Archives pour la catégorie Santé

Il faut supprimer d’urgence les maisons de retraite

Plaidoyer.

Il faut supprimer d’urgence les maisons de retraite

Publié le 04/08/2020 – 05:55

À Northfleet, dans le sud de l’Angleterre, en mars 2014. PHOTO/ Stefan Wermuth /REUTERS
À Northfleet, dans le sud de l’Angleterre, en mars 2014. PHOTO/ Stefan Wermuth /REUTERS

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

Ce gérontologue belge explique, point par point, pourquoi les institutions dans lesquelles nous parquons les personnes âgées sont indignes, inadaptées et arriérées.NOS SERVICES

CONTENUS SPONSORISÉS PAR OUTBRAIN

À partir du XVIIIe siècle, on a milité pour l’abolition de l’esclavage. Puis certains ont exigé la suppression de la peine de mort et des prisons. Aujourd’hui, d’autres dénoncent la prostitution, le trafic d’êtres humains, la souffrance animale. Le point commun entre ces “abolitionnistes” ? L’indignation contre l’injustice. Or, la crise du coronavirus nous a montré que l’heure d’un nouveau combat a sonné : il y a au moins huit bonnes raisons de fermer définitivement les maisons de retraite.

1. Ce sont des lieux propices à la propagation des maladies

Le coronavirus a très lourdement frappé la Belgique, et la grande majorité des victimes sont des pensionnaires de maisons de retraite. Cette situation s’explique notamment par une mauvaise préparation, des mesures prises trop tardivement et un manque de moyens matériels et humains. La raison principale est toutefois à chercher ailleurs : il était impossible de faire appliquer les mesures de précaution dans ces résidences où les pensionnaires vivent dans la promiscuité. Ces dernières ont bien essayé de les isoler dans leur chambre, mais cette méthode, aussi invivable qu’inhumaine, n’était pas tenable sur le long terme.

2. Les seniors ne veulent pas y aller

Tous les sondages démontrent que nos seniors ne veulent pas être placés en maison de retraite et préfèrent rester chez eux. Or, la plupart du temps, ce sont les familles qui prennent la décision, faute de meilleure option. Elles se retrouvent alors devant un choix cornélien : le placement de leurs parents ou leurs grands-parents, souvent malades et dépendants, en résidence est synonyme d’exposition à d’autres dangers, comme le nouveau coronavirus.

Or, moyennant des investissements massifs dans les soins préventifs et les services infirmiers à domicile, nous pourrions leur offrir une deuxième option valable. D’autant plus que les baby-boomers, génération par nature plus “revendicatrice”, seront vraisemblablement moins enclins à accepter leur sort

https://www.courrierinternational.com/article/plaidoyer-il-faut-supprimer-durgence-les-maisons-de-retraite?xtor=EREC-21-[nl_bestof]-20200807-[plaidoyer_il_faut_supprimer_durgence_les_maisons_de_retraite]

En réponse à « Passer by » : Un déclin important s’annonce pour les États-Unis

En réponse à « Passer by » : Un déclin important s’annonce pour les États-Unis


Par Moon of Alabama − Le 27 juillet 2020

En réponse à plusieurs commentaires dans le dernier fil de conversation libre – légèrement modifié.

En fait, il y a même un  déclin réel absolu, et pas seulement relatif, aux États-Unis, par exemple l’espérance de vie y est en baisse. C’est un très mauvais signe pour un pays développé. Pareil pour le Royaume-Uni d’ailleurs.

Sur la question du profit que la Chine a tiré pendant la crise Covid, elle a gagné en puissance brute, par exemple en PIB par rapport aux États-Unis. Et elle a également gagné en termes d’endettement, relativement, alors que les niveaux de dette américaine ont explosé en raison de la crise. Vous avez maintenant une récupération en forme de V en Chine et une pauvre récupération en forme de W aux États-Unis. Avec beaucoup plus de dette ajoutée.

Il y a bien sûr la question des relations publiques et du soft power. D’une part, les États-Unis ont blâmé la Chine pour la pandémie, mais d’autre part, ils se sont mis dans l’embarras en raison de leurs faibles performances en matière de maîtrise de la pandémie, par rapport à d’autres pays. Et ils ont perdu des points dans le monde entier en raison de leur retrait de l’OMS en plein milieu de la pandémie. L’Europe et les pays en développement n’ont pas du tout aimé cela. N’oubliez pas que la Covid a également affaibli l’armée américaine, elle a des problèmes avec ça, y compris sur les navires et les bases à l’étranger, la maladie a même saboté le plus grand exercice américain prévu en Europe depuis 30 ans. Et la pandémie aux États-Unis fait toujours rage, elle n’est pas du tout contenue et les taux de mortalité augmentent à nouveau.

Ici par exemple, les futurologues de Pardee UNC Health Care disent que la Chine a gagné pendant la crise, en capacités brutes. La recherche sur le futur et le pouvoir relatif entre les pays est leur spécialité :

En ce qui concerne les mesures générales des capacités matérielles, l'image est claire : la COVID-19 réduit l'écart des capacités relatives des États-Unis et de la Chine et accélère la transition entre les deux pays. Grâce à plusieurs scénarios de prévision à long terme utilisant l'outil International Futures, Collin Meisel, associé de recherche, et Jonathan Moyer, directeur du Pardee Center, expliquent sur le blog Duck of Minerva que la Chine gagnera probablement en puissance mondiale par rapport aux États-Unis d'ici 2030 en raison de l'impact économique et de la mortalité de la COVID-19. Ce gain en pouvoir mondial est égal aux capacités de la Turquie aujourd'hui.

Sur la question du dollar US, Stephen Roach affirme également qu’il y aura une baisse significative à moyen terme. Et l’argument est assez logique – si la part des États-Unis dans l’économie mondiale est en baisse – et elle diminuera au moins jusqu’en 2060 – et si le niveau de la dette américaine atteint des niveaux sans précédent, le dollar baissera. Je suis d’accord avec cet argument. C’est tout à fait logique.

Sur la question des puces et semi-conducteurs, David Goldman est sceptique quant à la capacité des États-Unis à arrêter la Chine à ce sujet :

L’interdiction des puces donne au monde une énorme incitation à contourner les États-Unis.

Fondamentalement, Huawei a toujours des fournisseurs avancés, en Corée du Sud et au Japon. Et certains d’entre eux refusent de céder. Le problème pour les États-Unis est que la Chine est le plus grand marché mondial de semi-conducteurs et le plus grand importateur de puces au monde, ce qui donne aux entreprises privées de très bonnes raisons pour contourner les équipements fabriqués aux États-Unis afin d’exporter vers la Chine. Ensuite, la Chine stocke également de grandes quantités de puces. D’ici 2025, elle devrait être en mesure de remplacer la production étrangère par la production locale. Donc, ces interdictions sont perdantes pour les États-Unis, et la Chine – oui, cela entraînera des coûts pour la Chine jusqu’en 2025. Mais cela conduira également des entreprises américaines, telles que Qualcomm, à perdre le marché chinois des puces, qui est le plus grand au monde, et il n’y a rien pour le remplacer.

