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Huawei : la guerre technologique est déclarée

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis.
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COMMERCE

Huawei : la guerre technologique est déclarée

En privant le le géant chinois des télécoms Huawei d’accès à leur marché, les Etats-Unis franchissent un cap dans leur affrontement commercial avec la Chine. Un épisode qui révèle également combien le secteur des télécoms dépend technologiquement d’un très petit nombre d’acteurs.

Les Etats-Unis ont sorti l’artillerie lourde. En annonçant l’inscription de l’entreprise chinoise Huawei sur la liste des sociétés avec lesquelles il est interdit de commercer, le gouvernement américain a franchi un cap dans la guerre technologique qui l’oppose avec la Chine. Aussitôt cette décision prise, toute une série d’entreprises américaines ont déclaré arrêter de fournir leurs services à Huawei. Ces décisions privent donc la société chinoise de nombreux services sur lesquels reposent ses produits, et en premier lieu ceux fournis par Google avec le système d’exploitation pour mobile Android. Cette décision n’impacte donc pas uniquement la société chinoise, mais aussi l’ensemble des utilisateurs de produits Huawei de par le monde. Et montre à que le secteur des télécommunications est technologiquement dépendant d’un très petit nombre d’acteurs, parmi lesquels Google… Et Huawei elle-même. Décryptage en cinq points.

1/ Pourquoi tant de tensions autour de Huawei ?

Huawei est essentiellement connue du grand public pour ses smartphones, marché dont elle occupe la deuxième place mondiale, derrière Samsung mais devant Apple. Mais l’entreprise est surtout un équipementier de télécoms : elle fournit les opérateurs téléphoniques (Orange, SFR, etc.) en routeurs et antennes relais. C’est même le leader mondial de ce secteur.

Or, dans le développement du réseau mobile cinquième génération, appelé plus communément la 5G, Huawei est également très bien positionnée. Les standards de cette technologie, qui doit être déployée dans les prochaines années, ne sont pas encore parfaitement définis, mais celle-ci constitue bien plus qu’une amélioration des standards antérieurs. En s’appuyant sur des bandes de fréquences bien plus élevées, elle pourra transmettre davantage de données et plus rapidement. Ses promoteurs avancent un débit multiplié par dix et un délai de transmission réduit d’autant. Sur cette technologie devrait se développer tout un tas d’usages nouveaux : la réalité virtuelle, les voitures autonomes, les objets connectés et, peut-être, l’industrie du futur.

Evidemment, l’acteur qui fournira le matériel sur lequel reposera la 5G aura un rôle stratégique majeur. Ce d’autant qu’on suspecte les équipementiers qui vont produire en série les antennes relais d’y ajouter des « portes dérobées » (backdoors). Celles-ci permettent de récupérer des informations et des données qui transitent par ces équipements.

Ce risque de cyberespionnage n’est cependant pas le seul qui explique les tensions. Un équipementier occupant une position dominante sur un réseau a aussi une capacité d’intervention sur ce dernier pour éventuellement l’interrompre à un moment donné et nuire à sa stabilité. C’est bien pour cela, alors que les opérateurs sont en train de faire leur choix entre les différents équipementiers pour leur futur réseau 5G, que ce sujet s’invite au cœur des tensions internationales et géopolitiques.

Reste qu’étant donné l’avance qu’avait prise Huawei, se passer d’elle pourrait ralentir le déploiement de la 5G de deux ans et coûter très cher, a estimé l’opérateur Deutsch Telekom.

2/ Que craignent les Etats-Unis ?

Washington accuse Huawei de cyberespionnage et de collaboration avec les autorités chinoises. S’ils n’ont pas de réelles preuves, les Etat-Unis s’appuient sur différentes enquêtes internationales suspectant l’entreprise d’espionnage. Surtout, ils mettent en avant la législation chinoise, qui oblige les entreprises nationales à collaborer avec les autorités.

La loi sur la cybersécurité de 2017 stipule en effet que « les entreprises de réseau doivent fournir un support et une assistance aux autorités publiques, c’est-à-dire à la police », explique Séverine Arsène, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po. « La loi chinoise sur le terrorisme indique également que les activités de télécoms doivent contribuer à la collecte d’informations », ajoute cette sinologue. Les autorités ont en outre un accès privilégié aux données stockées sur le territoire chinois, ce qui est évidemment le cas d’une grande partie de celles gérées par Huawei.

Plus globalement, c’est bien l’absence de réel Etat de droit chinois qui pose problème. « La Chine est un Etat qui définit de manière large les termes dans ses dispositions réglementaires, si bien qu’il est difficile de statuer sur les accusations d’espionnage, précise Séverine Arsène, mais la formulation de la loi laisse supposer que la police peut avoir accès à certaines données. »

La stratégie américaine est cependant à mettre en perspective avec le fait que, dans le secteur stratégique de la 5G, elle a laissé un acteur étranger prendre les devants. « La guerre commerciale et technologique que livrent les Etats-Unis peut aussi être vue comme une volonté de ralentir Huawei pour tenter de rattraper leur retard », expliquait en janvier Michel Nakhla, professeur d’économie et de gestion à l’école Mines ParisTech.

3/ Comment réagit l’Europe ?

Les Etats-Unis ont fortement incité leurs alliés à l’imiter et à bannir l’entreprise chinoise de leurs marchés. Les réactions européennes ont cependant été très variées. La France s’est dotée le mois dernier d’une loi, ne visant pas spécifiquement Huawei, mais permettant d’exclure n’importe quel équipementier sur décision des services du gouvernement. L’entreprise est pour l’instant autorisée à répondre aux appels d’offres des opérateurs allemands.

Selon des fuites dans la presse, le Royaume-Uni s’apprêterait, lui, à autoriser Huawei, tant qu’il ne fournit pas d’équipement pour le centre du réseau, comme les grandes villes où circulent des grandes quantités de données sensibles. Cette décision, qui n’a pas encore été officialisée, surprend de la part de l’allié historique des Américains. Plusieurs ministres britanniques ont d’ailleurs fait part de leurs réserves quant à l’autorisation du géant des télécoms chinois.

Le Royaume-Uni est cependant dans une position délicate, car le pays est engagé avec le géant chinois depuis longtemps. Le groupe y est présent depuis 2001 et emploie aujourd’hui plus de 1 500 personnes. Il a même promis un investissement de plus de 3 milliards de livres l’année dernière. Plus globalement, l’île est la première destination des investissements chinois en Europe. Et vu les difficultés commerciales qui s’annoncent avec le Brexit, il serait particulièrement inopportun pour les sujets de sa Majesté de se fâcher avec un tel partenaire…

Huawei, de son côté, multiplie naturellement les efforts pour amadouer les Européens. Il a ouvert ces dernières semaines son deuxième centre de cybersécurité à Bruxelles, en plus de celui de Londres.

4/ Quel impact pour Huawei ?

Washington a placé la firme chinoise sur sa liste d’entreprises à risque, rendant obligatoire l’autorisation des autorités pour commercer avec lui. Mais les charges retenues contre Huawei sont telles qu’il s’agit bien, en réalité, d’un bannissement commercial. L’entreprise dispose cependant d’un délai de quatre-vingt-dix jours pour arrêter progressivement toutes ses activités avec les acteurs américains. Le gouvernement américain pourrait également profiter de ce sursis de trois mois pour changer éventuellement d’avis, s’il juge les conséquences trop importantes dans sa guerre commerciale avec la Chine.

En attendant, voilà Huawei privé des logiciels de Microsoft et, donc, de Google. Au-delà du système d’exploitation Android, ce sont aussi des applications aussi répandues que Gmail (messagerie), YouTube (vidéo), GoogleSearch (moteur de recherche), Maps (cartographie) ou Google Play Store auxquelles le géant chinois n’aura plus accès.

Un véritable handicap pour le marché international, car il est évidemment très difficile de vendre des smartphones sans certaines de ces applications. Même la Commission européenne estime que le magasin d’application Google Play Store est une « application indispensable » au vu de sa position dominante. Pour les consommateurs ayant déjà un smartphone Huawei, les logiciels ne seront pas supprimés, mais toutes les mises à jour ne seront pas accessibles. L’accès aux dernières versions des applications risque donc d’être difficile.

Pour le marché chinois, cela n’aura pas de trop lourdes conséquences, car des acteurs nationaux ont développé certains services similaires. En résumé, les Chinois ont leur propre Google, auquel manque toutefois la pièce centrale : le système d’exploitation. Android étant développé en « open source », il pourrait être copié pour proposer un service similaire. Mais le service de Google n’est transparent qu’en son centre, et pas sur l’ensemble des services et de son univers nécessaire au développement d’un système d’exploitation, que ce soit le magasin d’application ou les API (interface de programmation d’applications).

La dépendance chinoise ne concerne pas uniquement la partie logicielle (« software ») mais aussi la partie équipement avec la fourniture (« hardware ») de produits indispensables comme les semi-conducteurs qu’assuraient les Américains Intel, Broadcom et Qualcomm. « Malgré ses efforts, la Chine n’a pas encore de constructeurs de puces et de semi-conducteurs chinois sous droit intellectuel chinois », résume Séverine Arsène.

5/ Un marché sous dépendance ?

