Archives pour la catégorie Santé

Accueil / Actualités et analyses NOUVELLES OPENSECRETS Les fabricants de médicaments d’un million de dollars font pression pour un nouveau système de paiement des médicaments

prix des médicaments
Photo par Allie Smith sur Unsplash

Une nouvelle thérapie génique destinée à traiter une maladie musculaire souvent fatale a été mise sur le marché en mai. Il n’ya qu’un seul problème: avec un prix indiqué de plus de 2 millions de dollars, il s’agit du médicament le plus cher jamais vendu.C’est la raison pour laquelle quelques sociétés pharmaceutiques se sont rendues à Washington pour faire pression en faveur de nouveaux mécanismes de tarification permettant l’adaptation de traitements de thérapie génique inhabituels pour des maladies rares. L’activité sur K Street intervient alors que le Congrès continuait de débattre de la manière de réduire les prix des médicaments sur ordonnance. Mais les fabricants de médicaments veillent également à ce que quelqu’un paie pour l’ordonnance, peu importe le prix.En mai, la FDA a approuvé Zolgensma, un traitement de remplacement du gène développé par la société suisse Novartis, utilisé pour traiter l’atrophie musculaire spinale des enfants de moins de deux ans. Le prix courant du médicament est de 2,1 millions de dollars, ce qui en fait de loin le traitement monodose le plus cher de tous les temps.L’atrophie musculaire spinale est une maladie génétique qui touche une personne sur 8 000 à 10 000, selon le National Institutes of Health. Les enfants atteints de la maladie ont des muscles faibles et beaucoup de ceux qui naissent avec sa forme la plus grave ne vivent pas après l’âge de deux ans.Zolgensma, contrairement aux médicaments précédents, est administré en traitement unique, les patients recevant un gène manquant par le biais d’une perfusion unique.Une autre thérapie génique émergente est Zynteglo, un traitement mis au point par Bluebird Bio pour le traitement de la bêta-thalassémie , une maladie du sang rare. La société du Massachusetts a annoncé en juin que le traitement, qui avait récemment reçu l’ approbation conditionnelle en Europe, serait inscrit à un prix de près de 1,8 million de dollars. Il s’attend à ce que Zynteglo soit approuvé par la FDA pour une utilisation aux États-Unis l’année prochaine.Les prix exorbitants des médicaments sont souvent une source d’indignation pour le public et même les sociétés pharmaceutiques reconnaissent que la plupart des Américains ne peuvent pas facilement payer pour un traitement d’un million de dollars. Pour cette raison, les fabricants de médicaments, dont Bluebird et Novartis, tentent de convaincre les compagnies d’assurance et le gouvernement fédéral que leurs traitements en valent la peine.

Aidez-nous à compter l’argent et à rendre la monnaie en faisant un don aujourd’hui.Novartis a dépensé 3,3 millions de dollars pour faire pression cette année sur des questions telles que la thérapie génique et la tarification. Bluebird a relativement peu dépensé (seulement 70 000 dollars au cours du premier trimestre), mais plusieurs lobbyistes travaillent sur la question de la thérapie génique, dont un enregistré pour travailler exclusivement sur des «méthodes de paiement alternatives» pour des «nouvelles thérapies».Une méthode alternative proposée par les fabricants de médicaments consiste à décomposer les paiements au fil du temps. Novartis a offert aux assureurs la possibilité de payer Zolgensma via un plan de versement échelonné sur cinq ans pour un coût de 425 000 dollars par an. Bien que certains assureurs privés soient disposés à payer le traitement sur cinq ans, les règles actuelles ne permettent pas aux assureurs publics, tels que Medicare et Medicaid, de payer en plusieurs fois.Novartis et Bluebird ont toutes deux déclaré avoir fait du lobbying auprès des Centers for Medicare et des services Medicaid cette année. En février, les centres ont proposé de couvrir un traitement anticancéreux reposant sur le médicament Kymriah , mis au point par Novartis , et approuvé par la FDA en 2017. Une décision finale à ce sujet est encore à venir .Ensemble, Medicare et Medicaid fournissent une couverture de soins de santé à plus du tiers de la population américaine.Les sociétés pharmaceutiques sont depuis longtemps le principal dépositaire de lobbying à Washington. L’industrie pharmaceutique et des produits de santé a déjà dépensé 86,5 millions dedollars en lobbying en 2019. Le lobbying en thérapie génique représente une partie petite mais croissante de ce total. Près d’une douzaine de groupes – y compris plusieurs sociétés qui n’existaient pas il y a dix ans – ont fait pression sur le gouvernement fédéral pour que les prix des thérapies géniques soient tarifés au premier trimestre de cette année.Novartis a mis sur le marché son médicament de 2,1 millions de dollars, mais d’autres thérapies géniques en sont aux étapes des essais cliniques. Bluebird teste également l’utilisation de Zynteglopar des patients atteints de drépanocytose, la maladie du sang la plus répandue aux États-Unis, tandis que Spark Therapeutics , qui a déjà mis au point une thérapie génique qui traite une certaine forme de cécité, travaille sur un traitement hémophilie.N’hésitez pas à distribuer ou à citer ce matériel, mais merci de créditer le Center for Responsive Politics. 
Pour obtenir une autorisation de réimpression à des fins commerciales, telles que les manuels scolaires, contactez le Centre: info@crp.org

Soutenir la responsabilité du journalisme

Chez OpenSecrets.org, nous proposons des reportages détaillés sur l’argent dans la politique, dans l’intérêt du public. Que vous lisiez sur la collecte de fonds présidentielle de 2020, les conflits d’intérêts ou l’influence de «l’argent noir», nous produisons ce contenu avec une petite équipe dédiée. Chaque don que nous recevons d’utilisateurs comme vous va directement à la promotion d’une analyse de données de haute qualité et d’un journalisme d’investigation fiable. S’il vous plaît, soutenez notre travail et gardez cette ressource gratuite. Je vous remercie.SUPPORTEZ OPENSECRETS

A propos de l’auteur

Jessica Piper

Jessica a rejoint le CRP en tant que stagiaire rapporteuse en juin 2019. Elle est récemment diplômée du Bowdoin College, où elle a étudié l’économie et a dirigé le journal des étudiants indépendants du collège. Elle a grandi à Louisville, Colorado.

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.opensecrets.org/&prev=search
Publicités

Levothyrox: Une étude met en cause la substituabilité des formules

4 AVRIL 2019 / 15:19 / IL Y A 36 MINUTES

Levothyrox: Une étude met en cause la substituabilité des formules

Une étude publiée jeudi met en cause le test ayant permis d’établir la substituabilité de l’ancienne et de la nouvelle formules du Levothyrox, un médicament contre les troubles de la thyroïde faisant l’objet de plaintes en justice. /Photo prise le 3 décembre 2018/REUTERS/Emmanuel Foudrot

Des milliers de personnes traitées avec ce médicament en France se sont plaintes de troubles, parfois graves, après le passage à la nouvelle formule.

Les auteurs de l’étude franco-britannique publiée dans la revue Clinical Pharmacokinetics, soulignent que Merck, producteur du Levothyrox, s’est conformé aux règles européennes qui préconisent l’utilisation d’un test s’appuyant sur un calcul de moyenne.

Cependant, l’analyse des données montre que “plus de 50% des volontaires en bonne santé ayant participé à l’étude qui a démontré la bioéquivalence moyenne (ABE) étaient en fait en dehors de la zone de bioéquivalence a priori”, écrivent-ils.

Cela signifie que pour plus de la moitié des participants, la disponibilité du principe actif dans l’organisme – sa concentration dans le sang et la vitesse à laquelle il s’y propage – était significativement différente entre la nouvelle formule et l’ancienne.

“Nous nous interrogeons par conséquent sur la capacité d’un test ABE à garantir la substituabilité, pour un patient donné, de la nouvelle et de l’ancienne formules de la levothyroxine”, ajoutent-ils.

Les auteurs ajoutent que la nouvelle formule du Levothyrox contient du mannitol, un excipient qui pourrait être à l’origine de différences d’absorption du médicament, et donc de réactions entre les volontaires testés.

Cité par le quotidien Le Monde, qui fait état jeudi de la publication de cette étude, Merck souligne que cette dernière procède à une analyse de la variabilité individuelle, “ce qui n’est pas conforme aux méthodes de référence demandées par les autorités de santé, et validées par 23 autorités sanitaires”.

Le tribunal d’instance de Lyon a débouté en mars les 4.113 plaignants qui poursuivaient Merck dans le cadre d’une action collective pour “défaut d’information” dans le changement de la formule du Levothyrox.

Quelque 3.000 de ces personnes ont fait appel, a précisé jeudi à Reuters Christophe Lèguevaques, un de leurs avocats, et d’autres demandes d’appel sont en cours.

Jean-Baptiste Vey, avec Catherine Lagrange à Lyon, édité par Yves Clarisse

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1RG1L2-OFRTP

France : qui cache la vérité sur les cas d’enfants nés mutilés dans des zones rurales

France : qui cache la vérité sur les cas d’enfants nés mutilés dans des zones rurales

Que cache l’affaire des cas rapportés d’enfants nés mutilés dans des régions rurales de France et pourquoi cette affaire fait-elle l’objet d’un mutisme officiel ?

Pourquoi a t-on censuré ou du moins officiellement reporté sine die la publication de rapports établis par des organismes chargés de la santé publique sur cette affaire ?

Poser de simples  questions de bon sens est devenu passible de l’accusation assez commode de « complotisme ». Et les enfants nés sans certains de leurs organes, ils sont conspirationnistes aussi ?

Ou est-ce parce que leurs parents de la France profonde n’ont pas le droit de s’exprimer ?

Si c’est les pesticides ou des rejets chimiques ou des essais secrets près des zones où ces cas ont été rapportés, qui a peur de la vérité ?

Assez de mensonges !

France : qui cache la vérité sur les cas d’enfants nés mutilés dans des zones rurales

Ain : Affaire des bébés sans bras (màj : La piste des pesticides se précise)

 

Alors que Santé Publique France a démarré son enquête sur le cas de 18 bébés nés sans bras entre 2000 et 2014, la piste des pesticides se précise. L’investigation de l’institution va notamment porter sur le cas de veaux également nés mal formés à la même époque.

Qu’est-ce qui a pu causer l’agénésie des membres supérieurs de 18 nouveaux nés dans l’Ain ?
La question anime depuis quelques semaines les experts, les familles de victimes et les institutions depuis qu’Emmanuelle Amar, l’épidémiologiste du Remera (registre des malformations en Rhône-Alpes) a lancé l’alerte.

Parmi les pistes examinées : la contamination via les pesticides. La découverte de cas de veaux nés avec des malformations dans la même région et à la même période semble renforcer cette piste. L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) s’est d’ailleurs emparée du dossier et a fait appel à son un observatoire des maladies bovines pour examiner la corrélation des données.

Pourquoi les malformations de veaux sont similaires aux agénesies chez les humains ?

Dès 2011, lorsqu’elle a commencé à répertorier les cas de malformations dans la région, Emmanuelle Amar a comparé la situation des différentes familles pour tenter de dessiner les premiers contours du scandale sanitaire.

Résultat: « l’un des points communs entre toutes les victimes est d’être originaire d’un milieu rural », affirme Emmanuelle Amar à l’Usine Nouvelle. Un constat qui ouvre grand la porte à la piste de la contamination aux pesticides.

Le mécanisme physiopathologique chez tous les êtres vivants étant similaires, le Dr. Michel Vekemans, professeur de génétique médicale et chef du Pôle de biologie et produits de santé à l’hôpital Necker à Paris suggère de faire le point sur l’état des troupeaux dans les régions contaminées.

« La malformation peut aussi survenir à cause d’un agent tératogène, c’est-à-dire un agent chimique, physique ou biologique, qui n’entraîne pas de mutation dans l’ADN mais qui déclenche des malformations pendant la grossesse. Dans ce cas, le même genre de malformations pourrait survenir à la naissance d’animaux dans les fermes aux alentours, » explique le spécialiste dans une interview accordée à l’Usine Nouvelle.

Des cas confirmés dans l’Ain

Or, Emmanuelle Amar est catégorique: des cas d’agénésie de queues et de cotes ont été constatés chez les veaux de la région à la même période. « Dans un email de mars 2015, les services vétérinaires (DDPP) de la région confirment qu’il y avait bien eu des signalements de malformation dans les troupeaux » affirme la lanceuse d’alerte.

Contactée par l’Usine Nouvelle, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l’Ain n’a, pour le moment, pas souhaité confirmer ses informations.

Mais interrogée sur le sujet, le directeur général de l’ANSES, Roger Genet a confirmé l’information et a indiqué avoir mis en place une approche interdisciplinaire en s’appuyant sur l’observatoire des maladies bovines et une plateforme d’épidémiologie en santé animale pilotée par le min de l’agriculture pour trouver des corrélations dans les zones impactées.

« Nous connaissons les maladies animales qui provoquent ce type de conséquences. Aujourd’hui, il ne faut pas simplement chercher les causes les plus fréquentes d’agénésies dans les livres de médecine mais avoir une approche interdisciplinaire.

Si un animal est malade, il y a des causes qui peuvent aussi avoir un impact sur l’homme » explique le dirigeant, qui par ailleurs affirme qu’aucun produit tératogène n’est aujourd’hui autorisé en France.

Les premiers résultats de l’ANSES devraient être connus en janvier 2019 et les conclusions définitives en juin prochain.

L’Usine Nouvelle


29/10

Malgré le soutien affiché de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, les six salariés du registre lyonnais des malformations vont perdre leur travail après l’affaire des bébés sans bras de l’Ain.

L’autoproclamée lanceuse d’alerte dans l’affaire des bébés sans bras de l’Ain, accusée par plusieurs épidémiologistes d’être une « irresponsable » manipulant l’opinion, sera au chômage en janvier.

Emmanuelle Amar, la directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), a reçu sa lettre de licenciement vendredi. La mesure, qui prendra effet le 31 décembre, frappe aussi cinq de ses collègues, tous salariés de l’association lyonnaise connue pour avoir révélé le scandale de la Dépakine.

« Notre employeur, les Hospices civils de Lyon, n’a plus les moyens de débourser les 250.000 euros annuels qui permettaient de payer nos salaires et notre loyer, se désole Emmanuelle Amar. Je suis d’autant plus choquée qu’Agnès Buzyn avait annoncé dimanche dernier que le registre n’était pas menacé. »…

Génération pesticides : Les enfants en première ligne

octobre 2018

La France est le pays d’Europe qui consomme le plus de pesticides, parmi lesquels le glyphosate, un herbicide considéré comme « probablement cancérogène ».

Dans l’Hexagone, la justice a été saisie sur des cas d’enfants malades après avoir été exposés à ce genre de produit. À l’Assemblée nationale, les députés se sont opposés à deux reprises cette année à l’interdiction du glyphosate. Depuis, la société civile se mobilise pour interpeller les consciences et convaincre les politiques d’agir.

(…)

Le corps médical est formel : les malformations de Théo ne sont pas génétiques mais bien liées à un facteur extérieur.

« Dès les premiers mois de sa naissance, les médecins ont pointé du doigt les pesticides », précise Sabine Grataloup qui, à l’époque, ne fait pas tout de suite le rapprochement avec le désherbant qu’elle utilise à son domicile, dans la carrière pour ses chevaux. « La prise de conscience est arrivée après », reconnaît-elle.

En août 2008, précisément. Comme tous les ans, à la même époque, Sabine passe du Glyper, un herbicide à base de glyphosate. « Cela m’a fait un flash, je me suis souvenue de ce que le chirurgien m’avait dit en parlant des pesticides. »

En raison du caractère tératogène du glyphosate (qui implique des risques d’anomalie sur le fœtus) évoqué dans les études scientifiques, les médecins qualifient le lien avec les malformations de Théo de « hautement probable ». « J’ai été exposée à un moment crucial de ma grossesse – dans les quatre premières semaines, commente-t-elle. Je ne savais même pas que j’étais enceinte, je n’ai donc pas pris de précautions particulières. »

France24

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/10/generation-pesticides-les-enfants-en-premiere-ligne.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Sécu : fin d’un compromis historique

 

 

Si le gouvernement invoque une conjoncture favorable, les causes sont aussi à chercher du côté d’une maîtrise très forte des dépenses sociales, et ce, depuis longtemps. Pour la branche vieillesse, les différentes réformes engagées en 1993, 2003 et 2010, qui ont repoussé l’âge de départ à la retraite, produisent leurs effets, avec un tassement du montant moyen liquidé. Pour la branche maladie (déficitaire de 500 millions d’euros en 2019), le contrôle des dépenses a été obtenu par un effort sur le prix des médicaments et par une compression des dépenses à l’hôpital public, qui a entraîné une dégradation des conditions de travail des soignants.

Pour la branche maladie, le contrôle des dépenses a été obtenu par un effort sur le prix des médicaments et par une compression des dépenses à l’hôpital public

Certaines dépenses de la branche famille ont, elles, diminué. Les réformes de 2014 et 2015 sur le congé parental (CLCA devenu PreParE), menées au nom de l’égalité femmes-hommes, n’ont par exemple pas permis d’augmenter la participation des pères, mais elles ont de fait conduit à une baisse du montant et du recours aux prestations : de deux milliards d’euros de prestations versées en 2013, on n’est plus qu’à un milliard en 2018, sans qu’on puisse l’imputer à la seule évolution démographique.

En 2019 et 2020, le gouvernement continuera d’appuyer sur le frein. Les allocations familiales et les pensions de retraite seront quasiment gelées : elles ne seront revalorisées qu’à hauteur de 0,3 %, alors que l’inflation sera comprise entre 1,7 % et 2 %. Quant à l’hôpital, ce sont 3,8 milliards d’euros d’économies qui sont exigées (au lieu des 4,2 milliards initialement prévus).

Fin du compromis historique

Mais la rupture majeure du budget 2019 de la Sécurité sociale est ailleurs. Elle ne se voit pas encore dans les comptes et tient à la fin d’un compromis historique. Depuis la loi Veil de 1994, il était inscrit au code de la Sécurité sociale que l’Etat compensait à l’euro près « toute mesure de réduction ou d’exonération de cotisations de Sécurité sociale pendant toute la durée de son application ». Cet article va être modifié.

Dès 2019, l’Etat ne compensera pas la baisse du forfait social, qui va coûter 500 millions d’euros à la Sécurité sociale, ni l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires. Les effets de cette décision vont se faire sentir sur les recettes des années à venir.

Dès 2019, l’Etat ne compensera pas la baisse du forfait social, qui va coûter 500 millions d’euros à la Sécurité sociale, ni l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires

Ce changement s’ajoute à une évolution de long terme : depuis les années 1990, les sources de financement de la Sécurité sociale se sont diversifiées. Historiquement, la Sécurité sociale était une caisse autonome, ayant ses recettes propres, les cotisations sociales. Depuis près de trois décennies, les gouvernements successifs ont renoncé à augmenter les cotisations sociales. Leur part (55 % du financement de la Sécurité sociale en 2017) va encore diminuer dans les années à venir. Parallèlement, la CSG, créée en 1991, mais aussi une multitude d’impôts et taxes affectées (ITAF), en constituent une part croissante (plus de 30 % en 2017).

Or si la CSG suit naturellement l’évolution de la masse salariale2, puisque elle est indexée sur les salaires, ce n’est pas le cas des autres ITAF (taxes sur le tabac, les casinos, l’alcool… ). Ces multiples taxes peuvent être réaffectées d’une année à l’autre entre branches de la Sécurité sociale ou vers l’Etat, ou voir leur taux augmenter moins vite que les besoins auxquels elles sont censées répondre. Autant de moyens pour l’Etat de décider discrètement et au fil de l’eau des recettes de la Sécurité sociale, dont les besoins de financement augmentent du fait du vieillissement de la population, du poids croissant des maladies chroniques, et des progrès de la médecine.

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

 

 

Droit à l’information

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

par Olivier Petitjean

C’est la première invocation officielle du « secret des affaires », adopté cet été par la majorité parlementaire malgré les critiques de la société civile. Et elle n’émane pas directement d’une entreprise privée mais d’une agence publique : l’Agence du médicament, qui refuse de rendre public l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox de Merck. Il y a un an, le changement inopiné de formule de ce médicament avait suscité une vague de réactions indésirables et d »inquiétudes, et les personnes affectées attendent toujours des réponses.

C’était il y a un peu plus d’un an : le laboratoire pharmaceutique Merck mettait discrètement en vente une nouvelle formule du Levothyrox, un médicament populaire pour la thyroïde. Au bout de quelques semaines, les signalements d »effets secondaires se multiplient, et l’affaire prend les proposition d’un scandale sanitaire. Plusieurs dizaines de plaintes ont été déposées à ce jour par les patients, qui s’interrogent sur les causes du phénomène, alors que la laboratoire et les autorités de santé nient tout problème. Entre-temps, l’ancienne formule du médicament a été remise sur le marché.

Les événements de ces dernières semaines ne risquent pas de mettre fin aux polémiques. Selon les révélations du site Les Jours, qui a consacré une série d’articles au scandale du Levothyrox, un avocat des victimes a demandé à l’Agence du médicament de lui communiquer le document officiel de l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du médicament. Ce que l’agence publique a fait au bout de plusieurs semaines, mais en « noircissant » plusieurs informations capitales : le lieu de fabrication du principe actif de la nouvelle formule du médicament du laboratoire Merck, et le nom de l’entreprise en charge de la production de ce principe actif. De quoi alimenter tous les soupçons.

L’agence semble avoir attendu l’adoption définitive de la loi sur le secret des affaires, validée par le Conseil constitutionnel fin juillet, avant de répondre finalement à la demande de l’avocat des victimes, datant de fin avril. Les syndicalistes, militants associatifs, chercheurs et journalistes qui se sont mobilisés en 2015-2016 à l’occasion de l’adoption de la directive européenne sur le secret des affaires (lire ici et ), puis en 2018 à l’occasion de la transposition de cette directive en France (lire ici et ), y voient une confirmation de leurs craintes. « C’est la première fois, que le secret des affaires est invoqué, déclare ainsi le collectif de journalistes d’investigation Informer n’est pas un délit. Cette atteinte au droit d’être informé ne vient pas d’un groupe privé. Elle est le fait d’une agence publique. C’est inacceptable ! »

L’affaire illustre un autre risque du secret des affaires dont il a peu été question dans le débat public : non pas seulement celui de multiplier les procédures bâillon initiées par des entreprises à l’encontre de leur critique, mais celui de réduire encore le droit à l’information des citoyens (déjà bien faible en France) sur tout ce qui concerne les décisions administratives, la santé et l’environnement, dans un contexte de relations étroites entre les agences publiques et les entreprises qu’elles sont chargées de réguler.

Selon Le Monde, l’Agence du médicament nie avoir attendu l’adoption de la loi pour formuler sa réponse. Une pétition en ligne a été lancée contre l’application du secret des affaires aux enjeux de santé publique.

Olivier Petitjean

Soutenir l’Observatoire !Parce que le débat démocratique mérite mieux que la com’ du CAC 40, nous enquêtons.

Soutenez l’indépendance de l’Observatoire en faisant un don.

— 
Photo : Carmen Nissan CC via flickr

http://multinationales.org/Levothyrox-le-secret-des-affaires-au-secours-du-laboratoire-Merck-et-des

Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

+

Les 100 000 pages de documents rendus publiques par l’ancien ministre géorgien de la Sécurité nationale, Igor Guiorgadze, laissent apparaître que le laboratoire de Gilead Sciences du Centre Richard Lugar de Tbilisi (Géorgie) poursuivait des tests d’armes chimiques et biologiques pour le Pentagone [1].

Ces expériences, prétendument destinées à lutter contre l’hépatite C, ont coûté la vie à 73 patients dont au moins 49 ont été délibérément sacrifiés.

Selon le responsable de la lutte biologique, chimique et nucléaire au ministère russe de la Défense, le général Igor Kirillov, les souches des animaux morts en 2007-18 de l’épidémie de peste porcine en Russie sont les mêmes que celles du centre Richard Lugar connues sous le nom de Georgie-2007.

L’épidémie de peste porcine qui s’est propagée au cours de la décennie depuis la Géorgie vers la Chine d’une part, la Russie et les pays baltes d’autre part proviendrait donc, accidentellement ou volontairement, des expériences de Gilead Sciences.

L’épidémie de peste porcine qui sévit actuellement en Belgique ne semblait pas liée à ce phénomène puisqu’elle est encore loin des zones contaminées. Cependant, le ministre wallon de l’Agriculture René Collin a révélé que l’origine de l’épidémie belge est la base militaire de Lagland, dans la province belge du Luxembourg. Des militaires ayant participé à des manœuvres de l’Otan dans les pays baltes y séjournent.

Les documents en cours d’étude pourraient également permettre d’établir un lien entre les expériences de Gilead Sciences et les tiques porteuses de la fièvre hémorragique Crimée-Congo qui se propagent actuellement au Sud de la Russie.

Parmi les documents révélés par Igor Guiorgadze figure également un brevet pour un drone capable de disséminer des insectes infectés ; une découverte à rapprocher des travaux du Darpa sur l’infection des cultures [2].

La Russie a demandé des explications aux États-Unis et se prépare à saisir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Un rapport commandé par la ministre fait le point sur le dossier Levothyrox, sans tirer de conclusions convaincantes sur un vrai sujet : la réticence du corps médical à écouter les patients.

Par Éric Verhaeghe.

Le rapport Kierzek-Léo ne fera pas date pour les propositions qu’il formule, d’une timidité et d’une complexité confondantes face aux enjeux posés par le dossier du Lévothyrox. On notera par exemple la proposition de créer une « plateforme » d’information sur les médicaments à destination du public.

Le réflexe français très solutionniste du « un problème, une solution technique de plus dans le mille-feuilles » a encore agi. Pour le reste, la mission propose de confier à l’Agence Nationale de Sécurité de Médicament (ANSP) la fonction de communiquer sur tous ces sujets. La même ANSM qui est au cœur de l’affaire Mediator ou de l’affaire Depakine.

Avec ces propositions, on est donc certain que la situation n’est pas près d’évoluer !

Silence presque total sur l’accès aux données de santé

L’ensemble du rapport reste à peu près muet sur la question de l’ouverture des données de santé, qui demeurent encore et toujours une propriété jalousement gardée par l’État, avec les conséquences que l’on connaît. Les scandales sanitaires récents ont tous mis en exergue les limites d’un monde où l’information et le traitement des données de santé sont rationnés par l’État.

Malgré ces évidences, les pouvoirs publics s’obstinent à verrouiller l’accès à des données qu’ils se montrent incapables de traiter correctement. Et le rapport Kierzek-Léo ne trouve pas grand chose à redire à ce sujet. On notera jusque cette phrase : « À plus long terme, ouvrir plus largement l’accès aux données », qui en dit long sur le manque d’ambition du rapport, et sur le sous-dimensionnement des mesures proposées. On est très loin de l’ouverture large et rapide dont la santé a besoin en France pour sortir de sa préhistoire.

La question du mépris médical et des pouvoirs publics au coeur du rapport

Mais il faut reconnaître au rapport le mérite de reconnaître une réalité qui est au cœur du dossier du Levothyrox : les pouvoirs publics sanitaires, en accord avec la communauté médicale, ont foulé aux pieds la parole des patients et n’ont pas pris la mesure de l’évolution qui touche la société dans son ensemble. On lira donc dans le rapport quelques phrases châtiées qui résument assez bien le sujet :

L’approche principalement réglementaire de l’information sur le médicament a pour conséquence de reléguer au second plan la réflexion sur son appropriation par le public et les professionnels de santé. La dimension « utilisateurs » de l’information a ainsi été délaissée pour répondre principalement au besoin de « se couvrir » au plan médico-légal. […]

Le primat, dans l’ensemble des dispositifs informationnels, de la rationalité scientifique et de l’expertise a, en outre, peu intégré la richesse spécifique de l’information ascendante. Ses « remontées » dans les dispositifs de veille sanitaire (comme l’ouverture aux usagers de la plateforme de signalement des événements indésirables) ne semblent intéresser les pouvoirs publics que dès lors qu’elle répond aux canons de l’imputabilité « classique ». Ce faisant, les autorités sanitaires se privent d’informations de « vie réelle » pourtant cruciales et utiles à l’évaluation des médicaments (courriers des lecteurs de la presse écrite, remontées aux associations de patients, réseaux sociaux, questions fréquentes en officine, etc.).

Les médecins et les pouvoirs publics ne tireraient donc aucun profit de la parole des malades ? Le fait qu’un rapport officiel l’écrive est déjà un bon point. Mais au rythme où vont les choses, la surdité des principaux intéressés n’est pas prête de guérir.

Sur le web

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

Le journal de 7h30

lundi 9 juillet 2018

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

12 minutes

La Dépakine, déjà accusée d’avoir provoqué malformations et troubles mentaux chez 30 000 enfants, est au cœur d’une nouvelle affaire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique aurait rejeté dans l’atmosphère un cancérogène bien au-delà des normes autorisées.

L'usine Sanofi qui fabrique l'antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure
L’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure © AFP / GARO / Phanie

En Thaïlande, opération sauvetage, acte deux. Hier, quatre enfants ont été sortis de la grotte, deux placés en lieu sûr. Six enfants et leur entraîneur restent à sauver.

Madrid-Barcelone : un pas vers la réconciliation ? Le Premier ministre espagnol reçoit le président régional catalan. C’est leur première rencontre depuis la crise.

Le Rassemblement national, l’ex-FN, privé d’une partie de ses subventions publiques. C’est la décision des juges qui enquêtent sur l’affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs.

Coupe du monde de football : portrait d’Eden Hazard, le « Diable rouge » dont les Bleus devront se méfier demain dans leur demi-finale face à la Belgique.

ALLER PLUS LOIN

Écouter ►► « On a empoisonné nos enfants » : le scandale de la Dépakine

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-09-juillet-2018#xtor=EPR-5-%5BMeilleur09072018%5D

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités