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L’UE veut être en mesure de bloquer la monnaie virtuelle de Facebook

L’UE veut être en mesure de bloquer la monnaie virtuelle de Facebook

Par : Jorge Valero | EURACTIV.com | translated by Sandra Moro

 7 nov. 2019

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. [EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS]

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L’Europe est prête à « empêcher le développement » de monnaies numériques risquées, jusqu’à ce que tous les sujets de préoccupation aient été pris en compte, stipule un projet de texte que les ministres des Finances européens vont examiner.

Le projet de Facebook de lancer une monnaie numérique a provoqué une réaction mondiale depuis son annonce l’été dernier.

Vendredi 8 novembre, les ministres des Finances de l’UE discuteront de la meilleure façon de répondre à la myriade de défis posés par ce « stablecoin », ou cryptomonnaie, un jeton numérique soutenu par des devises souveraines.

Le dernier projet de texte, qu’Euractiv.com a pu consulter, rappelle la possibilité d’interdire les cryptomonnaies « mondiales », qui engendrent des « risques excessifs ».

Les États membres déclarent que « toutes les options devraient être examinées, y compris la possibilité de prendre des mesures empêchant le développement de projets qui engendreraient des risques incontrôlables ou excessifs ».

La version précédente était plus vague. Les gouvernements nationaux étaient prêts à prendre des mesures « pour éviter que les cryptomonnaies mondiales ne génèrent des risques excessifs ».

Le document le plus récent est conforme au projet de texte initial. Préparé par la Finlande, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, celui-ci envisageait déjà la possibilité de prendre des mesures qui « entraveraient le développement » de projets comportant des « risques incontrôlables ».

Le dernier projet de texte comprend un nouveau paragraphe précisant que le Libra et les projets similaires « ne devraient pas entrer en vigueur dans l’UE », au moins jusqu’à ce que tous les défis et les risques aient été identifiés et traités.

Le débat du 8 novembre est considéré comme une étape qui devrait permettre de parvenir à certaines conclusions en décembre, mais le manque d’informations claires sur le projet Libra entrave les progrès européens.

Les États membres tentent d’encadrer la cryptomonnaie controversée de Facebook

Le Comité économique et financier (CEF) a demandé à la Commission européenne une analyse sur les risques posés par la devise numérique controversée de Facebook, le Libra.

La Commission européenne a déjà envoyé deux questionnaires à Facebook pour mieux comprendre la nature de l’actif numérique et ses objectifs, mais le manque de clarté sur la cryptomonnaie « empêche de tirer des conclusions définitives sur la possibilité et la manière d’appliquer le cadre réglementaire européen actuel » la concernant, indique le projet de texte.

Les fonctionnaires de l’UE prévoyaient cependant qu’une nouvelle législation serait nécessaire, dans le cadre de l’effort continu de l’UE pour concevoir une approche commune en matière de cryptoactifs, et le bloc réfléchit depuis plus de deux ans à de nouvelles règles concernant les cryptomonnaies.

Compte tenu de la nature des défis engendrés par le Libra, les décideurs et les régulateurs de l’UE veulent maintenant agir « rapidement », indique le projet de texte.

Mais les fonctionnaires de l’UE se méfient également des conséquences involontaires qu’une réglementation précipitée sur le Libra et d’autres cryptomonnaies pourraient avoir sur d’autres projets de cryptoactifs et sur des initiatives « fintech », destinées à repenser le modèle de la finance par le biais de l’innovation technologique.

C’est pourquoi les États membres ont déclaré que les nouvelles règles devraient être fondées sur des « preuves solides » et des « principes généraux » applicables à toutes les cryptomonnaies.

Étant donné la nature mondiale du projet de Facebook, les Européens plaident en faveur d’une réponse mondiale.

Peu après l’annonce du projet Libra, les pays du G7 ont mis en garde contre les risques sérieux qui pesaient sur l’ordre financier et monétaire. Le groupe a déclaré que cette initiative serait soumise à une surveillance réglementaire très stricte.

Le G7 s’inquiète des risques posés par la devise Libra

Les ministres du G7 ont listé le 18 juillet les critères que devrait respecter le Libra, la nouvelle devise de Facebook. Les autorités s’inquiètent des risques sérieux posés par la nouvelle monnaie virtuelle.

Bien que les cryptomonnaies fassent miroiter la possibilité de paiements rapides et bon marché pour les utilisateurs, les régulateurs s’inquiètent de leur impact sur la protection des consommateurs, la vie privée, la fiscalité, la cybersécurité et la résilience opérationnelle, le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, l’intégrité du marché, la gouvernance et la sécurité juridique.

Ces risques potentiels augmentent de façon exponentielle lorsque les cryptomonnaies atteignent environ 2,4 milliards d’utilisateurs à travers le monde, comme c’est le cas avec le Libra de Facebook.

L’initiative, actuellement développée par un consortium d’entreprises, pourrait affecter la souveraineté monétaire, la sécurité et l’efficacité des systèmes de paiement, la stabilité financière et la concurrence, estiment les Européens.

Facebook a déclaré qu’il ne lancerait pas le Libra tant que toutes les préoccupations réglementaires n’auraient pas été réglées, ce qui entraînera probablement un report de sa mise en circulation, initialement prévue pour 2020.

L’UE ne veut pas seulement limiter et contrôler les projets de cryptomonnaies en cours, elle veut aussi offrir des alternatives pour que les utilisateurs puissent bénéficier de leurs avantages.

C’est pourquoi le projet de texte qui sera discuté par les ministres le 8 novembre « encourage » la Banque centrale européenne à continuer d’évaluer les avantages du lancement de sa propre monnaie numérique, dans le cadre d’un dialogue avec les sociétés de paiement.

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LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES


LA LIBRA DE FACEBOOK VA ACCÉLÉRER LA PERTE DE CRÉDIBILITÉ DES BANQUES CENTRALES

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 27 JUIN 2019 | ARTICLES1063 

Nous posions la question en mai dernier : les GAFA vont-ils précipiter la chute des banques ? Désormais, avec la cryptomonnaie que va lancer Facebook l’année prochaine, il faut passer à un niveau supérieur : en plus de concurrencer le secteur bancaire traditionnel, la Libra risque d’accélérer la perte de crédibilité des banques centrales. Car cette fois, il ne s’agit pas seulement de nouveaux services de paiement, mais d’une nouvelle monnaie internationale à part entière.

