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Peter Frankopan Les Nouvelles routes de la soie et l’émergence d’un nouveau monde

Peter Frankopan

Les Nouvelles routes de la soie et l’émergence d’un nouveau monde

Traduction en Anglais

10 mars 2019 : Soline Schweisguth a rencontré à Oxford l’historien Peter Frankopan.
Professeur d’Histoire Globale à l’Université d’Oxford (Worcester College), il dirige le centre de recherches pour les études byzantines. Son livre Les Routes de la soie (traduit en français en 2017) a connu un succès mondial, notamment en Chine, en Inde et au Pakistan.
Il a publié une suite à cet essai en 2018 avec un livre en rapport avec la géopolitique contemporaine : Les Nouvelles routes de la soie, traduit en français en novembre 2018.

The Silk Roads, a New History of the World (Peter Frankopan)L’historien propose dans son premier livre une approche de l’histoire du monde centrée sur les pays le long des routes de la soie« Loin d’être en marge des affaires mondiales, ces pays sont très centraux – et ce depuis le début de l’histoire », souligne-t-il. De l’Antiquité à nos jours, depuis les premiers mouvements de christianisation jusqu’à la guerre en Irak, en passant par le développement de l’islam des VIIe et VIIIe siècles, il raconte une histoire trop souvent méconnue et remet en perspective l’histoire de l’Europe.

En novembre 2018, Peter Frankopan a publié cette fois un ouvrage intitulé Les Nouvelles routes de la Soie. Son titre reprend l’appellation donnée à la politique du président chinois Xi Jinping, qui a annoncé en 2013 sa volonté de développer les échanges commerciaux entre les pays du continent asiatique.

La Chine a ainsi investi plusieurs milliards de dollars dans des infrastructures ferroviaires et maritimes. Les discours soulignant la coopération et l’ouverture se sont accompagnés de prêts pour l’aide au développement dans de nombreux pays d’Asie et d’Afrique. Cela pourrait bien accélérer la croissance économique de ces pays, mais dans le cadre d’un néo-colonialisme inavoué… L’historien décrit et analyse la montée en puissance des pays le long des anciennes routes de la soie et un monde « dont le centre de gravité économique est en train de s’éloigner de l’ouest ». Il observe qu’« un nouveau monde est en train d’émerger en Asie, mais ce n’est pas un monde libre ».

« Tous les chemins menaient à Rome, écrit-il. Aujourd’hui, ils mènent à Pékin. »

Herodote.net : Dans Les Routes de la soie, vous recentrez l’histoire depuis l’Antiquité sur les pays le long de la route de la soie, de la Chine au Moyen-Orient. Comment ce point de vue permet-il d’enrichir une histoire traditionnellement centrée sur l’Occident?

En écrivant ce livre, je m’intéressais à trois choses. Premièrement, je voulais examiner les histoires des peuples, des cultures, des échanges, etc. qu’on oublie souvent quand on pense au passé. On s’attarde beaucoup sur Louis XIV, Henri VII, Napoléon ou Hitler. Mais on ne dit qu’un mot ou deux des Byzantins, des Ottomans, des Abbassides ou des Chola, des Khmers ainsi que des nombreuses ères et dynasties chinoises (pour ne mentionner que certains des manques les plus importants).

Peter Frankopan, né le 22 mars 1971 en Angleterre, professeur d'Histoire globale à OxfordMais deuxièmement, je voulais montrer que même l’histoire de l’Europe et de l’Occident était directement liée aux parties du monde à l’est de Venise et d’Istanbul, et auxquelles on ne prête pas attention. Je voulais montrer que même notre conception de l’histoire est trompeuse, non seulement parce qu’on oublie les autres, mais aussi parce qu’on déforme l’histoire avec de telles exclusions.

Il y a beaucoup de chercheurs qui travaillent sur les endroits du monde dont j’ai parlé, et qui sont confrontés aux problèmes de l’eurocentrisme ou des limites de la manière dont on voit les périodes. Par exemple, qu’est-ce qu’est exactement le « Moyen Âge », et qu’est-ce que cela signifie pour quelqu’un en Afrique, en Amérique, en Asie du Sud-Est etc.?

