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Des sièges fabriqués par la Chine équipent des avions Airbus

Des sièges fabriqués par la Chine équipent des avions Airbus

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 31/10/2018 18:31

Airbus a livré à la compagnie aérienne China Express un avion A320, premier avion de ligne d’Airbus équipé de sièges fabriqués par une entreprise chinoise, a indiqué mercredi Airbus Chine.

Il s’agit d’une nouvelle étape pour la coopération industrielle Airbus-Chine, a déclaré Airbus Chine.

L’A320 livré récemment compte une cabine aménagée en deux parties, avec quatre sièges en classe affaires et 168 sièges en classe économique. Il sera bientôt utilisé sur des lignes intérieures de China Express.

Ces sièges d’avion ont été fabriqués par Ali-Jiatai Aircraft Equipment Co., Ltd, basé à Xiangyang, dans la province du Hubei (centre).

L’entreprise figurait sur la liste du catalogue d’achat des produits d’équipements d’Airbus en 2017. Elle est également le fournisseur des sièges de l’avion de ligne C919 développé par la Chine.

Pour l’instant, la famille des A320 a reçu 14.700 commandes dont 8.400 ont été livrés à des clients à travers le monde, selon Airbus Chine

.https://chine.in/actualite/cn/des-sieges-fabriques-par-equipent-des-avions_114024.html

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Ford préfèrerait fermer l’usine de Blanquefort, colère de Bruno Le Maire

Ford préfèrerait fermer l’usine de Blanquefort, colère de Bruno Le Maire

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire rencontre des syndicalistes de l’usine Ford de Blanquefort, le 15 octobre 2018 à Bordeaux / © AFP / Nicolas TUCAT

Bruno Le Maire a manifesté sa colère lundi contre le constructeur automobile Ford qui préfère fermer son usine de Blanquefort (Gironde) plutôt que de la céder à un repreneur, une position jugée « indéfendable » par le ministre de l’Economie qui a alerté le gouvernement américain.

« J’ai eu le président de Ford vendredi dernier au téléphone et le président m’a annoncé qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine. Je suis en désaccord total avec ce choix », a dit M. Le Maire à Bordeaux, à l’issue d’une réunion avec des élus locaux et des représentants des quelque 850 salariés.

« S’ils pensent qu’ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l’Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire », a lancé le ministre, jugeant cette position « indéfendable ».

Déterminé à ce que « l’option de la reprise soit retenue » par le constructeur, M. Le Maire a affirmé avoir multiplié au cours du week-end les appels auprès de l’administration américaine.

Il a dit avoir téléphoné au Secrétaire au Trésor Steve Mnuchin et au conseiller économique du président Donald Trump pour « obtenir leur soutien » et qu’ils alertent « la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort », près de Bordeaux.

« Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l’activité industrielle (…) et que plutôt qu’une fermeture nous allions vers une reprise par Punch » Powerglide, « un repreneur solide » qui fabrique lui aussi des boîtes de vitesse, à Strasbourg, a-t-il dit.

Selon lui, « si Ford prenait la décision de fermer sèchement l’usine de Blanquefort le coût serait supérieur à une reprise », un choix « incompréhensible ».

Pour Philippe Poutou, délégué CGT de l’usine, l’américain « préfère fermer l’usine que favoriser la reprise car cela lui coûte moins cher au global » puisqu’une reprise signifie « obligatoirement des engagements de Ford pour assurer la transition » car « le repreneur aurait un plan sérieux mais pas avant trois ans ».

– « Totalement inadmissible » –

En septembre, M. le Maire avait en effet invité Ford « à prendre ses responsabilités », l’appelant à « participer à cette période de transition » du site qui compte 847 salariés.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire arrive à l’usine Ford de Blanquefort pour rencontrer des syndicalistes, le 15 octobre 2018 à Bordeaux / © AFP / Nicolas TUCAT

Le ministre avait qualifié d’insuffisant le plan de charge et souhaité « avoir des assurances sur les volumes [de commandes de boîtes de vitesses et de carters, que fabrique l’usine] que Ford va laisser en 2019, 2020 et 2021 ».

Etat et collectivités territoriales se sont de leur côté engagés lundi à apporter une aide financière afin de permettre la réussite de cette reprise. M. Le Maire a assuré que l’Etat était prêt à investir 5 millions d’euros à Blanquefort.

Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de la ville, a lui aussi dénoncé l’attitude du constructeur américain. « Ford continue à nous mener en bateau », a-t-il estimé, ajoutant que « les collectivités territoriales se sont engagées à apporter 12,5 millions d’euros ».

Les deux tiers seraient financés par la région Nouvelle Aquitaine et un tiers par la Métropole « ce qui est une aide considérable », a-t-il détaillé en quittant la réunion avant la fin.

Même colère d’Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine, pour qui « Ford a envie de plier les gaules » ce qui est « totalement inadmissible ». Il souhaite que la Commission européenne soit interpellée afin d’examiner les aides qu’elle verse à Ford Europe.

Fin février, Ford avait annoncé cesser tout investissement dans son usine girondine, et rechercher un repreneur pour le site implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

Selon Philippe Poutou, sur les 847 salariés du site, 390 souhaitent partir en pré-retraite et un maximum de 400 pourraient être repris par Punch.

(©AFP / (15 octobre 2018 14h11)

https://www.romandie.com/news/Ford-pr-f-rerait-fermer-l-usine-de-Blanquefort-col-re-de-Bruno-Le-Maire/962188.rom

Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France

Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France

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Affaire Areva, la monstrueuse facture qui menace la France

Ça n’en finira donc jamais ! Le groupe nucléaire, dont les frasques ont déjà coûté 4,5 milliards d’euros aux contribuables, pourrait se voir réclamer 24 milliards par la justice américaine. Cette fois, c’est une affaire de corruption aux Etats-Unis qui est en cause.

Oubliez le scandale du Crédit lyonnais des années 1990 et les 15 milliards d’euros qu’il a coûtés à la France. L’affaire Areva est en passe de battre tous les records. Selon nos informations, la justice américaine a discrètement prévenu début juillet les autorités françaises qu’elle pourrait lancer un procès pour corruption contre l’ex-fleuron tricolore de l’atome. Et que, en cas de condamnation, l’amende pourrait aller jusqu’à… 24 milliards d’euros, l’équivalent d’un tiers des recettes de l’impôt sur le revenu.