En effet, la Libra sera ce qu’on appelle un stablecoin, c’est-à-dire une cryptomonnaie stable car basée sur un panier de plusieurs grandes devises internationales (dollar, euro, livre sterling, sans doute yen et yuan). Cette stabilité constitue une différence essentielle avec le bitcoin dont la forte volatilité du cours décourage nombre d’utilisateurs. Facebook créera un portefeuille dédié afin de gérer sa monnaie, le Calibra ; là encore, sa simplicité d’utilisation représentera un vrai avantage par rapport aux différents portefeuilles bitcoin existants.

Avec ses presque 3 milliards de membres, Facebook (ainsi que ses filiales Whatsapp et Instagram) possède une force de frappe qu’aucune entreprise n’a jamais possédée dans l’histoire. En conséquence, sa cryptomonnaie peut concurrencer les monnaies souveraines de la planète. Les pays émergents ayant une monnaie inflationniste et pratiquant le contrôle des changes peuvent légitimement voir la Libra comme un concurrent direct. Leur population aura intérêt à basculer sur la nouvelle monnaie pour se libérer de l’inflation qui ronge leur épargne. Les banques centrales des pays émergents doivent sérieusement s’inquiéter et on peut prévoir que beaucoup d’entre elles voudront tout simplement l’interdire.

Pour les pays de l’OCDE, qui bénéficient de devises stables, l’intérêt apparaîtra moins évident au premier abord. Mais la facilité d’utilisation et l’effet de mode peuvent convaincre de nombreux utilisateurs. Mais surtout, ceux qui doutent de la solidité de leurs banques (les Italiens, les Grecs, les Espagnols, les clients de la Deutsche Bank, etc.) peuvent également se reporter sur la Libra afin de protéger leurs avoirs (ne vaut-il pas mieux déposer son cash chez Facebook, qui dispose de plus de 100 milliards de dollars de liquidités et qui pèse 500 milliards de dollars en bourse, soit presque autant que tout le secteur bancaire européen, plutôt que dans une banque au bilan rempli de dettes ?).

Les banques centrales européennes ont flairé le danger et viennent de décider, à l’initiative de la France, de créer une « taskforce » sur les stablecoins dans le cadre du G7. L’inquiétude est réelle, d’autant que leur crédibilité s’érode dangereusement ces temps-ci : la Fed vient d’interrompre sa remontée des taux, la BCE admet qu’elle pourrait continuer sa politique de taux-zéro, pendant que la BoJ reste engluée dans un QE massif. Les acteurs économiques commencent (enfin !) à s’interroger sur la crédibilité des banques centrales (et d’ailleurs le cours de l’or se met à monter…).

Ce type de concurrence s’est déjà produit dans l’histoire : au Moyen Âge, le Florin de Florence et le Ducat de Venise circulaient dans l’Europe entière. Leur teneur garantie en or en faisait des monnaies de confiance par rapport aux devises nationales trop souvent manipulées. Cependant, la Libra ne joue pas dans cette catégorie et c’est son point faible, que l’on a pas encore suffisamment mesuré : l’actif qui le soutiendra sera « la dette de gouvernements stables et peu susceptibles de faire défaut ou de connaître une forte inflation » comme le précise son Livre blanc. Justement, en cas de crise « 2008 en pire », il risque de ne pas y en avoir… Si le yen, l’euro, le dollar s’effondrent et connaissent une vague d’inflation, la Libra sera emportée dans la même tourmente, et les épargnants subiront de sévères pertes. Non, la seule vraie garantie en cas de crise monétaire reste l’or physique, comme à l’époque du Florin et du Ducat.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : OrÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesPolitiqueQEInflation


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière.

https://or.fr/actualites/libra-facebook-va-accelerer-perte-credibilite-banques-centrales-1570

Pourquoi LIBRA EST CRITIQUEE AVANT MêME SON LANCEMENT ?

POURQUOI LIBRA EST CRITIQUEE AVANT MÊME SON LANCEMENT ?

Pourquoi Libra est critiquée avant même son lancement ?

ACTUALITÉClassé sous :INTERNET , BITCOIN , CRYPTOMONNAIELire la bioFabrice AuclertJournaliste

Publié le 23/06/2019

Comme prévu, Facebook a officiellement lancé sa monnaie virtuelle qui pourra être utilisée via Messenger et WhatsApp. Mais déjà, des voix s’élèvent contre cette cryptomonnaie accusée de faire le jeu du blanchiment d’argent ou de concurrencer les monnaies d’État.Vous aimez nos Actualités ?Inscrivez-vous à la lettre d’information La quotidienne pour recevoir nos toutes dernières Actualités une fois par jour.

Visa, Mastercard, Paypal, Vodafone, Free ou encore Uber et Lyft… Des dizaines de géants de la high-tech et du système bancaire, mais aussi des ONG, épaulent Facebook pour le lancement de Libra, une cryptomonnaie destinée aux utilisateurs de Facebook et de WhatsApp, soit plus de deux milliards d’internautes !

L’idée est simple : bénéficier d’un porte-monnaie virtuel pour acheter et vendre des biens, via la messagerie instantanée, sans passer par une banque. Le tout avec une devise équilibrée dont la valeur est indexée sur plusieurs monnaies en vigueur pour éviter toute spéculation. Date de lancement ? Début 2020.

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La France et les États-Unis y sont opposés

Le projet est très ambitieux mais il s’attire déjà les foudres des administrations. En France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a rappelé qu’une entreprise privée ne pouvait pas créer une monnaie, concurrente des devises d’État. Du côté des États-Unis, où Facebook est sous le coup d’une enquête judiciaire pour la collecte et l’exploitation des données personnelles de ses membres, une parlementaire, qui dirige la Commission des Services financiers, exige que Facebook se présente devant le Congrès pour répondre aux inquiétudes et aux questions des représentants.

D’autres craignent que ce ne soit le moyen idéal pour blanchir de l’argent. Réponse de David Marcus, qui dirige cette nouvelle entité, au micro de France Info : « Si un réseau tel que celui-ci émerge avec beaucoup plus de transactions numériques, beaucoup plus de traçabilité, je pense qu’on va grandement améliorer l’efficacité des programmes anti-blanchiment et notamment à travers les porte-monnaie numériques qui seront régulés sur ce nouveau réseau. »

Cette monnaie virtuelle ne pourra être utilisée qu'avec WhatsApp et Facebook Messenger. Un mode de fonctionnement qui inquiète. © Quka, Shutterstock

Cette monnaie virtuelle ne pourra être utilisée qu’avec WhatsApp et Facebook Messenger. Un mode de fonctionnement qui inquiète. © Quka, Shutterstock 

Au consommateur de décider si c’est un bon système ou pas ?

