Archives pour la catégorie Entreprises

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Le président Trump s’est fait élire sur la promesse de renverser le capitalisme financier et de restaurer le capitalisme productif. Dans cette logique, il considère que les dommages de guerre dus à la Syrie ne doivent pas être payés par les États-Unis, mais par des sociétés transnationales. Cette révolution des relations internationales est-elle souhaitable et possible ?

| Damas (Syrie)

+
JPEG - 64.1 ko
Henry Kravis au Forum de Davos. Proche de John McCain, le fondateur de KKR est membre du Council of Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg (dont sa femme est administratrice). Il emploie le général David Petraeus (ancien directeur de la CIA) avec qui il a organisé les transferts de fonds et d’armes à Daesh. Ami de longue date d’Emmanuel Macron, il a secrètement financé sa campagne électorale.

Ils étaient 114 États membres des « Amis de la Syrie » à financer sa destruction par les jihadistes. Mais, après leur échec, aucun ne veut payer quoi que ce soit pour sa reconstruction. Pourtant, ils n’ont pas eu de problème pour soutenir les États qui accueillent des réfugiés syriens ; étant entendu qu’il ne s’agissait pas là d’un geste humanitaire, mais d’un moyen de priver la Syrie de ses ressources humaines.

Surtout, tous espèrent s’enrichir en masquant leur crime et en obtenant des contrats de reconstruction.

Les 7 et 8 août, la Commission économique des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA), réunie à Beyrouth, a estimé le coût minima de la reconstruction à 388 milliards de dollars [1]. Elle devrait rendre un rapport détaillé sur ce sujet en septembre. D’ores et déjà, consciente que ce qu’à vécu le pays n’a pas grand chose à voir avec une « guerre civile », mais avec une agression étrangère, elle a annoncé le titre de ce rapport : Syria, 7 years at war. C’est-à-dire La Syrie, 7 ans en guerre et non pas 7 ans de guerre.

À titre de comparaison, le Liban, dont la population est trois fois moindre, n’a pu obtenir que 11 milliards de dollars d’aide internationale lors de la conférence CEDRE, en avril dernier.

Les États-Unis, qui planifièrent la guerre dès 2004, ne veulent pas donner un sou. Selon l’administration Trump, cette guerre a été conçue par l’administration Bush Jr. et conduite par celle d’Obama. Or ces deux administrations ne servaient pas les intérêts du peuple états-unien, mais ceux d’une classe financière transnationale. Elles ont certes détruit la Syrie, mais aussi l’économie US. Ce ne serait donc pas à Washington de payer, mais à ces gens et aux sociétés transnationales directement impliquées dans la guerre.

Par exemple, le fonds de placement états-unien et rival du Carlyle Group, KKR d’Henry Kravis (valeur boursière 150 milliards de dollars). Il emploie le général David Petraeus et a fait transiter des fonds et des armes vers Al-Qaeda et Daesh [2]. Ou le constructeur automobile japonais Toyota (valeur boursière 170 milliards de dollars) qui a fourni l’ensemble des véhicules neufs de Daesh [3]. Ou encore le fabriquant de machines de construction Caterpillar qui a vendu aux jihadistes les tunneliers nécessaires à la construction de leurs réseaux souterrains (valeur boursière 76 milliards de dollars). Sans parler du cimentier franco-suisse Lafarge-Holcim qui a produit 6 millions de tonnes de ciment pour construire leurs bunkers (valeur boursière 40 milliards de dollars) [4], etc.

L’engagement de ces sociétés dans l’application du plan de l’amiral Arthur Cebrowski pour détruire les États et les sociétés du Moyen-Orient élargi s’explique probablement par la certitude qu’elles auraient accès aux ressources naturelles de la région sous la protection des armées occidentales.

Faire payer des multinationales n’exclut pas d’obtenir des réparations de certains États comme l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar ou la Turquie qui ont financé ou dont des ressortissants ont publiquement financé les jihadistes.

Si la République arabe syrienne parvient à réunir les preuves de leur rôle durant la guerre, elle sera en droit d’en demander la saisie devant les tribunaux du pays de leur siège social. En reprenant l’argumentaire du président Trump, elle pourra compter sur l’appui de la nouvelle administration US.

Il est donc possible, même sans parvenir à faire payer des États, de réunir les 388 milliards de dollars évoqués par l’ESCWA.

À la fin de toutes les guerres ayant donné lieu à réparation des sociétés nationales ont été saisies. La nouveauté serait cette fois de tirer les conclusions de la globalisation économique et de saisir des transnationales.

[1] « Qui paiera 388 milliards de dollars de dommages de guerre pour la Syrie ? », Réseau Voltaire, 8 août 2018.

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Le département US du Trésor enquête sur les approvisionnements de Daesh », Réseau Voltaire, 8 octobre 2015.

