La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16


La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Date de publication: 21 août 2019 12:37Heure demodification: 21 août 2019 16:00Obtenir une URL courte

La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Un officier de l’armée de l’air passe à côté d’un avion de combat F-16 avant le décollage lors d’une démonstration militaire à la base aérienne de Chia-yi à Taiwan. Fichier photo © Reuters / Nicky Loh

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Beijing a demandé à Washington d’annuler la vente d’avions de combat américains F-16 à Taïwan, promettant des sanctions contre les entreprises américaines ayant pris part à la transaction afin de « protéger les intérêts de la Chine ».

« Nous demandons aux États-Unis d’adhérer à des accords communs et d’annuler immédiatement le plan d’approvisionnement. Sinon, Washington devra en assumer toutes les conséquences » , a déclaré mercredi le général Shuang, représentant officiel du ministère chinois des Affaires étrangères. Il a souligné que la question de Taiwan concernait des problèmes purement internes à la Chine, et que Beijing défendrait fermement ses intérêts en la matière, même s’il s’agissait de sanctions.TOUJOURS SUR RT.COM, le département d’Etat américain approuve la vente de 8 millions de F-16 à Taiwan, malgré l’avertissement de Pékin sur les « conséquences »

« La Chine prendra toutes les mesures possibles pour protéger ses propres intérêts, y compris des sanctions contre les entreprises américaines qui participeront à ces transferts d’armes à Taipei  » , a- t-il résumé.

Le département d’Etat américain a approuvé mardi la vente à Taïwan de 66 avions de combat F-16 construits par Lockheed Martin. Washington a admis ouvertement que la vente de 8 milliards de dollars (7,2 milliards d’euros) servait les intérêts économiques et de sécurité nationale des États-Unis dans la région.

AUSSI SUR RT.COMEntre la vente de F-16 à Taiwan, Hong Kong et les tarifs, la Chine n’a aucune raison de faire confiance aux États-Unis.

La Chine, qui revendique Taiwan comme une partie de son territoire, s’est fermement opposée à la décision de son approbation. Les relations entre Beijing et Taipei sont tendues depuis 2016, année de l’arrivée au pouvoir du président taïwanais Tsai Ing-wen et de son parti progressiste démocrate indépendantiste. Beijing estime qu’Ing-wen envisage de garantir l’indépendance officielle de l’île avec l’aide des États-Unis.

Le dernier accord sur les armes n’est pas la première tentative américaine d’armer Taiwan. Le mois dernier, le département d’État américain a approuvé à Taipei un paquet d’armes d’une valeur de 2,2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) comprenant des chars M1A2T Abrams ainsi que des missiles sol-air.

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La colonisation française de Madagascar

La colonisation française de Madagascar

Jean ROQUAIN 1 décembre 2015 Le monde avant 1914Tiers-Monde et émergentsUn peu d’histoire Leave a comment

Madagascar est une île de l’océan Indien de 587 000 Km² (France métropolitaine=551 500 Km²). L’île a d’abord été peuplée par des populations austronésiennes avant de connaitre une très forte immigration entre le Xe et le XVe siècle. Des populations venues d’Afrique de l’Est, d’Indonésie, d’Oman, d’Europe se sont alors mêlées aux deux grandes ethnies Vazimba (vivant à l’intérieur du pays) et Vezo (vivant sur les côtes) en s’intégrant à leur culture.

Madagascar, un territoire plus grand que la France pour une population de 3 millions d'habitants au début du XXe siècle
Madagascar, un territoire plus grand que la France pour une population de 3 millions d’habitants au début du XXe siècle

Au début du XVIe siècle les premiers explorateurs européens découvrent l’île. En 1642, les Français, par l’intermédiaire de la Compagnie de l’Orient, établissent une colonie à Fort-Dauphin dans le sud-ouest de l’île. En 1670 un nouveau gouverneur de l’île, l’amiral Jacob Blanquet de La Haye, est nommé, et par sa dureté envers les populations autochtones va entraîner des soulèvements qui mèneront au massacre des colons français. Après cette entrée en matière catastrophique, l’île sera laissée à son propre sort pendant près d’un siècle. D’un point de vue malgache, les immigrations orientales et africaines vont profondément modifier la géopolitique interne de l’île et de grands royaumes vont se créer, notamment le Royaume réunifié de l’Imerina par Andrianampoinimerina qui règnera de 1787 à 1810 et ne sera rencontré que par un seul Européen pendant cette période. Son fils Radama Ier sera surnommé Le Conquérant par la postérité.

En 1817 Sir Farqahr, gouverneur anglais de l’île Maurice reconnait la légitimité de Radama Ier comme Roi de Madagascar. Radama Ier s’engage alors dans une conquête de l’île sans précédent avec l’aide de la Grande-Bretagne. Il transcrit également le malgache en alphabet latin et apprend à lire à plusieurs milliers de ses sujets. Sous son règne presque toute l’île sera unifiée sous la tutelle des Merina qui va connaître une période faste. Son petit-fils, réputé libéral prend le pouvoir à la mort de sa mère en 1861 et prend le nom de Radama II. Il ouvre le pays et rappelle tous les exilés, proclame la liberté de culte et conforte les intérêts français sur l’île. Napoléon III reconnaitra alors Radama II comme : Roi de Madagascar sous réserve des droits de la France. Titre peu représentatif de la réalité puisque le royaume de Radama II ne s’étend pas à l’époque sur toute la surface de l’île. Mais Radama II est assassiné en 1863 et Rainilaiarivony devient premier ministre et chef d’Etat officieux épousant les trois reines qui gouverneront jusqu’à 1897. Il meurt en 1896.

Le début de la période coloniale

En 1883, Jules Ferry, grand partisan de la colonisation, réclame le nord du pays et occupe les ports. Cependant les efforts coloniaux de la France sont concentrés dans le Tonkin et une résistance efficace du Royaume de Madagascar les oblige à rebrousser chemin. En 1885, deux ans après cette intervention ratée, un traité de paix est signé qui accorde aux Français une concession de 99 ans dans le nord du pays. Le reste du pays est officiellement indépendant. En 1890, l’Angleterre reconnaitra le protectorat français malgré un intense campagne d’opposition du premier ministre malgache.

En septembre 1895, une expédition française arrive à Tananarive. Le général Duchesne fait signer un traité de protectorat à la reine mais des soulèvements dans le pays font prendre à la France la décision d’annexer le pays (Août 1896). En février 1897, la monarchie est définitivement abolie et la reine est exilée. Le général Gallieni, héros militaire français, pacifiera alors l’île faisant ainsi plusieurs dizaines de milliers de morts, étendra la domination française aux zones qui échappaient au contrôle de la monarchie et réorganisera toute l’administration de l’île. Si l’esclavage avait été aboli en 1896, Gallieni fera usage du travail forcé qui dans les faits n’était pas très différent de l’esclavage. Les corvées auxquelles sont soumis les malgaches tuent en moyenne 20% des travailleurs et même les colons iront se plaindre à Gallieni du traitement qui est fait aux malgaches dans un pays qui compte à peine 3 millions d’habitants. Il fera aussi construire des routes, ports, télégraphes, écoles laïques et tous les malgaches deviendront « sujets Français » donc sans aucun droit politique. Il mettra également fin à la domination des merina sur les autres ethnies.

Une colonisation “civilisatrice” au dépens des populations

Si l’œuvre du Général Gallieni a souvent été considérée comme exemplaire dans la mission « civilisatrice » de la France, il faut également voir les milliers de malgaches tués dans la « pacification » de l’île et les milliers d’ouvriers sacrifiés pour la construction de routes. S’il a en effet fait construire de nombreuses écoles, il a lui-même écrit dans ses mémoires que le but était de fournir une main d’œuvre technique qualifiée aux colons français. En 1947, des révoltes contre l’autorité française appelleront à la répression violente des troubles ; les estimations françaises de l’époque sont de 89 000 morts. Le pays accèdera à l’indépendance politique en 1960.Share

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CACHEMIRE : LA GUERRE, C’EST LA CONTINUATION DE LA POLITIQUE PAR D’AUTRES MOYENS… par Richard Labévière

CACHEMIRE : LA GUERRE, C’EST LA CONTINUATION 
DE LA POLITIQUE PAR D’AUTRES MOYENS…
par Richard Labévière

lundi 12 août 2019, par Comité Valmy

CACHEMIRE : LA GUERRE, C’EST LA CONTINUATION 
DE LA POLITIQUE PAR D’AUTRES MOYENS…

C’est sans doute la bombe géopolitique de l’été… Et la question qui vient aussitôt à l’esprit, c’est pourquoi maintenant ? alors qu’aucune menace terroriste imminente ou autre (quoi qu’en dise New Delhi) ne vise particulièrement l’Inde et ses intérêts. Un ambassadeur européen en poste en Asie le dit plus clairement : « En dépit de tout complotisme, c’est bien les Etats-Unis qui ont décidé d’allumer tous les feux possibles contre la Chine qui ose leur résister commercialement. Le Cachemire est l’un d’eux ! ».

Dans sa logique d’agent immobilier, Donald Trump a pris la responsabilité de réveiller la question du Cachemire pour deux raisons principales : faire rendre gorge à Pékin dans la phase actuelle du bras de fer économico-monétaire et « surtout, endiguer, sinon casser l’irrésistible avancée des Routes de la soie et du Collier de perles… », ajoute notre ambassadeur.

Que s’est-il passé ? Annoncée le 5 août dernier par décret présidentiel, la révocation de l’article 370 de la constitution indienne met fin au « statut d’autonomie relative » qui prévalait au Jammu-et-Cachemire depuis sept décennies. Les habitants perdent leur droit exclusif à posséder des terres dans la vallée himalayenne. De plus, selon une loi ratifiée cette semaine par le parlement indien, l’Etat fédéré est scindé en deux « territoires de l’Union », placés sous administration directe de New Delhi.