Ce sont des centaines de milliards perdus pour les États-Unis en raison de la réduction progressive du marché le plus lucratif. Ainsi, en termes relatifs, la Chine ne perdra pas dans cette bataille, car les États-Unis perdront aussi beaucoup, tout comme la Chine. C’est une situation perdant-perdant. Et n’oubliez pas que la Chine a averti qu’une attaque américaine totale contre Huawei entraînerait l’expulsion de Boeing du pays qui devient le plus grand marché de l’aviation au monde, et entraînera également des centaines de milliards de pertes pour cette société, et cela va probablement l’enterrer sous Airbus. La Chine a besoin de beaucoup d’avions jusqu’en 2028, date à laquelle elle les remplacera par les siens, d’une valeur de centaines de milliards de dollars. Élever Airbus au-dessus de Boeing, qui connaît déjà de gros problèmes, sera un coup dur pour l’industrie aérospatiale américaine.

La Chine a donc aussi des cartes à jouer. Sur la question des États-Unis qui obligent certains pays à interdire Huawei, c’est à nouveau une situation perdant-perdant. Les États-Unis et certains de leurs alliés perdront en raison de l’utilisation d’équipements 5G plus coûteux, et mettront plus de temps pour construire leurs réseaux. Donc, la Chine perd, et les États-Unis et certains alliés perdent aussi, mais en termes relatifs, les choses ne changent pas en termes de pouvoir, car ils perdent tous les deux. N’oubliez pas que l’Allemagne a déclaré qu’elle continuerait à utiliser des équipements Huawei, et c’est la plus grande économie d’Europe :

Les trois principaux opérateurs de télécommunications allemands, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica, ont activement promu la 5G ces dernières années. Ils mettent en œuvre une stratégie de «diversification des fournisseurs» et utilisent les équipements Huawei dans leurs réseaux parmi d'autres fournisseurs. Peter Altmaier, ministre allemand de l'Économie, a déclaré le 11 juillet au Frankfurter Allgemeine Zeitung que l'Allemagne n'exclurait pas Huawei du déploiement du réseau 5G du pays. "Il ne peut y avoir d'exclusion que si la sécurité nationale est manifestement menacée. Cependant, nous renforcerons nos mesures de sécurité, quel que soit le pays d'origine des produits", a déclaré Altmaier. "Il n'y a pas de changement dans la position de l'Allemagne", a déclaré le 16 juillet un porte-parole du ministère de l'Intérieur du pays.

Nous pouvons donc dire que très probablement la moitié de l’Europe utilisera Huawei. Pourtant, comme vous l’avez dit, une grande partie du monde l’exclura. Peut-être la moitié du PIB mondial. Malheureusement, les choses ne sont pas parfaites. Un point positif en cela est que Huawei parie sur les marchés émergents et que ceux-ci ont des taux de croissance plus élevés que les marchés occidentaux – c’est-à-dire qu’ils auront plus d’importance à l’avenir.

Je conviens que les États-Unis nuisent à la Chine, mais les dommages ne sont pas importants à mon avis, car ce sont principalement des situations perdantes où le pouvoir relatif reste le même. Et avec le temps, il y aura également des dommages importants pour les États-Unis, comme la perte du plus grand marché des puces et de l’aviation et la montée en puissance des concurrents de Boeing tels qu’Airbus.

Donc ce n’est pas si mal que ça pour la Chine. Ainsi, après avoir mentionné tout cela, je ne pense pas que Pompeo renifle l’odeur du sang et cherche à attaquer la jugulaire. Ce n’est pas tellement la vulnérabilité de la Chine qui attise la colère de l’élite américaine, mais plutôt l’affaiblissement des États-Unis, et ce que la Chine gagne pendant la crise de la Covid.

À Hong Kong, la Chine n’avait aucune option. C’était une situation perdante. Si elle permettait le statut-quo, il y aurait eu une révolution de couleur permanente à la une des médias. Il vaut peut-être mieux arrêter cela une fois pour toutes. Ils espéraient que la crise de la Covid leur donnerait une couverture pour ce faire. Cela n’a pas très bien fonctionné.

Malheureusement, il est juste que la stratégie Trump d’intimidation fonctionne souvent. On suppose que cela devrait avoir un coût pour les États-Unis en matière de relation publique dans l’opinion mondiale, mais nous ne le voyons pas. Je suppose que la plupart des pays du monde sont trop lâches et préfèrent suivre le courant. Ils abandonneront les États-Unis seulement après que ceux-ci auront irrémédiablement perdu. Eh bien, ce n’est pas une situation facile. Les réactions américaines sont très fortes, et haineuses, précisément parce que les choses ne sont toujours pas bonnes pour eux et que leur déclin se poursuit, indépendamment de certaines victoires tactiques – à la Pyrrhus, où dans certains cas, c’est de toute façon une situation perdante.

Les données montrent une baisse significative pour les États-Unis.

  • 2019 Chine 1,27 fois plus élevée en Parité de pouvoir d’achat (PPA)
  • 2030 Chine 1,8 fois plus grand en PPA
  • Dette américaine / PIB en 2019 :   80%
  • Dette américaine / PIB en 2030 : 125%
  • Dette américaine / PIB en 2050 :  230%Le Highway Trust Fund (HTF) sera épuisé d’ici 2021, le fonds fiduciaire Medicare Hospital Insurance (HI) au début de 2024, le fonds fiduciaire Social Security Disability Insurance (SSDI) dans les années 2020, la Pension Benefit Guarantee Corporation (PBGC), le Multi-Employer fund à un moment donné au milieu des années 2020, et le Social Security Old-Age and Survivors Insurance (OASI) d’ici 2031. Nous estimons que le fonds Social Security OASDI Trust combiné sera à court de réserves d’ici 2031.
  • Budget militaire – avant estimation Covid, et budget Trump – en 2019 : 3,2% du PIB, en 2030 : 2,5% du PIB – pourrait chuter à 2,3% du PIB grâce à Covid.
  • Dépenses discrétionnaires civiles – avant estimation Covid – en 2019 : 3,2% du PIB, en 2030 : 1,8% du PIB – chute à son plus bas niveau historique, pourrait encore baisser en raison de Covid

Cela sans parler du grand fossé social et sociétal aux États-Unis, et de la crise de la Covid en cours, qui est en grande partie réglée en Chine. Voyez-vous le déclin maintenant ? Ils ont une très bonne raison de s’inquiéter. Un déclin significatif attend les États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

bbhttps://lesakerfrancophone.fr/en-reponse-a-passer-by-un-declin-important-sannonce-pour-les-etats-unis

Guerres virales

Guerres virales

Publié par: Badia Benjellounle: 11 juillet, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéImprimerEmail

Les études précliniques des médicaments et des éventuels vaccins menées pour le COVID-19 ont souffert jusqu’à présent du manque de modèles animaux valables. Idéalement, des animaux à reproduction rapide susceptibles de faire la même maladie que l’homme dans des conditions analogues permettent des essais en grand nombre et éliminent des candidats à l’évidence nocifs et/ou inefficaces. Ces essais précèdent l’expérimentation sur les primates non humains.

Apparu au mois de décembre 2019, le coronavirus touche désormais de plein fouet toute la planète.