[4] « Révélations : le jihad de Lafarge-Holcim », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 mars 2017.

http://www.voltairenet.org/article202406.html

Publicités

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Par Michel Cabirol  |   |  490  mots
Le Koweït est le premier client de l'industrie française d'armement en 2017 avec l'achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d'euros)
Le Koweït est le premier client de l’industrie française d’armement en 2017 avec l’achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d’euros) (Crédits : Airbus Helicopters)
Les exportations d’armement françaises sont en très nette régression, passant de 13,9 milliards d’euros en 2016 à 6,94 milliards en 2017. Les industriels ont livré pour 6,73 milliards de matériels militaires à l’étranger l’an dernier.

Koweït, Qatar, Emirats arabes Unis (EAU), Arabie Saoudite et Inde… C’est le top cinq  des principaux pays clients de l’industrie française d’armement en 2017 (3,9 milliards sur 6,94 milliards d’euros de commandes d’armement au total, selon le rapport au Parlement 2018 sur les exportations d’armement de la France). Des commandes en chute libre de plus de 50% par rapport à 2016. En parallèle, les livraisons de matériels militaires français ont elles aussi  baissé. Elles ont atteint 6,73 milliards d’euros, contre 7,1 milliards d’euros en 2016 (6,2 milliards en 2015, 4 milliards en 2014, 3,8 milliards en 2013 et 3,3 milliards en 2012). La France a notamment livré en 2016 des armements pour 1,47 milliard d’euros à l’Egypte, 1,38 milliard à l’Arabie Saoudite et 689,5 millions à l’Inde.

« Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60 % des exportations d’armement (prises de commandes, ndlr) », selon le rapport. Sur la période 2008-2017, cette région a représenté 40% des ventes de l’industrie française d’armement. « Les secteurs des hélicoptères et des missiles (essentiellement dans le domaine naval pour ces derniers) ont par ailleurs représenté plus de la moitié des exportations de défense cette année », a également précisé ce document.

Tous ces pays sont en général très fidèles à la France, à l’exception du Koweït, qui reste quant à lui un client très modeste pour les industriels de l’armement français en dépit de sa première place en 2017 (achat de 30 hélicoptères Caracal pour plus de 1 milliard). Longtemps, très longtemps, le Koweït s’est détourné des industriels de l’armement français. Plus de vingt ans de vaches maigres pour la France (1996-2017) alors que François Mitterrand avait envoyé lors de l’opération Daguet, 19.000 soldats français libérer en 1991 le territoire koweïtien envahi par l’Irak de Saddam Hussein.

Quinze pays au-dessus de 100 millions d’euros de commandes en 2017

Juste derrière le Koweït (1,102 milliard d’euros), arrive le Qatar avec 1,089 milliard d’achats militaires, pour l’essentiel des missiles vendus par MBDA France : Exocet MM40 Block 3, Aster 30 Block 1 et VL MICA pour l’armement des navires de guerre vendus par Fincantieri et des batteries côtières. En troisième positon, viennent les EAU avec 701,5 millions d’euros, puis l’Arabie saoudite (626,3 millions) et l’Inde (388 millions). Outre ces cinq premiers clients de l’industrie d’armement française en 2017, dix autre pays ont passé plus de 100 millions de commandes chacun à la France : Brésil (329,9 millions), Egypte (217,2 millions), Corée du Sud (211 millions), Turquie (198,2 millions), Tanzanie (190 millions), Etats-Unis (164,1 millions), Japon (120 millions), Indonésie (117,1 millions), Royaume-Uni (112,8 millions), Oman (109,6 millions).

En 2017, la surprise est venue de la Tanzanie, qui s’est classée dans le Top 10 des meilleurs clients de la France. En 2016, MBDA avait vendu 304,2 millions d’euros de systèmes d’armes au Botswana. La Tanzanie a acheté une dizaine d’hélicoptères à Airbus, dont deux H215, deux H225 et des Fennec. En revanche, Singapour, qui est un client régulier de la France, a disparu des écrans radars en 2017 (44,1 millions, contre 646,6 millions en 2016).

 

 

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente


https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FArquus-mise-sur-son-scarabee-pour-remonter-la-pente_a358.html&layout=button_count&show_faces=false&width=100&action=like&colorscheme=light

https://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fxfru.it%2FWl9Zm7&counturl=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FArquus-mise-sur-son-scarabee-pour-remonter-la-pente_a358.html&text=Arquus%20mise%20sur%20son%20scarab%C3%A9e%20pour%20remonter%20la%20pente&count=horizontal


Publié par Marc-Antoine François le 6 Juillet 2018


Arquus (ex-Renault Trucks Defense) compte bien prendre un nouveau départ après quelques années difficiles et mise entre autres sur le scarabée, son nouveau blindé léger exposé a Eurosatory 2018. Destiné en priorité à l’export, l’héritier du VBL pourrait bien constituer la planche de salut d’une entreprise qui a connu quelques trous d’air.