Du côté des consommateurs, Consumer Choice Center, équivalent de Que-Choisir à travers le monde, regrette que les législateurs réclament la suspension du projet : « Contrôler la réglementation sur Internet et les sociétés financières est important, mais la mentalité de« légiférer d’abord, d’innover plus tard », qui est apparue en réponse à Libra, devrait mettre tous les internautes en pause. Si chaque nouvelle innovation Internet est désormais soumise à l’approbation du Congrès, ce serait un dangereux précédent pour l’avenir du choix du consommateur en ligne », a déclaré Yaël Ossowski, dirigeant de cette association de défense du consommateur. Les consommateurs ont le droit de choisir s’ils souhaitent utiliser des crypto-monnaies ou des réseaux sociaux, et sont conscients des risques et des avantages considérables qui en découlent. Les utilisateurs recherchent une alternative et s’intéressent aux nouveaux outils numériques en ligne. C’est pourquoi, il y a un tel intérêt. »POUR EN SAVOIR PLUS

La cryptomonnaie de Facebook arrive le 18 juin

Une dirigeante de Facebook a confirmé l’arrivée prochaine de la monnaie virtuelle de Facebook. Elle sera indexée sur plusieurs monnaies pour éviter les fluctuations et parmi les différents objectifs du réseau social, il y a l’idée de mettre en place un authentique réseau de distribution semblable à celui des distributeurs de billets actuels. 

Publié le 10/06/19 par Fabrice Auclert

Différentes sources s’accordent sur la date de lancement officielle de la nouvelle cryptomonnaie de Facebook, qui porte le nom de code Libra, et ce serait pour le 18 juin. L’information a notamment été confirmée par Laura McCracken, à la tête des services financiers et des partenariats pour les paiements de Facebook pour l’Europe du Nord, dans une interview accordée au journal allemand WirtschaftsWoche.

Pensant l’information déjà publique, Laura McCracken a indiqué que Facebook publiera à cette date un livre blanc détaillant le fonctionnement de la cryptomonnaie, et a confirmé qu’elle serait liée à plusieurs devises différentes, plutôt que le dollar seul, afin d’éviter les fluctuations.

Des transferts d’argent sans frais

La cryptomonnaie est prévue pour passer outre les frontières géopolitiques et pourra être transférée sans frais via ses applicationsMessenger et WhatsApp partout dans le monde. La firme compte notamment en faire la promotion dans les pays en voie de développement, où elle pourrait constituer une alternative stable aux monnaies locales volatiles.

Selon The Information, la firme compte aussi encourager son utilisation dans le monde physique, en installant notamment des machines similaires aux distributeurs de billets, qui permettront d’échanger des devises contre des jetons de sa cryptomonnaie. Facebook compte également proposer des bonus à l’inscription, en partenariat avec des marchands qui accepteront cette nouvelle monnaie.


Facebook Coin : un projet de cryptomonnaie via WhatsApp et Messenger en préparation

Les principaux réseaux sociaux préparent des projets de cryptomonnaie, basés sur la blockchain, pour concurrencer les banques et permettre aux internautes d’effectuer des transferts d’argent ou des paiements directement depuis leurs messageries comme WhatsApp ou Messenger.

Publié le 05/03/19 par Fabrice Auclert

Les cryptomonnaies, comme Bitcoin, ont gagné en popularité ces dernières années, mais sont encore loin d’une adoption massive par le grand public. Certains acteurs du Web, comme Facebook, Telegram ou Signal veulent changer la donne en introduisant leurs propres monnaies virtuelles.

Le but est de permettre aux utilisateurs des réseaux sociaux de s’envoyer de l’argent très simplement, à l’instar de PayPal, mais via leur messagerie, de manière instantanée et sans être gênés par les frontières nationales. Ce système permettrait non seulement des paiements simples et rapides dans le monde entier, mais serait accessible à de nombreuses personnes dans des régions moins développées qui n’ont pas accès à un système bancaire.

De multiples initiatives à travers le monde

Le plus grand projet actuellement est certainement celui de Facebook, destiné aux utilisateurs de son application WhatsApp. Si les détails sont gardés secrets, le géant du Web aurait mis au moins 50 ingénieurs dessus, et serait en discussion avec des plateformes d’échange de cryptomonnaies pour la mise sur le marché de la monnaie Facebook, baptisée « Facebook Coin ». Elle serait directement liée à plusieurs monnaies réelles, comme les dollars, les euros et d’autres, et la firme garantirait une valeur fixe.

Des projets similaires seraient en cours chez Telegram, qui compte 300 millions d’utilisateurs à travers le monde, ainsi que Signal, une messagerie chiffrée. Mais le mouvement ne se limite pas à l’Occident, avec des monnaies virtuelles prévues entre autres chez Kakao en Corée du Sud, et Line au Japon.

https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/internet-libra-critiquee-avant-meme-son-lancement-75230/#xtor=EPR-17-%5BQUOTIDIENNE%5D-20190624-%5BACTU-Pourquoi-Libra-est-critiquee-avant-meme-son-lancement–%5D

LIBRA LA FUTURE MONNAIE DE FACEBOOK

 

LIBRA LA FUTURE MONNAIE DE FACEBOOK

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Facebook a annoncé la création en 2020 de sa propre monnaie. Libra sera une crypto-monnaie utilisant la technologie Blockchain comme le bitcoin. La création monétaire était jusqu’à présent le privilège des souverains ou des états. Au Moyen-Âge, le faux-monnayage était d’ailleurs considéré comme un crime de lèse-majesté. Souveraineté et monnaie sont intimement liés comme on l’a vu dans les débats enflammés autour de l’Euro. Une entreprise privée qui se met “à battre monnaie” selon l’expression consacrée, voilà donc un événement considérable. Nous nous y intéressons cette semaine.

“Et le prince seul a droit de battre monnaie attendu que lui seul a droit d’exiger que son témoignage fasse autorité parmi tout un peuple”  Jean-Jacques Rousseau l’Emile 

Libra une nouvelle crypto-monnaie

Définitions

– La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle

– La crypto-monnaie, ou monnaie cryptographique, est une monnaie 100% électronique, virtuelle. Le principe d’échelle de valeur qui la définit est le même que celui des monnaies courantes. Mais sa différence, c’est qu’elle est uniquement virtuelle. L’autre différence, c’est que cette monnaie est cryptée, c’est-à-dire qu’elle n’est utilisable que par une personne possédant le code permettant de décrypter la monnaie. 

