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"Choose France": 4 milliards d'euros d'investissements annoncés

Économie

« Choose France »: 4 milliards d’euros d’investissements annoncés

Par Challenges.fr le 20.01.2020 à 08h13

Emmanuel Macron reçoit lundi à Versailles des patrons venus du monde entier dans le cadre de « Choose France », un événement marqué par une série d’annonces de contrats et de nouveaux investissements totalisant près de 4 milliards d’euros.

Emmanuel Macron lors de l'édition "Choose France" 2018 à Versailles

Emmanuel Macron lors de l’édition « Choose France » 2018 à VersaillesPOOL/AFP/ARCHIVES – THIBAULT CAMUS

Emmanuel Macron reçoit lundi 20 janvier à Versailles des patrons venus du monde entier, pour vanter une France accueillant les entreprises à bras ouverts, credo illustré par une série d’annonces de contrats et de nouveaux investissements totalisant près de 4 milliards d’euros. Cette profession de foi, pour la troisième édition du sommet « Choose France », va néanmoins se heurter encore à l’actualité sociale: après les « gilets jaunes » en 2019, la mobilisation contre la réforme des retraites cette année.

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Au 47e jour du mouvement, et alors que la grève dans les transports semble marquer le pas, plusieurs organisations syndicales – CGT, FO, FSU et Solidaires des Yvelines – ont déjà annoncé qu’elles manifesteraient lundi à Versailles. Dimanche soir, l’Elysée a détaillé de nouveaux investissements, pour s’en réjouir: « santé, transport, banque, agroalimentaire, télécoms, numérique… Il y a des annonces sur tous les territoires, dans tous les secteurs et pour tout type d’emplois ».

La plus importante provient de l’armateur italo-suisse MSC, qui a passé une commande d’un montant de 2 milliards d’euros aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire pour deux nouveaux paquebots, livrables en 2025 et 2027 et propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié). Cette commande ferme s’accompagne de la signature de deux protocoles d’accord entre MSC et les chantiers navals, portant potentiellement sur 4 milliards d’euros d’investissements supplémentaires.PUBLICITÉAds by Teads

Deuxième destination pour les investisseurs étrangers en Europe

« Choose France », événement auquel sont attendus près de 200 dirigeants d’entreprises français et étrangers qui vont participer au total à « plus de 400 rencontres bilatérales », est voulu depuis 2018 comme un rendez-vous à l’orée du Forum économique mondial (WEF) de Davos en Suisse.

Outre le président et le Premier ministre Edouard Philippe, 19 membres du gouvernement vont accueillir, sous les ors du château royal, des patrons de grands groupes américains (Coca-Cola, Snap Inc, Fedex, Google, Netflix…), asiatiques (Hyundai Motors, Samsung Electronics, Fosun, Toyota…), africains (Cooper Pharma, Orascom) et européens (Rolls Royce, EY, ING Bank…)PUBLICITÉAds by Teads

Comme en 2018, la France demeure la deuxième destination pour les investisseurs étrangers en Europe derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni, qui s’apprête à sauter dans l’inconnu en sortant de l’Union européenne. Entre 2017 et 2019, son attractivité a progressé du 22e au 15e rang du classement publié par le WEF, « soit la meilleure progression du top 20 », selon l’Elysée.

« Battre de nouveaux records »

Selon Matignon, les investissements directs étrangers dans les entreprises françaises ont crû de plus de 5 milliards d’euros en 2018 (soit une hausse de 20%) « et l’année 2019 promet de battre de nouveaux records ». La construction à Saint-Nazaire des deux nouveaux paquebots de 6.700 passagers chacun va générer « 14 millions d’heures de travail, correspondant à 2.400 emplois pendant trois ans et demi », précise l’exécutif.

L’accord prévoit également le développement d’une nouvelle classe de paquebots au GNL, ainsi que celui d’un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile, intégrant de fait les « meilleures innovations en matière environnementale », le secteur de la croisière étant régulièrement accusé d’énormément polluer.

Parmi les autres annonces dans le cadre de « Choose France », figure la décision de Coca-Cola et de son embouteilleur d’investir un milliard d’euros sur cinq ans en France, dont la moitié pour renforcer son réseau de production et de distribution, et l’autre pour « soutenir le développement de ses marques actuelles et introduire de nouveaux produits sur le marché français ».

En outre, le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé un investissement de plus de 450 millions d’euros (500 millions de dollars) sur cinq ans en France, dont plus de 200 millions d’euros pour son site de Dunkerque où M. Macron est attendu lundi.

Le groupe anglo-suédois, qui emploie environ 1.000 salariés en France, va en particulier poursuivre le développement de ce site spécialisé dans la production de produits aérosols pour le traitement de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive.

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/economie/macron-vante-une-france-ouverte-aux-investissements_694592

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Repéré par Léa Polverini — 4 janvier 2020 à 13h52

L’assassinat du général iranien par les États-Unis risque de précipiter une escalade de violences dans la région.

La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP
La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Los Angeles Times

C’est une légère hausse que les actions du secteur de la défense ont enregistrée après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, ordonné par le président des États-Unis Donald Trump dans la nuit du 3 janvier.

Alors que le Guide suprême d’Iran Ali Khamenei a annoncé qu’une «sévère vengeance» était à attendre, le gouvernement états-unien a affirmé de son côté que 3.000 à 3.500 militaires seraient déployés au Koweït pour répondre «au niveau accru de menace contre les forces et les installations américaines».

Face au risque d’escalade de violences dans la région, la bourse de Wall Street est elle aussi «montée au créneau»: alors que l’indice boursier du S&P 500 perdait du terrain, l’indice du secteur aérospatial et de l’industrie de la défense a grimpé d’1,8% ce vendredi.PUBLICITÉ

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Les drones ont le vent en poupe

Le record revient pour l’heure à AeroVironment, qui a progressé de 6,9%. La firme californienne est notamment spécialisée dans la fabrication de petits drones de reconnaissance à courte portée, qui peuvent atteindre la taille d’un colibri, et qui sont principalement utilisés par l’armée américaine. Elle travaille en collaboration avec le Pentagone, la DARPA (agence chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire), et la NASA.

Selon Ken Herbert, le directeur général de la banque d’investissement Canaccord Genuity, la surveillance de proximité est «une mission précise pour laquelle les drones d’AeroVironment sont très bien adaptés», et dont le conflit entre les États-Unis et l’Iran pourrait bien faire exploser les ventes.

Le conglomérat Northrop Grumman Corporation a quant à lui vu ses actions monter de 5,4%. Comptant parmi les plus grosses entreprises d’armement au monde, la compagnie s’est investie dans le secteur aérospatial et dans celui des missiles. Elle fabrique des avions tels que le bombardier B-2, et est actuellement en charge du développement du bombardier B-21, destiné à l’US Air Force.

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Le fabriquant du chasseur bombardier F-35, Lockheed Martin, première entreprise mondiale de défense et de sécurité, a enregistré une hausse plus modeste, de 3,6%, quand Raytheon, entreprise spécialisée dans les technologies de missiles et de radars, a gagné 1,5%.

La seule entreprise de défense à avoir subi une baisse parmi les plus grosses sociétés américaines est Boeing, avec -0,2%. Depuis les crashs successifs de ses deux 737 Max en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont respectivement causé la mort de 189 et de 157 personnes, l’entreprise connaît une période de troubles qui se répercute sur sa cotation en bourse.

http://www.slate.fr/story/185945/bourse-actions-secteur-defense-hausse-assassinat-soleimani-iran-etats-uni

Comment Boeing se suicide

Comment Boeing se suicide

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   samedi 14 décembre 2019

   Forum

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Comment Boeing se suicide

On sait que l’affaire Boeing-737Max est devenue une crise en soi, qui mérite d’être suivie avec attention dans la mesure où elle reflète bien les comportements et l’évolution du Corporate Power  dans cette époque de crise générale, ou Grande Crise d’Effondrement du Système. La crise Boeing-737Max est d’autant plus intéressante qu’elle réunit des éléments fondamentaux de la postmodernité et de notre contre-civilisation :

• un ensemble crisique type du système de l’américanisme ;
• une entreprise gigantesque du point de vue du capitalisme américaniste et globalisé, c’est-à-dire des points de vue financier et commercial, comme deuxième entreprise des USA en volume financier et premier exportateur des USA ;
• une entreprise qui conçoit et fabrique des produits à l’avant-garde de la technologie opérationnelle ;
• une entreprise qui, dans sa production aéronautique, est aussi active dans le secteur civil que dans le secteur militaire.

Le caractère unique et “exceptionnaliste” (comme sont les USA) de Boeing est en train de nous apparaître comme très largement équilibré, comme par un effet-miroir inversé, par le “caractère unique et ‘exceptionnaliste’” de la catastrophe qui est en train de se développer en son sein. Une audition de témoins venus de Boeing et de la FAA, mercredi devant la Commission des Transports de la Chambre des Représentants, a permis de prendre une nouvelle mesure de cet événement qui progresse, souvent d’une façon feutrée et dissimulée, mais qui se signalent tout de même par  de brutales incursions dans la progression de la  vérité-de-situation  s’accordant parfaitement au processus éventuellement post-simulacre  que nous décrivions hier.

Le cover-up (dissimulation, étouffement) de la catastrophe semble devenir impossible, justement à cause de l’ampleur de la catastrophe et des “fuites” sans nombre, officialisées, institutionnalisées, de la part d’acteurs du drame, notamment ceux qui le virent venir et tentèrent de prévenir les dirigeants.  Cette impossibilité possible du cover-up  ferait ainsi partie de l’arsenal de notre hypothèse sur une époque post-simulacre.

Ci-dessous, nous reprenons un texte de WSWS.org qui poursuit bien entendu Boeing de ses foudres trotskistes et anticapitalistes et qui, dans ce cas, comme ce l’est dans diverses occasions où nous utilisions cette source, fournit une excellente documentation qui est à notre sens beaucoup plus de caractère antiSystème que de caractère trotskiste. C’est le caractère antiSystème, d’où qu’il vienne, qui nous intéresse et nous laissons le caractère trotskiste à ceux qui en rêvent encore et toujours. 

Ce que nous montrent les différents éléments de témoignage entendus à la Chambre, – sans que la Chambre, pourrie jusqu’à l’os, notamment par le prébendes de Boeing, ne s’en émeuve vraiment, – c’est l’extrême profondeur du cancer qui ronge Boeing. Cela concerne certes le 737Max, mais aussi la manière de produire, les pressions sur le personnel très qualifié mais qui perd cette qualification sous la force de ces pressions, l’affichage sans aucune retenue du changement ontologique qui a affecté cette compagnie qui est historiquement l’une des premières, chronologiquement et qualitativement, de l’histoire de l’aviation.

Le principal témoin Ed Pierson, cadre supérieur de chez Boeing, a ainsi rapporté la réponse de son supérieur, vice-président de Boeing et responsable du programme 737Max, à qui il demandait de ralentir la cadence forcée de production et de réorganiser les équipes affectées à cette production, – ce qui impliquait une interruption puis une reprise moins rapide de la production, – avec réponse dans ces termes : « Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça [parce que Boeing est] une organisation à but lucratif. »

Le fric, pas les avions, – et quant aux passagers…

Tout est à l’aune de cet épisode qui nous dit que Boeing en tant que tel qu’il fut dans l’histoire n’existe plus. Boeing n’est plus guidé que par les bénéfices, les revenus, l’argent et rien d’autre, et tous les impératifs de qualité et de sécurité sont désormais, et à notre sens irrémédiablement, passés au second plan… “Irrémédiablement” en effet, à cause du changement de nature de Boeing, de son ontologie complètement différente de ce qu’elle fut jusqu’à quelque part autour de 1975-1985. Le temps écoulé entre ces dates et aujourd’hui, et la tragédie du 737Max, correspond au temps nécessaire pour cette opération fondamentale du “changement d’être”. On ne revient pas sur de telles perversions qui tuent le passé et ce qui a existé, c’est-à-dire la tradition.

(Eh certes oui, l’on peut parler de “tradition” qui est un facteur relatif, et dans le cas de Boeing la “tradition” est celle de ses débuts puis de ses succès appuyés sur le savoir-faire de ces débuts, et c’est cela qui est rompu tant la modernité ne cesse de se dévorer elle-même à mesure qu’elle avance, pour ne jamais dépendre de structures stables et harmonieuses, et pouvoir terminer dans ce qu’il y a de plus volatile, de plus simulacre, de plus “absence d’être”, – la financiarisation postmoderne, clef de voute de l’effondrement.)

Bien entendu, nous croyons plus que jamais à « la cataracte Boeing », c’est-à-dire à la catastrophe de l’effondrement de l’avionneur. Lorsque, dans son zèle à montrer la cupidité et l’injustice du capitalisme, le texte de WSWS.org  indique « Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol », – bien, sûr, il pêche par militantisme tactique et nous donne une fausse image de la vérité de situation.

C’est “jusqu’ici” qu’il faut dire à propos des $8 milliards que devraient coûter à Boeing « l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes ». En effet, cette affaire ne fait que commencer et Boeing a déjà subi, en plus des $8 milliards, des pertes de manque-à-gagner avec plus de 250 avions commandés chez Airbus par trois compagnies, qui s’étaient auparavant décidé pour le 737Max. Les pertes à prévoir, non seulement pour des raisons techniques et de sécurité des appareils, mais aussi et surtout de confiance dans toutes les productions Boeing sont colossales et finalement à la mesure d’un ébranlement décisif vers l’effondrement de ce géant too big to fail/to fall. Ce n’est pas la logique historique de la “révolution permanente” trotskiste qui menace Boeing, mais la logique prédatrice et autodestructrice du néo-capitalisme ultralibéral.

Le texte ci-dessous, de WSWS.org est du 14 décembre 2019 (traduction de la version originale en anglais du 13 décembre 2019).

dedefensa.org

_________________________

Les dirigeants de Boeing doivent rendre des comptes

L’ancien cadre supérieur de Boeing Ed Pierson a témoigné mercredi devant la commission des transports et des infrastructures de la Chambre des Représentants qu’il avait averti la haute direction de l’entreprise à deux reprises au cours de l’été 2018 que «la détérioration des conditions à l’usine» de production du Boeing 737 de Renton, dans l’État de Washington, entraînerait inévitablement une production d’avions défaillants et potentiellement mortels.

Le rapport de cet ex-employé révèle un autre niveau de la criminalité et de la négligence des dirigeants de Boeing dans leur volonté de générer des bénéfices de plusieurs milliards de dollars avec l’avion 737 Max 8. Ce fut un autre avertissement, cette fois par un travailleur qui produisait ces avions, que les conditions dans l’usine compromettaient la sécurité de dizaines d’avions qui pourraient éventuellement transporter des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Les craintes de Pierson se sont réalisées quatre mois après son deuxième avertissement lorsque le vol 610 de Lion Air a plongé dans la mer de Java après avoir décollé de Jakarta, en Indonésie, tuant les 189 passagers et membres d’équipage à bord. Cela a été suivi d’un deuxième crash d’un avion Max 8 juste aux abords d’Addis-Abeba, le vol 302 d’Ethiopian Airlines, qui a anéanti la vie de 157 autres êtres humains.