Des souris humaines

Une équipe de l’Institut de Microbiologie et d’Epidémiologie de Pékin a mis au point une souris transgénique stable humanisée chez laquelle le gène ACE2 humain a été inséré de façon à éteindre la fonction du gène murin tout en étant sous le contrôle du promoteur du gène d’origine murine. L’ACE2 est l’enzyme de conversion de l’angiotensine de type 2 retrouvé à la surface de nombreuses cellules de l’organisme qui offre par une partie de sa structure externe par rapport à la membrane cellulaire le site de liaison du Sars-CoV-2. L’affinité de liaison pour l’ACE2 du coronavirus responsable de l’actuelle pandémie est 10 à 20 fois plus puissante que celle du virus de la pandémie de 2002-2003. Cet attachement va être suivie d’une fusion membranaire et de l’entrée du virus. Des travaux antérieurs avaient montré dès 2007 que des souris transgéniques exprimant l’ACE2 humaine étaient hautement susceptibles à l’infection par SARS-CoV. Ici la technologie dite CRISPR/Cas9 utilisant une protéine de coupe d’ADN trouvée chez une bactérie par une équipe de Berkeley en 2012 a permis une grande précision dans le lieu de l’insertion du gène humain.

Des lots de souris ainsi ACE2 humanisées, âgées de 4,5 semaines et de 30 semaines sont infectées par le SARS-CoV-2 par voie nasale versus des souris sauvages de même souche. Le sacrifice des souris à J6 montre une multiplication du virus dans le poumon, la trachée et le cerveau des hACE2 jeunes et âgées mais pas dans leurs autres organes. Le virus est resté indétectable chez les souris sauvages. L’examen anatomopathologique des organes infectés indique une analogie des lésions observées avec celles induites par le virus chez l’homme. Une administration du virus par voie digestive chez la souris hACE2 entraîne les mêmes lésions au niveau du tractus respiratoire que celles provoquées par l’instillation nasale.

On se la joue en bourse ?

La firme Moderna est engagée dans la production d’un vaccin contre le SARS-CoV-2 depuis plusieurs semaines grâce en particulier aux fonds publics d’un demi-milliard de dollars dispensés par les Instituts nationaux de santé étasuniens (NIH) et à des donations privées provenant de la fondation de Bill Gates. La conception de ce vaccin est issue de celle adoptée pour le vaccin contre le CMV (cytomégalovirus) actuellement en cours d’essai clinique en phase 2 par Moderna. Le CMV est à l’origine de malformations fœtales s’il est contracté par la femme enceinte jamais exposée auparavant, d’où son intérêt en santé publique et son futur succès commercial assuré. Le développement d’un vaccin anti-CMV financé en partie par Sanofi-Pasteur a été tenté en 2009 puis abandonné devant sa faible efficacité (50% de protection par le vaccin), laquelle n’a été confirmée que trois ans après les injections faites aux femmes volontaires.

Pour la première fois dans l’histoire de la fabrication des vaccins, des brins d’ARN codant pour des protéines significatives sont empaquetés dans une enveloppe lipidique, un liposome, et injectés pour faire produire au receveur les protéines de structures virales et provoquer une réponse immunitaire contre ces protéines. Les résultats intermédiaires pour la première phase du CMV ont été annoncés début janvier 2020. La phase deux enrôle un nombre de volontaires plus important (252 adultes sains) que la première, elle vérifie la non toxicité, la tolérance des doses essayées dans la phase précédente tout en commençant à établir les premiers éléments de l’efficacité au delà de la simple tolérance du produit. Les résultats sont escomptés pour fin 2020.

Ainsi, des sommes extravagantes ont été investies dans une technologie jusque-là jamais encore éprouvée de façon certaine. On pourrait tout aussi bien présenter au receveur la protéine virale et provoquer la réaction immune escomptée.

Une équipe pluridisciplinaire de l’Université de Pittsburgh a publié dès le 2 avril les résultats de sa fabrication de la protéine de pointe S, à la fois responsable de l’invasion virale et très immunogène. Elle a été produite sous une forme de trimère imitant la structure virale native et elle est administrable par voie transcutanée à l’aide d’un dispositif de micro-aiguilles un peu comme la voie par scarification qui fut utilisée pour la variole, modalité très reproductible.
Cependant, les investissements et les regards sont dirigés essentiellement sur Moderna alors que les résultats complets de la phase 1 impliquant 45 sujets sains ne sont pas encore connus. Il a suffi de l’annonce d’une réponse immunitaire chez 8 volontaires (sur 45) pour enflammer les investisseurs et faire grimper la valeur de l’action de +23%.

Peu de jours après cette valorisation, le responsable financier et le médecin chef de la firme ont vendu leurs stock options pour 30 millions de dollars. Une fois connue cette opération commise par des actionnaires de l’ « intérieur », l’action a chuté.
Il n’est en effet jamais de bon augure que des initiés se débarrassent de leur portefeuille d’actions. Le vaccin anti-CMV au stade actuel de son développement n’a peut-être pas donné les résultats espérés….

La souche murine ‘humanisée’ avec le gène hACE2 devrait permettre s’il se confirmait qu’elle était un bon modèle de la maladie humaine d’éviter des essais prématurés sur des humains, inutilement risqués et faussement prometteurs. Mais il est vrai qu’établir pas-à-pas des résultats solides empêcherait de folles spéculations sur les marchés boursiers, rentables uniquement pour quelques privilégiés.

Il est vrai aussi que chercher obstinément, dans l’ombre et humblement, en évitant d’ébruiter des résultats partiels, n’est bon ni pour la notoriété (momentanée et illusoire) ni pour les marchands de scoops ni non pour les mouvements spéculatifs. Il est aussi vrai que colliger des faisceaux d’arguments pour établir quelques donnée robuste prend du temps et que cette époque ne se satisfait que de l’instantané monolithique et sans nuance. Enfin, aider à faire apparaître ce qui demain pourra être remis en cause ne saurait être soumis à un tribunal populaire à l’instar de celui des téléréalités où les juges votent selon une humeur et non un avis éclairé.

Les ruses virales

Un agent viral devient pathogène pour l’hôte dès lors qu’il a subi une pression sélective pour déjouer la richesse et la complexité de sa défense immunitaire. Cette chose vivante qui n’a ni métabolisme propre ni sexualité n’a qu’une ‘ambition’ se multiplier sans cesse. Il utilise un minimum de matériau et chacun de ses composants a une fonction structurelle ou fonctionnelle précise, parfois par ‘économie de moyens’, il accomplit plusieurs fonctions dont certaines sont dédiées à détourner au profit de sa multiplication les outils qu’ils prélève chez l’hôte.

Il commence à émerger au bout de quelques mois depuis l’apparition du SARS-Cov-2 des hypothèses sérieuses d’une stratégie originale qui met en défaut le système immunitaire humain. Il bloque en intervenant à différents niveaux la synthèse et l’action des Interférons de type I et III. Les Interférons sont une famille de petites molécules qui interviennent en première ligne dans la réponse immune innée, non spécifique du pathogène. Ils induisent une résistance cellulaire et activent la réponse immunitaire adaptative spécifique au pathogène secondaire et plus tardive. Leur synthèse est induite par des molécules détectrices d’anomalies. La présence de matériel génétique inhabituel dans les cellules, typiquement un brin d’ARN avec un certain sens de lecture dans le cytoplasme cellulaire, est une anomalie repérée par des ‘détecteurs’ de forme qui vont activer la synthèse des interférons. Quatre voies sont adoptées pour accomplir cette mise en défaut.

