Archives pour la catégorie Banque

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

511111 Rating 5.00 (5 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 15 juin 2019  Mis à jour : 15 juin 2019  Création : 15 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 2218fShare

Le baril de poudre financier est sur le point d’exploser. La première des choses est de dire la vérité aux Français. Qui a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

Bank 15 06 2019

En Grèce lors de la crise de la dette, quelques jours avant le référendum du 5 juillet 2015. Je veux dire à la crise qui arrive que nous sommes là et que nous résisterons.
Le laisser-faire est la folie qui nous conduit vers cette situation alarmante.

Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre.

Le résultat sera une fulgurante déflagration financière qui laminera des économies entières, des nations. La prochaine crise sera pire que celle de 2008 et se positionnera à 254.000 milliards d’euros.

Au travers ce qu’on appelle la crise des gilets jaunes s’exprime l’émotion, le ressenti des Français et vise à dénoncer les effets néfastes pressentis de l’argent facile. Les plus fragiles de nos concitoyens savent déjà dans leur quotidien que l’argent vaut de moins en moins.

Nous allons tous faire naufrage. Et chacun doit payer son écot à la société.

Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? Il est devenu hyper régulateur et s’est transformé en exportateur financier.

« Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre. »

Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. Il semblerait que les chiffres des analyses aient adopté cette étrange et dangereuse tendance low.

Est-ce qu’on ne voit rien ou est-ce qu’on ne veut rien voir de l’urgence, lorsqu’on constate qu’aux Etats-Unis une hausse du déficit budgétaire de 77% par rapport à 2018 a été enregistrée. Dans les deux cas, les experts nient l’urgence et pas de réaction observée…

L’examen de la situation de la France mérite de l’honnêteté. Avec un taux de 1,5% de croissance une annonce de la reprise de l’économie est une fausse annonce. Je dénonce et affirme que la tendance est à la décroissance. L’analyse claire des chiffres montre 0,3% de croissance rêvée au premier trimestre 2019. Le chiffre de 1,5% de croissance annuelle nous parle d’une baisse par rapport à 2018 et 2017. La courbe de la trajectoire économique n’est donc pas celle de la réelle croissance que l’on nous vend.
Qu’en est-il du pouvoir d’achat qui aurait été injecté et qui aurait dû entraîner un regain de consommation ? L’effet attendu ne s’est pas produit, car dans la réalité le Français, qui le peut encore, essaie d’épargner en prévision d’un futur incertain annoncé.
La dynamique ne se crée pas et bute sur des problèmes structurels franco-français. Le taux de chômage est structurel. Les responsables politiques annoncent la reprise et les entreprises rencontrent des difficultés à embaucher. Il nous manque de l’invention, de l’innovation, il nous manque les moteurs de la relance et la confiance.

Je m’interroge et demande où est la croissance, quand on peut constater que dans le domaine du commerce extérieur le ratio français exportation sur PIB reste faible et que pour les entreprises les gains de productivité restent également incroyablement faibles.

Donc où est la croissance ? Je cherche la croissance.

Les problèmes sont tragiques, le baril de poudre financier est sur le point d’exploser.

La France doit se préparer avant l’explosion de la bulle des dettes. En sortant du déni et en parlant vrai et honnête en économie.
Je trouve scandaleux qu’en France, soient posées autant de barrières à l’initiative d’entreprendre. Il est important de faciliter le développement de l’investissement, mais il est important aussi que les entreprises participent à hauteur raisonnable à la contribution au budget de l’Etat. Il est important aussi que l’Etat opte pour de vraies économies réalistes, mais qu’il n’intervienne plus au travers de participations dans des entreprises privées.

« Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. »

La France doit se préparer sur cette base. Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat.La conséquence est que les Etats ont emprunté de plus en plus et trop.

C’est la combinaison de ces deux éléments qui a créé la dette abyssale. 254.000 milliards d’euros.

