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Affaire Ghosn : un révélateur des deals de gouvernance

06/02/201905:15

Xerfi Canal a reçu Marie-Jeanne Pasquette, Présidente de Sphère finance publications et rédactrice en chef de minoritaires.com, pour parler de la rémunération des dirigeants après l’affaire Ghosn.

Une interview menée par Adrien de Tricornot.

https://www.xerficanal.com/strategie-management/emission/Marie-Jeanne-Pasquette-Affaire-Ghosn-un-revelateur-des-deals-de-gouvernance_3746744.html

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Le Cac 40 a versé 57,4 milliards d’euros à ses actionnaires…

Atlantico-Business
Le Cac 40 a versé 57,4 milliards d’euros à ses actionnaires, de quoi encore enflammer certains ronds-points encore occupés par les Gilets jaunes

Tous ceux qui se sont emparés du sujet de l’ISF considérant que  la suppression a été un pur scandale, tous ceux qui réclament la suppression de la taxe d’habitation, sauf pour les plus riches, sans nous dire d’ailleurs à partir de quel montant on est riche dans ce pays – ne parlons pas de ceux qui condamnent les hauts fonctionnaires à 14 000 euros mensuel (plus que les ministres ou même plus que le président de la République), préférant sans doute un pays administré par des médiocres corrompus parce que pas assez payés. Bref, tous ceux qui utilisent la haine du riche (ou du plus riche que soi) pour pimenter leur projet politique vont pouvoir s’en donner à cœur joie en tricotant de belles diatribes sur le montant des dividendes versées aux actionnaires.

Avant d’interférer dans ce débat, il serait intéressant de se poser quelques petites questions sur ceux qui versent des dividendes, à qui on les verse et au final à quoi ils servent dans l’économie. Des faits et des chiffres.

 

1er question, mais qui verse vraiment les dividendes ? Les dividendes sont versés par toutes les sociétés à leurs actionnaires. Pas seulement les sociétés privées et cotées en bourse mais également les sociétés publiques. Les dividendes sont une part du résultat de l’entreprise. Pour distribuer un dividende, il faut au préalable que l’entreprise fasse des bénéfices.

La valeur créée par l’entreprise est partagée entre les salaires (en général plus de 50%), l’entreprise qui en garde une partie en réserve pour financer ses investissements (l’auto financement) et une dernière partie qui est distribuée aux actionnaires (en moyenne 20%).

En 2018, les entreprises du CAC 40 ont donc distribué 53 milliards d’euros à leurs actionnaires, elles n’avaient pas été aussi généreuses depuis 10 ans. Elles ont donc effacé la crise financière qui les avait laminées depuis 11 ans.

Alors ces résultats sont confortables parce que les performances économiques de ces grandes entreprises françaises ont été exceptionnelles. Ces entreprises qui sont très internationales ont profité du redressement de la conjoncture mondiale à partir de 2015. Puis de l’amélioration plus tardive de la situation de l’Union européenne et enfin en 2016-17 de la reprise encore plus tardive de la dynamique française.

Maintenant, la distribution de dividendes ne dépend pas que de l’ampleur des résultats, elle dépend aussi de la volonté politique des directions d’entreprise et de la pression des investisseurs

Maintenant, il s’agit-là des entreprises du Cac 40, les plus grosses. Les bénéfices ont augmenté de 18%, mais le montant des dividendes versé n’a progressé lui que de 4%.

A noter aussi que six entreprises, dont Total et Danone, ont versé une grande partie de leur dividende, non pas en cash (elles l’ont gardé pour investir) mais en actions.

Enfin, si le Cac 40 apparaît aussi généreux, il le doit à trois entreprises qui, à elles seules, représentent 33% de la distribution globale : Total, Sanofi, et BNP Paribas. Si, à ce tiercé de tête, on ajoute Axa, LVMH, l’Oréal, et Schneider, on a finalement moins de 10 entreprises françaises qui versent plus de la moitié des dividendes. A la fin de ce palmarès des plus grosses, la moitié du Cac distribue moins de 18% des dividendes.

 

Alors ce qui vrai pour le Cac 40, à savoir que l’essentiel de la distribution n’est hélas que le privilège d’une poignée de très grosses entreprises, est encore plus vrai pour le reste des entreprises françaises.

 

2e question : mais à qui sont versé les dividendes ? En théorie, les dividendes reviennent aux actionnaires. En général, les actionnaires sont ceux qui ont créé l’entreprise mais ceux-là ne sont pas ceux qui se servent le plus. L’argent de ces entreprises familiales reste le plus souvent dans l’entreprise pour servir d’autofinancement. Les entreprises les plus importantes ont encore parfois des actionnaires fondateurs ou héritiers des fondateurs, mais c’est très rare. Les familiaux historiques ont très souvent disparu sous d’autres cieux. Les actionnaires dans les très grosses entreprises sont des actionnaires individuels qui ont placé ainsi leur épargne. Ils sont venus seuls ou ont le plus souvent emprunté un véhicule financier, une sorte de transport collectif, un fonds commun d’investissement, une sicav ou un fonds de placement proposé et géré par une banque ou une société d’assurance.

Au risque de provoquer des déceptions, les épargnants français sont peu enclins à prendre ce genre de métros financiers, ils préfèrent l’assurance vie investie en bons du trésor ou en obligations d’Etat. Les Français pensent qu’un Etat endetté est plus sûr qu’une entreprise pharmaceutique qui travaille dans le monde entier. Les Français qui paient déjà beaucoup d’impôts sont libres de confier en plus leur épargne à Bercy. Mais beaucoup d’étrangers, eux, se disent que l’investissement dans une entreprise du Cac est plus intéressant. D’où la présence massive des investisseurs étrangers au capital des entreprises françaises. Et si parfois les entreprises françaises se montrent généreuses, c’est qu’elles répondent à la demande de leurs actionnaires étrangers. 80 % du capital des plus grandes entreprises françaises est dans les mains de fonds étrangers qui récupèrent donc ces dividendes.

