Archives pour la catégorie BITCOIN

Géopolitique et Bitcoin : la technologie blockchain dans le monde arabe (1/2)

Géopolitique et Bitcoin : la technologie blockchain dans le monde arabe (1/2)

Tribune
14 février 2019
Par Romain Aby, doctorant à l’Institut français de géopolitique, Public Sector Blockchain Advocate for Seal Network

Durant la crise financière mondiale de 2007-2008, une personne ou un groupe de personnes se présentant sous le nom de Satoshi Nakamoto diffuse sur internet le 31 octobre 2008 un document technique présentant le concept d’une nouvelle technologie portant le nom de blockchain. Quelques mois plus tard, le 3 janvier 2009, la devise virtuelle Bitcoin est créée sur la première blockchain, donnant ainsi vie au concept présenté quelques mois auparavant.

Presque dix ans plus tard, la flambée des cours du Bitcoin et de la grande majorité des autres cryptomonnaies durant les mois de décembre 2017 et janvier 2018 a accentué une vague d’enthousiasme internationale autour de la technologie blockchain qui sous-tend la quasi-totalité de ces cryptomonnaies. Malgré l’effondrement des cours durant le reste de l’année 2018, une bonne partie des investisseurs préservent leur optimisme à l’égard du marché des cryptomonnaies. Ces derniers sont également dithyrambiques sur la technologie de la blockchain qui est perçue comme révolutionnaire à tout égard.

L’émergence de cette nouvelle technologie s’accompagne, néanmoins, d’une multitude de représentations erronées tendant à fondre différents débats dans un ensemble très abstrait et difficile d’accès pour les néophytes. Ainsi, disons-le tout d’abord et sans détour, l’avenir de la technologie blockchain semble radieux au regard de la multiplication des applications concrètes de la technologie (que nous verrons par la suite) et du fort investissement de firmes technologiques majeures sur tous les continents. Concernant les cryptomonnaies le débat est tout autre et il mérite d’être détaché du débat initial sur l’utilité de la technologie blockchain.

En effet, la multiplication incontrôlée de projets de cryptomonnaies en 2017[1] s’est incontestablement accompagnée de campagnes de levée de fonds (ICO) mensongères ou de surévaluation avec des investissements indécents de plusieurs centaines de millions de dollars sur des projets parfois très peu fiables technologiquement et ne comptant parfois qu’un ou deux salariés à temps plein. Ces inquiétudes ont offert des arguments supplémentaires aux analystes critiques des cryptomonnaies qui les voient comme des investissements à haut risque s’inscrivant dans une bulle spéculative pouvant à tout moment éclater. Ces arguments, considérés comme anxiogènes, sont rejetés en bloc par la communauté des investisseurs en cryptomonnaies, qui arguent à raison que de nombreux projets sont le fruit d’un véritable travail de développement technologique.

Une fois cette distinction faite entre les cryptomonnaies et la blockchain, il est dès lors possible de pousser plus loin l’analyse de la technologie blockchain. Parmi les différentes publications (francophones, anglophones et arabophones) ayant couvert l’émergence de cette technologie, il est possible de distinguer deux grandes thématiques traitées dans les articles : 1/ des articles techniques qui expliquent le fonctionnement de la technologie blockchain 2/ des articles dédiés aux investissements et à l’évolution des cours dans le secteur des cryptomonnaies. Dans cet ensemble dominé par ces deux blocs, bien peu d’articles s’intéressent à l’adoption de cette technologie dans la zone Afrique du Nord / Moyen-Orient et à ses différents cas d’usage.

Afin d’offrir toutes les clés de lecture nécessaires à la compréhension de cette technologie, dite révolutionnaire, et de ces différents cas d’usage, il convient tout d’abord de relever les fondamentaux technologiques de la blockchain tout en démêlant le lien entre celle-ci et la prolifération de plusieurs milliers de cryptomonnaies sur internet. Par la suite, il conviendra de mener un état des lieux du clivage des acteurs étatiques dans le monde arabe, avec d’un côté des acteurs se présentant comme de fervents défenseurs de la technologie blockchain et des cryptomonnaies, tandis que d’autres s’opposent farouchement aux cryptomonnaies tout en regardant avec méfiance la technologie blockchain. Malgré les divergences, l’analyse des différents cas d’usage de la technologie blockchain montre tous les bénéfices que les États arabes pourraient tirer des nouvelles méthodes innovantes développées au sein de ce nouvel écosystème.

Brève introduction à la blockchain

La blockchain est une technologie qui permet de stocker et de transmettre des données numériques d’un point A à un point B de manière transparente et sécurisée sans avoir recours à un tiers de confiance. L’ensemble de ces transactions sont contenues dans un registre infalsifiable et mis à jour en temps réel par un ensemble d’utilisateurs, ce qui permet au réseau d’être totalement décentralisé. Les transactions sont inscrites dans le registre après validation, par blocs de données pour constituer une chaîne inaltérable de blocs. Cette chaîne, ne pouvant être modifiée, permet de consulter, de façon totalement transparente, la totalité des échanges effectués entre les différents utilisateurs depuis le bloc original du registre.

Pour faire simple, l’image la plus représentative est celle d’un ensemble de voisins qui détiennent au sein de leur domicile une copie de vos transactions sans le savoir. En cas de doute sur une transaction, il est possible de vérifier si vos voisins ont les mêmes informations que vous. Cette communauté, répartie sur internet, rend cette technologie quasiment impossible à pirater puisqu’il faudrait modifier chacune des copies présentes partout sur le réseau au même moment sous peine d’être détecté.

À titre d’exemple, il est possible de présenter trois types d’usage de base de la blockchain :

– Cette technologie permet d’initier des transferts d’actifs en utilisant par exemple des monnaies virtuelles comme le Bitcoin ou le Litecoin entre autres. Ainsi, un internaute ‘A’ peut transférer à un internaute ‘B’ une monnaie virtuelle sur la blockchain sans avoir recours à acteur intermédiaire comme une plateforme d’échange (l’équivalant d’une banque pour un transfert de monnaie fiduciaire). L’absence d’un tiers de confiance réduit ainsi considérablement le coût d’une telle transaction, tandis que l’émergence de la technologie blockchain accroît considérablement la rapidité du transfert qui peut s’effectuer en quelques minutes voire quelques secondes pour les blockchains les plus rapides (Bitshares, Stellar Lumens, Ripple…). Le marché mondial des transferts d’actifs représentait en 2015 la somme de 440 milliards de dollars sur l’année. Certaines plateformes d’échanges imposent des commissions pouvant s’élever à 10% du montant transféré ce qui est conséquent. Ainsi, selon l’ONG Overseas Development Institute, la diaspora africaine a perdu 2 milliards d’euros par an en raison des coûts de transferts. L’utilisation de la blockchain permet de régler les frais de transactions qui dépassent rarement les quelques centimes d’euros et qui ont l’avantage d’être des tarifs unitaires facturés à la transaction. Ainsi, un émetteur paiera un prix fixe de quelques centimes d’euros,[2] peu importe le montant envoyé (1000 euros ou un million).

