Archives pour la catégorie Santé

Ain : Affaire des bébés sans bras (màj : La piste des pesticides se précise)

 

Alors que Santé Publique France a démarré son enquête sur le cas de 18 bébés nés sans bras entre 2000 et 2014, la piste des pesticides se précise. L’investigation de l’institution va notamment porter sur le cas de veaux également nés mal formés à la même époque.

Qu’est-ce qui a pu causer l’agénésie des membres supérieurs de 18 nouveaux nés dans l’Ain ?
La question anime depuis quelques semaines les experts, les familles de victimes et les institutions depuis qu’Emmanuelle Amar, l’épidémiologiste du Remera (registre des malformations en Rhône-Alpes) a lancé l’alerte.

Parmi les pistes examinées : la contamination via les pesticides. La découverte de cas de veaux nés avec des malformations dans la même région et à la même période semble renforcer cette piste. L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) s’est d’ailleurs emparée du dossier et a fait appel à son un observatoire des maladies bovines pour examiner la corrélation des données.

Pourquoi les malformations de veaux sont similaires aux agénesies chez les humains ?

Dès 2011, lorsqu’elle a commencé à répertorier les cas de malformations dans la région, Emmanuelle Amar a comparé la situation des différentes familles pour tenter de dessiner les premiers contours du scandale sanitaire.

Résultat: « l’un des points communs entre toutes les victimes est d’être originaire d’un milieu rural », affirme Emmanuelle Amar à l’Usine Nouvelle. Un constat qui ouvre grand la porte à la piste de la contamination aux pesticides.

Le mécanisme physiopathologique chez tous les êtres vivants étant similaires, le Dr. Michel Vekemans, professeur de génétique médicale et chef du Pôle de biologie et produits de santé à l’hôpital Necker à Paris suggère de faire le point sur l’état des troupeaux dans les régions contaminées.

« La malformation peut aussi survenir à cause d’un agent tératogène, c’est-à-dire un agent chimique, physique ou biologique, qui n’entraîne pas de mutation dans l’ADN mais qui déclenche des malformations pendant la grossesse. Dans ce cas, le même genre de malformations pourrait survenir à la naissance d’animaux dans les fermes aux alentours, » explique le spécialiste dans une interview accordée à l’Usine Nouvelle.

Des cas confirmés dans l’Ain

Or, Emmanuelle Amar est catégorique: des cas d’agénésie de queues et de cotes ont été constatés chez les veaux de la région à la même période. « Dans un email de mars 2015, les services vétérinaires (DDPP) de la région confirment qu’il y avait bien eu des signalements de malformation dans les troupeaux » affirme la lanceuse d’alerte.

Contactée par l’Usine Nouvelle, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l’Ain n’a, pour le moment, pas souhaité confirmer ses informations.

Mais interrogée sur le sujet, le directeur général de l’ANSES, Roger Genet a confirmé l’information et a indiqué avoir mis en place une approche interdisciplinaire en s’appuyant sur l’observatoire des maladies bovines et une plateforme d’épidémiologie en santé animale pilotée par le min de l’agriculture pour trouver des corrélations dans les zones impactées.

« Nous connaissons les maladies animales qui provoquent ce type de conséquences. Aujourd’hui, il ne faut pas simplement chercher les causes les plus fréquentes d’agénésies dans les livres de médecine mais avoir une approche interdisciplinaire.

Si un animal est malade, il y a des causes qui peuvent aussi avoir un impact sur l’homme » explique le dirigeant, qui par ailleurs affirme qu’aucun produit tératogène n’est aujourd’hui autorisé en France.

Les premiers résultats de l’ANSES devraient être connus en janvier 2019 et les conclusions définitives en juin prochain.

L’Usine Nouvelle


29/10

Malgré le soutien affiché de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, les six salariés du registre lyonnais des malformations vont perdre leur travail après l’affaire des bébés sans bras de l’Ain.

L’autoproclamée lanceuse d’alerte dans l’affaire des bébés sans bras de l’Ain, accusée par plusieurs épidémiologistes d’être une « irresponsable » manipulant l’opinion, sera au chômage en janvier.

Emmanuelle Amar, la directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), a reçu sa lettre de licenciement vendredi. La mesure, qui prendra effet le 31 décembre, frappe aussi cinq de ses collègues, tous salariés de l’association lyonnaise connue pour avoir révélé le scandale de la Dépakine.

« Notre employeur, les Hospices civils de Lyon, n’a plus les moyens de débourser les 250.000 euros annuels qui permettaient de payer nos salaires et notre loyer, se désole Emmanuelle Amar. Je suis d’autant plus choquée qu’Agnès Buzyn avait annoncé dimanche dernier que le registre n’était pas menacé. »…

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Génération pesticides : Les enfants en première ligne

octobre 2018

La France est le pays d’Europe qui consomme le plus de pesticides, parmi lesquels le glyphosate, un herbicide considéré comme « probablement cancérogène ».

Dans l’Hexagone, la justice a été saisie sur des cas d’enfants malades après avoir été exposés à ce genre de produit. À l’Assemblée nationale, les députés se sont opposés à deux reprises cette année à l’interdiction du glyphosate. Depuis, la société civile se mobilise pour interpeller les consciences et convaincre les politiques d’agir.

(…)

Le corps médical est formel : les malformations de Théo ne sont pas génétiques mais bien liées à un facteur extérieur.

« Dès les premiers mois de sa naissance, les médecins ont pointé du doigt les pesticides », précise Sabine Grataloup qui, à l’époque, ne fait pas tout de suite le rapprochement avec le désherbant qu’elle utilise à son domicile, dans la carrière pour ses chevaux. « La prise de conscience est arrivée après », reconnaît-elle.

En août 2008, précisément. Comme tous les ans, à la même époque, Sabine passe du Glyper, un herbicide à base de glyphosate. « Cela m’a fait un flash, je me suis souvenue de ce que le chirurgien m’avait dit en parlant des pesticides. »

En raison du caractère tératogène du glyphosate (qui implique des risques d’anomalie sur le fœtus) évoqué dans les études scientifiques, les médecins qualifient le lien avec les malformations de Théo de « hautement probable ». « J’ai été exposée à un moment crucial de ma grossesse – dans les quatre premières semaines, commente-t-elle. Je ne savais même pas que j’étais enceinte, je n’ai donc pas pris de précautions particulières. »

France24

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/10/generation-pesticides-les-enfants-en-premiere-ligne.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Sécu : fin d’un compromis historique

 

 

Si le gouvernement invoque une conjoncture favorable, les causes sont aussi à chercher du côté d’une maîtrise très forte des dépenses sociales, et ce, depuis longtemps. Pour la branche vieillesse, les différentes réformes engagées en 1993, 2003 et 2010, qui ont repoussé l’âge de départ à la retraite, produisent leurs effets, avec un tassement du montant moyen liquidé. Pour la branche maladie (déficitaire de 500 millions d’euros en 2019), le contrôle des dépenses a été obtenu par un effort sur le prix des médicaments et par une compression des dépenses à l’hôpital public, qui a entraîné une dégradation des conditions de travail des soignants.

Pour la branche maladie, le contrôle des dépenses a été obtenu par un effort sur le prix des médicaments et par une compression des dépenses à l’hôpital public

Certaines dépenses de la branche famille ont, elles, diminué. Les réformes de 2014 et 2015 sur le congé parental (CLCA devenu PreParE), menées au nom de l’égalité femmes-hommes, n’ont par exemple pas permis d’augmenter la participation des pères, mais elles ont de fait conduit à une baisse du montant et du recours aux prestations : de deux milliards d’euros de prestations versées en 2013, on n’est plus qu’à un milliard en 2018, sans qu’on puisse l’imputer à la seule évolution démographique.

En 2019 et 2020, le gouvernement continuera d’appuyer sur le frein. Les allocations familiales et les pensions de retraite seront quasiment gelées : elles ne seront revalorisées qu’à hauteur de 0,3 %, alors que l’inflation sera comprise entre 1,7 % et 2 %. Quant à l’hôpital, ce sont 3,8 milliards d’euros d’économies qui sont exigées (au lieu des 4,2 milliards initialement prévus).