Crypto-Monnaie, D'Affaires, Finances, L'Argent Libra

L’histoire de la monnaie est aussi une histoire technologique. La pièce de monnaie se développe avec la métallurgie. Le billet de banque est indissociable des techniques d’imprimerie, la carte de paiement de l’électronique… L’informatique a amené une dématérialisation sans précédent de la monnaie. Il n’est donc guère surprenant qu’Internet apporte sa pierre à l’édifice de la création technologique monétaire pour encore faciliter les échanges. Marc Zuckerberg décrit d’ailleurs ainsi son ambition : “envoyer de l’argent à quelqu’un devrait être aussi simple que de lui envoyer une photo”.

Comme le bitcoin, Libra sera une crypto-monnaie c’est-à- dire une monnaie électronique virtuelle. Ne vous attendez (ou au moins pas tout de suite) à voir circuler des pièces et des billets à l’effigie de Marc Zuckerberg. Elle utilisera la technologie de la blockchain. Je ne suis pas expert en la matière. Comme pour l’immense majorité, son fonctionnement demeure obscur pour moi. Mais il faut retenir que cette technologie permet des transactions sécurisées, cryptées de manière décentralisée. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

Libra un nouveau mode de paiement en ligne encore plus simple

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Libra permettra donc aux 2.4 milliards d’utilisateurs de l’environnement Facebook (Facebook mais aussi Instagram, Whatsapp ou Messenger) d’acheter des produits ou des services. Les particuliers pourront également se transférer des fonds en Libra. Pour rendre son éco-système incontournable, Facebook a choisi de s’associer dans le projet Libra à de puissants partenaires. On parle dans le tour de table de Libra de Visa-Mastercard, Paypal, Spotify, Uber, Booking.com ou encore Illiad la maison-mère de Free. On pourrait donc demain payer ses vacances sur Booking en Libra ou encore plus “fashion” louer une trottinette électrique Uber avec la monnaie virtuelle.

Avec ce projet, Facebook va un cran plus loin dans la dématérialisation de la monnaie. Les BATX chinois avec leurs systèmes Alipay ou WeChat Pay avaient déjà ringardisé la carte bancaire. Dans la quête au toujours plus facile, toujours plus simple, il semblait donc logique que Facebook mais aussi sans doute demain Amazon et les autres GAFA se lancent dans ces nouvelles technologies de paiement. Mais le projet de Facebook va plus loin. Il ne se limite pas à la création d’un nouveau mode de paiement plus pratique comme Alipay. La création d’une nouvelle monnaie possède indiscutablement une dimension politique et idéologique que je vous propose maintenant d’explorer.

Libra un projet imprégné de l’idéologie libertarienne

La symbolique autour du projet Libra est riche. Il faut toujours s’intéresser aux mots.  Au 1er sens, Libra c’est une unité de mesure la livre : Libra la livre sterling numérique. Mais derrière le mot Libra, il y a bien sûr le mot libre. Facebook a choisi d’appeler sa crypto-monnaie Libra et non pas “Quick” ou “Easy”. Libra permettrait de nous libérer. De nous libérer de quoi au fait? Du dollar, de l’Euro, du Yen? Et derrière des états souverains, des gouvernements.

Je ne peux m’empêcher de voir derrière le projet Libra une dimension idéologique. “Minimum government, maximum freedom” telle est la devise des libertariens. Comme nous l’avions évoqué dans l’article pourquoi les GAFA font tout pour ne pas payer d’impôt, la Silicon Valley est profondément imprégnée par cette idéologie libertarienne. Monnaie et souveraineté étatique sont intimement liés. Cette initiative serait un nouveau coup de boutoir des disrupteurs du numérique contre l’Etat. Je vous invite à ce propos à lire le très intéressant éditorial de Gaspard Koenig paru dans les Echos intitulé Pourquoi il faut dire non à l’Etat Facebook. 

Une gouvernance sur le modèle des banques centrales

Monnaie et confiance vont de pair. Facebook n’étant pas un état, il est fondamental pour l’entreprise d’apporter des garanties aux utilisateurs futurs de Libra. L’histoire de la monnaie est pleine d’innovations qui se sont mal terminées pour “les early adopters”. Les deux premières tentatives de création de billets de banque en France et le système de John Law se terminèrent par des banqueroutes retentissantes. Le Bitcoin a défrayé la chronique ces dernières années par sa volatilité spéculative.

Pour éviter ces déboires, Facebook a choisi de ne pas faire de Libra non pas une monnaie spéculative mais plutôt une “stable coin” avec un taux de change dont l’évolution sera limitée et encadrée, assise sur un panier de devises. La gouvernance serait assurée par une fondation sise à Genève. Le choix de la ville est là aussi symbolique. Genève est connue comme le siège de nombreuses institutions internationales et financières.

Les partenaires de Libra sélectionnés par Facebook se verront proposer d’opérer un des 100 nœuds du réseau pour la somme de 10 millions de dollars l’unité. La fondation disposera donc d’un trésor de guerre de 1 milliard de dollars garant de la stabilité du système.Chaque partenaire disposera d’un siège de représentation au sein de la fondation qui sera une espèce de banque centrale du Libra.

Il y a un côté féodal dans cette organisation. Le prince des marchands Zuckerberg rassemble autour de lui ses barons dans une sorte guilde des E-commerçants. Une guilde en quête d’argent certainement, mais aussi en quête de pouvoir face aux états. Libra annonce d’aillleurs clairement que ses premières cibles seront les états aux monnaies vacillantes. Les états laisseront-ils faire? Quelle régulation autour de ces nouvelles monnaies? Tournant majeur ou tempête dans un verre d’eau. A suivre…

https://www.etonnante-epoque.fr/libra-la-future-monnaie-de-facebook/

Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats

Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats

Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats© JUSTIN SULLIVAN Source: AFP
Le patron de Facebook Mark Zuckerberg.

Facebook va lancer en 2020 Libra, sa propre cryptomonnaie. Centralisée, elle sera gérée par un groupe de multinationales. Les pouvoirs publics s’inquiètent de la naissance d’une monnaie souveraine, qui vient directement concurrencer celle des Etats.

Le système financier mondial est-il à l’aube d’un véritable séisme ? La question mérite d’être posée depuis l’annonce le 18 juin par Facebook du lancement de sa cryptomonnaie, le Libra, qui sera mise en circulation courant 2020.

Basé sur le système de la chaîne de bloc – cette sorte de registre public, infalsifiable, sur lequel sont inscrites toutes les transactions – le Libra est censé permettre d’acheter des biens ou d’envoyer de l’argent aussi facilement qu’un message instantané. L’idée est de pouvoir effectuer des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière et en s’affranchissant de la barrière des différentes devises.

