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Emmanuel Todd invité par François Lenglet, le 22 septembre 2019

Emmanuel Todd invité par François Lenglet, le 22 septembre 2019

91 232 vues•22 sept. 20191,4 K85PARTAGERENREGISTRERetbadaboum2,78 k abonnésS’ABONNER

L’historien cité en fin d’entretien est Hans-Ulrich Wehler, le livre lu par Todd est « The German Empire, 1871-1918 »

https://www.youtube.com/watch?v=pG4mu0XIWmI

La stratégie européenne en intelligence artificielle : un acte manqué ?

La stratégie européenne en intelligence artificielle : un acte manqué ?

Tribune19 février 2020Par Charles Thibout

Ce mercredi 19 février 2020, Thierry Breton, au nom de la Commission européenne, dévoile son Livre blanc sur l’intelligence artificielle, point d’orgue d’une longue série de documents censés cadrer l’approche européenne en IA.

Trois axes se détachent assez nettement de ce texte : 1) la volonté de « préserver » le leadership technologique de l’Union européenne ; 2) fondé sur les « valeurs communes » de l’Europe ; 3) suivant « une approche en termes de régulation et d’investissement ».

Très vite, sa lecture soulève de nombreuses questions, moins d’ailleurs par son contenu que par ses carences. D’abord, le document admet à mots couverts que le cadre européen en matière d’IA peine à se structurer ; la faute à la fragmentation de l’Europe sur ce sujet : les États membres jouent une partition solitaire, chacun déployant de son côté des plans de développement de l’IA selon ses propres normes et son agenda…

C’est prendre le problème à l’envers : ces divisions autour de l’IA sont avant tout le symptôme d’une incapacité à « faire Europe », c’est-à-dire à identifier des intérêts communs. En faisant prévaloir la « défense des valeurs européennes » (« liberté », « dignité humaine », « protection de la vie privée », etc.), la Commission semble occulter la dimension agonistique des relations interétatiques, y compris intra-européennes : la priorité des États est moins la défense des valeurs communes que la lutte pour la puissance.

À ce stade de notre histoire commune, les Européens demeurent moins des partenaires que des adversaires ou, à tout le moins, des concurrents. C’est là que réside tout le problème : comment réussir à identifier des points de convergence, des intérêts communs, en termes de puissance ?

Une stratégie d’investissement ou de dilapidation de l’argent public ?

Le Livre blanc se structure selon deux axes : accroître les investissements en faveur du développement de l’IA et compléter l’architectonique réglementaire.

L’importance accordée aux financements se comprend aisément : les dépenses de la Chine dans le domaine de l’IA sont estimées à 70 milliards de dollars ; celles des États-Unis entre quatre et cinq milliards de dollars ; pendant que l’UE, elle, n’a déboursé que 1,5 million d’euros ces deux dernières années.

Toutefois, la multiplication des investissements n’a pas aucun sens s’ils ne sont pas adossés à des objectifs clairs, des missions précises dont les résultats sont susceptibles d’être finement évalués. Les méthodes doivent être revues : les pesanteurs bureaucratiques bruxelloises doivent être surmontées et l’on doit cesser de financer des projets dans le simple but de satisfaire toutes les parties (États, entreprises, universités, etc.) dans chaque pays.

Par ailleurs, la Commission manque de clarté quand elle déclare que 20 millions d’euros par an seront investis dans le secteur de l’IA au cours de la prochaine décennie. Aucun détail n’est donné quant à la provenance de tels financements. Ils pourraient donc tout à fait être extra-européens, ce qui impliquerait de renforcer la dépendance technologique de l’Europe vis-à-vis des principales puissances, notamment en facilitant le transfert de propriété intellectuelle des technologies développées en Europe, et en plaçant les entreprises et les centres de recherche européens ainsi financés dans le giron du droit américain ou chinois — par des contrats ad hoc ou simplement par le recours à leurs devises qui constituent, notamment dans le cas des États-Unis, un vecteur d’extraterritorialité de leur droit national.