Le transfert d’actifs monétaire est un exemple concret d’utilisation de la blockchain qui peut également être utilisable dans le transfert d’autres types d’actifs, par exemple, les actions, les obligations, les titres de propriété, les votes en ligne, etc.

– La blockchain peut également être utilisée en tant que registre numérique. En effet, en raison de sa transparence et de son inaltérabilité, cette technologie est d’une aide considérable dans l’effort de traçabilité et de certification. La référence d’un produit peut ainsi être intégrée dans le registre, ce qui va donner la possibilité de vérifier des données comme le lieu d’origine ou de fabrication d’un produit, sa date de production et les différentes localisations géographiques du produit dans la chaîne de distribution (l’entreprise Seal Network offre par exemple ce type de services).

– Le troisième usage majeur de la blockchain est la possibilité d’intégrer des « Smart contrats » ou « contrats intelligents » qui sont des programmes autonomes qui s’exécutent de façon automatique dès que certaines conditions définies au préalable sont remplies. L’intérêt d’intégrer ces contrats intelligents est que ceux-ci ne peuvent dès lors plus être modifiés en raison du caractère inaltérable de la blockchain.

Les bénéfices potentiels de la blockchain dans le monde arabe

La technologie de la blockchain qui est encore jeune et en plein développement promet d’offrir des solutions concrètes à divers problèmes rencontrés par les États arabes. À cet effet, l’utilisation de cette technologie se fera, très certainement, de manière graduelle, toutefois, il convient de réfléchir dès à présent sur ses bénéfices potentiels. Une analyse multiscalaire (donc à différentes échelles géographiques) permet de mieux relever les différents cas d’usage de cette technologie.

1- À l’échelle régionale, l’utilisation de la blockchain permet d’initier des transferts de fonds entre États à coûts réduits. Ainsi, un État arabe ayant été touché par une guerre destructrice ou une catastrophe naturelle pourra recevoir encore plus rapidement des fonds de la part des autres États.

Il est par ailleurs primordial de rappeler que les fonds d’aide à la reconstruction (pour les États en guerre ou à peine sortis d’un conflit) sont souvent détournés par des politiciens corrompus. Cette corruption endémique est un facteur majeur du délabrement des offres du service public dans les États arabes. Ainsi, l’utilisation des contrats intelligents, via la blockchain, pourrait permettre d’allouer des fonds ou des aides internationales en conditionnant, par exemple, l’utilisation de ces fonds à certains types de dépenses et auprès de certaines entreprises considérées comme transparentes et non corrompues. De plus, la transparence du registre de la blockchain offre également la possibilité d’auditer les transferts de fonds qui sont tous publics et traçables. Par conséquent, ce système pourrait considérablement réduire les cas de corruption et offrir une meilleure identification des mouvements de fonds.

2- À l’échelle nationale, chaque État arabe pourrait grandement bénéficier de l’utilisation de la blockchain. Ainsi, l’effort de numérisation des documents officiels qui a été entrepris par de nombreux États arabes (comme les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite) pourrait s’appuyer sur la blockchain pour stocker les documents de manière décentralisée. Cette démarche permettrait de réduire considérablement les risques de perte de documents puisque ceux-ci ne seraient pas stockés dans un ou deux lieux, mais dans une multitude de milliers ou centaines de milliers d’emplacements (machines) sur le réseau. Selon Mohammad Abdullah Al Gergawi[3], l’utilisation de la blockchain dans les départements des ministères émiratis devrait, par exemple, permettre chaque année d’économiser des millions d’heures de travail dans l’intégration de données et la vérification de leur véracité.

Certains États arabes, comme le Yémen et le Liban, où la prolifération des armes à feu échappe complètement au contrôle de l’État pourraient également bénéficier d’un meilleur recensement grâce à la blockchain. Pour ce faire, il est possible d’imaginer la mise en place d’une base de données permettant de recenser les numéros de série de ces armes qui contribuent grandement à la déstabilisation de la sécurité intérieure de ces États.

Les États arabes sont également souvent en proie à des difficultés pour percevoir les paiements mensuels liés à la fourniture d’électricité ou d’eau. Concernant le Liban, certaines régions comme les banlieues sud de Beyrouth sont notoirement connues pour les irrégularités dans le paiement des factures à l’EDL (Électricité du Liban). L’utilisation couplée de compteurs intelligents et de contrats intelligents sur la blockchain pourrait dans ce cas assurer une limitation substantielle de la fraude et ainsi bonifier la santé économique des entreprises nationales comme EDL.

L’utilisation de la blockchain peut également être un atout de poids dans la lutte contre la contrefaçon de médicaments, un fléau qui touche particulièrement les États arabes. Selon différentes enquêtes, 10 à 30% des médicaments vendus dans les pays en développement sont contrefaits. Ce marché de la contrefaçon est estimé chaque année à 200 milliards de dollars dans le monde et la majorité de ces produits est originaire de Chine ou d’Inde. À titre d’exemple, durant l’été 2017, les autorités égyptiennes avaient saisi des milliers de médicaments contrefaits censés soigner l’hépatite C. L’Égypte n’est bien évidemment pas le seul État touché puisque ces produits de contrefaçon sont distribués dans des réseaux transfrontaliers sur une zone incluant une bonne partie des États arabes comme la Tunisie, l’Algérie, la Libye, l’Égypte, le Liban, la Syrie, l’Irak, la Jordanie ou le Yémen. Le recensement des médicaments authentiques et non périmés sur le registre décentralisé de la Blockchain pourrait, ainsi, aider les différents ministères de la Santé des États arabes à mettre en place une politique d’amélioration du système de santé, et poursuivre, dans un même temps, une politique de lutte contre les réseaux de contrefaçon, à l’échelle nationale et régionale.

Les États pourront également utiliser cette technologie afin de mener des élections libres et transparentes. Jusqu’ici, le vote électronique dans un point de vote fixé par le gouvernement et le vote en ligne butaient tous les deux sur la faillibilité et la corruptibilité de l’administrateur du vote. L’utilisation de la blockchain permet ainsi d’envisager un système décentralisé où le vote serait inviolable, transparent et auditable par tous. Ainsi, grâce à ce mécanisme, la destruction des bureaux de vote ou la disparition des urnes ne seront plus possibles. Il est utile de rappeler ici que les élections législatives irakiennes de 2018 ont été marquées par l’incendie d’un dépôt contenant une partie des votes du district Est de la capitale irakienne Bagdad. Au vu de cet évènement et des nombreux incidents similaires dans le monde arabe, il est légitime de souhaiter l’intégration, la plus rapide possible, des votes sur la blockchain. Par ailleurs, il est intéressant de souligner que le recours à un vote sur la blockchain permettrait également de réduire drastiquement le coût d’une élection, ce qui est une véritable bénédiction pour certains États à l’économie nationale exsangue. Bien que certains obstacles psychologiques et techniques se dressent devant l’adoption de la blockchain dans les processus de vote, certains États ont déjà franchi le pas, comme la Sierra Leone qui est le premier pays à avoir utilisé la blockchain lors de l’élection présidentielle.