Selon Facebook, cette monnaie vise en priorité les 1,7 milliard d’exclus du système bancaire, qui ne disposent pas de comptes bancaires, notamment dans les pays émergents. Mais l’ambition du géant des réseaux sociaux est évidemment bien plus grande : la multinationale entend à terme faire du Libra une monnaie incontournable dans les échanges virtuels. Pour preuve, il ne sera pas limité aux «seuls» 2,4 milliards d’utilisateurs de Facebook mais sera accessible à quiconque ouvre un portefeuille numérique (Calibra) où stocker ses jetons.

Si par certains aspects le Libra s’inspire des cryptomonnaies traditionnelles, la ressemblance n’est pourtant qu’en trompe-l’œil. Quand le Bitcoin ou l’Ethereum doivent leur succès à leur décentralisation, chaque unité étant créée par les utilisateurs eux-mêmes, le Libra fonctionne à l’inverse de façon totalement centralisée.

La Libra Association, association à but non lucratif, fera en effet office de banque centrale. 28 entités ont été désignées pour tenir ce rôle ô combien stratégique. Parmi elles, on retrouve des poids lourds du paiement en ligne, comme Mastercard, PayPal et Visa. A leurs côtés, eBay, Spotify, Uber, Vodafone Group, la firme d’investissement Andreessen Horowitz ou encore Iliad, le groupe français de télécommunications fondé par le milliardaire Xavier Niel. A l’avenir, pour les entreprises désireuses de rentrer dans ce club très fermé, qui peut rêver disposer un jour d’un pouvoir équivalent à celui de la FED ou de la BCE, il faudra présenter une valorisation de plus d’un milliard de dollars.

Autre différence majeure : le Libra sera adossé à un panier de devises traditionnelles mais aussi à des obligations d’Etat, une manière selon Facebook de lui apporter la stabilité qui fait défaut aux cryptomonnaies traditionnelles.

Menace pour les monnaies traditionnelles ?

S’il dispose des apparats d’une cryptomonnaie, le Libra s’apparente finalement beaucoup plus à une monnaie classique. Au point de concurrencer à terme le dollar ou l’euro ? La crainte est en tout cas vivace dans l’esprit des régulateurs. Le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre Mark Carney a ainsi assuré suivre très attentivement la situation, jugeant que le projet Libra, s’il devait être un succès, «deviendra[it] instantanément systémique et devra[it] être soumis aux meilleures normes de régulation».

Une inquiétude partagée par le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, selon qui une société privée «ne peut pas et ne doit pas créer une monnaie souveraine qui pourrait être en concurrence avec les monnaies des Etats». «Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question», a-t-il martelé, disant vouloir fixer «une limite».

Un vœux pieux ? Aux Etats-Unis, la présidente démocrate de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, Maxine Waters, a demandé un «moratoire» sur ce projet, le temps que le Congrès et les régulateurs se penchent dessus, «compte tenu du passé troublé de l’entreprise». Sa demande a reçu une fin de non-recevoir diplomatique mais ferme de la part de Facebook. «Nous sommes impatients de répondre aux questions des décideurs politiques à mesure que ce processus avance», lui a ainsi répondu un porte-parole de l’entreprise.

Le sujet devrait en tout état de cause être évoqué au G7 finances qui se tiendra à Chantilly mi-juillet, Bruno Le Maire ayant demandé aux gouverneurs des banques centrales de préparer un rapport «sur les garanties qui doivent être apportées sur cette monnaie numérique pour qu’elle soit envisageable». Mais il semblerait que la multinationale ait pris tout le monde de court.

https://francais.rt.com/economie/63149-libra-cryptomonnaie-facebook-qui-inquiete-etats

Facebook lance Libra, une «monnaie digitale mondiale» pour créer des services financiers

Facebook lance Libra, une «monnaie digitale mondiale» pour créer des services financiers

L’Association Libra comprend 28 membres fondateurs dont 24 entreprises, incluant quatre fonds de capital-risque américains et une nouvelle filiale de Facebook, Calibra, aux côtés d’organisations liées à l’inclusion financière comme Women’s World Banking. Crédits : Libra

Le géant américain crée l’Association Libra, à but non lucratif, avec 27 partenaires dont Visa, Mastercard et PayPal, qui vont tous investir 10 millions de dollars, dans le but de lancer mi-2020 « une monnaie digitale accessible à tous ». Un article de notre partenaire, La Tribune.

Ce ne sera pas un Facebook Coin gravé du profil de Mark Zuckerberg. Le réseau social aux 2 milliards d’utilisateurs a dévoilé officiellement ce mardi 18 juin Libra, une cryptomonnaie qui a l’ambition de devenir une « monnaie digitale mondiale », mais ne sera pas contrôlée par Facebook, insiste-t-il, pour couper court aux craintes suscitées par ses ambitions impérialistes. Cette monnaie virtuelle, dont le lancement est prévu « au premier semestre 2020 », s’appuiera sur la technologie Blockchain, née avec le Bitcoin, dans une version développée spécialement par le groupe californien depuis un an. Le code informatique de ce registre décentralisé baptisé Libra sera accessible librement, en open source, et son évolution sera décidée par une organisation à but non lucratif, l’Association Libra – dont le siège est à Genève, mais les bureaux en Californie – comprenant 28 membres fondateurs, parmi lesquels Calibra, une nouvelle filiale de Facebook.

Les membres fondateurs sont des poids lourds de la finance et de la tech, pour l’essentiel américains : Visa et Mastercard, PayPal et Stripe, les opérateurs télécoms Iliad-Free et Vodafone, les plateformes de VTC Uber et Lyft, mais aussi Booking, eBay et Spotify, le site d’achat-vente de cryptomonnaies Coinbase, les fonds de capital-risque Andreessen Horowitz et Union Square Ventures, entre autres, qui se sont tous engagés à investir au moins 10 millions de dollars dans l’aventure, aux côtés d’ONG comme Mercy Corps et la plateforme de microcrédit Kiva. Il n’y a aucune banque, ni aucun grand acteur des pays émergents (type Alibaba ou Paytm en Inde), à part l’Argentin Mercado Pago.

La gouvernance sera « démocratique » promet le mastodonte à la capitalisation boursière de plus de 530 milliards de dollars, « qui aura une voix parmi d’autres et pas plus de contrôle » que les membres, dont le nombre pourrait dépasser une centaine au lancement. Chaque membre fondateur opérera un nœud de validation de la Blockchain qui ne sera pas publique, mais soumise « à permission » au démarrage.