Le même problème se pose pour les ères géographiques, découpées en pays et en régions, qu’on étudie ensuite de manière exclusive. Je pense que l’histoire est plus excitante quand on regarde les échanges (violents et militaires bien sûr, mais aussi commerciaux, religieux, diplomatiques, etc.) et c’est donc cela que j’ai essayé de faire.

Dans votre deuxième livre Les Nouvelles Routes de la soie, vous décrivez le monde actuel comme un monde dans lequel les initiatives économiques et politiques de l’Est rendent anecdotiques, voire ridicules, celles de l’Occident. Dans quelle mesure peut-on dresser un parallèle entre cette situation et celle de la Grande Divergence, quand l’Europe était la première à entrer dans la révolution industrielle?

Les historiens ont des opinions très contrastées sur les causes, les conséquences et la nature de cette grande divergence.

D’une manière générale, il me semble que la prospérité, la croissance et l’espoir d’un meilleur futur sont les moteurs du changement. Durant les dernières décennies, l’augmentation de la richesse en Inde, en Chine, dans le Golfe persique, en Corée du Sud et dans l’Asie du Sud-Est, a été impressionnante. Cela ne s’est pas fait aux dépens de l’Occident, mais plutôt main dans la main – on a tous bénéficié de la chaîne de production mondiale qui a rendu les produits que nous achetons moins chers et plus abordables.

Ce qui a été problématique, cependant, c’est l’augmentation des inégalités en Europe et aux États-Unis, l’augmentation du chômage (ou, plus précisément, le manque de croissance des salaires). Notre continent est en état de confusion profonde, voire même de tristesse.

C’est dans ce contexte qu’il faut voir le Brexit, les gilets jaunes, le mouvement pour l’indépendance en Catalogne, la montée de l’extrême-droite (et de l’extrême-gauche), ainsi que la situation des pays comme la Hongrie ou la Pologne qui cherchent une voie alternative.

Tout cela semble très différent de ce que je vois en Asie. Il est important de noter les frictions, les tensions et les défis nombreux qui touchent les pays individuellement, et parfois leurs relations complexes avec leurs voisins. Mais le point fondamental est que 65% de la population mondiale vit à l’est d’Istanbul ; c’est de là que viennent 70% des énergies fossiles ainsi qu’une grande proportion du blé, du riz, parmi d’autres.

Sans puissance coloniale pour extraire ces ressources comme dans le passé, il est raisonnable de penser que ce qui se passe en Asie – en bien ou en mal – affectera le monde de demain.

La mise en place des « Nouvelles Routes de la soie » par le président chinois Xi Jinping s’accompagne de références aux anciennes routes de la soie. Dans quelle mesure cette expression ne serait-elle qu’un effet de rhétorique quand la majorité du commerce se fait encore par bateau ou en direction des États-Unis?

Les routes de la soie chinoises ne se réfèrent pas seulement à des liaisons commerciales terrestres ou maritimes mais aussi à un enjeu symbolique. En tant qu’historien, on peut noter que de nombreux pays parlent de revenir à un passé glorieux et idéalisé. En Angleterre, le slogan du Brexit était « Reprendre le contrôle » (Take Back Control), ce qui implique un retour à une situation meilleure.

Aux États-Unis, ce n’est pas ‘Make America Great’ mais ‘Make America Great Again’. D’autres pays, comme la Turquie, la Russie, l’Inde ou le Pakistan (la liste est longue) voient un intérêt à bâtir le présent et le futur en fonction du passé. D’après moi, c’est une bonne raison de passer plus de temps à faire de l’Histoire !

Propos recueillis par Soline Schweisguth
Publié ou mis à jour le : 2019-03-21 15:02:51
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Incendie à Notre-Dame de Paris

L’EGLISE : L’EGLISE EN FRANCE

Incendie à Notre-Dame de Paris

Incendie à Notre-Dame de Paris

Un important incendie est en cours à la cathédrale Notre-Dame de Paris actuellement en travaux. Un important panache de fumée et des flammes semblant s’élever de la partie en cours de rénovation de l’édifice religieux, la flèche, étaient visibles en début de soirée. Le feu a pris dans les combles de la cathédrale ont indiqué les pompiers.