L’utilisation de la blockchain pourrait également aider tout État réellement décidé à enrayer les phénomènes de corruption et de clientélisme politique. Pour cela, il est possible d’imaginer un système ou chaque ministère se verrait allouer un montant, en cryptomonnaie, équivalent au budget annuel du ministère. Dès lors que ce budget est versé dans le portefeuille numérique du ministère, chaque transaction (dépense) pourra être suivie avec précision et auditée en temps réel, voire en différé (à la fin du mandat) afin de ne pas entraver les actions du gouvernement avec une multiplication de débats pour chaque dépense. De plus, l’existence de contrats intelligents sur la blockchain permet même d’imaginer l’intégration au préalable de promesses de campagne d’un candidat à une élection, permettant par exemple au moment de son élection de déclencher automatiquement ses décisions inscrites dans le programme comme des budgets spécifiques.

L’adoption (bien que futuriste) d’un tel système démontrerait un véritable effort de transparence de la part des gouvernants et permettrait à la population de mieux jauger de la compétence du gouvernement sortant.

3- À l’échelle locale, chaque individu peut également tirer un grand bénéfice de l’adoption de la blockchain. Le premier avantage serait de pouvoir bénéficier d’un enregistrement général de tous les documents officiels, de l’acte de naissance au titre de propriété en passant par les diplômes universitaires. De la sorte, même en cas de guerre ou de catastrophe naturelle, des réfugiés pourraient facilement prouver leur identité, leurs compétences professionnelles et seraient protégés contre la spoliation de leurs biens en raison d’un départ hâtif lors d’un début de guerre par exemple.

En étendant cette logique à d’autres secteurs, il est également possible d’envisager une intégration des bilans médicaux de chaque individu sur un registre personnalisé au sein de la blockchain. De la sorte, un patient n’aurait pas à se soucier de la perte de documents en raison de sa propre inattention ou même de la destruction de l’hôpital dans lequel il aurait été soigné. Peu importe le pays dans lequel il se trouvera, ce patient pourra, dorénavant, accéder à une copie de ses données médicales avec sa clé cryptographique[4] privée, dès lors, qu’il possède une connexion internet. L’application de la blockchain dans les hôpitaux publics permettrait également de renforcer la sécurité des données des patients puisque ces établissements sont victimes de piratages informatiques et de demandes de rançon.

En parcourant les médias arabophones, il apparaît clairement que ces derniers s’intéressent de plus en plus à la blockchain. Ainsi, un article publié dans Al Jazeera pose même, dès son intitulé, la question suivante : « Est-ce que la technologie blockchain peut venir à bout de la pauvreté ? ». Cet enthousiasme débordant, presque euphorique de la part des plus fervents supporters de cette technologie s’appuie en réalité sur une idée phare, la possibilité de créer des portefeuilles individuels de cryptomonnaies pour un grand nombre d’habitants défavorisés non bancarisés. Les différents obstacles administratifs auxquels se heurtent les populations les plus isolées[5] et les coûts d’entretien d’un compte bancaire seraient ainsi supprimés, puisque l’unique condition serait l’ouverture et la gestion d’un portefeuille de cryptomonnaies et une connexion à internet ou au réseau téléphonique.

————————————————————————-

[1] Cet accroissement a encore continué en 2018 avec 1527 cryptomonnaies le 1er mars 2018 et 2082 fin décembre de la même année.

[2] Le transfert de la cryptomonnaie Bitcoin s’élève généralement à plusieurs euros par transaction lors des périodes de pic d’activité sur le réseau. D’autres cryptomonnaies comme Stellar Lumens ou Ripple ont en revanche des frais de transfert se comptant en centimes d’euros.

[3] Directeur en management à la Dubaï Future Foundation.

[4] C’est une clé de chiffrement qui permet d’accéder à des données sur la blockchain, cette clé peut prendre plusieurs formes comme des mots, des phrases ou des données codées sous une forme binaire (cryptologie moderne).

[5] Comme avoir un accès géographique à la banque, fournir des documents administratifs lors de l’ouverture du compte, sans oublier les refus réguliers d’ouvertures de compte pour des personnes n’ayant pas de revenus suffisants.

http://www.iris-france.org/130564-geopolitique-et-bitcoin-la-technologie-blockchain-dans-le-monde-arabe-1-2/

Publicités

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

Paris (awp/afp) – L’euro effaçait lundi ses pertes de vendredi face au dollar, des informations de presse assurant que Donald Trump aurait envisagé de congédier le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

Vers 15H15 GMT (16H15 à Paris), l’euro s’échangeait à 1,1429 dollar pour un euro contre 1,1372 vendredi à 22H00 GMT.

Donald Trump aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le président de la Banque centrale, étant agacé par la décision mercredi de l’institution d’augmenter les taux d’intérêt, selon des médias américains, une information démentie par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

« Cela fait directement suite à la hausse du taux directeur de la Fed de la semaine dernière, un mouvement que le marché attendait plus restreint et qui a contribué aux pertes des indices boursiers », a commenté Fritz Louw, analyste de MUFG.

En relevant ses taux directeurs, la Fed rend le dollar plus rémunérateur, et donc plus attractif pour les investisseurs. Les cambistes ont donc pu s’inquiéter de voir le président des Etats-Unis peser sur la politique monétaire de l’institution.

« Heureusement, Mnuchin est venu au secours en éloignant cette hypothèse, car j’étais prêt à passer la matinée à vendre mes actifs », a prévenu Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Il n’est cependant pas certain que le dollar continuerait à souffrir d’un mouvement de vente sur les marchés.

Cette polémique « ajoute au sentiment d’inquiétude du marché », a jugé M. Louw, qui estime que si elle continue, elle pourrait être négative pour l’économie américaine, mais « le dollar a tendance à profiter de ces périodes d’aversion au risque ».

De même, la menace de blocage des administrations à Washington pesait sur la confiance des marchés.

« En général, il y a un mouvement de vente avant le blocage, mais les marchés se reprennent après l’annonce officielle », ont cependant estimé les analystes de RaboBank.

Par ailleurs, « les volumes devraient rester restreints en cette période de fête », a souligné Naeem Aslam, analyste de Think Markets.

À 15H15 GMT lundi, le yen remontait légèrement face à la monnaie européenne, à 126,19 yens pour un euro contre 126,48 vendredi soir, et plus nettement face au dollar, à 110,42 yens pour un dollar contre 111,22 vendredi soir.

Le franc suisse se stabilisait face à l’euro (1,1292 franc pour un euro contre 1,1300 vendredi) et montait face à la devise américaine (0,9882 franc suisse pour un dollar au lieu de 0,9938 vendredi).

La monnaie chinoise montait face au billet vert à 6,8991 yuans pour un dollar contre 6,9065 yuans vendredi à 15h30 GMT.

L’once d’or valait 1.267,45 dollars, à son plus haut depuis six mois, contre 1.256,05 dollars vendredi.