Les Etats ont profité de cette situation, les entreprises et les ménages ont emprunté à bon marché. Cela s’avère être un drame.
La crise du surendettement est arrivée au niveau mondial. Pour rembourser cette dette dite publique, les Etats peuvent augmenter les revenus par le biais des impôts ou baisser les dépenses de l’Etat en diminuant les services publics. Cela pose problème. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans une situation où les banques centrales, les banques privées et les gouvernements se retrouvent tous liés et interdépendants. Par conséquence, lorsqu’une difficulté de quel ordre que ce soit apparaîtra, les trois partenaires seront concernés. Le présage de l’imminence d’une crise financière trente fois plus puissante que celle de 2008 affectera tous les citoyens avec une force considérable.

A ce jour environ 10% du bilan des banques est en “bons d’Etat” avec une pondération de 0% sans garantie. Les banques privées que nous connaissons ont tout intérêt à le faire car cela ne leur coûte rien en fonds propres et délivre de grasses marges.

La réglementation financière (Bale III) a réglé les dérèglements de 2008, nous sommes en 2019 et le problème est qu’il n’y a pas de réglementation contre les dérèglements de 2019. Le seul élément de réglementation qui aurait pu réduire cet appétit d’emprunt public des Etats n’a pas été proposé pour des raisons purement politiques. Pour exemple les dettes de l’Etat américain ont augmenté de 77% sur les 3 premiers mois de cette année. A mon avis, cela va encore faire augmenter aux Etats-Unis le coût des emprunts et entraîner la finance mondiale dans une spirale mondiale. Dès que les Etats-Unis seront en récession, c’est le monde entier qui sera en difficulté dont l’Europe et la France avec un effet direct sur la consommation des ménages.

Alors que faut-il faire ?

La première des choses à faire est de dire la vérité. La vérité aux Français, oui, elle leur est due par respect, par respect de leur travail aussi.
L’heure n’est plus au silence, l’heure n’est plus aux mensonges. L’heure est venue d’apprendre à reconnaître les erreurs. Nous nous trouvons au bord du précipice, lequel d’entre nous a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

« Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat. »

Il y a urgence à adopter une série de mesures imposées. Elles devront être équitables.
A ce stade il est important de souligner que les entreprises ne paient quasiment pas d’impôts et c’est pourquoi la participation des entreprises au budget de l’Etat reste proportionnellement trop faible. Il faudra donc en urgence remonter ce taux de participation, en revanche il faut faire diminuer au plus vite les charges sociales qui elles sont indécemment trop élevées.

En ce qui concerne la tension française entre les riches et les pauvres (y compris la classe moyenne), il faut recréer l’équilibre de participation privée à la bonne marche de la nation en créant une tranche supplémentaire pour les salaires annuels de plus d’un million d’euros.

La combinaison de ces deux éléments permettra rapidement de remonter les revenus de notre Etat et de le libérer progressivement de sa dette.

Un élément fondamental sera le désengagement de l’Etat du secteur privé pour n’agir que sur le cadre économique et non l’impliquer directement au travers de participations dans des entreprises.

La responsabilité des hommes de bien qui savent est engagée. C’est par leur inaction que la bulle financière explosera.

Source(s) : Huffingtonpost.fr via Contributeur anonyme

https://www.crashdebug.fr/international/16139-une-crise-financiere-trente-fois-plus-puissante-qu-en-2008-est-imminente-mais-nous-sommes-dans-le-deni-huffingtonpost

Publicités

La Fed est l’allié secret de Trump dans la guerre commerciale

La Fed est l’allié secret de Trump dans la guerre commerciale


En abaissant les taux d’intérêt, la Fed amortit le choc des barrières douanières et convainc le président qu’elles fonctionnent.


