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Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

18.juin.2018 // Les Crises

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

Partielle ou marginale, parfois tout simplement inexistante, la couverture de la venue à Paris de Benjamin Netanyahou le 5 juin fut surtout étrangement sélective dans les journaux télévisés de France 2 et de France 3, comme dans les bulletins d’information de France Inter [1]le jour même. Quand elle ne fut pas, dans certains cas, biaisée par des partis-pris flagrants.

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13]. Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/netanyahou-a-paris-linformation-tres-selective-du-service-public-par-pauline-perrenot/

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Web radio Diploweb. Russie : la reconstruction du « hard power » et du « soft power »

Web radio Diploweb. Russie : la reconstruction du « hard power » et du « soft power »

Par Estelle MENARD, Jean-Robert RAVIOT , Kevin LIMONIER, Louis PETINIAUD, Marlène LARUELLE, Selma MIHOUBI, le 15 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Estelle Ménard, étudiante en Master 2 Géopolitique – Territoires et enjeux de pouvoir à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université 8). Selma Mihoubi, doctorante en Géographie mention Géopolitique à l’IFG (Université Paris 8). Marlène Laruelle, chercheur associé au Centre d’études des mondes russes, caucasiens et centre-européen et à l’Observatoire des États post-soviétiques. Jean-Robert Raviot, Professeur de civilisation russe et soviétique à l’Université Paris-Nanterre. Louis Pétiniaud, doctorant à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université Paris 8). Kevin Limonier, Maitre de conférence en études slaves et géopolitique (IFG, Université Paris 8).

Émission sur la Russie réalisée par Selma Mihoubi et Estelle Ménard. Le Diploweb.com croise les regards sur le « soft power », l’idéologie, le « hard power » et le cyberespace pour comprendre la reconstruction du pouvoir en Russie. Cette émission a été réalisée en collaboration avec quatre des auteurs du numéro double de la revue « Hérodote » (N° 166-167) : « Géopolitique de la Russie ». Il s’agit de Marlène Laruelle, Jean-Robert Raviot, Louis Pétiniaud et Kévin Limonier.

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Russie : la reconstruction du « hard power » et du « soft power »
Émission réalisée par Selma Mihoubi et Estelle Ménard pour Diploweb.com

Participants à cette émission :

. Marlène Laruelle, chercheur associé au Centre d’études des mondes russes, caucasiens et centre-européen et à l’Observatoire des États post-soviétiques. Depuis Washington, elle nous parle de l’idéologie comme instrument du soft power russe.

. Jean-Robert Raviot, Professeur de civilisation russe et soviétique à l’Université Paris-Nanterre nous présente l’exercice du pouvoir selon Vladimir Poutine.

. Louis Pétiniaud, doctorant à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université Paris 8), explique les enjeux stratégiques en mer Noire.

. Kevin Limonier, Maitre de conférence en études slaves et géopolitique (IFG, Université Paris 8), et spécialiste du cyberespace russophone en explique les caractéristiques.

Résumé par Selma Mihoubi et Estelle Ménard

La Russie d’aujourd’hui possède une relation ambigüe avec l’idéologie. Elle veut en conserver un certain degré sans pour autant s’enfermer dans un cadre idéologique. Le régime préfère promouvoir des cadres implicites pour éviter les doctrines de type marxiste-léniniste, comme ce fut le cas durant l’ère soviétique (1917-1991). Les médias français ont tendance à surestimer le « soft power » idéologique de la Russie dans le débat identitaire européen et américain. En fait, elle y fait écho mais ne l’influence que de manière indirecte, et surtout, ce n’est pas elle qui le crée. La Russie se trouve donc en résonnance avec le débat européen et américain sur l’immigration, la citoyenneté et l’identité. Ce qui lui permet de développer des partenariats idéologiques diversifiés et d’avoir de nouveaux alliés. Mais rappelons que c’est une stratégie que la Russie ne contrôle pas : si le débat perd de sa saillance dans l’Union européenne, la Russie peut perdre ces éléments d’influence. De cette idéologie découlent un certain nombre de projets géopolitiques : reconstruire les relations avec l’Europe communautaire et justifier la présence symbolique russe. Elle veut apparaître comme une puissance européenne et participer au débat en Europe balkanique et méditerranéenne, notamment après l’annexion de la Crimée (2014) et l’intervention en Syrie. Elle veut, par ailleurs, développer sa relation avec la Turquie et réaffirmer son rôle dans la mer Noire. La redéfinition idéologique du Kremlin correspond à un jeu d’équilibre entre l’implicite et l’explicite. Elle s’appuie notamment sur les termes de « conservatisme » et de « patriotisme », afin d’éviter un débat sur la nature politique du régime et sur l’identité nationale. Cette nouvelle orientation du discours idéologique russe autour du conservatisme et du patriotisme permet effectivement d’éviter de créer des divisions au sein de la société.

L’exercice du pouvoir par Vladimir Poutine est source de nombreux fantasmes dans les médias occidentaux. Contrairement à une idée répandue, Poutine n’exerce pas le pouvoir seul, mais il est le chef de file de ce que Jean-Robert Raviot appelle un directoire. Il faut se défaire de l’image d’un pouvoir vertical et d’un régime autoritaire « pur et parfait ». Il existe un dialogue permanent entre le pouvoir et le territoire. Les normes ne s’appliquent pas de la même manière d’une région à l’autre de la Russie. Enfin, il y a l’idée que la popularité de Poutine est une construction du pouvoir et des médias russes. Bien que les médias aient un contrôle solide sur l’opinion et que le régime ait des tendances autoritaristes, la popularité de Poutine est bien réelle. Elle est évidemment surestimée par les chiffres des sondages et les résultats des élections. Le Président Poutine s’appuie sur une « garde prétorienne », c’est-à-dire des gens dont le but est de préserver l’intégrité de l’État. Constituée d’hommes provenant des ministères de la Défense et de l’Intérieur depuis la fin des années 1990. C’est la peur de l’effondrement de l’État qui légitime cette garde prétorienne, avec l’idée prégnante que la Russie est en danger face à des ennemis extérieurs et en raison de ses dysfonctionnements internes liés à la chute de l’URSS, un souvenir difficile pour beaucoup de gens au pouvoir. L’évolution de ce prétorianisme russe en une technocratisation de l’élite politique est un risque pour le régime car la loyauté politique de la nouvelle classe dirigeante est peu considérée. On met davantage l’accent sur la méritocratie.

