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Deux soldats français tués et un blessé au Mali

Deux soldats français tués et un blessé au Mali

Paris – Deux soldats français ont été tués et un blessé mercredi au Mali dans l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule blindé, a annoncé l’Elysée dans un communiqué, confirmant de précédentes informations de source militaire.

« C’est avec une très vive émotion que le président de la République a appris la mort en opération de deux militaires du 1er régiment de spahis de Valence, tués ce matin au Mali dans l’attaque à l’engin explosif improvisé de leur véhicule blindé », souligne le communiqué.

Le président français Emmanuel Macron « adresse à leurs familles et à leurs proches ses plus sincères condoléances » et « tient à saluer le courage des militaires français engagés au Sahel » dont la mission « permet de porter des coups sévères à l’ennemi », conclut le communiqué.

Devant l’Assemblée nationale, la ministre des Armées, Florence Parly, a également fait part mercredi de sa « très vive émotion » à l’annonce de la mort des deux soldats français, à qui les députés ont rendu hommage, debouts, par de longs applaudissements.

Quelque 4.000 militaires français sont déployées au Sahel dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane. Ces deux décès portent à douze le nombre de militaires français tués depuis le lancement de Barkhane, à l’été 2014.

Le 12 janvier, trois soldats de Barkhane avaient été blessés, dont un grièvement, lors d’un attentat-suicide à la voiture piégée contre leur convoi entre Ménaka et Indelimane, dans le nord-est du Mali.

Bien que depuis 2013 les groupes liés à Al-Qaïda aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali.

(©AFP / 21 février 2018 15h12)

https://www.romandie.com/news/Deux-soldats-francais-tues-et-un-blesse-au-Mali/892423.rom

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May prépare un traité sur la défense avec l’UE

May prépare un traité sur la défense avec l’UE

Londres souhaite la mise en place d’un traité de défense et de sécurité avant sa sortie de l’UE, en mars 2019, a indiqué Theresa May lors de la conférence de Munich sur la sécurité.

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février, la Première ministre britannique, Theresa May, a appelé un « partenariat profond et spécial » sur la défense, assurant que « les aspects clés [du] partenariat futur dans ce domaine seront déjà en place à partir de 2019 ». « Le Royaume-Uni est aussi engagé vis-à-vis de la sécurité européenne qu’il ne l’a jamais été », a-t-elle ajouté.

« Nous ne pouvons pas aujourd’hui permettre qu’une concurrence entre partenaires, des restrictions institutionnelles rigides ou une idéologie profonde affaiblissent notre coopération et compromettent la sécurité de nos citoyens », a-t-elle estimé.

Pas de nouveau référendum

Elle a également écarté un deuxième référendum sur le Brexit : « nous quittons l’UE et il n’est pas question d’organiser un second référendum ou de faire marche arrière, je trouve cela important ».

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, également présent, a pour sa part indiqué qu’une coopération continue sur la défense et la sécurité était dans l’intérêt des deux partenaires, mais ne devait pas être confondue avec les négociations du Brexit. « Cette alliance de la sécurité, le lien sécuritaire entre le Royaume-Uni et l’UE, sera maintenue, nous en avons toujours besoin », a-t-il affirmé.

La coopération militaire en Europe fait face à de nombreux challenges

23 États membres ont décidé de mettre en place une plus coopération militaire. Mais les intérêts industriels  nationaux et la lenteur du processus créent des interférences, surtout entre Berlin et Paris. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

À ce jour, le Royaume-Uni n’a pas encore défini exactement ce qu’il souhaiterait inclure dans ce traité de défense, qui devrait cependant couvrir la coopération dans les domaines militaire, du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Cela comprendrait des dispositions sur les missions militaires communes de l’UE, la participation des troupes britanniques à ces missions et les capacités de défense.

Le Royaume-Uni souhaite également maintenir des liens étroits avec Europol, qui coordonne les services de renseignement de police dans toute l’UE, et continuer à faire partie du système de mandat d’arrêt européen.

L’ampleur de cette coopération pourrait toutefois poser des problèmes pour les « brexiteers durs » du parti conservateur. L’adhésion au mandat d’arrêt européen impliquerait en effet un contrôle par la Cour de justice européenne, une ligne rouge pour le gouvernement britannique.

Autre point potentiellement conflictuel : le document de négociation du gouvernement sur la défense et la sécurité évoque la nécessité d’inclure une proposition visant à maintenir le Fonds européen de défense et le programme industriel de défense, principaux piliers des accords. Londres concédera donc probablement à l’UE la prise de décision en matière de défense, étant donné que ces structures sont régies par les institutions européennes.

L’industrie britannique de la défense souhaite elle aussi faire partie de l’écosystème européen. Robert Hannigan, l’ancien chef du service de renseignement britannique, a ainsi averti que les entreprises de défense britanniques tomberaient dans un « déclin constant » si elles étaient exclues de la collaboration en matière de recherche et d’innovation avec le secteur de la défense de l’UE.

« Cela devrait être plus facile [à obtenir] qu’un accord commercial », a déclaré une spécialiste à Euractiv. « L’intérêt est de le faire au début de l’année 2019. »

Pour une source de Westminster, le Royaume-Uni adopte une approche « schizophrène » : ses ministres se sont publiquement opposés aux projets d’une « Union européenne de la défense » à la fin de l’année 2016, ne validant le projet que pour éviter d’entraver l’UE à 27 alors que les Britanniques se préparaient à quitter le bloc.

Depuis lors, toutefois, les ministres britanniques participent aux discussions de l’Union de la défense. Des compromis sur une série de questions, notamment les finances militaires, le commandement, le renseignement et la planification industrielle de défense sont en vue.

En décembre, 25 États membres – à l’exception du Danemark, de Malte et de la Grande-Bretagne – ont accepté d’adhérer à une nouvelle « coopération structurée permanente » en matière de défense, ou CSP.

L’Europe de la Défense avance à 23 pays

Vingt-trois pays de l’Union européenne ont acté lundi leur intention de s’engager dans une « coopération » militaire renforcée, dans le développement d’armements comme les opérations extérieures, avec pour ambition affichée de relancer l’Europe de la Défense.

Netanyahu juge « scandaleux » des propos du Premier ministre polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah

Netanyahu juge « scandaleux » des propos du Premier ministre polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah

Munich (Allemagne) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé samedi « scandaleux » des propos de son homologue polonais sur les « auteurs juifs » de la Shoah.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki défendait la récente loi controversée punissant ceux qui établiraient une responsabilité polonaise dans l’Holocauste.