Ce n’est qu’après le deuxième crash que Boeing a décidé de clouer au sol l’avion meurtrier dans le monde entier, et cela ne s’est produit qu’après que l’indignation internationale a monté lorsque Boeing a déclaré deux jours après le deuxième crash qu’ils avaient «pleinement confiance en la sécurité du 737 Max». Ces commentaires ont été soutenus et repris par la Federal Aviation Administration (FAA) et le président américain Donald Trump.

La même audience du Congrès a également révélé que le mois suivant le premier accident, une analyse interne de la FAA a déterminé que, à moins que l’avion ne soit immobilisé, le Max 8 ferait l’objet en moyenne d’un accident mortel tous les deux ou trois ans, une quantité supérieure à celle indiquée par Boeing ou l’agence à l’époque. Ce rapport a été écarté par l’agence pendant plus d’un an, même après le deuxième crash en moins de six mois.

La raison immédiate de ces deux accidents était un logiciel auparavant inconnu appelé système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS), qui s’est activé par erreur en raison d’un capteur d’angle d’attaque défectueux et a forcé les deux avions à plonger de façon incontrôlable. Les capteurs, a noté Pierson, remplaçaient les originaux également défectueux, ce qui n’aurait pas dû se produire sur des avions vieux de quelques mois seulement. Ces faits mettaient en évidence  de graves problèmes dans le processus de production elle-même du Max 8.

Dans un courriel de juin 2018 adressé au vice-président de Boeing, Scott Campbell responsable du programme Max 8, Pierson a averti que «franchement, toutes les sonneries d’alarme sont activées dans mon jugement». Il a explicitement noté le manque de mécaniciens, d’électriciens et de techniciens qualifiés, un taux d’heures supplémentaires qui a plus que doublé et qui affecte l’attention des travailleurs. Il a ajouté que «pour la première fois de ma vie, je suis désolé de dire que j’hésite à faire monter ma famille dans un avion Boeing.»

Dans ses commentaires devant le Congrès, Pierson a souligné «la pression dogmatique exercée sur le calendrier» après que l’entreprise ait exigé que l’usine augmente la production du nombre d’avions qu’elle fabrique de 47 à 52 par mois, avec l’augmentation des «risques pour la sécurité des produits et des travailleurs.»

En conséquence, les mesures de suivi de la qualité interne de Boeing ont révélé une augmentation de 30 pour cent de défauts d’ingénierie et de câblage, qui peuvent tous provoquer des pannes ou des incidents potentiellement mortels dans un avion. Tout cela aurait pu avoir un effet sur les défaillances des capteurs MCAS. Afin de résoudre ces problèmes, Pierson a affirmé qu’il était nécessaire de fermer l’usine «pour permettre à notre équipe de se regrouper afin que nous puissions terminer les avions en toute sécurité».

Alors même que les conditions de production se dégradaient, les dirigeants de Boeing ont continué à ignorer les averissements de Pierson. Lors d’une réunion entre Pierson et Campbell, au cours de laquelle le premier a réitéré son appel à arrêter la production pour répondre à des problèmes de sécurité avérés, le responsable du programme 737 Max lui a dit: «Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça» parce que Boeing est «une organisation à but lucratif».

La cupidité sans gêne incarnée dans cette déclaration ne donne qu’un aperçu des énormes sommes d’argent que Boeing a gagnées grâce au programme Max 8. Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol.

Les dirigeants de Boeing eux-mêmes ont également fait d’immenses fortunes personnelles. Lors de la montée fulgurante des actions de la société en janvier et février de cette année, le directeur financier Gregory Smith, le vice-président exécutif John Keating, l’avocat général Michael Luttig et le directeur général Dennis Muilenberg ont tous vendu des actions pour une valeur de 9,5 millions de dollars, 10,1 millions de dollars, 9,5 millions de dollars et 6,5 millions de dollars respectivement.

Ces chiffres démentent les larmes de crocodile que la direction de Boeing a versées, surtout quand on se rend compte que le deuxième crash du Max 8 s’est produit juste un mois après ces fructueuses opérations boursières. Étaient-ils conscients des dangers de l’avion et, plutôt que d’avertir leurs pilotes et passagers, ont-ils profité de l’occasion pour en tirer profit ?

On ne peut pas non plus passer sous silence les remarques faites par les Représentants de la commission des transports de la Chambre. En réponse à la publication du document interne de la FAA, le représentant démocrate Peter DeFazio de l’Oregon a déclaré: « Malgré ses propres calculs, la FAA a voulu parier avec la sécurité du public en laissant le 737 Max continuer à voler.» Le président de la sous-commission de Transport de la Chambre n’a fait aucune mention du fait que lui et ses collègues avaient récemment adopté la loi sur la ré-autorisation de la FAA, qui donne à Boeing et à d’autres constructeurs d’avions encore plus de liberté à l’égard de la réglementation et de la surveillance.

De plus, le gouvernement américain ainsi que des municipalités et des États fédérés ont subventionné les opérations de Boeing. Depuis 1994, Boeing a reçu 74 milliards de dollars de subventions et de prêts gouvernementaux, dont 14 milliards proviennent uniquement de l’État de Washington [où sont installées les usines Boeing]. Cet argent a été prélevé directement de la classe ouvrière et déposé dans les poches des dirigeants et des gros actionnaires de la société.

Cela montre clairement la relation entre le gouvernement américain et Boeing, le deuxième plus grand entrepreneur de défense du pays et le plus gros exportateur US. Ils n’ont pas de relation contradictoire, mais représentent plutôt le lien entre le Corporate Power, l’État et l’establishment militaire.

Malgré des preuves évidentes et croissantes de la négligence criminelle de la part des dirigeants de Boeing qui a causé la mort de plus de 300 personnes, aucune accusation pénale n’a été portée contre les responsables concernés. Cela est tout à fait dans la ligne judiciaire établie ces temps-ci, où même les délits de grandes entreprises les plus horribles n’ont donné lieu à aucune poursuite. Mais la justice pour les victimes, sans parler de la sécurité du public, exige que les cadres supérieurs et les responsables gouvernementaux impliqués dans ces crimes soient tenus de rendre des comptes.

Ces liens et les catastrophes des Max 8 ne sont pas simplement des symptômes de la cupidité des grandes entreprises, mais le résultat final du système capitaliste lui-même, qui subordonne tous les besoins sociaux au profit privé. Il existe une contradiction fondamentale entre les intérêts de la société, y compris le transport aérien sûr, efficace et peu coûteux, et la propriété privée des industries essentielles, ainsi que la division de l’économie mondiale entre les États-nations rivaux. Les mêmes contradictions fondamentales du capitalisme alimentent les conflits géopolitiques et économiques qui menacent le monde de guerre nucléaire et de catastrophes écologiques.

La seule façon de prévenir de nouvelles catastrophes est de supprimer le but lucratif dans l’industrie des avions de lignes, de mettre fin à la domination de Wall Street et de remplacer le cauchemar du marché capitaliste par un système de transport aérien planifié de manière rationnelle et organisé au niveau international. Cela nécessite la nationalisation des compagnies aériennes et aérospatiales et leur transformation en services publics appartenant à la collectivité et contrôlés démocratiquement.