En juin 2018, le salon de l’armement Eurosatory a ouvert ses portes, de nombreuses entreprises exposaient leurs nouveaux modèles comme  Arquus qui a présenté son dernier 4×4 blindé : le scarabée. C’est un blindé léger destiné à devenir le successeur du fameux VBL. Destiné en priorité à l’export, les premiers exemplaires pourraient sortir des chaînes de montages à compter de 2025, avec comme cibles commerciales à la fois les forces de police et les armées.

Après avoir suscité la curiosité avec le CRAB lors de l’édition 2012, le Scarabée permettra peux être de relancé Arquus sur le marché des blindés légers. Mais l’industriel franco-suédois doit encore passer de nombreux obstacles, à commencer par le véhicule Hawkei 4×4, blindé léger développé par le français Thales, et utilisé par l’armée australienne.

Arquus anciennement connu sous le nom de RTD (Renault Trucks Defence) était à l’origine une filiale de Renault, revendue en 2011 au groupe Volvo. Arquus sort d’ une période difficile, particulièrement en 2016-2017 avec la perte de plusieurs contrats comme VBMR-L, le successeur du VAB pris par leur concurrent Nexter.

Suite à cette période difficile de RTD Volvo a décidé de mettre en vente sa filiale mais aucune proposition n’a finalement été retenue. En mai 2018 elle a été renommé Arquus, signifiant « cheval de guerre » en latin. L’entreprise espère désormais tourner la page des mauvaises années. Le bilan est encourageant, avec 1,9 milliards d’euros de contrats signés et  600 millions de prise en commandes ferme.

SI l’option de la vente n’est plus d’actualité, la question restera quand même posée tant qu’Arquus ne sera pas définitivement sortie de l’ornière. Le rapprochement franco-allemand entre KMW et Nexter ne va pas forcément les aider en ce sens.


 

 

 

 

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

L’union entre Alstom et Siemens scrutée par la Commission européenne / © AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON

La Commission européenne, gendarme de la concurrence en Europe, a ouvert vendredi une enquête approfondie sur le projet d’union du constructeur ferroviaire français Alstom avec les activités mobilités de l’allemand Siemens.

Annoncée en septembre l’année dernière, cette fusion historique permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.

Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, avaient signé fin mars leur accord de rapprochement.

Mais l’exécutif européen explique dans un communiqué craindre que cette « concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation ».

Par conséquent, Bruxelles compte examiner si ce projet de rachat « priverait les opérateurs ferroviaires européens d’un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix » qui pourrait par ricochet porter préjudice aux clients passagers.

La Commission a désormais jusqu’au 21 novembre 2018 pour adopter une décision. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge en rien de l’issue de la procédure.

Le 8 juin dernier, Siemens et Alstom n’avaient pas exclu de retarder leur fusion au 1er semestre 2019.

Alstom avait alors justement invoqué comme raisons de ce retard « les travaux préparatoires de pré-notification (auprès des autorités de la concurrence, ndlr) extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays ».

Cette union avait suscité en septembre dernier une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française. L’intersyndicale d’Alstom était opposée à ce projet, craignant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France.

En revanche en Allemagne, le projet n’a guère suscité d’émoi et a été perçu comme salutaire pour le rail européen mais aussi pour le pays.

(©AFP / 13 juillet 2018 17h31)

https://www.romandie.com/news/Enqu-te-approfondie-de-l-UE-sur-le-projet-d-union-entre-Alstom-et-Siemens/936337.rom

 

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne est–elle prête à se doter d’un arsenal juridique à la mesure de sa puissance et des enjeux contemporains ? En soutenant le 29 mai la création d’un nouveau mécanisme de filtrage des investissements étrangers, les eurodéputés de la commission du commerce international font preuve de volontarisme. Si le projet de règles doit encore être approuvé par le Parlement (session du 11 au 14 juin) et attendre l’adoption d’une position commune du Conseil, nul doute que les récentes polémiques relatives aux prises de participation chinoises dans des entreprises stratégiques viendront confirmer la tendance au renforcement des cadres juridiques tant européen que nationaux. Sur fond de guerre commerciale déclarée par le Président des Etats-unis, l’Union européenne pourrait orchestrer par ce biais la sortie de son enfance stratégique.

La création d’un cadre juridique européen sous le contrôle des Etats

Les européens s’inquiètent de la montée en puissance des investissements chinois dans des secteurs stratégiques

