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Disponibilité des aéronefs militaires : c’est vraiment très, très alarmant ! (1/3)

Disponibilité des aéronefs militaires : c’est vraiment très, très alarmant ! (1/3)

Par Michel CABIROL  |   |  923  mots
Selon le rapport, la disponibilité des hélicoptères, des avions de patrouille maritime et de l'aviation de transport tactique ne permet pas d'honorer le contrat opérationnel seuil bas, nécessaire pour répondre à la tenue de la situation opérationnelle de référence et à la préparation opérationnelle.
Selon le rapport, « la disponibilité des hélicoptères, des avions de patrouille maritime et de l’aviation de transport tactique ne permet pas d’honorer le contrat opérationnel seuil bas, nécessaire pour répondre à la tenue de la situation opérationnelle de référence et à la préparation opérationnelle ». (Crédits : Reuters)
La disponibilité de certaines flottes d’aéronefs militaires est jugée « particulièrement critique », selon Christian Chabbert, auteur d’un rapport sur le MCO aéronautique, que La Tribune s’est procuré. Elle « ne permet pas d’honorer le contrat opérationnel » des forces armées.

Le rapport Chabbert sur le MCO aéronautique (Maintien en condition opérationnelle), sur lequel s’est appuyé en décembre la ministre des Armées Florence Parly pour lancer la réforme du MCO en vue d’augmenter la disponibilité des aéronefs militaires, a été mis sous le boisseau. Et pour cause. Ce rapport est très, très explosif… On connaissait déjà la gravité de la situation sur la disponibilité « particulièrement critique » de certaines flottes d’aéronefs militaires, mais le rapport Chabbert, dont La Tribune a pris connaissance, va beaucoup plus loin en révélant les conséquences très inquiétantes de ce constat sur les contrats opérationnels des forces.

La disponibilité des flottes des forces françaises stagnent depuis 2012, autour de 44%. En 2016, elle s’élevait à 44,4% et sur les six premiers mois de 2017 à 44,1%. Ces chiffres signifient que moins d’un aéronef sur deux est en mesure d’effectuer la mission pour laquelle il a été acquis. Et selon le rapport, « la disponibilité des hélicoptères, des avions de patrouille maritime et de l’aviation de transport tactique ne permet pas d’honorer le contrat opérationnel seuil bas, nécessaire pour répondre à la tenue de la situation opérationnelle de référence et à la préparation opérationnelle ». Au-delà de la difficulté à tenir les contrats opérationnels, le manque de disponibilité des appareils « obère la capacité des forces à soutenir dans la durée l’activité aérienne », estime Christian Chabbert.

La disponibilité des hélicoptères reste catastrophique

Il faut dire que la disponibilité des appareils cités dans le rapport n’excède jamais 40%, à l’exception de l’hélicoptère de transport NH90 en 2016 (41%). C’est notamment le cas des hélicoptères des trois armées. Pour l’armée de Terre, la disponibilité des Tigre s’est élevée à 25% en 2016 et 26% entre janvier/août 2017, des Puma à 31% et 32%, des Cougar à 21% et 24%, des Caracal à 27% et 24%, et, enfin, des Caïman (NH90 TTH) à 37% et 37%. Les NH90 de la Marine avaient une disponibilité de 41% en 2016 pour retomber à 33% sur les six premiers mois de 2017. Enfin, les H225M et les Puma de l’armée de l’air ont eu une disponibilité respectivement de 29% et 28% en 2016 et de 30% et 32%.

Sur les avions, la disponibilité des A400M et des C130 n’était guère mieux que celle des hélicoptères : les A400M (18% en 2016 et 30% sur les six premiers mois de 2017) et les C130 (23% et 18%). Par ailleurs, les ATL2 de la Marine ont également une disponibilité médiocre : 24% et 27%.

La disponibilité en métropole ne dépasse pas 30%

En dépit de ces taux de disponibilité très faibles, les besoins militaires liés à l’activité aérienne ont été satisfaits à 93% en 2016. « Cependant, ce constat doit être nuancé », fait valoir Christian Chabbert. Car la programmation de l’activité tient compte de l’anticipation de la disponibilité. Ainsi, la situation est « en général présentée de façon favorable » : dans le Contrat unifiée de gestion (CUG) de 2017, il est fixé un objectif de 20 Tigre disponibles sur un parc de 61 machines dont 41 en ligne. Toutefois, « les flottes très peu disponibles ont des taux de 15 à 20 % inférieurs à la programmation », précise-t-il.

Enfin, les heures de vol effectuées en opérations portent très fortement l’activité aérienne. Ainsi la disponibilité atteint 80 % en opérations extérieures mais a contrario, elle ne dépasse pas 30 % en métropole. « C’est donc l’activité aéronautique réalisée en métropole qui demeure, depuis plusieurs années, toujours en deçà de celle prévue, explique le rapport. La formation des pilotes, leur entraînement et la régénération des matériels sont par conséquent extrêmement contraints ».

« Si les opérations sont donc réalisées, c’est au prix de l’augmentation non maîtrisée d’une dépréciation de l’actif, créateur d’une dette technique et en compétences humaines qui remet en question la capacité des armées à conduire demain les missions qui leur seront confiées dans le domaine aéronautique ».

Tous les besoins ne sont pas couverts

Les besoins réels des armées estimés à 18,58 milliards d’euros sur la période 2018-2023 ne seraient pas couverts par le ministère des Armées, constate Christian Chabbert. Ainsi, il prévoirait seulement 17,64 milliards d’euros, dont 16,58 milliards d’euros de ressources budgétaires lors d’une programmation présentée en comité ministériel d’investissement (CMI) le 18 septembre 2017. Soit un différentiel de 943 millions d’euros. Mais Christian Chabbert estime les besoins réels de MCO à 4,1 milliards d’euros par an sur la période 2018-2023. Ils « ne seraient pas couverts » par cette prévision.

En outre, en cas d’amélioration de la performance de la fonction MCO, une remontée d’activité pour atteindre les normes d’entraînement (normes OTAN) des équipages entraînera « mécaniquement une nouvelle hausse de l’entretien programmée du matériel (EPM) » note le rapport. Des éventuels surcoûts qui devraient s’ajouter à l’augmentation des dépenses d’EPM prévues ces prochaines années : surcoûts liés aux opérations extérieures (régénération des matériels), la chute d’activité qui doit être enrayée, montée en puissance des nouvelles flottes (Tigre, Caïman et A400M) dont le coût d’EPM est
supérieur à celui des flottes remplacées, maintien en activité de flottes anciennes dont le coût du MCO ne cesse d’augmenter (Alouette III, C160, Gazelle …), externalisation du soutien de certaines flottes (contrat FOMEDEC).  La partie est loin d’être gagnée par Florence Parly.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/disponibilite-des-aeronefs-militaires-c-est-vraiment-tres-tres-alarmant-1-3-769078.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20180220

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Prises de bénéfices en Bourse de Paris, l’Oncle Sam était aux abonnés absents

Par Cécile Le Coz | investir.fr |

Faute d’impulsion venue des Etats-Unis, où Wall Street a gardé portes closes, le Cac 40 s’est replié de 0,48%, à 5 256,18 points, dans un volume réduit. ArcelorMittal s’est maintenu en tête de l’indice.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/02/19/1743211_1519027963_paris8_565x377p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 19 février | Crédits photo : Shutterstock

Sans grande surprise, la Bourse de Paris a marqué le pas après un gain de 4% pour le Cac 40 la semaine dernière, sa meilleure performance hebdomadaire depuis fin juin 2016. Les prises de bénéfices l’ont emporté ce lundi, l’indice terminant en recul de 0,48%, à 5 256,18 points.