 

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Barnabé@barnabelouche

Notre Dame brûle 😭😭😭

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ERWAN LE GAL@ERWANLEGALLL

Incendie à la Cathédrale ?

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Vous savez le rôle que le Salon Beige joue chaque jour dans la lutte contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme; vous connaissez notre pugnacité à combattre chaque jour contre l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et toutes les dérives libertaires.

Le Salon Beige ne remplace pas votre rôle dans ces combats, il les facilite, les accompagne et les stimule<;

S’il vous plaît, faites un don aujourd’hui. Merci

 

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

https://www.lesalonbeige.fr/incendie-a-notre-dame-de-paris/

Pour la libre circulation des marchandises au Levant

Pour la libre circulation des marchandises au Levant

  

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L’Iran, l’Iraq et la Syrie ont élaboré un projet de chemin fer régional reliant le port de Khorramshahr au Nord du Golfe arabo-persique au port méditerranéen de Basra, via Bagdad.

La construction avait été décidée en 2010 dans le cadre du marché commun régional d’alors. Le projet avait été interrompu par la guerre, la dissolution du marché commun, et la partie syrienne de cette voie a été détruite par l’« Armée syrienne libre ».

Ce chemin chemin de fer, qui est un droit de ces trois pays souverains, se heurte aux sanctions états-uniennes qui le leur interdisent formellement.

Cette voie ferrée devrait permettre des échanges industriels, agricoles et commerciaux en tous genres, multipliant par quatre le commerce entre les trois pays dans les cinq années de sa mise en service. Elle pourrait sauver les populations aujourd’hui menacées par la famine à venir.

Le 14 avril 2019, les trois pays ont confirmé la relance de ce projet.

https://www.voltairenet.org/article206066.html

Sérotonine : et si le dernier roman Houellebecq était un roman beaucoup plus catholique qu’on ne l’a vu ?

ANALYSE DE TEXTE
Sérotonine : et si le dernier roman Houellebecq était un roman beaucoup plus catholique qu’on ne l’a vu ?

Atlantico : Dans un entretien accordé à Atlantico, le cardinal Robert Sarah a commenté le dernier chapitre du dernier roman de Houellebecq, Sérotonine, en disant qu’il était « tout à fait catholique ». Partagez-vous ce jugement ?

Julien Leclercq​ : Je partage l’analyse du cardinal Sarah. Sérotonine ne constitue pas à proprement parler un « roman chrétien », car la question de Dieu n’est que trop peu évoquée – mais, en revanche, si les dernières lignes du roman m’ont autant bouleversé, c’est précisément parce qu’elles résument toute la puissance du message chrétien. J’ai quelques réserves sur la qualité littéraire de l’ensemble de l’ouvrage, mais les deux dernières pages subliment le reste qui est parfois un peu bancal. Après une longue introspection intérieure pour déterminer si le suicide était une bonne option, le narrateur confie : « Et je comprends, aujourd’hui, le point de vue du Christ, son agacement répété devant l’endurcissement des coeurs (…) Est-ce qu’il faut vraiment que je donne ma vie pour ces minables ? ». Il faut également prendre en compte l’érudition du cardinal Sarah, lorsqu’il déclare que c’est « tout à fait catholique », il entend aussi « catholique » au sens étymologique de « l’universel ». Le dernier chapitre de Houellebecq est avant tout une réflexion sur la destinée de l’humanité, partagée entre l’immanence et la transcendance, et la grande dépression collective causée par la disparition du sacré.

Michel Houellebecq a plusieurs fois déclaré être très inspiré par un grand auteur chrétien, Joris-Karl Huysmans, et a affirmé ne plus être athée dans un entretien accordé à La Vie en 2015. Quelle place à la religion catholique dans l’oeuvre de Houellebecq ? Y a-t-il une authentique interrogation religieuse ou peut-on plutôt parler d’esthétique chrétienne ?