En mer Noire, la Russie a établi une force de dissuasion importante. Selon le bail de location à l’Ukraine, la Russie ne pouvait pas avoir beaucoup de navires en mer Noire. Après l’annexion de la Crimée en 2014, la Russie engage une augmentation de son nombre de navires. Trente navires supplémentaires seront stationnés d’ici 2020. Une nouvelle base sera construite dans le deuxième plus grand port de la mer Noire, à Novorossiysk. Enfin, des installations militaires en Crimée seront mises sur pied pour sécuriser l’espace aérien. Cela s’inscrit dans le contexte d’une réforme de l’armée, engagée en 2008 et qui vise à améliorer la mobilité et la rapidité des forces armées. Des réformes bien entendu complexes à mener au niveau matériel et financier. La mer Noire reste néanmoins un espace d’équilibre, où la puissance russe est contrebalancée, notamment par le contrôle des détroits par l’OTAN depuis longtemps. À l’intérieur de la Russie, il y a une réelle adhésion de la population à cette politique étrangère et la popularité de V. Poutine a augmenté. En effet, dans l’imaginaire collectif, la Crimée, l’Ukraine et Sébastopol ont une grande importance. Par ailleurs, cette popularité s’explique par un refus de l’ingérence américaine et européenne dans l’étranger proche. Malgré tout, on peut parler d’un échec du « lac russe », en référence à la mer Noire. C’est un échec paradoxal car l’intervention de la Russie en Crimée en 2014 était surtout due à la crainte que celle-ci bascule dans l’OTAN. Or, avec cette intervention, l’OTAN intensifie, en effet, ses activités dans la mer Noire. On dit aujourd’hui que la Russie a « perdu » l’Ukraine. Enfin, on peut parler de l’échec d’un « lac russe » qui s’étend à l’Europe de l’est, de la mer Baltique à la mer Noire.

L’affaire de la messagerie électronique d’Hillary Clinton n’a pas joué un grand rôle dans la stratégie d’influence russe aux États-Unis, selon Kevin Limonier, parce qu’il n’y a aucune preuve formelle que la Russie ait été impliquée dans cette affaire de piratage lors des élections américaines de 2017. Si ce sont des Russes, ce qui est très probable, il n’est pas possible de savoir s’il s’agit du gouvernement ou simplement de pirates. Il est très risqué d’attribuer les attaques cybernétiques, car un État peut faire une fausse attribution ou se tromper. La décision de l’attribution est d’abord un moyen de se positionner sur la scène internationale. Cela peut donc avoir des conséquences majeures. C’est pourquoi la France refuse d’attribuer les cyberattaques. Les relais russes comme Russia Today et Sputnik News ont indéniablement joué un rôle dans la campagne américaine, mais encore une fois, il est impossible de mesurer cette influence avec des chiffres. Néanmoins, la politique d’influence russe est bien réelle. Elle est complètement assumée par le régime si l’on se fie au discours des responsables gouvernementaux qui accusent les médias comme Radio Free Europe d’être les vecteurs d’influence des États-Unis. Selon eux, les médias russes ne font que présenter un point de vue alternatif à celui de ce qu’ils appellent le « mainstream media occidental ». Enfin, contrairement à la représentation de « menace cybernétique » occidentale, en Russie, on parle davantage de menace sur « l’espace informationnel ». C’est la sécurisation du contenu informationnel qui prime, contrairement à la sécurisation des tuyaux en Occident. Il y a un historique qui justifie la sécurisation de l’espace informationnel. On pense notamment à la guerre en Tchétchénie, à la fin des années 1990, pendant laquelle la stabilité interne de la fédération russe était menacée par des producteurs de contenu tchétchènes.

Copyright pour l’émission et le résumé 2018-Ménard-Mihoubi-Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Web-radio-Diploweb-Russie-la-reconstruction-du-hard-power-et-du-soft-power.html

La « diplomatie énergétique » de la Russie va-t-elle aider le Vietnam et la Chine à conclure un accord ?

La « diplomatie énergétique » de la Russie va-t-elle aider le Vietnam et la Chine à conclure un accord ?


Par Andrew Korybko – Le 25 mai 2018 – Source Oriental Review

Rosneft logoRosneft effectue des forages pétroliers au large de la côte du Vietnam donnant sur la mer de Chine méridionale dans une zone revendiquée par la Chine.
 
Le géant russe de l’énergie est impliqué dans le champ pétrolifère « Lan Do » qui touche littéralement la limite sud-ouest de la ligne de neuf traits de la Chine, mais qui est apparemment considéré par la compagnie comme étant sous la souveraineté de facto du Vietnam. La Chine a officiellement appelé tous les pays à respecter ses revendications sans mentionner spécifiquement Rosneft, mais en y faisant clairement référence, signe qu’elle se sent mal à l’aise avec ce dernier développement, même si cela pourrait éventuellement s’avérer être un pas dans la bonne direction.

Pour expliquer le contexte, le Vietnam est sous une forte pression des États-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde pour rejoindre de facto ce qui est essentiellement une « coalition pour le confinement de la Chine », bien que cette influence perturbatrice soit contrebalancée par les accords de libre-échange de l’Union eurasienne portée par la Russie et aussi des accords militaires avec son partenaire historique qui ont jusqu’ici réussi à permettre à Hanoï de trouver un équilibre entre les mondes unipolaire et multipolaire de la nouvelle guerre froide.