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis. Car s’il voit des fournisseurs stratégiques se désolidariser de lui, ces derniers perdent également un client important. Ces acteurs, en petit nombre, sont cependant quasi exclusivement localisés dans deux pays et juridictions : les Etats-Unis et la Chine. Si bien que le reste du monde est globalement dépendant d’acteurs eux-mêmes interdépendants, appartenant aux deux premières puissances commerciales mondiales, dont les relations ne cessent de se tendre !

Malgré un impact réel des décisions américaines, la Chine peut se passer des géants numériques américains, puisqu’elle a des équivalents nationaux. Mais si une telle décision venait à toucher l’Europe, le résultat serait tout autre. Ceci laisse donc imaginer les conséquences dans nos sociétés d’une privation de services aussi stratégique que Google, Microsoft, Amazon, Intel, etc.

Comme le rappelle Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national du numérique : la domination américaine sur l’Europe « se fait à tous les niveaux de la puissance numérique : les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, le commerce en ligne, les infrastructures technologiques, l’intelligence artificielle (IA)… ». Voilà un beau sujet de réflexion pour le Parlement européen qui sera élu ce dimanche…

 

L’escalade continue entre la Chine et les Etats-Unis

Donald Trump, président américain, lors des négociations avec le vice-premier ministre chinois (de dos) sur un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, le 22 février 2019.
PHOTO : ©Martin H. Simon/REDUX-REA
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MONDIALISATION

L’escalade continue entre la Chine et les Etats-Unis

JACQUES ADDA

Alors que les négociations commerciales se poursuivent entre la Chine et les Etats-Unis, Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Depuis ce vendredi 10 mai, les droits de douane sur des produits chinois à destination des Etats-Unis représentant quelque 200 milliards de dollars sont augmentés de 10% à 25%. L’empire du milieu a immédiatement annoncé des représailles. Le temps d’une mondialisation vecteur supposé de prospérité globale et de pacification des relations internationales est révolu. La guerre froide économique est déclarée entre les Etats-Unis et la Chine.

Chinamérica : on se souvient peut-être du nom proposé dans les années 2000 par Niall Ferguson et Moritz Schularick, respectivement historien et économiste, pour décrire la relation symbiotique qui s’était créée entre les économies américaine et chinoise à la suite de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001. Tandis que les produits chinois déferlaient sur le marché américain, les firmes américaines intégraient la Chine dans leurs chaînes globales de production, profitant des bas salaires chinois et gagnant par la même occasion l’accès à un marché au potentiel phénoménal.

La Chine, de son côté, s’appuyait sur la technologie américaine pour se moderniser et recyclait ses excédents commerciaux vers les Etats-Unis en achetant des titres de la dette publique américaine, ce qui lui permettait de bloquer l’appréciation de son taux de change et de rester ultracompétitive. L’afflux de capitaux chinois faisait à son tour pression sur les taux d’intérêt à long terme * aux Etats-Unis, stimulant l’endettement des ménages et des entreprises américains. La croissance économique pouvait ainsi se poursuivre outre-Atlantique, malgré un déficit extérieur croissant, qui était l’image inversée de l’excédent des échanges courants chinois.

Vers un rééquilibrage des échanges

Ce modèle, qui évoque l’âge d’or de la mondialisation, se décompose aujourd’hui sous nos yeux. L’escalade tarifaire initiée par l’administration Trump en janvier 2018 n’est pas seulement la réaction tardive d’un pays excédé par le déficit croissant de ses échanges bilatéraux. De l’ordre de 2 % du produit intérieur brut (PIB) américain, le déficit des échanges avec la Chine équivaut à la moitié du déficit commercial total des Etats-Unis et à 80 % de leur déficit courant. Mais ce dernier s’est contracté de moitié par rapport aux années 2000 et ne dépasse pas 2,5 % du PIB depuis 2013.

De son côté, la Chine a vu son surplus courant  fondre de 10 % du PIB en 2007 à pratiquement zéro en 2018. Si elle reste excédentaire dans ses échanges commerciaux (3 % du PIB), la Chine est en déficit pour un montant équivalent dans ses échanges de services, en raison notamment de l’essor du tourisme chinois à l’étranger. L’argumentaire traditionnel sur le néomercantilisme * chinois et la sous-évaluation du yuan est donc largement caduc.

Même si l’accord en cours de négociation entre les Etats-Unis et la Chine crée les conditions d’un rééquilibrage des échanges à horizon 2024, grâce notamment à l’engagement de Pékin de s’approvisionner massivement en produits américains dans les domaines agricole et énergétique, il ne porte pas principalement sur les questions commerciales. Ce sur quoi butent les négociateurs, c’est l’exigence américaine d’une stricte application par la Chine des règles de l’OMC concernant le respect de la propriété intellectuelle, l’arrêt des transferts de technologie forcés auxquels sont exposées les firmes américaines opérant en Chine, l’élimination des restrictions aux investissements étrangers dans les domaines contrôlés par les entreprises publiques de ce pays ainsi que des subventions en tous genres dont bénéficient les producteurs chinois, à quoi s’ajoute bien sûr la mise en place d’un mécanisme de contrôle de l’effectivité des engagements de Pékin. Autant de points qui touchent à la nature même du modèle de développement chinois, mais qui font l’objet aux Etats-Unis d’un soutien politique qui transcende les clivages partisans.

Menace stratégique

L’existence d’un tel soutien témoigne de l’acuité de la menace stratégique perçue par la classe politique et les élites économiques américaines. Si le caractère agressif de la démarche américaine évoque l’attitude adoptée face au Japon dans les années 1980, le défi stratégique posé par la montée en puissance de la Chine est d’une tout autre nature et envergure. Il faudrait sans doute revenir à la mise en orbite autour de la Terre de la première fusée Spoutnik par l’Union soviétique en 1957 pour retrouver la trace d’un sentiment aussi aigu de remise en cause de la domination technologique américaine.

Quant à la percée technologique du Japon dans les années 1980 et aux excédents courants qui l’accompagnaient, ils concernaient un pays deux fois moins peuplé (à l’époque) que les Etats-Unis et placé sous leur parapluie atomique. La Chine communiste, elle, est quatre fois plus peuplée que les Etats-Unis, et bien que le niveau de vie moyen de sa population demeure très inférieur à celui des économies avancées, sa masse économique mesurée aux taux de change de parités des pouvoirs d’achat * dépasse déjà celle des Etats-Unis. Si son rythme de croissance tend à se normaliser, il reste deux fois plus rapide au moins que celui des Etats-Unis, qui décline lui aussi sur le long terme.

Surtout, la Chine a beau s’être ouverte à l’économie de marché, elle demeure dirigée par un parti dont l’emprise sur la société a franchi un nouveau palier avec le fichage numérique de la population. L’optimisme relatif qui régnait à Washington dans les années 2000 sur le caractère inéluctable d’une ouverture politique parallèle à l’ouverture économique a reçu un démenti cinglant dans les années 2010 avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping et la consolidation de sa mainmise sur les instances dirigeantes du parti.

La Chine de Xi n’est pas seulement plus autocratique, comme en témoigne l’abolition de la limite constitutionnelle à sa réélection future, au-delà du deuxième terme présidentiel entamé en 2018, elle est aussi plus dirigiste. L’idée que le marché doit jouer un rôle plus décisif dans l’allocation des ressources, qui constituait l’axe des réformes menées depuis 1978, a été abandonnée par Xi, qui ne cesse de souligner le rôle des entreprises publiques dans la substitution de productions locales aux importations. Dans le domaine financier, la part de ces entreprises dans les crédits accordés par le secteur bancaire (qui est sous contrôle de l’Etat) est d’ailleurs passée de 30 % en 2012 à 80 % en 2016. A l’inverse, sevré de crédit, le secteur privé voit sa production stagner, tandis que les décisions de ses entreprises font l’objet d’un contrôle de plus en plus serré par les cadres du parti.

Rivalité technologique

Symbole des ambitions chinoises, le plan « Made in China 2025 » vise à mettre la puissance financière de l’Etat au service de la domination dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique, les télécommunications et les technologies de l’information. Des aspirations qui seraient parfaitement légitimes si elles n’émanaient pas d’un Etat dont l’objectif officiel, réaffirmé dans un discours de Xi reproduit récemment dans la presse officielle, demeure le triomphe du socialisme (à la chinoise) sur le capitalisme à l’échelle mondiale.

Et si elles ne s’appuyaient pas sur ce qui est qualifié par les Etats-Unis de pillage systématique des technologies étrangères. Qu’il s’agisse du piratage et de l’espionnage industriels, de l’obligation faite aux entreprises étrangères d’opérer en joint-venture avec des entreprises chinoises, ou des cessions de technologies imposées pour accéder aux marchés publics, les transferts de technologie forcés sont devenus un sujet d’autant plus préoccupant qu’ils portent désormais sur des technologies sensibles du point de vue de la sécurité nationale des pays concernés et de la suprématie technologique au niveau planétaire.

Le renouveau du nationalisme économique américain s’inscrit ainsi dans un contexte d’exacerbation de la rivalité hégémonique entre les deux superpuissances et de recentrage de la Chine sur elle-même. Passée de 11 % en 1990 à 28 % en 2006, la part des importations de biens et services dans le PIB chinois est revenue à 18 % en 2017.