Selon le Premier ministre Narendra Damodardas Modi, ces mesures vont « donner une chance historique au changement… ». L’abrogation de l’article 370 devrait permettre à New Delhi, estime-t-il, d’assainir les comptes du Cachemire, de débloquer des projets d’infrastructures et d’encourager la croissance régionale. Le premier ministre affirme miser sur les investissements des entreprises et la création d’emplois pour dynamiser la région et susciter au sein de la population « de nouveaux espoirs et de nouvelles aspirations ».

L’opposition dénonce un « projet nationaliste » qui vise « une assimilation forcée du Cachemire au reste de l’Inde, et qui ne pouvait se faire qu’avec l’abolition de l’article 370 ».

CACHEMIRE, CONFLIT OUBLIE

Le Cachemire est une région montagneuse du sous-continent indien. Depuis la partition des Indes et la disparition de l’État princier du Jammu-et-Cachemire, le Cachemire désigne l’ensemble d’un territoire contesté. Avec le déclenchement de la première guerre indo-pakistanaise en 1947, le Cachemire est de facto partagé entre l’Inde, le Pakistan et la Chine : Trois autorités distinctes qui administrent l’État du Jammu-et-Cachemire pour l’Inde, les territoires de l’Azad Cachemire et du Gilgit-Baltistan pour le Pakistan, ainsi que la région de l’Aksai Chin et la vallée de Shaksgam pour la Chine. L’Inde continue de réclamer l’intégralité du Cachemire historique, à savoir l’Aksai Chin, la vallée de Shaksgam, le Gilgit-Baltistan et l’Azad Cachemire en plus des territoires qu’elle contrôle déjà.

Puissance nucléaire comme l’Inde, le Pakistan revendique la partie du Jammu-et-Cachemire contrôlé par l’Inde. La Chine contrôle les territoires qui lui ont été cédés par le Pakistan, à savoir l’Aksai Chin et la vallée de Shaksgam. Des mouvements séparatistes continuent par ailleurs à revendiquer le rétablissement de l’indépendance du Cachemire. Depuis 1989 y sévit une insurrection séparatiste dans la partie indienne qui a causé la mort de plus de 70 000 personnes.

Aujourd’hui, les 8 millions d’habitants de la vallée indienne du Cachemire sont coupés du monde. Depuis dimanche dernier, tous les moyens de communication sont bloqués et le couvre-feu a été instauré. Avec quelques 40 000 soldats supplémentaires envoyés pour prévenir toute espèce de contestation, la vallée est l’une des zones les plus militarisées du monde.

Cette brusque décision indienne relance la tension, sinon la guerre avec le Pakistan et indispose fortement la Chine qui s’appuie dans sa visée hégémonique sur Islamabad, son allié principal.

Comme dans le cas de la guerre asymétrique du golfe Persique, menée contre l’Iran, cette nouvelle crise complexe doit être replacée dans un ensemble de cinq problématiques complémentaires : 1) un bras de fer commercial et monétaire qui est aussi maritime ; 2) le conflit ouvert avec l’Iran ; 3) les difficiles et humiliantes négociations pour la paix en Afghanistan ; 4) une nouvelle crise des missiles ; 5) et enfin, l’endiguement des Routes de la soie et du Collier de perles. Voyons cela…

1) GUERRE DES MONNAIES ET DES BATEAUX

Le bras de fer commercial qui oppose Washington et Pékin depuis plusieurs mois prend chaque jour une tournure plus préoccupante. Désormais, il s’est déplacé sur le terrain monétaire depuis la dévaluation surprise du yuan, lundi dernier par Pékin en représailles à la décision de Donald Trump de taxer davantage les produits chinois. Le Trésor américain – qui ne s’embarrasse pas du respect des souverainetés nationales – a aussitôt accusé la Chine de « manipuler » le yuan… Mardi passé, la décision de Pékin de suspendre ses achats de produits agricoles américains a encore aggravé la crise. Celle-ci pourrait contaminer d’autres dossiers, tant les deux économies sont imbriquées depuis l’accession de la Chine à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en 2001. A l’époque, les Etats-Unis n’avaient pas prévu que la Chine utiliserait tous les avantages du libre-échange, sans en accorder aucun à ses partenaires commerciaux occidentaux qui cherchaient pourtant à s’implanter chez elle.

A quelques mois des présidentielles américaines, Donald Trump paraît résolu à placer cette guerre commerciale au cœur de la campagne pour sa réélection. « Donald Trump applique à la Chine et à son ‘ami’ Xi Jinping deux lois », explique l’historien François Godement, « celle de l’imprévisibilité, parce que la diplomatie chinoise a tout fait pour enserrer ses partenaires dans un système de relations intangibles où elle faisait très peu de concessions ; or l’incertitude gêne les dirigeants chinois et pénalise les investissements en Chine. Et celle d’une concurrence frontale qui lui est suggérée par un entourage stratégique, certains diront de Faucons »1.

