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Après Polanski, DSK, Weinstein… Haziza ! Sacré BHL, toujours prêt à défendre les opprimés…

10 ans de combats de BHL contre l’Oppression et pour la Justice… (rétrospective de certains de ses soutiens)

I. “Pourquoi je défends Polanski” (Le Point, le 15 octobre 2009)

Source : le site de BHL, 7/10/2009

Abuser d’une fille de 13 ans est, évidemment, un crime grave.

Et être un artiste de génie n’a jamais constitué, pour quelque crime que ce soit, une circonstance atténuante.

Cela étant dit, et vu le vent de folie qui est en train de souffler sur les esprits, il convient aussi de rappeler les évidences suivantes.

1. L’illegal sexual intercourse – en français, détournement de mineure – dont Roman Polanski s’est reconnu coupable il y a trente-deux ans n’est pas, pour autant, le crime de sang, voire le crime contre l’humanité, que dénoncent, depuis dix jours, les vengeurs lâchés à ses trousses. C’est un crime, oui. Mais il y a des degrés dans l’échelle du crime. Et vouloir tout mélanger, essayer de nous faire croire qu’un viol serait un crime de même nature que celui, par exemple, dont fut victime Sharon Tate, sa femme, éventrée quelques années plus tôt alors qu’elle était enceinte de huit mois, prendre le risque, autrement dit, car c’est bien de cela qu’il s’agit, de voir Roman Polanski rejoindre Charles Manson dans le pénitencier dont celui-ci aura, au même instant, dès le 1er janvier 2010, la possibilité légale de demander à sortir, c’est une insulte au bon sens, une atteinte à la raison, la porte ouverte à toutes les confusions.

2. Cette affaire est d’autant plus insensée que la principale intéressée a choisi de pardonner, de tourner la page et, si possible, d’oublier. « Laissez-moi tranquille ! supplie-t-elle chaque fois que la Justice Spectacle, ou le Spectacle tout court, reviennent braquer leurs projecteurs sur ce pan de son passé, laissez-moi tranquille et oubliez, par la même occasion, cet homme dont je considère, moi, sa victime, qu’il a suffisamment payé ! ». Mais non. On a là des défenseurs des droits des victimes qui savent mieux que la victime ce qu’elle veut et ce qu’elle ressent. On est là face à des gens qui lui passeraient bien sur le corps, à la victime, plutôt que de lâcher leur proie et de renoncer à la délicate ivresse de punir. C’est honteux.

3. Quand la victime se désiste, n’appartient-il pas à la société, c’est-à-dire au juge, de poursuivre ? Oui, sans doute. D’un point de vue judiciaire strict, c’est en effet le droit de la société. Mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que le point de vue judiciaire strict manquera et aux exigences de la compassion et à celles de l’intelligence. Et de même que je ne me suis jamais privé de pointer, dans le Droit de cette Amérique que j’aime, des usages ou des peines qui, comme dans tous les systèmes de Droit, font entorse à la pure idée démocratique, de même il n’y a aucune raison de ne pas le dire : arrêter aujourd’hui un homme dont on a conclu, jadis, au terme de quarante-deux jours de prison, qu’il n’était pas un pédophile, le traquer comme un terroriste, l’extrader comme un ancien nazi, est peut-être conforme à la loi, mais certainement pas à la justice.

4. Serait-ce, comme on l’entend partout, que sa célébrité « sanctuarise » M. Polanski ? Non, bien entendu. J’ai passé mon existence à tenter de tirer de l’oubli des vies minuscules, des victimes sans visage et sans nom – et je tiendrais donc le même discours, exactement le même, si M. Polanski n’était pas M. Polanski. Sauf que… Je n’aurais pas à le tenir, justement. Car il n’aurait pas été arrêté. Son dossier serait enterré depuis des années. Et il ne se serait pas trouvé de magistrat pour, à la veille d’une élection (car les magistrats californiens sont des élus du peuple, comme les maires et les shérifs), décider cette arrestation médiatisée. La célébrité ne protège pas Roman Polanski, elle le dessert. Loin que Roman Polanski se cache derrière son nom, c’est lui, son nom, qui le désigne. Et s’il y a bien un « deux poids deux mesures » dans cette affaire, c’est celui qui fait de lui, Polanski, non pas un justiciable ordinaire, mais un symbole – et qui, de son éventuelle comparution, ferait un « grand bazar » politico-cathodique davantage qu’un procès équitable.

5. Car le fond de l’affaire est bien dans le parfum de justice populaire qui flotte autour de tout cela et transforme les commentateurs, les blogueurs, les citoyens, en autant de juges assermentés au grand tribunal de l’Opinion – les uns pesant le crime ; les autres le châtiment ; on a même vu l’un de ces vertueux, apparemment expert en castration chimique, proposer, pour ce nouveau Dutroux (sic), un traitement définitif… Étranges enragés qui ne trouvent rien à redire quand c’est un vrai puissant qui, sous nos yeux, se conduit en prédateur de mineures (ah, les « frasques » de M. Berlusconi…), mais deviennent implacables quand c’est un faux puissant qui n’a, comme Polanski, d’autre arme que son talent… Singuliers moralistes qui prennent un malin plaisir à se passer en boucle les détails de cette affaire sordide pour, ensuite, jeter la pierre…

Ce lynchage est un trouble à l’ordre public autrement plus sérieux que le maintien en liberté de Roman Polanski.

Cet acharnement de tricoteuses et de tricoteurs, cette volonté de voir au bout d’une pique la tête d’un artiste, sont l’immoralité même.

De deux choses l’une, messieurs les justiciers. Ou bien Polanski était ce monstre – et il ne fallait pas lui donner d’oscar ni de césar ; il fallait boycotter ses films ; il fallait le dénoncer aux autorités chaque fois qu’il venait, en famille, passer des vacances dans sa maison de Suisse. Ou bien vous n’avez rien trouvé à redire, jamais, à ses apparitions annoncées sur tous les tapis rouges de tous les festivals du monde ; vous sentez bien, comme moi, la formidable hypocrisie de ce procureur, affamé de reconnaissance et de gloire, qui se réveille un beau matin pour le livrer, tel un trophée, à la vindicte d’électeurs chauffés à blanc – et il faut, comme sa victime, prier pour qu’on le laisse, enfin, en paix.

Bernard-Henri Lévy

Source : le site de BHL, 7/10/2009 (archive ici)

Bonus : Rappel juridique pour BHL, qui confond donc Détournement de mineure… et Viol :

Et sinon, c’est tout frais :

II. “Défense de Dominique Strauss Kahn” (Le Point, le 17 mai 2011)

Source : le site de BHL 16/05/2011

Lundi matin.

Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé, avant-hier, samedi, dans la chambre du désormais fameux hôtel Sofitel de New-York.

Je ne sais pas – personne ne sait puisque rien n’a filtré des déclarations de l’intéressé – si Dominique Strauss-Kahn s’y est rendu coupable des faits qui lui sont reprochés ou s’il était, à cette heure-là, en train de déjeuner avec sa fille.

Je ne sais pas – mais cela, en revanche, il serait bon que l’on puisse le savoir sans tarder – comment une femme de chambre aurait pu s’introduire seule, contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient des « brigades de ménage » composées de deux personnes, dans la chambre d’un des personnages les plus surveillés de la planète.

Et je veux pas non plus entrer dans les considérations de basse psychologie – comme on dit basse police – qui, prétendant pénétrer dans la tête de l’intéressé et observant, par exemple, que le numéro de la fameuse chambre (2806) correspondait à la date (28.06) de l’ouverture des primaires socialistes dont il est l’incontestable favori, concluent à un acte manqué, un lapsus suicidaire, patati, patata.

Ce que je sais c’est que rien au monde n’autorise à ce qu’un homme soit ainsi jeté aux chiens.

Ce que je sais c’est que rien, aucun soupçon, car je rappelle que l’on ne parle, à l’heure où j’écris ces lignes, que de soupçons, ne permet que le monde entier soit invité à se repaître, ce matin, du spectacle de sa silhouette menottée, brouillée par 30 heures de garde à vue, encore fière.

Ce que je sais c’est que rien, aucune loi au monde, ne devrait permettre qu’une autre femme, sa femme, admirable d’amour et de courage, soit, elle aussi, exposée aux salaceries d’une Opinion ivre de storytelling et d’on ne sait quelle obscure vengeance.

Et ce que je sais, encore, c’est que le Strauss-Kahn que je connais, le Strauss-Kahn dont je suis l’ami depuis vingt cinq ans et dont je resterai l’ami, ne ressemble pas au monstre, à la bête insatiable et maléfique, à l’homme des cavernes, que l’on nous décrit désormais un peu partout : séducteur, sûrement ; charmeur, ami des femmes et, d’abord, de la sienne, naturellement ; mais ce personnage brutal et violent, cet animal sauvage, ce primate, bien évidemment non, c’est absurde.

J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre.

J’en veux à un système judiciaire que l’on appelle pudiquement « accusatoire » pour dire que n’importe quel quidam peut venir accuser n’importe quel autre de n’importe quel crime – ce sera à l’accusé de démontrer que l’accusation était mensongère, sans fondement.

J’en veux à cette presse tabloïd new-yorkaise, honte de la profession, qui, sans la moindre précaution, avant d’avoir procédé à la moindre vérification, a dépeint Dominique Strauss-Kahn comme un malade, un pervers, presque un serial killer, un gibier de psychiatrie.

J’en veux, en France, à tous ceux qui se sont jetés sur l’occasion pour régler leurs comptes ou faire avancer leurs petites affaires.

J’en veux aux commentateurs, politologues et autres seconds couteaux d’une classe politique exaltée par sa divine surprise qui, sans décence, ont, tout de suite, dès la première seconde, bavé leur de Profundis en commençant de parler de « redistribution des cartes », de « nouvelle donne » au sein de ceci et de cela, j’arrête, car cela donne la nausée.

J’en veux, car il faut quand même en nommer un, au député Bernard Debré fustigeant, lui, carrément, un homme « peu recommandable » qui « se vautre dans le sexe » et se conduit, depuis longtemps, comme en « misérable ».

J’en veux à tous ceux qui accueillent avec complaisance le témoignage de cette autre jeune femme, française celle-là, qui prétend avoir été victime d’une tentative de viol du même genre ; qui s’est tue pendant huit ans ; mais qui, sentant l’aubaine, ressort son vieux dossier et vient le vendre sur les plateaux télé.

Et puis je suis consterné, bien sûr, par la portée politique de l’événement.

La gauche qui, si Strauss-Kahn venait à s’éclipser, perdrait son champion.

La France dont il est, depuis tant d’années, l’un des serviteurs les plus dévoués et les plus compétents.

Et puis l’Europe, pour ne pas dire le monde, qui lui doit d’avoir, depuis quatre ans, à la tête du FMI, contribué à éviter le pire.

Il y avait, d’un côté, les ultra libéraux purs et durs ; les partisans de plans de rigueur sans modulations ni nuances – et vous aviez, de l’autre, ceux qui, Dominique Strauss-Kahn en tête, avaient commencé de mettre en œuvre des règles du jeu moins clémentes aux puissants, plus favorables aux nations prolétaires et, au sein de celles-ci, aux plus fragiles et aux plus démunis.

Son arrestation survient à quelques heures de la rencontre où il allait plaider, face à une chancelière allemande plus orthodoxe, la cause d’un pays, la Grèce, qu’il croyait pouvoir remettre en ordre sans, pour autant, le mettre à genoux. Sa défaite serait aussi celle de cette grande cause. Ce serait un désastre pour toute cette part de l’Europe et du monde que le FMI, sous sa houlette, et pour la première fois dans son histoire, n’entendait pas sacrifier aux intérêts supérieurs de la Finance. Et, là, pour le coup, ce serait un signe terrible.

Bernard-Henri Lévy

Source : le site de BHL 16/05/2011 (archive ici)

Bonus : Jean Quatremer sur son blog, 11/07/2007

Même le Monde n’a pas pu cacher l’affaire :

III. Weinstein-2012 : “Quand le faiseur de rois de Hollywood préempte le film de BHL”

Le Serment de Tobrouk, Bernard-Henri Lévy et Harvey Weinstein

Quand le faiseur de rois de Hollywood préempte le film de BHL

par Maria de França, La Règle du jeu (site proche de BHL), 18 mai 2012

La Weinstein Company, coprésidée par Harvey Weinstein, le nouveau « faiseur de rois » de Hollywood, l’homme qui a fait le succès, aux USA, de The Artist et de Intouchables, vient d’annoncer, cette nuit, qu’elle a fait l’acquisition, pour les territoires américains, du Serment de Tobrouk de Bernard-Henri Lévy.

L’annonce a été faite par le Co-Chairman Harvey Weinstein lui-même qui explique, dans son communiqué, qu’il soutient totalement (“fully supports”) ce film et voit son acquisition comme “un geste politique pouvant apporter de l’espoir dans d’autres pays dans le même état de péril, y compris la Syrie » (« a political action that could provide hope for other countries in a similar state of peril including Syria »).

Ce film “merveilleux”, poursuit Weinstein, “montre l’incroyable courage de BHL” ainsi que “la détermination de l’ancien président français Sarkozy”. Il souligne aussi, ajoute-t-il, “le leadership du Président Barack Obama et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton ».

Bernard-Henri Lévy, interrogé cette nuit par l’AFP sur le sens qu’il donnait à cette nouvelle a souligné qu’Harvey Weinstein fit partie des rares Américains qui, au moment du lynchage de Roman Polanski, furent du bon côté de la barricade et s’opposèrent avec force aux modernes Sorcières de Salem. A la question de savoir l’effet que lui faisait l’acquisition de son film par l’homme considéré outre-Atlantique, et sur le marché du cinéma en général, comme le meilleur “Oscar maker” du monde, il a répondu que ses pensées, pour le moment, allaient surtout aux « Syriens massacrés ». Il a conclu : “Puisse ce film, avec cette nouvelle carrière américaine, contribuer, même modestement, à ce que stoppe l’effusion de sang dans les villes syriennes”.

Un axe Weinstein-Lévy contre Bachar al-Assad? Mais oui. Un film, aussi, peut changer le monde.

par Maria de França, La Règle du jeu (site proche de BHL), 18 mai 2012

IV. Affaire Weinstein: « Ce que je n’aime pas, c’est que l’on traite un homme de porc », explique BHL

Source : Brut

IV. “Amitié à Frédéric Haziza”

“Qui nous fera croire qu’Haziza est le Weinstein francais ? Et comment mettre un signe égal entre ce qui lui est reproché et ce dont on accuse Ramadan? Amitié à Frederic #Haziza.” [BHL]

Profil d’une oeuvre :

42 réponses à Après Polanski, DSK, Weinstein… Haziza ! Sacré BHL, toujours prêt à défendre les opprimés…

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Luc Ferry révèle la vérité cachée de la faillite scolaire

Décidément, le vieux monde craque de toute part… Luc Ferry réitère sur les ondes de BFM-TV le 17 novembre 2017 lors de l’émission « Et en même temps » d’Apolline de Malherbe les propos qu’il avait déjà tenu en 2013. « Si on supprimait les 15% de quartiers pourris qu’il y a en France, avec des établissements dans lesquels il y a 98 nationalités où on n’arrive pas à faire cours, eh bien nous serions classés numéro 1 dans PISA », propos qu’il prête à son directeur d’évaluation, devant un Eric Brunet médusé et qui déclara n’avoir jamais entendu des propos pareils.

Or, Luc Ferry avait tenu au mot près les mêmes propos sur la même chaîne lors de l’émission de Ruth Elkrief le 2 décembre 2013, cette fois face à Jacques Séguéla :

« J’ai visité des centaines d’établissements scolaires et moi je peux vous assurer aujourd’hui que dans 15% des établissements scolaires, l’enseignement ça ressemble à du domptage et pas à de l’enseignement. Un spécialiste de l’évaluation, quelqu’un qui travaillait, je ne vais pas citer son nom, un chercheur qui travaillait à la direction de l’évaluation et de la prospective me disait que si on faisait abstraction, alors je vais dire un truc pas politiquement correct, c’est pas facile, c’est compliqué à dire mais c’est vrai, si on faisait abstraction des 15% d’établissements qui sont en perdition dans des quartiers en perdition, la France serait numéro 1 dans l’enquête Pisa. Voilà. Je pense que c’est globalement vrai. Ça demande à être vérifié mais c’est globalement vrai. Je pense qu’il y a une telle disparité entre les quartiers, entre les établissements, entre les familles, la sociologie de la France est telle aujourd’hui que les résultats ne m’étonnent pas. Et moi, je maintiens, quand je vois les maîtresses d’école de mes filles, ce sont des saintes laïques. Elles font mille fois moins de fautes de Français que les politiques. Elles sont cultivées, elles sont intelligentes. Elles n’ont qu’une envie, c’est de faire réussir les enfants. Aucun programme, aussi mauvais soit-il, n’a jamais empêché un bon prof de faire un bon cours.(…). D’abord, j’ai regardé évidemment toutes les enquêtes de Pisa avant de venir. Et puis je les connais, je les connaissais par cœur. Il y en a tous les 3 ans. 2003, 2006, 2009. C’est totalement faux qu’on était bien classés avant. J’ai regardé 2003. C’est très intéressant : il n’y avait que 40 pays à l’époque et on était exactement au milieu de la classe. On était, en gros, 20èmesur 40. On n’était pas très bien classés. On était derrière la Belgique et la Suisse. Et l’Allemagne était très mal classée…Simplement, ce que je veux dire, c’est que, quand vous regardez les pays qui sont très bien classés, c’est très étonnant en effet (…) tous les pays, mais c’est pas un hasard, c’est quoi ? C’est Hong Kong, c’est la Corée, c’est la Chine, c’est le Japon, etc. C’est-à-dire des pays dans lesquels l’éducation traditionnelle, ils n’ont pas les 35 h là-bas, l’éducation traditionnelle, le goût du travail… et la force de la famille est là. Quand vous regardez, par exemple en Suisse, plus un canton est archaïque, plus vous allez vers le Valais… meilleurs sont les résultats. C’est-à-dire quand l’éducation précède l’enseignement, ça marche. Quand l’enseignement n’est pas précédé… encore une fois… Moi, je te mets dans une classe préprofessionnelle dans le 9 cube un peu délicate, tu ressors en tutu au bout d’un quart d’heure… C’est ça la réalité des choses… ».

Rappelons que Luc Ferry s’était attiré les foudres du régime pour avoir révélé les frasques pédophiles d’un ministre au Maroc. Sans langue de Blois, pardon, de bois. Bizarrement, rien du côté de la justice, et pas de coups de bâton, même pas de Justin Bridoux.

Puisqu’on parle de PISA, voici les résultats 2015, les derniers en dates, présentés façon championnat de football :

Ligue 1 (+ de 530 points) : Singapour (556), Japon (538), Estonie (534), Taïwan (532), Finlande (531).

Ligue 2 (+ de 500 points) : Macao (529), Canada (528), Vietnam (525), Hong-Kong (523), Chine (518), Corée du Sud (516), Nouvelle-Zélande (513), Slovénie (513), Australie (510), Royaume-Uni (509), Allemagne (509), Pays-Bas (509), Chine (506), Irlande (503), Belgique (502), Danemark (502), Pologne (501), Portugal (501).

Nationale 1 (+ de 470 points) : Norvège (498), Etats-Unis (496), Autriche (495), France (495), Suède (493), Tchéquie (493), Espagne (493), Lettonie (490), Russie (487), Luxembourg (483), Italie (481), Hongrie (477), Lituanie (475), Croatie (475), Argentine (475), Islande (473).

Nationale 2 (+ de 440 points) : Israël (467), Malte (465), Slovaquie (461), Grèce (455), Chili (447), Bulgarie (446).

Nationale 3 (+ de 410 points) : Emirats Arabes Unis (437), Uruguay (435), Roumanie (435), Chypre (433), Moldavie (428), Albanie (427), Turquie (425), Trinidad et Tobago (425), Thaïlande (421), Costa Rica (420), Qatar (418), Colombie (416), Mexique (416), Monténégro (411), Géorgie (411).

Régionale 1(+ de 380 points) : Jordanie (409), Indonésie (403), Brésil (401), Pérou (397), Liban (386), Tunisie (386), Macédoine (384)

Régionale 2 (- de 380 points) : Kosovo (378), Algérie (376), République Dominicaine (332).

Hristo XIEPhttp://www.medias-presse.info/?wysija-page=1&controller=email&action=view&email_id=1565&wysijap=subscriptions&user_id=1069

 

 

Natacha Polony et les hommes

Natacha Polony et les hommes

Natacha Polony et les hommes

Voila un plaidoyer superbe et courageux qui tranche avec tous les propos imbéciles, sirupeux, bien-pensants et convenus dont nous sommes régulièrement abreuvés. Il ne va pas plaire aux féministes, aux bobos, aux socialo-gauchistes, aux prétendus « insoumis », à « celles et ceux » qui se croient modernes en niant les simples lois naturelles, aux ayatollahs de l’égalitarisme stérile, qui se fourvoient dans la négation de la sexualité procréatrice, à ceux qui, méprisant la complémentarité naturelle de l’homme et de la femme, tentent d’y voir une forme nouvelle d’aliénation sociale et le mobile d’un nouveau combat de libération ! Merci Natacha Polony pour ce texte rafraîchissant, intelligent et plein de bon sens ! Marc Le Stahler (Minurne Résistance)


Ces lignes, messieurs, vous sont donc dédiées. Elles sont un hommage à tout ce que peut être un homme. Elles sont un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’est rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance, que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille ; ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel.

Pas question pour autant de regretter le temps où « être un homme » semblait avoir un sens immédiat qu’il n’était même pas nécessaire d’interroger. Car la notion n’était pas moins problématique. Elle relevait, non de la confiance, mais de l’injonction. Considérons l’actuelle remise en cause comme une occasion de dissiper le vieux malentendu : vous n’êtes pas, messieurs, d’affreuses brutes épaisses qu’il faut réprimer ou contrôler. La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, de la femme ; et non dans la peur et le rejet, ou bien au contraire dans l’indifférenciation.

J’ai moi-même choisi, je le confesse, de vivre avec un spécimen en voie de disparition, un de ces authentiques machos que la modernité féministe voue aux gémonies et condamne aux oubliettes de l’histoire. Un être qui ne repasse pas ses chemises, qui paie l’addition au restaurant et propose de m’accompagner dès que je fais un pas dehors, de peur qu’il ne m’arrive quelque chose. Un être qui pique des colères noires et veut toujours avoir raison, et qui fait tout à ma place parce qu’il estime que, par principe, il le fait mieux que moi. Un homme, dans toute son horreur. Un homme, sensuel et râleur, si différent de ce que je peux être et si proche de ce en quoi je crois. Un homme dans le regard duquel je lis que je suis une femme.

Je l’avoue, j’aime l’altérité. J’aime cette différence essentielle qui fait que lui et moi sommes humains sans être semblables. J’aime ces jeux de domination qui nous font nous provoquer et nous affronter, chacun cédant tour à tour devant l’autre, chacun confrontant ce qu’il est à l’inconnu de l’autre. J’aime enfin découvrir à travers notre altérité ce qui nous unit et nous rend l’un à l’autre indispensables. Rien n’est plus destructeur du désir que l’abolition des frontières, le lissage minutieux des aspérités au nom de notre incapacité millénaire à penser la dualité.

Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi ; l’homme qu’on vous a sommés de ne plus être. Ne soyez pas dupes des discours ambiants qui vous intiment l’ordre de vous renier au nom du métissage du féminin et du masculin dont on veut vous faire croire qu’il constitue le stade ultime de l’humanité, comme la seule chance d’abolition des souffrances de tant de femmes.

Il n’est sans doute pas de pire ennui pour une femme que de se trouver face à cet homme insipide et morne qui a si bien appris sa leçon de féminisme et demande respectueusement l’autorisation pour tenter quelque trace de séduction, cet homme un peu ridicule qui use de crèmes antirides et d’autobronzant, cet homme pathétique qui n’éprouve pas le besoin de se lever pour une femme enceinte ou d’offrir sa veste à une belle en robe légère. Car quel geste plus beau que cet enveloppement tendre et puissant de celui qui dépose sur des épaules un peu de chaleur et de protection ?

Et j’adresse ces lignes à mon fils, aujourd’hui si petit, à peine sorti du statut de l’ange, comme un message d’amour et d’espoir. Puisse-t-il à son tour être fier d’être un homme. Un homme, c’est-à-dire un être imprégné des valeurs chevaleresques qui ont fondé la civilisation occidentale. Un homme, c’est-à-dire un être jouant à être le plus fort pour mieux servir, pour mieux protéger, car telle est la vraie grandeur (que les femmes devraient également cultiver), celle qui consiste à ne jamais abuser de son pouvoir. Un homme, sûr de ce qu’il veut être et se promenant dans les modèles anciens et les grandes figures. Même s’il garde à l’esprit que tout cela n’est qu’une fiction, et qu’il ne doit pas être prisonnier des codes mais se les approprier, pour mieux parfois les renverser.

Puisse-t-il apprendre à regarder les femmes dans leur complexité, leurs contradictions et leurs incertitudes. Puisse-t-il les aimer fières et fragiles, pudiques et passionnées, telles qu’elles seraient si notre triste époque ne leur enseignait l’infantile niaiserie qui les empoisonne, et que les bons génies du marketing tentent à tout prix d’inoculer aux hommes.

Natacha Polony
Extrait de L’homme est l’avenir de la femme, JC Lattès, 2008, p. 244-247

Source : minurne.org

Correspondance Polémia – 10/11/2017
Crédit photo :

https://www.polemia.com/natacha-polony-et-les-hommes/

« le village gaulois qui résiste encore à l’envahisseur » supprimé !

Publié le 27 octobre 2017 Auteur par admin4Catégories immigration / islamisation BD d’Astérix : « le village gaulois qui résiste encore à l’envahisseur » supprimé ! Ils ont osé !
En même temps, alors que la France est submergée et que les médias dominants (de gauche) interdisent de s’en offusquer, cela devait finir arriver… « Quarante ans après la mort de Goscinny et six ans après qu’Uderzo a renoncé à dessiner, le scénariste Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad sortent le 37e volume des aventures d’Astérix intitulé Astérix et la Transitalique. […]
Un détail intrigue cependant dans ce nouvel album : la disparition de la fameuse page d’ouverture présentant une carte de la Gaule avec la loupe posée sur le village gaulois entouré des camps romains d’Aquarium, de Babaorum, de Laudanum et de Petibonum.
Exit également les quelques lignes situant l’action : “Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non. Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours et à l’envahisseur…” L’éditeur a-t-il estimé que ce petit texte emblématique de la saga était aujourd’hui trop violent pour être livré à des millions de lecteurs ?
Interrogée par 20 Minutes, une représentante d’Hachette balaie le sujet, estimant que “cette question n’a pas d’intérêt”, peut-on lire sur le site du quotidien gratuit. Et de simplement évoquer un “parti pris éditorial”… » Source VA
!” Cadoudal dit : 28 octobre 2017 à 2 h 50 min pas question de faire l’ éloge de vilains Gaulois, identitaires, patriotes, xénophobes ,racistes, intolérants, qui refusent le vivre ensemble maçonnique et œcuménique avec les migrants romains.
Astérix est maintenant assimilé au socialiste Adolphe. dans le prochain livre , il finit pendu à Nuremberg malgré sa potion magique.
Retrouvez cet article et l’info alternative sur : http://www.contre-info.com

Astérix : Mais pourquoi la carte du village gaulois a-t-elle disparu du dernier album «Astérix et la Transitalique»?

Astérix : Mais pourquoi la carte du village gaulois a-t-elle disparu du dernier album «Astérix et la Transitalique»?

BANDE DESSINEE L’éditeur a ôté la traditionnelle carte et la présentation des personnages…

Camille Allain

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Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique.

Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique. — C. Allain / 20 Minutes

  • La traditionnelle carte de la Gaule a été éclipsée du dernier tome d’Astérix.
  • La présentation des personnages est aussi absente d’Astérix et la Transitalique.
  • L’éditeur Hachette explique que c’est un « parti pris éditorial ».
  • Ce 37e tome a été imprimé à cinq millions d’exemplaires.

Ils sont fous ces éditeurs. Sorti le 19 octobre, Astérix et la Transitalique n’est pas un album comme les autres. Le 37e tome de la série créée par Albert Uderzo et René Goscinny a vu la carte de la Gaule et la traditionnelle présentation des personnages disparaître. Habituellement situées en ouverture des albums d’ Astérix, les deux planches ont été éclipsées du tome imaginé par le dessinateur Didier Conrad et le scénariste Jean-Yves Ferri, qui officient ensemble pour la troisième fois.

>> A lire aussi : On a lu «Astérix et la Transitalique» avant tout le monde… Et on vous dit tout le bien qu’on en pense

Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique.
Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique. – C. Allain / 20 Minutes

« Je n’avais pas remarqué. Ce sont des clients qui nous l’ont signalé », témoigne le responsable du rayon BD de la librairie Le Failler, à Rennes. Quelques centaines de mètres plus loin, même son de cloche au Forum du Livre. « C’est un collègue qui a remarqué. J’ai vérifié plusieurs albums mais la carte n’y était pas. C’est surprenant », poursuit un vendeur. Les camps romains d’Aquarium, Babaorum, Petibonum et Laudanum encerclant le village gaulois ont donc disparu.

« Un parti pris éditorial »

Faut-il y voir un oubli ? Non, un choix délibéré selon l’éditeur. « Vous imaginez bien que quand on imprime cinq millions d’exemplaires, on n’oublie pas des pages entières », répond une représentante d’Hachette, surprise de la question. « Nous avons inséré une carte de l’Italie dans l’histoire. Nous jugions cela plus utile que de mettre une carte de la Gaule. C’est un parti pris éditorial », poursuit-elle.

Pour se justifier, Hachette explique également que ce n’est pas la première fois que la carte de la Gaule est absente. Lors de la sortie d’Astérix en Corse, c’est une carte de l’île de Beauté qui avait été dessinée. Mais la différence est notable car la planche se trouvait bien en ouverture de l’album. « Cette question n’a pas d’intérêt », balaye la représentante d’Hachette.

La carte de Gaule traditionnellement dessinée en ouverture de la bande dessinée Astérix.
La carte de Gaule traditionnellement dessinée en ouverture de la bande dessinée Astérix. – C. Allain / 20 Minutes

La carte de Gaule n’est d’ailleurs pas la seule à avoir disparu. Au verso de cette planche se trouvait également une présentation des personnages d’Astérix, d’Obélix, du druide Panoramix, du chef Abraracourcix et du barde Assurancetourix. « La série est tellement connue aujourd’hui que l’on n’a pas jugé nécessaire de présenter les personnages », répond l’éditeur. « Mais c’est comme si on enlevait le générique d’une série », s’agace un fan de la BD.

>> A lire aussi : Par Toutatis, c’est le quiz sur Astérix!

L’un des plus gros succès au monde

Avec cinq millions d’exemplaires imprimés (deux millions pour la France, deux pour l’Allemagne et un pour le reste du monde), Astérix fait partie des plus gros succès mondiaux de la BD. Editées depuis 1961 par Dargaud, les aventures du Gaulois ont été reprises en 1980 par les éditions Albert René créées par Uderzo après la mort de son acolyte Goscinny. Hachette a absorbé la petite maison d’édition en 2008. Albert Uderzo a également lâché le crayon à Didier Conrad et au scénariste Jean-Yves Ferri pour la sortie en 2013 d’Astérix chez les Pictes.

 

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Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

Régis Debray, écrivain et philosophe, est l’invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Régis Debray analyse la victoire d’Emmanuel Macron dans son livre “Le nouveau pouvoir” aux éditions du Cerf.

“La gaîté vient avec l’âge. Les jeunes prennent les choses au tragique, mais moi je suis sensibles aux rimes de l’histoire ce qui revient périodiquement. Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie (…) Au fond tout ça est divertissant” dit le philosophe pour revenir sur son optimisme :

Les décadences sont des moments des moments féconds, créatifs

Ce qui m’embarrasse, c’est la victoire absolue d’ ‘homo économicus’, l’homme économique sur l’homme politique, lequel avait déjà remporté la victoire sur l’homme religieux

“L’économie a absorbé la politique”

“Nous sommes gallo-ricains, comme autrefois les gallo-romains (…)”L’envie d’être milliardaire est devenue légitime, comme l’envie d’être un héros il y a 100 ans ou d’être un saint il y a 1000 ans”.

“La victoire du chiffre est inquiétante, car c’est à très court terme (…) aujourd’hui nous avons perdu la conscience de porter une histoire collective . Ce qui pourrait me rendre triste, c’est la perte de l’horizon, la fin du récit de l’émancipation(…) Quand perd l’horizon, on revient à l’origine( …) Nous sommes le nez sur l’événement donc nous n’avons plus de mythe porteur”, poursuit le philosophe, qui explique que des pays laïques redeviennent religieux, citant en exemple l’Israël ou l’Inde.

La jeunesse est-elle un espoir?

“Le Sénat est vieux. Souvent, on dit que le vieux est sage : non, tout simplement il est con, ça s’appelle un vieux con (…)Le jeune tend à être plein de lui-même et surtout et à oublier d’où il vient, ce qui me frappe le plus c’est cette perte de sens de l’histoire, de la transmission”.

“Les vrais américains ont Dieu (…) nous nous avons d’autres ciments : une certaine conception de notre histoire, une autre mythologie”

La mythologie ça fait tenir debout, avancer parfois

Sur la France ‘start-up’ de Macron

Régis Debray y voit un “monde de vision courte, mais très étalée dans l’espace”, “un moment de civilisation, l’intérgation de la France dans une civilisation euro-américaine”.

“Le vivre-ensemble, comme on dit, c’est pour une communauté imaginaire (…) C’est la fin de l’utopie européenne : celle qu’un marché commun peut faire un imaginaire commun”.

Sur Emmanuel Macron président

“Une chose est la posture, autre chose est la capacité réelle de fédérer un peuple. On a une crise des figures de l’autorité (…) il y a le juge, une autorité protestante qui n’est pas chez nous très valide, il y a le leader , mais le leader suppose un peuple et derrière Macron il n’y a pas de peuple, c’est pas de sa faute, c’est comme ça”, estime Régis Debray. “Reste le père, mais c’est pas un père, donc il y a un certain flottement et je comprend qu’il cherche des éléments symboliques pour rassembler, fédérer et catalyser. Je doute qu’il les trouve car son milieu est dominé par la finance et l’économie, et c’est une idéologie individualiste (…) et qui a oublié l’Histoire, tout simplement”.

Ce n’est pas un président qui lit, je dirais qu’il butine, mais c’est déjà très bien

Selon Régis Debray, Emmanuel Macron est un “homme qui veut rechercher une profondeur de temps, mais son milieu ne peut que l’en empêcher”.

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

11 réponses à Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

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La CPI prend l’eau de toutes parts

La CPI prend l’eau de toutes parts

 

13 octobre, 2017
Actualité et événement

Leslie Varenne

Outre les révélations de Mediapart, sur lesquelles l’IVERIS reviendra dans un prochain article, la Cour Pénale Internationale (CPI) continue de toucher le fond.
En effet, le 11 octobre, Eric Bacard, fonctionnaire de la Cour depuis 2004, ancien expert en médecine légale auprès du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie (TPIY), était entendu comme témoin lors du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Son audition était fort ennuyeuse en apparence, mais en apparence seulement. En réalité, elle a mis en lumière des faits essentiels à la manifestation de la vérité et a également permis de prendre la mesure de l’amateurisme de cette justice internationale en matière scientifique.

– Le fonctionnaire/témoin rédige un rapport d’expertise fondamental pour l’accusation en trois jours chrono et oublie de changer la date sur son ordinateur.

– L’expert en médecine légale ne vérifie pas s’il y a des scellés sur les sacs mortuaires, ni avant, ni après ses prélèvements ADN.

– L’expert ne peut pas procéder à l’exhumation du corps de Madame Bamba, l’une des femmes décédées ce jour-là, car la famille ne retrouve plus l’emplacement de la tombe dans le cimetière d’Abobo, la plaque identifiant la sépulture ayant mystérieusement disparu. Finalement, ce sont les autorités ivoiriennes qui procéderont à cette exhumation, mais l’expert est incapable de dire sur quelles bases ces autorités ont fini par identifier la tombe…

– Lors du contre interrogatoire très pertinent et très pointu du professeur Jacob, membre de l’équipe de défense de Laurent Gbagbo, Eric Bacard, emploie des conditionnels, ignore les réponses, ne se rappelle plus, « il lui semble » …

Mais, sans aucun doute, ce 11 octobre marque d’une pierre blanche ce long procès. Depuis six ans, l’IVERIS enquête sur la tuerie des femmes d’Abobo et cherche où, comment et pourquoi les corps de ces victimes ont disparu ? (Lire le rapport sur ce sujet ici.) Le fonctionnaire/témoin a enfin apporté une réponse hier. Les dépouilles ont été enterrées dans une fosse commune après qu’une panne d’électricité ait altéré le fonctionnement des chambres froides. Cette révélation laisse pantois. Pour mémoire, feu le général Guei est resté à la morgue d’Abidjan pendant sept ans avant d’être enterré dans son village de Kabacouma ; L’inhumation d’Ibrahim Coulibaly, dit IB, a eu lieu quatorze mois après son décès.

Question : pourquoi la chaîne de froid a-t-elle pu être maintenue pendant autant de temps dans ces deux cas sans problème ?

Réponse : parce que les morgues d’Abidjan disposent de groupes électrogènes !

Questions : Pourquoi cette panne ? Ni accusation ni défense ne semblent s’y intéresser. Quand a-t-elle eu lieu ? Cette interrogation paraît essentielle à une expertise médico-légale afin d’analyser l’état des corps, mais là encore, l’audience d’hier ne s’est pas enquise de ce point, pourtant crucial.

Reste une autre énigme fondamentale dans ce dossier : pourquoi les employés de la morgue ont-ils ôté les sacs mortuaires dans lesquels se trouvaient les victimes avant de les mettre dans la fosse commune avec des centaines d’autres victimes ?

Enfin, pour clôturer cette nouvelle séance surréaliste, une fois encore, le juge-président, Cuno Tarfusser a annoncé une suspension des audiences du procès Laurent Gbabo-Charles Blé Goudé en raison du manque de moyens financiers de la CPI. C’est la deuxième fois que la Cour agit ainsi au mépris des accusés [2], qui, faut-il le rappeler, sont présumés innocents et à qui la liberté provisoire est systématiquement refusée.

 

Leslie Varenne

https://www.iveris.eu/list/actualites_et_evenements/287-la_cpi_prend_leau_de_toutes_parts/
[2] https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/229-cpi__autopsie_dun_naufrage_judiciaire

 

https://www.iveris.eu/list/actualites_et_evenements/287-la_cpi_prend_leau_de_toutes_parts/

 

 

 

[2] https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/229-cpi__autopsie_dun_naufrage_judiciaire

CHRONIQUE DE LA DÉCADENCE (Marc Le Stahler)

OCTOBRE 2017
CHRONIQUE DE LA DÉCADENCE
(Marc Le Stahler)

Omar Sy vs Éric Zemmour : Knock Out ?

Il vient de Trappes. Comme Debbouze. il nous avait fait rire et attendri dans un film à succès qui l’avait propulsé vers les sommets, devenant, parait-il, la « personnalité préférée des Français ». Puis sa carrière l’avait conduit vers des cieux cinématographiques (et fiscaux) encore plus favorables…

Un seul faux-pas (mais un faux-pas de taille), et tout pourrait bien s’écrouler. La haine n’est jamais bonne conseillère, et surtout pas la haine agressive et gratuite à l’encontre d’un écrivain essayiste à succès, historien et sociologue courageux, osant formuler tout haut ce que le bon peuple pense tout bas. Un courage qui l’a conduit plusieurs fois devant la XVIIème Chambre qui l’a condamné pour « provocation à la haine raciale ». Condamnation pénale absurde et abusive, mais Éric Zemmour n’est hélas pas le seul à subir le joug d’une justice (avec un « j » minuscule) partiale ; d’autres brillants et courageux esprits de la Dissidence, je pense notamment à Renaud Camus et à nos amis de Riposte Laïque et Résistance Républicaine Christine Tasin et Pierre Cassen, y ont aussi goûté.

Mais de là à taxer Zemmour de « criminel » – ce qui en dit long sur l’inculture juridique de ce docteur Knock version 2017 – c’était prendre un risque majeur avec les réseaux sociaux qui, effectivement, se sont enflammé à juste titre contre ce nouvel accusateur public.En repartant précipitamment vers Hollywood et en annulant la promotion de son film, Omar Sy a montré, outre un manque de courage, son profond mépris pour les Français.

Si le film se confirme être un navet, pâle remake sans consistance de l’original que l’éternel Louis Jouvet avait incarné, ce ne sera donc que Justice (avec un « J » majuscule, cette fois).

Il en faut, quelquefois.

 

http://www.minurne.org/?p=12750

L’obsession anticapitaliste des Français

L’obsession anticapitaliste des Français

Environ la moitié des Français compte principalement sur l’État pour améliorer leur situation économique. Les excès du dirigisme n’effraie pas les électeurs.

Par Patrick Aulnas.

L’épisode de la suppression partielle de l’ISF met en évidence une caractéristique culturelle des Français : la détestation qu’éprouve une partie importante d’entre eux pour l’argent et pour ceux qui le possèdent.

Il est en effet tout à fait irrationnel de taxer très fortement le capital dans une économie capitaliste qui repose précisément sur la capacité à attirer les capitaux. Mais beaucoup de Français ne raisonnent absolument pas de cette façon.

La moitié des Français pour un État encore plus puissant économiquement

Ils font partie de la fameuse France périphérique ou pas, ils peuvent être enseignants, ouvriers, chômeurs, mais ils votent très à gauche (LFI, communistes, trotskystes) ou très à droite (FN). Ils réclament tous un rôle accru de l’État dans le domaine économique et social.

La présence de l’électorat Front national parmi les tenants du dirigisme économique vient de la mue qu’avait opérée celui-ci sous l’ère Philippot. Le programme du FN se prononçait pour un interventionnisme économique accru, digne du Parti communiste. D’un point de vue économique, l’électorat frontiste possède donc, dans l’ensemble, des caractéristiques proches de celles de l’électorat de gauche d’où il est partiellement issu.

Les électorats cumulés de la droite nationaliste et de la gauche radicale ont représenté plus de 42% des voix au premier tour de la présidentielle de 2017. Si on y ajoute les voix socialistes recueillies par Benoît Hamon, on atteint plus de 49% des suffrages exprimés. Nous sommes en présence d’une constante historique : aux élections législatives de 1946, le total Parti communiste et SFIO (socialistes) représentait un peu plus de 46% des suffrages exprimés. On peut donc considérer qu’environ la moitié des Français compte principalement sur l’État pour améliorer leur situation économique.

Comment ces Français voient-ils l’économie ?

Pour ces Français, l’État devrait diriger fermement l’économie du pays. C’est ainsi, pensent-ils, que leur situation personnelle s’améliorerait. Pourquoi ? Parce que l’État empêcherait « les riches » de capter les revenus et les patrimoines. La répartition serait donc plus juste.

Cette approche présente un intérêt politique considérable : elle permet aux leaders de se poser en sauveurs potentiels et de réclamer beaucoup plus de pouvoir en vue de l’instauration de la justice sociale. Les excès du dirigisme n’effraient pas leurs électeurs qui pensent au contraire y trouver leur salut. Historiquement, la réussite politique est totale puisque prélèvements obligatoires et dépenses publiques n’ont cessé de croître depuis plus d’un siècle

Cette population est en désaccord avec les fondements juridiques du capitalisme. Pour elle, il est tout à fait injuste que des individus puissent prendre des décisions économiques importantes sous le simple prétexte qu’ils disposent de capitaux. Le conseil d’administration d’un grand groupe capitaliste n’a aucune légitimité à leurs yeux puisqu’il n’est pas issu d’une élection politique.

Dans les économies de marché, le droit donne le pouvoir de décision économique aux apporteurs de capitaux : chef d’entreprise individuelle ou associés des sociétés commerciales. L’assemblée générale des actionnaires élit le conseil d’administration qui détient le pouvoir stratégique.

Une telle élection ne suscite que l’opprobre dans les milieux de gauche car son fondement juridique est jugé inique. Il s’agit de la possession d’un certain nombre d’actions représentant une part du capital de la société considérée. Le droit de propriété, donc.

Si la petite propriété immobilière peut être une ambition de cette population votant à droite ou à gauche, la propriété du capital est perçue d’une manière totalement négative. Elle ne peut en aucun cas légitimer le pouvoir, fût-il économique1.

À quoi aspirent-ils ?

Ils ont une conception plutôt hiérarchique de la société : l’État est au-dessus d’eux et doit les protéger. L’État n’est pas seulement une structure administrative permettant d’organiser et de faire tenir une société complexe. Il est perçu comme une autorité tutélaire ayant la responsabilité de ses citoyens, un peu comme le roi de l’Ancien Régime était responsable de ses sujets.

Il en résulte que l’État et les collectivités publiques possèdent une légitimité socio-économique autrement plus forte que les sociétés capitalistes. En vérité même, la seule légitimité. L’État doit disposer du pouvoir économique et l’utiliser pour réduire les inégalités sociales qui ne sont que le produit de la loi de la jungle, du libre marché capitaliste.

En caricaturant, le bien public s’oppose au mal privé. Le désintéressement étatique, caractérisé par le service public ne recherchant pas le profit, est infiniment supérieur sur le plan éthique à la recherche de l’intérêt particulier.

Évidemment, n’importe qui souscrirait à cette doxa idéaliste, mais Adam Smith en a montré toute l’inanité voici bien longtemps. Cela ne fonctionne pas économiquement : la chute du communisme en est la démonstration historique. Nos étatistes n’en ont cure, la raison ayant peu de poids face à la passion anticapitaliste.

L’utopie de rupture contre la réalité du monde actuel

Une telle vision du monde conduit rapidement au totalitarisme. L’utopie de la société égalitaire sous contrainte étatique conduit à la dystopie orwellienne. Mais elle est aussi en contradiction flagrante avec les réalités les plus élémentaires du fonctionnement économique mondial. Le marché y joue le rôle principal, non seulement pour la production et les échanges, mais aussi pour l’innovation.

Depuis un demi-siècle, c’est la destruction créatrice schumpétérienne qui a façonné le monde dans lequel nous vivons. Les grandes innovations qui structurent aujourd’hui l’économie mondiale proviennent plutôt du marché que de l’État : internet, big data, biotechnologies, nanotechnologies, intelligence artificielle, etc. En tout cas, leur diffusion généralisée résulte de mécanismes de marché.

La responsabilité de l’enseignement

Il faudrait une véritable révolution copernicienne pour mettre en harmonie cette France en rupture (qui se dit insoumise) et le monde tel qu’il existe. Ce défi de long terme est principalement éducatif. L’Éducation, dite nationale, nuit profondément à une bonne insertion du pays dans l’économie mondiale car ses valeurs sous-jacentes sont en opposition frontale avec elle. L’Éducation nationale française s’est construite sur des valeurs anticapitalistes et en reste profondément imprégnée. Il faut connaître le système éducatif de l’intérieur pour bien le comprendre.

Mais cela est une autre histoire.

  1. Cette hostilité au capital financier provient d’une incompréhension des mécanismes économiques, d’origine marxiste (seul le travail est facteur de production pour Marx). En réalité, le capital est une accumulation en vue de l’investissement, quel qu’il soit (immobilier, industriel, commercial, en recherche-développement, etc.). Cette accumulation est un pari sur l’avenir. Le futur sera favorable financièrement. Sinon pourquoi investir ? Sans capital, pas d’avenir économique. Mais si le capital est entièrement entre les mains de l’État, pas de démocratie, du moins pas de liberté.
    Seule la pédagogie peut remettre les pendules à l’heure dans ce domaine. Il y a beaucoup à faire. Bon courage à la jeunesse.
  2. https://www.contrepoints.org/2017/10/23/301549-lobsession-anticapitaliste-des-francais?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=38c8b499a3-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-38c8b499a3-114031913&mc_cid=38c8b499a3&mc_eid=acae01963f

Le magique décodeur de mensonges

Le magique décodeur de mensonges


Orlov
Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 12 octobre 2017 – Source Club Orlov

À l’insu de leur plein gré, le cerveau de la plupart des gens est un champ de bataille. Ceux qui sont les plus bas dans la chaîne alimentaire intellectuelle sont programmés plus ou moins directement, par une méthode proche du conditionnement opérant, en affichant les signes de leur statut afin de démontrer leur conformité à leurs pairs, principalement en achetant certains produits de consommation. Ceux plus haut sur l’échelle sont manipulés principalement par des utilisations sournoises de la langue, en recourant à une variété de méthodes, comme l’acceptation d’un récit fictif, et ceux là prouvent leur conformité à leurs pairs par les signes de leur mérite.

Résultats de recherche d'images pour « métonymie images »

Les méthodes de manipulation publique des bas de plafond, basées sur la télévision et la publicité, ont déjà été discutées ad nauseam. Ce n’est pas le cas avec les nombreuses fausses déclarations et faux-semblants impliquant les abus de langage  : personne ne semble être impliqué dans le suivi de toutes les transgressions majeures et mineures contre notre capacité à penser clairement. La langue est ce qui nous permet de raisonner et de communiquer, et lorsque les mots mêmes que nous utilisons sont tordus et déformés, notre capacité à penser en souffre également. Laissez-moi passer leurs méthodes en revue.

Les manipulateurs utilisent les métaphores. Le langage humain se trouve être criblé de métaphores, et beaucoup de créativité a été mise en œuvre pour en élaborer des bien fonctionnelles qui renforcent notre capacité de penser plutôt que de lui nuire. Les métaphores sont plus que de simples figures de style, bien qu’il y en ait aussi beaucoup. Très souvent, les métaphores sont ce que nous utilisons pour décrire, nommer et classer des objets physiques. Dans l’industrie, la rotule perforée sur un écrou borgne auquel est attaché le pistolet à graisse est appelé le graisseur [grease nipple]; il est, techniquement parlant, du genre masculin. Il y a aussi des tétons poussoirs [push nipple], qui sont de courtes sections de tuyaux en métal malléable utilisés pour assembler des sections de chaudières et de radiateurs en fonte. Les rayons de jante [spoke nipple] tendent les rayons de roue de bicyclette contre la jante. Les bagues aux extrémités des câbles d’embrayage sont aussi appelées mamelons [nipples], tout comme le plastique isolant montés aux extrémités des câbles. Vous pouvez être sûr que toutes ces choses ont été nommées par des hommes. Les hommes aiment les mamelons; par conséquent, les hommes voient des mamelons partout. Il n’y a qu’un pas pour passer de «X ressemble à un mamelon [nipples]» à « X est un mamelon » (ce qui en fait une métaphore). Les hommes pensent aussi beaucoup à avoir des rapports sexuels, et par conséquent les divers accessoires et suffixes qu’ils donnent aux noms ont tendance à avoir un sexe masculin ou féminin (les hermaphrodites sont une rareté), bien qu’il existe des alternatives non sexuées, telles que « va-et-vient ».

Les métaphores sont très utiles – si utiles que nous ne pourrions pas raisonner ou décrire des choses sans elles. Mais elles peuvent aussi être manipulées à des fins sinistres et malveillantes, en faussant le processus même par lequel nous observons et raisonnons. Elles peuvent être utilisées pour prendre le contrôle de nos pensées à un niveau subconscient et pour les orienter dans des directions particulières sans que nous en soyons conscients. Elles peuvent contrôler de façon subliminale notre comportement, modifier notre perception de nous-même et affecter notre propre estime personnelle.

Laissez-moi vous passer en revue le premier paragraphe et vous montrer comment cela se fait. « Passer en revue » renvoie à un processus purement mental et analytique en termes de déplacement à pied. En outre, cela implique que vous me laissiez vous guider, et que vous me suiviez volontairement et sans discernement, comme un animal conduit par une chaîne reliée à un anneau par le nez. Ceci est supposé vous influencer inconsciemment pour vous rendre plus obéissant. Maintenant, reprenons au début : « [nos] cerveaux sont un champ de bataille ». Ce ne sont plus des masses de tissus graisseux qui flottent dans un liquide; au lieu de cela, on vous demande d’imaginer un champ de bataille parsemé d’explosions. La « chaîne alimentaire intellectuelle » précise ensuite ce qui se passe sur ce champ de bataille : de grands cerveaux prédateurs dévorent des cerveaux d’animaux sidérés et sans défense. Mais les petits cerveaux ne sont pas si intéressants, alors nous ne parlerons que des gros cerveaux. « Les malentendus et les faux-semblants impliquant le langage » indiquent l’utilisation du langage par les cerveaux plus gros et affamés, ce qui s’apparente à un acte magique. Mais ce n’est pas un simple divertissement, car il y a des « transgressions contre notre capacité à penser clairement » : des crimes sont commis! À la suite de ces transgressions, nos mots et notre pensée sont « tordus et déformés», le champ de bataille métaphorique (notre cerveau, pour ainsi dire) étant jonché des épaves carbonisées des métaphores qui y ont explosées.

Après avoir déblayé ces préliminaires, faisons une sortie éducative et regardons cette action métaphorique se produire dans la nature – sur les pages éditoriales du New York Times. Métaphoriquement, symbolisons les journalistes en tant que bêtes sauvages que nous condescendons à regarder en descendant brièvement de notre tour d’ivoire (vous voyez ce que j’ai fait là?), signalant ainsi à l’autre notre supériorité sur de telles bêtes sauvages. J’ai décidé de choisir le NY Times largement au hasard – le Washington Post ou le LA Times auraient fait aussi bien l’affaire. Les gens dont les écrits sont publiés ici s’appellent des « journalistes » – du latin diurnalis, un terme qui définissait l’ordre des prières quotidiennes dans un monastère médiéval, mais il est clair que ces pommes-là ont roulé assez loin du pommier. Alors qu’ils auraient pu faire penser à des chroniqueurs (un journal est aussi un carnet de bord à bord d’un navire), ils ne sont plus que des blogueurs. Ce sont des blogueurs qui ne travaillent pas pour vous mais pour ceux qui les paient pour suivre un agenda différent du vôtre, alors que moi, cher lecteur, je travaille directement pour vous. Notez comment la dernière phrase est parfaitement littérale, sans aucune métaphore.

Néanmoins, ces faux blogueurs insistent sur le fait qu’ils sont des journalistes, alors que d’autres ne le sont pas, et parfois même pompeusement se qualifient eux-mêmes de « quatrième pouvoir ». Le terme semble pompeux mais il ne l’est pas parce que les trois autres sont l’aristocratie, le clergé et les roturiers, faisant sonner ce quatrième pouvoir comme plus commun que la saleté habituelle. Mais il y a un écho du second pouvoir en eux : les diurnalis qu’ils suivent leur disent comment il est bon de supplier les riches et les puissants qui paient pour leur donjon (terminant proprement la métaphore monastique médiévale, en en faisant une gentille petit bombe mentale à fragmentation).

Puisque nous sommes sur le sujet de la religion dans le journalisme, considérons le titre éditorial d’aujourd’hui : « On Contraception, it’s Church Over State / Sur la contraception, l’Église passe devant l’État». Le sujet de cet éditorial est de « fournir le droit au contrôle des naissances à l’employeur ». L’auteur utilise un cliché, « Église et État », qui est un raccourci pour « le principe de la séparation de l’Église et de l’État », et il le tord, ce qui implique qu’ils ne sont plus séparés, mais que l’Église (quelle qu’elle soit) est plus puissante que l’État (quel qu’il soit). L’utilisation d’un cliché est déjà une mauvaise nouvelle (un « drapeau rouge », pour utiliser un autre cliché) parce qu’il remplace une description ou un terme précisément défini par un simple slogan. Mais tordre un cliché, c’est utiliser un autre cliché, définitivement un pont trop loin (une allusion à une projection de puissance un peu trop distante qui se termine par un échec) [Nom d’un film de guerre sur la Seconde Guerre mondiale qui symbolise cet échec, NdT]. Ouvrez la boite de ce cliché tordu de «l’Église devant l’État» et ce que vous y trouvez sont deux cas de métonymie.

La métonymie est une figure de style qui remplace un concept par un autre en espérant que personne ne s’en apercevra. Voici un exemple typique : « Les terres de la Couronne » au lieu de « les terres appartenant au monarque » – notez que les couronnes sont des couvre-chefs, et les couvre-chefs ne possèdent pas de biens immobiliers. La métonymie est omniprésente parmi les pseudo-blogueurs qui écrivent pour le NY Times, et vous devriez y faire attention : « La Maison Blanche a annoncé que… » est typique, alors que nous savons tous que les maisons sont incapables de parler. Ce genre de chose est particulièrement insidieux quand ils utilisent la métonymie pour substituer une marque à une personne : « La BBC a rapporté que… » au lieu de « dans un article concocté à la hâte par un récent diplômé qui travaille actuellement comme stagiaire non rémunéré à la BBC » ou « Facebook a annoncé que… » au lieu de « Kasper Wu, un récent employé de Facebook qui, si l’histoire se répète, ne sera resté à son travail que pendant quelques mois avant de se brûler les ailes et de partir, nous a dit que… »

En tout cas, nous avons ici « l’Église » comme métonymie pour des « personnes qui ont de fortes convictions religieuses et votent en accord avec elles ». Par ailleurs, l’illustration montre un groupe de religieuses catholiques souriantes; c’est un exemple de métonymie visuelle, qui vous détourne faussement vers l’Église catholique romaine et loin des électeurs religieux de toutes confessions et dénominations. Et « État » correspond, pour autant que je puisse le comprendre, à des « employeurs privés qui étaient auparavant obligés par un mandat fédéral non financé de fournir à leurs employées des contraceptifs gratuits ».

Je ne suis pas du tout d’accord sur cette question, mais je pense que beaucoup d’informations factuelles ont été balayées en tordant un seul cliché métonymique, tout cela dans un éditorial. Mais je conteste l’expression « le droit de fournir le contrôle des naissances à l’employeur » qui, bien que littéral, comporte une inexactitude majeure et une grosse omission. L’inexactitude est que le « droit » est en réalité un mandat non financé, mais vous faire faire quelque chose sans avoir à payer pour cela est une chose que seul un gouvernement peut faire, alors qu’il ne devrait pas le faire. Les droits sont des choses que vous êtes libre de faire; prendre des choses aux autres sans les payer n’en fait par partie. Et puis il y a une grosse omission : la raison pour laquelle les assureurs du plan de santé de l’employeur ont besoin (déjà une mauvaise idée) de financer le contrôle des naissance, est dû au prix excessif des contraceptifs facturés par les compagnies pharmaceutiques, que le gouvernement américain autorise par ailleurs; en résumé, il permet à ses copains de se gaver, puis de faire payer le quidam. Autour du monde, les gens paient leur propre contraception ou l’obtiennent directement auprès du gouvernement, mais aux États-Unis au lieu de résoudre le véritable problème – la corruption – la « solution » consiste à concocter un « droit » inexistant pour libérer le contrôle des naissances (et se plaindre amèrement quand il disparaît, en se moquant gratuitement de l’Arabie saoudite dans une comparaison stupéfiante et suffocante).

Il y a une chose que je peux vous assurer et que personne au NY Times ne mentionnera jamais, c’est que le concept de « droit au contrôle des naissances fourni à l’employeur » crée un aléa moral. Si un employeur est tenu de donner (la plupart des employeurs sont des hommes) à leurs employées femmes un moyen gratuit de contrôle des naissances, alors il voudra probablement aussi avoir des relations sexuelles avec elles. Normalement, il aurait peur de grossesses non désirées et des scandales, mais « le droit » de libérer le contrôle des naissances prend soin de cela. Mais maintenant, un nouveau problème surgit : si le patron n’a pas de relations sexuelles avec ses employées, il est, dans son esprit, celui qui paye pour leur permettre d’avoir des rapports sexuels avec d’autres hommes sans risquer les conséquences d’une grossesse non désirée. Et le patron-homme ne verra probablement pas quel est son avantage dans cette histoire. Cela crée un aléa moral.

Cherchez Harvey Weinstein, le producteur à Hollywood accusé de nombreuses irrégularités sexuelles avec des femmes qu’il employait, y compris des célébrités telles que Gwyneth Paltrow. Un autre éditorial, dans le NY Times d’aujourd’hui est intitulé « Weinstein et notre culture des facilitateurs ». Je n’ai jamais participé à cette culture et j’évite généralement Los Angeles, la ville et les films hollywoodiens qui y sont fabriqués (franchement, Bollywood c’est tellement mieux!) mais j’en connais peu à ce sujet. Par exemple, il y a un meuble classique appelé « le casting sur canapé » – un fauteuil en cuir noir, pour faciliter le nettoyage – sur lequel les producteurs et les directeurs de casting ont des rapports sexuels avec des actrices en herbe. Il est possible de comprendre pourquoi une telle « culture » (j’en dirais plus à ce sujet bientôt) a pu se développer. Le fond de commerce dans l’industrie cinématographique est l’intimité feinte avec des étrangers. Recoupez les actions à l’écran avec les personnes mentionnées dans les titres : ils ne sont presque jamais liés ou engagés dans une relation hors écran, et pourtant ils continuent de faire comme s’ils l’étaient. Il va de soi, alors, que les producteurs et les directeurs de casting veuillent « tester la marchandise » (remarquez comment cette métaphore établit un continuum entre agir et prostitution) avant d’engager des moyens, pour être sûrs que les femmes qu’ils embauchent peuvent simuler efficacement devant le grand écran. Ce genre de chose a duré des décennies et les personnes impliquées, à la fois les « prédateurs » et leurs « victimes », sont devenues fabuleusement riches en laissant les autres les regarder simuler devant la caméra. Mais maintenant qu’ils ont formé un peloton d’exécution circulaire, peut-être qu’ils devraient tous être déclarés inaptes à servir et leurs emplois délocalisés en Inde.

Tout cela est tapageur et ennuyeux, et tout ce qui m’intéresse ici est l’abus de la métaphore; en particulier, l’utilisation du terme « culture » pour signifier « manque de culture ». En général, lorsque les gens parlent de culture, ils parlent de grands monuments culturels. Par exemple, Saint-Pétersbourg, d’où j’écris ceci, est un espace culturel géant. La ville est pleine de monuments physiques – des statues et des bâtiments monumentaux, dont beaucoup incluent des statuaires. Sur ces monuments physiques se trouvent de nombreuses plaques commémorant d’autres monuments culturels qui ne sont pas architecturaux – les nombreux écrivains, artistes, poètes, compositeurs, scientifiques, aventuriers et guerriers dont les noms ont servi à nommer de nombreuses rues. Regardez les affiches : y sont annoncés des expositions d’art, des concerts, des festivals, des conférences et de nombreux autres événements culturels. Et cela, mes amis, c’est de la culture!

OK, assez de propagande russe! Ce que je veux souligner, c’est qu’il y a toutes sortes de choses appelées « culture » qui sont tout sauf de la « culture ». Il y a ce que l’on appelle métaphoriquement la « culture d’entreprise », dont Weinstein est actuellement considéré comme un spécimen de premier ordre – et qui peut peut-être être décodé non métaphoriquement comme un « lâche acquiescement à la turpitude morale ». Et il y a aussi une « culture du journalisme généraliste », qui essaie de vous mener comme un animal avec une chaîne attachée à un anneau passé dans le nez. Les deux tentent d’atteindre leurs objectifs néfastes par la corruption du langage en utilisant la métaphore et la métonymie, en tordant les clichés et en inversant les significations (« culture » pour « manque de culture », « droit » pour « mandat non financé », « guerre de classe » pour « égalitarisme » et ainsi de suite). Mais nous pouvons apprendre à voir à travers ces astuces linguistiques, et cela nous permettra au moins de filtrer leur absurdité et peut-être même de les battre à leur propre jeu.

Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

 

 

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