Pour l’heure, l’Union européenne est la dernière grande puissance à ne pas avoir un mécanisme de contrôle des investissements en provenance de pays tiers, et seuls 12 des 27 États membres présentent des législations, bien que disparates, en la matière. L’adoption en commission le 29 mai du rapport du député chrétien-démocrate français Franck Proust s’inscrit dans une volonté claire. Il est temps de montrer que l’Europe n’est plus naïve dans la mondialisation en veillant à ce que “les investissements étrangers ne constituent pas une menace pour les infrastructures critiques, les technologies clés ou l’accès à des informations sensibles”. Le projet prévoit ainsi que si l’un des Etats membres use d’un mécanisme de filtrage il devra en informer dans un délai de 5 jours les Etats membres et la Commission. Dès lors qu’un tiers des États jugera l’investissement préoccupant, le pays cible devra entamer un dialogue. En outre, un groupe de coordination sur le filtrage des investissements entrants présidé par la Commission devrait être créé. Ces volontés viennent renforcer le paquet “commerce” prévu lors de l’état de l’Union de 2017. Le 13 septembre 2017, le président de la Commission Jean-Claude Juncker présentait une proposition de règlement par ces quelques mots : “L’Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui un nouveau cadre européen pour le filtrage des investissements. Si une entreprise publique étrangère veut acheter un port européen, une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie de défense, cela doit se faire dans la transparence, moyennant contrôles et discussions. Il est de notre responsabilité politique de savoir ce qui se passe chez nous afin que nous puissions protéger notre sécurité collective si besoin est. »

Notons que ce nouveau cadre prévoit des avancées considérables. Premièrement, la création d’un cadre commun transparent qui respecte le principe d’égalité de traitement des investisseurs ainsi que le droit au recours. Secondement, un mécanisme de coopération entre les États membres et la Commission. Troisièmement, l’invention d’un filtrage exercé par la Commission dans le cas l’investissement étranger dans les États membres pourrait avoir une incidence sur des projets ou des programmes présentant un intérêt pour l’Union. (Horizon 2020, Galileo, réseaux transeuropéens de transport et d’énergie …)

Toutefois, il convient de remarquer que les  États restent souverains d’autant que ce nouveau cadre ne les oblige en rien à disposer d’une législation de contrôle des investissements étrangers (pour ceux qui n’en ont pas), et ne prévoit pas une convergence des législations nationales existantes.

Les investissements chinois ciblés

En marge de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018, le ministre de l’Économie Bruno Lemaire avait assuré sans le moindre tabou avoir déjà refusé “beaucoup” de projets d’investissement chinois parce qu’ils s’apparentaient à du “pillage”. Dans la foulée, il affichait son ambition d’étendre le décret Montebourg (avril 2014) en ajoutant aux secteurs stratégiques dans lesquels son ministère pouvait émettre un veto le stockage des données numériques, l’intelligence artificielle, le spatial et les semis-conducteurs. Ambition confirmée par le Premier ministre Edouard Philippe le 16 février lors d’une visite dans une usine L’Oréal dans l’Oise : “Nous souhaitons muscler notre dispositif de veille et de protection stratégique […] sans aucune brutalité protectionniste”. Bis repetita outre-rhin quelques jours plus tard. Lors d’une conférence de presse à Berlin avec le Premier ministre macédonien, Angela Merkel s’inquiétait des investissements chinois dans les Balkans liés à des ambitions politiques. La chancelière allemande a renforcé cette position durant sa visite dans l’Empire du milieu le 24 et 25 mai dernier : “La Chine et l’Allemagne sont attachées aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, mais nous parlerons aussi d’un accès réciproque dans les questions de commerce et de propriété intellectuelle. Et nous voulons renforcer le multilatéralisme”. La question est devenue essentielle pour l’Allemagne, puisque son premier partenaire commerciale est désormais la Chine ; partenaire avec lequel le commerce devrait continuer à s’accroître dans les prochaines années. Le rachat du joyaux allemand Kuka par le chinois Midea en août 2017 a définitivement alerté les industriels et autorités. Face à cette polémique, l’Allemagne a durci par un décret paru début juillet le contrôle des investissements étrangers.

On observe donc l’émergence d’un consensus européen en matière de filtrage des investissements étrangers. Le nouveau gouvernement italien et la montée des partis conservateurs dans l’est de l’Union européenne devraient venir renforcer cet arsenal protectionniste.

Assumer la puissance : le défi européen face aux influences américaines

Derrière le renforcement du cadre protectionniste se joue aussi la redéfinition des relations transatlantiques

Force est de constater que la Chine est la principale source d’anxiété commerciale en Europe. S’il est vrai que depuis 2014 les investissements chinois à l’étranger ont dépassé les investissements vers la Chine, il convient de rappeler deux éléments de contexte. D’une part, les entreprises européennes sous contrôle étranger ne représente qu’une faible part des entreprises. Il est vrai toutefois que ces investissements, en particulier chinois, se concentrent sur des secteurs stratégiques (ports, nouvelles technologies, aéroports, terres …) ce qui nécessite une veille stratégique accrue. D’autre part, il ne faut pas offusquer l’activité massive des américains qui représentaient en 2015 41% des investissements ; contre à peine 2% pour les chinois. Si ces derniers ont cru de 1000 % en 20 ans, la réalité de l’influence américaine vient d’être durement rappelée par le rachat controversé de la branche énergie d’Alstom et les menaces de sanctions extraterritoriales contre les entreprises européennes commerçant avec l’Iran. La redéfinition du multilatéralisme commercial devra certes tenir compte de la réalité chinoise mais aussi de la posture unilatérale impulsée par Washington.

