Archives pour la catégorie Santé

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

 

 

Droit à l’information

Levothyrox : le secret des affaires au secours du laboratoire Merck et des autorités de santé

par Olivier Petitjean

C’est la première invocation officielle du « secret des affaires », adopté cet été par la majorité parlementaire malgré les critiques de la société civile. Et elle n’émane pas directement d’une entreprise privée mais d’une agence publique : l’Agence du médicament, qui refuse de rendre public l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox de Merck. Il y a un an, le changement inopiné de formule de ce médicament avait suscité une vague de réactions indésirables et d »inquiétudes, et les personnes affectées attendent toujours des réponses.

C’était il y a un peu plus d’un an : le laboratoire pharmaceutique Merck mettait discrètement en vente une nouvelle formule du Levothyrox, un médicament populaire pour la thyroïde. Au bout de quelques semaines, les signalements d »effets secondaires se multiplient, et l’affaire prend les proposition d’un scandale sanitaire. Plusieurs dizaines de plaintes ont été déposées à ce jour par les patients, qui s’interrogent sur les causes du phénomène, alors que la laboratoire et les autorités de santé nient tout problème. Entre-temps, l’ancienne formule du médicament a été remise sur le marché.

Les événements de ces dernières semaines ne risquent pas de mettre fin aux polémiques. Selon les révélations du site Les Jours, qui a consacré une série d’articles au scandale du Levothyrox, un avocat des victimes a demandé à l’Agence du médicament de lui communiquer le document officiel de l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du médicament. Ce que l’agence publique a fait au bout de plusieurs semaines, mais en « noircissant » plusieurs informations capitales : le lieu de fabrication du principe actif de la nouvelle formule du médicament du laboratoire Merck, et le nom de l’entreprise en charge de la production de ce principe actif. De quoi alimenter tous les soupçons.

L’agence semble avoir attendu l’adoption définitive de la loi sur le secret des affaires, validée par le Conseil constitutionnel fin juillet, avant de répondre finalement à la demande de l’avocat des victimes, datant de fin avril. Les syndicalistes, militants associatifs, chercheurs et journalistes qui se sont mobilisés en 2015-2016 à l’occasion de l’adoption de la directive européenne sur le secret des affaires (lire ici et ), puis en 2018 à l’occasion de la transposition de cette directive en France (lire ici et ), y voient une confirmation de leurs craintes. « C’est la première fois, que le secret des affaires est invoqué, déclare ainsi le collectif de journalistes d’investigation Informer n’est pas un délit. Cette atteinte au droit d’être informé ne vient pas d’un groupe privé. Elle est le fait d’une agence publique. C’est inacceptable ! »

L’affaire illustre un autre risque du secret des affaires dont il a peu été question dans le débat public : non pas seulement celui de multiplier les procédures bâillon initiées par des entreprises à l’encontre de leur critique, mais celui de réduire encore le droit à l’information des citoyens (déjà bien faible en France) sur tout ce qui concerne les décisions administratives, la santé et l’environnement, dans un contexte de relations étroites entre les agences publiques et les entreprises qu’elles sont chargées de réguler.

Selon Le Monde, l’Agence du médicament nie avoir attendu l’adoption de la loi pour formuler sa réponse. Une pétition en ligne a été lancée contre l’application du secret des affaires aux enjeux de santé publique.

Olivier Petitjean

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Photo : Carmen Nissan CC via flickr

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Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie de peste porcine en Belgique

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Les 100 000 pages de documents rendus publiques par l’ancien ministre géorgien de la Sécurité nationale, Igor Guiorgadze, laissent apparaître que le laboratoire de Gilead Sciences du Centre Richard Lugar de Tbilisi (Géorgie) poursuivait des tests d’armes chimiques et biologiques pour le Pentagone [1].

Ces expériences, prétendument destinées à lutter contre l’hépatite C, ont coûté la vie à 73 patients dont au moins 49 ont été délibérément sacrifiés.

Selon le responsable de la lutte biologique, chimique et nucléaire au ministère russe de la Défense, le général Igor Kirillov, les souches des animaux morts en 2007-18 de l’épidémie de peste porcine en Russie sont les mêmes que celles du centre Richard Lugar connues sous le nom de Georgie-2007.

L’épidémie de peste porcine qui s’est propagée au cours de la décennie depuis la Géorgie vers la Chine d’une part, la Russie et les pays baltes d’autre part proviendrait donc, accidentellement ou volontairement, des expériences de Gilead Sciences.

L’épidémie de peste porcine qui sévit actuellement en Belgique ne semblait pas liée à ce phénomène puisqu’elle est encore loin des zones contaminées. Cependant, le ministre wallon de l’Agriculture René Collin a révélé que l’origine de l’épidémie belge est la base militaire de Lagland, dans la province belge du Luxembourg. Des militaires ayant participé à des manœuvres de l’Otan dans les pays baltes y séjournent.

Les documents en cours d’étude pourraient également permettre d’établir un lien entre les expériences de Gilead Sciences et les tiques porteuses de la fièvre hémorragique Crimée-Congo qui se propagent actuellement au Sud de la Russie.

Parmi les documents révélés par Igor Guiorgadze figure également un brevet pour un drone capable de disséminer des insectes infectés ; une découverte à rapprocher des travaux du Darpa sur l’infection des cultures [2].

La Russie a demandé des explications aux États-Unis et se prépare à saisir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Levothyrox : un rapport officiel dénonce le mépris des pouvoirs publics

Un rapport commandé par la ministre fait le point sur le dossier Levothyrox, sans tirer de conclusions convaincantes sur un vrai sujet : la réticence du corps médical à écouter les patients.

Par Éric Verhaeghe.

Le rapport Kierzek-Léo ne fera pas date pour les propositions qu’il formule, d’une timidité et d’une complexité confondantes face aux enjeux posés par le dossier du Lévothyrox. On notera par exemple la proposition de créer une « plateforme » d’information sur les médicaments à destination du public.

Le réflexe français très solutionniste du « un problème, une solution technique de plus dans le mille-feuilles » a encore agi. Pour le reste, la mission propose de confier à l’Agence Nationale de Sécurité de Médicament (ANSP) la fonction de communiquer sur tous ces sujets. La même ANSM qui est au cœur de l’affaire Mediator ou de l’affaire Depakine.

Avec ces propositions, on est donc certain que la situation n’est pas près d’évoluer !

Silence presque total sur l’accès aux données de santé

L’ensemble du rapport reste à peu près muet sur la question de l’ouverture des données de santé, qui demeurent encore et toujours une propriété jalousement gardée par l’État, avec les conséquences que l’on connaît. Les scandales sanitaires récents ont tous mis en exergue les limites d’un monde où l’information et le traitement des données de santé sont rationnés par l’État.

Malgré ces évidences, les pouvoirs publics s’obstinent à verrouiller l’accès à des données qu’ils se montrent incapables de traiter correctement. Et le rapport Kierzek-Léo ne trouve pas grand chose à redire à ce sujet. On notera jusque cette phrase : « À plus long terme, ouvrir plus largement l’accès aux données », qui en dit long sur le manque d’ambition du rapport, et sur le sous-dimensionnement des mesures proposées. On est très loin de l’ouverture large et rapide dont la santé a besoin en France pour sortir de sa préhistoire.

La question du mépris médical et des pouvoirs publics au coeur du rapport

Mais il faut reconnaître au rapport le mérite de reconnaître une réalité qui est au cœur du dossier du Levothyrox : les pouvoirs publics sanitaires, en accord avec la communauté médicale, ont foulé aux pieds la parole des patients et n’ont pas pris la mesure de l’évolution qui touche la société dans son ensemble. On lira donc dans le rapport quelques phrases châtiées qui résument assez bien le sujet :

L’approche principalement réglementaire de l’information sur le médicament a pour conséquence de reléguer au second plan la réflexion sur son appropriation par le public et les professionnels de santé. La dimension « utilisateurs » de l’information a ainsi été délaissée pour répondre principalement au besoin de « se couvrir » au plan médico-légal. […]

Le primat, dans l’ensemble des dispositifs informationnels, de la rationalité scientifique et de l’expertise a, en outre, peu intégré la richesse spécifique de l’information ascendante. Ses « remontées » dans les dispositifs de veille sanitaire (comme l’ouverture aux usagers de la plateforme de signalement des événements indésirables) ne semblent intéresser les pouvoirs publics que dès lors qu’elle répond aux canons de l’imputabilité « classique ». Ce faisant, les autorités sanitaires se privent d’informations de « vie réelle » pourtant cruciales et utiles à l’évaluation des médicaments (courriers des lecteurs de la presse écrite, remontées aux associations de patients, réseaux sociaux, questions fréquentes en officine, etc.).

Les médecins et les pouvoirs publics ne tireraient donc aucun profit de la parole des malades ? Le fait qu’un rapport officiel l’écrive est déjà un bon point. Mais au rythme où vont les choses, la surdité des principaux intéressés n’est pas prête de guérir.

Sur le web

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

Le journal de 7h30

lundi 9 juillet 2018

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

12 minutes

La Dépakine, déjà accusée d’avoir provoqué malformations et troubles mentaux chez 30 000 enfants, est au cœur d’une nouvelle affaire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique aurait rejeté dans l’atmosphère un cancérogène bien au-delà des normes autorisées.

L'usine Sanofi qui fabrique l'antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure
L’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure © AFP / GARO / Phanie

En Thaïlande, opération sauvetage, acte deux. Hier, quatre enfants ont été sortis de la grotte, deux placés en lieu sûr. Six enfants et leur entraîneur restent à sauver.

Madrid-Barcelone : un pas vers la réconciliation ? Le Premier ministre espagnol reçoit le président régional catalan. C’est leur première rencontre depuis la crise.

Le Rassemblement national, l’ex-FN, privé d’une partie de ses subventions publiques. C’est la décision des juges qui enquêtent sur l’affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs.

Coupe du monde de football : portrait d’Eden Hazard, le « Diable rouge » dont les Bleus devront se méfier demain dans leur demi-finale face à la Belgique.

ALLER PLUS LOIN

Écouter ►► « On a empoisonné nos enfants » : le scandale de la Dépakine

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-09-juillet-2018#xtor=EPR-5-%5BMeilleur09072018%5D

INFO FRANCEINFO. Nouvelle formule du Levothyrox : une analyse commandée par une association de malades révèle des anomalies dans la composition

INFO FRANCEINFO. Nouvelle formule du Levothyrox : une analyse commandée par une association de malades révèle des anomalies dans la composition

Une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, commandée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), met en lumière un sous-dosage d’une molécule entraînant des « réveils de cancers endormis » et la présence d’une autre molécule, non présente dans la liste des composants, qui est interdite aux États-Unis.

Un boîte de Levothyrox, fabriqué par la compagnie pharmaceutique allemande Merck, dans une pharmacie à Saint-Gaudens le 4 décembre 2017.
Un boîte de Levothyrox, fabriqué par la compagnie pharmaceutique allemande Merck, dans une pharmacie à Saint-Gaudens le 4 décembre 2017. (REMY GABALDA / AFP)

L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) annonce, jeudi 14 juin, avoir commandé une analyse à un laboratoire étranger sur la nouvelle formule du Levothyrox, dont beaucoup de patients disent souffrir des effets secondaires. Ces recherches révèlent que cette formule contient moins de lévothyroxine que les spécifications en vigueur, ce qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement. « Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente des réveils de cancers endormis depuis des années », explique l’association.

Le deuxième élément de cette étude est la présence, dans le traitement, de dextrothyroxine, qui ne figure pas, selon l’association, dans la liste des composants. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d’effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd’hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

Les résultats transmis à un juge d’instruction

Les résultats de cette étude ont été transmis à la juge d’instruction du pôle santé de Marseille chargée du dossier, ouvert pour « tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d’autrui ». L’AFMT, estimant que « la ‘sécurité sanitaire’ ne permet pas d’attendre l’issue de l’instruction pénale pour agir », en appelle à l’Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d’échantillons, ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants.

« À ce stade, notre association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d’une ‘preuve’ indiscutable, mais d’un fait nouveau important. Car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d’origine toujours inconnue », précise l’association. L’Association française des malades de la thyroïde a eu des difficultés à trouver un laboratoire en France pour conduire ces analyses sur ce médicament commercialisé par le laboratoire Merck. L’ANSM et le laboratoire Merck ont remplacé, en février 2017, l’ancienne formule du Levothyrox par une nouvelle. Près de 500 000 patients se sont détournés de ce traitement depuis, selon le ministère de la Santé.

Les réactions à cette étude

Pour le moment, l’ANSM ne communiquera pas sur le sujet et ne souhaite pas commenter « une étude qu’elle n’a pas vue » et rappelle « qu’une étude épidémiologique est en cours, et que la justice fait son travail ». Du côté de Merk, le laboratoire affirme, dans un communiqué, que la déclaration de l’AFMT est « infondée scientifiquement ».

Nous rappelons que de nombreuses analyses ont déjà été réalisées par des Autorités compétentes sans identifier la moindre non-conformité de notre produit.Le laboratoire Merckdans un communiqué

« Aucun détail n’est donné quant aux méthodes utilisées et aux conditions dans lesquelles ces études ont été réalisées », avance le laboratoire dans son communiqué, qui dénonce également l’absence de « présentation exhaustive des résultats » et d’information sur le laboratoire sollicité.

« Nous démentons de façon formelle la présence de forme dextrogyre dans les comprimés de Levothyrox, qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule », ajoute Valérie Leto, Pharmacien Responsable de Merck, auteure du communiqué. « Concernant la présence d’une forme de lévothyroxine différente dans la nouvelle formule du Levothyrox (forme Dextrogyre D-T4), nous affirmons formellement que tel n’est pas le cas. Nous rappelons que la substance active utilisée pour Levothyrox nouvelle formule est strictement identique à celle présente dans l’ancienne formule du Levothyrox (forme Levogyre dite L-T4 forme moléculaire). »

Pénurie inédite de médicaments vitaux en France

Pénurie inédite de médicaments vitaux en France

>Société|Lucile Métout (avec Florence Méréo)| 27 février 2018, 20h23 | MAJ : 27 février 2018, 20h30 |20
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) comptait 520 médicaments vitaux en rupture de stock en 2017. Un chiffre inédit. (Illustration) LP/Humberto de Oliveira

Près de 530 produits ont été signalés en rupture de stock en 2017. Un chiffre en augmentation de 30 % d’après l’Agence nationale de sécurité du médicament. Du jamais-vu.

On les appelle MITM, pour Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Ceux dont l’absence en pharmacie peut engendrer, selon la loi santé du 26 janvier 2016, « un risque grave et immédiat » pour le patient. Un produit est en rupture de stock dès lors qu’une officine est incapable de le fournir sous 72 heures.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en a répertorié près de 530 en 2017. Un chiffre « qui reste à consolider », précise-t-elle au « Parisien », mais d’ores et déjà inédit. Le nombre de signalements a ainsi bondi de 30 % en un an. A titre de comparaison, la pénurie concernait 405 spécialités en 2016 et 391 en 2015.

Plus alarmant encore, le podium des médicaments en « tensions d’approvisionnement » : plus de 20 % des signalements concernent des « anti-infectieux généraux », c’est-à-dire des vaccins, juste devant les préparations liées au système nerveux, prescrits par exemple contre l’épilepsie ou la maladie de Parkinson.

LIRE AUSSI > «J’ai été privée de mon anticancéreux»

En cause ? Une défaillance de l’outil de production dans un cas sur cinq. Cela implique les retards de fabrication, les pannes d’équipement ou encore la « perte de savoir-faire », explique l’ANSM. Capacité de production insuffisante, difficulté d’approvisionnement en matière première et défaut de qualité des produits finis sont aussi souvent tenus pour responsables des carences.

Dès son rapport d’activité de 2015, l’ANSM s’inquiétait des « nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu ». Une politique pourtant susceptible de « mettre en jeu le pronostic vital des patients », ou de représenter « une perte de chance importante au regard de la gravité ou du potentiel évolutif de la maladie ».

Ce que dit la loi

Lorsqu’il y a pénurie, les textes obligent l’ANSM à « anticiper, informer, coordonner ». Elle analyse le risque lié à l’indisponibilité, organise un suivi de stocks et peut décider de restreindre les canaux de distribution aux seules pharmacies hospitalières. Un « stock de sécurité » peut également être provisionné.

De son côté, l’entreprise pharmaceutique est tenue d’informer l’ANSM de tout risque de rupture, puis de proposer des alternatives. Elle doit alors avertir et accompagner professionnels de santé et associations de patients. C’est en tout cas ce que dit la loi.

Contactées, les entreprises du médicament (regroupées au sein du syndicat LEEM) font part de leur préoccupation sur ce sujet. « Ces situations sont difficiles à accepter pour les patients, les médecins et les pharmaciens, car une interruption de traitement, même très momentanée, peut avoir des incidences graves sur la santé d’un malade. Dans la plupart des cas les industriels ont pris la mesure de l’importance des ruptures et se donnent les moyens pour les éviter et les traiter. »

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Lait contaminé. Lactalis se défend et assure collaborer parfaitement avec l’État

Lait contaminé. Lactalis se défend et assure collaborer parfaitement avec l’État

  • Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, afin de réagir aux derniers développements de l'affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle.
    Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, afin de réagir aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle. | Ouest-France Thomas BREGARDIS

Ouest-France.

Le leader mondial des produits laitiers a pris la parole, ce jeudi 11 janvier, dans ses locaux parisiens afin de réagir aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a sévèrement rappelé à l’ordre le groupe basé en Mayenne, dénonçant « une entreprise défaillante ». « Nous étions en parfaite collaboration avec les autorités », répond Lactalis, qui a présenté publiquement ses « excuses ».

Lactalis est sorti de son silence. Par la voix de son porte-parole, Michel Nalet, le géant laitier a réagi, ce jeudi 11 janvier, aux derniers développements de l’affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle dans l’usine de Craon (Mayenne). « Je voudrais renouveler nos excuses à l’ensemble des parents. Nous ne nous excuserons jamais assez. Avant d’être des collaborateurs du groupe, nous sommes des parents et des grands-parents», a d’abord insisté Michel Nalet. Avant de tenter de défendre le groupe, sévèrement mis en cause par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire quelques heures plus tôt face à la presse.

« Cette affaire est grave, elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés. L’État s’est […] substitué à une entreprise défaillante dont je rappelle qu’elle est la seule responsable de la qualité et de la sécurité des produits mis sur le marché », avait dénoncé le ministre à la mi-journée.

« Un dossier difficile pour notre groupe »

« C’est un événement grave. Un dossier difficile pour notre groupe. On n’a jamais vécu d’événement de cette nature-là », a concédé en retour Michel Nalet. Mais le porte-parole l’a martelé au cours de son intervention face aux médias : « Nous n’avons pas cessé de travailler en collaboration avec l’État, d’accompagner les parents et nos clients. »

Ce midi, Bruno Le Maire avait particulièrement déploré de devoir signer lui-même, le 9 décembre, un arrêté demandant la suspension de la commercialisation des laits infantiles et le rappel de 600 lots, soit 11 000 tonnes de produits, dont 7 000 destinées au marché français, à la suite des constatations sur place, à Craon, des services ministériels. « Nous n’avions pas à l’époque l’ensemble des analyses », justifie, sans plus de précisions, le porte-parole de Lactalis. Malgré la présence avérée de la bactérie depuis plusieurs semaines, notamment dans une tour de séchage, le groupe a préféré procéder en trois vagues de rappel et de retrait, jusqu’au 21 décembre, pour « la totalité de ses produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans l’usine de Craon depuis le 15 février ».

« Mettre tout en œuvre pour redémarrer le site de Craon »

Michel Nalet met par ailleurs en avant la réaction du groupe, avec la mise en place d’un numéro vert et une présence sur le terrain auprès de ses clients. Avec « 6 700 visites chez les clients pour accompagner, pour expliquer » et « 58 000 appels de parents auxquels nous avons répondu en toute transparence », détaille le porte-parole.

Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis.
Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis. | AFP

Concernant le site mayennais de Craon mis en cause, il « est bien fermé depuis le 8 décembre au matin », souligne Michel Nalet. Quelque 250 salariés sont au chômage partiel. Mais « nous allons mettre tout en œuvre pour redémarrer ce site dans de bonnes conditions », assure-t-il. Il s’est aussi voulu rassurant pour les éleveurs qui travaillent avec Lactalis : « Nous n’avons pas arrêté la collecte du lait. Le lait traité à Craon est redispatché ».

Après la grande distribution convoquée ce jeudi soir pour avoir vendu des laits pourtant visés par le rappel de produits, Lactalis va être reçu vendredi par le ministre de l’Économie pour s’expliquer sur cette affaire. Car depuis, l’affaire a éclaboussé la grande distribution. Après Leclerc mardi, plusieurs grands distributeurs ont annoncé mercredi chacun à leur tour avoir vendu des produits issus de lots rappelés : 434 bouteilles de lait infantile et de préparations à base de céréales pour Carrefour, 384 boîtes de lait pour Système U et 52 pour Auchan.

Au 9 janvier, Santé publique France avait recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de cette usine. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l’hôpital, selon la même source.

L'affaire du lait contaminé en dates.

https://www.ouest-france.fr/sante/nutrition/lait-contamine-lactalis-assure-collaborer-parfaitement-avec-l-etat-5494209?utm_source=neolane_of_newsletter-generale_mediego&utm_campaign=of_newsletter-generale&mediego_ruuid=5de18cce-940e-4106-9eb7-dbe8d85f6e22_0&mediego_campaign=20180112_email_html&utm_medium=email&utm_content=20180112&vid=1752223&mediego_euid=1752223

L’hôpital, objet de convoitises des labos

PHOTO : ©GETTY
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Enquête

L’hôpital, objet de convoitises des labos

Les laboratoires pharmaceutiques travaillent dans l’ombre afin d’influencer médecins et décideurs publics. Alternatives Economiques publie des données exclusives qui prouvent leur omniprésence dans la politique économique du médicament. Deuxième volet de notre enquête en quatre épisodes.

Carton rouge. C’est avec cette sanction symbolique – à valeur d’exemple – que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), premier centre hospitalier de France, met en garde les médecins qui se retrouvent dans des situations de liens d’intérêts* qu’elle juge « excessifs », car trop visibles, avec les laboratoires pharmaceutiques. Martin Hirsch, le directeur général, en dispense en moyenne six par an. Même si l’AP-HP est pionnière en France en la matière, cela reste peu au regard de la fréquence de ces liens. Selon notre enquête, pas moins de 73 % des médecins de l’AP-HP entretiennent des liens d’intérêts avec des laboratoires.

77,5 % des médecins hospitaliers sont en lien avec les labos dans l’ensemble des centres hospitaliers universitaires (CHU)

Ils sont plus nombreux encore à l’échelle de l’Hexagone : en moyenne, 77,5 % des médecins hospitaliers sont en lien avec les labos dans l’ensemble des centres hospitaliers universitaires (CHU) ! Ces données exclusives, extraites par Alternatives Economiques avec l’aide des associations Regards citoyens et Formindep1 , reflètent la forte pénétration des délégués commerciaux des laboratoires au sein des hôpitaux. Elles pointent aussi un système encore très opaque de circulation des financements pour la recherche. Il faut dire que pour les labos, l’hôpital est une cible stratégique sur le marché français.

Un marché moteur

En France, les médicaments sont écoulés soit via les pharmacies, où les patients se rendent après la consultation (ou pas) d’un médecin, soit via les hôpitaux. Le marché hospitalier représentait 7,4 milliards d’euros en 2016, sur un chiffre d’affaires total du médicament en France de 27,6 milliards d’euros, soit un peu plus d’un quart, selon un rapport de Xerfi2. Mais surtout, « les laboratoires sont prêts à tous les « sacrifices » pour que les médicaments soient prescrits en première intention à l’hôpital, car ils savent que le renouvellement est ensuite quasi automatique par les médecins de ville », explique Etienne Caniard, ancien membre de la Haute autorité de santé, dans un récent ouvrage3. De fait, jusqu’à la moitié des prescriptions des généralistes en médecine de ville sont prédéterminées par celles des médecins hospitaliers4.

Ces derniers sont par conséquent au centre des attentions des laboratoires. Parmi les « avantages » les plus courants qui leur sont octroyés, il y a l’invitation à des colloques, dont le coût moyen s’élève à 1 211 euros, selon l’AP-HP. Faute de budget public, la formation médicale des praticiens continue en effet à être financée à hauteur de 98 % par l’industrie pharmaceutique, selon l’Igas5. « Si la qualité scientifique de ces colloques n’est pas forcément remise en cause, c’est surtout l’occasion pour les labos de promouvoir leur nouveau médicament dans une logique marketing, en insistant peu sur les contre-indications et les effets secondaires », affirme Paul Scheffer, du Formindep.

Des « associations de service » opaques

Mais le principal intérêt des laboratoires pharmaceutiques est ailleurs. « La participation des médecins hospitaliers à la recherche clinique et leur influence nous importent davantage que leurs prescriptions », affirme un dirigeant d’une grande entreprise pharmaceutique. Pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament, un laboratoire doit en effet effectuer des essais cliniques, qui sont encadrés par des normes internationales et doivent obligatoirement avoir lieu en CHU. D’où la nécessité pour les industriels de trouver des équipes médicales au sein de ces établissements. Depuis 2014, les sommes versées à l’hôpital pour la réalisation de ces essais cliniques sont en principe perçues par l’établissement de santé via un fonds spécifique. Auparavant, le médecin touchait en plus une rémunération qui était versée directement par le laboratoire via une association dite « de service ».

Zoom Conflit d’intérêts : un début de prise de conscience

En matière de prévention des conflits d’intérêts, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est une des pionnières en France. Elle a publié un rapport en mars 20161, préconisant une série d’actions pour les prévenir. C’est aussi un des trois seuls CHU, avec celui de Toulouse et de Poitiers, à avoir répondu à nos sollicitations, parmi les 29 contactés.

Au CHU de Poitiers, plus de 78 % des médecins entretiennent des liens d’intérêts avec les laboratoires (voir tableau). Une proportion importante qui s’explique par « le dynamisme de notre service de cancérologie, particulièrement ciblé par les laboratoires », estime Carles de Bideran, directeur des affaires médicales du CHU. Car les traitements contre cette maladie font partie des plus onéreux. D’où l’intérêt d’orienter les ordonnances des oncologues…

  • 1. « Les conflits d’intérêts au sein de l’AP-HP. Mieux les connaître, mieux les prévenir », mars 2016.

Mais ces associations de service perdurent. Rien qu’à l’AP-HP, elles seraient plusieurs centaines, selon le rapport de l’établissement6. Au CHU de Toulouse, leur nombre est estimé à 130. Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP dénonce leur existence comme des lieux « par lesquels des budgets opaques transitent ». Depuis 2015 – date à laquelle a été créée une fondation pour recueillir les fonds de recherche au sein de l’AP-HP -, seule une dizaine d’associations de service ont mis fin à leur activité propre, ce qui représentait déjà un budget non négligeable de 3,7 millions d’euros par an.

« La solution viendra le jour où les pouvoirs publics créeront un fonds en prélevant un pourcentage du chiffre d’affaires aux laboratoires, et en le gérant paritairement »

« Pour une recherche médicale en toute indépendance, la solution viendra le jour où les pouvoirs publics prendront conscience de la nécessité de créer un fonds en prélevant un pourcentage du chiffre d’affaires aux laboratoires, et en le gérant paritairement », estime Martin Hirsch. Un voeu pieux pour le moment. De son côté, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, assure : « Un travail de recensement des associations de service dans chaque hôpital est en cours. Le problème est en train de se résoudre via la création de fondations de recherche par les hôpitaux. »7 L’exemple de l’AP-HP montre qu’elles ne suffisent pas à mettre fin à ces pratiques d’associations de service.L’association Formindep devrait publier en janvier 2018 un classement des hôpitaux qui tentent de prévenir les conflits d’intérêts. « Je veux être sûr que mes patients ne me soupçonnent pas de prescrire tel ou tel médicament parce que j’ai reçu la visite des laboratoires », explique Christian Guy-Coichard, praticien hospitalier et responsable de cette enquête. Selon lui, la liste des CHU bons élèves en matière de transparence devrait être courte…

  • 1. Formindep est une association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients.
  • 2. « Les laboratoires pharmaceutiques », Xerfi France, mai 2017.
  • 3. Mieux soignés demain, par Etienne Caniard, Cherche midi, 2016.
  • 4. « L’information des médecins généralistes sur le médicament », par Pierre-Louis Bras, Pierre Ricordeau, Bernadette Rousille et Valérie Saintoyant, rapport de l’Igas n° RM 2007-136P, septembre 2007, page 23.
  • 5. « Mission relative à l’organisation juridique, administrative et financière de la formation continue des professions médicales et paramédicales », rapport de l’Igas n° 2006 002, janvier 2006.
  • 6. « Les conflits d’intérêts au sein de l’AP-HP. Mieux les connaître, mieux les prévenir », AP-HP, mars 2016.
  • 7. Lors de la rencontre organisée par l’Ajis le 21 novembre 2017.

* Lien d’intérêtsConvention (accord impliquant des obligations de part et d’autre, comme une activité de formation ou de recherche), avantage (don de matériel, repas, transport, hébergement, etc.) ou rémunération (en contrepartie de la réalisation d’un travail ou d’une prestation).

Ce petit don discret des industries pharmaceutiques

Ce petit don discret des industries pharmaceutiques

médicaments credits image money (licence creative commons)

Depuis des temps immémoriaux, l’humanité doit combattre des maladies et des infections qui l’ont durablement affaiblie et ont constamment ralenti son progrès. Les exemples de la peste noire, du choléra ou de la lèpre viennent facilement à l’esprit tant ces fléaux ont touché tous les continents et ont laissé dans les livres et les arts des traces encore visibles de nos jours. Et si ces maladies ont été durablement repoussées dans les pays développés, même actuellement au XXIème siècle, des continents entiers en font encore l’expérience.

C’est tout particulièrement le cas avec les NTD, neglegted tropical diseases ou maladies tropicales négligées, qui sont un groupe de diverses maladies tropicales fréquentes au sein des populations à faible revenu dans les régions en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Elles sont causées par divers pathogènes au premier rang desquels les parasites helminthes ou protozoaires, mais également les virus et les bactéries.

On parle ici de vraies saloperies, de pathogènes qui empêchent le développement des fœtus humains ou des enfants, provoquent des infections oculaires abominables, des souffrances insupportables ou des stigmates visibles qui excluent la victime de toute vie en société (on trouve ainsi la cécité des rivières, l’éléphantiasis, le trachome, les parasites intestinaux et la bilharziose, par exemple). Dans ces NTD, les parasites, véritables monstres d’épouvante, ne trouveront aucun défenseur de la cause animale pour s’élever contre leur disparition (encore que, des fois, on se demande), d’autant que le nombre de leurs victimes rend les désastres provoqués par le terrorisme, le socialisme et Christophe Maé véritablement dérisoires puisqu’on parle en dizaine de millions, tous les ans. Le plus triste et le plus absurde dans cette situation est que les traitements pour se débarrasser de ces fléaux existent déjà.

Cependant, devant ce constat effrayant, devant cet entassement macabre de victimes que les médias oublient commodément, tout espoir n’est pas perdu, loin s’en faut, comme en témoigne cette intéressante vidéo.


(C’est en anglais. Cependant, des sous-titres en français, compréhensibles mais très mal écrits, sont heureusement disponibles)

On apprend en effet que, depuis quelques années et la Déclaration de Londres, plusieurs firmes pharmaceutiques se sont lancées dans l’éradication de ces maladies et de ces parasites, en produisant une masse considérable de traitements, en les mettant gratuitement à disposition d’équipes de soignants qui vont, sur place, les administrer et suivre les populations victimes lors de leur traitement de fond.

Le but de cette opération dont la presse ne parle guère est de faire complètement disparaître ces NTD d’ici 2020. D’ici là, 18 milliards de dollars en médicaments auront été distribués. Jusqu’à présent, cette distribution a permis en 2015 à 850 millions d’individus de profiter de ces traitements gratuits et à des millions d’entre eux de se débarrasser de troubles débilitants. Au-delà de ce qui reste, pour le moment, le plus gros don en matière médicale que le monde ait vu, on peut aussi compter sur l’impact sanitaire le plus significatif depuis la disparition de la variole.

En outre, la guérison de ces millions d’individus et la disparition de ces pathologies très incapacitantes entraînera une amélioration très sensible des niveaux de vie des populations concernées : là où, jusqu’à présent, une proportion importante de ces individus était incapable de créer des richesses pour eux-mêmes et pour le reste de la société, on va se retrouver avec une population en bien meilleure santé, bien mieux à même de pourvoir à ses propres besoins.

Et surtout, comment ne pas imaginer que, parmi ces individus, se trouve peut-être le prochain prix Nobel de médecine, de physique ou de chimie, une future médaille Fields qui révolutionneront les sciences humaines et qui, sans ces traitements, n’auraient jamais pu survivre ou seulement voir le jour ?

En tout cas, on peut tirer quelques enseignements de cette initiative : non, l’ensemble de l’Humanité ne baigne pas dans le bonheur, loin s’en faut, mais des individus chaque jour plus nombreux travaillent sans relâche pour qu’au moins, le sort de tous s’améliore. Et plus précisément, oui, les industries pharmaceutiques sont des entreprises capitalistes, oui, elles recherchent avant tout le profit et ne s’en cachent même pas, mais non, elles ne sont pas fermées à la charité, loin s’en faut puisqu’elles participent activement à ce programme. Citons quelques unes de ces « big pharma », pour bien comprendre que ce ne sont pas de petits labos indépendants tenus par des gourous New-age, mais bien Abbott, AstraZeneca, GSK, Merck, Bayer, Sanofi, Pfizer, Novartis, … S’il y a bien des entreprises qui sauront distribuer en masse des produits sanitaires de qualité, ce sont bien ces labos là, n’en déplaisent aux conspirationnistes toujours prêts à les voir derrière l’une ou l’autre machination abominable.

Enfin, notons que cette initiative a été lancée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Organisation non gouvernementale instituée à des fins non lucratives, elle est cependant directement issue du capitalisme puisque financée par les dons de Bill Gates, le magnat de l’informatique et du logiciel. Autrement dit, ce sont les consommations de millions d’entreprises et de particuliers, et la richesse qu’ils ont créées qui ont permis à Microsoft, entreprise de Bill Gates, de faire de lui un milliardaire. Ce sont des comportements humains de marché, capitalistes et de recherche du profit personnel qui auront permis à cette entreprise de dégager des bénéfices qui abondent maintenant directement l’une des fondations les plus richement dotées de la planète, fondation qui a lancé la plus vaste offensive contre des maladies millénaires.

Voilà un message qui, en cette période de fêtes, remet quelque peu les pendules à l’heure, ne trouvez-vous pas ?


—-
Sur le web

Article initialement publié en décembre 2016.

https://www.contrepoints.org/2017/12/27/275752-petit-don-discret-industries-pharmaceutiques?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=119e546a4d-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-119e546a4d-114031913&mc_cid=119e546a4d&mc_eid=acae01963f

.[Vidéo] Secret-défense : “Complément d’enquête” révèle des images inédites d’un site contaminé à l’uranium

Source : France TV infos, 14-12-2017

Des milliers de tirs avec des matériaux radioactifs ont été réalisés au polygone d’expérimentation de Moronvilliers en Champagne, à 20 kilomètres de Reims. Le lieu était surnommé “l’antichambre du Pacifique” quand les essais nucléaires en Polynésie française y étaient testés… Aujourd’hui, les riverains s’inquiètent de cas de cancer, mais les autorités refusent de lever le voile. “Complément d’enquête” le 14 décembre sur ce site fermé en 2014 et sur le fort de Vaujours en Seine-Saint-Denis, ancienne base secrète du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Deux sites toujours classés “secret-défense”. Extrait.

Derrière ce grillage, une zone interdite. Le franchir vous expose à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Mais un jeune homme qui souhaite rester anonyme a confié au magazine un document exceptionnel. Il y a un an et demi, il est entré sur le terrain du CEA avec une petite caméra. Sur ces 500 hectares à l’abandon, le gibier prolifère. Sur les images, on devine les puits, aujourd’hui bouchés, qui servaient à faire exploser des charges colossales.

Quand le compteur Geiger s’emballe

Le vidéaste amateur a pénétré sous une tente où il a filmé des fûts métalliques. Ils stockeraient des pépites retrouvées sur le site. Au compteur Geiger, 1,85 millisievert par heure, soit treize fois le taux de radioactivité naturelle. Sur des plaques métalliques, le compteur s’emballe, bloqué au niveau maximal de radioactivité. Le taux de radiation est cent fois supérieur à la normale.

Pour faire analyser ces images, le journaliste Thomas Lelong a pris rendez-vous à la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, une association créée après la catastrophe de Tchernobyl) avec un ingénieur en physique nucléaire. Bruno Chareyron travaille depuis quinze ans sur le risque de pollution radioactive au fort de Vaujours et à Moronvilliers. Sa conclusion est claire : “Sans surprise, parmi les déchets radioactifs entreposés dans ce hangar, certains sont très contaminés. Compte tenu des activités militaires qui ont eu lieu à Moronvilliers, des tirs à l’uranium, à l’air libre et en puits, il y a évidemment une contamination des sols et de certains matériaux par cet uranium, qui est radioactif.”

Source : France TV infos, 14-12-2017

5 réponses à .[Vidéo] Secret-défense : “Complément d’enquête” révèle des images inédites d’un site contaminé à l’uranium

  1. Toff de Aix Le 27 décembre 2017 à 08h35

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    À quand un vrai contrôle citoyen sur ces sujets ? Je sais que je rêve tout haut, bien sûr que le quidam moyen, qui paie avec ses impôts ce genre d’installation, ne peut pas appréhender correctement tous les enjeux stratégiques qui s’y rattachent… Que valent les gens, leur vie, et quelques cancers de plus par an face à une dissuasion efficace ?

    Il est temps que ce système tout entier s’effondre, ça en devient insupportable.

    • calal Le 27 décembre 2017 à 10h03

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      plus de dissuasion nucleaire ca veut dire se preparer a une guerre “conventionnelle”.
      donc a priori du petrole pour les chars et les avions. et des stocks strategiques de reserves. Reste t il du petrole pour cela?
      Si plus de petrole, on va vers une guerre encore plus “traditionnelle”: des hommes avec des fusils contre d’autres hommes avec des fusils,mitralleuses,canons. Donc il faudra des hommes. En a t -on?
      La dissuasion nucleaire ne fonctionne pas en cas de guerre civile ou si l’armee ennemie est deja sur notre sol. Il parait que la marine allemande n’aura pas de sous marin disponible en mer suite a des disfonctionnement pendant les 6 prochains mois.
      Beaucoup de gens pensent que la prosperite que nous avons connue perdurera eternellement et sans aucun effort de leur part. Pourvu que ca dure…
      PS: ci vis pacem para bellum

  2. Jsword Le 27 décembre 2017 à 09h59

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    “Au compteur Geiger, 1,85 millisievert par heure”
    Heu… sur la vidéo l’unité de mesure est en micro (µ) pas en millisievert, il me semble bien.
    Cela change tout…

    Ce qui parait logique si ces déchets contiennent de l’uranium, qui n’est pas un élément très irradiant…

    Après c’est sûre que cela ne fait pas très sérieux un site sans surveillance comme ça avec des trucs posés sur des palettes dans une tente…

    • spectre Le 27 décembre 2017 à 11h13

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      Oui comme vous le soulignez cela n’est pas la même chose!

      Soit le journaliste ne connaît pas son sujet, soit il veut, comme Bcp, faire du sensationnel … dans les deux cas cela est domagable car il y a un vrais sujet, et sensible, à traiter et faire connaître au publique.

      Mais traité comme cela … cela va pas aider à alerter !

  3. agentorange Le 27 décembre 2017 à 10h07

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    Dans la même veine, à voir ce très bon documentaire sur les obus/munitions de la première guerre mondiale qui continuent toujours à polluer de nombreuses communes:

     

    https://www.les-crises.fr/video-secret-defense-complement-denquete-revele-des-images-inedites-dun-site-contamine-a-luranium/

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