Par Chris Miller – Le 10 Juin 2019 – Source Foreign Policy

The Federal Reserve building in Washington, D.C., on Jan. 22, 2008.
L’édifice de la Réserve fédérale à Washington, D.C., le 22 janvier 2008. CHIP SOMODEVILLA/IMAGES SOMODEVILLA/GETTY

Dans ses diverses guerres commerciales, le président américain Donald Trump semble avoir de moins en moins d’alliés. Au début de son mandat, il a imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium à la plupart des pays du monde. Il a menacé l’Union européenne et le Japon de droits de douane sur les voitures. Il a forcé le Mexique et le Canada à signer un accord pour renommer l’Accord de libre-échange nord-américain, puis a menacé le Mexique d’une nouvelle série de sanctions, à moins que le pays n’en fasse davantage pour s’occuper de l’immigration vers les États-Unis. La Corée du Sud n’a évité de nouveaux droits de douane qu’en signant un nouvel accord commercial (largement dénué de sens).


Il est difficile de trouver un pays, ami ou ennemi, qui a échappé à la colère de Trump. Et même les Républicains du Sénat ont exprimé leur scepticisme à propos de sa dernière dispute sur les droits de douane avec le Mexique et de ses plans pour imposer des droits sur les voitures européennes.

Mais Trump a gardé un allié clé dans ses batailles commerciales : la Réserve fédérale américaine.

Les manuels d’économie enseignent que les barrières douanières appauvrissent les pays en faisant monter les prix, ce qui réduit la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs. Le président et ses conseillers ne prennent pas cette idée au sérieux. Trump est, comme il l’a tweeté, un « Tariff Man. » Et bon nombre de ses collaborateurs, dont Peter Navarro et le représentant américain au commerce extérieur Robert Lighthizer, sont des partisans de longue date de l’idée que les barrières douanières devraient jouer un rôle majeur dans la politique commerciale.

La Fed a contribué à soutenir la croissance économique que M. Trump invoque comme preuve que ses barrières douanières fonctionnent.

Les économistes de la Fed, cependant, lisent des manuels d’économie. Et alors que Trump peut penser que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », comme il l’a dit sur Twitter, la Fed croit le contraire, à savoir qu’elles vont ralentir la croissance économique. Cet écart de compréhension est une excellente nouvelle pour le président. Parce qu’elle estime qu’elle devrait maintenir les taux d’intérêt à un bas niveau pour stimuler la croissance lorsque l’économie ralentit (tant que l’inflation est sous contrôle), la Fed s’est abstenue d’augmenter les taux au cours des six derniers mois, en partie pour amortir les effets de la guerre commerciale. Ce faisant, elle a contribué à soutenir la croissance économique que M. Trump invoque comme preuve de l’efficacité de ses barrières douanières.

La Fed a deux mandats, établis par la loi : maintenir l’inflation et le chômage à un bas niveau. Il y a un an, tous les signes indiquaient la nécessité de relever les taux d’intérêt sur ces deux paramètres. L’économie était en expansion depuis dix ans. Le chômage atteignait des plus bas historiques. Et la réduction massive des impôts de 2017, financée par le déficit, avait stimulé l’économie à un moment où de nombreux modèles économiques suggéraient que les décideurs devraient réduire les mesures de stimulation pour prévenir l’inflation. En effet, en 2018, l’inflation a atteint son plus haut niveau en plus de cinq ans. Les experts et les investisseurs s’attendaient à ce que la Fed continue d’augmenter les taux d’intérêt pour ralentir l’économie et contenir l’inflation.

Un an et plusieurs hausses de barrières douanières plus tard, les choses se présentent plutôt différemment. Il est compréhensible que la Fed ait cru devoir agir. Les entreprises et les consommateurs américains sont très exposés au commerce. Les consommateurs achètent beaucoup de choses – des avocats, aux iPhones en passant par les voitures – qui sont partiellement ou totalement produites à l’étranger. Les entreprises produisent de nombreux biens en utilisant des intrants de l’étranger. Et elles vendent aussi à l’étranger, réalisant des profits qui aident à financer la consommation aux États-Unis. Toutes ces activités sont rendues plus difficiles par les barrières douanières.

