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H. Védrine. La France dans le monde : quels débats ?

H. Védrine. La France dans le monde : quels débats ?

Par Hubert VEDRINE, Pierre VERLUISE, Selma MIHOUBI, le 23 décembre 2015  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères (1997-2002). Pierre Verluise, Docteur en géopolitique, Directeur du Diploweb a conduit l’entretien. Selma Mihoubi, Doctorante en géopolitique (IFG) a filmé et monté l’entretien, réalisé dans le cadre des Assises du CSFRS.

Cet entretien vidéo pointe de façon précise les contradictions des Français au sujet de la place de la France dans le monde. Il peut illustrer un cours consacré à cette question (4 minutes). Un propos qui intéressera aussi celles et ceux qui suivent la diplomatie de la France.

 

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Entretien avec Natalia Nikonorova, Ministre des Affaires Etrangères de la DNR (Partie 1)

Entretien avec Natalia Nikonorova, Ministre des Affaires Etrangères de la DNR (Partie 1)

Accords de Minsk, propagande en Ukraine, aides sociales pour les habitants du Donbass, Kurt Volker ou encore provocations de Kiev pendant la coupe du monde de football, Xavier Moreau a recueilli les impressions de la ministre des Affaires étrangères de la DNR, Natalia Nikonorova.

https://stratpol.com/entretien-avec-natalia-nikonorova-ministre-des-affaires-etrangeres-de-la-dnr-partie-1/

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»? Source: RT
Alexandre Leraître et David Gendreau

Après la menace brandie par Bercy d’une amende de 34 millions d’euros pour General Electric qui n’a pas tenu sa promesse en termes de création d’emplois, Alexandre Leraître et David Gendreau reviennent sur le rachat d’Alstom par le groupe américain.

Alexandre Leraître et David Gendreau, réalisateurs du documentaire Guerre fantôme : la vente d’Alstom à General Electric étaient les invités du JT ce 19 juin sur RT France.

Alors que General Electric pourrait devoir payer une amende de 34 millions d’euros pour ne pas avoir tenu son engagement à créer un millier d’emplois en France, les deux réalisateurs ont commenté cette menace du gouvernement et sont revenus pour RT France sur les enjeux de la vente d’Alstom au groupe américain.

Amende «dérisoire» pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards d’euros

General Electric n’a pas tenu ses promesses : pas de surprise ? «Tout le monde le savait parmi les gens qui connaissaient bien le sujet», a affirmé l’un des deux journalistes qui ont côtoyé aussi bien les syndicats que les employés d’Alstom dans le cadre de leur enquête. Et son collègue d’ajouter : «Ça va leur coûter moins cher de payer une amende dérisoire de 34 millions d’euros sachant qu’ils font un chiffre d’affaires annuel d’à peu près 100 milliards d’euros.»

Citant des sources syndicales, David Gendreau a par ailleurs souligné que beaucoup de sites du groupe étaient aujourd’hui menacés en France.

Rachat d’Alstom : «Déstabilisation des Américains pour contrôler un secteur stratégique»

Insistant sur ce qu’il assimile à «la vente de [la] souveraineté nucléaire [de la France] aux Américains», Alexandre Leraître a rapidement tenu à rappeler les enjeux majeurs liés au rachat d’Alstom par General Electric : «On a vendu [aux Américains] la maintenance des turbines de toutes nos centrales nucléaires, la maintenance des turbines du porte-avion CDG, des systèmes de radars, de la dissuasion nucléaire navale au niveau des sous-marins.» Confirmant les propos de son collègue, David Gendreau a ajouté : «On a perdu une grosse partie de notre indépendance avec cette affaire.»

Les journalistes n’ont pas manqué de rappeler que l’actuelle politique étrangère américaine de Donald Trump prouvait que Washington était capable de «mettre un pays sous embargo». Alexandre Leraître a souligné que les Etats-Unis avaient déjà pris de telles mesures contre la France lors de la guerre en Irak, à laquelle Paris avait refusé de participer, affirmant que l’affaire Alstom pourrait dorénavant permettre à Washington de «faire pression sur la diplomatie française».

Déplorant une dynamique de désengagement de l’Etat français, les journalistes n’ont pas caché leur inquiétude de voir les Américains prendre le contrôle de secteurs stratégiques à coups de «déstabilisations».

L’Etat ne regrette rien… «par atlantisme» ?

Interrogé sur d’éventuels regrets que pourrait éprouver l’Etat français au vu des conséquences de la vente d’Alstom, David Gendreau a rappelé que la commission d’enquête montée à ce sujet «n’a[vait] mené à rien» poursuivant ainsi : «On n’a pas l’impression qu’ils prennent la mesure [de l’enjeu], par atlantisme peut-être.»