L’inspiration a manqué en Europe alors que Wall Street est fermé en ce jour de Présidents’ Day. Les marchés chinois, quant à eux, ont poursuivi les célébrations de la nouvelle année du chien et ne rouvriront même que jeudi à Shanghai. Faute de carburant, les volumes de transactions à Paris se sont limités à 2,25 milliards d’euros.

Les autres grands marchés européens sont tous restés dans le rouge, dont Francfort, où le Dax a cédé 0,53%, et Londres, où le FTSE 100 s’est replié de 0,64%.

Prudence avant une émission obligataire américaine

Les intervenants ont aussi fait preuve de prudence à la veille d’une importante émission d’obligations du Trésor américain d’un montant de 151 milliards de dollars, le plus élevé depuis au moins 1994, selon les données compilées par Bloomberg. Au total, le Trésor américain s’apprête à allouer pour 258 milliards de dollars de dette cette semaine.

Cette accélération historique des émissions d’emprunts aux Etats-Unis en période de croissance économique, parallèlement à une hausse des rendements, risque de provoquer une envolée du coût de la dette, ont écrit les analystes de Goldman Sachs dans une note datée du 18 février. « La politique fiscale fédérale entre en territoire inconnu. Dans le passé, le Congrès répondait au renforcement de l’économie et à l’alourdissement du poids de la dette en augmentant les impôts et en réduisant les dépenses. Cette fois, c’est le contraire qui se produit », constatent-ils.

Les banques centrales sont également dans l’actualité. Mark Carney devait être auditionné par la Chambre des Communes ce lundi, alors que la Banque d’Angleterre a prévenu le 8 février qu’elle pourrait relever ses taux d’intérêt plus rapidement qu’anticipé par le marché. A Bruxelles, la réunion de l’Eurogroupe devait notamment discuter de la nomination du prochain vice-président de la BCE, le mandat de Vitor Constancio arrivant à échéance. Le suspense a vite pris fin : l’Espagnol Luis de Guindos s’est retrouvé le seul candidat en lice après le retrait par l’Irlande de la candidature de Philip Lane.

ArcelorMittal a dominé le Cac 40

ArcelorMittal s’est distingué à la tête du Cac 40. Le Département américain du Commerce a recommandé au président Trump un relèvement des tarifs douaniers et l’imposition de quotas plus restrictifs sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis, notamment en provenance de Chine.

Casino est resté bien orienté, également, après avoir annoncé que Monoprix était entré en négociations exclusives en vue d’acquérir Sarenza, le spécialiste de la vente de chaussures en ligne. Cette acquisition vise à « compléter l’offre de Monoprix et à le positionner comme un leader omnicanal du lifestyle (mode, décoration, beauté) », a précisé le distributeur dans un communiqué.

Sopra Steria a reculé en dépit de bons résultats 2017, même si le cash-flow net est jugé décevant. Pour CM-CIC Market Solutions, les comptes ont été pénalisés par le Royaume-Uni, ainsi que par les restructurations en cours, qui ont affecté la marge opérationnelle d’activité, en croissance de 8,6%, contre 8,8% attendu par le cabinet d’analystes.

Veolia Environnement, a disputé la lanterne rouge du Cac 40 à Publicis Group, qui l’a finalement remportée. Le numéro un mondial des services à l’environnement a annoncé que sa filiale gabonaise (eau et électricité), qu’il détient à 51%, avait été « réquisitionnée » vendredi par le ministère de l’Eau et de l’Energie et ses dirigeants écartés, en dépit d’un récent renouvellement de son contrat pour cinq ans supplémentaires.

Vallourec, qui publie ses comptes mercredi, s’est apprécié de 4,5%.

Parmi les notes d’analystes, enfin, HSBC a dégradé Worldline de « neutre » à « sous-performance » à la veille de la publication de ses résultats annuels. La valeur a accusé la plus forte baisse du SRD.

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Une inversion massive des marchés boursiers est-elle en cours ?

Une inversion massive des marchés boursiers est-elle en cours ?


Par Brandon Smith – Le 7 février 2018 – Source alt-market.com


Je le dis depuis des années et je le répète ici : les marchés des actions sont le pire signal « prédictif » possible pour la santé de l’économie générale, car ils constituent un indicateur extrême. C’est-à-dire que lorsque les marchés boursiers finissent par s’écraser, c’est généralement après des années de signes négatifs autour d’autres fondamentaux plus importants.

Bien sûr, que nous le voulions ou non, le fait est que le reste des analystes est psychologiquement dépendant du comportement des marchés boursiers. Les masses déterminent leur optimisme économique (si elles sont employées) selon les cours du Dow Jones et de S&P, mais aussi, dans une certaine mesure, par des statistiques de chômage officielles frauduleuses. Lorsque les actions commencent à plonger, la société prend conscience de la situation réelle et devient soudainement préoccupée par les dangers financiers dont elle aurait dû s’inquiéter depuis le début.


Eh bien, cela a peut-être pris quelques mois de plus que ce que j’avais initialement prévu, mais il semblerait qu’un tel moment de révélation (cette gifle dans le visage dont j’ai parlé il y a quelques semaines) soit sur nous. En moins de quelques jours, la plupart des gains sur les marchés mondiaux pour 2018 ont été effacés. La question est, cela va-t-il finir par un simple « hoquet » dans une bulle boursière haussière spectaculaire ? Ou est-ce le glas fatal et le début de l’implosion de cette bulle ?

Après avoir prédit l’élection de Donald Trump, j’ai également prédit que les banques centrales commenceraient à arrêter de soutenir les marchés boursiers. Cela s’est en fait produit avec le programme continu de hausse des taux d’intérêt de la Fed et de réduction de son bilan, qui étrangle efficacement le flux de crédit bon marché aux banques et aux entreprises qui ont alimenté les rachats d’actions pendant des années. Sans cet argent facile, constant et toujours en expansion, il ne reste plus rien pour agir comme béquille pour les marchés actions, sauf peut-être une foi aveugle. Et la foi aveugle dans l’économie finit toujours par être abattue par la laide réalité des mathématiques.

Je crois que cette dernière plongée extraordinaire des marchés actions n’est pas un « hoquet » mais un signe que la « contagion » est à l’œuvre. C’est aussi un signe d’une instabilité inhérente à notre système financier. Voici quelques raisons pour lesquelles cette tendance devrait se poursuivre.

Niveaux historiques des dettes d’entreprise

Comme mentionné ci-dessus, les taux d’intérêt artificiellement bas ont permis aux entreprises d’avoir une marge de manœuvre incroyable pour manipuler les marchés boursiers à volonté en utilisant des rachats d’actions et d’autres méthodes. Cependant, il y a maintenant des conséquences à cette stratégie. Par exemple, les niveaux d’endettement des entreprises atteignent maintenant des sommets historiques ; bien plus élevés que les niveaux d’endettement juste avant le krach de 2008.

Si cela n’illustre pas la fausseté de ce que l’on appelle la « reprise économique » je ne sais pas ce que c’est. Au-delà, que va-t-il se passer alors que la Fed continue d’augmenter les taux d’intérêt et que toute cette dette détenue par les « too big to fail » va devenir beaucoup plus chère ? Eh bien, je pense que nous voyons ce qui se passe. Au fil du temps, la foi dans la capacité d’une entreprise à soutenir le niveau de ses actions va s’éroder, et un profond déclin va surgir de cette farce.