La première mesure de barrière douanière de Trump, a été d’imposer des droits de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium en mars 2018, mais elle était relativement mineure. L’acier et l’aluminium ne représentent qu’une faible part des importations américaines, et le président George W. Bush avait fait de même en 2002. La guerre commerciale avec la Chine, les menaces qui pèsent sur l’Europe et le Japon pour imposer des droits de douane sur les véhicules automobiles et l’antagonisme constant du Mexique sont d’un ordre de grandeur plus perturbateur. Vendredi, Trump a accepté de ne pas imposer de barrières douanières au Mexique. Lundi, il tweetait sur la perspective de nouvelles barrières douanières. La Chine et le Mexique sont deux des principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Taxer le commerce avec eux obligera les consommateurs à payer davantage et obligera les entreprises à retravailler des chaînes d’approvisionnement complexes. Rien de tout cela n’est bon pour l’économie à court terme.

Mais les réductions de taux – une forme de stimulation économique – peuvent ralentir l’hémorragie. Elles soutiennent également le marché boursier, qui a aussi peur des barrières douanières de Trump que la Fed. Pourtant, cette dynamique est dangereuse. Plus Trump menace de relever les barrières douanières avant de les imposer, plus la Fed réduit les taux. Et cela, à son tour, l’encourage à menacer encore plus.

Le virage de la Fed vers l’assouplissement monétaire n’est pas seulement d’ordre économique. Elle revêt également une importance politique cruciale. L’état de l’économie sera un facteur déterminant de l’élection présidentielle de 2020. Si l’économie se porte bien, Trump s’en attribuera le mérite. Si elle s’en sort mal, il sera blâmé. Chaque fois que la Fed annonce qu’elle agira pour soutenir l’économie, elle stimule également les perspectives de réélection de Trump.

La Fed fait simplement son travail. Si les politiques commerciales de Trump menacent d’augmenter le chômage ou l’inflation, la Fed est obligée de réagir. Mais les responsables de la politique monétaire américaine se trouvent néanmoins dans une impasse. Ils sont souvent décrits comme étant « indépendants » de la politique. C’est vrai, ils ne reçoivent pas d’ordres de la Maison-Blanche. Mais ils sont entraînés, en fait, par les tweets commerciaux du président. Personne ne veut que la Fed laisse l’économie ralentir inutilement, ce qui signifierait moins d’emplois et des salaires plus bas. Mais l’alternative de la Fed n’est guère plus satisfaisante : utiliser la politique monétaire pour atténuer les coûts des droits de douane et pour faire ronronner l’économie alors que Trump s’attribue le mérite de ses victoires économiques extraordinaires.

Chris Miller est professeur adjoint à la Fletcher School, directeur du département Eurasie au Foreign Policy Research Institute et auteur de Putinomics: Power and Money in Resurgent Russia.

Note du Saker Francophone

C'est un article d'un think-tank globaliste à prendre avec les pincettes d'usage. Il s'appuie notamment sur une lecture Système des données économiques. Mais il est intéressant de voir cet auteur analyser les ressorts des politiques de la Fed dans la perspectives des élections de 2020. On peut aussi le mettre en parallèle avec Brandon Smith qui a lui une vision beaucoup moins légaliste des influences entre élites.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-fed-est-lallie-secret-de-trump-dans-la-guerre-commerciale

LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES


LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 27 JUIN 2019 | ARTICLES1063 

Nous posions la question en mai dernier : les GAFA vont-ils précipiter la chute des banques ? Désormais, avec la cryptomonnaie que va lancer Facebook l’année prochaine, il faut passer à un niveau supérieur : en plus de concurrencer le secteur bancaire traditionnel, la Libra risque d’accélérer la perte de crédibilité des banques centrales. Car cette fois, il ne s’agit pas seulement de nouveaux services de paiement, mais d’une nouvelle monnaie internationale à part entière.