La Chine se recentre sur elle-mêmeRatio des importations de biens et de services par rapport au PIB, en %
LA CHINE SE RECENTRE SUR ELLE-MÊME

Pour les quelque 500 000 firmes étrangères opérant en Chine, la parenthèse historique de l’Eldorado chinois semble doucement se refermer. Et avec elle, c’est une conception de la mondialisation comme vecteur de prospérité globale et de pacification des relations internationales qui s’efface progressivement derrière la réalité crue d’une nouvelle guerre froide, économique cette fois, aux enjeux démultipliés par les potentialités de domination globale ouvertes par les technologies de l’information et de l’intelligence artificielle, sans parler de leurs applications militaires.

Cet article publié le 1er mai a été réactualisé le 10 mai 2019.

 

* 
Taux d’intérêt à long terme : rendement des titres obligataires émis par l’Etat sur des échéances supérieures à deux ans. Une forte demande de titres favorise la hausse de leurs cours, ce qui réduit leur rendement.

** 
Solde de la balance courante : solde des échanges de biens et services auquel s’ajoute le solde des revenus des capitaux (intérêts, dividendes) placés par des résidents à l’étranger et par des non-résidents dans le pays considéré, ainsi que les transferts sans contrepartie (aide au développement, transferts d’argent des travailleurs immigrés, etc.).

*** 
Néomercantilisme : doctrine économique qui conçoit le commerce international comme un jeu à somme nulle et associe la prospérité d’un pays à sa capacité à maximiser le solde de ses échanges courants.

**** 
Taux de change de parités des pouvoirs d’achat : taux de change théoriques, calculés de façon à égaliser le prix d’un panier de biens d’une monnaie à l’autre. Ces taux peuvent différer de façon significative des taux de change observés sur les marchés.

https://www.alternatives-economiques.fr/lescalade-continue-entre-chine-etats-unis/00089248

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

La guerre contre le diesel fait perdre 130 milliards à la France

School Bus Diesel Gas Cap By: Bill Smith – CC BY 2.0

Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le Diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle

Par Michel Negynas.

Il serait responsable de 40 000, voire 60 000 morts par an en France, surtout dans les grandes villes.

Tous les professionnels de santé, les environnementalistes et les épidémiologistes sérieux savent que ces chiffres sont pour le moins douteux : les études à la base du calcul sont problématiques, les chiffres sont obtenus par règle de trois sans que l’on sache si c’est scientifiquement fondé, il n’y a pas que le diesel qui pollue en particules fines, le chauffage aussi ; enfin, l’air des grandes villes n’a jamais été aussi pur.

De plus, les moteurs diesel récents, en particulier équipés d’injection d’urée, ne polluent pas plusque les nouveaux moteurs à essence hyper-dopés pour diminuer les émissions de CO2. En fait, l’administration française et européenne combattent non pas les constructeurs automobiles, mais le principe de Carnot : pour diminuer la consommation, il faut augmenter la température de fonctionnement des moteurs, ce qui produit physiquement davantage de particules et d’oxyde d’azote. Les objectifs sont a priori incompatibles. C’est d’ailleurs en forçant les constructeurs à progresser trop vite compte tenu des contraintes technico-économiques que l’on a abouti au dieselgate.

Pour l’instant, seuls les vieux diesel sont déjà touchés réglementairement, mais les annonces d’interdiction totale éventuelles à 2024 ou 2025 font des ravages.

LA RÉACTION DU MONDE RÉEL

Les ventes de véhicules neufs s’effondrent : de 60 % des ventes, elles sont passées à 30 %. Les prix sur l’occasion chutent, évidemment : les « vieilles » voitures de plus de 6 ans sont quasiment invendables, et tout laisse à penser que cela va s’accélérer. Le prix moyen a baissé instantanément de 15 %, au dire des vendeurs, et cela va s’accentuer rapidement si l’avenir reste flou.

Essayons-nous à un petit calcul, à base d’hypothèses plausibles :

Le parc de véhicules français est de 50 millions ; 60 % sont du diesel ; l’âge moyen toutes catégories confondues est de 9 ans, probablement moins pour le diesel qui s’était développé durant les dernières années sous l’effet de l’amélioration considérable des moteurs…

Hypothèse de prix de vente, avant l’hystérie antidiesel, pour une occasion diesel : quasi neuve 20 000 euros, âgée 3 000 euros, moyenne 11 000 euros.

Ce qui fait une estimation de la valeur totale du parc de 330 milliards d’euros (avant annonces et réglementation).

Depuis l’attaque sur le diesel :

Estimation à terme de la dépréciation sur la base des ventes déjà constatées : 100 % pour les voitures anciennes, 30 % pour les neuves de haut de gamme, 40 % en moyenne, à terme.

Ce qui fait une perte instantanée de valeur pour la France de 130 milliards sans compter les stocks de voitures neuves, de moteurs et de pièces déjà fabriquées, car les constructeurs automobiles ont été complètement pris de court par les annonces.

Cette perte se reportera sur les particuliers, mais aussi sur certaines sociétés ayant un parc important : transport, loueurs… C’est une véritable perte de richesse pour les Français, même si elle est peu visible. Comme toujours, ce sont les classes les moins aisées qui perdent proportionnellement le plus : leur voiture est souvent leur seul patrimoine.

Évidemment ce n’est pas tout : il faut reconvertir des usines, et la France étant un champion du diesel fournissant toute l’Europe, les transferts ne se feront pas sans pertes d’emplois français. Certains estiment que 15 000 emplois sont menacés, avec les coûts de dédommagement nécessaires et les pertes pour les entreprises concernées, mais aussi pour l’État en rentrées fiscales.

TOUT ÇA POUR RIEN ?

Le parc moyen étant de 9 ans, on peut considérer qu’après mise en action des dernières normes alignant les mêmes contraintes sur le diesel et l’essence, le parc moyen serait aux normes actuelles en 2028. Le « problème », si problème il y a, n’existerait quasiment plus.

Ce qui va se passer effectivement reste flou. Les effets d’annonce politiques et médiatiques sur le diesel font partie du monde fantasmé de l’écologie émotionnelle, mais on voit qu’ils ont bien des effets sur l’économie réelle : perte sur la balance commerciale, pertes d’emploi, en un an perte de valeur d’actifs français de plus de 100 milliards…

En réalité, c’est la plus grande opération d’obsolescence programmée de tous les temps.

https://www.contrepoints.org/2019/04/05/340864-la-guerre-contre-le-diesel-fait-perdre-130-milliards-a-la-france

Trop gros pour échouer: avec des millions investis, le F-35 est là pour rester

LES OPENSECRETS

Trop gros pour échouer: avec des millions investis, le F-35 est là pour rester

F-35

En 1997, Lockheed Martin a été sélectionné pour concourir à la conception et à la construction de ce qui allait devenir le F-35 Lightning II. Au fil du temps, ce programme d’avions de combat est devenu l’un des plus coûteux de l’histoire des États-Unis et a dû faire face à de nombreux défis techniques et fonctionnels graves. L’avion a finalement été jugé prêt au combat en 2018, malgré les inquiétudes persistantes quant à sa capacité à voler et à se battre.

Malgré toute la controverse entourant l’avion, les membres bipartisans du Congrès cette semaine ont demandé à leurs collègues d’ajuster la demande de budget du président Trump pour 2020 afin d’inclure davantage de F-35. Lockheed ayant investi des millions de dollars dans les candidats au Congrès et créé des emplois dans presque tous les États américains, le soutien politique du projet reste fort.  

Les membres de la Chambre qui ont écrit la lettre pour demander davantage de F-35 font partie du Caucus des avions de combat interarmées. Le groupe, dirigé par les représentants John Larson (D-Conn.), Martha Roby (R-Ala.), Marc Veasey (D-Texas) et Mike Turner (R-Ohio), a été formé en 2011 par la représentante Kay Granger. (R-Texas) et ancien représentant Norm Dicks (D-Wa.). Les cinq membres actuels du caucus mentionnés ci-dessus ont reçu de Lockheed Martin le maximum de contributions au PAC pour le cycle 2018. Dans un communiqué de presse annonçant la formation du caucus, Granger et Dicks ont qualifié le programme d’avions de combat de «nécessité absolue», citant le nombre d’emplois qu’il soutiendrait.

Initialement, les avions devaient coûter 38 millions de dollars chacun. Toutefois, même si leur rendement est considérablement inférieur à celui de chaque avion , le gouvernement des États-Unis coûte en moyenne 158,4 millions de dollars. Lockheed Martin est le maître d’œuvre, tandis queNorthrop Grumman et BAE Systems ont fourni des pièces.

Un récent rapport du Projet sur la surveillance du gouvernement (POGO) a exposé la litanie de problèmes auxquels l’avion est confronté. Certains problèmes incluent des systèmes informatiques de combat défectueux, des cyber-vulnérabilités qui pourraient permettre aux pirates d’accéder au réseau des avions, des problèmes de précision des armes à feu des avions et une tendance à développer des fissures nécessitant de nombreuses réparations.

Dan Grazier, ancien capitaine de corps des Marines et membre militaire de POGO et auteur du rapport, a déclaré que même avec tous les problèmes du programme, il continuera.

« Le complexe militaro-industriel du Congrès a perfectionné ses méthodes pour garantir la pérennité de tels programmes malgré des performances décevantes dans presque toutes les mesures militaires objectives », a-t-il déclaré.

La raison pour laquelle le programme bénéficie d’un tel soutien politique est probablement due en partie à sa large portée économique. Lockheed Martin a déclaré que le F-35 créait, directement et indirectement, 194 000 emplois dans 46 États et à Porto Rico.   

Depuis le cycle de 1990, les employés de Lockheed et le groupe PAC de la société ont apporté une contribution combinée de près de 39,7 millions de dollars. Le cycle de 2018 a vu la contribution la plus importante des filiales à moyen terme, avec près de 4,7 millions de dollars.  

Granger était le principal destinataire de l’argent du PAC de Lockheed et de ses employés en 2018 avec 131 940 $, soit plus du double du prochain bénéficiaire le plus proche. Granger, la première membre du comité des crédits de la Chambre, a reçu 549 990 dollars, principalement des employés de Lockheed, au cours de sa carrière, ce qui en fait son principal donateur.

Granger est membre du Comité des crédits depuis 1999 et a été, à différents moments, vice-président et président du Sous-comité de la défense des crédits de la Chambre. L’une des usines de montage de F-35 est située dans le district de Granger et elle a été décrite comme une «championne» du programme.  

La sénatrice Lindsey Graham (RS.C.), première bénéficiaire des contributions de Lockheed Martin au Sénat , est membre de trois comités susceptibles d’intéresser l’organisation: crédits, budget et relations extérieures. Graham a reçu 58 700 $ d’eux au cours du cycle 2018 et a reçu 109 625 $ des employés et du PAC tout au long de sa carrière.

Selon le site Web de la société , le projet F-35 est lié à 530 emplois en Caroline du Sud et a un impact économique de 34,3 millions de dollars dans l’État.

Lockheed est également un contributeur important des membres de la Chambre à l’origine de la récente lettre demandant des F-35 supplémentaires dans le projet de budget. Turner a reçu 98 000 $, principalement de l’argent de PAC, au cours de sa carrière, faisant de Lockheed son deuxième plus gros contributeur de tous les temps. Au cours de sa carrière, Veasy a reçu 46 950 dollars, principalement du PAC de Lockheed, faisant de la société son troisième plus grand donateur de tous les temps.

Granger et Veasy, l’un des signataires de la lettre demandant davantage de F-35, représentent des districts du Texas, un État dans lequel le programme F-35 de Lockheed a un impact économique considérable. Le programme crée 47 080 emplois directs et indirects au Texas et 4 080 emplois dans l’État d’origine de Turner, dans l’Ohio.

Outre les contributions à la campagne, Lockheed Martin est un puissant groupe de pression. En 2018, il a dépensé 13,2 millions de dollars en lobbying et en 2017, une baisse de près de 14,5 millions de dollars. La société est bien connectée à Capitol Hill. En 2018, elle employait au total 54 membres de la porte tournante , dont 3 anciens membres du Congrès.  

Même avec le ferme soutien politique et les impacts économiques généralisés du programme, Grazier a décrit le programme comme «un albatros au cou des services pendant de nombreuses années».

«Même si les ingénieurs peuvent finalement terminer la conception et la faire fonctionner comme on nous l’avait promis, le programme aura un coût de propriété élevé», a-t-il déclaré. «C’est une volonté, car cela permet à Lockheed Martin de décrocher des contrats de maintien en puissance lucratifs auprès d’un fournisseur unique aussi longtemps que l’aéronef vole.

Il a également exposé une autre conséquence imprévue des luttes du programme: la possibilité que des pilotes quittent le service, car il y aura « une période difficile pour garder l’avion en vol ». Et avec moins d’avions en vol, les pilotes de haut niveau pourraient être frustrés et quitter le service. , A averti Grazier.

Grazier a déclaré qu’une solution possible serait que le Congrès «n’augmente pas la production tant que la conception n’a pas pu être prouvée par des tests opérationnels». Mais ils pourraient également prendre des mesures plus radicales.

«La meilleure chose à faire serait d’arrêter la production jusqu’à ce que tout le processus de développement soit terminé pour inclure les modifications du« Bloc 4 ». Le bureau du programme prévoit d’acheter des centaines de F-35 supplémentaires, tandis que la conception sera modifiée de façon spectaculaire », a-t-il déclaré. « Cela signifie que tous les aéronefs acquis avant la fin des travaux devront passer par un processus de modernisation coûteux pour intégrer toutes les corrections qui restent à découvrir. »

Lockheed Martin n’a pas renvoyé de demande de commentaire.

Karl Evers-Hillstrom a contribué à ce rapport.

N’hésitez pas à distribuer ou à citer ce matériel, mais merci de créditer le Center for Responsive Politics. 
Pour obtenir la permission de réimprimer à des fins commerciales, telles que des manuels, contactez le Centre: info@crp.org

A propos de l’auteur

Raymond a rejoint le CRP en tant que stagiaire rapporteur en janvier 2019. Il a obtenu un BA en sciences politiques de l’Université Duquesne en décembre 2018. Avant de rejoindre le CRP, Raymond était rédacteur en chef et, plus récemment, rédacteur en chef pour Duquene Duke. , Journal étudiant indépendant de Duquesne. Il a grandi à Mechanicsburg, en Pennsylvanie.

https://www.opensecrets.org/news/2019/04/too-big-to-fail-with-millions-invested-the-f-35/

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…0

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Le 25 février dernier, l’excellent Cercle Aristote – espace d’intelligence, de liberté et de rigueur – nous a convié à une soirée qui s’annonçait des plus passionnantes : « Israël, le 6ème GAFAM ? ».

Comme à son habitude, Pierre-Yves Rougeyron introduit la soirée avec toutes les hauteurs et l’humour qui le caractérisent précisant bien qu’il ne s’agira pas de dévier sur les sujets classiquement tendus du conflit israélo-palestinien. Rien de plus raisonnable, dont acte !

Les trois intervenants du soir co-signent un opuscule dont la quatrième de couverture précise : « les auteurs, Eloïse Brasi, Eric Laurençon, Patrick Nouma Anaba sont experts en intelligence économique et titulaire d’un MBA en management Stratégique et Intelligence Economique de l’Ecole de Guerre Economique. Ils occupent de hautes fonctions dans le secteur privé et l’administration qui les amènent à s’interroger, notamment sur les enjeux et les perspectives de demain (NDLR : sic). Cette richesse de parcours leur a permis d’explorer avec un prisme nouveau, le développement de la puissance d’Israël au travers des NBIC. Le préfacier : Dominique Bourra, expert en stratégie et cybersécurité, préside la commission Cybersécurité de commerce France-Israël ».

Un peu plus haut, on peut lire aussi : « Israël est un pays singulier par sa géographie, sa culture et son histoire. La culture israélienne s’est construite au rythme de conflits récurrents et autour de l’émergence d’un Etat démocratique et prospère dans le morceau de désert qu’est la Terre Promise » (NDLR : re-sic). Hosanna au plus haut des cieux…

D’emblée, les jeunes gens annoncent la couleur en plongeant dans l’essentialisme le plus éculé à l’antienne toute aussi rebattue : Israël, seul pays démocratique du Proche-Orient, assiégé par une bande de méchants au couteau entre les dents, pays élu et miraculeux qui arrive à faire pousser des roses dans le désert grâce à son intelligence unique, son abnégation et sa « résilience inouïe ».

TROIS DRÔLES DE MOUSQUETAIRES

Logiquement, on cherche dans la bibliographie de fin, La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou quelques autres solides références épistémologiques, en vain… Bref, honneur aux dames, à son tour Eloïse Bras de nous mettre en garde, mais beaucoup plus laborieusement et sans habiller ses préjugés idéologiques : « son existence physique (d’Israël) est menacée en permanence et doit chercher à gagner les guerres en cas d’attaque ». On l’a compris : l’Etat en question est « menacé » en permanence et ne saurait mener aucune espèce de guerre offensive d’annexion ou d’occupation. Après nous avoir prévenu qu’il s’agissait de faire fi de tout égarement géopolitique pour se concentrer sur les miracles technologiques de l’Etat hébreu, cet a priori ainsi posé referme la question sur des affirmations « fermées » qui feraient hurler, non seulement Karl Popper, mais bien d’autres experts de la région, sans parler des femmes et des enfants des Territoires occupés quotidiennement assassinés par la soldatesque du pays en question.

Mais le meilleur restait à venir avec le jeune Eric Laurençon – deuxième intervenant – nous assénant avec arrogante certitude une autre vérité historique des plus curieuses – reprise quelque part dans le livre par le préfacier de la Chambre de commerce France-Israël : le grand bond en avant technologique israélien a eu lieu (à cause ou plutôt grâce) et je cite « au blocus décrété par la France au début des années 1960 ». Là, les bras nous en tombent… et faut-il conseiller à ce jeune impertinent de lire quelques bons ouvrages d’histoire pouvant rappeler notamment que les plus hauts responsables de notre IVème République ont transféré – dès 1957 – les hautes technologies permettant à Israël de construire la centrale de Dimona pour la mise au point de sa bombe nucléaire… dont il nie toujours officiellement l’existence. Ce n’est qu’à partir de la guerre d’annexion de juin 1967 que le général de Gaulle a effectivement et légitimement instaurer un strict embargo sur les armes à destination de ce pays. Nulle trace dans la « conférence », ni dans le livre des résolutions 242 et suivantes de conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent ces annexions. L’ONU, qui n’est pas encore une Start-up, n’intéresse visiblement pas nos jeunes gens…

Troisième intervenant : Patrick Nouma Anaba, qui se présente d’emblée comme « philosophe ». Bigre ! Emmanuel Kant et Hegel n’ont certainement qu’à bien se tenir. N’ayant visiblement pas lu une ligne de L’Emile, le garçon nous transmet une autre vérité transcendantale : « l’or brut d’Israël, c’est sa concentration d’intelligence » et « son pari sur l’éducation » avec cette merveilleuse alliance de l’armée, des universités et du secteur privé !