Oui, et, d’ailleurs Huysmans est un converti, qui a choisi l’Eglise pour, je cite, sortir de « l’impasse naturaliste », comprendre l’explication scientifique et rationnelle du monde. Il raconte sa conversion dans En Route, paru en 1895, à la fin d’un XIXe siècle épris de scientisme et de positivisme. De ce point de vue, la comparaison avec Houellebecq est flagrante : les deux s’interrogent sur le sens de la vie et la présence d’un Dieu dans une époque qui érige la science et la raison en figures tutélaires. Houellebecq y ajoute le consumérisme et l’hédonisme induits par le capitalisme. Je ne peux affirmer qu’il y a une « esthétique chrétienne » chez Houellebecq, mais il y a une véritable appétence pour la question de Dieu. Houellebecq a aussi confié ne pas aller à l’église, mais qu’il voulait que les églises soient toujours présentes et accueillantes, au cas où il avait envie d’y retourner. Dieu est une (sainte) tentation chez Houellebecq, celle qui lui ferait dépasser l’absurdité du monde contemporain. Il me semble que c’est la première apparition de Jésus dans un de ses livres. Que cela survienne dans les dernières pages du roman, présage en tout cas d’un approfondissement ultérieur de cette question au cours de son oeuvre.

Michel Houellebecq semble souvent accorder une place importante à la religion dans sa quête du bonheur, qu’il oppose à la dépression rampante de notre société matérialiste livrée à la consommation de masse. « Je reste persuadé que tout bonheur est d’essence religieuse » avait-il déjà déclaré en 1996 à Sébastien Lapaque dans la revue Immédiatement. Le christianisme est-il devenu pour Houellebecq une sorte d’antidote à la société qu’il abhorre ?

Houellebecq est celui qui comprend le mieux notre époque, car son diagnostic est implacable : le consumérisme, l’individualisme, et, surtout, la victoire des plus forts sur les plus faibles dans un contexte de guerre économique (et il s’inclut dès Extension du domaine de la lutte dans le camp des losers), constituent les grandes causes non pas du malheur, mais de l’absence de bonheur du monde moderne. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Ce bonheur qui fuit le personnage houellebecquien, recherché dans la vaine satisfaction des sens ou les plaisirs furtifs et médiocres, peut se trouver dans le ciel. Le christianisme n’est pas encore devenu l’antidote pour sauver le monde, du moins pas explicitement, dans son oeuvre. Je prends cependant les paris : après le constat du malheur de l’homme sans qualité (d’ Extension du domaine de la lutte à Sérotonine), du non-sens de la quête effrénée de la jouissance (Plateforme), de l’impossibilité de la science de répondre aux grandes questions contemporaines (Les Particules élémentaires, La Possibilité d’une île), et face au péril islamique (Soumission) le christianisme sera pour Houellebecq la grande interrogation qu’il affinera au fil de ses livres prochains. La figure du Christ à la fin de Sérotonine est un pivot décisif pour une nouvelle quête spirituelle et littéraire pour répondre à la médiocrité de notre temps qui refuse le dépassement de soi.

BDF, JP MORGAN ET L’OR DES FRANÇAIS – INTERVIEW DE PHILIPPE HERLIN

BDF, JP MORGAN ET L’OR DES FRANÇAIS – INTERVIEW DE PHILIPPE HERLIN

PUBLIÉ PAR RICHARD DÉTENTE | 8 AVR. 2019 | ARTICLES1020 

Fin octobre 2018, un article des Échos explique que la Banque de France et la banque américaine JP Morgan se sont associées pour établir des opérations financières avec l’or détenu dans les coffres de la BdF comme contrepartie. J’interview Philippe Herlin qui a enquêté sur cette question.