Quand les entreprises françaises ont un actionnaire public, le dividende est donc versé à l’Etat. C’est ce que fait EDF ou SNCF. Dans ce cas, il faut savoir que le conflit d’intérêt est permanent entre la qualité de la gestion du service public et la demande hypocrite de l’Etat pour récupérer du dividende afin de rassasier sa soif de recettes fiscales. C’est le cauchemar du président de l’EDF à qui on demande de baisser les prix de l’électricité, mais de dégager un rendement maximum. En même temps bien sûr !

 

3e question : à quoi servent les dividendes distribués ? Là encore, on peut se faire mal en croyant  que les dividendes permettent aux riches oisifs de se payer une vie de rêve dans les plus grands palaces et on se trompe bien sûr.

Les rentiers de luxe existent certes, mais les dividendes qui sont distribués, pour l’essentiel aux fonds d’investissements anglo-saxons, atterrissent dans la poche des adhérents du fonds et les adhérents du fonds sont en général des retraités qui ont confié la gestion de leur retraite à ces fonds financiers.

La retraite française évolue dans un jeu de répartition. Ses enfants actifs cotisent en travaillant et la cotisation va financer la retraite de leurs ainés.

Le retraité anglo-saxon, américain, anglais, nordique ou même allemand évolue lui dans un jeu de capitalisation. Il a cotisé toute sa vie durant à un fonds de retraite, qui a investi son argent dans des entreprises solides dont celles du Cac 40.

Et c’est bien parce que les dividendes sont captés par les fonds de retraites étrangers qu’ils sont soumis à un impérialisme du court terme. Les adhérents du fonds sont des retraités, leur espérance de vie est courte, ils ont donc des exigences précises. Normal.

Ceci étant, les dividendes versés aux fonds de retraites sont recyclés en dépenses de consommation par les retraites eux même puisque ça finance leur revenu quotidien.

Quand les dividendes sont versés à des fonds d’investissement, ils servent bien sûr à de nouveaux investissements. Avec aucune garantie que ces fonds produits par des entreprises françaises soient réinvestis dans l’hexagone puisqu‘ils sont recyclés par des dons étrangers.

Une partie très modeste est recyclé dans du « made in France ».

La vie secrète d’un dividende n’a rien d’une vie de rêve. Mais disons qu‘elle n’est finalement ni très compliquée, si sulfureuse. Le dividende n’a surtout pas grand-chose à cacher, pas même la fiscalité pour cause de retenue à la source depuis des lustres.

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3563123/le-cac-40-a-verse-57-4-milliards-d-euros-a-ses-actionnaires-de-quoi-encore-enflammer-certains-ronds-points-encore-occupes-par-les-gilets-jaunes-jean-marc-sylvestre

Des sièges fabriqués par la Chine équipent des avions Airbus

Des sièges fabriqués par la Chine équipent des avions Airbus

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 31/10/2018 18:31

Airbus a livré à la compagnie aérienne China Express un avion A320, premier avion de ligne d’Airbus équipé de sièges fabriqués par une entreprise chinoise, a indiqué mercredi Airbus Chine.

Il s’agit d’une nouvelle étape pour la coopération industrielle Airbus-Chine, a déclaré Airbus Chine.

L’A320 livré récemment compte une cabine aménagée en deux parties, avec quatre sièges en classe affaires et 168 sièges en classe économique. Il sera bientôt utilisé sur des lignes intérieures de China Express.

Ces sièges d’avion ont été fabriqués par Ali-Jiatai Aircraft Equipment Co., Ltd, basé à Xiangyang, dans la province du Hubei (centre).

L’entreprise figurait sur la liste du catalogue d’achat des produits d’équipements d’Airbus en 2017. Elle est également le fournisseur des sièges de l’avion de ligne C919 développé par la Chine.

Pour l’instant, la famille des A320 a reçu 14.700 commandes dont 8.400 ont été livrés à des clients à travers le monde, selon Airbus Chine

.https://chine.in/actualite/cn/des-sieges-fabriques-par-equipent-des-avions_114024.html

Ford préfèrerait fermer l’usine de Blanquefort, colère de Bruno Le Maire

Ford préfèrerait fermer l’usine de Blanquefort, colère de Bruno Le Maire

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire rencontre des syndicalistes de l’usine Ford de Blanquefort, le 15 octobre 2018 à Bordeaux / © AFP / Nicolas TUCAT

Bruno Le Maire a manifesté sa colère lundi contre le constructeur automobile Ford qui préfère fermer son usine de Blanquefort (Gironde) plutôt que de la céder à un repreneur, une position jugée « indéfendable » par le ministre de l’Economie qui a alerté le gouvernement américain.

« J’ai eu le président de Ford vendredi dernier au téléphone et le président m’a annoncé qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine. Je suis en désaccord total avec ce choix », a dit M. Le Maire à Bordeaux, à l’issue d’une réunion avec des élus locaux et des représentants des quelque 850 salariés.

« S’ils pensent qu’ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l’Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire », a lancé le ministre, jugeant cette position « indéfendable ».

Déterminé à ce que « l’option de la reprise soit retenue » par le constructeur, M. Le Maire a affirmé avoir multiplié au cours du week-end les appels auprès de l’administration américaine.

Il a dit avoir téléphoné au Secrétaire au Trésor Steve Mnuchin et au conseiller économique du président Donald Trump pour « obtenir leur soutien » et qu’ils alertent « la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort », près de Bordeaux.

« Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l’activité industrielle (…) et que plutôt qu’une fermeture nous allions vers une reprise par Punch » Powerglide, « un repreneur solide » qui fabrique lui aussi des boîtes de vitesse, à Strasbourg, a-t-il dit.

Selon lui, « si Ford prenait la décision de fermer sèchement l’usine de Blanquefort le coût serait supérieur à une reprise », un choix « incompréhensible ».

Pour Philippe Poutou, délégué CGT de l’usine, l’américain « préfère fermer l’usine que favoriser la reprise car cela lui coûte moins cher au global » puisqu’une reprise signifie « obligatoirement des engagements de Ford pour assurer la transition » car « le repreneur aurait un plan sérieux mais pas avant trois ans ».

– « Totalement inadmissible » –

En septembre, M. le Maire avait en effet invité Ford « à prendre ses responsabilités », l’appelant à « participer à cette période de transition » du site qui compte 847 salariés.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire arrive à l’usine Ford de Blanquefort pour rencontrer des syndicalistes, le 15 octobre 2018 à Bordeaux / © AFP / Nicolas TUCAT

Le ministre avait qualifié d’insuffisant le plan de charge et souhaité « avoir des assurances sur les volumes [de commandes de boîtes de vitesses et de carters, que fabrique l’usine] que Ford va laisser en 2019, 2020 et 2021 ».

Etat et collectivités territoriales se sont de leur côté engagés lundi à apporter une aide financière afin de permettre la réussite de cette reprise. M. Le Maire a assuré que l’Etat était prêt à investir 5 millions d’euros à Blanquefort.

Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de la ville, a lui aussi dénoncé l’attitude du constructeur américain. « Ford continue à nous mener en bateau », a-t-il estimé, ajoutant que « les collectivités territoriales se sont engagées à apporter 12,5 millions d’euros ».

Les deux tiers seraient financés par la région Nouvelle Aquitaine et un tiers par la Métropole « ce qui est une aide considérable », a-t-il détaillé en quittant la réunion avant la fin.

Même colère d’Alain Rousset, le président de la région Nouvelle Aquitaine, pour qui « Ford a envie de plier les gaules » ce qui est « totalement inadmissible ». Il souhaite que la Commission européenne soit interpellée afin d’examiner les aides qu’elle verse à Ford Europe.

Fin février, Ford avait annoncé cesser tout investissement dans son usine girondine, et rechercher un repreneur pour le site implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

Selon Philippe Poutou, sur les 847 salariés du site, 390 souhaitent partir en pré-retraite et un maximum de 400 pourraient être repris par Punch.

(©AFP / (15 octobre 2018 14h11)

https://www.romandie.com/news/Ford-pr-f-rerait-fermer-l-usine-de-Blanquefort-col-re-de-Bruno-Le-Maire/962188.rom

Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France

Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France

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Affaire Areva, la monstrueuse facture qui menace la France

Ça n’en finira donc jamais ! Le groupe nucléaire, dont les frasques ont déjà coûté 4,5 milliards d’euros aux contribuables, pourrait se voir réclamer 24 milliards par la justice américaine. Cette fois, c’est une affaire de corruption aux Etats-Unis qui est en cause.

Oubliez le scandale du Crédit lyonnais des années 1990 et les 15 milliards d’euros qu’il a coûtés à la France. L’affaire Areva est en passe de battre tous les records. Selon nos informations, la justice américaine a discrètement prévenu début juillet les autorités françaises qu’elle pourrait lancer un procès pour corruption contre l’ex-fleuron tricolore de l’atome. Et que, en cas de condamnation, l’amende pourrait aller jusqu’à… 24 milliards d’euros, l’équivalent d’un tiers des recettes de l’impôt sur le revenu.

Nom d’une chaudière ! On croyait pourtant en avoir fini avec les scandales Areva, les gisements inexploitables d’Uramin rachetés à prix d’or (1,8 milliard d’euros), son réacteur EPR finlandais toujours inachevé et l’incurie de sa gestion depuis sa création en 2001. La facture a déjà coûté 4,5 milliards d’euros aux contribuables français, versés l’an dernier par l’Etat pour éviter la faillite.

Depuis, le groupe a été coupé en trois (les activités d’équipementier nucléaire ont été acquises par EDF) et a été rebaptisé Orano, comme pour lui donner un nouveau départ. Hélas ! Voilà maintenant qu’un possible pacte de corruption, conclu en 2010 par l’entreprise avec des dirigeants du Parti démocrate américain, menace de la faire exploser pour de bon. Une affaire qui pourrait aussi éclabousser le Premier ministre Edouard Philippe, directeur des affaires publiques d’Areva à l’époque.

>> A lire aussi – Le coût astronomique de l’EPR finlandais imposé par Anne Lauvergeon

“Quand, au début de l’année, j’ai découvert l’ampleur de cette affaire, j’ai transmis au directeur du FBI l’ensemble des éléments sur lesquels j’avais pu mettre la main”, dévoile à Capital Marc Eichinger. Cet enquêteur privé spécialisé dans la lutte contre la grande criminalité internationale et la corruption est très au fait du dossier : c’est lui qui a rédigé le rapport remis en avril 2010 à la direction de la sécurité d’Areva pour dénoncer la potentielle escroquerie liée au rachat d’Uramin trois ans plus tôt.

Le 26 janvier dernier, Marc Eichinger, un enquêteur privé qui collabore régulièrement avec les services américains, écrit au FBI pour attirer son attention sur une affaire encore inconnue. Certains éléments qu’il a découverts lui font penser que le rachat de la start-up américaine Ausra par le groupe nucléaire français Areva pourrait cacher un pacte de corruption, mettant en cause plusieurs hauts dirigeants du Parti démocrate, dont l’ancien vice-président Al Gore. Depuis, le FBI travaille discrètement sur cette affaire.