Alexandre Leraître a par ailleurs affirmé avoir des retours expliquant qu’il existait des consignes de discrétion : «Ils veulent qu’on en parle le moins possible.»

Les journalistes ont enfin affirmé que des menaces pesaient sur la souveraineté de la France au vu de certaines affaires en cours autour notamment des entreprises Airbus ou Naval Group. Avec la mise en avant d’histoires de corruption puis la saisie de la justice américaine chargée d’enquêter sur celles-ci, le mode opératoire des affaires en cours se rapprocherait en effet de l’affaire du rachat d’Alstom.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

https://francais.rt.com/entretiens/51748-general-electric-amende-derisoire-vente-souverainete-nucleaire-americains

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Par Benjamin HAUTECOUVERTURE , Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Pierre VERLUISE, le 7 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Benjamin Hautecouverture est Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Propos recueillis par Pierre Verluise, Docteur en géopolitique, fondateur du Diploweb.com. Images et son Jérémie Rocques. Montage : Fabien Herbert. Résumé : Emilie Dael Causse.

L’histoire a-t-elle déjà vu un pays renoncer à l’arme nucléaire ? Si l’Afrique du Sud, l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan ont renoncé à la dissuasion nucléaire, c’est à chaque fois après un changement de régime politique. La Corée du Nord fera-t-elle exception ? Et l’Iran ?

QUESTIONS

. Quelles sont les idées fausses concernant la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?
. Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé Emilie Dael Causse pour Diploweb

Nous nous trouvons dans un moment particulier de l’histoire de la planète nucléaire. En effet, en juillet 2018 auront lieu les cinquante ans de l’ouverture à la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. C’est l’occasion pour l’ensemble de la communauté internationale de faire un point sur la place de l’arme nucléaire dans les rapports entre puissances et dans les doctrines de sécurité des grands États aujourd’hui.

Quelles sont les idées fausses sur la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

L’idée selon laquelle le monde s’acheminerait vers la fin de l’arme nucléaire est erronée. Elle semble avoir animé certains États pendant la négociation d’un traité d’interdiction signé à New-York à l’été 2017. Bien au contraire, en 2018, nous assistons d’un côté à une re-nucléarisation des politiques de sécurité des États dotés de l’arme nucléaire, et de l’autre au retour des débats autour d’une possible relance des politiques de nucléarisation pour les non dotés. Cette tendance se traduit notamment dans le fait que les États dotés n’ont pas signé le traité de New-York et que beaucoup d’autres se sont abstenus. Pour la centaine d’États non dotés, cette volonté de mettre fin aux armes nucléaires rend compte d’une exaspération croissante à l’égard d’un retour de l’arme nucléaire dans le monde.

L’arme nucléaire n’est pas non plus en train de reprendre la place qui fut la sienne pendant la Guerre froide (1947-1990). Il ne suffit pas de prendre appui sur les stratégies des années 60 à 80 pour comprendre le monde nucléaire actuel. Pour cause, le monde n’est plus bipolaire mais en cours de multipolarisation, ce qui fait que les rapports entre États sont beaucoup plus complexes. En particulier parce que les États ont des politiques d’alliances et de partenariats beaucoup plus opportunistes et pragmatiques qu’avant.

Il ne faut pas non plus croire que la volonté de lutter contre la prolifération de l’arme nucléaire soit en perte de vitesse. Si les années 2000 à 2012 ont été marquées par une érosion de la non-prolifération, il semble désormais nécessaire de repenser ce que doivent être les cadres de l’arme nucléaire, c’est-à-dire la maîtrise de l’armement (ou l’ « arms control »). L’enjeu et de repenser un instrument de maîtrise du volume de la violence.

Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Les grands États dotés de l’arme nucléaire que sont les Etats-Unis, la Russie, la France, la Chine, et le Royaume-Uni sont en cours de modernisation de leur force de dissuasion. Cela se traduit par exemple en France au travers de la présentation en février 2018 de la Loi de programmation militaire 2019-2025 qui prévoit une hausse du budget de dissuasion. Un processus général de réévaluation de l’arme nucléaire dans les arsenaux des États dotés est donc en marche et le rôle de l’arme nucléaire dans les doctrines de sécurité de ces États n’a pas décru.