Fin du compromis historique

Mais la rupture majeure du budget 2019 de la Sécurité sociale est ailleurs. Elle ne se voit pas encore dans les comptes et tient à la fin d’un compromis historique. Depuis la loi Veil de 1994, il était inscrit au code de la Sécurité sociale que l’Etat compensait à l’euro près « toute mesure de réduction ou d’exonération de cotisations de Sécurité sociale pendant toute la durée de son application ». Cet article va être modifié.

Dès 2019, l’Etat ne compensera pas la baisse du forfait social, qui va coûter 500 millions d’euros à la Sécurité sociale, ni l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires. Les effets de cette décision vont se faire sentir sur les recettes des années à venir.

Dès 2019, l’Etat ne compensera pas la baisse du forfait social, qui va coûter 500 millions d’euros à la Sécurité sociale, ni l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires

Ce changement s’ajoute à une évolution de long terme : depuis les années 1990, les sources de financement de la Sécurité sociale se sont diversifiées. Historiquement, la Sécurité sociale était une caisse autonome, ayant ses recettes propres, les cotisations sociales. Depuis près de trois décennies, les gouvernements successifs ont renoncé à augmenter les cotisations sociales. Leur part (55 % du financement de la Sécurité sociale en 2017) va encore diminuer dans les années à venir. Parallèlement, la CSG, créée en 1991, mais aussi une multitude d’impôts et taxes affectées (ITAF), en constituent une part croissante (plus de 30 % en 2017).

Or si la CSG suit naturellement l’évolution de la masse salariale2, puisque elle est indexée sur les salaires, ce n’est pas le cas des autres ITAF (taxes sur le tabac, les casinos, l’alcool… ). Ces multiples taxes peuvent être réaffectées d’une année à l’autre entre branches de la Sécurité sociale ou vers l’Etat, ou voir leur taux augmenter moins vite que les besoins auxquels elles sont censées répondre. Autant de moyens pour l’Etat de décider discrètement et au fil de l’eau des recettes de la Sécurité sociale, dont les besoins de financement augmentent du fait du vieillissement de la population, du poids croissant des maladies chroniques, et des progrès de la médecine.

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

 

 

Droit à l’information

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

par Olivier Petitjean

C’est la première invocation officielle du « secret des affaires », adopté cet été par la majorité parlementaire malgré les critiques de la société civile. Et elle n’émane pas directement d’une entreprise privée mais d’une agence publique : l’Agence du médicament, qui refuse de rendre public l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox de Merck. Il y a un an, le changement inopiné de formule de ce médicament avait suscité une vague de réactions indésirables et d »inquiétudes, et les personnes affectées attendent toujours des réponses.

C’était il y a un peu plus d’un an : le laboratoire pharmaceutique Merck mettait discrètement en vente une nouvelle formule du Levothyrox, un médicament populaire pour la thyroïde. Au bout de quelques semaines, les signalements d »effets secondaires se multiplient, et l’affaire prend les proposition d’un scandale sanitaire. Plusieurs dizaines de plaintes ont été déposées à ce jour par les patients, qui s’interrogent sur les causes du phénomène, alors que la laboratoire et les autorités de santé nient tout problème. Entre-temps, l’ancienne formule du médicament a été remise sur le marché.

Les événements de ces dernières semaines ne risquent pas de mettre fin aux polémiques. Selon les révélations du site Les Jours, qui a consacré une série d’articles au scandale du Levothyrox, un avocat des victimes a demandé à l’Agence du médicament de lui communiquer le document officiel de l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du médicament. Ce que l’agence publique a fait au bout de plusieurs semaines, mais en « noircissant » plusieurs informations capitales : le lieu de fabrication du principe actif de la nouvelle formule du médicament du laboratoire Merck, et le nom de l’entreprise en charge de la production de ce principe actif. De quoi alimenter tous les soupçons.

L’agence semble avoir attendu l’adoption définitive de la loi sur le secret des affaires, validée par le Conseil constitutionnel fin juillet, avant de répondre finalement à la demande de l’avocat des victimes, datant de fin avril. Les syndicalistes, militants associatifs, chercheurs et journalistes qui se sont mobilisés en 2015-2016 à l’occasion de l’adoption de la directive européenne sur le secret des affaires (lire ici et ), puis en 2018 à l’occasion de la transposition de cette directive en France (lire ici et ), y voient une confirmation de leurs craintes. « C’est la première fois, que le secret des affaires est invoqué, déclare ainsi le collectif de journalistes d’investigation Informer n’est pas un délit. Cette atteinte au droit d’être informé ne vient pas d’un groupe privé. Elle est le fait d’une agence publique. C’est inacceptable ! »

L’affaire illustre un autre risque du secret des affaires dont il a peu été question dans le débat public : non pas seulement celui de multiplier les procédures bâillon initiées par des entreprises à l’encontre de leur critique, mais celui de réduire encore le droit à l’information des citoyens (déjà bien faible en France) sur tout ce qui concerne les décisions administratives, la santé et l’environnement, dans un contexte de relations étroites entre les agences publiques et les entreprises qu’elles sont chargées de réguler.

Selon Le Monde, l’Agence du médicament nie avoir attendu l’adoption de la loi pour formuler sa réponse. Une pétition en ligne a été lancée contre l’application du secret des affaires aux enjeux de santé publique.

Olivier Petitjean

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Photo : Carmen Nissan CC via flickr

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Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

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Les 100 000 pages de documents rendus publiques par l’ancien ministre géorgien de la Sécurité nationale, Igor Guiorgadze, laissent apparaître que le laboratoire de Gilead Sciences du Centre Richard Lugar de Tbilisi (Géorgie) poursuivait des tests d’armes chimiques et biologiques pour le Pentagone [1].

Ces expériences, prétendument destinées à lutter contre l’hépatite C, ont coûté la vie à 73 patients dont au moins 49 ont été délibérément sacrifiés.

Selon le responsable de la lutte biologique, chimique et nucléaire au ministère russe de la Défense, le général Igor Kirillov, les souches des animaux morts en 2007-18 de l’épidémie de peste porcine en Russie sont les mêmes que celles du centre Richard Lugar connues sous le nom de Georgie-2007.

L’épidémie de peste porcine qui s’est propagée au cours de la décennie depuis la Géorgie vers la Chine d’une part, la Russie et les pays baltes d’autre part proviendrait donc, accidentellement ou volontairement, des expériences de Gilead Sciences.

L’épidémie de peste porcine qui sévit actuellement en Belgique ne semblait pas liée à ce phénomène puisqu’elle est encore loin des zones contaminées. Cependant, le ministre wallon de l’Agriculture René Collin a révélé que l’origine de l’épidémie belge est la base militaire de Lagland, dans la province belge du Luxembourg. Des militaires ayant participé à des manœuvres de l’Otan dans les pays baltes y séjournent.

Les documents en cours d’étude pourraient également permettre d’établir un lien entre les expériences de Gilead Sciences et les tiques porteuses de la fièvre hémorragique Crimée-Congo qui se propagent actuellement au Sud de la Russie.

Parmi les documents révélés par Igor Guiorgadze figure également un brevet pour un drone capable de disséminer des insectes infectés ; une découverte à rapprocher des travaux du Darpa sur l’infection des cultures [2].

La Russie a demandé des explications aux États-Unis et se prépare à saisir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Un rapport commandé par la ministre fait le point sur le dossier Levothyrox, sans tirer de conclusions convaincantes sur un vrai sujet : la réticence du corps médical à écouter les patients.

Par Éric Verhaeghe.

Le rapport Kierzek-Léo ne fera pas date pour les propositions qu’il formule, d’une timidité et d’une complexité confondantes face aux enjeux posés par le dossier du Lévothyrox. On notera par exemple la proposition de créer une « plateforme » d’information sur les médicaments à destination du public.

Le réflexe français très solutionniste du « un problème, une solution technique de plus dans le mille-feuilles » a encore agi. Pour le reste, la mission propose de confier à l’Agence Nationale de Sécurité de Médicament (ANSP) la fonction de communiquer sur tous ces sujets. La même ANSM qui est au cœur de l’affaire Mediator ou de l’affaire Depakine.

Avec ces propositions, on est donc certain que la situation n’est pas près d’évoluer !

Silence presque total sur l’accès aux données de santé

L’ensemble du rapport reste à peu près muet sur la question de l’ouverture des données de santé, qui demeurent encore et toujours une propriété jalousement gardée par l’État, avec les conséquences que l’on connaît. Les scandales sanitaires récents ont tous mis en exergue les limites d’un monde où l’information et le traitement des données de santé sont rationnés par l’État.

Malgré ces évidences, les pouvoirs publics s’obstinent à verrouiller l’accès à des données qu’ils se montrent incapables de traiter correctement. Et le rapport Kierzek-Léo ne trouve pas grand chose à redire à ce sujet. On notera jusque cette phrase : « À plus long terme, ouvrir plus largement l’accès aux données », qui en dit long sur le manque d’ambition du rapport, et sur le sous-dimensionnement des mesures proposées. On est très loin de l’ouverture large et rapide dont la santé a besoin en France pour sortir de sa préhistoire.

La question du mépris médical et des pouvoirs publics au coeur du rapport

Mais il faut reconnaître au rapport le mérite de reconnaître une réalité qui est au cœur du dossier du Levothyrox : les pouvoirs publics sanitaires, en accord avec la communauté médicale, ont foulé aux pieds la parole des patients et n’ont pas pris la mesure de l’évolution qui touche la société dans son ensemble. On lira donc dans le rapport quelques phrases châtiées qui résument assez bien le sujet :

L’approche principalement réglementaire de l’information sur le médicament a pour conséquence de reléguer au second plan la réflexion sur son appropriation par le public et les professionnels de santé. La dimension « utilisateurs » de l’information a ainsi été délaissée pour répondre principalement au besoin de « se couvrir » au plan médico-légal. […]

Le primat, dans l’ensemble des dispositifs informationnels, de la rationalité scientifique et de l’expertise a, en outre, peu intégré la richesse spécifique de l’information ascendante. Ses « remontées » dans les dispositifs de veille sanitaire (comme l’ouverture aux usagers de la plateforme de signalement des événements indésirables) ne semblent intéresser les pouvoirs publics que dès lors qu’elle répond aux canons de l’imputabilité « classique ». Ce faisant, les autorités sanitaires se privent d’informations de « vie réelle » pourtant cruciales et utiles à l’évaluation des médicaments (courriers des lecteurs de la presse écrite, remontées aux associations de patients, réseaux sociaux, questions fréquentes en officine, etc.).

Les médecins et les pouvoirs publics ne tireraient donc aucun profit de la parole des malades ? Le fait qu’un rapport officiel l’écrive est déjà un bon point. Mais au rythme où vont les choses, la surdité des principaux intéressés n’est pas prête de guérir.

Sur le web

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

Le journal de 7h30

lundi 9 juillet 2018

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

12 minutes

La Dépakine, déjà accusée d’avoir provoqué malformations et troubles mentaux chez 30 000 enfants, est au cœur d’une nouvelle affaire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique aurait rejeté dans l’atmosphère un cancérogène bien au-delà des normes autorisées.

L'usine Sanofi qui fabrique l'antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure
L’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure © AFP / GARO / Phanie

En Thaïlande, opération sauvetage, acte deux. Hier, quatre enfants ont été sortis de la grotte, deux placés en lieu sûr. Six enfants et leur entraîneur restent à sauver.

Madrid-Barcelone : un pas vers la réconciliation ? Le Premier ministre espagnol reçoit le président régional catalan. C’est leur première rencontre depuis la crise.

Le Rassemblement national, l’ex-FN, privé d’une partie de ses subventions publiques. C’est la décision des juges qui enquêtent sur l’affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs.

Coupe du monde de football : portrait d’Eden Hazard, le « Diable rouge » dont les Bleus devront se méfier demain dans leur demi-finale face à la Belgique.

ALLER PLUS LOIN

Écouter ►► « On a empoisonné nos enfants » : le scandale de la Dépakine

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-09-juillet-2018#xtor=EPR-5-%5BMeilleur09072018%5D

INFO FRANCEINFO. Nouvelle formule du Levothyrox : une analyse commandée par une association de malades révèle des anomalies dans la composition

INFO FRANCEINFO. Nouvelle formule du Levothyrox : une analyse commandée par une association de malades révèle des anomalies dans la composition

Une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, commandée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), met en lumière un sous-dosage d’une molécule entraînant des « réveils de cancers endormis » et la présence d’une autre molécule, non présente dans la liste des composants, qui est interdite aux États-Unis.

Un boîte de Levothyrox, fabriqué par la compagnie pharmaceutique allemande Merck, dans une pharmacie à Saint-Gaudens le 4 décembre 2017.
Un boîte de Levothyrox, fabriqué par la compagnie pharmaceutique allemande Merck, dans une pharmacie à Saint-Gaudens le 4 décembre 2017. (REMY GABALDA / AFP)

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) annonce, jeudi 14 juin, avoir commandé une analyse à un laboratoire étranger sur la nouvelle formule du Levothyrox, dont beaucoup de patients disent souffrir des effets secondaires. Ces recherches révèlent que cette formule contient moins de lévothyroxine que les spécifications en vigueur, ce qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement. « Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente des réveils de cancers endormis depuis des années », explique l’association.

Le deuxième élément de cette étude est la présence, dans le traitement, de dextrothyroxine, qui ne figure pas, selon l’association, dans la liste des composants. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d’effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd’hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

Les résultats transmis à un juge d’instruction

Les résultats de cette étude ont été transmis à la juge d’instruction du pôle santé de Marseille chargée du dossier, ouvert pour « tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d’autrui ». L’AFMT, estimant que « la ‘sécurité sanitaire’ ne permet pas d’attendre l’issue de l’instruction pénale pour agir », en appelle à l’Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d’échantillons, ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants.

« À ce stade, notre association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d’une ‘preuve’ indiscutable, mais d’un fait nouveau important. Car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d’origine toujours inconnue », précise l’association. L’Association française des malades de la thyroïde a eu des difficultés à trouver un laboratoire en France pour conduire ces analyses sur ce médicament commercialisé par le laboratoire Merck. L’ANSM et le laboratoire Merck ont remplacé, en février 2017, l’ancienne formule du Levothyrox par une nouvelle. Près de 500 000 patients se sont détournés de ce traitement depuis, selon le ministère de la Santé.

Les réactions à cette étude

Pour le moment, l’ANSM ne communiquera pas sur le sujet et ne souhaite pas commenter « une étude qu’elle n’a pas vue » et rappelle « qu’une étude épidémiologique est en cours, et que la justice fait son travail ». Du côté de Merk, le laboratoire affirme, dans un communiqué, que la déclaration de l’AFMT est « infondée scientifiquement ».

Nous rappelons que de nombreuses analyses ont déjà été réalisées par des Autorités compétentes sans identifier la moindre non-conformité de notre produit.Le laboratoire Merckdans un communiqué

« Aucun détail n’est donné quant aux méthodes utilisées et aux conditions dans lesquelles ces études ont été réalisées », avance le laboratoire dans son communiqué, qui dénonce également l’absence de « présentation exhaustive des résultats » et d’information sur le laboratoire sollicité.

« Nous démentons de façon formelle la présence de forme dextrogyre dans les comprimés de Levothyrox, qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule », ajoute Valérie Leto, Pharmacien Responsable de Merck, auteure du communiqué. « Concernant la présence d’une forme de lévothyroxine différente dans la nouvelle formule du Levothyrox (forme Dextrogyre D-T4), nous affirmons formellement que tel n’est pas le cas. Nous rappelons que la substance active utilisée pour Levothyrox nouvelle formule est strictement identique à celle présente dans l’ancienne formule du Levothyrox (forme Levogyre dite L-T4 forme moléculaire). »

Pénurie inédite de médicaments vitaux en France

Pénurie inédite de médicaments vitaux en France

>Société|Lucile Métout (avec Florence Méréo)| 27 février 2018, 20h23 | MAJ : 27 février 2018, 20h30 |20
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) comptait 520 médicaments vitaux en rupture de stock en 2017. Un chiffre inédit. (Illustration) LP/Humberto de Oliveira

Près de 530 produits ont été signalés en rupture de stock en 2017. Un chiffre en augmentation de 30 % d’après l’Agence nationale de sécurité du médicament. Du jamais-vu.

On les appelle MITM, pour Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Ceux dont l’absence en pharmacie peut engendrer, selon la loi santé du 26 janvier 2016, « un risque grave et immédiat » pour le patient. Un produit est en rupture de stock dès lors qu’une officine est incapable de le fournir sous 72 heures.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en a répertorié près de 530 en 2017. Un chiffre « qui reste à consolider », précise-t-elle au « Parisien », mais d’ores et déjà inédit. Le nombre de signalements a ainsi bondi de 30 % en un an. A titre de comparaison, la pénurie concernait 405 spécialités en 2016 et 391 en 2015.

Plus alarmant encore, le podium des médicaments en « tensions d’approvisionnement » : plus de 20 % des signalements concernent des « anti-infectieux généraux », c’est-à-dire des vaccins, juste devant les préparations liées au système nerveux, prescrits par exemple contre l’épilepsie ou la maladie de Parkinson.

LIRE AUSSI > «J’ai été privée de mon anticancéreux»

En cause ? Une défaillance de l’outil de production dans un cas sur cinq. Cela implique les retards de fabrication, les pannes d’équipement ou encore la « perte de savoir-faire », explique l’ANSM. Capacité de production insuffisante, difficulté d’approvisionnement en matière première et défaut de qualité des produits finis sont aussi souvent tenus pour responsables des carences.

Dès son rapport d’activité de 2015, l’ANSM s’inquiétait des « nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu ». Une politique pourtant susceptible de « mettre en jeu le pronostic vital des patients », ou de représenter « une perte de chance importante au regard de la gravité ou du potentiel évolutif de la maladie ».

Ce que dit la loi

Lorsqu’il y a pénurie, les textes obligent l’ANSM à « anticiper, informer, coordonner ». Elle analyse le risque lié à l’indisponibilité, organise un suivi de stocks et peut décider de restreindre les canaux de distribution aux seules pharmacies hospitalières. Un « stock de sécurité » peut également être provisionné.

De son côté, l’entreprise pharmaceutique est tenue d’informer l’ANSM de tout risque de rupture, puis de proposer des alternatives. Elle doit alors avertir et accompagner professionnels de santé et associations de patients. C’est en tout cas ce que dit la loi.

Contactées, les entreprises du médicament (regroupées au sein du syndicat LEEM) font part de leur préoccupation sur ce sujet. « Ces situations sont difficiles à accepter pour les patients, les médecins et les pharmaciens, car une interruption de traitement, même très momentanée, peut avoir des incidences graves sur la santé d’un malade. Dans la plupart des cas les industriels ont pris la mesure de l’importance des ruptures et se donnent les moyens pour les éviter et les traiter. »

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Lait contaminé. Lactalis se défend et assure collaborer parfaitement avec l’État

Lait contaminé. Lactalis se défend et assure collaborer parfaitement avec l’État

  • Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, afin de réagir aux derniers développements de l'affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle.
    Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, afin de réagir aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle. | Ouest-France Thomas BREGARDIS

Ouest-France.

Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, dans ses locaux parisiens afin de réagir aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a sévèrement rappelé à l’ordre le groupe basé en Mayenne, dénonçant « une entreprise défaillante ». « Nous étions en parfaite collaboration avec les autorités », répond Lactalis, qui a présenté publiquement ses « excuses ».

Lactalis est sorti de son silence. Par la voix de son porte-parole, Michel Nalet, le géant laitier a réagi, ce jeudi 11 janvier, aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle dans l’usine de Craon (Mayenne). « Je voudrais renouveler nos excuses à l’ensemble des parents. Nous ne nous excuserons jamais assez. Avant d’être des collaborateurs du groupe, nous sommes des parents et des grands-parents», a d’abord insisté Michel Nalet. Avant de tenter de défendre le groupe, sévèrement mis en cause par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire quelques heures plus tôt face à la presse.

« Cette affaire est grave, elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés. L’État s’est […] substitué à une entreprise défaillante dont je rappelle qu’elle est la seule responsable de la qualité et de la sécurité des produits mis sur le marché », avait dénoncé le ministre à la mi-journée.

« Un dossier difficile pour notre groupe »

« C’est un événement grave. Un dossier difficile pour notre groupe. On n’a jamais vécu d’événement de cette nature-là », a concédé en retour Michel Nalet. Mais le porte-parole l’a martelé au cours de son intervention face aux médias : « Nous n’avons pas cessé de travailler en collaboration avec l’État, d’accompagner les parents et nos clients. »

Ce midi, Bruno Le Maire avait particulièrement déploré de devoir signer lui-même, le 9 décembre, un arrêté demandant la suspension de la commercialisation des laits infantiles et le rappel de 600 lots, soit 11 000 tonnes de produits, dont 7 000 destinées au marché français, à la suite des constatations sur place, à Craon, des services ministériels. « Nous n’avions pas à l’époque l’ensemble des analyses », justifie, sans plus de précisions, le porte-parole de Lactalis. Malgré la présence avérée de la bactérie depuis plusieurs semaines, notamment dans une tour de séchage, le groupe a préféré procéder en trois vagues de rappel et de retrait, jusqu’au 21 décembre, pour « la totalité de ses produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans l’usine de Craon depuis le 15 février ».

« Mettre tout en œuvre pour redémarrer le site de Craon »

Michel Nalet met par ailleurs en avant la réaction du groupe, avec la mise en place d’un numéro vert et une présence sur le terrain auprès de ses clients. Avec « 6 700 visites chez les clients pour accompagner, pour expliquer » et « 58 000 appels de parents auxquels nous avons répondu en toute transparence », détaille le porte-parole.

Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis.
Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis. | AFP

Concernant le site mayennais de Craon mis en cause, il « est bien fermé depuis le 8 décembre au matin », souligne Michel Nalet. Quelque 250 salariés sont au chômage partiel. Mais « nous allons mettre tout en œuvre pour redémarrer ce site dans de bonnes conditions », assure-t-il. Il s’est aussi voulu rassurant pour les éleveurs qui travaillent avec Lactalis : « Nous n’avons pas arrêté la collecte du lait. Le lait traité à Craon est redispatché ».

Après la grande distribution convoquée ce jeudi soir pour avoir vendu des laits pourtant visés par le rappel de produits, Lactalis va être reçu vendredi par le ministre de l’Économie pour s’expliquer sur cette affaire. Car depuis, l’affaire a éclaboussé la grande distribution. Après Leclerc mardi, plusieurs grands distributeurs ont annoncé mercredi chacun à leur tour avoir vendu des produits issus de lots rappelés : 434 bouteilles de lait infantile et de préparations à base de céréales pour Carrefour, 384 boîtes de lait pour Système U et 52 pour Auchan.

Au 9 janvier, Santé publique France avait recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de cette usine. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l’hôpital, selon la même source.

L'affaire du lait contaminé en dates.

https://www.ouest-france.fr/sante/nutrition/lait-contamine-lactalis-assure-collaborer-parfaitement-avec-l-etat-5494209?utm_source=neolane_of_newsletter-generale_mediego&utm_campaign=of_newsletter-generale&mediego_ruuid=5de18cce-940e-4106-9eb7-dbe8d85f6e22_0&mediego_campaign=20180112_email_html&utm_medium=email&utm_content=20180112&vid=1752223&mediego_euid=1752223

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