Les coronavirus trompent les ‘détecteurs de forme’. Ils se multiplient à l’intérieur de vésicules à double membrane et ne sont pas libres dans le cytoplasme. La terminaison de leur ARN dissemblable de celle de l’hôte est camouflée par des adjonctions de radicaux qui simulent la terminaison d’un ARN natif et échappent ainsi à la surveillance.

Une protéine non structurale virale bloque la translocation des gènes qui codent pour les interférons.

Les coronavirus agissent à un troisième niveau en empêchant l’effectuation des Interférons par blocage de leurs récepteurs.

Enfin, ces virus parviennent à bloquer leur action en interdisant la fonction effectrice des gènes qu’ils mobilisent.

Il a été vérifié sur les cellules nasales infectées d’animaux comme chez le furet infecté l’absence de production des interférons mais une très forte sécrétion de cytokines pro-inflammatoires. Ce profil de transcription a été confirmé sur deux échantillons pulmonaires humains prélevés post mortem comparés à ceux de deux patients sains. De même, le dosage au niveau circulant chez les patients a confirmé que les patients infectés sont négatifs pour l’interféron alors qu’ils ont en surabondance des cytokines.

Il semble que l’on peut attribuer à ce déséquilibre, déficit en Interféron initial et excès de cytokines prématurément, un des mécanismes de la pathogénèse de l’infection.
Une voie thérapeutique est ouverte pour l’emploi d’interféron aux premiers stades de la maladie voire en préventif par instillation nasale. Ceci pose au moins un double problème. Quel interféron choisir ? Comment définir le stade précoce de la maladie dont on sait qu’elle peut revêtir des formes très atténuées et d’autres d’évolution plutôt foudroyante.

Le complot du complexe majeur d’histocompatibilité.

Les complexes majeurs d’histocompatibilité (MHC) sont des molécules de structure assez analogue à celle des anticorps que l’on retrouve à la surface des cellules. Celui de classe I est ubiquitaire présent sur toutes les cellules nucléées en dehors de celles de la lignée germinale. L’antigène du pathogène se loge dans une poche du MHC, lequel est identifié comme un Non Soi par un lymphocyte CD 8, inhibiteur ou tueur, cytotoxique. Une diminution de l’expression du MHC de classe I déclenche l’activité de cellules innées dites tueuses naturelles qui la détruisent, c’est le cas des cellules tumorales qui échappent cependant aux lymphocytes éduqués.

Le complexe de classe II se trouve sur les cellules dites présentatrices d’antigènes (APC), essentiellement les cellules du système immunitaire, macrophages, lymphocytes B et cellules dendritiques. Pour qu’un antigène soit pris en charge par le système immunitaire adaptatif, il faut qu’il lui soit présenté à la surface d’une cellule dite présentatrice d’antigène dans le contexte d’une MHC II après avoir subi un processus de transformations à l’intérieur de la cellule APC. Ceci déclenche la différenciation des lymphocytes T naïfs en cellules auxiliaires.
Le virus SARS-CoV-2 possède une molécule non structurelle ORF 8 de 121 acides aminés qui est responsable de la diminution du MHC I à la surface des cellules nucléées qu’il infecte, les rendant non identifiables comme cibles à éliminer pour les cellules T CD8 mais alors elles sont susceptibles d’être éliminées par les tueuses naturelles (NK pour natural killer).
L’étude de la variation entre les différentes souches de SARS-CoV-2, issues d’une bibliothèque partagée entre tous les virologues du monde, montre une très haute homologie entre elles, située entre 99,91% et 99,79%. La région qui montre le plus de variations concerne des zones non structurales dont cette protéine ORF 8. Les mutations subies par ORF 8 ne modifient en rien la pathogénicité virale ni sa transmission, comme si cette zone impliquant ORF 8 n’était pas essentielle pour le virus.

Cette disparition des molécules du MHC à la surface des cellules infectées est une stratégie également employée par les virus de l’herpès.

– Carte des pathogènes découverts ou ayant émergé à nouveau au cours de 50 dernières années. © United States National Institutes of Health, National Institute for Allergies and Infectious Diseases

L’HIV dispose de la protéine Nef essentielle pour sa pathogénicité qui exerce un très nombre de fonctions. Très bien étudiée, de structure parfaitement connue, elle entre en interaction par ses zones flexibles avec les molécules CD4 des lymphocytes T auxiliaires et le complexe MHC I et II en réduisant leur expression à la surface des cellules.

Ainsi, SARS-Cov-2, HIV et les virus de l’Herpès parviennent par le biais de protéines différentes à faire sous-exprimer les complexes majeurs d’histocompatibilité dans les cellules infectées chez l’hôte envahi.

Un même mécanisme partagé -mais pas les moyens de sa mise en œuvre- a suffi pour faire penser à certains, ignorant tout de la virologie et de l’immunologie, que le SARS-CoV-2 a une structure commune avec l’HIV. Donc, le SARS-Cov-2 résulterait bien d’une manipulation génétique humaine. Le site zerohedge.com s’enfonce dans des théories infondées et perd de sa crédibilité d’autant qu’il s’appuie pour étayer ses convictions sinophobes sur les dires farfelus de l’un des découvreurs de l’HIV qui a sombré dans le gâtisme.

L’HIV tue son hôte lentement parce qu’il détruit ses défenses contre les infections, parasitant et détruisant préférentiellement les lymphocytes auxiliaires, les T4 mais aussi en réduisant leur expression. L’inhibition de sa réplication par des molécules antivirales, anti protéases et analogues nucléotidiques, ont transformé le SIDA en maladie chronique.

Le SARS-CoV-2 tue rapidement son hôte probablement par des destructions tissulaires, pulmonaires surtout, une inflammation intense liée à l’orage des cytokines donnant toutes sortes de désordres comme une coagulation intravasculaire disséminée.
Les deux virus partagent (anecdotiquement) un moyen commun de faire échapper les cellules qu’ils infectent à la surveillance du système immun éduqué mais pas au système inné qui lui s’active quand apparaissent des cellules nues sans MHC. Cette modalité ne s’effectue pas grâce au même substrat moléculaire et n’emprunte sans doute pas les mêmes voies enzymatiques, tout ceci ne peut en aucun cas faire supposer une filiation entre eux.

Certains avaient parlé de guerre concernant la pandémie du COVID-19. L’analogie est à première vue emphatique et inappropriée.

Sauf pour l’une des victimes, la vérité, ici la vérité scientifique faite d’avancées, de reculs, d’hésitations, d’hypothèses et parfois d’une élaboration solide, vérifiée expérimentalement de façon circonscrite à une échelle temporelle donnée.

La métaphore guerrière rencontre une résonnance aussi en ce que se déploie la poursuite d’une guerre froide à coups de tweets émis par des matamores.

Enfin, une guerre permanente se perpétue, celle contre les Gueux, sous la forme insidieuse d’un Etat d’urgence sanitaire – véritable état d’exception où se dissolvent les derniers droits.

Badia Benjelloun
30 Mai 2020.