Une heure et demi durant nos mousquetaires vont rivaliser d’enthousiasme pour nous décrire le meilleur des mondes israéliens, non seulement devenu l’admirable « start-up nation » dont la France devrait mieux s’inspirer, mais aussi pour nous faire partager avec émotion comment « Israël ouvre une nouvelle ère, celle des cyber-Etats en s’inspirant du modèle de développement supranational des GAFAM1 ». Encore mieux, Israël – selon nos mousquetaires – dont la suprême obsession est de « se rendre utile », de « réparer », sinon d’« améliorer » notre triste monde est, aussi devenu l’un des champions du « transhumanisme », cette idéologie technologique proprement délirante qui veut produire voitures, métros et avions sans chauffeur pour « augmenter » l’humain, pour nous vendre le consommateur et le soldat « augmentés » dans le monde merveilleux où les hommes seront enfin devenus les animaux des robots. En effet, ce sera tellement mieux…

Et cette soupe nous fut servie sans le moindre doute (n’osons pas dire cartésien), ni la moindre mise à distance, en nous promettant tous les délices d’un monde mondialisé, néo-libéral et, enfin libéré de toutes frontières (ne parlons pas non pas des murs, ce n’était vraiment pas le soir !) où enfin, les hommes et les femmes – hors sol – pourraient enfin se dépasser pour être… meilleurs. S’il faut obtenir un MBA de l’Ecole de Christian Harbulot (remercié en fin de volume) pour débiter ce genre de fadaises, c’est bien à désespérer de l’éducation actuelle. Effectivement, on se dit qu’une salutaire lecture ou relecture de Rousseau serait bien nécessaire à ces jeunes gens…

UN MANIFESTE A LA GLOIRE DE NETANYAHOU

Après une telle conférence, l’auteur de ces lignes ne pouvait que se mettre courageusement à la lecture de la plaquette des trois mousquetaires. Et là, c’est encore plus grandiose. Passé l’apologie boursouflée du sens inné du peuple d’Israël pour les nouvelles technologies orwelliennes, les start-up, l’armée, le capital-risque, les fonds de pension et toutes les joies du capitalisme new-look, plusieurs messages sublimi-novlangue sont bien à l’ouvrage, citations à l’appui de Benjamin Netanyahou, un type… formidable !

C’est un peu laborieux, mais les têtes de chapitre méritent d’être citées tant elle traduisent à elles seules le traitement apologétique au détriment d’une approche critique minimale conforme aux critères de base des sciences humaines : chap 1) Mesure de la puissance de l’Etat d’Israël au travers du développement du secteur des nouvelles technologies ; chap 2) La performance des start-ups israéliennes : une garantie de puissance pour l’Etat hébreu ?; chap 3) Les facteurs clés de construction de la matrice israélienne ; chap 4) Une culture fortement axée sur l’esprit d’entreprise, la prise de risque et l’innovation : la stratégie du bouclier d’Israël ; chap 5) Une base éducative intégrée et initiée dès la création d’Israël ; chap6) L’immigration un élément central du développement de l’Etat hébreu ; chap7) Tsahal « incubateur » de la Start-up Nation ; chap8) ; chap 9) Du 6ème GAFAM à l’Etat « d’E-sraël » ? Et le préfacier qui nous dit qu’« Israël ne joue pas aux dés », ajoute : « les Israéliens aiment sans limites l’information, le traitement de l’information et l’intelligence au sens anglo-saxon du terme, ils aiment « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

D’autres perles : « en tant qu’éclaireurs et phalange avancée du peuple du Livre, ils savent les limites de l’emprise humaine sur le cours des choses (…) Le sionisme est paradoxal, métal pur et alliage complexe à la fois ». Encore : « on ne voit bien Israël qu’avec le cœur (…) Les learning expeditions de succèdent, on vient à Herzliya en exploration comme Livingstone remontant le Zambèze (…) les Israéliens ont toujours préféré les questions aux réponses et répondent aux questions, avec un sourire désarmant ». Bref, ces drôles de jésuites « ne jurent que par l’unité 8200, devenue la plus importante de l’armée israélienne ». En résumé, et c’est la première ligne du chap 1) : « L’innovation israélienne sert de modèle pour le monde entier ». Que c’est beau !

Mais pourtant, « l’existence d’Israël ne fait pas l’unanimité. 21 Etats n’ont jamais reconnu Israël ou n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ». On se demande pourquoi, mais nos trois mousquetaires ont trouvé et évacué l’explication en trois lignes : « Israël fait régulièrement l’objet d’appel aux boycotts. L’opinion publique est sensible à la cause palestinienne et des appels aux boycotts des produits israéliens sont régulièrement lancés ». Le monde est méchant et nous n’en sauront pas plus !

Quand même, mais en pointillé il est vaguement suggéré qu’Israël constitue la tête de pont des intérêts américains au Proche-Orient : « L’Etat hébreu multiplie les intérêts américains pour son bien-être et sa survie », mais arrive à « transformer progressivement la dépendance en interdépendance ». Ouf, nous voilà rassuré !

Page 48 : « l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclarait lors de la septième conférence annuelle sur la cybersécurité de l’Université de Tel-Aviv : la cybersécurité est un secteur florissant. Il prend de plus en plus d’ampleur, car la cybersécurité n’est jamais une solution permanente, c’est un business sans limite (…) en 2016, nous détenions environ 20% de l’investissement mondial de la sécurité privée ». Il est précisé que ce miracle s’inscrit dans la continuité d’une politique développée depuis les années 1990 par un autre criminel de guerre : Ariel Sharon.

En fait, ce miracle technologique remonte, dès l’origine dans un autre miracle théologicio-politique (page 153) : « l’Etat d’Israël est définitivement proclamé le 14 mai 1948. L’objectif principal du sionisme est alors réalisé. Néanmoins, cette notion reste encore très prégnante puisque, en 2009, Benjamin Netanyahou posait, comme préalable à la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, par la communauté internationale, l’Autorité palestinienne et l’ensemble des Etats arabes. Il a déposé un projet de loi en novembre 2014 qui, dans les Lois fondamentales qui servent de constitution, remplacerait la définition d’Israël, Etat juif et démocratique par celle d’Etat-nation du peuple juif ». Belle justification d’un nouvel apartheid qui instaure deux catégories très inégales de citoyens : les Juifs et les autres, un vrai cyber-progrès en effet !

Mais comme l’explique encore Dominique Bourra : « il suffit de chercher dans le Livre pour comprendre et analyser sur quelles bases reposent les actions menées aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Il s’agit en fait d’un long processus… » Amen, si c’est le Livre qui le dit !

ORANGE COLLABORE

Créée par des anciens du Mossad en 2014 et basée à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, la start-up MORPHISEC ouvre un bureau à Boston en 2016. Page 42 : « en outre, sa croissance a été accélérée et financée notamment par le fonds JVP à Jérusalem, GE Capital, Deutsche Telekom. Depuis le 20 février 2018, ORANGE Digital Ventures a annoncé sa participation au financement de MORPHISEC ». Avec La Maison et Kodem Growth Partners, ORANGE rejoint ainsi les investisseurs historiques de la start-up et prend part à son développement.

Page 43 : « l’investissement de ORANGE Digital Ventures va permettre à MORPHISEC d’accélérer ses réductions de coûts et, en France, d’acquérir un positionnement dans le haut de gamme dans le mobile et l’Internet haut débit (40% du marché français) ». Question : comment MORPHISEC va-t-elle pouvoir suivre l’évolution potentielle de sa valeur, notamment au sein du groupe ORANGE dont il est dit de sa stratégie que « l’Etat français y exerce une forte intervention » ?

Réponse : « l’évolution des tensions avec TF1 à propos de la poursuite de la diffusion des chaînes du groupe TF1 sur les box Orange est un véritable enjeu ; la poursuite des acquisitions dans le secteur de la sécurité, après l’achat du français Lexsi ; le lancement de la banque mobile Orange Bank, avec pour objectifs deux millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire à fin 2018 ».

Chaque année à Tel-Aviv, dans la plus grande discrétion, le groupe ORANGE participe à une semaine de colloque consacré à la cybersécurité et au renseignement numérique, touchant évidemment à des secteurs sensibles de la défense nationale. Au sein du groupe ORANGE, cette politique est animée notamment par un certain Luc Bretones2 et Roseline Kalifa dont le profil Linkedin indique qu’elle consacre principalement sa vie à des partenariats d’ORANGE en Israël.

Interrogé par nos soins sur ses activités en Israël, ORANGE n’a pas jugé utile de nous répondre, nous renvoyant aux bons soins de l’ambassade d’Israël à Paris ! Vive la communication…

Dans leur plaquette, les trois mousquetaires – qui, décidément fâchés avec l’histoire n’en ratent pas une -, citent aussi lord Alfred Balfour comme un héros de l’Ancien Testament. On ne peut que les renvoyer à la lecture du livre définitif de Philippe Simonnot – Le Siècle Balfour – 1917/20173 -, qui démontre (archives à l’appui) comment Balfour fut l’un des principaux architectes et responsable de la catastrophe qui provoqua l’exil de plus de 800 000 Palestiniens en 1948, avant de servir de référence à un demi-siècle de guerres israéliennes contre ses voisins.

La dernière guerre en date – durant l’été 2006 – contre le Liban fut une vraie déculottée. Le Hezbollah détruisit plusieurs centaines de chars Merkava réputés invincibles, des dizaines d’hélicoptères en donnant quelques fessées aux forces spéciales israéliennes chargées d’enlever Hassan Nasrallah dans la région de Baalbek au nord de la plaine de la Bekaa.

Il est vrai que le Mossad et l’Aman (services du renseignement militaire) ne sont plus ce qu’ils étaient, d’autant que les soldats startupers passent plus de temps sur leurs portables à parler aux copains et copines qu’à faire la guerre. Désolant, mais vrai.

Et, à cette glorieuse occasion qui prétendait alors ramener le Pays du Cèdre à l’âge des cavernes, la hiérarchie militaire israélienne découvrit avec stupeur que ses soldats startupers fumaient plus de pétards que les junkies de Brooklyn…

ESSENTIALISME D’UN MODELE « CYBERLIBERTARIEN »

Au terme de notre édifiante lecture symptômale, on se demande encore comment ce florilège de propagande et de contresens historiques a pu être édité. Page 121 : « dans ‘guerres et contre-guerres’ de Alvin et Heidi Toffler, ces derniers dévoilent que les Etats-Unis d’Amérique ont planifié un renouveau stratégique sur la base des progrès techniques induits par les nouvelles technologies du savoir, mais aussi par l’exemple de Tsahal (NDLR : l’armée israélienne) pendant la guerre du Kippour ». Ca, c’est quand même la meilleure ! En octobre 1973, les forces égyptiennes et syriennes percent les lignes israéliennes dans le Sinaï et sur le plateau du Golan. Sans l’organisation – en catastrophe – d’un pont aérien par les Etats-Unis, la transmission de renseignements militaires stratégiques américains et la trahison de Sadate, la vaillante « armée israélienne de défense » était cuite et recuite. Comme souvent, Washington sauva donc la mise à Tel-Aviv par de nouvelles livraison d’armes, instaurant un versement annuel d’aide civilo-militaire de plus de 3 milliards de dollars.

Mais aux yeux de nos trois zélateurs, ces précisions ne sont sûrement que des détails de l’Histoire parce que la seule grande leçon à retenir est bien que : « la mondialisation fait partie intégrante de l’histoire de ce jeune pays. Israël a toujours eu une vision globale et l’économie et des échanges… »

Mais conclusion finale de nos trois starto-penseurs est des plus paradoxales. D’un côté, ils nous disent que « l’objectif du sionisme est de donner ou de rendre (NDLR : sic) aux Juifs un territoire perdu (NDLR : re-sic) depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien » et de l’autre ils s’émerveillent de « l’a-territorialité » hors-sol de l’Etat israélien plus mondialisé que tout autre. Faudrait savoir !

En s’appuyant sur le « Tikkoum Olam », la « philosophie porteuse de la singularité technologique », les trois rigolos finissent par nous vendre un modèle « cyber-libertarien » selon, – je cite – « une philosophie politique pour laquelle une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » ! Fort de cette idéologie en bois et en suivant le « Tikkoum Olam », il s’agit en définitive de réparer, sinon d’augmenter l’humain !

Avec Israël, nation pionnière du transhumanisme, à terme, on va « réparer nos organes, à des échelles de plus en plus petites, modéliser et changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entier et mettre des implants électroniques ». Bref, qu’est-ce qu’on va se marrer…

Conclusion, et comme tout le reste c’est écrit à la charrue : « ainsi Israël ne peut se contenter d’être un Etat souverain, il doit aussi se déployer en peuple nation, au travers, notamment de communautés imaginées ». Bien-sûr, le message s’adresse aussi aux femmes et aux enfants des Territoires palestiniens occupés. Inch’Allah…

QUE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE SE RESSAISISSE !

En définitive, une telle « conférence » des trois mousquetaires (qui a dû faire se retourner Aristote dans sa tombe) et la lecture de leur opuscule ne peut qu’amener sur une sage mise en garde : lorsqu’on parle de la Terre promise, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… Toujours est-il que les courageuses VA-Editions auraient du mieux relire le manuscrit avant de le mettre en fabrication. Personnellement, on pense avec tristesse aux écureuils expulsés des arbres abattus pour faire la pâte à un tel papier…

Rien d’étonnant à ce que la dernière livraison de la revue Challenges4 fasse sa couverture avec la photo d’un ahuri barbu arborant un sourire niais, casquette de baseball vissée sur la tête, barrée du titre : « Israël, le modèle mondial de la tech – Les Français qui ont réussi ». En revanche, il est assez piquant de voir la même entreprise de propagande relayée par d’anciens extrémistes armés repentis. Peut-être est-ce une partie du prix à payer pour s’acheter leur nouvelle vertu ? Les connaisseurs apprécieront…

Mais qu’une Ecole de guerre économique – qui prétend former les jeunes cadres de l’intelligence économique française – s’adonne ainsi à la banalisation subjuguée d’un régime d’apartheid sous couleurs de nouvelles technologies, constitue une imposture parfaitement lamentable… Ressaisissez-vous les amis, vous en avez les capacités !

Malgré tout, bonne semaine et bonne lecture.

A la semaine prochaine.

Richard Labévière

25 mars 2019

Proche et Moyen-Orient.ch

http://prochetmoyen-orient.ch/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Notes

1 GAFAM est l’acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

2 Luc Bretones travaille pour le groupe Orange depuis 1997. En juillet 2013, il prend la direction du Technocentre du groupe, puis en octobre 2013 d’Orange Vallée. Il est administrateur des sociétés SoftAtHome et La cité de l’objet connecté d’Angers. Il est également président de l’association de bénévoles Orange solidarité. Spécialisé dans le business des nouvelles technologies, Luc Bretones est administrateur de divers think tanks, comme l’institut G9+ ou encore Renaissance numérique.

3 Philippe Simonnot : Le Siècle Balfour – 1917/2017. Editions Pierre-Guillaume de Roux, mars 2018.

4 Challenges – numéro 600, du 7 au 13 mars 2019.

 

http://www.afrique-asie.fr/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

 

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

La notion d’image de marque, spécifique aux domaines de la communication et du marketing, s’impose depuis quelques années dans les relations internationales. C’est ce que l’on appelle le nation branding : un pays est une marque. Outre l’aspect économique, le nation branding est révélateur de bouleversements dans les relations internationales, dans un contexte de mondialisation.

La guerre du Vietnam fut l’une des plus médiatisées

Avec l’avènement de la télévision, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, puis des réseaux sociaux, l’information circule plus librement. Les politiques intérieures et extérieures sont plus médiatisées par des canaux non-officiels ou informels, entrainant des réactions : manifestations contre la guerre du Vietnam, devoir d’ingérence dans la crise du Biafra… Un Etat doit donc désormais tenir compte de nouvelles partie prenantes : les autres Etats bien sûr, mais aussi leurs opinions publiques, les média, les marchés financiers…

La notion de nation branding est théorisée par le consultant Simon Anholt, spécialiste du domaine. L’exemple par excellence est celui des Etats-Unis, où l’image de marque est la plus travaillée. Toutefois, on voit de plus en plus d’Etats faire leur propre promotion, notamment les pays émergents. Il peut s’agir d’une promotion touristique générale, pour favoriser les investissements, ou simplement pour une meilleure image. Des pays comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis ont régulièrement recours à des agences de communication pour redorer leur image1. L’un des exemples les plus visibles et récents de cette stratégie est le site Kawa News, qui présente l’Arabie Saoudite comme destination culturelle et touristique, sans parler de politique, donnant une image jeune et cool d’une monarchie conservatrice.

Si l’Arabie Saoudite ou le Qatar maintiennent de très bonnes relations avec la France, ces pays sont largement décriés par la société française. L’affaire Khashoggi est à ce titre intéressante : elle ne représente aucun intérêt stratégique pour des pays comme les Etats-Unis ou la France. Pourtant, les révélations faites par les média occidentaux ont fait réagir les opinions publiques. Les réactions sont allées jusqu’à remettre en cause l’intervention saoudienne au Yémen, et la vente d’armes à Riyad. Pourtant, l’intervention saoudienne a commencé dès 2015, simultanément avec les crimes de guerre. Il aura fallu attendre l’affaire Khashoggi pour que les opinions publiques remettent en cause la politique intérieure et extérieure du Royaume saoudien, obligeant les gouvernements de pays occidentaux à réviser, au moins en surface, leurs relations avec Riyad.

1 https://www.challenges.fr/media/ces-communicants-que-l-arabie-saoudite-paie-a-prix-d-or_624298

nation branding

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Free, victime de la guerre des prix en 2018

Free, victime de la guerre des prix en 2018

SEBASTIEN DUMOULIN Le 19/03 à 07:57
Le chiffre d’affaires de l’opérateur de Xavier Niel a stagné en 2018, à 4,9 milliards d’euros – SIPA

L’opérateur de Xavier Niel vient de clore un exercice cauchemardesque, caractérisé par les départs d’abonnés et la chute de l’action Iliad.

L’année 2018 restera marquée d’une pierre noire dans l’histoire de Free. Après avoir construit son succès commercial et son image de « trublion » des télécoms en cassant les prix, l’opérateur créé par Xavier Niel a connu un sévère retour de bâton.

L’an dernier,  la guerre des promotions a fait rage comme jamais dans les télécoms tricolores. Bouygues Telecom et SFR ont rivalisé d’offres toujours plus alléchantes… au détriment de Free. « 2018 a été marquée par la concurrence parfois irrationnelle de certains opérateurs », grince Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad – la maison mère de Free.

Panne de croissance

Sur la défensive,  Free a clairement été bousculé . Pour la première fois depuis son arrivée fracassante dans le mobile en 2012, l’opérateur y a perdu des abonnés – plus de 250.000 sur l’année. Pire, les abonnés à son offre Internet fixe – le coeur du réacteur de Free – ont également commencé à se faire la malle. Quelque 93.000 d’entre eux ont cédé aux sirènes de la concurrence en 2018.

Le résultat est une panne de croissance brutale. Les revenus d’Iliad – la maison mère de Free – progressaient d’environ 6 % par an ces trois dernières années. En 2018, ils ont stagné, à 4,9 milliards d’euros. Les marges se tassent également. L’Ebitda consolidé du groupe, à 1,7 milliard d’euros, recule de 1 %, contre des bonds de 6 % l’année précédente, 12 % en 2016 et même 16 % en 2015.

Cauchemar boursier

Dans ce contexte, l’action Iliad s’est effondrée ces derniers mois. Elle flirte avec les 90 euros, très loin de ses plus hauts historiques aux alentours de 240 euros. En moins de deux ans, le titre aura perdu près des deux tiers de sa valeur. Il est actuellement à son plus bas depuis sept ans… c’est-à-dire depuis le lancement de Free Mobile. Pour la Bourse, c’est comme si l’opérateur mobile, malgré son énorme succès et environ 20 % de parts de marché en France, n’avait pas créé de vale

Le cours d’Iliad reflète aussi la déception du marché, alors que le passage de quatre à trois opérateurs semble  plus improbable que jamais . Une telle opération serait un prélude à une remontée des prix. Mais personne n’est vendeur. « Il n’y aura pas de consolidation », réaffirme Thomas Reynaud.

Des jalons pour rebondir

« Nous sommes déçus par la performance commerciale, reconnaît le directeur général de Free, qui vise un retour à la croissance profitable en 2019. Le groupe se porte bien. Nous n’avons pas fait d’erreur stratégique. »

Pour rebondir, l’opérateur a planté des graines qu’il espère voir fleurir vite. En décembre, après huit ans d’attente, l’opérateur a sorti une  nouvelle version de sa Freebox, baptisée « Delta » . Le modèle, très haut de gamme, a connu des débuts chahutés en raison des problèmes de livraison et de ses tarifs très élevés.

Mais Free a révélé récemment  en avoir écoulé 100.000 en deux mois , ce qui est vu par les analystes comme une performance très raisonnable. Et Thomas Reynaud n’en démord pas : « La Freebox Delta en fait sourire certains, mais on prépare l’avenir. Dans 3 ou 4 ans, vous voudrez tous la fibre 10G. »

Iliad s’est également lancé l’année dernière dans sa première aventure internationale, en débarquant en Italie à l’été. En adoptant sa posture favorite de chevalier blanc des consommateurs floués par ses concurrents,  l’opérateur a reçu un accueil triomphal . En sept mois, Iliad a séduit 2,8 millions de clients de l’autre côté des Alpes. Les revenus de la filiale italienne représentent déjà 125 millions d’euros en 2018.

Enfin, Iliad accélère  sa conversion à la fibre optique . Il offre cette technologie d’avenir à plus de 10 millions de foyers. Avec un million de clients fibrés, Free est en deuxième position derrière Orange (2,6 millions de clients). De quoi rêver à des jours meilleurs, après la déception de 2018.

Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln

Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine

Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 21 février 2019

Pendant plusieurs siècles, la Chine avait le monopole de la soie. Elle était exportée le long de la Route de la soie jusqu’en Perse et, de là, en Europe. La production de soie était très rentable. L’exportation des vers à soie et des méthodes de production était interdite. Au milieu du VIe siècle, deux moines se rendirent d’Europe en Chine et découvrirent comment la soie était produite. Ils en ont rendu compte à l’empereur byzantin Justitian I qui les a incités à acquérir secrètement des vers à soie et à les faire passer en contrebande chez eux. Les moines ont réussi à le faire. Peu de temps après, le monopole chinois sur la soie et le monopole de la Perse sur le commerce de la soie avec l’Europe n’existaient plus.

Les États-Unis craignent que la Chine ne puisse bientôt les concurrencer dans la conception et la fabrication de puces informatiques. Ils tentent d’empêcher la Chine de construire ses propres usines de puces et le Congrès veut même bloquer les exportations de puces à des entreprises chinoises spécifiques. C’est une course que les États-Unis vont perdre. La technologie et les moyens de la produire prolifèrent inévitablement.

Les réseaux de données mobiles 5G utiliseront de nouvelles fréquences et de nouveaux algorithmes pour fournir des gigabits de flux de données depuis, vers, et entre des appareils mobiles. Cela permettra des applications totalement nouvelles, telles que la communication directe entre des voitures (semi-) autonomes à tous les carrefours. Dans le monde entier, un certain nombre de sociétés s’emploient à fournir la technologie 5G. Cela implique des antennes, des stations d’émission, de nouveaux matériels et logiciels, à la périphérie et dans les systèmes de télécommunication de base. Les principaux fournisseurs de ces systèmes sont des sociétés américaines telles que Motorola, Qualcomm et Cisco. Les autres sont Ericsson et Samsung. L’un des plus importants est la société chinoise Huawei.

Actuellement, Huawei est la société la plus avancée dans le domaine de la 5G. Cela a commencé tôt et a nécessité l’investissement de sommes énormes dans la recherche et le développement de la technologie 5G. Elle détient environ 15% de tous les brevets pertinents. Elle est actuellement le seul fournisseur capable d’offrir une solution de bout en bout pour les réseaux 5G. Comme elle dessert l’énorme marché chinois, elle peut produire à grande échelle et vendre ses équipements à un prix inférieur à celui des autres sociétés. Les autres fournisseurs dominants d’équipements de télécommunication, y compris aux États-Unis, accusent un retard dans la technologie 5G. Ils n’ont pas investi suffisamment tôt et sont maintenant à la traîne.

Au lieu d’investir pour un développement plus rapide et une meilleure technologie, les États-Unis tentent d’empêcher Huawei de vendre ses produits. Cela nuit au développement d’autres pays qui souhaitent fournir des réseaux 5G à leurs populations.

Les États-Unis exhortent depuis longtemps leurs alliés à ne pas utiliser les équipements chinois sur leurs réseaux téléphoniques. Ils prétendent faussement que l’équipement de Huawei constitue une menace pour la sécurité.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont suivi l’ordre américain et interdit l’utilisation de matériel Huawei dans leurs réseaux 5G. Les États-Unis ont également essayé de faire pression sur les grands pays européens pour qu’ils évitent Huawei. Jusqu’à présent, cela a échoué. L’Allemagne a résisté à la pression des États-Unis de ne pas utiliser de matériel Huawei. Elle craint des retards dans le déploiement de la 5G. Hier, la Grande-Bretagne a également refusé :

La Grande-Bretagne est capable de gérer les risques de sécurité liés à l'utilisation d'équipements de télécommunication Huawei et n'a vu aucune preuve d'actes malveillants de la part de la société, a déclaré un haut responsable, mercredi, repoussant les allégations d'espionnage de l'État chinois aux États-Unis. ...
« Notre régime est sans doute le régime de surveillance le plus dur et le plus rigoureux au monde pour Huawei », a déclaré Chiaran Martin, responsable du centre britannique de cybersécurité (NCSC), faisant partie de l'agence de renseignement britannique GCHQ, lors d'une conférence sur la cybersécurité à Bruxelles.
 
Quand on lui a demandé par la suite si Washington avait présenté à la Grande-Bretagne des preuves à l’appui de ses allégations, il a déclaré aux journalistes : « Je serais obligé de faire un rapport s’il existait des preuves de malveillance ... de Huawei. Et nous n’avons pas encore eu à le faire. Alors j'espère que ça répond à la question. »

Si la Grande-Bretagne, membre du groupe de partage de renseignements Five Eyes, ne voit aucun danger à utiliser Huawei, les États-Unis ont perdu la cause.

Il est probable que l’annonce faite hier par la Grande-Bretagne a été à l’origine de la réaction des États-Unis en deux volets :

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:55 utc - 21 février 2019
 
Je veux la technologie 5G, et même 6G, aux États-Unis dès que possible. Elle est beaucoup plus puissante, plus rapide et plus intelligente que la norme actuelle. Les entreprises américaines doivent redoubler d'efforts ou être laissées pour compte. Il n'y a aucune raison pour que nous restions à la traîne...