Dans son dernier essai World Order paru en 2014, Henry Kissinger assénait cette cruelle vérité sur les relations transatlantiques : “L’Europe émergente deviendra-t-elle un participant actif dans la construction d’un nouvel ordre international, ou va-t-elle se s’effondrer sous le poids de ses affaires intérieures?  (…) Les États-Unis ont toutes les raisons de soutenir l’Union européenne et éviter qu’elle ne s’évanouisse en un vide géopolitique. Les États-Unis, s’ils étaient venus à être séparés de l’Europe sur les plans politique, économique et militaire, deviendraient « géopolitiquement » une île coupée du continent eurasiatique, et l’Europe elle-même pourrait se transformer en un simple prolongement de l’Asie et du Moyen-Orient.”  Le célèbre conseiller américain ébauche les trois stratégies auxquelles serait confrontée une Europe unifiée : renforcer les relations transatlantiques, adopter une posture neutre fluctuant au gré des circonstances, ou assumer un contrat tacite avec une puissance ou un groupement de puissances extra-européennes. Pour l’heure, les européens préfèrent la seconde option en tentant de ramener à la raison leur traditionnel allié américain tenté par l’isolationnisme belliqueux tout en essayant d’obtenir des gages de la part de l’ambitieuse Chine. Les pays membres restent cependant des Etats largement souverains, accentuant ainsi les risques de divisions face aux pressions intérieures (intérêts particuliers et risques populistes) mais aussi extérieures. Le Portugal a récemment annoncé ne pas vouloir s’opposer à la cession de l’opérateur électrique EDP, la plus grande entreprise du pays, au groupe China Three Gorges, tandis que la France place ses pions sur  l’inarrêtable nouvelle route de la soie chinoise. Le port de Marseille vient ainsi de signer un contrat de coopération avec le Port de Shangaï pour un projet d’investissement estimé à 100 millions d’euros. L’Allemagne, quant à elle, a profité de la rencontre fin mai entre Merkel et Xi Jinping pour obtenir de la Chine une baisse des droits de douanes sur ses automobiles. Gageons que le récent camouflet infligé par Trump lors du G7 à Charlevoix resserre les troupes du Vieux Continent.

Sources:

  • « China at the gates : A new power audit of EU-China relations », European council on foreign relations, le 1er décembre 2017
  • « Les investissements directs étrangers dans l’Union européenne : quels contrôle ? », Commission des affaires étrangères du Sénat, rapport no 115, le 27 novembre 2017
  • « Investissements étrangers : comment protéger les intérêts de l’UE », Parlement européen, le 26 janvier 2018
  • « For Merkel, some China investments are more welcome than others », Bloomberg, le 27 février 2018
  • « l’Union européenne doit acquérir l’instinct de puissance », Zaki Laïdi, Le Monde, le 6 juin 2018

About Yannis BOUSTANI

est étudiant à Sciences Po Paris en master de droit économique après une année d’échange au Liban. Passionné par la géopolitique, il développe un intérêt particulier pour le Monde Arabe, les nouvelles routes de la soie et le droit appliqué à l’intelligence économique.

Iran: le revers de PSA illustre aussi un doute quant à la résistance de l’Europe

Iran: le revers de PSA illustre aussi un doute quant à la résistance de l’Europe

/ © AFP / SEBASTIEN BOZON

L’annonce du retrait de PSA d’Iran constitue un revers pour la stratégie internationale du constructeur automobile mais elle pose également plus largement la question de la confiance des entreprises envers la capacité politique de l’Europe à résister aux injonctions américaines.

Lundi soir, en annonçant préparer un retrait d’Iran, son premier marché étranger en volume avec 12,4% de ses ventes unitaires en 2017, le groupe (marques Peugeot, Citroën, DS et Opel) a immédiatement tenté de minimiser l’ampleur de cette décision, parlant de « moins de 1% de son chiffre d’affaires ».

« Cette affirmation est à relativiser, au regard du fait que l’activité en Iran est réalisée au travers de JV (co-entreprises, ndlr) », tempère une note d’Invest Securities.

« PSA admet cependant aujourd’hui être très exposé à un marché automobile iranien où le groupe a vendu 444.600 véhicules en 2017 sur un marché qui pourrait, selon Business France, tripler de taille d’ici 2030 à 3 millions d’unités par an, dépassant ainsi le marché français », poursuit Invest Securities.

En octobre 2016, le patron de PSA Carlos Tavares avait affirmé que l’Iran était voué à jouer un rôle « central » dans le développement de son groupe dans la région, stratégique pour lui, du Moyen-Orient. Au sein de PSA, « l’Iran sera le premier producteur » de la région et sa « première base d’approvisionnement », avait-il ajouté.

Mais début mai, Washington a annoncé son retrait de l’accord nucléaire iranien et décidé de rétablir ses sanctions vis-à-vis de Téhéran ainsi que de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique, leur donnant de 90 à 180 jours pour se retirer du pays.