En effet, la Libra sera ce qu’on appelle un stablecoin, c’est-à-dire une cryptomonnaie stable car basée sur un panier de plusieurs grandes devises internationales (dollar, euro, livre sterling, sans doute yen et yuan). Cette stabilité constitue une différence essentielle avec le bitcoin dont la forte volatilité du cours décourage nombre d’utilisateurs. Facebook créera un portefeuille dédié afin de gérer sa monnaie, le Calibra ; là encore, sa simplicité d’utilisation représentera un vrai avantage par rapport aux différents portefeuilles bitcoin existants.

Avec ses presque 3 milliards de membres, Facebook (ainsi que ses filiales Whatsapp et Instagram) possède une force de frappe qu’aucune entreprise n’a jamais possédée dans l’histoire. En conséquence, sa cryptomonnaie peut concurrencer les monnaies souveraines de la planète. Les pays émergents ayant une monnaie inflationniste et pratiquant le contrôle des changes peuvent légitimement voir la Libra comme un concurrent direct. Leur population aura intérêt à basculer sur la nouvelle monnaie pour se libérer de l’inflation qui ronge leur épargne. Les banques centrales des pays émergents doivent sérieusement s’inquiéter et on peut prévoir que beaucoup d’entre elles voudront tout simplement l’interdire.

Pour les pays de l’OCDE, qui bénéficient de devises stables, l’intérêt apparaîtra moins évident au premier abord. Mais la facilité d’utilisation et l’effet de mode peuvent convaincre de nombreux utilisateurs. Mais surtout, ceux qui doutent de la solidité de leurs banques (les Italiens, les Grecs, les Espagnols, les clients de la Deutsche Bank, etc.) peuvent également se reporter sur la Libra afin de protéger leurs avoirs (ne vaut-il pas mieux déposer son cash chez Facebook, qui dispose de plus de 100 milliards de dollars de liquidités et qui pèse 500 milliards de dollars en bourse, soit presque autant que tout le secteur bancaire européen, plutôt que dans une banque au bilan rempli de dettes ?).

Les banques centrales européennes ont flairé le danger et viennent de décider, à l’initiative de la France, de créer une « taskforce » sur les stablecoins dans le cadre du G7. L’inquiétude est réelle, d’autant que leur crédibilité s’érode dangereusement ces temps-ci : la Fed vient d’interrompre sa remontée des taux, la BCE admet qu’elle pourrait continuer sa politique de taux-zéro, pendant que la BoJ reste engluée dans un QE massif. Les acteurs économiques commencent (enfin !) à s’interroger sur la crédibilité des banques centrales (et d’ailleurs le cours de l’or se met à monter…).

Ce type de concurrence s’est déjà produit dans l’histoire : au Moyen Âge, le Florin de Florence et le Ducat de Venise circulaient dans l’Europe entière. Leur teneur garantie en or en faisait des monnaies de confiance par rapport aux devises nationales trop souvent manipulées. Cependant, la Libra ne joue pas dans cette catégorie et c’est son point faible, que l’on a pas encore suffisamment mesuré : l’actif qui le soutiendra sera « la dette de gouvernements stables et peu susceptibles de faire défaut ou de connaître une forte inflation » comme le précise son Livre blanc. Justement, en cas de crise « 2008 en pire », il risque de ne pas y en avoir… Si le yen, l’euro, le dollar s’effondrent et connaissent une vague d’inflation, la Libra sera emportée dans la même tourmente, et les épargnants subiront de sévères pertes. Non, la seule vraie garantie en cas de crise monétaire reste l’or physique, comme à l’époque du Florin et du Ducat.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : OrÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesPolitiqueQEInflation


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière.

https://or.fr/actualites/libra-facebook-va-accelerer-perte-credibilite-banques-centrales-1570

LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 13 JUIN 2019 | ARTICLES1710 

Une dizaine de jours après l’élection européenne, la Commission européenne, par la voix de son commissaire Pierre Moscovici, a annoncé une « procédure de déficit excessif fondée sur la dette » envers l’Italie (bizarrement pas la France, qui souffre pourtant d’un déficit public supérieur…). Comme pour répondre à cet affront, le Parlement italien a voté – à l’unanimité, il faut le signaler – une motion concernant la création de « mini-BOTs », c’est-à-dire de Bons du Trésor ordinaires (Buoni Ordinaro del Tresorio) de montant unitaire faible (« mini »), du niveau d’un billet de banque, pour pouvoir être utilisé couramment. Ils n’offriraient pas d’intérêts et seraient sans échéance, ce qui les assimileraient à des monnaies traditionnelles.