Les investissements publics que la Commission appelle de ses vœux posent aussi question, notamment parce qu’à aucun moment la nécessité de contrôler ces investissements n’est rappelée. D’abord, il n’est pas précisé quels secteurs bénéficieraient de ces financements, ce qui révèle le manque de convergence autour d’intérêts et d’objectifs communs aux États membres. Ensuite, rien n’est dit de la nationalité des entreprises concernées par ces investissements : aidera-t-on tout autant les entreprises européennes et étrangères ? Les entreprises européennes seront-elles privilégiées par rapport aux entreprises à participation étrangère ? Enfin, aucun mécanisme de contrôle n’est prévu pour maintenir ces investissements en Europe.

En théorie, rien n’empêcherait un groupe étranger de faire main basse sur une entreprise européenne financée sur fonds publics, ce qui est régulièrement le cas des startups de haute-technologie. Par ailleurs, rien n’est prévu pour retenir les chercheurs et les ingénieurs en Europe ; or l’on sait que les niveaux de rémunération et les conditions de travail offerts aux États-Unis, mais aussi en Chine, sont le principal facteur du brain drain depuis des décennies.

La régulation au nom des « valeurs européennes » : utopie d’une puissance déchue ?

Le second axe de ce Livre blanc concerne la régulation. La Commission entend ériger ses principes éthiques en standards normatifs pour la conception des technologies d’intelligence artificielle vouées à être utilisées sur le territoire européen.

Plus encore, la Commission ambitionne d’imposer ses normes et ses valeurs dans la conception des systèmes d’IA à tous les acteurs internationaux. Par là même, l’UE se comporte comme si elle était une puissance. Voire, vanitas vanitatum, qu’elle serait en mesure par la raison d’influer sur le comportement des acteurs du monde entier en exhibant sa supériorité éthique.

Cette stratégie est vaine : elle s’illusionne ou feint de croire que la morale aurait sa place dans les affaires internationales. Le système international est un espace éminemment conflictuel. C’est une arène dont les gladiateurs sont les États, les firmes transnationales et les entrepreneurs de violence (terroristes, pirates informatiques, mafias, etc.). Tous les coups sont permis, les principes éthiques n’étant là que pour rendre cette lutte plus acceptable.

Un coup d’épée dans l’eau

L’impression qui ressort à la lecture de ce Livre blanc est celle d’un immense gâchis. Les faibles réponses juridiques apportées à un tel enjeu contournent le cœur du problème. La véritable question est celle de la maîtrise de la chaîne de valeur des technologies d’IA. Dans un contexte de guerre économique où la frontière entre l’allié et l’adversaire tend à s’estomper, il est nécessaire de contrôler l’approvisionnement en matières premières (notamment les métaux rares, essentiels dans la production des technologies émergentes), la conception des algorithmes, la collecte et le stockage des données, la production des instruments de calcul, et ainsi de suite. Le risque est de rendre les technologies européennes et leur utilisation dépendantes de systèmes juridiques étrangers, et même de voir ces technologies utilisées contre les intérêts européens.

C’est la souveraineté technologique de l’Europe qui est en jeu. Or, bien qu’elle soit affichée comme une priorité par les pouvoirs publics, le document n’apporte aucune solution claire pour la garantir. L’Europe n’aura pas voix au chapitre technologique tant qu’elle ne maîtrisera pas totalement ses chaînes d’approvisionnement, ses technologies, et tant qu’elle ne sera pas en capacité de mettre en œuvre des mesures de rétorsion contre les États et les entreprises qui contreviennent à ses intérêts.

Encore faut-il que les États membres se reconnaissent des intérêts communs. Or, les pressions américaine (OTAN), chinoise (Nouvelles routes de la soie) et russe ont l’effet d’un écartèlement stratégique qui dissout la cohérence géopolitique du continent.

Mais, au-delà, la défiance des populations à l’égard de leurs représentants, les tentations insurrectionnelles et l’essor des mouvements autoritaires sont d’une gravité suffisamment manifeste pour briser les conservatismes. Faire le choix du statu quo reviendrait à condamner l’Europe au rôle de spectateur immobile de son pillage technologique et de son propre délitement. Le salut de l’Europe ne trouvera sa voix qu’en garantissant la souveraineté de cet espace politique. Cela commence par la technologie

http://www//iris-france.org/144431

Ébullition à Idlib

Ébullition à Idlib

11 Février 2020

Ca chauffe… Alors que les loyalistes n’en reviennent peut-être pas encore tout à fait de pouvoir enfin reprendre leur dû et que les Russes ont enfin haussé le ton vis-à-vis des Turcs, le sultan doit se demander dans quelle galère il s’est embarqué. Comme le résume un bon observateur, la journée fut « trépidante » en Syrie :

  • prise de possession totale de la M5 jusqu’à Alep
  • hélicoptère syrien abattu par les Turco-barbus
  • position turque à nouveau bombardée, près de Qaminas
  • attaque barbue sur Nayrab qui se termine en fiasco
  • bombardements russes sur Idlib

N’en jetez plus !

La M5 est donc dans la poche, même s’il reste à la sécuriser et à créer une zone tampon autour d’elle. L’imMonde en fait une jaunisse

Cette autoroute, qui échappait aux loyalistes depuis huit longues années, a une histoire très spéciale. On se rappelle que c’est dans cette zone que, en août 2016, une mêlée acharnée avait eu lieu :

Combats absolument féroces à Alep ! Les loyalistes avancent lentement, sûrement, lentement encore, tandis que les djihadistes, qui à défaut d’être modérés ont un talent militaire certain, se défendent avec l’énergie du désespoir.

Depuis que la seule voie de communication, la fameuse route Al Castello, passant par le nord-ouest est bloquée, les « rebelles » se lancent vague après vague contre les positions assez fines de l’armée au sud de la ville :

Et c’est sanglant… Des centaines de djihadistes ont été tués, près d’un millier selon le ministère russe de la Défense, dont une trentaine de commandants. Côté gouvernemental, les pertes sont moins importantes mais tout de même conséquentes, sans que l’on puisse établir un chiffre précis. On se bat rue par rue, bâtiment par bâtiment tandis que l’aviation russe bombarde sans répit. Au prix de combats acharnés, l’armée syrienne a repris les quelques positions perdues ces derniers jours au sud de la ville, ce qui semble porter un coup au moral des takfiris, condamnés à tout recommencer.

Car s’ils n’arrivent pas à percer l’encerclement au sud, c’en est fini de leur présence à Alep. Au nord, la poigne loyaliste se referme inexorablement et l’armée avance même dans le camp d’Handarat. La route Castello est maintenant occupée sur des kilomètres et les incessantes attaques djihadistes fin juillet s’y sont toutes cassé les dents (avec des centaines de morts laissés sur le terrain). C’est désormais le sud ou la défaite.

Que de chemin parcouru depuis…

Après avoir établi un périmètre autour de cette route stratégique, dans quelle direction les loyalistes iront-ils pousser la chansonnette ? Du côté de la plaine d’Anadan (1) afin de sécuriser Alep de manière définitive ? En direction de la M4, autre autoroute stratégique (2) qui relie Alep à Lattaquié, comme le suggère une source au sein de l’armée ? Certains parlent même de couper la voie d’approvisionnement entre Idlib et la Turquie (3).

C’est là qu’entre en compte le jeu des puissances. Erdogan passe son temps à chouiner depuis le début de l’opération, mais ce qui fonctionne habituellement avec les euronouilles semble tomber dans l’oreille d’un sourd du côté russe. Plusieurs fois embobiné par l’évidente mauvaise foi turque qui n’a respecté aucun des engagements pris lors des cessez-le-feu précédents, l’ours a dû se dire que cette fois, il y en avait plus qu’assez. Quant aux Syriens, ils viennent une nouvelle fois de bombarder un poste turc !

https://youtu.be/JN1MowUzRNY

A peine le sultan, qui prononcera demain un discours annoncé important sur la Syrie, a-t-il le temps d’avertir Damas que ses soldats sont à nouveau matraqués. Deux, et peut-être même trois fois en deux jours, qui dit mieux ? Ankara ne sait plus comment prendre la chose et alterne menaces et demandes éperdues (s’il vous plaît, dites à vos alliés syriens d’arrêter de bombarder nos postes). Le Kremlin répond placidement : « Faites en sorte que toute attaque contre les forces russes ou syriennes cessent ». Dialogue de sourd pendant que les Sukhois vaporisent les barbus…Tag(s) : #Moyen-Orient

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/02/ebullition-a-idlib.html

«Respect the rules !» : altercation verbale entre Macron et des policiers israéliens à Jérusalem https://twitter.com/i/status/1219990969485012994

«Respect the rules !» : altercation verbale entre Macron et des policiers israéliens à Jérusalem 22 janv. 2020, 15:50 Alors qu’il allait pénétrer dans la basilique Sainte-Anne – propriété de la France – dans la Vieille ville de Jérusalem, le président français s’est emporté contre des policiers israéliens, dans une séquence filmée relayée sur les réseaux sociaux. Une vive altercation verbale a éclaté ce 22 janvier entre Emmanuel Macron et des policiers israéliens dans la Vieille ville de Jérusalem, à l’entrée de la basilique Sainte-Anne. Alors qu’il se tenait devant l’entrée de l’édifice religieux appartenant à la France, le président français a piqué une colère en constatant que les policiers israéliens avaient pénétré les lieux.  Dans une séquence vidéo relayée sur les réseaux sociaux par un journaliste du Parisien, on peut l’entendre s’adresser à un policier : «Tout le monde connaît les règles. Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi. Sortez !» Détails à suivre… International

«Respect the rules !» : altercation verbale entre Macron et des policiers israéliens à Jérusalem

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/70589-respect-the-rules-altercation-verbale-macron-police-israel-jerusalem

https://twitter.com/i/status/1219990969485012994

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/70589-respect-the-rules-altercation-verbale-macron-police-israel-jerusalem

Iran-États-Unis, la guerre à tout prix  ?

Iran-États-Unis, la guerre à tout prix  ?

Publié le 08/01/2020 – 11:34

La guerre à tout prix ? La une du numéro 1523 de Courrier international. 
La guerre à tout prix ? La une du numéro 1523 de Courrier international. 

Voir l’article

Chaque semaine, Courrier international explique ses choix éditoriaux, les hésitations et les débats qu’ils suscitent parfois dans la rédaction. Cette semaine, l’escalade aux conséquences imprévisibles entre les États-Unis et l’Iran, après l’assassinat par les Américains du général Qassem Soleimani, le 3 janvier à Bagdad.

Il était, selon The Guardian, l’homme qui tirait toutes les ficelles au Moyen-Orient”, à la tête de la force Al-Qods, chargée de propager l’influence de l’Iran à l’étranger. Général adulé dans son pays, Qassem Soleimani a été tué le 3 janvier à Bagdad, abattu par un drone américain, sur ordre de Donald Trump. Un acte de guerre aux conséquences imprévisibles. De Washington à Beyrouth, la presse étrangère ne cache pas son inquiétude. La question n’est pas de savoir si l’Iran va riposter mais de quelle manière il va le faire. Premier élément de réponse : dans la nuit du 7 au 8 janvier, l’Iran a tiré une douzaine de missiles sur deux bases américaines en Irak et le bilan est pour le moment incertain. 

Dans cette crise, l’arrogance le dispute pour le moins à l’improvisation et à la maladresse. Après que Donald Trump a ordonné l’assassinat d’un des plus hauts dignitaires iraniens et menacé de s’en prendre à 52 sites en Iran en cas de riposte, voilà que les Américains ont annoncé par erreur, le 6 janvier, leur retrait d’Irak (information aussitôt démentie). La veille, le Parlement irakien avait voté une requête demandant au gouvernement l’expulsion des forces étrangères du pays.
C’est à se demander quelle mouche a bien pu piquer le président américain en ce début d’année. Donald Trump semble ne pas avoir mesuré les conséquences, “potentiellement catastrophiques”, du conflit dans lequel il s’embarque avec l’Iran, écritThe Atlantic. “La principale question au sujet de cette frappe n’est ni morale ni même juridique. Elle est stratégique. Soleimani était le membre extrêmement puissant d’un appareil d’État, l’objet d’un véritable culte de la personnalité, mais il n’était pas un pilier du terrorisme. Sa mort ne décapite rien du tout”, s’inquiète le magazine américain. Alors pourquoi cette attaque ?

Bien sûr, l’Iran a sa part de responsabilité. Soumis à une pression constante de la part des États-Unis, qui se sont retirés de l’accord nucléaire de 2015, et en butte à des sanctions qui étouffent d’abord sa population, le régime de Téhéran multiplie les provocations (attaques de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, de sites pétroliers en Arabie Saoudite…) depuis des mois. Jusqu’à l’attaque de l’ambassade des États-Unis à Bagdad le 31 décembre, une “erreur stratégique”, écrit le quotidien israélien Ha’Aretz, qui a “réveillé le spectre de la prise d’otages américains en 1979 à Téhéran”.
Un cycle infernal qui risque d’être l’un des feuilletons de l’année, malheureusement. “Happy new war”, a-t-on vu sur un dessin de presse. “Bonne année 2020”, peut-on encore lire sur notre couverture (signée de l’Espagnol Elchicotriste). À croire que la nouvelle année a inspiré les dessinateurs. Donald Trump semble, quant à lui, avoir été motivé par un autre calendrier : celui de la procédure de destitution engagée contre lui. Pour le site de la chaîne américaine NBC, le président américain est prêt à tout pour faire oublier l’impeachment.

Au risque de provoquer de nouveaux bouleversements au Moyen-Orient. Parmi les premières conséquences de la mort de Soleimani, Téhéran a annoncé, le 4 janvier, lever toutes les restrictions sur l’enrichissement de l’uranium ; en mars, les Iraniens retournent aux urnes, et l’aile dure du régime, comme souvent par le passé dans des crises frontales avec les États-Unis, devrait en sortir renforcée. En Irak, où depuis des semaines les manifestants défiaient un pouvoir corrompu en dénonçant la mainmise iranienne sur le pays, la révolution pourrait tourner court. Au Liban en revanche, où le Hezbollah (allié de l’Iran) fait profil bas pour le moment, on craint par-dessus tout une guerre israélo-iranienne par procuration qui signerait la fin du pays du Cèdre, explique le quotidien Asharq Al-Awsat.

Enfin, parmi les victimes collatérales potentielles de cette escalade, les étrangers ou binationaux actuellement détenus en Iran, on compte l’anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah et son collègue français Roland Marchal. Depuis l’assassinat du général Soleimani, les témoignages inquiets de leurs proches se multiplient. Ne les oublions pas.Claire CarrardSÉLECTION DE LA RÉDACTION

États-Unis. Tension avec l’Iran : le pire moment de la présidence Trump

Conflit. Après la mort de Soleimani, le Koweït dans la hantise d’une énième guerre

Succession. Iran : Soleimani remplacé par son “jumeau” Esmail Ghaani

https://www.courrierinternational.com/article/la-une-de-lhebdo-iran-etats-unis-la-guerre-tout-prix?xtor=EREC-22-[nl_magazine]-20200108-[la_une_de_lhebdo_iran_etats_unis_la_guerre_tout_prix]

Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ? Par Laurent Dauré

POLITIQUE31.août.2019 // Les Crises

Qui est Nicolas Berggruen, le milliardaire « philanthrope » qui a financé Sylvie Goulard ? Par Laurent Dauré

Nicolas BerggruenSylvie GoulardMerci246Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : Ruptures, Laurent Dauré, 28-06-2017

L’information était disponible depuis 2014, mais Le Journal du dimanche l’a actualisée et mise sur le devant de la scène le 25 juin dernier : Sylvie Goulard a reçu de l’Institut Berggruen plus de 10 000 euros par mois d’octobre 2013 à janvier 2016, période au cours de laquelle elle était députée européenne (voir notre article). Dans la rubrique « Mon parcours » de son site personnel, l’éphémère ministre des Armées présente ainsi son activité au service du think tank américain : « Conseillère spéciale du Council for the Future of Europe [Conseil pour l’avenir de l’Europe] », un groupe de réflexion qui dépend du « Nicolas Berggruen Institute for Governance [Institut pour la gouvernance] ».

Sylvie Goulard précise ensuite qu’il s’agit d’une « association à but non lucratif visant à promouvoir une meilleure gouvernance mondiale et européenne. » Elle ajoute que le Conseil pour l’avenir de l’Europe « est présidé par Mario Monti » et qu’il « comporte des personnalités de sensibilités politiques diverses telles que, notamment, Jacques Delors, Guy Verhofstadt, Pascal Lamy, Romano Prodi ou Jean Pisani-Ferry. » On imagine les débats enflammés entre ces anticonformistes que tout oppose…

Un milliardaire « philanthrope » de plus

Basé en Californie, l’Institut Berggruen a été fondé en 2010 par le milliardaire américano-allemand – qui a grandi en France – Nicolas Berggruen, fils du richissime collectionneur et marchand d’art Heinz Berggruen (décédé en 2007). Le magazine Forbes évalue la fortune personnelle du golden boy à 1,81 milliard de dollars. Mais, à 55 ans, cet ancien jet-setter est quelque peu blasé, il a l’argent triste et veut désormais être reconnu en tant qu’intellectuel.

Nicolas Berggruen est actionnaire et membre du conseil d’administration du Monde.

Nicolas Berggruen aspire même à une vie d’ascète : « Je ne suis pas si attaché aux biens matériels […]. Je possède très peu de choses. […] quelques papiers, deux ou trois livres et quelques chemises, vestes et pulls », déclare-t-il en 2012 au Daily Mirror. La preuve de son détachement des biens de ce monde : il a longtemps vécu « sans domicile fixe », c’est-à-dire dans des hôtels cinq étoiles, ce qui fascinent les médias. Le Figaro est tombé sous le charme de ce bourlingueur de luxe qui « sillonne le monde dans son jet privé Gulfstream IV. Ce nomade richissime peut ainsi résider dans 14 villes différentes en un mois. » Sans doute en phosphorant durant les vols sur les moyens de réduire l’empreinte carbone des gueux.

Financier à la réputation d’excentrique se piquant de « philanthropie » et d’ « idées », Nicolas Berggruen reste avant tout un homme d’affaires. Avec sa holding personnelle, qui fait des investissements immobiliers et financiers dans le monde entier, il est l’actionnaire majoritaire du premier groupe de médias espagnol Prisa (qui possède notamment le quotidien El País). Ce géant des médias présent dans 23 pays détient 15 % du groupe Le Monde. D’après Mediapart, M. Berggruen « siège au conseil d’administration du Monde ». On peine à comprendre la discrétion du « journal de référence » sur un si prestigieux compagnonnage.

L’amicale de la « mondialisation heureuse »

Quand L’Obs – alors encore Le Nouvel Observateur – publie un portrait du « loup de Wall Street repenti en berger philanthrope », qui est sollicité pour faire l’éloge du « milliardaire qui voulait sauver le monde » ?… L’indispensable Alain Minc bien sûr ! Le chantre de la « mondialisation heureuse » semble parler de lui-même lorsqu’il plaide en faveur de Nicolas Berggruen : « Un businessman arpentant le domaine des concepts ne fait-il pas œuvre plus utile qu’un intellectuel se lançant dans les affaires ? » Pur hasard : Alain Minc est lui aussi membre du Conseil pour l’avenir de l’Europe, ainsi que du 21st Century Council (Conseil du XXIe siècle), un autre groupe de réflexion issu de l’Institut Berggruen, dont la description et la composition valent le détour.

« C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général » – Jacques Attali, à propos de Nicolas Berggruen

Ancien président du conseil de surveillance du Monde, il se trouve qu’Alain Minc a représenté Prisa et… Nicolas Berggruen lorsque le groupe espagnol voulait racheter le quotidien vespéral en 2010, une offre concurrente de celle portée par le trio finalement victorieux Bergé-Niel-Pigasse (cf. le livre Un si petit Monde d’Odile Benyahia-Kouider, Fayard, 2011). Un banquier de chez Rothschild épaulait alors secrètement M. Minc dans cette opération tout en prétendant par ailleurs travailler gratis pour la Société des rédacteurs du Monde. C’était Emmanuel Macron. Le futur président était même allé jusqu’à se cacher au dernier étage d’un immeuble pour éviter – en vain – que son double jeu ne soit découvert.

Le portrait au cirage de Nicolas Berggruen brossé par L’Obs serait incomplet si l’irremplaçable Jacques Attali n’y avait pas apporté sa touche : « C’est un garçon étrange, extrêmement gentil, extrêmement cultivé et extrêmement curieux, dans tous les sens du terme ». Et le grand mage médiatique surenchérit : « C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général. Je le crois sincère dans sa démarche. » Même si elle a touché 300 000 euros d’émoluments, Sylvie Goulard devrait être décorée pour avoir servi un si précieux personnage.

Le financier qui voulait être philosophe

Fort de quelques cours particuliers de philosophie (on imagine le salaire des deux professeurs…), Nicolas Berggruen a écrit avec le journaliste Nathan Gardels un livre intitulé Gouverner au XXIe siècle : La voie du milieu entre l’Est et l’Ouest (Fayard, 2013). Cet ouvrage en appelle à une « gouvernance intelligente » faisant la synthèse entre la « démocratie libérale occidentale » et le « modèle chinois ». Ce must-read des élites transnationales comporte une préface de Jacques Attali et un avant-propos d’Alain Minc. Dans lesquels, on le soupçonne, les Dupond et Dupont du mondialisme néolibéral doivent insister sur les « réformes indispensables ». « Je dirais même plus, les indispensables réformes… »

« Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins » – Nicolas Berggruen

Le dessein intellectuel et politique de Nicolas Berggruen est assez facile à cerner à travers la fadeur cyber-patronale de ses propos : il s’agit de ripoliner l’incontournable capitalisme à coups de nouvelles technologies, de « gouvernance » et de « démocratie participative ». Dès lors on comprend son attachement à l’intégration européenne à la sauce digitale. Une visite du compte Twitter de ce ravi de la crèche mondiale donne un aperçu de sa « pensée profonde ». Il écrit par exemple le 24 mai 2017 : « Le paradoxe de la démocratie : afin de sauver la démocratie, nous devrons peut-être en avoir moins. » Précisons qu’il ne s’agit pas d’une citation de 1984. Un article du site Les Influences fournit d’autres éléments d’appréciation éclairants sur le personnage : « Nicolas Berggruen, le supercapitaliste des idées ».

À noter que notre financier-philosophe, via son Institut, a fondé avec le Huffington Post un nouveau média en 2014 : le WorldPost, une publication dédiée aux « enjeux mondiaux ». Il y (co)signe lui-même des articles, comme celui-ci ; le titre laisse deviner un point de vue résolument iconoclaste : « Le “président start-up” de la France est exactement ce dont l’Europe a besoin pour redémarrer ».

Macron pour les Nuls

Comme on peut aisément s’en douter, ce membre éminent de l’oligarchie est un détracteur féroce du nouveau président français. Ses tweets en attestent : « Macron écrit l’histoire pour la France et l’Europe – un leadership nouveau, post-parti » (7 mai) ; « La France célèbre ses francs-tireurs : le Roi-Soleil, Napoléon et maintenant, Macron » (12 juin) ; « Le gouvernement d’Emmanuel Macron offre une aube nouvelle à la France, à l’Europe et à la civilisation occidentale » (19 juin). Il ne manque qu’une sobre allusion à Jupiter. Dommage que Sylvie Goulard ne soit plus de cette aventure héroïque. Peut-être va-t-elle se consacrer à la 4e édition de son bien nommé classiqueL’Europe pour les Nuls.

« Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé » – Nicolas Berggruen, à propos de George Soros

Qui sont les modèles de Nicolas Berggruen ? Sans surprise, les milliardaires mécènes William Gates (Bill pour les intimes) et Warren Buffet. Mais aussi George Soros, à propos duquel il déclare en 2010 : « Il m’impressionne beaucoup parce qu’il est à la fois généreux et engagé. » Toutefois, comme M. Berggruen se réclame de la « post-idéologie » – une fumisterie capitaliste –, il nuance quelques années plus tard : « J’ai un grand respect pour lui, pour ce qu’il a fait. Mais l’Institut [Berggruen] n’a pas de parti pris idéologique [sic]. Nous ne sommes pas là pour dire à des pays arabes par exemple : la démocratie libérale à l’occidentale est le meilleur système. Il faut tout changer et être comme nous. »

Nicolas Berggruen fait penser au personnage de Paul Arnheim dans le génial roman L’Homme sans qualités (1930-1932) de Robert Musil. Comme l’industriel Arnheim, le financier Berggruen cherche à concilier l’esprit et les affaires. C’est très perceptible dans cet article – coécrit avec Nathan Gardels – publié dans le Washington Post (13 avril 2017). Le titre semble parodique mais il n’en est rien : « Comment les prochaines élections en France et en Allemagne peuvent sauver l’Occident ».

Remercions Sylvie Goulard d’avoir permis d’attirer l’attention sur son mécène. Dans le bestiaire du capitalisme mondialisé et « innovant », il aurait été regrettable de passer à côté du spécimen Nicolas Berggruen.

Laurent Dauré

Source : Ruptures, Laurent Dauré, 28-06-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

https://www.les-crises.fr/qui-est-nicolas-berggruen-le-milliardaire-philanthrope-qui-a-finance-sylvie-goulard-par-laurent-daure/

Moscou dévoile sa condition pour une réunion sur l’Ukraine au format Normandie

Moscou dévoile sa condition pour une réunion sur l’Ukraine au format Normandie

18 août 2019, 12:18

Moscou dévoile sa condition pour une réunion sur l'Ukraine au format Normandie

© REUTERS/Athit PerawongmethaSergueï Lavrov en juillet 2019 (image d’illustration).

Sergueï Lavrov s’est dit favorable à une rencontre des gouvernements russe, ukrainien, français et allemand pour négocier une sortie de crise en Ukraine. A une condition : le respect des accords conclus en 2016 à Minsk.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a révélé le 15 août, lors du Forum panrusse de la jeunesse «Territoire des sens», que Moscou était favorable à une réunion au format Normandie visant à apporter des solutions à la crise ukrainienne. Selon le chef de la diplomatie russe, la condition sine qua non à cette rencontre, qui regrouperait les diplomaties française, russe, ukrainienne et allemande, est que les accords précédemment conclus en octobre 2016 à Minsk soient respectés.Lire aussiUkraine : Zelensky et Poutine progressent sur l’organisation d’une réunion au «Format Normandie»

«Nous défendrons fermement, sur l’échiquier mondial, la nécessité de mettre en œuvre les accords de Minsk. Nous serons prêts à nous réunir au format Normandie, mais pour ce faire, il est nécessaire d’abord d’accomplir ce dont les dirigeants […] sont convenus il y a presque trois ans», a déclaré Sergueï Lavrov.

Lors d’une réunion au format Normandie (qui réunit l’Ukraine, la Russie, la France et l’Allemagne) en octobre 2016, des accords avaient en effet été conclus, impliquant notamment un cessez-le-feu dans le Donbass.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est pour sa part dit favorable à une réunion à ce format, en y ajoutant toutefois les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. 

Le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis en Ukraine, William Taylor, a de son côté fait savoir que Washington s’intéressait à la proposition du nouveau dirigeant ukrainien, après avoir affirmé ne pas voir l’intérêt d’un tel format.​ 

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https://francais.rt.com/international/65049-moscou-devoile-condition-pour-reunion-format-normandie-ukraine

Attention : la Financière des paiements électroniques suspend le compte Réseau Voltaire

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RÉSEAU VOLTAIRE | 6 AOÛT 2019 

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