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Comment Google Et Amazon Financent Les Conspirationnistes

Comment Google Et Amazon Financent Les Conspirationnistes

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Les géants de la technologie, Google et Amazon, vont involontairement consacrer quelque 25 millions de dollars à des sites web diffusant des informations erronées sur le Covid-19 cette année par le biais de leurs plateformes publicitaires numériques, selon une étude du Global Disinformation Index.

Principaux faits

  • Voici comment cela se décompose : Google acheminera la majeure partie des millions – environ 19,2 millions de dollars – vers des sites de désinformation, tandis qu’Amazon apportera 1,7 million de dollars de recettes publicitaires aux sites, selon les estimations du GDI.
  • Google fournit 3 dollars sur chaque 4 dollars de revenus publicitaires générés par les sites de désinformation, selon les données du GDI.
  • La société Open X, spécialisée dans les technologies de la publicité, représente 2,6 millions de dollars, soit 10% des recettes publicitaires des sites.
  • L’étude montre que des publicités d’organisations telles que Merck, L’Oréal, Canon et la British Medical Association, un syndicat de médecins britanniques, sont apparues sur des pages contenant la théorie de la conspiration.
  • « Sur la base de nos résultats, on a découvert que les publicités pour de grandes marques finançaient des histoires qui vantent des remèdes discrédités et dangereux, qui sapent les mesures de confinement du gouvernement, qui assimilent les applications de suivi et de traçage à la surveillance de l’État, et qui véhiculent des théories selon lesquelles le gouvernement chinois et l’élite mondiale devraient être tenus pour responsables de la propagation du virus », a déclaré le GDI.
  • Les chiffres excluent la publicité pour la désinformation sur les médias sociaux et les plateformes vidéo, a déclaré le GDI, ce qui signifie que les chiffres réels pourraient être bien plus élevés.

Informations complémentaires

L’étude était basée sur l’analyse par le GDI de 480 sites de langue anglaise entre janvier et juin de cette année, dont le contenu était dominé par la désinformation sur les coronavirus, et qui comportaient également des publicités. Le GDI a fait des estimations prudentes, et a averti que leurs chiffres ne sont probablement que « la partie émergée de l’iceberg ». Ils estiment également que les recettes publicitaires pourraient avoir été faussées par une augmentation du trafic web global, provoqué par un plus grand nombre de personnes à la maison et à la recherche d’informations en ligne, ainsi qu’une baisse des dépenses publicitaires due à la pandémie.

Commentaire essentiel

Le GDI a déclaré dans un blog : « Alors que les annonceurs braquent les projecteurs sur Facebook et retirent leur inventaire de la plateforme, ils ne doivent pas perdre de vue l’image globale de leurs publicités diffusées sur d’innombrables sites de désinformation à haut risque sur le web. Google, Amazon et d’autres ne devraient pas obtenir de laissez-passer gratuit de la part des annonceurs en cette période de contrôle nécessaire et accru des lieux où leurs annonces apparaissent – et des personnes qu’ils financent ».

Contexte clé

Google et Facebook sont devenus les acteurs dominants de l’industrie publicitaire mondiale grâce à la technologie qui permet de diffuser des annonces sur Internet. Les annonceurs se plaignent depuis des années que leurs produits sont placés à côté de contenus inappropriés ou dangereux par les algorithmes du géant de la technologie. La pandémie et les événements mondiaux sur le racisme ont poussé la Silicon Valley à faire le point sur ce modèle. Verizon a rejoint un boycott publicitaire de Facebook après que des activistes ont souligné que ses publicités apparaissaient aux côtés de vidéos relatives à la théorie du complot QAnon, ainsi que de nombreux autres annonceurs importants de la campagne Stop Funding Hate. Google, Facebook et Twitter ont tous proposé des mesures pour s’attaquer aux contenus trompeurs liés au Covid, et rendre plus difficile pour ses auteurs de tirer profit de leurs plateformes, mais cette crise suscite de nouvelles questions sur les fondamentaux de leurs entreprises axées sur la publicité.

Article traduit de Forbes US – Auteure : Isabel Togoh

<<< À lire également : Covid-19 Et La Déferlante Des Messages Conspirationnistes Sur Les Réseaux Sociaux >>>

https://www.forbes.fr/technologie/comment-google-et-amazon-financent-les-conspirationistes/?cn-reloaded=1

L’Agence de l’innovation de Défense s’intéresse aux méta-matériaux pour réduire la signature radar des avions

L’Agence de l’innovation de Défense s’intéresse aux méta-matériaux pour réduire la signature radar des avions

PAR LAURENT LAGNEAU · 13 JUILLET 2020

Le principe d’un radar [RAdio Detection And Ranging] est relativement simple : on émet des ondes électro-magnétiques [OEM] dans une direction. Quand elles rencontrent un obstacle, elles rebondissent et reviennent vers l’instrument qui, grâce à sa fonction télémétrie [Ranging], en déduit la présence d’un objet et la distance à laquelle il se trouve.

Pour qu’un avion puisse échapper à de tels systèmes de détection, il suffit de réduire sa Surface Équivalente Radar [SER], qui dépend de sa taille, de sa forme et des matériaux qui le composent [et que le recouvrent], ces derniers pouvant absorber les ondes électromagnétiques émises par un radar. Jusqu’à présent, les chasseurs-bombardiers dits « furtifs » ont recours à ces deux procédés pour rester discrets.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-1170194043456211&output=html&h=280&adk=816578249&adf=3721092156&w=561&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1594652915&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=5496151620&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&us_privacy=1—&ad_type=text_image&format=561×280&url=http%3A%2F%2Fwww.opex360.com%2F2020%2F07%2F13%2Flagence-de-linnovation-de-defense-sinteresse-aux-meta-materiaux-pour-reduire-la-signature-radar-des-avions%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=141&rw=561&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8Iyw-AUQxqW26I3n5K4kEkwAXcgSEeQrz-gRfXlCtHHgFJlR4g7GQtGBoM7t9vV1TgCVJVbXjnMh0840zJa3BvL5SYhW0sxtewpQTq2eiurUNsMG1Er3zLVJ_lP0&dt=1594652915853&bpp=5&bdt=3579&idt=-M&shv=r20200707&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=300×250%2C300x250%2C0x0&nras=2&correlator=1599290079646&frm=20&pv=1&ga_vid=963143654.1581431206&ga_sid=1594652914&ga_hid=2116029163&ga_fc=0&iag=0&icsg=2815849280873471&dssz=80&mdo=0&mso=512&u_tz=120&u_his=4&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=31&ady=1395&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=100&eid=21065531%2C182984100%2C182984300&oid=3&pvsid=2767044673394814&pem=787&ref=http%3A%2F%2Fwww.opex360.com%2F&rx=0&eae=0&fc=384&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8336&bc=23&jar=2020-7-13-15&ifi=4&uci=a!4&btvi=3&fsb=1&xpc=P0zzf7ZMpE&p=http%3A//www.opex360.com&dtd=76

Mais un troisième fait actuellement l’objet de recherches au sein du Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives [CEA], en partenariat avec l’Institut Fresnel de Marseille et la Direction générale de l’armement [DGA]. Ce projet est conduit par Geoffroy Klotz, un ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lille et ancien doctorant DGA/CEA.

Ces recherches reposent sur l’optique de transformation qui, avance l’Agence de l’Innovation de Défense [AID], permet « d’envisager la réalisation de dispositifs d’invisibilité, qui étaient il y a peu encore de la pure fiction. » Et cela grâce à des méta-matériaux, dont les propriétés rendent possible la manipulation des ondes électro-magnétiques pour qu’elles contournent un objet sans être perturbées.

« Il s’agit de mimer un espace déformé à l’aide de revêtements présentant des propriétés électromagnétiques spécifiques. En faisant croire aux rayons électromagnétiques que l’espace se courbe dans le revêtement entourant un objet, celui-ci agit comme une cape d’invisibilité. Les ondes émises par les radars sont alors piégées, contournent la cible, empêchant le rayonnement d’atteindre la cible », explique l’AID.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-1170194043456211&output=html&h=280&adk=816578249&adf=2700627163&w=561&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1594652915&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=5496151620&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&us_privacy=1—&ad_type=text_image&format=561×280&url=http%3A%2F%2Fwww.opex360.com%2F2020%2F07%2F13%2Flagence-de-linnovation-de-defense-sinteresse-aux-meta-materiaux-pour-reduire-la-signature-radar-des-avions%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=141&rw=561&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8Iyw-AUQxqW26I3n5K4kEkwAXcgSEeQrz-gRfXlCtHHgFJlR4g7GQtGBoM7t9vV1TgCVJVbXjnMh0840zJa3BvL5SYhW0sxtewpQTq2eiurUNsMG1Er3zLVJ_lP0&dt=1594652915853&bpp=5&bdt=3578&idt=5&shv=r20200707&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=300×250%2C300x250%2C0x0%2C561x280&nras=3&correlator=1599290079646&frm=20&pv=1&ga_vid=963143654.1581431206&ga_sid=1594652914&ga_hid=2116029163&ga_fc=0&iag=0&icsg=2815849280873471&dssz=81&mdo=0&mso=512&u_tz=120&u_his=4&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=31&ady=2375&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=100&eid=21065531%2C182984100%2C182984300&oid=3&pvsid=2767044673394814&pem=787&ref=http%3A%2F%2Fwww.opex360.com%2F&rx=0&eae=0&fc=384&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8336&bc=23&jar=2020-7-13-15&ifi=5&uci=a!5&btvi=4&fsb=1&xpc=tC7Y42nyUT&p=http%3A//www.opex360.com&dtd=91

Cependant, pour concevoir un « revêtement d’invisibilité », il faut empiler des couches composées d’un matériau et d’un méta-matériau afin de pouvoir disposer de l’effet recherché. « C’est le comportement collectif de ces couches dans ce mode de structuration précis qui permet de rendre un objet invisible », précise l’AID. En outre, poursuit-elle, dans certaines de ces couches, « l’utilisation de méta-matériaux composés de petites structures semblables à des circuits imprimés sont nécessaires », afin d’accélérer la vitesse de propagation des ondes. « Les travaux ont donc abordés la manière dont ces structures doivent être conçues et intégrées dans les revêtements multicouches pour contribuer à l’effet d’invisibilité », ajoute-t-elle.