Références :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1931312820303024?via%3Dihub

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17974127/

https://markets.ft.com/data/announce/detail?dockey=600-202003031601BIZWIRE_USPRX____BW6007-1

https://www.huffingtonpost.fr/entry/vaccin-coronavirus-test-positif-moderna_fr_5ec28a2ec5b637e3d2d328d1

Moderna, Inc.

https://www.coinspeaker.com/organizations/moderna/embed/#?secret=Rl0ymXXo9z

https://www.zerohedge.com/markets/moderna-shares-tumble-68-insiders-caught-running-exits

https://blogs.sciencemag.org/pipeline/archives/2020/05/21/there-may-be-a-unique-coronavirus-immune-response

http://www.theses.fr/2006NICE4002

http://www.theses.fr/2006NICE4002

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jmv.25762

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11463741/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1083955/

http://www.afrique-asie.fr/guerres-virales/

Didier Raoult ne croit pas que les Chinois «mentent plus que les Français»

Didier Raoult ne croit pas que les Chinois «mentent plus que les Français»

Publié par wikistrike.com sur 1 Mai 2020, 07:54am

Catégories : #Santé – psychologie#Science – technologie – web – recherche

Didier Raoult ne croit pas que les Chinois «mentent plus que les Français»

Dans un entretien exclusif accordé à BFM TV, le professeur Didier Raoult, qui défend l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19, a rejeté les critiques formulées à la Chine, déclarant qu’il n’avait pas de raison de croire que les politiques chinois «mentent plus que les autres».

Alors que la Chine est souvent critiquée ces derniers temps pour avoir manqué de transparence depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le professeur Didier Raoult, l’infectiologue de l’IHU de Marseille qui ne cesse de se prononcer en faveur d’un traitement à la chloroquine, a pris la défense du pays.

«Tout le monde ment, plus ou moins sur les choses dont vous avez la responsabilité, ça vous arrive de mentir, ça fait partie de la nature humaine. Donc je ne sais pas si les politiques chinois mentent plus que les autres. Je n’ai pas de raison de le croire», a-t-il lancé lors d’un entretien exclusif accordé à BFM TV ce 30 avril.

En outre, Pékin est parfois accusé par les États-Unis et certains de leurs alliés d’avoir minimisé les effets de la pandémie et le nombre de victimes sur son territoire.

«Quand vous voyez qu’en Chine, il y a eu 5.000 morts sur l’ensemble de la population chinoise…», a lancé Didier Raoult.

Il a par ailleurs indiqué que, grâce à son traitement, il y avait «trois fois moins de morts».BFMTV@BFMTV

Didier Raoult assure que son traitement a permis « qu’il y ait trois fois moins de morts »

Vidéo intégrée

159Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité108 personnes parlent à ce sujet

En outre, il ne lui «paraît pas vraisemblable» que le virus se soit échappé d’un laboratoire chinois.

Polémique autour de l’hydroxychloroquine

Le professeur Didier Raoult ne cesse de se prononcer en faveur de l’emploourci de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19, un sujet qui fait toujours débat. Il a quitté récemment le conseil scientifique chargé de guider Emmanuel Macron dans ses choix politiques concernant le coronavirus.

Toutefois, une étude destinée à vérifier l’efficacité de la chloroquine dans la lutte contre le nouveau coronavirus s’est terminée plus tôt que prévu après que 21 des 81 patients qui avaient pris des doses quotidiennes sont décédés, selon le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé ce 30 avril le bilan actualisé selon lequel la France a enregistré 24.376 décès au total depuis le 1er mars. Le nombre des cas confirmés s’élève à 129.580.

Source

Partager cet article

http://www.wikistrike.com/2020/05/didier-raoult-ne-croit-pas-que-les-chinois-mentent-plus-que-les-francais.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Le laboratoire Sanofi ne finance plus l’institut du professeur Raoult, affirme son président

Covid-19Nombre de personnes infectées: 2 421 237Nombre de personnes guéries: 635 865Nombre de personnes décédées: 166 212JHU CSSEChloroquine

Le laboratoire Sanofi ne finance plus l’institut du professeur Raoult, affirme son président

© AFP 2020 GERARD JULIENFRANCE16:19 20.04.2020(mis à jour 18:13 20.04.2020)URL courteDossier:Polémique autour de l’usage de la chloroquine contre le coronavirus – avril (10)26851S’abonner

Interrogé par BFMTV, le président de Sanofi France a affirmé que l’entreprise ne finançait plus les recherches du professeur Raoult et de son institut. Il a également rappelé que les capacités de production du Plaquenil, un médicament à base d’hydroxychloroquine, étaient importantes.

Invité sur le plateau de BFM TV, le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, a affirmé que ses laboratoires n’étaient plus impliqués dans le financement de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée, où officie le professeur Didier Raoult

Tom Hanks et Rita Wilson

© REUTERS / MONICA ALMEIDALa femme de Tom Hanks décrit des «effets secondaires extrêmes» de la chloroquineLe dirigeant précise que les recherches dans cet institut ne sont plus financées par Sanofi France depuis 2015.

Cette déclaration intervient alors que l’usage de la chloroquine fait toujours débat en France. Ce traitement mis en avant par le professeur Raoult pour lutter contre le Covid-19 est justement commercialisé par l’entreprise Sanofi sous sa forme médicamenteuse, le Plaquenil.

Une capacité de production importante

Au micro de BFM TV, Olivier Bogillot a également insisté sur la possibilité de produire en grand nombre des tablettes de Plaquenil, si le besoin s’en faisait sentir. Indiquant qu’un «pic de demandes» avait eu lieu, suite à l’autorisation du médicament dans les établissements de santé, il a rappelé l’existence d’importants stocks.

«On ne manque pas de Plaquenil. On a des capacités de production, on a des éléments de stock, on a une filière qui est extrêmement bien huilée […]. Depuis quelques semaines, on a largement augmenté nos cadences de production pour répondre à la demande, si demain ce médicament s’avère efficace», a-t-il expliqué sur BFM TV.

https://fr.sputniknews.com/france/202004201043608048-le-laboratoire-sanofi-ne-finance-plus-linstitut-du-professeur-raoult-affirme-son-president/

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

SANTÉ28.mars.2020 // Les Crises

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

Covid-19FranceMerci846Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

L’actuel Directeur général de la santé prévenait le futur président dans une note confidentielle, publiée dans les MacronLeaks

C’est une « note pour Mr Emmanuel Macron » de cinq pages, datée du 5 septembre 2016 et présentée comme « confidentielle ». Rédigée par le professeur Jérôme Salomon, elle a été transmise le lendemain par mail à l’équipe de campagne du candidat (pas encore déclaré) à la présidence de la République. Ce document, destiné à Quentin Lafay et Thomas Cazenave, a été rendu public parmi les 20 000 courriels piratés puis partagés en ligne par WikiLeaks, les « MacronLeaks ». Aujourd’hui directeur général de la santé (DGS), le professeur Salomon était alors le conseiller « santé » d’Emmanuel Macron.

