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Les multinationales françaises à l’offensive contre la transition écologique

Les multinationales françaises à l’offensive contre la transition écologique

mercredi 15 avril 2020, par Maxime CombesMots-clés > FinanceÉcologie et SociétéCampagne > Justice sociale et climatique

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Article initialement publié dans Basta !

Un document révèle le lobbying mené actuellement par les grandes entreprises françaises auprès de la Commission, notamment du secteur automobile, pour reporter ou annuler toute régulation européenne en matière climatique ou écologique. Bien loin de l’image verte qu’elles tentent de se donner dans les médias.

Les dirigeants des entreprises multinationales françaises Renault, L’Oréal, Danone, Saint Gobain, Nestlé, Engie et Suez viennent de signer une tribune dans Le Monde et plusieurs médias européens, aux côtés notamment de Pascal Canfin (député européen LREM, ex-écologiste), Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT), Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique) ou encore Yannick Jadot (député européen écologiste), appelant à mettre en œuvre des «  investissements pour la relance verte et la biodiversité  », qui doivent « servir d’accélérateurs de la transition vers la neutralité climatique et des écosystèmes sains ».

Au même moment, ces mêmes entreprises multinationales, et de nombreuses autres, regroupées au sein de l’Association française des entreprises privées (AFEP) [1], font du lobbying auprès de la Commission européenne pour obtenir le report ou l’annulation de nombreuses initiatives de transition écologique que la Commission envisageait de mettre en œuvre dans le cadre du Pacte vert européen. Ce « Green deal européen » a pour ambition d’orienter l’ensemble des politiques publiques européennes vers la lutte contre le réchauffement climatique. Il est d’ailleurs présenté par les auteurs de la tribune comme ayant «  le potentiel pour reconstruire notre économie sur la base d’un nouveau modèle de prospérité ».

Aides publiques aux gros pollueurs jugées « indispensables »

Rendu public par le média Contexte, le document de l’AFEP est pourtant très clair : au nom de l’urgence économique, les dirigeants des multinationales françaises proposent tout simplement de reporter de plusieurs mois ou années toute nouvelle régulation européenne en matière écologique ou climatique. La directive sur les émissions industrielles pour réduire les polluants et gaz à effet de serre (GES) ? « Ce n’est pas le moment de modifier un cadre juridique qui est efficace et a fait ses preuves », affirme l’AFEP qui préconise un report d’au moins un an, alors que tous les experts appellent à un durcissement des règles. Même demande sur le nouveau plan d’action sur l’économie circulaire (pour limiter les déchets et l’obsolescence des produits ou favoriser le recyclage et les filières courtes).

Plus explicite encore : alors que la Commission envisage de se doter d’objectifs de réduction d’émission de GES plus ambitieux à l’horizon 2030, l’AFEP préconise de prendre le temps « d’une analyse d’impact approfondie » qui ne serait rendue publique qu’en 2021. Les dirigeants des multinationales françaises veulent reporter aussi longtemps que possible toute augmentation de l’ambition climatique européenne.

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Extrait du document de l’AFEP révélé par le site d’information Contexte le 14 avril 2020

Enfin, l’AFEP demande à la Commission européenne de « traiter en priorité la question du maintien des quotas gratuits et des aides d’État » : les industriels français veulent continuer à bénéficier de subventions pour payer la taxe carbone bien moins cher que les ménages français, ce qui revient à les subventionner lorsqu’ils rejettent des émissions de GES dans l’atmosphère. Ces aides publiques aux gros pollueurs sont jugées « indispensables pour une partie de l’industrie  ». Business Europe, l’équivalent du Medef européen désormais dirigé par Pierre Gattaz, a transmis des demandes similaires de reports au Commissaire en charge du Green Deal européen, Frans Timmermans.

L’AFEP ne veut pas reporter ou édulcorer les seules mesures écologiques. En matière de fiscalité, l’AFEP propose de reporter d’un an « l’obligation de reporting électronique » ainsi que la mise en œuvre de la directive sur l’échange automatique et obligatoire d’informations dans le domaine fiscal. Deux éléments clefs pour que les pouvoirs publics puissent œuvrer de manière efficace contre l’évasion fiscale. L’AFEP demande également la suspension des négociations sur la fiscalité internationale à l’OCDE.

Accélérer les mesures économiques qui renforcent les intérêts des multinationales

La note évoque également plusieurs mesures qu’il faudrait « accélérer » : le lobby administré par Axa, BNP-Paribas, L’Oréal, Korian (groupe privé gérant de nombreux Ephad), Total ou encore Sanofi, demande à être associée à la « co-construction des solutions de sortie de crise », à limiter les investissements directs étrangers et à défendre leurs parts de marché sur les marchés européens. En résumé, l’AFEP veut que Bruxelles préserve ou renforce les positions et intérêts des multinationales, sans prendre des mesures climatiques qui pourraient les indisposer.

Bien moins connue que le Medef, l’AFEP est pourtant le grand lobby des grandes entreprises françaises. Elle réunit presque tous les patrons du CAC 40 et de grandes entreprises étrangères ayant une présence importante en France. En 2018, elle a déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique dépenser plus d’un million et demi d’euros et disposer de 12 personnes pour faire du lobbying en France.

Tout récemment, elle a obtenu de Bruno Le Maire et de l’exécutif français qu’ils ne légifèrent pas sur l’interdiction des dividendes comme cela avait été évoqué par le gouvernement. Plusieurs de ses membres éminents, notamment le groupe L’Oréal dont le PDG Jean-Paul Agon est signataire de la tribune initiée par Pascal Canfin, et Plastic Omnium dont le PDG Laurent Burelle préside l’AFEP, prévoient toujours de verser de jolis pactoles à leurs actionnaires. A l’intérêt général, les membres de l’AFEP semblent décidément préférer choyer leurs actionnaires.

P.-S.

CC FlickR

Notes

[1L’AFEP comprend 113 entreprises membres, dont 97 françaises, parmi lesquelles Airbus, BNP Paribas, Total ou encore Vinci

https://france.attac.org/nos-idees/mettre-au-pas-la-finance-les-banques-et-les-transnationales/article/les-multinationales-francaises-a-l-offensive-contre-la-transition-ecologique

Les pays de l’OTAN doivent protéger leurs entreprises stratégiques

Les pays de l’OTAN doivent protéger leurs entreprises stratégiques

PHOTO FABIAN BIMMER, ARCHIVES REUTERSJens Stoltenberg

(Bruxelles) Les adversaires potentiels des pays de l’OTAN vont tenter de profiter de la crise économique provoquée par la COVID-19 pour essayer de prendre le contrôle d’entreprises ou d’infrastructures stratégiques et de saper l’unité de l’Alliance, a averti mercredi son secrétaire général Jens Stoltenberg.Publié le 15 avril 2020 à 14h41

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AGENCE FRANCE-PRESSE

« Cette crise pourrait avoir des effets géopolitiques majeurs », a-t-il affirmé au cours d’un point de presse à l’issue d’une réunion en vidéoconférence avec les ministres de la Défense de l’Alliance.

« La crise économique pourrait permettre des investissements dans des industries et des infrastructures stratégiques », a-t-il expliqué. « Il est important de protéger ces entreprises », a-t-il insisté.

Jens Stoltenberg n’a pas cité les États ou les groupes impliqués dans ces prises de contrôle, mais la mise en garde vise surtout les importants investissements réalisés par la Chine dans les infrastructures portuaires et les télécommunications en Europe.

« La vente d’infrastructures stratégiques par les pays les plus vulnérables pourrait saper la capacité de résistance des pays de l’Alliance en cas de nouvelle crise », a estimé le secrétaire général de l’OTAN.