Ces mini-BOTs répondraient à un problème concret et lancinant : l’État italien a des arriérés de paiement d’environ 60 milliards d’euros envers les entreprises italiennes. Solder cette dette creuserait le déficit et l’endettement public de façon importante, ce que Bruxelles interdit. D’où l’idée des mini-BOTs, qui seraient émis pour le montant de cette dette, versés aux entreprises, qui pourraient ensuite s’en servir pour payer leurs impôts, sans que les « critères de Maastricht » ne soient affectés.

Ensuite, ce circuit fermé (État-entreprises-État) pourrait s’élargir : les entreprises pourraient utiliser ces mini-BOTs entre elles, puis pour payer une partie des salaires de leurs salariés et, ainsi, les particuliers pourraient les utiliser. Ces mini-BOTs deviendraient alors une véritable monnaie parallèle. Dans ce modèle, 1 mini-BOT = 1 euro, on resterait dans le cadre de l’euro, même si cette création monétaire irait à l’encontre des traités européens qui imposent une monnaie unique.

L’étape suivante consisterait à décréter que 1 mini-BOT = 1 « nouvelle lire », par exemple, et qu’elle soit cotée sur le marché des changes aux côtés des autres devises, dont l’euro, pour se retrouver dans un système à deux monnaies. La marche ultime serait de convertir, du jour au lendemain, les avoirs en euros dans la nouvelle monnaie (1 euro = 1 nouvelle lire). Et voilà l’Italie sortie de l’euro ! L’Italexit est mis en œuvre. Tout ceci relève de la fiction, bien entendu, mais les Italiens viennent tout de même de décider d’en écrire la première page avec cette motion parlementaire.

Il y a juste un petit oubli dans ce scénario : la balance Target2. Ce système de compensation entre les banques centrales de la zone euro traduit les déséquilibres des balances des paiements entre les pays (quand un Italien achète une Mercedes, cela se concrétise par une créance de la Banque centrale allemande sur la Banque centrale italienne). Le déficit se creuse pour l’Italie (500 milliards d’euros) tandis que les créances explosent pour l’Allemagne (plus de 900 milliards d’euros), qui serait ainsi la grande perdante d’un Italexit ! Un cataclysme susceptible de faire exploser la monnaie unique.

Alors, finalement, peut-être que ces mini-BOTs ne sont qu’un moyen de pression sur Berlin, le vrai patron en Europe, pour que le gouvernement italien puisse légèrement accroître son déficit budgétaire (qui restera inférieur au déficit français, mais personne ne vient embêter Macron, moins turbulant que Salvini il est vrai…). Ou peut-être pas ; les Italiens auraient déjà pris la décision de s’affranchir de la monnaie européenne, et ils y vont pas à pas. Les mois qui viennent seront cruciaux, et la perspective d’une nouvelle crise de l’euro, d’un niveau nettement supérieur à la crise grecque en 2011, se renforce.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/mini-bots-italiens-vont-ils-tuer-euro-1559

RECORD DE SALARIÉS MILLIONNAIRES À LA DEUTSCHE BANK : DERNIÈRE FÊTE AVANT L’EFFONDREMENT ?