Estomaqué par cette nouvelle affaire de corruption aux Etats-Unis, il a aussi fait passer tout le dossier à la justice française, provoquant une surchauffe des services d’enquête en plein été, déjà caniculaire. Selon nos informations, la brigade financière, en charge des tentaculaires affaires d’Areva, a recommandé au Parquet national financier (PNF) d’ouvrir une nouvelle instruction pour “corruption d’agent public étranger et trafic d’influence”. Mais début septembre, au moment où nous écrivions ces lignes, le PNF n’avait toujours pas suivi ces recommandations.

Au coeur de ce nouveau scandale, qui n’a pas encore éclaté aux Etats-Unis, les conditions dans lesquelles Areva a acquis, en février 2010, Ausra, une startup américaine spécialisée dans l’énergie solaire. Officiellement, selon le groupe français, le prix d’achat aurait été de 243 millions de dollars. Problème : un dirigeant d’Ausra affirme avoir vendu la société pour… 275 millions. A l’époque, Areva s’était contenté du minimum syndical en matière de communication : le dossier de presse ne mentionnait aucun montant, ni l’identité précise des principaux actionnaires vendeurs.

A première vue, Anne Lauvergeon, à l’époque patronne du groupe nucléaire français, aurait pourtant dû se glorifier de cette acquisition. Car parmi ces actionnaires figurait Al Gore, l’ancien vice-président de Bill Clinton, devenu, depuis son échec à la présidentielle de 2000, le nouveau chantre mondial des énergies renouvelables. L’ex-candidat démocrate avait acquis ses parts en participant à des augmentations de capital (de 123,3 millions de dollars au total) à travers les deux fonds d’investissements qu’il préside ou conseille, Kleiner Perkins (ex- KPCB) et Generation Investment Management.

>> A lire aussi – Areva : après le scandale UraMin, l’affaire de la mine géante de nickel de Weda Bay

Si Anne Lauvergeon a préféré rester discrète, c’est que, à l’époque, Areva est déjà dans une situation financière compliquée. Quelques semaines avant cette acquisition, en janvier 2010, une réunion du Conseil de politique nucléaire, qui s’est tenue à l’Elysée en présence de tous les principaux acteurs de la filière, a abouti à la conclusion qu’il fallait le recapitaliser d’urgence. L’opération est réalisée quelques mois plus tard : la société obtient 900 millions d’euros, 600 millions étant versés par le fonds souverain du Koweït, le KIA, et 300 millions par l’Etat.

Dans cet environnement très contraint, on peut s’interroger sur l’opportunité d’acquérir Ausra. D’autant que la start-up est elle-même dans une situation financière difficile, et que sa technologie (l’énergie solaire thermique à concentration) n’a rien de révolutionnaire. Elle est même un peu désuète puisque les premières centrales solaires de ce type ont été construites dans les années 1980.

De plus, l’opération est manifestement surpayée : comme on peut le découvrir dans le propre rapport annuel 2010 d’Areva, la différence entre la valeur réelle des actifs et le prix de vente se monte à quelque 165 millions de dollars !

En réponse à la curieuse proposition d’Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon, d’acquérir avec Areva de nouvelles sociétés, l’un des directeurs du groupe assure, en décembre 2009, que l’entreprise “n’a pas les moyens” de mener une telle politique. Pourtant, deux mois plus tard, Areva mettra 243 millions de dollars sur la table pour s’offrir Ausra.

Pour quelles raisons Areva a-t-il accepté de lâcher autant d’argent pour Ausra ? Cette question, Marc Eichinger se l’est posée pendant plusieurs années avant de découvrir la vérité. Cet ancien directeur de salles de marché a en effet fini par mettre la main sur de nombreux documents compromettants pour le groupe français. A commencer par cet échange de mails intervenu en décembre 2009 entre Olivier Fric – le mari d’Anne Lauvergeon, qui n’a officiellement rien à voir avec Areva – et un haut dirigeant du groupe. Fric y propose de monter avec Areva un fonds, dont il serait co-actionnaire, pour réaliser des acquisitions dans les énergies renouvelables. “Impossible !”, lui répond ce dirigeant après avoir consulté sa patronne, en arguant que le groupe n’a pas les moyens de mener ce genre de politique. Cela n’empêchera pas Areva de s’offrir Ausra deux mois plus tard. Ni Olivier Fric d’en devenir lui-même actionnaire en 2011, par le biais d’Agave Partners Holdings, une société constituée avec un homme d’affaires américain.

La découverte de ce méli-mélo a conduit Marc Eichinger à approfondir son enquête aux Etats-Unis. Et à travailler en particulier sur l’incroyable histoire de l’usine qu’Areva était chargé de construire pour le compte du Department of Energy (une affaire que Capital a révélée dans son numéro de janvier 2017), et qui, nous allons le voir, est en relation directe avec le dossier Ausra.

Ce futur établissement était censé assurer la transformation en mox (un combustible nucléaire) des 34 tonnes de plutonium militaire que Washington s’était engagé à faire disparaître dans le cadre d’un accord de désarmement avec la Russie. Son coût était estimé à 1,4 milliard de dollars, et la mise en service programmée pour 2005. Hélas ! Onze ans plus tard, il n’avait toujours pas vu le jour. Et selon un rapport de l’US Army remis au gouvernement américain, sa facture était passée à… 17,4 milliards de dollars et son ouverture repoussée à 2048 !