La controverse au sujet de Rosneft a indirectement plongé la Russie dans le différend sur la mer de Chine méridionale, mais cela pourrait être une bonne chose car Moscou est connue pour favoriser le droit international et les négociations au lieu de pousser ses partenaires à faire la guerre comme le Quad, mené par les USA, est enclin à faire. La Chine n’aimera probablement pas cela parce qu’elle préfère traiter bilatéralement tous les problèmes sensibles dans le cadre d’une politique de longue date, mais elle pourrait y voir progressivement quelque chose de positif.

Rosneft in the South China Sea
Un employé de Rosneft Vietnam surveille depuis la plate-forme de gaz de Lan Tay dans la mer de Chine méridionale au large de la côte de Vung Tau, Vietnam 29 avril 2018

Le nouveau rôle de la Russie pourrait compenser les pressions militaristes de la « Quadrilatérale » en obligeant le Vietnam à envisager d’entamer des négociations avec la Chine à ce sujet, les deux parties étant diplomatiquement réunies à cause des efforts de Moscou. Une solution possible qui pourrait en découler, serait que leur partenaire russe partage l’énergie des régions contestées et partage les profits et les ressources avec chacun d’entre eux selon une formule qu’ils acceptent d’avance dans le cadre d’un règlement pour redéfinir officiellement leur frontière maritime.

La Russie a déjà accepté de développer conjointement les ressources énergétiques situées dans la « zone grise » de l’ancien conflit avec la Norvège, membre de l’OTAN, dans la mer de Barents suite à un accord de 2010. Il est concevable que Rosneft puisse jouer le rôle d’une tierce partie avec ce même type de solution entre le Vietnam et la Chine s’ils parviennent à un accord similaire sur la mer de Chine méridionale. C’est pourquoi, même si cela peut sembler peu probable à l’heure actuelle, la Chine pourrait finir par remercier la Russie de s’impliquer indirectement dans ce conflit.

Le post présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 25 mai 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervém relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-diplomatie-energetique-de-la-russie-va-t-elle-aider-le-vietnam-et-la-chine-a-conclure-un-accord

 

L’armée russe en Syrie tant que Moscou y « trouvera un intérêt » (Poutine)

L’armée russe en Syrie tant que Moscou y « trouvera un intérêt » (Poutine)

Moscou – Le président Vladimir Poutine a assuré jeudi que les troupes russes présentes en Syrie, qui soutiennent les forces du régime de Damas depuis septembre 2015, y resteront tant que Moscou « y trouvera un intérêt ».

« Les opérations militaires de grande ampleur, y compris avec la participation de nos forces armées, sont aujourd’hui terminées » en Syrie, a déclaré M. Poutine lors de sa traditionnelle séance de questions-réponses avec les Russes, retransmise à la télévision.

« Nos militaires sont là-bas pour assurer les intérêts de la Russie dans cette région d’importance vitale. Et ils s’y trouveront tant que la Russie y trouvera un intérêt et tant que nous remplissons nos obligations internationales », a poursuivi le président russe.

« Nous ne prévoyons pas de retrait des forces pour le moment », a-t-il ajouté.

M. Poutine a également qualifié l’intervention en Syrie d' »expérience et d’outil unique pour le perfectionnement » de l’armée russe . « Aucun exercice ne vaut l’utilisation des forces armée dans des conditions de guerre », a-t-il jugé.

Le président russe a aussi salué l’utilisation par Moscou de nouveaux armements en conditions réelles: « la Syrie n’est pas un terrain d’entraînement mais nous y avons utilisé de nouveaux armements ».

La Russie affirme avoir significativement réduit sa présence militaire et ses opérations en Syrie depuis novembre 2017, mais elle conserve diverses unités sur place, notamment sur les bases de Tartous et de Hmeimim.

Le chiffre officiel le plus récent concernant la présence militaire russe en Syrie est celui du nombre de militaires ayant votés en Syrie lors de la présidentielle du 18 mars: 2.954 personnes.

Le base de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie, est devenue une base permanente de l’armée russe en janvier 2017, après un accord entre Damas et Moscou, passant sous juridiction russe.

Même chose à Tartous: ce qui était jusque là une installation portuaire destinée à la marine russe est devenu « une base navale russe permanente ».

Vladimir Poutine avait estimé en mai lors d’une rencontre avec son homologue syrien Bachar al-Assad que le début du processus politique en Syrie allait contribuer au retrait des « forces armées étrangères » du pays en guerre.

Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cette remarque concerne les troupes étrangères qui se trouvent en Syrie « de facto de manière illégitime du point de vue du droit international », semblant exclure la Russie et l’Iran, qui disent y être présentes à la demande des « autorités légitimes syriennes ».

(©AFP / 07 juin 2018 13h13)

https://www.romandie.com/news/L-arm-e-russe-en-Syrie-tant-que-Moscou-y-trouvera-un-int-r-t-Poutine/925285.rom

Mondial-2018: Israël annonce une plainte à la Fifa contre la Fédération palestinienne

Mondial-2018: Israël annonce une plainte à la Fifa contre la Fédération palestinienne

/ © AFP/Archives / JACK GUEZ

La Fédération israélienne de football a annoncé mercredi le dépôt d’une plainte auprès de la Fifa contre la fédération palestinienne à la suite de l’annulation du match amical de préparation au Mondial-2018 Israël-Argentine, en raison de « menaces » proférées selon elle contre les joueurs argentins.

« Nous avons affaire à un acte de terrorisme footballistique de la part de la fédération palestinienne de football et de son président. Il ne s’agit plus simplement d’un discours de plus devant le congrès (de la Fifa) ou d’une proposition de plus à l’agenda, mais de menaces contre les joueurs de football venant en Israël », a dit devant la presse le vice-président de la fédération israélienne Rotem Kamer.

« On dit au monde arabe de brûler le maillot de Messi, on menace les familles des joueurs de football », a-t-il ajouté sans dire qui avait proféré de telles menaces.