« Il est choquant que, 30 ans après la création du Web, il reste 1,7 milliard de personnes n’ayant pas accès aux services financiers. Internet a numérisé tout ce qu’il pouvait, sauf l’argent ! C’est une anomalie. La mission de Libra est de créer une monnaie mondiale simple, accessible à tous, et une infrastructure financière qui aide des milliards de personnes à accéder au système financier et à l’économie mondiale » nous a expliqué David Marcus, le responsable de la division Blockchain de Facebook et de la nouvelle filiale Calibra, lors d’une visioconférence avec des médias français.

Cet ancien de PayPal, qui a grandi et étudié à Genève, dirigeait la messagerie Messenger de Facebook avant de se consacrer il y a un an à la Blockchain, avec une équipe d’une soixantaine de personnes. Calibra a été créée pour « garantir la séparation des données sociales et financières » et fournir des services financiers aux utilisateurs de Facebook via Messenger et WhatsApp et via une application mobile spécifique.

« Il n’y a pas de protocole de transfert de valeur sur Internet. C’est là le vrai enjeu. Les monnaies numériques sont inévitables aujourd’hui » appuie-t-il, reprenant l’argumentaire de la banque JP Morgan pour son JPM Coin dévoilé en février, mais destiné aux transferts d’argent instantanés entre des comptes d’acteurs institutionnels.

Bitcoin, ICO : de nouvelles lois nécessaires en Europe selon les régulateurs

L’Autorité bancaire européenne et celle des marchés financiers ont chacune publié un rapport sur le cadre réglementaire s’appliquant aux crypto-actifs comme le Bitcoin. L’ESMA prône de nouveaux textes pour protéger les investisseurs, la législation actuelle étant insuffisante. Un article de notre partenaire, la Tribune.

Transfert d’argent et e-commerce transfrontière

Le Libra sera « vraiment une cryptomonnaie et a vocation à être un vecteur d’échanges quotidiens, pas un instrument spéculatif », martèle David Marcus. L’Association Libra va créer « pour stabiliser cette monnaie, une réserve comprenant des actifs de première qualité, un panier de devises comme le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen, et des bons du Trésor des plus grandes banques centrales (Fed, BCE, BoE, BoJ), selon une parité d’un pour un » détaille-t-il.

Le Libra ne sera pas techniquement un « stablecoin », ce type de crypto-actif indexé sur une devise le plus souvent (comme USDC, Gemini), mais en étant adossé à ce panier d’actifs peu risqués, sa valeur sera garantie et préservée de la volatilité des autres cryptomonnaies comme le Bitcoin, qui a perdu plus de 70 % l’an dernier et rebondi de 140 % depuis janvier.

On pourra acheter du Libra sur des plateformes d’échanges comme Coinbase ou par le biais d’un porte-monnaie numérique comme celui que lancera Calibra début 2020. Au-dessus de la Blockchain Libra, que Facebook considère comme « un réseau d’utilité publique », « il y aura d’autres wallets concurrents, comme PayPal, dont certains bien plus en avance que nous », estime David Marcus. Il n’y aura pas de distributeur automatique de Libra comme on a pu voir des automates à Bitcoin dans certains pays, mais des partenaires avec des « points physiques, pour le cashin et le cashout (dépôt/retrait) ».

Qui aura intérêt à utiliser cette monnaie privée ? Et pourquoi Facebook se pique-t-il de battre monnaie ? La firme de Menlo Park cite comme cas d’usage les transferts d’argent internationaux, en particulier les « remittances », les virements de migrants vers leur pays d’origine, qui sont « facturés en moyenne 7 %, parfois 15 %, et prennent 3 jours ». Le Libra aura de faibles frais de transactions, « des fractions de centimes » dont ne bénéficiera pas le réseau social. Il s’agit clairement d’un défi lancé aux banques, aux Western Union et autres MoneyGram, mais aussi aux startups de la Fintech comme WorldRemit et TransferWise.

« L’objectif pour Facebook est de permettre à 2,7 milliards de personnes et 90 millions d’entreprises, dont des PME, de réaliser des transactions ensemble, sans friction. Cela va générer plus de revenus publicitaires pour Facebook » décrypte David Marcus, qui assure : « il n’y a pas d’agenda caché au niveau des revenus ».

L’autre cas d’usage est en effet l’essor de l’e-commerce, y compris transfrontalier, en diminuant les frais pour les « marchands », les entreprises vendant sur Internet. PayPal et Stripe proposeront de faciliter le paiement en Libra et d’effectuer la gestion du risque. Cette monnaie numérique devrait simplifier la pénétration de certains marchés mal desservis en termes de systèmes de paiement à des Uber, Spotify ou Booking. Elle devrait aussi aider à développer les micro-transactions (quelques centimes ou euros d’achat dans des jeux en ligne ou pour un article de presse par exemple).

Nouveau business dans les services financiers

L’ambition de Facebook avec cette monnaie digitale ne s’arrête pas là : « Si Libra est un succès, nous pourrons offrir de plus en plus de services financiers et développer une nouvelle ligne de business », confie David Marcus.

Le transfert d’argent entre particuliers sera gratuit (une sérieuse concurrence à des applications comme Lydia), d’autres services pourraient être payants. L’utilisation de données Facebook (comme l’importation de la liste d’amis) sera soumise à l’accord du client.

« Avec Calibra, nous espérons démocratiser l’accès aux services financiers. Ce portefeuille numérique permettra d’économiser, d’envoyer et de payer avec Libra », indique Facebook. La nouvelle filiale développera « en temps voulu, des services supplémentaires aux particuliers et aux entreprises tels que payer des factures en appuyant simplement sur un bouton, acheter un café avec la lecture d’un QR Code ou utiliser les transports en commun sans argent sur soi ni titre de transport. »

Facebook espère réussir là où Google a échoué avec son wallet sans contact, et en s’inspirant du succès de WeChat Pay et Alipay en Chine, venus de la messagerie et de l’e-commerce à la finance en ligne. L’Américain, qui avait déjà tenté d’intégrer le paiement et le virement entre amis dans Messenger, a pris soin de bâtir un système ouvert, décentralisé, qui garantit l’interopérabilité dont manquent ces systèmes propriétaires, fermés. En apportant la Blockchain Libra à une association et en y limitant son influence dans la gouvernance, Facebook se protège aussi des velléités de démantèlement d’un groupe tentaculaire par les régulateurs.