Enfin, le bitcoin s’échangeait à 4.197,79 dollars contre 3.848,60 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de lundi Cours de vendredi

————————————

15H15 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1429 1,1372

EUR/JPY 126,19 126,48

EUR/CHF 1,1292 1,1300

EUR/GBP 0,8987 0,8998

USD/JPY 110,42 111,22

USD/CHF 0,9882 0,9938

GBP/USD 1,2717 1,2645

afp/rp

(AWP / 24.12.2018 16h52)

https://www.romandie.com/news/L-euro-rebondit-Donald-Trump-s-en-prend-la-Fed_RP/982707.rom

Le bitcoin souffre de la scission autour du bitcoin cash

Le bitcoin souffre de la scission autour du bitcoin cash

Zurich (awp) – Le bitcoin continuait sa chute lundi, tombant sous 5200 dollars, un plus bas depuis plus d’un an. Cette nouvelle dépréciation – de plus de 5% en milieu de journée – s’inscrivait dans le cadre de la scission intervenue la semaine dernière au sein de la communauté crypto, avec la création de deux nouvelles monnaies dérivées du bitcoin cash, « petit frère » du bitcoin.

Dans une ascension vertigineuse, le bitcoin avait frôlé les 20’000 dollars le 17 décembre dernier, avant d’entamer une chute brutale. La principale monnaie numérique est entrée dans une phase de fortes turbulences, accentuée, selon les experts, par l’apparition la semaine dernière du bitcoin ABC et du bitcoin BV. Ces nouveaux venus sont le résultat d’un « hard fork », à savoir d’une séparation, qui survient lorsque la communauté d’une cryptomonnaie ne parvient pas à s’accorder sur des modifications techniques.

Dans ce cas, la blockchain, le registre public regroupant l’historique des transactions, est dupliquée et les participants peuvent opter librement pour l’une ou pour l’autre. La scission est intervenue récemment au sein de la famille du bitcoin cash, quatrième cryptomonnaie en importance, avec une capitalisation de 6,3 milliards de dollars, qui a perdu un tiers de sa valeur sur les sept derniers jours.

Il est encore trop tôt pour dire lequel du bitcoin ABC ou du bitcoin SV parviendra à s’imposer. En attendant, après être monté début novembre à près de 650 dollars, le bitcoin cash a chuté jusqu’à 360 dollars lundi. La scission qui l’a affecté, par effet boule de neige, touche toutes les cryptomonnaies et pourrait bien être le signal d’une nouvelle vague de ventes, estime ainsi Julien Hawle, de la Bank Frick, interrogé par AWP.

« Les parties en opposition, afin de réduire leurs frais de minage élevés, pourraient être contraintes de vendre leurs bitcoins afin de constituer des réserves de guerre », dit-il, contribuant à faire chuter le cours de la principale cryptomonnaie aussi longtemps que l’issue de la bataille autour du bitcoin cash n’est pas décidée.

sta/op/jh

(AWP / 19.11.2018 14h23)

https://www.romandie.com/news/Le-bitcoin-souffre-de-la-scission-autour-du-bitcoin-cash/972581.rom

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

« Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

« Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

« Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

———————————-

15H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1300 1,1310

EUR/JPY 127,97 128,51

EUR/CHF 1,1358 1,1381

EUR/GBP 0,8837 0,8705

USD/JPY 113,25 113,63

USD/CHF 1,0052 1,0069

GBP/USD 1,2787 1,2992

afp/rp

(AWP / 15.11.2018 16h22)

https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

« Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Suite à la « crise turque » et à la chute vertigineuse de la livre turque (TRY) survenue vendredi, on observe une explosion des échanges livre turque / bitcoin.

La livre turque est en pleine surchauffe. La monnaie nationale qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, a enregistré vendredi 10 août, une baisse vertigineuse jusqu’à des plus bas historiques, une baisse de 13 % sur la journée.

Cette crise turque sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington survenue brutalement vendredi, suite à la détention d’un pasteur américain par le gouvernement turc, a envoyé une onde de choc planétaire. Elle a entraîné dans son sillage les principales bourses européennes qui ont toutes clôturé dans le rouge, touchant particulièrement le secteur bancaire.

Lundi, alors que la chute de la monnaie se poursuit, et que les inquiétudes sur les marchés financiers demeurent, bitcoin.org a enregistré une explosion de 42 % des visiteurs turcs. La paire BTC/TRY a atteint son plus haut depuis janvier 2018.

Autant d’indicateurs qui laissent penser que de nombreux investisseurs turcs s’intéressent à Bitcoin et aux cryptomonnaies. La Turquie est confrontée à une crise de confiance dans sa monnaie, qui pousse un nombre plus important de personnes à s’intéresser au bitcoin.
Les volumes de transactions en bitcoins sont en très forte hausse sur les plateformes d’échanges turques. Koinim, la plateforme de change de cryptomonnaies la plus importante du pays, a enregistré une hausse de plus de 60 % des volumes de transactions BTC/TRY. Sur BTCTurk, les volumes ont augmenté de plus d’un tiers et, sur Paribu, ils ont augmenté de 100 %.

Le Vénézuela et le Nigéria ont connu des situations similaires. Des événements politiques et économiques ont provoqué une hyperinflation de la monnaie nationale : la confiance par rapport aux monnaies fiduciaires a de nouveau été remise en cause dans chacun de ces pays. Cela a poussé de nombreuses personnes à s’intéresser et à investir dans le bitcoin et les cryptomonnaies.

Notons par exemple qu’aujourd’hui, de très nombreux commercants vénézueliens acceptent DASH comme moyen de paiement.

Certains l’affirment, ce n’est pas grâçe aux ETF ou à diverses stratégies de holding que les cryptomonnaies vont se démocratiser, mais bien grâce à ce genre d’événements : en remplaçant les devises fiduciaires, et en palliant aux problématiques actuelles des systèmes financiers à travers le monde. C’est bien là l’essence même de Bitcoin.

Sources : CoinDesk ; Hacked || Image from Shutterstock

 

https://journalducoin.com/bitcoin/crise-turque-explosion-des-echanges-livre-turque-bitcoin/

Après avoir rebondi, le bitcoin décroche à nouveau

Après avoir rebondi, le bitcoin décroche à nouveau

Par Estelle Nguyen  |   |  555  mots
Vers 10h30 GMT (12h30 à Paris) mercredi 8 août, un bitcoin valait 6.481,84 dollars, alors qu'il était à 6.877,76 dollars mardi, vers 21h00 GMT.
Vers 10h30 GMT (12h30 à Paris) mercredi 8 août, un bitcoin valait 6.481,84 dollars, alors qu’il était à 6.877,76 dollars mardi, vers 21h00 GMT. (Crédits : JM)
En un peu plus de deux semaines, le bitcoin a perdu près de 23% de sa valeur, effaçant un rebond entamé mi-juillet. La principale crypto-monnaie avait en effet rebondi de 30%, dépassant même les 8.400 dollars dans la journée du 25 juillet.

La chute est sévère pour le bitcoin. La crypto-monnaie a vu sa valeur dégringoler de 8%, ce mercredi 8 août, après le report de la décision de la SEC (Securities and Exchange Commission), gendarme des marchés financiers, sur la validation du tant attendu ETF Bitcoin (Exchange Traded Fund) au 30 septembre prochain. La création de ce fonds indiciel sur le bitcoin permettrait de faciliter la tâche des investisseurs institutionnels qui s’intéressent à la crypto-monnaie et souhaiteraient en acheter.

Selon les observateurs, le choix de la SEC était en partie décisif pour la remontée du bitcoin. Vers 10h30 GMT (12h30 à Paris), un bitcoin valait 6.481,84 dollars contre 6.877,76 dollars mardi, vers 21h00 GMT.

« La Commission prolonge le délai de 45 jours. Le Conseil estime qu’il convient de prévoir un délai plus long pour agir sur le changement de règle proposé afin qu’il ait suffisamment de temps pour examiner la demande » a déclaré la SEC dans un communiqué.

Il y a trois à quatre semaines pourtant, le bitcoin avait rebondi (+30% environ depuis le début du mois de juillet) après des rumeurs d’intérêt du plus grand gérant d’actifs au monde, BlackRock. Selon Financial News, l’asset manager new-yorkais aux 6.300 milliards de dollars d’actifs sous gestion aurait créé une équipe chargée de travailler sur les crypto-monnaies et la technologie Blockchain. De quoi réjouir les banques et institutions financières, qui avaient alors investi directement dans les startups de l’univers de la Blockchain.

Plusieurs autres victimes de la décision de la SEC

Ce retard est un nouveau coup dur pour le marché des actifs numériques, qui espérait une décision favorable avant la mi-août. L’ethereum et le ripple, les cryptomonnaies aux capitalisations les plus importantes juste après le bitcoin, ont d’ailleurs enregistré des pertes similaires.

 Cette nouvelle baisse « observée sur le bitcoin continue de souligner l’extrême sensibilité de la cryptomonnaie aux développements d’un ETF » a expliqué Lukman Otunuga, analyste pour FXTM à l’AFP.

Dans le détail, l’ethereum a rechuté de 10% sur la journée, à 315 dollars. Sur une semaine, le repli est de plus de 12%. Le XRP est aussi mal en point, en retombant de 15% à 0,35 dollar sur 24 heures. Sur sept jours, il perd pas moins de 21%. D’autres crypto-monnaies ont fait les frais du report de décision de la SEC, comme le Stellar qui s’effondre de 9% sur la journée et de 21% sur une semaine. Ou encore, le Cardano, le Litecoin et le IOTA qui perdent de 10% à 13% sur la journée.

Tergiversations de la SEC

L’autorité de marché a décidé de redoubler de prudence concernant sa décision sur le fonds indiciel sur le bitcoin, alors que ce choix est attendu de pied ferme. Il pourrait en effet soutenir encore les prix et aider à la démocratisation des devises digitales. Les pro crypto-monnaies vont devoir toutefois se montrer patients, car la SEC a encore la possibilité de reporter par deux fois sa décision, à fin décembre puis à fin février.

Le 26 juillet dernier, elle avait déjà exprimé un refus concernant la demande de création d’un ETF, à l’initiative des célèbres frères Cameron et Tyler Winklevoss, premiers milliardaires en bitcoins. Cette décision avait alors provoqué le retournement de tendance de la crypto-monnaie.

Le bitcoin décroche, le gendarme boursier américain hésite

Le bitcoin décroche, le gendarme boursier américain hésite

Le cours du bitcoin, principale cryptomannaie perd plus de 20% en deux semaines, pénalisé principalement par les tergiversations du gendarme boursier américain / © AFP/Archives / JACK GUEZ

Le cours du bitcoin, première et principale cryptomonnaie, a perdu plus de 20% en deux semaines, pénalisé principalement par les tergiversations du gendarme boursier américain, la SEC, quant à des fonds indiciels basés sur le bitcoin.

Vers 10H30 GMT (12H30 à Paris), un bitcoin valait 6.481,84 dollars contre 6.877,76 dollars mardi vers 21H00 GMT, retombant ainsi à son niveau de mi-juillet, selon des chiffres agglomérés par le fournisseur de données financières Bloomberg.

Surtout, en un peu plus de deux semaines, la plus célèbre des monnaies virtuelles a perdu environ 23% de sa valeur et effacé un rebond entamé mi-juillet.

L’ethereum et le ripple, les cryptomonnaies aux capitalisations les plus importantes après le bitcoin, ont enregistré des pertes similaires.

Les observateurs expliquent cette nouvelle chute par le choix de la SEC, annoncé mardi, de repousser au 30 septembre sa décision concernant la création d’un fonds indiciel (ETF) basé sur le bitcoin.

Initialement, il devait statuer sur la demande formulée par BZX, un marché d’actions géré par le Chicago board options exchange (Cboe) avant ce week-end.

BZX demande un changement de la réglementation pour pouvoir coter un fonds reproduisant l’évolution de la valeur du cours du bitcoin.

Cette nouvelle baisse « observée sur le bitcoin continue de souligner l’extrême sensibilité de la cryptomonnaie aux développements d’un ETF », a expliqué Lukman Otunuga, analyste pour FXTM.

La création d’un fonds indiciel basé sur le bitcoin faciliterait la tâche des investisseurs institutionnels qui s’intéressent à la cryptomonnaie et pourraient souhaiter en acheter.

Le rebond observé il y a trois à quatre semaines avait d’ailleurs été justifié par une information selon laquelle BlackRock, le plus gros gestionnaire d’actifs au monde, s’intéresserait aux cryptomonnaies et à la blockchain, la technologie à l’origine du bitcoin.

« Les cryptomonnaies pourraient recevoir un solide coup de pouce et devenir le principal sujet de discussion sur les marchés financiers si la SEC approuve un ETF en bitcoin en septembre », a ajouté M. Otunuga.

Le 26 juillet, la SEC avait déjà refusé une demande de création d’un ETF créé par les célèbres frères Cameron et Tyler Winklevoss, provoquant le retournement de tendance de la cryptomonnaie.

(©AFP / (08 août 2018 15h15)

https://www.romandie.com/news/Le-bitcoin-d-croche-le-gendarme-boursier-am-ricain-h-site/943692.rom

Banque de France : Bitcoin dans « L’éco en bref »

Banque de France : Bitcoin dans « L’éco en bref »

La Banque de France a publié mardi dans son « Eco du bref » un document de trois pages consacré à Bitcoin.

Extrait : « En 2008, un certain Satoshi Nakamoto met en ligne un article décrivant le fonctionnement d’un système d’échange numérique appuyé sur une nouvelle technologie, la blockchain. Ce qui s’échange sur ce système, ce ne sont pas des euros ou des dollars, mais des actifs numériques appelés bitcoins. Ces actifs sont créés et échangés par les ordinateurs des utilisateurs, connectés en réseau, au moyen de calculs mathématiques complexes, faisant appel à des techniques de cryptographie (c’est-à-dire de codage de données) : c’est la raison pour laquelle on parle de « crypto-actifs ». Si le bitcoin constitue le crypto-actif le plus médiatisé et le plus valorisé, on recense, mi-2018, plus de 1 600 actifs de ce type dans le monde : l’ether, le ripple, etc.

Les crypto-actifs ne peuvent pas être qualifiés de monnaie car ils n’en remplissent pas les trois fonctions essentielles :
• réserve de valeur : la valeur des crypto-actifs n’est pas suffisamment stable pour que celui qui en détient soit certain de conserver sa richesse dans le temps ;
• instrument de transaction : les crypto-actifs n’ont pas de cours légal, donc rien n’oblige les commerçants, les entreprises ou les administrations à les accepter en paiement, contrairement à l’euro qui est la seule monnaie légale en France ;
• unité de compte : du fait de leur très grande volatilité, les crypto-actifs ne peuvent pas servir à exprimer et à comparer de façon fiable la valeur de biens et de services courants. Dans les faits, très peu de biens ou de services ont un prix libellé en crypto-actifs.

 

Pourquoi la valeur des crypto-actifs est-elle très volatile ?

La valeur des crypto-actifs ne repose sur aucun sous-jacent économique réel, à l’inverse par exemple des actions qui représentent des parts de capital d’une entreprise. De ce fait, cette valeur peut évoluer très rapidement à la hausse comme à la baisse, indépendamment des évolutions de l’environnement économique. Ils subissent donc une forte volatilité.

Les investisseurs ne peuvent récupérer leurs fonds en devises que si d’autres utilisateurs désirent acquérir les mêmes crypto-actifs. De ce fait, le cours d’un crypto-actif peut à tout moment s’effondrer si les investisseurs voulant vendre ne trouvent pas d’acquéreurs et se retrouvent détenteurs d’actifs illiquides. Cette situation évoque des précédents de bulles spéculatives.

Pour le moment, le risque de déstabilisation du système financier est cependant limité, car la valeur totale estimée de l’ensemble des crypto-actifs existants est très faible au regard de l’encours des actifs financiers plus classiques, et notamment des capitalisations des grands indices boursiers. »

 

Source : abc-economie.banque-france.fr 

https://bitcoin.fr/leco-en-bref-avec-le-bitcoin-publie-par-la-banque-de-france/#more-33664

 

 

La NSA a travaillé pour “débusquer” les utilisateurs de Bitcoin, révèlent les documents Snowden, par Sam Biddle

1.mai.2018 // Les Crises

La NSA a travaillé pour “débusquer” les utilisateurs de Bitcoin, révèlent les documents Snowden, par Sam Biddle

Source : The Intercept, Sam Biddle, 20-03-2018

Les paranoïaques d’Internet attirés par Bitcoin se sont longtemps livrés à des fantasmes d’espions américains subvertissant la monnaie numérique en plein essor et controversée. De plus en plus populaire parmi les spéculateurs qui veulent s’enrichir rapidement, Bitcoin a commencé comme un noble projet visant à rendre les transactions financières publiques et mathématiquement vérifiables – tout en offrant de la discrétion. Selon certains des féroces partisans de Bitcoin, les gouvernements, qui ont un intérêt manifeste à contrôler la façon dont l’argent se déplace, allaient naturellement essayer de contrecarrer l’ordre financier techno-libertaire à venir.

Il s’avère que les théoriciens du complot avaient du flair. Des documents classifiés fournis par le lanceur d’alerte Edward Snowden montrent que la National Security Agency a effectivement travaillé en urgence pour cibler les utilisateurs de Bitcoin dans le monde entier – et a utilisé au moins une source mystérieuse d’informations pour « aider à traquer les expéditeurs et les destinataires de bitcoins », selon un passage top secret figurant dans un rapport interne de la NSA, datant de mars 2013. Selon d’autres documents, la source de données semble avoir tiré parti de la capacité de la NSA à récolter et analyser le trafic internet brut mondial tout en exploitant aussi un logiciel, dont le nom n’est pas mentionné, qui prétendait offrir l’anonymat aux utilisateurs.

L’agence cherchait également à surveiller certaines crypto-monnaies rivales, mais « Bitcoin est la priorité numéro 1 », peut-on lire dans un rapport interne de la NSA du 15 mars 2013.

Les documents indiquent que la traque des utilisateurs de bitcoins allait bien au-delà de l’examen minutieux du « livre de compte » public de Bitcoin, connu sous le nom de Blockchain, dans lequel les utilisateurs sont généralement désignés au moyen d’identifiants anonymes ; la surveillance semble avoir également impliqué la collecte de détails intimes sur les ordinateurs de ces utilisateurs. La NSA a recueilli les informations de mots de passe de certains utilisateurs de Bitcoin, leur activité sur Internet et un type d’immatriculation matérielle unique connue sous le nom d’adresse MAC, révèle une note de service de la NSA du 29 mars 2013. Dans le même document, les analystes discutent également du suivi des adresses IP des internautes, des ports réseau et des horodatages pour identifier les « cibles BITCOIN ».

Il semble que l’appétit de l’agence pour les données était même plus grand : dans la note du 29 mars, il est demandé si la source de données permet d’identifier formellement les utilisateurs, et il est suggéré que l’agence conserve les informations Bitcoin dans un fichier nommé « Provider user full.csv » (traduction littérale : « Fournisseur utilisateur complet.csv », NdT). La note suggère en outre de dédier de puissants moyens de recherche aux cibles Bitcoin, ce qui laisse entendre que la NSA a pu utiliser son système de recherche XKeyScore, les informations sur Bitcoin ainsi qu’un large éventail de données supplémentaires de la NSA ont pu être cataloguées, pour améliorer ses informations sur les utilisateurs de Bitcoin. Un document de référence de la NSA indique que la source de données fournissait « des données utilisateur telles que les informations de facturation et les adresses IP ». Avec ce type d’information en main, il est facile de mettre un nom sur un utilisateur de Bitcoin donné.

L’opération d’espionnage de la NSA semble avoir été rendue possible grâce à sa capacité inégalée à siphonner le trafic des câbles de connexion physiques qui composent internet et qui transportent tout le trafic autour de la planète. À partir de 2013, la surveillance de Bitcoin par la NSA a été réalisée par le biais d’OAKSTAR, un ensemble d’accords clandestins avec des entreprises privées permettant à l’agence de surveiller les communications, y compris en récoltant les données internet au fur et à mesure qu’elles voyagent le long de câbles à fibre optique qui sous-tendent internet.

Plus précisément, la NSA a ciblé Bitcoin par le biais de MONKEYROCKET, un sous-programme d’OAKSTAR, qui « écoutait » secrètement les équipements réseau pour recueillir des données du Moyen-Orient, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’Asie, selon des descriptions classifiées. Au printemps 2013, MONKEYROCKET était « la seule source de SIGDEV pour les cibles BITCOIN », selon le rapport de la NSA du 29 mars 2013, qui utilise le terme « SIGDEV » pour désigner le développement du renseignement électromagnétique, afin d’indiquer que l’agence n’avait pas d’autre moyen de surveiller les utilisateurs de Bitcoin. Les données obtenues grâce à MONKEYROCKET sont décrites dans les documents comme une surveillance « full take », ce qui signifie que l’ensemble des données passant par un réseau donné était examiné et qu’a minima, quelques sessions entières de données ont été sauvegardées pour des analyses ultérieures.