Bryan Dyne, WSWS.org

https://www.dedefensa.org/article/comment-boeing-se-suicide

FDJ: l’Etat veut céder jusqu’à 52% du capital, pour près de 2 milliards d’euros

Finance et marchés

FDJ: l’Etat veut céder jusqu’à 52% du capital, pour près de 2 milliards d’euros

Par Challenges.fr le 07.11.2019 à 07h49

Cette cession d’au maximum 99,3 millions d’actions de la Française des Jeux pourrait rapporter jusqu’à 1,9 milliard d’euros à l’Etat.Ce jeudi est le premier jour de la souscription permettant de réserver des actions, une période qui précède son entrée en Bourse prévue le 21 novembre.

FDJ

L’introduction en Bourse est la dernière étape menant à la privatisation de la Française des jeuxAFP/ARCHIVES – LIONEL BONAVENTURE

L’Etat va céder « un maximum » de 99,3 millions d’actions de la Française des Jeux dans le cadre de sa privatisation, soit 52% de son capital, une opération qui devrait lui rapporter jusqu’à 1,9 milliard d’euros.PUBLICITÉinRead invented by Teads

Jeudi 7 novembre, au premier jour de la souscription permettant de réserver des actions, une période qui précède son entrée en Bourse prévue le 21 novembre, le groupe a détaillé les conditions tarifaires et techniques de l’opération.

Elle « consistera en la cession par l’Etat d’un nombre maximum de 99.320.000 actions existantes FDJ, représentant un maximum de 52% du capital social de FDJ », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait déjà indiqué mercredi soir au Parisien que la fourchette indicative de prix avait été fixée entre 16,50 euros et 19,90 euros par action. L’Etat devrait donc tirer de l’opération entre 1,6 et 1,9 milliard d’euros, sans intégrer la décote de 2% annoncée pour les investisseurs particuliers, selon un calcul de l’AFP.

« Dernière étape »

« Aujourd’hui, avec le lancement de l’introduction en Bourse, s’ouvre la dernière étape menant à la privatisation de La Française des Jeux et à sa cotation à la Bourse de Paris », a mis en avant la PDG Stéphane Pallez, citée dans le communiqué.PUBLICITÉinRead invented by Teads

Elle a dit « se réjouir qu’une part importante de l’offre soit réservée aux particuliers, notamment à nos détaillants, et aux salariés qui bénéficieront de conditions préférentielles pour acheter des actions FDJ ».

« Nous espérons qu’ils seront nombreux à participer à l’opération pour devenir actionnaires dans la durée d’un groupe solide, dynamique, innovant et responsable. Ils pourront ainsi bénéficier du partage des fruits de sa croissance, grâce à une politique de dividende attractive, dont l’objectif est de distribuer 80% du résultat net dès 2020 », a-t-elle rappelé.

Héritière de la loterie nationale créée en 1933, la FdJ est une des rares entreprises publiques françaises en bonne santé financière. Son nom est aussi très familier pour les Français, qui ont encore misé l’an dernier près de 16 milliards d’euros dans ses jeux d’argent et de hasard.

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/fdj-l-etat-veut-ceder-jusqu-a-52-du-capital-pour-pres-de-2-milliards-d-euros_683515

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

MÉDIAS 7 OCTOBRE 2019

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

Capture d’écran YouTube du documentaire d’Arte « Le Monstre de Wall Street »-19 septembre 2019

Vous vous sentez manipulés par les documentaires ? Voici pourquoi et comment, avec l’exemple d’un documentaire d’Arte, « les financiers qui dirigent le monde ».

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Par Philippe Mösching.

Alors qu’un documentaire devrait être une forme d’expression grand public qui éveille l’esprit en nous offrant des points de vue nouveaux, il se révèle au contraire être une arme militante qui impose son parti pris non pas par la force de ses arguments mais uniquement sur une mise en scène grandiloquente. Comment manipuler les mains vides : décryptage par l’exemple.

On peut s’attendre à ce qu’un documentaire essaie de confronter différentes opinions, d’offrir au spectateur plusieurs points de vue de sorte à développer son esprit critique, puis lui permette de se forger une opinion ou de réviser ses positions. Si les émissions de débats existent toujours, malheureusement trop souvent limités aux sujets politiques, un nouveau genre populaire est apparu : le documentaire à charge. On y trouve Cash Investigation de France Télévisions et, plus surprenant, la chaîne Arte.

Étudions le cas précis d’un documentaire intitulé « Le monstre de Wall Street – ces financiers qui dirigent le monde » que vous trouverez facilement sur les plateformes de vidéo en ligne. Le titre annonce déjà la couleur, celle de la haine du système financier. La cible est la société BlackRock, gestionnaire de fonds.

37 SECONDES SUFFISENT…

Les 37 premières secondes de ce documentaire suffisent à donner le ton et à présenter les trois seules accusations qui seront par la suite martelées à un rythme infernal, telle de la musique techno ne laissant aucun autre choix que de secouer son corps jusqu’à la reddition, et déclarer la finance comme la mère de tous les maux.

Durant ce laps de temps sont présents tous les éléments qui seront ensuite recyclés durant les 1 heure 29 minutes 32 secondes restantes.

Pour la forme : la bande-son constituée d’une musique oppressante, rythmique et parcourue de bruitages irréels évoquant parfois des cris inhumains. Les premières images présentent tous les symboles de la finance : la statue de la Liberté – les défenseurs de la liberté apprécieront – les gratte-ciel de New-York, des billets verts, des enseignes au nom du coupable BlackRock et des écrans de traders. Ambiance sombre et inquiétante, rythmée de flash lumineux agressifs.

Pour le fond : ces 37 secondes suffisent à énoncer les trois accusations définitives supposées mettre le monstre de Wall Street KO. La première dénonce la dimension de l’entreprise, la seconde est une accusation de manipulation et la dernière dénonce un culte du secret, confirmant la culpabilité. On reconnaît ici les ingrédients des thèses complotistes appliquées cette fois à la finance.

Résonne alors un discours célèbre qui a valu à son orateur l’élection de président de la République, ce qui donne une idée de l’enjeu dont il est question ici. Résonnent aussi des moments plus sombres de notre Histoire ; bien que la cible ne soit pas la même, la méthode l’est. La taille n’est ni une accusation, ni même une critique. La manipulation ne sera pas démontrée, le cas échéant l’entreprise aurait été condamnée. Et le secret pourrait être discutable voire critiquable s’il était érigé en système avec intention de nuire, mais ici rien de tel n’est montré.

…PUIS UNE HEURE ET DEMIE DE REPRISES

Ce qui est frappant dans ce documentaire c’est l’écart entre la pauvreté des arguments présentés et la grandiloquence de la mise en scène. Une heure et demie exactement résumée durant les 37 premières secondes. L’argument de la taille sera repris 44 fois au total : géant, mondial, colossal, explosion, inonder, écraser, puissance, milliards. Comme il n’existe pas 44 synonymes dans la langue française, les mots reviennent en boucle avec un effet entêtant et abrutissant exactement toutes les deux minutes. Curieux comme la taille peut constituer une accusation à elle seule.

Par contraste le « à taille humaine » deviendrait un gage de probité et de haute valeur morale. Cela reste à démontrer, et ce ne sera pas facile sachant que plus une entreprise est grande plus les décisions impliquent un nombre important de personnes et de contrôles faisant que mécaniquement les fraudeurs se trouvent plus souvent être des individus isolés ou des petites structures.

Les accusations de manipulation reviennent 15 fois. Manipulation des entreprises, des politiciens, des administrations, et même des États. Des accusations basées sur des témoignages anonymes et des allégations sans preuve. Sachant qu’au final aucune action en justice n’a abouti à une condamnation. À qui doit-on octroyer sa confiance ? À la justice ou au journalisme militant ?

Et pour finir, le soi-disant culte du secret, lui aussi ne tient sur rien. Dans un excès de confiance, les journalistes dénoncent au contraire une tendance à trop communiquer. Il s’agit là d’un moment fort de ce documentaire où un employé forcément repenti s’épanche, le visage dans le noir et la voix robotisée, sur une pratique qui fait froid dans le dos. Minute 26:52 :

« Ils [BlackRock] louaient des salles où le PDG présentait les résultats du trimestre et exposait aussi ses objectifs »

On touche ici du doigt le cœur du concept qui consiste à énoncer un fait, qui dans ce cas précis est une pratique réglementée par la loi et donc tout à l’honneur de ce PDG, avec une mise en scène et une intonation qui le feront passer pour une accusation de poids. Pour nous achever, deux secondes de musique oppressante plus tard, la voix off nous affirme exactement le contraire :

« ce qui se passe à l’intérieur de la société ne fuite presque jamais »

Le fond n’a donc aucun intérêt, seule la mise en scène porte le message.

LA MANIPULATION PAR LA FORME

Cet exemple n’est pas anecdotique. L’ensemble de ce documentaire se base sur des faits qui réels, supposés ou imaginés, seront versés immédiatement à l’accusation  par leur mise en image et en musique. Parfois, par paresse sans doute, des attaques gratuites et irresponsables tentent d’emporter l’adhésion par la force de l’excès.

  • « Ils font ce qu’ils veulent » : non je ne crois pas, ils seraient en prison si c’était le cas.
  • « L’ascendant du capitalisme international sur la démocratie nationale » : il est vrai, qu’à l’inverse le collectivisme a bien servi la cause de la démocratie.
  • « Les géants de la finance qui se partagent le monde entre eux » : plus c’est gros, plus ça passe et avec un pléonasme si jamais on n’avait pas compris.

UN SUJET INTÉRESSANT SI L’ON PREND LA PEINE DE L’ÉTUDIER

Alors que certains thèmes survolés auraient pu servir d’introduction à des débats intéressants :

  • est-ce qu’un gestionnaire de fonds peut représenter un risque systémique, alors qu’il ne prête pas d’argent ?
  • est-il légitime qu’il bénéficie d’un pouvoir sur les entreprises où il investit l’argent de ses clients ?
  • peut-il représenter un risque pour la concurrence lorsqu’il a une influence et des intérêts dans des sociétés concurrentes ?
  • est-ce que les décisions prises par des intelligences artificielles peuvent représenter un risque de déstabilisation des marchés, de l’économie en général ?
  • quelles frontières définir entre liberté des marchés et régulation ?
  • jusqu’où les États doivent-ils faire appel à des sociétés privées pour évaluer les risques ?

Le plus grave est qu’à force de marteler de tels messages, on fabrique une opinion qui se renforcera par la suite selon le biais de confirmation. Le fait qu’on s’attaque à des symboles de pouvoir qui représentent finalement peu de personnes et qu’il est difficile de trouver un angle favorable à exposer donnent un avantage indéniable qui malheureusement fait oublier que les échanges financiers sont à la source de créations et de partages de richesses.

Faisant oublier que le capitalisme est indissociable de la notion de propriété privée inscrite dans l’article 2 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, juste après la liberté. Faisant oublier que de nombreuses régulations ont été mises en place pour protéger les usagers, les entreprises, les institutions et les États : échanges automatiques d’informations pour traquer les fraudeurs, directives MIFID sur les marchés financiers pour assurer la transparence des risques et des prix, garantir l’adéquation et la connaissance par le client des produits vendus, ainsi que pour traquer les manipulations de marché, reporting des produits dérivés pour mesurer les expositions et contenir les risques de marché, séparation des banques de détail et d’investissement – le Glass-Steagall act aux États-Unis dont l’équivalent français n’a pas abouti – stress test pour anticiper les risques systémiques, accords de Bâle 3 limitant les encours des banques, etc.

EXPLIQUONS ET CONSTRUISONS

Le système financier doit être expliqué pour ce qu’il est. Il doit garantir un accès ouvert, transparent et équitable pour tous. Il doit servir à renforcer les liens entre les nations par le partage d’intérêts communs. Il doit être au service de chacun pour favoriser des échanges fluides et efficients. Il doit aussi rester sous surveillance pour éviter les dérives, les concentrations de risques et les effets systémiques.

Loin des messages toxiques et trompeurs que ce genre de documentaire véhicule, il vaudrait mieux expliquer au lieu d’alimenter la défiance et donc le rejet. Ironiquement,  Arte présente aussi un documentaire intitulé « L’art de vous manipuler ». Les journalistes l’ont sans doute visionné avant, car on y retrouve toutes les ficelles dénoncées ici…

Par Philippe Mösching

Pourquoi la Fed a injecté en catastrophe 270 milliards $ sur les marchés monétaires Richard Détente

POURQUOI LA FED A INJECTÉ EN CATASTROPHE 270 MILLIARDS $ SUR LES MARCHÉS MONÉTAIRES

PUBLIÉ PAR RICHARD DÉTENTE | 26 SEPT. 2019 | ARTICLES188 

La Fed a dû voler au secours de l’économie américaine en injectant d’urgence des dizaines de milliers de dollars de liquidités dans le système financier en une semaine. C’est la première fois depuis la crise financière de 2008 que la Fed intervient ainsi sur les marchés monétaires. Pour quelle raison injecter plus de 270 milliards $ dans une économie qui va bien ? Pourquoi nos banques ont-elles si peur ? Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise financière ?

https://youtu.be/iMN1HMR1pzQ

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : InterviewsÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesMarché actionsTaux d’intérêtPolitiqueQEInflationBanques


RICHARD DÉTENTE  VIDÉOS DE VULGARISATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

Diplômé d’études supérieures en commerce et enseignant à l’université de Lyon, il me paraît essentiel que l’économie et la finance soient expliqués de manière compréhensible pour tous. C’est l’intérêt des vidéos de vulgarisation diffusées sur ma chaîne « Grand Angle ». Derrière chaque sujet, complexe en apparence, se cache une réalité simple.

https://or.fr/actualites/pourquoi-fed-injecte-en-catastrophe-270-milliards-sur-marches-monetaires-1634

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?


Par F. William Engdahl − Le 13 septembre 2019 − Source Russia Insider via Global Research

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Les remarques inhabituelles et les actions du chef de la Banque d’Angleterre, sur le départ, et d’autres initiés de la banque centrale suggèrent fortement qu’il existe un scénario très moche pour mettre fin au rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Dans le processus, cela impliquerait que la Fed déclenche délibérément une dépression économique dramatique. Si ce scénario est effectivement déployé dans les mois à venir, Donald Trump entrera dans les annales de l’histoire en tant que deuxième Herbert Hoover et l’économie mondiale sera plongée dans le pire effondrement depuis les années 1930. Voici quelques éléments qui méritent d’être considérés.

Le Discours de la Banque d’Angleterre

Le 23 août, Mark Carney, président de la très spéciale Banque d’Angleterre, a prononcé un discours remarquable lors de la récente assemblée annuelle des banquiers centraux et des élites financières à Jackson Hole dans le Wyoming. Le discours de 23 pages aux autres banquiers centraux et aux initiés de la finance est clairement un signe important de la façon dont les pouvoirs installés, qui gèrent les banques centrales mondiales, envisagent de conquérir le monde.

Carney s’attaque aux failles évidentes du système de réserves en dollars après 1944, en notant que :

«… Une asymétrie déstabilisante au cœur du système monétaire et financier international (IMFS) se développe. Alors que l'économie mondiale est en train de se réorganiser, le dollar américain reste aussi important que lorsque les accords de Bretton Woods se sont effondrés. [en 1971, NdT]» Il a carrément déclaré :«… À plus long terme, nous devons changer le jeu… Les risques augmentent et ils sont structurels».

Il présente ensuite un plan remarquablement détaillé pour la transformation du règne actuel du dollar par la banque centrale mondiale, un changement révolutionnaire.

Carney explique le fait que la Chine, en tant que première nation commerçante au monde, est le candidat évident pour remplacer le dollar en tant que principale réserve. Toutefois, il note :

«… Pour que le renminbi devienne une monnaie véritablement mondiale, il en faut beaucoup plus. En outre, l’histoire enseigne que la transition vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale risque de ne pas se dérouler sans heurts.»

Il indique que cela signifie souvent des guerres ou des dépressions, car il cite le rôle de la Première Guerre mondiale, qui poussa la livre sterling vers la sortir en faveur du dollar américain. Ce que Carney trouve plus immédiat, c’est un nouveau système monétaire basé sur le FMI, destiné à remplacer le rôle dominant du dollar. Carney déclare :

"L’augmentation du renminbi pourrait, avec le temps, fournir une seconde meilleure solution aux problèmes actuels du FMI, mais la première meilleure solution consisterait à mettre en place un système multipolaire. L’avantage principal d’un système multifonctionnel multipolaire est la diversification…" Il ajoute : "Lorsque le changement intervient, il ne devrait pas être possible d’échanger un hégémon monétaire contre un autre. Tout système unipolaire n'est pas adapté à un monde multipolaire…" En d'autres termes, il dit : "Désolé, Beijing, vous devez attendre."

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose en effet que le FMI, avec ses droits de tirage spéciaux multidevises (DTS), un panier de cinq monnaies – dollar, livre, yen, euro et désormais renminbi – joue un rôle central dans la création d’un nouveau système :

«Le FMI devrait jouer un rôle central dans la formation des politiques nationales et transfrontalières. … Mutualiser les ressources du FMI et répartir ainsi les coûts entre les 189 pays membres …»

Pour que cela fonctionne, il propose de porter les fonds de DTS du FMI à 3 000 milliards de dollars, qui constitueraient le noyau d’un nouveau système monétaire.

Ensuite, Carney propose que le FMI supervise la création d’une nouvelle infrastructure de paiement basée sur un «stablecoin» [crypto-monnaie] international. Se référant à la Libra privée [crypto-monnaie de Facebook], il déclare clairement qu’une «nouvelle monnaie hégémonique synthétique (CSS) serait mieux fournie par le secteur public, peut-être par un réseau de monnaies numériques des banques centrales. À noter que Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs, est mentionné comme un candidat de premier plan pour remplacer Christine Lagarde à la tête du FMI. Son discours est-il un aveu ouvert de ce que prévoient les plus grands banquiers centraux du monde comme prochaine étape vers une monnaie et un contrôle économique mondiaux ? Voyons plus loin.

En savoir plus : La mondialisation est la fin de l’humanité : vers une économie de la paix avec un système monétaire alternatif

Lagarde à la BCE

Le discours de Carney, une fois déchiffré à partir du jargon de la banque centrale, nous fournit pour la première fois une feuille de route claire sur laquelle les pouvoirs qui contrôlent la banque centrale mondiale voudraient nous emmener. Le rôle de réserve mondial du dollar américain doit prendre fin. Il doit être remplacé par une forme de DTS du FMI servant de base à une réserve multidevises, qui à son tour serait finalement basée sur une monnaie numérique, appelée aussi monnaie basée sur la block chain.

Ne vous y trompez pas, ces monnaies seraient entièrement contrôlées par les autorités de la banque centrale et le FMI. Cela nécessiterait l’élimination souvent proposée de toutes les espèces en faveur de la monnaie numérique, où chaque centime dépensé peut être contrôlé par les banquiers l’État. Cette société sans numéraire ouvrirait également la voie à la prochaine grande crise financière et à la confiscation par les gouvernements des dépôts bancaires des citoyens ordinaires en vertu de la nouvelle loi sur le « renflouement des banques » maintenant en vigueur depuis 2014 dans tous les principaux pays industrialisés, y compris l’UE et les États-Unis .

Le FMI est complètement en retard sur le passage aux monnaies numériques mondiales à chaînes de blocs et sur l’utilisation du DTS pour remplacer le dollar américain dominant. Dans un discours peu remarqué du 14 novembre 2018, la directrice du FMI, Mme Lagarde, a clairement indiqué que le FMI était derrière les initiatives de monnaies numériques des banques centrales ainsi que des sociétés sans numéraire. Elle a noté très attentivement :

"Je pense que nous devrions envisager la possibilité d'émettre de la monnaie numérique. L'État pourrait peut-être fournir de l'argent à l'économie numérique.» Elle a ajouté : «Un nouveau vent souffle, celui de la numérisation… Quel rôle restera-t-il pour l'argent dans ce monde numérique ? … La demande de liquidités diminue - comme le montrent les travaux récents du FMI. Et dans dix, vingt ou trente ans, qui échangera encore des bouts de papier ?"

Remarques de Dudley

L’introduction de ce nouveau monde monétaire numérique des banquiers centraux va nécessiter, comme le suggère Carney, des bouleversements dramatiques du statu quo, qui conduiraient à la fin du rôle dominant du dollar américain depuis l’accord de Bretton Woods de 1944. Comme ce rôle de monnaie de réserve en dollars est l’un des piliers de la puissance américaine dans le monde, sa réalisation n’exigerait rien de moins qu’une catastrophe. Est-ce vraiment ce que la Réserve fédérale prévoit discrètement avec ses politiques monétaires ?

Un soupçon remarquable de ce qui pourrait être en cours dans les travaux est venu, dans un éditorial, de la personne qui jusqu’en 2018 était le très important président de la Banque de réserve fédérale de New York, Bill Dudley, qui, comme Mark Carney, est un ancien de Goldman Sachs. Dudley n’est pas un acteur mineur dans le monde des banquiers centraux. Jusqu’à l’année dernière, il était également membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI) et présidait le Comité des systèmes de règlement des paiements de la BRI et le Comité du système financier mondial.

Dudley, soulignant la politique de guerre commerciale de Trump et ses dangers économiques, émet ensuite la rare déclaration non-diplomatique suivante :

"La réélection de Trump constitue sans doute une menace pour l’économie américaine et mondiale, pour l’indépendance de la Fed et pour sa capacité à atteindre ses objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Si l'objectif de la politique monétaire est d'obtenir les meilleurs résultats économiques à long terme, les responsables de la Fed devraient examiner la mesure dans laquelle leurs décisions affecteront les résultats politiques de 2020."

Bien que cela ait beaucoup choqué, Dudley ne fait que rendre public ce que la Fed a fait depuis sa création en 1913 – influencer furtivement le cours de la politique mondiale et américaine en dissimulant des politiques monétaires «neutres». Dudley suggère non pas «une ingérence russe» mais plutôt une ingérence de la Fed.

La Fed pourrait facilement faire basculer les États-Unis dans la crise. Les niveaux d’endettement de l’économie américaine atteignent des records pour les ménages privés, le gouvernement fédéral et les entreprises américaines. La plupart des sociétés américaines ont utilisé une dette croissante, dépassant les 9 000 milliards de dollars, pour racheter des actions plutôt que d’investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, alimentant ainsi une bulle sans précédent dans les actions du S & P. La hausse des actions n’est pas un signe de santé économique, mais une bulle spéculative dangereuse susceptible de s’effondrer.

Si la Fed reprenait maintenant ses hausses de taux et poursuivait son resserrement quantitatif discrètement jusqu’en 2020, une série de défauts de paiement de type domino, de faillites d’entreprises, de saisies hypothécaires résidentielles, de défauts de prêts auto et de prêts étudiants pourrait rapidement rendre plus que douteuse une deuxième présidence Trump en 2020. Cependant, ce ne serait pas une raison pour que le reste du monde, qui s’oppose aux politiques de Trump, se réjouisse. Cela provoquerait également un effondrement des grands pays émergents qui ont emprunté des centaines de milliards de dollars libellés en dollars américains, notamment des sociétés d’État chinoises, la Turquie, l’Argentine et le Brésil, pour n’en nommer que quelques-uns. Les banques européennes, de l’Italie jusqu’à l’Allemagne en passant par la France, feraient faillite.

Que ce scénario de Dudley doive se concrétiser en 2020 ou non, seuls les comploteurs acteurs clés de la banque centrale le savent assurément. Il est clair que près de onze ans après la crise financière mondiale de 2008, les politiques sans précédent en matière de taux d’intérêt zéro de la banque centrale dans l’UE et jusqu’à récemment aux États-Unis ont alimenté la création de ce que certains appellent une «Bulle de Tout», pas seulement des actions, mais aussi dans les obligations des sociétés et publiques et dans les prix des maisons. Si une nouvelle intervention de la Fed, visant à relever les taux et à resserrer le crédit, l’événement prophétisé, à savoir l’éclatement délibéré, par la banque centrale, de cette bulle gonflée, sous le prétexte du danger que représente Trump pour l’économie mondiale, prophétie que Carney a en tête quand il dit, «la transition vers un nouveau la monnaie de réserve pourrait ne pas se dérouler sans heurts» pourrait bien se réaliser ? Espérons que non. Les prochains mois le diront.

F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Vous pouvez relire notre note de lecture de son dernier livre publié aux éditions demi-lune.

Note du Saker Francophone

Valérie Bugault, dès 2018, et d'autres encore comme Brandon Smith plus récemment, avait déjà démonté le projet des élites financières concentrées autour du réseau des banques centrales.

On peut aussi noter une atmosphère crépusculaire de fin de règne, et une étrange coïncidence, entre ce discours du directeur de la Banque d'Angleterre et celui de Macron, fin Août, sur les erreurs de l'occident et la place nouvelle de la Chine ou de la Russie. Le Saker US nous a déjà commenté les grandes lignes. Il est quand même surprenant que Macron, dans un discours de deux heures, n'ait pas abordé le sujet financier qui est au cœur des enjeux de pouvoir. Peut-être savait-il que le sujet allait être abordé rapidement par un autre globaliste de poids.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-elites-mondiales-envisagent-elles-de-renverser-le-dollar

Egypte : les réserves de change nettes ont atteint 45 milliards de dollars en juillet

Egypte : les réserves de change nettes ont atteint 45 milliards de dollars en juillet

Par Nephthali Messanh Ledy -8 août, 20190 Partager Facebook Twitter Linkedin

Les réserves de change nettes de l’Égypte ont augmenté de 565 millions de dollars pour atteindre 44,916 milliards de dollars fin juillet, selon les données dévoilées mardi 6 août par la Banque centrale du pays (CBE).

Il s’agit d’un niveau record dont le montant qui couvre plus de huit mois d’importations de produits de base, d’après la même source. Ces réserves étaient de 44,352 milliards de dollars fin juin 2019, contre environ 36 milliards de dollars avant la révolution de 2011 et son épisode de troubles politiques et économiques.

Le niveau planché historique des réserves de change nettes de l’Égypte a été observé en octobre 2016, avec 19 milliards de dollars.

https://www.financialafrik.com/2019/08/08/egypte-les-reserves-de-change-nettes-ont-atteint-45-milliards-de-dollars-en-juillet/

Rédacteur en chef de Financial Afrik. Basé à Lomé, Nephthali Messanh Ledy est diplômé en Communication, en Marketing et en Commerce International. Passionné de l’actualité internationale, outre l’économie et les finances africaines. Il s’intéresse également aux réseaux sociaux et au football.

https://www.financialafrik.com/2019/08/08/egypte-les-reserves-de-change-nettes-ont-atteint-45-milliards-de-dollars-en-juillet/

Les banques commencent à facturer les dépôts, en Suisse et en Allemagne pour l’instant (Capital)

Les banques commencent à facturer les dépôts, en Suisse et en Allemagne pour l’instant (Capital)

11111 Rating 0.00 (0 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 5 août 2019  Mis à jour : 5 août 2019  Création : 5 août 2019 Écrit par folamour  Affichages : 29fShare

Depots

La filiale suisse d’UBS a annoncé qu’elle agirait de la sorte avec les dépôts des particuliers excédant 2 millions de francs suisses. Les banques françaises ne comptent pas suivre le mouvement pour l’instant.

Les grandes fortunes réfléchiront peut-être à deux fois avant de laisser dormir leur argent dans les banques suisses et allemandes. Elles sont de plus en plus nombreuses à facturer les dépôts importants, explique le Financial Times, relayé par Les Echos. Dernière en date : la filiale suisse d’UBS, qui va facturer 0,75% par an les soldes de trésorerie individuelle supérieurs à 2 millions de francs suisses.

Cette mesure entrera en vigueur à partir du 1er novembre. UBS emboîte le pas à d’autres banques suisses, comme Julius Baer ou Pictet, qui agissent déjà de la sorte. « À la suite de mesures similaires prises par un certain nombre d’autres banques ici en Suisse, nous confirmons que nous avons décidé d’ajuster les frais de dépôt en espèces pour les francs suisses détenus en Suisse », a fait savoir la banque au Financial Times. Les clients fortunés concernés vont être bientôt prévenus par courrier des changements à venir.

⋙ Lire aussi Taux d’intérêt : la banque centrale des Etats-Unis devrait les baisser pour prolonger la croissance

Une méthode « très loin » d’être mise en place en France

En agissant de la sorte, UBS répercute sur ses clients la pénalité infligée par la Banque nationale suisse sur les dépôts, qui s’élève à 0,75%. Cela prouve aussi que les banques anticipent une longue période de baisse des taux, qui menacerait leur rentabilité. « Nous supposons que cette période de faibles taux d’intérêt durera encore plus longtemps et que les banques continueront à appliquer des taux d’intérêt négatifs sur les dépôts des clients auprès des banques centrales », a ajouté UBS.

En Allemagne, 30 banques appliquent déjà des taux négatifs à leurs clients privés, si leurs dépôts sont supérieurs à 100.000 euros. Mais cette mesure n’est pour l’instant pas envisagée en France. « On est très loin de mettre en place une facturation des dépôts. Cela ne se développe d’ailleurs pas tellement en zone euro », fait savoir Frédéric Oudéa, qui dirige la Société Générale, aux Echos. Le son de cloche est le même du côté du Crédit Agricole.

⋙ Lire aussi Crédit immobilier : bonne nouvelle, les taux vont rester très bas cette année

Un attentisme qui peut surprendre, alors que les banques françaises sont celles, avec leurs homologues allemandes, qui sont les plus concernées par le taux négatif de la BCE. Celui-ci est de 0,40% et concerne depuis 2016 les excédents d’argent dans les coffres des banques. Les banques françaises ont payé 1,655 milliards d’euros à la BCE, soit moins que les banques allemandes (2,560 milliards d’euros) : cela représente 60% des 7 milliards d’euros perçus par la BCE grâce à ce taux négatif, expliquent Les Echos.

Source : Capital.fr

https://www.crashdebug.fr/international/16345-les-banques-commencent-a-facturer-les-depots-en-suisse-et-en-allemagne-pour-l-instant-capital

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

511111 Rating 5.00 (5 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 15 juin 2019  Mis à jour : 15 juin 2019  Création : 15 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 2218fShare

Le baril de poudre financier est sur le point d’exploser. La première des choses est de dire la vérité aux Français. Qui a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

Bank 15 06 2019

En Grèce lors de la crise de la dette, quelques jours avant le référendum du 5 juillet 2015. Je veux dire à la crise qui arrive que nous sommes là et que nous résisterons.
Le laisser-faire est la folie qui nous conduit vers cette situation alarmante.

Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre.

Le résultat sera une fulgurante déflagration financière qui laminera des économies entières, des nations. La prochaine crise sera pire que celle de 2008 et se positionnera à 254.000 milliards d’euros.

Au travers ce qu’on appelle la crise des gilets jaunes s’exprime l’émotion, le ressenti des Français et vise à dénoncer les effets néfastes pressentis de l’argent facile. Les plus fragiles de nos concitoyens savent déjà dans leur quotidien que l’argent vaut de moins en moins.

Nous allons tous faire naufrage. Et chacun doit payer son écot à la société.

Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? Il est devenu hyper régulateur et s’est transformé en exportateur financier.

« Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre. »

Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. Il semblerait que les chiffres des analyses aient adopté cette étrange et dangereuse tendance low.

Est-ce qu’on ne voit rien ou est-ce qu’on ne veut rien voir de l’urgence, lorsqu’on constate qu’aux Etats-Unis une hausse du déficit budgétaire de 77% par rapport à 2018 a été enregistrée. Dans les deux cas, les experts nient l’urgence et pas de réaction observée…

L’examen de la situation de la France mérite de l’honnêteté. Avec un taux de 1,5% de croissance une annonce de la reprise de l’économie est une fausse annonce. Je dénonce et affirme que la tendance est à la décroissance. L’analyse claire des chiffres montre 0,3% de croissance rêvée au premier trimestre 2019. Le chiffre de 1,5% de croissance annuelle nous parle d’une baisse par rapport à 2018 et 2017. La courbe de la trajectoire économique n’est donc pas celle de la réelle croissance que l’on nous vend.
Qu’en est-il du pouvoir d’achat qui aurait été injecté et qui aurait dû entraîner un regain de consommation ? L’effet attendu ne s’est pas produit, car dans la réalité le Français, qui le peut encore, essaie d’épargner en prévision d’un futur incertain annoncé.
La dynamique ne se crée pas et bute sur des problèmes structurels franco-français. Le taux de chômage est structurel. Les responsables politiques annoncent la reprise et les entreprises rencontrent des difficultés à embaucher. Il nous manque de l’invention, de l’innovation, il nous manque les moteurs de la relance et la confiance.

Je m’interroge et demande où est la croissance, quand on peut constater que dans le domaine du commerce extérieur le ratio français exportation sur PIB reste faible et que pour les entreprises les gains de productivité restent également incroyablement faibles.

Donc où est la croissance ? Je cherche la croissance.

Les problèmes sont tragiques, le baril de poudre financier est sur le point d’exploser.

La France doit se préparer avant l’explosion de la bulle des dettes. En sortant du déni et en parlant vrai et honnête en économie.
Je trouve scandaleux qu’en France, soient posées autant de barrières à l’initiative d’entreprendre. Il est important de faciliter le développement de l’investissement, mais il est important aussi que les entreprises participent à hauteur raisonnable à la contribution au budget de l’Etat. Il est important aussi que l’Etat opte pour de vraies économies réalistes, mais qu’il n’intervienne plus au travers de participations dans des entreprises privées.

« Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. »

La France doit se préparer sur cette base. Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat.La conséquence est que les Etats ont emprunté de plus en plus et trop.

C’est la combinaison de ces deux éléments qui a créé la dette abyssale. 254.000 milliards d’euros.

Les Etats ont profité de cette situation, les entreprises et les ménages ont emprunté à bon marché. Cela s’avère être un drame.
La crise du surendettement est arrivée au niveau mondial. Pour rembourser cette dette dite publique, les Etats peuvent augmenter les revenus par le biais des impôts ou baisser les dépenses de l’Etat en diminuant les services publics. Cela pose problème. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans une situation où les banques centrales, les banques privées et les gouvernements se retrouvent tous liés et interdépendants. Par conséquence, lorsqu’une difficulté de quel ordre que ce soit apparaîtra, les trois partenaires seront concernés. Le présage de l’imminence d’une crise financière trente fois plus puissante que celle de 2008 affectera tous les citoyens avec une force considérable.

A ce jour environ 10% du bilan des banques est en “bons d’Etat” avec une pondération de 0% sans garantie. Les banques privées que nous connaissons ont tout intérêt à le faire car cela ne leur coûte rien en fonds propres et délivre de grasses marges.

La réglementation financière (Bale III) a réglé les dérèglements de 2008, nous sommes en 2019 et le problème est qu’il n’y a pas de réglementation contre les dérèglements de 2019. Le seul élément de réglementation qui aurait pu réduire cet appétit d’emprunt public des Etats n’a pas été proposé pour des raisons purement politiques. Pour exemple les dettes de l’Etat américain ont augmenté de 77% sur les 3 premiers mois de cette année. A mon avis, cela va encore faire augmenter aux Etats-Unis le coût des emprunts et entraîner la finance mondiale dans une spirale mondiale. Dès que les Etats-Unis seront en récession, c’est le monde entier qui sera en difficulté dont l’Europe et la France avec un effet direct sur la consommation des ménages.

Alors que faut-il faire ?

La première des choses à faire est de dire la vérité. La vérité aux Français, oui, elle leur est due par respect, par respect de leur travail aussi.
L’heure n’est plus au silence, l’heure n’est plus aux mensonges. L’heure est venue d’apprendre à reconnaître les erreurs. Nous nous trouvons au bord du précipice, lequel d’entre nous a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

« Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat. »

Il y a urgence à adopter une série de mesures imposées. Elles devront être équitables.
A ce stade il est important de souligner que les entreprises ne paient quasiment pas d’impôts et c’est pourquoi la participation des entreprises au budget de l’Etat reste proportionnellement trop faible. Il faudra donc en urgence remonter ce taux de participation, en revanche il faut faire diminuer au plus vite les charges sociales qui elles sont indécemment trop élevées.

En ce qui concerne la tension française entre les riches et les pauvres (y compris la classe moyenne), il faut recréer l’équilibre de participation privée à la bonne marche de la nation en créant une tranche supplémentaire pour les salaires annuels de plus d’un million d’euros.

La combinaison de ces deux éléments permettra rapidement de remonter les revenus de notre Etat et de le libérer progressivement de sa dette.

Un élément fondamental sera le désengagement de l’Etat du secteur privé pour n’agir que sur le cadre économique et non l’impliquer directement au travers de participations dans des entreprises.

La responsabilité des hommes de bien qui savent est engagée. C’est par leur inaction que la bulle financière explosera.

Source(s) : Huffingtonpost.fr via Contributeur anonyme

https://www.crashdebug.fr/international/16139-une-crise-financiere-trente-fois-plus-puissante-qu-en-2008-est-imminente-mais-nous-sommes-dans-le-deni-huffingtonpost