Un autre défi à relever est d’adapter ces revêtements d’invisibilité aux fréquences des ondes. « Les méta-matériaux sont dispersifs en fréquence, c’est à dire que la vitesse de propagation de l’onde dépend de la fréquence de cette onde. Les dispositifs d’invisibilité utilisant des méta-matériaux sont donc malheureusement limités à une bande de fréquence très étroite », souligne l’AID.

D’où les recherches en cours, qui s’appuient sur les travaux de Geoffroy Kotz, lequel a imaginé une approche « alternative » de l’optique de transformation pour « adapter la cape d’invisibilité à ces changements de comportements observés dans les méta-matériaux. »

Reste à voir si ces travaux pourront trouver une application concrète à l’avenir, que ce soit pour le Système de combat aérien du futur [SCAF] ou bien encore le Main Ground Combat System [MGCS, le char franco-allemand, ndlr]. On peut même imaginer que des navires soient conçus avec des méta-matériaux, ne serait, pas exemple, pour rendre invisible leur mâture.

http://www.opex360.com/2020/07/13/lagence-de-linnovation-de-defense-sinteresse-aux-meta-materiaux-pour-reduire-la-signature-radar-des-avions/

700.000 € de pertes redoutées pour des tests Covid-19 bientôt périmés

ACTUALITÉS

700.000 € de pertes redoutées pour des tests Covid-19 bientôt périmés

PAR LÉONARD PLANTAIN1 juillet 2020 Mis à jour: 1 juillet 2020Partager

D’après le groupe de laboratoires Unilians implanté dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, face aux tests Covid-19 bientôt périmés, 700 000 € pourraient être perdus.

Après avoir massivement acheté des tests PCR pour dépister le coronavirus, le groupe de laboratoires Unilians craint de lourdes pertes financières. En effet, alors que les tests s’approchent de leur date de péremption, les patients ne seraient finalement pas assez nombreux à se faire tester, contrairement à l’objectif fixé par Édouard Philippe.PUBLICITÉ

D’après la direction générale de la santé, 250 000 tests PCR sont effectués chaque semaine en France, ce qui représente 3 fois moins que les estimations annoncées. Un coup dur pour les labos Unilians, relate France Bleu.https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1278149210706239494&lang=en&origin=https%3A%2F%2Ffr.theepochtimes.com%2F700-000e-de-pertes-tests-covid-19-bientot-perimes-1441727.html&theme=light&widgetsVersion=9066bb2%3A1593540614199&width=550px

D’après Geneviève Ferret, directrice du labo Unilians pour la zone de Montbrison (Loire) : « Tous ces réactifs-là ont des dates de péremption, c’est-à-dire des dates au-delà desquelles on ne peut pas utiliser le test, donc on le jette. C’est une perte sèche : on aura plus de 40 000 tests que l’on ne va pas utiliser. Cela représente, en tout cas pour notre structure, un chiffre d’environ 700 000 euros ».https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-1&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1277897969589784576&lang=en&origin=https%3A%2F%2Ffr.theepochtimes.com%2F700-000e-de-pertes-tests-covid-19-bientot-perimes-1441727.html&theme=light&widgetsVersion=9066bb2%3A1593540614199&width=550px

En plus des tests PCR, le groupe a aussi alloué un gros budget pour les machines qui servent à faire les analyses. D’après Christophe Pierroz, directeur financier du groupe Unilians, là aussi on est loin du retour sur investissement : « Il faut des automates, ce sont des robots, et ils viennent de Chine. Il a fallu payer d’avance. C’est des investissements au niveau d’Unilians qui se chiffrent en millions d’euros. »

« Ces machines ont été sous-exploitées. On a pu limiter un petit peu les dégâts en ne prenant pas notre deuxième commande, mais les matériels que l’on a, c’est sur-dimensionné, nos automates ne fonctionnent pas à 100 % et on a des automates en trop », explique Christophe Pierroz.

Au final, pour tenter de revenir en partie dans ses frais, et même s’il s’agit d’un matériel de haute technologie, le groupe Unilians envisage de revendre une partie de ces automates à l’étranger.

Le saviez-vous ?

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https://fr.theepochtimes.com/700-000e-de-pertes-tests-covid-19-bientot-perimes-1441727.html

Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

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Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

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le 21 Février 2020

Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

Afin de fluidifier le trafic automobile, le candidat LREM dissident à la Mairie de Paris, Cédric Villani, assure que « la modélisation mathématique sera précieuse. Ce sera l’une de mes priorités. Je m’impliquerai même personnellement ». Cette promesse d’entrée en campagne a été répétée depuis plusieurs mois avec pour idée de séduire des Parisiens qui vivent de plus en plus mal une mobilité pourtant appelée à être « plus douce » et donc moins stressante. Les solutions technologiques existent déjà à l’image de MUSE, un logiciel développé par Citégestion, filiale de Citelum, implanté dans plusieurs smart cities comme à Dijon et Copenhague. Cet outil de pilotage global et optimisé des infrastructures publiques répond en outre à des défis urbains tels que l’éclairage public, la sécurité ou la transition écologique.

La densification croissante du tissu urbain pose de nombreux défis aux villes, chargées de réguler au mieux les secteurs multiples qu’elles supervisent. Une réaction rapide implique des centres de décision disposant d’un accès immédiat aux informations pour évaluer les situations et réagir en conséquence, une exigence qui suppose une transition numérique. En novembre 2019, Barcelone a accueilli la Smart City World Expo afin de réfléchir aux enjeux de cette transition. Plusieurs opérateurs de services urbains y présentaient leurs outils, parmi lesquels le Français Citelum avec sa data plateforme urbaine MUSE, un hyperviseur urbain déjà implanté dans plusieurs smart cities. Une plateforme déjà référence qui n’a pas laissé indifférent Microsoft. Le géant américain a présenté MUSE sur son stand lors de cet événement à Barcelone. Carmen Munoz, la présidente de Citelum a assuré à cette occasion qu’ « être reconnu comme un partenaire de Microsoft est la preuve, sans doute possible, de la qualité de notre produit ». 

Un dispositif interopérable d’aide à la décision

L’objectif premier de MUSE est de fournir une aide à la décision. La plateforme répartit son action sur trois fonctions destinées à superviser effectivement l’espace urbain : la gestion du patrimoine de la ville, l’optimisation de la maintenance, et l’aide au suivi et à l’exploitation des services. Ceci permet de connaître concomitamment l’ensemble des équipements et des réseaux de la ville, de planifier et maîtriser des interventions diverses, mais aussi de piloter, tracer et évaluer les interventions des services municipaux.

L’ensemble des données liées à ces activités est ensuite centralisé sur une plateforme smart city qui repose sur l’open data – et donc s’actualise / s’optimise ainsi en permanence – et donne aux citoyens l’accès aux chiffres-clés. En dernier lieu, l’expérience utilisateur du logiciel MUSE se déploie sur trois interfaces. MUSE Desktop partage le paramétrage du logiciel « entre Citelum et la ville ». MUSE Web renforce la démocratie participative en permettant aux citoyens de signaler les pannes et d’autres accidents tandis qu’elle sert aux élus pour un suivi notamment des travaux et de la maintenance. MUSE Mobile permet de même de suivre les travaux et de consulter les historiques, mais aussi par exemple d’afficher l’info-trafic en temps réel.

Pour ce faire, MUSE agit en réseau dit « intelligent » : il dispose d’une capacité d’information et d’interopérabilité avec son centre de pilotage, principalement au moyen des objets connectés. Sur ce point, MUSE fit partie, en novembre 2017, « des quatre premiers outils du secteur de l’éclairage public à réussir le processus de validation » du Consortium TALQ et à recevoir sa certification. TALQ se définit comme « le protocole Smart City unissant les appareils extérieurs intelligents » et indique les fournisseurs dont « les composants d’éclairage intelligent et de système de ville intelligente […] sont interopérables ». L’ensemble de ces caractéristiques a permis à MUSE de répondre avec succès à plusieurs enjeux.

Une réponse adaptée aux défis urbains

L’éclairage intelligent demeure la spécialité de Citelum, à laquelle MUSE contribue largement. À Albuquerque (Etats-Unis), Citelum assure de 2017 à 2032 la rénovation et la maintenance de l’éclairage public. En un an, l’entreprise y a rénové 21 000 points lumineux en LED. En parallèle, l’optimisation de la maintenance et le suivi des interventions de MUSE, combinés à son pilotage des services, ont permis à Albuquerque d’économiser 58% d’énergie sur sa partie rénovée, d’éviter l’émission de plus de 120 000 tonnes de CO2 au cours du projet, et de diviser par plus de trois le taux de panne. Les infrastructures accidentées, qui peuvent par exemple accroître le sentiment d’insécurité lorsqu’un éclairage connecté dysfonctionne, sont ainsi indiquées en temps réel à la plateforme smart city de MUSE.

À Dijon, le projet OnDijon – finaliste du meilleur projet au monde de ville intelligente du Smart City Expo World Congress de 2018 – s’appuie sur MUSE pour implémenter la transition énergétique sans pour autant altérer le confort de vie de ses habitants. Pour ce faire, MUSE est utilisé par le « poste de commandement unique et partagé avec les 23 communes du territoir» dans le but d’« optimiser et mutualiser les équipements urbains (feu de circulation, éclairage public, caméras…) afin de faciliter la gestion de l’espace public ». Ainsi, dans le cadre d’un accident de circulation signalé par un riverain, les infrastructures supervisées par MUSE adaptent le comportement de la ville à son nouveau contexte. MUSE permet aussi de coordonner services d’intervention.

Mais la qualité de réseau intelligent de MUSE répond également à une problématique centrale des villes et des citoyens : l’écologie. L’éclairage connecté à LED, qui remplace l’éclairage public des lampes à décharge, comporte des capteurs de présence et régule donc son fonctionnement. À Copenhague, le pilotage MUSE a de ce fait permis d’obtenir une économie d’énergie 77% sur les zones rénovées. A Sant-Cugat (Espagne), la transmission d’info-trafic en temps réel fournit la possibilité d’adapter depuis le centre de pilotage de MUSE les feux en fonction de la circulation, décongestionnant le trafic et limitant alors les pics de pollution. Cet ensemble de fonctionnalités et son optimisation constante grâce aux feedbacks permettent de ce fait à MUSE de répondre à tout type de problématique inhérente à la complexité des grands espaces urbains. 

Tags : CitelumCitégestionDijonMicrosoftMuserégulation du traficréseaux intelligents

https://www.enderi.fr/Reseaux-intelligents-Citelum-en-pointe-avec-la-technologie-MUSE_a609.html

Huawei : la guerre technologique est déclarée

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis.
PHOTO : © ZUMA Press/ZUMA/REA
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COMMERCE

Huawei : la guerre technologique est déclarée

En privant le le géant chinois des télécoms Huawei d’accès à leur marché, les Etats-Unis franchissent un cap dans leur affrontement commercial avec la Chine. Un épisode qui révèle également combien le secteur des télécoms dépend technologiquement d’un très petit nombre d’acteurs.

Les Etats-Unis ont sorti l’artillerie lourde. En annonçant l’inscription de l’entreprise chinoise Huawei sur la liste des sociétés avec lesquelles il est interdit de commercer, le gouvernement américain a franchi un cap dans la guerre technologique qui l’oppose avec la Chine. Aussitôt cette décision prise, toute une série d’entreprises américaines ont déclaré arrêter de fournir leurs services à Huawei. Ces décisions privent donc la société chinoise de nombreux services sur lesquels reposent ses produits, et en premier lieu ceux fournis par Google avec le système d’exploitation pour mobile Android. Cette décision n’impacte donc pas uniquement la société chinoise, mais aussi l’ensemble des utilisateurs de produits Huawei de par le monde. Et montre à que le secteur des télécommunications est technologiquement dépendant d’un très petit nombre d’acteurs, parmi lesquels Google… Et Huawei elle-même. Décryptage en cinq points.

1/ Pourquoi tant de tensions autour de Huawei ?

Huawei est essentiellement connue du grand public pour ses smartphones, marché dont elle occupe la deuxième place mondiale, derrière Samsung mais devant Apple. Mais l’entreprise est surtout un équipementier de télécoms : elle fournit les opérateurs téléphoniques (Orange, SFR, etc.) en routeurs et antennes relais. C’est même le leader mondial de ce secteur.

Or, dans le développement du réseau mobile cinquième génération, appelé plus communément la 5G, Huawei est également très bien positionnée. Les standards de cette technologie, qui doit être déployée dans les prochaines années, ne sont pas encore parfaitement définis, mais celle-ci constitue bien plus qu’une amélioration des standards antérieurs. En s’appuyant sur des bandes de fréquences bien plus élevées, elle pourra transmettre davantage de données et plus rapidement. Ses promoteurs avancent un débit multiplié par dix et un délai de transmission réduit d’autant. Sur cette technologie devrait se développer tout un tas d’usages nouveaux : la réalité virtuelle, les voitures autonomes, les objets connectés et, peut-être, l’industrie du futur.

Evidemment, l’acteur qui fournira le matériel sur lequel reposera la 5G aura un rôle stratégique majeur. Ce d’autant qu’on suspecte les équipementiers qui vont produire en série les antennes relais d’y ajouter des « portes dérobées » (backdoors). Celles-ci permettent de récupérer des informations et des données qui transitent par ces équipements.

Ce risque de cyberespionnage n’est cependant pas le seul qui explique les tensions. Un équipementier occupant une position dominante sur un réseau a aussi une capacité d’intervention sur ce dernier pour éventuellement l’interrompre à un moment donné et nuire à sa stabilité. C’est bien pour cela, alors que les opérateurs sont en train de faire leur choix entre les différents équipementiers pour leur futur réseau 5G, que ce sujet s’invite au cœur des tensions internationales et géopolitiques.

Reste qu’étant donné l’avance qu’avait prise Huawei, se passer d’elle pourrait ralentir le déploiement de la 5G de deux ans et coûter très cher, a estimé l’opérateur Deutsch Telekom.

2/ Que craignent les Etats-Unis ?

Washington accuse Huawei de cyberespionnage et de collaboration avec les autorités chinoises. S’ils n’ont pas de réelles preuves, les Etat-Unis s’appuient sur différentes enquêtes internationales suspectant l’entreprise d’espionnage. Surtout, ils mettent en avant la législation chinoise, qui oblige les entreprises nationales à collaborer avec les autorités.

La loi sur la cybersécurité de 2017 stipule en effet que « les entreprises de réseau doivent fournir un support et une assistance aux autorités publiques, c’est-à-dire à la police », explique Séverine Arsène, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po. « La loi chinoise sur le terrorisme indique également que les activités de télécoms doivent contribuer à la collecte d’informations », ajoute cette sinologue. Les autorités ont en outre un accès privilégié aux données stockées sur le territoire chinois, ce qui est évidemment le cas d’une grande partie de celles gérées par Huawei.

Plus globalement, c’est bien l’absence de réel Etat de droit chinois qui pose problème. « La Chine est un Etat qui définit de manière large les termes dans ses dispositions réglementaires, si bien qu’il est difficile de statuer sur les accusations d’espionnage, précise Séverine Arsène, mais la formulation de la loi laisse supposer que la police peut avoir accès à certaines données. »

La stratégie américaine est cependant à mettre en perspective avec le fait que, dans le secteur stratégique de la 5G, elle a laissé un acteur étranger prendre les devants. « La guerre commerciale et technologique que livrent les Etats-Unis peut aussi être vue comme une volonté de ralentir Huawei pour tenter de rattraper leur retard », expliquait en janvier Michel Nakhla, professeur d’économie et de gestion à l’école Mines ParisTech.

3/ Comment réagit l’Europe ?

Les Etats-Unis ont fortement incité leurs alliés à l’imiter et à bannir l’entreprise chinoise de leurs marchés. Les réactions européennes ont cependant été très variées. La France s’est dotée le mois dernier d’une loi, ne visant pas spécifiquement Huawei, mais permettant d’exclure n’importe quel équipementier sur décision des services du gouvernement. L’entreprise est pour l’instant autorisée à répondre aux appels d’offres des opérateurs allemands.

Selon des fuites dans la presse, le Royaume-Uni s’apprêterait, lui, à autoriser Huawei, tant qu’il ne fournit pas d’équipement pour le centre du réseau, comme les grandes villes où circulent des grandes quantités de données sensibles. Cette décision, qui n’a pas encore été officialisée, surprend de la part de l’allié historique des Américains. Plusieurs ministres britanniques ont d’ailleurs fait part de leurs réserves quant à l’autorisation du géant des télécoms chinois.

Le Royaume-Uni est cependant dans une position délicate, car le pays est engagé avec le géant chinois depuis longtemps. Le groupe y est présent depuis 2001 et emploie aujourd’hui plus de 1 500 personnes. Il a même promis un investissement de plus de 3 milliards de livres l’année dernière. Plus globalement, l’île est la première destination des investissements chinois en Europe. Et vu les difficultés commerciales qui s’annoncent avec le Brexit, il serait particulièrement inopportun pour les sujets de sa Majesté de se fâcher avec un tel partenaire…

Huawei, de son côté, multiplie naturellement les efforts pour amadouer les Européens. Il a ouvert ces dernières semaines son deuxième centre de cybersécurité à Bruxelles, en plus de celui de Londres.

4/ Quel impact pour Huawei ?

Washington a placé la firme chinoise sur sa liste d’entreprises à risque, rendant obligatoire l’autorisation des autorités pour commercer avec lui. Mais les charges retenues contre Huawei sont telles qu’il s’agit bien, en réalité, d’un bannissement commercial. L’entreprise dispose cependant d’un délai de quatre-vingt-dix jours pour arrêter progressivement toutes ses activités avec les acteurs américains. Le gouvernement américain pourrait également profiter de ce sursis de trois mois pour changer éventuellement d’avis, s’il juge les conséquences trop importantes dans sa guerre commerciale avec la Chine.

En attendant, voilà Huawei privé des logiciels de Microsoft et, donc, de Google. Au-delà du système d’exploitation Android, ce sont aussi des applications aussi répandues que Gmail (messagerie), YouTube (vidéo), GoogleSearch (moteur de recherche), Maps (cartographie) ou Google Play Store auxquelles le géant chinois n’aura plus accès.

Un véritable handicap pour le marché international, car il est évidemment très difficile de vendre des smartphones sans certaines de ces applications. Même la Commission européenne estime que le magasin d’application Google Play Store est une « application indispensable » au vu de sa position dominante. Pour les consommateurs ayant déjà un smartphone Huawei, les logiciels ne seront pas supprimés, mais toutes les mises à jour ne seront pas accessibles. L’accès aux dernières versions des applications risque donc d’être difficile.

Pour le marché chinois, cela n’aura pas de trop lourdes conséquences, car des acteurs nationaux ont développé certains services similaires. En résumé, les Chinois ont leur propre Google, auquel manque toutefois la pièce centrale : le système d’exploitation. Android étant développé en « open source », il pourrait être copié pour proposer un service similaire. Mais le service de Google n’est transparent qu’en son centre, et pas sur l’ensemble des services et de son univers nécessaire au développement d’un système d’exploitation, que ce soit le magasin d’application ou les API (interface de programmation d’applications).

La dépendance chinoise ne concerne pas uniquement la partie logicielle (« software ») mais aussi la partie équipement avec la fourniture (« hardware ») de produits indispensables comme les semi-conducteurs qu’assuraient les Américains Intel, Broadcom et Qualcomm. « Malgré ses efforts, la Chine n’a pas encore de constructeurs de puces et de semi-conducteurs chinois sous droit intellectuel chinois », résume Séverine Arsène.

5/ Un marché sous dépendance ?

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis. Car s’il voit des fournisseurs stratégiques se désolidariser de lui, ces derniers perdent également un client important. Ces acteurs, en petit nombre, sont cependant quasi exclusivement localisés dans deux pays et juridictions : les Etats-Unis et la Chine. Si bien que le reste du monde est globalement dépendant d’acteurs eux-mêmes interdépendants, appartenant aux deux premières puissances commerciales mondiales, dont les relations ne cessent de se tendre !

Malgré un impact réel des décisions américaines, la Chine peut se passer des géants numériques américains, puisqu’elle a des équivalents nationaux. Mais si une telle décision venait à toucher l’Europe, le résultat serait tout autre. Ceci laisse donc imaginer les conséquences dans nos sociétés d’une privation de services aussi stratégique que Google, Microsoft, Amazon, Intel, etc.

Comme le rappelle Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national du numérique : la domination américaine sur l’Europe « se fait à tous les niveaux de la puissance numérique : les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, le commerce en ligne, les infrastructures technologiques, l’intelligence artificielle (IA)… ». Voilà un beau sujet de réflexion pour le Parlement européen qui sera élu ce dimanche…

 

L’escalade continue entre la Chine et les Etats-Unis

Donald Trump, président américain, lors des négociations avec le vice-premier ministre chinois (de dos) sur un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, le 22 février 2019.
PHOTO : ©Martin H. Simon/REDUX-REA
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MONDIALISATION

L’escalade continue entre la Chine et les Etats-Unis

JACQUES ADDA

Alors que les négociations commerciales se poursuivent entre la Chine et les Etats-Unis, Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Depuis ce vendredi 10 mai, les droits de douane sur des produits chinois à destination des Etats-Unis représentant quelque 200 milliards de dollars sont augmentés de 10% à 25%. L’empire du milieu a immédiatement annoncé des représailles. Le temps d’une mondialisation vecteur supposé de prospérité globale et de pacification des relations internationales est révolu. La guerre froide économique est déclarée entre les Etats-Unis et la Chine.

Chinamérica : on se souvient peut-être du nom proposé dans les années 2000 par Niall Ferguson et Moritz Schularick, respectivement historien et économiste, pour décrire la relation symbiotique qui s’était créée entre les économies américaine et chinoise à la suite de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001. Tandis que les produits chinois déferlaient sur le marché américain, les firmes américaines intégraient la Chine dans leurs chaînes globales de production, profitant des bas salaires chinois et gagnant par la même occasion l’accès à un marché au potentiel phénoménal.

La Chine, de son côté, s’appuyait sur la technologie américaine pour se moderniser et recyclait ses excédents commerciaux vers les Etats-Unis en achetant des titres de la dette publique américaine, ce qui lui permettait de bloquer l’appréciation de son taux de change et de rester ultracompétitive. L’afflux de capitaux chinois faisait à son tour pression sur les taux d’intérêt à long terme * aux Etats-Unis, stimulant l’endettement des ménages et des entreprises américains. La croissance économique pouvait ainsi se poursuivre outre-Atlantique, malgré un déficit extérieur croissant, qui était l’image inversée de l’excédent des échanges courants chinois.

Vers un rééquilibrage des échanges

Ce modèle, qui évoque l’âge d’or de la mondialisation, se décompose aujourd’hui sous nos yeux. L’escalade tarifaire initiée par l’administration Trump en janvier 2018 n’est pas seulement la réaction tardive d’un pays excédé par le déficit croissant de ses échanges bilatéraux. De l’ordre de 2 % du produit intérieur brut (PIB) américain, le déficit des échanges avec la Chine équivaut à la moitié du déficit commercial total des Etats-Unis et à 80 % de leur déficit courant. Mais ce dernier s’est contracté de moitié par rapport aux années 2000 et ne dépasse pas 2,5 % du PIB depuis 2013.

De son côté, la Chine a vu son surplus courant  fondre de 10 % du PIB en 2007 à pratiquement zéro en 2018. Si elle reste excédentaire dans ses échanges commerciaux (3 % du PIB), la Chine est en déficit pour un montant équivalent dans ses échanges de services, en raison notamment de l’essor du tourisme chinois à l’étranger. L’argumentaire traditionnel sur le néomercantilisme * chinois et la sous-évaluation du yuan est donc largement caduc.

Même si l’accord en cours de négociation entre les Etats-Unis et la Chine crée les conditions d’un rééquilibrage des échanges à horizon 2024, grâce notamment à l’engagement de Pékin de s’approvisionner massivement en produits américains dans les domaines agricole et énergétique, il ne porte pas principalement sur les questions commerciales. Ce sur quoi butent les négociateurs, c’est l’exigence américaine d’une stricte application par la Chine des règles de l’OMC concernant le respect de la propriété intellectuelle, l’arrêt des transferts de technologie forcés auxquels sont exposées les firmes américaines opérant en Chine, l’élimination des restrictions aux investissements étrangers dans les domaines contrôlés par les entreprises publiques de ce pays ainsi que des subventions en tous genres dont bénéficient les producteurs chinois, à quoi s’ajoute bien sûr la mise en place d’un mécanisme de contrôle de l’effectivité des engagements de Pékin. Autant de points qui touchent à la nature même du modèle de développement chinois, mais qui font l’objet aux Etats-Unis d’un soutien politique qui transcende les clivages partisans.

Menace stratégique

L’existence d’un tel soutien témoigne de l’acuité de la menace stratégique perçue par la classe politique et les élites économiques américaines. Si le caractère agressif de la démarche américaine évoque l’attitude adoptée face au Japon dans les années 1980, le défi stratégique posé par la montée en puissance de la Chine est d’une tout autre nature et envergure. Il faudrait sans doute revenir à la mise en orbite autour de la Terre de la première fusée Spoutnik par l’Union soviétique en 1957 pour retrouver la trace d’un sentiment aussi aigu de remise en cause de la domination technologique américaine.

Quant à la percée technologique du Japon dans les années 1980 et aux excédents courants qui l’accompagnaient, ils concernaient un pays deux fois moins peuplé (à l’époque) que les Etats-Unis et placé sous leur parapluie atomique. La Chine communiste, elle, est quatre fois plus peuplée que les Etats-Unis, et bien que le niveau de vie moyen de sa population demeure très inférieur à celui des économies avancées, sa masse économique mesurée aux taux de change de parités des pouvoirs d’achat * dépasse déjà celle des Etats-Unis. Si son rythme de croissance tend à se normaliser, il reste deux fois plus rapide au moins que celui des Etats-Unis, qui décline lui aussi sur le long terme.

Surtout, la Chine a beau s’être ouverte à l’économie de marché, elle demeure dirigée par un parti dont l’emprise sur la société a franchi un nouveau palier avec le fichage numérique de la population. L’optimisme relatif qui régnait à Washington dans les années 2000 sur le caractère inéluctable d’une ouverture politique parallèle à l’ouverture économique a reçu un démenti cinglant dans les années 2010 avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping et la consolidation de sa mainmise sur les instances dirigeantes du parti.

La Chine de Xi n’est pas seulement plus autocratique, comme en témoigne l’abolition de la limite constitutionnelle à sa réélection future, au-delà du deuxième terme présidentiel entamé en 2018, elle est aussi plus dirigiste. L’idée que le marché doit jouer un rôle plus décisif dans l’allocation des ressources, qui constituait l’axe des réformes menées depuis 1978, a été abandonnée par Xi, qui ne cesse de souligner le rôle des entreprises publiques dans la substitution de productions locales aux importations. Dans le domaine financier, la part de ces entreprises dans les crédits accordés par le secteur bancaire (qui est sous contrôle de l’Etat) est d’ailleurs passée de 30 % en 2012 à 80 % en 2016. A l’inverse, sevré de crédit, le secteur privé voit sa production stagner, tandis que les décisions de ses entreprises font l’objet d’un contrôle de plus en plus serré par les cadres du parti.

Rivalité technologique

Symbole des ambitions chinoises, le plan « Made in China 2025 » vise à mettre la puissance financière de l’Etat au service de la domination dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique, les télécommunications et les technologies de l’information. Des aspirations qui seraient parfaitement légitimes si elles n’émanaient pas d’un Etat dont l’objectif officiel, réaffirmé dans un discours de Xi reproduit récemment dans la presse officielle, demeure le triomphe du socialisme (à la chinoise) sur le capitalisme à l’échelle mondiale.

Et si elles ne s’appuyaient pas sur ce qui est qualifié par les Etats-Unis de pillage systématique des technologies étrangères. Qu’il s’agisse du piratage et de l’espionnage industriels, de l’obligation faite aux entreprises étrangères d’opérer en joint-venture avec des entreprises chinoises, ou des cessions de technologies imposées pour accéder aux marchés publics, les transferts de technologie forcés sont devenus un sujet d’autant plus préoccupant qu’ils portent désormais sur des technologies sensibles du point de vue de la sécurité nationale des pays concernés et de la suprématie technologique au niveau planétaire.

Le renouveau du nationalisme économique américain s’inscrit ainsi dans un contexte d’exacerbation de la rivalité hégémonique entre les deux superpuissances et de recentrage de la Chine sur elle-même. Passée de 11 % en 1990 à 28 % en 2006, la part des importations de biens et services dans le PIB chinois est revenue à 18 % en 2017.

La Chine se recentre sur elle-mêmeRatio des importations de biens et de services par rapport au PIB, en %
LA CHINE SE RECENTRE SUR ELLE-MÊME

Pour les quelque 500 000 firmes étrangères opérant en Chine, la parenthèse historique de l’Eldorado chinois semble doucement se refermer. Et avec elle, c’est une conception de la mondialisation comme vecteur de prospérité globale et de pacification des relations internationales qui s’efface progressivement derrière la réalité crue d’une nouvelle guerre froide, économique cette fois, aux enjeux démultipliés par les potentialités de domination globale ouvertes par les technologies de l’information et de l’intelligence artificielle, sans parler de leurs applications militaires.

Cet article publié le 1er mai a été réactualisé le 10 mai 2019.

 

* 
Taux d’intérêt à long terme : rendement des titres obligataires émis par l’Etat sur des échéances supérieures à deux ans. Une forte demande de titres favorise la hausse de leurs cours, ce qui réduit leur rendement.

** 
Solde de la balance courante : solde des échanges de biens et services auquel s’ajoute le solde des revenus des capitaux (intérêts, dividendes) placés par des résidents à l’étranger et par des non-résidents dans le pays considéré, ainsi que les transferts sans contrepartie (aide au développement, transferts d’argent des travailleurs immigrés, etc.).

*** 
Néomercantilisme : doctrine économique qui conçoit le commerce international comme un jeu à somme nulle et associe la prospérité d’un pays à sa capacité à maximiser le solde de ses échanges courants.

**** 
Taux de change de parités des pouvoirs d’achat : taux de change théoriques, calculés de façon à égaliser le prix d’un panier de biens d’une monnaie à l’autre. Ces taux peuvent différer de façon significative des taux de change observés sur les marchés.

https://www.alternatives-economiques.fr/lescalade-continue-entre-chine-etats-unis/00089248

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

School Bus Diesel Gas Cap By: Bill Smith – CC BY 2.0

Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le Diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle

Par Michel Negynas.

Il serait responsable de 40 000, voire 60 000 morts par an en France, surtout dans les grandes villes.

Tous les professionnels de santé, les environnementalistes et les épidémiologistes sérieux savent que ces chiffres sont pour le moins douteux : les études à la base du calcul sont problématiques, les chiffres sont obtenus par règle de trois sans que l’on sache si c’est scientifiquement fondé, il n’y a pas que le diesel qui pollue en particules fines, le chauffage aussi ; enfin, l’air des grandes villes n’a jamais été aussi pur.

De plus, les moteurs diesel récents, en particulier équipés d’injection d’urée, ne polluent pas plusque les nouveaux moteurs à essence hyper-dopés pour diminuer les émissions de CO2. En fait, l’administration française et européenne combattent non pas les constructeurs automobiles, mais le principe de Carnot : pour diminuer la consommation, il faut augmenter la température de fonctionnement des moteurs, ce qui produit physiquement davantage de particules et d’oxyde d’azote. Les objectifs sont a priori incompatibles. C’est d’ailleurs en forçant les constructeurs à progresser trop vite compte tenu des contraintes technico-économiques que l’on a abouti au dieselgate.

Pour l’instant, seuls les vieux diesel sont déjà touchés réglementairement, mais les annonces d’interdiction totale éventuelles à 2024 ou 2025 font des ravages.

LA RÉACTION DU MONDE RÉEL

Les ventes de véhicules neufs s’effondrent : de 60 % des ventes, elles sont passées à 30 %. Les prix sur l’occasion chutent, évidemment : les « vieilles » voitures de plus de 6 ans sont quasiment invendables, et tout laisse à penser que cela va s’accélérer. Le prix moyen a baissé instantanément de 15 %, au dire des vendeurs, et cela va s’accentuer rapidement si l’avenir reste flou.

Essayons-nous à un petit calcul, à base d’hypothèses plausibles :

Le parc de véhicules français est de 50 millions ; 60 % sont du diesel ; l’âge moyen toutes catégories confondues est de 9 ans, probablement moins pour le diesel qui s’était développé durant les dernières années sous l’effet de l’amélioration considérable des moteurs…

Hypothèse de prix de vente, avant l’hystérie antidiesel, pour une occasion diesel : quasi neuve 20 000 euros, âgée 3 000 euros, moyenne 11 000 euros.

Ce qui fait une estimation de la valeur totale du parc de 330 milliards d’euros (avant annonces et réglementation).

Depuis l’attaque sur le diesel :

Estimation à terme de la dépréciation sur la base des ventes déjà constatées : 100 % pour les voitures anciennes, 30 % pour les neuves de haut de gamme, 40 % en moyenne, à terme.

Ce qui fait une perte instantanée de valeur pour la France de 130 milliards sans compter les stocks de voitures neuves, de moteurs et de pièces déjà fabriquées, car les constructeurs automobiles ont été complètement pris de court par les annonces.

Cette perte se reportera sur les particuliers, mais aussi sur certaines sociétés ayant un parc important : transport, loueurs… C’est une véritable perte de richesse pour les Français, même si elle est peu visible. Comme toujours, ce sont les classes les moins aisées qui perdent proportionnellement le plus : leur voiture est souvent leur seul patrimoine.

Évidemment ce n’est pas tout : il faut reconvertir des usines, et la France étant un champion du diesel fournissant toute l’Europe, les transferts ne se feront pas sans pertes d’emplois français. Certains estiment que 15 000 emplois sont menacés, avec les coûts de dédommagement nécessaires et les pertes pour les entreprises concernées, mais aussi pour l’État en rentrées fiscales.

TOUT ÇA POUR RIEN ?

Le parc moyen étant de 9 ans, on peut considérer qu’après mise en action des dernières normes alignant les mêmes contraintes sur le diesel et l’essence, le parc moyen serait aux normes actuelles en 2028. Le « problème », si problème il y a, n’existerait quasiment plus.

Ce qui va se passer effectivement reste flou. Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle : perte sur la balance commerciale, pertes d’emploi, en un an perte de valeur d’actifs français de plus de 100 milliards…

En réalité, c’est la plus grande opération d’obsolescence programmée de tous les temps.

https://www.contrepoints.org/2019/04/05/340864-la-guerre-contre-le-diesel-fait-perdre-130-milliards-a-la-france

Trop gros pour échouer: avec des millions investis, le F-35 est là pour rester

LES OPENSECRETS

Trop gros pour échouer: avec des millions investis, le F-35 est là pour rester

F-35

En 1997, Lockheed Martin a été sélectionné pour concourir à la conception et à la construction de ce qui allait devenir le F-35 Lightning II. Au fil du temps, ce programme d’avions de combat est devenu l’un des plus coûteux de l’histoire des États-Unis et a dû faire face à de nombreux défis techniques et fonctionnels graves. L’avion a finalement été jugé prêt au combat en 2018, malgré les inquiétudes persistantes quant à sa capacité à voler et à se battre.

Malgré toute la controverse entourant l’avion, les membres bipartisans du Congrès cette semaine ont demandé à leurs collègues d’ajuster la demande de budget du président Trump pour 2020 afin d’inclure davantage de F-35. Lockheed ayant investi des millions de dollars dans les candidats au Congrès et créé des emplois dans presque tous les États américains, le soutien politique du projet reste fort.  

Les membres de la Chambre qui ont écrit la lettre pour demander davantage de F-35 font partie du Caucus des avions de combat interarmées. Le groupe, dirigé par les représentants John Larson (D-Conn.), Martha Roby (R-Ala.), Marc Veasey (D-Texas) et Mike Turner (R-Ohio), a été formé en 2011 par la représentante Kay Granger. (R-Texas) et ancien représentant Norm Dicks (D-Wa.). Les cinq membres actuels du caucus mentionnés ci-dessus ont reçu de Lockheed Martin le maximum de contributions au PAC pour le cycle 2018. Dans un communiqué de presse annonçant la formation du caucus, Granger et Dicks ont qualifié le programme d’avions de combat de «nécessité absolue», citant le nombre d’emplois qu’il soutiendrait.

Initialement, les avions devaient coûter 38 millions de dollars chacun. Toutefois, même si leur rendement est considérablement inférieur à celui de chaque avion , le gouvernement des États-Unis coûte en moyenne 158,4 millions de dollars. Lockheed Martin est le maître d’œuvre, tandis queNorthrop Grumman et BAE Systems ont fourni des pièces.

Un récent rapport du Projet sur la surveillance du gouvernement (POGO) a exposé la litanie de problèmes auxquels l’avion est confronté. Certains problèmes incluent des systèmes informatiques de combat défectueux, des cyber-vulnérabilités qui pourraient permettre aux pirates d’accéder au réseau des avions, des problèmes de précision des armes à feu des avions et une tendance à développer des fissures nécessitant de nombreuses réparations.

Dan Grazier, ancien capitaine de corps des Marines et membre militaire de POGO et auteur du rapport, a déclaré que même avec tous les problèmes du programme, il continuera.

« Le complexe militaro-industriel du Congrès a perfectionné ses méthodes pour garantir la pérennité de tels programmes malgré des performances décevantes dans presque toutes les mesures militaires objectives », a-t-il déclaré.

La raison pour laquelle le programme bénéficie d’un tel soutien politique est probablement due en partie à sa large portée économique. Lockheed Martin a déclaré que le F-35 créait, directement et indirectement, 194 000 emplois dans 46 États et à Porto Rico.   

Depuis le cycle de 1990, les employés de Lockheed et le groupe PAC de la société ont apporté une contribution combinée de près de 39,7 millions de dollars. Le cycle de 2018 a vu la contribution la plus importante des filiales à moyen terme, avec près de 4,7 millions de dollars.  

Granger était le principal destinataire de l’argent du PAC de Lockheed et de ses employés en 2018 avec 131 940 $, soit plus du double du prochain bénéficiaire le plus proche. Granger, la première membre du comité des crédits de la Chambre, a reçu 549 990 dollars, principalement des employés de Lockheed, au cours de sa carrière, ce qui en fait son principal donateur.

Granger est membre du Comité des crédits depuis 1999 et a été, à différents moments, vice-président et président du Sous-comité de la défense des crédits de la Chambre. L’une des usines de montage de F-35 est située dans le district de Granger et elle a été décrite comme une «championne» du programme.  

La sénatrice Lindsey Graham (RS.C.), première bénéficiaire des contributions de Lockheed Martin au Sénat , est membre de trois comités susceptibles d’intéresser l’organisation: crédits, budget et relations extérieures. Graham a reçu 58 700 $ d’eux au cours du cycle 2018 et a reçu 109 625 $ des employés et du PAC tout au long de sa carrière.

Selon le site Web de la société , le projet F-35 est lié à 530 emplois en Caroline du Sud et a un impact économique de 34,3 millions de dollars dans l’État.

Lockheed est également un contributeur important des membres de la Chambre à l’origine de la récente lettre demandant des F-35 supplémentaires dans le projet de budget. Turner a reçu 98 000 $, principalement de l’argent de PAC, au cours de sa carrière, faisant de Lockheed son deuxième plus gros contributeur de tous les temps. Au cours de sa carrière, Veasy a reçu 46 950 dollars, principalement du PAC de Lockheed, faisant de la société son troisième plus grand donateur de tous les temps.

Granger et Veasy, l’un des signataires de la lettre demandant davantage de F-35, représentent des districts du Texas, un État dans lequel le programme F-35 de Lockheed a un impact économique considérable. Le programme crée 47 080 emplois directs et indirects au Texas et 4 080 emplois dans l’État d’origine de Turner, dans l’Ohio.

Outre les contributions à la campagne, Lockheed Martin est un puissant groupe de pression. En 2018, il a dépensé 13,2 millions de dollars en lobbying et en 2017, une baisse de près de 14,5 millions de dollars. La société est bien connectée à Capitol Hill. En 2018, elle employait au total 54 membres de la porte tournante , dont 3 anciens membres du Congrès.  

Même avec le ferme soutien politique et les impacts économiques généralisés du programme, Grazier a décrit le programme comme «un albatros au cou des services pendant de nombreuses années».

«Même si les ingénieurs peuvent finalement terminer la conception et la faire fonctionner comme on nous l’avait promis, le programme aura un coût de propriété élevé», a-t-il déclaré. «C’est une volonté, car cela permet à Lockheed Martin de décrocher des contrats de maintien en puissance lucratifs auprès d’un fournisseur unique aussi longtemps que l’aéronef vole.

Il a également exposé une autre conséquence imprévue des luttes du programme: la possibilité que des pilotes quittent le service, car il y aura « une période difficile pour garder l’avion en vol ». Et avec moins d’avions en vol, les pilotes de haut niveau pourraient être frustrés et quitter le service. , A averti Grazier.

Grazier a déclaré qu’une solution possible serait que le Congrès «n’augmente pas la production tant que la conception n’a pas pu être prouvée par des tests opérationnels». Mais ils pourraient également prendre des mesures plus radicales.

«La meilleure chose à faire serait d’arrêter la production jusqu’à ce que tout le processus de développement soit terminé pour inclure les modifications du« Bloc 4 ». Le bureau du programme prévoit d’acheter des centaines de F-35 supplémentaires, tandis que la conception sera modifiée de façon spectaculaire », a-t-il déclaré. « Cela signifie que tous les aéronefs acquis avant la fin des travaux devront passer par un processus de modernisation coûteux pour intégrer toutes les corrections qui restent à découvrir. »

Lockheed Martin n’a pas renvoyé de demande de commentaire.

Karl Evers-Hillstrom a contribué à ce rapport.

N’hésitez pas à distribuer ou à citer ce matériel, mais merci de créditer le Center for Responsive Politics. 
Pour obtenir la permission de réimprimer à des fins commerciales, telles que des manuels, contactez le Centre: info@crp.org

A propos de l’auteur

Raymond a rejoint le CRP en tant que stagiaire rapporteur en janvier 2019. Il a obtenu un BA en sciences politiques de l’Université Duquesne en décembre 2018. Avant de rejoindre le CRP, Raymond était rédacteur en chef et, plus récemment, rédacteur en chef pour Duquene Duke. , Journal étudiant indépendant de Duquesne. Il a grandi à Mechanicsburg, en Pennsylvanie.

https://www.opensecrets.org/news/2019/04/too-big-to-fail-with-millions-invested-the-f-35/

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…0

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Le 25 février dernier, l’excellent Cercle Aristote – espace d’intelligence, de liberté et de rigueur – nous a convié à une soirée qui s’annonçait des plus passionnantes : « Israël, le 6ème GAFAM ? ».

Comme à son habitude, Pierre-Yves Rougeyron introduit la soirée avec toutes les hauteurs et l’humour qui le caractérisent précisant bien qu’il ne s’agira pas de dévier sur les sujets classiquement tendus du conflit israélo-palestinien. Rien de plus raisonnable, dont acte !

Les trois intervenants du soir co-signent un opuscule dont la quatrième de couverture précise : « les auteurs, Eloïse Brasi, Eric Laurençon, Patrick Nouma Anaba sont experts en intelligence économique et titulaire d’un MBA en management Stratégique et Intelligence Economique de l’Ecole de Guerre Economique. Ils occupent de hautes fonctions dans le secteur privé et l’administration qui les amènent à s’interroger, notamment sur les enjeux et les perspectives de demain (NDLR : sic). Cette richesse de parcours leur a permis d’explorer avec un prisme nouveau, le développement de la puissance d’Israël au travers des NBIC. Le préfacier : Dominique Bourra, expert en stratégie et cybersécurité, préside la commission Cybersécurité de commerce France-Israël ».

Un peu plus haut, on peut lire aussi : « Israël est un pays singulier par sa géographie, sa culture et son histoire. La culture israélienne s’est construite au rythme de conflits récurrents et autour de l’émergence d’un Etat démocratique et prospère dans le morceau de désert qu’est la Terre Promise » (NDLR : re-sic). Hosanna au plus haut des cieux…

D’emblée, les jeunes gens annoncent la couleur en plongeant dans l’essentialisme le plus éculé à l’antienne toute aussi rebattue : Israël, seul pays démocratique du Proche-Orient, assiégé par une bande de méchants au couteau entre les dents, pays élu et miraculeux qui arrive à faire pousser des roses dans le désert grâce à son intelligence unique, son abnégation et sa « résilience inouïe ».

TROIS DRÔLES DE MOUSQUETAIRES

Logiquement, on cherche dans la bibliographie de fin, La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou quelques autres solides références épistémologiques, en vain… Bref, honneur aux dames, à son tour Eloïse Bras de nous mettre en garde, mais beaucoup plus laborieusement et sans habiller ses préjugés idéologiques : « son existence physique (d’Israël) est menacée en permanence et doit chercher à gagner les guerres en cas d’attaque ». On l’a compris : l’Etat en question est « menacé » en permanence et ne saurait mener aucune espèce de guerre offensive d’annexion ou d’occupation. Après nous avoir prévenu qu’il s’agissait de faire fi de tout égarement géopolitique pour se concentrer sur les miracles technologiques de l’Etat hébreu, cet a priori ainsi posé referme la question sur des affirmations « fermées » qui feraient hurler, non seulement Karl Popper, mais bien d’autres experts de la région, sans parler des femmes et des enfants des Territoires occupés quotidiennement assassinés par la soldatesque du pays en question.

Mais le meilleur restait à venir avec le jeune Eric Laurençon – deuxième intervenant – nous assénant avec arrogante certitude une autre vérité historique des plus curieuses – reprise quelque part dans le livre par le préfacier de la Chambre de commerce France-Israël : le grand bond en avant technologique israélien a eu lieu (à cause ou plutôt grâce) et je cite « au blocus décrété par la France au début des années 1960 ». Là, les bras nous en tombent… et faut-il conseiller à ce jeune impertinent de lire quelques bons ouvrages d’histoire pouvant rappeler notamment que les plus hauts responsables de notre IVème République ont transféré – dès 1957 – les hautes technologies permettant à Israël de construire la centrale de Dimona pour la mise au point de sa bombe nucléaire… dont il nie toujours officiellement l’existence. Ce n’est qu’à partir de la guerre d’annexion de juin 1967 que le général de Gaulle a effectivement et légitimement instaurer un strict embargo sur les armes à destination de ce pays. Nulle trace dans la « conférence », ni dans le livre des résolutions 242 et suivantes de conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent ces annexions. L’ONU, qui n’est pas encore une Start-up, n’intéresse visiblement pas nos jeunes gens…

Troisième intervenant : Patrick Nouma Anaba, qui se présente d’emblée comme « philosophe ». Bigre ! Emmanuel Kant et Hegel n’ont certainement qu’à bien se tenir. N’ayant visiblement pas lu une ligne de L’Emile, le garçon nous transmet une autre vérité transcendantale : « l’or brut d’Israël, c’est sa concentration d’intelligence » et « son pari sur l’éducation » avec cette merveilleuse alliance de l’armée, des universités et du secteur privé !

Une heure et demi durant nos mousquetaires vont rivaliser d’enthousiasme pour nous décrire le meilleur des mondes israéliens, non seulement devenu l’admirable « start-up nation » dont la France devrait mieux s’inspirer, mais aussi pour nous faire partager avec émotion comment « Israël ouvre une nouvelle ère, celle des cyber-Etats en s’inspirant du modèle de développement supranational des GAFAM1 ». Encore mieux, Israël – selon nos mousquetaires – dont la suprême obsession est de « se rendre utile », de « réparer », sinon d’« améliorer » notre triste monde est, aussi devenu l’un des champions du « transhumanisme », cette idéologie technologique proprement délirante qui veut produire voitures, métros et avions sans chauffeur pour « augmenter » l’humain, pour nous vendre le consommateur et le soldat « augmentés » dans le monde merveilleux où les hommes seront enfin devenus les animaux des robots. En effet, ce sera tellement mieux…

Et cette soupe nous fut servie sans le moindre doute (n’osons pas dire cartésien), ni la moindre mise à distance, en nous promettant tous les délices d’un monde mondialisé, néo-libéral et, enfin libéré de toutes frontières (ne parlons pas non pas des murs, ce n’était vraiment pas le soir !) où enfin, les hommes et les femmes – hors sol – pourraient enfin se dépasser pour être… meilleurs. S’il faut obtenir un MBA de l’Ecole de Christian Harbulot (remercié en fin de volume) pour débiter ce genre de fadaises, c’est bien à désespérer de l’éducation actuelle. Effectivement, on se dit qu’une salutaire lecture ou relecture de Rousseau serait bien nécessaire à ces jeunes gens…

UN MANIFESTE A LA GLOIRE DE NETANYAHOU

Après une telle conférence, l’auteur de ces lignes ne pouvait que se mettre courageusement à la lecture de la plaquette des trois mousquetaires. Et là, c’est encore plus grandiose. Passé l’apologie boursouflée du sens inné du peuple d’Israël pour les nouvelles technologies orwelliennes, les start-up, l’armée, le capital-risque, les fonds de pension et toutes les joies du capitalisme new-look, plusieurs messages sublimi-novlangue sont bien à l’ouvrage, citations à l’appui de Benjamin Netanyahou, un type… formidable !

C’est un peu laborieux, mais les têtes de chapitre méritent d’être citées tant elle traduisent à elles seules le traitement apologétique au détriment d’une approche critique minimale conforme aux critères de base des sciences humaines : chap 1) Mesure de la puissance de l’Etat d’Israël au travers du développement du secteur des nouvelles technologies ; chap 2) La performance des start-ups israéliennes : une garantie de puissance pour l’Etat hébreu ?; chap 3) Les facteurs clés de construction de la matrice israélienne ; chap 4) Une culture fortement axée sur l’esprit d’entreprise, la prise de risque et l’innovation : la stratégie du bouclier d’Israël ; chap 5) Une base éducative intégrée et initiée dès la création d’Israël ; chap6) L’immigration un élément central du développement de l’Etat hébreu ; chap7) Tsahal « incubateur » de la Start-up Nation ; chap8) ; chap 9) Du 6ème GAFAM à l’Etat « d’E-sraël » ? Et le préfacier qui nous dit qu’« Israël ne joue pas aux dés », ajoute : « les Israéliens aiment sans limites l’information, le traitement de l’information et l’intelligence au sens anglo-saxon du terme, ils aiment « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

D’autres perles : « en tant qu’éclaireurs et phalange avancée du peuple du Livre, ils savent les limites de l’emprise humaine sur le cours des choses (…) Le sionisme est paradoxal, métal pur et alliage complexe à la fois ». Encore : « on ne voit bien Israël qu’avec le cœur (…) Les learning expeditions de succèdent, on vient à Herzliya en exploration comme Livingstone remontant le Zambèze (…) les Israéliens ont toujours préféré les questions aux réponses et répondent aux questions, avec un sourire désarmant ». Bref, ces drôles de jésuites « ne jurent que par l’unité 8200, devenue la plus importante de l’armée israélienne ». En résumé, et c’est la première ligne du chap 1) : « L’innovation israélienne sert de modèle pour le monde entier ». Que c’est beau !

Mais pourtant, « l’existence d’Israël ne fait pas l’unanimité. 21 Etats n’ont jamais reconnu Israël ou n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ». On se demande pourquoi, mais nos trois mousquetaires ont trouvé et évacué l’explication en trois lignes : « Israël fait régulièrement l’objet d’appel aux boycotts. L’opinion publique est sensible à la cause palestinienne et des appels aux boycotts des produits israéliens sont régulièrement lancés ». Le monde est méchant et nous n’en sauront pas plus !

Quand même, mais en pointillé il est vaguement suggéré qu’Israël constitue la tête de pont des intérêts américains au Proche-Orient : « L’Etat hébreu multiplie les intérêts américains pour son bien-être et sa survie », mais arrive à « transformer progressivement la dépendance en interdépendance ». Ouf, nous voilà rassuré !

Page 48 : « l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclarait lors de la septième conférence annuelle sur la cybersécurité de l’Université de Tel-Aviv : la cybersécurité est un secteur florissant. Il prend de plus en plus d’ampleur, car la cybersécurité n’est jamais une solution permanente, c’est un business sans limite (…) en 2016, nous détenions environ 20% de l’investissement mondial de la sécurité privée ». Il est précisé que ce miracle s’inscrit dans la continuité d’une politique développée depuis les années 1990 par un autre criminel de guerre : Ariel Sharon.

En fait, ce miracle technologique remonte, dès l’origine dans un autre miracle théologicio-politique (page 153) : « l’Etat d’Israël est définitivement proclamé le 14 mai 1948. L’objectif principal du sionisme est alors réalisé. Néanmoins, cette notion reste encore très prégnante puisque, en 2009, Benjamin Netanyahou posait, comme préalable à la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, par la communauté internationale, l’Autorité palestinienne et l’ensemble des Etats arabes. Il a déposé un projet de loi en novembre 2014 qui, dans les Lois fondamentales qui servent de constitution, remplacerait la définition d’Israël, Etat juif et démocratique par celle d’Etat-nation du peuple juif ». Belle justification d’un nouvel apartheid qui instaure deux catégories très inégales de citoyens : les Juifs et les autres, un vrai cyber-progrès en effet !

Mais comme l’explique encore Dominique Bourra : « il suffit de chercher dans le Livre pour comprendre et analyser sur quelles bases reposent les actions menées aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Il s’agit en fait d’un long processus… » Amen, si c’est le Livre qui le dit !

ORANGE COLLABORE

Créée par des anciens du Mossad en 2014 et basée à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, la start-up MORPHISEC ouvre un bureau à Boston en 2016. Page 42 : « en outre, sa croissance a été accélérée et financée notamment par le fonds JVP à Jérusalem, GE Capital, Deutsche Telekom. Depuis le 20 février 2018, ORANGE Digital Ventures a annoncé sa participation au financement de MORPHISEC ». Avec La Maison et Kodem Growth Partners, ORANGE rejoint ainsi les investisseurs historiques de la start-up et prend part à son développement.

Page 43 : « l’investissement de ORANGE Digital Ventures va permettre à MORPHISEC d’accélérer ses réductions de coûts et, en France, d’acquérir un positionnement dans le haut de gamme dans le mobile et l’Internet haut débit (40% du marché français) ». Question : comment MORPHISEC va-t-elle pouvoir suivre l’évolution potentielle de sa valeur, notamment au sein du groupe ORANGE dont il est dit de sa stratégie que « l’Etat français y exerce une forte intervention » ?

Réponse : « l’évolution des tensions avec TF1 à propos de la poursuite de la diffusion des chaînes du groupe TF1 sur les box Orange est un véritable enjeu ; la poursuite des acquisitions dans le secteur de la sécurité, après l’achat du français Lexsi ; le lancement de la banque mobile Orange Bank, avec pour objectifs deux millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire à fin 2018 ».

Chaque année à Tel-Aviv, dans la plus grande discrétion, le groupe ORANGE participe à une semaine de colloque consacré à la cybersécurité et au renseignement numérique, touchant évidemment à des secteurs sensibles de la défense nationale. Au sein du groupe ORANGE, cette politique est animée notamment par un certain Luc Bretones2 et Roseline Kalifa dont le profil Linkedin indique qu’elle consacre principalement sa vie à des partenariats d’ORANGE en Israël.

Interrogé par nos soins sur ses activités en Israël, ORANGE n’a pas jugé utile de nous répondre, nous renvoyant aux bons soins de l’ambassade d’Israël à Paris ! Vive la communication…

Dans leur plaquette, les trois mousquetaires – qui, décidément fâchés avec l’histoire n’en ratent pas une -, citent aussi lord Alfred Balfour comme un héros de l’Ancien Testament. On ne peut que les renvoyer à la lecture du livre définitif de Philippe Simonnot – Le Siècle Balfour – 1917/20173 -, qui démontre (archives à l’appui) comment Balfour fut l’un des principaux architectes et responsable de la catastrophe qui provoqua l’exil de plus de 800 000 Palestiniens en 1948, avant de servir de référence à un demi-siècle de guerres israéliennes contre ses voisins.

La dernière guerre en date – durant l’été 2006 – contre le Liban fut une vraie déculottée. Le Hezbollah détruisit plusieurs centaines de chars Merkava réputés invincibles, des dizaines d’hélicoptères en donnant quelques fessées aux forces spéciales israéliennes chargées d’enlever Hassan Nasrallah dans la région de Baalbek au nord de la plaine de la Bekaa.

Il est vrai que le Mossad et l’Aman (services du renseignement militaire) ne sont plus ce qu’ils étaient, d’autant que les soldats startupers passent plus de temps sur leurs portables à parler aux copains et copines qu’à faire la guerre. Désolant, mais vrai.

Et, à cette glorieuse occasion qui prétendait alors ramener le Pays du Cèdre à l’âge des cavernes, la hiérarchie militaire israélienne découvrit avec stupeur que ses soldats startupers fumaient plus de pétards que les junkies de Brooklyn…

ESSENTIALISME D’UN MODELE « CYBERLIBERTARIEN »

Au terme de notre édifiante lecture symptômale, on se demande encore comment ce florilège de propagande et de contresens historiques a pu être édité. Page 121 : « dans ‘guerres et contre-guerres’ de Alvin et Heidi Toffler, ces derniers dévoilent que les Etats-Unis d’Amérique ont planifié un renouveau stratégique sur la base des progrès techniques induits par les nouvelles technologies du savoir, mais aussi par l’exemple de Tsahal (NDLR : l’armée israélienne) pendant la guerre du Kippour ». Ca, c’est quand même la meilleure ! En octobre 1973, les forces égyptiennes et syriennes percent les lignes israéliennes dans le Sinaï et sur le plateau du Golan. Sans l’organisation – en catastrophe – d’un pont aérien par les Etats-Unis, la transmission de renseignements militaires stratégiques américains et la trahison de Sadate, la vaillante « armée israélienne de défense » était cuite et recuite. Comme souvent, Washington sauva donc la mise à Tel-Aviv par de nouvelles livraison d’armes, instaurant un versement annuel d’aide civilo-militaire de plus de 3 milliards de dollars.

Mais aux yeux de nos trois zélateurs, ces précisions ne sont sûrement que des détails de l’Histoire parce que la seule grande leçon à retenir est bien que : « la mondialisation fait partie intégrante de l’histoire de ce jeune pays. Israël a toujours eu une vision globale et l’économie et des échanges… »

Mais conclusion finale de nos trois starto-penseurs est des plus paradoxales. D’un côté, ils nous disent que « l’objectif du sionisme est de donner ou de rendre (NDLR : sic) aux Juifs un territoire perdu (NDLR : re-sic) depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien » et de l’autre ils s’émerveillent de « l’a-territorialité » hors-sol de l’Etat israélien plus mondialisé que tout autre. Faudrait savoir !

En s’appuyant sur le « Tikkoum Olam », la « philosophie porteuse de la singularité technologique », les trois rigolos finissent par nous vendre un modèle « cyber-libertarien » selon, – je cite – « une philosophie politique pour laquelle une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » ! Fort de cette idéologie en bois et en suivant le « Tikkoum Olam », il s’agit en définitive de réparer, sinon d’augmenter l’humain !

Avec Israël, nation pionnière du transhumanisme, à terme, on va « réparer nos organes, à des échelles de plus en plus petites, modéliser et changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entier et mettre des implants électroniques ». Bref, qu’est-ce qu’on va se marrer…

Conclusion, et comme tout le reste c’est écrit à la charrue : « ainsi Israël ne peut se contenter d’être un Etat souverain, il doit aussi se déployer en peuple nation, au travers, notamment de communautés imaginées ». Bien-sûr, le message s’adresse aussi aux femmes et aux enfants des Territoires palestiniens occupés. Inch’Allah…

QUE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE SE RESSAISISSE !

En définitive, une telle « conférence » des trois mousquetaires (qui a dû faire se retourner Aristote dans sa tombe) et la lecture de leur opuscule ne peut qu’amener sur une sage mise en garde : lorsqu’on parle de la Terre promise, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… Toujours est-il que les courageuses VA-Editions auraient du mieux relire le manuscrit avant de le mettre en fabrication. Personnellement, on pense avec tristesse aux écureuils expulsés des arbres abattus pour faire la pâte à un tel papier…

Rien d’étonnant à ce que la dernière livraison de la revue Challenges4 fasse sa couverture avec la photo d’un ahuri barbu arborant un sourire niais, casquette de baseball vissée sur la tête, barrée du titre : « Israël, le modèle mondial de la tech – Les Français qui ont réussi ». En revanche, il est assez piquant de voir la même entreprise de propagande relayée par d’anciens extrémistes armés repentis. Peut-être est-ce une partie du prix à payer pour s’acheter leur nouvelle vertu ? Les connaisseurs apprécieront…

Mais qu’une Ecole de guerre économique – qui prétend former les jeunes cadres de l’intelligence économique française – s’adonne ainsi à la banalisation subjuguée d’un régime d’apartheid sous couleurs de nouvelles technologies, constitue une imposture parfaitement lamentable… Ressaisissez-vous les amis, vous en avez les capacités !

Malgré tout, bonne semaine et bonne lecture.

A la semaine prochaine.

Richard Labévière

25 mars 2019

Proche et Moyen-Orient.ch

http://prochetmoyen-orient.ch/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Notes

1 GAFAM est l’acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

2 Luc Bretones travaille pour le groupe Orange depuis 1997. En juillet 2013, il prend la direction du Technocentre du groupe, puis en octobre 2013 d’Orange Vallée. Il est administrateur des sociétés SoftAtHome et La cité de l’objet connecté d’Angers. Il est également président de l’association de bénévoles Orange solidarité. Spécialisé dans le business des nouvelles technologies, Luc Bretones est administrateur de divers think tanks, comme l’institut G9+ ou encore Renaissance numérique.

3 Philippe Simonnot : Le Siècle Balfour – 1917/2017. Editions Pierre-Guillaume de Roux, mars 2018.

4 Challenges – numéro 600, du 7 au 13 mars 2019.

 

http://www.afrique-asie.fr/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

 

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

La notion d’image de marque, spécifique aux domaines de la communication et du marketing, s’impose depuis quelques années dans les relations internationales. C’est ce que l’on appelle le nation branding : un pays est une marque. Outre l’aspect économique, le nation branding est révélateur de bouleversements dans les relations internationales, dans un contexte de mondialisation.

La guerre du Vietnam fut l’une des plus médiatisées

Avec l’avènement de la télévision, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, puis des réseaux sociaux, l’information circule plus librement. Les politiques intérieures et extérieures sont plus médiatisées par des canaux non-officiels ou informels, entrainant des réactions : manifestations contre la guerre du Vietnam, devoir d’ingérence dans la crise du Biafra… Un Etat doit donc désormais tenir compte de nouvelles partie prenantes : les autres Etats bien sûr, mais aussi leurs opinions publiques, les média, les marchés financiers…

La notion de nation branding est théorisée par le consultant Simon Anholt, spécialiste du domaine. L’exemple par excellence est celui des Etats-Unis, où l’image de marque est la plus travaillée. Toutefois, on voit de plus en plus d’Etats faire leur propre promotion, notamment les pays émergents. Il peut s’agir d’une promotion touristique générale, pour favoriser les investissements, ou simplement pour une meilleure image. Des pays comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis ont régulièrement recours à des agences de communication pour redorer leur image1. L’un des exemples les plus visibles et récents de cette stratégie est le site Kawa News, qui présente l’Arabie Saoudite comme destination culturelle et touristique, sans parler de politique, donnant une image jeune et cool d’une monarchie conservatrice.

Si l’Arabie Saoudite ou le Qatar maintiennent de très bonnes relations avec la France, ces pays sont largement décriés par la société française. L’affaire Khashoggi est à ce titre intéressante : elle ne représente aucun intérêt stratégique pour des pays comme les Etats-Unis ou la France. Pourtant, les révélations faites par les média occidentaux ont fait réagir les opinions publiques. Les réactions sont allées jusqu’à remettre en cause l’intervention saoudienne au Yémen, et la vente d’armes à Riyad. Pourtant, l’intervention saoudienne a commencé dès 2015, simultanément avec les crimes de guerre. Il aura fallu attendre l’affaire Khashoggi pour que les opinions publiques remettent en cause la politique intérieure et extérieure du Royaume saoudien, obligeant les gouvernements de pays occidentaux à réviser, au moins en surface, leurs relations avec Riyad.

1 https://www.challenges.fr/media/ces-communicants-que-l-arabie-saoudite-paie-a-prix-d-or_624298

nation branding

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