En même temps, MONKEYROCKET est également décrit dans les documents comme un « service non-occidental d’anonymisation sur internet » avec une « base d’utilisateurs importante » en Iran et en Chine, le programme ayant été mis en ligne à l’été 2012. On ne sait pas exactement ce qu’était ce produit, mais il semblerait qu’il ait été promu sur Internet sous de faux prétextes : la NSA note qu’une partie de sa « stratégie à long terme » pour MONKEYROCKET consistait à « attirer des cibles engagées dans le terrorisme, [y compris] Al Qaida » vers l’utilisation de ce « logiciel de navigation internet », que « la NSA peut ensuite exploiter ». La portée du ciblage s’étendait alors au-delà des terroristes. Quel que soit ce logiciel, il a servi d’appât basé sur le désir de protection de la vie privée, incitant les utilisateurs de Bitcoin à utiliser un outil dont ils pensaient qu’il les rendait anonymes sur le réseau, mais qui, en fait, acheminait leur données directement à la NSA.

L’hypothèse selon laquelle la NSA « lancerait toute une opération à l’étranger sous de faux prétextes » dans le seul but de surveiller des cibles est « pernicieuse », a déclaré Matthew Green, professeur adjoint à l’Institut de sécurité de l’information de l’Université Johns Hopkins. Une telle pratique pourrait alimenter une méfiance envers les logiciels de protection de la vie privée en général, surtout dans des régions comme l’Iran où les dissidents ont désespérément besoin de tels outils. Cela « alimente un récit selon lequel les États-Unis ne sont pas dignes de confiance », a déclaré M. Green. « Je trouve cela inquiétant ».

La NSA a refusé de faire des commentaires pour cet article. La Fondation Bitcoin, une organisation de défense des droits à but non lucratif, n’a pas pu commenter immédiatement.

Cela « alimente un récit selon lequel les États-Unis ne sont pas dignes de confiance ».

S’il offre de nombreux avantages pratiques et des atouts par rapport à la monnaie traditionnelle, une composante cruciale de la promesse de Bitcoin est sa décentralisation. Il n’y a pas de Banque Bitcoin, pas d’entité unique qui garde à elle seule une trace de la monnaie ou de ses utilisateurs. Le bitcoin est souvent interprété à tort comme étant totalement anonyme ; en réalité, chaque transaction est liée à des codes d’identification accessibles au public inclus dans la Blockchain, et les sociétés de « courtage » en bitcoins demandent généralement des informations bancaires ou d’une carte de crédit pour convertir les bitcoins en dollars ou en euros. Mais Bitcoin offre une plus grande intimité que les méthodes de paiement traditionnelles, qui exigent des informations personnelles jusqu’à et y compris un numéro de sécurité sociale, ou qui doivent être liées à une méthode de paiement qui exige de telles informations.

De plus, il est possible d’effectuer des transactions privées en bitcoins qui ne nécessitent pas de courtiers de change ou d’informations personnelles. Comme expliqué dans le livre blanc de 2009 qui a lancé Bitcoin, « le public peut voir que quelqu’un envoie un montant à quelqu’un d’autre, mais sans information liant la transaction à qui que ce soit ». Pour les adhérents de Bitcoin du monde entier, cette capacité de faire des transactions en secret fait partie de ce qui rend la monnaie si spéciale et constitue une telle menace pour le statu quo financier mondial. Mais la relative confidentialité des transactions en bitcoins a naturellement frustré les gouvernements du monde entier et les organismes d’application de la loi en particulier – il est difficile de « suivre l’argent » des criminels lorsque la monnaie est conçue pour être plus difficile à suivre. Dans une lettre adressée au Congrès en novembre 2013, un responsable de la sécurité intérieure a écrit « qu’avec l’avènement des monnaies virtuelles et la facilité avec laquelle les transactions financières peuvent être exploitées par les organisations criminelles, le DHS [département de la Sécurité intérieure aux États-Unis, NdT] reconnaît la nécessité d’une attitude agressive à l’égard de cette nouvelle tendance ».

Green a dit à The Intercept qu’il croit que la partie « logiciel de navigation internet » de MONKEYROCKET ressemble beaucoup à un réseau privé virtuel, ou VPN. Les VPNs cryptent et redirigent votre trafic Internet pour masquer ce que vous faites sur Internet. Mais il y a un hic : vous devez faire confiance à l’entreprise qui vous fournit un VPN, parce qu’elle fournit à la fois un logiciel et un service de réseautage continu qui leur permet potentiellement de voir où vous allez en ligne et même d’intercepter une partie de votre trafic. Un VPN sans scrupule aurait un accès complet à tout ce que vous faites en ligne.

Emin Gun Sirer, professeur associé et codirecteur de The Initiative for Cryptocurrencies and Contracts à l’Université Cornell, a déclaré à The Intercept que la confidentialité financière « est quelque chose d’incroyablement important » pour la communauté Bitcoin, et s’attend à ce que « les gens qui sont soucieux de la vie privée vont passer aux monnaies à caractère privé » après avoir pris connaissance du travail de la NSA ici. Malgré la réputation de Bitcoin en matière de protection de la vie privée, a ajouté Sirer, « lorsque la NSA fait partie des attaquants potentiels, le pseudonymat disparaît… Vous devez vraiment revoir vos attentes à la baisse en ce qui concerne la confidentialité sur ce réseau ».

« Les gens soucieux de leur vie privée vont opter pour les monnaies tournées vers la confidentialité »

Green, qui a cofondé et conseille actuellement un concurrent de Bitcoin axé sur la protection de la vie privée nommé Zcash, s’est fait l’écho de ces sentiments, affirmant que les techniques de la NSA rendent les fonctions de confidentialité dans toute monnaie numérique comme Ethereum ou Ripple « totalement inutiles » pour les personnes visées.

L’intérêt de la NSA pour la cryptomonnaie est « une mauvaise nouvelle pour la vie privée, car cela signifie qu’en plus du problème vraiment difficile de rendre les réelles transactions privées… il faut aussi s’assurer que toutes les connexions réseau [sont sécurisées] », a ajouté Green. Green dit qu’il est « plutôt sceptique » sur le fait que l’utilisation de Tor, le célèbre navigateur anonyme, puisse contrecarrer la NSA à long terme. En d’autres termes, même si vous faites confiance à la technologie sous-jacente de Bitcoin (ou à celle d’une autre monnaie), vous devez pouvoir faire confiance à votre connexion Internet – et si vous êtes visé par la NSA, cela va vous poser un problème.

Les documents de la NSA indiquent que, bien que MONKEYROCKET fonctionne en écoutant les fibres optiques en un point non spécifié « hors des Etats-Unis », et que les données sont ensuite transmises au Centre technique européen de l’agence à Wiesbaden, en Allemagne, des réunions avec l’entreprise partenaire qui a rendu MONKEYROCKET possible ont parfois eu lieu en Virginie. Depuis des décennies, la Virginie du Nord est une zone en plein essor tant pour l’État sécuritaire [National Security State, doctrine née en 1947 sous Harry Truman : sous ce régime les militaires ont un pouvoir politique, militaire et policier sur l’ensemble de la société civile, NdT] que pour les géants américains de l’Internet – les sociétés de télécommunications, les sociétés d’Internet et les agences d’espionnage ont élu domicile dans les banlieues et les parcs tertiaires de la région.