La Banque de France prône un encadrement strict des cryptomonnaies

La Banque de France souhaite réguler les monnaies virtuelles et souligne la nécessité de mettre en place des normes internationales. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Calibra, peut-être l’embryon d’une future Facebook Bank, est réglementée, enregistrée comme une entreprise de transfert d’argent aux États-Unis, et en passe d’obtenir des licences dans plusieurs états américains. Elle assure qu’elle se conformera aux réglementations anti-blanchiment et utilisera les mêmes processus de vérification (connaissance client KYC) et lutte anti-fraude que les banques. La filiale de Facebook va même créer un service d’assistance en continu pour aider les clients ayant perdu leur smartphone (où seront stockées les Libra) ou leur mot de passe. Elle promet de garantir un remboursement « dans le cas de perte de monnaie Libra en raison d’accès frauduleux au compte. »

Le réseau social se défend de vouloir défier les États ou les banques centrales, voire commerciales.

« D’autres cryptomonnaies ont été créées dans un rejet de toute forme de gouvernement et de banque centrale. C’est à l’opposé de notre philosophie. Nous voulons augmenter le système existant » plaide David Marcus. « Nous avons des discussions très constructives avec les banques centrales : cette monnaie sera complètement corrélée à leur politique monétaire. Nous ne nous serions pas lancés si les échos des régulateurs et des banques centrales avaient été à l’extrême du négatif. »

« Notre objectif est que le Libra coexiste avec les monnaies actuelles », fait valoir l’Association Libra, qui « frappe et brûle des pièces uniquement en réponse à la demande des revendeurs autorisés ». Ces derniers pourraient être des sociétés de négoce de cryptomonnaies, mais aussi « des institutions bancaires de premier ordre », avec lesquelles l’association discute.

À la Banque de France, où l’on récuse le terme de cryptomonnaie en général, une source haut placée considère que le Libra est « plutôt un moyen de paiement que de la création monétaire » et confirme que le projet a été bâti dans un climat de dialogue avec les régulateurs. Pour autant, le projet sera « regardé attentivement », car il « pose des questions en matière de lutte contre le blanchiment et en tant que système privé : c’est une incitation à améliorer les systèmes existants comme Swift », la messagerie interbancaire mondiale, créée en 1973, qui s’essaie d’ailleurs à la Blockchain.

Le Libra inspirera-t-il suffisamment confiance pour être largement adopté ? La réglementation ne risque-t-elle pas de lui barrer la route dans certains pays ? Difficile de l’évaluer à ce stade. Calibra précise d’ores et déjà que ses services ne seront pas disponibles dans les pays ayant interdit les cryptomonnaies : il s’agit essentiellement de pays émergents comme l’Algérie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam, la Bolivie, sans compter ceux où l’usage est très limité (Chine, Inde, Indonésie, Maroc, Égypte, etc.).

Prudent, David Marcus prévient : « une décennie de travail nous attend. »

 

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/facebook-lance-une-%e2%80%89monnaie-digitale-mondiale%e2%80%89-libra-pour-creer-des-services-financiers/

Cryptomonnaie : le Libra sera libre comme les démocraties populaires sont démocratiques et populaires…

Cryptomonnaie : le Libra sera libre comme les démocraties populaires sont démocratiques et populaires…

facebook data security By: Book Catalog – CC BY 2.0

Ah, tiens, finalement, les cryptomonnaies, ce n’est pas si pourri que ça ! Regardez, même Facebook se lance dans l’aventure ! Avec l’arrivée d’un tel poids lourd dans l’espace des cryptomonnaies, pas de doute, cette invention financière majeure vient de faire un grand bond en avant… Mais avant de crier victoire, assiste-t-on réellement à la naissance d’une nouvelle cryptomonnaie ?

Pour le moment, c’est l’agitation sur la toile.

Du côté des médias traditionnels, c’est même la bousculade de petits articles pour détailler la nouvelle : pour les uns, Facebook veut bousculer les monnaies, pour d’autres, l’arrivée d’un tel géant doit même faire peur aux États.

Bref, on en parle un peu partout, les médias trépignent et c’est pour eux l’occasion de revenir à la fois sur le concept des monnaies et de s’interroger sur la place de cette technologie si vieille et pourtant si indispensable dans notre économie. La vulgarisation aidant, le lecteur le plus chanceux comprendra que la proposition de Facebook est essentiellement une nouvelle forme de coupons adossés à un groupe d’entreprises partenaires, à l’instar des miles aériennes ou d’autres jetons proposés par des chaînes ou des alliances commerciales.

Plus concrètement cependant, ceux qui voudront éplucher les caractéristiques du nouveau joujou de Zuckerberg pourront aller voir le joli site de la cryptomonnaie Libra, aux couleurs moyennement vitaminées de Facebook. On y notera les déclarations de principes, onctueuses comme un onguent sophistiqué, dans lesquelles on découvre que le but est d’offrir un moyen simple à des centaines de millions, que dis-je, des milliards d’individus de disposer d’avoirs numériques, de manipuler de la monnaie, et de faire des opérations bancaires.

Car si de moins en moins d’êtres humains meurent de faim, beaucoup trop sont encore exclus de l’accès aux services des banques et plus prosaïquement de la possibilité de recevoir ou d’échanger de la valeur de façon rapide, simple, efficace et sans danger. Avec un téléphone portable, une connexion au réseau et une cryptomonnaie qui fonctionne, « bancariser » ces personnes devient possible et le Libra de Facebook entend jouer ce rôle.

Cependant, une fois passées les présentations trendy et les jolies photos de banques d’images, les vidéos inspirantes à la musique neutre produites au kilomètre, l’épluchage du whitepapertechnique refroidit quelque peu l’enthousiasme que cette initiative pouvait avoir déclenché.

En termes de caractéristiques techniques, il s’agit d’une chaîne de blocs dont les principes se rapprochent un peu d’Ethereum plus que de Bitcoin, avec un système de paiement de la transaction intégré, un consensus basé apparemment sur une preuve d’enjeu plutôt qu’une preuve de travail même si, comme Ethereum, les détails sur l’implémentation de cette preuve d’enjeu restent flous.

Pour fonctionner, Libra disposera d’un langage de script permettant de faire fonctionner les transactions (et par la suite de mettre en place des contrats automatisés, à l’instar d’Ethereum là encore). Le langage, « Move« , n’est pas détaillé et personne n’a idée ni de ses capacités, ni de sa solidité, ni des caractéristiques importantes (à commencer par sa vérification formelle).