Rapport cours/bénéfices

Dans certaines de ses déclarations finales lors de sa démission à titre de chef de la Réserve fédérale, Janet Yellen a fait quelques commentaires sur l’état des marchés boursiers. Ceux-ci comprenaient des déclarations selon lesquelles les valorisations boursières étaient élevées et que le ratio cours/bénéfice du S&P 500 (le ratio entre la valeur des actions et le bénéfice réel par action) était à un sommet historique. Cela correspond exactement au changement de politique contre lequel j’ai mis en garde en 2017 et à mon affirmation selon laquelle Jerome Powell sera le président de la Fed pour superviser le krach final de la bulle des marchés après le renflouement de 2008.

La flambée des ratios cours/bénéfices ne se produit pas seulement sur les marchés américains. Par exemple, la même tendance peut être observée dans des pays comme l’Inde. Cela veux dire qu’il existe un gros problème d’évaluation des actions dans le monde entier.

Le problème ici est que les bénéfices des entreprises ne justifient pas des prix d’actions aussi élevés. Par conséquent, quelque chose d’autre doit gonfler ces prix. Ce sont, bien sûr, les mesures de relance de la banque centrale. Et maintenant la fête est presque terminée, que ces « maudits acheteurs baissiers » veuillent bien l’admettre ou non.

Pics de rendement des bons du Trésor à 10 ans

La hausse des rendements des bons du Trésor a-t-elle réellement été le signal d’une « économie en accélération » comme le suggèrent souvent les économistes traditionnels ? Pas vraiment. À l’ère des manipulations monétaires par les banques centrales, il est plus probable que les rendements aient monté parce que les marchés anticipent l’arrivée de Jerome Powell comme président de la Fed et l’accélération des hausses de taux d’intérêt plutôt qu’une accélération de l’économie.

La notion que l’économie elle-même pourrait être « en surchauffe » en 2018 est un mème de propagande plutôt nouveau et néfaste utilisé par les banquiers centraux pour définir un narration particulière. Je crois que ce récit sera l’affirmation que « l’inflation » est une préoccupation majeure plutôt que la déflation et que les banques centrales doivent agir pour tempérer l’inflation avec des hausses de taux plus agressives. En réalité, ce que nous voyons n’est pas une « inflation » dans un sens traditionnel, mais une stagflation. C’est-à-dire que nous voyons des éléments d’inflation des prix dans les biens et services de première nécessité ainsi que dans les marchés immobiliers, mais une déflation continue dans le reste de l’économie.

La Fed, en particulier, continuera d’ignorer les fondamentaux négatifs, car elle cherche délibérément à faire exploser la bulle boursière qu’elle a créé.

La flambée des rendements obligataires à 10 ans semble être étroitement liée à la volatilité récente des actions. Cette volatilité a augmenté de façon exponentielle lorsque les rendements ont approché la barre des 3%, ce qui semble être le point de déclenchement magique d’une forte baisse des actions. Bien que les rendements aient légèrement baissé avec la chute des marchés cette semaine, je recommande toujours de garder un œil sur cet indicateur.

Faiblesse du dollar

Comme je l’ai mentionné dans un récent article, il y a eu un étrange écart entre les taux d’intérêt et le dollar américain. Alors que la Fed poursuit sa politique de hausse des taux d’intérêt, le dollar-index aurait du réagir en conséquence. Au lieu de cela, le dollar a été rapidement en baisse, calant seulement lors des deux dernières séances de trading. Si le dollar-index continue de baisser alors même que les actions baissent et que les taux augmentent, cela peut suggérer un risque systémique pour le dollar lui-même.

Un tel risque pourrait inclure un lâcher de dollars par les banques centrales étrangères en faveur d’un panier plus large de devises, ou pour le panier de DTS créé par le FMI.

Accélération des réductions de bilan

La publication la plus récente des données de la Fed sur son programme de réduction de son bilan montre une baisse des avoirs de 18 milliards de dollars ; C’est beaucoup plus élevé que les 12 milliards de dollars initialement prévus par la Fed. C’est-à-dire que la Fed est en train de relâcher les avoirs à son bilan beaucoup plus rapidement qu’elle ne l’avait annoncé au public au départ.

Pourquoi est-ce important ? Eh bien, si vous avez suivi le comportement des actions au cours des dernières années ainsi que les augmentations du bilan de la Fed, vous savez que les marchés boursiers ont augmenté en corrélation directe avec ce bilan. En d’autres termes, plus les achats de la Fed ont augmenté, plus les actions ont monté.

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Bilan de la Fed et marché US en 2017

 

Si cette corrélation est directement liée, alors que la Fed réduit son bilan, les actions devraient baisser.

Ainsi, alors que la Fed annonce sa dernière série de réductions de bilan le 31 janvier, la réduction est beaucoup plus élevée que prévu et en une semaine, nous avons assisté à la plus grande baisse du marché sur deux jours depuis des années. Vous pourriez penser que cette observation pourrait être importante, mais si vous regardez les médias économiques dominants, presque personne ne le mentionne. Au lieu de cela, ils cherchent toutes sortes d’explications aléatoires pour ce qui vient de se passer, dont aucune n’est très logiquement satisfaisante.

Je crois que la Fed ne poursuivra pas seulement son programme de hausse des taux d’intérêt même si les actions commencent à s’effondrer, mais qu’elle se délestera aussi de son bilan le plus rapidement possible.

Commentaires des investisseurs

Les grandes entreprises d’investissement commencent à faire entendre leurs voix sur le potentiel non seulement de baisse des marchés, mais aussi sur le niveau de la chute. Capital AMP, basée à Sydney, a suggéré un recul plutôt modéré de 10% des actions, ce qui, je pense, deviendra la base des discussions pour la plupart des médias grand public au cours des deux prochaines semaines. Au moins, jusqu’à ce que tout s’écroule beaucoup plus loin que ça.

Le chef de la direction de Blackstone s’attend à ce que les actions chutent d’au moins 20% cette année, un chiffre beaucoup plus agressif mais toujours pas assez élevé selon moi.

Je crois toujours que les estimations de ce genre ne sont crédibles qu’à très court terme. D’ici la fin de l’année 2018, il est possible que les marchés doublent le niveau des pires baisses estimées, prévues par le monde de l’investissement traditionnel, compte tenu des fondamentaux.

Commentaires du banquier central

Les commentaires des agents de la Réserve fédérale renforcent l’idée que la banque centrale est sur le point d’écraser la bulle du marché haussier. Le directeur de la section locale de San Francisco, Robert Kaplan, a déclaré que la Fed pourrait devoir augmenter les taux d’intérêt PLUS que les trois fois attendues par les économistes traditionnels en 2018.

Comme indiqué ci-dessus, les déclarations de Janet Yellen, la sortante, étaient décidément « bellicistes » ce qui suggère que les marchés immobiliers et les actions sont surévaluées. En plus de cela, Jerome Powell, le nouveau président de la Fed, a été cité dans les documents de la Fed de 2012 (finalement publié le mois dernier) discutant de la bulle du marché créée par la Fed et du besoin de la tempérer. En d’autres termes, Powell est l’homme parfait pour ce travail d’implosion des marchés actions. Powell a même prédit en 2012 que lorsque la Fed relèverait ses taux, la réaction des marchés boursiers pourrait être sévère. Intéressant que les marchés plongent le premier jour où Powell assume la position de président de la Fed.

Je suppose que finalement un agent de la Fed et moi avons quelque chose en commun. Nous avons tous les deux prédit le même résultat sur les marchés, provoqué par le même événement déclencheur depuis environ le même nombre d’années.

J’ai décrit dans les moindres détails le plan pour la « réinitialisation économique mondiale » et le rôle de Powell dans la supervision du prochain krach boursier dans mon article « Party While You Can – Central Bank Ready To Pop The ‘Everything’ Bubble ». Dans cet article, j’ai prédit exactement les résultats qui semblent se développer aujourd’hui sur les marchés actions.

Par essence, Powell est décrit par les médias traditionnels comme « le mec de Trump » et avec ce changement dans le leadership de la Fed, celle-ci est maintenant appelé « la Fed de Trump ». Ce n’est pas une rhétorique aléatoire. Je ne peux penser à aucun autre président dans le passé qui a été crédité par les médias grand public pour les activités de la Réserve fédérale. Le contrôle de Trump sur la Réserve fédérale est nul. Mais, les actions de la Fed au cours de cette année vont sans aucun doute écraser les marchés actions, les mêmes dont Trump a stupidement pris la hausse à son compte depuis son élection.

Le vrai problème ici est : à quelle vitesse cette plaie purulente si laide va-t-elle exploser ? C’est difficile à dire. Je ne serais pas surpris si les marchés chutaient d’environ 20% par rapport aux sommets atteints au cours des deux prochains mois, puis qu’ils décrochent. Nous pouvons même voir quelques rebonds spectaculaires à court terme, tous présentés avec trompettes et fanfare par les médias économiques traditionnels qui proclameront que la dernière chute brutale n’est rien de plus qu’une « anomalie ». Ensuite, une forte baisse se poursuivra jusqu’à la fin 2018 et la panique s’ensuivra.

Cela dit, s’il y a une sorte de crise géopolitique majeure (comme une guerre avec la Corée du Nord), alors tous les paris sont à revoir. Les marchés pourraient tomber de manière exponentielle en quelques semaines plutôt qu’en une année. Comme les derniers jours l’ont prouvé, les marchés actions ne sont pas invincibles, loin de là. Et tous les gains accumulés en l’espace de quelques années peuvent être effacés en un instant.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/une-inversion-massive-des-marches-boursiers-est-elle-en-cours

 

Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises

Le 18 janvier 2018
Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises
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Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises

par Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R),

Éric DENÉCÉ, docteur en sciences politiques, a servi au Secrétariat de la défense nationale avant de se consacrer à l’intelligence économique au Centre d’études et de prospectives stratégiques (CEPS), au sein du cabinet ARGOS et du groupe GEOS. Auditeur du Centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie moderne (Cheam) en 1993, il avait consacré son mémoire à La liberté de navigation à travers les détroits, enjeu essentiel de la sécurité en Asie du Sud-Est.

Il enseigne le renseignement et l’intelligence économique dans plusieurs écoles de commerce et universités françaises et étrangères. Il conseille par ailleurs les entreprises en matière de Risk Management (CF2R Services). Auteur de nombreux ouvrages sur le renseignement, l’intelligence économique, le terrorisme et les opérations spéciales, il a reçu en 2009 le prix Akropolis de l’Institut des hautes études de sécurité intérieure (IHESI).

Le risque est par définition au cœur de l’entreprise. Sous le double effet des révolutions technologique et géopolitique à l’origine de la mondialisation, l’environnement des affaires connait de profonds bouleversements. L’influence des facteurs « hors marché » est devenue en deux décennies un sujet de préoccupation majeur pour les acteurs économiques engagés dans la compétition internationale. Aujourd’hui, cinq nouveaux types de risques doivent être pris en considération : internationaux, criminels, sociétaux, anticoncurrentiels et extra-judiciaires.

Les risques internationaux

Plus géopolitiques que « politiques », ils résultent de l’accroissement de l’insécurité internationale et du terrorisme. Il y a une défaillance des États en voie de développement qui, confrontés, depuis la fin de la guerre froide, à la chute des financements des deux blocs, ne peuvent plus payer leurs policiers et leurs militaires.

Les mouvements de guérilla se sont criminalisés. Leurs membres, privés de toute réinsertion mais disposants de dépôts d’armes, se sont reconvertis en criminels pour survivre. Les « zones grises » ou zones de non-droit prospèrent en Afrique mais aussi dans nos banlieues. Les seules régions sécurisées sont celles qui produisent des matières premières.

Les conflits intraétatiques se multiplient : guerres tribales ou ethniques. Les revendications liées au décalage de développement entre pays du nord et du sud se multiplient. La population est remontée contre l’Occident.

L’islam radical intervient maintenant au niveau international. Il cible les liens des pays visés avec l’Occident : les industries, les mines, etc. Les attentats, les enlèvements d’expatriés, la piraterie maritime se multiplient. Le nombre d’enlèvements est évalué à environ 30 000 par an, dont 25 % d’Occidentaux. Les ONG et les entreprises n’ont plus d’interlocuteurs locaux capables d’assurer leur sécurité. Cela leur impose un accroissement du coût de leurs opérations ou les oblige à quitter certains marchés. Il y a donc pour les entreprises des risques à l’occasion de leurs voyages, de leurs implantations et de leurs projets.

Les risques criminels

La part de l’économie criminelle dans le monde est forte : 2 000 milliards de dollars, 7 % du PIB mondial contre 2 à 3 % en 1990, 25 % de la richesse privée mondiale. Les organisations criminelles (mafias, cartels, etc.) font irruption dans l’économie légale, en particulier pour « recycler » leurs fonds. Cette manœuvre se caractérise par une diversification des produits ou des marchés et vise un blanchiment des fonds pour assurer l’héritage des enfants !

Les fonds objets du blanchiment sont issus de trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains (prostitution, trafic d’organes), de contrebande de produits rares, de contrefaçon de médicaments ou d’autres produits. Il faut se débarrasser des petites coupures, un million de dollars en billets pèse 48 kilos, et ensuite « légaliser » ces fonds.

Les opérations illicites s’infiltrent dans les activités traditionnelles des entreprises par de multiples biais : placements immobiliers, participations financières, rachats de PME, etc. Par ailleurs, les fraudes internes sont une préoccupation constante pour les dirigeants.

Les risques anticoncurrentiels

Ils sont la conséquence du durcissement de la compétition économique. Une course effrénée à l’innovation et aux marchés se développe avec un accroissement de l’intensité concurrentielle. Il y a une régression de l’application de la loi de l’offre et de la demande. De nombreux acteurs recourent à des pratiques agressives, déloyales ou illégales pour acquérir des informations (espionnage), contournent les règles d’accès aux marchés (corruption, influence, pressions politiques), pour venir à bout de la concurrence (déstabilisation, sabotage).

Les États interviennent dans la compétition économique. En 1990, à la fin de la guerre froide, de 20 à 30 % du personnel de la CIA et de la NSA américaines se sont reconvertis dans la sécurité des entreprises. Les pratiques illégales participent à la guerre économique. Les savoir-faire des opérations clandestines sont utilisés. La guerre mondiale contre le terrorisme (Global War on Terrorism, GWOT pour les Américains) est utilisée à des fins commerciales. Les États-Unis écoutent les communications, celles de l’Iran bien sûr mais aussi et surtout celles des pays développés. La France n’échappe pas à ces écoutes car elle intervient dans des domaines concurrentiels… Ces méthodes prennent clairement leurs distances avec l’éthique – voire la légalité – et font courir des risques énormes aux entreprises qui en sont victimes.

Des risques extra-judiciaires sont liés à l’application extraterritoriale du droit américain en matière de règles d’exportation (embargo) et de normes anticorruption. Cette pratique offre des possibilités de poursuites judiciaires multiples par la justice des États-Unis et instrumentalise le droit pour affaiblir ses concurrents économiques. Cela se traduit pour les entreprises et leurs dirigeants par des poursuites pénales et de lourdes sanctions financières.