Depuis, le Congrès américain s’est rendu à l’évidence : il a mis fin à ce projet, baptisé “Mox Services”, au début de cette année. Mais cette petite affaire aura tout de même coûté quelque 7,7 milliards de dollars au budget fédéral en pure perte ! En fait, cette affaire aurait dû s’arrêter bien plus tôt. Dès 2009, les rapports alarmants se multipliaient sur l’incapacité d’Areva et de son partenaire américain à construire l’usine. Et Duke Energy, le seul propriétaire de centrales nucléaires local prêt à utiliser le mox comme combustible, avait fait savoir après une série de tests défaillants qu’il ne choisirait pas cette solution.

La production de la future usine d’Areva n’ayant plus aucun débouché, le projet aurait dû être abandonné séance tenante. Au lieu de quoi, l’administration Obama et Areva persistent. Et, ô miracle, voient arriver quelques mois plus tard un nouveau client pour le mox, en l’occurrence la Tennessee Valley Authority (TVA), une agence fédérale créée en 1933 par le président Roosevelt pour domestiquer le cours du Mississippi et produire de l’électricité. Cette planche de salut inespérée permettra à l’administration fédérale de convaincre le Congrès de poursuivre le financement des travaux.

Rien d’extraordinaire ? A ceci près que la TVA est très proche de la famille d’Al Gore ! Le père du futur vice-président américain, lui-même sénateur démocrate du Tennessee durant plusieurs décennies, en a fait sa chose au point que, durant la course à la présidentielle de 2000, la presse américaine présentera la TVA comme la “candy store” (la boutique à bonbons) de la famille du candidat démocrate. Du coup, l’intervention de cette agence fédérale dans le dossier Mox Services, qui se produit au moment du rachat d’Ausra à Al Gore par Areva, pose question. Celle-là ne serait-elle pas la contrepartie de celui-ci ?

Lâché par son unique client, Areva se retrouve en 2009 sans débouché pour le combustible nucléaire mox qu’elle prévoit de produire dans une nouvelle usine. Mais contre toute attente, quelques mois plus tard, le groupe de production d’électricité TVA, proche de la famille d’Al Gore, fait part de son intention de se fournir en mox dans ce document interne à la société.

L’affaire n’implique d’ailleurs pas que l’ancien vice-président. Trois autres grands noms du Parti démocrate sont cités dans le dossier. A commencer par John Kerry, le futur secrétaire d’Etat de Barack Obama durant son second mandat. L’ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2004 est alors sénateur et président du Comité des affaires étrangères. Fin janvier 2009, au cours d’une audience sénatoriale publique et en présence d’Al Gore, il dresse un long panégyrique d’Ausra, affirmant que cette société représente l’avenir.

Coïncidence, John Kerry est aussi actionnaire du fonds qui a investi dans Ausra ! Le jour même de cette audience, le patron de la start-up annoncera pourtant, dans une interview au quotidien californien The Mercury News, l’abandon de la plupart des projets mentionnés par John Kerry en raison de ses difficultés financières…

La deuxième grande figure du Parti démocrate impliquée dans l’histoire est un homme d’affaires américain : John Doerr. Il codirige Kleiner Perkins et est connu pour être l’un des principaux leveurs de fonds du parti. Il est très proche des Clinton et de l’administration Obama : en février 2009, la Maison-Blanche le catapulte au Council on Jobs and Competitiveness, un organisme qui conseille le président. Les nombreux avantages financiers qu’obtiendra John Doerr pendant la présidence Obama généreront autant de scandales (c’est notamment l’affaire Solyndra en 2011), obligeant le ministre de l’Energie, Steven Chu, à abandonner ses fonctions.

Le troisième démocrate mouillé n’est autre que le sénateur Harry Reid, le chef de la majorité démocrate au Sénat entre 2006 et 2014. Lui aussi a beaucoup fait pour soutenir publiquement Ausra, notamment dans son Etat, le Nevada, en proposant la mise à disposition de terrains pour construire des usines solaires. C’est également un partisan inconditionnel d’Areva : il a ainsi plaidé, en 2010, auprès de Barack Obama pour que le gouvernement accorde au groupe français le prêt remboursable de 2 milliards de dollars pour financer un projet d’usine d’enrichissement d’uranium dans l’Idaho. Ce dernier, baptisé “Eagle Rock”, sera finalement abandonné en 2012.

Enfin, l’administration Obama va se montrer très généreuse avec Ausra : en février 2010, au moment de son acquisition par Areva, il reçoit une subvention fédérale (non remboursable) de 13,9 millions de dollars pour un projet d’usine solaire en Californie dont le coût est évalué à 40 millions. D’après Marc Eichinger, cette aide publique, qui représente 34% du coût de construction, est la cinquième plus grosse subvention (par rapport au coût de construction) accordée par le Trésor américain dans le cadre du financement des énergies renouvelables.

Malgré cela, Ausra, rebaptisé Areva Solar, n’a jamais généré que des pertes. Et il a été définitivement liquidé en 2015. La construction de l’usine Mox Services a elle aussi été arrêtée, mais la facture va continuer de gonfler pour le budget fédéral américain. Pour pouvoir entreposer en toute sécurité le plutonium militaire (matière très instable) qui aurait dû être transformé en combustible mox, Washington va en effet devoir dépenser quelque 19,9 milliards de dollars, selon une étude du Department of Energy !

Une bien mauvaise nouvelle pour le contribuable… français. Car, en cas de procès pour corruption aux Etats-Unis, la règle veut que le montant de l’amende couvre la totalité du préjudice financier. Certes, le procureur pourrait se contenter de réclamer à Areva les 243 millions de dollars correspondant au montant de l’acquisition d’Ausra. Mais il peut aussi très bien exiger le remboursement de toutes les dépenses fédérales engagées dans l’affaire, à savoir : les 7,7 milliards de dollars investis dans l’usine de mox jamais construite, les 19,9 milliards qui vont être engloutis dans la gestion du plutonium non transformé et les 243 millions de l’acquisition d’Ausra, soit au total pratiquement 28 milliards de dollars, ou si l’on préfère, 24,1 milliards d’euros au cours actuel.

Inutile de préciser que, Orano n’ayant pas un centime en poche, c’est l’Etat qui devrait passer à la caisse. Le seul moyen d’éviter un tel désastre, font valoir les juristes, serait que la justice française sanctionne elle-même les coupables. Interrogées par Capital, la direction d’Orano et l’Agence des participations de l’Etat (qui représente l’Etat au conseil d’administration d’Orano) ont indiqué n’avoir pas connaissance d’une instruction judiciaire concernant les activités américaines de la société. Contactée par l’intermédiaire de maître Versini-Campinchi, Anne Lauvergeon n’a de son côté pas souhaité nous répondre. En retour, son avocat s’est contenté de traiter par SMS Marc Eichinger de “rat crevé”.

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https://www.capital.fr/entreprises-marches/affaire-areva-la-monstrueuse-amende-qui-menace-la-france-1308725

Total quitte l’Iran par crainte des sanctions américaines

Total quitte l’Iran par crainte des sanctions américaines

Par latribune.fr  |   |  557  mots
Total renonce au projet South Pars, qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d'un milliard de dollars.
Total renonce au projet South Pars, qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d’un milliard de dollars. (Crédits : Regis Duvignau)
Le géant pétrolier français Total s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars en Iran, selon le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanghaneh. Cette annonce fait suite au rétablissement des sanctions américaines contre ce pays.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a déclaré ce 20 août que le groupe français Total avait officiellement quitté l’Iran à la suite des menaces de Washington visant les entreprises qui continueraient de commerce avec Téhéran, rapporte la télévision publique iranienne.

« Total s’est officiellement retiré du contrat pour le développement de la phase 11 du projet South Pars (…) Le processus de remplacement par une autre société est en cours », selon les propos du ministre rapportés par la télévision.

Le groupe pétrolier français a confirmé cette information. Le contrat signé en 2017 en vue du développement de la phase 11 de South Pars attribuait à Total une part de 50,1% dans ce qui apparaît comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d’un milliard de dollars (sur un montant de 4,9 muilliards). A la tête d’un consortium avec le chinois CNPC et l’iranien Petropars, Total a indiqué en mai avoir dépensé moins de 40 millions d’euros en raison de l’incertitude croissante liée au rétablissement des sanctions américaines.

Plus de 10 milliards d’actifs américains

Mi-mai, le groupe pétrolier français avait déclaré qu’il n’irait au terme de son projet s’il n’obtenait pas une dérogation des autorités américaines. Total avait indiqué, qu’au regard de ses actifs américains qui représentent plus de 10 milliards de ses capitaux employés, il ne pouvait se permettre d’être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines.

Après son retrait unilatéral de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, Washington a rétabli le 6 août une première série de sanctions contre Téhéran et lancé un avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec l’Iran. Les Américains ont donné aux entreprises une période de 90 à 180 jours pour se retirer d’Iran et une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre.

Jeudi 16 août, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a même annoncé la création d’un « groupe de travail sur l’Iran » destiné à faire respecter les sanctions économiques américaines contre Téhéran, au risque de sanctions « secondaires » aux pays qui ne les respecteraient pas.

Les pays européens, parties prenantes de l’accord de 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, s’étaient d’emblée dit déterminés à sauver le texte. Mais par peur des pénalités américaines, un grand nombre de groupes, notamment allemands comme Daimler Deutsche Telekom, Deutsche Bahn, ont déjà annoncé leur retrait du pays.

L’agence de presse iranienne Irna a rapporté le 11 août que la compagnie nationale chinoise CNPC avait repris la part de Total dans le gisement gazier mais un responsable de la compagnie pétrolière nationale iranienne (NIOC) a rapidement démenti ces propos. Une information que Total dit ignorer.

« Quant au devenir de la participation de Total, pour notre part, nous n’avons pas été informé d’une position officielle de CNPC mais que comme nous l’avons toujours indiqué, CNPC, société d’Etat chinoise, a le droit de reprendre notre participation si CNPC le décide », a indiqué le groupe français.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/total-quitte-l-iran-par-crainte-des-sanctions-americaines-787993.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180821

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Le président Trump s’est fait élire sur la promesse de renverser le capitalisme financier et de restaurer le capitalisme productif. Dans cette logique, il considère que les dommages de guerre dus à la Syrie ne doivent pas être payés par les États-Unis, mais par des sociétés transnationales. Cette révolution des relations internationales est-elle souhaitable et possible ?

| Damas (Syrie)

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Henry Kravis au Forum de Davos. Proche de John McCain, le fondateur de KKR est membre du Council of Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg (dont sa femme est administratrice). Il emploie le général David Petraeus (ancien directeur de la CIA) avec qui il a organisé les transferts de fonds et d’armes à Daesh. Ami de longue date d’Emmanuel Macron, il a secrètement financé sa campagne électorale.

Ils étaient 114 États membres des « Amis de la Syrie » à financer sa destruction par les jihadistes. Mais, après leur échec, aucun ne veut payer quoi que ce soit pour sa reconstruction. Pourtant, ils n’ont pas eu de problème pour soutenir les États qui accueillent des réfugiés syriens ; étant entendu qu’il ne s’agissait pas là d’un geste humanitaire, mais d’un moyen de priver la Syrie de ses ressources humaines.

Surtout, tous espèrent s’enrichir en masquant leur crime et en obtenant des contrats de reconstruction.