Le président de la fédération palestinienne Jibril Rajoub avait appelé à brûler le maillot de Lionel Messi s’il jouait le match prévu samedi. Mais il ne semble à aucun moment avoir proféré de menaces physiques contre les joueurs ou leurs familles.

« Nous considérons qu’une ligne rouge a été franchie et nous ne pouvons pas l’accepter », a dit M. Kamer.

A ses côtés, Eini Ofer, le président de la fédération, a indiqué que cette dernière n’avait toujours reçu aucune notification officielle de l’annulation du match et a émis l’espoir que les Argentins reconsidéreraient leur décision.

(©AFP / 06 juin 2018 16h46)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Mondial-2018-Isra-l-annonce-une-plainte-la-Fifa-contre-la-F-d-ration-palestinienne/924921.rom

Le panafricanisme, clé de la libération de l’Afrique

Le panafricanisme, clé de la libération de l’Afrique


Par John Wight – Le 25 mai 2018 – Source Sputnik

Il y a des idées qui ne mourront jamais, malgré le temps qui passe ; leur force et leur portée sont trop grandes. L’une de ces idées est le panafricanisme.

La Journée de la libération de l’Afrique rappelle, célèbre et réaffirme chaque année l’idée, l’histoire et la vision du panafricanisme. En 2018, elle tombe le vendredi 25 mai. Ce jour-là, les communautés africaines, non seulement dans l’Afrique elle-même, mais aussi dans les Caraïbes, en Europe et en Amérique du Nord, se réunissent pour honorer les grands héros du panafricanisme – Haile Selassie, Julius Nyerere, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Ben Bella, Kwame Toure, Muammar Kadhafi, ainsi que Marcus Garvey, W E DuBois et Malcolm X qui appartenaient à la diaspora africaine au sens large.

Cette célébration les encourage à poursuivre la lutte pour l’unité, la liberté et la dignité de l’Afrique sous une seule bannière panafricaine. Pour les partisans du panafricanisme, une telle unité – qui transcende les clivages tribaux et nationalistes – représente le seul espoir réel de libérer un continent qui porte encore les stigmates de l’oppression et de l’exploitation coloniales.

Les débuts du mouvement

L’histoire moderne du mouvement panafricain commence au tournant du XXe siècle – en 1900, plus précisément avec la convocation de la première Conférence panafricaine à Londres. Selon les termes du révolutionnaire africain et premier président du Ghana post-colonial, Kwame Nkrumah, l’événement « se faisait l’écho des aspirations des masses d’Africains à la recherche de l’idéologie et de la forme organisationnelle qui mèneraient à la libération ».

Près de deux décennies se sont cependant écoulées avant le rassemblement suivant du mouvement panafricain qui a eu lieu cette fois en 1919, à Paris, avec la création du tout premier Congrès panafricain. L’événement a été présidé par le célèbre intellectuel afro-américain W.E DuBois, qui a joué, jusqu’en 1945, un rôle clé dans cinq autres rassemblements du mouvement panafricain organisés à divers endroits en Amérique du Nord et en Europe.

Dans une prose aussi claire que brillante, DuBois, a clairement exprimé, dans son essai Les mains de l’Éthiopie, sa position sur l’exploitation de l’Afrique par le colonialisme européen :

« L’Afrique a de sérieux motifs d’incriminer l’Europe. Pendant quatre cents ans, l’Europe blanche a été le principal soutien du commerce d’êtres humains qui a privé l’Afrique noire de cent millions d’êtres humains, bouleversé sa vie sociale, subverti toute forme d’organisation gouvernementale, détruit l’industrie ancestrale et éteint les lumières du développement culturel. »

En 1949, Paul Robeson, une autre voix noire radicale et éminente de la diaspora africaine, défendait la cause de l’unité africaine : « L’utilisation des ressources vastes mais encore inexploitées de l’Afrique au profit des peuples africains, et même de toute l’humanité, est un objectif noble et élevé », a-t-il dit, avant de souligner que « cela peut seulement être l’œuvre des Africains eux-mêmes, et seulement après qu’ils se soient assez débarrassés des chaînes du colonialisme pour pouvoir développer librement leur propre pays ».

Faire de l’idée du panafricanisme une réalité concrète

Le défi, quand il s’agit d’une idée, c’est bien sûr de la mettre en pratique. Et étant donné les obstacles évidents à l’unité africaine, le défi à relever est d’une ampleur monumentale.

Néanmoins, dans les années 1950 et 1960, pendant la période tumultueuse où le colonialisme européen et occidental a subi des défaites historiques dans le monde en développement, des leaders africains, forgés dans la lutte anticoloniale, sont arrivés sur la scène internationale avec l’unité africaine comme ligne directrice.

Des dirigeants africains d’une grande force de caractère, comme Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Julius Nyerere et Ben Bella, étaient déterminés à profiter de l’élan de la période anti-coloniale et post-coloniale pour faire du continent un phare de liberté, de développement et de justice.

Ainsi, Nkrumah, le leader révolutionnaire emprisonné au début des années 1950 par le régime colonial britannique est devenu le premier président de l’État africain indépendant nouvellement établi du Ghana en 1960, et a entrepris de tracer la route. « Nous ne regardons ni l’Est ni l’Ouest : nous regardons l’avenir », a-t-il déclaré, sans oublier que la lutte anticoloniale qu’il avait menée s’était opérée dans le creuset de la guerre froide 1.