Interrogé en Allemagne par un journaliste israélien, Ronen Bergman, qui demandait s’il serait puni en Pologne en racontant l’histoire de membres de sa famille déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par leurs voisins polonais durant la Seconde Guerre mondiale.

« Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu’il y avait des auteurs polonais (du génocide juif), tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands », a dit Morawiecki en anglais lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.

« Bien sûr qu’il n’y aura pas de poursuites contre les gens qui disent qu’il y avait des auteurs polonais, car il y en avait. Mais nous ne pouvons mélanger auteurs et victimes car ce serait une insulte envers tous les Juifs et tous les Polonais qui ont tant souffert pendant la Seconde Guerre Mondiale », a-t-il ajouté.

M. Netanyahu, également présent à la Conférence de Munich sur la sécurité, a qualifié les propos de son homologue polonais de « scandaleux ».

« Il y a un problème lié à une incapacité de comprendre l’histoire et un manque de sensibilité face à la tragédie de notre peuple », a-t-il déclaré dans un communiqué de ses services.

M. Netanyahu a ajouté qu’il avait l’intention de s’entretenir immédiatement de ce sujet avec Mateusz Morawiecki.

Noa Landau, du journal israélien Haaretz, a réagi sur Twitter en dénonçant des propos « scandaleux », accusant par ailleurs la salle, qui avait applaudi la question du journaliste, de rester silencieuse face à la réponse du dirigeant polonais.

Ronen Bergman a lui relevé sur Twitter que « la réaction (du Premier ministre polonais) était incroyable ».

(©AFP / 17 février 2018 20h41)

https://www.romandie.com/news/Netanyahu-juge-scandaleux-des-propos-du-Premier-ministre-polonais-sur-les-auteurs-juifs-de-la-Shoah_RP/891450.rom

Les Romains et nous. Pourquoi la violence de l’État est en hausse

Les Romains et nous. Pourquoi la violence de l’État est en hausse


Par Ugo Bardi – Le 8 janvier 2018 – Source CassandraLegacy

La police espagnole a blessé des centaines de personnes, y compris des femmes et des personnes âgées, lors du référendum pour l’indépendance de la Catalogne, en 2017. Ce n’était pas le pire de ce que les États peuvent faire – et qu’ils ont fait – à leurs citoyens, mais c’est une indication que la violence de l’État est en hausse. Peut-être pouvons-nous trouver des raisons à cette tendance si nous regardons l’histoire de la Rome antique. Les Romains étaient extrêmement cruels et violents, peut-être un effet de leur dépendance aux esclaves. Dans notre cas, nous avons remplacé les esclaves humains par des esclaves fossiles (combustibles fossiles) mais, comme ils nous abandonnent, nous risquons de revenir à la violence des temps anciens.

Plus vous étudiez l’histoire romaine, plus vous réalisez à quel point les Romains nous ressemblaient. L’économie, l’argent, le commerce, les voyages, la bureaucratie, les lois – tant de choses dans notre monde trouvent un parallèle dans le monde romain, bien que souvent sous une forme beaucoup moins sophistiquée. Donc, si vous deviez utiliser une machine à voyager dans le temps pour être transporté dans la Rome antique, vous vous trouveriez dans un monde familier à presque tous les égards. Sauf une chose : vous seriez surpris par la violence que vous rencontreriez. Violence réelle, dure, brutale ; le sang et la mort juste en face de vous, dans les rues, dans les arènes, dans les théâtres. Ce n’était pas le genre de violence aléatoire que nous appelons « crime » c’était une violence codifiée, sanctionnée et promulguée par l’État.

Quand on pense à la violence à l’époque romaine, on pense généralement aux jeux des gladiateurs. Ceux-ci étaient sûrement sanglants et violents, mais ce n’est  qu’une partie de l’histoire sur la façon dont l’État romain a géré la violence. Les tribunaux romains infligeaient la peine capitale avec une facilité qui, pour nous, reste déconcertante. Les pauvres, les esclaves et les citoyens non romains étaient particulièrement susceptibles d’être déclarés noxii (pluriel de noxius) et condamnés à mort.

À cette époque, il n’y avait pas de façon « humaine » de tuer les noxii. Au contraire, leur souffrance était supposée être un exemple : plus ils souffraient, mieux c’était. Ils étaient torturés, battus, fouettés, crucifiés, torturés avec des cales, démembrés, brûlés et plus encore. Il semble qu’ils pouvaient même être tués aussi lors de pièces de théâtre : quand l’intrigue impliquait la mort d’un personnage, l’acteur jouant le rôle pourrait être remplacé par un noxius qui était tué pour de vrai, pour le plaisir du public. (Tertullien le rapporte, bien que leur fréquence ne soit pas clairement établie).

Autre exemple, la loi romaine disait que lorsqu’un esclave tuait un maître, tous les esclaves de cette famille devaient être exécutés, même ceux qui n’étaient pas impliqués dans le meurtre. Tacite, (Ann 14.42.2) rapporte que la loi a été mise en pratique lorsque les esclaves d’un riche patricien – des centaines, au moins – ont été exécutés après que leur maître avait été tué par l’un d’entre eux, apparemment, au sujet d’une rivalité amoureuse. C’était justifié parce que cela devait être considéré comme un exemple.

Comment une civilisation supposée avancée comme celle de Rome pouvait-elle se comporter de cette manière ? Un mot : l’esclavage.

Cela doit être expliqué. Tout d’abord, toutes les sociétés sont basées sur une sorte de contrôle social. Si les humains étaient des fourmis, la coopération serait codée dans leurs gènes. Mais, chez les humains, l’intérêt personnel peut aller à l’encontre du bien commun. Pour éviter cela, il faut un contrôle négatif ou positif : ce qu’on appelle communément la carotte ou le bâton.

L’application positive peut être la nourriture, le sexe, le logement et d’autres formes de gratification. Les renforcements négatifs peuvent être le déni de tout cela, mais aussi la punition physique : la flagellation, les coups, la torture, etc.

Dans notre société, nous avons tendance à croire que les renforcements positifs sont meilleurs que les négatifs. Par exemple, nous convenons que nos comptables, avocats, enseignants, médecins et bien d’autres ne font pas leur travail uniquement parce qu’ils seraient fouettés ou battus s’ils ne le faisaient pas. Ils font de leur mieux parce qu’ils courent après l’« argent » la principale forme d’attraction positive dans notre monde.

Notre société est peut-être la plus monétarisée de l’histoire dans le sens où nous avons tendance à croire que l’argent peut pousser les gens à faire plus ou moins n’importe quoi. Vous connaissez probablement la blague sur la façon dont les économistes chassent les éléphants : ils ne le font pas, mais ils croient que les éléphants vont se chasser eux-mêmes s’ils sont suffisamment payés pour cela.