 

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RICHARD DÉTENTE VIDÉOS DE VULGARISATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

https://or.fr/actualites/interview-phillipe-herlin-or-banque-france-jpmorgan-1512

LA CHINE S’ADONNE À UNE FRÉNÉSIE D’ACHATS D’OR

LA CHINE S’ADONNE À UNE FRÉNÉSIE D’ACHATS D’OR

PUBLIÉ PAR OR.FR ™ | 11 AVR. 2019 | ARTICLES138 

À une époque où les gestionnaires de réserves vendent activement un montant modeste, quoique notable, de leurs réserves en dollars pour les remplacer par du yen ou de l’euro, la Russie liquide la devise américaine et achète de l’or à un rythme record.

 

 

Bien que l’appétit de la Russie, qui a doublé ses réserves d’or au cours des trois dernières années, reste sans équivalent, la Chine s’est discrètement jointe à son voisin du nord en exprimant sa défiance à l’égard du dollar : la PBoC a rapporté que la deuxième économie mondiale avait acheté de l’or pour un quatrième mois consécutif, renforçant les spéculations selon lesquelles les banques centrales pourraient continuer d’accumuler du métal précieux au détriment de leurs réserves en dollar américain.

 

 

Selon les dernières données officielles, les réserves d’or de la Chine ont atteint 60,62 millions d’onces en mars, contre 60,26 millions d’onces un mois auparavant. Il s’agit du quatrième mois consécutif de hausse : 11,2 tonnes le mois dernier, après l’ajout de 9,95 tonnes en février, 11,8 tonnes en janvier et 9,95 tonnes en décembre. Au total, la PBoC a acheté plus de 42 tonnes d’or depuis la fin 2018. Comme le montre le graphique ci-dessous, la récente vague d’achats a repris après une pause de 25 mois, la Chine ayant cessé de déclarer ses achats d’or en octobre 2016. Cette tendance s’est inversée en décembre, lorsque Pékin a annoncé qu’elle avait recommencé à accumuler de l’or.

 

 

Avant sa dernière phase d’accumulation, la Chine avait passé de longs mois sans communiquer sur ses avoirs en or. Pour Pékin, déclarer ses achats d’or n’est pas une question de transparence, mais un moyen de lancer un signal politique clair (indiquant une perte de confiance dans le dollar). Lorsque la banque centrale a annoncé un bond de 57% de ses réserves, à 53,3 millions d’onces, à la mi-2015, il s’agissait de sa première mise à jour en six ans.

 

 

Les dernières données de la PBoC indiquent que la Chine a recommencé à acheter de l’or à un rythme régulier, à l’instar de la période allant de mi-2015 à octobre 2016, lorsque le pays augmentait ses réserves presque tous les mois.

Deux observations : si la Chine continue d’accumuler de l’or à ce rythme en 2019, elle pourrait devenir le plus gros acheteur de lingots devant la Russie, qui a ajouté 274 tonnes en 2018. Plus important encore, la dernière fois que la Chine a repris ses achats d’or, c’était seulement trois mois avant la dévaluation du yuan d’août 2015, qui a notamment déclenché une période de forte volatilité du yuan et de ralentissement économique.

 

 

La plupart des analystes savent que Pékin n’a jamais cessé d’accumuler secrètement de l’or. La question est de savoir ce que cette récente reprise officielle des achats d’or est censée signaler au reste du monde.

En attendant, les banques centrales mondiales ont ajouté 651,5 tonnes d’or en 2018, soit le deuxième total le plus élevé jamais enregistré, selon le World Gold Council. La Russie a quadruplé ses réserves en l’espace d’une décennie, le président Vladimir Putin étant déterminé à briser la dépendance de son pays au dollar. La Chine l’imitera t-elle ?

Source originale: Zero Hedge

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Le Rwanda rend hommage aux victimes du génocide de 1994

7 AVRIL 2019 / 12:55 / IL Y A UNE HEURE

Le Rwanda rend hommage aux victimes du génocide de 1994

KIGALI (Reuters) – Le président rwandais, Paul Kagamé, a ouvert dimanche par un discours une semaine d’hommage solennel aux 800.000 Tutsis et Hutus modérés massacrés lors du génocide qui avait débuté il y a 25 ans et avait duré trois mois.