Nom d’une chaudière ! On croyait pourtant en avoir fini avec les scandales Areva, les gisements inexploitables d’Uramin rachetés à prix d’or (1,8 milliard d’euros), son réacteur EPR finlandais toujours inachevé et l’incurie de sa gestion depuis sa création en 2001. La facture a déjà coûté 4,5 milliards d’euros aux contribuables français, versés l’an dernier par l’Etat pour éviter la faillite.

Depuis, le groupe a été coupé en trois (les activités d’équipementier nucléaire ont été acquises par EDF) et a été rebaptisé Orano, comme pour lui donner un nouveau départ. Hélas ! Voilà maintenant qu’un possible pacte de corruption, conclu en 2010 par l’entreprise avec des dirigeants du Parti démocrate américain, menace de la faire exploser pour de bon. Une affaire qui pourrait aussi éclabousser le Premier ministre Edouard Philippe, directeur des affaires publiques d’Areva à l’époque.

>> A lire aussi – Le coût astronomique de l’EPR finlandais imposé par Anne Lauvergeon

“Quand, au début de l’année, j’ai découvert l’ampleur de cette affaire, j’ai transmis au directeur du FBI l’ensemble des éléments sur lesquels j’avais pu mettre la main”, dévoile à Capital Marc Eichinger. Cet enquêteur privé spécialisé dans la lutte contre la grande criminalité internationale et la corruption est très au fait du dossier : c’est lui qui a rédigé le rapport remis en avril 2010 à la direction de la sécurité d’Areva pour dénoncer la potentielle escroquerie liée au rachat d’Uramin trois ans plus tôt.

Le 26 janvier dernier, Marc Eichinger, un enquêteur privé qui collabore régulièrement avec les services américains, écrit au FBI pour attirer son attention sur une affaire encore inconnue. Certains éléments qu’il a découverts lui font penser que le rachat de la start-up américaine Ausra par le groupe nucléaire français Areva pourrait cacher un pacte de corruption, mettant en cause plusieurs hauts dirigeants du Parti démocrate, dont l’ancien vice-président Al Gore. Depuis, le FBI travaille discrètement sur cette affaire.

Estomaqué par cette nouvelle affaire de corruption aux Etats-Unis, il a aussi fait passer tout le dossier à la justice française, provoquant une surchauffe des services d’enquête en plein été, déjà caniculaire. Selon nos informations, la brigade financière, en charge des tentaculaires affaires d’Areva, a recommandé au Parquet national financier (PNF) d’ouvrir une nouvelle instruction pour “corruption d’agent public étranger et trafic d’influence”. Mais début septembre, au moment où nous écrivions ces lignes, le PNF n’avait toujours pas suivi ces recommandations.

Au coeur de ce nouveau scandale, qui n’a pas encore éclaté aux Etats-Unis, les conditions dans lesquelles Areva a acquis, en février 2010, Ausra, une startup américaine spécialisée dans l’énergie solaire. Officiellement, selon le groupe français, le prix d’achat aurait été de 243 millions de dollars. Problème : un dirigeant d’Ausra affirme avoir vendu la société pour… 275 millions. A l’époque, Areva s’était contenté du minimum syndical en matière de communication : le dossier de presse ne mentionnait aucun montant, ni l’identité précise des principaux actionnaires vendeurs.

A première vue, Anne Lauvergeon, à l’époque patronne du groupe nucléaire français, aurait pourtant dû se glorifier de cette acquisition. Car parmi ces actionnaires figurait Al Gore, l’ancien vice-président de Bill Clinton, devenu, depuis son échec à la présidentielle de 2000, le nouveau chantre mondial des énergies renouvelables. L’ex-candidat démocrate avait acquis ses parts en participant à des augmentations de capital (de 123,3 millions de dollars au total) à travers les deux fonds d’investissements qu’il préside ou conseille, Kleiner Perkins (ex- KPCB) et Generation Investment Management.

>> A lire aussi – Areva : après le scandale UraMin, l’affaire de la mine géante de nickel de Weda Bay

Si Anne Lauvergeon a préféré rester discrète, c’est que, à l’époque, Areva est déjà dans une situation financière compliquée. Quelques semaines avant cette acquisition, en janvier 2010, une réunion du Conseil de politique nucléaire, qui s’est tenue à l’Elysée en présence de tous les principaux acteurs de la filière, a abouti à la conclusion qu’il fallait le recapitaliser d’urgence. L’opération est réalisée quelques mois plus tard : la société obtient 900 millions d’euros, 600 millions étant versés par le fonds souverain du Koweït, le KIA, et 300 millions par l’Etat.

Dans cet environnement très contraint, on peut s’interroger sur l’opportunité d’acquérir Ausra. D’autant que la start-up est elle-même dans une situation financière difficile, et que sa technologie (l’énergie solaire thermique à concentration) n’a rien de révolutionnaire. Elle est même un peu désuète puisque les premières centrales solaires de ce type ont été construites dans les années 1980.

De plus, l’opération est manifestement surpayée : comme on peut le découvrir dans le propre rapport annuel 2010 d’Areva, la différence entre la valeur réelle des actifs et le prix de vente se monte à quelque 165 millions de dollars !

En réponse à la curieuse proposition d’Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon, d’acquérir avec Areva de nouvelles sociétés, l’un des directeurs du groupe assure, en décembre 2009, que l’entreprise “n’a pas les moyens” de mener une telle politique. Pourtant, deux mois plus tard, Areva mettra 243 millions de dollars sur la table pour s’offrir Ausra.

Pour quelles raisons Areva a-t-il accepté de lâcher autant d’argent pour Ausra ? Cette question, Marc Eichinger se l’est posée pendant plusieurs années avant de découvrir la vérité. Cet ancien directeur de salles de marché a en effet fini par mettre la main sur de nombreux documents compromettants pour le groupe français. A commencer par cet échange de mails intervenu en décembre 2009 entre Olivier Fric – le mari d’Anne Lauvergeon, qui n’a officiellement rien à voir avec Areva – et un haut dirigeant du groupe. Fric y propose de monter avec Areva un fonds, dont il serait co-actionnaire, pour réaliser des acquisitions dans les énergies renouvelables. “Impossible !”, lui répond ce dirigeant après avoir consulté sa patronne, en arguant que le groupe n’a pas les moyens de mener ce genre de politique. Cela n’empêchera pas Areva de s’offrir Ausra deux mois plus tard. Ni Olivier Fric d’en devenir lui-même actionnaire en 2011, par le biais d’Agave Partners Holdings, une société constituée avec un homme d’affaires américain.