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:59 utc - 21 février 2019

... à propos de quelque chose qui est si évidemment l'avenir. Je veux que les États-Unis l'emportent par le biais de la concurrence et non par le blocage de technologies plus avancées. Nous devons toujours être leader dans tout ce que nous faisons, en particulier dans le monde passionnant de la technologie !

Au cours de la même heure, alors que Donald Trump déclarait vouloir une « concurrence loyale» sur les nouvelles technologies mobiles, son secrétaire d’État, Mike Pompeo, tentait de faire chanter les alliés des États-Unis afin qu’ils n’utilisent pas les systèmes Huawei :

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a averti jeudi que les États-Unis ne seraient pas en mesure de s'associer ou de partager des informations avec les pays qui adoptent les systèmes Huawei Technologies Co Ltd, en raison de problèmes de sécurité.
 
Dans une interview accordée à Fox Business Network, Pompeo a déclaré que les pays d’Europe et d’autres régions devaient comprendre les risques liés à la mise en œuvre des équipements de télécommunication de Huawei et quand ils comprendront, ils ne les utiliseront finalement pas.

« Si un pays l'adopte et l'insère dans certains de ses systèmes d'information critiques, nous ne pourrons pas partager d'informations avec lui, nous ne pourrons pas travailler à ses côtés », a déclaré Pompeo.

L’attitude de Pompeo semble dure et n’est certainement pas dans l’esprit de « gagner par la concurrence » comme son patron le demande. C’est aussi inutile.

Les services secrets américains échangent des informations avec de nombreux autres pays. La coopération des États-Unis, dans le groupe des  Five Eyes – le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – implique un gigantesque effort mondial d’acquisition de données, bien connu pour « tout rassembler ». Les résultats sont partagés au sein du groupe. Les services américains échangent également des données avec de nombreux autres services d’espionnage sur une base plus limitée. Cela inclut des échanges même avec des « États ennemis » comme la Russie ou la Syrie. Mais ce sont tous des échanges réciproques. Ils sont basés sur le troc. Si les États-Unis cessent de fournir, par exemple, des informations sur les terroristes d’État islamique, d’autres cesseront de fournir des informations similaires aux États-Unis.

L’échange de renseignements se fait toujours à l’avantage des deux côtés. Si les États-Unis cessaient de fournir leurs données, ils perdraient également l’accès aux informations fournies par leurs homologues. En outre, l’utilisation de tel ou tel système ou technologie de téléphonie mobile n’est pas pertinente pour l’échange de données sur les canaux de sécurité. La menace de Pompeo n’a pas de sens et sera rejetée.

Huwaei n’est pas plus une menace pour la sécurité que n’importe quel autre fournisseur d’équipements de télécommunication. Le plus grand danger de tous est la qualité de leur logiciel qui permet à divers services secrets et autres criminels de pirater de tels équipements. Les fichiers de Snowden indiquaient que les États-Unis pirataient et corrigeaient régulièrement le matériel de communication qu’ils fournissaient eux-mêmes. En 2012, la NSA a tenté d’installer un exploit [logiciel espion] sur les routeurs Cisco qui exploitent le nœud Internet central de la Syrie. L‘opération a foiré, ce qui a « bloqué » les routeurs et coupé l’Internet de la Syrie.

Contrairement à de nombreuses entreprises américaines, Huawei donne aux gouvernements étrangers accès au code source de ses équipements. Il supporte des laboratoires spéciaux en Allemagne, en Grande-Bretagne, à Singapour et ailleurs, capables d’inspecter et de tester le code et les équipements avant leur utilisation. Il a récemment annoncé l’ouverture du processus central de développement de la 5G en Chine à l’inspection des gouvernements étrangers.

Le seul problème que ces laboratoires ont découvert jusqu’à présent est que les programmeurs chinois de Huawei sont aussi négligents et sujets aux erreurs que les programmeurs du reste du monde. Leur codage n’est ni plus élégant ni de meilleure qualité. La NSA aura peu de problèmes pour les pirater.

La tentative américaine de bloquer le déploiement d’équipements Huawei est évidemment faite pour des raisons économiques. La mise en place de l’Internet a entraîné un essor considérable de l’industrie des télécommunications aux États-Unis. Un déploiement de la 5G sur les marchés est censé prolonger cela.

Malheureusement, les entreprises américaines ont perdu l amain. Leurs dirigeants voulant exhiber des profits à court terme, ont racheté leurs actions, au lieu d’investir dans la recherche et le développement. Huawei les a battus en étant la première à offrir la gamme complète de produits de la prochaine génération.

En entravant Huawei, l’administration Trump s’efforce de gagner du temps afin que les entreprises américaines puissent se rattraper. Mais c’est encore une pensée stupide à court terme. Les bénéfices réels des réseaux 5G ne seront pas réalisés avec des équipements de communication mais avec les produits et services qu’ils permettront. Les États-Unis ont mis au point Internet et l’ont vendu au monde. Cisco et d’autres fabricants de matériel sont devenus riches. Mais il y a aussi Google et Amazon qui sont devenus encore plus riches en fournissant les applications qui fonctionnent sur le net.

Si l’Occident retarde le déploiement de la 5G pendant que la Chine l’implémente, les sociétés chinoises disposeront d’un avantage pour créer les produits qui fonctionneront au-dessus de la nouvelle couche de communication globale. Cela permettra à la Chine d’incuber les prochains Google et Amazon gigantesques, avant que d’autres pays ne puissent même tester la technologie de base. C’est même la raison pour laquelle les pays européens ne suivent pas l’initiative des États-Unis.

C’est une réflexion à court terme qui explique que les États-Unis ont raté les télécommunications de nouvelle génération. S’ils veulent reprendre la tête, ils devront changer d’attitude.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-efforts-americains-pour-bloquer-huawei-donnent-un-avantage-a-la-chine

 

Huawei prêt à renforcer sa sécurité pour rester dans le marché 5G

Huawei prêt à renforcer sa sécurité pour rester dans le marché 5G

 

 

Le groupe chinois Huawei est prêt à prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour rester dans la course au développement du réseau de téléphonie mobile de nouvelle génération (5G) en Europe centrale et orientale, a déclaré mercredi un responsable de l’équipementier télécoms. /Photo prise le 12 février 2019/REUTERS/Dado Ruvic

VARSOVIE (Reuters) – Le groupe chinois Huawei est prêt à prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour rester dans la course au développement du réseau de téléphonie mobile de nouvelle génération (5G) en Europe centrale et orientale, a déclaré mercredi un responsable de l’équipementier télécoms.

Les Etats-Unis font pression sur leurs alliés pour qu’ils refusent de s’équiper auprès de Huawei, qu’ils accusent d’espionner pour le compte du gouvernement chinois.

Le vice-président américain Mike Pence, à Varsovie pour assister à une conférence sur le Proche-Orient, a salué mercredi la volonté du gouvernement polonais de “protéger de la Chine son secteur télécoms”, notant la récente arrestation par les autorités polonaises d’un employé chinois de Huawei et d’un ancien membre des services de sécurité polonais pour des soupçons d’espionnage.

“Le gouvernement américain est très obstiné, très déterminé et très pugnace dans sa manière de communiquer sur Huawei”, a observé Andy Purdy, responsable de la sécurité de Huawei Technologies USA.

L’équipementier chinois, qui dément toutes les accusations portées contre lui, est prêt à travailler avec les gouvernements sur des mesures de sécurité supplémentaires, qui s’appliqueraient à tous ses fournisseurs, a-t-il ajouté.

Cité par l’agence Chine nouvelle, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a quant à elle accusé les Etats-Unis d’utiliser leur puissance étatique pour bloquer le développement légitime des entreprises chinoises, alors que les négociateurs américains et chinois ont repris leurs négociations commerciales à Pékin.

Anna Koper, Janis Laizans; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

https://fr.reuters.com/article/technologyNews/idFRKCN1Q229E-OFRIN

GB-De nouvelles lois vont exclure Huawei des projets technologiques – presse

9 février 2019 / 01:03 / il y a 2 jours

GB-De nouvelles lois vont exclure Huawei des projets technologiques – presse

 

 

9 février (Reuters) – De nouvelles lois sur les investissements étrangers au Royaume-Uni vont exclure l’équipementier chinois Huawei des projets sensibles de haute technologie, rapporte vendredi The Sun here

Selon le journal tabloïd, beaucoup craignent qu’autoriser Huawei à accéder au réseau britannique de téléphonie 5G permettrait à Pékin d’utiliser le réseau à des fins d’espionnage.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Jeremy Hunt et Gavin Williamson, font partie de ceux qui s’inquiètent des visées de l’entreprise chinoise.

Avec un chiffre d’affaires de 93 milliards de dollars (81,7 milliards d’euros) en 2017, Huawei est le premier équipementier télécoms mondial mais plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, redoutent que Pékin n’utilise ses infrastructures à des fins d’espionnage.

Aucune preuve n’a jusqu’à jusqu’à présent été apportée pour étayer ces soupçons et le groupe a réfuté à de nombreuses reprises ces accusations. La controverse a toutefois conduit les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande à restreindre l’accès à leurs marchés pour la téléphonie mobile de cinquième génération (5G) et Washington encourage vivement les pays de l’Union européenne à faire de même.

(Gaurika Juneja à Bangalore; Arthur Connan pour le service français)

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5N2036QN

 

Revue de presse nationale et internationale.