Dans le contexte de crise de prolifération actuel, il semble important de rappeler que dans l’histoire, aucun État n’a dénucléarisé, désarmé et démantelé son programme sans changement de régime ou rupture historique majeure. C’est seulement le cas de l’Afrique du Sud avec la fin de l’apartheid en 1991 et celui de l’Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan dont l’armement été rapatrié en Russie suite à l’implosion de l’URSS le 8 décembre 1991. Voici pourquoi, à moins d’une rupture politique majeure en Corée de Nord dans les années à venir, il n’y a pas de raison de penser que le régime soit sur la voie d’une dénucléarisation.

Enfin, pour comprendre l’importance de l’arme nucléaire dans les relations internationales aujourd’hui, il faut avoir à l’esprit qu’elle reste une clé de lecture déterminante des relations entre puissances. En particulier, dès qu’il y a un conflit ou qu’une rivalité peut s’exacerber, elle va immédiatement prendre le rôle de stabilisateur ou celui d’un facteur qui empêche de débloquer une situation ou bien qui permet d’en rester à une rivalité de basse intensité. Par exemple, cela est vrai pour la crise syrienne qui perdure car l’allié russe empêche que des solutions militaires soient adoptées ou aillent dans le sens d’une escalade nucléaire.

Ainsi l’arme nucléaire reste extrêmement structurante dans les relations entre puissances et ce en particulier dans des cas de crise.

Copyright pour le résumé Juin 2018- Dael Causse/Diploweb.com


Sur le nucléaire, le Diploweb.com vous propose encore les vidéos suivantes :

. Eric Danon : La dissuasion nucléaire a-t-elle un avenir ?

. Emmnanuelle Maitre : Quel avenir pour l’accord nucléaire iranien ?

. Benjamin Hautecouverture : La Corée du Nord et l’arme nucléaire

. François Géré : Un stratège français d’envergure, P.-M. Gallois et le nucléaire

. François Géré : Lucien Poirier, stratège français de la dissuasion nucléaire

. Benjamin Hautecouverture : Quelle prolifération nucléaire ?

Les scénarios-monde d’Hubert Védrine

5.mai.2018 // Les Crises

Les scénarios-monde d’Hubert Védrine

Source : France Culture, Olivia Gesbert, 25/04/2018

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=7d97dd95-e0a0-4fee-b982-22a92170fb8f

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, fait paraître Compte à rebours (Fayard, avril 2018)

https://www.dailymotion.com/embed/video/x6idzqc

L’Histoire s’est remise en marche, elle ne s’est pas arrêtée à l’époque où Fukuyama le prédisait.” Hubert Védrine

Emmanuel Macron est arrivé aux Etats-Unis pour une première visite d’Etat depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. De compliments en poignées de main, on a bien compris qu’un rapprochement était à l’œuvre, qui s’est formalisé cette nuit sur le dossier du nucléaire iranien. Mais qui mise sur qui ? Qui courtise qui ?

On est dans un pays chimérique, et on doit faire un effort pour mesurer la réalité. Il y a un décalage entre ce qu’on pense qu’il faudrait que l’on fasse, et ce que l’on peut en vrai.” Hubert Védrine

Invité de cette Grande Table du mercredi : l’ancien ministre des Affaires étrangères et essayiste, Hubert Védrine. Il a l’expérience du pouvoir et la lucidité des réalistes, témoin depuis 30 ans des évolutions des relations diplomatiques.

Macron tente avec Trump une approche amicale, psychologique, qui n’est pas critiquable : ce n’est pas absurde d’essayer.” Hubert Védrine

Aujourd’hui il publie : « Comptes à rebours », chez Fayard . Un recueil de textes écrits entre 2013 et 2018 dans lesquels il met en garde sur l’état du monde et les reconfigurations actuelles. Une invitation à analyser le monde avec « un œil réaliste, non idéologique, ni occidentalo-centré, ni occidentalo-expiateur, à saisir les tendances de fond, sans tomber dans une futurologie fantaisiste. »

Il y a chez Macron une synthèse à l’oeuvre entre des convictions philosophiques européistes, et une Europe qui protège : il part d’un idéal, mais il avance.

Je ne suis pas interventionniste, mais si on fixe une ligne rouge, il faut la respecter : sans quoi l’on a aucune crédibilité.” Hubert Védrine

Source : France Culture, Olivia Gesbert, 25/04/2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/les-scenarios-monde-dhubert-vedrine/

CSFRS et GeoStrategia « Repenser l’approche de la question sahélienne par la recherche »

CSFRS et GeoStrategia « Repenser l’approche de la question sahélienne par la recherche »

Par CSFRS, GEOSTRATEGIA, le 3 mai 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS) a pour objet le soutien, la coordination et l’ animation des efforts développés en matière de recherche et de formation stratégiques dans les domaines de la sécurité et de la défense de façon à permettre l’ élaboration et l’actualisation d’instruments de référence de niveau international. En cohérence avec la finalité et l’ensemble des actions menées par le CSFRS, Geostrategia est un site web collaboratif qui vise à soutenir la formation et la recherche stratégiques nationales et à contribuer à la l’émergence d’une communauté stratégique nationale.
Une production vidéo SAS Expertise géopolitique – Diploweb. Propos recueillis par Pierre Verluise. Images et son : Jérémie Rocques. Montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard.