La découverte de ce méli-mélo a conduit Marc Eichinger à approfondir son enquête aux Etats-Unis. Et à travailler en particulier sur l’incroyable histoire de l’usine qu’Areva était chargé de construire pour le compte du Department of Energy (une affaire que Capital a révélée dans son numéro de janvier 2017), et qui, nous allons le voir, est en relation directe avec le dossier Ausra.

Ce futur établissement était censé assurer la transformation en mox (un combustible nucléaire) des 34 tonnes de plutonium militaire que Washington s’était engagé à faire disparaître dans le cadre d’un accord de désarmement avec la Russie. Son coût était estimé à 1,4 milliard de dollars, et la mise en service programmée pour 2005. Hélas ! Onze ans plus tard, il n’avait toujours pas vu le jour. Et selon un rapport de l’US Army remis au gouvernement américain, sa facture était passée à… 17,4 milliards de dollars et son ouverture repoussée à 2048 !

Depuis, le Congrès américain s’est rendu à l’évidence : il a mis fin à ce projet, baptisé “Mox Services”, au début de cette année. Mais cette petite affaire aura tout de même coûté quelque 7,7 milliards de dollars au budget fédéral en pure perte ! En fait, cette affaire aurait dû s’arrêter bien plus tôt. Dès 2009, les rapports alarmants se multipliaient sur l’incapacité d’Areva et de son partenaire américain à construire l’usine. Et Duke Energy, le seul propriétaire de centrales nucléaires local prêt à utiliser le mox comme combustible, avait fait savoir après une série de tests défaillants qu’il ne choisirait pas cette solution.

La production de la future usine d’Areva n’ayant plus aucun débouché, le projet aurait dû être abandonné séance tenante. Au lieu de quoi, l’administration Obama et Areva persistent. Et, ô miracle, voient arriver quelques mois plus tard un nouveau client pour le mox, en l’occurrence la Tennessee Valley Authority (TVA), une agence fédérale créée en 1933 par le président Roosevelt pour domestiquer le cours du Mississippi et produire de l’électricité. Cette planche de salut inespérée permettra à l’administration fédérale de convaincre le Congrès de poursuivre le financement des travaux.

Rien d’extraordinaire ? A ceci près que la TVA est très proche de la famille d’Al Gore ! Le père du futur vice-président américain, lui-même sénateur démocrate du Tennessee durant plusieurs décennies, en a fait sa chose au point que, durant la course à la présidentielle de 2000, la presse américaine présentera la TVA comme la “candy store” (la boutique à bonbons) de la famille du candidat démocrate. Du coup, l’intervention de cette agence fédérale dans le dossier Mox Services, qui se produit au moment du rachat d’Ausra à Al Gore par Areva, pose question. Celle-là ne serait-elle pas la contrepartie de celui-ci ?

Lâché par son unique client, Areva se retrouve en 2009 sans débouché pour le combustible nucléaire mox qu’elle prévoit de produire dans une nouvelle usine. Mais contre toute attente, quelques mois plus tard, le groupe de production d’électricité TVA, proche de la famille d’Al Gore, fait part de son intention de se fournir en mox dans ce document interne à la société.

L’affaire n’implique d’ailleurs pas que l’ancien vice-président. Trois autres grands noms du Parti démocrate sont cités dans le dossier. A commencer par John Kerry, le futur secrétaire d’Etat de Barack Obama durant son second mandat. L’ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2004 est alors sénateur et président du Comité des affaires étrangères. Fin janvier 2009, au cours d’une audience sénatoriale publique et en présence d’Al Gore, il dresse un long panégyrique d’Ausra, affirmant que cette société représente l’avenir.

Coïncidence, John Kerry est aussi actionnaire du fonds qui a investi dans Ausra ! Le jour même de cette audience, le patron de la start-up annoncera pourtant, dans une interview au quotidien californien The Mercury News, l’abandon de la plupart des projets mentionnés par John Kerry en raison de ses difficultés financières…

La deuxième grande figure du Parti démocrate impliquée dans l’histoire est un homme d’affaires américain : John Doerr. Il codirige Kleiner Perkins et est connu pour être l’un des principaux leveurs de fonds du parti. Il est très proche des Clinton et de l’administration Obama : en février 2009, la Maison-Blanche le catapulte au Council on Jobs and Competitiveness, un organisme qui conseille le président. Les nombreux avantages financiers qu’obtiendra John Doerr pendant la présidence Obama généreront autant de scandales (c’est notamment l’affaire Solyndra en 2011), obligeant le ministre de l’Energie, Steven Chu, à abandonner ses fonctions.

Le troisième démocrate mouillé n’est autre que le sénateur Harry Reid, le chef de la majorité démocrate au Sénat entre 2006 et 2014. Lui aussi a beaucoup fait pour soutenir publiquement Ausra, notamment dans son Etat, le Nevada, en proposant la mise à disposition de terrains pour construire des usines solaires. C’est également un partisan inconditionnel d’Areva : il a ainsi plaidé, en 2010, auprès de Barack Obama pour que le gouvernement accorde au groupe français le prêt remboursable de 2 milliards de dollars pour financer un projet d’usine d’enrichissement d’uranium dans l’Idaho. Ce dernier, baptisé “Eagle Rock”, sera finalement abandonné en 2012.

Enfin, l’administration Obama va se montrer très généreuse avec Ausra : en février 2010, au moment de son acquisition par Areva, il reçoit une subvention fédérale (non remboursable) de 13,9 millions de dollars pour un projet d’usine solaire en Californie dont le coût est évalué à 40 millions. D’après Marc Eichinger, cette aide publique, qui représente 34% du coût de construction, est la cinquième plus grosse subvention (par rapport au coût de construction) accordée par le Trésor américain dans le cadre du financement des énergies renouvelables.

Malgré cela, Ausra, rebaptisé Areva Solar, n’a jamais généré que des pertes. Et il a été définitivement liquidé en 2015. La construction de l’usine Mox Services a elle aussi été arrêtée, mais la facture va continuer de gonfler pour le budget fédéral américain. Pour pouvoir entreposer en toute sécurité le plutonium militaire (matière très instable) qui aurait dû être transformé en combustible mox, Washington va en effet devoir dépenser quelque 19,9 milliards de dollars, selon une étude du Department of Energy !