Le président rwandais, Paul Kagamé, a ouvert dimanche par un discours une semaine d’hommage solennel aux 800.000 Tutsis et Hutus modérés massacrés lors du génocide qui avait débuté il y a 25 ans et avait duré trois mois. /Photo prise le 7 avril 2019/REUTERS/Baz Ratner

Le chef de l’Etat a déposé une gerbe au mémorial de Gisozi, dédié aux victimes du génocide, avant de laisser la place à une après-midi de discours et de chants.

“Il est impossible de comprendre pleinement la solitude et la colère des survivants, et pourtant, toujours et encore, nous leur demandons de faire les sacrifices nécessaires pour permettre la renaissance de notre nation. Les émotions doivent être enfermées dans une boîte”, a dit Paul Kagamé, dont le discours était retransmis par la télévision.

“Les Rwandais vont mieux aujourd’hui que par le passé. Mais nous pouvons aller encore mieux. Nous sommes le dernier peuple au monde qui doive succomber à l’autosatisfaction”, a-t-il ajouté.

Des artistes populaires rwandais ont entonné des chants comme “Turabunamira twiyubaka”, qui signifie “Rendre hommage tout en reconstruisant”.

Une dizaine de chefs d’Etat assistaient dimanche aux cérémonies, tout comme le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et Julie Payette, gouverneure générale du Canada.

Emmanuel Macron avait en revanche annoncé qu’il n’assisterait pas aux cérémonies alors que le rôle joué par Paris lors du génocide demeure controversé.

UN RWANDAIS SUR DIX TUÉ

Officiellement invité par les autorités rwandaises à participer à la journée de commémoration ce dimanche, Emmanuel Macron s’est fait représenter à Kigali par Hervé Berville, député La République en marche (LaRem) des Côtes-d’Armor et orphelin tutsi.

Le président français a déclaré qu’il souhaitait voir la date du 7 avril constituer désormais une journée de commémoration nationale du génocide rwandais.

“Le président de la République salue le travail de mémoire conduit par les rescapés et a souhaité que la date du 7 avril soit désormais une journée de commémoration du génocide des Tutsis”, peut-on lire dans un communiqué de la présidence.

Dans le courant de l’après-midi, les dirigeants rwandais et environ 2.000 personnes devaient participer à une “marche du souvenir” à Kigali, entre le Parlement et le stade national, où des bougies seront allumées lors d’une veillée aux chandelles.

Le massacre des Tutsis et des Hutus modérés, qui a duré 100 jours, a débuté le 6 avril 1994 après que l’avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira – tous deux Hutus – eut été abattu par un missile au-dessus de la capitale rwandaise. Les auteurs de cet attentat n’ont pas été identifiés.

L’armée rwandaise et les milices hutus extrémistes Interahamwe se sont alors lancées dans une extermination méthodique de la minorité tutsie.

Dans les villages, les habitants hutus se sont retournés contre leurs voisins tutsis, tuant plus de 10.000 personnes par jour à coups de machette, de gourdin, par balles ou parfois en les brûlant vifs.

Lorsque le génocide a pris fin en juillet 1994, après la prise du pouvoir par le Front patriotique rwandais (FPR), le mouvement rebelle tutsi dirigé par Paul Kagamé, 70% des Tutsis rwandais avaient été tués, et 10% de la population rwandaise dans son ensemble.

Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1RJ0A3-OFRTP

Hassan Rohani en Irak : un rapprochement bilatéral nécessaire

Hassan Rohani en Irak : un rapprochement bilatéral nécessaire

Le 11 mars, Hassan Rohani s’est rendu en Irak dans le cadre d’une visite officielle de trois jours. Pour la première fois depuis son élection en 2013, Rohani se déplace dans son pays voisin, permettant ainsi l’affirmation du rapprochement politique et économique indéniable des deux Etats. Si cette visite est majeure pour l’Iran, elle l’est aussi pour l’Irak. En effet, Bagdad joue un jeu dangereux puisque ses deux principaux partenaires, l’Iran et les Etats-Unis, entretiennent des relations exécrables depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018.