Bitcoin a peut être été la principale cryptomonnaie visée par la NSA, mais ce n’était pas la seule. Le rapport de la NSA du 15 mars 2013 décrit en détail les progrès de la surveillance de Bitcoin par MONKEYROCKET et note que les espions américains travaillaient aussi à cracker Liberty Reserve, un prédécesseur beaucoup plus sordide. Contrairement à Bitcoin, pour lequel faciliter le trafic de drogue et le blanchiment d’argent était un effet secondaire d’objectifs plus importants, Liberty Reserve a été plus ou moins conçu avec la criminalité en tête. Bien qu’il ait son siège social au Costa Rica, le site a été poursuivi pour avoir organisé un « plan de blanchiment d’argent » de 6 milliards de dollars et a fait l’objet de la triple intervention du ministère américain de la Justice, de celui pour la Sécurité intérieure et de l’IRS [Internal Revenue Service, agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu et des taxes diverses, NdT], ce qui a abouti à une condamnation de 20 ans pour son fondateur ukrainien. En mars 2013 – deux mois seulement avant le démantèlement et la mise en accusation de Liberty Reserve – la NSA considérait ce site d’échange de devises comme son deuxième objectif-cible, juste derrière Bitcoin. L’acte d’accusation et le procès engagés contre Liberty Reserve et son personnel n’ont pas fait mention de l’aide de la NSA.

« Le gouvernement ne devrait pas cacher les vraies sources de ses preuves. »

À peine cinq mois après la fermeture de Liberty Reserve, les autorités fédérales ont porté leur attention sur Ross Ulbricht, qui sera reconnu coupable d’être le cerveau derrière le fameux marché de narcotiques du « darknet » Silk Road, où les transactions étaient effectuées en bitcoins, avec une part revenant au propriétaire du site. Ulbricht aurait détenu des bitcoins pour une valeur totale de 28,5 millions de dollars au moment de son arrestation. Une partie de sa défense infructueuse consistait à insister sur le fait que l’histoire du FBI sur la façon dont il l’avait trouvé ne tenait pas la route, et que le gouvernement avait peut-être découvert et infiltré les serveurs de Silk Road avec l’aide de la NSA – peut-être illégalement. L’accusation a rejeté cette théorie en termes non équivoques :

Ayant échoué dans sa requête antérieure visant à rejeter toutes les accusations du gouvernement, Ulbricht demande maintenant à cette Cour de supprimer pratiquement tous les éléments de preuve du gouvernement, au motif qu’ils auraient été obtenus en violation du Quatrième Amendement [de la Constitution américaine, NdT]. Ulbricht n’offre aucune preuve d’inconduite gouvernementale à l’appui de cette affirmation générale. Au lieu de cela, Ulbricht évoque un croque-mitaine – la National Security Agency (« NSA ») – qu’Ulbricht soupçonne, sans aucune preuve, d’avoir localisé le serveur de Silk Road, d’une façon telle qu’elle viole d’une manière ou d’une autre le Quatrième Amendement, selon ses suppositions.

Bien que les documents divulgués par Snowden n’indiquent pas si la NSA a aidé le FBI dans son enquête sur Silk Road, ils montrent que l’agence travaillait à démasquer les utilisateurs de bitcoins environ six mois avant l’arrestation d’Ulbricht, et qu’elle avait travaillé à surveiller Liberty Reserve à peu près au même moment. La source de la surveillance des bitcoins et de Liberty Reserve, MONKEYROCKET, est régie par une ordonnance de surveillance à l’étranger, l’Executive Order 12333, dont les termes semblent donner aux organes américains d’application de la loi une grande latitude dans l’utilisation des renseignements lorsqu’ils enquêtent sur des citoyens américains.

Les défenseurs des libertés civiles et les chercheurs en sécurité s’inquiètent depuis longtemps du fait que des renseignements autrement non recevables de l’agence sont utilisés pour monter des dossiers contre les Américains par un processus connu sous le nom de « construction parallèle » : construire un dossier criminel en utilisant des preuves recevables obtenues en consultant d’abord d’autres preuves, qui sont gardées secrètes, hors des salles d’audience et de la vue du public. Une enquête antérieure de The Intercept, s’appuyant sur les archives judiciaires et les documents de Snowden, a révélé que les formes de surveillance les plus controversées de la NSA, qui impliquent une surveillance en vrac et sans mandat des courriels et des câbles à fibres optiques, ont pu être utilisées dans les tribunaux par le biais d’une construction parallèle.

Patrick Toomey, un avocat du projet de sécurité nationale de l’ACLU [Union américaine pour les libertés civiles, NdTR] a déclaré que les documents de la NSA, bien que circonstanciels, soulignent une question sérieuse et permanente dans l’application de la loi américaine :

Si les enquêtes criminelles du gouvernement s’appuyaient secrètement sur l’espionnage de la NSA, ce serait une grave source d’inquiétudes. Les personnes qui font l’objet de poursuites criminelles ont le droit de savoir comment le gouvernement a obtenu ses preuves, de façon à ce qu’elles puissent contester la légalité des méthodes du gouvernement. C’est un principe de base de procédure régulière. Le gouvernement ne devrait pas cacher les véritables sources de ses preuves devant les tribunaux en inventant un cheminement différent.

Bien qu’un document de la NSA sur MONKEYROCKET indique que la préoccupation « initiale » du programme était la lutte contre le terrorisme, il indique également que « d’autres utilisateurs ciblés incluront ceux recherchés par les bureaux de la NSA tels que Crime international & Narcotiques, suivi de l’argent à la trace et l’Iran ». Une note de service de la NSA du 8 mars 2013 indique que le personnel de l’agence « espérait utiliser [MONKEYROCKET] pour sa mission d’observation du crime organisé et des cybercibles qui utilisent les services de monnaie électronique en ligne pour déplacer et blanchir de l’argent ». Il n’y a pas d’explication sur qui est considéré comme une « cible cybernétique ».

Documents

Documents publiés avec cet article :

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Source : The Intercept, Sam Biddle, 20-03-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/la-nsa-a-travaille-pour-debusquer-les-utilisateurs-de-bitcoin-revelent-les-documents-snowden-par-sam-biddle/

Bitcoin Biarritz 2018 : entretien avec les organisateurs (vidéo)

Bitcoin Biarritz 2018 : entretien avec les organisateurs (vidéo)

Frédéric Hamon et Patrick Mari, les organisateurs de Bitcoin Biarritz, expliquent comment ils ont eu cette idée et font le bilan de cette journée.

Par la rédaction de Contrepoints.

Hier lors de la journée consacrée au Bitcoin, des conférenciers ont donné en quelques mots pour Contrepoints, leur point de vue sur une question. Les organisateurs de cette journée expliquent leurs motivations à Contrepoints.

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités