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«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

SANTÉ28.mars.2020 // Les Crises

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

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Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

L’actuel Directeur général de la santé prévenait le futur président dans une note confidentielle, publiée dans les MacronLeaks

C’est une « note pour Mr Emmanuel Macron » de cinq pages, datée du 5 septembre 2016 et présentée comme « confidentielle ». Rédigée par le professeur Jérôme Salomon, elle a été transmise le lendemain par mail à l’équipe de campagne du candidat (pas encore déclaré) à la présidence de la République. Ce document, destiné à Quentin Lafay et Thomas Cazenave, a été rendu public parmi les 20 000 courriels piratés puis partagés en ligne par WikiLeaks, les « MacronLeaks ». Aujourd’hui directeur général de la santé (DGS), le professeur Salomon était alors le conseiller « santé » d’Emmanuel Macron.

Cette note était essentiellement consacrée aux réponses publiques en cas de nouvelles attaques terroristes. Nous étions alors moins de dix mois après les attentats du 13 novembre 2015. Toutefois, le constat et les préconisations de celui qui sera nommé Directeur général de la Santé le 8 janvier 2018, après la victoire du candidat qu’il conseillait alors, s’appliquaient aux « risques majeurs de catastrophes ». Citant les « épidémies et émergences » de maladies, le professeur Salomon notait que « les événements qu’a connus la France récemment […] démontrent que les préjudices humains et matériels peuvent être considérables. »

Accueil en milieu hospitalier. « La France n’est pas prête », écrivait-il, car elle a été « peu confrontée aux risques majeurs depuis 1945. » « L’organisation du système de réponse a fait l’objet d’une structuration importante (situations sanitaires exceptionnelles) mais demeure complexe et manque de réactivité et de capacités d’adaptation aux situations spécifiques et évolutives ». Il évoquait en particulier « l’accueil en milieu hospitalier, en particulier si l’afflux de victimes est important, supérieur à 300 en urgence absolue. »

Citant en exemple le système de santé israélien, il demandait de « faire subir un crash test à notre dispositif national de réponse, d’évaluer les points critiques et de proposer les adaptations les plus stratégiques du système de gestion ». Il insistait notamment sur la nécessité d’une « anticipation stratégique » et concluait : « Un dysfonctionnement grave aurait des conséquences délétères considérables ».

Dans le mail accompagnant la note, le professeur Salomon précisait qu’il ne souhaitait pas « la faire tourner au sein du groupe santé du fait de son caractère sensible ». « Les propositions n’engagent que moi mais ont été largement partagées avec un groupe d’experts de la question. Cette note est issue de mon expérience de conseiller sécurité sanitaire au cabinet, de mes entretiens avec de hauts responsables de la sécurité et de mes responsabilités actuelles de gestionnaire de crise et de FSD » (fonctionnaire de sécurité et de défense). Spécialiste des maladies infectieuses, Jérôme Salomon avait été membre du cabinet des ministres de la Santé Bernard Kouchner, puis Marisol Touraine de 2013 à 2015.

On ignore si Emmanuel Macron a lu ce document, mais par retour Quentin Lafay répondait à Jérôme Salomon : « Parlons-en demain soir discrètement, je trouve cela très intéressant. » « Dans le contexte actuel, EM doit être bien au courant des menaces » concluait le médecin dans un autre mail.

Iconoclastes. Ambitionnant d’être ministre de la Santé, Jérôme Salomon s’était rapproché de l’équipe Macron dès juin 2016. Il n’a toutefois jamais été membre du premier cercle politique. Insistant beaucoup sur la prévention, ses propositions étaient parfois jugées « iconoclastes » ou « alarmistes », Alexis Kohler lui reprochant notamment de ne jamais les chiffrer.

Un autre mail de Jérôme Salomon à l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, daté du 11 janvier 2017 et destiné à Quentin Lafay, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, résonne aujourd’hui de manière prémonitoire. Il était consacré à « l’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver ». Pour le futur DGS, elle était « une triste et caricaturale confirmation du paradoxe français » : « L’épidémie précoce a été favorisée par les vacances scolaires de fin d’année (ce sont les enfants qui transmettent le virus à leurs grands-parents), par l’absence de maîtrise des gestes basiques d’hygiène : mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! » Et de noter que « l’hôpital déjà en crise est désormais « en tension » car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité. »

Au vu de la pénurie actuelle de masques, de gel et de kits de dépistages, il semblerait que Jérôme Salomon ait finalement un peu négligé l’avertissement de Richelieu qu’il citait en exergue de sa note : « On ne doit pas tout craindre, mais on doit tout préparer. »

Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

https://www.les-crises.fr/la-france-nest-pas-prete-pour-une-epidemie-en-2016-le-pr-salomon-avertissait-le-candidat-macron-par-jean-dominique-merchet/

Où est passé Joe ?

Où est passé Joe ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 23 mars 2020

   Forum

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Où est passé Joe ?

23 mars 2020 – Nous nous évertuons, me semble-t-il, à situer notre démarche dans le plan que nous jugeons le plus haut, qui est celui du Système dans son destin catastrophique, et considérant avec une argumentation souvent et depuis si longtemps développée sur ce site que tout se joue du sort du Système aux USA, qui sont sa courroie de transmission et son bras opérationnel. Un très-aimable et très-érudit habitué du Forum, “J.C.” que je salue ici, extrayait une phrase d’un texte d’hier, – que je peux citer parce qu’elle résume bien ce propos d’introduction :

« Nous avons toujours estimé que l’Amérique et le “modèle américaniste” constituaient  la clef de voûte du Système, et donc que lorsqu’une crise menacerait directement l’un et l’autre ce serait le Système lui-même qui serait en cause. »

Cela explique notre intérêt sur ce site, et mon intérêt dans ces pages, pour les événements qui secouent les USA et son idéologie globalisante de l’américanisme, – et Dieu sait qu’il n’en manque pas, de ces événements, et qu’ils sont bien mal relayés et encore plus analysés en Europe. Je pense que le suivi de ces événements, surtout depuis que l’Amérique est soudainement, depuis à peine quelques jours, frappée par la panique-Covid19, est bien plus important que l’enquête constante et soupçonneuse sur les causes de la pandémie et les ambitions dictatoriales des pays du bloc-BAO (dont la France, certes) cachées derrière ou supposées apprêtées à s’en saisir, qu’on nous expose sans arrêt ni le moindre repos depuis le Patriot Act de l’automne 2002.

Sur ce point, et plutôt que me répéter ou même nous citer, j’extrais un passage d’un texte d’un commentateur US sérieux, pas trop hystérique, bien documenté et sérieusement antiSystème, qui dit parfaitement ce que je pense et fais depuis longtemps, sur l’importance essentielle des effets quelles que soient les causes, sur l’importance essentielle de la perception quelle que soit la réalité-désintégrée, – c’est-à-dire sur la nécessité du maniement de l’inconnaissance pour libérer la pensée des contingences annexes (qui a fait cela et dans quel but ?) et la concentrer sur l’essence des choses extraordinaires en cours (il se passe “cela” avec des effets extraordinaires).

Voici donc cette remarque de  Tom Luongo : 

« Peu importe ce que vous pensez des origines de COVID-19, arme biologique ou non, “juste la grippe” ou le nouveau fléau, la réalité est là. La réponse qu’on lui apporte est réelle et les dommages que cela cause à l’économie mondiale sont réels.
» Peu importe à l’heure actuelle si la réponse est la bonne ou la mauvaise. Car à une époque où la perception est plus importante que la réalité et ce depuis si longtemps, nous n’avons pas de véritable cadre de référence pour guider nos conclusions. »

Tout cela étant dit dans une fort longue introduction, passons au plat de résistance qui est cette bouffonne et en apparence anecdotique interrogation sur Joe Biden, dont l’intérêt pour mon compte se justifie dans la mesure où elle concerne directement l’événement qu’on peut qualifier de formidable dans le contexte actuel, de l’élection présidentielle USA-2020. Car, en effet, voilà qu’il s’avère ceci que Joe a disparu !

Je parle de Joe Biden, candidat démocrate désigné-d’avance, dont l’état mental ne cesse d’inquiéter les fins stratèges du système de l’américanisme, et qu’on n’a pas vu ni entendu depuis une semaine. C’est effectivement un peu étrange, puisque cette semaine, qui voit par ailleurs les primaires démocrates se poursuivre, est celle où le virus Covid-19 a frappé l’Amérique au cœur. On s’inquiète donc de l’absence de Joe :

« Les gens se demandent pourquoi l’ancien vice-président Joe Biden est resté silencieux la semaine dernière alors que la nation est aux prises avec l’urgence nationale COVID-19.
» Selon “une source étant informée de la campagne Biden”, l’équipe du candidat démocrate a campagne de Biden travaille “à développer[une infrastructure adéquate] et doit prendre en compte les réalités de la maison de Biden à Wilmington, – comme le fait qu’il n’y a pas de plafonds particulièrement élevés, ce qui peut rendre l’éclairage difficile”. »

On imagine (?) que “l’infrastructure” concerne la mise en place des conditions permettant de filmer Biden pour des interventions télévisées essentielles et décisives bien entendu, et alors l’explication relève du  bouffe qui reste partout présent dans une situation pourtant tragique. Imaginez Biden et son équipe dans une cellule monastique de 2mx2m avec ce satané 1,50m de plafond, tentant d’installer un projecteur ici, un micro là… Bien entendu, ZeroHedge.com, d’où vient cet extrait, le fait suivre d’une succession de photos de la luxueuse maison de Biden, de son intérieur si confortable avec de vastes et hauts plafonds, etc., que divers internautes tweeteurs n’ont pas manqué de diffuser en cascade.

Et ZeroHedge.com de conclure : « Samedi, nous avions rapporté que Biden avait prévu d’organiser des “shadow briefings” réguliers dès lundi afin de dénoncer les “mensonges et les échecs” du président Trump dans sa réponse à la crise COVID-19.
» Nous espérons que ses plafonds bas n’entraveront pas sa capacité à s’adapter à la situation et à délivrer son message. »

…Tandis que Sanders, qui existe toujours paraît-il, tweetait que « Biden et son équipe ne sont pas PRÊTS à diriger le pays ».

Du côté de Trump, les choses ne sont pas si roses qu’on pourrait croire à la pensée qu’il aura un adversaire de la carrure de Joe Biden, enfermé dans sa cellule monastique.  Christina Wilkie, de CNBC, observe que les trois axes majeurs de la campagne de Trump sont aujourd’hui extrêmement fragilisés sinon complètement anéantis :

» • La campagne de réélection du président Trump avait été conçue en partant du principe que l’économie serait très forte jusqu’en novembre, mais ce n’est plus du tout le cas.
» • Trump avait également prévu de faire du socialisme un point central de ses attaques. Mais sans Bernie Sanders comme adversaire, cet argumen tperd toute sa puissance.
» • Trump a fait campagne pour “drainer le cloaque” de Washington et réduire l’interventionnisme du gouvernement. Il veut maintenant que les Américains fassent confiance à l’action gouvernementale pour combattre le coronavirus et sauver l’économie. »

Tout cela s’est produit en un peu moins de deux mois (Wilkie situe le pinacle de la puissance politique de Trump et donc de ses chances de réélection au 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès). Cette rapidité est évidemment stupéfiante, surtout pour l’effondrement de l’économie qui s’est précisée tragiquement en quelques jours. Il s’agit bien sûr de l’explosion de la crise Codiv-19 et de son effet de détonateur sur le GCES, tout cela étant ressenti de plein fouet par les USA depuis une semaine, avec accélération ce week-end. (*)

Les conditions générales aux USA, comme elles doivent être décrites désormais, vont bien entendu influer sur la campagne présidentielles dans un sens absolument impossible à prévoir, et avec une force comme sans doute aucun autre événement auparavant dans une campagne présidentielle. (**) Cela, au moment où les deux candidats probables sont, quant à leurs comportements et dans les conditions où on les voit, les plus improbables du monde. Là aussi, j’estime avec la plus grande force qu’aucune prévision n’est possible, et cette imprévisibilité touchant le fait même de la tenue de l’élection de novembre prochain.

Les contours décisifs de la tragédie nommée Grande Crise de l’Effondrement du Système se mettent en place décisivement. Ce sont les USA qui en seront le champ de bataille, et Codiv-19 en sera un acteur essentiel, sinon l’acteur essentiel, détruisant tout sur son passage des fragiles structures économiques et sociales de cette hyperpuissance de carton-pâte.

Notes

(*) De WSWS.org ce 23 mars 2020 : « Les cas de coronavirus officiellement confirmés aux États-Unis ont augmenté de près de 14 000 au cours du week-end pour atteindre 32 356, et le nombre de décès a plus que doublé, passant de 158 à 414. Au niveau mondial, 60 000 nouveaux cas ont été enregistrés ces deux derniers jours, ce qui porte le total à plus de 335 000, avec un peu moins de 15 000 décès. Les États-Unis sont maintenant en tête du monde pour le nombre de nouveaux cas et sont en troisième position, après la Chine et l’Italie, pour le nombre de patients infectés par la COVID-19. »

(**) Il y a bien sûr l’élection de 1860 conduisant à l’élection de Lincoln et à la Guerre de Sécession et celle de 1932, au fond de la Grande Dépression, menant à l’élection de Roosevelt. Mais même dans ces deux cas, il s’agit d’événements certes essentiels mais très fortement “intériorisés” et méthodologiquement maîtrisés, c’est-à-dire susceptibles d’être pris en main, pour le meilleur ou pour le pire, par l’establishment politique. Aujourd’hui, le désordre américaniste lui-même hors de contrôle reçoit de plein fouet le chaos extérieur d’une puissance extraordinaire et contre lequel il ne peut évidemment rien. Il en résulte une totale impuissance d’un establishment politique américaniste par ailleurs gangrené par la corruption, la rapacité et une perte totale de perception de la réalité, et l’incapacité de rechercher une  vérité-de-situation.

https://www.dedefensa.org/article/ou-est-passe-joe

Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d'une opération menée par le Mossad…

Près de 100 000 kits de tests au covid-19 importés lors d’une
opération menée par le Mossad…
Une opération menée par le Mossad, en coopération avec le Shin Beth
et Tsahal, a permis d’importer près de 100 000 kits de tests au
coronavirus en Israël depuis l’étranger, a rapporté jeudi le site
d’information Channel 12. Ce dernier rapporte également que les
équipes de sécurité de l’agence de renseignement assistent
actuellement le ministère de la Santé dans la création d’un logiciel, mais
aussi d’applications permettant de gérer l’épidémie du coronavirus.
Depuis ces derniers jours, les services de sécurité israéliens sont de
plus en plus impliqués dans la gestion de la crise aux côtés du ministère
de la Santé. Le commandement du Front intérieur a par exemple dirigé
la réquisition d’établissements hôteliers afin d’accueillir des personnes
contaminées, dont l’hôtel Dan Panorama à Tel-Aviv. L’armée israélienne
a quant à elle lancé l’opération Rayon de Lumière afin de trouver du
matériel et de l’importer en urgence. Mardi, le Premier ministre Benjamin
Netanyahu a affirmé qu’il n’hésiterait pas à imposer le confinement total
si le public ne respectait pas les directives.
(I24News, le 19-03-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor-1120.pdf

VIDÉO – Coronavirus : le traitement à la chloroquine testé à Marseille serait efficace

Santé – SciencesDossier : Coronavirus

VIDÉO – Coronavirus : le traitement à la chloroquine testé à Marseille serait efficace

Lundi 16 mars 2020 à 22:17 – Mis à jour le mardi 17 mars 2020 à 7:13 – Par David AussillouFrance Bleu ProvenceFrance BleuMarseille, France

À l’Institut hospitalo-universitaire à Marseille, le Professeur Raoult annonce que les premiers essais de la chloroquine sont spectaculaires contre le coronavirus. Ce médicament est déjà utilisé contre le paludisme.

Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU à Marseille
Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU à Marseille © Maxppp – Valérie Vrel

Dans une vidéo de 18 minutes enregistrée devant ses étudiants à Marseille, le Pr Raoult ne cache pas sa satisfaction. Concrètement, 24 patients atteints par le coronavirus ont accepté de prendre du Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine. Six jours plus tard, seulement 25 % sont encore porteurs du virus. Alors que 90 % de ceux qui n’ont pas reçu ce traitement sont toujours positifs.

Devant la présentation de ces résultats, les étudiants applaudissent le professeur. « C’est spectaculaire, leur dit le directeur de l’IHU. La charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. Et tous les gens qui meurent à cause du corona ont encore le virus. Ne plus l’avoir, ça change le pronostic.« 

Un médicament peu onéreux

Cet essai clinique a reçu l’accord des autorités sanitaires pour être pratiqué à l’IHU à Marseille, l’un des centres de référence pour le coronavirus. https://youtu.be/n4J8kydOvbc

L’avantage de ce médicament, si son efficacité se confirme, c’est qu’il est déjà connu pour lutter contre la paludisme. Et en plus, il est bon marché.

» Pénurie de respirateurs, de masques et de tests

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Décryptages » Pénurie de respirateurs, de masques et de tests : suiteSANTÉ21 mars 2020© SEBASTIEN BOZON / AFPECONOMIE DE GUERRE

Pénurie de respirateurs, de masques et de tests : suite

Après un premier article publié ce jeudi, l’industriel Loïk Le Floch Prigent a poursuivi ses investigations.

AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN303Avec Loïk Le Floch-Prigent

A (re)lire aussi, la partie 1 de l’enquête : Pénurie de respirateurs et de masques : est-il vraiment si difficile de mettre en œuvre une politique industrielle en soutien de notre santé ?

Lorsque j’ai entendu les plus hautes autorités de l’Etat nous dire qu’il fallait continuer à travailler je n’en ai pas cru mes oreilles : depuis une semaine la consigne est de rester chez soi. Mais quand j’ai été destinataire de la circulaire me disant que, bien sûr, ceux qui peuvent bénéficier du chômage partiel doivent appartenir à des entreprises sans contact avec la population mes yeux se sont embués ! Je ne vois pas, alors, pourquoi on a accepté que l’industrie automobile s’arrête. Tandis que des responsables continuent à célébrer le télétravail des bureaucrates, on parle de la nécessité de produire des emballages… Cela ne se fait pas par télétravail messieurs dames. Soyons sérieux.

En ce qui concerne les usines, après la communication effectuée, les salariés veulent être protégés et ils ont peut-être tort, mais pour eux il leur faut des masques, des solutions hydroalcooliques et des tests. Ce sont les salariés, en l’absence de matériel de protection, qui ont exigé les mesures de cessation d’activité. Le maintien de la communication gouvernementale sur l’inutilité des masques de protection ne sert à rien, les images de la Chine, de la Corée du Sud, de Singapour, du Japon, où le mal régresse les convainquent du contraire et il suffirait de quelques minutes sur le terrain pour faire comprendre la situation psychologique de la population. Il faut donc de manière urgente des masques, de l’ordre de 10 millions par jour alors que la fabrication française dopée ces derniers jours peut être portée à seulement 8 millions par semaine. Premier problème industriel à résoudre urgemment, il suffit d’un chef de projet, d’ateliers et d’argent immédiat : économie de guerre. Bien sûr la mise à disposition de gels hydroalcooliques, de savon, de gants… est impérative mais cela devrait encore être plus simple que les masques !

Le deuxième problème pour les salariés est de savoir si leurs collègues ne sont pas porteurs du virus, ils veulent donc des tests. Ces tests sont en plein développement, mais ceux de Bio-Mérieux sont encore en phase laboratoire, c’est-à-dire avec des résultats à travers des mesures strictes dans les six heures : difficile à mettre en œuvre en usine. La compagnie Roche semble être plus avancée pour un test plus rapide et sans doute plus efficace que celui qui a été utilisé en Corée du Sud. Pour reprendre une activité industrielle et obtenir l’aval des CSE, il est clair que les salariés demanderont à être rassurés par des tests, il y a quantité d’initiatives en France actuellement, pas à Paris, mais dans les régions, et il faut impérativement associer la reprise d’activités aux masques et aux tests. C’est possible mais il faut abandonner le déni de réalité, les travailleurs veulent être protégés, les mots ne suffisent pas.

Enfin on a bien compris que le faible pourcentage de ceux qui vont avoir une forme grave de la maladie vont avoir besoin de respirateurs artificiels et que la saturation arrive vite car ces appareils doivent servir en continu et au moins quinze jours par patient. Le fait qu’à Mulhouse l’hôpital ait été rapidement complet, qu’il a fallu envoyer des malades à Colmar et Strasbourg puis à Metz et Nancy, et enfin Marseille par avion des Armées montre bien les limites de notre approvisionnement. Immédiatement après mon intervention, le ministre a déclaré avoir commandé 1132 respirateurs à une « société française », un intermédiaire sans doute puisqu’il n’y a pas de fabrication française !

Néanmoins on a compris que l’hôpital de campagne des Armées d’Alsace allait « bénéficier «  de 30 respirateurs… On est loin du compte : ce sont des milliers de respirateurs dont il faut disposer ainsi que du personnel formé à son utilisation, c’est un défi industriel et médical, mais il est parfaitement possible.

Certes nos amis européens fabriquent des respirateurs, mais ils en gardent la grande majorité pour eux. Les Chinois ont des appareils disponibles, plusieurs milliers chez Aon Med avec un matériel utilisé en France, le Shangrila 510 et 4000 chez Resmed, il suffit de les commander et de les vouloir

Autre approche préconisée par des petites sociétés d’ingénierie « de province », l’utilisation de matériels susceptibles de fournir de l’oxygène avec des volumes et des pressions variables. L’imagination est là , la disponibilité aussi et, en l’occurrence, en Bretagne, ces ingénieurs se proposent de modifier « en économie de guerre » 3000 matériels pour en faire des respirateurs artificiels. En très peu de jours on peut mettre à disposition du matériel de qualité, mais il faut un pilote dans l’avion, des chefs de projet, des volontaires, et un peu de volonté quand même, quelque part…Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Covid-19coronavirusinsuffisance respiratoirerespirateursmasques

Thématiques :ECONOMIESANTÉ

https://www.atlantico.fr/decryptage/3588193/penurie-de-respirateurs-de-masques-et-de-tests–suite-loik-le-floch-prigent

Général Bertrand Cavallier : « La France : entre déni de réalité et court-termisme »

» Général Bertrand Cavallier : « La France : entre déni de réalité et court-termisme »FRANCE20 mars 2020© ludovic MARIN / AFP / POOLMESURES D’URGENCES

Général Bertrand Cavallier : « La France : entre déni de réalité et court-termisme »

Le général de division de gendarmerie Bertrand Cavallier, qui a notamment commandé le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier, revient sur la crise du Coronavirus, son impact en France et le rôle de l’Etat.

AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN31011Avec Bertrand Cavallier

Atlantico.fr : Alors que la crise liée au Coronavirus continue de perturber violemment la vie des gens, il est aisé de voir que lors des décennies passées, les gouvernements mettaient en place des processus d’anticipation face aux catastrophes (guerres, épidémies etc.). Or, il semblerait que les années faisant, la culture technocratique a endigué ces anticipations…

Ces périodes d’anticipations dans le passé – notamment durant la Guerre Froide par exemple -, permettaient-elles une meilleure prise en charge de la population face aux catastrophes ? Pourquoi les politiques n’anticipent-ils plus ?

Bertrand Cavallier : La fin de la guerre froide a marqué une rupture profonde dans le rapport de société française à la situation de crise. Il faut se remémorer tant la célèbre formule sur  les “dividendes de la paix“ prononcée en 1990 par Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, que le postulat « de la fin de l’histoire » de Francis Fukuyama. De façon paradoxale, alors qu’un dispositif de prévention des risques majeurs se développait (vigilance météorologique, mitigation), c’est davantage participant d’un déni du réel, le ressenti de l’absence, voire de la disparition de toute menace qui prévaut et qui va imprégner les esprits des élites politiques, de la technostructure et des intellectuels. Et par voie de conséquence, celle des masses qui, en retour, vont imposer aux dirigeants le primat de la satisfaction de l’instantané.

L’un des faits les plus révélateurs est la diminution drastique des effectifs des armées, alors composante première de la capacité de la nation à faire face à une crise. Ce processus à lui même débouché sur une démilitarisation du corps social accompagnée par une démilitarisation du territoire.  Au-delà des effondrements capacitaires dont celui dus service de santé des armées, cette marginalisation du fait militaire a eu des conséquences plus profondes sur le plan moral et psychologique. Puisqu’elle a participé d’une mutation de l’acceptation sociale de la mort, déjà bien amorcée dans des sociétés marquées par l’avènement de l’hédonisme, de l’apologie de la jouissance, et de l’individu roi. Mais aussi sur le plan identitaire, le sentiment de l’appartenance, car l’armée était devenue le premier creuset de la citoyenneté. 

Venons en à des exemples  précis dans le domaine de la défense et de la sécurité des français. Fonctions qui constituent une condition nécessaire de leur assurance vie. 

Alors que la France avait fait le choix du porte-avions, le bon sens premier eût imposé qu’elle disposât de deux tels bâtiments avec leur accompagnement, pour garantir une capacité d’action permanente pour garantir ses intérêts stratégiques, d’assurer ses responsabilités internationales, dans un contexte de plus plus incertain. Ce défaut de cohérence renvoie à des arbitrages budgétaires qui, depuis des années, ont privilégié d’autres domaines. Ainsi les dépenses abyssales dans la Politique de la Ville, sans effets positifs notables, et sans s’interroger sur les causes profondes de la dérive de ces quartiers. Et sans évoquer dans le même temps le quasi abandon des territoires relevant de la France dite périphérique.

S’agissant des munitions, consécutivement à la fermeture de l’établissement de Giat Industries au Mans en 1992, la France n’a plus la capacité industrielle de produire des munitions de petits calibres, et se trouve dépendante d’approvisionnements étrangers. Le comble est que Giat Industrie possédait à l’époque des parts très importantes chez Beretta et la FN Herstal qui sont devenues aujourd’hui des fleurons de l’’industrie des petits calibres. 

En matière de sécurité, révélés par la Cour des Comptes (1), les surenchères catégorielles dans le périmètre du ministère de l’intérieur, se sont traduites par une explosion de la masse salariale (surcoût annuel évalué à 757 millions d’euros pour la nation en 2016, avec depuis une augmentation de l’addition), au détriment des programmes d’équipements et d’investissements d’infrastructure. Dont notamment le renouvellement du parc de blindés de maintien de l’ordre de la gendarmerie nationale.

Dans le domaine de la santé, il apparaît que les stocks de masques qui étaient considérables n’ont pas été renouvelés malgré la décision de Xavier Bertrand et que cette mesure aurait été prise en 2011 et 2013 par la technostructure ( Haut Conseil de Santé publique (HCSP) et le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale) (2).  Sur un plan structurel, ce sont 100 00 lits qui ont été supprimés en 20 ans, non seulement dans les territoires excentrés mais aussi en Seine-Saint Denis ( cas de l’hôpital de Bondy) au nom notamment de la stratégie du « virage ambulatoire“ mais également de la logique avancée des fusions et concentrations. Si certaines mesures peuvent se comprendre (nécessité de spécialisations), l’on ne peut cependant que constater la dégradation générale du système hospitalier qui aujourd’hui, malgré l’engagement héroïque des personnels soignants de tout niveau, révèle ses cruelles limites.

Lorsque l’on voit que les policiers commencent à demander un droit de retrait et qu’en même temps des gens – dans bon nombre de quartiers – ne respectent pas les consignes et renoncent à l’autorité, pensez-vous qu’il existe actuellement un problème d’autorité dans la société française ? Si oui, comment se traduit-il ?

La crise de l’autorité est une question centrale dans la société française. Les explications relèvent évidement d’une réflexion philosophique, voire idéologique.

Mon parcours professionnel de gendarme amorcé en 1979, à la sortie de Saint-Cyr, a été sous-tendu par ce questionnement constant. Comment cette société  a-t-elle pu se déliter en quelques générations ? 

Il y a des causes profondes expliquées notamment par Simone Weil dans cet ouvrage majeur qu’est « L’enracinement ».  A l’instar de ce qu’elle évoquait pour expliquer l’effondrement subit de la France en 1940, on peut mettre en avant la pleine actualité du déracinement de la population française, de son égarement faute de valeurs fortes, de références intemporelles. Tout est devenu mouvant et marqué par le sceau de l’incertitude.

Mai 68 constitue sans nul doute le moment de rupture, le choc, qui débouche sur une toute nouvelle sociologie. S’il est des avancées salutaires concernant l’émancipation des femmes,  on ne peut que constater au travers de cette “ Révolution introuvable “ pour reprendre la formule de Raymond Aron, l’avènement de l’individualisme libertaire et donc du relativisme, l’apologie de l’auto-gestion. C’est  le refus de toute verticalité, la contestation de toute contrainte. De cela découlent ou s’ajoutent pèle mêle l’antimilitarisme, la stigmatisation constante des forces de l’ordre…mais également le procès de sa propre histoire, le rejet de son identité.

Mai 68, c’est aussi le paradoxe de l’alliance entre cet individualisme libertaire et l’individualisme libéral qui se satisfont tous deux de l’abolition de frontières, de la mondialisation, de la financiarisation de l’économie, et d’un capitalisme débridé. 

Autant de phénomènes accroissant le déracinement, mais qui également décrédibilisent l’Etat, clé de voute de l’autorité, détenteur selon la célèbre formule de Marc Weber, du monopole de la force légitime.

Enfin, depuis les années 90, nouvel avatar. L’émergence du multiculturalisme, soit l’avènement d’identités particulières, notamment confessionnelles, qui défient l’identité commune, lui contestent ses normes et ses codes. Emergence qu’il faut mettre en rapport avec la fin du service militaire qui, malgré certaines insuffisances, constituait un rite de passage essentiel pour la majorité des jeunes hommes dans leur acculturation à l’autorité et à la rencontre de l’autre.

Face à cela, la tendance générale au niveau des élites a été  l’acceptation, par refus de se singulariser et de défier la doxa du moment, par suivisme. 

Le refus de certains individus de se soumettre aux injonctions de policiers pour respecter les mesures édictées pour lutter contre Covid-19, en particulier dans certains quartiers ne sont donc que l’expression d’une situation malheureusement structurelle, d’une nouvelle normalité.  Pourquoi obéiraient-ils alors que chaque jour les interventions des forces de l’ordre sont de plus en plus difficiles, que gendarmes et policiers sont confrontés à une contestation de plus en plus vive, y compris lors de simples contrôles ? Pourquoi obéiraient-ils lorsque la réponse pénale, pour des raisons tenant à des manques de moyens mais aussi aux conséquences de l’angélisme des années 80 est de plus en plus aléatoire.

Quant au droit de retrait, il participe également du primat de l’individu sur le service du collectif. Dans de telles circonstances, on ne peut imaginer qu’il soit généralisé au sein d’institutions en charge de la protection des citoyens et de la nation, et alors même que des personnels soignants sont ceux qui sont les plus exposés. Et les employés faiblement rémunérés dans la distribution, le transport de denrées alimentaires, les éboueurs, bref tous ceux qui nous permettent de vivre… il y a là une indécence sociale.

Selon quels principes la sécurité doit-elle être garantie ?

C’est une question majeure qui appelle des réponses de différents ordres. Tant la sécurité est éminemment globale.

Premièrement, s’impose un recadrage idéologique qui a pour préalable l’affirmation d’une volonté, donc du courage, la capacité à accepter le conflit. Car le premier combat est celui des idées.

Pour qu’il y ait de la sécurité, il faut tout d’abord à la fois rétablir le principe de l’autorité et celui de valeurs communes qui priment tous les particularismes tant individuels que collectifs. S’agissant du premier principe, je me plais à citer Simone Weil : “L’obéissance est un besoin vital de l’âme humaine. Elle est de deux espèces : obéissance à des règles établies et obéissance à des êtres humains regardés comme des chefs “. Mais également Régis Debray : “Il y a deux fondamentaux, l’effort de l’élève et l’autorité du maître. Et l’autorité du maître est fondée sur le savoir, le maître sait des choses que l’élève ne sait pas et donc il y a une hiérarchie“ (3)  Ces deux auteurs nous invitent donc selon une démarche ontologique et anthropologique  à rompre avec les paradigmes actuels. S’agissant des valeurs communes, il s’agit tout d’abord de restaurer notre passé, ce premier besoin vital de l’âme humaine, notre histoire, osons le dire, d’assumer le roman national, de perpétuer  » cette vivante communauté imaginaire“ selon Régis Debray.  Lequel invoque le besoin de mythe, la nécessité d’un affect. “Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération“ écrivait Marc Bloch dans “L’étrange défaite“. 

Chaque français ne peut l’être s’il ne s’approprie pas ce passé que la France lui offre, ce passé qui explique le présent, cet aujourd’hui pétri par les valeurs d’égalité, notamment entre l’homme et la femme, de liberté, soit notamment la possibilité de tout critiquer, de laïcité. Ces valeurs constitutives de la citoyenneté ne sont pas négociables. Elles doivent cimenter le corps social. Elles ne peuvent supporter le diktat des particularismes que dénonce Alain Finkielkraut dans “L’identité malheureuse“. Et Raymond Aron de rappeler : “Pour laisser à chacun une sphère privée de décision et de choix, encore faut-il que tous ou la plupart veuillent vivre ensemble et reconnaissent un même système d’idées pour vrai, une même formule de légitimité pour valable. Avant que la société puisse être libre, il faut qu’elle soit.“ (4) 

Il faut donc une volonté, qui relève à titre premier de l’Etat, et donc de ceux qui gouvernent et administrent. Cette volonté implique la capacité de punir, de réprimer. “La Terre ne fait pas un pays. Il n’y a pas de morale sans interdit, de loi sans sanction, ni de paix sans frontières. La laxisme nuit à la liberté aussi sûrement que l’autoritarisme “ (5).

Ce doit donc être le retour de l’Etat compris dans son lien intime avec la nation, soit l’Etat-Nation.Car il en l’expression concrète et charnelle. L’Etat-nation ne doit plus être victime du hold up conceptuel d’une ultra droite. L’Etat-Nation c’est la République inclusive, celle qui fait société pour tous peu importe la race ou l’origine à la condition normale d’en accepter les valeurs et les règles.

L’Etat doit redevenir un centre de décision dans l’ensemble des domaines car tous les domaines concourent à la sécurité des français. 

Ainsi la sécurité financière et économique qui impose de revenir sur des délocalisations qui démontrent notre totale dépendance de l’étranger pour la fourniture ou l’élaboration de médicaments essentiels. Qui impose de conforter la maîtrise des nouvelles technologies, notamment dans les domaines des communications, de l’armement…Qui impose de se libérer de l’omnipotence d’acteurs financiers étrangers ou internationaux. Ceci nécessite de revisiter les modèles macro économiques, soit le système capitaliste, comme le suggère le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, pour le subordonner au primat de l’homme, de la nation, de l’environnement. Bien évidemment, l’Etat-Nation français ne peut agir seul dans tous les domaines. L’Union européenne qui vient de démontrer malheureusement encore une fois de plus sa vacuité dans la lutte contre l’épidémie du Covid-19 doit être refondée pour constituer le cadre politique pour permettre ces mutations, et contribuer efficacement à la protection des populations vivant en Europe. On assiste néanmoins à une prise de position forte de madame Lagarde à la BCE quant à son devoir de sauver l’économie européenne.

L’Etat doit également demeurer fort dans sa relation avec les régions comme le souhaitait Fernand Braudel (6). Comme il doit pouvoir réguler les corporatismes, et évidemment assurer l’effectivité des lois de la République en permanence et en tout lieu.

En termes de moyens et participant des fonctions éminemment régaliennes (santé, sécurité des personnes et des biens, défense…), plusieurs mesures méritent d’être envisagées:

– la remise à niveau du système hospitalier et le soutien à la médecine générale;

– le renforcement des capacités des armées du fait d’un contexte géopolitique de plus en plus incertain, mais également des besoins de déploiement qui pourrait survenir sur le territoire national;

– la poursuite de la modernisation des forces de sécurité intérieure en intégrant une réflexion sur leur productivité dans le quotidien comme en situation de crise. En la matière, il y a lieu notamment de se détacher de la directive 2003/88/CE relative au temps de travail, d’alléger les procédures pénales, d’améliorer la formation, mais également de redonner à la gendarmerie ses capacités propres de soutien;

– le renforcement de la justice et de l’administration pénitentiaire.

Comment pallier cette crise d’autorité ? Les pouvoirs publics doivent-ils faire de l’exemplarité leur valeur cardinale ? Doivent-ils montrer l’exemple avant les autres ?

Par pouvoirs publics, il faut entendre essentiellement le gouvernement et l’ensemble des services chargés de l’administration d’un Etat ou d’une collectivité territoriale.

Or les gouvernants  font depuis des années l’objet d’une défiance qui concerne également l’ensemble des acteurs de la vie démocratique, dont notamment les syndicats et les médias, comme le soulignait un article du Point, le 11/01/2019 en pleine crise des Gilets jaunes.

Cette défiance résulte pour partie du dérèglement de notre société. Nombre de français sont déboussolés, se sentent fragilisés par les mutations en cours.  De surcroît, ils sont de plus en plus conditionnés par les réseaux sociaux . Ils conservent cependant une grande confiance dans les grands services (hôpitaux, armées, gendarmerie, police…).

Cette défiance qui peut se traduire par une grande violence comme l’ont démontré des rassemblements de gilets jaunes les 1 er décembre 2018 et le 16 mars 2019, doit inciter les pouvoirs publics à se remettre en question. Car cette crise est paradoxalement une attente d’Etat, une attente d’autorité protectrice mais également une attente d’exemplarité. C’est donc davantage une critique gestionnaire qui concerne l’efficacité attendue de l’Etat, pour notamment limiter les effets de la globalisation, de l’ultra libéralisme, mais aussi une plus grande cohérence fiscale attendue notamment par le peuple des artisans et patrons de PME (le premier employeur de France). C’est conjointement l’attachement à un acteur qui est irréductible aux autres, l’Etat quasi sublimé dans sa dimension d’Etat providence si ancrée dans la conscience collective française. C’est enfin, l’attente d’un pouvoir incarné, ce qu’a d’ailleurs voulu le général De Gaulle en proposant l’élection au suffrage universel du Président de la République. Cela conduit à s’interroger sur la posture du chef qui doit parler simplement comme le recommandait le Général de Gaulle (7), conserver une certaine distance tout en restant accessible. Et fixer le cap. Et agir. Dans cette crise le Président de la République qui est le chef des forces armées, incarne, en évoquant l’état de guerre, cette autorité ferme et  constructive que l’on est en droit d’attendre de nos responsables politiques. 

L’Etat doit donc redevenir un acteur de puissance en se dotant des leviers nécessaires à la préservation de cohésion de la société.  Son rôle est notamment attendu dans le domaine sécuritaire au regard de l’augmentation constante de la délinquance et des violences. Il est lui-même attendu dans un usage juste de la force.  Il est évidemment attendu pour contrer les grandes menaces en anticipant, en planifiant, car gouverner c’est prévoir. Le fait-il suffisamment ? L’actualité démontre que  non. Mais le politique est-il le seul responsable sachant que les mesures  prises relèvent de décisions, de planifications qui sont souvent bien antérieures à la dernière élection. Là apparaît donc la responsabilité de la techno-structure, composée de hauts fonctionnaires. Qui sont-ils ? Comment les recrute-t-on ? Quel est leur parcours ? Comment raisonnent-ils  ? Qui les contrôle ? 

La chose n’est pas évidente tant la complexité croissante des sujets impose aux politiques de s’appuyer sur des expertises. Mais in fine, il doit en ressortir une cohérence, un état des lieux dont la pertinence doit se vérifier au contact du réel. A la condition de l’accepter.

L’exigence d’un meilleur Etat, de meilleurs pouvoirs publics n’exonère par le citoyen de sa propre remise en question. En effet, pallier la crise de l’autorité nécessite le retour du principe de l’autorité et corrélativement de l’obéissance, entendue comme le respect des lois et le primat de l’intérêt général. Ceci exige donc une grande maturité citoyenne que bien entendu les pouvois publics doivent favoriser par l’action de l’Education nationale. Nous parlons bien d’éducation. Cette éducation doit promouvoir l’épanouissement des individus, stimuler leurs capacités propres de jugement par la connaissance, développer leur appropriation des grands principes républicains, et leur adaptation au monde du travail.

Cette conscience citoyenne est indispensable pour poser de façon cohérente la relation entre l’individu et les pouvoirs publics.

Il faut entendre par cohérence, la capacité du citoyen à comprendre qu’il est également acteur du système, ne serait-ce que parce qu’il en détermine la représentation par le vote. Et que ce vote doit intégrer la notion des possibles et non succomber aux dérives utopiques. Que ce vote doit porter sur les enjeux essentiels, sur les intérêts d’importance vitale. 

Cette crise nous invite tous, et le chef de l’État l’a laissé entendre clairement, à repenser notre modèle de société. Il y a là un défi politique collectif qui vient clore en quelque sorte la parenthèse de l’hédonisme post soixante-huit. Le terrorisme, le covid19, la paupérisation des classes moyennes, tous ces faits nous renvoient à la responsabilité collective en tant que Nation quant à sa survie propre et donc à son avenir. 

(1) Les salaires et le temps de travail des policiers et gendarmes épinglés par la Cour des Comptes  Le Figaro 21/06/2018

(2) Coronavirus : l’Etat a-t-il choisi de ne plus stocker de masques FFFP2  depuis 2011  Le Figaro 19/03/2020

(3) Je crains une école qui reproduirait les vices du monde extérieur  Marianne 28/04/2015

(4) Liberté et Egalité 1978

(5) La République expliquée à ma fille Régis Debray

(6) “Il y a donc dans l’identité française un besoin de concentration , de centralisation, contre lequel il est dangereux d’agir. Ce qui vous suggère que je ne vois pas la décentralisation d’un oeil tout à fait favorable Je ne la crois d’ailleurs pas facile. Je crois que le pouvoir central est tel que, à chaque instant, il peur ramener les régions qui seraient trop égoïstes, trop soucieuses d’elles-mêmes, dans le sens de l’intérêt général “ Le Monde Tribune L’identité française selon Fernand Braudel 16 mars 2007

(7) Les choses capitales qui ont été dites à l’humanité ont toujours été des choses simples.” De Gaulle  Les chênes qu’on abatLes commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :coronavirusCovid-19FranceÉtatSantéArméemesuresconfinementcitoyens

Thématiques :FRANCE

https://www.atlantico.fr/decryptage/3588158/general-bertrand-cavallier–la-france–entre-deni-de-realite-et-court-termisme-

Le Coronavirus. Pas de raisons de paniquer.

Le Coronavirus. Pas de raisons de paniquer.


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 25 janvier 2020

Bring Out Your Dead by beq

I had a little bird,
Its name was Enza.
I opened the window,
And in-flu-enza.

Emmener vos morts Par Beq

J’avais un petit oiseau,
qui s’appelait Enza.
j’ai ouvert la fenêtre,
et Enza est entré en volant. [Jeu de mot, influenza voulant dire grippe en anglais)

The Influenza Pandemic of 1918 (l’épidémie de grippe de 1918)

Agrandir – Image entière

L’image et le poème sont tirées d’un post de Moon of Alabama datant de quinze ans et intitulé Bring Out Your Dead. Le titre de Beq pour la photo est tiré d’un sketch médiéval des Mounty Pyton sur la « mort noire ». Nous n’avons plus à craindre la peste, mais de temps en temps, un nouveau virus rattrape l’humanité.

La Chine intensifie ses efforts pour stopper la propagation du nouveau coronavirus 2019-nCoV :

Le président chinois Xi Jinping a tenu une réunion spéciale du gouvernement à l'occasion du jour férié du Nouvel An lunaire pour avertir que la propagation d'un nouveau virus mortel "s'accélèrait".

Le pays est confronté à une "grave situation", a déclaré M. Xi à de hauts fonctionnaires, selon la télévision d'État.

Le coronavirus a tué au moins 41 personnes et en a infecté près de 1300 depuis sa découverte dans la ville de Wuhan.

Des restrictions de voyage sont déjà en place pour plusieurs villes touchées par le virus.

Et à partir de dimanche, les véhicules privés seront interdits dans les quartiers centraux de Wuhan, la source de l'épidémie. ...
Dans toute la Chine continentale, les voyageurs font vérifier leur température pour déceler tout signe de fièvre, et les gares ont été fermées dans plusieurs villes.

Une personne infectée transmet le virus à X personnes saines. En cas d’épidémie, le facteur X est supérieur à 1. Pour le nouveau coronavirus, le facteur initial, également appelé R0 ou R naught, est de 1,4-2,5, ce qui n’est pas particulièrement élevé.

Ferris Jabr @ferrisjabr - 6:58 UTC - Jan 25, 2020

Le taux de reproduction de base (R0) est le nombre moyen d'infections secondaires générées par une personne infectée dans une population totalement sensible #2019nCoV ...
L'affirmation selon laquelle "nous sommes maintenant confrontés à l'épidémie de virus la plus virulente que le monde ait jamais connue" et que le nouveau coronavirus est 8 fois plus infectieux que le SRAS est totalement fausse. Même si le R0 était de 3,8, ce serait loin d'être un record.

Pour donner le contexte, voici une gamme de R0s :


Tant que le R0 est supérieur à 1, l’infection se propagera car chaque personne infectée infectera plusieurs personnes en bonne santé qui infecteront à nouveau d’autres personnes. Pour arrêter une épidémie, le R0 doit être ramené en dessous de 1. L’essentiel est de réduire le nombre de personnes saines avec lesquelles une personne infectée entre en contact. En 2002-2003, l’épidémie de SRAS a commencé avec un R0 d’environ 3 et s’est terminée avec un R0 de 0,4. Ce résultat a été obtenu en isolant les malades et, comme toutes les personnes infectées ne sont pas immédiatement reconnues, en réduisant également le nombre de contacts que les gens ont dans leur vie quotidienne.

La Chine fait maintenant rapidement les deux.

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus n’est pas non plus une raison de paniquer.

Dr. Melvin Sanicas @Vaccinologue - 22:11 UTC - 23 janv. 2020

Le R0 préliminaire (numéro indiquant le degré de contagiosité / transmissibilité d'un agent pathogène) pour le nouveau #coronavirus #Wuhan #nCoV2019 : 1.4-2.5. Voici les chiffres pour les autres maladies #SARSvirus #MERS et leurs taux de létalité pour mettre les choses en perspective
Agrandir

Le taux de létalité actuel de 4 % (qui peut encore augmenter) n’est pas non plus particulièrement élevé. La pandémie de grippe espagnole, qui a débuté aux États-Unis, avait un taux de mortalité d’environ 10 %. Elle était inhabituelle dans la mesure où elle a tué principalement de jeunes adultes. Le nouveau coronavirus semble être assez courant dans la mesure où il tue surtout des personnes déjà affaiblies par d’autres circonstances. L’infection est alors souvent la « dernière goutte d’eau » qui tue une personne qui avait déjà un problème de santé.

Les amateurs de théories du complot supposeront que le coronoavirus a été disséminé intentionnellement ou s’est échappé d’un laboratoire quelconque. Les néo-conservateurs américains jouent avec cette idée.

Les formes avancées de guerre biologique qui peuvent "cibler" des génotypes spécifiques peuvent transformer la guerre biologique pour la faire passer d’un acte de terrorisme à un outil politiquement utile.

"Reconstruire les défenses de l'Amérique" - Le rapport PNAC de septembre 2000

Mais d’un point de vue scientifique, cela n’a guère de sens. Il n’existe pas de « gène racial » qui pourrait être utilisé pour faire une distinction sûre entre les personnes d’un certain héritage et les autres.

Le nouveau coronavirus est probablement une variante d’un virus animal qui est passé à un hôte humain. Cela se produit probablement beaucoup plus souvent que nous ne l’imaginons.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

 https://lesakerfrancophone.fr/le-coronavirus-pas-de-raisons-de-paniquer

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ALERTE – Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d’hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

ALERTE – Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d’hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

Publié par wikistrike.com sur 22 Janvier 2020, 22:04pm

Catégories : #Santé – psychologie

ALERTE - Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d'hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

Des scientifiques britanniques de l’Imperial College estiment maintenant que 4 000 personnes ont été infectées par le coronavirus chinois.

À partir de jeudi 23 janvier, les autorités de la ville chinoise de Wuhan -où les premiers cas du dangereux coronavirus ont été recensés- ont annoncé qu’interdiction était faite aux habitants de quitter la ville, relate le journal local Global times.

Les autorités chinoises imposent aux habitants de la ville de Wuhan l’interdiction temporaire de quitter la ville suite à la propagation du coronavirus, d’après le journal local Global times. Le nombre de morts est monté de 9 à 17 en quelques heures, avait-il été un peu plus tôt annoncé, ce mercredi 22 janvier.

«Les autorités de la ville suspendent les bus et le métro dans la ville, et les vols depuis les gares et les aéroports sont interrompus à partir de 10.00 heures (03.00 heures de Paris) jeudi 23 janvier, alors que l’épidémie de coronavirus s’accroît», a détaillé le quotidien sur son compte Twitter.Global Times@globaltimesnews

#Wuhan to suspend bus and subway in the city, close outbound channels at train stations and airports from 10 am Thursday amid escalating epidemic of coronavirus #nCoV2019 https://www.globaltimes.cn/content/1177745.shtml …

Voir l'image sur Twitter

68Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité93 personnes parlent à ce sujet

La ville de Wuhan, située dans la province de Hubei, compte plus de 11 millions d’habitants.

Fin décembre, les autorités chinoises y ont signalé une épidémie de pneumonie d’origine inconnue. Les premiers cas ont été liés au marché aux poissons. Les experts ont déjà constaté qu’un nouveau type de coronavirus, -2019-nCoV, était l’agent pathogène de la maladie.

Il suscite une inquiétude croissante: la souche incriminée appartient à une famille comptant un grand nombre de virus qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume), mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).

Les autorités chinoises ont officiellement confirmé que le virus peut se transmettre d’une personne à une autre, fait savoir le journal local.

Les autres pays touchés

Le virus a également été détecté à Macao, au Japon, en Corée du Sud, en Thaïlande, à Taïwan et aux États-Unis.

Les autorités sanitaires américaines ont ainsi annoncé mardi 21 janvier qu’un premier cas du coronavirus avait été signalé aux États-Unis. L’individu avait récemment voyagé à Wuhan, comme dans de nombreux cas similaires.

Source La Plume Libre@LPLdirect

⚡ Épidémie de #coronavirus : #Wuhan ressemble à un film de science-fiction. La #Chine a décidé de stopper toutes les liaisons internes depuis et vers la ville de 11M d’habitants. Le virus a tué 17 personnes & en a infecté des milliers. #WuhanCoronavirus

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527Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité538 personnes parlent à ce sujetL’infoMédia@linfo_media

🔴 #Coronavirus 🧫 à #Wuhan : La ville est complètement fermée et isolée. Plus personne n’entre ni sort de la ville. Tous les transports sont à l’arrêt.#coronavirus #Chine #virus

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155Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité133 personnes parlent à ce sujetConflits@Conflits_FR

⚡️ #coronavirus en Chine : les péages permettant d’accéder à la ville de #Wuhan ont été bloqués par les autorités. Des images dignes d’un film catastrophe.

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347Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité256 personnes parlent à ce sujetVanneur @Vanneur

Les hopitaux de Wuhan seraient débordés malgrés les tentes installées. Les malades afflueraient en très grand nombre. La situation est chaotique. De la panique suite à la mise en quarantaine dans la ville de 11 millions d’habitants. Supermarchés pris d’assaut. (RFA) #coronavirus

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64Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité90 personnes parlent à ce sujet

http://www.wikistrike.com/2020/01/alerte-coronavirus-la-ville-de-wuhan-11-millions-d-hab.berceau-du-virus-place-en-quarantaine.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Les pharmaciens rémunérés pour ne pas délivrer les médicaments prescrits ?

 24 NOVEMBRE 2019 

Les pharmaciens rémunérés pour ne pas délivrer les médicaments prescrits ?

Pharmacie by Jeremy Brooks(CC BY-NC 2.0) — Jeremy Brooks, CC-BY

Les pharmaciens vont-ils bientôt jouer au docteur ? Après avoir obtenu de nouvelles attributions, ils sont en passe d’avoir le droit de revoir les prescriptions médicales.

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Par Phoebe Ann Moses.

Les pharmaciens seront-ils bientôt rémunérés pour ne pas dispenser les médicaments prescrits sur l’ordonnance rédigée par le médecin ? C’est ce qui semble se discuter en ce moment, entre syndicats de pharmaciens et Assurance maladie.

Les médecins seraient donc dépossédés de leur compétence à prescrire, et le pharmacien repasserait derrière eux pour « aménager » la prescription.

Si cela pose à nouveau le problème du prescripteur-vendeur, conflit d’intérêt très surveillé dans ce domaine, cela pose également un problème éthique.

Pour l’Assurance maladie, il s’agit « de s’assurer de la délivrance de la quantité pertinente de médicaments nécessaires au traitement afin d’éviter notamment tout risque de mésusage ». Le site Egora explique :

« Concrètement, le pharmacien sera financièrement incité (via un « partage d’économie ») à ne pas dispenser tout ou partie des traitements à posologie variable prescrits par le médecin. »

Après avoir donc obtenu plusieurs nouvelles tâches rémunérées, les pharmaciens pourraient donc se voir attribuer le droit de remettre en cause une prescription.

Dans un contexte très tendu entre le corps médical et le gouvernement, difficile de ne pas imaginer qu’on divise les soignants pour mieux régner. Les pharmaciens se sont déjà vu attribuer le droit de vacciner (rôle initialement dévolu aux médecins et aux infirmiers), l’accompagnement de la téléconsultation, on leur accorderait maintenant le droit de revoir la prescription du médecin. Cela ne peut qu’accroître les tensions. D’autant que les discussions ont lieu entre Assurance maladie et pharmaciens sans que les médecins ne soient conviés.

Pour le président de l’UFML1Jérôme Marty :

« Cela est la plus grande des lâchetés , une profession ne peut voir ses actes étendus à une autre sans au moins sa participation aux discussions… »

Difficile de ne pas voir non plus dans cette décision très surprenante une compensation « offerte » par l’État aux pharmaciens : les officines ont de plus en plus de mal à fonctionner. Le plafonnement des prix, voire le déremboursement de certains médicaments entraîne avec lui son lot de contrariétés : chiffre d’affaires en baisse, fermetures. Plusieurs formes de « revalorisation » des honoraires des pharmaciens ont déjà été mises en place, par exemple les « honoraires de dispensation », supposés valoriser « le rôle clé du pharmacien dans la bonne compréhension par le patient de son traitement ».2 Pourquoi pas. Mais cela ne devrait-il pas se faire en toute transparence et en ne feignant pas d’ignorer que les problèmes sont ailleurs ?

Egora ne cache d’ailleurs pas la véritable raison de ces nouvelles attributions :

« des nouvelles compétences attribuées ces dernières années aux pharmaciens afin de compenser la baisse du volume des ventes de médicaments remboursables. »

Voilà ce qu’il en coûte de vivre non pas de son seul travail, mais d’une dépendance importante voire totale à l’État : celui-ci est maître des prix, de la loi, et il ne reste plus ensuite qu’à quémander de quoi continuer à  travailler.

Ce qui arrive aux pharmaciens est l’illustration de cette dépendance.

Ainsi que le rapporte le site 20Minutes :

« La politique qui visait à faire connaître les médicaments génériques, dans les années 1990, a été la première à s’appuyer non pas sur les médecins, mais sur les pharmaciens, rappelle Etienne Nouguez, chercheur au CNRS et auteur d’une thèse sur cette profession. Ils ont montré qu’ils étaient de bons élèves. Et ont pu s’appuyer sur ce succès pour négocier de nouveaux droits. »

Bons élèves ? L’ensemble des soignants devrait prendre conscience de la dépendance qui s’est installée car ils sont les suivants sur la liste : on ne signe pas impunément des conventions avec l’État.

Cet article pourrait vous interesserMédecins, pharmaciens : (re)devenez libéraux !

  1. Union Française pour une Médecine Libre. 
  2. Il s’agit d’un nouveau mode de rémunération des pharmaciens. Le dispositif prévoit deux catégories d’honoraires. Un honoraire au conditionnement (à la boîte), et un honoraire d’ordonnance complexe pour les ordonnances comportant au moins 5 médicaments.Ces rémunérations sont destinées à valoriser le rôle de professionnel de santé du pharmacien et sa fonction de conseil au moment de la dispensation des médicaments : validité de l’ordonnance, vérification de la posologie, prévention de la iatrogénie médicamenteuse (effets indésirables), conseils aux patients… Source

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Par Phoebe Ann Moses

https://www.contrepoints.org/2019/11/24/358401-les-pharmaciens-remuneres-pour-ne-pas-delivrer-les-medicaments-prescrits

Urgences: Buzyn dévoile son « plan d’actions » pour « régler la crise »

Santé

Urgences: Buzyn dévoile son « plan d’actions » pour « régler la crise »

Par Challenges le 09.09.2019 à 08h59, mis à jour le 09.09.2019 à 09h18

Aux grands maux, les grands remèdes? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, doit présenter lundi après-midi un « plan d’actions » avec un « budget dédié » pour « régler sur le long terme » la crise des urgences qui dure depuis bientôt six mois.

Urgences: Buzyn dévoile son "plan d'actions" pour "régler la crise"

La ministre française de la Santé et des Solidarités a annoncé lundi un train de mesures destiné à désengorger les services des urgences, touchés depuis des mois par un vaste mouvement social.BENOIT TESSIER

Aux grands maux, les grands remèdes? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, doit présenter lundi après-midi un « plan d’actions » avec un « budget dédié » pour « régler sur le long terme » la crise des urgences qui dure depuis bientôt six mois.PUBLICITÉinRead invented by Teads

La primeur de ces annonces sera réservée aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, que Mme Buzyn recevra à 15H00, ainsi que les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-Urgences, à l’origine de ce mouvement social inédit.

Mais la ministre a déjà promis dimanche qu’il y aurait « un budget dédié pour régler la crise ».

« Je vais mettre de l’argent dans des solutions pérennes, restructurantes, qui vont régler le problème des urgences sur le long terme », a-t-elle affirmé. Selon Les Echos, ce budget devrait dépasser 600 millions d’euros sur trois ans.

Des moyens, c’est justement ce que réclament les grévistes depuis le début. Le président du collectif Inter-Urgences, Hugo Huon, attend que Mme Buzyn « mette beaucoup d’argent sur la table, que Bercy ouvre les vannes ».

Même la CFDT, absente du conflit, en convient: « S’il n’y a pas des choix budgétaires très forts sur l’hôpital public, ça va continuer, et pas que dans les urgences », a prédit son secrétaire général Laurent Berger, interrogé dimanche sur LCI.

Une simple rallonge ne suffira pas toutefois à sortir de l’impasse. Pour preuve, la prime mensuelle de 100 euros net versée depuis juillet et les 15 millions d’euros débloqués pour recruter des renforts estivaux n’ont pas empêché le mouvement de s’étendre.

Selon le collectif Inter-Urgences, 249 sites étaient en grève vendredi – tout en continuant d’assurer les soins. De son côté, le ministère en avait recensé 195 mi-août. Soit la moitié des services d’urgences publics français.

« La prime Buzyn a eu l’effet inverse de celui escompté: elle a montré que c’était possible », explique M. Huon.

« Lever la pression »

Les grévistes, soutenus par une intersyndicale CGT-FO-SUD, en demandent plus: plus de postes et plus de lits, aux urgences et plus largement dans tout le secteur hospitalier.

Selon le Journal du dimanche, une partie de ces revendications pourraient être satisfaites par les « mesures chocs en préparation », avec « des réouvertures de lits », une « réforme de la tarification » et un « numéro de téléphone unique » pour les secours médicaux.

En attendant, la ministre a dévoilé la semaine dernière une salve de mesures « remontées du terrain », comme « l’admission directe » des personnes âgées sans passer par les urgences, la « vidéo-assistance » entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l’envoi d’une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves.

Un traitement censé limiter la saturation de services dont la fréquentation a plus que doublé en vingt ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

Soulignant que « l’hôpital n’a pas vocation à fonctionner comme une entreprise », Mme Buzyn souhaite « valoriser tout ce qui peut éviter un passage inutile » afin de « lever la pression sur les urgences ».

Elle saura vite si son « plan d’actions » aura convaincu les grévistes de relâcher la pression: le collectif Inter-urgences tiendra son « assemblée générale nationale » mardi à partir de 12H00 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

L’événement a reçu le soutien de plusieurs syndicats et associations de médecins hospitaliers, invitant les praticiens « à rejoindre la mobilisation » pour « mettre fin aux restrictions budgétaires pour l’hôpital public ».

Un mot d’ordre semblable à celui de la CGT, qui tente depuis des mois d’élargir le mouvement à tout le secteur sanitaire et social, notamment la psychiatrie et les Ehpad.

Son appel à une « grande journée d’action nationale » mercredi, avec une manifestation parisienne à 13H00 depuis la place d’Italie jusqu’au ministère de la Santé, n’a cependant pas trouvé d’écho parmi les autres syndicats.

Pécresse propose de créer un « Samu infirmier »

Valérie Pécresse, présidente (ex-LR) de la région Ile-de-France, a plaidé lundi pour la création d’un « Samu infirmier », où les infirmières, aux prérogatives élargies, se déplaceraient à domicile, afin de « désaturer » les services d’urgence, en pleine crise.

« Je vais proposer à l’ARS (Agence régionale de Santé, NDLR) de l’expérimenter en Ile-de-France », a-t-elle dit sur France 2.

Pour elle, face à la crise des urgences qui dure depuis bientôt six mois, il faut certes « des mesures d’urgence très rapides, des moyens supplémentaires, plus de sécurité, mais sur le long terme, (…) il faut une refonte du système, et qu’on commence par valoriser nos infirmières ».

Elle a proposé « qu’on fasse un nouveau diplôme bac +5 (…) d’infirmière praticienne, qu’on reconnaisse (à ces infirmières, NDLR) la possibilité, sous le contrôle des généralistes, de prescrire, de suivre les patients ».

« Si on expérimentait – je suis prête à le faire dans ma région – un Samu infirmier avec des infirmières qui se déplaceraient à domicile, on désaturerait les urgences et on n’occuperait pas les médecins généralistes qui sont si peu nombreux et tellement surchargés ».

Cela permettrait du même coup selon elle de « revaloriser la fonction du généraliste en le mettant sur des soins à plus haute valeur ajoutée », car ses consultations « valent beaucoup plus que les 25 euros que nous payons ».

(Avec AFP)

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