Le CSFRS et GeoStrategia présentent « Repenser l’approche de la question sahélienne par la recherche », première session des Rendez-vous de la Réflexion Stratégique (Paris, École militaire, 11 avril 2018). Les Rendez-vous de la Réflexion Stratégique visent à valoriser la recherche soutenue par le CSFRS et à créer des synergies avec les partenaires de GeoStrategia.
Cette première session s’appuie sur divers articles et études mis en ligne sur Geostrategia (www.geostrategia.fr) et issus de la Revue Défense Nationale, de l’European Council on Foreign Relations, des Cahiers de l’Orient et du CSFRS.

Par ordre d’apparition, les intervenants :

Olivier Caron, directeur général du CSFRS.
Jean-Marc Châtaignier, Ambassadeur « Envoyé spécial pour le Sahel »
Serge Michailof, Chercheur, enseignant associé à Sciences Po Paris
Thierry Hommel, Économiste, enseignant associé à l’École des ponts et chaussées
Andrew Lebovich, Chercheur associé à l’European Council on Foreign Relations
Salim Chena, Chercheur, enseignant associé à Sciences Po Bordeaux.
Yvan Guichaoua, Chercheur et enseignant à la Brussels School of International Studies.
Anne De Luca, Chercheure associée au centre Thucydide.

Résumé

La question sahélienne est complexe, et le paysage stratégique associé englobe tant le Sahara que ses deux rives : l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Les sept intervenants en abordent les différents aspects interdépendants : sécurité, gouvernance, développement.

La crise de l’espace sahélien dépasse donc le Mali, même si ce problème malien est majeur et déborde sur le Niger et le Burkina. Par ailleurs, le Nord-Nigéria, le sud-est du Niger et le sud du Tchad constituent un deuxième foyer de tension majeure, avec le phénomène Boko Haram.

Le Sahel est une zone fragile sur les plans environnemental, politique, démographique. Le rôle de la communauté internationale ne consiste pas à donner des leçons, à exporter des « recettes », mais à proposer un véritable support à une politique définie par les Sahéliens eux-mêmes. D’où l’accent porté sur l’importance du dialogue avec les partenaires locaux, sur la compréhension de leurs besoins comme de leurs aspirations.

Au Mali, les difficultés du gouvernement et les attaques successives contre les troupes régulières soulignent la difficulté stratégique à laquelle nous faisons face. Les élections de juillet 2018 offrent une opportunité pour construire un appareil d’État capable de rétablir l’ordre dans le pays, ce que les forces françaises et onusiennes ne peuvent faire seules. Les organisations non-gouvernementales (ONG) ne peuvent également pas à elles seules ramener le Mali sur la voie du développement. L’urgence est donc au rétablissement de l’appareil régalien. Pourtant, malgré leurs discours sur l’importance du développement pour la sécurité et inversement, les ONG jugent trop délicat et politiquement sensible d’intervenir dans ce sens. Or, il faut améliorer les conditions de vie pour ramener la paix dans les villages. Il faut donc pouvoir coordonner l’aide internationale de façon plus efficace. Dans le cas contraire, cette aide risque d’accroitre la désorganisation et la dégradation économique du territoire, nonobstant la perte financière. Ainsi, tant qu’il y aura un vide étatique, l’impact des interventions dans ces régions enclavées sera toujours limité par les difficultés des populations à accéder à certains services essentiels comme l’éducation, la santé, l’énergie.

Certaines représentations faussent la compréhension de la crise sahélienne. L’Algérie est ainsi plus active qu’on ne le pense. Même si son histoire et sa Constitution l’empêchent d’intervenir en dehors de ses frontières, elle coopère avec des partenaires, régionaux, européens et américains. Par ailleurs, les causes sociologiques et politiques sont essentielles pour comprendre les raisons qui poussent aux révoltes armées au Sahel. La croissance du djihadisme n’est-elle pas liée à un désengagement de l’État ? S’il existe une volonté de transformer un système politique en accord avec des références religieuses, il faut impérativement prendre en compte la dimension locale. Le djihadisme prospère en effet sur des territoires fragmentés, au sein de communautés ayant des comptes à régler avec l’État. Il faut également être attentif aux interférences externes de la France et de l’ONU et aux risques qu’elles portent sur la cohésion sociale et politique au Sahel. Enfin, il faut se défier des idées reçues sur la dimension religieuse et sur les textes (Coran…) associés, auxquels on prête beaucoup de significations plus ou moins erronées. Il est nécessaire d’apporter des réponses argumentées et construites aux interrogations légitimes des opinions publiques, via une meilleure connaissance de ces textes.