Faisant fi des mécanismes de consensus déjà explorés par les cryptomonnaies existantes, Libra propose un nouveau mécanisme tolérant aux fautes byzantines, construit sur l’algorithme « HotStuff » produit par une chercheuse israélienne, Dahlia Malkhi. Si on peut admettre que sur le papier l’algorithme en question est plein de promesse en termes de performances et de facilité d’implémentation, force est de constater qu’on n’a pour le moment aucun recul sur sa résistance et sa capacité de monter en charge.

À ces éléments qui laissent penser que les personnes embauchées par Facebook pour créer une nouvelle cryptomonnaie ne sont pas complètement à côté de la plaque, on doit cependant ajouter quelques points qui laissent plus que perplexes sur l’avenir de cette aventure.

La lecture des documents fournis par la firme de Zuckerberg ne donne en effet qu’assez peu d’indications sur la nature publique des informations de transactions qui seront disponibles. Si, on le comprend, une centaine de grandes firmes participeront à la validation des transactions et à leur écriture dans le « grand livre général », on peine à voir où ce grand livre sera lisible, sachant que cette caractéristique – une publication au su et au vu de tous – est la base essentielle pour garantir la validité de ces transactions…

De la même façon, s’il est clairement indiqué que le protocole autorise chaque utilisateur à conserver un pseudonyme et plusieurs adresses pour effectuer des transactions sur la chaîne, on comprend malgré tout que les transactions, elles, seront hautement traçables, à l’instar de Bitcoin mais avec votre compte Facebook au bout. Question anonymat et fongibilité, ce n’est vraiment pas ça.

La Libra Fundation, qui se charge d’accueillir les premiers fondateurs, ces sociétés aptes à payer le ticket d’entrée de 10 000 000 de dollars pour participer, peut a priori refuser n’importe qui. Dès lors, il est naïf de penser que les 100 premiers participants de cette blockchains seront neutres. Leurs intérêts ne recouperont peut-être d’ailleurs pas celui des consommateurs…

Afin de contrebalancer la volatilité frénétique des cryptomonnaies, Libra propose un jeton adossé à un panier de monnaie. Ces monnaies – fiat, émises par des États – étant toutes inflationnistes, on peut donc garantir que le libra sera lui-même inflationniste et intrinsèquement manipulable par les États, ainsi que par ricochet, soumis aux règles qu’ils mettent en place à commencer par les contraintes parfois exorbitantes que le dollar impose. À ce titre, si le dollar fait partie du panier, le libra ne sera donc pas accessible aux Iraniens, par exemple…

En somme, cette monnaie sera donc centralisée, censurable sur un claquement de doigt étatique, inflationniste et reposant intégralement sur les marges de manœuvre laissées par des États. On peut donc ainsi garantir qu’il y aura des KYC et des AML, ce qui fera voler par la fenêtre les belles présentations précédentes expliquant vouloir offrir cette monnaie à ces milliards d’individus non bancarisés : comment être reconnu de façon crédible et passer ces filtres alors que dans beaucoup de pays l’acte de naissance, la carte d’identité ou les moyens d’identification ou de gestion de propriété privée (comme le cadastre par exemple) sont au mieux naissants, au pire inexistants ou complètement sujets à corruption ?

En réalité, on comprend surtout que pour Facebook, cette nouvelle aventure est l’occasion de mesurer son impact réel puisque, la fondation Libra l’explique directement, l’un des buts est de développer un véritable « standard d’identité » :

« An additional goal of the (Libra) association is to develop and promote an open identity standard. We believe that decentralized and portable digital identity is a prerequisite to financial inclusion and competition. »

Un monde où la monnaie, devenue globale, est à la merci des États qui n’auront aucun mal à tordre le bras de toutes les sociétés privées acoquinées dans cette fondation, où les identités de tous et de chacun sont connues et traquées efficacement, et où absolument tous les actes marchands sont potentiellement disséqués par des entreprises qui ont fait fort de mettre le Big data et l’Intelligence Artificielle à leur service, voilà qui vend du rêve, non ?

On peut cependant raisonnablement parier sur une réussite (au moins à court terme) de cette nouveauté : c’est nouveau, c’est facile d’emploi, cela donne quelques opportunités supplémentaires d’échanger (de l’argent ici) avec des connaissances, des amis, etc, et ça utilise la puissance du réseau social Facebook, autant d’ingrédients qui garantissent que la masse foncera allègrement vers les promesses dorées portées par Libra…

Avant de clore ce billet, il serait dommage de ne pas noter la réaction immédiate, quasi compulsive et réflexive des autorités françaises, avec Tracfin en tête (dont le directeur, paniqué, croit encore qu’il va falloir réguler cette cryptomonnaie), rapidement suivi de notre Bruno Le Maire national, égal à lui-même c’est-à-dire à pas grand chose de valable.

Entendant que Facebook allait lancer sa propre monnaie, ne comprenant ni la technologie sous-jacente, ni même le concept de monnaie en général, notre Minustre de l’Économie En Déroute s’est donc fendu d’une remarque, parfaitement idiote comme il se doit :

« Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question »

Autrement dit, Bruno a fermé ses petits poings et déclaré qu’il entendait fixer des limites à Facebook. Ce qui revient à croire qu’il a son mot à dire ; c’est déjà comique au niveau de l’euro, c’est hilarant pour une cryptomonnaie en général, c’est juste consternant concernant ce projet en particulier. Évidemment, si le panier de monnaie comprend des dollars, le dernier mot appartiendra de toute façon au pouvoir fédéral américain qui se fera un plaisir de passer sur le corps frêle du petit Bruno, dont les petits couinements n’attireront aucune pitié.

Le Libra est annoncé pour débuter en 2020. Il reste donc encore plusieurs mois pour collecter des informations sur ce que veut être cette nouvelle cryptomonnaie. Mais tout indique que derrière les buts sucrés présentés à grands renforts d’images colorées se cache un mécanisme redoutable pour étendre encore un peu plus la domination des États sur les individus.

Du reste, ce sera un excellent test : si ces derniers laissent Facebook continuer, s’ils poussent même à la roue, vous pouvez être certains que ce ne sera pas pour votre plus grand bien. S’ils s’y opposent, s’ils paniquent et ruent dans les brancards, alors peut-être sera-t-il temps de s’y intéresser.

Restons prudents.
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Sur le web

https://www.contrepoints.org/2019/06/19/347186-cryptomonnaie-le-libra-sera-libre-comme-les-democraties-populaires-sont-democratiques-et-populaires

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Revue de presse nationale et internationale.

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