RECORD DE SALARIÉS MILLIONNAIRES À LA DEUTSCHE BANK : DERNIÈRE FÊTE AVANT L’EFFONDREMENT ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 16 MAI 2019 | ARTICLES2367 

Selon un palmarès établi par Les Echos, parmi les dix-sept principales banques européennes, la Deutsche Bank compte le plus grand nombre de salariés rémunérés plus d’un million d’euros par an, 643 exactement, devant Barclays (542) et HSBC (399), pourtant la première banque de l’UE par le bilan.

Ce chiffre est proprement scandaleux, car la première banque allemande ne présente pas des performances exceptionnelles, loin de là. Elle affiche certes une année 2018 bénéficiaire, mais de justesse (267 millions €), et qui vient après trois années de pertes. Son plus gros moteur, la banque d’investissement, a vu ses profits avant impôts passer de 1.705 à 530 millions € entre 2016 et 2018, et au premier trimestre 2019, la division était déficitaire. Plus inquiétant, la Deutsche Bank est la banque la plus exposée aux produits dérivés dans le monde, avec un montant estimé de 64.000 milliards $, soit 16 fois le PIB de l’Allemagne… Pas de quoi pavoiser. Les investisseurs ne s’y trompent d’ailleurs pas, son cours de bourse est massacré : -90% depuis son plus haut atteint en mai 2007.

Autre élément inquiétant, la banque est impliquée dans l’un des plus grands scandales de blanchiment de l’histoire, celui de la banque danoise Danske Bank, pour le montant record de 180 milliards €. La fraude passait par sa filiale située en Estonie, mais la Deutsche Bank gérait 80% des flux en provenance de la banque danoise pour ses clients en Russie… Affaire dans l’affaire, l’organisme de contrôle des banques – l’Autorité bancaire européenne (ABE) – aurait enterré une enquête sur ce scandale. À l’époque c’est la française Danielle Nouy qui dirigeait l’institution (son mandat courait du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2018), mais elle ne s’exprime pas, pour l’instant tout du moins.

Dans ce cadre, le fait que la Deutsche Bank s’affiche en tête pour le nombre de salariés millionnaires s’apparente à une entreprise de prédation. Sans doute y a-t-il un sentiment d’urgence, la dernière fête avant l’effondrement, Take the Money and Run (prend l’argent et sauve toi), la dernière coupe de champagne sur le Titanic en train de couler…

Ce chiffre de 643 millionnaires s’explique. Nous sommes en effet au croisement de deux perversions du capitalisme, difficilement évitables lorsque l’État a acquis une taille si importante comme c’est le cas dans nos sociétés contemporaines :

– Le Too big to fail (trop gros pour faire faillite), qui rend la faillite impensable par le cataclysme qu’elle provoquerait, le soutien de l’État obligatoire, où la sanction du dépôt de bilan disparaît et pousse à prendre encore plus de risques.

– Le Crony capitalism (capitalisme de connivence) c’est-à-dire les liens étroits entre l’État et les grandes entreprises, le premier protégeant le second en échange de menus services (embauche de membres du cercle du pouvoir, ou valises de billets, cf le scandale Danske Bank plus haut).

« Les rats quittent le navire », dit-on, lorsque la tempête s’annonce, mais dans les banques ce sont plutôt les officiers qui partent en premier, et en emportant l’argenterie. Cette information est vraiment inquiétante quant à la pérennité de la Deutsche Bank.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/record-salaries-millionnaires-deutsche-bank-derniere-fete-avant-effondrement-1539

Savez vous à quel point les frais bancaires sont un véritable arnaque légalisée.

ACCUEIL » ACTIONS FNACAB » SAVEZ VOUS À QUEL POINT LES FRAIS BANCAIRES SONT UN VÉRITABLE ARNAQUE LÉGALISÉE.

Savez vous à quel point les frais bancaires sont un véritable arnaque légalisée.

STATS DU SITE

  • 244 747 visites

VOUS SUIVEZ CE BLOG

Vous, et 124 autres personnes formidables, suivez ce blog.  Gestion

STATS DU SITE

  • 244 747 visites

STATS DU SITE

  • 244 747 visites