covid-19 : Neil Ferguson, le Lyssenko libéral », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 avril 2020.

[5] « Le Covid-19 et l’Aube rouge », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 avril 2020.

[6] « C’en est assez du consensus ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2020.

[7] Site officiel de Didier Raoult et de son équipe : Méditerranée infection.

https://www.voltairenet.org/article210463.html

Revue de presse nationale et internationale.