Plus : le site du CSFR https://www.csfrs.fr/ et GeoStrategia https://www.geostrategia.fr

Une production vidéo SAS Expertise géopolitique – Diploweb. Propos recueillis par Pierre Verluise. Images et son : Jérémie Rocques. Montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard.

https://www.diploweb.com/CSFRS-et-GeoStrategia-Repenser-l-approche-de-la-question-sahelienne-par-la-recherche.html

[Vidéo] Alain Juillet : DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, par Thinkerview

22.avril.2018 // Les Crises

[Vidéo] Alain Juillet : DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, par Thinkerview

Source : Thinkerview, Youtube, 07-04-2018

Interview de Alain Juillet, Ancien Directeur du Renseignement au sein de la DGSE, Haut Responsable pour l’Intelligence Économique en France auprès du premier Ministre, en direct à 19h, le 07/04/2018.

Source : Thinkerview, Youtube, 07-04-2018

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https://www.les-crises.fr/video-alain-juillet-dgse-espions-secrets-des-affaires-crises-mondiales-par-thinkerview/

Le Dessous des cartes Câbles sous-marins : la guerre invisible

Le Dessous des cartes
Câbles sous-marins : la guerre invisible

13 min.
Disponible du 14/04/2018 au 14/06/2018
Disponible en direct : oui
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Quelque 400 câbles sous-marins tissent un réseau invisible et pourtant crucial pour notre monde connecté. Longs d’1,3 million de kilomètres, ils sont indispensables au bon fonctionnement d’Internet et font transiter 99 % des échanges intercontinentaux. Ces infrastructures méconnues attisent plus que jamais la convoitise des États, des services de renseignement et des géants du Net.

Présentation :

Emilie Aubry

Pays :

France

Syrie : les mensonges jusqu’au bout – JT TVL 9 avril 2018

Syrie : les mensonges jusqu’au bout – JT TVL 9 avril 2018


1) International / Syrie : les mensonges jusqu’au bout

Les accusations d’utilisation d’armes chimiques par Bachar el-Assad en Syrie recommencent. Les médias et les politiques occidentaux hurlent à l’unisson à l’acte barbare malgré l’absence sur place d’envoyés spéciaux indépendants. Un nouvel épisode de la guerre d’information.

2) Union Européenne / Hongrie : Orban dans un fauteuil

Le premier ministre hongrois Viktor Orban remporte haut la main les élections législatives avec son parti, le Fidesz. La figure de proue des pays du Visegrad profite donc d’un véritable soutien populaire pour s’opposer à la politique migratoire de Bruxelles.

3) Société / Notre-Dame-des-Landes : Zone À Dégager

Trois mois après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, le gouvernement a ordonné l’évacuation de la zone à défendre. Une opération sous haute tension alors que le ministre de l’intérieur appelle à la plus grande prudence.

4) Société / Succès pour le 5e colloque de L’Iliade

5) L’actualité en bref

https://www.tvlibertes.com/2018/04/09/22522/syrie-jt-tvl-9-avril-2018

[Vidéo] Rony Brauman: «Les mensonges des guerres humanitaires»

Source : Mediapart, Rony Brauman, 27-01-2018

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont-ils permis de s’émanciper de toute légalité et de tordre le droit international ? Ancien président de MSF, Rony Brauman publie un essai, Guerres humanitaires ? Mensonges et intox. Entretien.

Ancien président de l’ONG Médecins sans frontières dont il a été l’un des fondateurs, spécialiste des engagements humanitaires et des conflits, Rony Brauman publie aux éditions Textuel un court essai : Guerres humanitaires ? Mensonges et intox.

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont-ils permis de s’émanciper de toute légalité ou de tordre le droit international ? Quelles ont été les machines à propagande construites pour justifier les guerres d’Irak ou de Libye ? Rony Brauman s’en explique dans cet entretien.

Source : Mediapart, Rony Brauman, 27-01-2018

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18 réponses à [Vidéo] Rony Brauman: «Les mensonges des guerres humanitaires»

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