« Il est clair que nous devons trouver une solution africaine à nos problèmes, et que cela ne peut se faire que dans l’unité africaine. Divisés, nous sommes faibles ; unis, l’Afrique pourrait devenir l’une des grandes forces bénéfiques du monde »

Julius Nyerere (d’abord Premier ministre d’un Tanganyika indépendant en 1961, puis président de l’État nouvellement créé de Tanzanie en 1964) partageait la vision de Nkrumah :

« L’unité ne nous rendra pas riches, mais il sera plus difficile d’ignorer et de mépriser l’Afrique et les peuples africains s’ils sont unis. Et cela augmentera par voie de conséquence l’efficacité des décisions que nous prenons et que nous essayons de mettre en œuvre pour notre développement. »

Nkrumah, Nyerere, Lumumba (le premier Premier ministre de la République démocratique du Congo) et Ben Bella (premier président de l’Algérie) ont rapidement été contraints de prendre en compte la dure réalité du néo-colonialisme, où le capital européen et occidental remplaçait les soldats et les administrateurs coloniaux pour exercer le contrôle sur le continent, ses ressources et ses économies.

Nkrumah comprenait bien la nature de ce monstre spécifique : « Un État qui se trouve sous l’emprise du néocolonialisme n’est pas maître de sa propre destinée. C’est ce facteur qui fait du néo-colonialisme une telle menace pour la paix dans le monde. »

La menace panafricaine à la domination occidentale

Les efforts de Kwame Nkrumah, Julius Nyerere, Patrice Lumumba et Ben Bella pour construire l’unité africaine sur des bases d’autodétermination, d’indépendance et de planification socialiste ont été considérés comme une grave menace pour l’Occident, et par conséquent Nkrumah a été renversé et emprisonné, Lumumba a été renversé et assassiné, Ben Bella a été contraint à l’exil, et seul Julius Nyerere a pu se maintenir au pouvoir, jusqu’à sa démission en 1985.

Dans la postface de l’ouvrage classique de Walter Rodney, Comment l’Europe a sous-développé l’Afrique, Abdulrahman Mohamed Babu écrit :

« Il n’y a que Nyerere que l’Afrique a engendré et maintenu au pouvoir, nous avons assassiné Lumumba et enfermé ou exilé des dirigeants comme Ben Bella et Nkrumah pour satisfaire des impérialistes qui étaient nos donateurs, nos bailleurs de fonds, nos mécènes, nos patrons, nos maîtres, nos partenaires commerciaux. »

Malheureusement, cette tendance s’est poursuivie au XXIe siècle avec le renversement et l’assassinat brutal de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011, un crime perpétré avec le soutien actif et concret de l’Occident par le biais de l’OTAN.

Le dirigeant libyen avait joué un rôle clé dans la création de l’Union africaine en 2001 – l’organe panafricain qui a succédé à l’Organisation de l’unité africaine, créée en 1963 à Addis-Abeba.

M. Kadhafi avait repris le flambeau de l’unité africaine et du panafricanisme pour qu’il éclaire le XXIe siècle. Il voulait créer une monnaie panafricaine indépendante, un passeport panafricain et même une force de défense commune ; il était guidé par la vision de futurs États-Unis d’Afrique, et il investissait une part significative de la richesse pétrolière de la Libye dans différents projets de développement sur tout le continent africain. Kadhafi n’était pas un imbécile. Il était bien conscient du potentiel de l’Afrique :

« Ce sont eux qui ont besoin de l’Afrique – ils ont besoin de ses richesses. Cinquante pour cent des réserves mondiales d’or se trouvent en Afrique, un quart des ressources mondiales d’uranium se trouve en Afrique et 95 % des diamants du monde se trouvent en Afrique. Un tiers du chrome se trouve également en Afrique, tout comme le cobalt. Soixante-cinq pour cent de la production mondiale de cacao se trouve en Afrique. L’Afrique compte 25 000 km de rivières. L’Afrique est riche en ressources naturelles inexploitées, mais nous sommes obligés de vendre ces ressources à bas prix pour obtenir des devises fortes. Et cela doit cesser. »

Au tribunal de l’Histoire, ceux qui luttent pour la libération et l’unité sont vénérés, tandis que ceux qui tuent dans le but d’exploiter et de dominer d’autres peuples sont condamnés. Qui plus est on peut tuer des hommes, mais on ne peut jamais tuer une idée.

C’est pourquoi, en 2018, l’idée du panafricanisme est toujours vivante,

Traduction : Dominique Muselet

Note du Saker Francophone

La grille de lecture d'une "Europe Blanche" esclavagiste est réductrice. La vaste majorité des blancs en Europe étaient de petits paysans quittant rarement leur village. Pour éviter de s'enfermer dans le piège du bouc-émissaire, il serait beaucoup plus utile de comprendre l'esclavage comme un outil au service d'une logique économique qui perdure actuellement, et c'est fort justement dit, sous la forme d'un néocolonialisme "financier" qui ne se limite plus à l'Afrique puisque c'est la terre entière qui est menacée par cette guerre de la techno-sphère contre l'humanité.

Voici une vidéo de Dany Colin qui explique parfaitement certaines limites du panafricanisme.

Note

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg brise en mille morceaux les sanctions antirusses

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg brise en mille morceaux les sanctions antirusses

© Sputnik . Natalia Seliverstova
Economie

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Le Forum international de Saint-Pétersbourg qui se clôturera ce samedi s’avère être très fructueux, affirme l’un des organisateurs de cet évènement annuel. Selon lui, plusieurs centaines de contrats ont été signé au cours des trois derniers jours.

Un nombre record de contrats dont le montant excède 2.300 milliards de roubles (environ 32 milliards d’euros) a été signé au cours du Forum international économique de Saint-Pétersbourg, a fait savoir Anton Kobyakov, conseiller du Président russe et vice-président du comité d’organisation de ce forum annuel.

«Nous avons signé 550 contrats dont le montant est de 2.365 milliards de roubles […] Nous nous sommes déjà habitués au mot « sanctions » adressé à notre pays mais le SPIEF l’a infirmé», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Selon lui, cette année le SPIEF a été visité par plus de 17.000 participants de 143 pays. Les délégations les plus nombreuses ont été américaine, japonaise et française.La 22e édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) se tient du 24 au 26 mai 2018. La France et le Japon, en tant qu’invités d’honneur du SPIEF, disposent de leurs propres pavillons d’exposition. Le stand français accueille notamment Air liquide, Auchan, Danone, Engie, Michelin, Sanofi, Schneider Electric, Servier, Société générale, TechnipFMC et Total.