Les risques sociétaux

Les risques sociétaux sont la traduction de l’évolution des préoccupations morales et éthiques de nos sociétés. Ils sont aussi l’inquiétante traduction du vide philosophique et spirituel et de la perte de repères de nos sociétés post-industrielles.

L’évolution des sociétés modernes se caractérise par le développement des manifestations en faveur de l’écologie, par la perte des valeurs en particulier dans le monde occidental. Les risques sociétaux sont aussi la conséquence directe d’un certain « désœuvrement » lié au chômage, une retraite plus longue, un temps de travail réduit qui offre plus de temps libre et aussi du développement des moyens de communication modernes (TIC).

Les risques sociétaux sont de nature sectaire ou de nature contestataire. Ils relèvent globalement de la volonté de remettre en cause la société libérale et de déstabiliser les entreprises, soit au nom d’une croyance que les uns cherchent à imposer (islam radical, scientologie, etc.) ou d’une cause « éthique » que les adeptes défendent parfois avec une très grande violence (altermondialistes, animalistes et écologistes radicaux).

Risques sectaires

Diverses sectes ciblent les acteurs économiques : Scientologie, New Age, certaines formes de développement personnel/coaching, etc.

Le risque islamique présente une spécificité française. Le nombre des musulmans en France est évalué à 6 millions de personnes, dont 1 à 2 % d’islamistes. Les manifestations communautaires se développent : exigence d’une salle de prière, demande d’aménagement des horaires pour les prières, refus de serrer la main des femmes, prosélytisme, etc.

Risques militants

Ils résultent des nouvelles « valeurs » de nos sociétés : transparence, écologie, développement durable, etc. Dans nos sociétés développées, il y a une multiplication des mouvements de contestation sociétaux ou éthiques : antipub, anti marques, @dbusters (« casseurs de pub »), écoterroristes, animalistes, anti-avortement, altermondialistes, etc. Dans chaque « cause », il y a passage à l’action violente des groupuscules contestataires.

Les actions de tous ces groupes perturbent le fonctionnement interne autant que les activités des entreprises et nuisent directement ou indirectement à leur image et à leur réputation.

 

Perspectives : addition et combinaison des risques

Ces nouvelles menaces font peser sur les entreprises de nouveaux risques qualifiés de « non conventionnels » ou « spéciaux » parce qu’ils ne relèvent pas de la sphère traditionnelle des managements. Ces nouvelles menaces proviennent essentiellement d’acteurs « hors marché » et se traduisent par des modes d’action (violence, prédation, subversion, chantage) auxquels les entreprises ne sont pas accoutumées. Ce sont des risques intentionnels et organisés, à la différence des risques financiers, technologiques ou climatiques, dits « conventionnels ».

Le volet « cybernétique » de ces risques ne doit pas être négligé. De même, il faut noter l’interconnexion progressive des nouvelles menaces. Parmi celles-ci, la criminalité, avec la corruption et le chantage, est un danger infiniment supérieur au terrorisme. Tout ces risques nécessitent d’anticiper en permanence par le renseignement.

Le domaine de préoccupation des entreprises s’élargit désormais à de nouveaux champs qui viennent perturber leur développement et leur imposent de nouvelles conditions de fonctionnement. D’où la nécessité d’apporter aux acteurs économiques de nouveaux éléments d’information, utiles à leur développement, qui leur permettront d’affiner la perception de ces nouveaux risques, de mesurer leurs impacts possibles sur leurs activités et d’identifier les solutions existantes pour s’en prémunir ou y réagir.

Notes de François Toussaint et synthèse de l’intervenant

https://www.arri.fr/articles/22168-les-risques-non-conventionnels-et-leur-impact-sur-les-entreprises

Renault : crise managériale à quelques jours d’un conseil d’administration crucial

Renault : crise managériale à quelques jours d’un conseil d’administration crucial

Par Nabil Bourassi  |   |  693  mots
Carlos Ghosn doit résoudre plusieurs problèmes managériaux afin de pérenniser l'Alliance avec les Japonais Nissan et Mitsubishi.
Carlos Ghosn doit résoudre plusieurs problèmes managériaux afin de pérenniser l’Alliance avec les Japonais Nissan et Mitsubishi. (Crédits : Reuters)
Thierry Desmarest aurait quitté ses fonctions d’administrateur indépendant du conseil d’administration du constructeur automobile français, selon Les Echos. Ce départ survient quelques jours avant un conseil d’administration important qui doit acter une très attendue réforme de gouvernance chez Renault, et qui aurait déjà provoqué le départ de Stefan Mueller, l’un des favoris au poste de numéro deux de Renault…

Quelques jours avant un conseil d’administration très attendu sur l’évolution de sa gouvernance, Renault traverse une crise managériale en toute discrétion. En l’espace de quelques jours, la presse a dévoilé plusieurs départs dont celui de Stefan Mueller, directeur délégué à la performance, mais également de Thierry Desmarest, administrateur indépendant de Renault.

L’Etat préférait un Français

Le premier faisait figure de favori, en concurrence avec Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité, pour devenir le numéro 2 du groupe automobile français, dont le nomination doit être votée jeudi prochain, la veille de la présentation des résultats financiers du groupe Renault. De son côté, Thierry Desmarest est l’un des capitaines d’industrie les plus respectés et influents de France en vertu de son titre d’ancien PDG de Total. Selon Les Echos, plusieurs administrateurs auraient critiqué l’opacité du processus de nomination du dauphin de Carlos Ghosn, PDG de Renault.

Le nom de Thierry Bolloré était pourtant l’un de ceux les plus fréquemment cités pour succéder au charismatique patron du groupe automobile. De plus, l’Etat français (15% du capital) aurait milité pour que le successeur désigné soit français.

Les entourages des deux protagonistes ont néanmoins tenté de dédramatiser l’enjeu de leur décision. Ainsi, Stefan Mueller aurait décidé de quitter le groupe pour « raisons personnelles », tandis que Thierry Desmarest aurait de toute façon prévu de quitter le conseil d’administration juste après cette réunion, et ce, en dépit de son mandat qui court jusqu’en 2020.

La méthode

Il est également possible que le conseil d’administration ait divergé sur la méthode choisie. Pour l’heure, on ignore quelle forme prendra la nouvelle gouvernance qui sera entérinée cette semaine. Carlos Ghosn se contentera-t-il de nommer un numéro deux. Ou va-t-il se désengager en confiant les manettes opérationnelles de Renault à Thierry Bolloré tout en restant président du conseil d’administration, comme il l’a fait il y a un an chez Nissan? Ce scénario est largement préféré par les marchés comme par le gouvernement français.

L’autre enjeu de la réforme de la gouvernance est de savoir qui sera propulsé successeur de Carlos Ghosn pour diriger l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Carlos Ghosn et Bruno Le Maire, ministre des finances, aurait longuement discuté par téléphone vendredi pour évoquer ces sujets. L’Etat français aurait ainsi exigé une feuille de route plus précise et plus ambitieuse pour l’intégration des différents participants de l’alliance.

L’Etat veut une fusion, pas Carlos Ghosn

Mais cette question épineuse revêt des aspects stratégiques et politiques contradictoires. On sait que l’Etat français pousse pour que Renault prenne le contrôle de l’alliance, tandis que les Japonais veulent un rééquilibrage managérial en leur faveur, conformément à leur taille économique au sein de l’Alliance. De son côté, Carlos Ghosn a toujours expliqué que l’avenir n’était pas dans une fusion mais dans la consolidation de l’alliance, seule à même de préserver les identités de marques et l’indépendance de chaque entité. Carlos Ghosn observe que nombre de fusions ont échoué dans l’industrie automobile en raison de chocs culturels insurmontable. C’est pourquoi, il a œuvré pour poursuivre les partenariats industriels (direction des achats, plateforme commune, partage de R&D…) afin de rendre l’alliance « indétricotable », pour utiliser son néologisme.