Les pays de l’OTAN ont « besoin d’infrastructures et de télécommunications fiables en temps de crise », a souligné le Norvégien.

Jens Stoltenberg a également insisté sur la nécessité de combattre la désinformation sur les actions menées par les alliés et leur unité.

« Nous devons contrer les campagnes de désinformation menées par des acteurs étatiques et non étatiques sur les réseaux sociaux qui visent à nous diviser et à nous fragiliser avec de fausses informations sur l’aide mutuelle que nous nous apportons », a-t-il dit.

« La meilleure réponse passe par une presse libre qui vérifie les faits et pose des questions parfois difficiles », a-t-il soutenu.

« Il est encore trop tôt pour tirer les enseignements de cette crise, mais nous devons être préparés pour la prochaine », a-t-il affirmé.

« La croissance est touchée et les dépenses publiques également », a-t-il reconnu.

Les membres de l’Alliance se sont engagés à consacrer 2 % de leur PIB national à leurs dépenses de défense en 2024.

Jens Stoltenberg a toutefois expliqué l’importance des investissements dans les capacités militaires, car elles viennent « comme une capacité d’appoint ».

« L’OTAN n’est pas le principal intervenant en cas de crise sanitaire, mais elle peut soutenir les efforts du secteur civil », a-t-il soutenu.

« La principale leçon de cette crise est le lien étroit entre les efforts civils et la capacité de soutien des forces militaires. Il faudra voir comment l’améliorer avant la prochaine crise », a déclaré Jens Stoltenberg.

Il s’est refusé à tout commentaire sur la suspension de la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé

.https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/202004/15/01-5269469-les-pays-de-lotan-doivent-proteger-leurs-entreprises-strategiques.php

Thales alerte sur la multiplication des cyberattaques des Etats

ENTREPRISES ET MARCHÉS

Thales alerte sur la multiplication des cyberattaques des Etats

PUBLIÉ LE 30/03/2020 À 17H24

Thales alerte sur la multiplication des cyberattaques des Etats
Bill Hinton/Getty Images

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Avec la propagation du coronavirus, les cyberattaques d’origine étatique sont en forte en hausse, avertit Thales.

Les cyberattaques d’origine étatique sont en plein boom, alors que la pandémie de coronavirus fait tache d’huile… Les cybercriminels ordinaires, nombreux à utiliser le covid19 comme appât, sont de plus en plus rejoints par des acteurs plus sophistiqués (dits « APT », pour « advanced persistent threat ») parrainés par des États, a averti le groupe de technologies de défense Thales lundi. Le groupe Hades (lié à l’APT28, présumé d’origine russe, à l’origine du piratage du parti démocrate américain en 2016) a été le premier groupe de piratage parrainé par l’État à utiliser un leurre « coronavirus », note le rapport rédigé par le service de renseignement « cyber » de Thales.

« Selon la société de cybersécurité QiAnXin, les pirates informatiques de Hades ont mené une campagne à la mi-février en cachant un cheval de Troie (catégorie de malingiciel) dans des documents appâts (…) déguisés en courriels provenant du Centre de santé publique du ministère de la Santé ukrainien ». « Les courriels ciblés semblent avoir fait partie d’une campagne de désinformation plus vaste qui a touché l’ensemble du pays, sur différents fronts », avec pour objectif notamment de créer la panique en Ukraine, selon Thales.

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Le groupe Vicious Panda (origine chinoise présumée) a été à l’origine « d’une nouvelle campagne contre le secteur public mongol », selon Thales qui cite ici la société américano-isralienne Checkpoint. Mustang Panda (origine chinoise présumée) « est parvenu à utiliser de nouveaux leurres pour prendre Taïwan pour cible » avec des appâts liés au coronavirus, tandis que Kimsuky (origine suspectée en Corée du Nord) poursuit ses attaques contre des cibles en Corée du Sud, et que le groupe APT36 (origine pakistanaise suspectée) s’en est pris à des cibles indiennes, détaille encore Thales.

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Par ailleurs, Thales met en garde contre la multiplication de fausses applications de suivi du virus sous Android, qui profitent de la soif d’informations du public.Selon plusieurs sources, « 50% des noms de domaines créés depuis décembre et liés au thème du Covid-19 ou coronavirus peuvent amener à l’injection de logiciels malveillants », souligne le groupe français.

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D’une manière générale, « il semble que l’écosystème de la menace cyber suive la propagation géographique du Covid-19 avec des attaques d’abord en Asie, puis en Europe de l’Est et maintenant en Europe de l’Ouest. Le territoire français présente donc un risque d’attaques accru ». Thales renvoie vers la note de bonne pratiques préparée par l’Anssi, le gardien de la sécurité informatique française ( https://www.cert.ssi.gouv.fr/actualite/CERTFR-2020-ACT-002/ ).

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« Choose France »: 4 milliards d’euros d’investissements annoncés

Économie

« Choose France »: 4 milliards d’euros d’investissements annoncés

Par Challenges.fr le 20.01.2020 à 08h13

Emmanuel Macron reçoit lundi à Versailles des patrons venus du monde entier dans le cadre de « Choose France », un événement marqué par une série d’annonces de contrats et de nouveaux investissements totalisant près de 4 milliards d’euros.

Emmanuel Macron lors de l'édition "Choose France" 2018 à Versailles

Emmanuel Macron lors de l’édition « Choose France » 2018 à VersaillesPOOL/AFP/ARCHIVES – THIBAULT CAMUS

Emmanuel Macron reçoit lundi 20 janvier à Versailles des patrons venus du monde entier, pour vanter une France accueillant les entreprises à bras ouverts, credo illustré par une série d’annonces de contrats et de nouveaux investissements totalisant près de 4 milliards d’euros. Cette profession de foi, pour la troisième édition du sommet « Choose France », va néanmoins se heurter encore à l’actualité sociale: après les « gilets jaunes » en 2019, la mobilisation contre la réforme des retraites cette année.

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Au 47e jour du mouvement, et alors que la grève dans les transports semble marquer le pas, plusieurs organisations syndicales – CGT, FO, FSU et Solidaires des Yvelines – ont déjà annoncé qu’elles manifesteraient lundi à Versailles. Dimanche soir, l’Elysée a détaillé de nouveaux investissements, pour s’en réjouir: « santé, transport, banque, agroalimentaire, télécoms, numérique… Il y a des annonces sur tous les territoires, dans tous les secteurs et pour tout type d’emplois ».

La plus importante provient de l’armateur italo-suisse MSC, qui a passé une commande d’un montant de 2 milliards d’euros aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire pour deux nouveaux paquebots, livrables en 2025 et 2027 et propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié). Cette commande ferme s’accompagne de la signature de deux protocoles d’accord entre MSC et les chantiers navals, portant potentiellement sur 4 milliards d’euros d’investissements supplémentaires.PUBLICITÉAds by Teads

Deuxième destination pour les investisseurs étrangers en Europe

« Choose France », événement auquel sont attendus près de 200 dirigeants d’entreprises français et étrangers qui vont participer au total à « plus de 400 rencontres bilatérales », est voulu depuis 2018 comme un rendez-vous à l’orée du Forum économique mondial (WEF) de Davos en Suisse.

Outre le président et le Premier ministre Edouard Philippe, 19 membres du gouvernement vont accueillir, sous les ors du château royal, des patrons de grands groupes américains (Coca-Cola, Snap Inc, Fedex, Google, Netflix…), asiatiques (Hyundai Motors, Samsung Electronics, Fosun, Toyota…), africains (Cooper Pharma, Orascom) et européens (Rolls Royce, EY, ING Bank…)PUBLICITÉAds by Teads

Comme en 2018, la France demeure la deuxième destination pour les investisseurs étrangers en Europe derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni, qui s’apprête à sauter dans l’inconnu en sortant de l’Union européenne. Entre 2017 et 2019, son attractivité a progressé du 22e au 15e rang du classement publié par le WEF, « soit la meilleure progression du top 20 », selon l’Elysée.

« Battre de nouveaux records »

Selon Matignon, les investissements directs étrangers dans les entreprises françaises ont crû de plus de 5 milliards d’euros en 2018 (soit une hausse de 20%) « et l’année 2019 promet de battre de nouveaux records ». La construction à Saint-Nazaire des deux nouveaux paquebots de 6.700 passagers chacun va générer « 14 millions d’heures de travail, correspondant à 2.400 emplois pendant trois ans et demi », précise l’exécutif.

L’accord prévoit également le développement d’une nouvelle classe de paquebots au GNL, ainsi que celui d’un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile, intégrant de fait les « meilleures innovations en matière environnementale », le secteur de la croisière étant régulièrement accusé d’énormément polluer.

Parmi les autres annonces dans le cadre de « Choose France », figure la décision de Coca-Cola et de son embouteilleur d’investir un milliard d’euros sur cinq ans en France, dont la moitié pour renforcer son réseau de production et de distribution, et l’autre pour « soutenir le développement de ses marques actuelles et introduire de nouveaux produits sur le marché français ».

En outre, le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé un investissement de plus de 450 millions d’euros (500 millions de dollars) sur cinq ans en France, dont plus de 200 millions d’euros pour son site de Dunkerque où M. Macron est attendu lundi.

Le groupe anglo-suédois, qui emploie environ 1.000 salariés en France, va en particulier poursuivre le développement de ce site spécialisé dans la production de produits aérosols pour le traitement de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive.

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/economie/macron-vante-une-france-ouverte-aux-investissements_694592

Comment Boeing se suicide

Comment Boeing se suicide

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   samedi 14 décembre 2019

   Forum

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Comment Boeing se suicide

On sait que l’affaire Boeing-737Max est devenue une crise en soi, qui mérite d’être suivie avec attention dans la mesure où elle reflète bien les comportements et l’évolution du Corporate Power  dans cette époque de crise générale, ou Grande Crise d’Effondrement du Système. La crise Boeing-737Max est d’autant plus intéressante qu’elle réunit des éléments fondamentaux de la postmodernité et de notre contre-civilisation :

• un ensemble crisique type du système de l’américanisme ;
• une entreprise gigantesque du point de vue du capitalisme américaniste et globalisé, c’est-à-dire des points de vue financier et commercial, comme deuxième entreprise des USA en volume financier et premier exportateur des USA ;
• une entreprise qui conçoit et fabrique des produits à l’avant-garde de la technologie opérationnelle ;
• une entreprise qui, dans sa production aéronautique, est aussi active dans le secteur civil que dans le secteur militaire.

Le caractère unique et “exceptionnaliste” (comme sont les USA) de Boeing est en train de nous apparaître comme très largement équilibré, comme par un effet-miroir inversé, par le “caractère unique et ‘exceptionnaliste’” de la catastrophe qui est en train de se développer en son sein. Une audition de témoins venus de Boeing et de la FAA, mercredi devant la Commission des Transports de la Chambre des Représentants, a permis de prendre une nouvelle mesure de cet événement qui progresse, souvent d’une façon feutrée et dissimulée, mais qui se signalent tout de même par  de brutales incursions dans la progression de la  vérité-de-situation  s’accordant parfaitement au processus éventuellement post-simulacre  que nous décrivions hier.

Le cover-up (dissimulation, étouffement) de la catastrophe semble devenir impossible, justement à cause de l’ampleur de la catastrophe et des “fuites” sans nombre, officialisées, institutionnalisées, de la part d’acteurs du drame, notamment ceux qui le virent venir et tentèrent de prévenir les dirigeants.  Cette impossibilité possible du cover-up  ferait ainsi partie de l’arsenal de notre hypothèse sur une époque post-simulacre.

Ci-dessous, nous reprenons un texte de WSWS.org qui poursuit bien entendu Boeing de ses foudres trotskistes et anticapitalistes et qui, dans ce cas, comme ce l’est dans diverses occasions où nous utilisions cette source, fournit une excellente documentation qui est à notre sens beaucoup plus de caractère antiSystème que de caractère trotskiste. C’est le caractère antiSystème, d’où qu’il vienne, qui nous intéresse et nous laissons le caractère trotskiste à ceux qui en rêvent encore et toujours. 

Ce que nous montrent les différents éléments de témoignage entendus à la Chambre, – sans que la Chambre, pourrie jusqu’à l’os, notamment par le prébendes de Boeing, ne s’en émeuve vraiment, – c’est l’extrême profondeur du cancer qui ronge Boeing. Cela concerne certes le 737Max, mais aussi la manière de produire, les pressions sur le personnel très qualifié mais qui perd cette qualification sous la force de ces pressions, l’affichage sans aucune retenue du changement ontologique qui a affecté cette compagnie qui est historiquement l’une des premières, chronologiquement et qualitativement, de l’histoire de l’aviation.

Le principal témoin Ed Pierson, cadre supérieur de chez Boeing, a ainsi rapporté la réponse de son supérieur, vice-président de Boeing et responsable du programme 737Max, à qui il demandait de ralentir la cadence forcée de production et de réorganiser les équipes affectées à cette production, – ce qui impliquait une interruption puis une reprise moins rapide de la production, – avec réponse dans ces termes : « Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça [parce que Boeing est] une organisation à but lucratif. »

Le fric, pas les avions, – et quant aux passagers…

Tout est à l’aune de cet épisode qui nous dit que Boeing en tant que tel qu’il fut dans l’histoire n’existe plus. Boeing n’est plus guidé que par les bénéfices, les revenus, l’argent et rien d’autre, et tous les impératifs de qualité et de sécurité sont désormais, et à notre sens irrémédiablement, passés au second plan… “Irrémédiablement” en effet, à cause du changement de nature de Boeing, de son ontologie complètement différente de ce qu’elle fut jusqu’à quelque part autour de 1975-1985. Le temps écoulé entre ces dates et aujourd’hui, et la tragédie du 737Max, correspond au temps nécessaire pour cette opération fondamentale du “changement d’être”. On ne revient pas sur de telles perversions qui tuent le passé et ce qui a existé, c’est-à-dire la tradition.

(Eh certes oui, l’on peut parler de “tradition” qui est un facteur relatif, et dans le cas de Boeing la “tradition” est celle de ses débuts puis de ses succès appuyés sur le savoir-faire de ces débuts, et c’est cela qui est rompu tant la modernité ne cesse de se dévorer elle-même à mesure qu’elle avance, pour ne jamais dépendre de structures stables et harmonieuses, et pouvoir terminer dans ce qu’il y a de plus volatile, de plus simulacre, de plus “absence d’être”, – la financiarisation postmoderne, clef de voute de l’effondrement.)

Bien entendu, nous croyons plus que jamais à « la cataracte Boeing », c’est-à-dire à la catastrophe de l’effondrement de l’avionneur. Lorsque, dans son zèle à montrer la cupidité et l’injustice du capitalisme, le texte de WSWS.org  indique « Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol », – bien, sûr, il pêche par militantisme tactique et nous donne une fausse image de la vérité de situation.

C’est “jusqu’ici” qu’il faut dire à propos des $8 milliards que devraient coûter à Boeing « l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes ». En effet, cette affaire ne fait que commencer et Boeing a déjà subi, en plus des $8 milliards, des pertes de manque-à-gagner avec plus de 250 avions commandés chez Airbus par trois compagnies, qui s’étaient auparavant décidé pour le 737Max. Les pertes à prévoir, non seulement pour des raisons techniques et de sécurité des appareils, mais aussi et surtout de confiance dans toutes les productions Boeing sont colossales et finalement à la mesure d’un ébranlement décisif vers l’effondrement de ce géant too big to fail/to fall. Ce n’est pas la logique historique de la “révolution permanente” trotskiste qui menace Boeing, mais la logique prédatrice et autodestructrice du néo-capitalisme ultralibéral.

Le texte ci-dessous, de WSWS.org est du 14 décembre 2019 (traduction de la version originale en anglais du 13 décembre 2019).

dedefensa.org

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Les dirigeants de Boeing doivent rendre des comptes

L’ancien cadre supérieur de Boeing Ed Pierson a témoigné mercredi devant la commission des transports et des infrastructures de la Chambre des Représentants qu’il avait averti la haute direction de l’entreprise à deux reprises au cours de l’été 2018 que «la détérioration des conditions à l’usine» de production du Boeing 737 de Renton, dans l’État de Washington, entraînerait inévitablement une production d’avions défaillants et potentiellement mortels.

Le rapport de cet ex-employé révèle un autre niveau de la criminalité et de la négligence des dirigeants de Boeing dans leur volonté de générer des bénéfices de plusieurs milliards de dollars avec l’avion 737 Max 8. Ce fut un autre avertissement, cette fois par un travailleur qui produisait ces avions, que les conditions dans l’usine compromettaient la sécurité de dizaines d’avions qui pourraient éventuellement transporter des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Les craintes de Pierson se sont réalisées quatre mois après son deuxième avertissement lorsque le vol 610 de Lion Air a plongé dans la mer de Java après avoir décollé de Jakarta, en Indonésie, tuant les 189 passagers et membres d’équipage à bord. Cela a été suivi d’un deuxième crash d’un avion Max 8 juste aux abords d’Addis-Abeba, le vol 302 d’Ethiopian Airlines, qui a anéanti la vie de 157 autres êtres humains.

Ce n’est qu’après le deuxième crash que Boeing a décidé de clouer au sol l’avion meurtrier dans le monde entier, et cela ne s’est produit qu’après que l’indignation internationale a monté lorsque Boeing a déclaré deux jours après le deuxième crash qu’ils avaient «pleinement confiance en la sécurité du 737 Max». Ces commentaires ont été soutenus et repris par la Federal Aviation Administration (FAA) et le président américain Donald Trump.

La même audience du Congrès a également révélé que le mois suivant le premier accident, une analyse interne de la FAA a déterminé que, à moins que l’avion ne soit immobilisé, le Max 8 ferait l’objet en moyenne d’un accident mortel tous les deux ou trois ans, une quantité supérieure à celle indiquée par Boeing ou l’agence à l’époque. Ce rapport a été écarté par l’agence pendant plus d’un an, même après le deuxième crash en moins de six mois.

La raison immédiate de ces deux accidents était un logiciel auparavant inconnu appelé système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS), qui s’est activé par erreur en raison d’un capteur d’angle d’attaque défectueux et a forcé les deux avions à plonger de façon incontrôlable. Les capteurs, a noté Pierson, remplaçaient les originaux également défectueux, ce qui n’aurait pas dû se produire sur des avions vieux de quelques mois seulement. Ces faits mettaient en évidence  de graves problèmes dans le processus de production elle-même du Max 8.

Dans un courriel de juin 2018 adressé au vice-président de Boeing, Scott Campbell responsable du programme Max 8, Pierson a averti que «franchement, toutes les sonneries d’alarme sont activées dans mon jugement». Il a explicitement noté le manque de mécaniciens, d’électriciens et de techniciens qualifiés, un taux d’heures supplémentaires qui a plus que doublé et qui affecte l’attention des travailleurs. Il a ajouté que «pour la première fois de ma vie, je suis désolé de dire que j’hésite à faire monter ma famille dans un avion Boeing.»

Dans ses commentaires devant le Congrès, Pierson a souligné «la pression dogmatique exercée sur le calendrier» après que l’entreprise ait exigé que l’usine augmente la production du nombre d’avions qu’elle fabrique de 47 à 52 par mois, avec l’augmentation des «risques pour la sécurité des produits et des travailleurs.»

En conséquence, les mesures de suivi de la qualité interne de Boeing ont révélé une augmentation de 30 pour cent de défauts d’ingénierie et de câblage, qui peuvent tous provoquer des pannes ou des incidents potentiellement mortels dans un avion. Tout cela aurait pu avoir un effet sur les défaillances des capteurs MCAS. Afin de résoudre ces problèmes, Pierson a affirmé qu’il était nécessaire de fermer l’usine «pour permettre à notre équipe de se regrouper afin que nous puissions terminer les avions en toute sécurité».

Alors même que les conditions de production se dégradaient, les dirigeants de Boeing ont continué à ignorer les averissements de Pierson. Lors d’une réunion entre Pierson et Campbell, au cours de laquelle le premier a réitéré son appel à arrêter la production pour répondre à des problèmes de sécurité avérés, le responsable du programme 737 Max lui a dit: «Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça» parce que Boeing est «une organisation à but lucratif».

La cupidité sans gêne incarnée dans cette déclaration ne donne qu’un aperçu des énormes sommes d’argent que Boeing a gagnées grâce au programme Max 8. Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol.

Les dirigeants de Boeing eux-mêmes ont également fait d’immenses fortunes personnelles. Lors de la montée fulgurante des actions de la société en janvier et février de cette année, le directeur financier Gregory Smith, le vice-président exécutif John Keating, l’avocat général Michael Luttig et le directeur général Dennis Muilenberg ont tous vendu des actions pour une valeur de 9,5 millions de dollars, 10,1 millions de dollars, 9,5 millions de dollars et 6,5 millions de dollars respectivement.

Ces chiffres démentent les larmes de crocodile que la direction de Boeing a versées, surtout quand on se rend compte que le deuxième crash du Max 8 s’est produit juste un mois après ces fructueuses opérations boursières. Étaient-ils conscients des dangers de l’avion et, plutôt que d’avertir leurs pilotes et passagers, ont-ils profité de l’occasion pour en tirer profit ?

On ne peut pas non plus passer sous silence les remarques faites par les Représentants de la commission des transports de la Chambre. En réponse à la publication du document interne de la FAA, le représentant démocrate Peter DeFazio de l’Oregon a déclaré: « Malgré ses propres calculs, la FAA a voulu parier avec la sécurité du public en laissant le 737 Max continuer à voler.» Le président de la sous-commission de Transport de la Chambre n’a fait aucune mention du fait que lui et ses collègues avaient récemment adopté la loi sur la ré-autorisation de la FAA, qui donne à Boeing et à d’autres constructeurs d’avions encore plus de liberté à l’égard de la réglementation et de la surveillance.

De plus, le gouvernement américain ainsi que des municipalités et des États fédérés ont subventionné les opérations de Boeing. Depuis 1994, Boeing a reçu 74 milliards de dollars de subventions et de prêts gouvernementaux, dont 14 milliards proviennent uniquement de l’État de Washington [où sont installées les usines Boeing]. Cet argent a été prélevé directement de la classe ouvrière et déposé dans les poches des dirigeants et des gros actionnaires de la société.

Cela montre clairement la relation entre le gouvernement américain et Boeing, le deuxième plus grand entrepreneur de défense du pays et le plus gros exportateur US. Ils n’ont pas de relation contradictoire, mais représentent plutôt le lien entre le Corporate Power, l’État et l’establishment militaire.

Malgré des preuves évidentes et croissantes de la négligence criminelle de la part des dirigeants de Boeing qui a causé la mort de plus de 300 personnes, aucune accusation pénale n’a été portée contre les responsables concernés. Cela est tout à fait dans la ligne judiciaire établie ces temps-ci, où même les délits de grandes entreprises les plus horribles n’ont donné lieu à aucune poursuite. Mais la justice pour les victimes, sans parler de la sécurité du public, exige que les cadres supérieurs et les responsables gouvernementaux impliqués dans ces crimes soient tenus de rendre des comptes.

Ces liens et les catastrophes des Max 8 ne sont pas simplement des symptômes de la cupidité des grandes entreprises, mais le résultat final du système capitaliste lui-même, qui subordonne tous les besoins sociaux au profit privé. Il existe une contradiction fondamentale entre les intérêts de la société, y compris le transport aérien sûr, efficace et peu coûteux, et la propriété privée des industries essentielles, ainsi que la division de l’économie mondiale entre les États-nations rivaux. Les mêmes contradictions fondamentales du capitalisme alimentent les conflits géopolitiques et économiques qui menacent le monde de guerre nucléaire et de catastrophes écologiques.

La seule façon de prévenir de nouvelles catastrophes est de supprimer le but lucratif dans l’industrie des avions de lignes, de mettre fin à la domination de Wall Street et de remplacer le cauchemar du marché capitaliste par un système de transport aérien planifié de manière rationnelle et organisé au niveau international. Cela nécessite la nationalisation des compagnies aériennes et aérospatiales et leur transformation en services publics appartenant à la collectivité et contrôlés démocratiquement.

Bryan Dyne, WSWS.org

https://www.dedefensa.org/article/comment-boeing-se-suicide

#AIFA2019 – Stephen Decam (CIAN) : « C’est le moment d’aller en Afrique car plus on attendra, plus cela sera difficile et cher »

#AIFA2019 – Stephen Decam (CIAN) : « C’est le moment d’aller en Afrique car plus on attendra, plus cela sera difficile et cher »

7 décembre 2019

De gauche à droite : Pierre-Etienne Lorenceau, directeur de Leaders League, Ali Bamba, directeur général du ministère ivoirien du Plan et du Développement, Stephan Decam, secrétaire général du CIAN – Conseil français des investisseurs en Afrique. © JLALe Secrétaire général du CIAN – Conseil français des investisseurs en Afrique – a vivement incité les entrepreneurs français à investir sur le Continent, à condition qu’ils aient un savoir-faire, un bon produit et qu’ils prennent « un certain nombre de précautions ». Selon lui, « il faut y aller maintenant parce que plus le temps va passer, plus les places seront chères ».

Stephen Decam s’exprimait mercredi 4 décembre devant l’Africa Investments Forum & Awards 2019 (AIFA), un événement organisé par Leaders League (éditeur notamment de Décideurs Magazine), à Paris, au Pavillon d’Armenonville. Le forum a réuni plus de 700 leaders de premier plan des secteurs public et privé : PDG, DG, directeurs d’investissement, directeurs internationaux, experts et acteurs institutionnels, etc.

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Jean-Louis Alcaide, AfricaPresse.Paris
@jlalcaide1 | @PresseAfrica

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Faut-il aller en Afrique ? Y aller vite, lentement ? Avec quel niveau de préparation investir en Afrique ? Comment choisir sa base d’implantation ? Comment choisir les investissements ?… À qui mieux qu’à Stephen DecamPierre-Etienne Lorenceau, directeur de Leaders League, pouvait-il poser ces questions pour lancer l’Africa Investments Forum & Awards 2019 (AIFA), l’événement qu’il organisait mercredi 4 décembre à Paris. Secrétaire général du CIAN – Conseil français des investisseurs en Afrique – et ancien Directeur général délégué du Groupe CFAO, Stephen Decam est né au Maroc et a fait toute sa carrière en Afrique, un continent qu’il a sillonné dans tous les sens.

Envie d’Afrique

« Il y a une envie d’Afrique, a observé ce responsable du CIAN. Beaucoup de gens réalisent que la croissance, ce n’est pas en Europe et ses marchés matures qu’ils vont la trouver ». Or l’Afrique est «  aujourd’hui une des seules terres d’aventure à portée de main », a-t-il ajouté, détaillant les avantages qu’il y voit : « La proximité, le même fuseau horaire, la même langue dans la moitié du Continent ».
« Il semble évident d’aller en Afrique aujourd’hui, a souligné Stephen Decam, parce que c’est là que se trouve le marché, parce que plus le temps passera, plus les places seront chères, car la concurrence va se mettre en place. Si on a un savoir-faire, un produit que l’on maîtrise bien et que l’on prend un certain nombre de précautions, c’est effectivement le moment d’y aller : plus on attendra, plus cela sera difficile, plus ce sera cher ».

Mise en garde

Ce qui ne veut pas dire que ce sera « simple  », a mis en garde cet expert de l’Afrique. Tout d’abord, plutôt que d’exporter les produits, il recommande de produire localement, si « vous voulez être compétitifs en termes de coûts », et transférer les processus en les adaptant aux spécificités locales. Mais attention, on peut rencontrer « un certain nombre de difficultés » car transporter des processus, cela fonctionne mais à condition qu’à l’autre bout, on dispose « des fondamentaux pour faire de l’industrie ».
S’il n’y a pas d’électricité et que l’on est obligé de travailler avec des groupes électrogènes 24h/24, « c’est de la folie », comme cela lui est arrivé au Nigeria. « Si l’on veut industrialiser l’Afrique, a-t-il martelé, il faut commencer par mettre en place les bases nécessaires en termes d’énergie, de transports, d’infrastructures »…

Moins cher que moins cher

Et puis, il faut « franchir les barrières à l’entrée » qui peuvent être « coûteuses  », mais se révéler aussi « positives  » car elles peuvent par la suite « protéger des concurrents ». « Si vous franchissez ces barrières, a expliqué cet ancien DG de la CFAO, vous vous retrouvez dans un espace que vous maîtrisez avec une concurrence qui aura du mal à s’installer.
Une position intéressanteà condition que vous maîtrisiez votre processus de production et que vous soyez leader sur le marché, parce que si vous allez en Afrique pour vendre des sardines ou des pâtes, à mon avis, vous avez peu de chances de réussir, parce que votre démarche n’aura rien d’innovant par rapport aux producteurs locaux, car ils font toujours… moins cher que moins cher ! »

Le souci, c’est que ces barrières à l’entrée « ne sont pas indolores », a-t-il noté, avant d’énumérer : la sécurité, en particulier dans les pays aujourd’hui à risque ; la « mal gouvernance » – surtout « si vous avez un jour besoin de faire appel à la justice qui, par définition, va vous « flinguer“ » – et la corruption. Celle-ci n’est certes « pas une spécificité africaine », mais c’est « une réalité et un piège car quand vous rentrez dedans, il est très difficile d’en sortir ». « Pour résister à la corruption, a estimé Stephen Decam, il faut être soit un grand groupe très costaud, soit avoir les reins très solides ».

Créer des hubs

Encore faut-il savoir où investir en Afrique, dans quel pays ? « Il faut s’appuyer sur la sous-région, a insisté le secrétaire général du CIAN, car, pris individuellement, les marchés nationaux sont trop petits. Il faut créer des hubs ».
À ses yeux, le hub pour l’Afrique de l’Ouest, c’est la Côte d’Ivoire, le Cameroun pour l’Afrique centrale, le Kenya pour l’Afrique de l’Est et le Maroc pour l’Afrique du Nord. « Ah oui ! La Côte d’Ivoire ! », s’est exclamé sans surprise Ali Bamba, directeur général du ministère ivoirien du Plan et du Développement : « Nous sommes la porte d’entrée d’un marché de plus de 300 millions de consommateurs, la CEDAO ! »

Avantages concurrentiels

Les avantages concurrentiels de la Côte d’Ivoire sont « manifestes  » : sa stabilité économique, ses infrastructures « de premier plan« , y compris son réseau routier et les grands ports d’Abidjan et de San Pedro, une vision du développement porté par un plan national décliné en projets et programmes, ainsi que plusieurs réformes structurelles mises en place « pour améliorer l’environnement des affaires et la bonne gouvernance ».

« Aujourd’hui, a insisté Ali Bamba, investir en Côte d’Ivoire, c’est la garantie d’un retour sur investissement important. La Côte d’Ivoire arrive à lever des financements en eurobonds sur les marchés internationaux, ce qui montre une crédibilité de la signature de l’État ivoirien ».

Concurrence déloyale

Beaucoup d’entrepreneurs français se plaignent cependant de la concurrence de certains pays, notamment la Chine, jugée « déloyale  ». « Les règles de concurrence qui s’appliquent localement ne sont pas égales pour tout le monde », a constaté avec amertume Stephen Decam.
Les entreprises de la zone OCDE sont tenues de respecter un certain nombre de règles, sociales, sociétales et environnementales entre autres, dont leurs concurrents chinois ou indiens n’ont que faire, selon ce dirigeant du CIAN. « On le voit bien dans le secteur des travaux publics. Les entreprises françaises ont des règles de RSE qu’elles n’abandonnent pas en traversant la Méditerranée. Si en face, vous avez des gens qui n’appliquent pas ces règles, vous avez un problème concurrentiel », a-t-il expliqué avant de dénoncer la mauvaise qualité des routes construites par les Chinois.

Abandon de créances

« Quant aux marchés de gré à gré que les Chinois utilisent volontiers, a-t-il longuement expliqué, leurs investissements sont payés avec des prêts chinois consentis aux États. Le jour où la Chine va vouloir récupérer ses dettes sur l’Afrique, soit elle va se tirer une balle dans la tête, soit elle va être obligée de faire un abandon de créances et cela va leur coûter très, très cher. En Europe et en France, nous avons connu avec le Club de Paris et de Londres des abandons de dettes en Afrique pour des montants considérables. Regardez ce qui se passe au Venezuela aujourd’hui, c’est la plus grosse dette extérieure de la Chine et les Chinois ne sont pas près de la récupérer ! »

 » La concurrence, une très bonne chose « 

Un point de vue que Ali Bamba n’a pas du tout partagé : « La concurrence, c’est une très bonne chose. Cela offre des solutions à l’Afrique car les besoins en investissements sont tellement importants que la France et l’Union européenne ne pourront pas les satisfaire tous. Le fait que d’autres pays interviennent, c’est bien, à condition d’encadrer ces investissements et de s’assurer que la concurrence se fait sur des bases saines ».

Construire une route à un milliard…

Quant à la mauvaise qualité des infrastructures, le responsable ivoirien a raconté : « Lorsque nous échangeons avec des investisseurs chinois, ils nous disent : « Si vous me demandez de construire une route à un milliard, alors que le coût est de 15 milliards, on va vous donner quelque chose pour un milliard“.
Tout dépend donc de ce que vous voulez. Il faut qu’il y ait un échange plus important entre les entreprises et les gouvernements, pour bien expliquer ce qui est en train d’être fait, et avoir des investissements durables tenant compte des besoins des populations
 ».

Les meilleurs du monde

En fait, le choix entre Européens, Français et Chinois « dépend de ce que vous voulez faire, a rétorqué Stephen Decam. Si vous voulez une usine de fers à repasser ou d’outillages, il n’y a pas une entreprise française capable de faire ces produits à des prix africains. Donc, ce sera l’affaire des Chinois. En revanche, la France, puisqu’on parle de la France, a des savoir-faire qui, à mon avis, sont les meilleurs du monde », comme dans les infrastructures urbaines et les services aux municipalités. « Aujourd’hui, a-t-il pointé, la population de l’Afrique est de 1,2 milliard d’habitants ; dans 30 ans elle sera de 2,5 milliards, dont la moitié des urbains. C’est formidable, mais cela peut être une catastrophe si la bonne option » n’est pas choisie…

Une terre d’avenir

Alors faut-il vraiment, malgré tout, aller en Afrique ?, a interrogé Pierre-Etienne Lorenceau, le directeur de Leaders League. « Si on va en Afrique, c’est comme chez Total, on n’y va pas par hasard, a conclu a conclu Stephen Decam paraphrasant une pub du groupe pétrolier. Il faut y aller parce que vous avez un marché, un produit, un savoir-faire. Et si ’on maîtrise son business plan qui mesure les risques, les opportunités et les coûts, alors oui, l’Afrique est une terre d’avenir ».

◊ ◊ ◊

LIRE AUSSI :

– #AIFA 2019 – Jean-Louis Guigou (IPEMED) : « Le modèle de développement en grappe des villes est transférable à l’Afrique »

– #AIFA 2019 – Karim Zine-Eddine (Paris Europlace) : « L’Afrique a de nombreux défis à relever pour attirer des investisseurs de longue durée dans ses infrastructures »

https://www.africapresse.paris/AIFA2019-Stephen-Decam-CIAN-C-est-le-moment-d-aller-en-Afrique-car-plus-on

Les Galeries Lafayette fermées pour la journée après une intrusion de « gilets jaunes »

Les Galeries Lafayette fermées pour la journée après une intrusion de « gilets jaunes »

Au lendemain de violences à Paris, qui ont émaillé le premier week-end anniversaire du mouvement de contestation sociale, des « gilets jaunes » se sont introduits dans le grand magasin des Galeries Lafayette à Paris. Hormis cet incident, les manifestations se sont déroulées dans le calme en France.

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Quelques dizaines de « gilets jaunes » se sont introduits dans les Galeries Lafayette Haussmann à Paris.

Michel Euler/AP/SIPAPar Les EchosPublié le 17 nov. 2019 à 16h11

Fermeture exceptionnelle pour les Galeries Lafayette. Le grand magasin parisien a décidé de baisser le rideau en début d’après-midi après la brève intrusion de quelques dizaines de « gilets jaunes », a indiqué une porte-parole de la direction.

« Une cinquantaine de personnes qui s’étaient introduites dans le magasin ont été évacuées en début d’après-midi, dans le calme », a ajouté la direction. Le magasin situé boulevard Haussmann « rouvrira ses portes lundi matin », a-t-on ajouté de même source.

Vers 13 h 00, plusieurs dizaines de manifestants portant des gilets jaunes se sont postés au niveau du troisième étage de la célèbre coupole du magasin d’où ils ont lancé des confettis et entonné des chants, a constaté un journaliste de l’AFP.

Nicolas Mayart@NicoMay

«Travaille, consomme et ferme ta gueule !»

Les gilets jaunes envahissent les galeries Lafayette à #Paris. #GiletsJaunes #Acte53 #Acte54 #1AnDeColère80013:03 – 17 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité543 personnes parlent à ce sujet

Des tensions sont ensuite brièvement apparues entre manifestants et agents de sécurité qui tentaient de les faire sortir. Des « gilets jaunes » avaient appelé sur les réseaux sociaux à plusieurs actions de blocage dimanche dans des « temples de la consommation ».

Remy Buisine@RemyBuisine · 4 h

Action des #GiletsJaunes dans les Galeries Lafayette pour dénoncer la société de consommation à l’occasion des 1 an du mouvement.

Remy Buisine@RemyBuisine

Les Galeries Lafayette resteront fermées pour la journée après l’action des #GiletsJaunes. Les manifestants nassés a l’extérieur, plusieurs interpellations.12215:07 – 17 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité131 personnes parlent à ce sujet

Manifestations dans le calme

Hormis cette intrusion, les manifestations se sont déroulées dans le calme en France, au lendemain de violences à Paris qui ont émaillé le premier week-end anniversaire du mouvement de contestation sociale. Environ 200 personnes, dont les figures « gilets jaunes » Jérôme Rodrigues ou Priscilla Ludoski, étaient réunis sur une place à proximité des Halles, dans le coeur de la capitale.

« Macron détruit la France et vos droits, ne nous critiquez pas ! On est là pour vous », pouvait-on lire sur une pancarte, tandis qu’étaient entonnés les chants habituels des « gilets jaunes » : « On est là, on est là, même si Macron le veut pas, nous on est là ».

DOSSIER – Un an après la crise des « gilets jaunes »

« Aujourd’hui on a organisé cette nouvelle journée parce que c’est le week-end anniversaire. On espère récolter les fruits de ce qu’on a semé », a déclaré Faouzi Lellouche, un des organisateurs de ce rassemblement et aussi de la manifestation de samedi qui devait partir à 14 h 00 de la place d’Italie et qui a été annulée par la préfecture de police après des violences.

Des « voyous » « venus en découdre »

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a distingué dimanche sur Cnews/Europe1/LesEchos le « mouvement d’origine » et les « voyous » « venus en découdre ». Pour l’anniversaire du mouvement, samedi à Paris, « ce qu’on a vu, c’est peu de manifestants mais des voyous, des brutes qui étaient venues pour se battre, en découdre avec les forces de l’ordre, empêcher les pompiers d’agir et de préserver quelques fois des vies », a-t-il dit.

A 13 h 00 dimanche, la préfecture de police de Paris faisait état de 20 personnes interpellées et 639 contrôles effectués dans la matinée. Samedi, les forces de l’ordre avaient procédé à 254 interpellations en France, dont 173 à Paris. Le parquet de Paris recensait lui dimanche matin 155 garde à vue dont 8 concernent des individus mineurs.

Les Echos

https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/les-galeries-lafayette-fermees-pour-la-journee-apres-une-intrusion-de-gilets-jaunes-1148481

Le voyagiste britannique Thomas Cook fait faillite

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Le voyagiste britannique Thomas Cook fait faillite

  • Par  Le Figaro avec AFP 
  • Mis à jour le 23/09/2019 à 11:37 
  • Publié le 23/09/2019 à 06:17
Thomas Cook est le plus vieux tour opérateur du monde.

Les autorités vont devoir organiser le rapatriement massif de 600.000 touristes dans le monde. Le groupe est né en 1841. Un numéro d’urgence destiné aux clients français a été mis en place.

Clap de fin pour Thomas Cook. Le voyagiste britannique a annoncé ce lundi qu’il faisait faillite après avoir échoué à trouver des fonds nécessaires pour sa survie. Le groupe est donc placé en liquidation judiciaire «avec effet immédiat», laissant 600.000 touristes, dont 150.000 Britanniques dans le monde, sur leurs lieux de vacances. Les autorités vont donc devoir organiser une opération de rapatriement massif, la plus importante pour des civils depuis la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EDV), indiquait hier au Figaro que le nombre de Français en voyage avec Thomas Cook était de l’ordre de 10.000. Une information confirmée par la filiale française de l’entreprise ce lundi : 9842 clients sont actuellement en vacances et devront être rapatriés. Un numéro d’urgence destiné à ces personnes a été mis en place au 01-45-05-40-81.

» LIRE AUSSI – Que risquent les clients français du voyagiste Thomas Cook?

«Malgré des efforts considérables (au cours du week-end), les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financements possibles n’ont pas débouché sur un accord. Le conseil d’administration a donc conclu qu’il n’avait d’autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat», explique le communiqué du groupe.

En parallèle, l’autorité britannique de l’Aviation (CAA) a indiqué que Thomas Cook, «tour opérateur et compagnie d’aviation à la fois, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées». Les cabinets AlixPartners et KPMG doivent être nommés administrateurs des différentes filiales du groupe.

» LIRE AUSSI – Compagnies aériennes: le casse-tête de la reprise des actifs

Peter Fankhauser, numéro un de l’entreprise, commente que malgré l’accord «largement approuvé, une requête pour des fonds supplémentaires ces derniers jours a présenté une difficulté qui s’est révélée insurmontable». Le destin du voyagiste s’est en effet joué en quelques jours. Des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres mené par l’actionnaire chinois Fosun, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain.

«C’est un profond regret pour le conseil d’administration et moi de ne pas avoir réussi. Je tiens à m’excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d’employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années», reprend le patron de l’entreprise, déplorant aussi un «jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé».

Le principal actionnaire de l’entreprise, le groupe chinois Fosun, s’est déclaré «déçu» que Thomas Cook n’ait pu remonter la pente. «Nous exprimons notre plus profonde compassion à tous ceux qui sont touchés par cette situation», a indiqué l’entreprise, qui possédait 17% du capital de la compagnie britannique.

L’Etat britannique prêt à intervenir

L’échec d’un des fleurons du tourisme britannique n’a pas tardé à faire réagir outre-Manche : «Le gouvernement aurait du être prêt à en faire plus : intervenir, stabiliser la situation et permettre la mise en place d’un plan de long terme», a regretté le Chancelier de l’Échiquier (l’équivalent d’un ministre des Finances) de l’opposition travailliste, John McDonnell. Il s’est également prononcé pour que les patrons de l’entreprise remboursent tous les bonus qu’ils avaient reçus. «Ils doivent vraiment réfléchir quant à la manière dont ils ont provoqué cette situation, et dont ils l’ont exploité», a-t-il déclaré à la BBC.

Le premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a quant à lui déclaré qu’il fallait «examiner les moyens par lesquels les voyagistes peuvent se protéger d’une telle faillite à l’avenir». Il a également déclaré que ses pensées allaient vers «les vacanciers, qui risquent maintenant d’avoir des difficultés à rentrer chez eux». L’Etat britannique interviendra «d’une manière ou d’une autre» pour soutenir ces personnes, a-t-il affirmé.

Le voyagiste va devoir faire face à une situation complexe : environ 140.000 personnes voyageaient avec sa filiale allemande et 10.000 avec ses agences françaises. Des chiffres qui restent toutefois en-deçà des 150.000 ressortissants britanniques qui devront rentrer au Royaume-Uni. La faillite de Thomas Cook aura rapidement des conséquences sur le tourisme : en Turquie, ainsi, le chef de la fédération hôtelière a estimé que le pays pourrait perdre entre 600.000 et 700.000 touristes par an, sans compter les établissements qui devraient perdre le soutien financier du groupe britannique.

Condor maintient ses vols

Filiale du groupe Thomas Cook, la compagnie aérienne allemande Condor a de son côté annoncé lundi qu’elle maintenait ses vols. Elle a néanmoins fait appel au gouvernement d’Angela Merkel, afin d’obtenir un «prêt garanti par l’Etat» qui lui permettrait d’éviter un manque de liquidité. Berlin «examine actuellement cette question», a précisé la compagnie. Ce lundi, le porte-parole de l’Association allemande de l’industrie aérienne s’est voulu rassurant, en estimant que Condor volait comme d’habitude, et qu’une procédure de rapatriement pour ses passagers n’était pas nécessaire. Environ 240.000 clients ont réservé un vol sur ses lignes et attendent de rentrer chez eux, a indiqué la compagnie.

Né en 1841, le tour opérateur indépendant le plus vieux du monde, compte 22.000 employés dont 9000 au Royaume-Uni. Très lourdement endetté, son horizon s’est fortement dégradé ces dernières années entre la concurrence acharnée des sites internet de voyage à bas prix et la frilosité de touristes inquiets du Brexit, notamment. Il avait annoncé une perte abyssale d’1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards.

Ce lundi, plusieurs entreprises concurrentes du voyagiste britannique ont vu leur cours en Bourse augmenter après l’annonce de sa faillite : basé en Allemagne, le groupe Tui a ainsi pris 5,8% à l’ouverture, quand les compagnies aériennes Easyjet et Ryanair ont vu leur cote bondir de plus de 3,5% et 5,4% respectivement.

» LIRE AUSSI – Thomas Cook en mal d’argent fraisLe Figaro avec AFP

http://www.lefigaro.fr/societes/le-voyagiste-britannique-thomas-cook-fait-faillite-20190923?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=[20190923_NL_ACTUALITES]&mediego_euid=[2529769]&een=07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521&seen=6&m_i=Mf2M7rrktaLFnle0mp8I6xeA5DWCgsYDmV7gyFqk7QrIPnihq_ofG6iKFDdqbynWlHaDle6%2B36vIHjCNKvdbpd_fo5m%2BOuh%2BMn

La compagnie aérienne Aigle Azur demande son placement en redressement judiciaire

La compagnie aérienne Aigle Azur demande son placement en redressement judiciaire

Par Challenges.fr le 02.09.2019 à 16h47

La compagnie aérienne Aigle Azur s’est déclarée lundi en cessation de paiement et a demandé son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs.

Aigle Azur demande son placement en redressement judiciaire

La compagnie aérienne Aigle Azur s’est déclarée lundi en cessation de paiement et a demandé son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs.AFP/ARCHIVES – PHILIPPE HUGUEN

La compagnie aérienne Aigle Azur s’est déclarée lundi en cessation de paiement et a demandé son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs, ont annoncé les membres du CE à l’issue d’un comité d’entreprise extraordinaire.PUBLICITÉinRead invented by TeadsEN SAVOIR PLUS

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« Aigle Azur se retrouve en cessation de paiement suite à plusieurs années d’errance liées à de nombreuses décisions stratégiques inadaptées et doit se placer sous la protection du tribunal de commerce » d’Evry où une audience est prévue dans l’après-midi, affirment-ils dans un communiqué.

« Il est probable que la date limite de dépôt des offres soit fixée autour du 15 septembre 2019 », ajoutent-ils, déplorant que « ce dépôt de bilan arrive tardivement (…) et va limiter la recherche de repreneurs ».

« Plusieurs repreneurs potentiels » ont cependant exprimé un intérêt, selon eux. Aigle Azur compte 1.150 salariés, dont 350 en Algérie.

« La déclaration de cessation de paiement a été faite par l’administratrice provisoire », Hélène Bourbouloux, a précisé à l’AFP Martin Surzur, président du syndicat de pilotes SNPL d’Aigle Azur et membre du CE.

Mme Bourbouloux avait été désignée administratrice provisoire le 28 août par le tribunal de commerce d’Evry après le coup de force de l’un des actionnaires, Gérard Houa, qui avait évincé le patron Frantz Yvelin en disant sa volonté de mettre fin aux « errements stratégiques des deux dernières années ».

Frantz Yvelin a depuis été rétabli dans ses fonctions pour assister l’administratrice provisoire. Il n’a pas assisté au comité d’entreprise lundi, selon les participants.

Une soixantaine de salariés se sont rassemblés dans le calme devant le siège de l’entreprise pendant le CE.

« On espère surtout qu’il y ait un repreneur. Il faut passer par le redressement judiciaire, simplement pour avoir nos salaires », explique, fataliste, Lilas, une programmatrice de vols qui n’a pas voulu donner son nom. « Ce serait dommage de perdre une compagnie qui fait 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et a des droits de trafic vers l’Algérie que même Air France n’a pas ».

(Avec AFP)

AIGLE AZUR

https://www.challenges.fr/politique/la-compagnie-aerienne-aigle-azur-demande-son-placement-en-redressement-judiciaire_672161#xtor=CS4-92[La+compagnie+a%C3%A9rienne+Aigle+Azur+demande+son+placement+en+redressement+judiciaire]-672161

Fiat toujours prêt à discuter avec Renault deux mois après la fusion avortée

Industrie automobile

Fiat toujours prêt à discuter avec Renault deux mois après la fusion avortée

Par Challenges.fr le 05.08.2019 à 11h58

Lundi, le patron de Fiat Chrysler Mike Manley a ouvert la porte à de nouvelles discussions avec Renault pour fusionner les deux constructeurs. Nissan, le partenaire de Renault, se montrait réticent à un tel rapprochement.

Fiat se dit toujours prêt à discuter d'une fusion avec Renault

Lundi, le patron de Fiat Chrysler Mike Manley a ouvert la porte à de nouvelles discussions pour fusionner avec Renault, deux mois après un mariage avorté.JONATHAN ERNST

Le patron de Fiat Chrysler Mike Manley laisse la porte ouverte à de nouvelles discussions avec Renault pour fusionner les deux constructeurs « si les circonstances devaient évoluer », deux mois après le mariage avorté entre les deux constructeurs, dans un entretien publié lundi dans le Financial Times.PUBLICITÉinRead invented by Teads

Plusieurs mois de discussions

« La logique industrielle qui prévalait avant existe toujours », a assuré le dirigeant britannique de Fiat Chrysler Automobile (FCA). « Si les circonstances devaient évoluer, alors peut-être que les rêves pourraient se rejoindre et des choses se passer », et dans ce cas, « nous serions intéressés pour avoir de leurs (Renault, ndlr) nouvelles », a-t-il ajouté.

Après plusieurs mois de discussions entre les deux groupes, un projet de fusion pour former le numéro 3 mondial de l’automobile a échoué début juin. Les dirigeants de Fiat ont fait porter la responsabilité de cet échec au gouvernement français, dont l’accord était indispensable.

Selon le Wall Street Journal, le constructeur français négocierait toutefois une remise à plat de son alliance avec Nissan, avec au coeur des discussions le rééquilibrage des participations croisées des deux entreprises actuellement favorables à la marque au losange.

Réticences de Nissan

La finalité de ces tractations consiste justement à apaiser certaines tensions et ainsi lever la réticence de Nissan à un projet de fusion avec FCA alors que le partenariat franco-japonais est déjà éprouvé par l’éviction de son bâtisseur Carlos Ghosn arrêté fin 2018 pour des malversations financières présumées. Une source proche du dossier a toutefois assuré à l’AFP que « ce sont seulement des hypothèses. Pour le moment, il n’y a pas de contact, pas de négociations. »

Dans une autre interview publiée lundi, accordée à l’agence Bloomberg, M. Manley souligne d’ailleurs que Renault n’est pas le seul acteur avec lequel les discussions peuvent s’engager: « Est-ce-qu’ils représentent la seule opportunité? La réponse à cette question est définitivement +non+ », dit-il.

Mike Manley avait déjà déclaré mercredi que le mariage avec Renault aurait représenté « une grande opportunité » grâce aux « synergies très importantes » qu’il aurait générées. Tout en affirmant que Fiat pouvait survivre seul, il a aussi souligné que son groupe restait ouvert aux opportunités.

(Avec AFP) https://www.challenges.fr/entreprise/industrie-automobile/fiat-toujours-pret-a-discuter-avec-renault-deux-mois-apres-la-fusion-avortee_667741