Lire aussi:

Conférence de presse de Poutine et Macron à Saint-Pétersbourg (vidéo)
EN DIRECT: Poutine, Macron, Abe et Lagarde à la session plénière du SPIEF
Poutine: la «spirale des sanctions» continue de se propager
https://fr.sputniknews.com/economie/201805261036533535-forum-saint-petersbourg-sanctions-antirusses/

Les élections ne suffisent pas à la démocratie

Les élections ne suffisent pas à la démocratie

Vu d’Occident, trois élections démocratiques viennent de se tenir en Tunisie, au Liban et en Iraq. Mais pour ces peuples, ces scrutins n’avaient pas grand chose à voir avec l’idéal démocratique car les institutions, que les Occidentaux leur ont imposées, ont été conçues pour les empêcher de choisir librement leurs dirigeants.

| Damas (Syrie)

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L’abstention massive lors des élections législatives libanaises (50 %), iraquiennes (65 %), et municipales tunisiennes (77 %) a été interprétée par les Occidentaux comme la preuve de l’immaturité de ces peuples. Qu’ils disposent de la démocratie depuis 7 ou 75 ans, ils sont irresponsables et doivent donc être placés sous tutelle.

Oubliant qu’en Occident aussi certaines consultations nationales ont été marquées par des taux d’abstention similaires, les Occidentaux expliquent ceux de la Tunisie, du Liban et de l’Iraq par les mauvais résultats économiques de leurs gouvernements. Comme si les Arabes n’avaient pas compris qu’ils pouvaient délibérer de projets et choisir leur avenir, mais s’imaginaient qu’ils devaient approuver les performances de leurs gouvernants passés.

Pressés de rétablir un mandat sur le Levant, les Occidentaux avaient ainsi interprété la libération de Saad Hariri de sa geôle saoudienne comme la victoire d’Emmanuel Macron Le Magnifique. Ils n’avaient ni vu le camouflet infligé par le prince héritier saoudien au président français à l’aéroport de Riyad [1], ni l’efficacité des démarches du président Michel Aoun aux Nations unies. À leurs yeux, les Libanais ne pouvaient pas se débrouiller seuls. Ils ne pouvaient obtenir de résultats qu’encadrés par eux.

Les médias occidentaux abordent les invraisemblables institutions libanaises en les qualifiant de « compliquées », mais sans expliquer que le système communautaire a été conçu par l’ancienne puissance coloniale pour que rien, jamais, ne change. La France est laïque chez elle, mais surtout pas dans ses anciennes colonies. Et les aménagements de la loi électorale avec l’introduction de la proportionnelle au sein des communautés, non seulement maintiennent le carcan colonial, mais en complexifient le maillage.

Oui, il est ridicule de voir la Tunisie élire pour la première fois ses conseillers municipaux, le Liban élire au bout de neuf ans des députés héréditaires, et l’Iraq divisé en 37 partis politiques. Mais c’est précisément parce que c’est ridicule que beaucoup d’électeurs ont refusé de se plier à ce jeu humiliant.

Contrairement à l’interprétation occidentale, ces taux d’abstention, s’ils manifestent un rejet des procédures démocratiques, ne signifient absolument pas le rejet de la démocratie, mais de son dévoiement.

Les Tunisiens, qui ont vu Ennahdha et Nidaâ Tounès s’allier après s’être combattus, avaient toutes les raisons d’anticiper que les deux grands partis s’entendraient entre eux pour se répartir les postes locaux comme ils l’ont fait avec les fonctions nationales. Les Libanais, qui savent ne pas avoir d’autre choix que celui du « seigneur de guerre » de leur communauté et de ses vassaux pour se défendre des autres communautés, ont eux aussi rejeté cet emprisonnement. Les Iraquiens, dont le Premier ministre élu avait été renversé il y a quatre ans par les puissances étrangères, savent que leur vote ne sera pas pris en compte s’il contrevient aux desiderata de l’auto-proclamée « communauté internationale ».

Seuls le Hezbollah libanais, issu de la Résistance contre l’occupation israélienne, et la Coalition iraquienne de Moqtada el-Sadr, issue de la Résistance à l’occupation états-unienne, ont fait le plein de leurs voix avec leurs alliés.

Que l’on ne s’y trompe pas, les Occidentaux se félicitent implicitement de l’abstention car ils y trouvent la justification de leur agression du « Moyen-Orient élargi » depuis 17 ans. Toute expression d’une volonté organisée des peuples est pour eux un cauchemar, leur unique objectif étant de renverser les États et de détruire les sociétés pour mieux les dominer.

Ainsi, lorsque les Syriens, en pleine guerre, se sont rués sur les bureaux de vote pour élire leur président, les Occidentaux sont restés pétrifiés. Ils ont été contraints de remettre à plus tard leur plan de renversement de la République arabe syrienne.

Les Arabes comme les autres hommes aspirent à déterminer eux-mêmes leur propre destin.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] « Le camouflet infligé au président Macron en Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 novembre 2018.

http://www.voltairenet.org/article201073.html

La crise de l’éducation (Hannah Arendt)

La crise de l’éducation (Hannah Arendt)

19 Mai 2018 , Rédigé par L’oeil de Brutus Publié dans #Lectures

Après une pause (salutaire) de presque un an, je reprends les publications sur l’œil de Brutus. Comme je l’annonçais, je m’éloigne du suivi de l’actualité politique dont l’extrême médiocrité a fini par lasser mon goût de l’écriture. Je reprends donc la suite, entamée en septembre 2016, de la recension de l’un des ouvrages majeurs d’Hannah Arendt : La Crise de la culture. Nous avions déjà vu les quatre premiers chapitres : La tradition et l’âge moderne, Le concept d’histoire, Qu’est-ce que l’autorité ? et Qu’est-ce que la liberté ?. Le  cinquième chapitre, sans doute le plus important de l’ouvrage, est consacré à l’éducation. Se basant sur les évolutions de l’éducation dans l’Amérique des années 1950, Hannah Arendt anticipe, avec une clairvoyance impressionnante, l’impact de la rupture avec toutes formes de traditions (sur ce sujet, relire le chapitre 1) sur l’éducation, et surtout sur la déconstruction de l’éducation. Nous sommes en 1961 ; et déjà, Hannah Arendt pressent la dégénérescence de la modernité en une postmodernité (même si elle n’emploie pas le terme) à l’intérieur de  laquelle le règne de l’individu-roi (et par voie de conséquence de l’enfant-roi) atomise tout fonctionnement social et, à contrecourant de ses objectifs proclamés, aboutit à un entremêlement de tyrannies : celle du petit Moi[i], celle de la (supposée) majorité du camp du Bien et celle des minorités agissantes. Cette anticipation est d’une telle actualité vis-à-vis du système éducatif français d’aujourd’hui que je laisse, pour l’essentiel, le lecteur avec des citations intégrales, généralement peu commentées.

 

Aux Etats-Unis, terre d’immigration, il est évident que l’éducation joue un rôle primordial car « il est clair que c’est seulement par la scolarisation, l’éducation et l’américanisation des enfants d’immigrants que l’on peut tenir cette gageure de fondre les groupes ethniques les plus divers en un seul peuple ». En outre, contrairement à nombre d’idées reçues, le concept d’égalité joue un rôle important dans la vie américaine. Arendt souligne ainsi que l’égalitarisme américain se bat pour effacer la différence entre jeunes et vieux, entre doué et non doués, entra enfants et adultes, entre professeurs et élèves. Et ce nivellement se fait aux dépends de l’autorité du professeur et au détriment des plus doués (page 232).

 

« Trois idées de base, qui ne sont que trop connues, permettent d’expliquer schématiquement ces mesures catastrophiques. La première est qu’il existe un monde de l’enfant et une société formée entre les enfants qui sont autonomes et qu’on doit dans la mesure du possible laisser se gouverner eux-mêmes. Le rôle des adultes doit se borner à assister ce gouvernement. C’est le groupe des enfants lui-même qui détient l’autorité qui dit à chacun des enfants ce qu’il doit faire et ne pas faire ; entre autres conséquences, cela crée une situation où l’adulte se trouve désarmé face à l’enfant pris individuellement (…).

Quant à l’enfant dans ce groupe, il est bien entendu dans une situation pire qu’avant, car l’autorité d’un groupe, fût-ce un groupe d’enfants, est toujours beaucoup plus forte et beaucoup plus tyrannique que celle d’un individu, si sévère soit-il. Si l’on se place du point de vue de l’enfant pris individuellement, on voit qu’il n’a pratiquement aucune chance de se révolter ou de faire quelque chose de sa propre initiative. Il ne se trouve plus dans la situation d’une lutte inégale avec quelqu’un qui a, certes, une supériorité absolue sur lui – situation où il peut néanmoins compter sur la solidarité des autres enfants, c’est-à-dire de ses pairs – mais il se trouve bien plutôt dans la situation par définition sans espoir de quelqu’un appartenant à une minorité réduite à une personne face à l’absolue majorité de toutes les autres. Même en l’absence de toute contrainte extérieure, bien peu d’adultes sont capables de supporter une telle situation, et les enfants en sont tout simplement incapables.

Affranchi de l’autorité des adultes, l’enfant n’a donc pas été libéré, mais soumis à une autorité bien plus effrayante et vraiment tyrannique : la tyrannie de la majorité. En tout cas, il en résulte que les enfants ont été pour ainsi dire bannis du monde des adultes. Ils sont soit livrés à eux-mêmes, soit livrés à la tyrannie de leur groupe, contre lequel, du fait de sa supériorité numérique, ils ne peuvent se révolter, avec lequel, étant enfants, ils ne peuvent discuter, et duquel ils ne peuvent s’échapper pour aucun autre monde, car le monde des adultes leur est fermé. Les enfants ont tendance à réagir à cette contrainte soit par le conformisme, soit par la délinquance juvénile, et souvent par un mélange des deux.

La deuxième idée de base à prendre en considération dans la crise présente a trait à l’enseignement. Sous l’influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques, la pédagogie est devenue une science de l’enseignement en général, au point de s’affranchir complètement de la matière à enseigner. Est professeur, pensait-on, celui qui est capable d’enseigner … n’importe quoi. Sa formation lui a appris à enseigner et non à maîtriser un sujet particulier. (…) Cela a conduit à négliger complètement la formation des professeurs dans leur propre discipline, surtout dans les écoles secondaires. Puisque le professeur n’a pas besoin de connaître sa propre discipline, il arrive fréquemment qu’il en sait à peine plus que ses élèves. En conséquence, cela ne veut pas seulement dire que les élèves doivent se tirer d’affaire par leurs propres moyens, mais que désormais l’on tarit la source la plus légitime de l’autorité du professeur, qui, quoi qu’on en pense, est encore celui qui en sait le plus et qui est le plus compétent. (…)

(la troisième) idée de base est que l’on ne peut savoir et comprendre ce qu’on a fait soi-même, et sa mise en pratique dans l’éducation est aussi élémentaire qu’évidente : substituer, autant que possible, le faire à l’apprendre. (…) Dans ce processus on s’est surtout efforcé de supprimer autant que possible la distinction entre le travail et le jeu, au profit de ce dernier. On considérait que le jeu est le mode d’expression le plus vivant et la manière la plus appropriée pour l’enfant de se conduire dans le monde, et que c’était la seule forme d’activité qui jaillisse spontanément de son existence d’enfant. (…)

Cette méthode cherche délibérément à maintenir, autant que possible, l’enfant plus âgé au niveau infantile. Ce qui précisément devait préparer l’enfant au monde des adultes, l’habitude acquise peu à peu de travailler au lieu de jouer, est supprimée au profit de l’autonomie du monde de l’enfance. »

 

Tout au contraire de ce système (dans lequel on reconnaît tous les traits du pédagogisme qui a saccagé notre système éducatif), « l’enfant a besoin d’être tout particulièrement protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais ce monde aussi a besoin d’une protection qui l’empêche d’être dévasté et détruit par la vague des nouveaux venus qui déferle sur lui à chaque nouvelle génération. Puisque l’enfant a besoin d’être protégé contre le monde, sa place traditionnelle est au sein de la famille. C’est là qu’à l’abri de quatre mures, les adultes reviennent chaque jour du monde extérieure et se retranchent dans la sécurité de la vie privée ».

Dans l’autre sens, l’école est là pour permettre à l’enfant de réaliser, progressivement, le cheminement qui l’insèrera au monde. Mais si l’école ne tient pas ce rôle, « il est clair qu’en essayant d’instaurer un monde propre aux enfants, l’éducation moderne détruit les conditions nécessaires de leur développement et de leur croissance. (…) Normalement, c’est à l’école que l’enfant fait sa première entrée dans le monde. Or, l’école n’est en aucune façon le monde, et ne doit pas se donner pour tel ; c’est plutôt l’institution qui s’intercale entre le monde et le domaine privé que constitue le foyer pour permettre la transition entre la famille et le monde ». Aussi, « les jeunes sont introduits par les adultes dans un monde en perpétuel changement. Qui refuse d’assumer cette responsabilité du monde ne devrait ni avoir d’enfant, ni avoir le droit de prendre part à leur éducation. Dans le cas de l’éducation, la responsabilité du monde prend la forme de l’autorité ». Or, « on ne veut plus demander à personne de prendre ni confier à personne aucune responsabilité, car, partout où a existé une véritable autorité, elle était liée à la responsabilité, elle était liée à la responsabilité de la marche du monde. Si l’on retire l’autorité de la vie politique et publique, cela peut vouloir dire que la responsabilité de la marche du monde est demandée à chacun. Mais, cela peut aussi vouloir dire qu’on est en train de désavouer, consciemment ou non, les exigences du monde et son besoin d’ordre, on est en train de rejeter toute responsabilité pour le monde : celle de donner des ordres, comme celle d’y obéir. (…) L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut que signifier une chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants ».

 

Il s’agit donc de défendre une forme de « conservatisme (qui), pris au sens de conservation, est l’essence même de l’éducation ». A contrario, souligne Arendt, en politique, le conservatisme qui vise à maintenir le statu quo dans un monde qui, quoi qu’il arrive, est en perpétuel mouvement, est une impasse[ii]. Toutefois, la nécessité de se raccrocher au conservatisme pour perpétuer l’éducation se heurte à l’abandon de la tradition et au rejet de de tout ce qui rattache au passé. Nous sommes donc à l’exact opposé du principe de l’éducation antique dans laquelle, selon Polybe, il s’agissait de « vous faire voir que vous êtes tout à fait digne de vos ancêtres ». L’autorité de l’éducateur s’inscrivait alors dans l’autorité de la transmission de ce qui nous rattache au passé afin de permettre à l’enfant de s’insérer progressivement dans l’évolution du monde. C’est ainsi que « le rôle de l’école est d’apprendre aux enfants ce qu’est le monde, et non pas leur inculquer l’art de vivre. (…) C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun ».

 

 

A suivre : la crise de la culture.

[i] Sur ce sujet, voir en particulier les billet sur Le Divin marché de Dany-Robert Dufour : http://loeildebrutus.over-blog.com/2015/01/les-10-commandements-du-postmodernisme-1-10-le-rapport-a-soi-tu-te-laisseras-conduire-par-l-egoisme.html

[ii] Mais l’on assimilerait davantage cela à une politique réactionnaire qu’à un conservatisme.

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Paris: le transfert de l’ambassade US à Jérusalem «contrevient au droit international»

Jean-Yves Le Drian

Paris: le transfert de l’ambassade US à Jérusalem «contrevient au droit international»

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Le Quai d’Orsay a désapprouvé la décision de Washington de transférer sa mission diplomatique en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, estimant qu’elle enfreint le droit international.

Alors que la frontière israélo-gazaouie est de nouveau ce lundi le théâtre d’affrontements sanglants, le jour du transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le ministère français des Affaires étrangères a condamné cette décision des Etats-Unis, considérant qu’elle enfreint le droit international, et a exigé que le gouvernement israélien fasse preuve de mesure dans l’usage de la force.

«La France désapprouve la décision américaine de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem», a fustigé Jean-Yves Le Drian. «Cette décision contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies», est-il dit dans son communiqué.

Après de longues semaines durant lesquelles a régné la violence et a coulé le sang de nombreux Palestiniens de la bande de Gaza, Paris a appelé «de nouveau les autorités israéliennes à faire preuve de discernement et de retenue dans l’usage de la force qui doit être strictement proportionné».

Le chef de la diplomatie a d’ailleurs rappelé «le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement».

Il est «urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions», a conclu M.Le Drian.

Le gouvernement américain ouvre l’ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai, jour du 70e anniversaire de la proclamation de l’État d’Israël. De violents heurts ont éclaté dans la matinée de lundi le long de la frontière avec la bande de Gaza où une quarantaine de Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens.En décembre 2017, Donald Trump ne s’est pas inscrit dans la ligne de ses prédécesseurs, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. Dans la foulée des États-Unis, plusieurs pays d’Amérique latine ont annoncé eux aussi le transfert de leurs missions diplomatiques.

Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’Onu, 128 ont voté fin décembre une résolution condamnant la décision américaine, dont des alliés des États-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Seuls sept pays se sont alignés sur la décision de Washington.

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