Lire aussi: Carlos Ghosn ou les limites du PDG « jupitérien »

Mais pour les marchés, l’alliance doit donner une meilleure visibilité managériale pour garantir sa pérennité, c’est à dire un plan de succession de Carlos Ghosn. Ils estiment que l’alliance repose encore trop sur sa personnalité, et tout l’enjeu est de faire en sorte que l’alliance lui survive. C’est pourquoi certains investisseurs réclament une réforme en profondeur de la gouvernance avec plus de contre-pouvoirs. Le mandat de Carlos Ghosn à la tête de Renault venant à échéance à la prochaine assemblée générale des actionnaires, cette réforme de la gouvernance ne pouvait plus attendre…

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/renault-crise-manageriale-a-quelques-jours-d-un-conseil-d-administration-crucial-768115.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180212

Trump dévoile lundi un plan infrastructures de 1.500 milliards de dollars

Trump dévoile lundi un plan infrastructures de 1.500 milliards de dollars

Washington – L’administration Trump doit esquisser lundi les grandes lignes de son plan d’investissement de 1.500 milliards de dollars en faveur des infrastructures dont un grand nombre, en piteux état, a un besoin urgent d’être rénové.

Le budget du président Donald Trump, qui doit être publié lundi, inclura 200 milliards de dollars consacrés aux routes, autoroutes, ponts et autres infrastructures cruciales pour l’économie des Etats-Unis, selon des responsables de la Maison Blanche.

« Nous devrions dégager les 200 milliards de dollars en économisant dans d’autres domaines du budget fédéral », a expliqué l’un d’entre eux.

Les Etats et les investisseurs privés vont être sollicités pour contribuer aux 1.300 milliards restants.

L’administration Trump compte utiliser les 200 milliards comme effet de levier en fournissant des garanties d’emprunt, des prêts directs et autres mesures incitatives dans le cadre de programmes tels que le TIFIA pour les infrastructures de transport (Transportation Infrastructure Finance and Innovation).

« Dix milliards dans TIFIA pourraient lever jusqu’à 400 milliards de dollars en raison de la manière dont TIFIA fonctionne », a assuré un responsable.

Lors de son discours sur l’état de l’Union fin janvier, M. Trump a demandé au Congrès d’appuyer un plan d’investissement d’au moins 1.500 milliards de dollars pour développer les infrastructures aux Etats-Unis sans donner de détails sur la manière de le concrétiser.

Construites pour la plupart entre les années 1950 et 1970, les autoroutes, routes, ponts, voies ferrées, aéroports et autres infrastructures sont en très mauvais état, « en décrépitude » aux dires même du président américain, faute d’avoir été entretenus et modernisés au fil du temps.

La Maison Blanche doit annoncer lundi la simplification des procédures de permis de construire pour les réduire à deux ans alors qu’elles peuvent en prendre aujourd’hui jusqu’à dix.

« Les infrastructures sont de toute évidence une composante essentielle du fonctionnement de notre économie, le succès américain est pour une grande part le résultat d’infrastructures de qualité que nous avions historiquement », a commenté un responsable de la Maison Blanche.

« Nous sous-investissons dans nos infrastructures et nous avons des procédures qui prennent tellement de temps que même lorsque nous avons les fonds nécessaires, cela peut prendre une décennie pour construire une infrastructure essentielle », a-t-il ajouté.

L’administration Trump souligne que la totalité des infrastructures ont besoin d’une autorisation du gouvernement fédéral bien que ce dernier joue un rôle mineur dans leur financement. Environ 14% des coûts d’infrastructures sont à la charge de l’Etat fédéral, les 86% restants sont répartis entre Etats et gouvernements locaux d’une part et secteur privé d’autre part, ont détaillé les responsables de la Maison Blanche

Le Congrès doit désormais discuter de la proposition. Dans cette perspective, M. Trump doit accueillir les parlementaires des deux partis mercredi.

Il devrait être largement questionné sur ce que l’administration pourrait effectivement financer et comment. La question de nouvelles infrastructures répondant aux problématiques climatiques devrait aussi être évoquée.

En attendant, les experts s’interrogent sur les sources de financement des 200 milliards dans le budget fédéral alors que le déficit public risque déjà d’être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017.

L’administration Trump parie sur un principe de réalité pour convaincre Etats, gouvernements locaux, entreprises privées et même usagers de mettre la main au pot: le vieillissement des infrastructures coûte cher à l’économie américaine.

Les embouteillages, qui pèsent notamment sur le secteur des transports routiers, coûtent chaque année plus de 120 milliards de dollars, selon Henry Petroski de l’université Duke.

(©AFP / 11 février 2018 22h01)

https://www.romandie.com/news/Trump-devoile-lundi-un-plan-infrastructures-de-1-500-milliards-de-dollars_RP/889466.rom

Alors, krach ou pas krach ?

Par Vincent Branchet | investir.fr | |

Avec un nouveau repli, vendredi, le Cac 40 enregistre une violente correction sur la semaine. Si les craintes d’un krach boursier sont légitimes, elles doivent être confrontées à l’analyse des données historiques.

 Venons-nous de vivre les premiers jours du prochain krach ? La Bourse est-elle sur le point de s’effondrer comme en 2008 ou en 2001 ? Ou sa chute n’est-elle qu’un simple mouvement de correction, naturel dans un marché qui reste orienté en hausse ?

Les grandes secousses appellent les grandes questions. La chute de 5,33% du Cac 40, cette semaine, après une dégringolade de 3% la semaine dernière, a de quoi inquiéter les porteurs d’actions. De l’autre côté de l’Atlantique, le Dow Jones et le S&P 500 ont perdu 6,6% en cinq jours (au moment de la clôture européenne, vendredi).

Ce qui est sûr, c’est que cette tendance n’est pas éphémère. Tout cela n’est pas un non-évènement. Depuis jeudi, il n’y a plus de doute ; les marchés sont entrés en phase de correction. Le S&P 500, qui sert plus ou moins de référence mondiale, affiche en effet plus de 10% de baisse par rapport à son record du 26 janvier.

C’est le critère principal qui définit un mouvement de correction, et selon une étude de Goldman Sachs relayée par CNBC, il annonce quatre mois difficiles. « La correction moyenne en phase de marché haussier est de 13% en quatre mois et il ne faut que quatre mois pour rebondir », indique cette étude.

Si ce que nous sommes en train de vivre est une phase de correction, alors la théorie voudrait que les actions stagnent ou baissent encore un peu jusqu’en juin, avant de rebondir durablement.

Si ça n’est pas une correction, alors c’est un marché baissier

Toutefois, il existe un deuxième scénario, dans lequel la Bourse entre en phase de marché baissier (bear market). Pour cela, il faut que le S&P 500 perde plus de 20% par rapport à son dernier record, c’est-à-dire qu’il casse le seuil des 2.300 points. Dans ce cas, les difficultés durent en moyenne deux ans et les indices perdent environ 30% ; on peut alors parler de krach boursier. Au moment de la clôture des marchés en Europe, vendredi, le S&P 500 avait encore 11% de marge avant d’atteindre ce seuil.

Le Dow Jones et le S&P 500 ont déjà « retracé » (jargon d’analyse pour « perdu ») 38,2% de la hausse qu’ils ont enregistrée depuis l’élection de Donald Trump, ce qui correspond à un seuil technique bien connu en analyse graphique (retracements de Fibonacci). Les prochains seuils à surveiller seraient 23.200 points, puis 22.100 points pour le Dow Jones. L’indice américain avait encore 2,7% à perdre, vendredi vers 17h30, pour atteindre le premier seuil, et 7,4% pour revenir sur le deuxième.

Tant que les indices américains n’ont pas perdu 20%, tant qu’ils n’ont pas touché les seuils graphiques « sur lesquels tout le monde agit, […] donc en quelque sorte auto-réalisateurs », comme l’expliquait récemment un spécialiste d’analyse graphique, on ne peut donc parler que de phase de correction. Il est trop tôt pour parler de krach.

C’est d’ailleurs loin d’être la première fois que le Cac 40 perd autant de points en une semaine. Il avait par exemple cédé 6,6% en janvier 2016 et 6,5% fin août 2015, pour ne citer que les chutes les plus récentes, sans changement sur la tendance de moyen terme.

Un problème de salaire et d’inflation

L’étincelle qui a déclenché ce mouvement est une hausse sensible des salaires outre-Atlantique, qui a ravivé les craintes de tensions inflationnistes. La statistique, publiée vendredi 2 février, a immédiatement semé le trouble sur les marchés de taux. Le taux d’emprunt d’Etat français a franchi le seuil des 1% pour la première fois en 10 mois. Son homologue américain a grimpé sur un pic de quatre ans, proche de 2,9%.

Un autre chiffre est venu renforcer ce sentiment, ce jeudi. Le Département du travail américain a fait état d’une nouvelle contraction des inscriptions hebdomadaires chômage ; 9.000 inscriptions de moins, soit 221.000, chiffre inédit en 45 ans. Les craintes concernant l’inflation et le durcissement des politiques monétaires ont par ailleurs trouvé un écho dans le message de la Banque d’Angleterre le même jour. L’institution a laissé entendre qu’elle pourrait relever ses taux plus rapidement et plus fortement que prévu initialement.

De toute façon, les opérateurs auront à charge de faire avec une volatilité ambiante nettement plus élevée que ce à quoi ils étaient habitués. Le Vix, qui mesure celle du S&P 500, communément surnommé indice de la peur, a dépassé mardi le seuil de 50 pour la première fois en deux ans et demi. A Paris les volumes d’échanges ont été exceptionnellement élevés pendant toute la semaine (6,3 milliards d’euros vendredi, contre 4 milliards par jour en moyenne ces dernières années).

S’il est trop tôt pour parler de krach, pour profiter de la période faste de marchés en hausse tranquille et sans à-coups, c’est déjà trop tard.

En savoir plus sur https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/le-cac-40-perd-1-41-a-5-079-21-points-1740987.php#w3Lw5O3llrOjlzHU.99

Séisme boursier international après la plongée de Wall Street

Économie et Finance

Séisme boursier international après la plongée de Wall Street

le 6 février 2018

L’onde de choc venue des États-Unis, où Wall Street a plongé de façon spectaculaire lundi soir, a gagné les marchés européens mardi matin après avoir déjà emporté les places asiatiques.

A l’ouverture en Europe, la baisse ne laissait aucune doute: -3,43% à la Bourse de Paris, -3,5% à Londres, -3,58% à Francfort, -3,3% à Madrid, -3,6% à Amsterdam.

« L’Europe se retrouve face à une vague rouge après le bain de sang sur les marchés américains » et ce « moins de deux semaines après un sommet historique » atteint par Wall Street, souligne Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

La question que tout le monde se posait mardi en Europe, c’est si la baisse ne faisait que commencer ou s’il s’agissait d’un accès de faiblesse passager.

Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, « la séance d’aujourd’hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l’année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés » dans une phase de baisse du marché, « ce que nous ne pensons pas ».

« Jusqu’où la baisse? », s’interrogent également les analystes d’Aurel BGC. S’ils estiment que « la baisse pourrait durer encore un peu d’ici la fin de la semaine », ils jugent néanmoins que « les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine », ouvrant la voie à une stabilisation.

« Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l’inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte », complètent-il.

L’inflation, le chiffon rouge 

C’est justement les craintes au sujet de l’inflation qui ont mis le feu aux poudres, alors que l’année 2018 avait bien commencé, les indices boursiers enchaînant les records à New York.

Vendredi la publication aux États-Unis du rapport mensuel sur l’emploi a subitement changé la donne. Bonne nouvelle pour l’économie américaine, l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés en ravivant les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu. Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché.

Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1.600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60%.

Les places financières asiatiques ont emboîté le pas à Wall Street, Tokyo en tête avec une perte de 4,73% mardi, du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5% en clôture et Shanghai plus de 3%.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP.

Sur le marché obligataire, les taux d’emprunt américains restaient sous pression. Le rendement à 10 ans progressait à 2,758% contre 2,706% lundi à la clôture.

A l’inverse, le marché européen était recherché, jouant son rôle de valeur refuge. A l’ouverture en Europe, le taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne, le fameux Bund qui fait référence sur le marché, reculait à 0,699% contre 0,736% la veille. Le yen et l’or, également prisés en période agitée, se renforçaient aussi logiquement.

Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté auprès de l’AFP Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

Autre actif risqué délaissé, la devise virtuelle bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute mardi, tombant même brièvement sous les 6.000 dollars alors qu’elle frôlait les 20.000 dollars en décembre. Le bitcoin évoluait à 6.137 dollars vers 08H30 GMT.

Toutefois, malgré ces impressionnantes dégringolades, les observateurs restaient sereins. « Nous pensons que c’est une correction saine et en même temps éphémère », relevait Peter Garnry, analyste de Saxo Bank.  « Le moment était venu d’une correction », estimait aussi Stephen Innes, sans y voir non plus les prémices d’un « krach ».


Débâcle sur les places asiatiques après le plongeon de Wall Street

Les places financières asiatiques, Tokyo en tête, ont plongé mardi, emboîtant le pas à Wall Street où les investisseurs ont soudainement cédé à l’affolement après plusieurs mois d’euphorie boursière.

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a lâché 4,73% en clôture après être tombé de plus de 7% en séance, du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche qui avait provoqué un mouvement de panique ponctuel.

Ailleurs dans la région, Sydney a fini en baisse de 3,20%, Hong Kong perdait 4,4% à une heure de la clôture, tandis qu’en Chine continentale, l’indice composite de Shanghai a abandonné plus de 3%.

L’année 2018 avait pourtant bien commencé, les indices enchaînant les records à New York, mais vendredi la publication aux Etats-Unis du rapport mensuel sur l’emploi a subitement changé la donne.

Bonne nouvelle pour l’économie américaine, l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés en ravivant les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché.

Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1.600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60%.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP.

Tout comme les donneurs d’ordres se détournent des actions, plus risquées que les obligations, ils se réfugiaient mardi vers le yen, valeur refuge prisée en période d’incertitudes.

De même l’once d’or montait-elle à 1.343 dollars vers 07h00 GMT, contre 1.333,60 dollars lundi soir.

– ‘Choc’ –

Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté auprès de l’AFP Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

Les marchés entrent maintenant « dans une phase de correction », a-t-il ajouté, avec un déclin de plus de 10% pour l’indice Nikkei par rapport au plus haut du 23 janvier, tout comme le Dow Jones avait lâché lundi plus de 10% en séance par rapport à son record du 26 janvier.

Déjà chahutées lundi, les Bourses européennes, qui s’apprêtaient à ouvrir, risquent de vivre une nouvelle séance difficile, sans forcément céder à la même panique qu’en Asie où « les places ont tendance à surréagir », note M. Innes.

Autre actif risqué délaissé, la devise virtuelle bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute mardi, tombant même brièvement sous les 6.000 dollars alors qu’il frôlait les 20.000 dollars en décembre. Il évoluait autour de 6.260 dollars vers 07H00 GMT.

Toutefois, malgré ces impressionnantes dégringolades, les observateurs restaient sereins. « Le moment était venu d’une correction », estime Stephen Innes qui ne voit pas là les prémices d’un « krach ».

« Nous pensons que c’est une correction saine et en même temps éphémère », renchérissait Peter Garnry, analyste de Saxo Bank.

« Il y a même des possibilités d’achats, peut-être pas aujourd’hui, mais plus tard dans la semaine, après ces massifs mouvements de ventes », soulignait de son côté pour l’agence Bloomberg Sean Fenton, responsable de portefeuille chez Tribeca Investment Partners à Sydney.

 

LNT avec Afp

https://lnt.ma/seisme-boursier-international-apres-plongee-wall-street/

Avis de tempête en Bourse, la dégringolade continue à New York et Paris

La Bourse de Paris enregistre une troisième séance de baisse d’affilée, alors que Wall Street peine à rebondir après une séance particulièrement douloureuse, vendredi. Les autres places européennes accusent le coup.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/02/05/1739278_1517817164_paris2_565x424p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 5 février | Crédits photo : Shutterstock

Il est extrêmement facile de tomber dans le catastrophisme lorsque l’on commente l’actualité des marchés. Dès lors que les indices enregistrent une baisse plus forte que d’habitude, le mot « krach » se répand comme une traînée de poudre. La panique pointe le bout de son nez. Tachons d’éviter ces travers, et de résumer les derniers évènements avec un peu de recul. Comme Investir l’a expliqué en réponse aux questions de ses lecteurs, dans un chat sur le site, ce lundi 5 février ; ce n’est pas parce que le marché a perdu 4% en une semaine que l’on peut parler de krach.

Ce sont les taux d’intérêt qui ont déclenché les mouvements de vente des derniers jours. Vendredi, le taux à dix ans français est remonté au-delà de 1% pour la première fois depuis mars 2017. Le rendement de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a touché 2,84%, niveau inédit depuis avril 2014. Cela faisait suite à la publication d’excellents chiffres économiques outre-Atlantique, avec entre autres une accélération de l’inflation salariale, qui ravivent les craintes d’un durcissement plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine.

L’indice de la peur grimpe en flèche

Le mouvement s’est poursuivi ce lundi. Les taux américains à dix ans ont touché un nouveau pic de quatre ans, à 2,885%. Après un repli de 2,5% vendredi, soit sa plus forte chute depuis le Brexit, le Dow Jones a perdu 1% à l’ouverture de Wall Street cet après-midi, avant de revenir laborieusement vers l’équilibre. Au moment de la clôture en Europe, les trois indices américains étaient dans le rouge. Le Cac 40 a perdu 1,48% à 5.285,83 points, portant à plus de 3% sa baisse des trois dernières séances. Londres enregistre une cinquième séance de baisse, Francfort une sixième.

L’indice Vix, qui mesure la volatilité des marchés, communément appelé « indice de la peur », est au plus-haut depuis novembre 2016. Il a grimpé de plus de 25% depuis jeudi. Certains experts conseillent de vendre. D’autres, comme Peter Cardillo, chef économiste chez First Standard Financial à New York, ne pensent pas « que le recul de vendredi annonce le début d’une correction sévère ». Contactée par CNBC, la Maison Blanche s’est dite « toujours préoccupée lorsque les marchés perdent de la valeur », mais également « confiante dans les fondamentaux de l’économie ».

La croissance des actifs de Wells Fargo gelée, l’action chute à New York

Parmi les actions américaines, Wells Fargo est particulièrement touchée. L’action de la banque abandonne 7% après que la Réserve fédérale lui eut imposé de nouvelles restrictions réglementaires « tant qu’elle n’aura pas suffisamment amélioré sa gouvernance et ses contrôles ». A noter par ailleurs que le fabricant de puces Broadcom a relevé son offre sur son concurrent Qualcomm de 24% à plus de 121 milliards de dollars. Cette offre valorise Qualcomm 82 dollars par action, soit une prime de 24% sur le cours de clôture de vendredi.

A Paris, Peugeot et Renault baissent dans le sillage de Fiat Chrysler à Milan. Le Département américain de la Justice envisagerait d’infliger des amendes « substantielles » au constructeur italien, soupçonné d’avoir utilisé un logiciel destiné à fausser les émissions polluantes des moteurs diesel équipant certains de ses véhicules vendus aux Etats-Unis.

Hors Cac 40, Air France-KLM abandonne plus de 2% alors que la compagnie envisage de présenter une offre sur Alitalia après les élections générales du 4 mars en Italie, rapporte le Corriere della Sera dans son édition de samedi. Delta Airlines et EasyJet sont également sur les rangs, ajoute le quotidien.

Vincent Branchet
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La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris en baisse à la mi-journée / © AFP/Archives / ERIC PIERMONT

La Bourse de Paris s’enfonçait dans le rouge lundi (-1,34%) après l’ouverture en repli de Wall Street, le marché peinant à inverser la tendance morose qui pèse depuis la fin de la semaine écoulée.

A 15H33 (14h33 GMT), l’indice CAC 40 cédait 71,77 points à 5.293,21 points dans un volume d’échanges de 2 milliards d’euros. Vendredi, il avait fini en recul de 1,64%.

La cote parisienne a ouvert en baisse avant de creuser ses pertes, rien ne venant rassurer des investisseurs inquiets des récentes contre-performances de Wall Street.

« Les opérateurs ont vu la chute du Dow Jones de 666 points comme un mauvais présage, et le sentiment négatif est toujours de mise », souligne dans une note David Madden, analyste chez CMC Markets UK.

En cause notamment, outre des résultats d’entreprises en demi-teinte outre-Atlantique, la hausse marquée du marché obligataire depuis fin décembre.

Celle-ci s’est encore accentuée après un rapport sur l’emploi américain de bonne facture vendredi, laissant anticiper une hausse de l’inflation, avec à la clef une possible accélération du resserrement monétaire par la banque centrale américaine (Fed).

S’ils restent attentifs au marché obligataire, les investisseurs vont aussi se plonger dans la saison des résultats d’entreprises, plusieurs mastodontes français publiant les leurs dans les jours à venir.

Du côté des indicateurs, la croissance de l’activité privée en zone euro a continué à s’accélérer en janvier, atteignant un pic de près de 12 ans.

La France a de son côté publié une activité du secteur privé en forte croissance.

Enfin, l’activité dans les services au Royaume-Uni a progressé en janvier à son rythme le plus lent depuis l’été 2016, rattrapée par les incertitudes entourant le Brexit.

Sur le front des valeurs, Capgemini cédait 2,28% à 102,95 euros après avoir annoncé l’acquisition de la société américaine LiquidHub pour environ 400 millions d’euros.

Sanofi baissait de 0,96% à 69,28 euros. Le groupe a informé les autorités philippines qu’il n’allait pas rembourser le coût des doses utilisées d’un vaccin contre la dengue que Manille a suspendu en raison de ses inquiétudes pour la santé publique.

Bic rebondissait de 1,29% à 86,10 euros après avoir été lourdement pénalisé la semaine écoulée en raison d’un avertissement sur résultats.

Maurel et Prom reculait de 2% à 3,68 euros, sans profiter d’un chiffre d’affaires en progression en 2017 grâce à la hausse des cours du brut.

CAC 40 (Euronext)

(©AFP / 05 février 2018 15h51)

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