En se conformant à ces exigences, PSA fait donc face à un obstacle de plus dans sa stratégie internationale déjà parsemée de difficultés, avec l’effondrement de ses ventes en Chine en 2016-2017 et des objectifs loin d’être atteints en Russie. Le groupe, qui a multiplié les têtes de pont en Asie et en Afrique, est aussi en train de jeter les premières bases d’un plan sur dix ans de retour aux Etats-Unis.

« PSA est un constructeur automobile qui dépend beaucoup du marché européen. On sait que pour les dix prochaines années l’essentiel de la croissance se fera non pas aux Etats-Unis, non pas en Europe, mais plutôt dans les pays émergents », pointe Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, qui souligne néanmoins le « potentiel de PSA à rebondir en Chine ».

– Marge de manoeuvre restreinte –

Mais l’épineuse question iranienne dépasse largement les simples questions de stratégie d’entreprise. PSA n’est d’ailleurs pas la première société française à envisager la suspension de ses activités en Iran.

La semaine dernière, le PDG de Total Patrick Pouyanné avait estimé qu’il était très peu probable que son groupe obtienne une exemption américaine lui permettant de poursuivre son projet gazier géant.

Renault qui détient 43% de Nissan, très présent outre-Atlantique ne s’est de son côté pas encore prononcé. En 2012, contrairement à PSA, il avait décidé de rester en Iran lors de l’imposition de sanctions américaines et y a vu bondir ses ventes ces deux dernières années.

« Pour les entreprises françaises qui ont une taille mondiale, forcément le risque d’aller au bras de fer avec les autorités américaines sur l’Iran est considérable car vous avez besoin du dollar pour travailler. Vous ne pouvez pas faire comme si les Etats-Unis n’avaient rien dit », note Flavien Neuvy.

Mardi, le ministre de l’Economie Bruno le Maire a estimé qu’il y avait « urgence à obtenir » des réponses des Etats-Unis sur les demandes européennes « d’exemptions et de délais supplémentaires ».

Mais à l’image de Total ou PSA, il n’est pas certain que les entreprises attendent une éventuelle réponse politique européenne.

« Sur l’Iran, les Etats-Unis veulent un changement de régime et entendent y parvenir en asphyxiant l’économie », note un spécialiste du commerce international.

« La question est de savoir si les autres partenaires vont parvenir à mettre en œuvre des canaux commerciaux qui vont convaincre l’Iran de rester dans l’accord. A ce moment-là, ce serait un échec pour les Etats-Unis, car l’accord continuerait d’exister et l’économie iranienne ne serait pas asphyxiée. Mais cela va être très difficile, car leur système de sanctions est très efficace », conclut cette même source.

(©AFP / 05 juin 2018 15h30)

https://www.romandie.com/news/Iran-le-revers-de-PSA-illustre-aussi-un-doute-quant-la-r-sistance-de-l-Europe/924572.rom

AccorHotels prêt à acheter les parts de l’Etat dans Air France-KLM

AccorHotels prêt à acheter les parts de l’Etat dans Air France-KLM

Par Fabrice Gliszczynski  |   |  420  mots
(Crédits : Christian Hartmann)
AccorHotels étudie le rachat des parts de l’Etat dans le capital d’Air France-KLM. Le groupe hôtelier a confirmé son intérêt.

Un coup de tonnerre dans le transport aérien. Selon nos informations, le groupe hôtelier Accor est intéressé pour racheter la part de l’Etat dans Air France-KLM (14,3%). Si le projet aboutissait, ce serait l’aboutissement d’un long désengagement après l’entrée en Bourse en 1999 et la privatisation en 2004 du fait du mariage avec KLM.

« Cette fuite avant l’ouverture des marchés financiers ce lundi va permettre de tester les marchés financiers », explique une source au courant de l’opération.

Intérêt depuis de longs mois

Selon nos sources, cet intérêt n’est pas nouveau. Le groupe dirigé par Sébastien Bazin, étudie en effet cette possibilité depuis plus d’un an.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le groupe hôtelier a confirmé son intérêt pour Air France-KLM

« AccorHotels a conduit à plusieurs reprises, au cours des dernières années, des discussions avec Air France-KLM en vue de développer notamment des projets digitaux communs et une plateforme commune de fidélisation et de services qui permettraient aux clients des deux groupes, leaders mondiaux du voyage, de bénéficier d’une offre enrichie de services autour de la mobilité à travers le monde. Ces réflexions comportaient l’éventualité d’une prise de participation minoritaire au capital d’Air France-KLM afin de conforter ce projet industriel de croissance.

AccorHotels confirme avoir repris ces réflexions qui sont à ce stade préliminaires quant à la faisabilité du projet et ses conditions de réalisation et qui feront l’objet, le moment venu, de discussions avec Air France-KLM ».

Outre les synergies évidentes entre la clientèle d’Air France et celle d’Accor, le montage pourrait, selon un observateur, permettre à Accor de se protéger d’un OPA d’un groupe étranger, alors que les groupes chinois sont de plus en plus présents dans son capital.