Mais qu’en est-il des anciens Romains ? Dans de nombreux cas, ils ont utilisé l’argent comme nous le faisons. Par exemple, les soldats romains se battaient parce qu’ils étaient payés : le mot « soldat » vient d’une pièce de monnaie romaine. Probablement, les Romains savaient parfaitement que les renforts négatifs – coups, flagellations, etc. – n’étaient pas la meilleure façon d’inciter les gens à faire de leur mieux. Mais ils ont eu un gros problème avec leurs esclaves.

Les esclaves étaient l’épine dorsale de la société romaine, mais comment pouvaient-ils être motivés à travailler ? En les payant avec de l’argent ? Pas vraiment. La majorité des esclaves était engagée dans des tâches subalternes, parfois ils étaient une main-d’œuvre consommable pour les mines et d’autres tâches dangereuses. Leur donner de l’argent n’aurait eu aucun sens : comment auraient-ils pu le dépenser ? L’économie romaine ne pouvait pas produire la variété de jouets et de babioles que nous utilisons pour marquer le statut social des gens – un jeu que nous connaissons sous le nom « Nos voisins les Jones ».

Il est vrai que certains esclaves formaient une couche supérieure de professionnels. Ils occupaient l’espace social qui est aujourd’hui occupé par la classe moyenne. Ces esclaves, relativement privilégiés, pouvaient posséder de l’argent, mais cela ne changeait rien au fait qu’ils étaient des esclaves et, dans la plupart des cas, ils devaient le rester à vie. Libérer des esclaves était peut-être un stimulus positif, mais c’était rare et souvent seulement un moyen pour un maître de se débarrasser d’un esclave vieux et inutile.

Donc, des incitations négatives – le bâton – ont été utilisées pour contrôler les esclaves. Les punitions sévères étaient prodigieusement appliquées non seulement aux esclaves, mais à la sous-classe des libertii (esclaves affranchis), des pauvres et des étrangers. Les Romains étaient aussi cruels parce qu’ils devaient constamment rappeler à la sous-classe quelle était sa place et qu’ils n’étaient toujours qu’à deux pas d’être envoyés ad bestias, condamnés à être mangés par les bêtes sauvages dans le cirque.

Tout a une logique et il semble que le fait d’être cruel a aussi sa logique, bien qu’elle ne soit pas agréable. Et maintenant nous pouvons appliquer cette logique à notre société. Nous n’avons pas d’esclave humain, mais nous avons des esclaves fossiles sous la forme de combustibles fossiles.

Des esclaves énergétiques (Jean-François Mouhot – 2011)Nous traitons les combustibles fossiles d’une manière similaire à celle utilisée par les Romains pour traiter leurs esclaves (comme l’a également noté Mouhot). Tout comme les Romains ont utilisé leurs esclaves humains pour construire leur civilisation, nous avons utilisé le pouvoir des combustibles fossiles pour construire la nôtre. Une des conséquences est que nous n’avions pas besoin (jusqu’à présent) du genre de cruauté « gratuite » que les Romains utilisaient contre leurs esclaves. Nos esclaves fossiles ne se sont jamais plaints d’être brûlés à l’intérieur des chaudières et des moteurs.

Mais il est également vrai que les combustibles fossiles deviennent progressivement plus chers à mesure que nous les utilisons, à cause de l’épuisement des meilleures ressources. Ensuite, nous devons absolument réduire leur utilisation afin d’éviter les pires effets du réchauffement climatique. Nos esclaves fossiles nous quittent ; c’est inévitable.

Les conséquences sont déjà visibles : inégalités croissantes, pauvreté extrême, stress social, etc. Nous n’en sommes pas encore revenus au genre de séparation formelle entre les classes qui définit certaines personnes comme des « esclaves » au sens romain du terme, mais nous assistons à la montée des « esclaves de la dette ». En principe, la dette est quelque chose qui est censé être remboursé par un travail acharné. Mais, dans de nombreux cas, il devient évident que peu importe à quel point et combien de temps une personne travaillera, elle ne sera jamais en mesure de rembourser sa dette. Alors, comment les esclaves de la dette peuvent-ils être motivés ?

La réponse est la même que celle trouvée par les anciens Romains : utiliser des méthodes de coercition négatives, c’est-à-dire des punitions, même dures, imposées par l’État par ses divers leviers : la police, la justice, l’armée, etc. exactement ce que nous voyons.

Il est difficile de trouver des statistiques fiables sur la tendance croissante de la violence étatique. Il est possible que l’ensemble des données les plus évidentes concerne les incarcérations aux États-Unis, montrant une augmentation d’un facteur cinq du nombre de détenus entre 1980 et 2014. D’autres formes de violences sanctionnées par l’État ne peuvent être jugées qu’en termes qualitatifs, mais il semble clair que nous sommes dans une phase historique où les États vont de plus en plus torturer, frapper, fusiller et harceler les citoyens non armés. Le passage à tabac des citoyens espagnols par la police d’État en Catalogne en 2017 n’en est qu’un exemple.

Alors, nous y voici : nous voyons arriver une spirale de violence qui menace de nous engloutir tous. Pour éviter cela, je pense que nous pouvons apprendre beaucoup de l’expérience des anciens Romains. Leur source d’énergie était les esclaves humains et c’est la raison pour laquelle ils étaient si terriblement cruels et violents. Nous avons eu la chance de ne pas avoir besoin d’esclaves humains (jusqu’à présent) pour créer une société raisonnablement pacifique, du moins une société beaucoup moins cruelle que celle des anciens Romains. Mais si nous devons en revenir à des esclaves humains, nous retournerons dans un monde cruel et sanglant, comme cela a été la règle pendant la majeure partie de l’histoire humaine.

Si nous voulons éviter cette triste destinée, le seul espoir que nous ayons est de remplacer les esclaves fossiles par des esclaves à l’état solide et renouvelables qui ne se plaindront pas de rester au soleil pour nous fournir de l’énergie. Une société alimentée par l’énergie solaire n’a pas besoin d’esclaves humains et elle peut être raisonnablement paisible. Nous pouvons construire une société basée sur l’énergie solaire, mais nous devons le faire rapidement, avant que les esclaves fossiles nous lâchent pour toujours.