Les 7 et 8 août, la Commission économique des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA), réunie à Beyrouth, a estimé le coût minima de la reconstruction à 388 milliards de dollars [1]. Elle devrait rendre un rapport détaillé sur ce sujet en septembre. D’ores et déjà, consciente que ce qu’à vécu le pays n’a pas grand chose à voir avec une « guerre civile », mais avec une agression étrangère, elle a annoncé le titre de ce rapport : Syria, 7 years at war. C’est-à-dire La Syrie, 7 ans en guerre et non pas 7 ans de guerre.

À titre de comparaison, le Liban, dont la population est trois fois moindre, n’a pu obtenir que 11 milliards de dollars d’aide internationale lors de la conférence CEDRE, en avril dernier.

Les États-Unis, qui planifièrent la guerre dès 2004, ne veulent pas donner un sou. Selon l’administration Trump, cette guerre a été conçue par l’administration Bush Jr. et conduite par celle d’Obama. Or ces deux administrations ne servaient pas les intérêts du peuple états-unien, mais ceux d’une classe financière transnationale. Elles ont certes détruit la Syrie, mais aussi l’économie US. Ce ne serait donc pas à Washington de payer, mais à ces gens et aux sociétés transnationales directement impliquées dans la guerre.

Par exemple, le fonds de placement états-unien et rival du Carlyle Group, KKR d’Henry Kravis (valeur boursière 150 milliards de dollars). Il emploie le général David Petraeus et a fait transiter des fonds et des armes vers Al-Qaeda et Daesh [2]. Ou le constructeur automobile japonais Toyota (valeur boursière 170 milliards de dollars) qui a fourni l’ensemble des véhicules neufs de Daesh [3]. Ou encore le fabriquant de machines de construction Caterpillar qui a vendu aux jihadistes les tunneliers nécessaires à la construction de leurs réseaux souterrains (valeur boursière 76 milliards de dollars). Sans parler du cimentier franco-suisse Lafarge-Holcim qui a produit 6 millions de tonnes de ciment pour construire leurs bunkers (valeur boursière 40 milliards de dollars) [4], etc.

L’engagement de ces sociétés dans l’application du plan de l’amiral Arthur Cebrowski pour détruire les États et les sociétés du Moyen-Orient élargi s’explique probablement par la certitude qu’elles auraient accès aux ressources naturelles de la région sous la protection des armées occidentales.

Faire payer des multinationales n’exclut pas d’obtenir des réparations de certains États comme l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar ou la Turquie qui ont financé ou dont des ressortissants ont publiquement financé les jihadistes.

Si la République arabe syrienne parvient à réunir les preuves de leur rôle durant la guerre, elle sera en droit d’en demander la saisie devant les tribunaux du pays de leur siège social. En reprenant l’argumentaire du président Trump, elle pourra compter sur l’appui de la nouvelle administration US.

Il est donc possible, même sans parvenir à faire payer des États, de réunir les 388 milliards de dollars évoqués par l’ESCWA.

À la fin de toutes les guerres ayant donné lieu à réparation des sociétés nationales ont été saisies. La nouveauté serait cette fois de tirer les conclusions de la globalisation économique et de saisir des transnationales.

[1] « Qui paiera 388 milliards de dollars de dommages de guerre pour la Syrie ? », Réseau Voltaire, 8 août 2018.

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Le département US du Trésor enquête sur les approvisionnements de Daesh », Réseau Voltaire, 8 octobre 2015.

[4] « Révélations : le jihad de Lafarge-Holcim », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 mars 2017.

http://www.voltairenet.org/article202406.html

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Exportations d’armes : Koweït, Qatar, Emirats, les trois principaux clients de la France en 2017

Par Michel Cabirol  |   |  490  mots
Le Koweït est le premier client de l'industrie française d'armement en 2017 avec l'achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d'euros)
Le Koweït est le premier client de l’industrie française d’armement en 2017 avec l’achat de 30 Caracal (plus de 1 milliard d’euros) (Crédits : Airbus Helicopters)
Les exportations d’armement françaises sont en très nette régression, passant de 13,9 milliards d’euros en 2016 à 6,94 milliards en 2017. Les industriels ont livré pour 6,73 milliards de matériels militaires à l’étranger l’an dernier.

Koweït, Qatar, Emirats arabes Unis (EAU), Arabie Saoudite et Inde… C’est le top cinq  des principaux pays clients de l’industrie française d’armement en 2017 (3,9 milliards sur 6,94 milliards d’euros de commandes d’armement au total, selon le rapport au Parlement 2018 sur les exportations d’armement de la France). Des commandes en chute libre de plus de 50% par rapport à 2016. En parallèle, les livraisons de matériels militaires français ont elles aussi  baissé. Elles ont atteint 6,73 milliards d’euros, contre 7,1 milliards d’euros en 2016 (6,2 milliards en 2015, 4 milliards en 2014, 3,8 milliards en 2013 et 3,3 milliards en 2012). La France a notamment livré en 2016 des armements pour 1,47 milliard d’euros à l’Egypte, 1,38 milliard à l’Arabie Saoudite et 689,5 millions à l’Inde.

« Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60 % des exportations d’armement (prises de commandes, ndlr) », selon le rapport. Sur la période 2008-2017, cette région a représenté 40% des ventes de l’industrie française d’armement. « Les secteurs des hélicoptères et des missiles (essentiellement dans le domaine naval pour ces derniers) ont par ailleurs représenté plus de la moitié des exportations de défense cette année », a également précisé ce document.

Tous ces pays sont en général très fidèles à la France, à l’exception du Koweït, qui reste quant à lui un client très modeste pour les industriels de l’armement français en dépit de sa première place en 2017 (achat de 30 hélicoptères Caracal pour plus de 1 milliard). Longtemps, très longtemps, le Koweït s’est détourné des industriels de l’armement français. Plus de vingt ans de vaches maigres pour la France (1996-2017) alors que François Mitterrand avait envoyé lors de l’opération Daguet, 19.000 soldats français libérer en 1991 le territoire koweïtien envahi par l’Irak de Saddam Hussein.

Quinze pays au-dessus de 100 millions d’euros de commandes en 2017

Juste derrière le Koweït (1,102 milliard d’euros), arrive le Qatar avec 1,089 milliard d’achats militaires, pour l’essentiel des missiles vendus par MBDA France : Exocet MM40 Block 3, Aster 30 Block 1 et VL MICA pour l’armement des navires de guerre vendus par Fincantieri et des batteries côtières. En troisième positon, viennent les EAU avec 701,5 millions d’euros, puis l’Arabie saoudite (626,3 millions) et l’Inde (388 millions). Outre ces cinq premiers clients de l’industrie d’armement française en 2017, dix autre pays ont passé plus de 100 millions de commandes chacun à la France : Brésil (329,9 millions), Egypte (217,2 millions), Corée du Sud (211 millions), Turquie (198,2 millions), Tanzanie (190 millions), Etats-Unis (164,1 millions), Japon (120 millions), Indonésie (117,1 millions), Royaume-Uni (112,8 millions), Oman (109,6 millions).

En 2017, la surprise est venue de la Tanzanie, qui s’est classée dans le Top 10 des meilleurs clients de la France. En 2016, MBDA avait vendu 304,2 millions d’euros de systèmes d’armes au Botswana. La Tanzanie a acheté une dizaine d’hélicoptères à Airbus, dont deux H215, deux H225 et des Fennec. En revanche, Singapour, qui est un client régulier de la France, a disparu des écrans radars en 2017 (44,1 millions, contre 646,6 millions en 2016).

 

 

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente

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Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente


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Publié par Marc-Antoine François le 6 Juillet 2018


Arquus (ex-Renault Trucks Defense) compte bien prendre un nouveau départ après quelques années difficiles et mise entre autres sur le scarabée, son nouveau blindé léger exposé a Eurosatory 2018. Destiné en priorité à l’export, l’héritier du VBL pourrait bien constituer la planche de salut d’une entreprise qui a connu quelques trous d’air.



En juin 2018, le salon de l’armement Eurosatory a ouvert ses portes, de nombreuses entreprises exposaient leurs nouveaux modèles comme  Arquus qui a présenté son dernier 4×4 blindé : le scarabée. C’est un blindé léger destiné à devenir le successeur du fameux VBL. Destiné en priorité à l’export, les premiers exemplaires pourraient sortir des chaînes de montages à compter de 2025, avec comme cibles commerciales à la fois les forces de police et les armées.

Après avoir suscité la curiosité avec le CRAB lors de l’édition 2012, le Scarabée permettra peux être de relancé Arquus sur le marché des blindés légers. Mais l’industriel franco-suédois doit encore passer de nombreux obstacles, à commencer par le véhicule Hawkei 4×4, blindé léger développé par le français Thales, et utilisé par l’armée australienne.

Arquus anciennement connu sous le nom de RTD (Renault Trucks Defence) était à l’origine une filiale de Renault, revendue en 2011 au groupe Volvo. Arquus sort d’ une période difficile, particulièrement en 2016-2017 avec la perte de plusieurs contrats comme VBMR-L, le successeur du VAB pris par leur concurrent Nexter.

Suite à cette période difficile de RTD Volvo a décidé de mettre en vente sa filiale mais aucune proposition n’a finalement été retenue. En mai 2018 elle a été renommé Arquus, signifiant « cheval de guerre » en latin. L’entreprise espère désormais tourner la page des mauvaises années. Le bilan est encourageant, avec 1,9 milliards d’euros de contrats signés et  600 millions de prise en commandes ferme.

SI l’option de la vente n’est plus d’actualité, la question restera quand même posée tant qu’Arquus ne sera pas définitivement sortie de l’ornière. Le rapprochement franco-allemand entre KMW et Nexter ne va pas forcément les aider en ce sens.


 

 

 

 

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

L’union entre Alstom et Siemens scrutée par la Commission européenne / © AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON

La Commission européenne, gendarme de la concurrence en Europe, a ouvert vendredi une enquête approfondie sur le projet d’union du constructeur ferroviaire français Alstom avec les activités mobilités de l’allemand Siemens.

Annoncée en septembre l’année dernière, cette fusion historique permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.

Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, avaient signé fin mars leur accord de rapprochement.

Mais l’exécutif européen explique dans un communiqué craindre que cette « concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation ».

Par conséquent, Bruxelles compte examiner si ce projet de rachat « priverait les opérateurs ferroviaires européens d’un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix » qui pourrait par ricochet porter préjudice aux clients passagers.

La Commission a désormais jusqu’au 21 novembre 2018 pour adopter une décision. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge en rien de l’issue de la procédure.

Le 8 juin dernier, Siemens et Alstom n’avaient pas exclu de retarder leur fusion au 1er semestre 2019.

Alstom avait alors justement invoqué comme raisons de ce retard « les travaux préparatoires de pré-notification (auprès des autorités de la concurrence, ndlr) extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays ».

Cette union avait suscité en septembre dernier une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française. L’intersyndicale d’Alstom était opposée à ce projet, craignant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France.

En revanche en Allemagne, le projet n’a guère suscité d’émoi et a été perçu comme salutaire pour le rail européen mais aussi pour le pays.

(©AFP / 13 juillet 2018 17h31)

https://www.romandie.com/news/Enqu-te-approfondie-de-l-UE-sur-le-projet-d-union-entre-Alstom-et-Siemens/936337.rom

 

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