Trois options

Avec les turbulences que traverse Air France-KLM, une fenêtre de tir s’est ouverte. Face aux difficultés de relancer Air France-KLM et face aux critiques incessantes sur le maintien de sa participation dans le groupe aérien, l’Etat pourrait en effet être tenté de couper le cordon ombilical avec Air France-KLM. Pour beaucoup, y compris pour le PDG démissionnaire, Jean-Marc Janaillac, la présence de l’Etat crée un sentiment d’invulnérabilité chez les personnels qui n’aide pas à réformer Air France.

Selon les Echos, trois options seraient à l’étude : un cession totale, une cession partielle, et enfin un échange entre les actions de l’Etat dans Air France-KLM contre des actions dans AccorHotels.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/accorhotels-pret-a-acheter-les-parts-de-l-etat-dans-air-france-klm-780548.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180604

Collaboration dans le domaine de la recherche pour le futur sous-marin australien

2 mai 2018

Collaboration dans le domaine de la recherche pour le futur sous-marin australien

 

Sydney, Australie, 2 mai 2018 – CP Thales Group

 

La collaboration entre l’Australie et la France dans le domaine des technologies de pointe appliquées aux sonars et à la robotique navale va se renforcer, grâce à l’accord de recherche annoncé aujourd’hui à Sydney, à l’occasion de la visite du président Emmanuel Macron en Australie. Le protocole d’accord conclu entre l’Université Flinders (Adélaïde, Australie méridionale), l’ENSTA Bretagne (Brest) et Thales est destiné à renforcer et élargir les liens qui existent déjà entre l’Australie et la France dans le domaine de la recherche, afin de contribuer au programme des futur sous-marins australiens.

 

Pour Chris Jenkins, Dicteur général de Thales en Australie, la visite officielle du président français a été l’occasion de souligner la solidité de la relation stratégique qui unit Thales et la France, relation qui s’appuie sur des instruments comme le protocole d’accord de recherche annoncé aujourd’hui.

« Il s’agit d’attirer les meilleurs talents d’Australie comme de France pour travailler sur le futur programme de sous-marin australien et, ce faisant, de doter l’Australie de capacités exceptionnelles. Le protocole d’accord crée un cadre durable pour la collaboration dans le domaine de la robotique navale destinée aux sous-marins et aux sonars de navires de surface. Il permettra, en particulier, une mise en commun des installations d’essais, la création de programmes d’échanges et le développement de projets de recherche conjoints .Il s’appuie sur la relation déjà solide qui unit Thales et l’Université Flinders en Australie, ainsi que l’ENSTA Bretagne et les activités de lutte sous la mer à Brest, France. »

 

Alexis Morel, Vice-Président en charge des activités de lutte sous mer rapporte que les discussions avec l’Université Flinders et l’ENSTA Bretagne ont déjà permis de dégager deux sujets de collaboration scientifique : la conception d’un démonstrateur pour la connexion automatique des liaisons électro-optiques en milieu marin, et le développement d’USV (véhicules autonomes de surface) pour tester les algorithmes d’autonomie sur des essaims de robots en mer.

« Cette collaboration renforcera les capacités de l’Australie, offrira aux étudiants de l’Université Flinders des possibilités de stage en France et contribuera à l’élaboration de solutions de conception pour le futur programme de sous-marins. »

 

Le professeur Colin Stirling, président de l’Université Flinders, se dit ravi de ce partenariat avec les équipes de Thales basées en Australie et en France. « Ce protocole d’accord ouvre des perspectives de collaboration encore plus étroite avec les laboratoires de recherche de Thales. Il fait suite à l’annonce récente selon laquelle l’Université Flinders sera l’un des partenaires académiques de Thales en Australie, dans le cadre du nouveau CRC (Co-operative Research Centre) de défense sur les systèmes autonomes sécurisés. »

 

Le Directeur de l’ENSTA Bretagne, Pascal Pinot, a souligné que ce protocole d’accord serait le point de départ à tout projet de recherche entre l’Université Flinders, Thales et l’ENSTA Bretagne, permettant ainsi de renforcer la coopération entre les ministères de la défense français et australien.

« Le MoU a été préparé dans le but de diriger des travaux d’études à court terme, en particulier dans le domaine de la recherche sous-marine. Il se base sur les compétences des trois partenaires dans le cadre d’une coopération franco-australienne qui se renforce en matière de défense. »

 

A propos de Thales Ceux qui font avancer le monde s’appuient sur Thales. Nous sommes aux côtés de ceux qui ont de grandes ambitions : rendre le monde meilleur et plus sûr. Riches de la diversité de leurs expertises, de leurs talents, de leurs cultures, nos équipes d’architectes conçoivent un éventail unique de solutions technologiques d’exception, qui rendent demain possible dès aujourd’hui. Du fond des océans aux profondeurs du cosmos ou du cyberespace, nous aidons nos clients à maîtriser des environnements toujours plus complexes pour prendre des décisions rapides, efficaces, à chaque moment décisif. Fort de 65 000 collaborateurs dans 56 pays, Thales a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 15,8 milliards d’euros.

