13 janvier 2019 – Actualité

Grand débat national : la lettre aux Français du président de la République

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Découvrez la lettre aux Français du président de la République, Emmanuel Macron, concernant le Grand débat national.
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Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les difficultés de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontées, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette ambition, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, des maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de premiers retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours que nous devons rebâtir une souveraineté industrielle, numérique et agricole et pour cela investir dans les savoirs et la recherche. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la Nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique.

L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le Gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour améliorer notre santé, pour lutter contre la pauvreté et contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’État et des collectivités publiques.

Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? À quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir.

Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté.

Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le droit d’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre Nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici attendue, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel MACRON

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La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord

La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord


Mercredi 16 Janvier 2019 modifié le Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:38


La France va intensifier ses préparatifs pour un Brexit sans accord, après le rejet massif par le Parlement britannique de l’accord de sortie négocié avec Bruxelles, a indiqué mercredi l’Élysée.




Édouard Philippe et Emmanuel Macron

Édouard Philippe et Emmanuel Macron
Le Premier ministre Édouard Philippe réunira jeudi matin « les principaux ministres concernés pour faire le point sur les préparatifs et les accélérer », a précisé la présidence. Cette réunion avait été planifiée avant le vote britannique, dans le cadre des préparatifs menés depuis plusieurs mois en vue du Brexit, prévu le 29 mars.

Avec le rejet de l’accord par une grande majorité de députés britanniques, « les risques d’un +No deal+ se sont accrus hier ». Un tel scenario « serait très négatif pour le Royaume-Uni » et « serait mauvais pour l’Europe, et pour la France, qui est la porte d’entrée » d’une bonne partie des flux entre la Grande-Bretagne et le reste de l’Europe, indique l’Elysée.

Un projet de loi préparant la France à toute forme que prendrait la sortie du Royaume-Uni de l’UE doit être adopté d’ici la fin de la semaine par le Parlement. Ce texte, sur lequel députés et sénateurs se sont accordés fin 2018, habilite le gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a également appelé mercredi les entreprises françaises à se préparer au « pire scénario » car « le vote d’hier ajoute de l’incertitude à l’incertitude ».

Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:34


Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient

Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient


Par Andrew Korybko – Le 31 décembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybko

Dans la même dynamique qu’observée au cours des dernières années, la situation géopolitique du Moyen-Orient a connu de profonds changements au cours des 12 derniers mois. Par ordre d’importance, la région a connu le retour de sanctions unilatéralement imposées par les USA envers l’Iran ; les processus de paix en Syrie et au Yémen ont connu des progrès, encore superficiels, mais prometteurs ; la fracture régionale entre d’une part la Turquie et le Qatar et d’autre part l’Arabie saoudite et Israël a continué de croître ; et l’influence de la Russie, agissant comme force d’équilibre et de stabilité, s’est encore accrue. Nous allons à présent passer en revue l’influence que chacun de ces développements exercera sur la situation régionale au cours de l’année 2019.

Le théâtre romain de Palmyre, en Syrie

La situation en Iran risque de basculer vers une instabilité socio-économique prononcée si les USA n’étendent pas les dispenses de sanctions déjà accordées, et si les partenaires internationaux de la République Islamique freinent leurs échanges commerciaux avec ce pays via des canaux alternatifs, par peur de voir leurs entreprises subir des « sanctions subsidiaires » étasuniennes en répercussion. Ceci dit, l’Iran dispose déjà d’une solide expérience de survie aux sanctions économiques les plus sévères du monde, et pourrait de ce fait éviter une crise politique. Le point à surveiller est de voir si le pays décide de réorienter sa stratégie d’Asie de l’Ouest vers l’Asie centrale, et l’Asie du Sud-Est en réponse à ces pressions : un tel repositionnement géopolitique peut se produire très rapidement, si le pays considère que son influence au Machrek a atteint son apogée.

Cette refonte stratégique pourrait constituer l’un des ingrédients du processus de paix en Syrie, lui-même hautement simplifié par le projet de retrait étasunien, prévu dans les premiers mois de 2019. On pourrait voir la Russie « encourager » l’Iran à opérer un « retrait planifié », avec les honneurs, comme prochaine mesure de détente, ce qui constituerait un pari selon lequel il serait préférable de voir Israël reprendre ses bombardements sur les positions syriennes du Corps des gardiens de la révolution et du Hezbollah. Quant au Nord-Est de la Syrie, on ne saurait dire pour l’instant s’il va subir une occupation turque sur la durée, ou si des groupes « rebelles » soutenus par la Turquie vont y prendre position ; dans les deux cas, une solution politique « décentralisée » à définir reste sans doute inévitable, ce qui compliquerait la vie de l’Iran si le pays voulait maintenir une présence militaire en Syrie.

Si nos regards se portent au delà du Levant, vers la péninsule Arabique, le Yémen présente également des signes qui pourraient laisser présager un processus de paix, mais de manière bien plus lente qu’en Syrie : il s’agit d’un processus qui vient de commencer fin 2018. À l’instar de la République arabe, une solution politique « décentralisée » pourrait se voir mise en œuvre pour assurer la souveraineté régionale regagnée ces derniers temps par la région du Sud-Yémen, et afin de laisser s’auto-administrer dans une certaine mesure les Houthis du Nord-Yémen. Une telle sortie de crise aurait moins d’impact sur l’Iran que sur l’Arabie Saoudite, mais cette dernière semble avoir épuisé tant sa volonté politique et sa puissance de feu militaire que ses ressources financières, et se montrera sans doute disposée à adopter ce type de compromis (possiblement facilité par la Russie).

Pour ce qui concerne l’Arabie saoudite, elle travaille en tandem avec Israël, son allié – non officiel mais tout le monde l’a compris, pour « contenir » non seulement l’Iran, mais aussi – et c’est plus récent – la Turquie : chacun des deux membres du tandem a identifié cette dernière comme une menace sérieuse pour ses intérêts, pour des raisons différentes. Riyad est également en rivalité avec Doha, mais Tel Aviv n’est pas plus impliquée que cela dans la guerre froide du CCG. Dans tous les cas, un déshabillage simplifié de la région révèle que l’Arabie saoudite & Israël travaillent plus ou moins ensemble contre la Turquie et son allié qatari, dans une compétition à l’échelle du Moyen-Orient, c’est à dire de l’Est de la Méditerranée au golfe Persique, y compris la mer Rouge si l’on parle par exemple du Soudan.

Le Moyen-Orient, au vu de la vaste étendue de ces incertitudes, peut apparaître en premier regard comme la région la plus instable du monde à ce jour, mais le fait est que la stratégie d’« équilibrage » de la Russie a apporté un semblant de stabilité là où, sans cette influence, il n’y en aurait aucune. Moscou n’est pas en mesure de gérer seule le Moyen-Orient, mais peut se positionner – et l’a fait non sans une certaine réussite – comme intermédiaire neutre entre divers acteurs, ou à tout le moins en se comportant comme un pont entre eux. Ce positionnement russe constitue la constante la plus stable de la situation actuelle du Moyen-Orient, et il devrait jouer un rôle déterminant dans la sortie du guerre en Syrie – en soi l’un des événements les plus significatifs de la région depuis une génération – et sans doute également sur les autres dossier évoqués au long du présent article.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le Vendredi 28 décembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/previsions-2019-pour-le-moyen-orient

 

Syrie: Erdogan pour une « zone de sécurité » sous contrôle turc

Montage réalisé le 11 août 2018 montrant le président turc Recep Tayyip Erdogan (g et le président américain Donald Trump © AFP/Archives ADEM ALTAN, SAUL LOEB

International

Syrie: Erdogan pour une « zone de sécurité » sous contrôle turc

le 16 janvier 2019

Le président Recep Tayyip Erdogan a indiqué mardi que la Turquie était prête à établir une « zone de sécurité » en Syrie entre sa frontière et les positions d’une milice kurde soutenue par Washington, une décision perçue par Damas comme une « agression ».

Ce dispositif a été évoqué dans un entretien téléphonique lundi soir entre M. Erdogan et Donald Trump destiné à apaiser les tensions après que le président américain eut menacé de « dévaster » l’économie de la Turquie si celle-ci attaquait les combattants kurdes en Syrie.

Au cours de cette conversation « extrêmement positive », M. Trump « a mentionné une zone de sécurité d’une largeur de 20 miles, ce qui représente plus de 30 km, qui sera établie par nous le long de la frontière », a déclaré M. Erdogan, se disant favorable à l’idée.

Répondant peu après aux questions de journalistes, le chef de l’Etat a ajouté que la Turquie demanderait un appui logistique de la coalition internationale antijihadiste regroupant une soixantaine de pays, dont les Etats-Unis et la France.

Depuis l’annonce, le mois dernier par Donald Trump, du retrait prochain des troupes américaines de Syrie, la Turquie et les Etats-Unis s’efforcent de trouver un accord qui les satisfasse mutuellement au sujet de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Si Washington appuie les YPG contre l’organisation Etat islamique (EI), Ankara qualifie ce groupe de « terroriste » et menace depuis plusieurs semaines de déclencher une nouvelle offensive contre ses positions dans le nord de la Syrie.

L’annonce du futur départ des militaires américains a été bien accueillie par la Turquie, mais des déclarations de responsables américains évoquant l’établissement d’un lien entre ce retrait et la garantie de la sécurité des combattants kurdes ont suscité la colère d’Ankara.

– Peut être « étendue » –

La Turquie défend depuis plusieurs années l’idée d’une « zone de sécurité » le long de sa frontière en Syrie, mais cette proposition a jusqu’ici été rejetée, y compris par le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama.

Cependant, cette option est revenue sur le devant de la scène lorsque le président américain l’a sommairement évoquée dans un tweet dimanche, une occasion que le gouvernement turc s’est empressé de saisir.

« J’aborde ce sujet positivement, il est possible de travailler sur cette idée », a déclaré à la presse mardi M. Erdogan, ajoutant, sans autres précisions, que la largeur de cette zone pourrait même être « étendue » au-delà des 20 miles évoqués par M. Trump.

Pour Damas, les déclarations de M. Erdogan sont « irresponsables ». Elles « montrent une nouvelle fois que son régime ne traite qu’avec le langage de l’occupation et de l’agression », a indiqué l’agence officielle Sana, citant une source au ministère des Affaires étrangères.

« Nous sommes déterminés à défendre par tous les moyens notre peuple et notre territoire contre toute forme d’occupation ou d’agression, y compris l’occupation turque », a-t-elle poursuivi.

Le chef d’état-major turc rencontrera son homologue américain mercredi à Bruxelles pour définir les « modalités » de cette zone de sécurité qui serait « contrôlée par la Turquie, selon le porte-parole du président turc Ibrahim Kalin.

Il a aussi affirmé que « la population locale » serait associée à la création de cette « zone de sécurité », faisant une comparaison avec des régions du nord-ouest de la Syrie, comme Jarablous, Al-Bab et Afrine, sous contrôle de rebelles appuyés par Ankara.

« Même si on n’utilise pas ce terme, il y a de facto là-bas une +zone de sécurité+ sous le contrôle de la Turquie (…) Un modèle similaire peut aisément être transposé » aux portions frontalières sous contrôle des YPG, a affirmé M. Kalin.

Mais la création d’une telle zone supposerait que les YPG acceptent de quitter leurs positions le long des 900 km de la frontière turco-syrienne, dont la milice kurde contrôle une grande partie.

– Après Trump, Poutine –

Alors que les désaccords au sujet des YPG enveniment les relations entre la Turquie et les Etats-Unis depuis deux ans, M. Erdogan s’est dit convaincu mardi d’être parvenu à « une compréhension mutuelle d’une portée historique » avec M. Trump au cours de l’entretien de lundi.

Ce ton apaisé tranche sensiblement avec l’atmosphère orageuse des jours précédents. La menace de Donald Trump de « dévaster » l’économie turque a réveillé le spectre de sanctions américaines, celles-ci ayant déjà accéléré l’effondrement de la livre turque l’été dernier. Lundi, la monnaie nationale a perdu plus de 1,5% de sa valeur face au dollar.

Membre de l’Otan et soutenant des groupes rebelles en Syrie, la Turquie coopère par ailleurs étroitement avec la Russie, le principal soutien du régime de Damas.

M. Erdogan a annoncé mardi qu’il se rendrait le 23 janvier dans ce pays pour s’y entretenir notamment du retrait américain avec le président Vladimir Poutine.

LNT avec Afp

 

https://lnt.ma/syrie-erdogan-zone-de-securite-controle-turc/

 

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Auteur : Phoebe Cooke | Editeur : Walt | Mardi, 15 Janv. 2019 – 09h16

La FRANCE et l’Allemagne envisagent de fusionner les frontières, les économies et les politiques de défense dans la dernière étape vers la création d’un super-État européen. Les pays voisins doivent élaborer ensemble des politiques dans des domaines tels que le terrorisme et les transports dans le cadre d’un pacte de « jumelage » sans précédent, à peine deux mois avant que le Royaume-Uni ne quitte l’Europe.

Conformément à cet accord, les régions franco-allemande des deux côtés seront encouragées à former des « eurodistricts », indique le Times.

La chancelière allemande Angela Merkel doit rencontrer le président français Emmanuel Macron le 22 janvier à Aix-la-Chapelle, ville emblématique de par son histoire commune et son emplacement à la frontière.

L’extension du traité, négociée au cours de l’année écoulée avec peu de détails, stipule que l’acceptation de l’Allemagne comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies constituera une priorité de la diplomatie franco-allemande.

En vertu de ces plans, les ministres pourront également assister aux réunions de leurs cabinets. Il existe également des objectifs visant à promouvoir une coopération plus étroite entre les services de renseignement nationaux et la police dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ainsi qu’un engagement à progresser vers la convergence économique.

La culture, la santé, l’innovation et les transports sont d’autres domaines de coopération.

A Paris, le bureau de Macron a déclaré que l’extension du traité de l’Elysée aiderait les deux puissances européennes à « relever les défis auxquels elles seront confrontées au XXIe siècle ».

« Nous envisageons de renforcer notre engagement en faveur de la sécurité et de la prospérité de nos peuples dans le cadre d’une Europe plus souveraine, unie et démocratique », a-t-il déclaré.

Les deux gouvernements accepteront de tenir «des consultations régulières à tous les niveaux avant les grandes réunions européennes, et veilleront à établir des positions communes et à faire des déclarations communes».

« Ils vont défendre une politique étrangère et de défense commune forte et efficace, ainsi que renforcer et approfondir l’union économique et monétaire », ajoute le texte.

Les critiques affirment que le traité sera un « mastodonte capable d’écraser la dissidence sous ses roues », rapporte le Times.

La nomination de l’Allemagne au conseil de sécurité pourrait entraîner des problèmes à Bruxelles, qui considère que cette attribution devrait être confiée à l’UE.

Le traité devra également faire face à une opposition considérable de la part des partis d’extrême gauche et d’extrême droite.

Alexander Gauland, chef du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, l’a décrit comme « une érosion de notre souveraineté nationale ».

En France, Marine Le Pen, anciennement du parti d’extrême droite le Front national, l’a décrit comme un diktat allemand « déséquilibré ».

Liens connexes:

Merkel : les Etats de l’UE doivent céder leur souveraineté à Bruxelles… et signer le pacte sur la migration

Merkel donne le feu vert à la formation d’une armée européenne

Traduction: Fawkes News

– Source : The Sun (Royaume-Uni)

Le Vatican représenté aux JO des plus petits États d’Europe

Le Vatican représenté aux JO des plus petits États d’Europe

© Athletica Vaticana
L’équipe de l’Athletica Vaticana devant Saint-Pierre de Rome

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Des prêtres, des gendarmes ou encore des gardes suisses : voilà l’équipe qui, probablement, représentera le Vatican aux prochains jeux Olympiques des plus petits États d’Europe ! Un évènement qui aura lieu au Monténégro du 27 mai au 1er juin 2019.

L’Athletica Vaticana ! Il s’agit de la première association sportive reconnue par le Saint-Siège dont la gestion a été confié au Conseil pontifical de la Culture qui a désormais un département consacré au sport, dirigé par Melchor Sanchez de Tosca. Constituée de 70 membres travaillant au sein du Vatican, tous les membres ont en commun la passion du sport. Au programme : marathon, ultra-marathon, course de haies, sprint, demi-fond. Mais l’association ne veut pas se limiter à l’exploit sportif et cherche aussi par ce biais à promouvoir la solidarité, la spiritualité et l’amitié.

« Les marathoniens du Pape »

Mais comment est née l’Athletica Vaticana ? L’idée de constituer cette équipe est née de façon totalement spontanée par la rencontre de nombreux travailleurs du Vatican lors de leur course matinale sur les bords du Tibre. Car courir c’est créer des liens d’amitié et faire acte de charité. Par la suite, la Secrétairerie d’État a décidé de donner à cette association une position juridique officielle en la confiant au Conseil pontifical de la Culture. L’Athletica Vaticana est alors née !

Depuis sa création, « les marathoniens du Pape », comme on les appelle, tentent d’appliquer au mieux le message du Saint-Père. Il y un an, deux migrants ont rejoint les rangs et, avec le soutien de l’aumônerie du Vatican, le groupe organise des repas pour les plus démunis et participe à des courses caritatives.

Thierry a troqué la hallebarde pour les baskets

Parmi les participants, on compte de nombreux membres de la Garde suisse, corps militaire ayant la responsabilité de veiller en permanence sur le Pape. Conscients de l’héritage de cette charge instituée par Jules II en 1506, les Gardes tentent, tant bien que mal, de concilier une vie normale avec le service.

© Athletica Vaticana

Parmi eux, l’hallebardier Thierry Roch, originaire de la région de la Glâne (canton de Fribourg) et arrivé à Rome au début du mois de février 2017. Ce sportif, passionné de courses depuis cinq ans, est un membre actif de l’association : « La course à pied est pour moi l’un des moyens les plus efficaces pour s’évader et évacuer le stress du quotidien. De plus, on a l’occasion de reprendre contact avec la nature, que ce soit en forêt, en montagnes, près de la mer, nous sommes toujours près du Créateur », confie-t-il à Aleteia.

Mais, la Garde suisse ne laisse pas beaucoup de temps et le service prend énormément de temps. Il est donc parfois difficile de concilier le sport et l’engagement auprès du Pape : « À la fin de la journée, nos jambes nous le rappellent assez vite généralement. Mais il est très important de garder une activité physique. Généralement, je pars courir avant le service. Même si celui-ci commence très tôt le matin. J’aime l’ambiance qui règne à Rome à l’aube. C’est presque parfois incroyable de se trouver près de monuments tels que le Colisée ou la fontaine du Trevi sans même une âme qui vive. Si le service me le permet, j’enfile mes chaussures de course chaque jour. Je dirais que c’est également un moyen de ne pas avoir le mal du pays et de retrouver un peu de Suisse entre les pins parasols de la Villa Pamphili. »

© Athletica Vaticana

Prière du marathonien

Découvrez  la « prière du marathonien », composée par l’Athletica Vaticana et traduite en 36 langues :

Merci, Seigneur,
Parce que tu me fais courir
Et ne me laisses pas seul au km 35
Du grand marathon de la vie.

Merci, Seigneur,
Pour la beauté de la course tout seul
Dans les bois et parmi les gens, avec le froid et la chaleur,
La pluie et le vent.

Merci, Seigneur,
D’être à mes côtés dans les moments de fatigue
Quand la sueur voile mes yeux,
la fatigue plie mes jambes
et que je voudrais m’arrêter.

Mais j’avance avec toi.
Cette course faite avec humilité et passion
Est une prière de louange pour toi
Que je répète aussi dans les derniers, interminables,
195 mètres du marathon de ma vie.

Et je te remercie, Seigneur,
Pour les années avec lesquelles je partage la joie
De courir épaule contre épaule.

Seigneur, en me faisant le signe de la croix
Je commence à courir, certain que ton sourire
Accompagnera mes foulées.

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

La guerre financière fait rage entre les États-Unis, la Russie et la Chine. En quelques mois, la Banque centrale russe a abaissé sa part de réserves de change en dollars à un niveau historiquement bas, en remplaçant l’équivalent d’environ 100 milliards de dollars par des euros, des yens nippons et des yuans chinois.

Moscou a entamé cette opération, en se débarrassant d’obligations du Trésor étasunien, à partir du mois de mai 2018, lorsque Washington accentua ses pressions sur la Russie.

Une vente de 81 milliards de dollars a suivi la sanction prononcée par les États-Unis contre des hommes d’affaires, des sociétés, des banques et des représentants du gouvernement russes au moment présidentielles russes.

Ce qui est assez remarquable est qu’entre les seuls mois de mars et juin 2018, le dollar est passé de 43,7% à 21,9% des réserves de devises de la Banque centrale de Russie selon son dernier bulletin trimestriel. Ce qui explique la montée des tensions entre Washington et Moscou tout au long de l’année 2018.

La somme tirée des réserves en dollars a été redistribuée pour porter la part de l’euro de 25% à 32% et celle du yuan chinois de 0 à 14,7%. Moscou et Beijing ont en effet signé une dizaine d’Accords bilatéraux pour exclure complètement le dollar de leurs échanges commerciaux.

Les données concernant la Chine font défaut mais Beijing a convenu avec Téhéran d’exclure toute transaction en dollar dans leurs échanges commerciaux bilatéraux comme le fait déjà avec la Corée du Nord au profit du yuan chinois.

Une petite révolution est en marche!

Guerre mondiale économique: Moscou et Beijing tentent de diminuer leur dépendance au dollar US

Re-Colonisation

Re-Colonisation

Pour Thierry Meyssan, une des conséquences de la fin successive du monde bipolaire et du monde unipolaire est le rétablissement des projets coloniaux. Successivement, des dirigeants français, turcs et anglais ont publiquement déclaré le retour de leurs ambitions. Reste à savoir quelles formes elles pourraient prendre au XXIème siècle.

| Damas (Syrie)

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L’Empire britannique sur lequel le soleil ne se couche jamais

L’empire français

Depuis une décennie, nous avons relevé, comme une incongruité, la volonté française de rétablir son autorité sur ses anciennes colonies. C’était la logique de la nomination par le président Nicolas Sarkozy de Bernard Kouchner comme ministre des Affaires étrangères. Il substitua la notion anglo-saxonne de « Droits de l’homme » à celle des Révolutionnaires français de « Droits de l’homme et du citoyen » [1]. Plus tard, son ami, le président François Hollande déclara, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, qu’il était temps de rétablir un mandat sur la Syrie. C’est encore plus clairement que le petit neveu de l’ambassadeur François George-Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, en parla. Et c’est évidemment de cette manière qu’il faut comprendre la volonté du président Emmanuel Macron de continuer la guerre contre la Syrie, sans les États-Unis.

Il y a toujours eu en France un « parti colonial » qui traversait les partis politiques et agissait comme un lobby au service de la classe possédante. Comme à chaque période où il devient difficile à des capitalistes sans scrupules d’écraser la main d’œuvre nationale, le mythe de la conquête coloniale ressurgit. Si les « Gilets jaunes » se révoltent, alors poursuivons « l’exploitation de l’homme par l’homme » sur le dos des Syriens.

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L’empire français « apporte » la civilisation

Jadis cette forme de domination se cachait, selon les mots de Jules Ferry —sous les auspices duquel François Hollande consacra son mandat [2]—, derrière « le devoir d’apporter la civilisation ». Aujourd’hui, elle vise à protéger les peuples dont les élus sont qualifiés de « dictateurs ».

La France n’est pas la seule ancienne puissance coloniale a réagir ainsi. La Turquie n’a pas tardé à suivre.

L’empire ottoman

Trois mois après la tentative d’assassinat et le coup d’État avorté de juillet 2016, le président Recep Tayyip Erdoğan prononçait le discours inaugural de l’université qui porte son nom (RTEÜ). Il dressait alors un aperçu des ambitions de la République turque depuis sa création et de celles de son nouveau régime [3]. Faisant explicitement référence au « Serment national » (Misak-ı Millî) [4], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920, il justifiait son irrédentisme.

Ce serment, qui fonde le passage de l’Empire ottoman à la République turque, revendique les territoire du Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse) [5], de tout Chypre, du Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et du Nord de l’Iraq (y compris Mossoul).

Actuellement l’empire en re-formation occupe déjà le Nord de Chypre (la pseudo « République turque de Chypre du Nord »), le Nord-Ouest de la Syrie et une petite partie de l’Iraq. Pour toutes ces zones, où la langue et la monnaie turques s’appliquent, un préfet (« wali ») a été nommé dont le bureau se trouve au Palais blanc d’Ankara.

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L’empire ottoman se fonde sur l’ignorance de ses sujets. Il a fermé les écoles du monde arabe.

L’empire britannique

Le Royaume-Uni, quant à lui, hésite depuis deux ans sur son avenir après le Bréxit.

Peu après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre Theresa May s’était rendue aux États-Unis. S’adressant aux responsables du Parti républicain, elle avait proposé de rétablir le leadership anglo-saxon sur le reste du monde [6]. Mais le président Trump avait été élu pour liquider les rêves impériaux, pas pour les partager.

Déçue, Theresa May voyagea en Chine pour proposer au président Xi Jinping de contrôler avec lui les échanges internationaux. La City, disait-elle, est prête à assurer la convertibilité des monnaies occidentales en Yuan [7]. Mais le président Xi n’avait pas été élu pour faire affaire avec l’héritière de la puissance qui démantela son pays et lui imposa la guerre de l’opium.

Theresa May tenta une troisième formule avec le Commonwealth [8]. Certaines des anciennes colonies de la Couronne, comme l’Inde, connaissent aujourd’hui une forte croissance et pourraient devenir de précieux partenaires commerciaux. Symboliquement le dauphin de la Couronne, le prince Charles, fut porté à la présidence de cette association. Madame May annonça que l’on allait enfin se diriger vers un Royaume-Uni global (Global Britain)

Dans un entretien au Sunday Telegraph du 30 décembre 2018, le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a dressé son analyse de la situation. Depuis le fiasco du Canal de Suez, en 1956, le Royaume-Uni mène une politique de décolonisation et retire ses troupes du reste du monde. Il ne conserve aujourd’hui de bases militaires permanentes qu’à Gibraltar, à Chypre, à Diego Garcia et aux Malouines (« Falklands » selon leur dénomination impériale). Depuis 63 ans, Londres se tourne vers l’Union européenne, que Winston Churchill a imaginé, mais à laquelle il ne pensait pas initialement que l’Angleterre adhérerait. Le Brexit « déchire cette politique ». Désormais, « le Royaume-Uni est de retour en tant que puissance globale ».

D’ores et déjà Londres envisage d’ouvrir deux bases militaires permanentes. La première devrait être en Asie (à Singapour ou à Brunei), la seconde en Amérique latine. Probablement au Guyana de manière à participer à la nouvelle étape de la stratégie Rumsfeld-Cebrowski de destruction des régions du monde non-connectées à la globalisation. Après les « Grands lacs africains », le « Moyen-Orient élargi », le « Bassin des Caraïbes ». La guerre commencerait avec une invasion du Venezuela par la Colombie (pro-US), le Brésil (pro-Israélien) et le Guyana (pro-Britannique).

Ne s’embarrassant pas du discours lénifiant des Français, les Anglais édifièrent un empire avec le concours de multinationales au service desquelles ils placèrent leur armée. Ils divisèrent le monde en deux, résumé par ce titre : le souverain était roi d’Angleterre (donc soumis ici à la tradition politique) et empereur des Indes (c’est-à-dire succédant à la Compagnie privée des Indes et pur autocrate là-bas).

La décolonisation était un corolaire de la Guerre froide. Elle a été imposée aux États d’Europe occidentale par le duopole des USA et de l’URSS. Elle s’est maintenue durant le monde unipolaire, mais ne rencontre plus d’obstacle depuis le retrait états-unien du « Moyen-Orient élargi ».

Il est difficile d’anticiper quelle forme la colonisation future prendra. Jadis, elle était rendue possible par d’importantes différences de niveau d’éducation. Mais aujourd’hui ?

Documents joints

[1] La différence des deux furent le principal sujet de débats durant la Révolution française. Leur incompatibilité fut notamment le thème du livre éponyme de Thomas Paine, le plus vendu durant la Révolution.

[2] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[3] « La stratégie militaire de la nouvelle Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 octobre 2017.

[4] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[5] « La Turquie annonce préparer l’invasion de la Grèce », Réseau Voltaire, 20 février 2018.

[6] “Theresa May addresses US Republican leaders”, by Theresa May, Voltaire Network, 27 January 2017.

[7] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

[8] « La nouvelle politique étrangère britannique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juillet 2016.

https://www.voltairenet.org/article204637.html

Pendant ce temps, autour des Kouriles… (Pacifico I)

Chroniques du Grand jeu

La géopolitique autrement, pour mieux la comprendre…

Pendant ce temps, autour des Kouriles… (Pacifico I)

Publié le 14 Janvier 2019 par Observatus geopoliticus in Extrême-Orient, Chine, Etats-Unis, Russie

Lorsque Magellan le découvrit et le nomma « Pacifique » en raison du temps calme qu’il y rencontra durant sa traversée, il ne pouvait imaginer que le digne océan deviendrait une composante du Grand jeu un demi-millénaire plus tard…

Plusieurs nouvelles très intéressantes nous en parviennent ces derniers temps. Aussi engageons-nous une série en plusieurs épisodes sur les grandes manœuvres géopolitiques et stratégiques qui s’y déroulent. Mais auparavant, un petit rappel est nécessaire :

Une carte vaut parfois tous les discours. Nous sommes évidemment en plein Grand jeu, qui voit la tentative de containment du Heartland eurasien par la puissance maritime américaine. Les disputes territoriales dans les différentes mers de Chine ne concernent pas une quelconque volonté de mettre la main sur d’éventuelles ressources énergétiques ou routes stratégiques, ou alors seulement en deuxième instance. Il s’agit avant tout pour le Heartland, la Chine en l’occurrence, de briser l’encerclement US et de s’ouvrir des routes vers le Rimland et vers l’océan, exactement comme la Russie le fait sur la partie ouest de l’échiquier avec ses pipelines et ses alliances de revers.

La présence américaine en Extrême-Orient est l’héritage de l’immédiat après-guerre (tiens, tiens, justement la période des père fondateurs de la pensée stratégique états-unienne, MacKinder et Spykman). Japon (1945), Taïwan (1949), Corée (1950) : la boucle était bouclée et l’Eurasie cernée à l’est, comme elle l’était à l’ouest par l’OTAN, au Moyen-Orient par le CENTO et en Asie du sud et sud-est par l’OTASE. La guerre froide entre les deux Corées ou entre Pékin et Taïwan sont évidemment du pain béni pour Washington, prétexte au maintien des bases américaines dans la région.

Le double plan de la puissance maritime – diviser le continent-monde à l’intérieur, l’encercler à l’extérieur – a atteint son acmé avec la rupture sino-soviétique de 1960. Un demi-siècle plus tard, que d’eau a coulé sous les ponts… L’Eurasie n’a jamais été aussi unie (symbiose russo-chinoise, Organisation de Coopération de Shanghai), rendant caduque la première partie du plan. Quant au deuxième axiome, il fuit de partout.

Washington ayant à peu près abandonné ses folles prétentions d’infiltration du Heartland, tout ce qui reste aux stratèges US est le second paradigme : maintenir coûte que coûte l’encerclement de l’Eurasie. C’est sur cette ceinture de plusieurs milliers de kilomètres que les frictions ont lieu, se doublant d’ailleurs parfois de considérations historiques qui n’ont rien à voir avec les menées impériales.

Le meilleur exemple est le point chaud le plus septentrional : les îles Kouriles. La dispute territoriale entre la Russie et le Japon pour ce petit archipel est tout sauf nouvelle.

Reconnues comme soviétiques au traité de San Francisco de 1951, les îles, plus exactement les quatre plus méridionales, sont néanmoins revendiquées par le Japon qui les appellent « Territoires du nord ». Cette dispute empoisonne quelque peu les relations russo-japonaises depuis lors et ont empêché les deux pays de signer un traité de paix trois-quart de siècle après la fin de la guerre.

La question est revenue sur le devant de la scène depuis quelques temps. Poutine, très populaire au Japon où « son » calendrier (!) est plus vendu que celui des stars nippones de la chanson, a semblé ouvert à la rétrocession. Notamment lorsque, au Forum économique de Vladivostok en septembre, il s’est subitement tourné vers le Premier ministre japonais, Abe, et lui a déclaré devant les caméras qu’il était prêt à signer un traité de paix sans préconditions.

Emballement passager dans l’euphorie du moment ? Connaissant le sang-froid et l’intelligence du bonhomme, on serait tenté de répondre non. Mais certaines réactions poutinesques à chaud ont surpris cette année, comme l’invraisemblable high five goguenard au boucher de Riyad lors du sommet du G20 en novembre, qui en a mis plus d’un mal à l’aise… Notons en passant que ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le maître du Kremlin semble en porte-à-faux avec le reste de la direction russe dernièrement (voir la dissonance avec le Ministère russe de la Défense sur le rôle d’Israël en Syrie, par exemple) mais ceci est un autre sujet.

Toujours est-il que Moscou a vite tempéré les espoirs japonais en précisant que si les îles les plus méridionales pouvaient être rétrocédées à Tokyo, cela n’impliquait pas un transfert de souveraineté. En fait de précision, ces déclarations ajoutaient à la confusion.

Le Ministère russe des Affaires étrangères, lui, n’a jamais varié de position et a souvent montré son irritation devant la méthode Coué japonaise qui surinterprétait les déclarations venant de Moscou. Pour Lavrov, la question de la souveraineté russe sur les îles Kouriles n’est pas négociable, point à la ligne. Et quand des responsables nippons ont lancé l’idée que les Etats-Unis pourraient être impliqués dans les négociations, la réponse, sèche, ne s’est pas fait attendre : « Nous avons adressé aujourd’hui un avertissement très sérieux à ce sujet. Dans quelle mesure le Japon peut être indépendant sur de telles questions, lui qui a une telle dépendance à l’égard des Etats-Unis ? » Aux dernières nouvelles, Abe en a avalé son sushi de travers…

Car en filigrane, l’empire US, suzerain de Tokyo depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, n’est évidemment jamais loin. Selon le Traité de coopération mutuelle et de sécurité, signé en 1960, les militaires américains auraient théoriquement le droit de se déployer sur les îles Kouriles si celles-ci étaient rendues au Japon. Et ça, pour Moscou, il n’en est évidemment pas question.

Nous retrouvons ici notre Grand jeu et la tentative de containment de l’Eurasie par les Etats-Unis. Leurs bases en Extrême-Orient (Japon, Corée du Sud, VIIème flotte autour de Taïwan) enserrent déjà le dragon chinois. Que les Américains s’établissent dans les Kouriles et c’est la base navale de Vladivostok, l’un des joyaux de la flotte russe, qui se retrouve dans la nasse ! A Moscou, le calcul est vite fait. Avec des Kouriles russes, l’ours peut aller barboter comme il l’entend dans le Pacifique et il n’est pas concevable qu’il lâche cet avantage stratégique majeur. Même au prix de quelques calendriers invendus…

 

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

La Première ministre britannique Theresa May devant les députés, le 14 janvier 2019 à Londres (capture d’écran/ AFP Photo/PRU) © PRU/AFP HO

International

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

le 15 janvier 2019

Le sort du Brexit est suspendu au vote mardi des députés britanniques, qui se prononceront dans la soirée sur l’accord de divorce conclu avec Bruxelles, une défaite « historique » étant annoncée pour la Première ministre Theresa May.

Celle-ci a déployé tous ses efforts pour tenter de convaincre les députés, les prévenant qu’en cas de rejet du texte, le pays entrera « en territoire inconnu », et pourrait sortir sans accord ou même rester dans l’UE.

Mardi, les tabloïds pro-Brexit suppliaient les députés de soutenir l’accord. « Mettez vos préjugés de côté et donnez la priorité à votre pays », implorait Daily Mail.

Si les députés se prononcent en faveur du texte, le Brexit sera effectif le 29 mars à 23H00 GMT, et Londres et Bruxelles commenceront à discuter de leur future relation commerciale après une période de transition prévue pour durer jusque fin 2020 et censée adoucir la rupture après 40 ans de mariage.

Mais la presse britannique prédisait une déroute massive pour la Première ministre. « May se prépare à une défaite historique » pour le Times, elle n’ a « plus d’alliés et plus de temps », constate le Telegraph. « Nous regrettons de devoir nous opposer à une Première ministre Tory », écrit le Telegraph, quotidien de droite. « Mais ce serait une erreur historique que les députés approuvent cet accord épouvantable. »

Le Daily Mirror, classé à gauche, conseille à la cheffe du gouvernement de « commencer à chercher un Plan B », alors qu’elle s’apprête à connaître « une des plus écrasantes défaites au Parlement ».

Le vote, prévu à partir de 19H00 GMT, intervient après une période de turbulences dans la classe politique britannique. Celle-ci a été incapable de se mettre d’accord sur quel Brexit mettre en oeuvre, entre partisans d’une rupture nette et ceux qui souhaitent au contraire le maintien de liens étroits.

– « Rien n’a changé » –

Initialement prévu en décembre, le vote avait été reporté à la dernière minute par Mme May pour éviter une défaite annoncée et se laisser le temps d’obtenir des « assurances » supplémentaires de la part des dirigeants européens.

Ceux-ci ont affirmé que l’UE « ne souhaite pas » que la disposition controversée du « filet de sécurité » (ou « backstop » en anglais) entre en vigueur, dans une lettre publiée lundi.

Cette option de dernier recours prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, si aucune solution alternative n’était trouvée à l’issue de la période de transition. Elle est particulièrement décriée par les « Brexiters », qui y voient une forme d’amarrage indéfini à l’UE.

Mais les garanties européennes n’ont pas convaincu le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable à Theresa May pour disposer d’une majorité absolue au Parlement. Pour ce parti, le projet d’accord menace l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

« Nous ne laisserons pas des bureaucrates à Bruxelles nous séparer du reste du Royaume-Uni », a dit Sammy Wilson, chargé du Brexit au sein du DUP, à BBC Newsnight.

Pour le Labour comme pour les libéraux-démocrates et les nationalistes écossais du SNP, « rien n’a changé ».

Une partie du Parti conservateur reste aussi fortement opposée à l’accord négocié par leur cheffe.

La cheffe des conservateurs a prévenu son camp des risques de perdre le pouvoir au profit au Labour, qui compte déposer une motion de censure pour déclencher des élections législatives anticipées en cas d’échec du texte au Parlement.

– « Extension possible » –

Theresa May devrait s’exprimer après le vote.

Ce sera « difficile pour elle de continuer » à son poste, si elle perd par plus de cent voix, a dit une source ministérielle au Telegraph.

Mais pour la ministre des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, la cheffe du gouvernement n’a pas l’intention de jeter l’éponge. Elle « restera déterminée à mettre en oeuvre cet accord », a dit Mme Leadsom à BBC Newsnight.

Face à l’hostilité des députés, la dirigeante britannique n’a pas pu écarter totalement l’hypothèse d’un report de la date du Brexit.

Cette éventualité, de plus en plus évoquée par des députés britanniques, bénéficierait de soutiens côté européen.

À Strasbourg, plus de 100 députés européens se sont engagés lundi à soutenir un report de la date si le Royaume-Uni le réclame, si cela peut éviter un divorce sans accord, dans un courrier destiné aux Britanniques.

LNT avec Afp

https://lnt.ma/sort-brexit-suspendu-vote-parlement-britannique/

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Revue de presse nationale et internationale.

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