Le président iranien Hassan Rohani en 2018.
Le président iranien Hassan Rohani en 2018.

La relation Iran/Irak : de la normalisation au véritable partenariat stratégique

Suite au cessez-le-feu du 18 juillet 1988 ayant mis fin à la guerre sanglante entre l’Irak et l’Iran, la relation entre les deux Etats fut très froide jusqu’à la chute du régime de Saddam Hussein, en 2003. Depuis, leur relation tumultueuse s’est muée pour devenir un partenariat majeur dans la région. En effet, une grande proximité lie les deux pays : l’Iran comme l’Irak sont des pays majoritairement chiites, alors que la plupart de leurs voisins sont des Etats musulmans sunnites. La présence de plusieurs dirigeants chiites au cœur du pouvoir irakien post-Hussein favorise d’ailleurs l’influence grandissante de l’Iran en Irak, qui se traduit notamment par le soutien à divers groupes armés irakiens.

Signe de ce lien religieux indéfectible, Hassan Rohani avait prévu de se rendre à Kerbala et Najaf, deux lieux saints du chiisme, puis de rencontrer l’ayatollah Ali al-Sistani, figure centrale des chiites irakiens. Le but implicite est notamment de faire front face à l’Arabie Saoudite, qui pourrait chercher à semer la discorde entre l’Iran et l’Irak.

L’économie et l’énergie comme fer de lance de ce partenariat

Depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, l’Iran cherche à tout prix à relancer son économie pour faire face à la recrudescence des sanctions économiques. Alors que les échanges commerciaux entre l’Iran et l’Irak s’élèvent déjà à 12 milliards de dollars par an, Rohani affiche un objectif de 20 milliards de dollars. La volonté affichée par Téhéran est que l’Irak favorise les entreprises iraniennes pour la reconstruction du pays s’inscrit dans ce sens.

De plus, l’Iran cherche aussi à sceller les contrats énergétiques signés entre Téhéran et Bagdad, alors que l’Irak s’est engagé auprès des Etats-Unis à réduire ses importations iraniennes en gaz et en électricité. L’Irak importe à ce jour 1300 MW d’électricité et 28 millions de m3 de gaz, et il semble toutefois difficile que la situation évolue. En effet, l’inefficacité des barrages irakiens en période de sécheresse rend les importations iraniennes primordiales pour pallier à l’urgence des besoins énergétiques. Le comportement des Etats-Unis face à ce rapprochement indéniable devra donc être scruté avec attention.

Sources :

– IMBERT Louis, “En visite à Bagdad, le président iranien défie la pression américaine”, Le Monde (https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/14/en-visite-a-bagdad-le-president-iranien-defie-la-pression-americaine_5436039_3210.html)

– “Visite hautement politique et symbolique du président iranien Hassan Rohani en Irak”, France 24 (https://www.france24.com/fr/20190311-visite-iran-hassan-rohani-irak)

– “Le président Hassan Rohani visite l’Irak”, Tribune de Genève (https://www.tdg.ch/monde/president-hassan-rohani-visite-irak/story/22567299)

About Xavier BERNAUD

Je suis diplômé d’une double-licence Droit/Science politique à l’Université Jean Moulin Lyon III, et d’un master 1 International Relations and Security Studies à York University à Toronto. J’étudie aujourd’hui à l’IRIS SUP’ à Paris.

L’OTAN sous le choc! Un submersible Russe B-265 Krasnodar armé de missiles de croisière Kalibr aperçu près du détroit du Bosphore (eng.)

ANALYSIS

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Ils avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Ils avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Care Bears line up-1 By: John Trainor – CC BY 2.0

Les donneurs de leçons judiciaires et humanistes avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Par Philippe Bilger.

L’aveuglement a sa hiérarchie.

De la monstruosité et du tragique historiques jusqu’aux délires de la banalité quotidienne.

De la complaisance honteuse jusqu’à la multitude des Zola au petit pied qui encombrent notre espace politique, judiciaire et médiatique.

Je rejoins totalement ceux qui expliquent la mansuétude durable dont continuent à bénéficier le communisme et ses crimes par le fait qu’ils n’ont pas eu leur procès de Nuremberg qui, à l’exception de quelques négationnistes entêtés et compulsifs, a su mettre le nazisme au ban de l’humanité. Il aurait fallu que l’horreur, sous son double visage apparemment contradictoire mais si ressemblante par sa perversion totalitaire, soit traitée de la même manière mais ç’aurait été beaucoup demander : oublier le prétendu avenir radieux pour condamner les ignominies qui s’abritaient derrière lui.

L’aveuglement, en effet, a sa hiérarchie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de remercier en mon for intérieur Cesare Battisti parce qu’il avait enfin cessé de fuir dans tous les sens du mot. Les pays comme ses responsabilités.

En Italie, qui paraît-il n’était pas une démocratie et ne lui assurerait pas un procès équitable, il a admis avoir commis tous les crimes qui lui étaient imputés depuis tant d’années, les uns comme auteur, les autres comme complice. Des assassinats que, pour concéder à la nostalgie révolutionnaire, il a inscrit dans une guerre juste à l’époque. Il n’est pas à proprement parler un « repenti » puisqu’il n’a « donné » personne (Mediapart).

Mais je n’ai entendu personne se repentir véritablement d’un aveuglement, d’un soutien et d’une solidarité qui ont trop longtemps bénéficié d’une aura médiatique et politique parce qu’ils émanaient évidemment de personnalités qui ne pouvaient pas s’égarer, par exemple Bernard-Henri Lévy et Fred Vargas !

Je suis persuadé qu’on n’entendra jamais de leur bouche l’aveu de leur très grave erreur parce que ce serait trop leur demander que les contraindre à revenir sur un passé indécent et des convictions qu’ils n’appuyaient que sur la certitude d’être tellement indiscutables que la vérité était quasiment leur propriété privée.

Avec quelle arrogance ceux que j’ai cités, soutenus par des politiques d’habitude plus avisés, ont pris parti pour un assassin dont le comportement de lâcheté constante aurait dû les alerter mais ils étaient trop pris par leur rôle de justiciers universels pour se remettre en question !

D’ailleurs pourquoi auraient-ils éprouvé le plus infime regret puisque hier comme aujourd’hui on les tient quitte de tout et que demain ils seront fêtés et encensés, eux, leurs livres et leur propos le plus anodin, comme si rien ne s’était passé, comme s’ils ne s’étaient pas lourdement trompés au sujet d’un homme absurdement sublimé et d’un pays caricaturé de manière indigne ? Pourquoi battre sa coulpe quand non seulement rien ne vous y oblige mais qu’au contraire la France semble reconnaissante à l’égard de tous ceux qui ont validé le pire avec une constance qui n’a d’égale que leur amnésie ? Pourquoi suivre l’aveu de sa culpabilité par Cesare Battisti avec celui de la leur puisque, toujours et par principe, ils seront perçus comme innocents ?

Ils ne viendront pas exprimer leur regret sur les plateaux de télévision alors que ce serait leur honneur et que beaucoup alors leur serait pardonné. Que Cesare Battisti les ait ridiculisés n’enlèverait rien à leur courage de tout dire !

Faut-il rappeler par ailleurs ces visites intempestives, démagogiques et imprudentes de hauts responsables à des victimes pour le moins équivoques, pour rester aimable, et en soutien à des causes douteuses !

J’ai envie d’une note moins morose. De rendre hommage — ce n’est pas mon habitude — à des journalistes qui ont su ouvrir, eux, les portes de la vérité et tenir bon ! Guillaume Perrault et Karl Laske notamment.

Les donneurs de leçons judiciaires et humanistes avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Cela n’évitera pas, de leur part, j’en suis sûr, des rechutes.

Sur le web

https://www.contrepoints.org/2019/03/27/340153-ils-avaient-tout-faux-sur-cesare-battisti?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=cc8a382ced-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-cc8a382ced-114031913&mc_cid=cc8a382ced&mc_eid=acae01963f

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