Une bien mauvaise nouvelle pour le contribuable… français. Car, en cas de procès pour corruption aux Etats-Unis, la règle veut que le montant de l’amende couvre la totalité du préjudice financier. Certes, le procureur pourrait se contenter de réclamer à Areva les 243 millions de dollars correspondant au montant de l’acquisition d’Ausra. Mais il peut aussi très bien exiger le remboursement de toutes les dépenses fédérales engagées dans l’affaire, à savoir : les 7,7 milliards de dollars investis dans l’usine de mox jamais construite, les 19,9 milliards qui vont être engloutis dans la gestion du plutonium non transformé et les 243 millions de l’acquisition d’Ausra, soit au total pratiquement 28 milliards de dollars, ou si l’on préfère, 24,1 milliards d’euros au cours actuel.

Inutile de préciser que, Orano n’ayant pas un centime en poche, c’est l’Etat qui devrait passer à la caisse. Le seul moyen d’éviter un tel désastre, font valoir les juristes, serait que la justice française sanctionne elle-même les coupables. Interrogées par Capital, la direction d’Orano et l’Agence des participations de l’Etat (qui représente l’Etat au conseil d’administration d’Orano) ont indiqué n’avoir pas connaissance d’une instruction judiciaire concernant les activités américaines de la société. Contactée par l’intermédiaire de maître Versini-Campinchi, Anne Lauvergeon n’a de son côté pas souhaité nous répondre. En retour, son avocat s’est contenté de traiter par SMS Marc Eichinger de “rat crevé”.

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Total quitte l’Iran par crainte des sanctions américaines

Total quitte l’Iran par crainte des sanctions américaines

Par latribune.fr  |   |  557  mots
Total renonce au projet South Pars, qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d'un milliard de dollars.
Total renonce au projet South Pars, qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d’un milliard de dollars. (Crédits : Regis Duvignau)
Le géant pétrolier français Total s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars en Iran, selon le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanghaneh. Cette annonce fait suite au rétablissement des sanctions américaines contre ce pays.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a déclaré ce 20 août que le groupe français Total avait officiellement quitté l’Iran à la suite des menaces de Washington visant les entreprises qui continueraient de commerce avec Téhéran, rapporte la télévision publique iranienne.

« Total s’est officiellement retiré du contrat pour le développement de la phase 11 du projet South Pars (…) Le processus de remplacement par une autre société est en cours », selon les propos du ministre rapportés par la télévision.

Le groupe pétrolier français a confirmé cette information. Le contrat signé en 2017 en vue du développement de la phase 11 de South Pars attribuait à Total une part de 50,1% dans ce qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d’un milliard de dollars (sur un montant de 4,9 muilliards). A la tête d’un consortium avec le chinois CNPC et l’iranien Petropars, Total a indiqué en mai avoir dépensé moins de 40 millions d’euros en raison de l’incertitude croissante liée au rétablissement des sanctions américaines.

Plus de 10 milliards d’actifs américains

Mi-mai, le groupe pétrolier français avait déclaré qu’il n’irait au terme de son projet s’il n’obtenait pas une dérogation des autorités américaines. Total avait indiqué, qu’au regard de ses actifs américains qui représentent plus de 10 milliards de ses capitaux employés, il ne pouvait se permettre d’être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines.

Après son retrait unilatéral de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, Washington a rétabli le 6 août une première série de sanctions contre Téhéran et lancé un avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec l’Iran. Les Américains ont donné aux entreprises une période de 90 à 180 jours pour se retirer d’Iran et une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre.

Jeudi 16 août, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a même annoncé la création d’un « groupe de travail sur l’Iran » destiné à faire respecter les sanctions économiques américaines contre Téhéran, au risque de sanctions « secondaires » aux pays qui ne les respecteraient pas.

Les pays européens, parties prenantes de l’accord de 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, s’étaient d’emblée dit déterminés à sauver le texte. Mais par peur des pénalités américaines, un grand nombre de groupes, notamment allemands comme Daimler Deutsche Telekom, Deutsche Bahn, ont déjà annoncé leur retrait du pays.

L’agence de presse iranienne Irna a rapporté le 11 août que la compagnie nationale chinoise CNPC avait repris la part de Total dans le gisement gazier mais un responsable de la compagnie pétrolière nationale iranienne (NIOC) a rapidement démenti ces propos. Une information que Total dit ignorer.

« Quant au devenir de la participation de Total, pour notre part, nous n’avons pas été informé d’une position officielle de CNPC mais que comme nous l’avons toujours indiqué, CNPC, société d’Etat chinoise, a le droit de reprendre notre participation si CNPC le décide », a indiqué le groupe français.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/total-quitte-l-iran-par-crainte-des-sanctions-americaines-787993.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180821

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Le président Trump s’est fait élire sur la promesse de renverser le capitalisme financier et de restaurer le capitalisme productif. Dans cette logique, il considère que les dommages de guerre dus à la Syrie ne doivent pas être payés par les États-Unis, mais par des sociétés transnationales. Cette révolution des relations internationales est-elle souhaitable et possible ?

| Damas (Syrie)

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Henry Kravis au Forum de Davos. Proche de John McCain, le fondateur de KKR est membre du Council of Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg (dont sa femme est administratrice). Il emploie le général David Petraeus (ancien directeur de la CIA) avec qui il a organisé les transferts de fonds et d’armes à Daesh. Ami de longue date d’Emmanuel Macron, il a secrètement financé sa campagne électorale.

Ils étaient 114 États membres des « Amis de la Syrie » à financer sa destruction par les jihadistes. Mais, après leur échec, aucun ne veut payer quoi que ce soit pour sa reconstruction. Pourtant, ils n’ont pas eu de problème pour soutenir les États qui accueillent des réfugiés syriens ; étant entendu qu’il ne s’agissait pas là d’un geste humanitaire, mais d’un moyen de priver la Syrie de ses ressources humaines.

Surtout, tous espèrent s’enrichir en masquant leur crime et en obtenant des contrats de reconstruction.

Les 7 et 8 août, la Commission économique des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA), réunie à Beyrouth, a estimé le coût minima de la reconstruction à 388 milliards de dollars [1]. Elle devrait rendre un rapport détaillé sur ce sujet en septembre. D’ores et déjà, consciente que ce qu’à vécu le pays n’a pas grand chose à voir avec une « guerre civile », mais avec une agression étrangère, elle a annoncé le titre de ce rapport : Syria, 7 years at war. C’est-à-dire La Syrie, 7 ans en guerre et non pas 7 ans de guerre.

À titre de comparaison, le Liban, dont la population est trois fois moindre, n’a pu obtenir que 11 milliards de dollars d’aide internationale lors de la conférence CEDRE, en avril dernier.

Les États-Unis, qui planifièrent la guerre dès 2004, ne veulent pas donner un sou. Selon l’administration Trump, cette guerre a été conçue par l’administration Bush Jr. et conduite par celle d’Obama. Or ces deux administrations ne servaient pas les intérêts du peuple états-unien, mais ceux d’une classe financière transnationale. Elles ont certes détruit la Syrie, mais aussi l’économie US. Ce ne serait donc pas à Washington de payer, mais à ces gens et aux sociétés transnationales directement impliquées dans la guerre.

Par exemple, le fonds de placement états-unien et rival du Carlyle Group, KKR d’Henry Kravis (valeur boursière 150 milliards de dollars). Il emploie le général David Petraeus et a fait transiter des fonds et des armes vers Al-Qaeda et Daesh [2]. Ou le constructeur automobile japonais Toyota (valeur boursière 170 milliards de dollars) qui a fourni l’ensemble des véhicules neufs de Daesh [3]. Ou encore le fabriquant de machines de construction Caterpillar qui a vendu aux jihadistes les tunneliers nécessaires à la construction de leurs réseaux souterrains (valeur boursière 76 milliards de dollars). Sans parler du cimentier franco-suisse Lafarge-Holcim qui a produit 6 millions de tonnes de ciment pour construire leurs bunkers (valeur boursière 40 milliards de dollars) [4], etc.

L’engagement de ces sociétés dans l’application du plan de l’amiral Arthur Cebrowski pour détruire les États et les sociétés du Moyen-Orient élargi s’explique probablement par la certitude qu’elles auraient accès aux ressources naturelles de la région sous la protection des armées occidentales.

Faire payer des multinationales n’exclut pas d’obtenir des réparations de certains États comme l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar ou la Turquie qui ont financé ou dont des ressortissants ont publiquement financé les jihadistes.

Si la République arabe syrienne parvient à réunir les preuves de leur rôle durant la guerre, elle sera en droit d’en demander la saisie devant les tribunaux du pays de leur siège social. En reprenant l’argumentaire du président Trump, elle pourra compter sur l’appui de la nouvelle administration US.

Il est donc possible, même sans parvenir à faire payer des États, de réunir les 388 milliards de dollars évoqués par l’ESCWA.

À la fin de toutes les guerres ayant donné lieu à réparation des sociétés nationales ont été saisies. La nouveauté serait cette fois de tirer les conclusions de la globalisation économique et de saisir des transnationales.

[1] « Qui paiera 388 milliards de dollars de dommages de guerre pour la Syrie ? », Réseau Voltaire, 8 août 2018.

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Le département US du Trésor enquête sur les approvisionnements de Daesh », Réseau Voltaire, 8 octobre 2015.

[4] « Révélations : le jihad de Lafarge-Holcim », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 mars 2017.

http://www.voltairenet.org/article202406.html

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Par Michel Cabirol  |   |  490  mots
Le Koweït est le premier client de l'industrie française d'armement en 2017 avec l'achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d'euros)
Le Koweït est le premier client de l’industrie française d’armement en 2017 avec l’achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d’euros) (Crédits : Airbus Helicopters)
Les exportations d’armement françaises sont en très nette régression, passant de 13,9 milliards d’euros en 2016 à 6,94 milliards en 2017. Les industriels ont livré pour 6,73 milliards de matériels militaires à l’étranger l’an dernier.

Koweït, Qatar, Emirats arabes Unis (EAU), Arabie Saoudite et Inde… C’est le top cinq  des principaux pays clients de l’industrie française d’armement en 2017 (3,9 milliards sur 6,94 milliards d’euros de commandes d’armement au total, selon le rapport au Parlement 2018 sur les exportations d’armement de la France). Des commandes en chute libre de plus de 50% par rapport à 2016. En parallèle, les livraisons de matériels militaires français ont elles aussi  baissé. Elles ont atteint 6,73 milliards d’euros, contre 7,1 milliards d’euros en 2016 (6,2 milliards en 2015, 4 milliards en 2014, 3,8 milliards en 2013 et 3,3 milliards en 2012). La France a notamment livré en 2016 des armements pour 1,47 milliard d’euros à l’Egypte, 1,38 milliard à l’Arabie Saoudite et 689,5 millions à l’Inde.

« Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60 % des exportations d’armement (prises de commandes, ndlr) », selon le rapport. Sur la période 2008-2017, cette région a représenté 40% des ventes de l’industrie française d’armement. « Les secteurs des hélicoptères et des missiles (essentiellement dans le domaine naval pour ces derniers) ont par ailleurs représenté plus de la moitié des exportations de défense cette année », a également précisé ce document.

Tous ces pays sont en général très fidèles à la France, à l’exception du Koweït, qui reste quant à lui un client très modeste pour les industriels de l’armement français en dépit de sa première place en 2017 (achat de 30 hélicoptères Caracal pour plus de 1 milliard). Longtemps, très longtemps, le Koweït s’est détourné des industriels de l’armement français. Plus de vingt ans de vaches maigres pour la France (1996-2017) alors que François Mitterrand avait envoyé lors de l’opération Daguet, 19.000 soldats français libérer en 1991 le territoire koweïtien envahi par l’Irak de Saddam Hussein.

Quinze pays au-dessus de 100 millions d’euros de commandes en 2017

Juste derrière le Koweït (1,102 milliard d’euros), arrive le Qatar avec 1,089 milliard d’achats militaires, pour l’essentiel des missiles vendus par MBDA France : Exocet MM40 Block 3, Aster 30 Block 1 et VL MICA pour l’armement des navires de guerre vendus par Fincantieri et des batteries côtières. En troisième positon, viennent les EAU avec 701,5 millions d’euros, puis l’Arabie saoudite (626,3 millions) et l’Inde (388 millions). Outre ces cinq premiers clients de l’industrie d’armement française en 2017, dix autre pays ont passé plus de 100 millions de commandes chacun à la France : Brésil (329,9 millions), Egypte (217,2 millions), Corée du Sud (211 millions), Turquie (198,2 millions), Tanzanie (190 millions), Etats-Unis (164,1 millions), Japon (120 millions), Indonésie (117,1 millions), Royaume-Uni (112,8 millions), Oman (109,6 millions).

En 2017, la surprise est venue de la Tanzanie, qui s’est classée dans le Top 10 des meilleurs clients de la France. En 2016, MBDA avait vendu 304,2 millions d’euros de systèmes d’armes au Botswana. La Tanzanie a acheté une dizaine d’hélicoptères à Airbus, dont deux H215, deux H225 et des Fennec. En revanche, Singapour, qui est un client régulier de la France, a disparu des écrans radars en 2017 (44,1 millions, contre 646,6 millions en 2016).

 

 

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente

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Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente


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Publié par Marc-Antoine François le 6 Juillet 2018


Arquus (ex-Renault Trucks Defense) compte bien prendre un nouveau départ après quelques années difficiles et mise entre autres sur le scarabée, son nouveau blindé léger exposé a Eurosatory 2018. Destiné en priorité à l’export, l’héritier du VBL pourrait bien constituer la planche de salut d’une entreprise qui a connu quelques trous d’air.



En juin 2018, le salon de l’armement Eurosatory a ouvert ses portes, de nombreuses entreprises exposaient leurs nouveaux modèles comme  Arquus qui a présenté son dernier 4×4 blindé : le scarabée. C’est un blindé léger destiné à devenir le successeur du fameux VBL. Destiné en priorité à l’export, les premiers exemplaires pourraient sortir des chaînes de montages à compter de 2025, avec comme cibles commerciales à la fois les forces de police et les armées.

Après avoir suscité la curiosité avec le CRAB lors de l’édition 2012, le Scarabée permettra peux être de relancé Arquus sur le marché des blindés légers. Mais l’industriel franco-suédois doit encore passer de nombreux obstacles, à commencer par le véhicule Hawkei 4×4, blindé léger développé par le français Thales, et utilisé par l’armée australienne.

Arquus anciennement connu sous le nom de RTD (Renault Trucks Defence) était à l’origine une filiale de Renault, revendue en 2011 au groupe Volvo. Arquus sort d’ une période difficile, particulièrement en 2016-2017 avec la perte de plusieurs contrats comme VBMR-L, le successeur du VAB pris par leur concurrent Nexter.

Suite à cette période difficile de RTD Volvo a décidé de mettre en vente sa filiale mais aucune proposition n’a finalement été retenue. En mai 2018 elle a été renommé Arquus, signifiant « cheval de guerre » en latin. L’entreprise espère désormais tourner la page des mauvaises années. Le bilan est encourageant, avec 1,9 milliards d’euros de contrats signés et  600 millions de prise en commandes ferme.

SI l’option de la vente n’est plus d’actualité, la question restera quand même posée tant qu’Arquus ne sera pas définitivement sortie de l’ornière. Le rapprochement franco-allemand entre KMW et Nexter ne va pas forcément les aider en ce sens.


 

 

 

 

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

L’union entre Alstom et Siemens scrutée par la Commission européenne / © AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON

La Commission européenne, gendarme de la concurrence en Europe, a ouvert vendredi une enquête approfondie sur le projet d’union du constructeur ferroviaire français Alstom avec les activités mobilités de l’allemand Siemens.

Annoncée en septembre l’année dernière, cette fusion historique permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.

Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, avaient signé fin mars leur accord de rapprochement.

Mais l’exécutif européen explique dans un communiqué craindre que cette « concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation ».

Par conséquent, Bruxelles compte examiner si ce projet de rachat « priverait les opérateurs ferroviaires européens d’un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix » qui pourrait par ricochet porter préjudice aux clients passagers.

La Commission a désormais jusqu’au 21 novembre 2018 pour adopter une décision. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge en rien de l’issue de la procédure.

Le 8 juin dernier, Siemens et Alstom n’avaient pas exclu de retarder leur fusion au 1er semestre 2019.

Alstom avait alors justement invoqué comme raisons de ce retard « les travaux préparatoires de pré-notification (auprès des autorités de la concurrence, ndlr) extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays ».

Cette union avait suscité en septembre dernier une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française. L’intersyndicale d’Alstom était opposée à ce projet, craignant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France.

En revanche en Allemagne, le projet n’a guère suscité d’émoi et a été perçu comme salutaire pour le rail européen mais aussi pour le pays.

(©AFP / 13 juillet 2018 17h31)

https://www.romandie.com/news/Enqu-te-approfondie-de-l-UE-sur-le-projet-d-union-entre-Alstom-et-Siemens/936337.rom

 

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne hausse le ton face aux investisseurs étrangers

L’Union européenne est–elle prête à se doter d’un arsenal juridique à la mesure de sa puissance et des enjeux contemporains ? En soutenant le 29 mai la création d’un nouveau mécanisme de filtrage des investissements étrangers, les eurodéputés de la commission du commerce international font preuve de volontarisme. Si le projet de règles doit encore être approuvé par le Parlement (session du 11 au 14 juin) et attendre l’adoption d’une position commune du Conseil, nul doute que les récentes polémiques relatives aux prises de participation chinoises dans des entreprises stratégiques viendront confirmer la tendance au renforcement des cadres juridiques tant européen que nationaux. Sur fond de guerre commerciale déclarée par le Président des Etats-unis, l’Union européenne pourrait orchestrer par ce biais la sortie de son enfance stratégique.

La création d’un cadre juridique européen sous le contrôle des Etats

Les européens s’inquiètent de la montée en puissance des investissements chinois dans des secteurs stratégiques

Pour l’heure, l’Union européenne est la dernière grande puissance à ne pas avoir un mécanisme de contrôle des investissements en provenance de pays tiers, et seuls 12 des 27 États membres présentent des législations, bien que disparates, en la matière. L’adoption en commission le 29 mai du rapport du député chrétien-démocrate français Franck Proust s’inscrit dans une volonté claire. Il est temps de montrer que l’Europe n’est plus naïve dans la mondialisation en veillant à ce que “les investissements étrangers ne constituent pas une menace pour les infrastructures critiques, les technologies clés ou l’accès à des informations sensibles”. Le projet prévoit ainsi que si l’un des Etats membres use d’un mécanisme de filtrage il devra en informer dans un délai de 5 jours les Etats membres et la Commission. Dès lors qu’un tiers des États jugera l’investissement préoccupant, le pays cible devra entamer un dialogue. En outre, un groupe de coordination sur le filtrage des investissements entrants présidé par la Commission devrait être créé. Ces volontés viennent renforcer le paquet “commerce” prévu lors de l’état de l’Union de 2017. Le 13 septembre 2017, le président de la Commission Jean-Claude Juncker présentait une proposition de règlement par ces quelques mots : “L’Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui un nouveau cadre européen pour le filtrage des investissements. Si une entreprise publique étrangère veut acheter un port européen, une partie de notre infrastructure énergétique ou une entreprise de technologie de défense, cela doit se faire dans la transparence, moyennant contrôles et discussions. Il est de notre responsabilité politique de savoir ce qui se passe chez nous afin que nous puissions protéger notre sécurité collective si besoin est. »

Notons que ce nouveau cadre prévoit des avancées considérables. Premièrement, la création d’un cadre commun transparent qui respecte le principe d’égalité de traitement des investisseurs ainsi que le droit au recours. Secondement, un mécanisme de coopération entre les États membres et la Commission. Troisièmement, l’invention d’un filtrage exercé par la Commission dans le cas l’investissement étranger dans les États membres pourrait avoir une incidence sur des projets ou des programmes présentant un intérêt pour l’Union. (Horizon 2020, Galileo, réseaux transeuropéens de transport et d’énergie …)

Toutefois, il convient de remarquer que les  États restent souverains d’autant que ce nouveau cadre ne les oblige en rien à disposer d’une législation de contrôle des investissements étrangers (pour ceux qui n’en ont pas), et ne prévoit pas une convergence des législations nationales existantes.

Les investissements chinois ciblés

En marge de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018, le ministre de l’Économie Bruno Lemaire avait assuré sans le moindre tabou avoir déjà refusé “beaucoup” de projets d’investissement chinois parce qu’ils s’apparentaient à du “pillage”. Dans la foulée, il affichait son ambition d’étendre le décret Montebourg (avril 2014) en ajoutant aux secteurs stratégiques dans lesquels son ministère pouvait émettre un veto le stockage des données numériques, l’intelligence artificielle, le spatial et les semis-conducteurs. Ambition confirmée par le Premier ministre Edouard Philippe le 16 février lors d’une visite dans une usine L’Oréal dans l’Oise : “Nous souhaitons muscler notre dispositif de veille et de protection stratégique […] sans aucune brutalité protectionniste”. Bis repetita outre-rhin quelques jours plus tard. Lors d’une conférence de presse à Berlin avec le Premier ministre macédonien, Angela Merkel s’inquiétait des investissements chinois dans les Balkans liés à des ambitions politiques. La chancelière allemande a renforcé cette position durant sa visite dans l’Empire du milieu le 24 et 25 mai dernier : “La Chine et l’Allemagne sont attachées aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, mais nous parlerons aussi d’un accès réciproque dans les questions de commerce et de propriété intellectuelle. Et nous voulons renforcer le multilatéralisme”. La question est devenue essentielle pour l’Allemagne, puisque son premier partenaire commerciale est désormais la Chine ; partenaire avec lequel le commerce devrait continuer à s’accroître dans les prochaines années. Le rachat du joyaux allemand Kuka par le chinois Midea en août 2017 a définitivement alerté les industriels et autorités. Face à cette polémique, l’Allemagne a durci par un décret paru début juillet le contrôle des investissements étrangers.

On observe donc l’émergence d’un consensus européen en matière de filtrage des investissements étrangers. Le nouveau gouvernement italien et la montée des partis conservateurs dans l’est de l’Union européenne devraient venir renforcer cet arsenal protectionniste.

Assumer la puissance : le défi européen face aux influences américaines

Derrière le renforcement du cadre protectionniste se joue aussi la redéfinition des relations transatlantiques

Force est de constater que la Chine est la principale source d’anxiété commerciale en Europe. S’il est vrai que depuis 2014 les investissements chinois à l’étranger ont dépassé les investissements vers la Chine, il convient de rappeler deux éléments de contexte. D’une part, les entreprises européennes sous contrôle étranger ne représente qu’une faible part des entreprises. Il est vrai toutefois que ces investissements, en particulier chinois, se concentrent sur des secteurs stratégiques (ports, nouvelles technologies, aéroports, terres …) ce qui nécessite une veille stratégique accrue. D’autre part, il ne faut pas offusquer l’activité massive des américains qui représentaient en 2015 41% des investissements ; contre à peine 2% pour les chinois. Si ces derniers ont cru de 1000 % en 20 ans, la réalité de l’influence américaine vient d’être durement rappelée par le rachat controversé de la branche énergie d’Alstom et les menaces de sanctions extraterritoriales contre les entreprises européennes commerçant avec l’Iran. La redéfinition du multilatéralisme commercial devra certes tenir compte de la réalité chinoise mais aussi de la posture unilatérale impulsée par Washington.

Dans son dernier essai World Order paru en 2014, Henry Kissinger assénait cette cruelle vérité sur les relations transatlantiques : “L’Europe émergente deviendra-t-elle un participant actif dans la construction d’un nouvel ordre international, ou va-t-elle se s’effondrer sous le poids de ses affaires intérieures?  (…) Les États-Unis ont toutes les raisons de soutenir l’Union européenne et éviter qu’elle ne s’évanouisse en un vide géopolitique. Les États-Unis, s’ils étaient venus à être séparés de l’Europe sur les plans politique, économique et militaire, deviendraient « géopolitiquement » une île coupée du continent eurasiatique, et l’Europe elle-même pourrait se transformer en un simple prolongement de l’Asie et du Moyen-Orient.”  Le célèbre conseiller américain ébauche les trois stratégies auxquelles serait confrontée une Europe unifiée : renforcer les relations transatlantiques, adopter une posture neutre fluctuant au gré des circonstances, ou assumer un contrat tacite avec une puissance ou un groupement de puissances extra-européennes. Pour l’heure, les européens préfèrent la seconde option en tentant de ramener à la raison leur traditionnel allié américain tenté par l’isolationnisme belliqueux tout en essayant d’obtenir des gages de la part de l’ambitieuse Chine. Les pays membres restent cependant des Etats largement souverains, accentuant ainsi les risques de divisions face aux pressions intérieures (intérêts particuliers et risques populistes) mais aussi extérieures. Le Portugal a récemment annoncé ne pas vouloir s’opposer à la cession de l’opérateur électrique EDP, la plus grande entreprise du pays, au groupe China Three Gorges, tandis que la France place ses pions sur  l’inarrêtable nouvelle route de la soie chinoise. Le port de Marseille vient ainsi de signer un contrat de coopération avec le Port de Shangaï pour un projet d’investissement estimé à 100 millions d’euros. L’Allemagne, quant à elle, a profité de la rencontre fin mai entre Merkel et Xi Jinping pour obtenir de la Chine une baisse des droits de douanes sur ses automobiles. Gageons que le récent camouflet infligé par Trump lors du G7 à Charlevoix resserre les troupes du Vieux Continent.

Sources:

  • « China at the gates : A new power audit of EU-China relations », European council on foreign relations, le 1er décembre 2017
  • « Les investissements directs étrangers dans l’Union européenne : quels contrôle ? », Commission des affaires étrangères du Sénat, rapport no 115, le 27 novembre 2017
  • « Investissements étrangers : comment protéger les intérêts de l’UE », Parlement européen, le 26 janvier 2018
  • « For Merkel, some China investments are more welcome than others », Bloomberg, le 27 février 2018
  • « l’Union européenne doit acquérir l’instinct de puissance », Zaki Laïdi, Le Monde, le 6 juin 2018

About Yannis BOUSTANI

est étudiant à Sciences Po Paris en master de droit économique après une année d’échange au Liban. Passionné par la géopolitique, il développe un intérêt particulier pour le Monde Arabe, les nouvelles routes de la soie et le droit appliqué à l’intelligence économique.

Iran: le revers de PSA illustre aussi un doute quant à la résistance de l’Europe

Iran: le revers de PSA illustre aussi un doute quant à la résistance de l’Europe

/ © AFP / SEBASTIEN BOZON

L’annonce du retrait de PSA d’Iran constitue un revers pour la stratégie internationale du constructeur automobile mais elle pose également plus largement la question de la confiance des entreprises envers la capacité politique de l’Europe à résister aux injonctions américaines.

Lundi soir, en annonçant préparer un retrait d’Iran, son premier marché étranger en volume avec 12,4% de ses ventes unitaires en 2017, le groupe (marques Peugeot, Citroën, DS et Opel) a immédiatement tenté de minimiser l’ampleur de cette décision, parlant de « moins de 1% de son chiffre d’affaires ».

« Cette affirmation est à relativiser, au regard du fait que l’activité en Iran est réalisée au travers de JV (co-entreprises, ndlr) », tempère une note d’Invest Securities.

« PSA admet cependant aujourd’hui être très exposé à un marché automobile iranien où le groupe a vendu 444.600 véhicules en 2017 sur un marché qui pourrait, selon Business France, tripler de taille d’ici 2030 à 3 millions d’unités par an, dépassant ainsi le marché français », poursuit Invest Securities.

En octobre 2016, le patron de PSA Carlos Tavares avait affirmé que l’Iran était voué à jouer un rôle « central » dans le développement de son groupe dans la région, stratégique pour lui, du Moyen-Orient. Au sein de PSA, « l’Iran sera le premier producteur » de la région et sa « première base d’approvisionnement », avait-il ajouté.

Mais début mai, Washington a annoncé son retrait de l’accord nucléaire iranien et décidé de rétablir ses sanctions vis-à-vis de Téhéran ainsi que de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique, leur donnant de 90 à 180 jours pour se retirer du pays.

En se conformant à ces exigences, PSA fait donc face à un obstacle de plus dans sa stratégie internationale déjà parsemée de difficultés, avec l’effondrement de ses ventes en Chine en 2016-2017 et des objectifs loin d’être atteints en Russie. Le groupe, qui a multiplié les têtes de pont en Asie et en Afrique, est aussi en train de jeter les premières bases d’un plan sur dix ans de retour aux Etats-Unis.

« PSA est un constructeur automobile qui dépend beaucoup du marché européen. On sait que pour les dix prochaines années l’essentiel de la croissance se fera non pas aux Etats-Unis, non pas en Europe, mais plutôt dans les pays émergents », pointe Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, qui souligne néanmoins le « potentiel de PSA à rebondir en Chine ».

– Marge de manoeuvre restreinte –

Mais l’épineuse question iranienne dépasse largement les simples questions de stratégie d’entreprise. PSA n’est d’ailleurs pas la première société française à envisager la suspension de ses activités en Iran.

La semaine dernière, le PDG de Total Patrick Pouyanné avait estimé qu’il était très peu probable que son groupe obtienne une exemption américaine lui permettant de poursuivre son projet gazier géant.

Renault qui détient 43% de Nissan, très présent outre-Atlantique ne s’est de son côté pas encore prononcé. En 2012, contrairement à PSA, il avait décidé de rester en Iran lors de l’imposition de sanctions américaines et y a vu bondir ses ventes ces deux dernières années.

« Pour les entreprises françaises qui ont une taille mondiale, forcément le risque d’aller au bras de fer avec les autorités américaines sur l’Iran est considérable car vous avez besoin du dollar pour travailler. Vous ne pouvez pas faire comme si les Etats-Unis n’avaient rien dit », note Flavien Neuvy.

Mardi, le ministre de l’Economie Bruno le Maire a estimé qu’il y avait « urgence à obtenir » des réponses des Etats-Unis sur les demandes européennes « d’exemptions et de délais supplémentaires ».

Mais à l’image de Total ou PSA, il n’est pas certain que les entreprises attendent une éventuelle réponse politique européenne.

« Sur l’Iran, les Etats-Unis veulent un changement de régime et entendent y parvenir en asphyxiant l’économie », note un spécialiste du commerce international.

« La question est de savoir si les autres partenaires vont parvenir à mettre en œuvre des canaux commerciaux qui vont convaincre l’Iran de rester dans l’accord. A ce moment-là, ce serait un échec pour les Etats-Unis, car l’accord continuerait d’exister et l’économie iranienne ne serait pas asphyxiée. Mais cela va être très difficile, car leur système de sanctions est très efficace », conclut cette même source.

(©AFP / 05 juin 2018 15h30)

https://www.romandie.com/news/Iran-le-revers-de-PSA-illustre-aussi-un-doute-quant-la-r-sistance-de-l-Europe/924572.rom

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Revue de presse nationale et internationale.

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