Cette note était essentiellement consacrée aux réponses publiques en cas de nouvelles attaques terroristes. Nous étions alors moins de dix mois après les attentats du 13 novembre 2015. Toutefois, le constat et les préconisations de celui qui sera nommé Directeur général de la Santé le 8 janvier 2018, après la victoire du candidat qu’il conseillait alors, s’appliquaient aux « risques majeurs de catastrophes ». Citant les « épidémies et émergences » de maladies, le professeur Salomon notait que « les événements qu’a connus la France récemment […] démontrent que les préjudices humains et matériels peuvent être considérables. »

Accueil en milieu hospitalier. « La France n’est pas prête », écrivait-il, car elle a été « peu confrontée aux risques majeurs depuis 1945. » « L’organisation du système de réponse a fait l’objet d’une structuration importante (situations sanitaires exceptionnelles) mais demeure complexe et manque de réactivité et de capacités d’adaptation aux situations spécifiques et évolutives ». Il évoquait en particulier « l’accueil en milieu hospitalier, en particulier si l’afflux de victimes est important, supérieur à 300 en urgence absolue. »

Citant en exemple le système de santé israélien, il demandait de « faire subir un crash test à notre dispositif national de réponse, d’évaluer les points critiques et de proposer les adaptations les plus stratégiques du système de gestion ». Il insistait notamment sur la nécessité d’une « anticipation stratégique » et concluait : « Un dysfonctionnement grave aurait des conséquences délétères considérables ».

Dans le mail accompagnant la note, le professeur Salomon précisait qu’il ne souhaitait pas « la faire tourner au sein du groupe santé du fait de son caractère sensible ». « Les propositions n’engagent que moi mais ont été largement partagées avec un groupe d’experts de la question. Cette note est issue de mon expérience de conseiller sécurité sanitaire au cabinet, de mes entretiens avec de hauts responsables de la sécurité et de mes responsabilités actuelles de gestionnaire de crise et de FSD » (fonctionnaire de sécurité et de défense). Spécialiste des maladies infectieuses, Jérôme Salomon avait été membre du cabinet des ministres de la Santé Bernard Kouchner, puis Marisol Touraine de 2013 à 2015.

On ignore si Emmanuel Macron a lu ce document, mais par retour Quentin Lafay répondait à Jérôme Salomon : « Parlons-en demain soir discrètement, je trouve cela très intéressant. » « Dans le contexte actuel, EM doit être bien au courant des menaces » concluait le médecin dans un autre mail.

Iconoclastes. Ambitionnant d’être ministre de la Santé, Jérôme Salomon s’était rapproché de l’équipe Macron dès juin 2016. Il n’a toutefois jamais été membre du premier cercle politique. Insistant beaucoup sur la prévention, ses propositions étaient parfois jugées « iconoclastes » ou « alarmistes », Alexis Kohler lui reprochant notamment de ne jamais les chiffrer.

Un autre mail de Jérôme Salomon à l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, daté du 11 janvier 2017 et destiné à Quentin Lafay, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, résonne aujourd’hui de manière prémonitoire. Il était consacré à « l’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver ». Pour le futur DGS, elle était « une triste et caricaturale confirmation du paradoxe français » : « L’épidémie précoce a été favorisée par les vacances scolaires de fin d’année (ce sont les enfants qui transmettent le virus à leurs grands-parents), par l’absence de maîtrise des gestes basiques d’hygiène : mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! » Et de noter que « l’hôpital déjà en crise est désormais « en tension » car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité. »

Au vu de la pénurie actuelle de masques, de gel et de kits de dépistages, il semblerait que Jérôme Salomon ait finalement un peu négligé l’avertissement de Richelieu qu’il citait en exergue de sa note : « On ne doit pas tout craindre, mais on doit tout préparer. »

Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

https://www.les-crises.fr/la-france-nest-pas-prete-pour-une-epidemie-en-2016-le-pr-salomon-avertissait-le-candidat-macron-par-jean-dominique-merchet/

Où est passé Joe ?

Où est passé Joe ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 23 mars 2020

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer 2153

Où est passé Joe ?

23 mars 2020 – Nous nous évertuons, me semble-t-il, à situer notre démarche dans le plan que nous jugeons le plus haut, qui est celui du Système dans son destin catastrophique, et considérant avec une argumentation souvent et depuis si longtemps développée sur ce site que tout se joue du sort du Système aux USA, qui sont sa courroie de transmission et son bras opérationnel. Un très-aimable et très-érudit habitué du Forum, “J.C.” que je salue ici, extrayait une phrase d’un texte d’hier, – que je peux citer parce qu’elle résume bien ce propos d’introduction :

« Nous avons toujours estimé que l’Amérique et le “modèle américaniste” constituaient  la clef de voûte du Système, et donc que lorsqu’une crise menacerait directement l’un et l’autre ce serait le Système lui-même qui serait en cause. »

Cela explique notre intérêt sur ce site, et mon intérêt dans ces pages, pour les événements qui secouent les USA et son idéologie globalisante de l’américanisme, – et Dieu sait qu’il n’en manque pas, de ces événements, et qu’ils sont bien mal relayés et encore plus analysés en Europe. Je pense que le suivi de ces événements, surtout depuis que l’Amérique est soudainement, depuis à peine quelques jours, frappée par la panique-Covid19, est bien plus important que l’enquête constante et soupçonneuse sur les causes de la pandémie et les ambitions dictatoriales des pays du bloc-BAO (dont la France, certes) cachées derrière ou supposées apprêtées à s’en saisir, qu’on nous expose sans arrêt ni le moindre repos depuis le Patriot Act de l’automne 2002.

Sur ce point, et plutôt que me répéter ou même nous citer, j’extrais un passage d’un texte d’un commentateur US sérieux, pas trop hystérique, bien documenté et sérieusement antiSystème, qui dit parfaitement ce que je pense et fais depuis longtemps, sur l’importance essentielle des effets quelles que soient les causes, sur l’importance essentielle de la perception quelle que soit la réalité-désintégrée, – c’est-à-dire sur la nécessité du maniement de l’inconnaissance pour libérer la pensée des contingences annexes (qui a fait cela et dans quel but ?) et la concentrer sur l’essence des choses extraordinaires en cours (il se passe “cela” avec des effets extraordinaires).

Voici donc cette remarque de  Tom Luongo : 

« Peu importe ce que vous pensez des origines de COVID-19, arme biologique ou non, “juste la grippe” ou le nouveau fléau, la réalité est là. La réponse qu’on lui apporte est réelle et les dommages que cela cause à l’économie mondiale sont réels.
» Peu importe à l’heure actuelle si la réponse est la bonne ou la mauvaise. Car à une époque où la perception est plus importante que la réalité et ce depuis si longtemps, nous n’avons pas de véritable cadre de référence pour guider nos conclusions. »

Tout cela étant dit dans une fort longue introduction, passons au plat de résistance qui est cette bouffonne et en apparence anecdotique interrogation sur Joe Biden, dont l’intérêt pour mon compte se justifie dans la mesure où elle concerne directement l’événement qu’on peut qualifier de formidable dans le contexte actuel, de l’élection présidentielle USA-2020. Car, en effet, voilà qu’il s’avère ceci que Joe a disparu !

Je parle de Joe Biden, candidat démocrate désigné-d’avance, dont l’état mental ne cesse d’inquiéter les fins stratèges du système de l’américanisme, et qu’on n’a pas vu ni entendu depuis une semaine. C’est effectivement un peu étrange, puisque cette semaine, qui voit par ailleurs les primaires démocrates se poursuivre, est celle où le virus Covid-19 a frappé l’Amérique au cœur. On s’inquiète donc de l’absence de Joe :

« Les gens se demandent pourquoi l’ancien vice-président Joe Biden est resté silencieux la semaine dernière alors que la nation est aux prises avec l’urgence nationale COVID-19.
» Selon “une source étant informée de la campagne Biden”, l’équipe du candidat démocrate a campagne de Biden travaille “à développer[une infrastructure adéquate] et doit prendre en compte les réalités de la maison de Biden à Wilmington, – comme le fait qu’il n’y a pas de plafonds particulièrement élevés, ce qui peut rendre l’éclairage difficile”. »

On imagine (?) que “l’infrastructure” concerne la mise en place des conditions permettant de filmer Biden pour des interventions télévisées essentielles et décisives bien entendu, et alors l’explication relève du  bouffe qui reste partout présent dans une situation pourtant tragique. Imaginez Biden et son équipe dans une cellule monastique de 2mx2m avec ce satané 1,50m de plafond, tentant d’installer un projecteur ici, un micro là… Bien entendu, ZeroHedge.com, d’où vient cet extrait, le fait suivre d’une succession de photos de la luxueuse maison de Biden, de son intérieur si confortable avec de vastes et hauts plafonds, etc., que divers internautes tweeteurs n’ont pas manqué de diffuser en cascade.

Et ZeroHedge.com de conclure : « Samedi, nous avions rapporté que Biden avait prévu d’organiser des “shadow briefings” réguliers dès lundi afin de dénoncer les “mensonges et les échecs” du président Trump dans sa réponse à la crise COVID-19.
» Nous espérons que ses plafonds bas n’entraveront pas sa capacité à s’adapter à la situation et à délivrer son message. »

…Tandis que Sanders, qui existe toujours paraît-il, tweetait que « Biden et son équipe ne sont pas PRÊTS à diriger le pays ».

Du côté de Trump, les choses ne sont pas si roses qu’on pourrait croire à la pensée qu’il aura un adversaire de la carrure de Joe Biden, enfermé dans sa cellule monastique.  Christina Wilkie, de CNBC, observe que les trois axes majeurs de la campagne de Trump sont aujourd’hui extrêmement fragilisés sinon complètement anéantis :

» • La campagne de réélection du président Trump avait été conçue en partant du principe que l’économie serait très forte jusqu’en novembre, mais ce n’est plus du tout le cas.
» • Trump avait également prévu de faire du socialisme un point central de ses attaques. Mais sans Bernie Sanders comme adversaire, cet argumen tperd toute sa puissance.
» • Trump a fait campagne pour “drainer le cloaque” de Washington et réduire l’interventionnisme du gouvernement. Il veut maintenant que les Américains fassent confiance à l’action gouvernementale pour combattre le coronavirus et sauver l’économie. »

Tout cela s’est produit en un peu moins de deux mois (Wilkie situe le pinacle de la puissance politique de Trump et donc de ses chances de réélection au 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès). Cette rapidité est évidemment stupéfiante, surtout pour l’effondrement de l’économie qui s’est précisée tragiquement en quelques jours. Il s’agit bien sûr de l’explosion de la crise Codiv-19 et de son effet de détonateur sur le GCES, tout cela étant ressenti de plein fouet par les USA depuis une semaine, avec accélération ce week-end. (*)

Les conditions générales aux USA, comme elles doivent être décrites désormais, vont bien entendu influer sur la campagne présidentielles dans un sens absolument impossible à prévoir, et avec une force comme sans doute aucun autre événement auparavant dans une campagne présidentielle. (**) Cela, au moment où les deux candidats probables sont, quant à leurs comportements et dans les conditions où on les voit, les plus improbables du monde. Là aussi, j’estime avec la plus grande force qu’aucune prévision n’est possible, et cette imprévisibilité touchant le fait même de la tenue de l’élection de novembre prochain.

Les contours décisifs de la tragédie nommée Grande Crise de l’Effondrement du Système se mettent en place décisivement. Ce sont les USA qui en seront le champ de bataille, et Codiv-19 en sera un acteur essentiel, sinon l’acteur essentiel, détruisant tout sur son passage des fragiles structures économiques et sociales de cette hyperpuissance de carton-pâte.

Notes

(*) De WSWS.org ce 23 mars 2020 : « Les cas de coronavirus officiellement confirmés aux États-Unis ont augmenté de près de 14 000 au cours du week-end pour atteindre 32 356, et le nombre de décès a plus que doublé, passant de 158 à 414. Au niveau mondial, 60 000 nouveaux cas ont été enregistrés ces deux derniers jours, ce qui porte le total à plus de 335 000, avec un peu moins de 15 000 décès. Les États-Unis sont maintenant en tête du monde pour le nombre de nouveaux cas et sont en troisième position, après la Chine et l’Italie, pour le nombre de patients infectés par la COVID-19. »

(**) Il y a bien sûr l’élection de 1860 conduisant à l’élection de Lincoln et à la Guerre de Sécession et celle de 1932, au fond de la Grande Dépression, menant à l’élection de Roosevelt. Mais même dans ces deux cas, il s’agit d’événements certes essentiels mais très fortement “intériorisés” et méthodologiquement maîtrisés, c’est-à-dire susceptibles d’être pris en main, pour le meilleur ou pour le pire, par l’establishment politique. Aujourd’hui, le désordre américaniste lui-même hors de contrôle reçoit de plein fouet le chaos extérieur d’une puissance extraordinaire et contre lequel il ne peut évidemment rien. Il en résulte une totale impuissance d’un establishment politique américaniste par ailleurs gangrené par la corruption, la rapacité et une perte totale de perception de la réalité, et l’incapacité de rechercher une  vérité-de-situation.

https://www.dedefensa.org/article/ou-est-passe-joe

Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d'une opération menée par le Mossad…

Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d’une
opération menée par le Mossad…
Une opération menée par le Mossad, en coopération avec le Shin Beth
et Tsahal, a permis d’importer près de 100 000 kits de tests au
coronavirus en Israël depuis l’étranger, a rapporté jeudi le site
d’information Channel 12. Ce dernier rapporte également que les
équipes de sécurité de l’agence de renseignement assistent
actuellement le ministère de la Santé dans la création d’un logiciel, mais
aussi d’applications permettant de gérer l’épidémie du coronavirus.
Depuis ces derniers jours, les services de sécurité israéliens sont de
plus en plus impliqués dans la gestion de la crise aux côtés du ministère
de la Santé. Le commandement du Front intérieur a par exemple dirigé
la réquisition d’établissements hôteliers afin d’accueillir des personnes
contaminées, dont l’hôtel Dan Panorama à Tel-Aviv. L’armée israélienne
a quant à elle lancé l’opération Rayon de Lumière afin de trouver du
matériel et de l’importer en urgence. Mardi, le Premier ministre Benjamin
Netanyahu a affirmé qu’il n’hésiterait pas à imposer le confinement total
si le public ne respectait pas les directives.
(I24News, le 19-03-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor-1120.pdf

VIDÉO – Coronavirus : le traitement à la chloroquine testé à Marseille serait efficace

Santé – SciencesDossier : Coronavirus

VIDÉO – Coronavirus : le traitement à la chloroquine testé à Marseille serait efficace

Lundi 16 mars 2020 à 22:17 – Mis à jour le mardi 17 mars 2020 à 7:13 – Par David AussillouFrance Bleu ProvenceFrance BleuMarseille, France

À l’Institut hospitalo-universitaire à Marseille, le Professeur Raoult annonce que les premiers essais de la chloroquine sont spectaculaires contre le coronavirus. Ce médicament est déjà utilisé contre le paludisme.

Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU à Marseille
Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU à Marseille © Maxppp – Valérie Vrel

Dans une vidéo de 18 minutes enregistrée devant ses étudiants à Marseille, le Pr Raoult ne cache pas sa satisfaction. Concrètement, 24 patients atteints par le coronavirus ont accepté de prendre du Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine. Six jours plus tard, seulement 25 % sont encore porteurs du virus. Alors que 90 % de ceux qui n’ont pas reçu ce traitement sont toujours positifs.

Devant la présentation de ces résultats, les étudiants applaudissent le professeur. « C’est spectaculaire, leur dit le directeur de l’IHU. La charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. Et tous les gens qui meurent à cause du corona ont encore le virus. Ne plus l’avoir, ça change le pronostic.« 

Un médicament peu onéreux

Cet essai clinique a reçu l’accord des autorités sanitaires pour être pratiqué à l’IHU à Marseille, l’un des centres de référence pour le coronavirus. https://youtu.be/n4J8kydOvbc

L’avantage de ce médicament, si son efficacité se confirme, c’est qu’il est déjà connu pour lutter contre la paludisme. Et en plus, il est bon marché.

» Pénurie de respirateurs, de masques et de tests

Vous êtes ici

Décryptages » Pénurie de respirateurs, de masques et de tests : suiteSANTÉ21 mars 2020© SEBASTIEN BOZON / AFPECONOMIE DE GUERRE

Pénurie de respirateurs, de masques et de tests : suite

Après un premier article publié ce jeudi, l’industriel Loïk Le Floch Prigent a poursuivi ses investigations.

AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN303Avec Loïk Le Floch-Prigent

A (re)lire aussi, la partie 1 de l’enquête : Pénurie de respirateurs et de masques : est-il vraiment si difficile de mettre en œuvre une politique industrielle en soutien de notre santé ?

Lorsque j’ai entendu les plus hautes autorités de l’Etat nous dire qu’il fallait continuer à travailler je n’en ai pas cru mes oreilles : depuis une semaine la consigne est de rester chez soi. Mais quand j’ai été destinataire de la circulaire me disant que, bien sûr, ceux qui peuvent bénéficier du chômage partiel doivent appartenir à des entreprises sans contact avec la population mes yeux se sont embués ! Je ne vois pas, alors, pourquoi on a accepté que l’industrie automobile s’arrête. Tandis que des responsables continuent à célébrer le télétravail des bureaucrates, on parle de la nécessité de produire des emballages… Cela ne se fait pas par télétravail messieurs dames. Soyons sérieux.

En ce qui concerne les usines, après la communication effectuée, les salariés veulent être protégés et ils ont peut-être tort, mais pour eux il leur faut des masques, des solutions hydroalcooliques et des tests. Ce sont les salariés, en l’absence de matériel de protection, qui ont exigé les mesures de cessation d’activité. Le maintien de la communication gouvernementale sur l’inutilité des masques de protection ne sert à rien, les images de la Chine, de la Corée du Sud, de Singapour, du Japon, où le mal régresse les convainquent du contraire et il suffirait de quelques minutes sur le terrain pour faire comprendre la situation psychologique de la population. Il faut donc de manière urgente des masques, de l’ordre de 10 millions par jour alors que la fabrication française dopée ces derniers jours peut être portée à seulement 8 millions par semaine. Premier problème industriel à résoudre urgemment, il suffit d’un chef de projet, d’ateliers et d’argent immédiat : économie de guerre. Bien sûr la mise à disposition de gels hydroalcooliques, de savon, de gants… est impérative mais cela devrait encore être plus simple que les masques !

Le deuxième problème pour les salariés est de savoir si leurs collègues ne sont pas porteurs du virus, ils veulent donc des tests. Ces tests sont en plein développement, mais ceux de Bio-Mérieux sont encore en phase laboratoire, c’est-à-dire avec des résultats à travers des mesures strictes dans les six heures : difficile à mettre en œuvre en usine. La compagnie Roche semble être plus avancée pour un test plus rapide et sans doute plus efficace que celui qui a été utilisé en Corée du Sud. Pour reprendre une activité industrielle et obtenir l’aval des CSE, il est clair que les salariés demanderont à être rassurés par des tests, il y a quantité d’initiatives en France actuellement, pas à Paris, mais dans les régions, et il faut impérativement associer la reprise d’activités aux masques et aux tests. C’est possible mais il faut abandonner le déni de réalité, les travailleurs veulent être protégés, les mots ne suffisent pas.

Enfin on a bien compris que le faible pourcentage de ceux qui vont avoir une forme grave de la maladie vont avoir besoin de respirateurs artificiels et que la saturation arrive vite car ces appareils doivent servir en continu et au moins quinze jours par patient. Le fait qu’à Mulhouse l’hôpital ait été rapidement complet, qu’il a fallu envoyer des malades à Colmar et Strasbourg puis à Metz et Nancy, et enfin Marseille par avion des Armées montre bien les limites de notre approvisionnement. Immédiatement après mon intervention, le ministre a déclaré avoir commandé 1132 respirateurs à une « société française », un intermédiaire sans doute puisqu’il n’y a pas de fabrication française !

Néanmoins on a compris que l’hôpital de campagne des Armées d’Alsace allait « bénéficier «  de 30 respirateurs… On est loin du compte : ce sont des milliers de respirateurs dont il faut disposer ainsi que du personnel formé à son utilisation, c’est un défi industriel et médical, mais il est parfaitement possible.

Certes nos amis européens fabriquent des respirateurs, mais ils en gardent la grande majorité pour eux. Les Chinois ont des appareils disponibles, plusieurs milliers chez Aon Med avec un matériel utilisé en France, le Shangrila 510 et 4000 chez Resmed, il suffit de les commander et de les vouloir

Autre approche préconisée par des petites sociétés d’ingénierie « de province », l’utilisation de matériels susceptibles de fournir de l’oxygène avec des volumes et des pressions variables. L’imagination est là , la disponibilité aussi et, en l’occurrence, en Bretagne, ces ingénieurs se proposent de modifier « en économie de guerre » 3000 matériels pour en faire des respirateurs artificiels. En très peu de jours on peut mettre à disposition du matériel de qualité, mais il faut un pilote dans l’avion, des chefs de projet, des volontaires, et un peu de volonté quand même, quelque part…Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Covid-19coronavirusinsuffisance respiratoirerespirateursmasques

Thématiques :ECONOMIESANTÉ

https://www.atlantico.fr/decryptage/3588193/penurie-de-respirateurs-de-masques-et-de-tests–suite-loik-le-floch-prigent