Hormis une concurrence acharnée entre Pékin et Washington pour le contrôle des hydrocarbures et des terres rares, entre autres indispensables à l’industrie de pointe électronique, le dossier Huawei oppose les deux pays dans le secteur de la téléphonie 5-G où tous les coups semblent permis. Mais c’est sur les questions stratégiques que les choses s’enveniment. Et c’est là que le dossier du Cachemire prend toute son importance.

Le plus vieux contentieux concerne Taïwan. Revendiquée par Pékin depuis 70 ans, Taïwan demeure l’un des points potentiellement les plus critiques de la planète. Xi Jinping a réaffirmé en janvier dernier qu’il utiliserait s’il le faut la force militaire pour prendre l’île peuplée de 23 millions d’habitants. Chaque année, le Congrès américain publie son rapport sur les violations des droits de l’homme en Chine, Pékin répliquant par la production de son propre rapport sur les Etats-Unis.

2) PEKIN ET ISLAMABAD APPUIENT L’IRAN

Enfin, aux guerres du commerce et des monnaies s’en ajoute une autre tout aussi vitale : celle des bateaux de guerre. En peu de temps, la Chine s’est dotée d’une marine militaire considérable, du moins en tonnage. En quatre ans, elle a mis à l’eau l’équivalent de la Marine nationale française, s’imposant comme le grand rival stratégique des Etats-Unis en Asie-Pacifique. En dépit de l’ONU et du droit maritime international, Pékin prétend s’affirmer comme souverain sur la totalité de la mer de Chine méridionale, s’opposant régulièrement à la liberté de navigation des autres marines hauturières. Depuis l’ouverture de sa première base militaire à l’étranger en juin 2017 – à Djibouti -, Pékin prétend s’imposer comme l’une des marines dominantes dans l’océan Indien où se font face aussi celles de deux autres puissances nucléaires : le Pakistan et l’Inde.

Un autre théâtre d’affrontement central entre les Etats-Unis et la Chine concerne l’Iran. Depuis le 2 mai, Washington interdit unilatéralement les exportations de brut iranien. Ce nouvel embargo américain fait suite à une autre décision tout aussi illégale selon le droit international : la dénonciation par Donald Trump de l’accord sur le nucléaire iranien, signé le 14 juillet 2015 à Vienne après plus de quinze ans d’âpres négociations entre Téhéran et le « format 5 plus un », les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne. Dénoncée en Asie, comme en Europe, ce diktat, qui généralise l’extra-territorialité du droit américain, expose les contrevenants à de lourdes sanctions financières et commerciales américaines.

Pas question pour Xi Jinping de se plier à ce diktat américain, qui handicape les économies de plusieurs pays asiatiques clients de Pékin, au premier rang desquels le Pakistan. Mais plutôt qu’une résistance frontale, Pékin et Téhéran paraissent avoir opté pour un contournement indirect dans lequel Islamabad joue – justement – un grand rôle. En effet, les ports pakistanais constituent autant de points d’accostages relais pour les pétroliers qui violent l’embargo américain.

Sujet d’agacement permanent pour Washington, ce « laxisme maritime » a encouragé le Pentagone à aider New Delhi afin de mettre en chantier quatre porte-avions qui doivent être déployés dans l’océan Indien et tout particulièrement au large des côtes et des ports pakistanais. « Dans cette logique, le brusque réveil de l’affaire du Cachemire est très ouvertement une façon d’affaiblir le Pakistan », explique un attaché militaire européen dans l’océan Indien, « et c’est aussi un argument supplémentaire pour justifier des transferts de technologie militaires américains et israéliens en faveur de l’Inde. Partiellement contestés par le Congrès, ces transferts sont désormais présentés comme une ‘nécessité’ dans la perspective d’un durcissement, sinon d’une nouvelle confrontation à venir avec le Pakistan ».

3) LA PAIX EN AFGHANISTAN PASSE PAR ISLAMABAD

Au contentieux iranien viennent s’ajouter la gestion d’autres crises mettant en concurrence Washington et Pékin : la Corée du Nord où rien n’est résolu en dépit de la diplomatie médiatique de Donald Trump et Hong Kong où la CIA vient de se faire prendre les mains dans le pot de confiture… Selon le New York Times du 8 août dernier2, une agente de la centrale d’espionnage – « spécialisée en subversion » – s’est fait prendre en photo dans le lobby d’un grand hôtel de Hong Kong alors qu’elle participait à une réunion rassemblant les principaux responsables du mouvement de contestation anti-Pékin. A l’évidence, Washington renoue à Hong Kong (comme elle le fait depuis des années au Tibet et chez les Ouïghours du Xinjiang) avec ses coups tordus des « révolutions de couleur », fomentées en leur temps en Géorgie, en Ukraine et au Liban notamment. « Par extension », ajoute un attaché militaire européen en Asie, « on ne voit pas pourquoi les Américains n’emploieraient pas aussi leurs vieilles méthodes des révolutions de couleur au Cachemire justement… dont la situation conditionne aussi les difficiles pourparlers de paix en Afghanistan ».

Engagées en septembre 2018 à Doha entre le principal mouvement insurgé en Afghanistan et les Etats-Unis (sans le gouvernement afghan), les dernières négociations ont enregistré d’indéniables progrès. Fiasco américain absolu, l’Afghanistan représente pour Washington une sorte de deuxième Vietnam. Les Etats-Unis y ont engouffré des milliards de dollars et perdu de nombreux soldats. Quel échec ! Indescriptible échec de voir ainsi les Taliban – qui interdisent l’école aux petites filles notamment – revenir au pouvoir avec l’aval de l’administration Trump. Raison électorale oblige, celle-ci veut absolument voir les soldats américains « en uniforme » quitter le pays d’ici la fin 2020. Mais comme toujours, le diable se niche toujours dans des détails. En effet, subsiste un désaccord important dans lequel le Pakistan – encore lui – conserve un rôle prépondérant : en Afghanistan, Washington veut conserver un certain nombre de conseillers militaires affecté à l’entretien d’une « force afghane anti-terroriste ».

Poussé par Islamabad, le porte-parole de la délégation taliban à Doha, Suhail Shaheen l’a répété jeudi dernier à la BBC : « nous avons fourni toutes les garanties que personne ne pourrait utiliser notre territoire pour s’en prendre aux intérêts américains, ses alliés ou toute autre nation ». De telles déclarations ne suffisent toutefois pas à rassurer les experts du Pentagone qui savent mieux que quiconque comment et pourquoi les services spéciaux pakistanais (ISI/services extérieurs de l’armée pakistanise et IRIB/services intérieurs) n’ont cessé, ces dernières années, de soutenir les mouvements et attentats jihadistes3, notamment au… Cachemire !

4) LES MISSILES DE LA DISCORDE

La diplomatie chinoise a vertement critiqué, sans jamais le nommer, le nouveau chef du Pentagone – Mark Esper – qui s’est prononcé, samedi dernier pour le déploiement « le plus tôt possible » de nouveaux missiles américains en Asie. « La Chine ne restera pas les bras croisés et sera dans l’obligation de prendre des mesures de rétorsion » a, aussitôt averti le Directeur général du département du contrôle des armements du ministère des Affaires étrangères Fu Cong. Sans préciser quelles mesures Pékin pourrait adopter, il a répété que « toutes les options sont sur la table pour faire face à ce qui ressemble à la crise des missiles de Cuba pendant la Guerre froide ». Ambiance !

Le haut responsable chinois a appelé les pays de la région, notamment l’Australie « à faire preuve de prudence et à ne pas permettre un déploiement de missiles américains sur leur sol, car cela n’entrerait pas dans l’intérêt de leur défense et sécurité nationales ». Plusieurs sources de prochetmoyen-orient.ch estiment que le Pentagone s’apprête à positionner ses nouveaux missiles sur l’île de Guam dans l’océan Pacifique. Fu Cong a clairement averti que cette décision équivaudrait à « installer des armes de destruction massive aux portes de la Chine. Un tel acte sera perçu comme un geste provocateur de la part des Etats-Unis, un acte très dangereux qui pourrait être lourd de conséquences ».

Cet avertissement intervient quatre jours après que les Etats-Unis se sont retirés du Traité de désarmement (FNI) conclu pendant la Guerre froide entre Washington et Moscou pour interdire les missiles de portée intermédiaire (de 500 à 5 500 kilomètres). Washington est désormais en mesure de concurrencer la Chine, qui dispose aussi de cet arsenal – ayant toujours refusé de s’associer à son interdiction. Fu Cong a aussi affirmé que Pékin ne participerait pas à des négociations trilatérales sur la réduction des armements avec la Russie et les Etats-Unis, comme l’exige Washington !

En arrière-plan, cette autre « guerre des missiles » concerne les arsenaux iranien et syrien, ce type de projectiles équipant les unités combattantes du Hezbollah libanais.

5) ENDIGUER LES ROUTES DE LA SOIE

En attisant la question du Cachemire, les Etats-Unis enfoncent un nouveau coin dans l’une des étapes maritimes des Routes de la soie. En 2013, Xi Jinping annonçait un projet d’ampleur : la reconstitution de l’historique Route de la Soie qui reliait – il y a deux millénaires – l’Europe et l’Asie par un réseau de routes commerciales. Sous le nom de « Nouvelles Routes de la Soie », ou projet « One Belt, One Road » (OBOR), la Chine vise aujourd’hui à reconnecter économiquement l’Asie à l’Europe par le développement d’infrastructures à travers près de 70 pays. Au-delà du discours bienveillant de Pékin, cette stratégie affirme une volonté expansionniste principalement définie par quatre objectifs. Premièrement, ces nouvelles routes permettent de désenclaver les régions continentales chinoises. Si la face maritime orientale est économiquement bien exploitée, la Chine de l’ouest se trouve encore enclavée. Deuxièmement, il s’agit de sécuriser la région instable du Xinjiang, confrontée aux revendications séparatistes des Ouïghours. Troisièmement, la Chine s’impose comme la puissance dominatrice du continent asiatique, en « endiguant » par l’économie ses principaux concurrents régionaux, notamment l’Inde et la Russie. Enfin, les routes vers l’Europe ne remplissent pas le simple rôle de voies de communication puisqu’elles permettent à Pékin d’investir des terres riches en ressources naturelles.

Dans ce contexte d’expansion du projet « One Belt, One Road », la Chine a conclu en 2013 un accord spécial avec le Pakistan pour le développement d’un partenariat au sein du « China-Pakistan Economic Corridor » (CPEC). Les investissements engagés atteindraient aujourd’hui environ les 65 milliards de dollars. Prenant sa source à Kashgar, dans le Xinjiang chinois, ce corridor traverse le Cachemire et descend jusqu’à la côte pakistanaise en passant par Islamabad.

Au sud, le projet débouche sur deux ports : Karachi à l’est mais surtout Gwadar à l’ouest. Le port de Gwadar constitue un emplacement éminemment stratégique pour la Chine et son allié pakistanais. Il est stratégique en tant que tel : situé en eaux profondes, Gwadar est en mesure d’accueillir des navires de grandes tailles. Mais il ouvre également la mer d’Arabie à la Chine. Pékin se donne ainsi l’accès aux côtes africaines et se positionne dans une zone où transite un cinquième des ressources pétrolières mondiales.

Parallèlement, l’accès au détroit d’Ormuz, au canal de Suez et in fine au pourtour méditerranéen en est aussi favorisé. La portée stratégique du port pakistanais est par conséquent considérable pour Pékin.

ET PENDANT CE TEMPS…

Oui pendant ce temps, Donald Trump annonce aussi le renforcement des sanctions visant à empêcher toute transaction avec le Venezuela et Cuba. De son côté, Tel-Aviv autorise la construction de plus de 2 300 logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. C’est devenu une loi de thermodynamique : Israël donne toujours un coup d’accélérateur à la colonisation en Palestine lors de chaque grande crise internationale, croyant que ses violations du droit passeront inaperçues…

A ce propos, il convient de citer un article publié fin février par Robert Fisk dans The Independent. Il suggérait que les tentatives d’Israël de vendre des armes à l’Inde visaient à recréer la situation des Rohingyas birmans au Cachemire, région majoritairement peuplée de musulmans et située à la frontière indo-pakistanaise.

Et l’auteur d’ajouter : « Depuis des mois, Israël prend parti pour le gouvernement nationaliste indien BJP dans une coalition tacite – et politiquement dangereuse – de « lutte anti-islamiste ». Il s’agit d’une alliance non officielle et non reconnue, tandis que l’Inde est devenue le plus grand marché de l’armement pour le commerce d’armes israéliennes. »

Ce n’était donc pas un hasard si la presse indienne vient de déclarer que les « bombes intelligentes » Rafael Spice-2000, de fabrication israélienne, étaient utilisées par les forces aériennes indiennes pour attaquer les « terroristes » de Jaish-e-Mohammed au Pakistan. L’Inde était le plus gros client d’armes d’Israël en 2017 et a dépensé 530 millions de livres sterling pour des batteries de défense antiaérienne, des systèmes radars et des munitions israéliennes, dont des missiles air-sol testés, pour la plupart, lors des frappes militaires israéliennes contre des populations palestiniennes et des cibles en Syrie.

En définitive, « la brusque décision indienne concernant le Cachemire consiste à créer un nouveau théâtre de guerre asymétrique à l’encontre de l’Empire du milieu et de ses alliés au premier rang desquels le Pakistan qui est une pièce majeure de la politique chinoise des Routes de la soie et du Collier de perles », conclut l’ambassadeur dont les propos ouvrent notre article.

Cette nouvelle péripétie régionale illustre le renversement que Michel Foucault fait subir à la formule de Clausewitz. Ce n’est pas la guerre qui est la continuation de la politique par d’autres moyens, mais bien la politique qui est la continuation de la guerre par d’autres moyens. Omniprésent dans les relations internationales, ce renversement ne prend pas de vacances…

Bonne lecture. A la semaine prochaine.

Richard Labévière
12 août 2019

1 Le Figaro, 8 août 2019.
2 New York Times, 8 août 2019 : « Théorie de la Chine : ingérences secrètes américaines ».
3 Lire le livre de René Naba : Le Pakistan face au défi du monde post-occidental et de l’Eurasie. Editions Golias, mars 2019 ; chroniqué dans le numéro 242 de prochetmoyen-orient.ch, 5 août 2019.

Proche&Moyen-Orient.ch 
Observatoire Géostratégique

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11486

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

20 août 2019, 21:16

– Avec AFP

Retour de la Russie dans le G8 : Donald Trump «pourrait soutenir» un changement du format

© MANDEL NGAN Source: AFPLe président américain Donald Trump.

Donald Trump a plaidé, le 20 août, pour un retour du G8 auquel la Russie serait réintégrée. Prenant ainsi le contre-pied de ses partenaires occidentaux, le président américain s’est dit prêt à soutenir toute initiative allant dans ce sens.

Le 20 août, Donald Trump s’est déclaré en faveur du retour au G8 avec la réintégration de la Russie, qui a été écartée du groupe des huit pays les plus industrialisés en 2014, marquant ainsi une nouvelle rupture avec ses alliés du G7. 

«Beaucoup de sujets dont nous discutons ont à voir avec la Russie, je la verrais bien revenir dans le G8», a-t-il déclaré à la presse depuis la Maison Blanche, ajoutant qu’il «pourrait tout à fait soutenir» un retour au G8 avec Moscou, si une proposition est faite dans ce sens. «Comme vous savez, pendant longtemps c’était le G8 […] et le président Obama n’a plus voulu de la Russie parce qu’ils se sont montrés plus malins que lui», a-t-il ajouté. Depuis le rattachement par référendum de la Crimée en 2014, la Russie est exclue du G8, qui s’est donc transformé en G7.Lire aussiLe G8 manque-t-il à Vladimir Poutine ? Le président russe répond à la presse (VIDEO)

Les membres du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) doivent se retrouver du 24 août au 26 août à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) pour un sommet qui s’annonce sous haute tension, en raison des désaccords entre Donald Trump et ses alliés sur de nombreux sujets, à l’instar de l’Iran, la Syrie ou encore l’accord de Paris sur le climat. 

En juin dernier, Emmanuel Macron avait estimé que «sans avancée claire et tangible sur le processus de Minsk» – les accords censés mettre un terme aux combats dans l’est de l’Ukraine –, la reconstitution d’un G8 intégrant la Russie, demeure hypothétique. 

Interrogé par l’AFP sur son rapport à l’ex-G8, le président russe avait, de son côté, déclaré le 19 août en présence d’Emmanuel Macron, qu’il ne pouvait pas souhaiter participer à un modèle de sommet qui «n’existe pas». «Comment pourrais-je revenir dans une organisation qui n’existe pas ? Il y a le G7 qui existe, aujourd’hui c’est le G7», avait-t-il ainsi répondu, esquissant un sourire. 

Lire aussi : «Il faut arrêter les babillages» : après le sommet du G7, Poutine appelle à une «vraie coopération»

International

Raconter l’actualité

https://francais.rt.com/international/65124-retour-russie-dans-g8-donald-trump-pourrait-soutenir-un-changement-du-format?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

L’Australie pourrait adhérer à l’Otan

L’Australie pourrait adhérer à l’Otan

RÉSEAU VOLTAIRE | 15 AOÛT 2019 DEUTSCHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊS

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L’Alliance atlantique va déployer des missiles nucléaires à moyenne portée autour de la Chine. C’était le sens profond du retrait des États-Unis du Traité INF qui n’avait été signé que par la Russie et pas par la Chine.

Le secrétaire US à la Défense, Mark T. Esper, et son collègue secrétaire d’État, Mike Pompeo, se sont rendus du 3 au 6 août en Australie. Ils y ont été rejoints par le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, qui y était présent du 6 au 8 août.

Tous ont discuté à Canberra d’une éventuelle adhésion de l’Australie à l’Otan [1].

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’Alliance atlantique ne se limite plus à la sécurité de l’espace transatlantique face à la Russie, mais entend maintenir la Pax Americana dans l’ensemble du monde.

L’éventuelle adhésion de l’Australie modifiera profondément la composition et le sens de l’Alliance jusqu’ici réservée aux deux rives de l’Atlantique-Nord. Elle ouvrira la voie à une adhésion du Japon et à une division du monde en deux blocs, l’un dominé par Washington, l’autre autour de Moscou et de Beijing.

Dominion de l’Empire britannique, l’Australie dispose d’un bureau au siège de l’Otan à Bruxelles. Depuis 2005, ses troupes sont présentes sous commandement de l’Alliance en Afghanistan et en Iraq. Elles participent également à l’opération Sea Guardian.

En février, la France a signé un contrat de 50 milliards de dollars avec l’Australie afin de construire 12 sous-marins de nouvelle génération. En avril, Ursula van der Leyen a été la première ministre de la Défense allemande à se rendre à Canberra. Toujours en avril, l’Australie a organisé les manœuvres Indo-Pacific Endeavour avec l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, le Sri Lanka, la Thaïlande et le Vietnam, puis en juin d’autres encore avec le Japon.

[1] “China rückt näher”, Till Fähnders, Michael Stabenow, Frankfürter Allgemeine Zeitung, 12. August 2019

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Le Tibet signale le plus grand nombre de diplômés d’université

Le Tibet signale le plus grand nombre de diplômés d’université

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 20/08/2019 21:40

Le nombre de diplômés d’université dans la région autonome du Tibet, dans le sud-ouest de la Chine, a atteint 23.616 en 2019, un record, selon le département régional des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.

67% d’entre eux ont trouvé un poste grâce à 16 grands salons de l’emploi organisés par le département.

Mardi, un autre salon pour les diplômés d’université a eu lieu à Lhassa, capitale régionale, avec plus de 300 employeurs et près de 4.000 emplois disponibles.

Les employeurs sont principalement de grandes entreprises d’Etat et des entreprises privées, offrant des postes dans l’éducation, la finance, le marketing, la médecine tibétaine, la gestion administrative, l’ingénierie, la comptabilité, de l’informatique, etc.

Le Tibet a signalé un taux de croissance du produit intérieur brut de 9% au premier semestre, se classant au deuxième rang des économies provinciales en Chine, ce qui a grandement activé le potentiel du marché de l’emploi.

En plus des postes offerts par le gouvernement et les grandes entreprises, les diplômés peuvent également tenter l’entrepreneuriat. Le département régional des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a lancé en décembre 2018 le premier incubateur de l’entrepreneuriat pour attirer des jeunes diplômés originaires du Tibet pour établir de petites et micro-entreprises.

L’incubateur encourage la recherche et le développement technologiques, le développement de logiciels, la créativité culturelle et l’e-commerce, etc

https://chine.in/actualite/cn/tibet-signale-plus-grand-nombre-diplomes_122371.html.

La Chine va faire de Shenzhen une zone de démonstration socialiste


La Chine va faire de Shenzhen une zone de démonstration socialiste

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 18/08/2019 22:39

La Chine va faire de la ville méridionale de Shenzhen une zone pilote de démonstration du socialisme aux caractéristiques chinoises, selon un document publié dimanche.

L’édification de la zone de démonstration contribuera à approfondir les réformes et à élargir l’ouverture de manière globale, selon le document publié par le Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et le Conseil des Affaires d’Etat.

Cela est également propice à la mise en oeuvre du plan de la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao et à la réalisation du rêve chinois de renouveau national.

D’ici 2025, Shenzhen deviendra l’une des premières villes au monde en termes de puissance économique et de qualité de développement. Son apport en recherche et développement, sa capacité d’innovation industrielle et la qualité de ses services publics et de son environnement écologique seront de premier ordre dans le monde, selon le document.

D’ici 2035, Shenzhen deviendra un modèle national de développement de haute qualité, ainsi qu’un centre d’innovation, d’entrepreneuriat et de créativité ayant une influence internationale, affirme le document.

D’ici le milieu du 21e siècle, la ville deviendra l’une des plus grandes villes internationales du monde et une locomotive mondiale avec une compétitivité, une capacité d’innovation et une influence exceptionnelles, ajoute le document.

https://chine.in/actualite/cn/faire-shenzhen-une-zone_122319.html

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

… la Russie bombarde les renforts turcs envoyés aux djihadistes


Par Moon of Alabama − Le 19 août 2019

Ceci est une mise à jour de l’article de la semaine dernière sur la Syrie : Syrie. La fracture de la ligne de front marque le début de la bataille décisive pour Idlib.

Aujourd’hui, l’armée syrienne pris le contrôle de l’autoroute M5 au nord de Khan Shaykhun.

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Carte de Peto Lucem   Agrandir

Les djihadistes, dans le chaudron bientôt fermé au sud de Khan Shaykhun, sont maintenant coupés des réapprovisionnements routiers.

Au cours des dernières nuits, des renforts du nord d’Idleb ont tenté d’atteindre Khan Shaykhun. Les forces aériennes syriennes et russes les ont empêchés (vidéo) de s’y rendre.

Cette carte montre la situation il y a cinq jours avec la position du point d’observation turc dans la zone.

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via ISWnews Agrandir

Ce matin, la Turquie a envoyé (vidéo) un convoi de 29 camions avec cinq chars, deux véhicules de combat d’infanterie, des munitions et du personnel supplémentaire en direction du poste d’observation de Morek, au sud de Khan Shaykhun.

Avant que le convoi ne traverse Maarat al-Numan, à 20 kilomètres au nord de Khan Shaykhun, l’armée de l’air russe a bombardé la route (vidéo). Le chef de Faylq al-Sham, un groupe de « rebelles syriens » contrôlé par les services de renseignement turcs, escortait le convoi de l’armée turque pour des raisons techniques. Il a été tué. Aucun soldat turc n’a été blessé. Le convoi s’est arrêté et devra retourner en Turquie. Les chars et les munitions ne parviendront pas aux djihadistes de Khan Shaykhun.

Le ministère turc de la Défense a faussement affirmé que trois civils avaient été tués dans le bombardement. Le gouvernement syrien a condamné l’invasion turque.

Le moment est venu pour l’armée syrienne d’utiliser ses réserves et d’engagerla bataille acharnée pour Idleb en remontant rapidement vers le nord le long de l’autoroute M5.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/bataille-didlib-larmee-syrienne-isole-khan-shaykhun

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