 

À propos de l’Université Flinders

Jouissant d’une solide réputation pour ses capacités d’innovation scientifique et l’excellence de son enseignement, l’Université Flinders est membre du réseau Innovative Research Universities. À la fois ouverte sur le monde et investie au niveau local, elle emploie quelque 2 700 personnes et compte 25 000 étudiants, dont environ 4 000 étudiants originaires de plus de 100 pays. Ses travaux de recherche ont été en quasi-totalité (90 %) jugés supérieurs ou égaux aux standards mondiaux par Excellence in Research for Australia. Ses points forts sont notamment la défense, l’ingénierie, la science et la technologie moléculaires, l’eau et l’environnement. Son campus d’innovation high-tech abrite le 4.0 Future Factory TMI Hub, ainsi que le Flinders New Venture Institute, l’un des établissements phares de formation dans le domaine de l’entrepreneuriat.

 

À propos de l’ENSTA Bretagne

La grande école d’ingénieurs pour l’innovation dans le secteur maritime, la défense et les entreprises de haute technologie. Sur son campus brestois, ENSTA Bretagne rassemble une école d’ingénieurs et un centre de recherche pluridisciplinaires. L’établissement public accueille près de 1000 étudiants, de bac+3 à bac+8, dont 110 doctorants et 20% d’étudiants internationaux. ENSTA Bretagne forme des ingénieurs généralistes et des chargés d’expertise, capables d’assurer, dans un environnement international, la conception et la réalisation de systèmes industriels complexes, de conduire des recherches, de manager des projets technologiques et de créer leur entreprise. Sous tutelle de la Direction générale de l’armement (DGA), ENSTA Bretagne forme notamment les ingénieurs pour l’armement (20% des étudiants). En formation d’ingénieurs, masters et mastères spécialisés, ENSTA Bretagne couvre 10 domaines d’expertise phare : Hydrographie & océanographie, Systèmes numériques et sécurité, Robotique, Systèmes d’observation et intelligence artificielle, Systèmes embarqués, Architecture navale et offshore, Energies Marines Renouvelables, Architecture de véhicules / modélisation, Systèmes pyrotechniques, Sciences de l’entreprise.

Les programmes de recherche sont tournés vers les applications industrielles, civiles et militaires, au travers de collaborations étroites avec l’industrie et en qualité d’acteur important de 3 laboratoires nationaux : l’Institut de recherche Dupuy de Lôme (en sciences et technologies de la mécanique et des matériaux), le laboratoire Lab-STICC (en sciences et technologies de l’information, de la communication et de la connaissance), le Centre de recherche sur la formation (en sciences humaines sur les questions de formation et professionnalisation des ingénieurs).

Partager cet article

http://rpdefense.over-blog.com/2018/05/collaboration-dans-le-domaine-de-la-recherche-pour-le-futur-sous-marin-australien.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

Par Olivier Passet – Directeur des synthèses, Xerfi

05:06

03/04/2018

Attention à la seconde vague de désindustrialisation ! En disant cela, je ne suis pas en train de lancer l’alerte sur les bastions sur lesquels l’économie française s’est recentrée : l’aéronautique, le spatial, l’automobile, le luxe, la pharmacie, les boissons etc. L’alerte peut sembler incongrue, alors même que la part de l’industrie est déjà parmi les plus faibles des pays de l’OCDE et que la France a très largement opéré son redéploiement vers les services. […]

Mots clés : Economie française, Politique économique, Services aux entreprises, Services aux particuliers, Services, Compétitivité, Transformation numérique, Commerce extérieur, hyper-industrielle, Désindustrialisation

L’enquête judiciaire française sur l’affaire Lafarge vient de mettre en lumière les liens très étroits entre le cimentier et les services secrets français en Syrie.

L’enquête judiciaire française sur l’affaire Lafarge vient de mettre en lumière les liens très étroits entre le cimentier et les services secrets français en Syrie.

Alors qu’elle est chargée d’instruire une plainte d’anciens salariés de la multinationale contre leur employeur, la juge Charlotte Bilger étend progressivement ses investigations à l’activité du cimentier. De fil en aiguille, elle en est venue à s’interroger sur une éventuelle fourniture de ciment à Daesh.

Avant même l’ouverture de cette affaire à Paris, Thierry Meyssan avait révélé que Lafarge avait fourni environ 8 millions de mètres cubes de ciment à divers groupes jihadistes afin de construire un ensemble de fortifications et d’installations souterraines ; ce que le cimentier refuse de commenter. Il avait également révélé qu’Hillary Clinton avait été avocate et administratrice de la firme, ainsi que les services rendus par la multinationale à la CIA.

« Lafarge : L’État français au centre de l’affaire », « L’usine syrienne, fournisseuse de l’ÉI ? », Ismaël Halissat et Willy Ledevin, Libération, 23 avril 2018.

http://www.voltairenet.org/article200911.html