Ugo Bardi

Ugo Bardi est professeur de chimie physique à l’Université de Florence, en Italie. Ses intérêts de recherche englobent l’épuisement des ressources, la modélisation de la dynamique des systèmes, la science du climat et les énergies renouvelables. Il est membre du comité scientifique de l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier) et des blogs en anglais sur ces sujets à « Cassandra’s Legacy ». Il est l’auteur du « rapport du Club de Rome, Extrait : Comment la quête de la richesse minière mondiale pille la planète » (Chelsea Green, 2014) et « Les limites de la croissance revisitée » (Springer, 2011), parmi de nombreuses autres publications savantes.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-romains-et-nous-pourquoi-la-violence-de-letat-est-en-hausse

 

Revue de presse du 04/02/2018

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DÉMOCRATIE

Lula condamné : fin de partie pour la gauche brésilienne ?

« 12 ans et un mois. C’est la peine prononcée mercredi 24 janvier à l’encontre de l’ex-président brésilien Lula lors de son jugement en appel. Les trois juges d’un tribunal régional de Porto Alegre ont décidé de confirmer le premier verdict du juge anti-corruption Sergio Moro, et même de le durcir en augmentant la peine d’un tiers. La condamnation porte sur des accusations de corruption passive et de blanchiment d’argent : l’ancien président de gauche aurait reçu, comme pot-de-vin de l’entreprise de construction OA, un appartement à Porto Alegre, et se serait fait financer des travaux dans cet appartement par l’entreprise. Reste que l’argumentaire de l’accusation repose principalement sur le témoignage d’un dirigeant de la société, lui-même mis en cause dans des affaires de corruption. Ainsi, en l’absence de « preuves matérielles », les trois juges ont sanctionné Lula pour des « faits indéterminés »… »

Source : BASTAMAG

ENVIRONNEMENT

Le gouvernement autorise le non respect des normes environnementales

« La mesure n’a pas fait grand bruit en dépit de ses impacts potentiellement dévastateurs. Un décret, paru au journal officiel le 31 décembre 2017, donne la possibilité à certains préfets de prendre des décisions qui ne respectent pas la réglementation en vigueur en matière d’environnement, d’agriculture, d’aménagement du territoire, d’urbanisme ou encore de développement économique. Prévue comme une expérimentation d’une durée de deux ans, cette dérogation est valable dans les régions et départements de Bourgogne-Franche-Comté, de Pays-de-la-Loire, du Lot, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Creuse, ou encore à Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. »

Source : BASTAMAG

FRANCE

Ordonnances : tensions passagères

« Les ordonnances Macron sont-elles bien en vigueur ? La question peut de prime abord surprendre mais elle n’est pas totalement saugrenue. A priori, tout est limpide. Au 1er janvier 2018, l’ensemble des ordonnances réformant de fond en comble le droit du travail est applicable. C’était une promesse du gouvernement. Le 2 janvier, la ministre du travail Muriel Pénicaud s’est d’ailleurs félicitée que 26 décrets relatifs aux cinq ordonnances aient été publiés avant la fin de l’année 2017. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

EHPAD en souffrance et vieillesse à plusieurs vitesses

« Le sigle EHPAD est de plus en plus connu du grand public, bien que pas facile à orthographier si on ne connaît pas sa signification complète : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Mais avant d’en venir aux EHPAD, commençons par le versant doré et argenté du grand âge, ou plutôt des exploiteurs du grand âge. Parvenir à faire rendre de la plus-value en exploitant le travail, c’est classique et vieux comme le capitalisme. En exploitant les incapacités diverses des personnes âgées, c’est plus récent. Mais si on peut faire les deux, c’est encore plus juteux. »

Source : DEBOUT ! Le Blog de Jean Gadrey

GÉOPOLITIQUE

L’avenir de la Syrie passe-t-il par un dépeçage du pays ?

« La Russie, alliée essentielle du régime de Damas accueille, le 30 janvier 2018, à Sotchi une réunion de l’avenir de la Syrie. Plus de 1500 invitations ont été lancées, mais après le peu d’avancée de la rencontre onusienne sur le même sujet la semaine dernière à Vienne, une bonne partie de l’opposition syrienne ne participera pas à cette rencontre. La victoire militaire contre l’organisation Etat islamique a fait ressurgir d’autres conflits dans le pays, où les combats sont quotidiens sur différents fronts entre régime et opposition, entre Turcs et Kurdes. La solution politique semble donc très éloignée. »

Source : RFI

MATIÈRES PREMIÈRES

Pétrole de Schiste Américain : La tempête avant le calme

Avec le retour à 70$/baril et après des années de pertes abyssales, les producteurs US de pétrole de schiste peuvent enfin faire des profits. Malheureusement, des signes d’un pic de production (prévu entre 2019 et 2025) se font sentir. La durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se compte en décennies, 2-3 ans est la moyenne pour le schiste et les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko montrent des signes d’épuisement. La croissance ne repose plus que sur le Bassin Permien, le dernier et le plus prometteur des gisements, et celui d’Eagle Ford. Des innovations ont certes permis de prolonger l’exploitation de quelques mois (extension des forages à l’horizontal, ajout de quantité énorme de sables) mais le bilan financier n’est pas bon. C’est maintenant vers la Russie (Bazhenov) que les regards se tournent. A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont du retard mais, aujourd’hui, ils sont prêts pour débuter l’extraction.

Source : 2000 Watts

Les États-Unis produisent plus de 10 millions de barils par jour de pétrole brut

Les USA ont pour la première fois depuis 1970 dépassé en novembre le cap symbolique des 10 millions de barils de pétrole extraits chaque jour (4% de plus qu’en octobre). Les USA rivalisent désormais avec la Russie (10,55 mb/j en 2016) et l’Arabie saoudite (10,46 Mb/j en 2016). Ces deux pays collaborent pour limiter leur production pour restreindre l’offre et tenter de redresser les prix. Cet objectif atteint, l’augmentation des cours du pétrole a permis aux producteurs américains, qui utilisent les techniques de fracturation hydraulique et de forage horizontal pour exploiter les bassins de schiste, d’accélérer leur activité. Le pétrole de schiste représente désormais 51% de la production américaine (7% en 2008).

Source : Connaissances des énergies

MEDIATHÈQUE

Défense de la Nation [Audio]

« Dépasser la Nation par l’Union Européenne, moi qui suis pro-européen, je vous dis que cela ne marchera pas. » [Légère incrédulité des journalistes (eurobéats ?) au moment de cette affirmation…]. Gilles Delannoi, politologue et sociologue, est l’auteur de « La nation contre le nationalisme ». Il est directeur de recherche au Cevipof, professeur à Sciences Po, spécialiste du nationalisme et de la pensée politique française contemporaine. https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4a159955-474d-4990-89ca-e48887bab50e

Source : La Grande Table – France Culture

« Davos c’est 100% marketing. Il s’agit de se racheter une bonne conscience »

« Réunies à Davos, les élites économiques et politiques du monde se sont demandés comment « construire un avenir commun dans un monde fracturé ». Au lendemain de ce sommet, retour sur la crise des inégalités avec l’économiste Esther Duflo. » https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=7eea1481-be39-4c98-9899-2c2d408d075f

Source : La Grande Table – France Culture

RÉFLEXION

Le Média : Todd détruit Macron, sa cour de bobos et France inter

« Une interview encore savoureuse d ‘Emmanuel Todd, cette fois par Aude Lancelin pour Le Média. Macron s’y fait détruire sur le ton de rigolade débonnaire qu’on réserve aux imbéciles impuissants. Car pour Todd, Macron est évidemment un impuissant, comme tout chef d’État privé de sa monnaie. Ce que fait notre histrion avec ses airs de monarque poudré, à coups d’ordonnances précipitées et de décisions autoritaires, il l’accomplit évidemment sous la contrainte des maîtres de l’euro. Car rien n’est jamais politiquement possible si l’on ne s’assure pas d’abord du contrôle de sa monnaie. »

Source : CHRONIQUES DU YETI

Pour une critique radicale de la croissance

« Constatant les échecs jusqu’à présent des idées de la décroissance et de la critique du capitalisme, les auteurs de cette tribune plaident pour la Maison commune de la décroissance. En ce lieu s’élabore une définition claire et radicale de la décroissance sur des fondations idéologiques solides. »

Source : REPORTERRE

Le problème de la collapsologie

« France Culture, Le Monde, Le Point, Les Echos, Libération, Mediapart, LCI, L’Obs, sont quelques-uns des médias grand public qui ont choisi de faire la promotion du courant relativement récent de la « collapsologie ». La « collapsologie » — néologisme issu du latin lapsus qui signifie « chute », inventé (« avec une certaine autodérision ») par les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre Comment tout peut s’effondrer, petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Seuil) — désigne, toujours selon eux : « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus. » »

Source : LE PARTAGE

ÉCONOMIE

Cette étude alarmiste sur la France dont on n’a pas assez parlé… [Vidéo]

« Selon une étude de l’institut COE-Rexecode, la part des produits français dans les exportations de la zone euro est tombée cette année à son plus bas historique. Comment expliquer ce recul du « made in France » ? » [Curieusement, selon une rumeur, quasiment un complot ;), provenant de diverses sources, nos problèmes de compétitivité ne serait pas celle des « coûts », invalidant la plupart des mesures Macron et précédents, mais produits et stratégies, donc du fait de la direction des entreprises… vous savez, ces « premiers de cordée » and Co., ce que les mêmes n’évoquent jamais.]

Source : BOURSORAMA

5 réponses à Revue de presse du 04/02/2018

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-04022018/

Où va la Russie de Poutine ?

Thomas-Gomart-Thomas-Gomart-Ou-va-la-Russie-de-Poutine--7153
23/01/2018

Xerfi Canal a reçu Thomas Gomart, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales, pour parler de la Russie de Poutine.

Une interview menée par Mathias Thépot.

En savoir plus sur l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri)

 

Mots clés : Economie mondiale, Géopolitique / géostratégie, Russie, , Politique étrangère, Poutine, mandat, opposition

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Thomas-Gomart-Ou-va-la-Russie-de-Poutine-_3745483.html

L’étrange chute du dollar. Qu’est-ce que cela signifie pour l’or ?

L’étrange chute du dollar. Qu’est-ce que cela signifie pour l’or ?


Par Brandon Smith – Le 13 janvier 2017 – Source alt-market.com


Des milliards de dollars de stimulus incontrôlés injectés par les banques centrales et des années de taux d’intérêt artificiellement bas ont empoisonné tous les aspects de notre système financier. Rien ne fonctionne plus comme avant. En fait, de nombreux marchés évoluent exactement de la même façon qu’avant le début de la crise de la dette en 2008. L’exemple le plus évident a été celui des actions, qui ont connu un formidable marché haussier malgré toutes ces données fondamentales contraires à une économie saine.
Avec un approvisionnement sans fin en monnaie fiduciaire bon marché par la Réserve fédérale (et les autres grandes banques centrales), ainsi que des prêts au jour le jour à taux zéro, le monde économique se demandait où tout cet argent coulait. Ce n’était certainement pas dans les poches du citoyen moyen. Au lieu de cela, nous constatons que les vrais bénéficiaires du soutien de la banque centrale ont été les méga-riches, car l’écart de richesse s’élargit au-delà de toute raison. En outre, il est clair que la relance de la banque centrale est la principale responsable derrière ce rally magique des actions qui semble être invincible.

Pour illustrer cette corrélation, on peut comparer la hausse du bilan de la Fed à la hausse du S & P 500 et voir qu’ils correspondent presque exactement. Coïncidence ? Je crois que non…

FedBalanceS&P

Un autre facteur de marché agissant étrangement qui est passé inaperçu pour beaucoup, c’est le dollar-index (DXY). Après la crise financière mondiale de 2008, la valeur du dollar par rapport aux autres devises a initialement évolué de manière plutôt prévisible ; s’effondrant face à des plans de sauvetage et de relance sans précédent de la part de la Fed, qui exigeaient une création illimitée de monnaie fiduciaire à partir de rien. Naturellement, les matières premières ont répondu pour combler ce vide afin de protéger la richesse par une explosion de leur prix. Les marchés du pétrole en particulier, dont le prix est exprimé seulement en dollars américains (quelque chose qui change rapidement aujourd’hui), ont presque quadruplé. L’or a été témoin d’un rally haussier historique, atteignant 2 000 $.

Au cours des dernières années, les banques centrales ont engagé une politique de resserrement coordonnée, d’abord en réduisant les QE, puis en augmentant les taux d’intérêt, et maintenant en réduisant leurs bilans. Je note que bien que le pétrole et de nombreux autres produits aient chuté en valeur relative par rapport au dollar après ces mesures de resserrement, l’or a maintenu une forte présence sur le marché et est resté l’un des investissements les plus performants ces dernières années.

Quelque chose d’assez étrange, cependant, a eu lieu avec le dollar…

Normalement, les politiques de resserrement de la Fed auraient dû stimuler de plus en plus le dollar-index. Au lieu de cela, le dollar fait face à une chute rapide que l’on n’avait pas vue depuis 2003.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Eh bien, il y a un certain nombre de facteurs en jeu. Premièrement, nous avons un sentiment international négatif croissant à l’encontre des obligations du Trésor américain (dette), ce qui pourrait avoir une incidence sur la demande globale pour le dollar et, à son tour, sur sa valeur monétaire. Par exemple, on peut observer une baisse relativement constante des avoirs du Trésor américain par le Japon et la Chine au cours de l’année 2016, la Chine étant la plus agressive dans son abandon de la dette américaine :


Nous avons également un appétit international subtil, mais croissant, pour une monnaie alternative de réserve mondiale. Le dollar a bénéficié de décennies de protection contre les effets de l’imprimerie fiduciaire en tant que monnaie de réserve mondiale, mais de nombreux pays, dont la Russie, la Chine et l’Arabie saoudite, passent des accords commerciaux bilatéraux qui éliminent le dollar américain comme mécanisme d’échange. Cela finira par déclencher un tsunami de dollars qui vont envahir les États-Unis depuis l’étranger, car ils ne sont plus nécessaires pour régler le commerce transfrontalier. Et, à son tour, le dollar continuera de baisser en valeur relative par rapport aux autres devises.

Il y a aussi la question d’un resserrement budgétaire coordonné par les banques centrales du monde entier, avec la BCE et même le Japon qui vont mettre fin aux mesures de relance et au QE. Cela signifie que d’autres devises vont maintenant s’apprécier en termes de valeur de marché sur le Forex par rapport au dollar, et à son tour, le dollar-index va encore baisser. À moins que la Réserve fédérale n’agisse de façon plus agressive dans ses hausses de taux d’intérêt, la baisse du dollar sera brutale.

Enfin, nous avons également une question centrale sur le manque d’audit depuis une décennie des mesures de relance de la Fed (à l’exception d’un audit TARP limité, qui a montré des dizaines de milliards de dollars de création monétaire / dette). Nous n’avons vraiment aucune idée de la quantité de monnaies fiduciaires créée par la Fed, mais nous pouvons supposer qu’il s’agissait d’une somme massive en raison de la hausse apparemment inépuisable des actions partant d’un effondrement quasi total, financée par l’assouplissement quantitatif et les rachats d’actions. Vous ne pouvez pas provoquer un rebond du marché simplement avec de la dette. En fin de compte, cette création de monnaie et ses conséquences devront poser le pied quelque part, et il est possible que nous observions les résultats d’abord au niveau du dollar, ainsi que sur la courbe de rendement des bons du Trésor, qui est maintenant en train de s’aplatir plus rapidement qu’avant le krach boursier en 2008.

Une courbe de rendement uniforme est généralement un signe de récession économique.

Je crois que ce n’est que le début des problèmes pour le dollar et pour les obligations américaines. Ce qui soulève la question suivante : Comment la Fed réagira-t-elle à un marché du dollar qui ignore jusqu’à présent complètement ses politiques de resserrement ?

Voici où les choses deviennent intéressantes. Tout au long de l’année 2017, j’ai prévenu que la Fed continuerait à augmenter les taux d’intérêt (malgré le fait que beaucoup de gens argumentaient contre) et finirait par trouver une excuse pour augmenter les taux beaucoup plus vite que précédemment. J’ai fondé cette prédiction sur le fait que la Fed est clairement en train de faire exploser l’énorme bulle financière qu’elle a créée depuis 2008, et qu’elle planifie de le faire pendant que Donald Trump est au pouvoir (il est difficile de dire si Trump est au courant de ce plan). Trump a déjà pris à son crédit à plusieurs reprises le rally boursier épique, et donc, lorsque le bouchon sera tiré sur le maintien en vie des marchés des actions, qui portera le blâme, à votre avis ? Certainement pas les élites bancaires qui ont d’abord gonflé la bulle.

Même les grands médias financiers ont parfois admis que Trump « regretterait » d’avoir exigé pendant sa campagne électorale que la Fed hausse ses taux et arrête de gonfler les marchés boursiers, car il va se prendre un coup de poing budgétaire dans le ventre.

La Fed, ainsi que les médias dominants ont également planté l’idée que la Fed « sera forcée » de relever ses taux d’intérêt plus rapidement si l’administration Trump poursuit ses plans pour le développement d’infrastructures comme Hoover l’avait fait.

Mais, en plus de cela, le « problème » de la chute du dollar introduit également une toute nouvelle raison pour accélérer les hausses de taux d’intérêt. Je crois que peu de temps après le départ de Janet Yellen en tant que présidente de la Fed et l’arrivée de Jerome Powell, la Fed commencera une augmentation exponentielle des taux et accélérera la réduction de son bilan. Ils vont accuser la baisse inhabituelle du dollar-index ainsi que la chute de la demande en bons du Trésor comme les causes d’une action plus extrême.

Powell a déjà soutenu les « hausses progressives des taux » en 2018, et quelques membres de la Fed ont exprimé le besoin de « hausses plus rapides » dans le procès-verbal de la dernière réunion de la Fed en décembre. Je prévois que ce sentiment va se développer sous Powell.

Un petit nombre d’économistes de Wall Street ont également prévenu d’une hausse des taux d’intérêt en 2018, ce qui pourrait provoquer un choc considérable sur le rallye boursier virtuel en cours en ce moment.

Ce pourrait être le plan de la Fed. Les banquiers centraux ont besoin d’un bouc émissaire pour l’éclatement éventuel de la bulle boursière qu’ils ont produite. Pourquoi ne pas simplement permettre à cette bulle d’imploser à court terme, pour en accuser l’administration Trump et, par extension, tous les conservateurs qui l’ont soutenu ? Pour ce faire, la Fed a besoin d’une excuse pour augmenter ses taux rapidement ; et elle a maintenant cette excuse avec le dollar qui tombe comme une pierre (entre autres raisons).

Mais comment cela affectera-t-il le cours de l’or ?

Jusqu’à présent, l’or a en fait été dopé par les hausses des taux de la Fed, ce qui peut sembler contre-intuitif, mais il en va de même pour le dollar qui baisse parallèlement aux hausses de taux. Je pense qu’il y aura une baisse initiale et marginale des prix de l’or si la Fed augmente la fréquence des hausses de taux. Cela dit, la réalité finira par remettre à leur place les marchés boursiers où la fête est finie, le bol de punch est retiré. La réforme fiscale de Trump ne suffira pas à compenser la perte d’accès aux milliards de dollars de la banque centrale.

Une fois que les marchés actions commenceront à s’effondrer à la suite des hausses de la Fed et des réductions de bilan (et ils le feront), et que l’incertitude entourant le sort du dollar va enfler, l’or rebondira plus fort que jamais. En attendant, je considérerais toute baisse des métaux précieux comme une opportunité d’achat majeure. L’or est l’un des rares actifs qui réussit toujours bien en période de crise.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/letrange-chute-du-dollar-que-cela-signifie-t-il-pour-lor

 

Justice : Macron précise ses priorités

Justice : Macron précise ses priorités

Le président s’est engagé, lundi 15 janvier, à renforcer l’indépendance du parquet sans toutefois mettre fin à son lien hiérarchique avec l’exécutif.

Le chef de l’État a par ailleurs profité de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation pour dresser les grandes lignes de son projet de modernisation de la justice.

Le president Emmanuel Macron salue les magistrats le 15 janvier 2018 à la cour de cassation de Paris. 

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Le president Emmanuel Macron salue les magistrats le 15 janvier 2018 à la cour de cassation de Paris.  / FRANCOIS MORI/AFP

Très attendu sur l’indépendance de la justice, Emmanuel Macron a réitéré lundi 15 janvier ses engagements de campagne, s’engageant à renforcer l’indépendance des magistrats du parquet. Il est surtout longuement revenu – c’était moins attendu – sur sa volonté de réformer en profondeur la justice du quotidien, précédant de quelques heures les pistes de réforme qui devaient être dévoilées par la chancellerie.

Un parquet plus indépendant

Le président a justifié sa décision d’un statu quo concernant le lien hiérarchique qui place aujourd’hui les représentants du ministère public sous l’autorité du garde des Sceaux. « Les magistrats du paquet exercent une mission majeure, au carrefour de la politique publique et de l’activité juridictionnelle (…). Le parquet doit appartenir à une chaîne hiérarchique car c’est l’exécutif qui est dépositaire du mandat du peuple ».

Il a ainsi opposé une fin de non-recevoir au procureur général près la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, qui venait de réclamer la création de « Procureurs généraux d’État » sans lien hiérarchique à l’exécutif en qualifiant le système actuel « d’un autre âge ».

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Conscient toutefois de devoir renforcer l’indépendance des parquetiers, le chef de l’État a promis de réviser prochainement la Constitution pour permettre que les magistrats du parquet soient nommés après avis conforme et non avis simple – du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et pour aligner les procédures disciplinaires les concernant sur celles des magistrats du siège.

Il a par ailleurs confirmé sa volonté de supprimer la Cour de justice de la république – seule à même de juger les ministres pour des actes relevant de l’exercice de leurs fonctions. Mais toutes ces réformes s’intègrent dans un projet plus vaste de révision de la constitution qui requiert l’aval des 3/5e du congrès, ce que son prédécesseur n’a jamais obtenu.

Vers une réorganisation judiciaire

Plus inattendu, Emmanuel Macron est longuement revenu sur son souhait de moderniser la justice, lançant non sans ironie au parterre de magistrats devant lui que « la justice du quotidien prim [ait] davantage aux yeux de nos concitoyens » que les questions d’indépendance. Il a ainsi passé en revue les grands chantiers lancés par Nicole Belloubet. À commencer par la réorganisation judiciaire, qui alimente une fronde grandissante en province.

Réaffirmant sa volonté de faire coïncider carte judiciaire et découpage administratif, le chef de l’État a toutefois voulu rassurer : « La nouvelle organisation judiciaire ne vise pas tant la suppression des tribunaux que la redistribution des contentieux ».

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Le président a par ailleurs confirmé un vaste projet de numérisation de la justice, lequel devrait être « totalement déployé d’ici à 2020 ». À terme, les justiciables pourront suivre en ligne le déroulement de leur affaire. Emmanuel Macron a par ailleurs plaidé pour que « le juge se recentre sur les compétences qui sont les siennes ». Saluant la forfaitisation de certains délits routiers ou la réforme du divorce sans juge, il a promis de poursuivre ce mouvement « partout où c’est possible ».

Enfin, plaidant pour « une réponse rapide, effective et proportionnée » aux petites infractions, le chef de l’État a redit son opposition aux aménagements automatiques des peines de moins de deux ans de prison. « Une peine prononcée doit être une peine effectuée », a-t-il martelé, estimant le tribunal s’en trouvait « décrédibilisé » lorsque ce n’était pas le cas. Le chef de l’État a parallèlement plaidé pour que soient « massivement » développés le travail d’intérêt général ou le placement sous bracelet électronique.

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Marie Boëton

Airbus devance Boeing en 2017 en commandes mais reste numéro deux des livraisons

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Airbus s’est imposé comme le champion des commandes d’avions en 2017 / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Airbus a une fois de plus dépassé son concurrent Boeing en termes de commandes d’avions en 2017, preuve de sa résilience malgré les affaires qui le visent, mais reste derrière l’américain pour les livraisons et confronté aux méventes de son vaisseau amiral, l’A380.

Le constructeur aéronautique européen a enregistré 1.109 commandes fermes l’an dernier, contre 912 pour Boeing, a-t-il annoncé lundi en présentant son bilan commercial 2017.

Au prix catalogue, ces commandes représentent un montant de 137,7 milliards de dollars. Pour Boeing, elles s’élèvent à 134,8 milliards.

En termes de livraisons, Airbus a établi un nouveau record avec 718 avions livrés, insuffisant toutefois pour dépasser Boeing, qui reste champion dans cette catégorie avec 763 livraisons.

« Nous avons établi un nouveau record de livraisons, un succès qui s’ajoute à un cinquième record de prises de commandes, autant de réussites qui font de cette année un excellent millésime », s’est félicité Fabrice Brégier, directeur général délégué d’Airbus et président d’Airbus Commercial Aircraft, qui quittera ces postes le mois prochain.

Airbus s’était donné comme objectif de livrer plus de 700 appareils en 2017, contre 688 en 2016, et entend dépasser d’ici deux ans son rival en termes de livraisons. « Je parie qu’en 2020, nous livrerons plus d’avions que Boeing », a assuré M. Brégier. Affirmant ne pas voir de retournement du marché, il a estimé que « la famille A320 sera leader sur son marché jusque vers 2030 », dans un entretien à l’AFP.

Selon lui, Airbus a « encore 10 ans de carnet de commandes » au rythme actuel de production des avions. Fin 2017, son carnet comprenait 7.265 appareils d’une valeur de 1.059 milliards de dollars aux prix catalogue.

« Sur le plan commercial, c’est vrai que le mois de décembre a été incroyable », a-t-il ajouté. « C’est le talent de John Leahy », le directeur commercial, a-t-il ajouté.

« Après tout, je suis sur le point de prendre ma retraite, donc il fallait nous assurer (que ces commandes) ne glissent pas sur l’année suivante », a plaisanté ce dernier, qui peut revoir à la hausse son bilan de 16.000 avions vendus depuis son arrivée chez Airbus.

– Objectif 800 livraisons en 2018 –

En dépit des problèmes industriels rencontrés l’an dernier, le géant européen entend livrer 800 appareils en 2018 grâce à l’A320neo, son best-seller sur le segment moyen-courrier, selon Fabrice Brégier.

L’A320neo est la version re-motorisée de l’A320 grâce auquel Airbus revendique 59% des parts de marché en 2017 sur l’ensemble du segment moyen-courriers.

Sur le long-courrier, l’avionneur de Toulouse a reconnu en revanche avoir été largement dépassé par Boeing, qui avec 169 commandes contre 57 à Airbus a pris 75% des parts de marché l’an dernier.

Ce bilan commercial est publié un mois après l’annonce du départ de M. Brégier, tandis que le PDG Tom Enders ne renouvellera pas son mandat en 2019. Le tout sur fond d’investigations du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne pour des soupçons de corruption lors de transactions, pour des faits qu’Airbus avait lui-même dénoncés en 2016.

L’avionneur est aussi la cible de deux autres enquêtes en Autriche et en Allemagne autour de la vente d’avions de combat Eurofighter à Vienne.

Sur le plan commercial, Airbus a admis lundi que l’un des points noirs restait l’absence de commandes de son vaisseau amiral, l’A380. Airbus « n’aura pas d’autre choix que d’arrêter le programme » A380 si Emirates, le principal client du géant des airs, ne passe aucune nouvelle commande, a reconnu John Leahy. Il s’est toutefois dit « confiant » dans le fait qu’un accord puisse être trouvé.

« On continue de discuter avec Emirates, qui peut maintenir à lui seul le minimum de livraisons dont on a besoin et qui nous permettront de développer des partenariats, par exemple avec la Chine, et de répondre aux besoins du marché lorsque le marché sera beaucoup plus dynamique sur ce segment », a complété Fabrice Brégier.

Cela veut dire que l' »on a besoin de moins de commandes pour maintenir en vie ce superbe programme, ce superbe avion, qui est quand même plébiscité par l’ensemble des passagers », a-t-il conclu.

L’A380 a été commandé à 317 exemplaires depuis son lancement en 2007.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a salué ces résultats, estimant qu’il n’y avait « pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir d’Airbus » qui est « une entreprise solide ».

(©AFP / 15 janvier 2018 15h48)

https://www.romandie.com/news/Airbus-devance-Boeing-en-2017-en commande

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VIDEO. Gérald Darmanin révèle avoir été accusé d’abus de faiblesse, « voire de viol » après sa nomination à Bercy, une enquête classée sans suite

VIDEO. Gérald Darmanin révèle avoir été accusé d’abus de faiblesse, « voire de viol » après sa nomination à Bercy, une enquête classée sans suite

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, a révélé lundi sur franceinfo, avoir été accusé d’abus de faiblesse, « voire de viol », après sa nomination à Bercy, une enquête classée sans suite.

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Le ministre de l’Action et des comptes publics Gérald Darmanin a révélé, lundi 15 janvier sur franceinfo, avoir été accusé d’abus de faiblesse, « voire de viol », après sa nomination à Bercy, une plainte classée sans suite. « J’ai reçu au début de ma nomination de ministre, enfin j’ai entendu qu’on avait reçu, une lettre de dénonciation calomnieuse, une lettre infâme me concernant, et qui a été donnée au garde des Sceaux », raconte Gérald Darmanin.

Accusé par un homme

« C’était un homme qui écrivait qui m’accusait d’abus de faiblesse, d’abus de pouvoir, voire de viol, se souvient Gérald Darmanin. Le ministre de l’Action et des comptes publics explique qu’« il y a eu une enquête préliminaire qui a été ouverte, pendant six semaines ».

Les faits évoqués remontent « à quand j’avais 25 ans. Je n’étais rien, j’étais un jeune homme ». Le ministre revient sur le déroulé des faits : « Il y a donc eu une enquête préliminaire par M. Molins [procureur de la République de Paris], il y a eu des investigations. Au bout d’un certain temps, cette enquête ne donnant rien, évidemment, puisque tout cela est faux, a été clôturée ‘par absence totale d’infraction’, je cite le parquet de Paris. »

Gérald Darmanin évoque le traitement de cette affaire fait par le journal Libération : « Ils m’ont interrogé. Ils ont fait leur enquête. Par ailleurs, je constate comme vous que, en même temps que cette enquête a été classée au mois de juillet, ils n’en ont pas fait d’article. »

À la suite de cette affaire, le ministre a porté plainte pour dénonciation calomnieuse. « D’ailleurs il y a toujours une plainte pour dénonciation calomnieuse », indique l’ex-maire de Tourcoing (Nord), qui assure qu’il « connaissait cette personne ». La lettre concernait ses « relations avec les femmes », sa « vie privée. J’ai sans-doute dû être pas très fin, mais il y a une différence de nature d’être attaqué personnellement ».

J’en ai gardé une blessure

Gérald Darmanin

à franceinfo

Gérald Darmanin déplore que bien que l’affaire a été classée, elle continue à circuler sur internet : « Cela fait sept, huit mois que cette lettre est toujours sur les réseaux sociaux (…). Donc, une affaire classée judiciairement n’est manifestement pas classée médiatiquement. »

« A l’occasion du portrait dans la revue Charles, j’apprenais, par la journaliste qui m’interrogeait, mais aussi par d’autres amis, qu’il y avait d’autres de vos confrères qui, utilisant cette affaire, en tout cas cette calomnie, continuaient à interroger mon entourage, explique Gérald Darmanin, parfois même des gens qui étaient avec moi en première année de fac, des copines avec lesquelles j’ai partagé trois, quatre TD (…). Ce genre de choses, ça vous touche très personnellement. C’est sans doute ce qu’il faut vivre quand on est un homme politique. »

« Etre accusé comme j’ai été accusé, même si ça n’a pas été médiatisé, et moi je remercie chacun, vos confrères de ‘Libération’ qui ont conclu, malgré l’actualité récente, que ce n’était pas à sortir et la justice qui a fait son travail », a conclu Gérald Darmanin

https://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/video-gerald-darmanin-revele-avoir-ete-accuse-d-abus-de-faiblesse-voire-de-viol-apres-sa-nomination-a-bercy-l-enquete-classee-sans-suite_2562561.html

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